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 Like a painkiller, I take it (PV)

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MessageSujet: Like a painkiller, I take it (PV)   Dim 1 Déc - 12:20

Cette faim insatiable, inassouvie et inavouable, elle n’a aucun alibi, aucun endroit où se terrer et par-dessus tout, elle est fière de sa simple condition. Elle existe, elle persiste, elle se divulgue dans son entièreté. Il la lit dans ses yeux soumis à son règne, la déchiffre derrière les nuances opalines de son teint et la maudit de tout son être. Même si il se détourne, elle est là, elle le traque. Elle le ronge de l’intérieur. Son reflet le toise avec sévérité mais qui se contemple vraiment ? Ezra ou cette chose affamée ? Il ne saurait le dire parce qu’avec effroi, il doit admettre qu’ils ne sont qu’une seule et même entité. Ses doigts s’élancent comme pour retenir cette humanité qui lui fait tant défaut et s’attardent sur la surface glacée qui le domine par sa vérité. Ce n’est qu’une vitre. Oui. Et il le sait. Il sait au plus profond de lui qu’il ne pourra pas résister longtemps. Il sait qu’il va franchir la porte juste derrière lui pour se repaitre d’innocents, d’incrédules et d’idiots bien heureux. Qui est le plus à plaindre ? Ses futures victimes ? Ou lui, tortionnaire involontaire ? Son égoïsme l’étrangle et pourtant, il ne peut balayer cette interrogation avec des bons sentiments qu’il ne possède pas. Il est captif de ce corps et de sa malédiction tout autant que ses proies seront bientôt prisonnières d’un triste sort. Il serre son poing et ferme les paupières une poignée de secondes. Il pourrait heurter la fenêtre, la briser pour effacer définitivement ce miroitement, cette supplique visuelle. Mais cela ne soulagerait ni la force de cette injustice, ni son appétit grandissant. A quoi bon ? Il respire. Une, deux, trois, peut-être dix fois avant d’étendre son champ optique à la pièce qu’il balaie. D’ordinaire, rien n’y traîne, tout est rangé avec soin et précision dans un ordre préétabli. Mais ce soir, c’est un véritable champ de bataille. L’issue de cette lutte était au fond inévitable, il n’a guère le luxe de s’en soucier. Ezra s’éloigne de cet endroit, de ce qu’il voudrait être, de ce qu’il doit être et de ce qu’il devrait réellement faire.

Ces pas ne sont assurément pas les siens, ce sont ceux de la créature. Son esprit se replie pour ne pas affronter les prochaines heures alors qu’il se dirige avec détermination vers un quartier encore bien fréquenté à cette heure. Lâche ? Pragmatique. L’urgentiste se faufile parmi la cohue, les sens déployés et le désir furieux d’en finir rapidement. Ironique, n’est-ce pas ? De gagner sa vie en sauvant des personnes qu’il risque pourtant de tuer par la suite en cherchant à se nourrir. Sa seule tactique - à peine réconfortante, est de cibler les individus louches, voir réellement mal honnêtes pour apaiser juste un chouia sa conscience. Pour les dénicher, il se repose sur son expérience de peacekeeper. Ce fait est tout aussi sarcastique d’ailleurs. S’appuyer sur d’anciennes compétences visant à instaurer l’ordre afin de semer désormais son propre chaos. Il s’intercale dans la foule derrière une potentielle cible et son comparse. Son vice ? Il n’en voit aucun à première vue. Il ne justifie pas toutes ces chasses par des raisons valables, c’est à peine s’il a conscience de son propre comportement parfois. La soif devient de plus en plus oppressante alors qu’elle s’engouffre toujours plus dans l’agitation générale. Il s’abreuve simplement de ses rires pour l’instant et cale son rythme de marche sur le sien.

Il continue son petit manège jusqu’à ce qu’elle soit seule, écartée alors que l’homme l’accompagnant disparaît dans un des commerces. Elle est blonde, ses yeux ronds azurés distillent un peu de candeur là où ses vêtements lui retirent tout crédit de pudeur. Quel âge ? Il préfère l’ignorer. C’est elle qu’il veut, peu importe son histoire. Il n’a pas à s’en inquiéter, il n’est pas là pour ça. Sans faire preuve de finesse, il l’approche sournoisement et silencieusement, en longeant les façades  et l’empêche de crier, une main sur la bouche. Il fait en sorte qu’elle ne puisse voir son visage en collant son dos contre sa poitrine. Il  l’isole rapidement dans une rue perpendiculaire, déserte et place aussi sec ses paumes sur sa nuque pour aspirer son énergie. Il tente d’être rapide, efficace et son avidité fait le reste. La fascination et la satisfaction le submergent quelques instants. Dès qu’il réalise son propre engouement au carnage, il ôte, dans un spasme, ses doigts de sa peau  anciennement brûlante. Elle tombe alors au sol et il ne la retient pas dans sa chute. Allongée à terre, livide, il la détaille avec austérité. Est-ce qu’elle respire encore ? Il recule de quelques pas, horrifié. Il a déjà fait preuve de violence par le passé - notamment dans l’exercice de ses fonctions. Oui, il a déjà commis des atrocités. Mais ce qu’il fait là, c’est sans foi, ni loi. Aucune excuse ne peut rapiécer ses actes, c’est un massacre injustifié. Il serre la mâchoire mais ne se résout toujours pas à s’accroupir pour attester de son état. Pourquoi ? Parce qu’il n’est toujours pas repu. Il sait que la moindre parcelle de force en elle, il la convoitera. Donc si elle est encore vivante, il vaut mieux qu’il la laisse là et qu’il parte en quête d’une autre carcasse à investir. Et si elle ne l’est plus, il vaut également mieux qu’il l’ignore pour le peu de santé mental qu’il lui reste. Il s’oriente vers l’autre extrémité de cette allée mais s’arrête quasiment net. Des fourmillements familiers remontent sa nuque. Serait-il observé ?

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MessageSujet: Re: Like a painkiller, I take it (PV)   Lun 9 Déc - 21:55

    Suis-je morte ? Quel jour sommes-nous ? Quelle heure ? Quel mois ? Je ne savais plus. Dans ma tête tout se mélange. Les courants d’air portés par la fenêtre entrouverte me lacèrent le visage comme des coups de cutter. Mes pieds étaient comme gelés, mon estomac douloureux, mes os prêts à se rompre. Et pourtant, j’étais plus qu’anxieuse, folle de rage. Si hargneuse que mon cœur semblait étouffer d’un trop plein d’exacerbation, je n’avais qu’une seule envie, crier tellement ma rage était à son apogée. Et malgré cette sensation de colère qui me saisissait, il y avait toujours une part de peur. Et tandis que j’avais peur, Kyran vint. Et venant, ma peur diminua. Je n’étais pas véritablement terrorisée, mais je redoutais l’idée même qu’il puisse être déçu, il était la seule personne à qui j’avais peur de faire mauvaise impression, habituellement, j’étais totalement indifférente aux regards que les gens me lançaient. Je sais que je suis particulièrement invivable, mais cela ne voulait pas dire que j’en suis chagrinée, au contraire, je n’aime pas qu'on m'approche, pourtant la présence de Kyran m’est indispensable. Avant même que je m’en rende compte, j’étais dépendante. Seulement depuis quelques jours, je suis assez réticente envers sa compagnie. La principale raison de ma solitude était tout simplement, que j’avais cette crainte d'être trahie ou déçue, je n’avais jamais rien eu sentimentalement - ni amis, ni une personne à aimer, c'est pourquoi avec lui.. Être simplement avec lui, suffisait à me satisfaire, je n’avais jamais rien demandé et ne voulais jamais attendre quelque chose de quelqu'un, je n’avais donc pas l'impression d'avoir été capricieuse. Pourtant, l'inévitable arriva : apprendre qu’il m’imposait la cohabitation avec Aleksi, une pourriture sans nom – cette nouvelle me fit prendre conscience de mon erreur : On peut aimer profondément quelqu'un, à un point que ça en ait insupportable et pourtant ne pas lui faire confiance, c'était donc deux choses bien distinctes à mes yeux. Je ne pouvais pas comprendre pourquoi il me faisait cela …
    Le martèlement de mes chaussures était le seul bruit qui se répercutait en écho dans la pièce. L'oppression, la suffocation tout était bon pour m’entraver, subissant la désagréable sensation d'un étau autour de ma gorge. Le sentiment qu'on allait me broyer la poitrine était omniprésent et rien pour m’ôter cette cuisante impression. Je déglutis avec difficulté tout en posant mon regard sur mon meilleur ami qui me tournait le dos. A quoi pensait-il ? Comment se sentait-il? Quoique cette question avait sa réponse, mais je ne pouvais m'empêcher de me poser ces innombrables interrogations sur ce bout de jeune homme qui avait autant, voir plus d'importance que ma propre vie. Alors le savoir dans cet état me rendait sceptique.

    Une dispute survint, annonçant les vibrations en crescendo de nos voix tenors.

    Choquée, le silence reprit place à nouveau. Il ne manquait plus que l'ascension des notes pour clôturer la tombée du rideau de cette situation plus que déplorable. La pièce s'achevait sur un coup de théâtre inattendu si je puis dire. La lèvre serrée sous l’oppression des dents se faisait de plus en plus douloureuse, de légers tremblements discrets me saisissaient parcourant mon échine de manière gênante. Combien de fois m’étais-je dis que rien ne pouvait être pire à chaque instant dramatique? Un bon million de fois et pourtant cette pensée n'avait plus aucun sens en cet instant. Sentant un picotement aux yeux dû aux larmes qui se manifestaient, je toussotais légèrement, avant de lui tourner le dos pour lever les yeux au ciel comme pour les ravaler. Il manquerait plus que je pleure devant Kyran ! Saleté de ciel bleu à la con, saleté de soleil à la con ... Et je pouvais continuer ainsi, à insulter l’environnement qui m’entoure pendant longtemps. J’avais juste la sensation que le monde m’était à dos. Je ne saurais même pas vous dire ce qui se passa après ma sortie précipitée de la résidence. Seul le vague souvenir d'une vision brouillée, le cerveau confus, le trou noir m’avais envahie.

    J’accélérais le pas, mes sens aux aguets, essayant de déceler la distance qui me séparait de l'infortuné qui me suivait depuis que j’avais pointé mon nez dehors. Sans crainte, sans peur. Sans émotion. Du moins je tentais de le paraître. Voilà la présence irritante d'un clochard délabré ou d'un intéressé ; je ne savais pas. Un crissement de dents révélateur. Le bruit d'un impact sur le sol. Un coup de poings fendit la brume humide pour s'écraser contre ma cage thoracique. Mes poumons, mon cœur, pris en étau entre mes côtes, tout comme je l’étais ; coincée entre ces deux-là. Je grimaçais de douleur, de fureur. Imprudente ; je me le reprochais déjà. « Alors ma jolie, on va bien s’amuser, d’accord ?» grogna l'un des deux. J’aurais voulu soupirer, ce que j’avais commencé à faire, avant d'éclater de rire en voyant le visage déconfit d'une vieille femme qui passait dans la ruelle. Les deux assaillants ne comprirent pas tout de suite ; Décontenancés. Ils l'observaient comme si j’avais perdu la raison ; avant d'apercevoir la mamie chancelante à la vue de ce spectacle. À présent quatre dans cette impasse malfamée. Vigilance envolée, ils détournèrent le regard l'espace de quelques secondes. C'était suffisant. Un filet pourpre, rouge, s’écoulait goulument du torse éventré de ma première victime. Il s'était écroulé immédiatement. Une mort rapide, une mort imbécile. Comprenant que sa vie étant en danger, l'autre se débattait pour sa subsistance, lançant des coups de pieds et mains de manière effrénée que je n'avais aucun mal à arrêter. Une démarche chaloupée, un regard - faussement compatissant et cette bouche. Un sourire.. dangereux. Qui s’agrandissait au fur et à mesure que je me rapprochais de lui. La peur, je pouvais la sentir à plein nez. Une erreur fatale à ne jamais commettre. Les gestes de ma prochaine victime devenait de plus en plus imprécis, ses yeux ne pouvaient pas me quitter, tandis que ses mouvements ne semblaient pas être adéquation avec à sa vue, exécutant des gestes en les jetant aléatoirement sans jamais pouvoir me toucher. Je resplendissais. Comme si l'effroi ne faisait que nourrir cette apparence déjà excessivement désirable. Lorsque je fus bientôt à quelques mètres de lui, je rattrapais ce qui pouvait nous séparer. J’étais là, pratiquement collée contre son corps. Mon regard fixé sur lui, ma main glissait le long de sa nuque que j’éraflais du bout des ongles. Il ne se débattait plus. Sachant que c'était peine perdue. Quelle beauté se disait-il, plus que tout à l'heure ou bien était-ce la mort qui l'aveuglait ? Il n'entendait plus ce que je disais, alors que mes lèvres pressaient délicatement la nudité de sa nuque dangereusement exposée. Il ne voyait plus rien. Sa vie s'était achevée. Rejoignant son défunt compagnon. La besogne terminée, j’étais inexpressive. Un silence macabre.

    Ici, me voilà. Alors que j’errais avec égarement dans la rue Bourbon, je me posais à un angle de la rue, dardant mon regard sur une silhouette massivement masculine qui me faisait face. Semblable à ma nature de Daybreaker, un rictus de mépris se dessina sur mon visage : préserver la vie de sa victime, quelle idée saugrenue !
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MessageSujet: Re: Like a painkiller, I take it (PV)   Ven 20 Déc - 1:12

Le doute s’insinue. Un demi-tour nécessiterait-il une autre introspection futile ? Il semblerait. Regarder par-dessus son épaule, c’est s’assurer du bienfondé de sa fuite, c’est regarder en face les fantômes qui le poursuivent mais c’est surtout revoir le corps étalé dont il ne peut déjà plus supporter la vue. Peut-être n’est-ce que sa victime qui à demi-consciente le détaille ? Dans ce cas, autant continuer sa marche sans prendre le risque d’être reconnu, identifié et tenté. Tenté, il l’est mais pas que d’un point de vue organique. Son intérêt se porte davantage sur la conséquence de sa cause. Quel regard peut-elle avoir sur son agresseur ? Le savoir est aussi intriguant que terrifiant. Remords ou regrets ? Dans son cas, il faut parier sur les deux de façon continue. Eternel insatisfait à la douleur quasi-immortelle. Se dépeindre en martyr, n’est-il pas un chouia prétentieux ? Ne confondons pas tout. La culpabilité de cet homme est égale à sa malchance. Bourreau et victime, ces deux notions le forgent irrévocablement en une contradiction qui le rend à la fois pathétique et légèrement déplaisant. Inutile de mentir sur ce fait. La preuve, ce monologue s’allonge jusqu’à dépasser les limites de la bienséance. Combien de secondes laisse-t-il couler encore, à se repaître de sa propre fable dans le but d’accepter ou non son énième crime ? On aurait pu croire qu’après plus d’un Siècle d’existence, une certaine insensibilité lui permettrait d’assumer sa folie mais c’est bien l’inverse qui s’invite dans son esprit. Encore des jacassements, toujours plus de discours qui ne justifie aucun acte concret. Fatigué par sa propre absence d’initiative, il hasarde lentement un coup d’œil vers l’arrière. Il entrevoit une silhouette familière qui l’interpelle suffisamment pour le faire tourner les talons dans sa direction. Il le regrette presque aussitôt.

