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 Shadows From The Past {PV}

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MessageSujet: Shadows From The Past {PV}   Sam 30 Nov - 17:28

Shadows From The Past
Rafael Morienval & Azzura Di Mercurio
A rain of tears streams down what was my face. The last sparkling stars in this gloomy ocean…All is darkening, blackness covers the sky and Falls to earth, merging with the dark poison. Which rises from the depths of my naked soul…Shadows from the past dancing in dark flames, Under the silent and icy reflection of the moon. by pandora et Shiya.


Son esprit était frappé par une violente tempête de neige qui empêchait toute forme de rationalité de s’y propager. Elle restait enchainée aux vestiges d’un passé révolu, aussi douloureux qu’apaisant. Un éclat de lumière perçait la pénombre, alors qu’elle contemplait les péniches voisines qui flottaient sur l’eau verdâtre, de bon matin. Ses doigts fins emprisonnaient une boite à musique. Celle-ci trônait depuis plusieurs mois au milieu du salon d’un des appartements insalubres de Storyville qui lui avait servi de squatte. La mélodie aigue et plaintive qui retentissait l’avait plongée dans une rêverie qu’elle n’avait pas souhaité interrompre. Ainsi, elle avait dérobée cet objet qui avait le pouvoir de la renvoyer à Zaira et de faire disparaître les hallucinations auditives qui la submergeaient. Elle remerciait les entités supérieures de ne pas avoir laissé traîner quelques témoins dans les alentours. Les rires carnassiers d’Ezio résonnaient toujours à ses oreilles. Elle ne parvenait pas à se débarrasser de ses désirs de vengeance qui montaient en elle à la manière d’une vague brûlante qui risquait de tout dévaster sur son passage. Ses os craquaient sous le poids de la colère, et elle ne ripostait pas. Plus rien n’avait d’importance, excepté les moqueries de l’Assassin qui oppressait Ses chairs. Elle portait une main à sa bouche en vues d’étouffer les sanglots nerveux qui s’échappaient violemment de sa gorge. Plusieurs siècles s’étaient écoulés, et elle ne parvenait toujours pas à s’habituer à Leur absence. Lorsqu’elle fermait les yeux, Ils lui jetaient des regards remplis d’effroi et de honte. Si Rafaele et Zaira avaient été présents à ses côtés, l’amour et la tendresse auraient probablement laissé place à la haine et aux reproches incessants. Comment aurait-Il pu la condamner ? Il n’avait pas été là, pour calmer ses excès de violence. Les hurlements de ses victimes la déchiraient toujours. Toutes ces images obscènes continuaient de heurter son esprit dément. Le sang coulait à flots sur leur visage déformé par la terreur. Reviens. Aide-moi. Guéris ce cœur rongé par la culpabilité et le chagrin. Elle avait l’impression d’exercer le métier de bourreau, comme si elle avait réussi à pénétrer dans Son âme. Nous avons ôté la vie tous les deux. Cette remarque sur leur ressemblance lui glaça le sang. Son estomac s’était soulevé lorsqu’Il avait atteint son quota de barbarie. Pour rien au monde, elle ne voudrait être transie d’une froideur inhumaine, comme Lui. Il ne s’était jamais déplacé sans son arme. L’ironie de la situation ne lui échappait pas. La majeure partie du temps, elle se blottissait contre le silencieux qu’Il lui avait prêté lors de leur rencontre à New York. Elle avait la sensation qu’une partie de Lui résidait dans l’objet du crime. Sa respiration devenait laborieuse, alors que les sentiments d’abandon et d’incompréhension ne faisaient que gonfler en elle. Elle avait besoin de lui. Il devait l’empêcher de plonger plus profondément dans les ténèbres. Il devait lui permettre de garder le dessus sur sa folie. Elle était capable de tout sacrifier dans le but de courir après une chimère et de se perdre dans Ses azurs, une nouvelle fois.

Elle prit son sac à dos et le remplit de provisions. De la nourriture, des potions, quelques armes. Anesthésiée par la douleur, elle en oubliait la peur. L’enfermement et la solitude ne pouvaient pas la détourner de ses objectifs principaux. Elle hocha le menton et capta l’attention d’un automobiliste par le biais de la création d’illusions. Susanna sera probablement dépitée, lorsqu’elle s’imaginera que je suis tombée dans la délinquance. Si j’avais su, j’aurais pris quelques cours de conduite avant de partir. Elle haussa les épaules et monta à bord de ce vieux taco. Elle dépassa la frontière en bredouillant le nom de Delaney. Elle ne laissa pas le temps aux écervelés de comprendre qu’elle les bernait depuis plusieurs mois déjà, la connerie humaine lui arrachant un sourire victorieux. Au fur et à mesure des kilomètres, elle se voyait blanchir. Un filet d’air glacé passait à travers la fenêtre de la voiture et lui mordait la peau. Elle était en train de grelotter lorsqu’elle constata que les routes devenaient glissantes et impraticables. Perdue dans le froid, elle avait l’impression que les villes qui se dessinaient devant elle, tournaient au ralenti. Elle se sentit rassurée lorsque son regard croisa un panneau indiquant qu’un motel se situait à deux pas d’ici. Elle fut forcée de continuer son chemin à pieds lorsque la voiture s’écrasa dans un fossé. Elle poussa un juron incompréhensible, le sang coulant par trainées. Son corps entier était courbaturé. Elle émit un rire sarcastique. Quelque part, l’adrénaline coulait dans ses veines et elle se sentait revivre. Un silence de mort régnait. Ses pas s’enfonçaient dans la neige, tandis que des lames de couteau la transperçaient symboliquement. Mais ce n’était rien, en comparaison de ce qui l’attendait. Des créatures arrivèrent de toutes parts. Elle entendit leur mâchoire craquer. Elle resta désarmée. Tu vas devoir réapparaitre. Elle avait provoqué son destin.

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« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

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↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
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MessageSujet: Re: Shadows From The Past {PV}   Sam 30 Nov - 18:43



Je suis à nouveau dans l’étendue glaciale de New York. Je suis encore dans les rues, sur l’asphalte glacé et enneigé qui immacule la saleté de la ville. Ma main vient ouvrir le haut de ma veste, et je sens l’air glacial se frayer un chemin jusqu’à mon torse, une fraction de seconde avant d’enrouler une écharpe de laine autour de mon cou. Il ne fait pas pousser. Je fais quelques pas, je savoure le silence feutré de la neige qui craque et se pelotonne sous mes pas. Je ne sais pas où je vais. Comme la dernière fois. Ca remonte à plusieurs semaines maintenant, et pourtant la scène est encore vivace dans mon esprit. Je sais qu’elle n’y sera pas, pourtant j’arrive en vue du lac où je l’ai sauvée la dernière fois. Je ne sais pas exactement combien de temps nous sépare de ce sauvetage. Le présent est le présent, le passé est l’Hier et n’est qu’un brouillard. Un brouillard sans date, sans rupture, sans frontière entre les jours qui n’en deviennent plus qu’un qui disparait petit à petit. Je n’ai pas des problèmes de mémoire, j’ai simplement des problèmes de temporalité. J’inspire profondément l’air frais. Les minutes s’égrènent. Le loup est en alerte, moi je contemple le paysage, immobile. Mes doigts cherchent de crayon et une toile : ils ne trouvent qu’un flingue, chargé. Elle ne viendra pas. Mon regard coule sur ma montre cachée derrière une veste chaude, et ma main gantée de cuir la dévoile. Je vais devoir rentrer. Mon travail m’interdit de trop m’éloigner. Le Gouvernement me veut dans des bureaux, pas sur le terrain. Il me veut loin des tentations des Daybreakers, loin des tentations de meurtres. Il me veut du côté de la stratégie, pas de l’action directe. J’inspire. Une nouvelle fois. Mes pas me guide vers une route, ma main appelle un taxi, ma bouche prononce le nom d’une ville, d’un quartier, d’un numéro, sans plus d’émotion qu’une pierre en aurait eu en écrasant un cafard. La voiture se met à rouler, mes yeux glissent avec indifférence sur la bordure de la route. Je soupire en songeant au lac. Elle n’y était pas. Elle est à la Nouvelle-Orléans. Normalement. J’étais stupide de penser la revoir. Je suis stupide de toujours espérer. Si je la recroise, ce sera là où je vais à présent, pas là d’où je viens. La voiture roule, dérape, ralentit. Elle roule encore. On dépasse une voiture planté dans un fourré, une jeune femme qui se fait agresser par des créatures. Je cligne de l’œil, tourne la tête. Une bouffée d’angoisse me prend. « Arrête le véhicule. Faites moi sortir, vite. » Ma voix n’autorise aucune réplique, aucun refus, et je crois même qu’elle lui fait peur. Dans tous les cas, mon but est atteint, et je me retrouve à courir sur la neige, à déraper, à me rattraper par un sens de l’équilibre que je ne me souvenais pas posséder. Ma main ne cherche plus des crayons alors qu’elle se faufile à mon côté, et je lâche un juron en dégainant mon arme. Je sais que c’est elle comme je sais qu’elle est stupide. Pourquoi ? Ou plutôt comment ? Comment fait-elle pour se retrouver en danger, ainsi ? Ce n’est pas humain. Elle n’est pas humaine. Je ferme les yeux une fraction de seconde, en tirant sur les premières cibles à ma portée. Ma main ne tremble pas, mes yeux ne cillent pas. Je suis méthodique, je me trace un chemin souplement en direction d’Azzura que je saisis à nouveau par le bras. J’ai l’impression d’avoir déjà vécu cette scène, alors que je ne retiens pas ma force lorsque je l’entraîne vers la forêt qui est derrière nous. « Tu es stupide ou tout simplement idiote ? Qu’est ce que tu faisais là ? Tu veux mourir ? » Je ne sais pas pourquoi je dis ça. Je sais juste que je suis en colère. Qu’est ce qu’elle faisait, seule, encore une fois, hors de la Nouvelle Orléans ? Elle croit que ça m’amuse de venir la sauver ? Elle croit que je ne fais que ça, la suivre et la sauver ? Certes, c’est ce que je fais. J’inspire. Je détourne le regard. Je ferme les yeux. Je la lâche. Et je lui redemande : « Qu’est ce que tu fais là ? » J’hésite à lui demander si elle sait qui je suis. Mes cheveux noirs, mes yeux clairs, ma peau pâle. Rien n’a changé en sept siècles. Pas même mes traits, pas même mon âme. Si, je suis devenu un loup, mais je l’étais déjà avant. Seulement, le loup s’est réveillé, et il s’est matérialisé. Je frissonne.
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MessageSujet: Re: Shadows From The Past {PV}   Dim 1 Déc - 16:59

