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 Storm the sorrow {pv.}

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MessageSujet: Storm the sorrow {pv.}   Dim 1 Déc - 16:02

storm the sorrow

feat Ezra S. Reilly & Aleksi S. Lenaïk
And so, you built a life on trust. And when your house, begins to rust. It’s just, metal and dust. We argue, we don’t fight. And all foundation that we've made, built to last, they disintegrate. Stay awake to the middle of the night


A cette heure-ci, le Jackson Square est pratiquement désertique. Les derniers promeneurs se pressent au-dehors alors qu’un léger brouillard commence à envahir l’endroit. Et moi, je me presse à l’intérieur. Passe les grilles sans jeter le moindre regard au couple qui passe à côté de moi. J’abandonne mon garde du corps au passage. Il m’attendra là, Kyran a été clair, je dois être seul pour m’occuper de cette affaire. La confiance règne, mais pas suffisamment pour que je puisse jouir d’une liberté totale. Tant pis, c’est déjà mieux que rien. Je me demande encore pourquoi il m’envoie ici. Pourquoi l’informaticien et pas un de ses acolytes largement plus qualifiés pour remplir ce genre de tâche. Je ne peux m’empêcher d’y voir une sorte de mise à l’épreuve. Il sait très bien que je ne contrôle plus grand chose lorsque je me retrouve à proximité d’une de mes détestables dépendances. Et plus j’avance au milieu de ces allées, plus je me sens mal. Ce ne sera pas la première fois pourtant, que je servirais d’intermédiaire. J’en ai fait passer des choses en prison, plus de doses qu’il n’en faut pour satisfaire le plus gros dépendant du monde jusqu’à la fin de ses jours. Contraint de marchander avec les pires brutes de la prison pour obtenir un semblant de protection. L’imposante silhouette de la cathédrale me fait presser le pas. Inconsciemment, les lieux de cultes et toute la symbolique qu’ils peuvent se traîner me mettent mal à l’aise. Je n’y ai jamais cru pourtant, à tout ce fanatisme. Aussi silencieux qu’une ombre, mon cœur s’emballe lorsque j’aperçois un petit groupe un peu plus loin. Des paumés, comme moi. Qui viennent certainement chercher la même chose que moi. Ou qui sont déjà en train de consommer leur dose de la soirée. De nouveaux frissons courent sur ma peau, me dévore l’échine. Je m’éloigne, enfonce un peu plus les mains dans mes poches, soudain tenté d’en extraire une cigarette et de me ruiner encore un peu plus les poumons.

La tentation ne durera qu’un instant, remplacée par de ébauches de répliques. Des entrées en matière pour lancer la machine une fois que j’aurais atteint mon but. Il se dessine à présent devant mes yeux. Debout, parfaitement immobile près d’un banc isolé. Je ralentis l’allure, trifouille avec plus de nervosité dans mes poches. J’ai l’impression d’être un débutant, de me retrouver seul dans l’arène et de ne pas savoir quoi faire. Ce n’est pas le cas pourtant, mais tout est si différent dans les endroits clos et confinés  que reproduire le même schéma ici, me dérange. Pourquoi moi, bon sang ? Je Le déteste. Lui et ses idées à la con, qui me tournent en ridicule sans la moindre gêne. Un raclement de gorge, étouffé, puis un second plus sûr cette fois qui attire son attention.

« - Dégage de là, je ne traite pas avec les mômes.
-Je viens récupérer sa commande. » Je le murmure si faiblement que cela en est ridicule. La phrase en elle-même est ridicule. Ce n'est pas comme ça que cela fonctionne, je le sais pourtant. Il me jauge, de la tête au pied, méfiant à en crever. Je n’ai pas la tête de l’emploi, plus je sens son regard qui me scanne et plus j’en prends conscience. Mes doigts se crispent dans mes poches, et finissent par en sortir une enveloppe contenant de quoi le dédommager. Il commence à comprendre, l’éclat dans son regard à la vue du morceau de papier lui donne un air moins dangereux. Juste une seconde et voilà qu’il se renfrogne à nouveau et s’écarte légèrement. « - Je ne fais affaire qu’avec Kyran… D’où tu sors ? Qui me dit que c’est lui qui t’envoie ?
- C'est avec que tu feras affaire ce soir, désolé. Personne.
- Me prend pas pour un con, tire-toi. » Le prendre pour con ? Je me retiens de sourire, garde l’air le plus calme du monde pour ne pas prendre plus de risque. Il en a bien la tête pourtant, du parfait con de service. Je reste planté là, relance la conversation et tente en vain de le convaincre de me refiler la came avant que je ne perde patience.

J’ai perdu patience. Lui aussi. Comme un jeu d’enfants qui tourne mal, j’ai  été le premier à perdre la partie. A laisser mon irritation prendre le dessus. Les fourmillements courent encore le long de mon bras, je me suis brisé la main contre sa tronche de parfait abrutit. Il n’aura pas perdu un instant pour répliquer, je n’en attendais pas moins d’un type dans son genre. Dealer de bas étage, trop paranoïaque et certain de posséder un bien des plus extraordinaires, pour seulement lâcher l’affaire sans d’histoire. Toujours éviter de s’en prendre à plus fort que soi. Surtout quand cette personne se trouve être armée. Le froid du canon contre ma tempe me fait grelotter. Et de nouveau mon cœur s’emballe. « - Si tu fais ça, tu vas avoir de gros ennuis crois-moi. »Comme si Il allait s’inquiéter. Il râlerait, ravagé par la colère d’avoir perdu une somme folle. Taperait peut être sur ceux qui se tiendraient à sa portée avant de retrouver son calme et de chercher une nouvelle boniche. L’odeur du sang m’obsède, tord mes entrailles avec une telle force que tout ma carcasse en devient douloureuse. J’agrippe ses mains, frappe du coude dans ses côtes et inverse la vapeur. Ses omoplates se fracassent contre le dossier du banc, et je resserre ma prise contre le col de sa veste. Posant au passage le pied sur le revolver tombé à terre. Au milieu du silence, il me semble discerner le murmure étouffé d’une démarche. L’herbe crisse et les pas se rapprochent. Je relève la tête, cherche la source du bruit du regard. Mais ne discerne rien, ou pas grand-chose du moins. Le brouillard continue de se lever, apportant avec lui les premières lueurs de la nuit. J’aurais préféré que la transaction se fasse en plein jour. J’aurais surtout préféré, ne pas avoir à faire ce genre de sale boulot.

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MessageSujet: Re: Storm the sorrow {pv.}   Lun 2 Déc - 22:37

Le crépuscule enivre l’horizon et durant une poignée de secondes, il se surprend à l’admirer. Si les yeux d’Ezra s’égarent avec fascination sur les nuances colorées que le ciel offre, un vieux sentiment troublant grignote sa poitrine. C’est une heure étrange où les gens se pressent dans les allées pour gagner la chaleur d’un foyer, les bras d’une mère, d’un mari. C’est le moment où une bonne partie de la ville se replie pour retrouver les membres de sa famille. Famille, quel mot amer. Il roule dans son esprit pour prendre la forme d’un prénom. Il ne veut pas penser à ça, à lui. Le jeune homme abandonne le spectacle de lumières pour se focaliser un instant sur son pan de ténèbres. Sa solitude le fait traîner des pieds et ne l’amène pas dans la bonne direction. Il vient de terminer son service à l’hôpital et à l’instant où tous ces êtres se ruent pour se retrouver, lui se terre davantage dans son exil affectif. Ce n’est pas tant un manquement en sociabilité qui le place dans cette suite de pas incohérente. La vérité, c’est qu’il n’y a plus grand monde pour se tenir à ses côtés quand la nuit enveloppe ce coin du Monde. Pour autant, il n’est pas à plaindre. C’est son choix, il ne laisse de place à personne. Qui voudrait d’une créature peu scrupuleuse ? Encore ce nom. Non, Kyran est justement la raison de ce repli. Il ne compte pas pourrir dans les mêmes enfers même si la damnation est aussi certaine pour lui qu’elle l’est pour son frère. L’urgentiste resserre ses doigts autour de sa veste en continuant sa progression hasardeuse, la tête définitivement baissée. Il avance sans direction, sans but aucun si ce n’est celui de l’errance. Il ne veut pas jouer sa comédie et retrouver un appartement vide de sens, vide de vie, vide de tout.

Son parcours est irréfléchi mais il devient bien vite mécanique. Il refait méthodiquement ses rondes, celles d’une époque révolue quand il ne jurait que par l’ordre. Quand il servait cette paix relative qu’il croyait acquérir à force de violence, de soumissions et d’hurlements. Cette vie-là – à défaut d’être utopique, remplissait une bonne part de sa satisfaction quotidienne. Des idéaux, l’impression de faire la différence, d’agir en opposition totale à cette anarchie que son aîné pensait gouverner. Sauf que les méthodes le rapprochaient bien plus de son frangin qu’il ne veut le reconnaître. L’ancien peacekeeper se faufile parmi des ombres fuyantes. Ce quartier est hostile quand le Soleil tire sa révérence. Il lui arrivait de venir dénicher plusieurs infamies comme lui par ici. Là où le crime s’adonne à son art, il y a toujours de la vermine. Prouve-t-il ce fait en s’y rendant à son tour ? Il n’est pas là pour se nourrir de criminels bien que l’idée est alléchante. Alors pourquoi ? Il l'ignore. C’est un réflexe, une vieille habitude et sûrement un trait de mélancolie se condensant dans ses veines. Dans cette autre existence, il cohabitait avec sa part animale, il se sentait plus ou moins entier alors. Il poursuit une sensation en somme, sans craindre le danger. Au contraire, au fond de lui, il l’appelle. Le brouillard commence sa lente progression renforçant ce climat incertain, imprévisible et  excitant. Il se mêle aux bruissements interdits de Jackson Square, un drôle de rictus tordant ses lèvres. Ici, il n’y a aucune règle et non, ça ne lui plaît toujours pas.