Invoquez vos démons et dénichez la Reine . Qui aurait parié sur cette apparition ? Sa joue tressaute – sourire ou grimace ? Elle semble hésiter, avant de s’immobiliser sur la même expression – celle de l’indifférence faussée. Le sarcasme l’accueille sous cette forme particulière qui la met autant en beauté qu’en perspective sur ces lèvres adroitement dessinées. Une mise en bouche qu’il contemple avec le même dédain et la même fascination. Sanjana, c’est un point de non-retour. Celui du chasseur se prenant d’affection pour la traque en ne désirant que sa continuité et non sa fin. Une erreur ? Assurément mais ce débat n’a plus lieu d’être actuellement. Ils partagent le même pan des enfers et se nourrissent des mêmes flammes. Leur différence réside dans l’acceptation du bûcher. Elle en apprécie la calcination alors qu’Ezra tente encore d’étouffer l’incendie. Voilà la raison de ce rictus. Se moque-t-elle ? Bien entendu. N’est-il pas risible d’observer son prédateur se souiller les mains pour les mêmes raisons qui ont poussées à leur poursuite antérieure ? Cette forme d’ironie n’est pas la seule qui doit aimer animer les traits de la jeune femme. Elle connaît son mépris pour cette condition et doit en puiser un peu d'hilarité malsaine. Les yeux de l’urgentiste effleurent très prudemment la dépouille échouée, sa cible qu’il a impunément vidé d’énergie avant de revenir sur son interlocutrice. Eprouve-t-il un semblant de réconfort à la trouver ici, dans cette allée ? Ceci et son contraire. Un point de non-retour, c’est également une cage dont on ne peut se défaire. Pour avoir connu et embrasser les cieux sous sa forme animale, il lui est pénible de concevoir ce concept. Aussi, il apprécie et déteste sa présence autant qu’il adore et ne peut supporter ce sourire insolent qui sonne comme une critique silencieuse. Les mots absents sont les plus tranchants. Leur mutisme en devient d’ailleurs inconvenant mais curieusement, il ne cherche pas à le dissoudre directement. Il se complait encore un peu de cet échange visuel agaçant et stimulant avant de rire doucement. Amusé ? Qui sait ? « Ce quartier est décidément mal fréquenté. » Une attaque d’emblée ? N’est-ce pas la meilleure tactique de défense ? Qu’a-t-il donc à protéger ? Son image de parfait petit soldat est déjà éventrée. Lui reste-t-il un semblant d’orgueil à préserver ? Il ne faut jamais sous-estimer la fierté d’un homme.

Ses prunelles oscillent une seconde fois sur sa proie allongée et sa comparse d’infortune. Et si elle se réveille ? Et si elle ne se réveille pas ? Il se mord l’intérieur de la joue en veillant à se distraire avec cette conversation saugrenue qu’il vient de lancer. « Ce n’est pas un lieu adapté pour une jeune et charmante femme. » L’exemple gît à terre d’ailleurs. Un sourire tord sa bouche avant que la troisième réplique ne se place entre eux. « Mais nous savons tous les deux que tu ne rentres pas dans cette catégorie. Donc, aucunes inquiétudes. Tu cadres parfaitement avec ce décor macabre et dénaturé. » Son rictus meurt aussi rapidement pour laisser place furtivement à l’anxiété quand il voit la blonde remuer légèrement. Un soulagement de courte durée le pique également aussi soudainement, forçant un soupire de contentement. Il a bien réussi à l’épargner malgré... Ce qu’il est. Alors de quoi s’inquiète-t-il ? De l’humaine ? De lui ? Ou de la brune ? Un trio gagnant. Il veut s’éloigner, écarter Sanjana également et conserver son anonymat dans la foulée mais son arrogance l’empêche d’esquisser le moindre mouvement. Elle ne prendra pas de ses restes. Il l’espère ou il en est convaincu ? Sa vraie question est plutôt de savoir, si lui, poussera le vice jusqu'à se resservir. Tant d’efforts potentiellement bafoués par un contretemps fâcheux. Il s’incruste dans le regard de cette complication imprévue pour essayer d’en deviner le cheminement. Est-elle en train d’errer avec le même dessein ?  Est-ce un hasard, une fatalité ou une volonté ? Ça ne change rien. Ou peut-être tout.

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MessageSujet: Re: Like a painkiller, I take it (PV)   Mer 15 Jan - 22:55

    La rue Bourbon … un nom qui m’inspire, si ce n’est pas pour dire qui me plonge dans le ravissement. Engouement qui semble enivrer mes sens, provoquant en moi un florilège de sensation fougueux. Exaltation palpable par l’apparition d’une chair de poule, seconde peau, qui recouvre délicatement mon épiderme nacré. L’humanité qui m’avait été ôtée aurait eu la possibilité de me faire saliver de convoitise sur ce breuvage généreux, qui a pour faculté d’annihiler tout discernement chez l’être humain alcoolisé. Mes pupilles chocolatées se dilatèrent, comme pour canaliser toute la noirceur de la ruelle, afin de venir peindre d’un noir d’encre l’iris impériale qui surplombe mon regard. ; Dans l’obscurité poisseuse de chaleur, alors que lui, Ezra me fait face, je ne peux m’empêcher de respirer à plein poumons, je serre dents et poings. Et alors il s’est passé quelque chose : je me suis laissé aller dans un total oubli de moi-même, envahie par la nuit, le silence et la plénitude. Ce sentiment de satiété après s’être nourri en s’abreuvant d’énergie vitale, apporte une réaction proche de la jouissance sexuelle. Et c’est à son paroxysme que mes yeux s’ouvrent grand sur des néants que je n’aurais jamais soupçonnés. Imprégnée dans cette rafale constante, l’élection de ce lieu comme refuge aurait été une condition alléchante, mais quoi que de plus dégradant que de vivre soi-même dans un rêve éveillé ? Convoquez le bagne, je serai votre pire cauchemar : éveillé tout comme dans le monde des songes. Mes lèvres pulpeuse d’un rouge vermeille s’étire afin d’exposer au grand jour l’esquisse d’un sourire. Railleur. Scandaleusement, persifleuse, je préfère requalifier ce sourire –qui est loin d’en être un, quand on sait qu’il n’engage nullement de sympathie – comme étant un rictus. A l’image de mon humeur, je me plais à accueillir le jeune homme sous le drapeau du mépris et de la moquerie. Bourreau et victime à la fois, je me flatte d’entretenir avec soin cette relation cocasse où la joute verbale se joue à pile ou face, sans aucune règle, ni limite dans nos retranchements. Douce contemplation, n’est autre que le fruit malsain de cette course furieuse emplie d’inepties qui nous ont pourtant cloués tous deux sur la même croix mortuaire. Si j’avais suivi mon instinct, j’aurais fiévreusement cueillis ses lèvres inertes de vie dès lors où l’on se serait pris au jeu qui anime et pimente chacune de nos rencontres. Feindre à jamais notre rencontre pour mieux jouir de ce jeu bestial qui nous pousse à nous affronter dans un combat singulier. Bien évidemment, mon orgueil grandit à chacune de mes victoires, avec pour soupçon de satisfaction : la frustration d’Ezra.

    Doute. Disgrâce délictueux qu'est la peur. L’espace d’un instant, je me figeais alors que regard se dilatait sur le cadavre inerte de ce qu’il reste d’une jolie jeune femme. Pratiquement certaine d’avoir entendu une respiration, pis encore, je soufflais doucement en claquant la langue par curiosité. Je ne l'avait pas vu. Mon attention était accaparée par le jeune homme apparemment trop habitué à régenter la fréquence de son approvisionnement en termes de repas. Ni intéressée et visiblement ni intéressant comme moyen de procéder. Je résume facilement mon rythme de vie comme faisant partie du processus de la chaîne alimentaire : où les prédateurs dévorent leur proie. Et les humains, tous autant qu’ils sont, s'alignent les uns à côté des autres, patientant de manière vertueuse qu'on vienne les chercher pour une ultime étreinte funeste. Ma beauté sulfureuse attirait inéluctablement les regards des passants ; mais ce qui tenait en haleine, captivant ces derniers était ma démarche nonchalante et pourtant majestueuse. Formant un mélange détonnant et pourtant si propre à ma personne. Nul n'aurait pu soupçonner mes pensées. Impensable pour des âmes pures et craintives d'imaginer qu'on puisse commettre des crimes sans être marqué par le seau d'un sentiment. Vide. Dénudée d'émotion par la suffisance de chacune des atrocités dont j’avais été l’auteur.

    Je me dresse derrière mon mutisme, ne manquant point de prêter attention aux propos acerbes qui fusent de la bouche du jeune homme. Premier round, premier affrontement. Qui sera assez habile de sa répartie pour mener la danse ? La précipitation du jeune homme dans l’arène me laisse dans la perplexité la plus totale. Et j’en reste même dubitative, ne sachant pas trop comment aborder son entrée fracassante. Bien que mon esprit s’agite et frémit sous l’influence de ses propos nauséabonds, piquée à vif, je demeure stoïque arborant un visage neutre et lisse. Chaque mètre que je parcourais bâtait un rythme régulier par le claquement assourdissant de mes talons en un alliage en fer, pénétré par une plume légère de telle sorte qu'on pouvait y voir des roses, qui embellissait des bottes fines en cuir sur le sol bétonné ; et ce malgré des pas léger et souple. Faisant preuve d'une élégance dont j’étais seule maîtresse, virtuose dans l'art de plaire. Mon visage à huis clos, tenu à l'écart des regards indésirables de ceux qui nous entouraient était froid, mes yeux revêche, alors que je foulais le sol en me dirigeant vers Ezra. « Ne t’a-t-on donc pas appris qu’il ne faut jamais gâcher la nourriture, mon cœur ?! » ; Piquée pourtant par cette offense, je le rabrouais en retour. Mauvaise, je m'attardais sur chacun des traits du Daybreaker. Les cheveux d'un brun éclatant, le visage ovale, la chair qui se maintient, qui demeure scandaleusement juvénile,- lui garantissait certes d’une belle jeunesse - et ses yeux qui flamboyaient peut-être autrefois, ternis et inexpressif aujourd’hui. Une déchéance qui semblait inéluctable en jugeant la vilénie excessive à l’image de notre nature de Daybreaker. Admettant toutefois qu'il était loin d'être saisi par un engouement bestial qui nous caractérise tant. « Je ne sais pas dans quelle éducation tu as baigné, mais si c’est grâce à elle que tu tends ta joue, tu peux la remercier. Elle a fait de toi une lope, mais tu es content, c’est l’essentiel ! » ; Je redresse la poitrine, ma prunelle fixant avec insistance le cadavre en loque derrière l’épaule d’Ezra. Un rire se fraye un chemin hors de ma gorge, animé par une lueur affriolante dans mon regard alors que j’effleure du bout des doigts la peau marmoréenne de mon acolyte. Bien que je sois impliquée dans cette joute fiévreuse, j’ai soif de … contact, aussi minuscule soit-il.
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MessageSujet: Re: Like a painkiller, I take it (PV)   Jeu 23 Jan - 23:52

Le temps se suspend - une seconde, peut-être deux. Un faux silence le fait apprécier à leur juste valeur, les yeux de son interlocutrice. Ses mots, il les regrette déjà. C’est absurde. Il pourrait en rire d’ailleurs. Pris en défaut, inapte à tout niveau pour raccommoder et sa morale, et sa lâcheté, comment peut-il envisager autrement cette rencontre ? Même sans cette bavure, il ne pourrait s’en tenir aux politesses d’usage. Pas avec elle. On peut croire qu’il érige ses barrières en l’abordant d’une manière pour le moins acre mais il ne cherche sûrement que cette dualité insensée qui leur permet de subsister dans le même espace sans s’embarrasser de pensées incommodantes et déplacées. Il court après la collision qui - à défaut d’être physique, demeure verbale. Ce qui raisonne comme une fuite ou un rejet n’est, en fait, que son opposé. En a-t-il seulement conscience ? Si la réponse à cette question était affirmative, il ne serait déjà plus là, inerte face à cette créature. Quand Sanjana s’approche, il croise les bras sur sa poitrine en signe évident de protection et de refus de communication. A-t-il peur finalement ? Pas vraiment. C’est un jeu, une charade sans début et sans fin, sans réelle attrait que son énigme insoluble. Le comportement de l’urgentiste ne suit aucune logique particulière quand il s’agit de cette jeune femme, il est contradictoire, incompréhensible et non représentatif. Il tente simplement de la pousser dans ces ronces fictives que l’insensibilité factice tisse autour de leurs carcasses. De la même manière qu’elle se plaît à pointer du doigt, les écorchures qui en résultent afin de s’en moquer. En somme, ils s’en tiennent à ce schéma d’attaque et de défense ? Tout n’est qu’une question d’amertume et de limites entre eux. Ils se testent en quelque sorte, tout en subsistant sur un seuil voulu, choisi. En terrain connu, celui de la traque, de la fourberie et de l’animosité. Qu’ont-ils à gagner à se jeter dans un tas d’épines de façon continue ? Il n’y a rien à la clé. Le seul but poursuivi est très simple. Ils détournent leur propre attention.

Sa silhouette ondule toujours vers lui provoquant des vagues aussi captivantes que risquées. Sirène muette responsable de plusieurs naufrages. Il ne peut pas douter de ce fait et ne veut certainement pas figurer sur la liste des victimes. Il tente un autre rivage et noie son regard sur sa proie échouée pour ne pas se laisser prendre au piège, alors qu’elle piétine le peu de distance les séparant encore. Bien vite, elle réclame son attention en faisant vibrer ses cordes vocales. Un son railleur, aussi âpre à la réception que chantant et délectable pour ses tympans. Ne peut-il pas cesser de jongler entre des concepts et leurs contraires ? Ne peut-elle pas cesser de susciter autant d’incohérences dans sa boîte crânienne plutôt ? Facile de se prendre pour la victime. Facile. La marque d’affection est acide, elle engendre un léger ricanement du norvégien. « Et toi, ne t’a-t-on donc pas appris qu’il est impoli de déranger quelqu’un en plein repas, ma belle ? » Sous-entend-il qu’il n’en a pas fini ? Pas spécialement. Il n’a pas envie d’éluder, ni de disserter sur son humanité perdue qu’il croit encore innocemment pouvoir mimer. L’ancien peacekeeper ne cherche qu’à pointer la puérilité de cette réprimande. Il savait qu’elle appuierait sur cette note avant de débuter sa mélodie. Le sujet qui le divise et le détruit. Devenir un monstre et ne pas l’assumer. Elle semble le détailler et il se demande si elle ne court pas après son absence de crédibilité. Se prétendre supérieur et demeurer abjecte pantin de Satan. Cet examen minutieux le perturbe à mesure qu’il dure, la caresse de ses prunelles est inconvenante, presque brûlante mais il feint l’indifférence en revenant encore une fois sur sa victime remuante.

Le second assaut ne se fait pas attendre et il arrache un soupire pourtant amusé au jeune homme. Voyez comme il se complait de cette contestation permanente entre le divertissement et l’irritation. Il est sûr qu’on apprend à traiter les êtres humains différemment quand la seule éducation offerte n’est qu’une ruée de coups et d’injures. Il ne compte pas prendre au pied de la lettre ses insultes. Sa fierté est à peine effleurée par ces propos. Il sait qu’il faut plus de courage pour relâcher son déjeuner que pour l’achever. Son chemin est bien plus ardu qu’elle ne le croit. Mais ça n’a pas d’importance. Alors qu’un rire sort goulument de sa gorge – litanie funeste et exquise, ses doigts empruntent un sentier inhabituel jusqu’à sa peau. Un frisson ridicule lui brime l’échine quand il accuse ce contact. Peur ? Oh, si seulement il s’agissait de ça.