L’odeur de chair en décomposition lui retournait les tripes. Leurs yeux rouges brillaient dans la pénombre et se dirigeaient vers elle. Leur apparence effrayante lui grillait les neurones et aspirait sa présence d’esprit. La neige pénétrait insidieusement à l’intérieur de ses chaussures trempées, basses et fines, immobilisant ses orteils. Ses traits se figeaient en un masque impassible. Ce dernier disparut lorsqu’elle sentit un frisson parcourir sa colonne vertébrale, comme si un sixième sens était en train de se développer en elle. Etait-ce son imagination, qui lui jouait des tours ? Elle prit un air soucieux en arrivant à la conclusion selon laquelle son intuition ne la trompait que très rarement. Elle avait l’impression que Susanna se trouvait à proximité et risquait de pénétrer d’une seconde à l’autre dans cette fosse aux lions. Les regrets et la culpabilité la rattrapaient, à tel point qu’elle imaginait sa cadette lui jeter des regards inquiets et accusateurs. A quoi bon ? Elle comprenait qu’un drame était en train de se produire, mais elle était incapable d’effectuer le moindre mouvement. Tous ses membres semblaient touchés par une paralysie brutale. Elle lâcha le sac à dos qu’elle transportait. Ses yeux d’ébène scrutèrent les ombres mouvantes. Elle le cherchait. Elle poussa un long cri de désespoir lorsqu’elle réalisa qu’Il n’avait aucunement l’intention de revenir dans le but de la sauver. Elle plissa les yeux d’un air soupçonneux. Elle avait peut-être laissé la démence qui la rongeait de l’intérieur, l’envahir et lui faire perdre les pédales. Les images de leur rencontre à New York défilaient à toute allure dans son esprit. Avait-elle réellement regagné la Nouvelle Orleans à ses côtés ? Elle se demandait si sa perception de la réalité n’avait pas été altérée.  Elle en payait le prix. Elle se sentait vraiment indigne de Cora et Orfeo. L’éclair de honte se transforma en sensation de brûlure qui noircit le coin de ses prunelles, et pourtant, elle ne se résolut pas à s’emparer de son silencieux. Elle regrettait de leur infliger une punition supplémentaire en les abandonnant, mais elle souhaitait que la douleur cesse enfin dans la mort.

Des coups de feu retentirent. Alors que les larmes commencèrent à goutter sur ses joues, Il la sortit de sa torpeur. Des bouts de mâchoires s’écrasèrent sur le sol, lui arrachant un rictus de dégout. Elle se pinça le bras jusqu’au sang pour s’assurer qu’elle ne rêvait pas. Sa douleur fut décuplée lorsqu’Il l’empoigna avec force, la réduisant à l’état d’hématome géant. Pourtant, elle ne prit pas la peine de riposter, se perdant dans cet océan de beauté. Elle souriait bêtement, effleurant son visage du bout des doigts, humant l’air. Elle reconnaitrait son odeur enivrante entre mille. « Est-ce que tu es réel ? ». Ses prunelles azurées avaient le pouvoir de percer son être tout entier. Lorsqu’elles émirent une lueur espiègle, Azzura reprit pied dans la réalité. Ils étaient en train de s’enfoncer dans la forêt. Les arbres endormis étaient recouverts de neige poudreuse. Des craquements sinistres lui arrachaient les oreilles. Mais le pire, c’est qu’Il la snobait avec désinvolture ou la toisait avec ses yeux aigris, lui crachant des paroles acerbes au visage. Ses plaies se rouvraient. Elle souffrait de multiples courbatures dans tout le corps. Elle était toujours plongée dans un état de déréalisation et d’incompréhension. Mais elle marchait à en perdre le souffle, convaincue qu’une deuxième horde de zombies était déjà en chemin. Rafael, ou l’entité qui l’incarnait, était particulièrement bruyant, lorsqu’il faisait son ménage. Il les avait probablement attirés jusqu’à eux. Elle lui jeta un regard dédaigneux et hautain, adoptant une position défensive. « Pour tout t’avouer, j’ai des problèmes financiers et j’ai appris qu’ils faisaient des soldes au quartier Manhattan. J’avais repéré une jolie petite robe ». Je suis venue pour toi, crétin !. Elle leva les yeux au ciel, l’air agacée. Elle se mordit les lèvres dans le but de maîtriser la curiosité et la rancœur qui la brûlaient. Il l’avait lâchement abandonné. Des dizaines de questions pouvaient certainement se lire sur son visage. Elle les ignora. Ils n’avaient pas le temps de discuter. « On continue d’échanger à propos des derniers potins ou on essaye de semer cette dizaine de zombies qui est à nos trousses ? Il y a un motel qui se situe à proximité. Si on arrive à y accéder, on pourra peut-être se mettre en sécurité. Après, tu me devras une explication ». Son cœur se transforma en glaçon, et pour cause, le froid prenait de l’ampleur, amenant chaque parcelle de son corps à trembler. Ils franchirent la végétation desséchée, puis des routes désertes et inquiétantes, et elle demeura silencieuse. Elle pesta lorsqu’elle s’arrêta enfin devant le motel, la sueur perlant à son front. Elle prit les devants en le fusillant du regard. « Si tu as l’intention de te tirer, fais-le maintenant. Je m’en sortirai ». Elle regretta aussitôt ses paroles, craignant de lui avoir donné une nouvelle idée.

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MessageSujet: Re: Shadows From The Past {PV}   Dim 1 Déc - 22:07



 

Des coups de feu, la neige, mes pas, ma main qui saisit son bras avec rudesse et qui l’entraîne à ma suite sous les ombrages d’arbres si enneigés qu’ils ploient sous leur fardeau. Est-ce que ma main lui fait mal, est ce que ma poigne la marque ? Je n’en sais rien, je n’y pense pas. Une seule idée dans ma tête : qu’est ce qu’elle fait là, aussi loin de la Nouvelle Orléans, aussi loin de la sécurité ? Qu’est ce qu’elle a fait du silencieux que j’avais glissé dans sa main pour qu’elle ne soit pas, qu’elle ne soit plus sans défense ? « Est-ce que tu es réel ? ». Si je suis réel ? Quelle drôle de question ? Ma voix est aussi glaciale que l’air lorsque je lui jette un « Bien sûr, petite idiote, aussi réelle que la putréfaction qui nous suit à la trace. » Je ne masque pas mes pas, je ne cherche pas le silence ni la discrétion alors que je nous mène plus loin dans la forêt, cherchant à mettre de la distance entre nous et les zombies qui nous suivent. Mes yeux clairs se posent sur les traces légères de lièvres, j’ai le réflexe d’humer l’air pour chercher dans quelle direction ils sont partis. Leur odeur effacée éteint mon envie de chasse – à moins que ce soit celle du loup ? – et je m’arrête. Pour lui demander pourquoi elle est là. « Pour tout t’avouer, j’ai des problèmes financiers et j’ai appris qu’ils faisaient des soldes au quartier Manhattan. J’avais repéré une jolie petite robe ». Je lève les yeux au ciel, en serrant les dents. Elle pense que c’est drôle, elle pense que c’est un jeu ? Je me retiens de lui mettre une claque pour la réveiller. En fait, non, je ne me retiens pas. Je la fixe cette fois. Ma main file vers sa joue pour la gifler sans violence. Mes yeux ne dévient plus sur la nature qui nous entoure. « Tu te crois drôle ? » Je la fixe, mon visage hésitant entre la dureté et la joie de la contempler en face. Je sais qu’elle est là depuis bien longtemps, elle doit à peine me découvrir. Es tu réel ? Oui, je suis réel. Comme toi. Comme les sept cents ans qui nous ont séparés et qui n’ont pas creusé malgré tout de gouffre entre toi et moi. Le gouffre, c’est moi qui l’ai creusé, c’est toi qui l’as creusé. Ce n’est pas le temps, ni l’espace : il ne faut pas se leurrer. C’est nous, et surtout moi. Et le loup. J’ai une conscience aigue de ce gouffre, alors qu’elle prend de nouveau la parole. « On continue d’échanger à propos des derniers potins ou on essaye de semer cette dizaine de zombies qui est à nos trousses ? Il y a un motel qui se situe à proximité. Si on arrive à y accéder, on pourra peut-être se mettre en sécurité. Après, tu me devras une explication ». Ah oui. Les Zombies. Que croit-elle, que je les ai oubliés ? Je les ai oublié. Je les ai oubliés, parce que dans la forêt ils ne peuvent pas suivre un loup. Parce que dans la forêt, ils ne peuvent pas surprendre un loup. Leur odeur de putréfaction qui fait grogner de dégoût le loup est loin de nous pour le moment. Le vent la porte, le vent me l’amène et mon instinct de prédateur – pas de charognard – localise leur position alors que je me contente de respirer. Elle se déplace dans la direction d’un lieu humain, je me contente de la suivre. Le loup me hurle d’arrêter de faire du bruit, moi je refuse de glisser à pas de velours sur la neige. J’ai besoin de l’entendre craquer sous mon pas d’humain. On franchit la végétation desséchée, j’hausse les épaules en sentant les zombies s’éloigner. Je ne les entends plus, je sens leur odeur de plus en plus tenue alors que celle des hommes s’accentue de plus en plus. Je lève la tête, un motel se trouve devant nous. Je suis étrangement mal à l’aise. Je n’ai pas l’intention de rester. Je devais rentrer à la Nouvelle Orléans. Tu as à faire… J’ai surtout des prétextes pour ne pas rester avec Azzura. Elle doit lire mes pensées dans mon regard. « Si tu as l’intention de te tirer, fais-le maintenant. Je m’en sortirai ». Je secoue lentement la tête de droite à gauche, désabusé. Mon visage reste impassible, j’ai envie de m’énerver. Mon corps reste raide, j’ai envie de l’enlacer. J’inspire. Je fixe le motel, je fixe la route, je fixe le ciel et mes yeux retombent dans ceux d’Azzura. Ma tête recommence à aller de droite à gauche, toujours aussi lentement. « Tu es stupide. Idiote. C’est sûr que j’ai bien envie de me tirer, là. Tu crois que j’ai envie de rester dans le froid ? » Ma voix est glaciale et je mens. Joli duo. Elle doit le voir dans mes yeux. Je ne pouvais pas lui cacher grand-chose, il y a des siècles. Je doute que les choses aient changé radicalement. Je range mon arme, ouvre la porte du motel. En totale contradiction avec mes mots. « Entre. » J’ai pris l’habitude de donner des ordres, et de me faire obéir. Je lui tiens la porte. « Entre. » Je n’hésite pas à redire exactement le même mot, avec la même voix. Atone. Elle est le reflet de mes émotions, mais on peut se leurrer sur ce qu’elle exprime : ce n’est pas une absence d’émotion qui est en jeu, c’est un trop plein d’émotions. Que je ne sais plus exprimer. Ma main glacée frotte machinalement mon avant-bras et la petite puce qu’il renferme. La chaleur du motel soulage ma peau glacée mais angoisse le loup. Il n’aime pas être enfermé. Moi non plus. Je suis patient, lorsque je redemande à Azzura : « Qu’est ce que tu faisais là ? » Je ne prononce pas son nom. J’ai conscience que le prononcer à haute voix… le prononcer serait me perdre. Nous perdre. Pour le moment, pas de nom. Il vaut mieux éviter les noms. Je ne suis plus un Renzacci. Je ne suis plus italien. Je ne suis plus humain. Il vaut mieux éviter les noms. Ce sera mieux pour l’un, comme pour l’autre. Ma voix tressaille, alors que je rajoute : « Comment vas-tu ? » Je suis maladroit. Parce que je ne sais pas comment me comporter avec elle.
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MessageSujet: Re: Shadows From The Past {PV}   Ven 6 Déc - 23:49


