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 I prayed to the gods: let him stay. [Rafael]

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MessageSujet: I prayed to the gods: let him stay. [Rafael]   Lun 2 Déc - 23:18

Ciel noir de tempête dont les nuages noirs de pluie se zèbrent sous les éclairs, déluge de pluie qui s'abat sur la nature désœuvrée de l'hiver qui s'en vient. Les dernières feuilles mortes s'arrachent aux arbres dans les bourrasques qui font s'envoler les chapeaux et retournent les parapluies des passants qui courent entre les gouttes. Tout le monde fuit ce temps de chien, préférant l’abri chaleureux des bars et de leur demeure, fuyant tous les lieux qu'ils ont l'habitude de fréquenter lors des jours ensoleillé et de grande chaleur ; il est bien loin, d'ailleurs, le soleil de l'été. Et sous la pluie battante, il marche, ses cheveux bruns plaqués sur son crane dégoulinent dans son cou venant mouiller le col de son pull qu'il ne se donne pas la peine de cacher sous son imperméable détrempé. Il marche le pas vif et alerte ne cherchant pas l’abri, mais sachant par dessus tout où il se rend, c'est peut être la première fois, d'ailleurs, depuis qu'il est sorti des enfers qu'il sait vraiment où il doit aller. Dans sa main droite il tient un petit livret dont les pages ont été tournées, froissées, et cornées bien avant de succomber aux affres de l'humidité de l'air. Dans ce simple petit prospectus d'à peine une vingtaine de pages, il y a l'objet de son désir, quelque chose qu'il a reconnu parmi tant d'autre, une chose qu'il n'aurait jamais pensé revoir un jour. Sorti de ses souvenirs, la chose semble irréelle comme un mirage qu'il aurait tout bonnement imaginé, cela ne se peut, cela reste impossible, et pourtant il sait pour l'avoir lui-même vécu qui rien n'est vraiment impossible dans ce monde. Son empressement le fait presque glissé sur les dalles des trottoirs, et il manque à plusieurs reprise de se casser la figure, son cœur battant la chamade, mêlant autant d'angoisses que d'excitation. Oh oui, il aimerait tellement que cela soit réel, il s'y raccroche comme le naufragé à sa planche de bois vermoulues, il s'y raccroche à s'en faire mal.

Ses pieds s'enfoncent presque dans la boue du parc de Congo Square, les gravillons des sentiers n'arrivent même plus à garantir la stabilité des passants, mais qu'importe les éclaboussures qui tachent déjà son pantalon sombre, qu'importe cette allure singulière qu'il arbore au milieu de ses gens qui arborent leurs plus beaux atours, et leurs divers chapeaux à plumes ou à voilettes qu'ils n'ont que trop rarement l'occasion de porter. Mais, il semblerait que passer une après-midi à se promener au milieu de la nouvelle exposition qui a prit place au sein même du théâtre des arts du spectacle soit un événement assez chic pour porter ses vêtement du dimanche. Les lieux sont pourtant austères, porteurs d'une histoire qu'il n'a pas vécu et qu'eux ont fini par oublier, qu'importe, l'heure n'est pas aux souvenirs de ses nombreux Hommes vendus et sacrifiés parce qu'on les considéré tout bonnement comme de simples animaux. Il avait lui-même vécu ça, il avait lui-même senti la morsure du fouet sur sa peau, le coup de la cravache en guise de punition et encore aujourd'hui, il en gardait la brûlure lancinante dans gravée dans sa chaire. Il bouscule une femme qui s'est écartée de sa route pour se mettre sur la sienne à lui, elle le houspille et lui se contente de grogner en lui offrant un majeur fièrement dressé avant de s'engouffrer dans le portique tournant de l'entrée du théâtre, il ne prend pas même soin d'essuyer ses pieds crottés sur les paillasson donnant alors l'impression qu'on peut le suivre à la trace.

Il trépigne d'impatience face à cette queue monstrueuse qui le sépare du guichet et du guichet à l'entrée, il se sent d'humeur fiévreuse. Il ne sait que trop peu s'il s'agit d'un mal qui vient de ce temps qu'il a passé sous la pluie, ou si c'est le battement maladif de son cœur qui menace de s'échapper de sa cage thoracique qui le rend aussi chancelant. Chaque minutes passant il lance un regard à sa montre, suivant le tic-tac des aiguilles qui ne cessent jamais leur course, sentant presque le ronronnement des rouages du mécanisme sur la peau de son bras. Et puis c'est enfin son tour, il en oublie la politesse, et déjà il arrache le billet des mains de la vendeuse pour se jeter sur le contrôleur qui sans avoir l'air de se presser le déchire sous les yeux exaspérés d'Orfeo. La barrière s'ouvre, et il s'élance, ses chaussures glissent sur le carrelage et il coure sans cesse au travers des tableaux, s’arrêtant parfois en croyant reconnaître ce qu'il cherche, mais c'est finalement tout au fond d'un long couloir, presque à la toute fin de l'exposition qu'il trouve enfin ce qu'il cherche.

Tableaux aux couleurs chatoyantes représentant une scène qui aurait pu sortir de son passé. Il s'étouffe presque en essayant de reprendre son souffle, mais qu'importe son manque d'air ou encore sa difficulté à se tenir debout face à la grande toile qui lui fait face car déjà il cherche des yeux la signature qui lui permettra de toucher du bout des doigt l'espoir de retrouver quelque chose ayant appartenu à son frère. Il en est presque certain, tout cela lui ressemble tellement, tout cela ne peut avoir été peint que par ses mains à lui, visualisé par ses yeux puis par son esprit. Pourtant son cœur loupe un battement, et c'est une boule de rage qui se gonfle dans son ventre alors qu'il peut enfin voir que ce qu'il avait espéré n'était bien rien d'autre qu'un mirage. Son visage n'est plus que douleur, et dans le silence quasi religieux des lieux il ne peut empêcher sa rage de se faire entendre alors qu'il s'effondre sur le banc le plus proche, incapable de lâcher des yeux cet objet auquel il se raccrochait. Idiot, c'est bien la sensation qui l'envahit à cet instant, il se sent si idiot d'avoir ne serait ce qu'imaginer qu'il pouvait, dans ce monde, existait encore quelque chose qui le reliait à cet être autant adoré que détesté qu'était son frère aîné.
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MessageSujet: Re: I prayed to the gods: let him stay. [Rafael]   Mar 3 Déc - 11:22