D’un ton pourtant imperturbable et blasé, il s’autorise le second degré qu’elle poursuit volontiers. « En effet, le bonheur me va au teint, c’est tout ce qui compte. » Taquin, il laisse un sourire malsain poindre sur ses lèvres tandis que ses intonations taraudent une fois de plus leur atmosphère. « A tel point que tu sembles en admirer le toucher. » Dans un geste défiant toute gravité, il redresse son poignet dans sa direction. Son pouce vint alors effleurer à son tour très succinctement sa joue. Pourquoi serait-elle la seule à s’offrir ce luxe ? « Tu en es satisfaite ? Je crains de ne pouvoir en dire autant de mon côté. La félonie dessèche ta peau et la rend aussi revêche que disgracieuse. Il faudrait penser à investir dans des produits de beauté pour camoufler tout ça. » Enfantin lui aussi ? Immature et revanchard, il se présente trop souvent de cette façon à celle qui le déroute et l’insupporte. Son sérieux reconquit pourtant son empire sur ses traits alors que très placidement, il reprend sa petite tirade. « Dis-moi plutôt. Tu passais prendre de mes restes en bon rapace peu scrupuleux que tu es, ou tu as préféré t’arrêter pour te réjouir du spectacle ? Veux-tu aussi me voir me lamenter peut-être ? » Il dévoile un peu de sa dentition avant que le corps allongé ne se convulse légèrement. Elle se réveille réellement? L’ancien métamorphe retient son souffle en attendant de connaître cette réponse.

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MessageSujet: Re: Like a painkiller, I take it (PV)   Lun 27 Jan - 22:55

Je me faisais moqueuse, comme à mon habitude, ce sourire dédaigneux prenant possession de mon visage sans réellement s’attarder sur la délicieuse créature si palpitante en cet instant. Il en était toujours ainsi lors de nos habituels échanges houleux avec le jeune urgentiste, Kyran lui-même n’avait droit à la courtoisie qu’il méritait, encore moins l’attention nécessaire pour Ezra, pas tant que lui-même arbore devant moi, devant MOI cette arrogance effronté qui m’irrite tellement. C’était ainsi entre lui et moi, à croire que nous, créatures corrosives nous détestions cordialement l’un l’autre. L’on pouvait spéculer tant que l’on voulait, pour l’heure, j’aurai tellement voulu que ça soit aussi simple que cela. Secrètement attendrie, mes tympans vibrent au ténor profond de sa voix qui au lieu de m’accueillir dans la douceur que m’inspire son corps, lacère toujours plus ma personne. Jusqu’à quand serons-nous capable de nous mordre au cou avec virulence ? Une bataille que se livrent le lion et le loup, cousins malgré eux, ennemis pour le jeu. Jeu éphémère qui m’enivre jusqu’à présent, mais le jour où je ne trouverai plus l’ombre d’un divertissement, serais-je capable d’en susciter une autre source pour ranimer cet engouement flétri ? Ma lèvre inférieure tressaute alors que je réalise trop tard qu’il est bien trop douloureux de penser … autant. Préférant pour l’heure l’observer, que m’interroger sur des pensées embarrassantes, glisser mon regard dans ses yeux bleus céruléen de fureur, ses prunelles tournées vers moi, me détaillant comme je pouvais le faire de lui. Un chasseur contre un autre, sans jamais acculer sa proie, préférant en tout premier lieu l’observer, je m’enorgueillissais déjà de le voir détourner le regard, telle le petit ingénue, cette image qu’il voulait peut-être que tout le monde possède de lui ? Malin. Je doutais sincèrement de son image de jeune éphèbe intègre, se rapprochant finalement de lui  sous les ordres direct que me dictais ma conscience, se rapprochant toujours, toujours plus de lui, peu soucieuse du refus de coopérer du jeune homme, mais bien plus de gâcher un peu plus sa journée, l’instant idéal pour engager la conversation.

Aussi inaccessible que le reflet d’un mirage au milieu d’un désert aride, je n’ai pas pu refréner ce désir ardent de contact. Effleurement enivrant, voluptueux sentiment, je pouvais sentir du bout des doigts la douceur de sa peau de nacre.  Une, puis deux réflexions s’en suivent suite à ma caresse qu’il me retourne, instinctivement ? Comme je me plais à croire. Je me tais, me contente d’acquiescer sous ses mots, sans jamais se départir de mon amusement. A bien des égards, j’ai l’impression d’entendre Kyran.  Au fond, la situation m’amuse, comme si mon meilleur ami se trouvait face à moi, à chercher à me prouver combien il pouvait valoir bien plus qu’il n’y paraissait. « Je ne fais que tâter la marchandise. Tu sais ..? Un peu comme une dégustation avant de déboucher la bouteille. » De cela toutefois, je ne doutais jamais des propos que je pouvais profaner, pas même par déontologie envers celui qui me plonge dans un embarras perpétuel. Quelle idée que d’avoir lancée la conversation sur son repas, sur la chasse et les bienfaits de s’abreuver d’énergie vitale au profit de sa satiété, qu’elle soit aimée ou non. Un problème finalement qui ne me concernait nullement, peu désireuse de me passer la corde au cou, de devoir rendre comptes à un jeune homme qui s’entête à lutter à contre courants.

« […] dessèche ta peau et la rend aussi revêche que disgracieuse. Il faudrait penser à investir dans des produits de beauté pour camoufler tout ça. » Perdue dans cette rêverie passagère, accompagnée d'un sourire fier et sûr de soi ; ma mémoire essayait de me transmettre un souvenir, que je venais déjà d’enfouir au fond de moi, des bribes incompréhensibles, des flots sinueux, essayant de se frayer un chemin pour me souffler des mots d'une importance vitale. Frappant avec dureté, tâtant mon esprit pour y trouver une faille, jusque ce que finalement une infime partie de cette tirade puisse s'infiltrer. Pénétrant mon âme. Elle glissait doucement en dessous de ma peau, pour atteindre avec finalité chaque extrémité de mon corps. M’arrachant un frisson, ce que je trouvais étrangement désagréable. Un jour .. seulement une fois; je l'avais admiré. Quelque chose avait changé. En cet instant. Aucune certitude si ce n'est cette impression .. de malaise. Parce que je me sentais capable d'un acte inavouable.  Je savais que po je pouvais me perdre dans son regard. Au milieu des paroles désobligeantes ; éloquence des avides et impatients, il sortait de cette assemblée d’amants que je traînais à la chaine. Plus près encore, il se distinguait de manière singulière. Unique. Sans doute et sans effort il faisait naître une intense passion à l'intérieur de mon être misérable. Je l’avais remarqué; sans que personne n'en sache rien. Je n'étais qu'une femme encore sous l'emprise de ses émotions quand il était bientôt un homme à mes yeux. Oui, bordel, juste un homme, de grâce, pas l’homme. Et alors que je me protégeais devant cette nostalgie profondément enfouie, mon visage se durcit en un rictus de dégoût. L’enfoiré, mais quelle ordure ! Égal à égale ; semble-t-il. Une femme et un homme – il m’insupporte définitivement. D’un mouvement brusque, je rejetais sa main caressant ma joue, en me maudissant intérieurement. Cette perte de self-control, je la regrettais déjà.  Un étrange sentiment de déception m'envahissait, sans doute visible dans la façon dont je le dévisageais. L’expression de mon regard avait changé, mais je ne me débarrassais pas de cette fureur qui me paralysait littéralement. Je le fusillais du regard sans détour, m'abstenant de dissimuler mon regard insistant. La situation devenait dangereusement gênante : j’étais tétanisée de rage, et aucun son ne sortait de ma gorge. À l'instar d'être plaisant, il avait de l'audace, cette progéniture engendrée par l’utérus d’une brebis galeuse. Suffisamment pour répondre à mes pénibles mots, exhalés entre mes lèvres persuasives. À quel point, l’avais-je sous-estimé ? Qu’il aille au Diable !

« Ce que je veux ? C’est aussi simple que cela, Ezra. » Laissais-je entendre tandis que je lui décrochais un sourire railleur. Je m’exposais au risque en captant son regard, mon sourire se déroba aussi rapidement qu’une volute de fumée. Laissant place à la rancune, mon regard épousait les courbes de cette blondinette jonchée au sol, tandis qu’une ombre longea le mur en pierre d’argile avant de saisir violemment au cou la carcasse de la victime pour la faire remonter le long du mur. Dépourvue de clémence pour la souffrance que j’affligeais à cette bonne femme, je me rapprochais un peu plus du jeune homme, violant ainsi son intimité, son espace vital pour me glisser derrière son dos afin de l’enlacer, une main posée contre son torse et l’autre remontant le long de son bras pour finir sa course à son épaule. Épaule sur laquelle je m’appuie comme point d’impulsion pour me mettre sur la pointe des pieds –je suis certes petite, mais redoutable – ; Mes lèvres vermeilles se délièrent  voluptueusement, vile créature susurrant à son oreille, je laisse libre court à mon sadisme scandaleusement manifesté. « L’agonie est notre calvaire, non le sien, Ezra … Tues-la ! ». Je lui impose le meurtre. Et comme pour lui démontrer  ma crédibilité, mon ombre resserre un peu plus l’étau de sa main sur la gorge de la jeune femme qui suffoque sous nos yeux. Vengeance puérile à l’image de ma susceptibilité incontrôlable malgré mes efforts ? Non, juste un prétexte pour l’endurcir. On ne laisse jamais de reste dans un repas, c’est bien connu !
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MessageSujet: Re: Like a painkiller, I take it (PV)   Sam 8 Fév - 20:33

Le regard absent de la scène principale, s’évadant en coulisse, Ezra s’octroie le droit de ne plus soudoyer visuellement avec ses yeux trop apprêtés taisant ses propos insultants, la créature proche. Trop proche. Si proche qu’il peut en humer et séparer chaque composante du parfum qui émane vicieusement et adroitement de son épiderme. Cet arôme se perd dans ses poumons, l’intoxique de l’intérieur. Poison et remède, il détériore et rapièce. Vil tentateur, séduisant et attrayant à l’image de sa propriétaire, il s’insinue pour mieux le piéger sournoisement. Déjà condamné à plusieurs inspirations contraignantes et contrariantes, son attention oscille sur la carcasse de la blonde allongée avec ambigüité. Son anxiété divague progressivement vers d’autres préoccupations d’origine olfactive et se dissout sommairement quand il sent les doigts de la brune retirer les siens de cet épiderme qu’il a maltraité verbalement. Amusé ? Un tressautement de la lèvre avorté avant d’avoir éclos, avant qu’il ne comprenne l’ampleur de cette répartie taquine qui est subie d’une façon inattendue par la Reine de la langue acerbe. A-t-il attenté à une institution ? Sanjana se vexerait-elle si rapidement pour pareille broutille ? Le norvégien n’a pas le loisir de s’interroger car son étonnement se mue aussi vivement en culpabilité. Délit insondable qu’est celui de froisser un mystère vivant par simple mécontentement, par facilité. Il n’aurait jamais pensé pouvoir atteindre puis craqueler les remparts d’indifférence qui recouvrent d’ordinaire si férocement les pupilles de cette jeune femme. Face à sa rage, il reste confus. Sa stupidité le cloue dans un mutisme grossier se pavanant avec délice entre ses cordes vocales, débarquant à l’improviste sans autorisation, sans offrandes quelconques pour combler à son manquement de politesse. Il le maudit mais ne le congédie pas pourtant. Le moment s’allonge, embarrassant. Il veut s’excuser mais son orgueil ne lui concède aucun point. Lope. Il suffit d’être arrangeant. Il se tait donc et se laisse assassiner par les projectiles que lui balancent, les prunelles voisines.

Rétablir la conversation, s’enchaîner à d’autres joutes pour palier à cet éboulement involontaire et prémédité pourtant, devient nécessaire mais le silence raisonne toujours plus car la honte de l’urgentiste le préserve d’une autre boutade amère pour abolir ces brèches. Elle lui épargne cette épreuve en prenant les devants et consume leur atmosphère de sa voix. Le sourire qui se perche et se dilue aussitôt sur ses traits, ne témoigne que de cette fureur qu’elle lui renvoie allégrement par les yeux. L’ancien peacekeeper sent cet organe futile à la rythmique désordonnée, se comprimer dans sa cage thoracique, cherchant à se faire absent, oublié des uns pour la tranquillité des autres. Couper cette humanité encore tangible pour pouvoir s’engouffrer sur le chemin que trace la jeune femme doucement du bout des cils. Il comprend où elle veut et va en venir. Ce qu’elle compte faire devient d’autant plus secondaire qu’il ignore lui-même ce qu’il va accomplir dans les minutes suivantes. L’Ombre ondule déjà contre ce mur alors quand l’ancien métamorphe perçoit cette avidité assujettissant ses bribes de conscience craquelé par plus d’un siècle d’existence arbitraire. Devenue prédateur et victime d’une mauvaise partie d’échecs, il sent les changements de rôles qui se succèdent sans transition. Qui est-il donc ? Le fou de la Reine, le pion manipulable ou simplement le Roi refusant d’abdiquer. Le trio se dispute la place sur ce terrain mortuaire. Gagner du temps ? Les doigts de la silhouette ébène se resserrent déjà sur cette nuque tandis que le velouté de sa voix recommence à le manier avec un sadisme perceptible. Ses lèvres finissent par remuer après la dixième mort que son palpitant semble subir. « Pourquoi ? » La confusion fait tituber la mélodie de son ténor avant de se raffermir quand il revient s’approprier le regard de sa tortionnaire. Sans aucune animosité pourtant, il s’entend continuer son interrogatoire.  « Qu’est-ce que ça t’apporte ? Tu aimes ça ? Te sentir supérieur aux autres ? Avoir l’impression de posséder le moindre contrôle sur une vie ? Tu trouves ça drôle de la voir s’agiter ? » Il déploie un peu de dureté dans ce contact visuel qui se distille sans mal dans cette lutte douloureuse tempêtant encore dans sa poitrine.

D’un pas qui tente de se défaire de cette attraction morbide que ce spectacle de cruauté a provoquée,  il se rapproche encore un peu plus de la brune effrontée jusqu’à ce que leurs corps s’effleurent sans pour autant se toucher réellement. Le norvégien ne fait pas ça pour la déstabiliser mais bien pour oublier qu’une humaine se débat à quelques mètres de là.  « Dis-moi vraiment. Tu crois que ça fait de moi un être faible ? Qui est vraiment sur le chemin le plus facile de nous deux ? » Cherche-t-il à se convaincre du bienfondé de  ses choix ? Il l’ignore.  «  Je me demande pour lequel de nous, tu as le plus de mépris actuellement. Pour elle ou pour moi. » Il déglutit et inspire avec amertume cet air toujours vicié par cette délicate odeur.  « Arrête ça, Sanjana. Tu ne vas rien prouver en l’achevant. Si ce n’est que tu aimes avoir le contrôle. Et je n’ai pas besoin de ça pour le savoir. » Sa dernière phrase claque contre sa langue avec un mépris souillé par un brin de tristesse qu’il lui a presque échappé. Il la fixe avec autant de bienveillance que de rancune. Deux moitiés qui se marient dans les teintes azurées de son regard, rivages brimés, promesses de naufrage. Le doute subsiste. Tirade à demi moralisatrice visant à ranger un lion en cage. Ses dents sont affûtées autant que ses griffes. Ne se condamne-t-il pas ? Qui préserve-t-il de toute manière ? La vie d’une inconnue ou bien sa santé mentale, morale ? Ezra serait le premier à ne pas s’accorder le crédit de l’innocence et de la bonne intention. Son égoïsme silencieux en témoigne. Succube nuisible, nauséabonde, il piétine la vitalité des autres pour se sustenter d’une existence insipide et amorale. Tout ça par peur. Peur de l’après, peur du geste à commettre. Celui du refus, celui de l’abandon, celui de la libération aussi très certainement. Le suicide. L’ironie, il la connaît. Il sait qu’il est plus effrayé par sa vie que par sa mort.  N’est-ce pas risible ?

