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 What I'm suppose to know? (Roxanne&Connor)[Terminé]

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MessageSujet: What I'm suppose to know? (Roxanne&Connor)[Terminé]   Mar 11 Sep - 23:16

Ce recul que je prenais s'était en faite une fuite, ça me fait chier de l'admettre mais je suis un sale lâche en agissant comme ça. Je me défile de mon engagement auprès de la Résistance mais en même temps ce n'est qu'un moyen pour moi de m'éloigner de cet accord que j'ai passé avec ce mec pas net, Wayne Sudworth... Ce manque de considération et l'opportunisme de la nouvelle leader des résistants me filent la gerbe mais je ne suis pas super à l'aise avec le fait de les trahir non plus. Bordel ! Dans quel merdier je me suis foutu ? A chaud c'était clair pour moi qu'il fallait que je leur fasse payer de ne pas me donner plus de responsabilité, me montrer que ce que je fais je ne le fais pas dans le vent. Maintenant j'ai une épée de Damoclès au dessus de la tête et c'est très inconfortable.
Quoi que je décide de faire finalement la base est la même je dois rester au contact de la Résistance et surtout me tenir au courant de ce qu'il s'y passe. Très franchement à la rue sur les derniers événements je sais que je dois me remettre à la page et pour ça le meilleur moyen est de se rendre au QG, plus encore lui parler directement à Elle. J'étais conscient que ça n'allait sûrement pas être simple pour moi, l'amertume et la rancœur étaient encore bien trop présentes mais il était nécessaire que je mette un voile dessus pour obtenir des infos.

Face à mon reflet dans le miroir je soupirais « T'as pas vraiment le choix mon pote ! Tu te jette dans des flammes, tu te lave avec... » je mimais un flingue avec ma main et mettais mon reflet en joue « Pan ! » j'imitais un coup de feu et faisais volte face en direction de la sortie. Je devais arrêter de me défiler et prendre les choses en mains, assumer mes actes, mes choix... Enfin bref. Pour une fois j'étais net et parfaitement clean, entendez par là que je n'avais rien prit qui soit illicite ou qui puisse modifier mon état de conscience, de toute manière s'était le néant niveau dope chez moi et il fallait d'ailleurs que j'y remédie. Déterminé je pris la route pour rejoindre le quartier du Bronx, c'est dans les souterrains que se trouve le QG et même si je ne pouvais pas être sûr à 100% que Roxanne y serait il y avait de forte chance que je puisse grappiller quelques infos.
Arrivée sur place je saluais quelques tête connues avant de demander l'air de rien si le grand patron était là, notre complicité n'est pas un secret et nous avons fait nos preuves sur le terrain ça ne paraît donc pas trop étonnant que je pose cette question.
Sur le chemin qui me menait vers son bureau j'avais une pointe d'appréhension, de tension et s'était normal non ? Après tout, nos dernières conversations s'apparentaient plus à des disputes et les piques y avaient eu le rôle principal. Comment allait-elle accueillir ma visite ? Me foutrait-elle dehors ? J'espérais bien que non et puis j'ai ce petit truc imparable qui généralement est assez efficace pour l'adoucir... Bon ok ça implique que je sois docile, calme, courtois et... Pas sous l'emprise de la drogue. Les conditions étaient réunies ça tombe bien, si l'on exclu le fait que je sois tendu mais pour compenser j'ai l'intention d'afficher mon plus beau sourire et de me montrer sous mon meilleur jour. Pourtant ces connards de meilleurs jours je les attends tout les matins à moins que ça ne soit toutes les nuits ? Quand je me réveille à cause d'un cauchemar ou simplement parce que je suis trop sous pression pour pouvoir trouver le sommeil. En gros ma vie craint un max, je ne dors plus sauf quand je me came et là encore c'est pas le top, je fais des choix qui me foutent dans la merde et là je m'apprête à jouer les gentils petits soldats devant celle qui n'aurait jamais dû me poignarder dans le dos. Vous m'enviez non ?

Je frappe à la porte mais pas par ces deux coups bien nets que j'utilise normalement. Cette habitude que j'ai et dont la Résistante à parfaitement connaissance, ne serait pas terrible comme effet de surprise. J'entends qu'elle m'autorise à entrer. J'ai la main sur la poignée mais j'hésite soudainement, j'actionne le mécanisme très simple qui permet l'ouverture de cette porte par une simple poussée vers le bas, merveilleux n'est-ce pas ? Mon cœur s'accélère mais je ne laisse rien paraître et réussissant à reprendre mon calme, j'entre dans la pièce en affichant un sourire, mais pas du genre sourire conquérant, non... Un sourire de mec qui a un truc à se faire pardonné ce qui en l'occurrence est mon cas. « Sa...H...Bonjour » formel et classique, je ne dois pas trop en faire « On m'a dit que je te trouverais ici, je ne te dérange pas ? ». Je prends un air presque gêné et avance de quelques pas, d'un geste de la main je désigne l'ensemble du bureau « T'as changé la déco non ? » voilà clairement un moyen de détourner l'attention, de prouver que je suis mal à l'aise et me mettre en position de faiblesse ou du moins qu'elle y croit pour pouvoir obtenir ce que je veux. Je ne dois pas m'emballer et rester simple dans une situation qui ne l'ai pas, mais je suis Connor Blackpearl, non ?


Dernière édition par Connor J. BlackPearl le Mar 25 Sep - 8:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: What I'm suppose to know? (Roxanne&Connor)[Terminé]   Mer 12 Sep - 12:31

De longues semaines à se faire jeter comme une malpropre, alors qu'elle essayait de rendre la réconciliation possible. Se réconcilier pour une cassure dont elle ignorait complètement la cause, bafouant son orgueil et se montrant aussi docile qu'elle pouvait. Mais rien. Des insultes, des insultes en guise de réponse, qui traînaient en longueur. Eux qui étaient habitués aux disputes aussi fréquentes que courtes, la situation actuelle stagnait voire s'empirait. Elle creusait dans sa mémoire pour essayer de comprendre la réaction de Connor, se demandant si son comportement était lié à son ascension fulgurante. Et c'était sans doute l'unique raison qu'elle voyait. Propulsée seule à la tête d'un groupe auparavant sans réelle hiérarchie, sans même lui demander conseils et avis, alors qu'il était, en effet, celui qu'il lui avait pratiquement tout appris. Mais c'était d'un ridicule à en faire pleurer, parce que peu importe l'organisation de la Résistance, les changements effectués, le respect que certains lui vouaient même si cela était réciproque, il serait resté Connor. Connor, celui à qui elle s'adresse pour demander confirmation, celle avec qui elle confronte ses idées. Connor, à qui elle aurait volontiers délégué quelques tâches en toute confiance, laissé guidé quelques hommes sans inquiétudes. Mais il avait depuis préféré s'enfermer dans un mutisme débile et une arrogance sans nom.

Et elle était fatiguée de se battre pour des hommes, pour finalement se rendre compte qu'ils allaient tous la laisser. Seule, comme elle née. Avec l'infâme certitude qu'elle allait passer toute sa misérable existence de la sorte. La solitude comme berceau, la solitude comme linceul. Quelques bouts d'espoir se battant en duel entre les deux extrêmes, quelques espérances vaines. Un véritable leader-né, capable de rassembler les troupes, d'organiser chaque opération dans le moindre détail. De faire d'un petit groupe d'insatisfaits et révoltés, une véritable organisation hiérarchisée parfaitement orchestrée. Capable d'analyser chaque personne pour ne pas avoir à faire à un traître ou un chétif qui cédera à la première faiblesse. Et l'ironie dans tout ça, c'était qu'elle était incapable de s'occuper d'elle-même. Vie désastreuse au crochet d'hommes dépendants, son père de l'alcool, Connor de ses drogues ; sans se rendre compte qu'elle faisait partie du lot elle aussi, elle et ses foutues obsessions. Occupée à ramasser à la petite cuillère la loque humaine qui se traînait à côté d'elle, dans l'espoir inavoué de retrouver un homme sain un jour. En plus de ça, elle avait la fâcheuse tendance de se voiler la face, ou de faire taire ses craintes. Se leurrant sans cesse à son sujet, préférant le confort douillet d'une réalité imaginée. Et elle était persuadée d'avoir des acolytes fiables, Connor plus que n'importe qui. Douce illusion et amère réalité sous la surface de mensonge, car il se révélait finalement être le plus traître de tous.

Les souterrains à l'odeur pestilentielle, à l'humidité dégueulasse, aux sols trempés d'eau sale. Une noirceur ambiante éclairée par-ci par-là d'électricité instable. Une véritable caverne où chaque sens est aussi bien stimulé que anesthésié – et bien heureux que l'odorat soit un sens plutôt faible, et que le nez s'accoutume rapidement aux odeurs. Quelques haut-le-cœur à l'entrée, et déjà plus rien aux minutes suivantes, hormis lorsque les effluves se font plus puissantes. Le soi-disant QG des rebelles s'opposant farouchement au Gouvernement ; une partie de vrai comme de faux, car il serait trop facile de s'y loger éternellement.
Elle était plongée dans son plan du pays, avec les plus grosses structures électriques représentées, à la recherche de nouvelles techniques pour retarder au possible les prochains jeux. Arrachée de sa réflexion par les coups secs contre la porte, elle lui répondit d'entrer, avant de se retourner. Depuis qu'ils s'étaient enlisés dans cette espèce de période de froid, elle avait toujours une sorte d'appréhension en le voyant, et cette fois-ci ne fut pas une exception. Perturbée par sa présence alors qu'il prenait soin de l'éjecter de son champ de vision toutes les fois précédentes, elle fronça les sourcils alors qu'il la saluait, hésitant. Elle laissa quelques secondes s'écouler avant de répondre à sa première question, sèche et méfiante : « Non, ça va. » Elle tournait à plein régime. Et c'était ça, tout le paradoxe de sa personne, qui se déteignait sur toutes ses relations. Blessée qu'on la repousse sans douceur, et dubitatif lorsqu'on tente une approche d'apparence amicale. Toujours à se demander si ce n'était pas un piège, et incapable de lui accorder la compréhension qu'il attendait : « Oui, le Président s'est dit que l'ancienne table n'était pas adaptée et franchement bancale, alors il m'a payé un nouvel ensemble. Flambant neuf, comme tu peux le voir. » Cynisme de bas étage, la seule chose qu'elle pouvait lui offrir, refusant catégoriquement d'être une fois de plus celle qui courbe l'échine, pour se prendre des jurons et des injures. « Si c'est pour me cracher à la gueule, c'est pas la peine. » Les coudes posées sur la table, elle détailla la silhouette, comme si elle ne la connaissait pas déjà par cœur, comme s'il y avait de tatoué sur sa peau toutes les choses qu'il taisait avec habilité, comme s'il traînait sous ses semelles la solution à leur problème. Le regard dur, pour pas lui montrer qu'il la rendait fragile, elle rajouta : « Qu'est-ce que tu veux ? »
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MessageSujet: Re: What I'm suppose to know? (Roxanne&Connor)[Terminé]   Mer 12 Sep - 13:57

Blessé par le manque de reconnaissance des autres Résistants à mon égard j'avais espéré que Roxanne fasse un geste en ma faveur, reconnaisse mon importance au sein du groupe et l'affiche aux yeux de tous en m'offrant un place particulière dans le clan. Je voulais un juste retour des choses pour un fois, quelque chose d'officiel et d'établis qui me permettrait de me sentir plus à ma place. Depuis que j'ai été en prison je ne suis plus le même homme, ils ont tué le flics dévoué, docile et efficace. J'ai terminé de me laisser marcher dessus et elle en paye les pots cassés, peut-être que c'est stupide parce qu'en agissant ainsi je diminue mes chances de voir ce jour d'être reconnu, s'éloigner encore plus sauf que pour moi il est trop tard ça serait trop facile d'arrondir les angles à présent sans aucunes spontanéités.
Quelle prenne la tête de la Résistance ne me dérangeait pas, je préférais la voir elle plus que quiconque à cette place et quitte à être sous les ordres de quelqu'un que se soit les siens. Parce que je connais ses compétences, sa façon de fonctionner puisque je lui ai appris beaucoup mais aussi pour une raison simple : je crois en elle, je la respecte et je l'estime. Mais pas même un merci ? Pas un seul écho sur ce que j'avais fait pour elle ? Pas un geste de reconnaissance ? Ça je ne pouvais pas le tolérer. Ma fierté parlait pour moi et sans doute que ce n'est pas la meilleure des choses, mais c'est comme ça.