Elle sentait la mort l’étreindre, alors qu’Il lui crachait ses paroles venimeuses. Les conditions météorologiques ne lui permettaient pas d’apaiser et de réchauffer Son cœur glacé. Chaque respiration en devenait irrégulière, l’air froid brûlant ses poumons et desséchant sa peau d’une blancheur cadavérique. Le mal prenait possession de ces lieux morbides, semblant s’engouffrer dans l’âme de Rafael dans le but de la persécuter. Les ténèbres s’étendaient sur ce territoire mortifère et d’un œil méfiant, elle examinait les arbres ensanglantés et décharnés, leurs branches squelettiques. Les paupières lourdes, un mince filet de sang s’échappa de sa blessure. Elle hésita à s’accorder quelques minutes de répit. L’affrontement verbal qui s’en suivit l’empêcha de s’écrouler au sol. Elle en oublia la douleur qui battait contre ses tempes. Il ne s’agissait pas de la pression d’une lame contre son dos, mais d’un claquement sec et piquant. Elle porta une main à sa joue, par réflexe. Les yeux écarquillés, la mâchoire tombante, elle releva Son visage avec poigne, entrant dans un état de rage proportionnel à son choc et à sa vexation. Plongée dans la pénombre, le scintillement de Ses yeux clairs parvint jusqu’à elle. Elle connaissait ses traits par cœur mais lorsque ses doigts effleurèrent sa peau, elle le toisa avec méfiance. Elle l’associait à un imposteur qui abusait de sa crédulité. Les souvenirs et les faux semblants contribuèrent à entacher leurs retrouvailles. La tension abrita son corps, raidissant ses muscles, la conduisant jusqu’à la paranoïa. Elle se souvenait de Lui, en tant que bourreau. Il était capable d’utiliser son épée dans le but de trancher des têtes d’un coup rapide. Il semblait submergé par des pulsions assassines transmises par son aïeul. Les crimes avaient commencés à se multiplier, et pourtant, son visage s’adoucissait toujours lorsqu’Il revenait vers elle. A présent, il incarnait un étranger qui nourrissait pour elle une haine sans borne. Elle ne l’acceptait pas.

« Enfoiré ! T’es qu’un gros malade ! J’aurais préféré que tu sois mort ! Ne t’approche pas de moi. Je fais suffisamment d’effort pour éviter de te décoller la mâchoire. Qui es-tu ? ». Furieuse, elle aboya avant de griffer sa joue jusqu’au sang. Elle refusa de le blesser davantage, continuant sa route en accélérant le pas, le regard fuyant. Les larmes lui montèrent jusqu’aux yeux. Il l’avait frappé. Pour lui, elle ne représentait plus qu’une criminelle et une sorcière. Elle réprima ses râles de souffrance. Il avait fait fondre tous ses espoirs. Comme une écervelée, elle s’était imaginée qu’Il lui montrerait le chemin de la délivrance. Il se cachait derrière une apparence rigide et austère, faisant croître sa culpabilité. A Darkness Falls, le zombie qui avait ton apparence m’avait réservé un accueil plus chaleureux. Je m’attendais à quoi ? Il a tué son frère par ma faute. Je n’ai pas réussi à protéger Zaira. J’ai tué un innocent. Elle resta silencieuse tout au long du trajet, s’enfermant dans ses ruminations et ses suppositions. Elle contournait l’évidence. Les allusions de son cousin se propageaient à grande vitesse dans son esprit. Le penchant pour les bouffeurs de croquettes. Qu’est-ce que cela veut dire ? Est-il en vie ? Ou est-ce le fruit de mon imagination ? Elle refusait pourtant de L’assommer de questions, les sourcils froncés d’irritation. Elle n’avait pas la force d’affronter son regard empli de violence et de colère. Il l’avait giflé. De nombreux obstacles se dressaient entre eux. Lorsque sa vision se noircit, une bouffée de panique l’envahit, laissant place au soulagement lorsqu’elle entraperçut sa silhouette penchée sur elle. Elle ne voulait pas qu’Il l’abandonne à nouveau. Il calma temporairement ses craintes en prenant la décision de rester près d’elle, supportant l’odeur pestilentielle qui émanait du motel. En revanche, la colère grandit en elle lorsqu’Il joua le rôle du parfait dictateur, retombant dans ses vieilles habitudes.

« Commence par baisser d’un ton et par réprimer tes grognements de frustration, avant que je te transforme en crapaud. J’étais la gentillesse et la bienveillance incarnées, et tu ne parvenais déjà pas à me soumettre ». Lui lança-t-elle avec désinvolture. Elle avait changé. Elle avait du sang sur les mains. Elle lutta contre l’envie de le regarder et de détailler chacune de ses cicatrices. Le simple fait de sentir Son souffle sur sa nuque la rendrait cinglée. Encore plus cinglée, disons. Un sourire torve se dessina sur son visage lorsque des images revinrent en rafale dans sa mémoire. Ils se contraient depuis l’enfance. Elle ignora volontairement chacune de ses questions, toujours sous l’emprise de la rage et de la déception. Après tout, il ne répondait jamais aux siennes. Elle ne lui arrachait que des gestes brusques et des grognements. De plus, il était hors de question de lui avouer les véritables raisons de sa présence. Il s’en servirait contre elle.

« Je prends la chambre du fond. Si des zombies débarquent, ils te boufferont en premier. J’aurais peut-être une chance de m’en sortir en me glissant par la fenêtre. Tu m’auras au moins servi à quelque chose ». Elle esquissa une moue moqueuse, feignant l’indifférence. Elle poussa le vice en se mettant à l’écart. Elle refusait de se tortiller de douleur devant Lui ou de céder à une tentation qui pourrait s’avérer insurmontable. Celle de le martyriser ou de goûter à ses lèvres. Elle avait besoin de mettre de l’ordre dans ses idées et de comprendre la scène qui se jouait devant elle, au bord de l’asphyxie. Elle arpenta les couloirs poussiéreux qui infectaient ses poumons, un briquet en main. Celui-ci éclaira faiblement les murs, la cheminée et le mobilier recouverts de crasse. Elle chercha de quoi faire du feu et nettoyer ses plaies. Elle se retroussa en une moue de dégoût et lâcha un cri d’effroi. Autour d’elle, plusieurs cadavres jonchaient le sol. Elle devait passer la nuit dans cet antre infernal.