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MessageSujet: Re: Like a painkiller, I take it (PV)   Dim 2 Mar - 16:56

Plutôt ennuyée. Cela ne semblait pas être une critique,  mais une moquerie sous-entendue venant de sa part. Au combien même j’avais fait l’erreur d’accorder crédit à sa honteuse calomnie, je n’en avais que faire de la rage que je reportais sur cette innocente jeune femme. Jolie blonde à la plastique typiquement américaine, qui semblait légèrement plus âgée –du moins, physiquement parlant –, appartenant à une autre époque, ayant d’autres fréquentations. Je savais que je n’avais absolument rien à gagner à m’attaquant à elle, si ce n’était qu’un soupçon de distraction agrémenté du mépris qu’Ezra pourrait ressentir un peu plus à mon égard. Chose dont je me passerais bien en temps normal, mais qui me semblait nécessaire à cet instant. Loin d'être magnanime, je détestais par-dessus tout faire des efforts pour rien, préférant user mon temps pour d'autres plaisirs.  Que des désillusions, pendant longtemps - ou à vrai dire depuis toujours, l'idée que mes actes puissent atteindre tant de cœurs  m’avait suscité de la curiosité. Cruelle plaisanterie ; au bout du compte il m’avait lâché à demi-mot que je pouvais me mouvoir dans les abysses sans qu'on ne me prête attention tant que la vilénie souillera ma peau en la rendant rêche ; pour arriver lourdement au moment où sans doute où je m’acharnerai sur cette pauvre humaine. Parce que chaque acte avait une signification pour le jeune homme, je n’adhère définitivement pas à ce concept m’obligeant à m’encombrer l’esprit avec des questions rhétoriques, dont j’en connaissais déjà la réponse. Mais n’était-ce pas cocasse ? Que toutes les questions bombardées par le jeune homme n’amenaient qu’une seule et même réponse : la douleur engendre la faiblesse, tout comme la souffrance existe seulement parce que la douleur existe. Toute faiblesse doit être détestée, la détester chez les autres mais plus encore chez soi-même. Tout échec a besoin d’être gravé dans la peau. Et c’est à l’apogée de mon existence que je l’ai compris. La faiblesse oblige la force, comme la trahison engendre le sang. Ceci est mon code, ma prescription. L’avilissement des êtres infâmes ne peut être purgé que par le sang.  Je riais comme quelqu’un qui avait sérieusement réfléchi à la vie et qui comprenait enfin la blague de celle-ci. « Tu poses énormément de questions, pour une seule réponse. C’est affligeant … ».

Un gémissement attira mon attention vers la silhouette de la jeune femme. La blancheur excessive de son corps, privait ses couleurs naturelles, les nerfs épuisés, les veines bleuâtres, la suffocation qui la gagnait lui rendant les lèvres d'un beau violet. La seule chose qui semblait encore vivant chez elle se trouvait dans ses yeux dont l'iris à la teinte claire mélangée de points noirs, brillait par des reflets autour d'une prunelle profonde et vive. Essoufflée, elle tendait le bras vers mon ombre, cherchant désespérément à la prendre en main, ne comprenant pas que cette chose était immatérielle, insaisissable autrement dit. Elle déglutit, encore quelques millimètres. Lorsqu'elle approcha sa main, prête à saisir la seule chose qui pouvait se mettre entre elle et ma fureur, un mouvement de mon doigt suffit pour ordonner à mon acolyte de démanteler chacun des neufs os qui composaient sa paume de main lui arrachant un cri perçant «  Je t'en prie.. je n’en peux plus.. j'ai mal » a-t-elle réussit à prononcer, sa voix était certes suave, mais usée par les faibles hurlements qu'elle avait poussé durant toute la séance, étouffés par le bruit de l’environnement citoyen. Si ça aurait pu atteindre certains, ses plaintes, chacune de ses exclamations, ses larmes semblaient me donner encore plus d'intérêt à m'appliquer consciencieusement à lui faire du mal. Une coulée pourpre dégoulinait de sa main, c'est à ce moment-là que j’ai jugé qu'il était  temps d’intervenir –en prenant la précaution de l'allonger sur le dos, par l’intermédiaire de mon ombre. Altruiste ? Jamais, je la berce en l’illusion dans laquelle je pourrais l’épargner, ce qui était bien sûr, un leurre et surtout très mal me connaître. « Je vais t’inculquer une leçon. Mais pour cela nous allons jouer, je perds, elle aura la vie sauve. Mais si je gagne, alors … ». Un sourire éphémère se dessine sur mes lèvres vermeilles, tandis que je laisse ma phrase en suspens, mais tellement lourde de sens.

« Dis-moi vraiment. Tu crois que ça fait de moi un être faible ? Qui est vraiment sur le chemin le plus facile de nous deux ? » Qui de nous deux ? Ce contact, ventre à ventre, je l’appréhende mais je ne laisse rien paraître, alors que je plonge à nouveau mon regard dans la profondeur de son regard polaire. Élégant compagnon, je ne peux réprimer un ricanement alors que je le regarde de haut en bas tout en secouant la tête. Envie indéniable de le secouer, de le griffer, de le lacérer à défaut de pouvoir le pendre à une corde. Sa voix suave s’insinue en moi, je réceptionne ce frisson qui me comprime l’échine, qui m’enveloppe, m’enlace presque. Vibrato enivrant, aux sonorités oniriques, je le giflerai bien pour son insolence enivrante. Pauvre sot, prends en de la graine. Subjuguée, l’espace d’un instant, par cette proximité troublante, je lui tourne le dos pour reposer mon regard chocolaté sur la carcasse de la jeune femme jonchée au sol, telle une vulgaire poupée de chiffon. Je m’épargne l’encombrement d’écouter la cacophonie de ses supplications que je coupe d’une voix sèche, catégoriquement : « Ma jolie, par ici, ici. Je vais te poser une question, et j’espère obtenir la vérité par ta docile coopération, d’accord ? ». La vision de la jeune femme apeurée, s’empressant de hocher la tête, nourrit goulument cette jouissance qui bouillonne en moi, et c’est en me mordant les joues intérieurs que  je me freine à ne pas afficher ma jubilation qui est à son paroxysme.  « Gentille fille ! C’est aussi simple que ça, es-tu en relation proche ou lointaine avec un Shadowhunter ? ». Il est presque inhumain de nourrir avec autant d’ardeur mon sadisme qui n’avait plus à faire ses preuves aux yeux de quiconque, et voir ainsi cette lueur attrayante s’illuminer au fond des yeux de la victime, annonçant une peur naissante, un délice palpable pour moi. Où était le piège ? Était-ce celui de ma jubilation, alors que je m’enorgueillissais d’avoir touché le jackpot à la réaction de la jolie blonde : elle connaissait bien un Shadowhunter, ou autrement dit une de ces pourritures sans nom qui me poussait à égorger des chats à défaut de pouvoir déferler ma haine contre eux. Instinctivement, je hausse les épaules avec dédain, tout en tournant mon regard vers Ezra : échec et mat.
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MessageSujet: Re: Like a painkiller, I take it (PV)   Sam 8 Mar - 2:12

Elle se délecte de cette situation et de sa dualité. Invoquer la bête en se prenant pour la belle du tableau. Chasse aux loups, chasse aux papillons. Des animaux traquant des proies aux forces inégales. Un poignard dans le dos, une trahison. De la lâcheté. C’est de ça dont il s’agit. Elle assoit sa supériorité en s’approchant du corps. Les cris de boucles d’or sont un supplice pour ce comportement passif et passible de réprimandes. Mais l’urgentiste ne parvient à arrêter la silhouette car elle est tout, elle est rien. Il l’observe tisser un plan, bâtir les fondations d’une guillotine. Elle aiguise sa lame. Elle est futée et soulève chacune de ses questions avec parcimonie - une seule ligne mélodique pour effleurer une vérité. Jusqu’où irait-il pour préserver son anonymat ? Jusqu’à quel point son égoïsme dicte son existence ? Où s’arrêtent ses précieuses vertus ? Un test, un défi. Et un semblant d’issue dont il ne peut pourtant dessiner la poignée de porte.  Elle a cassé le mécanisme, pas vrai ? L’engrenage se place et s’accélère finalement sur ce hochement de tête. Honnête, en plus.

Le blâme raisonne dans ces yeux trop grands, trop brillants, trop captivants. Durant de longues secondes, il est emporté dans leurs courants sinueux, embarqué et très vite naufragé sur les rebords de cette pupille trop dilatée, trop présente pour que le chocolat la distance assez longtemps. Ezra veut oublier la noirceur de ce regard qui l’enivre et le rebute comme il tente d’omettre le contexte malvenu. Compliqué et atrocement simple à la fois quand Sanjana hante son espace proche. Elle occulte et engendre les brèches avec une constance déroutante. A croire qu’elle se complait de la réparation pour mieux le démolir juste après. C’est méticuleux comme travail, précis. Elle est doublement néfaste. Et elle a gagné. Victorieuse et fière, elle a remporté un semblant de manche que le norvégien ne voulait pourtant pas jouer. Coup de poker. Que reste-t-il à faire ? Elle lui déroule le tapis rouge. Rouge sang. Cette pulsion sanguinaire qu’il cueille dans toute sa gestuelle, ne lui est pas étrangère et prétendre le contraire serait mentir ouvertement. Son attente percute son mutisme de plein fouet. Douce bataille entre un devoir, une volonté et tout le reste qui n’est que désir absolu ou attrait dissolu. Les cicatrices font légions et se déchaînent sur chaque pan de son épiderme. La violence est une maladie incurable. Son père n’a pas cherché à la combattre. Il y a succombé dans toutes ses nuances pour finir par devenir lui-même ce concept. Un être humain réduit à la condition d’un terme, d’un acte. N’est-ce pas terrifiant ? Devenir allégorie, disparaître en tant qu’homme à ce profit. Quel bénéfice d’ailleurs ? Celui de transcender son genre ? Une charade à nouveau toujours sans début, sans fin. Elle n'existe presque pas. Il ne reste que le ressenti et les souvenirs ont gardés leur saveur, leur intégrité dans cette mémoire en déni permanent. Il suffit d’un seul éclat pour embraser les cendres. Il suffit d’un son, d’un simple petit bruissement pour qu’elle soit là, pour qu’elle se torde dans ses entrailles. Cette bestialité se justifie aussi tôt auprès de cette culpabilité vorace. Ne faut-il pas éviter le danger ? Mais qui est l’ennemi ici ? Ce n’est pas la blonde. C’est peut-être la brune. Mais c’est assurément l’homme. Cet homme qui s’égare, qui se déteste et pourtant qui enjambe la distance avec un naturel perturbant.

La méthode ne lui importe pas sauf qu’il refuse de se voir endosser les habits du croque-mitaine. Oh, il les porte indubitablement mais trahit cette réalité à sa façon. Ses doigts trouvent la mâchoire de sa victime machinalement. Il ne peut pas faire ça pourtant. Trop de crimes pèsent sur ses épaules et son équilibre fragile ne supporte pas le moindre petit écart. Sa morale ne peut trouver une explication valable. Il s’autodétruit à chaque pas s’il se butte encore dans cette direction. C’est donc un suicide qu’il débute devant témoins. Sa mort, la belle mort, celle qui commence par un saut qui se termine par un fracas. Un dernier envol pour l’ancien métamorphe. Va-t-elle apprécier ce bruit ? Celui de ses os se brisant un à un ? Peu importe. Pourvu qu’elle admire le spectacle et qu’elle déguste sa chair broyée sans aucune limite, morceau par morceau. Sans Sa présence, la vie de cette femme aurait été épargnée parce qu’il serait parti sans qu’elle ne puisse découvrir ses traits. Sanjana ne lui a laissé aucun choix. Si il ne l’achève pas maintenant, elle le fera et d’une façon peut-être moins douloureuse. Oui, malgré les inspirations répétées, il cherche et fouille l’horizon en quête d’un rebord où se rattraper après le grand plongeon. Ce sont les prunelles de son bourreau qui lui fournissent l’alibi, le filet mais c’est ceux-là aussi qui instille le doute autant que le geste. Il craint être à leur image. Il sait qu’il est comme eux. Et durant un instant, il l’accepte malgré les pleurs du martyre attendant son châtiment. La froideur de son âme craquelle son aorte alors que ses mains s’exécutent enfin abruptement. Le craquement fracture son expression indifférente et glaciale. Ses doigts rejettent ensuite lentement la nuque brisée de la jeune femme. La mort s’invite entre eux, à leurs pieds. Ce cadavre longe le mur. Elle est lancinante. En pleine descente alors, il se relève. La vitesse le tétanise, le sol qui se rapproche encore plus. Cette dureté dans sa voix tranche avec toute cette peur qui se plaque sur ses traits sans aucun mal. « Tu te sens plus vivante en la contemplant morte ? Dis-moi Sanjana, ça fait quel effet d’obtenir ce que tu souhaitais ? » Toute cette cruauté l’étrangle, le rattrape. Sa haine pour ce qu’il est, se mue en malveillance pour celle qui le toise encore. Il la hait de tout son être. Sa paume se cale alors sous le menton de la brune sans crier gare.  « Tu es heureuse ? Non, plutôt est-ce que tu ressens encore la moindre chose ? Tu es plus morte que cette femme. Tes petits divertissements personnels ne te le feront jamais oublier. Tu sens la mort, tu respires la mort. Tu es morte. » Ses doigts resserrent leur emprise sur sa mâchoire. Toujours dans le vide, pas encore étendu par terre. C’est un ultime souffle de vie en quelque sorte. La rage est le dernier sentiment à vaincre la pesanteur. Le dernier filament de lucidité. Et après ? Générique. Ecran noir. Définitivement noir.

_________________

    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
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MessageSujet: Re: Like a painkiller, I take it (PV)   Dim 16 Mar - 14:27







le monde de Danny











Edition Spéciale {Diffusée en vrai RP}




Éteintes, en veille, allumées sur un programme que vous avez choisi, les télévisions ont toujours eu pour habitude de répondre à vos désirs. Il en va de même pour les radios, les ordinateurs. Les téléphones pour ceux qui en possèdent. Mais soudainement, les engins électroniques se mettent à agir d’eux-mêmes. Dotés d'une volonté propre. Changeant de programme, sortant de veille ou s’allumant tout simplement pour se brancher sur une émission qui ne vous plaira absolument pas. Le Gouvernement a tout prévu. Infiltrer tous les foyers de la ville pour que l’annonce soit vue, lue ou entendue de tous.