Quelques mètres plus loin, des voix émergent. Il ne cherche pas à en identifier la cause jusqu’à ce que… Jusqu’à ce que ces fichues syllabes troublent encore sa quiétude partielle. Encore lui, encore son frère. Il se rapproche silencieusement et reconnait les intonations d’une des deux personnes ce qui le fait s’intéresser d’un peu plus près à la conversation. Il ne peut discerner grand-chose avec cette brume insolite mais il peut écouter et deviner. Une lutte s’opère, il la sent presque. Ezra délaisse sa fausse indifférence pour enjamber l’espace qui le sépare d’un ami. Un ami qui ne devrait pas se trouver là, à opérer une quelconque transaction au nom d’un démon. La scène se dévoile au fur et à mesure assombrissant son regard de fureur. Elle ne se perçoit pas pour autant dans le ton de sa voix. Il ré-endosse un rôle qu’il ne peut pourtant plus revendiquer quand il articule avec fermeté. « Ça suffit. » Il n’a plus aucune autorité mais il joue encore à ce petit jeu pourtant. Comme un soldat, il ne peut pas ranger son arme en prétextant la reconversion professionnelle. Il est toujours ce qu’il a été. Ses prunelles passent d’Aleksi à l’ordure qu’il a mobilisée pour le moment, mais ce qui attire vraiment son attention, c’est le flingue sous son talon. Son regard se fait plus dur alors qu’il délie calmement un nouvel ordre. « Fais glisser ça vers moi. Calmement. »  Il n’a pas une confiance aveugle en Aleksi – bien qu’il l’estime, il a l’esprit embrouillé par Kyran, il risque de devenir dangereux pour tout le monde et la brute qu’il maîtrise toujours, reste trop proche à son goût de cette arme. Il faut qu’il éloigne ça d’abord et puis… Et puis, soit ce mec finissait par partir, soit… Le goût du sang semble lui coller au palais. Qui qu’il soit, il trempe dans les affaires de son frère. C’est une bonne raison pour le haïr, une bonne raison de justifier des actes extrêmes. S’il remue, il n’hésitera pas. Il sait quoi faire. Il sait exactement quoi faire.

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MessageSujet: Re: Storm the sorrow {pv.}   Mer 4 Déc - 21:21


L’illusion est parfaite. D’abord le murmure de pas s’approchant. Une démarche que je connais. Ou du moins je crois la connaître. Et enfin l’odeur. Infime d’abord, comparée à celle étouffante de mon sang, et les notes grossière de celui que je maintiens prisonnier. Il transpire la suffisance et son hémoglobine a quelque chose d’écœurant. Au-dessus de cet amalgame dérangeant plane les notes entêtantes de la drogue qu’il cache dans ses poches. C’est dans ce genre de situation que je réalise à quel point cette dépendance peut encore me coller à la peau. Je me suis échiné à me persuader que je l’avais laissé derrière moi. Derrière des barreaux à présent gelés. La mort de Fanny aura eu le mérite de remettre les choses en place. De faire ressurgir celui que j’avais si aisément enfoui dans le creux de mon cœur. Aussi néfaste soit-elle, Son influence a au moins le mérite de m’empêcher de jouer un rôle. Ces notes qui s’élèvent dans le brouillard me frappent, et je me fige. Si semblables… Et pourtant totalement différente. Sans même le voir, je parviens déjà à opposer un nom sur la personne qui se rapproche. Mon cœur ralentit sa course, emballé par la perspective de Le trouver. Qu’Il est changé d’avis et vienne régler lui-même ses affaires. Je me fais honte, à m’emballer par la promesse irréelle de Sa présence. Alors que lorsqu’Il se trouve à proximité, je L’ignore. Le rejette du mieux que je le peux. Mes doigts se repositionnent sur le tissu froissé, s’y agrippent avec un peu plus de force pour l’empêcher de trop se débattre. Et mon pied repousse légèrement l’arme en arrière, l’éloigne de son propriétaire. Il m’insulte, m’accable d’une flopée de mots qui me passent au-dessus de la tête. Je me fiche de ce qu’il peut penser. A vrai dire j’ai arrêté de l’écouter dès l’instant où les premières injures sont sorties de sa bouche. Ce ne sont que des  menaces qui ne font que me frôler tant elles sont insignifiantes à mes yeux. Il en faut bien plus pour me faire trembler. Un autre aspect de Son conditionnement, qui me rend finalement service.

L’ombre devient finalement tangible, les traits se dessinent et se rapprochent. Le dealer se crispe sous mes doigts, agresse du regard le nouveau venu. Visiblement mécontent de se retrouver ainsi dérangé. J’en viens presque à regretter de ne pas l’avoir cloué sur ce maudit banc. Littéralement. Lui faire les poches comme le ferait un bon junky qui se respecte et me tirer sans demander mon reste. La marchandise et l’argent pour l’acheter seraient allés droit dans Ses poches. Que demander de plus ? Rien… Et tant de chose pourtant. Je le déteste, ce besoin permanent de me glisser entre les griffes du danger. Il me colle à la peau et une fois de plus vient de me jouer un mauvais tour. Son premier ordre passe à la trappe. Vole jusqu’à mes oreilles puis s’en échappe aussitôt. L’autre émet un infime grognement, qui se trouve être un rire, je suppose. La seconde injonction me fait jeter un regard vers le sol. J’hésite et bouge enfin mon pied. Une erreur de parcours, une baisse de vigilance, que je paye par un coup savamment bien placé contre ma tempe. Et un second, qui me détruit les entrailles et me fais reculer. Stupidement. L’odeur du sang envahit mon cerveau, estompe toutes les autres. La douleur qui me scinde le crâne enfle, devient si forte que je crains d’en perdre la tête.

« - D’où tu sors ? Reste où t'es, où je te fais sauter la cervelle. » Il s’agrippe à son arme avec une détermination presque ridicule. Et nous dévisage. A tour de rôle son regard fiévreux se pose sur Ezra puis sur moi. « - Ah très bonne idée, vas-y… Tu vas augmenter ton chiffre d’affaire avec Kyran si tu fais ça. » L’ironie claque dans l’air, se pose sur ses épaules alors que je retrouvais enfin un certain équilibre. Je ne sais pas ce qui me dérange le plus. Que nous ayons été dérangés, ou de me retrouver face à Son frère. Dans les deux cas, la situation est en train de mal tourner, et cela ne me convient pas. Ce n’est pas ce que j’avais prévu, et je ne me sens pas d’humeur à faire face à de tels imprévus. J’aurais dû refuser, m’opposer à Ses foutus ordres et balancer à la poubelle Ses rêves de grandeur ridicule.  « - Réfléchis un peu avant de faire un truc stupide, donne-moi ce que tu me dois, je te file le fric et tout le monde est content.. » J’approche d’un pas, me ravise aussitôt lorsqu’il se remet à me tenir en joug. Je laisse échapper un léger soupir de lassitude. J’ai toujours aimé compliquer les choses. Faire simple n’a jamais été dans mes habitudes. Apparemment, il partage le même goût que moi pour les paquets de nœuds impossible à défaire. Maintenant ou plus tard, je vais me faire tuer de toute manière. Si je reviens sans cette foutue drogue, et si en plus Il apprend que son frère était là… Je ferais bien d’ aller réserver un emplacement dans le cimetière d’à côté. Je me surprends à esquisser un infime sourire, amusé par cette pensée malgré toute la morbidité qu’elle peut dégager. J’efface d’un revers de main le sang qui se glisse sur ma joue et jette un infime regard vers Ezra. J’en viens presque à regretter ma nounou qui m’attend sagement dans la rue.

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MessageSujet: Re: Storm the sorrow {pv.}   Mer 18 Déc - 20:38

Quand le rire s’insinue entre eux, Ezra doute un instant de sa provenance. Qui jubile vraiment ? L’avorton que tient, pour l’instant, en joug Aleksi ou la créature qui loge désormais ses entrailles ? Qu’espère-t-elle ? Un buffet gratuit et sans scrupules ? L’ancien peacekeeper restreint l’accès à sa bouche, à ce sourire satisfait qui cherche malgré lui à poindre. Il est bien placé pour savoir que la justice a trop souvent besoin de violence pour être entendue mais il ne peut s’empêcher pourtant de croire que d’autres alternatives existent. Est-ce que ça l’intéresse seulement ? Oui pour l’humain, non pour cette chose difforme qu’il est devenu. Parions donc sur un peut-être pour l’heure. Cela a peu d’importance pour le moment. La seule chose qui en ait, c’est ce conflit qu’il doit désamorcer. Devoir ? C’est une notion plutôt récurrente pour lui. Devoir, pouvoir et être, il jongle entre ses trois verbes depuis toujours. S’en tenir au premier concept lui procurait autrefois, la pleine satisfaction. Mais depuis un moment, un arrière-goût amer hante son palais quand il atteint l’objectif. Un sentiment d’inachevé, de non-sens parfois même, une nuance manquante et sur laquelle, il ne peut poser un terme. Une frustration innommée, fantomatique qui a tôt fait de virer en angoisse récurrente et lancinante. Elle devient alors une vieille plaie que l’on cherche à oublier mais qui se manifeste au premier virage. Condamner à une insatisfaction perpétuelle sans en connaître les causes. N’est-ce pas là le prix le plus maigre à encaisser pour ce qu’il est ? Le jeune homme inspire doucement et laisse l’air s’engouffrer dans sa cage thoracique afin de distiller ses luttes internes. Une chose à la fois.