J’ai l’impression de marcher sur un plan différent du reste de l’Humanité – ou du moins de ce qu’il en reste si on en ôte les morts-vivants, les sorciers qui ne valent pas mieux, et les gens comme moi qui portent en eux une malédiction détestable qu’ils ne peuvent qu’accepter. J’ai l’impression qu’ils sont lents, plus lents que moi, et c’est pour cela que mon pas est silencieux et ralenti alors que je remonte la galerie d’art. Je suis sorti de mon bureau, je suis sorti de mes papiers, je suis sorti des affaires du Gouvernement, pour une journée. Ce n’est pas mon heure de gloire ; c’est juste le mot d’être un peu satisfait de voir son art exposé. Trois de mes toiles sont là, sous mes yeux. Je les reconnaîtrai les yeux fermés. Ou presque. L’odeur des pigments utilisés, le tracé, les touches – discrètes – de blanc à certains endroits, le coup de crayon que l’on peut apercevoir dans un angle du paysage immortalisé… La nature même est un jeu. La nature, le froid, la pluie qui tombe drue à l’extérieur. C’est le loup qui voit le jeu, c’est le loup qui a peint cette toile bien plus que moi. Ce n’est pas étonnant dans un sens. Après plus de sept siècles sous la peau d’un loup, j’ai tendance à voir comme un loup, à vivre comme un loup, bien plus que comme un humain. C’est d’ailleurs pour cette raison que lorsqu’ils ouvrent les portes au public, et qu’une masse grouillante d’être vivant entre par vague dans la galerie, que je me réfugie dans un coin. Bien sûr, je ne peux pas m’empêcher de me demander si Azzura va venir. Ce serait totalement surréaliste, mais je me le demande. Je pense aussi à tous ceux qui sont morts il y a des siècles. Orfeo reconnaîtrait mon style, même si ma vision du monde a changé depuis. Il reconnaîtrait mon coup de pinceau. Noah… Noah verrait la noirceur et l’ironie sarcastique de ma peinture. Azzura… Je soupire. Mes doigts se dirigent vers ma toile, pour l’effleurer. Un visiteur m’insulte et écarte mon bras. On ne doit pas toucher les toiles. Qu’en penserait son auteur ? Je ricane : « Mais c’est moi, le peintre. » Avant de m’écarter. Et de continuer à errer. Je ne sais pas pourquoi je suis venu, en fin de compte. Par égocentrisme ? Par narcissisme ? Bien rares sont les gens qui se doutent que ces toiles aux caractéristiques du treizième siècle ont leur peintre encore en vie. Je me demande la tête d’une de mes connaissances si elle venait à voir que les toiles d’un certain Rafael Morienval se vendent en millions aux enchères, avant de me souvenir que ce n’est pas mon vrai nom. Mes yeux se froncent. Mes sourcils se plissent. Je n’arrive plus à me souvenir du nom de ma famille. Il a une consonance italienne, ça je m’en souviens. Comme mon prénom, Rafaele, dont j’ai tronqué le e final. Je n’ai dû garder de mes origines que mon deuxième prénom, Antonio. Lui, je n’y ai pas touché. Je crois. Le loup ricane : les loups n’ont pas de nom, juste des sensations.

Je marche sans savoir où je vais, sans quitter le bâtiment non plus. Quand je lève la tête, je ne reconnais pas la salle où j’ai atterri. Avant de m’apercevoir qu’en réalité, ce n’est pas une salle d’exposition mais les toilettes. Je soupire, fais demi tour. Un gardien doit penser que je suis perdu puisqu’il m’aborde : « Vous cherchez quelque chose, Monsieur ? » Lorsque je m’apprête à lui répondre, un homme passe en courant quelques salles plus loin. Un homme. Pas une ombre, pas un fantôme. Un homme. Que j’ai vu brûler. Il y a des années. J’ignore la question, je commence à courir moi aussi, bousculant des personnes sans y prêter attention, le cherchant du regard. Ce n’est pas Azzura, ce n’est pas Noah, ce n’est pas possible. J’ai du halluciner. Pourquoi courrait-il, d’ailleurs ? On ne court pas dans un musée. C’est stupide. Je me frappe mentalement. Mes yeux clairs parcourent les toiles exposées. Pour tomber sur une silhouette qui semble déçue. Plus que ça. Elle s’effondre sur un banc dans un cri, ce qui me semble être un cri du moins, de rage. Elle est devant la plus grande toile de la pièce. Celle dans laquelle j’ai crié, j’ai hurlé, j’ai noirci ma solitude et ma violence. J’ai oublié qu’on l’avait exposée, elle aussi. J’observe la silhouette. Ce n’est pas possible. Je ferme les yeux, quelqu’un me bouscule, je ne bouge pas. Lorsque je les ouvre, elle est toujours là. J’hésite entre faire demi-tour, partir, ne rien faire et l’approcher. Qu’est ce que je peux lui dire ? Ses hurlements et la chaleur des flammes me déchirent. Je frissonne. J’ai beau avoir l’air glacial et neutre habituellement, ce masque se fendille. Se rompt sur toute la longueur. Ce n’est pas possible. Pas lui. Pas là. Ce n’est pas possible. « Tu… tu es mort il y a des années. Des siècles. » Ce n’est même pas une question. C’est un constat. C’est un fait. J’étais là. Et pourtant… mes traits n’ont pas bougé d’un pouce en sept siècles, les siens non plus. Je fais un pas en avant. Je doute qu’il m’aie entendu. De toute manière, pour lui aussi, je suis supposé mort. Normalement. Je n’ai d’ailleurs toujours pas compris pourquoi je ne le suis pas. Un des mystères dont le loup doit être un élément de réponse. Souplement, je m’assois à côté de lui. Sans le toucher. « C’est la première que j’ai peinte depuis que j’ai repris la peinture. Je ne pensais pas qu'elle faisait cet effet là, sinon je n'aurai pas autorisé le musée à l'exposer. » Qu’est ce que je peux dire d’autre ?

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MessageSujet: Re: I prayed to the gods: let him stay. [Rafael]   Mar 3 Déc - 23:04

Point culminant d'une rage qu'il n'a que trop de mal à retenir, il sert les poings à s'en faire blanchir les phalanges et ses dents s'entrechoquent à un tel point qu'il peut en sentir l’émaille se fissurer. Il voudrait hurler à la mort, se décharger de cette douleur qui lui enserre le cœur, mais il s'en montre incapable, incapable de laisser s'enfuir la moindre parcelle d'une faiblesse qu'il sent poindre sur le bord de ses lèvres. Lentes inspirations suivies de longues expirations, tentant de calmer ses nerfs à vifs qui font trembler son corps dans des spasmes incontrôlables ; lentement ses yeux se gorgent de larmes de colère autant que de déception alors qu'il ne cesse de contempler cette grande toile exposée face à lui. Dans chaque coup de pinceaux, dans chaque jeux de lumière, il croit encore reconnaître son frère, mais il n'y a jamais que cette maudite signature au bas du tableau pour le faire lâcher ce simple espoir qu'il pensait pouvoir caresser. Mélange de désabusement et de détresse, il enfouit son visage entre ses mains, se gorgeant de la chaleur moite de ses doigts et du parfum musquée de sa peau cherchant un peu de réconfort dans cette solitude qu'il vit depuis si longtemps. Tout est de sa faute, uniquement de sa faute, il ne mérite pas autant d'attention de sa part, il ne mérite pas que Orfeo court aux quatre coins d'un pays qu'il ne connaît que trop peu dès qu'il pense avoir entrevu quelque chose tout droit sorti d'une autre époque et qui pourrait lui appartenir. Il devrait se défaire de cette idée, commencer à lâcher prise et lentement faire le deuil de cette colère qui le ronge ; mais quelque part il sait qu'il n'est pas près, persiste toujours ce sentiment de vengeance inassouvie comme si quelque chose devait encore se passer. Il ne manque jamais qu'un ultime rouage pour remettre la machine en route, pour lui faire reprendre le chemin d'un destin détruit depuis déjà de trop nombreux siècles.

