AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 You say psycho like it's a bad thing.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
Invité






MessageSujet: You say psycho like it's a bad thing.   Sam 2 Nov - 1:13

L’astre incandescent avait chu derrière la ligne d’horizon depuis quelques heures déjà, laissant ainsi les ténèbres vespérales dévorer la voûte céleste. La nuit portait toujours les vestiges d’une journée caniculaire, tant la moiteur tiède de l’atmosphère était toujours confortable et accueillante. Non seulement chaude, mais aussi longue et éreinte pour Wesley Windsor.  Ce dernier avait été affecté à la zone de décontamination, où il avait passé la plus claire partie de son temps à patienter qu’un nouveau afflux de réfugiés arrive. Sempiternelle et redondante routine ; contrôle d’identités, tests médicaux, ‘’ congédier ‘’ les contaminés. Aujourd’hui, il avait logé une balle dans la nuque de chaque membre d’une famille ; cinq au total. Point de contrition ni de scrupules en l’essence du Shadow Hunter, ces gens étaient inéluctablement condamnés au péril. De toute façon, Wes n’avait jamais eu guère d’égare pour la vie de son prochain.
Les autres, individus jugés sains – qui l’était réellement ? – pouvaient franchir la zone de décontamination, convaincus que leur odyssée était arrivée à son terme, qu’ils avaient une fois pour toutes atteint la Terre Promise, la Capitale, un endroit où leur sécurité et prospérité seraient assurées. Il n’en était rien. Premièrement, le Gouvernement n’avait que fort peu d’intérêt pour les pions et deuxièmement, la Nouvelle-Orléans n’était pas préservée et sûre. Si bien de l’intérieur que de l’extérieur, milles et une menaces étaient tapies ; la criminalité était profondément enchevêtrée dans l’essence même de cette ville, dans l’ombre, les gangsters étaient souverains, les conflits sociaux fomentaient des révolutions à venir et les abjectes zombies s’étaient immiscé jusqu’à l’intérieur de ces murs.
Alors, en voyant les gargantuesques bâtiments, l’architecture délicate et minutieusement ouvragée, le faste suintant de tous les porcs de la partie Ouest de la majestueuse Capitale, là où le Gouvernement avait établi ses quartiers, Wesley avait du mal à réprimer son acrimonie. Néanmoins, il n’était pas là pour faire dans la satire sociale. Non, la raison était toute autre. Le Shadow Hunter n’arpentait ces ruelles que dans l’unique but de se divertir. Lorsqu’il était rentré dans galetas plus tôt dans la journée, il s’ennuyait ferme. Une rapide œillade à son répertoire et une vérité qu’il connaissait déjà le railla une fois de plus ; il n’avait pas d’amis ici, pas d’occupation. Mu par un éréthisme soudain, le repenti jeta sur ses épaules une simple chemise noire et partit à la conquête de l’inconnu, occupation bien plus séduisante que de se languir dans son deux pièces dans un état neurasthénique.

C’était ainsi que Wesley s’était retrouvé en face d’une enseigne aux lueurs aussi agressives qu’aguicheuses, lisant ‘’ Masquerade ‘’. Haussant ses épaules, notre protagoniste pénétra l’établissement. Jamais de sa vie ne s’était-il rendu dans un cabaret. Il s’assit à une table dans le fond de la pièce et commanda un verre de rhum brun, sa liqueur fétiche. Sur scène, des jongleurs se lançaient et rattrapaient frénétiquement des épées. Wes les contempla d’un œil distrait quelques instants. Bien que le spectacle requérait une adresse et une concentration notables, cela l’intéressait peu. Il balaya la salle d’un regard morne ; partout les même expressions désabusées sur les faciès des habitués. Son attention fut capté par un homme laid et obèse, sirotant goulument une bière. Peut-être pourrait-il provoquer une rixe, histoire de pimenter quelque peu la soirée ? Un sourire lascif s’étira sur les lippes charnues qui quidam que Windsor observait, ce dernier qui suivit son regard afin de savoir ce qu’avait déclenché une telle réaction. Les jongleurs avaient été remplacés par des danseuses aux atours dévoilant une grande partie de leur anatomie, tout en restant chic. Wesley n’avait jamais été friand de la sensualité distinguée ; dans la sexualité, il préférait que les choses conservent un caractère pur, entier, sans faux-semblants. La séduction, selon lui, se devait être charnelle, instinctive, avec une dose subtile de brutalité, pas intellectuelle, frivole, à moitié.
Malgré tout, il devait concéder que l’effet était réussi : la performance était habilement réalisée, les danseuses attrayantes. Néanmoins, cette lasciveté élégante ne pouvait prétendre arriver au même niveau que les ‘’ récréations ‘’ auxquelles s’adonnaient Wesley et ses gars à New York. On envoyait les femmes et compagnes au cinéma, l’on fermait à double tour l’entrepôt et on y faisait rentrer un nombre vertigineux de caisses de Vodka, de coke et de filles tout droit arrivées de la Mère Patrie. Une turpitude avilissante et ineffable, dont ses hommes raffolaient, peu importe à quel point onéreuse. Un sourire nostalgique fendit le faciès admirablement ciselé de Wesley. Ce qu’il regrettait par-dessus tout, c’était l’illégalité, la notoriété, la suprématie. Les prérogatives de son uniforme lui donnaient un certain confort ; le Gouvernement était plus que prompt à fermer les yeux sur les péchés véniels de sa main armée, peut-être était-il temps de céder à la tentation et de ployer à l’appel incessant de ses vices passés.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: You say psycho like it's a bad thing.   Dim 3 Nov - 3:49

Cri strident qui se fait l’écho d'une nuit sans lune, mouvements saccadés d'un corps qui se rompt sous la douleur, sueur froide qui dégoulinent le long d'une colonne vertébrale, et deux grands yeux aux reflets lagons s'ouvrent hagards, s'agitant à la recherche du bourreau. Rien. Ils ne rencontrent rien que la pénombre dans laquelle se noient les ombres qui dansent sous les reflets des réverbères qui un à un s'allument dans la rue. Lentement, la belle s'élève extirpant son âme des limbes ensommeillées, son cœur battant la chamade tandis que son esprit lutte encore contre la réminiscence d'un songe qui se fait persistant. Elle le hait autant qu'elle se raccroche à son image, elle l'aime autant qu'elle voudrait qu'il disparaisse, et elle se perd encore une fois dans ce souvenir qui l'enchaîne à cet homme. Son passé. Son meurtrier. Son bourreau. Et c'est la brûlure de son cœur qui explose, l'arrachant aux derniers liens qui la maintenaient recroquevillée tout contre ce matelas usé jusqu'à la corde, une larme roule sur sa joue qu'elle s'empresse d'essuyer dans un soupir emprunt d'un désespoir qu'elle ne peut endiguer. Tout son corps se raidit alors qu'elle se redresse lentement, venant s'asseoir sur le bord de ce lit qui, sous le poids de ses regrets, craque brutalement. Elle enfouit son visage dans ses mains, humant l'odeur du sang qui y restera à jamais incrustée avant que l'idée de quitter ce sombre univers ne vienne l'accabler un peu plus. Alors elle tâtonne dans l'obscurité, sa silhouette se découpant dans la lumière, laissant apparaître le galbe de son corps qu'elle fait disparaître sous les tissus d'une robe aux teintes écarlates qu'elle enfile sur son corps jusqu'alors dénudé. Il lui faut de l'air, il lui faut respirer pour échapper le temps d'un instant, en cette nuit tardive, à ce souvenir infâme qui à jamais laissé une marque dans sa chair.