Maintenant j'en était réduit à trahir ceux aux côtés de qui j'avais combattu ceux que je vais servir indirectement à présent, est-ce que je regrettais ? Ça dépend des moments... Mais tout ce que je peux dire c'est que je dors mal la nuit, voir pas du tout. De toute façon qu'est-ce que je pouvais faire ? J'ai le couteaux sous la gorge et ce salaud de sorcier menace de tout raconter à Roxanne, je sais très bien qu'il tournera les choses de manière à ce qu'elle ne me laisse aucune chance de m'expliquer donc il ne me reste qu'à faire le bon petit soldat et obtenir des infos.
C'est étrange comme situation, jusque là elle m'a tendu la main pour essayer de ne pas laisser cette fissure entre nous s'élargir et j'avais rejeté en bloc chacune de ses tentatives. Je n'y avais pas été de main morte parfois mais la colère parlait à ma place, la frustration, la rancœur et là même si je me sentais encore bafoué j'arrivais à faire semblant d'être plus serein, enfin c'est que le début. Poliment je demandais si je ne la dérangeais pas, elle devait sans doute travailler en prévision d'une prochaine mission contre le début de Hunter Games et je sais à quel point ça lui tient à cœur, après tout elle n'est pas le leader pour rien. J'ai son autorisation pour rester, son ton est froid et je sais que c'est pour me faire payer mon attitude de nos précédentes entrevues, c'est légitime après tout. Je suis le premier à m'insurger de me faire appuyer la tête sous l'eau, il ne fallait pas que je m'attende qu'après les saloperies que je lui avais balancé elle me fasse un grand sourire et pourtant au fond de moi j'aimerais la revoir me sourire, mais ça c'est un secret. Je tentais un peu d'humour en évoquant la déco de son bureau, histoire de me détendre plus moi que l'atmosphère à vraie dire, il fallait que je paraisse naturel et détaché comme un homme qui aurait tourné la page. J'esquissais un petit sourire en coin à sa réponse teintée de cynisme « Hum... Finalement pas un si mauvais bougre. » je n'en pensais pas un mot parce que ce mec est une plaie purulente, un abcès à crever.
L'avertissement ne se fit pas attendre, si je voulais lui cracher à la gueule je pouvais repartir je secouais la tête et détournais le regard pour porter mon intention sur divers objets qui traînait sur un meuble « Ce n'est pas dans mon programme. » prenant un cube dont j'ignorais totalement l'utilité je la regardait à nouveau. L'étoffe d'un leader, des épaules fines et pourtant capable de porter des tonnes de choses trop compliquées pour bons nombres d'entre nous, une volonté de fer et un charme incroyable ! Ma drogue personnelle, élément essentiel de mon existence que je vais briser à petit feu.

Je soutiens son regard et fais tourner le cube entre mes mains « Je voudrais... Parler. » je haussais les épaules en anticipant une probable réponse « Et j'entends par là de ne pas se crier dessus dans une discussion stérile avec ça bonne dose d'insulte. ». Je fis une moue, celle du type qui sait très bien qu'il est en faute « Je te jette pas la pierre pour ça j'y ai été fort mais... J'étais... Enfin bref. » s'était un semblant d'excuse et il n'était pas là seulement pour le bon déroulement de ma mission, il y avait une part de sincérité là dedans je m'en voulais d'avoir été si violent dans mes propos parfois et je comprenais à quel point elle avait finalement été patiente avec moi pour une fois et ce malgré le fort caractère que je lui connais. « Et puis ces quelques temps j'ai aussi pris du recul, mais je voudrais rester dans le coup. Sauf que je suis à la rue niveau nouveauté. » je m'approchais de son bureau et y posais le cube « Je me suis dit que tu étais la personne la plus indiquée pour m'aider à me mettre à jour... ». Je suis assez crédible en mec qui s'est fait une raison, non ?[b]
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MessageSujet: Re: What I'm suppose to know? (Roxanne&Connor)[Terminé]   Mer 12 Sep - 17:30

Dans le fond, le problème était dérisoire. Totalement ridicule. Arriver à de telles conséquences, à une telle situation même si elle était pour l'instant inconnue de Roxanne, était presque à en hurler de rire. Dire qu'ils se détestaient au tout début serait un doux euphémisme. Dire qu'ils s'appréciaient en serait un également. Mais il fallait reconnaître qu'ils n'avaient jamais réellement eu l'occasion de goûter aux plaisirs d'une relation calme et saine ; leur caractère brûlant reprenant toujours très rapidement le dessus. La colère ardente, la passion enragée.

Elle releva un sourcil lorsqu'il lui annonça que les insultes et les cris à s'en briser les tympans n'étaient pas de mise aujourd'hui, étonnée de voir qu'il venait chercher un semblant de réconciliation tout seul, comme un grand. Trop beau pour être vrai, trop beau pour durer réellement. Et elle garda sa moue dubitative lorsqu'il lui annonça qu'il ne voulait que parler. Parler, comme des gens sensés, parler afin de communiquer des renseignements, en écoutant l'autre parler et en lui donnant une réponse digne de ce nom et en rapport avec ce qui était dit précédemment. Un concept qui leur était devenu étranger depuis quelques temps, mais qui leur avait toujours un peu échappé à vrai dire. Sans chercher à rajouter quoique se soit, elle l'écouta soigneusement pendant qu'elle sortait une énième cigarette d'un énième paquet. Quelques tentatives pour l'allumer avec un briquet presque terminé, avant qu'un sourire vienne s'étirer le long de ses lèvres, desquelles s'évada un nuage de fumée. Ses fausses excuses bredouillées comme si de rien n'était. On en parle, on reconnaît avoir été un connard, mais on ne finit pas sa phrase. On laisse tout en suspend, et on sous-entend qu'on s'excuse sans le formuler explicitement. Car on refuse de le faire, car on estime qu'on a raison, qu'on est la juste parole. C'était du vu et revu, et elle venait à s'en lasser, même si elle n'avait pas grand chose à faire de quelques syllabes d'excuses, que ce n'était pas ces beaux sourires rayonnants et ces mots mielleux qui allaient changer la donne. Elle ne voulait pas de promesses d'éternité, de juré craché, juste des conséquences et des résultats. Les plus concrets possible.

Elle ne put cependant s'empêcher de marmonner, plus pour elle-même que pour quiconque : « A qui la faute... » lorsqu'il constata amèrement qu'il n'était plus réellement au courant de l'actualité de la Résistance. Autrefois membre actif, et de loin l'un des meilleurs, il était désormais laissé à la traîne.
Quelques sarcasmes lui brûlaient la langue malgré tout, désireuse de lui montrer à quel point il avait pu être désagréable. Elle était partagée par l'envie de retrouver leur osmose et celle de lui donner une bonne leçon, parce qu'elle n'était certainement pas de celles qu'on traite comme un vulgaire chiffon. Tiraillée par le besoin d'effacer cette mauvaise période, ce fragment de vie minuscule, et l'incapacité de se défaire du souvenir de toutes tensions.
Elle se surprit à être réticente quant à lui dévoiler ce qui se tramait dans le groupe. Un peu honteuse de se prendre la main dans le sac, à s'accrocher bêtement aux paroles d'un inconnu visiblement perturbé qui prend ses rêves pour une réalité, elle s'éclaircit la gorge, avant de lui expliquer sans chercher à s'attarder plus longtemps sur leurs règlements de compte. « Il faut quelque chose d'un peu plus novateur. On peut pas se permettre de faire la même chose, encore et encore. Couper les lignes pour retarder les jeux, ça a été fait, ça a pas donné des résultats mirobolants. » Quelques jours de retard, certes, et puis alors ? Le massacre avait repris, de plus belle même. Les faux bulletins dans l'urne ? Déjà fait. Il fallait admettre qu'on venait rapidement à tourner en rond, et que les possibilités étaient très réduites. Les petites mutineries par-ci par-là n'avaient pas le pouvoir d'arrêter réellement une saison des jeux, car dès lorsqu'un problème se présentait, ils mobilisaient comme s'il s'agissait là de la première guerre mondiale toutes les personnes qu'ils avaient sous la main. Pour réparer leurs beaux petits câbles. Pour refaire leurs précieux petits bulletins.
« J'avais pensé à quelque chose, mais... Je sais pas. J'en ai parlé à personne encore, parce que je me rends compte du danger que ça implique, et la difficulté de la chose, et... peut-être que ça donnera rien. » Juste une ébauche d'idée. Quelque chose qui lui était venu à l'esprit, très vague, très flou. « Si on brûlait toutes les listes ? Tous les documents papiers, tous les documents informatiques... » Ils avaient beau être à la tête du pays, de ce qu'il restait du monde, leur putain de Gouvernement ne connaissait pas chaque personne personnellement. La lubie de faire perdre son identité à toute la population, de n'être plus que quelqu'un, n'être personne en étant tout le monde. Mais le problème était que c'était une idée démesurée, et elle se rendit compte de l'absurdité de celle-ci maintenant qu'elle l'avait formulée tout haut. Ils n'étaient pas au début du siècle, où la totalité des documents étaient des documents papiers. Où un feu au mauvais endroit pouvait avoir des conséquences désastreuses. Secouant alors la tête, elle se frotta ses yeux fatigués et rougis, avant de reprendre : « Oublie-ça. C'est n'importe quoi, c'est pas possible, je divague. »

La douce amertume et la chaleur de la cigarette ne lui faisait plus rien. Plus ce délice flottant dans sa gorge, contre son palais, s'infiltrant en elle à chaque bouffée supplémentaire. Son cendrier débordait, et c'était le reflet d'une consommation exagérée, d'un besoin pourtant inutile et sans effet profondément ancré en elle. Finissant son actuelle, elle alla l'écraser contre le tas déjà présent, avant de reposer son regard sur Connor. Démesurément fragile en sa présence, elle abandonnait presque spontanément la carapace qu'elle se forgeait pour assumer son rôle de Chef. Ses faiblesses devenaient de nouveau siennes, elles qu'elle oubliait avec plaisir lorsqu'elle devait garder le moral des troupes. « J'ai tellement de mal depuis quelques temps... Je me force à trouver des idées, mais elles sont totalement absurdes et... et ça me fait chier, putain. Ça me fait chier. » L'esprit trop embrumé par la situation chaotique qu'elle et Connor entretenait actuellement. Constamment perturbée par ces souvenirs envahissants, et ces questions redondantes qui ne trouvaient jamais de réponses. Elle stagnait littéralement, et passait des heures, des jours et des nuits face à ses plans, à ses écrits. Le résumé des plus grosses opérations faites jusqu'à ce jour, et le décompte des semaines et des jours avant une nouvelle saison de jeux. Et ça la tuait de voir que le temps s'écoulait et qu'elle n'arrivait à rien. « Tu sais que le fils de Louise vient d'avoir vingt ans ? Et elle est venue me voir. Elle m'a dit à quel point elle avait peur de le voir partir pour les jeux, qu'elle pouvait pas se permettre de le perdre lui aussi. Elle m'a même supplié de n'enlever que son nom de l'urne. »
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MessageSujet: Re: What I'm suppose to know? (Roxanne&Connor)[Terminé]   Mer 12 Sep - 19:14

Si moi même je n'avais pas été désigné comme leader je crois que c'est parce qu'au fond je suis faible, je laisse trop ma fierté prendre le pas sur la raison et c'est exactement pour ça que je suis dans une merde incroyable et que Roxanne elle a la confiance du clan pour les mener vers la réussite. Pendant mes longues insomnies j'ai eu le temps de ruminer tout ce que je pouvais et s'était le douloureux constat que j'avais fait, c'était peut-être aussi un peu pour ça cette attitude que j'avais vis à vis d'elle. Je voyais à chaque fois le fait de me sentir comme un raté, mais j'y peux quoi moi si on m'a brisé ? Si je préfère réfléchir sous l'emprise de la drogue que de laisser ma conscience faire le boulot ? Je ne suis pas du genre à me placer en victime mais faut avouer que jusque là on m'a toujours écrasé dès que le moment fût venu. Je ne devais pas penser à ça, pas maintenant les choses s'engageaient trop bien pour que je gâche tout en laissant mon venin se déverser encore et encore, je suis lassé moi-même d'être comme ça par moment mais la colère fait bouillir mon sang et je ne suis qu'une bombe à retardement.
Roxanne elle même semblait surprise de m'entendre dire que je voulais simplement parler calmement, en fait je ne crois pas que ça nous soit arrivé bien souvent si j'y réfléchis. Au début je la détestais, elle me faisait sortir de mes gonds mais c'est peut-être parce que j'avais flairé que cette nana serait un nid à emmerde pour moi... Aussi étonnant que cela puisse paraître pour un mec qui se drogue, j'ai pas l'habitude d'être accro pas à quelqu'un en tout cas. Elle sortit une cigarette d'un paquet déjà bien entamé, je jetais un œil vers le cendrier et constatait qu'il était pleins, s'était bien la peine de me faire la morale sur mes propres addictions alors qu'elle est l'esclave de ce bâton de la mort. Mais j'oubliais vite ce détail en la voyant sourire, ça n'était pas grand chose mais très franchement s'était plaisant. Un premier signe que la glace si elle ne se brisait pas fondait un peu ce qui s'annonçait de bonne augure pour moi.