Un soupir l'extirpe de ses pensées, ses mains glissant de son visage encore humide de la pluie battante qu'il s’apprête à rejoindre. Il n'a plus rien à découvrir dans ce musée, plus rien qui soit digne de son intérêt, pourtant tout son corps se raidit alors que son instinct lui commande de ne plus bouger. C'est alors qu'il peut la sentir cette présence qui ne lui est pas totalement inconnue et pourtant si dissemblable de tout ce qu'il pourrait reconnaître. Le corps alerte, il se retient pourtant de se retourner quand il la sent se rapprocher à grand pas de lui. C'est une confusion de sentiments qui le prend, et entre fascination, excitation, curiosité mêlée d'effrois, il ne peut retenir ce frisson qui lui parcourt l’échine dans une attente qu'il trouve trop longue. Jusqu'à ce qu'enfin le mystère ce dévoile. Du coin de l’œil il peut voir cette longue silhouette presque trop sombre s'asseoir dans des gestes lents et plein d'une grâce qu'il reconnaîtrait entre mille. Certes, il n'est plus vraiment le même, pas plus que lui n'est l'Orfeo qu'il était du temps de sa première vie, mais il reste son frère. Le temps d'un instant il est au prise avec ses propres doutes se demandant s'il s'agit encore d'un de ses spectres qui revêtent la forme d'un autre pour semer le trouble dans son esprit, mais il n'en est rien. Il le sait, il le sent, et ne peut empêcher son cœur de battre à un rythme effréné, menaçant à tout instant de céder à cette pression qui lui déchire la poitrine en deux.

Livide, il reste pourtant digne, et il se redresse sur le banc de bois qui grince sous leur poids à tout deux. Il voudrait lui dire tant de chose, lui poser tant de questions, et pourtant il n'arrive pas à chasser la rancœur qui déjà le submerge. « J'aurais reconnu ton style entre mille, mais je vois que tu as changé de nom, peut être avais tu honte de tes propres actes. A moins que tu n'es tout simplement souhaité oublié les actes les plus ignobles que tu as pu commettre... Néanmoins je dois avouer que tu n'as pas perdu la main, je suis toujours admiratif face à ton talent et ta dextérité. », tant de haine qui ressort dans cette voix si grave et si fermée qu'il lui offre en guise de cadeau de retrouvailles. Peut être aurait il dû jouer la carte de la stupidité, mais les faux semblants n'ont plus leur place entre eux, et c'est l'heure de faire sonner les trompettes d'une vérité qu'il a trop longtemps tue. Pourtant la nervosité le gagne, craignant de ne pouvoir tenir sa colère à son plus haut sommet jusqu'à ce qu'enfin il arrive à lui arracher les raisons de cette cruelle et infondée trahison qui lui brisa le cœur avant de rompre à jamais pour forger un nouveau lien entre eux. Si l'amour subsiste, c'est bien la folie et la haine qui le conduise à se mordre maladivement la lèvre alors qu'il tente de juguler cette colère qui l'assaille puis l’étouffe.

Un soupir. Un énième soupir c'est là ce qui vient ponctuer sa colère alors qui tourne vers cet aîné sorti d'un songe cauchemardesque, d'un espoir vain, son regard bleu qui ne laisse que peu de doute quant au terrible dilemme auquel Orfeo se confronte. Se jeter à son cou pour mieux le serrer dans ses bras, ou pour mieux lui rompre le cou, mais il ne fait rien, il ne fera rien tant qu'il ne lui aura pas soutirer une explication. Une simple explication avant de lui planter un couteau dans le cœur. Il devra souffrir, et souffrir encore comme lui a souffert au milieu des flammes du bûcher, comme lui à souffert de l'incompréhension et de l'abandon d'un frère, d'un ami, d'une parti de lui même. « Alors mon frère, n'es tu pas heureux de me voir ?  », rictus mauvais mélangeant sa fureur à son dégoût voilà qui ne laisse rien présagé de bon. Il est désormais bien loin le temps où Orfeo était le sage jeune homme qui croyait en l'humanité, il est bien loin le temps où il n'était qu'un candide arriéré qui recherchait l'amour dans les yeux de son frère. Aujourd'hui, il n'y brûle plus que la flamme de l'horreur.
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MessageSujet: Re: I prayed to the gods: let him stay. [Rafael]   Mer 4 Déc - 12:49