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MessageSujet: Re: Shadows From The Past {PV}   Dim 8 Déc - 23:18




J’entends encore les mots prononcés, crachés, hurlés par Azzura lorsque je l’ai frappée. Giflée. Qu’a-t-elle dit ? Enfoiré. Malade. Mort. Qui es tu ? Qui je suis ? En voilà une bonne question. Je n’en ai strictement aucune idée. Je n’en ai aucune idée, alors que nous sommes dans un motel délabré et puant l’humain. Je n’en ai aucune idée, alors que je me fais incendier après mon ordre pour la faire rentrer dans le bâtiment.  « Commence par baisser d’un ton et par réprimer tes grognements de frustration, avant que je te transforme en crapaud. J’étais la gentillesse et la bienveillance incarnées, et tu ne parvenais déjà pas à me soumettre ». Comment ça, la soumettre ? Je lui adresse un regard froid et désabusé. Les années ont passé, ne le sent-elle pas ? Je ne suis pas totalement le Rafaele qu’elle a connu, qu’elle a aimé. Et elle, est-elle mon Azzura ? Tout son corps me hurle que oui, nos propos veulent me faire comprendre le contraire. Et ses mots… sa voix… Je prends sur moi. Ma peau glacée par le froid se réchauffe, mes doigts massent sans y penser mon avant bras. Mes questions se formulent d’elles même, avec un temps de silence. Des pauses. Et cette insensibilité factice dont je ne peux me défaire. Elle ne répond pas à mes questions lorsqu’elle prend la parole : « Je prends la chambre du fond. Si des zombies débarquent, ils te boufferont en premier. J’aurais peut-être une chance de m’en sortir en me glissant par la fenêtre. Tu m’auras au moins servi à quelque chose ». Je secoue la tête. Je ne veux pas qu’elle soit Azzura. Je ne veux pas que ce soit elle, parce que ce n’est pas elle qui peut dire ça. Je ne veux pas qu’elle ait tant changé. Sa moue, moqueuse. Son indifférence, feinte je l’espère. D’une voix monocorde, je réagis : « Tant d’attention me touche. Mais je ne comptais pas dormir dans ce trou à rat. » Je ne comptais pas du tout rester là. L’obscurité, à l’extérieur, ne me fait pas peur. Les zombies non plus. Après tout… qu’est ce que je risque ? La mort ? Elle m’attend depuis trop d’années. Azzura se met à partir en direction des couloirs, la tension augmente d’un cran. Le loup me hurle de partir, me hurle de sortir à l’air libre et me transformer pour retourner à la Nouvelle Orléans. Tu n’as rien à faire ici. Ta femelle ne veut pas de toi. J’ignore mon instinct animal, et je la suis, à la lumière de son briquet qui me gêne plus qu’autre chose. « Attend, ne sois pas encore plus stupide que tu ne l’es déjà ! » Elle arrive devant une chambre, je m’adosse aux montants de la porte alors qu’elle rentre à l’intérieur. J’ai senti l’odeur de morts, j’ai senti aussi l’immobilité desdits morts. Elle éclaire un peu plus la salle. Ses yeux tombent sur les cadavres. Son cri me glace le sang, et je fais un pas en avant, avant de me souvenir que ce n’est pas la même Azzura que celle que j’ai toujours connue. J’aimerai la laisser en plan, j’aimerai la laisser là, dans une sécurité toute relative, et monter sur le toit pour surveiller le bâtiment. J’aimerai la laisser seule, avec ses démons, avec ces cadavres, avec cette puanteur, qui me pique les narines et mon odorat bien trop développé pour l’occasion. J’aimerai tout cela mais j’en suis incapable. Je suis faible, j’ai l’impression, lorsque je me retrouve face à Azzura. Faible, et c’est en voulant lutter contre cette faiblesse ressentie que je me durcis davantage. Et que je deviens accessoirement imbuvable.  Et malgré tout ça, lorsqu’elle pousse un cri d’effroi, je fais un pas en avant par réflexe. Le vrai réflexe, celui que je ne contrôle pas le moins du monde. Je regrette de l’avoir fait, et pourtant… mon pas m’a mené bien plus loin que ce que je voulais. Mon pas m’a conduit, et ceux qui l’ont suivi bien sûr, juste à côté d’Azzura. Ma main se pose sur son épaule. « Az… on n’a rien à faire ici. Retournons dans une salle plus… moins… encombrée. » Je ferme les yeux un court instant. « Arrête de faire l’idiote. » Une nouvelle pause. « Arrête de faire l’idiote, b#rdel. Arrête. Sinon je me casse. Je me barre, je te laisse seule, et je t’oublie. » Menace… ridicule. Voilà que je fais des menaces qui n’en sont pas une. Je me sens ridicule, et je sais qu’elle va se moquer. Je le sens, étrangement. Je me force à faire un pas en arrière. Si je m’écoutai, je la prendrai dans mes bras et goûterai à nouveau à ses lèvres. Mais le loup me hurle de partir, et je sais que c’est ce qu’il vaut mieux pour tous les deux. Ma main se pose sur son bras, pour la tirer avec douceur, mais je ne veux pas lui faire mal. Les mots vont suffisamment agresser dès qu’on se parlera en tête à tête et en adulte… ça ne sert à rien d’attaquer physiquement avant. Il faut aussi que je sache quelle attitude je dois avoir. Quelle attitude je veux avoir, surtout, vis-à-vis d’elle. Parce que je n’en ai strictement pas la moindre idée. Je sors de la pièce, mon flair me guide vers une pièce désertique. Je n’ai aucune difficulté à voir dans l’obscurité ambiante, le faible rai de lumière qui provient de la rue suffit pour me permettre de voir comme en plein jour ou presque. Je me repère, trouve la cheminée, y jette les restes d’un lit. « Donne ton briquet, un feu te réchauffera. » Je n’ai pas regardé si elle m’avait suivi. Je n’ai même pas fait attention au fait que je me déplaçais sans avoir besoin de lumière. Ni que mes pas foulaient le sol avec le silence d’un loup en chasse. « De toute manière, il faudra bien que l’on se parle sérieusement un jour, ne serait ce que pour que tu comprennes que tu n’as rien à faire ici. Tu n’es pas de taille face aux zombies, quoique tu puisses croire. » Parce que toi oui ? Je n’en sais rien. Mon job, c’est d’assurer la sécurité de certaines personnes après tout… un garde du corps de bureau. Pourquoi ne saurais-je pas protéger Azzura ?
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MessageSujet: Re: Shadows From The Past {PV}   Dim 15 Déc - 0:36


De la poussière cendrée heurta ses rétines à une vitesse inattendue. C’était comme si son regard errait à nouveau sur l’étendue désertique qu’avait représenté Darkness Falls à son arrivée. Elle était condamnée à revisiter incessamment cette période de sa vie, les images défilant en boucle dans son esprit embrouillé. Elle aurait préféré revivre mille fois la scène de sa mort. Finir brûlée vive devant une foule d’individus intolérants et tyranniques, n’ayant de cesse de réclamer qu’elle soit punie pour sa différence. Ainsi, elle n’aurait pas pris conscience de la profondeur de sa déchéance. Son être entier sombrait un peu plus chaque jour dans l’incompréhension. Elle avait cru divaguer en voyant les traits de Susanna se dessiner dans cette réalité chimérique. Plusieurs années s’étaient écoulées avant qu’elle ne réalise qu’elle avait vraiment rejoint les enfers. Une lueur d’espoir avait continué de jaillir dans son âme. Elle avait espéré recevoir une tape sur son épaule, que Rafaele lui ordonne de cesser de s’agripper aux draps, de s’extirper du lit conjugal dans le but de répondre à l’appel de Zaira. Elle avait dû se rendre à l’évidence. Il ne s’agissait pas d’un cauchemar mais de sa cruelle destinée. Toute crapule n’aspirait qu’à se perdre dans un labyrinthe de tourments. Plusieurs mois s’étaient écoulés depuis. Elle ne réalisait toujours pas qu’elle était revenue sur Terre et que les portes de Darkness Falls ne s’ouvriraient plus jamais. N’étant pas en mesure de supporter la violence du choc, elle vivait en ermite. Elle s’enfonçait de plus en plus dans sa torpeur et dans son monde imaginaire, la peur lui rongeant l’estomac. Elle ne faisait qu’émettre des hypothèses, assaillie par des doutes et des questions existentielles. Le regard empli d’une sauvagerie nouvelle qui la caractérisait. Elle se braquait, de peur qu’on la persécute à nouveau. Au contact de Rafaele, l’adoration et la méfiance brillaient dans ses yeux ensommeillés. La distance avait tout balayé en un seul souffle et elle ne parvenait pas à se laisser apprivoiser.

« Tu as raison. Tu mérites de te glisser sous des draps de dentelles et de t’étendre sur un sol de marbre. Cesse d’endosser le rôle du petit bourgeois exécrable. Je ne t’ai jamais vu aussi heureux que lorsque tu es parti avec moi sans un sou en poche ». Elle ne pouvait pas ignorer Ses propos injurieux. Ceux qui résonnaient à ses oreilles et lui crevaient les tympans. Ceux qui éveillaient ses soupçons et faisaient saillir les veines de son front. Si elle s’était métamorphosée avec l’avancée en âge, ses convictions étaient restées profondément ancrées dans son cerveau. Elle refusait que l’argent domine le monde et que Rafaele affiche sans aucune gêne son écrasante supériorité. Ses dents se serrèrent. Elle hésita à lui faire ravaler ses paroles. Elle éclata cependant d’un rire sarcastique. Lorsqu’elle faisait face à ces divergences d’opinions, elle s’accrochait à quelque chose de rassurant et oubliait le gouffre qui s’ouvrait sous ses pieds. Elle replongea dans son enfance, ces railleries les emmenant dans les prémices de leur mémoire. L’impression d’être confrontée à une personne étrangère s’estompa. Néanmoins, elle se figea sur place lorsque des pas se dirigèrent vers sa direction. Les siens. Le sentiment de joie intense laissa place au sentiment de persécution. Elle guetta ses réactions du coin de l’œil. Il l’avait frappée. Avant de réaliser qu’il ne s’agissait pas de son ennemi, tétanisée par la peur et par une nouvelle prise de conscience. Elle n’aspirait qu’à pleurer sur des cadavres. Il en serait ainsi jusqu’à son dernier souffle. Les bras sécurisants de Rafaele lui permirent de retrouver son sang-froid, avant qu’une once d’inquiétude ne la traverse et que l’angoisse d’abandon ne la submerge. Il était ambivalent dans ses réactions, créant de nouvelles vagues de panique.

« Comme tu l’as toujours fait jusqu’à présent. Tu m’as frappée ! C’est tout juste si tu te souviens de mon prénom. Pourtant, tu es toujours là quand j’ai besoin de toi. Qu’est-ce que tu es ? A quoi tu joues ? ». Lui cria t-elle, vindicative, fermant sa main en un poing serré. Elle lui tendit le briquet, s’agenouillant devant la cheminée et retirant ses chaussures trempées. Elle ne pouvait plus bouger ses orteils, le froid ayant gelé chaque parcelle de sa peau. Elle sortit un bandage de son sac à dos, un long soupir sortant de sa bouche. Elle n’avait pas trouvé de quoi refermer ses plaies. Rafaele interrompit ses pensées. Elle esquissa un faible sourire en voyant que son petit manège fonctionnait et en réalisant l’absurdité de ses paroles. Les zombies, je les ai combattus durant plusieurs siècles. Elle était prête à les rencontrer plus fréquemment, s’ils lui permettaient d’étudier les expressions de Rafaele. Elle était prête à inventer n’importe quel mensonge pour que ses yeux reviennent s’ancrer dans les siens. « Je ne partirai pas tant que je n’aurai pas retrouvé ma sœur. Elle est quelque part à New York ». Elle se mordit la langue, sentant une once de culpabilité l’envahir.