Plus froidement encore, il pose son regard sur les deux protagonistes. Il déchiffre dans la gestuelle d’Aleksi, une hésitation certaine mais à peine, le voit-il esquisser un mouvement du pied que son opposant profite de ce temps de latence pour inverser la tendance. L’urgentiste ne bouge pas, il sait que ce n’est pas le bon moment. Non, soyons plus précis, il le sent. Vivre sous forme animale durant un Siècle lui a permis de se reposer complétement et aveuglément sur ses instincts. Alors au lieu de se ruer sur la brute, il analyse les coups donnés et les dégâts causés. Rien qui ne puisse se réparer. Son examen silencieux prend fin quand leur adversaire lui adresse quelques mots. Il se replie dans un mutisme voulu, choisi tandis que le poids de son regard lui transperce la rétine. Il est prêt à tout, il le dévoile sans aucune impunité à la vue de tous. Le danger se confond dans ce miasme fiévreux qu’il projette visuellement – suffisamment pour qu’Ezra soit plus que jamais sur ses gardes. Son allié vacille encore un peu quand il délie sa langue. Sa touche ironique n’est pas très judicieuse, il va énerver davantage leur agresseur. Une légère grimace tord fugacement les traits du jeune homme alors qu’il s’attend à un premier tir mais rien. Rien pour le moment du moins. Aleksi fait preuve de diplomatie et tente de le raisonner mais il doute que ça suffise. Non, il en est certain. Cet homme lui confirme en changeant la trajectoire de son arme. Les yeux d’Ezra captent ceux de son ami furtivement. Des fourmillements familiers roulent sur la peau de l’ancien métamorphe, l’excitation qui précède l’action. Tout peut arriver – le pire mais également le meilleur. C’est une forme de liberté qu’il apprécie. Il laisse une poignée de secondes se dissoudre en se perdant dans un panel d’options. Il doit être désarmé. Il doit et il le sera.

Quand il est sûr que leur antagoniste est fixé sur son complice, il se jette sur lui et exécute des gestes efficaces, machinales, habituels. Oui, il a bien trop l’habitude de réagir de la sorte. Il lui tord le bras qui tient l’arme, frappe avec son pied derrière ses genoux pour le faire tomber et le force à ouvrir la paume pour en retirer le pistolet. Presque trop facile… Presque. La brute remue, s’insurge et lui fiche un coup d’épaule dans la mâchoire. Ezra grogne et reprend aussitôt le contrôle en passant un bras autour de sa nuque. Il pourrait la lui briser, il suffirait de resserrer la pression ou alors... Son appétit se réveille d’une seule onde. Il pourrait se servir. Que du bénéfice, pour lui bien entendu mais aussi pour la société - une ordure de moins. Vu la manière dont son ami le traite, il se doute que si cette petite transaction se termine mal, Kyran ne sera pas content. Perspective alléchante, contrarier son aîné. Sauf qu’il le connait. Il va s’en prendre à Aleksi même si il n’est pas coupable et puis, ne s’est-il pas promis d’éloigner son nez des affaires de son frère ? Sa conscience oscille et le procès mental s’opérant, perdure un peu trop pour être qualifié de normal. Il enfonce le flingue entre les omoplates de la brute pour lui rappeler qu’il ne compte pas lui donner de seconde chance tout en contractant un peu plus ses muscles autour de sa gorge avant de s’adresser très, trop calmement à Aleksi. « Qu’est-ce qu’il te doit exactement ? » Il veut savoir ce qu’il se passe entre eux. Par curiosité ? Pas vraiment. Il tente de démêler ses propres pensés, le vrai du faux. Il cherche donc à gagner du temps ? Disons, qu’il essaie juste de trouver des raisons valables de lui laisser la vie sauve. Et il compte sur le second témoin de cette scène pour lui en fournir. Au final, qui pense-t-il aider ? Et que pense-t-il servir ? Il n’en sait rien.

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MessageSujet: Re: Storm the sorrow {pv.}   Ven 20 Déc - 21:05


Interdit du moindre mouvement, à la merci d’un pauvre dealer de bas étage, je me sens totalement inutile. Ridicule aussi, de m’être ainsi laisser avoir. Je les connais pourtant, les types de son espèce, pour en avoir côtoyé un bon nombre en prison. Je connais leur mode de fonctionnement, sait pertinemment que le raisonnement ne fait pas partie de leur habitude. Et comme un parfait débutant, j’ai cru l’espace d’un instant qu’avec lui ce serait possible. Une fois le décor différent, peut-être que les comportements changent eux aussi. Une erreur de parcours, de débutant qui aura même eu le droit à son spectateur. Et pas n’importe lequel, c’est bien ça qui me dérange. Que Son frère soit là, qu’il ait assisté à la scène et s’en mêle. Avant même que je n’ai le temps de réfléchir plus avant, la situation change à nouveau. Glisse des mains du dealer pour passer à celles d’Ezra. Lui aussi à l’habitude de ce genre de chose, ses gestes le prouvent et j’en reste interdit. Il en impose autant que son aîné et a l’air d’être aussi redoutable que lui. J’en esquisse un sourire, amusé par ce constat des plus incongrus dans un moment pareil je dois l’avouer. Rapidement maîtrisé, le pauvre homme se retrouve à nouveau dans une situation fort déplaisante, n’en perdant rien de son aplomb. Des fourmillements se glissent dans mes doigts, m’obligeant à ouvrir et refermer mes mains sur un rythme régulier. Mon regard se perd dans le vide, quelque part au-dessus de l’épaule d’Ezra qui devient aussi flou que le reste. Les fourmillements n’annoncent jamais rien de bon. Je connais suffisamment cette sensation pour savoir que je suis en train de perdre patience. Que les nerfs s’effritent et se retrouvent à vif. La raison courbe peu à peu l’échine face à la déraison. L’entêtement avec lequel il s’était obstiné à ne pas vouloir traiter avec moi avait commencé à m’agacer. Réveillant en moi des envies assassines des plus dangereuses. Pour lui, comme pour moi. Je me fais violence encore, pour rester cet homme maître de ses émotions. Ne pas m’abaisser au niveau de ce type à la violence facile.

La question d’Ezra me tire de mes pensées. Me fait ciller plusieurs fois jusqu’à ce que mon regard se repose sur lui. Je les avais presque oublié, tous les deux, à m’enfoncer encore un peu plus dans mes sombres élucubrations. Ce qu’il me doit ? Ce que tout bon dealer devrait devoir à un camé. Une dose de sa marchandise pour satisfaire les envies de délires. Ce qu’il me doit en réalité ? C’est tellement plus qu’une histoire de drogue. C’est un morceau de Sa confiance. Le droit d’aller et venir sans être suivi par autre chose que mon ombre. Un semblant aussi, de Sa considération. Je m’emballe, j’en ai conscience, mais j’espère au fond, que la parfaite réalisation de cette transaction changera l’opinion qu’Il peut avoir de moi.

« - Sa meilleure poudre blanche. » La réponse claque dans l’air, et ma voix me surprend. Impassible et sans équivoque, elle donne l’impression qu’un calme sans faille coule dans mes veines. Ce n’est absolument pas le cas, et plus je tente de l’ignorer, plus il devient entêtant. Spectateur de la scène, j’ai pourtant l’impression que quelque chose ne va pas. Il me faut un moment avant de trouver quoi, et de réaliser avec stupeur que mon ombre m’a abandonné pour s’avancer d’elle-même vers l’improbable duo. Ce n’est pas la première fois que j’assiste à ce genre de manifestation de sa part. Mais à chaque fois j’en reste totalement interdit. Incapable de faire quoi que ce soit pour l’empêcher d’agir. Sa volonté propre, dépasse la force de la mienne, cela ne serait qu’une perte de temps. J’esquisse malgré tout un pas en avant, et laisse s’échapper un infime hoquet de stupeur. Juste avant de voir les doigts de mon ombre se glisser contre ceux d’Ezra. Juste avant que le coup ne brise le silence régnant dans le parc et que la carcasse du dealer s’effondre à terre. Mon cœur s’accélère, l’odeur du sang titille mes sens et agite le monstre qui sommeille en mon sein. Un battement de cils et je la vois qui revient se glisser sous mes pieds comme si de rien n’était.

« - Il se foutait de nous depuis le début. » Ce constat n’est qu’un murmure, plus pour moi que pour lui. Il n’avait jamais eu l’intention de me vendre quoi que ce soit. Et il l’a tué. Je l’ai tué. J’en ai le souffle court, et je ressens à nouveau cette étrange sensation de vide extatique qui m’envahit après chaque meurtre. Après le plaisir malsain que cet acte peut me procurer. « - Pourquoi a-t-il fallu que tu t’en mêles ? Je contrôlais la situation ! » Je m’emporte légèrement, pose sur lui un regard qui se veut empli de stupeur et de désespoir. Masquer au mieux le tumulte qui me tord les entrailles avec tant de soin depuis quelques minutes. « - Regarde ça maintenant… » L’angoisse perce, fait vriller ma voix et s’imprime sur mes gestes. Je me retourne et contemple les environs, craignant soudain de voir sortir du brouillard les ombres fantomatiques des âmes en peines errant dans ce maudit parc. De voir arriver mon garde du corps, alerter par le coup de feu qui vient de crever le silence. Je retiens mon souffle, avant de lâcher prise, et de tourner le dos au vide pour reposer mon regard sur l’urgentiste.  