J'expliquais les raisons de ma venue, j'étais seul coupable de me retrouver à la ramasse par rapport aux affaires en cours et j'étais bien d'accord avec elle sur ce point bien qu'elle l'eut marmonné plus que dit à voix haute, j'avais entendu et je me contentais d'observer d'un coup d’œil rapide le plan qui était un peu dissimulé sous ses bras posés sur le bureau.
Nos histoires personnelles, notre petite querelle était mise de côté au profit d'une petite explication de ce qu'elle cherchait à faire. J'étais bien content que le sujet s'oriente ainsi, plus vite j'aurais eu les infos au mieux je me porterais. Je l'écoutais attentivement, elle voulait innover et trouver le truc qui ferait mouche et ne retarderait pas l'échéance pour quelques jours mais pour plus longtemps que cela. Je ne pu m'empêcher de me mettre à réfléchir à une idée à mettre en place, s'était plus fort que moi et sur l'instant j'avais comme l'impression que les choses revenaient dans l'ordre entre elle et moi alors que ça n'était qu'une illusion.
Roxanne avait une idée dont elle n'avait pas parlé jusque là aux autres, j'attendais avec impatience qu'elle me la révèle tout en essayant de ne rien laisser paraître. Brûler les listes, les documents informatiques en somme tout ce qui pouvait identifier les gens. Le Gouvernement ne connaît pas le peuple il est l'esclave de tous ces registres alors peut-être qu'elle tenait là un élément intéressant pour une action future. Cependant s'était très risqué et difficile à orchestrer et puis dieu seul sait où sont cachés tous ces précieux sésames et de combien de copies il dispose. L'idée en soi n'était pas ridicule mais difficilement réalisable. Celle qui était à présent mon leader portait les marques de la fatigue qui touche tout ceux auxquels de grandes responsabilités sont confiées, elle balaya sa propre idée, s'accusant de divaguer. Je haussais les épaules et me décidais enfin à m'asseoir sur la chaise en face d'elle, en position de simple interlocuteur lambda « Sur le fond l'idée est forte mais ça prendrait trop longtemps à organiser pour localiser les documents et puis ils ont sans doutes des copies. » je ne voulais pas qu'elle pense n'avoir que des idées de merde, je crois que j'essayais même de la rassurer alors que normalement ça n'était pas mon rôle ou du moins plus maintenant.
Je soutenais son regard qui finalement m'avait tant manqué, ces grands yeux dans lesquels j'avais lu tant de chose affichaient une fatigue certaine, elle avouait ses difficultés et je me sentais redevenir comme le confident celui en qui on peut avoir confiance tout en sachant pertinemment qu'elle faisait une erreur en m'avouant tout ça. L'ambivalence de mon rôle était très difficile à gérer je m'en rendais encore plus compte et je doutais d'arriver à tenir mes engagements mais chaque menace était une piqûre de rappel efficace. « Tu devrais te ménager Roxanne, sans vouloir passer pour un goujat t'as une mine à faire peur. » je lui devais au moins ça, être franc et lui dire de ralentir un peu la cadence mais je n'imaginais pas être en parti responsable « C'est pas épuisée que tu trouveras des bonnes idées tu sais. Ton cerveau marche au ralentis et tu regarde tellement tes plans que je suis sûr que tu les redessine la nuit dans tes rêves. ». Je voyais bien comme ça la rongeait et l'information qu'elle me donna ensuite confirma cette sensation. Ses amis allaient peut-être voir leur proche mourir sans pouvoir rien y faire, je hochais la tête et détournais le regard un instant, soudain mal à l'aise de me rendre compte que mon but désormais était de tout faire foirer et de me rendre complice du système. Mais eux au moins croient en moi ou en tout cas m'en donne l'impression. Je me perds dans ce monde de faux semblant et de mensonge, j'ai du mal à savoir qui je suis vraiment moi-même et venir là pour parler avec Roxanne ne me facilite pas la tâche. « On ne peut pas toujours porter la misère du monde. Mais tu vas trouver un truc j'en suis convaincu. » dans ma tête je me disais que tout ça s'était du blabla, des belle parole pour me montrer compatissant mais au fond je crois que je l'étais un peu. Fais chier ! Suffit qu'elle pose les yeux sur moi pour que je doute de nouveau... Posant une main sur le bureau je me rends compte qu'elle tremble, discrètement et en espérant qu'elle n'y a pas fait attention je la remets hors de sa vue. Foutu manque de dope ! Je la sens que ça monte et je suis soudain un peu plus nerveux, pour preuve ma jambe commence à s'agiter.
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MessageSujet: Re: What I'm suppose to know? (Roxanne&Connor)[Terminé]   Jeu 13 Sep - 23:04

Elle devait sans doute le décevoir. Brisé dans son élan, lui qui était venu grappiller comme un fourbe des renseignements pour les balancer auprès de Wayne. Elle n'avait pas grand chose à lui offrir, si ce n'étaient que ses tourments. Ses tourments silencieux et ses petites crises puériles. Pas d'idées grandioses capables de renverser la douloureuse tyrannie de pervers banalisant la mort et considérant la majorité des humains comme de simples pions d'échecs qu'on couche d'un coup. Pas de plans bien organisés, bien rangés. Des ébauches grossières d'idées encore plus grossières, voilà tout ce qu'elle avait pour lui. Des idées en vrac qui se contredisaient, et qui surtout, avait des allures d'impossible. L'ambition à s'en brûler les ailes. La vérité était qu'elle n'était pas grand chose seule. Ce n'était un secret pour personne, si elle avait accédé à la place où elle était aujourd'hui, c'était grâce à Connor, grâce à Nathan. Sa technique, son culot. Roxanne faisait plus ou moins office de liant, son sens de l'organisation et son perfectionnisme qui tendait facilement vers la mauvaise manie, qui portait à la réussite leurs idées. Elle souffla un bref « Je sais. », ayant parfaitement conscience de l'absurdité de ce qu'elle proposait. Ce n'était même pas une question de temps ni d'organisation, car s'il ne suffisait que de ça, alors elle en vaudrait la peine. Sauf que c'était trop aléatoire. Qu'aujourd'hui avec l'informatique, les nouvelles technologiques, rien ne se perdait vraiment.

Elle haussa les épaules lorsqu'il lui fit remarquer qu'elle avait l'air d'un cadavre ambulant. Que son teint rivalisait avec celui d'un cachet d'aspirine, et que ses cernes violacées se confondaient presque avec ses fossettes. La merveilleuse psychologie humaine. Ses ratés et ses travers. L'insupportable paradoxe de celle-ci, cherchant une chose en espérant son contraire. Foncer dans le tas en sachant pertinemment qu'il n'en sortira rien. Un acharnement bête et méchant, qui ne donnait pas de bons résultats, voire pas de résultats tout court. La mécanique rouillée d'une humanité obsolète.
Cependant, lui non plus ne se présentait pas sous son plus beau jour. Il n'avait pas le teint frais et les joues rosées d'une fille de quinze ans non ravagée par l'acné. Ses yeux ne pétillaient pas d'innocence – ou d'ignorance ; c'étaient juste deux antres aux reflets incroyables désormais recouverts d'un voile sombre. « Tu t'es pas regardé pour me dire ça. » Ils formaient là un couple bien piteux. Scène peu joyeuse également. Décor macabre et simpliste au possible, sans le côté épuré qu'on retrouve parfois dans les intérieurs trop simples. Deux silhouettes étirées en plein milieu, avec le masque de la fatigue collé au visage. Fausse compassion, fausse illusion. Essayer de se tromper en prêchant pourtant le vrai. Un véritable foutoir émotionnel et une logique sans dessus dessous, où on se retrouve finalement coincé dans son propre piège.

A fleur de peau. Sa gentillesse qui était agréable aux premiers abords, soudaine, surprenante, mais sacrément plaisante. Puis au fur et à mesure qu'il enchaînait ses preuves d'affection, enduisant chaque phrase suivante d'une couche de douceur supplémentaire, au point de rendre l'ensemble perturbant. Finalement plus habituée à ses répliques acerbes qu'à ces caresses sonores. Irritée par son excès de délicatesse, ses paroles sonnaient comme des phrases bidons qu'on répète sans y mettre le cœur, comme machinalement. Mais non, tu es très bien comme tu es, tu es belle à ta façon, disait-on à celle qui complexait sur son nez trop présent, trop étalé. Il suffit d'y croire, disait-on à celui qui avait des rêves hors de portée. Ces phrases pleines de bon sentiment, qui perdaient presque leur sens au fur et à mesure qu'on les entendait. « Ouais, c'est sûr, on peut pas porter la misère du monde. Après tout, je suis pas le bon Dieu, je suis rien de ça. Ça se trouve, c'est mon nom qui va sortir de l'urne, et puis finie Roxanne, finie Roxanne et ses idées pourries. » Elle se prit le visage entre les mains, les paumes contre les paupières, avant de glisser doucement vers le menton. Elle trouvait ça terriblement insupportable, ces encouragements excessifs. Parce qu'il n'était pas comme ça, qu'ils n'étaient pas comme ça. Soudés, certes, mais loin d'être mielleux. Capables de se balancer les pires insultes à la gueule, mais bien loin de pouvoir se murmurer quelques mots d'amour. C'était banni, pas envisageable. Et pourtant ce n'était pas ce qui manquait. Pas du genre à s'étaler en long et en large avec des conseils et des analyses psychologiques à deux balles. Lasse, elle lui demanda : « C'est pour ça que t'es venu ? Pour me dire que tu crois en moi ? » Petite pointe de sarcasme sans en être une réellement. Parce qu'elle voulait qu'il confirme ses dires, elle voulait voir dans son regard que rien n'avait changé au fond. L'emballage, le superficiel, mais leur essence restait la même.

Les retrouvailles de ce genre là avait le don de décupler l'attention. Tellement surprenantes et inouïes alors que la faille entre eux s'était transformée en fossé, qu'on ne pouvait s'empêcher de scruter le moindre petit mouvement. Le moindre geste, le moindre cillement. Une micro-expression. Un sourire à peine tracé, un muscle se tend. Alors une main entière toute tremblotante qui se posait sur la table, suivi d'un regard furtif n'était pas quelque chose qui lui échappa. Surtout qu'elle le connaissait particulièrement bien ce regard, le regard des hommes un peu honteux, un peu désolés, mais incapables de lutter. Elle l'avait vu, sur le visage de son père. Son envie de la rendre fière, de lui apporter ce que sa mère n'avait pu lui offrir, de lui faire connaître le réconfort d'un père. Mais la volonté n'avait pas suffit, et il avait été emporté par ses faiblesses. Plongeant littéralement dans un ravin alors que les frêles bras d'enfant de Roxanne étaient incapables de le retenir.
Elle baissa les yeux en voyant ses tremblements ; elle le connaissait trop bien pour penser que ces palpitations n'étaient qu'anodines. Finalement, il n'avait pas arrêté. Il n'avait jamais arrêté. Et soudainement, elle lui en voulut. Pour tout ce qu'il avait pu lui faire subir ces derniers temps, elle lui en voulait, mais désormais, chaque détail un peu dérangeant devenait un problème conséquent. « Qu'est-ce que tu veux réellement Connor ? T'essaies de préparer le terrain, de m'amadouer pour ensuite entrer dans le vif du sujet ? T'as besoin de quoi, de seringues stérilisées ? »
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MessageSujet: Re: What I'm suppose to know? (Roxanne&Connor)[Terminé]   Ven 14 Sep - 22:27

Finalement s'était un peu comme si quelqu'un m'avait poussé dans une jungle et je me retrouvais à devoir trouver mon chemin dans un labyrinthe compliqué. Parfois j'avançais prudemment puis par moment je mettais des grands coup de machette pour me frayer un passage forcé entre les végétaux. Mes mots était la machette et là j'étais en train de déboisé le terrain pour avancer un peu dans ma quête d'information. Ça n'était pas bien fructueux et j'avais le mauvais pré sentiment que ça allait mal tourner, comme une branche mal coupé que je me prendrais dans la tronche, le retour serait douloureux. A vrai dire maintenant que j'étais dans le feu de l'action je n'étais plus très sûr que mon attitude soit la plus juste à tenir, je jouais un rôle et c'était bien trop facile surtout pour Roxanne de s'en rendre compte. Entre nous habituellement c'était plutôt étincelles et explosion parfois brillantes mais aussi de temps à autre destructrices, la preuve aucuns de nous deux n'étaient vraiment indemnes de nos dernières disputes.
Là je jouais la carte du mec calme et posé qui tente d'avoir une discussion tranquille, jusque là rien d'anormal sauf que me montrer un peu trop compatissant allait finir par me vendre. La franchise ça par contre elle y était habituée pourtant je vis bien que la remarque concernant sa mine cadavérique ne l'enchantait guère. Les femmes... Toujours à s'insurger dès qu'on leur parle de leur physique ou leur apparence, mais ça fait aussi leur charme. Retour à l'envoyeur et je n'en attendais pas moins de sa part, je haussais les épaules à sa remarque « Malheureusement si ! J'ai des miroirs et j'envisage d'ailleurs, de les couvrir. Ou alors d'acheter de l'anti-cerne, t'as pas une marque à me conseiller ? » dis-je avec une profonde ironie qui se lisait très bien au sourire que j'affichais, ça me ressemblait déjà plus.