Cette chair pâle qui se dévoile un peu plus à chacun de ses pas, qui font se soulever les pans de sa robe. Elle traverse, comme portée par son esprit d'une humeur étonnamment vagabonde, la ville en pleine ébullition. Partout se préparent les festivités qui accompagneront les morts, on prépare dans les hangars qui bordent les rues les costumes fais d'os et de brique à braque déniché dans les décombres d'un monde qui n'est plus, les communautés hispaniques faisant apparaître leurs macabres pantins squelettiques décorés de fleurs et de motifs végétaux aux couleurs variés qui détonnent avec l'idée monochrome que l'on a habituellement de la mort. On chante et l'on danse pour accompagner la besogne devenue plus importante depuis que le monde n'est plus vraiment cette arche grouillant de vie, et des rythmes de percutions résonnent dans les rues pavées de l'Est de la ville. A peine deux rues de là, c'est le quarter de l'Ouest; le caractère change, les battisses ce font soudainement plus imposantes, plus riches et les murs blanchis à la chaux semblent suffire à racheter une conscience à tous ces hommes riches qui ont trouvé refuges entre quatre murs pour fuir les familles dont ils ont expédié les enfants entres quatre planches de bois. Les processions n'ont pas encore commencé pour fêter les morts que déjà les volets se sont fermés et les grilles devant les rares jardins ont été solidement bouclés à force de chaînes. Il ne semble toujours pas question pour ces gens là de se mêler à la population qui meurt un peu plus à chaque instant dans la décadence d'un monde qu'ils ne peuvent plus comprendre.
Désormais la musique mortuaire aux accents graves se met en sourdine, laissant à l'espace de ses pas le soin de résonner dans un rythme égale, presque métronomique. Il est si rare qu'elle se donne la peine de venir dans ce quartier, comme il peut être rare de trouver un lieu presque serein dans une ville en constante effervescence. Les grappes des glycines sont encore en fleurs et tombent délicatement des façades de briques dans des teintes de couleurs inattendues. Son regard passe des fleurs qui s'accrochent puis s'enroulent aux réverbères et aux grilles, aux trottoirs presque luisants de propreté, jusqu'aux détails ciselés de ces grandes demeures d'un autre temps que les riches de ce temps ont su investir sans trop de mal, chassant leurs anciens propriétaires, ou les appâtant à force de billets verts ainsi que de monnaies sonnantes et trébuchantes.  Puis il y a ce sifflement qui déchire l'air, la faisant presque sursauter, elle ne se retourne pas persuadée que ce n'est pas à elle qu'il est adressé, mais alors qu'elle amorce un nouveau pas dans la direction opposée une main vient saisir son bras la traînant sans ménagement. Ailleurs, elle ne réagit pas, se laissant prendre à ce jeu des confusions, se laissant embarquer dans un monde qu'elle ne connaît pas assez. L'homme parle, il jure, mais elle ne l'écoute pas vraiment, elle n'a pas besoin de l'écouter pour comprendre qu'il s'agit d'une méprise quand il la place dans les rangs de ces femmes juchées sur des hauts talons, bien plus grandes qu'elle, bien moins vêtues... Pourtant, elle n'en dit rien, comme amusée par cette situation qu'elle trouve trop rocambolesque pour être jouée mais assez intrigante pour être suivie.
Sans mot dire elle pénètre dans un monde mêlant argent, luxure, alcool et bien plus encore de chasseurs de dragons en tout genre. Les musiques chaudes aux saveurs du sud avaient laissé place à des tonalités plus lascives, alors que les yeux suivent les courbes de ces femmes qui roulent sous les tissus fins de leurs vêtements dont elles savent se défaire quand le moment est venu sans pour autant paraître vulgaire. Mais Meryll est d'un autre temps, et sans ignorer les vices de cette époque, elle reste néanmoins perplexe quant à l'évolution des choses, des mœurs, en l'espace d'un peu plus d'un siècle. Elle en vient à se demander si elle aurait put être l'une d'entre elles, si elle serait capable de se déhancher de cette façon pour une foule d'homme, si son orgueil l'aurait accepté, et comme pour donner une réponse à sa réflexion, alors qu'elle se tient droite la bouche entrouverte face à ses propres découvertes, un homme bedonnant la saisie par la taille la contraignant à se rapprocher de lui d'une façon qu'elle juge que trop inappropriée. La main vole, et s'écrase sur la joue flasque de l'homme qui rougit déjà de fureur, laissant déborder sa haine envers celle qui a osé se rebeller contre toute la puissance qu'il pense acquérir par son argent. Mais il n'est rien d'autre que le pur, et pire, produit d'une nation en décrépitude, alors, ivre d'une douleur que lui inflige sa fierté désormais bafouée il exige réparation alors qu'il écrase entre ses doigts le poignet meurtrie de Meryll qui s'efforce de retenir tout son mal dans un feulement inaudible dans ce trouble que l'homme sème, hurlant à qui veut l'entendre qu'il faut absolument faire venir les autorités séance tenante.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: You say psycho like it's a bad thing.   Dim 3 Nov - 20:42

Ses doigts caressant distraitement son verre empli de liquide ambre, Wesley sentait l’ivresse débuter à l’enivrer. Cela faisait longtemps qu’il n’avait plus connu l’allégresse de l’effet lénifiant de la liqueur. Le ressac de ses songes apaisé et engourdi par l’alcool, le Shadow Hunter poussa un soupir de contentement ; ses paupières se fermèrent afin de mieux appréhender la volupté et la sérénité procurées le rhum. Il était inusité que le Spadassin ressente une telle paix intérieure, et grâce à cela, malgré le spectacle commençant à le lasser, il se sentait bien.