Même assis à côté de lui, je ne me rends pas vraiment compte de tout ce que sa présence implique. Il est vivant. Il n'est pas en train de brûler dans un brasier ardent, il n'est pas en train de hurler de douleur et d'incompréhension. Je hais les sorciers, il y en a déjà eu bien trop dans ma vie et on m'a éduqué pour les abhorrer, et pourtant je ne peux pas empêcher le mot de tournoyer dans mon inconscient, à la lisière de mes pensées. Le loup ne sent pas en l'homme qui fut, qui est ?, mon frère la moindre trace d'animal. Il ne sent rien, et je ne peux pas m'empêcher de le regretter. Je ne veux pas qu'il en soit un. Mes yeux accrochent la toile, et je fais une remarque simple et neutre sur sa conception. Je m'en souviens, comme si c'était hier. Ce qui est ironique puisque pour toi, tout ce qui est passé était hier sans distinction entre les jours. Cette toile est sombre, cette toile est terrifiante mais plus que tout, cette toile fait ressortir mon côté le plus noir : quiconque me connaît voit dans cette immobilisation le bourreau, le meurtrier, l'assassin implacable qui ne prend pas vraiment le temps de regretter ses actes. Ceux qui ne me connaissent pas doivent se demander comment un peintre peut aussi bien faire ressortir l'avilissement dans lequel se plonge une âme qui se déchire, se fend et tombe en lambeaux en quelques années. Dire que je n'éprouve aucun remord, aucun regret, aucune pointe de culpabilité serait un mensonge. Dire que j'en éprouve en serait un aussi. Je suis quelqu'un de compliqué, qui a fait ce qu'il avait à faire sans considération pour son âme et son unicité. Son innocence. J'ai placé mon frère sur un bûcher, je l'ai regardé mourir, hurler, souffrir d'un supplice qui était promis à ma femme. Je l'ai regardé sans ciller, en m'enfermant à double tour au fond de mon âme en espérant que mes oreilles n'allaient pas entendre, que mes yeux n'allaient pas voir, que je n'allais rien ressentir d'autre que mes bras enlaçant une Azzura, enceinte, libre et vivante. Est ce mal de regarder son frère mourir en songeant à ce que ça va nous apporter ? Excellente question. Je n'ai pas eu le courage de me plonger dans la réflexion que demanderait un semblant de réponse. Je n'ai pas eu le courage de m'y plonger, en sept cents ans de vie lupine. La réponse, haineuse, de mon frère à mon intervention me glace sur le banc. « J'aurais reconnu ton style entre mille, mais je vois que tu as changé de nom, peut être avais tu honte de tes propres actes. A moins que tu n'es tout simplement souhaité oublié les actes les plus ignobles que tu as pu commettre... Néanmoins je dois avouer que tu n'as pas perdu la main, je suis toujours admiratif face à ton talent et ta dextérité. » Non, je n'ai pas perdu la main. On ne peut pas perdre la main en peinture, lorsque ce que l'on peint est le reflet de ce que l'on voit. Il suffit que nos doigts tiennent un pinceau et tracent avec une minutie rare tous les détails que capte le regard brisé. Sauf que je ne suis pas brisé. « Pourtant, mon style a évolué. Je pense. Tout comme mon nom. » Je n'ai pas envie de justifier mon changement de nom devant mon frère. Après tout, ce n'est qu'Orfeo, ce n'est que mon petit frère. Qui est mort. « Alors mon frère, n'es tu pas heureux de me voir ?  » Que répondre à ça. Je sens qu'il me regarde. Je n'en ai pas envie, mais mes yeux bleus se plongent dans les siens : « Je n'en sais rien, Orfeo. Je suis... surpris. Je ne m'y attendais pas. » Je n'en sais rien. C'est la réponse la plus sincère que je puisse lui donner. Parce que je n'en sais vraiment rien : il est censé être mort. J'ai bien sûr pensé à lui, mais il n'était qu'une ombre parmi les ombres. Un fantôme, un des nombreux suppliciés par ma faute. « Toi, en revanche, tu n'as pas l'air surpris de me voir... je ne comprends pas... nous ne sommes pas de ce temps : tu devrais être mort. Moi aussi. Même un idiot pourrait le comprendre. » Mais il n'a pas cette lueur de grand benêt qui marquait son visage enfantin, Rafael. Non, il ne l'a plus : c'est moi l'idiot, en ce moment. Parce qu'il comprend quelque chose que je ne comprends pas vraiment. Un sourire s'étire sur mes lèvres. Ce n'est pas un sourire rieur, c'est un sourire froid, sarcastique : « Retrouvailles improbables de deux frères à qui on a refusé le simple droit de mourir... c'est pitoyable. » Je me lève, lui tourne le dos. Qu'est ce qu'on peut faire ? S'enlacer ? Je l'ai tué. Se serrer la main ? Je l'ai enterré sans sourciller pour sauver une sorcière. Et le pire dans tout ça : si on remontait le temps je sais très bien que mon choix ne changerait pas. Dans cet espoir ridicule de penser que ça allait sauver Azzura. Je ne peux pas remonter le temps, certes. J'ai une deuxième chance puisqu'Azzura et Orfeo sont tous les deux de retour, alors que moi, je ne suis jamais parti. Re-certes. Mais... si la situation se présente à nouveau à nous, comment réagirai-je ? Je n'en sais rien et j'ai peur de le savoir : parce que je sacrifierai à nouveau Orfeo. Je suis condamné à le tuer par amour pour Azzura. Je le sais très bien. Mais lui, le sait-il ? Il me hait. C'est une certitude. Je me hais aussi, parfois. Puis je me comprends et à ce moment là, je n'éprouve plus rien pour moi. Azzura est Azzura. Orfeo est Orfeo. On ne peut pas me demander de choisir. On ne pouvait pas, la dernière fois, et maintenant on le peut encore moins. Je tourne finalement le dos à ma toile pour reporter mon regard sur mon petit frère. « Tu me cherchais vraiment, ou c'est un hasard qui t'a mené devant Crépuscule., je rajoute aussitôt: C'est ainsi que la toile s'appelle. »

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MessageSujet: Re: I prayed to the gods: let him stay. [Rafael]   Lun 9 Déc - 15:58

Rien ne ressemble jamais à ce que l'on peut imaginer, on peut écrire tout un scénario, se fier aux grandes lignes d'une histoire que l'on s'impose, mais le résultat n'est jamais celui escompté. Tout diverge, tout se bouscule, et toutes les grandes résolutions que l'on a pensé pouvoir tenir tombent sur le champ de la désolation de notre sentimentalité. Quelque chose éclate en nous comme une simple bulle de savon, et cette bulle dans laquelle nous nous étions enfermés, désormais inexistante, ne nous permet plus de voir les choses au travers de ce filtre que nous nous imposions. Pourtant, la haine qui ronge Orfeo est plus forte que n'importe quel autre sentiment, peut être aurait il pu pardonner, revenir en arrière, mais son frère ne lui en donne pas l'occasion. Pas la moindre trace de remords, pas un seul signe de tristesse, il n'y a rien d'autre que l'hésitation que la victime du frère devenu bourreau prend comme un affront. La fureur s'éprend de son âme, faisant sans cesse grossir cette boule qu'il a au travers de sa gorge et l'empêchant autant de respirer que de parler. Néanmoins, cette fureur qui lui enserre la trachée lui accorde un moment de répit comme de réflexion que trop souhaitable dans cette situation où les mots auront autant d'impact que le plus léger de ses actes.

Pitoyable, il a bien raison, peut être pour une fois dans sa vie il semble avoir réussi à trouver la justesse de la situation, et dans ce silence imposé, Orfeo le regarde se lever puis lui tourner le dos pour mieux admirer le travail exigé par cette toile. Nature morte et morte nature y règnent dans des couleurs peu avenantes, si le coup de pinceau est reconnaissable, Orfeo n'en a jamais été vraiment un grand admirateur. Tout laisse à penser qu'il ne s'agit pas là de la violence que l'esprit ce fait quand le corps endosse le rôle du bourreau, mais rien d'autre que la puanteur d'une espèce de satisfaction morbide d'avoir donné la mort, presque un sentiment de travail bien fait, presque un regret de ne plus pouvoir ainsi exercer ce pourquoi il semble toujours avoir été doué. Exhibition admirative de ce qui soulèverait le cœur de tous ceux qui connaîtraient les tréfonds de la pensée du peintre, et plus encore son histoire. C'est par le sang de ses victimes qu'il peint ses œuvres, ces mêmes mains ensanglantées qui ont allumé le feu du bûcher le jour si peu regretté de son exécution. Alors peu lui importe le nom de cette toile, peu lui importe désormais le nom qu'il peut porter, et ce qu'il peut même d'ailleurs penser de leurs retrouvailles aussi surprenantes qu'elles puissent être. Il dégluti douloureusement, faisant tomber cette pression qui l’étouffait, fixant Rafael qui fait volte face plantant son regard dans celui d'Orfeo.