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MessageSujet: Re: Shadows From The Past {PV}   Lun 16 Déc - 21:45




« Tu as raison. Tu mérites de te glisser sous des draps de dentelles et de t’étendre sur un sol de marbre. Cesse d’endosser le rôle du petit bourgeois exécrable. Je ne t’ai jamais vu aussi heureux que lorsque tu es parti avec moi sans un sou en poche ». Vraiment ? Suis-je ainsi, aussi… bourgeois ? Peut être. Je ne peux pas nier le fait que la richesse et l’opulence me vont bien, et que je ne les regrette pas ni les déteste. J’ai été loup pendant plus de sept siècles et demi, et voilà qu’en un peu plus d’un an et demi, je suis redevenu millionnaire par le biais de quelques toiles. La richesse me va bien, la richesse et la solitude. Elle n’a pas tort, je le sais. Je n’ai jamais été aussi heureux que lorsque nous vivions avec Zaira, que lorsque nous n’étions que trois, sans le sou comme elle le dit si bien. Si j’ai oublié bien des choses, si ma mémoire faiblit parfois, si elle m’embrouille souvent, s’il ne reste que des traces fugitives de ce que ressentait Rafaele avant, ça, je ne l’ai pas oublié. Le brouillard de ces siècles a obscurci mes souvenirs et mes émotions. Certains se sont effilochés pour se perdre dans un gouffre sombre et insipide, d’autres en sont ressortis vivaces, exacerbés. Quelques uns, dont celui là. Elle serre les dents, j’arque un sourcil. Elle lâche un rire sarcastique, je m’agace. Je m’énerve légèrement : qu’attend-elle de moi ? Ne peut-elle pas s’arrêter de faire l’idiote ? Je ressors de la pièce, agacé. Je l’entends parler avec une acuité dont je m’agace, encore, alors que je cherche une pièce acceptable puisque, visiblement, elle veut rester ici. Moi, j’ai le téléphone qui démange. Qu’il serait simple d’appeler à nouveau un hélicoptère. Qu’il serait simple de se servir à nouveau de mon nom, de mon argent, de mes relations, pour partir vite d’ici et du froid qui nous entoure et qui nous guette. Je ne sais pas encore ce qui me retient de composer un numéro sur le téléphone. Je récupère des débris d’un lit, je les jette dans une cheminée désolée. J’entends la respiration d’Azzura. Ses mots résonnent à mes oreilles, ses phrases volent en écho dans mes pensées. « Comme tu l’as toujours fait jusqu’à présent. Tu m’as frappée ! C’est tout juste si tu te souviens de mon prénom. Pourtant, tu es toujours là quand j’ai besoin de toi. Qu’est-ce que tu es ? A quoi tu joues ? » Encore cette question. Qui suis-je ? Qui je suis ? Bon sang, mais pourquoi cette question ? Elle me l’a crié, moi je l’ai ignoré, le dos droit et le poing serré. Un briquet, et la flamme m’éblouit un instant alors que je tente de faire s’embraser les bûches. Je la vois du coin de l’œil s’installer, et je me mords la lèvre pour ne pas l’enlacer. Suis-je donc faible à ce point ? Qu’est ce que tu es ? Je suis un monstre, Azzura. Une phrase d’un livre que j’ai lu me revient en mémoire et un sourire se dessine sur mes lèvres. C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher. Exactement. Voilà ce que je suis, voilà ce dont j’ai peur, et voilà pourquoi je la protège sans chercher le contact. Ou en le cherchant sans le savoir, peut être… Le feu ne veut pas se lancer, et j’essaye de rester patience, à re commencer, encore et encore, à sécher le bois, à le chauffer par une flamme, à le creuser. Je me brûle légèrement les doigts, mes doigts d’artiste et d’aristocrate, en cherchant à dégager les cendres chaudes. Finalement, alors qu’une braise tient et accepte de lancer un feu, je lui dis que de toute manière, nous allons devoir parler. La voilà la raison pour laquelle je n’ai pas encore appelé pour que l’on vienne nous ramener à la Nouvelle Orléans. Voilà l’une des raisons, du moins. J’inspire. L’odeur de son sang enivre le loup qui veut se mettre en chasse. J’hésite à m’asseoir. C’est peut être stupide, mais je répugne à m’asseoir par terre, alors que mon pantalon est propre. Cesse d’endosser le rôle du petit bourgeois exécrable. Ce n’est pas qu’un rôle, Azzura. « Je ne partirai pas tant que je n’aurai pas retrouvé ma sœur. Elle est quelque part à New York ». Ma sœur ? Sa sœur ? « Ridicule. Idée ridicule. » Sa sœur. Oui, bien sûr, sa sœur. Une sorcière elle aussi, une traitre, une idiote, une… Le loup gronde, et je serre les dents dans un grognement animal. Avant de me reprendre. Ma main se tend pour glisser sur Azzura, effleurer ses plaies. L’odeur du sang frappe mon odorat avec une acuité étrange. Le loup hurlerait presque. « Ta sœur est à New York ? » Tu n’es pas shadowhunter, Rafael. Je ne le suis pas, mais je hurle vengeance. C’est elle qui nous a trahis. C’est elle que… c’est elle qu’Azzura cherche. Je me hais à cet instant, parce qu’aussitôt je songe à utiliser Azzura pour retrouver celle qui mérite ma colère. Je parlais d’émotions disparues, et d’autres exacerbées… elle est du mauvais côté. « Suzanna était donc avec toi… là bas ? » Je la hais. Je la déteste. Je la hais autant que j’aime Azzura. Et elles sont sœurs. Et elle était ma petite sœur. « Tu as des pistes pour la trouver, je peux t’aider ? » Je peux t’aider à trouver ta sœur pour mieux la faire souffrir ? Rafael, tu n’es qu’un monstre et tu le sais. Je fixe Azzura du regard. L’odeur du sang me frappe à nouveau. Comme si je l’avais oubliée. Avant de la négliger encore, je me force à me souvenir qu’Azzura ne va pas guérir aussi rapidement que moi. « C’est grave ? » D’un mouvement de menton je désigne le sang qui suinte. Il faut que je me contienne. Le loup lèche ses plaies, le loup voudrait se réfugier près de la femelle mais l’humain se l’interdit. Je pense à l’utiliser pour faire souffrir sa sœur, alors comment puis-je l’aimer ? Qu’est ce que tu es ? Je n’ai pas répondu à la question. Parce qu’elle est, ou peu s’en faut, au cœur de mon indifférence et de ces siècles. Ces siècles que j’ai vécus en loup, alors qu’elle était dans un enfer où elle ne pouvait mourir mais pouvait encore souffrir. A croire que rien a changé en sept cents ans : je suis riche, je suis dans une sécurité relative et elle… Je ferme les yeux. C'est grave ? Question stupide. Si elle me répond oui, que vais-je faire, que vais-je dire ? « Ah ? » Ridicule. Je doute pouvoir lui offrir une part de ma régénération rapide.
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MessageSujet: Re: Shadows From The Past {PV}   Sam 21 Déc - 17:25


Un air énigmatique régnait sur le visage de Rafaele. Elle n’aspirait qu’à l’empoigner violemment. L’enfouir sous un amas de couvertures pour ne plus jamais se perdre dans Ses pupilles cruelles. L’enterrer sous cette neige poudreuse qui tombait sans discontinuité depuis plusieurs mois déjà, crachant plusieurs litres de sang. L’installer sous cette couche glacée aux cotés des cadavres mutilés. Se débarrasser de ces sourires suffisants et de cette attitude hautaine qu’elle haïssait de toutes ses forces. Brandir une paire de ciseaux et lui infliger de nombreuses coupures. Lui arracher des faibles gémissements de douleur. Elle en était pourtant incapable. Elle passerait sa langue tentatrice sur Ses cicatrices. Elle tomberait à genoux et le supplierait d’accepter son pardon, ses yeux s’emplissant de larmes. Faible et amoureuse, elle se contenta de plier sa bouche en un rictus mauvais et de secouer la tête en ignorant ces pensées macabres. Je souffrais beaucoup moins lorsque je te croyais mort. Je t’écrivais des lettres. J’imaginais les mots réconfortants que tu m’aurais adressés en retour, si tu en avais eu la possibilité. Aujourd’hui, ton silence est pesant. Il me brutalise, un peu plus à chaque seconde. Elle avait incarné une lectrice piégée, stockant dans un coin de sa tête le contenu de chaque livre qui lui tombait sous la main. Elle s’était appropriée les théories psychanalytiques, espérant qu’elles l’aideraient à vaincre les sept étapes du deuil. Elle avait couché sur papier son état de désespérance, créant une connexion mentale avec le défunt. Elle se souvenait encore des dernières lettres que sa plume avait caressées, de la couleur des gouttes d’encre qui étaient tombées sur sa feuille de papier et qui avaient gâchées son précieux travail. Il s’agissait là de la dernière esquisse qui avait précédé sa chute et sa décompensation.