Une commotion dans la salle l’extirpa abruptement de sa torpeur ; l’homme empâté qu’il avait contemplé plus tôt s’était saisi d’une demoiselle, malgré celle-ci tentant de s’extirper vaille que vaille de l’étreinte. Le membre de la gent féminine, dans une ultime tentative, gifla l’effronté. Wesley se sourit à lui-même, c’était un coup remarquable, dénotant d’une force physique non-négligeable pour un tel gabarit, ayant créé un son satisfaisant à l’ouïe. Néanmoins, cette tentative s’avéra vaine, ne semblant qu’enrager le bourgeois pansu, qui resserra son emprise sur le poignet de la jeune dame. L’adipeux quidam, son visage laid et vulgaire s’empourprant rapidement par l’afflux sanguin causé par la colère, vociféra, tonitruant, un tissu d’inepties se voulant menaçantes et misogynes. Un éclat malsain et folâtre luire dans ses yeux porcins. Wesley balaya d’un regard écœuré l’assemblée. Personne ne semblait désirer prendre partie prenante dans cette discorde, et cette harde grégaire semblait se partager en deux moitiés ; l’une, les yeux avides, contemplaient la scène se dérouler, l’autre, tentant d’ignorer de leur mieux la querelle. La musique semblait se faire plus cadencée, plus grisante, sans nul doute dans l’espoir de ramener l’attention commune vers le spectacle. Bourgeoisie médiocre et couarde, n’osant s’interposer entre une femme et une râclure.  La faconde furieuse de l’homme pansu rendait Wesley nauséeux.
Bien qu’il aie déjà ôté la vie de plusieurs femmes, le Windsor n’avait jamais été violent avec le beau sexe. Il s’agissait là d’un acte dépassant les confins de sa ligne de conduite ; il ne frappait pas les dames, ne pouvait s’y résoudre, les aimait, aimait les charmer, vénérait et révérait leurs corps. Alors, lorsque le chien du Gouvernement vit la main de l’impudent s’élever dans les airs, prête à frapper d’un revers, ce fut la goutte, l’élément déclencheur. Sa nature incoercible et véhémente reprit ses droits. Avec une célérité fulgurante, Wesley s’élança vers le quidam et d’un geste fluide et mécanique, dégaina son fidèle Colt pressant le canon contre la jugulaire du bruyant personnage, obstruant ainsi sa circulation. À cette distance, le démiurge put dépeindre avec plus d’exactitude le personnage, et ce qu’il vit le dégoûta encore davantage. Crâne ravagé par une calvitie prononcée, teint cireux, yeux pervers et injectés de sang – maintenant habités par une expression d’effroi -, pilosité sauvage et non-entretenue, dentition corrodée et haleine pestilentielle. Encore un énième bourgeois ayant la ferme conviction que son opulence lui conférait quelque prestige que ce soit.
De sa main libre, Wesley extirpa sa plaque, symbole de son allégeance et appartenance à la face du Gouvernement et articula lentement d’une voix mielleuse : « L’autorité, c’est moi.» Ces palabres sonnèrent saugrenus à ses propres oreilles, lui, ex-assassin, trafiquant et gangster, se présentant en tant que Force de l’Ordre. Il réprima l’envie de rire. Wes rangea son emblème dans sa poche arrière. Ensuite, il porta sa main derrière l’oreille de sa victime et fit mine d’en extirper quelque chose, tel le ferait un prestidigitateur durant l’un de ses tours. Le Shadow Hunter agita subséquemment sa factice trouvaille, un sachet contenant de la marijuana, sous le nez de l’individu médusé. « Hé bien hé bien, troubles de l’ordre public et possession de stupéfiants, c’est pas très joli-joli tout ça ! » fit-il toujours de la même voix sémillante. C’était un coup vieux comme le monde, ‘’ produire ‘’ des preuves accablantes, mais diablement efficace. Les lèvres du pansu étaient entrain de se mouvoir mais aucun son articulé n’en sortirent. Ne prenant maintenant plus la peine de dissimuler sa malveillance, Wesley approcha son faciès à quelques centimètres celui abjecte de l’effronté et dit d’une voix dure, lippes retroussées, : « Je te conseille de te tirer avant de perdre plus que ta dignité. » Celui-ci obtempéra sur-le-champs.

Satisfait de son action tutélaire, Wes se retourna vers la demoiselle et put pour la première fois la regarder pleinement. Crinière d’ébène faisant ressortir son teint d’albâtre, elle avait des yeux azurés à la clarté enjôleuse, au regard térébrant,  et des lèvres charnues et accueillantes. Elle était affublé d’une robe vermeille, épousant joliment son galbe. Le malfrat ne put empêcher son oeillade de glisser le long de sa silhouette féminine et élégante. Un demi-sourire s’étira paresseusement sur le visage du jeune homme. « Hé bien, ne vas-tu pas me payer un verre pour me remercier ? » dit-il, sa jactance coutumière bien vite retrouvée.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: You say psycho like it's a bad thing.   Mar 12 Nov - 17:57

Au milieu du brouhaha de la foule, on ne peut entendre ce feulement qui remonte de sa poitrine jusqu'au fond de sa gorge pour venir mourir sur ses lèvres pleines. Rouges de fureurs autant que de cette gène terrible qui l'envahit, elle se mouve comme un serpent, tentant de se défaire de l'emprise vicelarde de cet homme qui est au prise avec cette illusion qu'il a d'elle. Ni danseuse, ni fantômes des trottoirs de la ville, et pourtant assimilée à ces femmes qui se vendent un peu plus chaque secondes, passant de mains en mains et perdant leur âme alors que leur ego disparaît sous les immondes pensées de ces hommes. Elle n'est pas l'une d'entre elle, et quand bien même elle reste la prisonnière d'une simple pensée, elle ose espérer que quelque part en elle réside encore un brin d'insoumission. Elle tire et se débat, rage et enrage, mais elle n'arrive pas à échapper à l'haleine âcre et chargée de cette odeur de whisky frelaté qui émane de cet homme imbuvable. Alors qu'il se plaint un peu plus fort cette fois-ci, il referme son étreinte faisant gémir de douleur la jeune femme, qui se tord désormais sous l'emprise perdant pied, et sentant son orgueil se froisser alors que sa rancœur ne fait qu'augmenter. Il ne perd rien à attendre, et déjà son esprit fomente le moindre rouage d'un plan terrible visant à la mort cet importun ; et il ne suffirait dès lors plus qu'un simple touché du bout de ses doigts pour qu'elle vide cet homme de toutes ses forces, pour qu'elle se nourrisse de ses souvenirs les plus précieux comme les moins enviables. Femme vipérine, infâme Lilith prisonnière de sa géhenne, elle reste pourtant incapable d'agir, car que trop observée par cette population désenchantée et que trop attachée à sa tranquillité malsaine. Alors, pliée en deux, ne pouvant faire cesser les spasmes qui traversent son bras, elle s’évertue à retenir chacun des visages qui peuplent cette foule, se jurant dans une rancune tenace qu'elle les accompagnera jusqu'aux portes des enfers pour mieux les y précipiter.