Leurs yeux sont si semblables, comme les sombres reflets de leurs cheveux, mais leur ressemblance s’arrête ici. Rien dans leur façon d'être ne les rapproche ; d'un coté se trouve l'homme devenu animal qui a marché longtemps dans une vie de solitude, et de l'autre l'animal de foire devenu que trop humain dans une mort trop violente. «Je ne suis ni plus ni moins qu'un fantôme d'un passé décomposé. » plus un soupire qu'une véritable tirade, elle se perd dans le silence dérangeant de ces lieux hantés par les pauvres d'esprits qui se croient si supérieurs aux autres. Comme une réminiscence de son passe, il exècre ce monde qui l'a rejeté, il exècre ces gens qui ne savent que juger sans jamais apprécier. Une fois sa vengeance exercée peut être se permettra t'il de leur faire payer pour leurs aïeuls autant de corps que de pensées. « Je ne suis plus ce que j'étais, j'ai changé, beaucoup changé, et si tu restes mon frère, il n'y a rien d'autre qu'un public amateur de mauvaises toiles pour sauver ta vie. », son regard se baisse pour venir fixer ses doigts qui se mêlent entre eux, il ne se lamente pas sur son sort, et se réjouit presque de la tournure des événements. Tout a été pensé, et repensé tellement de fois qu'il n'a plus besoin d'y réfléchir pour que les mots sortent de sa bouche. Pourtant, s'il devait regretter quelque chose, ce serait tout le sang qu'il a lui aussi sur ses mains par sa faute à lui, toutes ses larmes versées pour un amour désœuvré, tous les cadavres qu'il a semé sur son chemin parce que ses victimes avaient la malchance de lui ressembler ne serait ce qu'un peu.

Si Orfeo n'était pas un monstre de son vivant, c'était Rafaele Renzacci, ou Rafael Morienval comme il se faisait désormais appeler, qui l'avait transformé. Il était sa créature, sa création, un peu à l'image du monstre de Frankenstein, et Orfeo était désormais hors de contrôle de son créateur. Il n'y avait plus grand chose pour l'empêcher d'assouvir ses plus vilaines pensées, plus rien pour le raccrocher à quoi que ce soit si ce n'était cette violente sensation d'incomplétude qui le poussait encore et toujours à se montrer plus violent, plus méchant, plus terrible vis à vis de ceux qui osaient le faire souffrir. Tout cela devait sembler improbable aux yeux de celui qui ne l'avait jamais connu autrement qu'en tant qu'un jeune naïf et attardé incapable de se prendre en charge tout seul, incapable de vivre sans lui. Mais les choses avaient bien changé, et il était désormais impossible de revenir en arrière, personne n'avait le pouvoir de revenir dans le passé pas même le sorcier qu'il était devenu. Et parfois, quand il était sujet à ses visions et autres prémonitions, il doutait que même le futur soit quelque chose que l'on pouvait changer malgré tous les efforts que l'on pouvait fournir. « Sept cents ans. Sept très longs siècles passés à se demander ce que l'on avait fait pour mériter une mort aussi terrible. Sept cents années enfermé dans un monde chaotique et terrifique à se dire que ce n'était pas de ma faute, mais celle de mon abominable frère. », c'était avec un calme olympien qu'il déclamait ses quelques mots, croisant et décroisant ses doigts avec une certaine méthodologie loin du cas d'une anxiété que l'on aurait pu s'imaginer.

Puis, il fini lui aussi par se lever pour rejoindre son frère. Son imperméable continuait de goutter sur le sol qu'il rendant glissant sur son passage, mais il se contrefichait de ce genre de détail, se fichait bien même des accidents qu'il pourrait engendrer à cause de ces mêmes détails pas si insignifiants que ça. L'ancien Orfeo se serait certainement répandu en excuse, aurait chercher à réparer ses erreurs, mais ce qu'il était devenu ne se laissait que peu atteindre par ses propres erreurs sans pour autant laisser passer celles des autres. Il était devenu ainsi, presque insensible au sort de ces autres qu'il ne connaissait pas et qui n'avait jamais levé le petit doigt pour l'aider, qui n'avaient jamais fait que l'enfoncer un peu plus dans ce gouffre de désespoir. Levant les yeux vers cette toile dont il aurait put se servir comme d'un exutoire à cette violence qui l'exploitait autant qu'il l'exploitait, il gardait ses mains nouées derrière son dos comme pour s'empêcher d'y poser les mains. « Alors mon frère, aujourd'hui, je n'ai pas de quoi être surpris. J'ai rêvé de ce jour à chaque instant que tu m'avais enlevé, j'ai pensé et repensé à la façon dont je te ferais souffrir, puis mourir à petit feu pour que tu comprennes toute l'étendue de ma douleur.  Toute la souffrance d'un cœur brisé par la seule personne pour qui l'on semblait compter. », il détache avec soin le moindre de ses mots, souhaitant leur donner plus d'impact encore qu'ils n'en ont déjà. Et c'est un simple pas de coté, qui lui permet de faire de nouveau face à ce frère qu'il peut désormais jauger d'égal à égal, et plus comme ce garçon enfantin qui ne voyait que par son aîné. Un sourire indélicat se dessine sur ses lèvres fines, rendant son expression presque cruelle dans cette blessure béante et purulente qu'est son âme.

«Il est vrai que je te cherchais, et je suis presque au comble d'un bonheur maladif maintenant que tu te trouves face à moi. C'est avec une exquise délectation que je goutte à cet instant, je le grave dans ma mémoire pour ne jamais pouvoir oublier cet instant privilégié que nous partageons, et crois moi, je ferais en sorte que tu en porte les séquelles jusqu'à ce que je t'extirpe ce dernier souffle de vie qui t'a porté jusqu'à moi. », il passe une main dans ses cheveux humides, les remettant en arrière, et laissant que trop entrevoir la détermination qui sied si bien à ses yeux. Il laisse s'installer les silence, sans le lâcher des yeux, avant de lâcher un petit rire léger lui permettant ainsi de changer de sujet comme si de rien n'était. « Oh, et puis si tu ne savais pas pour moi, je suppose que tu ne savais pas plus pour cette chère Azzura. ».
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MessageSujet: Re: I prayed to the gods: let him stay. [Rafael]   Mar 10 Déc - 19:21