« J'aime partager. J'ai toujours été comme ça, garder les secrets ce n'est pas pour moi. Pas quand le reste du monde peut aussi en profiter et s'en amuser. Pour réchauffer un peu vos petits cœurs en cet hiver qui perdure, voici une édition spéciale, qui risque de faire de belles étincelles. J'en suis tout chose, j'en verserais presque une petite larme. Et vous aussi, j'en suis certain.
The game is on...

rumor has it


- AIDEN Northwild ; Enregistrement vidéo :
Si la plupart de la population semble avoir compris que pour sa propre sécurité il est fortement déconseillé de mettre le nez dehors après le couvre-feu, d’autres en revanche, semblent ne pas vouloir se plier aux règles. Je ne donnerais pas de nom pour éviter tout... Oh si allez, je vais vous en donner. Un surtout. Notre cher Aiden. En parfait ado qui se rebelle, il n’en fait qu’à sa tête et se balade tranquillement une fois la nuit tombée. Et comment fait-il pour passer au travers des patrouilles ? En payant les patrouilleurs pardi ! Les pots de vins circulent, passent entre les mains de soldats supposés faire régner l’ordre. Je doute que tu trouves de nouveaux Peacekeepers à corrompre mon cher Aiden, et si j’étais toi, je ferais une croix sur les escapades nocturnes. Tu as eu de la chance jusqu’à présent, mais la roue tourne. Et je doute que tu apprécies ce qui t’attends si tu venais à être surpris en flagrant délit. Je dis ça, je dis rien…

- aleksi lenaïk ; Récidive :
Condamné pour avoir fourré son nez dans des affaires d’Etat classées secret défense. Il semblerait que dix années de prison ne lui ont pas suffi car ce cher petit Aleksi est en train de retomber dans ses travers. Une source sûre m’affirme que l’informaticien se change en hacker de haut vol une fois ses heures de travail achevées et qu’il tente depuis plusieurs mois déjà de s’infiltrer dans les dossiers secrets de notre cher Gouvernement dans le but de le voir s’effondrer.
Qui l’eut cru, lui qui a l’air si inoffensif derrière ses lunettes de parfait petit geek ? Pas moi. Et si j’admire son travail, notre Président lui, voit ces tentatives d’un très mauvais œil et prépare déjà la contre-attaque. Un conseil, Leksi, évite de mettre le nez dehors pendant quelque temps et arrête de te prendre pour un Résistant. Tu n’en as pas la carrure.

- Angus Rasmussen ; Rumeur :
Il se prétend Résistant. Clame à qui veut l’entendre qu’il nous déteste, et que notre cher Président et son Gouvernement doit être renversé au plus vite. Il a gagné sa place dans la Résistance, j’en suis sûr. Ils sont tellement aveugles, qu’ils sont incapables de voir quand on se moque d’eux. Mes chers petits, vous avez un mouton noir dans vos rangs.
Car si Angus prétend vouloir la destruction de l’ordre établi, une fois sa chemise retournée, il œuvre pour ce même ordre avec toute la dévotion du monde. Surpris ? Si j’étais vous, je renforcer les tests d’entrée, pour éviter de vous retrouver une nouvelle fois dans ce cas de figure à l’avenir.

- Aurora Abatucci ; Enregistrement vidéo :
La nuit tombée, les rues de la ville se vident. Au coin de l’une d’elle, une ombre se profile. Les talons claquent sur le sol et la jeune femme courtement vêtue, s’arrête pour retrouver une de ses camarades. Elles attendent patiemment qu’un client vienne demander leur service. D’autres talons se font entendre, et c’est Aurora qui entre en scène. Elle se montre enjôleuse avec les deux prostituées, puis sans crier gare, les massacres de sang-froid, à la manière de Jack L’éventreur.

Qui aurait cru ça ? Qu’une si délicate personne serait capable d’agir avec une telle barbarie ? Et ensuite accuser un assassin mort il y a des siècles ? Franchement, Aurora, tu aurais pu trouver mieux. A mois que ce crime n’ait été motivé par une jalousie quelconque ? Elles avaient marché sur tes plates-bandes c’est ça ? Parlementer aurait peut-être pu régler les choses, tu devrais y penser pour la prochaine fois. Ça t’évitera de passer pour une folle sanguinaire.

- Azzura DiMercurio ; Enregistrement vidéo :
Une forme noire se distingue parmi les hautes herbes. Il s’agit d’Azzura. Perdue au fin fond du bayou sauvage, une arme à feu en main, elle semble tout droit sortie d’un film d’horreur. Des cernes bleutés trônent sous ses yeux. Elle a le teint blafard et les joues creuses.
« - Suis-je la seule à le voir ? ». Saisie d’un violent tremblement, elle manque de tomber à la renverse. Elle lance des paroles dans le vide.
« - Espèce d’ordure. Tu n’es pas réel. Tu es mort il y a plusieurs siècles. Disparais avant que… ». A qui s’adresse-t-elle ? Aucune silhouette ne la surplombe. Aucun interlocuteur à l’horizon. Elle est entourée d’arbres solitaires. Plus loin, un homme est avachi dans la vase. Sans crier gare, elle lui tire une balle en pleine tête. Dans un état de confusion mentale, elle enchaine sur un nouveau monologue.
« Qui suis-je ? ». Coupable, elle prend la fuite.

Atteinte du syndrome de la bougeotte, la demoiselle a souvent besoin de changer d’air. Elle ne refusera certainement pas de passer un séjour chez les fous. Allez, souris. Stain viendra t’apporter des oranges. C’est certainement mieux que de croupir dans une cellule, n’est-ce pas ? Avant d’enfiler ta blouse blanche, pense à m’offrir une danse privée.

- Brashen Hall ; Rumeur :
Il en faut des nerfs d’acier pour rejoindre les rangs de notre belle armée. Tous les Shadowhunters vous le diront : leur boulot n’est pas une mince affaire. Et Brashen ne dira pas le contraire. Derrière ses beaux yeux de glace se cache en fait un être au tempérament de feu. On me rapporte que le soldat aurait tendance à perdre son sang-froid durant certaines missions. Et suspects, comme témoins, payent le prix de ces pertes de contrôle.
Brashen, abîmer les potentielles sources d’informations ne sert à rien et n’aide pas pour les enquêtes. Bien au contraire. Achète-toi des fléchettes ou un bon punching-ball pour soulager tes pulsions, ça vaudra mieux pour tout le monde. Ou alors mets-toi au yoga.

- Carys Lemoyne ; Rumeur :
Si certaines femmes peuvent fermer les yeux sur les incartades de leur fripon de mari, surtout quand il y a un train de vie luxueux à la clef, aucune n'aime se récupérer à cause de lui toutes les infections qui trainent. A force de fourrer leur nez (et pas que, hélas) entre les cuisses de la peu farouche et visiblement peu reluisante Carys, un tas d'hommes politiques se retrouvent désormais avec des démangeaisons purulentes et des maladies vénériennes fort compromettantes. Et qui paye l'addition ? Leurs pauvres épouses tiens, bien obligées d'accomplir leur devoir conjugal de temps en temps.
Déjà que sa bouche pulpeuse, ses tenues ne laissant aucune place à l'imagination et ses seins dignes d'une actrice pour films X leur refilaient à toutes des complexes et de l'urticaire ! La prostituée de luxe est à présent la bête à abattre, un vrai comité de femmes bafouées s'est ligué contre elle et planifie d'ores et déjà de détruire Carys. Avoir un peu de répit lorsque le chéri veut se soulager oui, être la victime d'une contagion massive, non. Messieurs, la prochaine fois un conseil : sortez couverts ! Il est toujours fâcheux de voir son épouse hystérique prendre les armes, et quelques précautions vous éviteraient à coup sûr de nombreux désagréments. Comme par exemple dormir sur le canapé miteux du salon, avec pour seul doudou votre nid à MST.

- Connor Blackpearl ; Enregistrement vidéo :
Jackson Square à la tombée du jour. Le parc se vide, et les camés sortent de l’ombre. Ils déambulent dans les allées, s’offrent le loisir de tirer sur leurs joints en toute quiétude. Dans un coin plus éloigné, Connor semble être en pleine discussion avec d’autres drogués.

Il se disait guéri. Moi je pense sérieusement qu’il a fait une rechute et qu’il retrouve régulièrement ses potes de fumette pour partager de bons délires. Ils volent haut les éléphants roses, Connor ? Et mon petit doigt me dit, qu’en plus d’en consommer, notre cher Connor se serait lancé dans la vente de drogue. Parait que ça paye bien…
Tu me donneras quelques tuyaux, si jamais je songe à me recycler dans ce domaine. Allez, plane bien Conny, faut bien la tester avant de le vendre pas vrai ?

- Cora DiMercurio ; Enregistrement vidéo :
Seuls dans un appartement dévasté par le bordélisme aigu de son propriétaire, Cora sagement assise à l’autre bout du canapé comme si son compagnon avait la peste n’en mène pas large.
« Cora : Ce n’est même pas tout à fait ma sœur, ma mère préférait aller voir ailleurs. » La révélation semble lui coûter et elle ne fait que la murmurer du bout des lèvres, à un Stain qui n’en mène pas large lui-non plus.


Que j’aime cette famille. Les révélations fusent et ne se ressemblent pas. Après le cousin qui rêve de fourrer son museau sous les jupons de la sœur aînée, voilà que la cadette avoue sa bâtardise. Tu penses vraiment que ta chère sœur continuerait de te considérer comme telle quand elle verra ça, Cora ? Elle qui a tant de principe et de belles valeurs. Moi je dis, il vaut mieux être enfant unique, ça évite des tas de problèmes. Mais entre nous, je suis bien curieux de voir à quoi ressemblera votre prochaine réunion de famille, ça va être épique tout ça !

- Cordelia Hopkins ; Rumeur :
Mes oreilles et mes yeux ne me mentent jamais. Et Dieu sait que je les laisse traîner partout. J’ai récemment aperçu, dans les recoins insalubres de Storyville, la jolie petite Cordelia. En train de déambuler au milieu des ruelles sombres et malfamées. Et accompagnée qui plus est. Mais entre nous, celui qui l’accompagnait ne devait pas être là pour lui servir de vigile, vu la frénésie qui s’est emparée de Cordelia lorsqu’elle s’en est prise à trois bourges venus chercher des poux dans ses jolis cheveux. Les pauvres sont morts égorgés comme de vulgaires cochons. En revanche, en ce qui concerne son inutile garde du corps, j’ignore encore de qui il s’agit… Mais j’y travaille, n’ayez crainte.

- Ezra Reilly ; Enregistrement vidéo :
Jackson Square, la nuit tombée. Trois silhouettes émergent des ombres. Aleksi en pleine discussion houleuse avec un dealer visiblement peu enclin à satisfaire la demande de son client. Ezra, qui tente d'instaurer un peu de calme en bon ancien Peacekeeper qu'il est. Le coup de feu part, éventre le silence. Et le dealer s'effondre sous le regard médusé de l'informaticien. L'arme à la main, Ezra, lui est impassible.
« Ezra: -Il faut qu’on se débarrasse de lui maintenant. Le coup de feu risque d’attirer du monde. »


Classe, même avec du sang sur les mains. C'est tout un style, que dis-je, tout un art, et Ezra le maîtrise à merveille. Tuer pour un Peacekeeper fait partit du contrat, mais pour un urgentiste... C'est pas supposé être l'inverse? Dans le langage commun, on appelle ça un meurtre mon petit Ezra, et de sang-froid qui plus est. Et après tu critiques les autres, regarde toi dans une glace avant de continuer à blâmer les joyeux de la gâchette et des coups gratuits.

- Faith Ziegler ; Photo choc :
Elle est belle. Charme n’importe qui avec ses yeux envoûtants. Ah, Faith… Qui ne vendrait pas son caniche ou son poisson rouge pour passer ne serait-ce qu’une pauvre heure en sa compagnie ? Si quelqu’un peut lui résister, qu’il lève la main immédiatement. Moi je suis conquis, mais… Parce qu’il y a toujours un ‘mais’. La belle n’a pas toujours été aussi parfaite. Preuve à l’appui, j’ai déniché au fin fond de dossiers oubliés d’un hôpital tout aussi oublié, des photos qui auraient de quoi retourner le cœur du plus aguerri des Shadowhunters.
Et comme j’aime partager, je vous dévoile aujourd’hui en direct, le VRAI visage de Faith Ziegler. Frankenstein avait une fille, la voici !

- Isis Whitefield ; Rumeur :
Mon petit doigt me dit, et mes petites sources aussi, que la si dévouée Isis n’agit pas par simple bonté d’âme, et que les visites qu’elle rend régulièrement à sa sœur cachent quelque chose. La pauvre demoiselle, suite à un grave accident, se retrouve en séjour permanent à l’hôpital. Et qui aurait causé cet accident ? Allez, faites un effort… Isis pardi !
Alors ma belle, tu as quelque chose sur la conscience ? Tu peux arrêter de jouer la gentille grande sœur dévouée, la mayonnaise risque de ne plus prendre maintenant.

- Jezebel Redfern ; Enregistrement vidéo :
Majestueux et imposant, un tigre au pelage d'une blancheur immaculée se propulse sur une femme visiblement terrorisée. Elle n'a pas le temps d'esquiver la bête qui s'est jetée sur elle, tombe sur le bitume lourdement. Sans pitié, l'animal l'éviscère, dévore ses organes dans un bain d'hémoglobine en prenant soin de prolonger l'agonie plus que de raison. La pauvre femme hurle durant ce qui semble s'éterniser des heures, d'un cri qui déchire le silence et glace le sang. Le félin finit par l'achever en lui arrachant la gorge, puis se recule. Et recouvre rapidement forme humaine. C'est une femme entièrement nue qui se révèle, la bouche maculée d'écarlate et le visage impassible. Aucune grimace de dégout sur ses traits, Jezebel s'essuie les lèvres avec froideur et contemple son œuvre. Avant de lever le regard vers son collègue shadowhunter, rester sur le bas-côté tout ce temps. Il lui tend la veste d'ébène qui va en principe avec son uniforme sombre, non sans jeter une œillade lubrique sur ses courbes dénudées. A côté du corps qui vient de se faire déchiqueter, on en aperçoit un autre qui git : un petit garçon dans un état presque aussi déplorable que celui dans lequel a été laissé ce qui devait être sa mère.

Sauve qui peut ! Résistants, protestataires, marginaux réfractaires et autres rebuts de la nouvelle société, mieux vaudrait abandonner vos activités illégales au risque de vous faire dévorer. Milicienne modèle, Jezebel est toujours prête à se faire péter la panse avec un bon festin. Et quoi de mieux que la chair fraiche et croquante à souhait de vos enfants pour enfoncer le clou ? Aussi givrée qu'un iceberg, plus affamée qu'une ogresse, tu devrais tout de même apprendre à manger propre ma chère. Si j'ai toujours eu un faible pour les reines de glace, il n'y a rien de pire pour stopper ma libido que les souillons qui ne savent pas se tenir à table. A bon entendeur, salut !

- Kyran Hogan ; Révélation familiale :
On choisit ses ennemis, mais pas sa famille. Je suis certain qu’Ezra aurait préféré pouvoir choisir sa famille plutôt que ses ennemis. On croyait cet adorable petit urgentiste fils unique, mais que nenni. Il a un frère. Et quel frère, mes aïeux, je me damnerais pour en avoir un pareil. Je vous le donne en mille : le très charismatique Kyran partage ses gênes avec notre ancien Peacekeeper.
Ca vous en bouche un coin pas vrai ? J’ai eu du mal à y croire moi aussi. Mais en regardant de plus près, on trouve des ressemblances assez frappantes chez ces deux-là. Ah ! Les joies de la génétique.