Je ne sais pas bien pourquoi je lui disais tout ça, de prendre soin d'elle et de ne pas trop culpabiliser de ramer à trouver des idées. Était-ce pour l'encourager et avoir l'exclu sur les prochaines missions ? Peut-être un peu... Ou alors simplement me donner bonne conscience en faisant celui qui distille ses derniers conseils avant de faire une grosse connerie ? Je crois que la réponse était là, inconsciemment je crois que c'est ce que j'étais en train de faire. Lui dire de se ménager, de faire attention une manière détourné d'assumer plus ou moins le fait que je tiens bien trop à elle. Le fait qu'elle évoque cette éventualité d'être un des noms qui sortiraient de l'urne me fit tiquer. Je fronçais légèrement les sourcils comme si la réalité me sautait à la gueule d'un coup alors qu'en fait je sais très bien de quoi il est question... Mais ça, ce risque là je l'avais exclu et soudain ça me rappela un rêve que j'avais fait il y a quelque temps de ça. Nous nous retrouvions dans l'arène et ça finissais plutôt mal à vrai dire puisqu'elle me tuait. Rêve perturbant qui m'avait ensuite valu une insomnie et beaucoup de moments de réflexion stérile, comme j'en suis un grand adepte malgré moi. Je pris un air détaché alors que ça n'était pas le cas « On est tous un nom sur un bout de papier... » triste réalité mais personne n'est vraiment à l'abri.
Roxanne était sévère avec elle même, son côté perfectionniste qui la rendait exigeante mais faisait qu'elle avait l'étoffe d'un leader ou du moins les qualités requises pour l'être. Cependant ça ne signifiait pas nécessairement qu'elle arriverait à tenir ce rôle. Elle semblait tellement lasse et je me sentais totalement impuissant, pire encore je me voyais m'apprêter à lui appuyer sur la tête pour qu'elle se noie plus vite, le tout sans qu'elle ne s'en aperçoive. Il était clair que mon comportement si changeant par rapport à d'habitude venait foutre la merde mais comme on dit chassez le naturel il revient au galop. Et il ne fallu pas attendre bien longtemps pour que je me sente piqué quand elle me demanda si j'étais venu pour « ça », en gros si ma visite avait pour seule but de lui gerber ces mots qui ne me ressemble pas juste parce que ça m'avait pris comme une envie de pisser ce matin. Certes si elle pensait ça elle n'avait pas tord, sauf que si je n'avais jamais vraiment été démonstratif de l'estime que j'avais pour elle j'étais déçue qu'elle me voit sans un peu plus de profondeur. « Hum... Je suis peut-être selon toi juste un con orgueilleux, j'en passe et des meilleurs ! Mais crois pas que je t'aurais aider en t'apprenant des tonnes de trucs si j'étais pas sûr que tu étais capable d'en être digne. ». Je ne donne pas ma confiance à n'importe qui et toutes ces missions où nous avions évolués ensemble était bien la preuve que je lui faisais confiance. Mais peut-être que je mélangeais tout et que ce n'est pas à ça qu'elle pensait, l'esprit féminin est un vaste bordel incompréhensible parfois et tout mélanger : ma spécialité. Je vous laisse imaginer ce que ça peut donner ! Une petit soupir agacé m'échappa, la soupape semblait commencer à être défaillante « Alors non je suis pas venu pour ça, mais oui je le pense ! Contente ?! » j'étais tout aussi sarcastique qu'elle, échange de bon procédé si je pu dire.

Est-ce que du bon ressortirait de tout ça ? Bonne question merci de l'avoir posé. Je savais encore moins où j'en étais et cette sensation de manque commençait à m'embrouiller l'esprit, il ne fallait surtout pas que j'y pense. J'ai espéré qu'elle ne remarque pas mes tremblements mais à son regard je compris tout de suite que s'était raté. Tant de fois Roxanne avait voulu m'aider, parfois j'avais réussir à tenir un peu mais je retombais toujours dans mes vieux démons. Être moi c'est trop douloureux alors j'estompe la réalité à coup de substances qui me font prendre du recul si on peut appeler ça comme ça. Lire la déception sur son visage c'est un peu comme un poing dans la tronche et je ne préfère pas imaginer ce que se sera quand elle saura que je l'ai trahi en vendant ses projets à ce connard de Wayne. Mais pour l'instant je n'en suis pas là et si je n'ai pas encore statué sur ce que je vais faire mon but est toujours le même. Cette quête d'infos ne donne pas grand chose et le personnel prend petit à petit le pas sur le reste. Je pense que je n'aurais jamais dû venir la voir en fin de compte, s'était trop ambitieux de ma part et je pensais tenir mais s'était peine perdu. Un membre investi de la Résistance aurait suffit pour me tenir au courant de certaines choses pour le moment suffisantes pour tenir en attente mes nouveaux employeurs, sauf qu'encore une fois ma fierté avait pris le dessus et j'avais voulu jouer dans la cours des grands tout de suite. J'allais peut-être bien me casser les dents sur un roc nommé Roxanne, mais si je devais le faire je peux promettre qu'elle gardera la marque de mes crocs.
Ses questions résonnèrent à mes oreilles, alors que je déglutissais difficilement. Mon seul moyen de défense sur le moment fût de me lever, en mouvement je ne tremblerais pas et s'était ça en moins à gérer. Mon regard s'assombrit et ma couverture de mec tranquille venait de prendre un coup de pied au cul, directement renvoyée à la case départ sans toucher le jackpot. « Je t'ai dit pourquoi je suis là ! J'ai... J'ai juste besoin de me sentir à nouveau utile, c'est si grave ? » jouer le mec blessé? Même pas besoin de me forcer c'est tout naturel, c'est ce que je suis. Je voulais la faire culpabiliser de me mettre ainsi en doute... Un véritable salaud... « T'amadouer ? J'aurais peut-être dû tenter le coup avec des chocolats ! Mais non je fais rien de tout ça, t'es parano ou quoi ? ». Les seringues voilà s'était dit, elle évoquait le vrai problème qui la faisait se mettre en colère. Je secouais vivement la tête en m'arrêtant de gesticuler comme un pantin la regardant droit dans les yeux « Ça te fais chier de voir que t'as échoué hein ? Tu veux vraiment savoir ? C'est pire encore, j'dors que quand je m'enfume la tête ou que je bois en prenant un ou deux anti-douleur après une journée de merde. » je fis mine de réfléchir « Ce qui équivaut à peu près à tout les jours en fait. » j'étais dur, sans aucun doute et mes propres paroles me laissaient un goût amer. J'oscillais constamment entre deux eaux, au final j'étais tout simplement : perdu.
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MessageSujet: Re: What I'm suppose to know? (Roxanne&Connor)[Terminé]   Dim 16 Sep - 0:52

Chercher une chose pour espérer obtenir son opposé. Sans même s'en apercevoir. Ce n'était pas une technique de manipulation puérile, ni un caprice conscient de gosse pourrie gâtée jusqu'à la moelle. C'était juste Roxanne. Son esprit de contradiction, son côté indécis caché sous des allures de fille sûre d'elle et consciente de ses désirs et buts. Alors qu'elle n'était rien de tout ça. Elle se sentait mal à l'aise sous les conseils bienveillants de Connor, et lorsqu'il haussait un peu la voix, qu'il lui balançait une réplique digne de ce à quoi il l'avait habituée, elle s'offusquait. Puis elle finissait par s'en vouloir lorsqu'elle y repensait, que les scènes se rejouaient dans sa mémoire fébrile. Se disant qu'elle aurait dû faire ça à la place de ça, qu'elle aurait dû évacuer sa frustration et lui foutre ses doigts dans les orbites pour lui en déloger les yeux, qu'elle aurait dû laisser la chose couler plutôt que jeter de l'huile sur le feu. Elle arrivait à avoir des remords, ou des regrets. Mais bien plus tard, bien trop tard peut-être.
Elle était touchée sans réellement le savoir. Tellement habituée à des paroles venimeuses que toutes preuves de douceur semblaient discordantes. Peu de sincérité ressortait de ses propos lorsqu'ils heurtèrent son appareil auditif. Alors que lui était capable de reconnaître, bien que sans se lancer dans de gros monologues mielleux et fiévreux, il était capable de formuler qu'il croyait en elle, qu'il l'estimait. Elle, non. « Tu me flattes, savoir que Connor Blackpearl me pense digne de la science infuse qu'il abrite, c'est merveilleux quand même. Et en plus, il me le dit en personne, il me le formule clairement, j'en perds mes mots. » Pourtant elle lui était profondément reconnaissante, car sans sa présence elle serait sans doute un tas de pourriture en décomposition à l'heure qu'il est. Alternant armes à feu et combat au corps à corps avec une construction de rempart fortifiée tout autour de sa ténacité et son esprit, il l'avait réellement forgée. Comme une épée. Solide, blessante. Le problème était sans doute qu'ils s'étaient eux-même piégés dans les fortifications érigées. « Arrête ça, t'as la gueule d'un gamin qui vient de casser le vase de porcelaine de sa grand-mère et qui lui débite toute une liste d'éloges maladroits. Je crois que j'ai jamais entendu autant de bonnes paroles sortant de ta bouche en si peu de temps. Ça fait des mois que tu me jettes comme une moins que rien à chaque fois que je viens, et là tu débarques comme une fleur, alors à quoi est-ce que tu t'attends ? »

Se sentir utile... Mais il lui était utile. Désespérément utile, indispensable. Elle, elle avait juste besoin de se sentir complète. De faire partir cette sensation d'être plongée dans un flou complet, ce mal-être pesant, sans pourtant se faire insupportable. Comme un léger arrière-goût après avoir avalé un aliment insolite et absolument dégueulasse. Quelques traces écœurantes collées aux papilles, qui perdent en intensité. Elle avait désespérément besoin de lui pour chasser cette brume épaisse. « Non, au contraire. » grinça-t-elle entre ses dents en fin de compte.

Elle eut l'impression d'exploser lorsqu'il lui lança son ultime provocation. Culottée, effrontée. Elle la sentait, la colère incandescente lui griller les veines, lui brûler la peau. Remonter dans son corps, et se cumuler contre sa gorge. Elle serra les dents et les poings contre la table, enfonçant ses ongles contre sa paume, et ses dents contre sa joue. Elle l'avait vu un nombre incalculable de fois se vautrer sur son canapé, sur son parquet, sur le goudron, dans ses escaliers. Minable sautillant dans son heure d'euphorie pour retomber dans son état nauséeux. Meurtrissant davantage son âme lorsqu'elle tentait de le faire sortir de sa prison dorée, se reprenant en pleine gueule son échec cuisant. Les promesses de sevrage, les violences du manque ; elle les enchaînait, sans pour autant flancher. Persuadée qu'il réussirait un jour à trouver la force d'arrêter, que sa seule présence pouvait l'aider à s'éloigner de toutes ces drogues. Elle ne se rendait pas compte qu'elle était devenu un substitut de ses seringues, et lui ne remarquait pas qu'à chaque fois qu'il bousillait sa personne, il la bousillait un peu plus elle aussi. Profondément attachée à son combat, à son échec. La spirale infernale de la dépendance était passée de sienne à leur, d'une certaine façon.
Elle sentait qu'elle perdait pied. Se retrouver face à celui qu'elle avait tenté d'aider de toutes ses maigres forces, pour qu'il vous balance à la gueule sans vergogne le plaisir qu'il prend à s'injecter toutes sortes de substances empoisonnées. Dose quotidienne de venin mortel dont il n'arrivait à se passer ; ça la répugnait dans le fond.
Elle voulut lui cracher quelques insultes lorsqu'il prit son air pensif, bouillonnant littéralement dans l'océan de sa rage alors qu'il jubilait et s'en amusait. « T'es un bel enfoiré. » marmonna-t-elle, avant de lui hurler, sans parvenir à cacher qu'elle était blessée : « Ça me fait surtout chier de voir que j'ai cru ça possible. » Il savait pourtant quelle réaction cela provoquait chez elle ; l'énumération inconsciente de la liste du strict minimum qu'il s'accordait quotidiennement.

Est-ce qu'il allait si mal à cause d'elle ? Est-ce qu'il avait tant besoin de sa dose journalière à cause d'elle ? Pour compenser son absence, pour se leurrer pendant quelques instants ? Pour se persuader de sa présence, atténuer la douleur vivace de sa disparition ? Est-ce que cet enchaînement de journées affreuses lui était liée ? Est-ce qu'il le ressentait ce vide, ce néant, ce trou béant ? Brisée par la colère, elle espérait puérilement que tout était lié à elle. Ce besoin d'être le centre de l'attention, notamment le sien.