Elle grogne une nouvelle fois, faisant tomber sur son visage ses longs cheveux sombres qui viennent ainsi cacher cet expression quasi animale qui naît sur ses traits naguère si doux. Il faudra un peu plus que l'intervention de cet homme qui fend la foule en exhibant un badge qu'elle ne connaît que trop pour faire cesser l'impudent qui déjà élève une main assassine. La respiration de Meryll s’accélère, bruyante à ses oreilles elle n'est pourtant rien face aux tonalités lascives qui les entourent, et c'est le déclic d'une arme, d'un doigt sur une gâchette, qui vient suspendre le temps. Elle reste coi devant la situation alors que la menace désormais menacée défait vivement son emprise se sentant soudainement trop fautive pour exiger quoi que ce soit en une telle situation. Lentement, elle se redresse, ne donnant pas plus d'importance que cela à la suite des événements, ne s’intéressant pas à la situation, restant fixée sur ce poignet qu'elle masse avec vigueur souhaitant, autant, effacer la marque de cette main qui s'inscrit dans sa chair que l'indésirable souvenir de cette captivité passée. Désormais libre, elle se reprend rapidement, envisageant plus qu'indispensable sa fuite à venir, mais la voix de son sauveur s'il est judicieux de le nommer ainsi la cloue sur place.
Regard de braise encore plein de cette blessure de l'âme, elle se mord la lèvre comme pour éviter de faire un faux pas face à cet homme qui représente, comme il l'a si bien fait remarqué plutôt, l'autorité. Elle n'est à l'évidence pas dans un lieu où elle est en mesure de se débrouiller seul, ni dans une situation quotidienne qui lui permette de se mettre à dos une telle personne. Alors, elle ravale son orgueil blessé, lâchant son poignet pour replacer ses cheveux tombant derrière ses oreilles, libérant ainsi sa vue mais la rendant aussi un peu plus présentable. Sourire vermeille, elle découvre ses dents sur un sourire amicale et pourtant carnassier alors qu'elle se donne le temps d'un silence léger afin d'inspecter cet intempestif et néanmoins utile gêneur. Néanmoins, elle se réjouit un minimum alors qu'elle souligne le coté attirant de cet homme, et cet air au moins aussi sauvage que le sien peut avoir l'air policé. « Vous refuser ce verre serait une marque d'impolitesse, et je suppose que vous seriez en mesure de me le faire payer d'une façon où d'une autre. », son accent allemand ressort par dessus sa langue d'adoption lui donnant un air plus fier et à la fois plus exotiques. Ils ne sont plus si nombreux que ça les gens qui, comme elle, ne sont pas originaires des États-Unis, ils ne sont rien d'autres que le fruit d'une éternité due à la magie ou bien, comme elle, des morts ressortis de leur tombe après des siècles d'errance dans un monde cauchemardesque. « A moins que cela ne soit qu'un vulgaire stratagème ? Auquel cas, sachez que je ne tomberais pas dans vos bras juste parce que vous m'avez sauvé la mise. », le sourire s'efface lentement de son visage et c'est sans attendre qu'elle prend les devants, jetant à peine un regard par dessus son épaule pour surveiller s'il la suit, et espérant finalement qu'il ne s'agissait là que d'une plaisanterie lancée par un homme qui s'ennuie.