Ses paupières se fermèrent et ses narines se dilatèrent, alors qu’elle se remémorait la conversation qu’elle avait eu avec Rafaele dans son esprit. Il aurait dû en être ainsi dans la réalité. Ils auraient dû se livrer l’un à l’autre sans aucune réserve. Nos deux mondes sont séparés par une barrière invisible depuis des centaines d’années. Pourtant, je suis restée accrochée à toi. Je suis restée coincée à la quatrième étape de deuil, enfermée à double-tour dans cette prison dorée que tu as créée pour moi. Tu as façonné mon esprit et ma personnalité. Tu es à l’origine de cette relation spirituelle. Et puis, tu m’as lâchement abandonné. Pourquoi ? A croire que tu as tout simplement pressenti ce qui allait m’arriver. Le remord ronge mon être dans son intégralité. Je n’attends pas de toi une quelconque clémence. Je ne la mérite plus, désormais. J’étais probablement destinée à rejoindre les enfers, en tant que sorcière maudite. Tu étais destiné à atteindre les cieux dans le but de La rejoindre. C’est injuste. Tu leur as tranché la tête sans même lever un sourcil. Mais je suis contente pour toi, telle une épouse aimante et écervelée. S’il vous plait, faites-moi un signe. J’en crève de vous savoir si loin. Aujourd’hui, elle sombrait en constatant qu’Il était si près et si loin à la fois.

« Plusieurs siècles se sont écoulés et tu n’as pas changé. Je continue de m’adresser à un mur ». Répliqua-t-elle, la voix brisée, le cœur pratiquement arraché de sa poitrine. Ses ongles s’enfoncèrent violemment dans ses paumes. Plusieurs trainées de sang maculèrent le sol. Elle avait porté son enfant. Elle avait le droit d’avoir des réponses à ses questions. Cette habitude datait du temps où il était bourreau. Il avait toujours noyé ses actes odieux dans un silence glacé. Elle ne supportait pas l’idée qu’il recommence dans cette lancée, lui faisant perdre tous ses repères et engendrant des doutes obsessionnels. Elle les avait senties venir, ces vibrations dans Sa poitrine, ce grognement qui emplissait ses oreilles. Le funeste présage d’une hémorragie interne. Ils étaient devenus deux étrangers l’un pour l’autre. A tel point qu’elle fut incapable de percevoir que c’était Susanna qui augmentait son courroux. Elle rayonnait à chaque fois que Son regard s’apaisait. Elle avait besoin qu’Il redouble d’attention à son égard, le sourire béat, prête à façonner une usine de mensonges qui ne serait pas du tout en accord avec ses principes et ses idéaux. Elle tentait pourtant de garder un semblant de contrôle sur ses émois, refusant de se laisser emporter dans ses songes, la voix claquante et ironique. « Si elle a eu la même idée que moi, Elle s’est arrêtée pour faire du shopping. Plus sérieusement, Susanna s’est réfugiée dans un quartier du Bronx. Je ne cracherai pas sur un allié armé jusqu’aux dents. Nous pourrons nous mettre en route lorsqu’il commencera à faire jour ». Indifférence feinte. Elle sirota une gorgée d’eau glaciale et porta le reste du liquide jusqu’à ses plaies afin de les nettoyer légèrement. Elle grimaça de douleur.

« Laisse-moi deviner, tu es un médecin renommé ? C’est marrant, tu ne prêtes jamais attention aux blessures que tu m’infliges ». Aboya-t-elle. Les nerfs en coton, elle le fixa avec ses yeux d’acier. Elle voulait savoir. Elle voulait qu’Il s’excuse en plaquant un baiser sur sa joue, en appréciant à nouveau le contact de sa peau. Elle déroula une vieille couverture miteuse et s’installa à même le sol, la fatigue et l’air froid lui tordant les traits. La peur de s’endormir lui noua l’estomac. Elle ne souhaitait pas revivre ce calvaire. « Je ne peux pas fermer les yeux. Tu en profiterais pour t’enfuir à nouveau. A mon réveil, je constaterais ta disparition. Encore une fois ».

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MessageSujet: Re: Shadows From The Past {PV}   Dim 22 Déc - 20:01




« Plusieurs siècles se sont écoulés et tu n’as pas changé. Je continue de m’adresser à un mur ». Mon cœur cesse de battre un instant. Qu’est ce que ça veut dire ? Etais-je ainsi avant… avant ? Et qu’est ce que cette question à moi-même implique ? Que j’étais différent ? Je me perds, je me perds en moi-même alors qu’elle serre les poings et se blesse sans que je l’en empêche. Je suis froid, je suis un mur : elle a raison. A croire qu’elle a toujours raison, ce qui m’agace un peu. Elle a raison, je suis un mur. Plus encore : je suis un monstre et j’en ai une conscience aigue lorsque, à peine la personne de sa sœur mentionnée, je commence à réfléchir à un moyen de l’utiliser pour retrouver Susanna. J’ai conscience que c’est mal, que je ne devrais pas, et pourtant mes pensées ne tressaillent pas, ma voix ne frémit pas alors que je lui demande si je peux l’aider, si elle a des informations sur la localisation de celle que je veux voir souffrir. « Si elle a eu la même idée que moi, Elle s’est arrêtée pour faire du shopping. »  Je secoue la tête en levant les yeux au ciel. « Je suis sérieux. Essaye de l’être toi aussi, » Azzura. « Plus sérieusement, Susanna s’est réfugiée dans un quartier du Bronx. Je ne cracherai pas sur un allié armé jusqu’aux dents. Nous pourrons nous mettre en route lorsqu’il commencera à faire jour »… Bronx. New York. Allié armé. Nous pourrons. Elle compte sur ma présence, sur mon « oui » qui, effectivement, allait venir. Elle s’arrête pour boire, alors que je me souviens qu’elle est blessée. Lorsqu’elle les nettoie, je vois bien sa grimace de douleur et mon masque se rompt pour grimacer légèrement, en miroir. C’est grave ? Je suis pathétique en posant cette question, et j’hésite entre l’assumer et la regretter. « Laisse-moi deviner, tu es un médecin renommé ? C’est marrant, tu ne prêtes jamais attention aux blessures que tu m’infliges ». Je prends ça pour un Mêle toi de tes affaires et non des miennes. Je reste muet, en laissant apparaître une moue désabusée sur mon visage. Si tu le prends ainsi, Azzura… Elle s’allonge avec une couverture ridicule et je m’attends à la voir se tourner, dos à mon regard, pour se plonger dans un nouveau mutisme qui montrerait qu’elle m’en veut. Non. Elle me surprend, et m’arrache un sourire, le temps que ses mots parviennent à mes oreilles. « Je ne peux pas fermer les yeux. Tu en profiterais pour t’enfuir à nouveau. A mon réveil, je constaterais ta disparition. Encore une fois » Je plisse légèrement les yeux. Parce que je suis ainsi ? Vraiment ? J’hésite un instant sur le ton de la réponse que je vais lui donner, et j’opte finalement pour l’ironie : « L’endroit est trop charmant pour que je le quitte aussi rapidement. Le petit bourgeois exécrable que je suis est trop heureux d’être dans un taudis comme celui là. » Tu es stupide, tu es stupide, tu es stupide Rafael. Ne peux tu pas simplement lui dire que tu as peur qu’il lui arrive quelque chose ? Quelle drôle d’idée. Vraiment. J’inspire, en cherchant un lambeau de tissu à mettre sous moi pour ne pas salir mes habits en m’asseyant directement sur le sol. N’en trouvant pas, je me résous à poser m’asseoir, à quelques centimètres de la couverture. Et d’Azzura. Ma main avance. Hésite. Recule. Avance encore, pour effleurer son épaule. « Plus sérieusement, laisse moi voir tes blessures. Je ne sais peut être pas les soigner mais je sais les infliger, et donc jauger leur gravité. » J’hausse les épaules. « Allez… » Ma main repousse la couverture. « De toute manière, il n’est pas question que nous dormions ici. Ou que tu dormes. » Je me relève, sortant mon téléphone. Enfin. Il n’est pas question que nous dormions ici, alors qu’elle a été blessée et que… Je ferme les yeux alors que je lui tourne le dos. J’essaye de me détendre. De quoi ai-je peur ? De la dangerosité du lieu ? Ce serait stupide si c’était vrai. Je suis une arme en soi, et si jamais nous étions trop en danger, j’ai encore mon arme sur moi. Je la sors d’ailleurs de son étui, pour m’écarter de la cheminée, des flammes et de la luminosité agressive qui blesse mes yeux de loup. En quelques mouvements, je vérifie sa fonctionnalité. Il est étonnant de voir que des siècles d’inactivité n’ont en rien altéré mes capacités de meurtrier. Je n’avais jamais touché d’armes à feu un an et demi plus tôt, et pourtant j’en ai vite compris le fonctionnement, et j’ai vite assimilé, et mon bras aussi, la stabilité et la précision qu’elles requéraient. Je ne me tourne pas pour lui dire : «Allez, lève toi. Tu es reposée, tu as bu, tu m’as énervée : allez, debout, on se barre. » Et ne me dis pas non. « On reviendra plus tard à New York. » Je remets mon arme à mon côté, et me tourne en direction d’Azzura : « Ou alors on discute de comment tu as eu ces informations sur ta sœur. » J’enlève ma veste, avant de faire quelques pas pour la lui tendre. De toute manière, j’ai encore des habits chauds, dessous. Je reviens près du feu. « Enfile ça. » Mes yeux bleus la fixent : « On part ou on parle, alors ? Qu’est ce que tu choisis ? » Oui, parce qu’elle doit choisir, moi je me contente de limiter ses options. Et de jeter un nouveau bout de bois dans le simulacre de feu que j’ai allumé. Pas convaincantes, ces flammèches. Il est facile de voir que j’ai plus l’habitude d’allumer le chauffage ou de laisser les autres s’en occuper pour moi, que de le faire  moi-même.