Elle aurait dû se montrer calme, ou un minimum adulte. Elle aurait dû le laisser pourrir dans ces eaux sales, et le quitter à l'aide d'un simple regard méprisant. Appuyer ses paroles par des gestes allant dans le même sens. Mais rien de ça. Elle avait dans les veines cette théâtralité dérangeante. Ce besoin d'aller dans les extrêmes, de pousser toutes les choses jusqu'au bout. De se pousser jusqu'au bout, jusqu'à la fatigue la plus totale, l'effondrement le plus complet. Se redressant sur ses deux jambes, les phalanges toujours recroquevillées sur elles-même et appuyées avec force contre la table de ferraille. Articulations blanchies sur la pression démesurée qu'elle infligeait à ses poings.
« Et qu'est-ce qu'il y a, t'es resté parfaitement clean juste pour moi ? C'est trop d'honneurs, je les mérite pas. » Furieuse, elle contourna la table, se retrouvant de son côté, avant de se mettre à le fouiller. N'importe où ; n'importe quelle poche, quelle fente pouvant permettre de dissimuler de la drogue, prenant en fureur à chaque fois qu'elle posait ses doigts contre son corps. Comme si le contact trop rapproché provoquait une tempête. « Rien ? Vraiment ? Je te l'aurais faite ta putain de piqûre, sans problème, sans rechigner. » Elle était pathétique. Elle fonçait dans le tas pour ne pas lui montrer qu'il l'avait heurtée, que son orgueil avait été éraflé. Jouer à celle qui était indifférente, celle qui l'encourageait même dans sa chute. Celle qu'on ne pouvait pas toucher avec quelques mots, alors qu'elle s'effondrait littéralement au moindre regard.


Dernière édition par Roxanne Delaney le Dim 16 Sep - 15:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: What I'm suppose to know? (Roxanne&Connor)[Terminé]   Dim 16 Sep - 13:57

Douloureuses, blessantes, éreintantes, nos disputes, ces coup de sang qui survenaient à la moindre petite contrariété nous affaiblissaient chaque fois un peu plus. Et pourquoi ? Simplement à cause d'une fierté un peu trop présente, de blessures du passé qui nous rendaient aussi bornés l'un comme l'autre. Explosifs et indomptables mais pourtant terriblement en détresse. Je haussais le ton mais s'était en réalité une manière pour moi de masquer ma fébrilité et tout ces doutes dont j'étais la proie. Comme dans un étau qui se resserrait lentement sur moi, pris entre cet accord que j'avais passé peut-être un peu à la hâte dans un moment de grande faiblesse et ce besoin d'être aux côtés de Roxanne, malgré que mon attitude pouvait laisser présager tout le contraire. J'étouffais, je me sentais oppressé et la sérénité était un état devenu presque inconnu pour moi. Jouant sur deux tableaux je ne faisais que me perdre un peu plus moi même avec une application malsaine, mais mes paroles n'étaient pas hypocrites. Je pensais mes mots et à vrai dire s'était plus facile parce que je jouais à faire semblant, elle ne m'en croyait pas capable et sans mentir moi non plus, mais là s'était le traître qui parlait, faisant office de masque.
Quitte à bientôt tout perdre je pouvais bien lui balancer ces mots comme on jette un steak à des lions, sans cérémonie. Oui je l'estimais et peut-être que ma plus grosse erreur avait été de ne jamais le lui dire, mais merde elle aurait pu le deviner, non ? Buté jusqu'au bout s'était bien plus simple de ne rien avouer, rester le mec bourru qui n'a jamais une parole gentille à la bouche de peur de passer pour un faible. Mais ma plus grosse faiblesse s'était à présent de me prendre le revers d'une attitude trop tranchée, trop franche, trop...Trop. Un égo blessé qui ne cherchait en fait qu'à reprendre de la hauteur et se sentir valorisé à nouveau. Sortir du gouffre en se voyant glisser le long de la paroi à mi-chemin alors que la lumière semblait accessible. Un roc qui se fissure mais cache ses brèches par sa répartie acide, des mots aiguisés comme des lames de rasoirs dans le but de blessé autant que l'on vous a blessé. Et le pire, c'est qu'à chaque blessure infligée je pouvais éprouver des remords surtout lorsque ça concernait la leader de la Résistance. J'accueillais sa réponse avec un air profondément blasé, mais finalement j'étais le seul coupable pour avoir à encaisser ses sarcasmes et ses piques. Un petit sourire en coin apparu brièvement sur mon visage et je lâchais même un petit rire nerveux « Moi au moins je reconnais les faits... » pensais-je tout haut en faisant référence à cette place de leader qu'elle avait eu sans même un regard pour moi, pointant du doigt son incapacité à me dire ne serait-ce qu'un petit : « Merci ».

Sa réaction était prévisible vis à vis de mon attitude un peu trop mielleuse et inhabituelle, mais à force je ne sais pas si je ne faisais pas ça intentionnellement finalement, espérant qu'elle me démasque pour pouvoir dire à Wayne que les choses avaient foiré que ma couverture était finie et que j'avais fait ce que j'avais pu. Prise de risque sans doute inutile puisqu'il ne me laisserait pas m'en sortir aussi facilement et qu'au fond par moment je pensais vraiment que la Résistance méritait une petite leçon pour m'avoir sous estimé, dans ses moments je me dégoûte autant que j'ai envie de mener la mission à bien, sentiment très paradoxal qui fini par me coller des migraines atroces. Je ne pouvais pas créer l'illusion bien longtemps et dès mes premiers mots Roxanne avait du flairer qu'il y avait requin sous coquillage. Ses mots me parvenaient mais je me refermais comme une huître attendant la fin de son speech en faisant comme si ça ne m'atteignait pas, belle supercherie. Ça pouvait peut-être sonner faux mais je le pensais réellement, je voulais être utile pas être un consommable obsolète que l'on jette dès que la mode est passé. Sauf que j'allais bientôt tout foutre en l'air, alors pourquoi je me donnais tant de mal à dire des choses sincères comme je n'avais jamais réussi à le faire ? Mon dernier espoir ? L'envie d'entendre sortir de sa propre bouche que oui je compte, que le clan a besoin de moi, qu'elle a besoin de moi !
Mais c'était peine perdue parce que j'anéantissais toutes mes chances en lui mettant sous le nez qu'elle avait foiré ses tentatives de m'aider. Connaissant un peu son passé j'appuyais où ça faisait mal volontairement, un retour à l'envoyeur une blessure de plus que je lui infligeais comme si ça soulagerait les miennes alors qu'en réalité je me sentais plus mal encore. Elle me traita d'enfoiré et je ne cillais pas, gardant toujours mon regard sur elle. J'eus un mouvement de recul quand elle hurla que la connerie avait été de penser que s'était possible. Roxanne 1 – Moi 0, je prenais ma médiocrité, mon incapacité à lutter en pleine face comme si elle venait de me gifler et à choisir j'aurais peut-être préféré. Sonné, je laissais un silence s'installer alors que mes mâchoires se serraient, à deux doigts de me faire grincer des dents « J'suis trop lâche pour ça... » lâchais-je avec amertume. J'avais beau agiter tel un étendard que je me camais encore juste pour la heurter, elle pouvait au moins se féliciter d'une chose : j'avais arrêté de me piquer. Certes je continuais avec d'autres drogues, mais celle-ci la plus rude, je la laissais petit à petit de plus en plus loin de moi. Ce froid entre Roxanne et moi, cette faille qui ne faisait que s'agrandir n'aidait pas mais je n'avais pas rebrousser le chemin parcouru. Je gardais secret ce pas en avant que j'avais fait pour ne surtout pas montrer que s'était grâce à elle, foutu orgueil ! S'était à double tranchant, elle pouvait très bien s'en vouloir de me voir sombrer un peu plus dans mon Enfer ou se lasser totalement d'être impuissante. J'étais sans doute un beau connard à lui infliger ce test mais la frontière entre ce qui est bien ou mal est désormais un peu trop floue pour moi par moment.
A présent debout face à moi, seulement séparés par ce bureau sur lequel elle appuyait fort, je voyais clairement sa colère. Est-ce que j'étais resté clean pour elle ? Oui et non, je n'avais plus rien chez moi, mais c'est tellement facile de m'en procurer que si vraiment je l'avais voulu j'aurais eu de quoi me shooter. Finalement j'avais voulu avoir l'esprit clair mais s'était peut-être une erreur maintenant que j'y pense. « T'as raison te donne pas cette importance ! » dis-je d'un ton sec, elle avait tord s'était typiquement le genre de chose que j'aurais pu faire pour elle, avant... Quand nous n'étions pas de nouveau rendu à la guerre froide qui peu à peu tendait vers l'affrontement quasi nucléaire. Lorsque la complicité était palpable, malgré les petites piques qui finalement ne faisaient que ponctuer une attirance et un besoin de se chercher sans cesse. Envolé comme un rail de coke en plein vent les moments de trêves...

Contournant son bureau Roxanne approcha telle une tornade qui allait s'abattre sur moi, je fus surpris sur le coup. Elle était vraiment en train de me fouiller ? Je lâchais un long soupire trahissant mon irritation, elle était bien trop proche, beaucoup trop... Et ça me mettait dans un inconfort certain. Finalement j'attrapais ses poignets pour la stopper et reculais d'un pas « Ça suffit là ! » je posais un regard noir sur elle « Arrête ça ! Arrête de la jouer flic ! Arrête de faire comme si tu cautionnais ! Arrête ce regard ! » je la scrutais attentivement sans dire un mot pendant un instant, ma respiration se fit un peu plus prononcée comme si j'étais légèrement essoufflé, je sentais mon cœur cogner fort dans ma poitrine et le sang battait dans mes tempes « Tu m'emmerde Roxanne ! ». Cette proximité, il n'y avait pas pire torture pour moi. J'étais à cran, embrouillé dans un tourbillon de sentiments contradictoires, enchaîné par des chaînes que j'avais enroulé moi-même à mes poignets. Élan de folie, énergie du désespoir, inconscience pure ? Je ne sais pas ce qui me poussa à faire ça, en un quart de seconde je posais mes lèvres contre les siennes, lui arrachant un baiser brutal mais pas violent trop rapide pour qu'elle puis me repousser. Lâchant ses poignets je reculais de plusieurs pas jusqu'à heurter le meuble derrière moi, je la pointais du doigt avec un air accusateur «  C'est... C'est ça le prob.... » je secouais la tête et lâchais en soupirant « Bordel! ». Pourquoi j'avais dérapé comme ça ? Pourquoi je me sentais comme un insecte qui rampait au sol à présent ? Tellement paumé que je sentais l'angoisse me gagner, ce qui ne laissait rien présager de bon.
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MessageSujet: Re: What I'm suppose to know? (Roxanne&Connor)[Terminé]   Mar 18 Sep - 18:05

Qu'est-ce qu'elle ne reconnaissait pas, n'admettait pas ? Qu'est-ce qu'il lui reprochait en fin de compte ? Était-ce réellement cette histoire de transmission de ses connaissances, si précieuses, pour ces conseils bien avisés comme il semblait le lui faire remarquer plus tôt ? Elle ne comprenait pas ce qui s'était brisé entre eux, parce que toutes les explications possibles étaient dérisoires. Sans utilité, impossibles. Elle jugeait cependant qu'ils étaient au-delà des ruées de remerciements, que c'était quelque chose qui allait de soi, ce partage, ce soutien mutuel, cette aide bienveillante lorsqu'ils étaient ce qu'eux étaient ensembles. Ça lui arrachait la langue de lui accorder un simple ''merci'', c'était vrai. Parce que ce n'était pas dans ses habitudes que de s'asseoir à une table et de déferler dessus toute sa reconnaissance. Pourtant, elle n'en pensait pas moins. « Et pas moi ? Je me voile la face peut-être ? »

Elle lâcha un ricanement semblable au sien, l'imitant-même, pour mieux lui vriller les nerfs, lorsqu'il souffla qu'il était définitivement trop lâche pour ça. Pour arrêter complètement. Cynique à souhait mais surtout brisée au point de ne pas vouloir le lui montrer, refusant catégoriquement d'afficher au grand jour cette faiblesse, ses faiblesses en général. Elle voulait avoir la tête haute, et être remplie de fierté légitime, craignant de retourner à l'état puéril dans lequel elle avait pu tremper ; sans se rendre compte qu'elle s'était engouffrée dans un cercle vicieux. Alors pour ça, elle jouait la carte de celle qui était indifférente et qui s'en moquait éperdument. Profitant de ce qu'il marmonnait pour mieux l'y enfoncer. Alors qu'elle s'en voulait d'être comme ça, de lui reprocher son comportement odieux pour agir de la même façon, si ce n'est pire encore – bien qu'elle ne le reconnaissait pas, et que des deux, elle jetait sans aucun problème ni la moindre hésitation tous les torts, tous les blâmes sur Connor.
Comme une claque dans la gueule lorsqu'il confirma ses propos, venant presque à penser qu'il était sincère dans chacun de ses mots. Que toutes ses pourritures qui s'échappaient de ses lèvres étaient finalement réfléchies et surtout le reflet de sa pensée. L'ensemble accentué par sa voix rauque et son ton aussi sec que le désert. Elle chercha dans ses prunelles l'ombre d'un sarcasme, une faille à peine dissimulée. Quelque chose qui la rassurerait, qui lui ferait comprendre que seule la colère parlait à cet instant-là ; oubliant par la même occasion que la raison se dissipait dès lorsque Connor posait un pied à ses côtés. « Tu peux aller te faire foutre. » grogna-t-elle pour cacher son désarroi.