Lubie passagère, espoir vain qu'elle laisse vagabonder au sein de son esprit. Seulement au fond d'elle, elle sait qu'il n'en est rien, elle sait qu'au moment où elle s’assiéra sur ce siège lustré par autant de danseuses, de travailleuses du sexe ou d'Homme cherchant un peu de réconfort dans ce genre de lieu de vices, il viendra la rejoindre. Elle est entrée dans ce jeu, elle n'en n'aime pas le risque mais le sait indispensable.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: You say psycho like it's a bad thing.   Jeu 14 Nov - 22:50

Lorsque la jeune femme braqua un regard où tourbillonnaient défiance et colère, Wesley se rendit compte qu’il avait manqué de tact et d’empathie à son égard ; elle venait de subir un vilipendage injustifié et son poignet semblait l’élancer, si ses frictions intempestives étaient un quelconque indicateur de sa douleur. Se montrer d’emblée outrecuidant ne fut vraisemblablement impertinent. Dans sa hâte de se montrer sémillant, le Shadow Hunter n’avait sans nul doute réussi qu’à bafouer plus encore la dame. Closant ses paupières un bref instant, il laissa échapper un soupir agacé ; ces six années au trou avaient fort apparemment roidis ses charmes. Lorsqu’il rouvrit les yeux, elle avait fixé un sourire affable sur son attirant minois et accepta, avec un accent roulant agréablement à l’oreille, son arrogante quémande. Se sentait-elle obligée de consentir aux précédents palabres du Windsor par peur de quelconques représailles ? Il avait agi sur un coup de sang, sans réflexion, uniquement car l’individu misogyne l’insupportait au plus au point et non pas pour pouvoir subséquemment oppresser sa victime. Soudain, elle pivota sur ses talons et fendit la foule en direction du bar. Wesley réalisa alors qu’il venait de fouler du pied un territoire qui lui était devenu étranger depuis bien longtemps déjà ; un jeu de séduction, certes platonique, mais tout de même un jeu dont les rouages n’étaient plus que des notions appartenant à une vie lointaine et antérieur, écho d’un passé révolu. Il n’avait plus eu d’interaction avec le beau sexe depuis Blake. Instinctivement, sa main se porta à son sternum où, en dessous de ses vêtements, pendait à un médaillon la bague de fiançailles qu’il s’était procuré en vue de sceller leur union par l’institution archaïque qu’était le mariage. Il la portait à son coup en guise de garde-fou, d’éternel souvenir de sa sottise et du prix qu’il en coûte d’aimer plus que de raison. Blake, diablesse tentatrice sous ses airs factices de sainte, lui avait arraché l’opportunité d’être un père et d’aimer à nouveau. Il sentait déjà la main glaciale de la mélancolie lui enserrer les entrailles. Il se ressaisit bien vite ; verser dans la nostalgie était dangereux et futile. Claustrant ces vieux démons dans les tréfonds de son âme, Wesley attendit encore quelques instants avant de rejoindre la balle. Prenant place à ses côtés, le Spadassin remarqua les quelques œillades plein de cautèle que certains leur jetèrent encore, comme s’attendant à une nouvelle scène. Wesley eut l’ombre d’un sourire. D’un geste rôdé par une pratique quotidienne, il porta à ses lèvres une cigarette et embrasa l’extrémité. Le jeune homme ignorait la législation de l’État quant au tabagisme dans les endroits publics mais il y avait fort à parier que personne ne viendrait se risquer à l’importuner pour une telle bagatelle, au vu de la démonstration de force à laquelle il s’était adonné plus tôt. Faisant face au bar, observant son interlocutrice du coin de l’œil, Wesley brisa le silence qui commençait à planer entre eux : « Mon nom est Wesley Windsor. ‘Pouvez m’appeler Wes’ si le cœur vous en dit. » Voilà qui devrait couvrir les règles de bienséance fondamentales. Il tira longuement sur sa clope et en inhala la consumation âcre. Très vite, il sentit la fumée délétère emplir ses poumons et, déjà, il se sentait apaisé. « Comment va votre poignet ? » poursuivit-il, souhaitant se montrer courtois. Sur scène, un groupe de Jazz succéda aux danseuses et très vite des notes cadencées et intenses s’élevèrent. Dodelinant du chef au gré de cette musique obsédante, Wesley eut l’envie soudaine de se donner l’illusion de retrouver les frissons d’antan de la séduction, s’échanger des brandons, feindre la nonchalance pour attiser l’attraction. « Vous savez, il était un peu présomptueux de votre part de croire que mon acte était seulement motivé par le fait de vous attirer dans mon lit. De plus, je ne vous cache pas que j’aurais été fort déçu si cela avait suffi. » Était-il à la recherche d’une oaristys ? Non, ce dont il raffolait par-dessus, c’était de la traque, les réparties cinglantes, la complaisance feintées, les jeux. Oui, ce qu’il aimait, c’était le voyage et non pas la destination.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: You say psycho like it's a bad thing.   Lun 18 Nov - 12:51

Avancée lente du cavalier au centre de l'échiquier de la séduction, un regard en arrière, un sourire feint, un rire vicié et une œillade passagère offerte sans équivoque à son voisin. Grande femme, où peut être petit homme, dont le dos nu est exposé, laissant voir le roulement de sa peau sur ses muscles fins et ses os saillants ; une longue mains, pâle dont la couleur irisée de ses longs ongles éclate sous la lumière tamisée du bar, s'avance pour saisir un verre plein d'un liquide ambré. Du bourbon, vestige d'une autre époque portant un nom français comme pour faire échos à cette Louisiane dont le passage des Européens est gravé au fer rouge dans la culture de ses habitants ; du bourbon, du rhum, de la gnôle, et parfois de la bière foutrement imbuvable, c'est désormais tout ce que l'on trouve dans les bars. Ils peuvent faire la fête, ils peuvent se jeter dans le vices en feignant la vertu, mais ce monde est déjà mort. Ce monde succombe, et à l'image de cette créature sulfureuse dont le rire grave s'élève, il finira par succomber sous les coups de l'Homme, qui n'en laissera jamais que l'horrible visage tuméfié de ce que fut la beauté. Le destin est écrit ainsi, la machine est en route et plus jamais la vapeur ne pourra être inversée. Et la main se fait caressante alors qu'elle s'insinue entre les soieries de la robe échancrée pour venir s’éprendre des formes de cette chute de reins vertigineuse ; le souffle ce coupe, un verre se brise et l'attention de l'éhontée voyeuse se détourne, cherchant du regard la source d'un tel fracas, et croisant par-là même le regard cristallin de cet homme. Dans d'autres circonstances, elle lui aurait assurément trouvé nombre de qualités, mais en cette douce soirée automnale, et parce qu'elle ne serait jamais plus vraiment la douce jeune femme qu'elle fut jadis, elle ne voyait en lui que le sombre rebut d'un pouvoir corrompu qui usait et abusait de son autorité sans aucune vergogne.
La pierre frotte contre le métal et la flamme jaillit, son regard assombri s'illumine sous l'étincelle, et lentement elle se recompose un visage avenant, abandonnant sa moue pleine de mécontentement pour un sourire presque figé. L'infernale Meryll n'a que trop peu l'habitude de sourire sans qu'on n'y perçoive la cruauté et le sadisme, la douceur est l'adage de l'autre, celle qui se laisse emporter par les soubresauts de son existence, celle qui ne contrôle rien, celle qui se fait écraser. Délicieuse poupée aux joues rosies et aux folles boucles brunes, elle lève, face à cet homme qui se dévoile, un sourcil cynique. Elle n'avait pas besoin d'en savoir autant, et n'exprimait pas plus que cela un goût prononcé pour la conversation, elle aurait d'ailleurs d'avantage préféré qu'il prenne un verre, la laisse payer et s'enfonce dans cette nuée folle de laquelle il s'était extirpé. Mais il ne semblait faire que peu de cas de ses envies, ou de ses exigences, il suivait les siennes sans avoir l'air de trop se poser de question sur le bien fondé de cette discussion. « Meryll. Et je ne conviendrais d'aucun surnom, je doute que nous nous renvoyons après ce bref interlude. », elle fait signe au barman qui passe et repasse sans cesse devant eux alors qu'il s'affaire à resservir tous les verres désormais vide qui traînent sur le comptoir. « Mais je me ferais un plaisir de vous divertir durant ce bref instant, à moins que vous préfériez vous en tenir à un peu de sollicitude ? Si c'est le cas, alors regardez par vous-même. », vivement elle vient agiter son poignet juste devant ses yeux, les marques violacées ont désormais disparu, il n'y a plus la moindre trace de l'attaque de l'homme sur sa peau à la blancheur marbrée. C'était là l'un des rares privilèges inhérent à sa race, une capacité de régénération ultra-rapide qui malheureusement ne pouvait guérir l'orgueil un fois celui-ci meurtri. « Il faut croire que cette brute n'était pas si dangereuse que ça, n'est ce pas ?! ».