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MessageSujet: Re: Storm the sorrow {pv.}   Lun 23 Déc - 22:55

Bien entendu. Cette réponse est celle qu'il a déjà esquissé en pensées mais peut-être qu'il veut encore lui laisser le bénéfice du doute. Peut-être qu'Ezra cherche à se convaincre qu'Aleksi ne s'enfonce pas avec toujours plus de démence sur un chemin tracé par Kyran. Est-ce trop tard ? Y a-t-il vraiment une échéance sur ce type de descente aux enfers ? Une date butoir, des critères objectifs pour déterminer si le temps imparti s’est écoulé ? Bien sûr que non, rien n'est aussi simple. La bonne question est de savoir s’il a envie d'être tiré de ce milieu. Et la vérité, c’est qu’il sait que ce n’est pas le cas. Il l'a compris et il ne peut pas décemment aider quelqu'un qui ne l'écoute pas. Qui est-il de toute façon, pour jouer les justiciers ? Il n'a pas la prétention d'être lavé de tout soupçon et de tout crime. Ses mains sont davantage marquées par le sang que par le reste. Blâmer son ami ne rime à rien en somme mais pourtant, il défie toutes ses notions de droiture et bafoue l'ordre par lequel il ne fait que jurer. Il ne peut s'empêcher de le juger victime avant d'être criminel. Même si son regard se fait sévère quand il l’observe dévoiler sa réalité sans aucune gêne apparente, aucune réprimande ne s'échappe de sa bouche – pour l'instant du moins. Ses yeux reviennent sur la brute qu'il tient toujours en joug. Il ne veut donc pas lui fournir la marchandise, encore un troc qui aurait pu mal tourner. Aurait pu? Il croit qu'il va réussir à le laisser partir? Il n'en sait rien encore. Le remettre aux autorités est aussi une option. Il n'est satisfait d'aucunes de ses alternatives et surtout pas des plus lâches et pacifiques. Il sait qu'un cadavre de plus sur la conscience ne résoudrait rien. Et pourtant... Pourtant. Ce serait facile et terriblement grisant. Œuvrer au nom d’une cause, d’une idée, d’un sentiment. C’est égoïste. Purement égoïste. Pourtant, il sent ses doigts resserrer leur prise autour de la crosse et aussitôt une pression qu'il n’exerce pas de sa propre volonté, s'opère sur la gâchette.

Un blanc opaque lui recouvre l’esprit quand un déferlement sonore s’abat sur ses tympans. Il entend avant de comprendre, tout est suspendu sa respiration, sa conscience. Ce bruit est incroyablement doux, il en apprécie la familiarité et la foule d’émotions qu’il glisse imperceptiblement dans sa poitrine. Il croit bêtement contrôler la situation juste parce qu’il a le flingue dans sa paume, que la détonation n’a procurée aucune douleur physique et qu’il est donc sauf. Des trainées de sang se perdent sur ses doigts, ses vêtements et peut-être son visage. Il ne perçoit que cette odeur métallique qui ne l’incommode plus depuis longtemps. Tout est familier et pourtant, le malaise le prend à la gorge très rapidement. La vive euphorie s’écarte au profit d’une froide panique qui lui comprime la cage thoracique. Durant plusieurs secondes, il reste là, immobile, figé dans son mouvement. Perdu dans sa confusion, il n’a pas remarqué l’ombre proche qui se défile après son crime. Cependant, une voix le tire de sa stase. Qui lui parle ? Ah oui, Aleksi. Il l’a oublié ? Il a complétement perdu ses notions temporelles et géographiques, oui. Il recule alors très posément de quelques pas malgré la guerre qui s’opère dans son crâne comme pour prendre le recul mental qu’il ne possède pas. Ses prunelles se posent sur le cadavre et puis, sur l’arme. Sa main ne tremble pas. Il est terrifié de le constater. Le gisant au regard vitreux le défie même dans sa mort – qu’est-ce qu’il va faire ? Non, qu’est-ce qu’il a fait ? Il a envie de jeter l’objet du meurtre, mettre de la distance entre ce monstre d'insensibilité qu’il est devenu et l’homme qu’il croyait, voudrait être mais il n’en fait rien. A quoi bon sauver des apparences déjà consumées ? De toute manière, c’est une preuve et il sait comment s’en débarrasser intelligemment.

Les intonations de son interlocuteur le font redresser la nuque dans sa direction. Un sourire malsain se hisse sur ses lèvres alors qu’il articule avec sarcasme « Parce que tu vas m’en blâmer ? C’est toi qui n’aurais pas dû te trouver là en premier lieu. Regarde-toi plutôt. Tu ne maîtrises rien du tout, Aleksi. » Ni son existence, ni ses actes, ni… Ezra hoche de la tête pour retrouver un semblant d’humanité et de lucidité. Il se pince l’arête du nez en quête d’une paix intérieure vaine. Son index répand un peu de sang sur son épiderme, ce contact lui arrache un long frisson le long de son échine. Un nouveau nom sur sa liste. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Il ne parvient plus à savoir si son désir d’en finir à dépasser ou non sa raison. Ça n’a plus d’importance dans les faits, n’est-ce pas ? Pourquoi s’égare-t-il dans cette anxiété ? Pourquoi remettre ce pêché sur le dos de son ami ? Mais est-il vraiment innocent ? Il sait que ce dernier le détaille. Voit-il des similitudes entre son frère et lui ? Cette pensée lui donne littéralement la nausée. Il respire pesamment avant de sereinement s’approcher du corps. Très pragmatique et toujours trop calme, il délie un « Il faut qu’on se débarrasse de lui maintenant. Le coup de feu risque d’attirer du monde. » Il remarque que son comparse d’infortune est nerveux, trop nerveux. Et il sent déjà sa patience s’effriter. Il sent qu’il est lui-même perché sur un point d'équilibre fragile. Il oscille entre la douleur oppressante de sa culpabilité et la sourde détermination qui le pousse à agir. Avec fermeté, il lui demande d'établir un constat. « Tu vas m’aider, oui ou non ? » S’il ne s’en sent pas capable, qu’il s’écarte. Mais ce n’est pas que son délit. Ils le partagent bien que ce soit lui qui ait déclenché le drame. Il s’est rendu complice. L’urgentiste se penche pour analyser l’état du corps et en décider ensuite de la méthode d’élimination. Durant un instant, il se questionne sur son potentiel énergétique. Il ne peut être redescendu si vite à zéro, non ? Se servir directement sur les morts. Non, il refuse de tomber aussi bas et de creuser toujours plus son amoralité. Il en a assez fait pour ce soir, pour toute une vie même. Pour l'éternité à vrai dire.

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MessageSujet: Re: Storm the sorrow {pv.}   Mer 25 Déc - 20:44


Les battements sont douloureux. Vifs et emplis d’une énergie puisant sa source directement dans l’adrénaline engendrée par ce meurtre. J’en reste encore pantois, regarde le cadavre sans vraiment le voir. Plus attiré par la tâche de sang qui s’agrandit dans son dos. Et l’infime trou provoqué par la balle. Mon inconscient a pris le dessus sur ma propre raison. Fatigué de me voir tergiverser et réfléchir pour un rien, quand la seule option était d’agir. Tuer me répugne toujours autant. Tous les meurtres que j’ai pu commettre jusqu’à présent étaient justifiés. Guidés par un besoin vital de vengeance, d’obtenir réparation pour le mal engendré. Mais là… Rien ne justifiait une telle sentence. Rien hormis peut-être ce besoin insatiable qui me tiraille les entrailles. Cette fascination que le sang peut exercer sur moi. Il me rend malade pourtant. Je suis à présent tiraillé entre une violente nausée et l’envie de me rapprocher. De laisser l’air que je respire se teinter d’écarlate et de fer. Me détruire les poumons en respirant l’air vicié par la mort que je viens de donner. Bien que je vais te blâmer pour cela. Je ne suis pas stupide au point d’avouer mon propre méfait. De rejeter la faute sur mon ombre et la liberté qu’elle vient de s’octroyer. Il me prendrait pour un aliéné, et en faisant cela, je compromettrais la suite de mes plans. Je me renfrogne, fronce les sourcils et tente de chasser les tremblements qui agitent ma pauvre carcasse. L’angoisse me prend à la gorge et je ne parviens pas à me calmer. Je n’ai pas peur que l’on nous surprenne. Je m’en fiche. Les règlements de compte sont monnaie courante ici. J’ai peur de la suite. Des représailles qui me tomberont dessus si je rentre les mains vides. Mon regard passe d’Ezra au dealer, et je le détaille à nouveau comme si je le voyais pour la première fois.

« - C’est toi qui a appuyé sur la détente. » Je le murmure en haussant légèrement les épaules. La désinvolture de mon geste se trouve malmenée par mon trouble. Je me frotte la nuque, le cerveau fonctionnant à plein régime pour tenter de trouver une solution à cette affreuse affaire. Me trouver là, je te l’accorde, je n’aurais pas dû être ici. Je ne suis qu’un informaticien, rien de plus. Traiter avec le monde extérieur ne me concerne pas. Cela ne faisait en aucun cas partit du contrat. Son sarcasme brûle la peau. Fait battre violemment mon sang contre mes veines et mes tempes jusqu’à me rendre sourd au reste des bruits alentours. L’ironie est un art génétique apparemment. J’ai presque eu l’impression de me retrouver face à son frère. Ils se ressemblent bien plus que je ne veux le croire. La ressemblance physique est infime, mais le comportement peut parfois prendre le même chemin chez l’un comme chez l’autre. Pour avoir une sœur, je sais à quel point cela peut être vrai. Je me fais violence pour ne pas l’envoyer balader. Lui cracher mon venin à la figure et laisser parler cette colère sourde qui commence à m’envahir. Une telle perte de contrôle reviendrait à voir mes plans s’effondrer. Je doute de pouvoir vraiment l’utiliser comme je le souhaitais au départ. Je me suis attaché à lui plus que je ne l’aurais voulu. Ce constat me blesse, perturbe un ordre que j’avais pourtant si bien établi. J’ai toujours eu horreur du hasard et des contretemps. Des erreurs de parcours aussi infimes soient-elles. La suite me laisse néanmoins sans voix. Efface ma nervosité et je me sens totalement vide. Un pauvre navire abandonné au milieu de la tempête par son équipage, sans aucun moyen de se sortir d’une si mauvaise passe.  Se débarrasser de lui ? Je le fixe, un brin hébété. Incapable de vraiment savoir s’il est sérieux ou s’il a dit cela comme le ferait tout bon témoin d’un meurtre dans un mauvais polar. Pour se donner bonne conscience.