Elle glissait ses mains dans ses poches, à une reprise, à deux reprises pour être sûre de ne pas avoir manqué quoique soit, plaquait ses doigts contre ses côtes, descendant vers sa taille, remontant vers son torse, en répétant le geste une deuxième fois aussi. Mais rien, absolument rien de caché sous ses vêtements, pas de petits sachets habilement coincés entre son sous-vêtement et sa ceinture en cuir, ni cachées dans l'une des nombreuses poches qui se présentaient à elle. Elle ne savait pas si elle devait s'en réjouir ou s'en inquiéter, se demander s'il essayait effectivement d'en décrocher ou s'il avait déjà tout consommé. Penchant un peu plus pour la seconde option vu ce qu'il lui avait joyeusement craché à la gueule quelques minutes plus tôt. Elle allait se baisser pour vérifier s'il ne cachait rien au niveau de ses jambes, s'il n'avait pas une sangle accrochée au mollet pour soutenir son arme et ses réserves de secours, lorsqu'il lui attrapa violemment les poignets. Fourbes serpents lui ôtant sa liberté et l'arrêtant dans son élan enragé. Elle essaya de se débattre sans y mettre de réelle conviction, avant de s'immobiliser, les braises de son courroux virevoltant dans les méandres de son iris, éclairé par une flamme exaltée. Aucune douceur, ni l'un ni l'autre. Il enserrait ses faibles poignets et elle le poignardait avec son regard, la mâchoire serrée.
Les impératifs dont il usa ne parvinrent pas à l'apaiser ; sauvageonne ne rentrant pas dans les costumes bien taillés bien civilisés, et ne rabaissant pas les armes sombres qu'elle s'acharnait à pointer sur lui. Pour mieux jouer avec ses nerfs, mais surtout parce qu'elle ne pouvait détacher ses yeux de son visage. Hurlant de plus belle, les mains toujours prisonnières : « Tu l'as cherché avec tes provocations à la con, tu t'attendais à ce que je te supplie d'arrêter ? Ça t'arrangerait pourtant que je finisse par cautionner, comme ça y aura plus personne pour te dire d'arrêter. De toute façon t'en es pas capable. »
Elle réduisait la minable distance qu'il avait soigneusement instauré entre eux au fur et à mesure que les mots s'échappaient de sa bouche. Le toisant sans délicatesse, alors qu'elle se sentait faiblir ; un bref moment de silence se glissant sur la toile avant que Connor le vienne le déloger à l'aide de jurons.

Et puis ses lèvres. Ses lèvres se scellant aux siennes soudainement, pour un millième de seconde. Sa bouche écorchée et son souffle chaud, aussitôt venus aussitôt repartis. Elle eut un geste de recul lorsqu'il s'éloigna d'elle en relâchant vivement ses poignets, lui se heurtant au meuble derrière, elle à la table. Une grimace d'incompréhension s'ancra dans ses traits, ne parvenant pas à déceler clairement ce qu'il accusait avec le doigt pointé sur elle. « C'est ça le problème ? C'est moi le problème ? » souffla-t-elle, la voix cassée et les sourcils froncés. Déboussolée, prête à sortir les crocs s'il osait affirmer qu'en effet, elle était le problème. Qu'elle était la cause de tous ses maux, qu'elle était celle qui lui maintenait le nez dans sa poudre blanche et ses cachets, qu'elle était celle qui avait fait de lui l'apparente épave qu'il était devenu. Parce que tout cela était faux, elle s'était efforcée à se montrer patiente et compréhensive sans pour autant être trop souple, en essayant de le faire décrocher. Elle avait essayé de défendre une cause et un but qui leur tenaient à cœur tous les deux. Et plus que tout, parfois, de temps à autres, elle avait l'impression de le rendre heureux.
Elle avait l'impression que pendant une fraction de seconde, il parvenait à oublier qu'ils étaient dans un chaos total, où la nature se déchaîne et où les hommes s'enchaînent.
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MessageSujet: Re: What I'm suppose to know? (Roxanne&Connor)[Terminé]   Jeu 20 Sep - 11:00

Roxanne et moi étions tout simplement en train de nous livrer un match sans merci, nous renvoyant une balle enflammée chacun notre tour en espérant que les brûlures infligées à l'autre allait nous mener progressivement vers la victoire. Mais sérieusement, y avait-il une issue ? J'avais cette rancœur ancrée en moi comme un poison et je n'arrivais pas à avancer, quant à elle je pouvais percevoir son incompréhension et surtout l'agacement qui y était rattaché. Une spirale infernale où chaque provocation faisait monter un peu plus la tension. Elle ironisait sur le fait que je pourrais être resté clean pour elle et en confirmant qu'elle n'était pas assez importante pour ça je la blessais une fois de plus. Un nouveau point que je marquais, le revers n'allait pas se faire attendre bien longtemps. Mais je n'étais pas préparé à ce qui suivit, cette fouille improvisée sous le coup de la colère provoqua en moi comme une explosion. Un déclic, une détonation qui ébranla un peu plus le semblant de contrôle que j'avais tenté de garder jusque là.
Je stoppais ses mains, stoppant dans un même temps cet affront que Roxanne me faisait en agissant de la sorte à me traiter comme un criminel. Peut-être sans vraiment en avoir conscience sur le coup elle venait de frapper un grand coup en me ramenant vers de mauvais souvenirs. Accusé à tort d'avoir tué mes propres parents j'avais subit le même traitements que les autres criminels, mon statut de flic ne valait plus rien. En fait en y réfléchissant c'était même pire parce qu'on me faisait payer le déshonneur que j'infligeais à l'image de la police. Mon cul ! Tout ces pourris et ces mecs faussement zélés m'avaient maintenu la tête sous l'eau, ça les arrangeaient en fin de compte que je ne sois plus dans leurs pattes à avoir l’œil sur leurs magouilles. Pendant un instant la chef de la Résistance m'avait ramené à cette épisode de ma vie, sans doute un des plus difficiles, celui qui m'avait totalement changé et dont je portais encore les stigmates sur mon âme.

Elle hurla encore, interprétant ma conduite ou essayant de la comprendre. Elle était perdue et je le voyais à son regard, il ne trompait pas, reflétant parfaitement ses émotions. Tous ces mots prononcés avec véhémence étaient pour la plupart vrais, trop peut-être et je ne tenais plus. La distance entre nous deux était désormais bien trop mince, son regard bien trop ancré dans le mien et ses lèvres bien trop tentantes. Même mes paroles aussi désagréable soient elles ne suffisaient plus à remettre de la distance entre nous. Un excès pur et dur, l'appel irrésistible de la drogue pour un camé, l'envie oppressante de ressentir une explosion de sensations, un cocktail intense qui coulerait dans mes veines pour me faire oublier la réalité trop difficile à accepter. Une bouffée d'air dans un souterrain à l'odeur d'humidité trop prononcée. Je divaguais, tout allait à deux milles à l'heure dans ma tête et c'est en prenant conscience que j'avais cédé en sentant ses lèvres contre les miennes que je reculais aussitôt.
Je lu l'incompréhension sur son visage et sur le mien le trouble devait être bien visible également. L'espoir d'être assez clair dans un moment comme celui-ci était impossible, je ne réussis qu'à bafouiller que s'était « ça » le problème avant de me laisser envahir par la culpabilité et un sentiment de faiblesse. Je restais appuyé contre le meuble derrière moi, songeant à sortir de la pièce comme un ouragan pour fuir. Mais je crois que même ma lâcheté me faisait faux bond, à nouveaux j'étais pris dans le flot contradictoire de toutes ces pensées, toutes ces envies, comme autant de boulets que je traînais derrière moi. J'étais dans des sables mouvants et chaque geste me faisait m'enfoncer un peu plus, je l'avais cherché j'en étais conscient et je soulignais encore une fois toute la stupidité de mon comportement.
Est-ce que j'étais capable de la trahir ? Est-ce que j'allais pouvoir continuer à jouer mon rôle tout en étant un agent double ? Je doutais de moi, une fois de plus et ça oui s'était son entière faute. Un mal pour un bien, qui sait ?

Ce nouveau coup que je lui portais l'avait sonné, elle me demanda si s'était bien d'elle dont je parlais comme étant LE problème. Immobile je baissais mon regard vers le sol, sa question raisonnant encore à mes oreilles comme la dernière question que quelqu'un poserait dans l'ultime phase d'un combat où l'un des deux mangeraient la poussière de toute façon. Je restais silencieux un instant, déchiré entre la vérité et la stratégie. Devais-je me montrer honnête ou bien lui porter ce coup fatal pour mieux l'affaiblir ? J'avais un gros penchant pour la destruction et même l'auto-destruction mais avais-je la force de lui infliger ça ? Alors que Roxanne était la seule qui avait réussi à me faire sentir en vie avant que tout ne change par ma faute... Étais-je devenu si froid ? Si je me posais la question c'est qu'il y avait peut-être encore un espoir, mais je sentais encore et toujours cette épée de Damoclès au dessus de ma tête, tenue par Wayne.
Elle attendait une réponse, je relevais les yeux pour capter son regard. J'espérais qu'elle puisse y lire que non elle n'était pas le problème, que mon pire problème le plus gros fléau s'était moi-même. Tout mon être criait qu'elle ne devait pas penser ça et je secouais négativement la tête, lâchant alors un soupire rempli de lassitude « Ouais... » dis-je d'un ton mal assuré. Mes gestes contredisaient totalement ma parole, mais qu'est-ce qu'elle allait retenir ? Arriverait-elle à déceler la vérité dans l’ambiguïté de mon attitude ? Je lui lançais un dernier regard presque désespéré, ouvrant un instant la solide carapace que j'avais forgé. Comme un appel au secours alors que je savais très bien qu'après tout ça j'en demandais trop. Elle était la clé du problème plus que le problème lui même, la seule qui pourrait me faire changer d'avis à nouveau et là ce n'est pas de la drogue dont il fallait me sortir mais simplement m'aider à réviser ma position. S'était dingue que je puisse agir comme ça alors qu'il y a de ça à peine quelques jours j'étais bien décidé à tout saboter de leurs plans, sauf qu'apparemment ils n'en avaient pas pour le moment.

Mon bref instant de faiblesse passa et je relevais la tête en affichant de nouveau cet air fier qu'elle me connaît bien, ma tête à claque en somme. « T'es une plaie qui ne veut pas cicatriser. Et c'est gênant parce qu'à chaque geste la blessure s'ouvre et la douleur revient . » je haussais les épaules et lui lançais avec toute l'ironie dont j'étais capable « Mais avec ton esprit brillantissime que tout le monde reconnaît, t'as peut-être une solution pour ça, non ? ». J'en remettais une couche en repartant à l'assaut, un moyen pour moi de masquer la nouvelle faille qu'elle avait ouverte et pourtant dans mes paroles censées être blessante il y avait cet aveux qu'elle était pour moi une blessure dont je n'arrivais pas à guérir, preuve de son importance pour moi. Je lui offrais la possibilité de donner sa solution, envisager de régler elle-même cette affaire. Bizarrement maintenant que c'était dit j'avais presque peur de sa réponse...
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MessageSujet: Re: What I'm suppose to know? (Roxanne&Connor)[Terminé]   Ven 21 Sep - 21:35

Il venait de donner le petit coup de pouce qui allait lancer la machine. Machine hystérique et déchaînée particulièrement bien huilée qui n'aspirait qu'à s'emballer ; sa confirmation fut le coup de pouce en question. Affirmation teintée de paradoxes, sa bouche disait oui, ses gestes disaient non. L'envie d'y croire, fort comme du fer, l'envie et cette nécessité absolue de se dire que la seule chose qui était vraie, était ce qu'elle pensait. Qu'ils n'étaient que de bons idiots tétanisés par la tyrannique Passion et asservis par la Destruction et qu'il n'en pensait pas un mot. Et c'était porté par ses regards maladroits et persuasifs, ses grands yeux clairs qui la poignardaient littéralement, la suppliant presque de comprendre que ce n'était qu'une pauvre façade qui ne demandait qu'à être détruite à coup de marteau. Elle se sentait fébrile face à son regard, incapable pourtant de se laisser aller entièrement. Toujours tiraillée par ce qu'elle voulait et ce dont elle arrivait finalement à se persuader, c'est à dire, ce à quoi elle voulait croire le moins, et pourtant ce à quoi elle croyait réellement.
Et ça lui faisait terriblement mal. Douleur vive prenant en intensité dans sa cage thoracique et lui serrant la gorge, mêlée au désagréable goût de l'injustice. Ses joues se creusaient sous l'effet de la colère et ses dents se soudaient les unes aux autres, tandis que ses doigts fins subissaient des secousses incontrôlables bien que faibles. Elle sentait comme la colère grimpait et comme elle explosait comme un feu d'artifices sous ses paupières sous forme de perles humides. Elle était devenue une vulgaire vitre, plaque de verre contre quoi s'écrasaient les pires crasses. Elle se prenait tout dans la figure, de tous les côtés, et malgré son apparente transparence, elle ne laissait rien passer ; tout s'accumulait à ses pieds, et montait, montait. Jusqu'à l'engloutir complètement.
Elle lui renvoya son regard débordant de désespoir et de maladresses, exprimant ainsi pendant une infime seconde l'étendue de la blessure qu'il avait fait en elle, et sur laquelle il continuait à s'acharner. Chacun de ses mots était une lame de rasoir s'y plantant sans délicatesse, transformant la petite plaie en un trou béant. Si ces douleurs se transposaient physiquement, Roxanne serait en train de se noyer dans son propre sang.
Était-ce la sensation d'échec ou la pure méchanceté de ses paroles ? Était-ce juste une question d'ego, ou parvenait-elle finalement à se détacher de sa fierté étouffante pour penser un peu aux autres ? Qu'est-ce qui était le pire finalement, savoir que Connor était toujours aspiré par sa spirale infernale, et que apparemment, il ne cherchait pas plus que ça à s'en sortir ? Ou alors était-ce son insupportable culot de lui avoir rejeté la faute ?