Et c'est avec un sourire au bord des lèvres, mince et presque avenant, qu'elle cesse de le regarder pour retourner son attention sur l'homme qui lui fait désormais face. Peau sombre, yeux clairs, cheveux noirs, il attend silencieusement avec une mine fatiguée qu'elle lui fasse sa commande. « Deux verres, mettez ce que vous voulez dedans, au point où nous en sommes je crains que plus rien ne soit important ! Cette soirée semble être une véritable catastrophe. », soupir, sourire dénué de gaieté, et un ton tournant ostensiblement autour de l'ironie ainsi que du cynisme. « Il aurait été appréciable de vous entendre dire, Wes', que l'idée ne vous avez pas même traversé l'esprit, vous auriez alors apporté à vos actes, dans ce pieux mensonge, un peu de chevalerie. C'est un acte manqué. Vous n’êtes certainement pas sans ignorer que toutes les femmes ont en elle cette étrange volonté d'être secouru par le beau chevalier dans son armure, rien d'autre qu'une idée idiote lue et relue durant des siècles au travers des contes pour enfant. Mais l'idée à fait son chemin et elle est désormais bien encrée dans nos esprit», son verre est posée face à elle, et c'est d'une traite qu'elle en avale le contenu aux couleurs oscillant entre le orange et le rouge presque sanguin. Pas même l'alcool n'a de goût pour un être comme elle, et la brûlure infâme que cela provoque ne semble être rien d'autre qu'une torture destinée à lui faire comprendre qu'elle n'est pas complètement morte. « Néanmoins soyez rassuré, je vous décevrais moins que ce que vous auriez pu imaginer, il n'est que fort peu probable que je vous ouvre mes cuisses, ni ce soir, ni... Jamais. », et sans qu'elle ne puisse rien y faire, ce sourire si abjecte qu'elle arbore si souvent refait son apparition alors qu'elle remet ses cheveux en ordre avec un certain dédain pour son nouvel ami. « Mais dîtes moi, Wes', que fais donc un homme de lois dans un bar à une telle heure ? N'avez vous pas d'autres choses à faire que de surveiller les ivrognes et les vicelards ?!  A moins que vous soyez trop mauvais dans votre travail pour que l'on vous attribue une toute autre tâche. », plus virulente que jamais, à la limite franchie de la méchanceté, elle se permet de couler vers lui des yeux moqueurs attendant une réaction qu'elle espérait dévastatrice, comme si ce qu'elle venait de vivre n'était pas suffisant.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: You say psycho like it's a bad thing.   Sam 23 Nov - 15:11

Il la sent teigneuse et impudente mais il n’y porte que peu d’égard. De tout temps, il n’a jamais été quelqu’un d’empathique, d’altruiste. C’est un homme qui va au devant des choses et qui les plie à sa volonté. Ainsi, les regards hostiles qu’elles lui décochent et ses palabres acerbes l’amusent plus qu’ils ne le froissent. Contemplant distraitement les miasmes de sa cigarette s’étioler dans l’empyrée, il ne lui prête qu’une oreille lointaine. « Un langage aussi plein d’emphase mais alourdi par un accent si présent ? C’est intriguant. D’où venez-vous ? » Au vu de ses œillades intenses, de son physique aguichant et de ses atours écarlates, il n’aurait que peu surpris qu’elle lui réponde des Enfers. Toujours aussi dissipé, il attrapa une poignée de cacahuètes qu’il jeta sans cérémonie dans son gosier. « Vous doutez que nous nous revoyions  dites-vous ? Insinuez-vous que cela est notre première et ultime rencontre ? Vous me fendez le cœur ! » dit-il, portant dramatiquement sa dextre droite à sa poitrine. Le barman, las et éreinté, versa mollement un whiskey à Wes, ce dernier qui ne put s’empêcher de rouler des yeux lorsqu’il eut ouï son vis-à-vis passer commande ; bien que cette soirée ait débuté sur les chapeaux de roues, elle aurait pu substantiellement s’améliorer si la dame se donnait la peine de ne pas se montrer aussi revêche. Le déchu but une lampée à la teinte fauve et se délecta  des arômes telluriques, de la brûlure coutumière embrasant ses entrailles. Il n’était pas fin connaisseur mais il pouvait toutefois discerner une liqueur digne d’appellation d’une piquette. Il eut une moue approbatrice ; celui-ci était définitivement satisfaisant. « Vous apprendrez préluda-t-il que je n’ai rien du preux chevalier volant à la rescousse de la demoiselle en détresse. Je n’ai pas agi par bonhomie, j’ai agi parce que j’exècre ce genre de bourgeois gras et répugnant. Ainsi, je vous en conjure, épargnez-moi les frasques de votre égo meurtri. Je vous promets de ne pas vous extirper de cette situation scabreuse si l’opportunité m’était encore donnée. » Pianotant distraitement sur le comptoir, prêtant une oreille lasse à la chanteuse à la voix cristalline s’était établie sur scène, Wesley attendit le prochain brandon, qui ne se fit guère attendre. Néanmoins, cette fois-ci, la réplique cinglante fit perdre la contenance du criminel, embrasant son âme, mettant en ignition ses nerfs à fleur de peau. Il pivota son buste vers son interlocutrice et  la cloua d’un regard à la lueur malveillante. Bien que son choix de métier actuel n’avait point été motivé par vocation mais bien par intérêt, le Shadowhunter aimait se targuer d’être redoutablement efficace à ce qu’il faisait ; tuer était son art, opprimer et brutaliser sa raison d’être. Ses mains étaient souillées par l’hémoglobine sur base quotidienne bien que son essence soit exempte de tout remord. D’une voix basse et menaçante, il gronda : « De ce que je fais, vous n’avez entendu que rumeurs et commérages. Tabasser un type en plein milieu d’un bar bondé et s’en tirer sans démêlées judiciaires, ce n’est que le prestige de l’uniforme, privilège conféré par mon zèle à la tâche. Ce métier requiert des