Crépuscule. Nom sombre pour une sombre toile. Il s’est imposé de lui-même lorsque j’ai du trouver un nom à mon chef d’œuvre, parce que c’en était un. Il s’est imposé avec une force qui m’a laissé sans voix, et sans aucun doute. Crépuscule. Je ne m’attendais pas à retrouver mon frère, et je suis incertain quant à l’attitude à tenir face à lui. Je ne sais pas ce que je ressens. Je suis surpris, cela ne fait aucun doute. Après, il m’est difficile de m’étendre davantage sur ce que j’éprouve.  A cet instant. Je lui demande, quant à lui, s’il est surpris de me voir. Il me cherchait, sinon il ne serait pas devant cette toile à cet instant. Il me cherchait, c’est ce que je me dis. « Je ne suis plus ce que j'étais, j'ai changé, beaucoup changé, et si tu restes mon frère, il n'y a rien d'autre qu'un public amateur de mauvaises toiles pour sauver ta vie. » Ses mots ne heurtent à mon incompréhension. Son regard, à ses doigts qui se mêlent entre eux. Je fronce les sourcils. Qu’entend-il par là ? Il vient de critiquer Crépuscule ? Je hausse les épaules mentalement. pour sauver ta vie. Qu’entend-il par là ? Le loup a compris, moi je m’y refuse. Il me hait. Mais je ne veux pas qu’il y ait plus que cette haine à mon égard, haine compréhensible par mon indifférence. « Sept cents ans. Sept très longs siècles passés à se demander ce que l'on avait fait pour mériter une mort aussi terrible. Sept cents années enfermé dans un monde chaotique et terrifiante à se dire que ce n'était pas de ma faute, mais celle de mon abominable frère. » Je tique. Je cligne des yeux. « Tu es ridicule. J’ai agi comme je devais agir vues les circonstances. » Tentative de justification ? Mon souffle n’est qu’un murmure. Froid. Glacial. Méprisant. Je ne sais pas pourquoi j’ai cette voix, peut être est ce parce qu’elle ne peut qu’accompagner mon indifférence. Je l’ignore. Mon frère se lève, et se place à côté de moi, face à moi. Il regarde la toile et répond enfin à ma question, alors que même que j’entrevois une réponse. « Alors mon frère, aujourd'hui, je n'ai pas de quoi être surpris. J'ai rêvé de ce jour à chaque instant que tu m'avais enlevé, j'ai pensé et repensé à la façon dont je te ferais souffrir, puis mourir à petit feu pour que tu comprennes toute l'étendue de ma douleur.  Toute la souffrance d'un cœur brisé par la seule personne pour qui l'on semblait compter. » Il articule consciencieusement, alors que ses mots percutent mes défenses. Implacables. Déterminés. Assassins. « Tu es injuste. » J’ai l’habitude d’avoir mal, et je m'attends à avoir mal. Mais là, ce n’est pas de la douleur. C’est de l’incompréhension; ou plutôt un déni de compréhension. Il me hait. Je le sais. Je le sens. Mais en plus, il me juge responsable de sa mort ? Certes, c’est le cas. Et il veut me voir mourir ? Là, le bas blesse. Il est incapable de faire mal à une mouche. Etait. Son regard ne ment pas. Un sourire se dessine sur ses lèvres, sourire qui ne ressemble en rien à celui qu’il m’offrait, avant. Je ne l’aime pas, ce sourire. Il n’appartient pas à mon frère, il appartient à une créature que je ne reconnais pas. Je le laisse terminer avant d’émettre le moindre son. «Il est vrai que je te cherchais, et je suis presque au comble d'un bonheur maladif maintenant que tu te trouves face à moi. C'est avec une exquise délectation que je goutte à cet instant, je le grave dans ma mémoire pour ne jamais pouvoir oublier cet instant privilégié que nous partageons, et crois moi, je ferais en sorte que tu en porte les séquelles jusqu'à ce que je t'extirpe ce dernier souffle de vie qui t'a porté jusqu'à moi. Oh, et puis si tu ne savais pas pour moi, je suppose que tu ne savais pas plus pour cette chère Azzura. » Je le regarde à nouveau, comme si je le redécouvre. J’aurai voulu ne pas réagir, arquer juste un sourcil devant le prénom qu’il vient de prononcer, mais je n’y arrive pas. Je me sens blêmir, je me sens accuser le coup de ce prénom qui a causé sa mort, à lui. Que veut-il que je réponde à tout cela ? Je fais un pas en arrière. « Mais qu’est ce que tu es devenu ? »

Je déteste les sorciers. Je déteste ces créatures des enfers qui se croient tout permis. J’en ai tués beaucoup, sans le moindre scrupule, sans le moindre remord. J’ai tué la famille de mon meilleur ami. Mon frère est mort. Le meurtre fait partie de ma vie, partie intégrante même, et je ne m’en soucie pas. Pourquoi donc voir mon frère aussi… assassin, me fait-il du mal ? La violence est de famille, après tout. Je frissonne. Et fais un pas en arrière. Le loup montre les dents devant la menace. Je laisse quelques secondes s’écouler avant d’articuler lentement. « Que me reproches-tu, Orfeo ? Que reproches-tu à ton frère qui a du faire un choix entre Charybde et Scylla ? Tu es ridicule, capricieux et effroyablement gamin de me tenir rancune d’un fait vieux de tant de siècles. » Je m’énerve ? Non. Pas du tout. Ou alors juste un peu. Je suis surtout surpris. Et agacé par la mention qu’il a faite d’Azzura. Et par le fait qu’elle… « Je savais pour Azzura. Je m’en suis douté très vite. Toi, tu étais mort dans mon esprit, et j’aurai préféré que tu le sois réellement et que tu le restes plutôt que de voir la simulacre reproduction que tu fais de notre Grand Père. » Je sers les poings et je contiens le loup. La menace n’est pas passée inaperçue contrairement à ce qu’il pourrait croire. L’animal réagit violemment. S’il n’était pas mon frère, et s’il n’y avait pas la puce à mon avant bras, je lui aurai sauté à la gorge dès que ses propos auraient été compris par mon cerveau. « Si ta rancune a peut être eu lieu d’être lorsque je t’ai regardé mourir sur ce bûcher, maintenant c’est du passé. » Mes mots vont se heurter face à la haine d’Orfeo. Je le sais. Et pourtant je les prononce. Futile espoir ? Besoin d’envenimer les choses ? Agressivité du loup qui ressort ? Peut être un peu de tout cela. « Et si tu attends des excuses… laisse moi le temps pour les formuler. » Je n’ai pas envie de me livrer à une introspection maintenant, de peur de ce que je risque d’y trouver. Je sais bien que je ne suis pas quelqu’un de bien, mes yeux sont loin d’être les miroirs de mon âme qui est aussi sombres qu’eux sont clairs. J’ai peur de trouver des doutes, et une culpabilité qui me rongerait. J’ai peur d’y trouver des regrets que je maintiens froidement loin de moi actuellement. J’ai peur de trouver tout cela. Et plus que tout, j’ai peur d’aimer encore mon frère, et d’y trouver une souffrance que le loup a enfoui pendant tant d’années à l’idée que je l’ai tué pour sauver une sorcière qui est morte par la suite. « Il faut que tu me laisses du temps, Orfeo. Toi tu en as eu. Moi, il s’est effrité dans un brouillard. »

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MessageSujet: Re: I prayed to the gods: let him stay. [Rafael]   Lun 23 Déc - 12:08

On dit que personne n'a de souvenir de sa naissance, que c'est un tel traumatisme que l'esprit le refoule si loin dans les méandres de l'esprit que tout le monde fini par l'oublier. Personne n'a envie de se souvenir des premières lueurs assassines du jour, de la morsure du froid de l'air sur une peau encore baignée de la chaleur maternelle, et du manque cruel de confort dans un monde qui ne vous promet que la désolation. Seulement dans cette volonté salvatrice de sauvegarder un élan de conscience morale avant même que celle-ci ne fasse son apparition, on effaçait aussi toute la sérénité et le bien-être que l'on avait pu vivre au sein des entrailles d'une mère. Bercé par les sons atténués d'une vie à laquelle nous n'avions pas encore été confronté, tout en suivant le rythmes des organes de nos mères, nous éveillant à la sociabilité et au besoin de l'autre en écoutant nos cœurs qui battaient à l'unisson. Nous perdions tout, nous abandonnions tout dans la naissance, pour redécouvrir tout plus tard si la possibilité nous en était donnée. Mais il y avait une différence notable entre la naissance et la renaissance, si bien que dans la mort Orfeo n'avait rien oublié, tout avait été comme gravé dans le marbre le plus pur et destiné à rester malgré toutes les tempêtes qu'il devrait subir. C'était par ses souvenirs qu'il vivait, au travers de ceux-ci il avait une raison de garder le fil tout en marchant droit et la tête haute, sans avoir à se persuader que ce qu'il faisait était mal. Car oui, il n'y avait aucun doute à ce sujet, le meurtre, la torture, la vengeance, tout cela ne le rendait pas meilleur, bien au contraire, mais cela restait une nécessité qui lui permettait de ne pas sombrer dans la plus infernale des folies sans jamais pouvoir en ressortir.