- Lawrence Blain ; Enregistrement vidéo :
La tension est palpable, à son comble. Mis en joue, Lawrence ne reste pas en position de faiblesse bien longtemps. Avec une vivacité à faire pâlir le plus entrainé des Peacekeepers, il désarme son adversaire et le met à terre. Sans une once d'hésitation, sans un seul élan de pitié pour la personne qui lève les mains en signe de capitulation et entrouvre les lèvres pour supplier, il tire avec son revolver et l'abat de sang-froid.

Il se prétend simple mécanicien, clame à qui veut bien l'entendre qu'il ne se rappelle plus de rien. C'est qu'il joue particulièrement bien la comédie le gentil petit soldat. L'amnésie a bon dos mon beau Lawrence, quand on voit comme tu pouvais exécuter un homme sans sourciller il y a encore quelques mois. Allons à moi tu peux bien l'avouer, tout ça c'était de la pure comédie non ?

- Li Mei Tyler ; Enregistrement vidéo :
Brisée, esseulée, c'est une beauté à l'expression brisée et à la silhouette amaigrie qui s'approche de son miroir. D'une force qui contraste avec son corps si frêle, son poing vient violemment percuter un miroir. Il se brise en d’innombrables éclats, avant que Li Mei ne se laisse couler contre le mur, anéantie. La main tâchée de sang, elle se recroqueville et éclate en gros sanglots. Puis relève la tête, une expression radicalement différente scotchée au visage. Les perles salées sont déjà balayées, et un sourire machiavélique se dessine sur ses traits. Elle éclate d'un grand rire, comme transfigurée.

Inquiétant, vous avez dit inquiétant ? Pas de panique Li Mei, les hommes en blanc vont très bientôt venir te chercher. A force les braves médecins vont finir par se retrouver débordés, si l’hôpital psychiatrique continue de se remplir de schizophrènes et de cinglés notoires dans ton genre. Les 7 ans de malheur que tu viens de récolter, tu vas pouvoir les couler paisiblement dans une camisole de force.

- Lorenzo Ruggieri ; Enregistrement vidéo :
La chambre respire le luxe. Et la luxure. Sur le lit, une créature aux courbes plantureuses se retrouve menottée au lit par son partenaire. Aguicheur, ce n’est qu’une mise en bouche avant la suite des festivités et déjà d’autres accessoires entrent en piste…

Il ne manque pas d’idées pour pimenter les parties de jambes en l’air. Ce cher Lorenzo a de quoi satisfaire ces dames, que ce soit dans son pantalon ou dans ses tiroirs. C’est beau, la jeunesse qui ose les nouvelles expériences. Et quoi de mieux pour explorer de nouveaux domaines que de fourrer son bulletin dans les urnes d’une femme politique de haut rang.

- Natascia Abatucci ; Enregistrement vidéo :
En plein bad trip, les pupilles vitreuses et le corps nerveusement agité de frissons intempestifs, c'est une Natascia de toute évidence droguée jusqu'à la moelle qui trébuche. Et se fait rattraper de justesse par l'homme qui l'accompagne dans son délire, visiblement très amusé et satisfait de la situation. Aspirée par la drogue qui pulse dans ses veines, la belle se répand en confidences douteuses sur ses connaissances résistantes. N'hésite plus à donner des noms et des détails sur le coup d'Etat ayant conduit à l'assassinat de notre regretté premier président. Elle a le temps de vendre tous ceux qui lui passent par la tête, avant l’atterrissage brutal et forcé. La descente des camés, plus douloureuse encore que la libération de l'envol.

Eh bien alors ma douce Natou, on ne t'a jamais appris à tenir ta langue ? La drogue c'est comme l'alcool, quand on la tient mal, autant éviter. Quoi que, la délation c'est toujours bien vu par chez nous et on peut dire que tu nous auras été d'une grande aide. Savais-tu que les petits camarades que tu as trahis sans même t'en rendre compte ont été arrêtés et exécutés dès les jours suivants ? Non ? Maintenant oui. La prochaine fois, tu choisiras peut être mieux les compagnons junkies avec qui tu te pique les veines. Ou tu te décideras peut être enfin à te sevrer, de toi à moi tu pourrais être sexy en diable sans cet air de cadavre ambulant qui te colle à la peau.

- Rafael Morienval ; Enregistrement vidéo :
Il transpire l’autorité, debout au milieu de ses hommes. En parfait chef de meute, Rafael donne ses ordres. Motive ses troupes et leur ordonne de trouver au plus vite la femme qui se trouve sur la photo qu’il agite sous leurs museaux. Cora DiMercurio. Un seul détail à retenir : il la veut vivante pour pouvoir la tuer de ses propres mains.

Il ordonne le Shadowhunter… Ah mais attendez, Rafael n’en est pas un… si ? Le pauvre petit ne digère pas d’avoir été recalé à l’examen d’entrer dans la si prestigieuse milice. A tel point qu’il ordonne et mène des troupes comme le ferait un parfait Shadowhunter. Rafael, tu devrais laisser faire les professionnels et de te contenter de faire ton boulot correctement.
Franchement, ce serait vraiment dommage que dans un élan de bravoure tu te foules un orteil ou te casse un ongle. Tu retenteras ta chance l’année prochaine qui sait.

- Roxanne Delaney ; Enregistrement vidéo :
Le tribunal est plein à craquer. L’accusé, un prétendu Résistant vient d’entendre sa sentence. Dans l’assemblée des jurés,Roxanne, acquiesce, visiblement satisfaite par le verdict, sous le regard impuissant du pauvre Résistant.

Qu’est-ce que ça fait de condamner à mort des résistants ? Pour Roxanne, apparemment c’est une vraie partie de plaisir. Je dois avouer, il y a quelque chose de grisant dans ce genre de situation. Le pouvoir, ah, quand on le tient, c’est dur de s’en défaire pas vrai Roxette ?

- Ruby Moriarty ; 'Accident' domestique :
Enjôleuse et lascive à souhait, la patronne du Masquerade est un fantasme vivant. Qui n'a pas déjà eu envie d'explorer plus en profondeur les coulisses avec elle lorsque les rideaux de son cabaret tombent ? Mais derrière ses airs de beauté fatale, se cache une ancienne femme au foyer modèle mais aigrie. Véritable cordon-bleu, son mari a fait les frais de ses talents de cuisinière. Le malheureux s'est assis sur son canapé, a mis les pieds sous la table basse en attendant que sa si délicieuseRuby vienne les lui masser et lui apporte sa bière. Quoi de plus normal ? Une épouse accomplie doit savoir relaxer son mari après une longue journée de labeur, je l'ai toujours dit.
Mais visiblement décidée à reprendre son indépendance, la belle a (tenez-vous bien) décidé de l'assommer à coup du gigot amoureusement farci tout l'après-midi. La folle furieuse n'a pas eu à s'acharner bien longtemps, le morceau de viande a rapidement eu raison du bougre et l'a laissé sur le carreau. Vous vous demandiez ce qui se cachait derrière ce joli minois ? Une ex taularde, qu'il vaudrait mieux laisser loin des fourneaux si vous ne voulez pas finir comme le dernier mâle ayant cherché à la domestiquer. Sinon, ce sera à vos risques et périls !

- Sanjana Tamboli ; Enregistrement vidéo :
A la sortie d’un bar, Kylian se fraye un chemin au milieu des futurs clients attendant de pouvoir entrer à l’intérieur. A son bras : Sanjana. La belle Indienne n’en perd pas une miette, s’accroche au bras de son jules tout en sortant le grand jeu pour le séduire…

Après Kyran, voilà que s’ajoute à la liste des prétendants de Sanjana, le ténébreux Kylian… On reste dans le même registre non ? Tu aimes les prénoms en ‘K’ ma belle ? S’il n’y a que ça, je me rebaptise Kanny sur le champ. Et Ezra dans tout ça ? Fais attention ma jolie, tu vas manquer de place sur ton étagère à trophées si tu continues de tous les croquer comme des macarons. L’avantage au moins avec ce genre d’encas, c’est l’absence de prise de poids.

- Soren Blake ; Enregistrement vidéo :
On lui donnerait le bon dieu sans confessions, au jeune homme aux traits angéliques qui se fond dans la foule. Il parait inoffensif, mais sans crier gare il agresse violemment un homme dans une ruelle déserte. Sans raisons apparentes, pour le simple plaisir de détruire, Soren roue de coups sa victime. Les poings tâchés de sang.

Et voilà mes petits, ce qui arrive quand on ne prend pas ses cachets contre l'hyperactivité et les pulsions meurtrières ! Impitoyable et fort bien entrainé, Soren aurait toutes les qualités requises pour intégrer l'armée du gouvernement. Manque peut être un peu de discipline, et quelques cours de yoga pour canaliser ce trop-plein de rage et d'énergie. Attention à ce qu'il ne vous coince pas dans un coin sombre, pour faire de vous son punching-ball vivant.

- Stain Greyjoy ; Enregistrement vidéo :
Dans une loge du Masquerade, Azzura s'adonne à une petite séance de rangement avant de monter sur scène en tenue légère. Sauf que la loge en question se trouve être celle de Stain, chanteur à ses heures, visiblement peu satisfait du travail de rangement de la demoiselle. Après avoir échangé quelques formalités et autres phrases assassines, l'orage passe et la température monte d'un cran. Assise sur le bureau, Azzura allume une cigarette, mutine et un brin sensuelle. Face à elle, Stain, visiblement absorbé dans la contemplation de la tenue de la demoiselle.
« Azzura : - Il ne manquerait plus que l’uniforme et les menottes et tu réaliserais mon fantasme. Approche…
Stain : - S’il n’y a que ça, laisse-moi le temps de me changer… »


Le ténébreux Shadowhunter n’en a pas perdu une miette, dévorant du regard le corps quasiment dénudé de la danseuse. Dévorer du regard ? Pour moi, il était plus en train de la déshabiller sans la moindre pudeur. Une ne lui suffit pas, il flirte maintenant avec la sœur aînée avec une désinvolture à couper le souffle. Moi je dis, chapeau !
Tu croyais vraiment que la tromperie resterait secrète ? Il faut toujours faire preuve d’une extrême prudence lorsque l’on joue sur deux tableaux Stain. Réserve-moi un entretien, je rêve de connaître les détails croustillants de cette soirée. Et je te donnerais quelques conseils pour tromper tes belles en toute discrétion.

- Wayne Sudworth ; Enregistrement vidéo :
Le bar est insalubre, miteux au possible. Douteux et pas très recommandable. Le genre de bars dont la clientèle n’a rien de fréquentable. Cela ne semble pas déranger outre mesure la silhouette qui vient d’en franchir la porte, bousculant au passage un ivrogne incapable de tenir sur ses pieds. Bien décidé à ne pas passer sa soirée debout, Wayne s’avance jusqu’au comptoir, et pose son fessier sur un siège. Non sans avoir demandé à son précédent occupant de dégager, le tout avec les bons mots. En parfait séducteur qui se respecte, Wayne, une fois un verre à la main pour épancher sa soif, se met à la recherche d’une proie pour passer le temps et combler sa solitude. L’alcool dans les veines, échaudé par l’ambiance enfumée et étouffante régnant dans le bar, le séducteur ne tardera pas à trouver une proie. C’est dans un coin à l’abri des regards que le couple éphémère termine sa course, Wayne ne perdant pas un seul instant pour dévorer les amygdales de son partenaire. Lascif et sulfureux au possible.

Ne cherchez pas l’erreur, vous avez bien vu. Notre très cher ministre a l’air d’être passé de l’autre côté de la barrière. Et il semble aimer ça en plus. Je dois dire, à force de passer ces journées à côtoyer des hommes en costards-cravates, pas étonnant que l’on finisse par avoir envie de voir ce qui se cache sous le costard. Alors Wayne, content de ce que tu as pu trouver ?

- Wesley Windsor ; Enregistrement vidéo :
Sur le ring de fortune, au milieu d’une foule se composant des délaissés de la société, les deux adversaires s’affrontent. La violence du combat attise les acclamations du public, renforce les paris qui ne cessent de pleuvoir sur la tête des deux participants. Au même titre que les coups. C’est à l’aide d’un magnifique crochet du droit que Wesley parvient à mettre K.O son adversaire. Il quitte le ring, sous les hués et les applaudissements, en sang, bien vite rejoint par un type lui procurant un sachet de poudre, pour fêter sa victoire.

Toute cette testostérone, moi ça me rend tout chose. Ce qui me rend tout chose aussi, c’est un Shadowhunter qui fourre ses poings dans des histoires de combats illégaux et qui consume de la drogue refilé par un subalterne visiblement habitué à ce genre de recel. Tu es supposé veiller à ce que ce genre de chose n’arrive pas, Wesley, tu es au courant ? On me murmure aussi que Kyran serait dans le coup, et que ton fournisseur travaillerait pour lui… Deux mythes qui s’effondrent d’un coup, donnez-moi un mouchoir, j’ai la larme à l’œil.


the show must go on


Ça en fait de la lecture tout ça mes enfants. De quoi occuper vos tristes soirées de solitude, maintenant que le monde entier connait votre petit secret. Mes yeux et mes oreilles traînent partout et ne manqueront pas de trouver d'autres révélations pour satisfaire votre soif de ragots. Les gossips, une bien belle invention.
Watch out my dears! »


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MessageSujet: Re: Like a painkiller, I take it (PV)   Lun 17 Mar - 21:36

Derrière la bâtisse dissimulant deux êtres dont l’humanité fut arrachée des entrailles de la Sainte Terre, les phares d’une voiture s’étaient fondus en  une lueur indistincte contre le ciel noir, presque invisible vu d’ici-bas. Cramponnée d’une main contre le mur, et plus impassible que jamais, je dardais mon regard sur le jeune homme alors que sa main fauchait le corps de la jeune blonde, haletante qui quémandait à demi-mots grâce et clémence. Sa nuque craqua, son cadavre inhabité par la vie désormais envolée claqua alors qu’il s’effondrait au sol dans des gerbes d’éclaboussures d’eau de pluie, ou issue d’un gouttière mal entretenue, qui sais ? Je m’en désintéresse littéralement alors que le silence prend place après cet acte funèbre. Je tournais la tête. Dans la pénombre de la ruelle, mes prunelles avaient le rougeoiement  fébrile des réverbères. ; Mon regard s’abaissa et se perdit dans les effluves de mes pensées. Si le meurtre nous avait préservés d’une menace tangible et d’une encombrante chasse à l’homme avec les Shadowhunters, il demeurait cependant impuissant contre notre faim intarissable puisqu’Ezra avait achevé cette jeune fille sans terminer son délicieux repas. Je hissais ma lassitude de son mode de vie dans le reproche constamment formulé à son encontre, avec du moins la satisfaction de me soustraire à l’océan des désœuvrements. Languissamment perdue dans mes phantasmes, une oppression détestable me contraignit à sortir de ma torpeur, et je dus me faire violence à ne pas décocher une gifle majestueuse à mon interlocuteur.