Tellement abasourdie par sa confirmation qu'elle ne réussit pas à prononcer le moindre mot. Elle garda sa mâchoire serrée, tant elle tremblait de rage. Peu désireuse de lui montrer qu'elle perdait littéralement pied, qu'elle n'était capable de lui offrir que de pauvres claquements de dents et des balbutiements, car qu'il venait de lui affliger un revers d'une puissance incroyable. Mais c'était précisément ce silence qui la trahissait, elle qui avait un mot à dire sur tout et n'importe quoi, elle et sa répartie cinglante, avec sa langue de vipère, enduisant de sarcasmes la moindre remarque. Ne perdant jamais une occasion de se faire entendre.

Elle finit par détourner la tête, les paumes de mains plaquées contre la table de ferraille, les phalanges sursautant minablement. Elle prit une grande inspiration lorsqu'il osa lui dire qu'elle n'était qu'une plaie, qui en plus, refusait obstinément de cicatriser. L'air qui pénétrait dans sa gorge zigzaguait et ses lèvres battaient au rythme que la danse imposait. Ses incisives se plantèrent dans sa lèvre inférieure, et elle ferma ses paupières. Recouvrant d'un voile opaque le présent tortueux dans l'espoir de retrouver le contrôle de ses esprits. Elle tentait de toutes ses maigres forces restantes de canaliser cette implosion, alors que la tension flottant dans l'air appuyait comme une forcenée de l'autre côté. Persécutée à l'extérieur comme à l'intérieur.
Elle croyait être le baume, et il lui annonçait qu'elle était la plaie elle-même. Elle croyait être le pansement, la crème apaisante à défaut d'être réparatrice. En vérité, elle était la douleur même. Cependant, elle ne comprenait pas comment elle pouvait l'être, elle qui avait tant donné pour lui offrir un air moins vicié, ne pouvant lui accorder mieux que ça. Elle l'avait rencontré le menton touchant la mélasse dans laquelle il était enfoncé, et elle pensait avoir réussi à sauver ses épaules, au moins.
Elle ignorait ce qu'elle devait y comprendre. Si c'était l'épanchement de son mal, si c'était une façon détournée de lui dire qu'elle lui manquait. Légères hésitations brisées par une couche de cynisme supplémentaire. Pour cacher ses faiblesses, pour faire sombrer les dernières ambivalences.

Elle lâcha un bref ricanement, plus nerveux que moqueur. Reposant enfin ses yeux sur sa silhouette, les volutes de sa blessure s'évaporant pour laisser place à l'ombre de la menace emportée par la fureur. Pendant qu'elle se redressait et esquissait quelques pas vers lui, elle grinça entre ses dents : « T'es vraiment une pourriture Connor. » Le ton calme ne lui allait pas, notamment dans son état actuel. Elle sentait le besoin de se laisser dévorer entièrement par sa violente colère, être son esclave pour donner l'illusion qu'elle était le maître de toutes ses actions. « J'aime trop te voir sombrer dans ta propre merde pour trouver une solution grâce à mon esprit brillantissime. » Se rapprochant sensiblement de lui, et articulant du mieux qu'elle pouvait pour que chaque syllabe qui résonnait dans son crâne lui laisse des stigmates à vie. « Puis tu prends tant de plaisir à me rappeler que tu m'as appris des tonnes de chose ; l'esprit fin, subtil et brillant ne vient pas de toi, aussi, par hasard ? Tu vas pas me dire que dans tes innombrables qualités, y a pas d'esprit de stratège, ou juste un peu de bon sens ? » Elle glissa ses mains de part et d'autre de ses hanches, ses doigts allant se coller sur le meuble contre lequel il prenait appui. A moins d'un mètre de lui, ses pupilles s'étaient transformées en balle d'argent prêtes à pénétrer ses chairs et tuer le moindre signe de vie à la première fausse note. « Ouais, non. C'est pas quelque chose tu connais, ça. T'es pas une plaie qui refuse de cicatriser toi. T'es pire que ça. »

« Allez, dégage. Dégage de là. » Impératif se glissant de ses lèvres avec difficulté, alors qu'elle prenait soin de prendre un ton sec et cassant. Se décalant sur le côté pour ne pas lui barrer la route, et aussi contradictoire qu'il l'avait été. Sa bouche lui ordonnant une chose, son corps entier qui hurlait l'inverse. Impatiente de le voir déguerpir la queue entre les jambes et espérant secrètement qu'il décide de rester. Parce que sa présence était délicieuse. Le délice d'une souffrance écœurante. Se dire que c'était peut-être mieux comme ça, qu'il était préférable d'avoir son exécrable fierté déployée à côté d'elle plutôt que son vicieux fantôme la rongeant comme la gangrène.
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MessageSujet: Re: What I'm suppose to know? (Roxanne&Connor)[Terminé]   Sam 22 Sep - 16:00

Pourquoi ? Pourquoi me sentais-je obligé de lui infliger ça ? J'y prenais plaisir un quart de seconde, me donnant l'illusion que ça au moins je le contrôlais et que si elle s'éloignait de moi c'est parce que je le cherchais, je provoquais sa fuite en la blessant hardiment. Cette fois j'avais frappé plus fort et Roxanne était désormais un genou à terre, je la regardais peiner à se relever tout en ayant envie d'aller lui tendre la main pour l'aider. Une énième contradiction, encore un paradoxe qui venait teinté un peu plus mon être à la couleur de ceux qui sont perdus. Elle n'était pas le poison que je prétendais, bien que sa part de responsabilité dans ma souffrance ne pouvait être ignoré puisque ça n'avait été qu'un élément supplémentaire qui me fit basculer dans un camp qui ne me ressemble en rien. Mes idéaux où les avais-je mis ? Mes belles convictions, ce fer de bataille qui nous avait rapproché alors que nous nous détestions au début ? Tout semblait si loin mais j'étais le seul responsable de ça, ma nature auto-destructrice ayant repris le dessus sur tout le reste et probablement bien aidé par toutes ces substances toxiques auxquelles je me raccroche. Encore un peu plus blessée que précédemment j'observais la chef de la Résistance avec une certaine culpabilité. La seule personne pour qui j'avais peut-être un peu de valeur, j'étais en train de détruire le peu de crédit qu'il me restait auprès d'elle. Pensais-je que ça me faciliterait la tâche pour mieux la trahir si elle venait à me détester ? Peut-être.

Une pourriture c'est de cela que Roxanne venait de me traiter. Reprenant pied ou faisant habillement semblant comme moi l'instant d'avant. Mais comment ne pas lui donner raison ? Petit à petit j'étais rongé de l'intérieur, laissant le parfum nauséabond de la trahison s'accrocher à moi. Répandant un liquide qui empoisonnerait tout ceux qui ont compté pour moi même si je ne leur ai jamais dit. Ma fierté causera sans aucun doute ma perte mais je ne parvenais pas à me défaire de ces chaînes malgré l'irritation qu'elles me provoquaient. J'étais le seul responsable de sa colère et je continuais de la défier du regard en m'apprêtant à recevoir le juste retour des coups portés. Je l'écoutais me dire que me voir sombrer était bien trop agréable pour elle tout en sachant que s'était faux, sur ce coup là elle avait mal joué. Pour quelles raisons se serait-elle donné du mal pour tenter de me sortir de la drogue si elle s'en foutait ? Le reste c'était une autre histoire dont elle ignorait tout, mais le vrai fardeau était là désormais, en la personne du sorcier qui tirait les ficelles du pantin que j'étais devenu.
Elle approchait et je me redressais comme pour agrandir la distance entre nous, m'éloigner mais j'étais coincé contre ce foutu meuble. J'aurais dû fuir ça aurait encore été plus simple... Enfin est-ce que quelque chose peut-être réellement simple entre nous ou même dans ce monde complètement dingue ? Je fronçais les sourcils en entendant ce qui suivit, ces paroles me percutaient de plein fouet en laissant des marques sur moi. Dans les dents mon égo mal placé ! Je reprenais dans la gueule que si j'avais été capable de lui inculquer suffisamment pour qu'elle devienne la leader qu'elle était, j'étais bien en mesure de me démerder tout seul. « T'as tout pris et la drogue s'est chargée de réduire le reste à néant faut croire. » lâchais-je avec l'amertume de celui qui n'a pas vraiment d'arguments solides à fournir.
J'étais acculé autant par ses mots qu'au sens propre, elle venait de se poster devant moi ne me laissant aucune autre alternative que d'être face à face avec elle pour que la claque ne soit que plus puissante. J'encaisse sans bouger, droit et fier alors qu'au fond elle a réussi son coup. Elle appuie où ça fait mal en me faisant encore plus prendre conscience de combien je l'ai blessé, revenant sur mes propres paroles. J'ancrais mon regard dans le sien, dur et froid, je ne cillais pas « Une plaie purulente ? » demandais-je avec un air sarcastique pour faire comme si j'étais complètement détaché de ce qu'elle pouvait dire. Une fausse désinvolture puisque chacun de ses mots me revenaient en tête, l'image de son regard quand je venais de confirmer qu'elle était un problème pour moi, le tout faisait un cocktail qui contribuait à mon mal être. Agressé par cette proximité qui produisait en moi tant de sentiments contradictoires je ne savais plus où j'en étais, plus du tout. Roxanne m'ordonna de dégager, se voulant implacable mais je sentis comme une brève faille. Elle s'écarta pour que j'ai le champ libre. Légère hésitation de ma part, j'allais faire volte face pour sortir de ce bureau aux allures de ring, mais finalement me ravisais reposant mon regard sur elle « Fin du match ? T'as décidé que c'était terminé ? Mais je pensais qu'on en était qu'au premier round... Je te voyais plus combative. » encore une provocation, je lui crachais mon venin au visage une énième fois. Entêté à la blesser alors que rien ne me soulageais et que c'était pire encore. Je lâchais un soupire et posais ma main sur celle qu'elle avait laissé sur le meuble, l'empêchant ainsi de reculer ou de se défiler. « Je suis dans une prison... Partout où je vais on me met des chaînes. » dis-je avec fermeté. Je sentais la colère monter mais ça n'était pas contre elle, c'était le simple résultat de ma sincérité et du triste constat que je faisais « Je ne suis jamais maître de moi... » je serrais les dents avant de poursuivre « Ce monde où on vit me contrôle ! La drogue, mes envies, toi, mes emmerdes, tout ! » hurlais-je. Lâchant sa main je me détournais pour qu'elle ne puisse pas voir que cette fois s'était moi qui perdait le plus pied. Il fallait que je sois à deux doigts de la perdre définitivement pour oser donner un semblant d'explication à mon attitude. « Maintenant ça va changer... » pris par le flot d'une énergie nouvelle j'étais décidé à tout reprendre en main sans me retourner et faire cavalier seul s'il le fallait. Quitte à y risquer ma peau autant que j'y aille tête baissée pour que ma fin soit plus radicale et moins douloureuse.
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MessageSujet: Re: What I'm suppose to know? (Roxanne&Connor)[Terminé]   Dim 23 Sep - 22:49

Si on y réfléchissait bien, si on enlevait tous les artifices ratés, toutes ces grimaces de douleur, ces mots engraissés à la mauvaise foi, pour n'en tirer que la réalité, belle, et pure, elle serait simple : ils ne croyaient pas ce qu'ils disaient, certes, mais surtout, ils savaient que l'autre n'en pensait pas le moindre mot. Et c'était pour une bonne raison qu'ils s'acharnaient sur l'autre avec tant d'ardeur. N'attendant que le moment où le vase serait rempli à ras-bord, pour y verser la goutte de trop. Dans le fond, ils savaient tout ça. Qu'ils tenaient l'un à l'autre plus que n'importe quoi, plus que n'importe qui. Accrochés comme des prisonniers étaient attachés à leur boulet.
Mais entre ce qu'ils savaient et ce dont ils étaient persuadés, il y avait un fossé. Le bon sens enfoui sous des kilomètres d'injures, sous des comportements exécrables. Et chaque fois, c'était une couche de plus qui s'ajoutait à la croûte déjà impressionnante.