caractéristiques singulières ; très peu d’hommes sont taillés pour cela. » Le très infâme pourcentage. Pour chaque centaine d’individus, genres confondus, il y aura celui qui dérogera à la règle, celui qui se taxer d’ignominie. Celui qui aura soif de sang. Le bourreau tortionnaire qui tirera exaltation de la souffrance qu’il infligera à autrui. Ces êtres maudits et impénitents qui ne considéraient leur prochain que comme un exutoire, un futur martyr qui subirait leur frénésie sanglante. « Gardez cela à l’esprit. » finit-il sombrement. Le Spadassin commence à se sentir exténué et harassé par les homélies cinglantes de Meryll, sans doute serait-il grand temps de faire volte-face et de s’en retourner à la maison, avant que sa patience ne cède réellement et qu’il ne me commette quelque chose de bien fâcheux. Il soupire. C’était bien la dernière fois qu’il se montrait secourable.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: You say psycho like it's a bad thing.   Lun 2 Déc - 17:36

Il fut un temps où Meryll était un véritable ange, elle n'était que douceur et on lui aurait certainement donné le bon dieu sans confession. Jamais elle n'aurait dû sombré dans cet enfer qu'était la magie, le poison, le meurtre, la mort ; et pourtant tout cela s'était enchaîné à une vitesse folle. Tout s'était entremêlé entre la peur et l'excitation, l'excitation et les palpitations, les palpitations et la frayeur, cela avait été fou et c'était dans la folie qu'elle s'était réfugiée. Une folie dévastatrice qui l'avait poussé à faire les pires choses, troquant son image angélique contre celle du diable en personne, elle se montrait toujours aussi avenante pour attirer ses proies avant de mieux les berner en versant quelques gouttes de poisons dans leur vin pour mieux les dévorer. Mais même le diable en personne se doit de craindre quelque chose et sa plus grande peur avait prit un visage humain; un visage qu'elle avait aimé, caressé et qui était devenu son ultime vision. C'était lui au fond qui l'avait fait tomber dans les tourments de la méchanceté gratuite ; si elle avait trouvé la folie toute seule, la méchanceté c'était bel et bien lui qui lui avait enseigné. Elle n'avait pas tout de suite comprit, mais à force de temps elle s'était laissée embarquer sur la radeau de sa propre perdition, femme aveuglée par un amour empoisonné, elle avait fini par abandonner tout ce qui avait fait d'elle l'ange d'hier. Il ne subsistait aujourd'hui que la méchanceté, l'orgueil et la peur alors que tout le reste avait disparu quand son cœur avait cessé de battre une première fois.
Dès lors, au courant de tout cela, peut être aurait elle dû faire preuve d'un peu de rédemption en se vautrant dans les excuses, en montrant au moins un peu de remord. Mais il n'en était rien, elle n'en n'était pas capable, il y avait toujours une raison à sa retenue que cela soit quelque chose de fondé ou ne serait ce qu'une peu d’ego, mais tout cela l'enchaînait à ses propres principes. Elle ne se donnait alors aucune chance de reculer, et les reculades qu'elle se refusait ne faisait qu'augmenter la colère de ceux qui étaient en proie à son cruel manque de tact. « Je doute que vous ayez vraiment envie de me revoir, je ne suis pas d'une compagnie que l'on peut qualifier d'exquise, et je ne suis pas très à l'aise avec les inconnus, même s'ils me rendent de grands services. », pourtant à cet instant, elle faisait un effort, mince à peine perceptible pour celui qui aurait refusé de les entendre comme pour celui qui aurait put les accepter. Elle le faisait juste parce qu'elle savait qu'elle s'était peut être aventurée un peu loin, qu'elle s'était avancée sur un sujet qui semblait tenir à cœur à cet homme qui s'était risqué à la sauver d'une situation fort gênante. Mais quand bien même elle pouvait faire des efforts, elle ne pouvait pas s'excuser, cela restait toujours quelque chose d'impossible, une chose dont elle ne pouvait pas supporter le poids sur ses épaules. « Quant à ce que vous faites, je ne m'excuserais pas pour mon jugement, je le sais fondé. Peut être avez-vous l'impression d'être un bon élément au sein de votre ordre, et certainement que vous l'êtes, je n'ai pas vraiment de raison d'en douter, je ne vous connais pas assez pour ça. Malheureusement, vous faites partis de cette police qui se croit tout permis parce qu'il porte une plaque ainsi qu'une arme, et c'est pour ça que le commun des mortels vous exècre autant. » .
Elle joue avec son verre vide le faisant rouler sous ses doigts avec langueur, alors qu'elle pousse un soupir d'aise à l'idée d'avoir vider son sac au sujet de cette police qui n'a jamais cessé de la pourchasser, elle comme ses semblables. Puis, elle se décide enfin à cesser de jouer avec ce verre cristallin taché du rouge carmin de ses lèvres, elle le repose dans un fracas qui se perd dans le brouhaha des lieux festifs qui les entoure. Son regard azuré coule vers lui, se faisant presque insistant alors qu'elle grave dans sa mémoire chacun de ses traits plein d'une menace qu'elle ne souhaite pas vraiment juguler, elle semble tellement aimer pouvoir faire naître ce genre de sentiments chez les gens, elle aime tellement se faire aimer et détester à la fois. C'est une bien curieuse dualité qu'elle même ne semble pas comprendre, mais tout semble être double chez cette femme, rien ne semble pouvoir évoluer dans la solitude, pas même elle qui cherche dans la mort de ses victimes et dans sa façon de les dévorer une présence qui ne peut la quitter. Et lentement, elle se laisse glisser de se haut tabouret sur lequel elle s'était assise un instant, juste le temps de lui offrir ce qu'il demandait en échange de son bon geste.