« Quelle profonde tristesse vois-je empreinte sur votre visage, ô mon soleil de minuit ! » me contentais-je de glousser alors que je simulais une moue boudeuse. Je souris. Ce bouquet de déclaration passionné aurait pu être presque sincère dans une autre circonstance, dans un autre temps, et mon comportement suffisait à le démentir. Et puis comment se méprendre sur la raillerie de mes propos, avec le ton que j’avais employé, alors que la situation était clairement inopportune pour toute plaisanterie. Et là, il acheva sa complainte par l’allusion à mon absence d’humanité. C’était juste risible venant de sa part, quand on sait que lui, il n’a peut-être pas subit un dixième de ce que j’ai subis avec Kyran à Darkness Fall. J’étais tout sauf une de ces dames trop cajolées pour ignorer le réel sordide. Mes longues années d’errance dans les entrailles des Enfers  m’avaient pleinement édifiée sur les usages de la survie. Avec force gesticulation, force de mes prunelles impériales qui se drapèrent d’un voile haineux, force de ma main rejetant avec violence son emprise sous ma mâchoire. « Tu ne sais rien du tout ! Tu ne comprends du tout, espèce de … sale petit con ! » ; La bouche serré, j’articulais entre mes dents mes réprimandes amères, et là je m’étais extraite de ce masque d’indifférence que je tachais pourtant d’arborer avec soin. Oubliant la mesure au calme que je m’étais pourtant docilement instauré, je me laissais envahir par ce besoin irrépressible de le brusquer pour qu’il percute un peu avant d’atterrir sur Terre. « Peut-être devrais-je te trainer par tes bijoux jusqu’en Enfer pour que tu comprennes les inepties que tu proclames. Là, ici-bas, il faut survivre, tu sais ce que ça veut dire ? Survivre ! Alors, gardes toi tes sermons de pasteur, car tu ne comprendras jamais ce qu’on a vécus en bas, avec … ces choses. ». A ces mots, je lui assénais un coup de la paume de mes mains à chaque mot accentué,  le repoussant au niveau du torse à deux mains, mes prunelles parurent brûler d’une lueur craintive. Je le détestais définitivement. Je le haïssais presque de me replonger dans la crainte de cette sombre époque. Parce que ce petit oiseau n’avait pas connu la menace de ces ombres se reflétant derrière soi, il semblait ne pas comprendre que pour survivre, il fallait garder une vigilance constante. Et le meurtre de cette jeune femme contribuait clairement à cette philosophie qui dicte quotidiennement ma vie.

Un trouble fugace comme un nuage traversa ma physionomie. Cela faisait comme une éternité que je n’avais pas éprouvée semblable affliction. Je le scrutais, soupçonneuse, alors qu’essoufflée, à bout de souffle et lasse de le battre, je m’appuyais contre un mur, sans daigner le regarder. De toute envergure, il m’en voulait clairement de lui avoir imposé un meurtre de sang-froid, chose qu’il n’avait jamais dû faire, mignonne petite chose. Du moins, c’est que je pensais jusqu’il y’a quelques secondes. Un grésillement atroce vrilla mes tympans que je me hâte de couvrir instinctivement. Mes poils s’hérissèrent sur ma nuque, je me sentais troublée, et j’ignorai encore pourquoi, mais la seule chose dont j’étais sûre : c’est qu’il se préparait quelque chose. Un dernier grésillement se fit entendre à travers une fenêtre à cent mètres de  l’angle de la rue Bourbon, un poste de télévision affichait la chaîne poubelle du Gouvernement, le Journal Télévisé de Danny Clocker. Comme subjuguée, je foule le sol de cinquante mètre pour me glisser dans l’ombre, face à la fenêtre pour mieux voir le flash-infos manifestement express, vu les moyens employés pour le diffuser sur tous les moyens de transmissions d’informations. Et soudain, mon nom et celui d’Ezra fusèrent alors que Danny dévoila une vidéo me montrant aux côtés de Kylian et révélant le lien unique que j’entretiens avec Kyran. Blême de dégoût, je demeure silencieuse alors que se révèle sous mes yeux  la vidéo montrant Ezra impliqué dans un meurtre de sang-froid. N’en pouvant mais, je me retournais face à lui tout en le considérant du regard, pantoise. Non non. Ça ne pouvait pas être possible, pas après ce qu’il avait osé lui dire ? Quelle tête je faisais désormais, je ne pouvais nullement me le figurer. Je recouvris soudainement la voix, réussissant toutefois à m’extirper qu’une grimace jaune en guise de riposte. « C’est bien le coup de l’arroseur arrosé ça, c’est juste risible venant de ta part mon vieux. Tu me dégoûtes, tu n’es pas mieux que moi au fond, et c’est ça qui te rend malade. On ne demeure que ce que notre nature de Daybreaker a fait de nous, et il serait peut-être temps que tu l’acceptes.  » ; Un reniflement de mépris, et je foule le sol pour le rejoindre, ne le ménageant pas du viol de son espace vitale. Mes yeux se plongèrent dans les prunelles céruléennes d’Ezra, et dans un geste presque doux et imperceptible, j’encadrais son visage de mes mains afin d’examiner ses yeux pendant quelques secondes. Dans un ultime rejet, je ne pouvais me taire davantage, dans un demi-susurrement : « Tu es son frère … son frère ? ».
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MessageSujet: Re: Like a painkiller, I take it (PV)   Mar 18 Mar - 23:17

Bulles harmonieuses s’évaporant au milieu de sa chute libre. Gazouillement décalé accélérant la descente, mélopée grésillante à la rythmique désordonnée, au sens inversé. Ils reculent. Ils avancent. Tout ça n’a qu’un sens, celui qu’ils ont décidé ne pas s’offrir par orgueil, par fierté et sûrement par faiblesse d’esprit, d’âme. Brimés par l’expérience ?  Désossés par les circonstances ? Le passé intervient autant que leur présent. L’Avenir est incertain, il serait imprudent de l’évoquer. Ezra sillonne sa ligne d’horizon composée de ces deux iris évanescents traqués par cette éclipse menaçante, celle que ses pupilles concèdent sans la moindre retenue. La lumière s’évanouit quand il termine sa tirade. Le voile interrompt la sadique récréation que ses cordes vocales ont imposé un peu plus tôt, il diffuse sur ses yeux un semblant de suie. Ils se défient dans une gamme monochrome, insipide. Terne et pourtant… Pourtant sous la cendre, le feu ardent. Celui de la destruction et son contraire. Les mots fusent, reviennent et construisent de nouveaux remparts. Imparfait, situations antérieures et refus de compréhension. Ne sont-ils pas deux dans ce triste cas ? Que sait-il d’elle mais que sait-elle de lui ?  L’injure est aisée, elle ne change rien. Elle ondule sur lui, l’effleure à peine et se dissipe aussi rapidement. C’est un mot sans saveur, peu important démontrant simplement qu’il a réussi la manœuvre. Touchée. En plein cœur – ou ce qu’il en reste du moins. La méprise-t-il à ce point ? Il se déteste dans la même mesure de provoquer autant de cataclysmes dans son regard que dans le sien. Mais que faire face à l’ampleur de cette électricité ? Ne faut-il pas la lui renvoyer avant de se faire incendier ? Simple instinct survie donc. Quoi de plus ennuyeux ? Sûrement pas ce qu’elle avance à la suite. Ses menaces sont aussi risibles qu’elles sont goûteuses. Se satisfait-il pour autant de ce jargon imagé ? Trouve-t-il un semblant d’amusement à piocher dans ses échardes pour lui en faire connaître la consistance ? Petit morceau égaré au plus mauvais endroit, celui de l’estime. Il se tait, ne surenchérit pas. A quoi cela servirait ? Elle le hait. Le but est atteint. Il sera bientôt à terre de toute manière, écrasé par sa monstruosité, démoli par sa nature. Défiguré par sa condition, méconnaissable.

Le sol se rapproche mais il se défile finalement sous ses pieds quand un son trouble leur atmosphère délacée par la confrontation et la mort se prélassant encore juste à côté. Sa grimace fait échos à la sienne alors que le bruit discourtois attire instantanément Sanjana. Un œil avisé vers la carcasse et quelques pas pour lui également.  Curiosité ? Distraction facile. Il enjambe la distance mais reste un peu en retrait afin de veiller sur son crime, l’esprit du rapace se grippant encore sûrement dans son mécanisme fracturé. Les halos lumineux du téléviseur sont décevants quand ils se figent sur les traits du présentateur excentrique. Sa concentration se dissout alors sans grand mal, la faim revenant par vagues le torturer.  La courbe de ses cils s’oriente lentement vers des silhouettes lointaines. N’est-ce pas abjecte après le meurtre ? N’est-ce pas plus hypocrite encore ? La brune obtient gain de cause sur cette manche. Il est exactement comme elle. Leurs démons portent d’autres noms mais répondent à la même instance. Le norvégien rejette cette conclusion ou la reporte du moins quand des prénoms familiers obstruent son champ auditif. Redressement de nuque et intérêt à vif. A vif. Comme ses nerfs. Le cadre est un brouillon et le carré bourdonnant, le résumé. Une succession de preuves, un marché ouvert aux criards aguerris, une battue sauvage. Alignés pour contempler le massacre, la laideur de toute vérité ou la créativité de demi-mensonge, qui peut en être juge ? Son homicide lui arrache les couleurs des joues brutalement. Son affiliation avec Kyran démantèle sa cage thoracique. Mais le pire est à craindre. Il sous-estime la suite et la fin.

Un coup dans le pare-brise, un virage raté, perforé par le verre, régurgité de tout abri et laissé pour mort sur une route sordide entouré de débris. Abandonné. Une fois de plus. Un accident orchestré par la même personne. Son regard meurt dans celui de son interlocutrice. Sa bouche pleine de vie remue et se heurte à son mutisme – comment un trépassé pourrait-il se joindre à cette orgie sonore ? Elle doit émettre des tonalités, oui mais décédé ou non,  il n’est déjà plus branché sur ce canal. La réception est mauvaise en enfer. Un acouphène trotte dans son crâne, galope même quand elle se rapproche comme si Satan le retenait. Perdu dans son palais de glaces, miroirs aux facettes multiples, il ne sait plus de quel côté regarder. C’est un labyrinthe et l’issue entrevue vient de se dérober. Mais il ne veut pas le comprendre. Entend-elle son silence aortique ? Danse-t-elle donc déjà sur sa tombe ? Sanjana le touche et le tire des flammes pour le présenter à son jeu d’aiguilles. Pas pour le recoudre. Sûrement pas pour le recoudre. Ses doigts grimpent sur ses pommettes livides alors que ses prunelles s’attardent dans le miasme profané des siennes.

Pourquoi Lui ?

Parmi tous les hommes, parmi tous les monstres  qu’elle pouvait dénicher, pourquoi Lui ? Qu’a-t-elle à gagner à partager sa couche en dehors des évidences ? Le pouvoir ? Est-elle corrompue à ce point comme Lui ? Est-elle donc à son image ? Kyran sème malheurs et récolte le fruit de sa dégénérescence. C’est une malédiction. Sa malédiction. Pas besoin de blasphémer pour en être affecté. Souillée à son contact, n’est-elle pas aussi néfaste depuis le début ? Ne le sait-il donc pas ? Son interrogation repousse son déni et ses paupières se décident à le préserver de cette affolante vision. Cécité relative pour un être jusque-là aveuglé. La paume de cette femme ébrèche sa volonté. Il veut la rejeter autant qu’il se plait à vouloir la kidnapper. L’éloigner de ce tyran. La lui subtiliser – belle vengeance méritée. Mais qu’en ferait-il donc de cette créature déjà vouée à nourrir ses succubes ? Pourquoi donc cette sensation de rupture intérieure ? Ses mains cheminent à leur tour pour gagner la nuque de la nouvelle ennemie tentant d’y déceler un semblant de discernement. « Et toi, son amante. » Il a souhaité son ton dur, âpre, méprisable mais ce qui a remonté son larynx est un concept erroné. Celui de l’affliction. Celui de la désillusion. Celui du cauchemar.

Brisé, il ouvre pourtant les yeux pour la contempler. Ce magnifique désastre. Puisqu’elle Lui appartient. Puisqu’elle est dans Son camp. Puisqu’elle n’est et ne restera qu’un délire passager, qu’une lubie dorée dans un Monde appauvri. Puisqu’il la maudit avec force. Puisqu’il la désire avec autant de vigueur. Puisque l’interdit supplante la contestation, il s’incline. Sa bouche foule la sienne sans pour autant se l’approprier laissant plutôt chaque mot venir apposer légèrement ses lèvres contre celles de son exécutrice. « Tu n’as jamais su faire les bons choix, Sanjana. » Ses doigts inondent ses cheveux et s’y suspendent pour les tirer vers l’arrière tandis qu’il lui impose un baiser brutal, sordide qu’il achève aussi sèchement en lui mordant la lèvre inférieure avec une morbide délicatesse et aussitôt une insolente barbarie. Il cherche à la blesser, à la soumettre à ce mal. Ce mal qui l’incinère depuis qu’il sait. Il arrête la pression exercée par ses quenottes quand il sent son hémoglobine rouler sur sa langue. Son souffle bascule en murmure. « Vous êtes bien assortis.» Il la relâche aussi vite et recule de plusieurs mètres à demi broyé, à demi éteint.

_________________

    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
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MessageSujet: Re: Like a painkiller, I take it (PV)   Jeu 20 Mar - 19:14

Cette vague houleuse déferle à hauteur de plusieurs mètres avant de s’écraser contre moi, je sombre dans les profondeurs des eaux froides. Je sais nager, oh que oui ma Brebis, mais les eaux peuvent s’avérer dangereuses. Je n’en avais pas conscience, et c’est à l’aube de ma vie que je l’ai compris. Le noir, le blanc, l’ombre, la lumière, la chaleur, le glacial, tous ses antagonismes font que le monde peut rester en parfaite harmonie, depuis la cécité de la vie. Parce que la neige tombe du ciel, où encore parce qu’on fait la guerre, nous vivons dans un équilibre cosmique perpétuellement renouvelable. Après tout qu’est-ce qu’est la vie ? Est-ce l’éternel renouvellement, un peu comme les saisons ? Je m’enfonce dans les méandres et les vagues moulues de l’océan, où s’étranglent dans ma gorge mes lamentations. Un bourdonnement sourd ne cessait pas de vriller mes tympans, au rythme des tambours, martellement creux étouffé par une cloison hermétique. Et alors que je sondais l’air en reprenant avec discorde ma respiration, je prenais conscience que c’était le rythme déchaîné de mon organe cardiaque que j’entendais. Et là, dans cette perdition totale, j’entrouvris la bouche dans l’espoir d’y voir échapper un son, aussi infime soit-il. Seule la noyade vint me cueillir délicatement au creux de ses bras amorphe, là où dans la volonté de m’échapper de cette inondation, un bouillon maritime vint s’engouffrer dans mes poumons annihilant toute chance de survie. Et dans cette blessure cuisante, rien n’est plus commode que l’injure,  le parjure pour dissimuler la raclure qui s’opère en moi. Bourdonnements abjecte, susurrements véhiculant une vérité bien trop dure à supporter. Et dans une bribe de clairvoyance, je me demandais jusqu’où j’étais encore capable  de sombrer, y’avait-il donc une fin à cette chute vertigineuse dans les abysses béants ? Fêlure palpable, ce tourment était juste bien trop tangible, et il y avait bien trop de cassures pour que le temps puisse les raccommoder. C’était comme un cauchemar qui prenait une tournure réelle. Lorsque le rêve devient un cauchemar, on se perd alors dans les précipices de l’enfer. Le calvaire devient une humeur quotidienne à chaque jour qui passe. Ezra me manque, oui il me manque déjà. Dans cette déchirure interne, je prenais conscience sous mes yeux égarés que je venais de le perdre. Rejetée par cet éboulement me séparant de lui,  c’est lorsque je comprends que je ne le reverrais plus, que je perçois l’affection que je lui porte et le manque qui se fait ressentir à l’idée de cette séparation.  Kyran & Ezra. Ces deux parties de moi-même ne parviennent  pas à coexister ensemble, et je sais bien que j’aurai tort de vouloir  les y contraindre. Mais mon égoïsme voulait prendre le dessus, et en conséquence, le chaos régnait en moi.