« - Et tu comptes en faire quoi ? L’enterrer ? Le planquer sous le banc en priant pour qu’on ne le voit pas ? » Je secoue la tête, ravalant une partie du sarcasme qui était venu se glisser dans ma voix. Il n’a pas tort cependant. Ce serait bien là la meilleure solution. Effacer les preuves. Pour que personne ne puisse se douter de ce qu’il s’est passé ici. Pour qu’Il ne retrouve pas son ancien dealer. Je ne sais pas ce qui serait le pire en fait. Qu’Il apprenne sa mort et m’en croit responsable. Ou bien que la nouvelle lui soit rapportée bien plus tard, une fois le corps déjà rongé par la vermine. Et que la faute soit jetée sur d’autres épaules. « - Les règlements de compte arrivent souvent dans le coin. Personne ne viendra, à une heure pareille… » Je tente de me convaincre moi-même. De me persuader que personne ne sera attiré par ce bruit annonciateur de malheur. Il n’y a que le silence qui nous entoure. Epais, lugubre. Lui et, les battements violents de mon cœur qui ne cesse de se fracasser contre mes côtes. Je regarde à nouveau le cadavre, répugne à la toucher. Mon aversion se glisse sur mes traits, les décompose un instant avant qu’ils ne retrouvent un semblant d’aplomb. Je finis par m’approcher, posant un genou à terre pour retourner la carcasse et farfouiller dans toutes ses poches. Je me donne l’impression d’être un pauvre type totalement en manque. Capable de détrousser un mort pour obtenir son dû. Ce doit être l’image que je lui donne. Tant pis, peu m’importe en cet instant. Il n’y a pas grand-chose, dans toutes ses poches. Des papiers emplis de noms et d’adresses. Une autre liste, de tous ceux qui lui devaient de l’argent. Et quelques sacs de poudre blanche. Mon butin est ridicule, et le sang sur mes mains me tord les entrailles. Je pousse un soupir et reste planté là, à côté de la preuve de mon méfait. Je ne contrôle rien, mes mains tremblent. D’angoisse ? De frustration ? Un mélange de tellement de chose que je ne saurais dire laquelle prédomine.

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MessageSujet: Re: Storm the sorrow {pv.}   Mar 31 Déc - 0:28

L'atmosphère se joue un peu de lui en s'écrasant contre ses tympans jusqu'à écarter son environnement sonore, même proche. Comme sonné par la détonation, il met un certain temps à entendre et à comprendre ce que son interlocuteur lui avance. Pourtant, la vérité qu'il énonce se transforme bien vite en mains puis en doigts qui s'empressent de comprimer sa carotide. La culpabilité l'étouffe durant plusieurs secondes tandis que ses yeux toisent froidement cet homme qui rejette sa part de responsabilité. Y aurait-il eu un corps à leurs pieds si l'assaut n'avait pas eu lieu ? Bien sûr que non. Mais avec des « si », on peut reconstruire une vie et même le Monde. Ezra peine à reconnaître sa propre motivation derrière ce meurtre facile. Cette violence lui collerait-elle à ce point à la peau qu'il n'a plus d'emprises sur ses propres gestes et sur sa propre volonté ? L'ancien peacekeeper se contente d'un léger rire à peine audible en guise de réponse. L'attitude générale d'Aleksi contraste avec ses tentatives de désinvolture. Une horde de détails trahisse son ami et ce malaise amplifie malgré lui sa faute. Sa propre incompréhension se mue en une froide détermination et une lucidité surprenante. L'urgentiste se focalise sur les faits jusqu'à omettre les émotions se bousculant dans sa poitrine. Est-ce seulement vrai ? Il sait ignorer le ressac de ses pensées pour un certain laps de temps, oui. Et ce dernier reste pourtant une variable incertaine dans cette équation qu'il pense pouvoir aligner à l'infini. C'est rassurant de croire qu'on a un certain contrôle – même partiel, sur son propre esprit. Pourtant, il le sait, celui-ci gagne toujours la bataille. C'est une guerre perpétuelle dans son crâne et il n'y a au fond aucun gagnant. Il n'y a qu'un perdant et ce sang sur ses doigts a la saveur putride d'une nouvelle défaite. Cette odeur métallique semble s'être suffisamment insérée dans ses poumons pour qu'il ait l'impression qu'elle s'attarde aussi sur son palais. Les effluves sanguinaires titillent toujours plus la créature qu'il abrite mais heureusement, les intonations de son comparse le tirent à nouveau de cette démence.

L'ancien métamorphe fait claquer sa langue en signe de désapprobation tout en ajustant son regard sur la silhouette voisine. Si il a le temps d'user de sarcasme et de remarques futiles, il sait lui porter une main secourable afin de déplacer le corps. La solution la plus efficace qui lui vient en tête nécessite un coin tranquille et il doute trouver ça dans ce parc. Il réfléchit toujours plus à la procédure la plus sûre à observer quand il interrompt encore le cours de ses songes. Il devient agaçant à être nerveux et buté dans une fausse conception de la justice actuelle. Certes, ce qu'il dit n'est pas tout à fait faux et il ne peut le réfuter dans sa totalité. Mais il reste des chances qu'on enquête. Il sait comment pense l'ennemi pour l'avoir été. Ennemi? Il est vraiment sur la mauvaise pente pour en arriver à employer ce terme. Toujours est-il qu'il ne veut laisser aucune place au hasard. Peut-être que son complice ne se sent pas impliqué de cet homicide et si c'est le cas, alors il n'a qu'à partir. « Je ne te demande pas de te convaincre toi-même que tout ça va se résoudre tout seul. Si tu veux partir, je ne te retiens pas. » D'un regard dur, il détaille encore une fois son allié d'infortune.  « Je te demande juste de faire preuve de discrétion. Mais je peux compter sur toi pour ça, pas vrai ? » Le norvégien n'a pas envie que ce dérapage parvienne aux oreilles des autorités mais également à celles de son frangin. Peut-il avoir confiance ? Il l'espère. Toujours penché près du mort, il observe son interlocuteur s'approcher à son tour pour lui fouiller les poches. Ezra serre la mâchoire et se fait violence pour ne pas l'arrêter. C'est toute la conscience qu'il a donc ? Et lui alors ? Ne vient-il pas d'envisager dépouiller cette carcasse qu'il a abattu, d'un potentiel restant d'énergie ? Il ne peut tolérer pourtant ses actes mais si il l'empêche, il risque d'engendrer la colère de Kyran. Sa morale et sa raison se disputent le terrain alors que les paumes d'Aleksi tremblent toujours malgré cette presque assurance avec laquelle il détrousse un macchabée.

L'urgentiste finit par se redresser pour le toiser de toute sa hauteur. Il n'y a rien en dehors des froissements de branches et de leurs respirations. Tout l'Univers semble s'être éteint pour ne se résumer qu'à cette pitoyable scène. D'une voix blanche et quasi dématérialisée, il pose une unique question. « Ça valait la peine dis-moi ? T'es content de ton petit butin? » Il ne la pose pas tellement à son ami mais davantage au symbole. Il pense à son frère. Est-ce qu'il est heureux de mener une vie aussi abjecte ? A effrayer chaque personne l'approchant ? A forcer des gens bien comme Aleksi à tomber aussi bas dans cette même déchéance, enivrer par l'appât du gain ? Est-ce que cette quête de pouvoir le comble ? Il ne peut pas croire que ça soit le cas – il ne veut pas s'imaginer que c'est le cas, et il n'attend aucune réponse de la part de l'homme qu'il fixe avec une mélancolie qu'il ne tente pas de camoufler. Il reprend ses esprits en relevant le regard vers le reste de leur décor – agréablement désert.  « Je dois le transporter dans un endroit tranquille. Tu as un véhicule ? » Il ne peut pas décemment le traîner sans attirer l'attention. Au pire, il connaît les coins improbables de Jackson Square mais si il va au bout de son idée, le brûler ici risque d'être suspect. Trop suspect.

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Dernière édition par Ezra S. Reilly le Jeu 2 Jan - 21:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Storm the sorrow {pv.}   Jeu 2 Jan - 20:40


Partir. Discrétion. Autant de mots qui résonnent dans ma tête. Sonnent comme une mauvaise chanson qui me hante. Et je frissonne. Terrifié à l’idée que cette mésaventure vienne à s’ébruiter. Qu’Il apprenne cet incident. Et sache que j’en suis l’auteur. Le seul et l’unique responsable de la mort de ce pauvre diable. Accuser son cadet. Je lui jette un regard, l’étudie comme si je le voyais pour la première fois. Cherchant dans sa physionomie quelque chose qui me permettrait de rendre l’accusation recevable. Rejeter la faute sur un autre. Le stratagème a quelque chose de fortement déplaisant. Et en user me déplait fortement. Ai-je vraiment le choix ? Choisir entre dispute fraternelle et une énième correction… Je n’ai pas besoin d’y réfléchir à deux fois pour me décider. Mon pauvre Ezra, tu t’es trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment. Tu as assisté à une chose que tu n’aurais jamais dû voir. Moi qui craignais de ne pas pouvoir me servir de lui lorsque l’occasion se présenterait. Je constate, avec un certain plaisir, que ce n’est pas le cas. Du moins, pas totalement. C’est avec un léger pincement au cœur que je reporte mon attention sur le cadavre à mes pieds. Sur le sang qui tâche à présent mes mains et les petits sacs que j’ai pu récupérer dans ses poches.