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MessageSujet: Re: Shadows From The Past {PV}   Sam 28 Déc - 19:17


Si seulement les ténèbres avaient eu la faculté de dérober l’air grave qui planait sur le visage de Rafaele. Les éclairs de rage qui la traversaient. Ceux qu’elle ne parvenait pas à contenir et qui étaient susceptibles de faire fondre la glace qui emprisonnait son cœur et les galons dorés qui faisaient la fierté de l’ancienne capitale. La rudesse de ses mots, la brusquerie de ses mouvements faisaient resurgir des souvenirs sinistres dans un fracas tonitruant, laissant apparaître les contours flous de la silhouette du Seigneur de Guerre. Des voiles bleus similaires jaillissaient de la semi pénombre dans laquelle elle était plongée, à mesure qu’Il faisait couler vers elle des regards inquisiteurs. Cette paire de yeux limpides la cherchait. La ressemblance frappante entre Rafaele et son grand père noircit ses orbites. Une pâleur mortifère s’inscrivit sur sa peau. Ses airs de soldat discipliné oppressèrent sa trachée. Les mots se mélangèrent dans sa gorge. Elle avait l’impression d’être revenue plusieurs siècles en arrière. Elle laissait filer ses doigts le long de la pilosité naissante de Rafaele, s’ouvrant à des plaisirs exquis et interdits. Elle retrouvait la chaude moiteur du placard dans lequel Il l’enfermait pour la protéger de son aïeul, peinant à trouver de l’air. Elle n’était alors qu’une adolescente en manque de sensations fortes, souhaitant que le vent de la liberté glisse sur sa chair ainsi exposée. Elle fuyait un foyer endeuillé qui manquait cruellement d’harmonie. Elle entendait encore le lourd battant se refermer, le craquement sourd du parquet, les mains crispées du grand père écraser son cigare contre une bouteille de vin. « Où est-elle ? Je trouverai cette catin quoi qu’il arrive ! Sois sérieux ». Elle ruminait ces paroles acides. Elle sentait encore la peur lui tordre les boyaux. Les mots que Rafaele avait prononcés flottaient toujours dans l’atmosphère, et elle le toisa avec un air de dégout. Il prenait la relève, ce qui la faisait sortir de ses gonds.

« Si je refuse de t’obéir, tu vas encore me gifler à la manière du Seigneur Renzacci ? ». Les lèvres gonflées de désir, elle espérait pourtant oublier leurs divergences. Que ses doigts se fraieraient un chemin au creux de ses reins. Cette proximité lui donna la chair de poule, envoyant des frissons dans sa colonne vertébrale. Elle se mordit les lèvres, se retenant de se dévêtir pour lui permettre un meilleur accès à son corps meurtri. Il garda cependant ses distances. Elle lui jeta un regard désespéré avant qu’une perle de sueur froide ne dégouline le long de sa nuque. Son amour pour la modernité était aussi insupportable que le rejet qu’Il lui infligeait. Le téléphone. Un objet maléfique duquel émanent de violentes ondes assassines. L’arme à feu. La tuerie massive en un seul clic. Si elle avait eu la volonté d’en finir avec Ses jouets, elle aurait pu les réduire en miettes en prononçant son incantation fétiche. Elle ne le fit pas. Trop agacée par son attitude désinvolte, sa tendance à vouloir la rendre prisonnière de son égoïsme sans bornes. Il aurait abandonné Susanna sans sourciller, si en échange, il avait eu la possibilité de s’avachir dans le sofa d’une suite luxueuse. Elle avait échoué, visiblement. Il était le portrait craché du Seigneur Renzacci. Elle se sentait coupable, arborant une mine grave, employant un ton accusateur.

« Ton plan est très ingénieux. Ils t’ont filé des jumelles de vision nocturne ? Barre-toi, si tu n’es pas de taille à les affronter. Je ne suis pas comme toi. Je n’abandonnerai jamais un être humain à ce triste sort. Encore moins un membre de ma famille. Tu sais très bien à quoi je fais allusion  ». Elle était pourtant mal placée pour faire des discours moralisateurs, toujours heurtée par la violence de ses derniers actes. Elle regretta immédiatement ses paroles. Elle se souvenait de la douleur lancinante qui avait couru dans Ses veines, par sa faute. Orfeo serait peut-être encore en vie, si elle ne lui avait pas annoncé sa grossesse. « Je m’excuse. Ne pars pas. Ne me laisse pas ». Elle enfila sa veste, machinalement, avant d’entrelacer Ses doigts, ce contact lui procurant bien plus de chaleur qu’un feu de cheminée. Paradoxalement, elle espérait que ses iris seraient à nouveau chargés de culpabilité après qu’elle eût émis ses sifflements venimeux. Ainsi, elle n’aurait plus à vivre avec ses péchés, avec l’illusion d’être liée à un monstre sorti tout droit d’un film d’épouvantes. Elle sentit sa réticence, lorsque ses dents mordirent avec tendresse la peau de Son cou. Elle ne faisait plus partie de son monde. Il cherchait sans doute à atteindre d’autres objets de convoitise. Peut-être effleurait-il les chignons des Dames de la cour, ou plutôt des grandes Dames du Masquerade, desquels aucune mèche ne s’échappait. D’où venait-il ? Qui était-il ? Elle le relâcha, un grognement sourd s’échappant de sa bouche. De la jalousie, peut-être ?

« Certes, je ne fais plus partie de ton cercle. Je ne suis plus à ton goût. Je ne suis pas une blonde décolorée qui a investi une partie de l’argent de son père dans une nouvelle poitrine. Ou alors, il s’agit d’un simple prétexte. Tu as dû mal à contrôler tes hormones en folie en ma présence. Ce lieu est bien trop intime. Mais soit. On parlera en marchant, si tu me fais l’honneur de répondre à certaines de mes questions. Sinon, tu n’auras le droit qu’à mon sarcasme, lorsque je trébucherai et tomberai ». Elle se dirigea vers l’entrée, s’apprêtant à affronter le froid et une obscurité quasi complète. Elle savait pertinemment qu’il s’agissait de sa seule opportunité. Elle était prête à tout pour obtenir des réponses à ses questions, pour passer le plus de temps possible en sa compagnie.

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MessageSujet: Re: Shadows From The Past {PV}   Dim 29 Déc - 0:33




« Si je refuse de t’obéir, tu vas encore me gifler à la manière du Seigneur Renzacci ? ». Non. Je refuse. Elle n’a pas le droit de me dire ça. Pas mon grand père. J’ai envie de la gifler pour avoir dit ça, mais je me retiens pour lui donner tort. De ca, je me souviens. Je me souviens de ma promesse de ne pas être le sosie de cet homme que j’ai renié dès le retour de mon humanité, en enterrant son nom dans le terreau de mon dégoût. J’avais tué un Renzacci, il ne restait plus qu’à tuer le nom pour m’accomplir en tant qu’homme. En rejetant cette part de mon enfance, en rejetant ce qu’Azzura m’avait donné la force de rejeter, en fuyant ce qu’elle m’avait permis de fuir. Je reste silencieux, et je me crispe. Que veut-elle ? Que je m’énerve ? Elle le sait, elle connait ce ton, autoritaire. Suis-je donc à ce point mon grand père ? Non, c’est sa présence à Elle qui réveille ce qui était, avant. C’est de sa faute à elle, si j’ai ce ton, cette posture, inflexibles, qui le caractérisait. Non ? Non. Je me crispe, je vérifie mes armes, je sors mon téléphone, et je lui ordonne de partir. Maintenant. Soit on part, soit on parle. Mais on ne dort pas ici. Parce que je n’ai pas envie de faire une nuit blanche, que je n’ai pas envie de me coucher dans ce taudis, et que dormir à ses côtés sans briser la distance imposée entre nous deux serait au dessus de mes forces amoindries chaque seconde en sa compagnie. Donc non, on ne dort pas ici. On parle, on s’insulte, on se toise froidement, ou alors on repart dans le froid et le danger, mais qu’elle ne me force pas à la regarder dormir sans rien dire. Sans rien faire. Je frissonne. « Ton plan est très ingénieux. Ils t’ont filé des jumelles de vision nocturne ? Barre-toi, si tu n’es pas de taille à les affronter. Je ne suis pas comme toi. Je n’abandonnerai jamais un être humain à ce triste sort. Encore moins un membre de ma famille. Tu sais très bien à quoi je fais allusion  ». Des jumelles de vision nocturne ? Ils ne me les ont pas donnés, c’était compris dans le pack skinchanger, désolé. Je me raidis à ses derniers mots, en revanche. Je blanchis. Je pâlis. Je rejette en bloc toutes les pensées que je pourrais avoir. Je la regarde comme si je ne l’avais pas vu depuis des années. Comme si elle n’était pas avec moi depuis plusieurs vingtaines de minutes maintenant. « Comment oses-tu… Comment… » Les mots m’abandonnent, me lâchent et ma voix se perd à son tour. Comment ose-t-elle dire ça, alors que j’ai… alors que c’est pour elle qu’Orfeo est mort ? Mort ? C’était il y a des siècles maintenant, mais… « Je vois très bien à quoi tu fais allusion. Oui. » Mon ton est glacial. Aussi froid que la neige que je me prépare à affronter pour m’éloigner de la morsure gelée qu’elle vient de m’infliger. Je m’attendais à beaucoup de choses, mais absolument pas à ça. Que pense-t-elle de moi ? « Fais comme tu veux, mais c’est vrai, moi, j’abandonne les miens. D’ailleurs, je te laisse tranquille, puisque tu y tiens tant. » Je suis blessé. Et d’une blessure que ma nature de skinchanger ne peut soigner. C’est bien dommage. J’ai envie de me transformer. Pour que le loup classe ces faits dans ceux à ne pas retenir, pour que la douleur de la métamorphose me fasse oublier celle d’une attaque basse et injustifiée. Injustifiée ? Vraiment ? Pourquoi être blessé ? Pourquoi es-tu blessé, Rafael ? Parce que je ne m’y attendais pas. Si je regrette mon acte ? Je rejette toute réflexion sur les choix que j’ai pu faire. Si je m’en veux ? Les années, les décennies, les siècles sont passés. Ce qui me blesse, c’est qu’elle utilise ce choix contre moi, alors que je l’ai fait pour elle. Et pour toi. Et pour moi, oui.  Je fais un pas vers la sortie. Et la voilà qui me retient de justesse. « Je m’excuse. Ne pars pas. Ne me laisse pas ». Je ne sais pas pourquoi, je m’immobilise, alors que je la sens bouger. Avancer. S’approcher. Me toucher. Son contact me brûle et je me retourne d’un mouvement vif. « Certes, je ne fais plus partie de ton cercle. Je ne suis plus à ton goût. Je ne suis pas une blonde décolorée qui a investi une partie de l’argent de son père dans une nouvelle poitrine. Ou alors, il s’agit d’un simple prétexte. Tu as dû mal à contrôler tes hormones en folie en ma présence. Ce lieu est bien trop intime. Mais soit. On parlera en marchant, si tu me fais l’honneur de répondre à certaines de mes questions. Sinon, tu n’auras le droit qu’à mon sarcasme, lorsque je trébucherai et tomberai ». Elle se dirige vers l’entrée, et cette fois, c’est moi qui ne bouge pas. Pardon ? De quoi ? « Azzura… » C’est la première fois que je prononce son prénom depuis que l’on s’est retrouvé. C’est la première fois et il glisse sur mes lèvres avec la délicatesse d’un voile de soie. Ma voix est aussi douce qu’elle était glaciale un peu plus tôt. Voilà que par deux fois elle me surprend en m’attaquant là où je ne m’y attends pas. Trois fois, peut être, si on compte sa première attaque sur l’image de mon grand père qui ressortirait en moi. Qui ressort. Je secoue lentement la tête. « Tu as donc cette image de moi… » Je serais presque capable de suffoquer, la respiration coupée par un coup dans la trachée. Verbal, ce coup. Ce qui ne le rend pas moins douloureux. Je la rejoins en quelques pas de brume, sans chercher à cacher mon déplacement silencieux, et mon aisance à me déplacer dans le noir. Je la rejoins, et je la prends par le bras pour la forcer à se retourner. Sans lui laisser le temps de dire quoique ce soit, je capture ses lèvres avec les miennes, en l’emprisonnant sans lui laisser le choix. Je prends le temps de fermer les yeux, juste une fraction de secondes, avant de m’éloigner, toujours avec une brutalité qui contraste avec la douceur de son prénom un peu plus tôt. Et là, enfin, je m’énerve. « Qu’est ce que tu crois ? Qu’est ce que tu crois que je suis ? Tu penses que je suis ce genre d’homme, Azzura ? », il a été prononcé une fois, maintenant, je ne m’en prive plus. Et tant pis s’il laisse paraître ce que je ressens pour elle. « Tu me déçois. Beaucoup. Et j’imagine que si tu penses cela de moi, c’est que tu ne t’es pas privée de ton côté. » Je me mords la lèvre. Ma poitrine se gonfle dans une inspiration qui se veut destinée à me calmer. Je m’enfuis dans le noir du môtel pour me poser en bas des escaliers, adossé à un mur, observant dans le noir la porte d’entrée. Je suis attentif au moindre bruit. J’ai l’impression que le baiser a rendu tous mes sens bien trop sensible. J’entends Azzura se déplacer. Je la sens se mouvoir. Je ferme les yeux pour l’attendre, en écoutant mon cœur qui refuse de récupérer son rythme normal.