Un soubresaut d’agonie me propulse hors de cette léthargie. Il est son frère. Il est son frère ? Il est son frère ! Deux futurs, deux âmes sœurs ... C'était trop pour une seule et même personne. Et comme foudroyée par cette évidence, un hoquet me priva d’air tandis que mes épaules se soulevaient sous l’affliction. Bouleversée, je sentis le sol se dérober sous mes pieds, et dans un ultime geste de survie, je me colle contre le mur en brique de la bâtisse afin de m’y laisser glisser négligemment, docilement. Les yeux clos, la respiration saccadant, je me figeais à l’image d’une statue de pierre, médusée par ce trop-plein qui m’étouffait un peu plus à chaque instant. Ma poitrine oscillait au gré du balancement de ma respiration, ainsi qu’un sifflement s’échappant de mes lippes entrouvertes. Contre toute attente, un bruit dut m’alerter, un énorme fracas, une brisure, des éclats de verre tombant au sol dans un ronflement délicat ; car j’ouvris soudainement les yeux et les fixa droit vers Ezra ne pouvant réprimer un cri étouffé. La suite ne fut qu’un éclair. Repoussant brutalement le mur, hors de moi, je tentais de me redresser, en me cambrant désespérément pour prendre appui sur le mur en brique, mais précipitation me desservit, ma main dérapa sur la pierre, la panique me fit desserrer les jambes, et je me sentis brusquement tomber. Dans un vertige nauséeux, je m’entrevis lancer ma main vers le ressaut du mur, le saisir, le lâcher, le rattraper de l’autre main, me meurtrir en me balançant contre la façade. Le souffle coupé par le choc, je pendais là, pantelante, retenue par une seule main contre le mur, alors que je me remettais sur pieds.

Après un instant d’hésitation, alors que je commençais à me résigner, j’avais ressenti ce besoin d’obtenir une preuve irréfutable de la véracité des propos scandaleusement révélé par Danny Clocker, l’excentrique présentateur. L’air de la nuit sur ma peau mate me fit frissonner, la chair de poule me hérissa bras et jambes, et l’angoisse me sait de ce qu’il allait suivre, mais un long moment s’écoule sans qu’il advînt rien. Je m’étais contenté de le boire des yeux. Voyage en Norvège, pays scandinave, la pâleur de ses yeux me submergea et m’endigua dans cette paralysie totale où dans un rejet immédiat, je tentais avec virulence de vomir cette pensée. Quelle était la probabilité, quand on sait que des milliards d’hommes sur Terre, y foulent sa surface et respire l’oxygène qu’elle dégage ? Quel était même l’infime hasard pour qu’il soit son frère, son propre sang, sa propre chair ? Pourquoi, lui ? Pourquoi fallait-il qu’ils soient liés par ce lien sacré, immuable et indestructible malgré toutes tentatives ? Une vague de dégoût s’imprima en moi alors, que ses mains se nouèrent autour de ma nuque, pour mieux me marquer au fer rouge.  C’était une torture, cette tension enivrante qui jusque-là assoupie, se manifestait et me faisait comprendre de cette honte qui me ronge l’estomac. Désirer deux hommes, deux frères qui plus est, était à la limite de l’insupportable. La voix brisée du jeune homme m’imposa de reprendre un semblant de contenance, alors que l’affliction avait jusque-là affaissé mon visage, ternit mes couleurs, et assombrit mon regard. Sans bouger, je ne le quittais pas du regard. « Kyran est ma vie, comme la Lune est l’amante du Soleil, ou la Lumière est la précieuse de l’Ombre. Je ne suis pas son amante, Ezra … Je suis son âme sœur, sa meilleure amie, sa sœur, sa confidente, je suis tout pour lui, tout comme il est tout pour moi, il est ma vie tout comme je suis la sienne ! » ; Et dans un soupçon de lucidité, je comprenais qu’il me détestait, tout comme je le haïssais avant de le désirer corps et âme. Parce que je n’avais plus rien à perdre, le blesser était  plus simple que devoir affronter la vérité dans les yeux. Je l’avais perdu.

Et comme pour m’exacerber à ce mal, je me laissais brutaliser par le jeune homme qui me tira la tête en arrière, là où mon regard croisa le fer avec l’immensité du ciel étoilé. Je me savais parfaitement affligée par cette dualité naissante que m’inspirait Ezra, me rongeait de l’intérieur. A la naissance de mes paupières se forma une fine pellicule de larmes, alors que j’encaissais non sans surprise ce baiser fiévreux, brutal. Dans ce laps de temps, mes pupilles se dilatèrent là où je fus submergée par ce florilège de sensations. Le goût salé de l’amertume se mariait harmonieusement bien avec la douceur du miel d’été. J’avais répondus à son baiser, avidement, comme quelqu’un qui boit de l’eau fraîche après une longue journée sèche. Et cette sensation fut si grisante lors de l’acte que j’avais crus éclater de plaisir. Et dans cette cadence corporelle, je n’avais pas eu honte d’apposer mes doigts délicatement sur la courbure de sa mâchoire ; Et je compris avec une fascination ravie que pour la première fois que je partageais un baiser avec le jeune homme, je perdais tout contrôle. Et mon plaisir s’était apaisé comme des arbres à la tempête après l’orage. Après la douceur, la douleur. Enfin je secouais la tête alors qu’il s’éloignait de moi, une douleur aiguë,  lancinante sur le coin de ma lèvre inférieure attira mon attention. Ni une, ni deux, je recrachais au sol, un léger bouillon de sang, tel un ruisseau de jais. Une porte claque, des bruits de pas feutrés, des murmures à la dérobée suffisent à m’alarmer, je me précipite furtivement vers lui. Alors, je m’arrête un instant, et je l’attire dans la pénombre, confuse et hors d’haleine, le cœur affolé avant de le coller contre un mur, et d’encadrer son visage de part et d’autre avec mes mains. « Finis de jouer maintenant  Ezra … avec ce qui s’est diffusé sur tous les postes, tu es devenu l’ennemi public n°1. Alors écoute moi bien, je vais attirer ces Shadowhunters, et ainsi tu … ». Ma voix se brisa, sans qu’il fût possible de se méprendre sur l’intonation de cette fêlure. Pour toute réponse, je capturais la douceur de ses lèvres pendant quelques instants. Ce fut long, une minute entière, plus une rêverie qu’une sorte de sommeil. Alors que je me détachais de son emprise, malgré cela, je ne parvenais plus à en regretter mon acte avec le jeune homme, c’était devenu comme une passion ardente immuable. Du bout de l’index, je lui relevais son menton, de manière à ce qu’il me regardât dans les yeux. « Tu peux me rejeter à la mer, m’abandonner du haut de la montagne, ou encore m’enterrer dans les profondeurs du désert … nos chemins ne cesseront jamais de s’entrecroiser que tu le veuilles ou non. Et jusqu’à notre prochaine rencontre, tu dois survivre. Promets le moi, Ezra. » ; Avec un sourire mélancolique, je rabattis mon capuchon sur ma tête afin d’en dissimuler mon visage, alors que je reculais lentement en arrière. « Tu sais ce qu’il te reste à faire, Ezra. » lui intimais-je avant de me jeter sous le halo des phares des voitures de patrouille. On me héla, mais sans me retourner, je détalais à toute vitesse la Rue Bourbon, les chasseurs aux trousses et pour la première fois depuis des siècles, la peur au ventre.
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MessageSujet: Re: Like a painkiller, I take it (PV)   Ven 21 Mar - 0:18

Stop. Il fallait qu’elle s’arrête. Valser sur ses plaies avec la pointe de ses talons en se jurant dans ses Bras autant par le corps que par le cœur. Pire, par l’âme. Liés inexorablement comme elle le clame, ils sont donc une seule et même entité. Pourquoi ne peut-il donc le voir ? Pourquoi se refuse-t-il à déceler l’empreinte de Kyran dans ses prunelles trop sombres, tracées à la même encre, définies par les mêmes démons ?  Pourquoi ne voit-il donc que sa perte avant d’entrevoir cette affiliation malsaine à son frère, ce parjure qui parvient encore à distiller de son fléau dans son quotidien ? Il doit régurgiter ce mal être. Il n’a pas sa place là, dans sa cage thoracique. Pourquoi le laisse-t-il brimer chaque molécule le composant ? Pourquoi permettre à cette déchirure de poursuivre son parcours de sa clavicule à son nombril ? Que croit-il obtenir en lui présentant cet organe futile ? Veut-il en plus qu’elle le lui arrache ? Très sincèrement, oui. Pourvu qu’il arrête de battre. Pourvu qu’il cesse de se débattre. C’est trop tard. C’était trop tard avant même qu’il ne se prête à ses jeux. Elle Lui appartient complétement sans limites.  Réalise-t-il donc la profondeur de ce nouveau gouffre ? Bien sûr que non. Il y chute en niant le phénomène, peureux et inconscient. Cette fusillade de mots le cloue sur sa croix – loin d’être martyr pourtant. Il ne récolte que le prix de ses travers. Il ne subit que ce qu’il a cherché. Amadoué par une criminelle et donc voilà le résultat. Trahi par les circonstances, trahi par son ignorance. Vicieux retournement. Pathétique séquelle. Les hématomes poursuivent leur ascension. Elles s’apposent sur sa gorge, ses poumons. L’air se raréfie. Sanjana doit immobiliser ses cordes vocales. Elle le doit. Sinon. Sinon, il va hurler. Ne peut-elle donc pas percevoir ses cris intérieurs ? Même pas à cette distance ? Bien sûr que non. Elle est à Lui. Hors de ses frontières, hors de son espace. Il n’est rien pour elle, si ce n’est une jolie plaisanterie à goûter les jours de pluie quand l’ennui la menace d’une potentielle prise de conscience. Est-il cruel ? Il est surtout blessé. Au point d’en perdre définitivement sa retenue.

Ce baiser est fou, disloqué, chaotique et rude. Il réveille chaque parcelle inerte jusqu’à parfois l’oubli, de son organisme, il réanime la fourberie de sa naïveté – celle qui se suppose alchimiste et établit des réactions en chaîne. Enchaîné à ses lèvres, dévoué à cette bouche dont la facture semble avoir été conçue pour endurer la sienne. Il reconstruit un bouleversement aortique, il esquisse un millier de couleurs, un printemps dont les bourgeons tendent déjà vers le prestige d’un Astre renaissant. Mais c’est une saison avortée. Pas d’été. Ni même d’automne pour combler l’absence de transition. L’hiver lui glace le sang, lui perce la poitrine et le laisse pour mort face à sa meilleure alliée. Face à sa nouvelle Némésis. Sanjana. Ce prénom sonne ridiculement doux dans son esprit, chaque syllabe est enrobée par une perception nouvelle, une nouvelle consonance savoureuse, brûlante. Dangereuse. Tant de vie pour autant de dépouilles. Calciné par ce feu, déjà détérioré par la combustion. C’est un au revoir. C’est davantage encore un Adieu. Connectée à ce qu’il fuit, soudée à ses ténèbres, aussi belle que redoutable, aussi tentante que redoutée, elle n’a toujours été qu’un rêve en plein cauchemar. Il doit partir. La laisser derrière lui. Rien n’obéit à son pragmatisme cependant. Malgré le reproche, malgré la douleur, il reste devant elle. S’acharner dans l’inévitable. Qu’elle porte son cadavre au pied d’une instance plus compétente, qu’on répare ce tort. Il ne peut pas suivre ce chemin, il ne peut pas atteindre la fin de la route. Pas seul, pas en clopinant. Pourquoi a-t-il pu croire  un seul instant qu’il en serait autrement ? Captif à jamais de cette peine qu’il n’a pu anticiper, il ne la tolère pas mais l’ingère à défaut de l’abolir en ravissant cette créature inatteignable à ce qu’elle juge être sa moitié indéniable.

La course du temps rebondit sur sa réalité bien qu’elle le presse. Elle établit un schéma, un plan dont il se moque d’un seul tressautement musculaire au niveau de la joue.  A qui croit-elle échafauder un avenir ? Pas à celui qui la dévisage en la sachant hors de portée. Pourquoi veut-elle l’aider soudainement ? Parce qu’il est Son frère ? Est-ce pour ça ? Il veut la repousser quand elle s’approche. Il n’a pas besoin de sa pitié. Il refuse de cueillir sa vulnérabilité quand il ne s'explique même pas la sienne. Sa volonté s’enterre d’elle-même néanmoins quand les étincelles perturbent l’opacité de sa nuit mentale. Ses mains cherchent à comprendre les courbes de sa taille mais ce mystère ne s’écaille que succinctement car déjà, elle s’écarte. Du doigt accusateur qui ne fait pourtant que le récupérer en pleine descente, elle trouve et explore son regard. Une promesse ? Un mensonge. Un prix de consolation. Ou l’ébauche d’une autre malédiction. Il n’en veut pas. Elle peut tout garder. Tout. « Je ne te dois rien. Aucune promesse. » La faiblesse se livre dans son ténor malgré la sémantique. Qu’elle parte donc. Qu’elle aille Le rejoindre. Celui pour qui elle vit. Sa capuche devient masque et elle s’évapore dans une nichée de lumières pour se confondre aux ombres juste après. Elle prend des risques. Mais pas pour lui. Sûrement pour cet Autre. Il n’aime pas ça, il n’approuve pas. Surtout qu'il sait exactement ce qu’il lui reste à faire. Ezra ferme les yeux de sa victime qui est toujours allongé là, pose ses doigts sur sa tempe déjà glacée et s’excuse dans sa langue maternelle avant de se relever. Son dernier jour de liberté a été insipide. Mais qu’est-ce que la liberté au fond ? Le ciel, les ailes. Il a tout perdu depuis longtemps. Cette existence est une cage. Les barreaux du Monde physique ne représentent dès lors qu’un obstacle matériel pour un corps déjà condamné. Cela trouve son sens. Et il se dirige sans aucunes craintes vers le commissariat le plus proche. Parce qu’il le mérite. Parce qu’il le souhaite. Parce que là au moins, il ne pourrait plus jamais la recroiser. Parce qu’elle ne viendra pas le trouver et le tourmenter au fond de sa cellule. Parce qu’il pourra oublier les prémices d’un sentiment encore – par chance - innommé. Parce qu’il pourra guérir peut-être de cette influence fraternelle, de cet attachement grossier pour une femme désorientée. Parce qu’il est courageusement lâche. Parce qu’il est lâchement courageux. Il se rend sans plaider coupable mais sans prêcher son contraire. Il tend les bras et attend les menottes.

Sanjana. C’est censé être un point de non-retour alors que compte-t-il faire ? Revenir de l’infranchissable ? Séquestré, n’aurait-il pas le loisir d’y penser ? Il trouvera une solution. Il en trouve toujours une. Et quand elle ne se présente pas, il se l’invente. Comment abolir un ressenti ? Il a une bonne éternité pour créer une parade. Il n’a nulle part où aller. Plus rien à conquérir – ni son estime, ni sa droiture. Et surtout pas les yeux de l’indienne. Surtout pas.  

- Sujet terminé -

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    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
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Like a painkiller, I take it (PV)

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