Elle le fixait sans ciller, attendant qu'il daigne réagir, espérant fortement qu'il s'en aille autant qu'il se décide à rester. Roxanne n'était finalement qu'une gamine en manque d'amour incapable de s'affirmer réellement et affreusement dépendante de l'objet de sa convoitise. Comme une pauvre adolescente perdue sous son acné purulente. Des rêves qui relèvent de la science fiction et des films d'amour improbables ; des espérances qui auraient pu être touchantes dans les lignes d'un scénario de ce genre, mais qui, dans cette macabre réalité, étaient d'un pathétique à en hurler de rire. N'était-ce pas vrai ? Elle avait les jeux qui allaient se dérouler, elle avait des voisins qui vivaient dans une misère sans nom, crevant de faim, de maladie, de violences injustifiées, se jetant dans les bras d'Hadès comme s'il s'agissait là du bon Dieu. Elle avait trop d'ambition pour se laisser emporter par une amourette sans lendemain. Connor et elle, c'était juste une relation fragile avec des traînées dégouligantes d'ego mal placé, une pauvre aventure glissée entre deux peut-être. Une parenthèse qui venait pourtant perturber l'édifice entier qu'elle avait bâti, qui venait réduire en cendres ses convictions, ses résolutions. Il avait fait d'elle ce qu'elle n'aurait jamais pensé être, lui donnait accès à une partie de sa personne qui semblait verrouillée. Et par la même occasion, après lui avoir tout donné, il lui avait aussi tout repris.
Elle serra les dents lorsqu'il lui lança sa pique, étirant finalement ses lèvres en un sourire aussi sarcastique que nerveux. Tournant sur ses talons, elle prit le temps de détailler sa silhouette de haut en bas, non sans une once de mépris, avant de lui répliquer sur un ton similaire au sien : « Tu veux vraiment jouer à ça ? Et puis tu vas venir chialer comme un pauvre gosse en gémissant, pour me répéter pour la énième fois que tu m'as tout appris, que je suis qu'une ingrate qui n'a aucune reconnaissance. »

Par réflexe, elle tenta d'enlever sa main lorsque ses doigts s'abattirent dessus. Inutile cependant, elle se contenta de soutenir son regard, perturbée par ce qu'il semblait lui avouer. Entre les confessions et les reproches. Elle ignorait la nature réelle de ce qui sortait de sa bouche, s'il s'agissait plutôt de l'un ou de l'autre. La prison l'avait définitivement marquée. Le fer des barreaux ancré au plus profond de sa mémoire, de son être, sur sa peau. Sur chacune de ses paroles, ses décisions, tout, absolument tout. Malheureuse injustice dont il était loin d'être sorti indemne malgré les apparences, malgré l'issue des évènements. N'étant ni l'un ni l'autre le genre de personnes à étaler en long et en large leurs minables sentiments et leurs déboires, elle ignorait tous les détails qui le rongeaient jour après jour. Connaissant uniquement le cadre, et constatant les dégâts réalisés ; ignorant qu'il avait passé un pacte avec le Diable, qui lui-même se glissait entre ses draps sans vergogne. Trio macabre, les uns liés aux autres par l'obsession.
Elle aurait du se calmer, tenter de lui voir faire un futur moins sombre et lui prouver qu'il n'était pas une simple victime. Qu'il n'avait pas à baisser les armes et poser un genou à Terre devant quiconque, devant elle, devant le quotidien dégueulasse qui se présentait à lui, devant le coeur à moitié-mort que le représentait le Gouvernement. Que même devant la Mort, il n'avait pas à abdiquer. Il devait continuer à s'accrocher à ce mince fil de vie tant qu'il était encore à portée, et le chercher sous les décombres cadavériques même lorsque la Faucheuse semble se rapprocher à grands pas. Le bercer de douces illusions et le convaincre qu'elles deviendront réalités. Lui prouver qu'il n'était plus derrière les barreaux, et qu'il pouvait se libérer de ce douloureux souvenir en envisageant d'autres possibilités plutôt que de se morfondre dans la poussière du passé. Mais rien. Au delà de ses forces ; bien au-delà. « Mais arrête de geindre putain, t'es ridicule. » souffla-t-elle, avant d'adopter une voix suraiguë tournant en dérision ses propos : « Je suis dans une prison, on me met des chaînes. » Le pire était que tout venait naturellement. Pas d'exagération, c'était d'une spontanéité affolante. Les mots étaient propulsés de sa bouche sans qu'elle ne s'en rende réellement compte, sans qu'elle ait à effectuer une longue période d'intense réflexion. Excellant littéralement dans l'art de la destruction. « Ton problème, c'est que tu veux être le héros fier et arrogant qu'on admire tous, et parallèlement, la victime apeurée qu'on sauve. Mais arrête ça, arrête de te placer dans le rôle du pauvre petit agneau esseulé qui est persécuté de tous les côtés parce que ça te va pas. T'es juste un incapable qui se prend ses échecs dans la gueule et qui est trop fier pour reconnaître qu'il ne peut pas réussir tout ce qu'il entreprend. » Oubliant par la même occasion qu'elle était mot pour mot ce qu'elle lui reprochait. Mais il était trop facile de se plaindre et de rejeter la faute sur elle, sur eux, sur le rail de coke sorti d'on ne sait où, sur le joint déjà roulé, sur la bouteille de whisky déjà entamée. Surtout lorsqu'elle savait qu'il était parfaitement capable de passer outre ça. Qu'il méritait mieux que toute la mélasse dans laquelle il s'évertuait à se maintenir enfoncé. Masochiste impulsif qui continuait à se maintenir la tête sous l'eau sans réaliser qu'il était la seule et unique personne capable de se sortir de là. « Si t'es comme ça aujourd'hui, c'est parce que tu t'y es foutu. Tu le comprends ça ? C'est de ta faute ! Et j'y peux rien si t'es un imbécile. »

Et en guise de réponse, il pivota. Lui tournant effrontément les dos, avant de marmonner que tout allait changer désormais. Elle esquissa un pas pour se retrouver face à lui : « Qu'est-ce qui va changer ? » Voulant d'une part en rire, vu le spectacle auquel ils s'offraient actuellement, et se demandant d'autre part si des changements concrets allaient se produire. Car finalement, il fallait se souvenir d'une chose : sa venue. Il était celui qui s'était déplacé cette fois, en enfilant son plus beau sourire – avant de se laisser happer par la bulle d'arrogance qui se formait à chaque fois qu'ils étaient à proximité.
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MessageSujet: Re: What I'm suppose to know? (Roxanne&Connor)[Terminé]   Lun 24 Sep - 21:55

Happé par le tourbillon désagréable de cet élan destructeur qui nous emportait tout les deux dans une danse infernale, je me sentais affaibli. Mes belles illusions d'arriver à faire face à Roxanne sans ciller et maintenir le cap sans en être détourné, étaient réduites à néant. Tout était toujours électrique entre nous à tel point que nous ne savions pas nous comporter autrement. J'étais un peu l'initiateur de cela je le reconnais mais elle était facilement entrée dans le jeu, aussi bouillant et têtu l'un que l'autre, nous nous ressemblions finalement beaucoup et une part du problème était peut-être là. Comme un miroir qui vous renvoi vos propres faiblesses, l'autre se tient à proximité et sa présence peut vite devenir insupportable quand on appui où ça fait mal.
Une dernière provocation il me restait tout juste assez de force pour la traiter de faible et lui dire qu'elle me décevait d'être si peu combative. Je jouais avec le feu en sachant que j'allais me brûler mais n'était-ce pas ce que je cherchais après tout ? Je connaissais son répondant et elle ne manqua pas d'ajuster un tir impeccable en réponse à mon entêtement. Tellement de vérité habillait ses paroles mais jamais au grand jamais je ne lui dirais qu'elle avait raison, elle le sait et pire encore elle sait parfaitement que j'en suis moi aussi conscient. Attitude bête à pleurer, ridicule et improductive mais plus forte que moi, comme si j'étais condamné à être indécis, paradoxal, profondément troublé par tout ce dans quoi je m'étais foutu.

Est-ce que mes problèmes n'étaient pas rassurant finalement ? Qu'allait-il me rester si je n'avais plus tout ça pour me sentir exister ? Certes je me sentais mal mais à force la souffrance et le reste se mêlaient pour former mon quotidien, mes habitudes.
Dans un élan de lassitude je me livrais légèrement en entrebâillant une porte où peut-être Roxanne profiterait pour s'engouffrer. Au lieu de ça elle me la claqua sévèrement sur les doigts et j'étais entièrement à l'origine de cette réaction, pourtant au fond de moi j'avais espéré un instant pouvoir lui montrer qu'un tout petit espoir était possible qu'il suffisait qu'elle saisisse l'opportunité. Mais après s'être tant de fois faite évincer, insulter et traîné dans la boue par moi-même il était logique qu'elle m'enfonce. Un exercice dans lequel elle excellait et auquel j'assistais impuissant, les sables mouvant s'approchaient dangereusement de mes voies respiratoires et je finirais par suffoquer totalement. Elle m'humiliait en me caricaturant et je restais impassible, froid comme la glace faisant semblant que son numéro était totalement inutile, inefficace. Je pourrais exploser, tout casser, laisser mes nerfs déjà à vifs prendre le dessus, mais la blessée physiquement était au dessus de mes forces. Il me restait une once d'honneur et de valeurs ancrées en moi à jamais, l'héritage d'une éducation prodiguée par mes parents, enfin une chose qui n'était pas morte avec eux. Débordante de vérité Roxanne me poignardait avec ses mots, j'avais à présent les deux genoux à terre et bientôt j'irais voir de près le sol humide de ce souterrain. Un incapable... C'est donc ça qu'elle pensait de moi ? Je voulais ne pas y croire mais sa colère était désormais maîtresse d'elle me laissant dans le doute. La leader de la Résistance m'achevait à petit feu, m'appuyant sur la tête encore un peu plus à chaque mot, ce qui était facile puisque comme elle le disait si bien c'est moi qui m'étais mis tout seul dans cette situation. Même pas un balbutiement pour me défendre et pourtant j'aurais pu hurler, me débattre en l'attaquant de nouveau à mon tour. Au lieu de cela je me détournais d'elle, trop atteint par ces lames qu'elle lançait dans ma direction. Un imbécile, un incapable, un idiot, un moins que rien... Tout ça raisonnait dans ma tête comme une douleur lancinante.

La douleur, la colère, la haine sont des émotions difficiles à gérer et pour cause elles sont génératrices d'une énergie puissante qui peut-être destructrice. Jusqu'à présent je m'appliquais à la diriger contre ma propre personne et ceux qui tentaient de m'aider en gardant à l'idée que de toute façon je n'étais qu'un pion. Mais si elle disait vrai, si j'étais le seul responsable de ma misérable existence alors il fallait que je reprenne tout en main sans plus me retourner. Oui j'allais faire changer les choses et peu importe où ça me mènerait, tant pis si j'en crève j'aurais le mérite d'avoir essayé. Roxanne fit un pas qui la plaça devant moi, me demandant ce qui allait changer, je la regardais un instant sans rien dire alors qu'un petit sourire en coin étirait mes lèvres « Rien qui ne puisse t'intéresser. » je laissais un blanc s'installer et fronçait les sourcils « Je crois que me concernant tu as livré le fond de ta pensée. ». Je pouvais jouer l'agneau blessé comme elle prétendait que je le voulais, elle m'en donnait clairement l'opportunité et je la saisissais au vol.
Forçant le passage je la heurtais de l'épaule « Maintenant si tu veux bien l'incapable va aller s'occuper de ses chaînes sans pleurnicher... » je la regardais une dernière fois avec amertume « Il me semble que l'on a plus rien à ce dire. C'est ce que tu souhaite de toute façon que je dégage, je pense que je peux t'offrir au moins ça. » blasé et surtout blessé je haussais les épaules « Une dernière chose, ça vaut rien mais au moins c'est dit. Je le pensais quand j'ai dit que je crois en toi. » je me mis à rire nerveusement tout en ouvrant la porte et m'arrêtais avant de sortir « On verra bien si j'ai raison ou pas... Mais vu que je foire tout, t'es mal barrée. ». Je traînais la patte, loin de sortir indemne de cet affrontement peut-être pas le pire aux niveaux des décibels mais le plus venimeux en terme de paroles assassines. J'étais déjà boitillant auparavant et je me retrouvais désormais réellement bancale, sauf que je voulais rebondir. Briser mes entraves quelles qu'elles soient pour enfin me sentir libre, mais là tout de suite pour me remettre ce qu'il me fallait c'est un bon verre de scotch ou plutôt une bouteille entière. Seule lueur dans toute cette merde j'avais au moins pu revoir Roxanne avant de me jeter entièrement dans les flammes de l'Enfer.

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What I'm suppose to know? (Roxanne&Connor)[Terminé]

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