Il n'y avait plus d'innocence dans son regard, plus cette lueur naïve au fond de ses yeux azurés, plus cette candide expression qui lui illuminait le visage quand il découvrait une nouvelle chose, aussi banale soit elle. Et de tous ces changements, le plus radicale était le désamour qu'il avait pour son frère. Il pouvait clamer haut et fort qu'il l'aimait encore, que des excuses, une explications suffirait à calmer sa colère, il savait qu'il n'en était rien. Toujours, il lui en faudrait plus, et c'était sa douleur qui commandait son envie de toujours en vouloir plus. Plus de violence, plus de calamités, et tellement plus de cette volonté de mort qu'il avait à l'encontre de son frère aîné.  « De toi à moi, je crois que je ne suis rien d'autre que la créature que tu as façonné, comme tu as été un jour celle qu'il sculpta de ses mains. », leur grand-père, ou tout du moins ce qui aurait dû servir de figure familiale stable n'avait été qu'une âme pleine de vices qui se cachait derrière les préceptes d'une église, érigeant sur son chemin des idoles en l'honneur d'une papauté en déchéance. Orfeo pouvait se souvenir encore des corrections qu'il lui avait asséné, des lourds coup de bâtons qu'il avait reçu sur les jambes et des coups de cravaches dont les cicatrices lui zébraient encore le dos. La charité chrétienne n'était pas sienne, et malgré toutes les prières que cet homme avait dû offrir à ce dieu qu'il idolâtrait, il restait un monstre dont le sang coulait entre les veines de Rafael, mais surtout d'Orfeo, aucun d'entre eux n'échapperaient à l'enfer, et pourtant cela avait été le plus innocent des trois qui y avait goûtait en premier. C'était de l'injustice mêlée à un cruauté sans borne, mais ainsi allait la vie et c'était ainsi qu'elle devait continuer, amplifiant la monstruosité de chacun au travers des vicissitudes de la vie.

Sourire amer qui lui barre le visage alors qu'il fini d'entendre les invectives de son frère, nul regret, pas même l'ombre d'un remord alors qu'il lui annonce clairement qu'il a tout oublié dans l'abîmes des siècles qui se sont écoulés. Pensait-t-il vraiment pouvoir recueillir ne serait-ce qu'un peu de répit en lui annonçant cette horrible vérité ? Pensait-t-il vraiment qu'Orfeo allait se calmer en découvrant l'horreur des faits ? Délicate idiotie qui laisse à penser à la victime aujourd'hui libéré que son frère n'a jamais été plus que le sombre crétin qui se présente à ses pieds, et qui ose par dessus tout lui montrer encore de la violence dans ses gestes, dans ses mots, dans ce regard qu'ils ont en commun. Il n'a pas lieu de cracher de la haine, il n'a pas lieu de vouloir se montrer violent dans cette horreur que l'on étale à leur pied, et cette saloperie d'angoisse remonte le long de l'échine d'Orfeo, le faisant vibrer d'une haine qu'il ne sait endiguer. « Sept siècles et il te faut encore du temps ? De qui te moques tu ? Crois tu vraiment que je pourrais te laisser du temps parce que tu n'as plus été l'ombre d'un humain ? », cracha venimeux de paroles qui se font mordantes, il ose pourtant un rire qui résonne par dessus les voix de ces autres et leurs hôtes qui déjà coulent vers eux un regard plein de reproches dont l’intéressé n'en a cure.  « Crois-tu qu'il m'est possible d'oublier ce que tu as fais parce que cela fait longtemps que cela c'est passé ? Réponds moi mon frère ? As-tu ne serait ce qu'une fois senti l'air vicié de la trahison te tenir le cœur et t'empoisonner jusqu'à faire taire tout autre sentiment que la haine qui te ronge ?! Réfléchis bien, et si c'est le cas, oses me dire que mon ressenti est aujourd'hui obsolète. » , ce n'est plus un murmure, pas plus qu'un soupire teinté de haine, mais bel et bien quelque chose qui prend un tournant réel dans cette vie qui n'a jamais été qu'un mauvais rêves. Les dès sont désormais jeté, et les mots se détachent lentement de sa bouche, devenant parfaitement compréhensibles et intelligibles à celui pour qui ils ont été formulé.

Il se mord la langue comme pour contenir ses plus terribles pensées, et c'est un sourire en coin qui vient ponctuer la conversation, plus un rictus qu'une véritable marque de joie. Juste une façon de marquer la situation alors qu'il enfonce ses mains dans ses poches, jouant avec le médaillon qui représentait saint-pierre sur sa croix qui ne le quittait jamais comme il ne l'avait jamais quitté même le jour de son propre sacrifice incompris au nom d'une épuration dont il n'aurait pas dû faire parti.  « Sur ce mon frère, s'il est encore de mise de nous appeler ainsi, je préfère te dire que ce ne sont pas quelques minutes passées à réfléchir sur le bien fondé de tes actes qui te permettront d’acquérir mon pardon. Il est trop tard... Beaucoup trop tard. ». Pas un dernier regard, rien d'autre qu'une main qui passe au travers de ses cheveux, son manteau venant frôler le corps de son aîné alors que déjà il s'éloigne, se perdant dans la foule qui ne cesse de se masser devant des œuvres dont les moindres secrets ne sont exposés. Il fait presque tache dans ce décorum riche et vulgaire par son outrageuse exposition, lui qui dans son âme et dans son cœur se sent démuni, outrancièrement orageux et c'est sous la terrasse encore couverte de ses lieux désormais abhorré qu'il extirpe de son autre poche un paquet de cigarettes qui se veut salvateur, juste pour ses nerfs qui menacent de rompre sous la tension. Une simple bouffée âcre qui lui brûle l’intérieur, juste un peu de poison en plus sur la blessure béante de son âme. Qu'importe, il n'attend plus rien, pas même un geste de se frère qui l'a abandonné une nouvelle fois, libre à lui de le suivre, libre à lui de le laisser faire. Il attend juste un instant que la pluie cesse, une accalmie dans cette tempête alors que la fumée se mêle à la brume des lieux.
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MessageSujet: Re: I prayed to the gods: let him stay. [Rafael]   Sam 28 Déc - 17:21