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MessageSujet: Re: Shadows From The Past {PV}   Lun 30 Déc - 20:43


Le coup moral qu’elle avait porté en direction de Rafaele avait été assez virulent pour que ses yeux s’écarquillent et pour que sa poitrine se comprime. Cette mine abattue ainsi affichée l’aspirait dans un tourbillon qui faisait surgir une violente migraine et lui vrillait le crâne. Elle avait l’impression de marcher sur les ruines encore fumantes d’une époque révolue. En tant qu’écrivain amateur, elle ne pouvait pas ignorer les mots et leur portée. Si les pratiques barbares avaient perduré, il n’était plus nécessaire de brandir un sabre dans le but de lancer une attaque. Lorsqu’elle se plantait devant Lui, elle scrutait les traits de l’enfant boudeur et tourmenté qu’Il avait été, ses plaies sanguinolentes guérissant plus vite que les douloureux souvenirs qu’elle ne parviendrait même pas à noyer dans un verre d’alcool fort. Le vent glacé de la défaite semblait brûler chaque pore de Sa peau enfoui sous une épaisse couche de poussière. Elle entendait le rire cruel du Seigneur Renzacci, tentée de le propulser avec violence contre le premier mur se trouvant à sa portée afin de venger Rafaele. En voulant faire de lui un parfait petit dictateur, il l’avait privé de sa joie de vivre et de son innocence, l’obligeant dès son plus jeune âge à supporter les fracas assourdissants qui s’élevaient dans les arènes d’entraînement. Percuté par le souffle du dragon, il avait quand même essayé de la protéger du monde extérieur, lui crachant des balivernes qui la faisaient tomber de fatigue. Se réfugiant dans une autre aile du château, elle s’était perdue dans un nuage de fumée, avant de lever le voile sur le mystère qui planait. Elle avait compris très rapidement que le Seigneur Renzacci apprenait à Rafaele à maîtriser l’art du combat. Ce dernier n’avait alors qu’une dizaine d’années. Il n’était pas en mesure de choisir son destin, n’aspirant qu’à devenir une bête sauvage. Elle avait été spectatrice de sa descente aux enfers et de son asservissement à l’autorité de son aïeul. Elle avait frémit de répugnance lorsqu’elle avait aperçu l’une de Ses épées. La lame flamboyante ornée de diamants verts émeraude et de symboles fastidieux à déchiffrer. Probablement forgée par un paysan du coin à l’âme bienfaitrice. Le bruit sourd des bouts de métal s’entrechoquant l’avait fait trembler d’effroi à maintes reprises. Lorsque la porte finissait par s’ouvrir dans un affreux grincement, elle vérifiait l’état de l’abdomen de son amant pré pubère.

Le Seigneur Renzacci avait été responsable de ce quotidien. Diable qu’elle aurait souhaité retourner à Rome. Franchir le grillage des cimetières, slalomer entre les pierres tombales, qu’Il lui fournisse enfin des réponses. Etait-il toujours en vie ? Elle aurait voulu piétiner ses restes desséchés. Peut-être jonchaient-ils encore le sol. Révéler ces pensées retournerait le couteau dans la plaie de Rafaele. Elle essaya vainement d’éteindre les flammes en lui présentant ses excuses. Elle le regarda s’éloigner. Les yeux brillants, elle avala sa salive de travers, la douleur lui étranglant la gorge. Il était hors de question qu’un jet d’eau glacé coule le long de ses joues. Maladroite, elle s’apprêta à lui tendre une cigarette, brandissant son paquet avant de se rappeler qu’il s’agissait d’un antidote défectueux. La nicotine avait la faculté d’anesthésier le cerveau mais brûlait les poumons jusqu’aux os. Sa colère retomba aussitôt. Elle avait l’impression d’incarner un vulgaire pantin. Si on lui avait coupé les ficelles, elle continuait de subir les sautes d’humeur de son maître, traduisant son étonnement par le biais d’un haussement de sourcils. Il venait de prononcer son prénom. Elle lui adressa un sourire dérisoire, avant que la brûlure d’un simple baiser ne la fasse voyager. Insouciante, sa langue fila sur ses lèvres fraiches. Elle frémit de plaisir. Son esprit divagua et elle étudia toutes les options qui s’offraient à elle. Malicieuses, ses mains rencontrèrent les poches de sa veste, effleurant les objets délictueux –téléphone, arme et autres babioles-.

« Très jolis bijoux, au fait. Ils ont cent fois plus de valeur que la robe que j’aurais voulu m’offrir. Ta rente a été versée ». Ironisa t-elle. Il la tira de sa rêverie nostalgique. Un château de cartes qui s’effondrait sous l’impulsion d’une violente tornade, emportant avec lui monts et merveilles. L’espoir d’une trêve. Peut-être même celui d’une vie à deux. Elle ne put s’empêcher de rire, secouant machinalement la tête. Merci. Tu m’as empêché d’énumérer des conneries légendaires. A mi-chemin entre la passion et la folie. Elle avait juré fidélité à son défunt mari, celui-ci s’avérant être toujours en vie. Pour couronner le tout, ils n’étaient plus les mêmes individus. La véhémence et la méfiance débordaient dans sa gorge. Le visage crispé de rage, elle poussa un cri d’exaspération en tentant de lui faire avaler de nouveaux mensonges. « A toi de me le dire. Je ne te connais plus et visiblement, ce n’est pas prêt de changer. Mais tu as raison. J’allume chaque client que je croise au Masquerade. Je me fais engrosser, et pour finir, je touche la pension alimentaire. S’agit-il de l’intitulé exact ? Après tout, tu es le spécialiste de ce monde moderne. Tu incarnes le loup, alors que je ne suis qu’un simple agneau ». Ils avaient emprunté des chemins différents, et elle n’était pas convaincue qu’ils parviendraient à s’apprivoiser aussi facilement qu’autrefois. Elle s’apprêta à saisir son avant-bras dans le but de le retenir, puis réprima ses instincts. Elle s’alluma une cigarette et s’adossa à la porte d’entrée, lâchant un soupir qui en disait long sur son état d’esprit du moment, ruminant de sombres pensées. L’odeur des cadavres et de la fumée toxique lui donnant envie de vomir ses tripes, elle s’extirpa du motel à son tour, son sac à dos en main. Elle ne voulait pas rester une seconde de plus dans cette maison poisseuse et oppressante. Ils se rejoignaient au moins sur un point.

« Tu voulais plier bagage. Allons s’y. Plus vite nous serons partis, plus vite tu retrouveras ton petit confort ». L’astre lumineux effectuait toujours sa quête effrénée, n’aspirant qu’à faire disparaître les ténèbres une bonne fois pour toutes. Il n’y parviendrait que dans quelques heures. Elle jeta un œil à Rafaele pour s’assurer qu’Il la suivait jusqu’au Bronx. Elle s’éloigna de ce territoire de paix, enfouissant son visage dans son écharpe en laine pour lutter contre le froid qui lui faisait grincer les dents, ses semelles s’enfonçant dans cette neige poudreuse.

Première partie terminée

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    burn let it all burn
    There is a fire inside of this heart and a riot about to explode into flames. No matter how many breaths that you took you still couldn't breath. No matter how many nights that you'd lie, wide awake to the sound of poison rain.
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Shadows From The Past {PV}

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