« - Il va être imbuvable s’il l’apprend. Il ne doit pas l’apprendre… » Je le murmure plus pour moi que pour lui. Qu’il l’entende ou non, peu m’importe. Un certaine lassitude m’envahit, fronce mes sourcils alors qu’un soupir vient frôler mes lèvres. Je Lui en veux. Encore plus maintenant que la rencontre a tourné à l’homicide.  « - Rien ne vaut la peine de finir de cette manière. Pour être franc, je m’attendais à mieux. Et peut-être un peu plus de quantité venant de sa part. » Je hausse les épaules, profondément déçu par mon butin. Pourquoi alors m’a-t-Il envoyé ici ? Il devait savoir. Que la récolte serait aussi ridicule. Je serre le poing, et les dents au passage, ravale la rancœur qui vient se glisser sur ma langue. Ce serait tellement stupide. Une simple soirée et tous mes efforts pour ne pas m’attirer Ses plus qu’il n’en faut se verraient détruite. J’en secoue la tête puis finit par me relever. Tu as un véhicule ? La question me laisse sans voix. Fait rater quelques battements à mon cœur. Et c’est un regard empli de surprise que je pose sur Ezra. Avant d’étouffer un petit rire jaune.

« - Je suis contraint de me coltiner un foutu garde du corps dès que je mets le nez dehors, alors un véhicule… Je n’ai malheureusement pas cette liberté-là. » La désinvolture revient, efface les derniers restants de cette angoisse factice que je me suis échiné à conserver après la mort du dealer. La réplique se voulait amuser, mais je réalise à quel point elle peut être juste. Lourde d’une vérité qui l’est toute autant. Et qui m’étouffe à chaque fois que j’y repense. Je m’y enlise pourtant, dans cette relation franchement malsaine. Et je ne fais rien pour m’en sortir. Cette surveillance qui engendre une telle absence de liberté, je finis par l’apprécier. Autant que je peux la détester. « - Il n’y a pas besoin d’aller bien loin. Un coin tranquille suffira pour le faire disparaître. » Je regarde une nouvelle fois autour de nous. Peu convaincu par mes propres paroles. Foutu cadavre. Cette situation m’agace au plus haut point. Et j’en profite pour gratifier mon ombre d’une œillade assassine. Je me sens ridicule d’ailleurs, d’accuser une entité qui d’ordinaire ne fait que suivre la volonté d’une autre. Par ta faute, il va falloir trouver un moyen de se débarrasser de ce type. J’espère que tu es satisfaite. J’ai la sensation de la voir bouger, se moquer littéralement de moi. Voilà que j’hallucine. Je secoue la tête, et tente d’y remettre un peu d’ordre. Appeler Kyran. Et après ? Lui demander de venir m’aider ? Pour qu’Il se retrouve face à son frère ? Non, sûrement pas.

« - Qu’est-ce que c’est que ce merdier ?! » Je sursaute. Et fait volte-face pour me retrouver nez à nez avec mon garde du corps. Je l’avais totalement oublié. Le coup de feu aura eu le mérite de l’attirer ici. « - Et qu’est-ce qu’il fout là, lui ? » Une question à la fois. Un problème à la fois. « - C’est ma faute. La situation a dégénéré. Il faudrait le faire disparaître… » Pas besoin de lui en dire plus. Il avait compris avant même que je ne le dise. Lui aussi est en tort. Et dans son intérêt, il valait mieux que son patron ne l’apprenne pas non plus. Lui qui a horreur du travail mal fait, apprendre qu’un de ses larbins avait failli à sa mission le mettrait hors de lui. Pour ne pas changer. L’armoire à glace hoche la tête, attrape le cadavre par la capuche et le charge sur ses épaules comme un vulgaire sac de pommes de terre avant de disparaître. Le silence, à nouveau pesant, me glace le sang. Il y a quelque chose dans l’air d’affreusement malsain. « - Il ne dira rien. C’est dans son intérêt. » Lâchais-je au bout d’un moment. Et voilà un problème auquel il n’était plus utile de penser. Ce qu’il va en faire, je m’en fiche royalement. Du moment que les preuves disparaissent.

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MessageSujet: Re: Storm the sorrow {pv.}   Mer 8 Jan - 18:22

Ses marmonnements s’allongent et se perdent dans l’air ambiant sans qu’Ezra ne parvienne à les saisir. Aleksi est fragmenté – à qui la faute si ce n’est au marionnettiste qui tire ses ficelles de loin ? Il est déconcertant de constater avec quelle facilité, le norvégien sait remettre toutes les ratures de ce Monde sur le dos de son frère, n’est-ce pas ? Il n’est pas dénué de raison même si la subjectivité se glisse dans ses cheminements. Cependant, il ne peut s’empêcher de collecter sur le visage voisin, les preuves de son passage, sa marque de fabrique. La perdition d’un être, une nouvelle tragédie en cours d’écriture. Son frère appose chaque mot de sa main. Il enchaîne les drames, les abat sur d’autres créatures comme si... Il fallait qu’il perpétue ses propres malheurs, comme si il voulait entraîner avec lui d’autres personnes. Ne se sent-il pas simplement seul ? L’ancien peacekeeper chasse ce songe dérangeant. Non, il ne l’a pas été. A l’époque, il l’avait lui. Mais ça n’a apparemment pas suffi. Et ça ne suffira jamais assez de toute manière. Il ne lui reste donc qu’à contempler les débris qu’il occasionne, à chaque passage. Ces sachets contre ses paumes ensanglantées, les traits décomposés, un triste spectacle qui oblige l’urgentiste à fermer les paupières durant quelques instants. Il aimerait tellement réussir à le sortir de ça. Mais il ignore comment s’y prendre. Ce n’est pas en s’immisçant comme il vient de le faire qu’il va résoudre quoique ce soit. Le cadavre lui démontre sa propre capacité à rater ce qu’il entreprend, à détruire tout ce qu’il touche. N’est-ce pas une fatalité génétique au fond ? Ça lui donne la nausée. Emmuré dans sa réflexion, il écoute d’une oreille distraite la réponse de son interlocuteur à une question tout bonnement rhétorique.

Pour être franc, je m’attendais à mieux. Son cœur se crispe sur un battement si vivement étouffé qu’il en souffre presque physiquement. L’ancien métamorphe expire plus doucement cependant quand il comprend qu’il s’agit de la marchandise et non, de son attitude à lui. Il sourit tristement alors sans répliquer quoique ce soit. Il trouve ça pathétique. La scène, leurs visages, celui du défunt, son anxiété et tout ce sang. Mais le comble reste ce maigre butin qu’on pourrait croire arraché aux entrailles du mort tant l’hémoglobine se dispute le terrain sur ses doigts. Regarde bien cette couleur, Aleksi. Imprime-la dans ta rétine. C’est tout ce que tu obtiendras. Les syllabes ne s’extirpent pas de sa gorge, elles y restent bloquées et dégringolent lentement son pharynx. Faire la morale, il n’est déjà plus en position. Il s’est autorisé assez d’écarts. Tout le crédit qu’il aurait pu mobiliser, s’évapore à la vue de ses propres mains souillées de toute façon. Il n’y a plus rien à ajouter pour l’heure. Il ne reste plus qu’à effacer les preuves à défaut d’oublier cet incident. Son rire le fait relever la nuque et froncer les sourcils. Un oiseau en cage. Il imagine facilement de quel acier Kyran a forgé cette prison. Il lit la surprise et entend l’amertume. Sa désinvolture ne prend pas. Il n’y croit pas. D’une voix blanche, il articule un simple « Je vois. » En temps normal, sa compassion aurait décousu cette parfaite fausse indifférence qu’il ne réserve qu’à peu de personnages et sûrement pas à celui-ci. Mais dans l’absolu, il n’est plus lui-même.

Sa déroute visuelle l’entraîne à nouveau sur le crime et agacé par l’insouciance ainsi que paradoxalement la nervosité de son complice, il fait claquer quelques mots sur sa langue. « Pas pour ce que j’ai prévu. Je t’ai déjà dit que tu n’étais pas obligé de rester. C’est ma responsabilité. Reste en-dehors de ça. » Il s’agite, il remue. Ezra sait que lui, est bien trop calme. Il sait également que ça reviendra le hanter plus tôt que tard mais il l’ignore volontairement afin d’être efficace. Il s’apprête à trainer la dépouille dans un autre coin – le temps de trouver une solution alternative quand une silhouette massive se place juste derrière Aleksi et le fait sursauter. Le norvégien se fige, une main déjà posée sur l’arme qu’il a conservée. Leur échange est bref et suffisamment clair pour qu’il comprenne de qui il s’agit. Les prunelles de l’urgentiste vont et viennent de l’un à l’autre avec sévérité, en bon témoin silencieux. Il n’a pas vraiment le temps de l’arrêter ou de s’interposer juste après. La brute s’abaisse, prend l’objet de leur confusion et s’en va. Ça ne peut pas être aussi simple que ça. C’est trop facile. C’est encore plus immoral car c’est son délit. Ce ne devrait pas être aussi aisé de s’en débarrasser. Ça ne lave ni sa conscience, ni l’acte. De quoi se plaint-il ? La liste est longue. Il en fait porter le poids d’un regard sur les épaules de la dernière personne présente. « Bravo. Ils t’ont bien lavé le cerveau à ce que je vois. Ou alors tu te plais à te voiler la face. Tu penses pouvoir lui faire confiance ? Il travaille pour Kyran, c’est une bonne raison pour ne pas le faire. »