Ses longs cheveux d’ébènes lui tombent sur la poitrine venant cacher cette cicatrice que la bretelle de sa robe peinait à cacher, et elle s'échine à remettre de l'ordre dans les plis de sa propre tenu sans pour autant y arriver. Ce n'est rien d'autre qu'un geste que trop répété durant son enfance, un toc dont elle n'arrive pas à se défaire et qui reste encré dans son éducation. Elle peut encore se souvenir de son père qui lui disait de ne jamais parler trop vite, et de faire mine de remettre de l'ordre dans sa tenue avant de s'exprimer, que cela lui donnait le temps de réfléchir. Seulement du temps pour réfléchir elle n'en avait pas besoin à cet instant, elle faisait déjà un pas vers lui, resserrant l'espace qui les séparait. Et bien que debout et lui assis, il était toujours plus grand qu'elle d'une bonne dizaine de centimètres, et toujours plus imposant qu'elle. « Mais n'ayez crainte, je n'oublierais pas que vous êtes plein de caractéristiques... Singulières, et je ne serais que trop heureuse de les découvrir. », sa main se lève vers son visage pour venir en cueillir la caresse, doux présent bien plus chaleureux que tout ce qu'elle a pu lui offrir durant cette courte entrevue, une sourire sur ses lèvres, elle se hisse sur la pointe de ses pieds venant poser ses lèvres sur les siennes. Simple effleurement avant de reprendre sa posture habituelle. «Prenez ça pour un remerciement, et un jour peut être arriverez vous à m'extirper des excuses... Peut être... », et déjà elle s'éloigne.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: You say psycho like it's a bad thing.   Sam 7 Déc - 14:04

Désarçonné par un tel revirement de situation et d’attitude, Wesley resta coi. Lui qui avait souhaitait filer à l’anglaise quelques instants auparavant, voilà qu’il se retrouvait vissé à son haut-siège, contemplant la belle avec des yeux ronds et, il en était sûr, la bouche imperceptiblement entrebâillée. Bien qu’il ne se montrait point repentante, Meryll avait perdu de son fiel, de son acariâtreté. Cela ne dura qu’un instant, certes, car celui d’après, elle fustigeait déjà la milice des Shadow Hunters, Windsor n’en prit point grippe car bien qu’il ait prêté allégeance à ce groupuscule obscur, là ne résidaient pas ses loyautés : soyons honnêtes, il ne se montrait pas fort féal envers cette organisation. Néanmoins, adouci par la tournure que prenait cette altercation, le déchu sentit un masque placide, ô combien inusité, se former sur son faciès. « Je n’ai jamais eu besoin d’une plaque pour me sentir tout permis. » dit-il d’une voix amusée. « Et excusez-moi si je suis trop prompt à juger mais je suis convaincu que vous ne portez guère plus d’égard que moi au commun des mortels. » La sentant en partance, il vida son verre d’une traite, une moue éprit son visage tant l’embrasement de ses viscères était prononcé. Charitable, il plaça sur la table un gras pourboire destiné au barman apathique, sa façon à lui de laver la scène qu’il avait commis. Wesley pouvait se permettre une telle générosité : pécuniairement, tout se passait on ne peut mieux. Son job paye fort bien et une vie de criminel des grands chemins nantit confortablement. Mais surtout, l’absence de femmes dans sa vie lui permet de conserver ses largesses.
Il la contempla glisser de son siège, féline, replacer son affublement méticuleusement, se demandant distraitement quelle était la suite des événements. Elle s’érigea sur la pointe de ses petits pieds telle une enfant et déposa sur ses lèvres un chaste baisé. Fugace, pudique, innocent. C’était là le contact le plus intime que Wesley ait eu depuis six longues années. D’abord, la stupeur. Jamais il ne se serait imaginé que l’épilogue de cette rencontre houleuse prendrait cette forme. Ensuite, l’amertume. Il se sentait infidèle, impur, face au souvenir de Blake. Comme l’on peut l’imaginer, le Spadassin n’était pas de l’acabit à verser dans le romantisme niais mais il avait toujours eu la conviction qu’il finirait tôt ou tard par être réuni avec cette enchanteresse et que, peu importe la conclusion, il serait fixé. Avant cela, il ne s’était guère imaginer d’idylle prenant place entre le présent et cette conjoncture hypothétique. Déjà, Meryll s’éloignait et Wesley était demeuré prisonnier de son mutisme. Elle était en train de partir et ne se retournerait pas, il le savait. Tout comme Blake n’avait pas eu l’once d’une hésitation avant de l’abandonner à son sort. Son spectre glacial l’avait hanté suffisamment longtemps. S’élançant à la poursuite de Meryll, jouant des coudes, bousculant, il la rattrapa en quelques longues enjambées, lui saisit le bras de sa main gauche et la fit pivoter sans ménagement. Sa dextre libre, toujours avec la même célérité attrapa son menton. Sans vergogne, sans pudeur, il écrasa ses lippes avides sur les siennes, la captura dans un baiser ardent, ensauvagé et langoureux, lui aspirant l’âme, la mêlant à la sienne, l’inondant de sa fougue et de son exultation. Après quelques instants de félicité, il la libéra de cette étreinte effrénée et vrilla une énième fois son regard dans le sien. Il n’était pas plein d’alacrité mais bien assombri par un désir brut et sauvage, presqu’inquiétant. Sa respiration était désordonnée et profonde, soulevant son thorax de manière erratique. « J’avais besoin de ça. » parvint-il à souffler, la voix chaude et lourde d’intensité. Il pouvait encore sentir l’empreinte brûlante des lèvres de la jeune femme. « Adieux, Meryll. » conclut-il, résigné à voir cette femme sortir de sa vie, probablement à jamais. Ses bras tombèrent mollement le long de son corps, et se sentant léger, libéré des reliques de son passé, son fardeau, il prit la porte et sortit dans la froidure de la nuit, fixant à son bec une cloppe. Quelle soirée regorgeant de surprises ! Jetant les yeux au ciel, un lent sourire se dessina sur son visage. Vraiment, que ferait-il sans les femmes ?
Revenir en haut Aller en bas
 

You say psycho like it's a bad thing.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» les 10 boss finaux les plus durs au monde
» Postes vacants Psycho pass RPG
» Psycho-test n°3
» Psycho, psycho bug.
» Psycho Pass

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-