Le sang-froid de l’ancien peacekeeper se fissure à mesure que les phrases lui échappent et sans s’en apercevoir, il abolit la distance entre lui et Aleksi. « Qu’est-ce qu’il va faire ? Comment il va le faire ? Où ? Tu ne peux pas répondre à ces questions. Il peut mal se débarrasser de ce corps. Cette solution est la pire. L’incertitude ! Rien n’est réglé parce qu’on ignore si il va bien faire son boulot et si il va la fermer. Tu le réalises ça ?» Il lui en veut ? Il en veut à cet énergumène. Il en veut à ce trafiquant mort, il en veut à son idiot d’aîné et il s’en veut mais son ami,  lui n’a rien avoir avec cette colère improbable. Il n’est qu’un pion dans le jeu d’un autre.  Il lui arrache un des sachets de ses mains et l’agite sous ses yeux. « C’est simple pour toi ? C’est normal ? Ça te plaît ? C’est si gratifiant que ça ? »  Autant de dédain dans sa voix que dans son attitude mais bien vite, l’indulgence adoucit ses traits jusqu’à les confondre en douleur. Il éprouve autant d’affliction pour cette situation que d’affection pour la personne perdue qui le fixe. « Tu mérites mieux que cette vie. » Il réalise alors à quel point l’endroit est devenu vide. Le macchabée disparu, il ne reste rien pour occuper l’espace. A croire que tout le décor ne se résumait qu’à lui.

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MessageSujet: Re: Storm the sorrow {pv.}   Sam 11 Jan - 16:18


Ma responsabilité… S’il savait. Je continue d’hésiter. D’errer entre deux eaux sans savoir quel courant choisir. Je me sens affreusement honteux, de lui faire porter la faute alors qu’il n’y ait pour rien. Et au fond, qu’il pense cela m’arrange. Ma couverture reste en partie intacte, seulement tâchée par le sang que je me suis moi-même mis sur les mains en fouillant le corps. Corps qui n’est déjà plus là. Je cherche ma baby-sitter des yeux, mais ne trouve rien. Rien, hormis le vide et les ténèbres qui nous entourent. Pourquoi le chercher ? Pour avoir la certitude qu’il ne fera rien de stupide. Qu’il remplira sa mission sans chercher à comprendre. Il le fera, j’en suis persuadé. Au fond, on se ressemble. L’un comme l’autre, nous avons fini par comprendre qu’il était  dans notre intérêt de ne pas froisser l’autorité de Kyran. Parle et tu es un homme mort. La règle est simple, et parfaitement assimilé par tous ceux qui gravitent autour de lui. Sauf un peut être. Je suis certainement le seul qui s’octroie le droit de Le prouver comme je peux le faire.  Ezra me tire une fois de plus de mes pensées. Je suis trop distrait. Je me laisse happer par mes délires et en oublie le rôle que j’ai choisi de jouer après avoir appuyé sur la détente. J’ai été conditionné pour ne faire confiance à personne. De voir en mes congénères des prédateurs et rien de plus. Des dangers, qu’il me faut à tout prix éviter si je souhaite rester en vie. C’est navrant, d’en arriver là. De considérer les autres comme des ennemis et de conserver si égoïstement les fragments de sa confiance. Je secoue lentement la tête en signe de négation. Ouvre la bouche puis la referme le temps de formuler quelque chose de correct.

« - Ni l’un ni l’autre. Et effectivement, je pense pouvoir lui faire confiance. Se taire et éviter qu’il apprenne des choses susceptibles de mettre Kyran hors de lui, ce sont des petites habitudes que l’on prend lorsque l’on est amené à côtoyer un type comme lui. » Je lâche tout cela dans un soupir, tout en regardant d’un regard absent le petit sachet restant dans le creux de ma main. Je sursaute lorsqu’il se rapproche. Et reporte toute mon attention sur lui.  Je me suis posé ses questions. Sans trouver de véritable réponse. Je ne sais pas ce qu’il va en faire. Et pour être franc, je m’en fiche. Qu’il l’enterre, le donne à manger à des chiens errants ou le découpe en morceaux pour le disséminer aux quatre coins la ville, le résultat reste le même.

« - C’est justement parce qu’il travaille pour Kyran, que le travail sera bien fait. » Je le regarde dans les yeux en murmurant cette réponse. Convaincu par mes propres paroles tant cela est évident pour moi. Il ne sait rien. Il ne peut pas comprendre. C’est son frère pourtant. Et quand bien même, je suis le premier à savoir que les liens du sang ne font pas tout. La suite me laisse interdit. Sans voix et fortement surpris par son élan de colère dédaigneuse. Je ne sais pas quoi dire. Et ses mots me blessent. Je recule, d’un pas. Et fourre au passage le sachet restant dans ma poche. Il a raison. Il a cruellement tort aussi. Ce n’est ni normal, ni simple. Rien n’a jamais été simple. J’en arrive parfois à les jalouser, tous ceux qui mènent une existence dénuer du moindre problème. Quand moi je ne suis rien de plus qu’un aimant à problèmes. Je me renfrogne malgré moi, déstabilisé par son ton et tout le dédain qui a pu suinter de ses mots. « - Rend-la-moi… » Mon ton est peut-être plus agressif que ce que je voulais. Tant pis. Je ne suis plus en état pour me contrôler aussi bien que j’aurais pu le faire dans un autre moment. Ma main se tend dans sa direction. Un instant avant de retomber contre mon flanc. Pour cacher les infimes tremblements qui l’agitent. La situation me dépasse et plus je tente d’en démêler les fils, moins j’y vois clair.

« - Rien n’est simple. » Les mots s’étranglent dans ma gorge et m’abandonnent. Tu mérites mieux que cette vie… Qu’est-ce que tu en sais ? Rien du tout. Il n’est pas le premier à me dire une pareille. Et l’entendre me tiraille les nerfs à chaque fois. Mieux que quoi ? Que ce néant qui me sert d’existence ? C’est fort possible. Et le remplacer par quoi ? La solitude ou un retour à la case prison ? J’en esquisse un sourire, forcé et tout ce qu’il a de plus cynique « - Vraiment ? Et quelle autre vie je pourrais avoir ? » La question n’attend pas de véritable réponse. Sauf s’il en a une vraiment excellente à me donner. Mais j’en doute. Je le scrute un instant, puis finit par dés-enraciner mes pieds du sol pour contourner le banc. Ce silence m’indispose. Le calme avant la tempête, j’en ai horreur. « - Non, c’est vraiment le mieux que je puisse avoir. » Après dix ans passés derrière des barreaux, faire la fine bouche n’est plus une option. Et sans Kyran, je ne sais pas où je serais en ce moment. Pas ici en tout cas, c’est certain. Mes doigts tapotent contre le dossier métallique du banc avant que je ne m’y installe. Je vais devoir rester planté là jusqu’à ce que l’autre revienne. Ou lui fausser compagnie. Une idée alléchante en soi, que j’oublie bien vite. Ma dernière tentative s’est soldée par un lourd échec et une rencontre des plus incongrues. Inutile de recommencer, surtout après ce qu’il vient de se passer.

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MessageSujet: Re: Storm the sorrow {pv.}   Mar 21 Jan - 14:47

Cette soumission, cette conviction, elle recouvre ses pupilles et se colle à sa langue. Elle n’est pas nouvelle, elle n’est pas surprenante mais elle reste dérangeante. Aveuglé par cette sorte de confiance tacite, Aleksi lui démontre sa dépendance. Cet ascendant irrite Ezra autant qu’il le peine. Est-il à ce point naïf ? Si ce garde obéit aux mêmes règles empiriques, il est sûrement davantage lié par un contrat que par une empreinte émotionnelle comme semble l’être son ami. Leur situation est sans doute différente mais en cela, le laisser s’effacer avec le cadavre au profit d’une paix relative pour les heures à venir, semble ridicule. Pourra-t-il taire ses fautes et sa défection évidente indéfiniment ? Le norvégien en reste interdit. Malgré les humeurs changeantes et virulentes de son patron, osera t-il cacher des preuves à ce dernier pour autant ? Ne craindra-t-il pas à son tour les retombées néfastes si ce dernier aux multiples oreilles, venait à l’apprendre ? La fidélité de ses hommes de main, n’est-elle pas à la hauteur de leur compétence ? Il connaît suffisamment son frère pour penser comme tel. C’est donc ça qui le dérange au fond ? En grande partie. Il ne veut pas que son aîné ait vent de cet acte gratuit de violence. Quant à la méthode employée, il espère qu’elle soit efficace. Ne pas régler ses problèmes lui-même. Il ne supporte pas ça. Non seulement, cela le plonge dans une odieuse insécurité mais en plus, il a l’impression de fuir ce qu’il est. C’est avec ce genre de comportement qu’il finira par devenir définitivement une créature dénudée de scrupules et amorale.  Les doigts de l’ancien peacekeeper glissent sur cette arme qu’il a encore en sa possession. Chaque contact lui rappelle son crime et sa brutalité. D’une voix toujours cassante, il réplique simplement à son interlocuteur. « Nous verrons. Il est trop tard de toute manière. Je ne lui porte pas la même confiance aveugle et je continue de penser que ça reste une grossière erreur. J’aurais pu m’en charger. » La morale ? Il n’aurait pas dû s’immiscer dans ce qui ne le regardait de toute évidence, pas.

Non content de cette finalité interne, il ne peut s’empêcher de muer sa colère en compassion pour mieux réitérer ce schéma. Qu’espère-t-il ? Sauver celui qui ne cherche en aucun cas à l’être ? La victime semble vouloir récupérer une part de son magot et va jusqu’à tendre la main. La pitié qu’il inspire à son opposant, croît en douleur certaine. Pourquoi être autant affligé par cet être ? Il a choisi cette voie tout seul après tout. Et ce n’est pas de l’empathie. Il n’y a rien de louable à cette affliction. L’ancien métamorphe n’y voit qu’une superposition, une fatalité à laquelle il a déjà goûté. Aleksi le remplace à merveilles dans le rôle du garçon perdu qui suit docilement ce qui semble être un leader. C’est Sven qui éprouve autant de chagrin et qui aimerait le tirer de là. Il sait comment toute cette histoire finira, il sait très bien ce que cette vie insipide coûte, seconde après seconde, à celui qui mérite plus que de l’hémoglobine sur ses paumes et un vide permanent dans son existence. Ezra, lui, essaie de se retirer du jeu depuis un moment mais il ne peut pas gagner toutes les batailles. Rien n’est simple. Il justifiait, lui aussi, leurs méfaits à l’époque avec cette phrase, où le froid et la faim les guidaient dans des rues enneigées. « C’est aussi plus simple de croire que tout est forcément compliqué. » Combler ses ratés avec des vérités succinctes ne l’aura mené qu’à sa perte. Mais comment lui faire comprendre ?

Durant de longues secondes, il se tait et l’observe. Puis étrangement et soudainement calme, il s’avance un peu pour déposer dans sa paume le sachet dérobé. Sa main force les doigts d’Aleksi à se refermer là-dessus et garde la pause quelques instants alors que ses yeux viennent cueillir les siens avec fermeté. « Les limites, c’est toi qui te les imposes et toi seul. Tu peux rêver d’une autre vie et la construire. Il n’est jamais trop tard pour ça. Tu pourrais trouver de vraies raisons pour avancer. Ne me dis pas que ce genre d’activités t’épanouit. Je ne te crois pas. »  Il lui sourit tristement alors et relâche la pression qu’il exerce sur sa main sans pour autant reculer. « Je n’ai pas à me mêler de ça.  Et je ne le ferai plus. Mais… » Son regard s’agrippe plus voracement au sien. « Le jour où tu réaliseras que j’ai raison, je t’aiderai. » Il ne peut rien faire d’autres pour lui malheureusement et finalement, il le distance de quelques mètres en se focalisant davantage sur cette dernière preuve qu’il possède encore. Lui rendre sa came n’avait pas été chose aisée mais il ne trouve aucune raison de la lui saisir. Ça ne change plus rien à ce stade et au contraire, ça risque de lui attirer de nouveaux ennuis. En redressant sa nuque et en détaillant une nouvelle fois son ami, il ne put s’empêcher d’ajouter pour la forme. « Tu devrais penser à désinfecter tes blessures. » Surréaliste ? Toute la situation l’est. A commencer par tout ce sang qui sèche sur leurs habits, épiderme et au sol. Il sait qu’ils ne doivent pas traîner ici mais se résoudre à l’abandonner aussi sec… Que va-t-il faire ? Si lui se sent instable, il n’est pas sans savoir que son comparse l’est d’autant plus. Au fond, c’est ça qui le terrorise avec Aleksi. Que Kyran ne finisse par totalement l’anéantir. Et bizarrement, il s'en sentira coupable. De ne pas l'avoir arrêté à temps et d'être affilié d'une quelconque façon à ce frère qui ne jure que par le pouvoir.  

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MessageSujet: Re: Storm the sorrow {pv.}   Ven 24 Jan - 21:55


Sa mansuétude me dérange. Et plus je sens son regard s’appesantir sur moi, plus j’ai la sensation d’être une vile créature. De me jouer d’un être qui ne demande rien de plus, si ce n’est me sortir d’une situation qu’il juge dangereuse. Il a tout à fait raison, j’en suis pleinement conscient. Lui qui connait Kyran mieux que quiconque. Mieux que moi. Je ne sais rien, au fond, sur cet homme. Je n’ai que quelques misérables suppositions qui me permettent d’alimenter le portrait dressé dans mes délires. Je regarde d’un œil éteint le sachet qu’il repose dans ma main. Docile, je me laisse faire. Contemple mes doigts fermement maintenus par les siens avant d’oser lever les yeux et croiser son regard. Le malaise s’accentue, quelque chose tremble dans mes prunelles. La lueur vacille et ma gorge se serre encore un peu plus. Je serre les dents, tressaille et me dérobe face à cet examen silencieux. Qui me rappelle les Siens. Cette habitude dérangeante qu’Il peut avoir de regarder droit dans les yeux avant de s’exprimer. Avant de lâcher la bombe, un sourire perfide au coin des lèvres. Ezra est Son parfait opposé. Je n’avais pas pris cela en compte, au début. Ignorant mes sentiments et ma faiblesse. J’ai oublié, ce petit détail qui prend à présent des proportions gigantesques : je ne suis qu’un être humain. Calculateur au possible, mais faible. Il me manque ce plomb autour du cœur. Cette barricade qui me rendrait insensible au reste du monde. Côtoyer des monstres de la trempe de Kyran, me permet d'ériger un infime mur de briques autour de mon cœur. De ralentir le processus de remords, pour ne les rendre que plus intense une fois le mortier et les pierres écroulés. A croire que je ne suis pas fait pour la perfidie la plus totale et pour ne rien ressentir. Je lui en veux, à cet organe qui bat avec tant d’ardeur contre mes côtes. Qui me coupe le souffle et me pousse à prier pour qu’il se taise par crainte que d’autres oreilles que les miennes ne viennent à l’entendre. Peut-il l’entendre ? Lui qui me tient encore la main et qui s’exprime à nouveau. Ses paroles me font esquisser un infime sourire, que je m’efforce de lui cacher en baissant la tête. Je n’aime définitivement pas la tournure que peut prendre cette soirée. J’ai froid, et je frissonne. D’inconfort. De fatigue. Elle devient physique, s’infiltre dans la moindre fibre de mon être. Elle devient mentale aussi. Je me perds dans le fil tortueux de mes pensées. Et je deviens incapable de démêler cet entrelacs. Mon château de cartes s’effondrent et j’assiste impuissant à la destruction d’une grande partie de mes plans.

Il me lâche et je resserre encore un peu plus ma prise sur mon sanglant butin. Pour ne pas perdre pied. Lorsque la mélancolie s’installe, ma langue se délie et je serais capable de révéler le secret le plus intime sans m’en rendre compte. Lui dire que je sais tout. Qui il est. Qui est Kyran pour lui. Et pourquoi je m’intéresse à lui. Pourquoi je me rapproche un peu plus de sa personne à chaque rencontre. Lui dire, que je suis le seul responsable, et que cette marre de sang luisante sur l’herbe est de ma faute. Le fruit de mon esprit dérangé et de ces sombres pulsions qui s’agitent sous ma peau.  

« - Pense ce qu’il te plaira, c’est ton droit. Mais cette solution-là, t’évitera au moins d’avoir encore plus de sang sur les mains. » Ce n’est pas ce que je voulais dire. Ce ne sont certainement pas les mots que j’avais mis bout à bout dans mon cerveau. Je l’accuse encore un peu. Enfonce un clou qui me fait mal à moi aussi. Malgré moi, mon regard dévie, s’échoue contre mes pieds et mon ombre. Elle ne fera plus rien ce soir, j’en suis persuadé. Reprendra son existence solitaire lorsque je m’y attendrais le moins. Pour pourrir la mienne ou celle d’autrui. « - Faire la fine bouche ne fait plus partie de mes habitudes. Je prends ce que l’on me donne et je m’en contente. » Cette fois, l’assurance n’est plus. Juste un souvenir, et lorsque ma voix s’éteint sur les derniers mots, je me sens sale. Rongé jusqu’au fin fond de mes os par le vice. Est-ce là, ce que l’on appelle la perfidie ? Certainement. Je prends ce que l’on me donne… C’est en partie vrai. Et totalement faux. J’ai choisi tout ça. J’ai délibérément choisi de m’enchaîner à cette existence malsaine. Et je ne l’échangerais pour rien au monde. Je t’aiderai… Son aide. Qu’il se propose de me l’offrir de la sorte, après ce qui s’est passé. Ce qui se passera encore, ne fait que me briser encore un peu plus. Je me mords la lèvre, et torture mes phalanges à présent délestées de leur butin. Sagement dissimulé dans les poches de mon sweat. J’ouvre la bouche et la referme aussitôt. Coupé dans mon élan par le retour de mon garde du corps. « - On se tire, maigrichon. » L’ordre me pousse à me renfrogner. A froncer les sourcils et gratifier l’intrusion d’un regard sombre. J’esquisse un pas dans sa direction. Puis un second avant de me retourner vers Ezra. Que la rencontre s’arrête là, a quelque chose de gênant. Me laisse une affreuse sensation d’inachevé dans le cœur. « - Je le ferais. » J’hésite. Cherche mes mots, m’apprête à rajouter quelque chose à plusieurs reprises pour finalement me raviser. « - Tu devrais faire de même… Je marque encore une pause, et pose finalement mon regard sur lui. Ce n’était pas de ta faute Ezra. Je suis désolé. » L’excuse me semble bien plate après tout ce que je me suis échiné à faire pour me laver de toute accusation. Un dernier sourire, à peine esquissé et aussitôt effacé avant que je tourne les talons et suive l’ombre de ma nounou. Si j’en reviens à le croiser à nouveau, je serais incapable de le regarder en face. Incapable d’enregistrer ses gestes et ses paroles dans un coin de mon cerveau pour ensuite mieux les réutiliser contre lui. Je me retrouve en échec, mon roi en danger par ma propre faute.

| TOPIC TERMINÉ.

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Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
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Storm the sorrow {pv.}

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