Du temps, Orfeo, j’ai besoin de temps. J’ai besoin de temps pour assimiler que j’ai une deuxième chance avec mon petit frère, et que j’ai la possibilité de recommencer les mêmes erreurs qu’il y a sept siècles ou, mieux, les éviter. Du temps, Orfeo. J’en ai besoin. Quelques secondes, quelques minutes, une poignée au maximum, ce n’est pas assez pour moi. Du temps. J’ai besoin de temps, vraiment. Je n’étais pas conscient lorsque j’ai traversé les siècles en loup immortel et solitaire. Tu me dis que tu n’es ni plus, ni moins que la créature que j’ai façonné par mes actes, comme j’ai été celle de notre grand père ? Pourquoi donc ? Ne vois tu pas que je t’ai épargné un façonnage rude et violent ? Mourir brûlé n’est pas mieux, j’en conviens mais que tu veux… avais-je vraiment le choix ? Non, je ne veux pas y réfléchir maintenant. Je te l’ai dis, Orfeo, j’ai besoin d’un temps que tu as eu, et qui me manque. Je te le dis, je te demande d’oublier une rancune que le loup ne comprend pas, et que moi je ne veux pas chercher à comprendre. Ouvrir le placard n’aurait pour seul effet que de dévoiler un squelette que j’ai caché, masqué, enfermé et oublié volontairement. Je ne veux pas soulever le tapis, je ne veux pas regarder en arrière. Peur ? Crainte ? Oui, les deux. Les deux au carré. Je rejette la culpabilité. Ca a blindé mon âme, ça a immobilisé mon visage tant d’années lorsque je n’étais qu’un bourreau impassible ; Ca la blinde encore maintenant, lorsque je justifie sans sourciller mes actes. La culpabilité et l’introspection sont mes pires ennemis : je ne le sais que trop bien. Tu me demandes si j’ai déjà senti l’odeur insupportable de la trahison ? Tu me demandes si je connais la haine, si je la connais qui ronge et qui absorbe tout le reste sans laisser à quoique ce soit la moindre chance de pousser dans un terreau laissé infertile ? Qu’attends-tu comme réponse ? Je te le dis, je te le dis à haute voix : laisse moi du temps. Veux tu l’entendre en italien ? « Sur ce mon frère, s'il est encore de mise de nous appeler ainsi, je préfère te dire que ce ne sont pas quelques minutes passées à réfléchir sur le bien fondé de tes actes qui te permettront d’acquérir mon pardon. Il est trop tard... Beaucoup trop tard. ». Je le regarde partir, sans bouger d’une once. Seule ma respiration fait se soulever ma poitrine. La foule le masque vite. Il est parti. Voilà. Bien. Il me laisse du temps sans m’en laisser. Il m’abandonne sans me donner le droit de réfléchir. Il… Non. Il n’en a pas le droit. « Orfeo, reviens tout de suite. » La voix autoritaire du grand frère ne résonne pas dans le musée. J’en suis surpris. Ce n’est pas le grand frère que j’entends, mais le grand père. Son père, d’ailleurs. Le sait-il ? Je l’ignore. Ce n’est pas l’important pour le moment. L’important, c’est que la voix inflexible de mon grand père a résonné dans la pièce, et que c’était moi qui parlais. Suis-je moi aussi une copie de cet aïeul que j’ai voulu renier en changeant de nom de famille ? En suis-je vraiment une ? Je peste, je jure, et je me faufile dans la foule sans aucune précaution pour les humains présents, que je bouscule et repousse. Je suis qui je suis, c’est à eux de se pousser. Suis-je mon grand père ? Exécrable petit bourgeois. Pas monstre sans cœur. Non ? Son odeur me mène jusqu’à un terrasse ou je l’observe fumer. Il fume ? D’accord. Je m’adosse au mur extérieur, juste à côté de la porte. Prudent : je préfère laisser de la distance entre mon frère et moi. Pour que le loup puisse partir le plus rapidement possible. Je l’observe consciencieusement pendant une poignée de secondes. « Orfeo. » Je ne t’ai pas autorisé à quitter la pièce. Je me retiens. C’est un homme adulte. Je n’ai pas à lui donner des ordres. Ou alors moins qu’avant. J’ai certainement perdu ce droit à ses yeux lorsque je l’ai regardé brûler, ses yeux si semblables aux miens brillants d’une incompréhension qui avait manqué de me faire ciller. Fermer les yeux. Au lieu de cela, je l’avais fixé, me barricadant au fond de moi-même, à penser à mon enfant, à penser à Zaïra. Me barricadant en remerciant mon frère de son sacrifice volontaire, certes un volontariat involontaire, pour sauver ma famille. Pour tenter d’insérer un peu de bonté dans le sang Renzacci. Excuse toi Rafael. Non, il n’en veut pas. Et je ne peux pas m’excuser. Si tu le peux. Non. Pourquoi ? Question de principe. D’orgueil tu veux dire. Sûrement. J’esquive le problème : « J’imagine que te présenter des excuses ne serait d’aucune utilité puisque tu n’en veux pas. Je vais donc épargner ma salive. Mais sache que vivant ou mort, stupide ou non, tu es mon frère. Et rien ne peut changer cela, qu’on le veuille ou non. » Vas-y, Rafael, fais lui la leçon, il en a bien besoin. « S’il est trop tard pour ton pardon, pourquoi veux tu à ce point que je m’abaisse à te le demander ? C’est ridicule. » Je me déplace vers la porte sans lui tourner le dos. « Pourquoi me cherchais-tu ? Pour me dire à quel point tu m’en veux, ou tout simplement pour me revoir ? » Mes yeux bleus se posent dans les siens, pour ne pas en bouger. « Si j’avais su que tu étais en vie, je t’aurai cherché, Orfeo. Juste pour te voir. Rien de plus. Mais rien de moins non plus. Accepte ça, comme tu le veux, comprend ça comme tu le veux aussi. Mais tu ne peux me changer. » J’hésite à partir. Mais j’ai conscience, aussi, que je suis le chef de famille, des siècles plus tard. Je suis le plus âgé des Renzacci, c’est à moi que reviens l’autorité patriarcale. Voilà qui est peut être démodé, voilà qui n’est sûrement plus d’actualité, mais toute mon éducation me pousse à en avoir conscience.

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MessageSujet: Re: I prayed to the gods: let him stay. [Rafael]   Dim 12 Jan - 18:00

C'est un véritable nœud gordien, un problème inextricable alors que la colère se fait inextinguible, remontant le long de son échine pour mieux mourir sur le bord de se lèvres frémissantes. Spasmes incontrôlés et incontrôlables qu'il tente de calmer par le biais d'un poison insidieux perdu dans le tabac d'une cigarette qu'il pince entre ses lèvres. Longue aspiration de la fumée âcre qui noircie ses poumons autant qu'elle blanchi ce souffle relâché poussivement dans une exaspération certaine. Il se retient de jurer, de pester, alors que son corps tout entier ne réclame que la proclamation d'une guerre ouverte et sous les hourras d'un esprit endeuillé par la perte définitive d'un frère, il s’apprête a partir. Le pas sûr qui se fait l'écho d'un esprit qui ne s'est jamais voulu aussi ferme et fermé qu'à cet instant où sonne le glas d'une vie qui s'enfuit. L'espoir n'a plus de place, et ne survit que la haine. Cette haine sans borne qui ne peut qu'enfler jusqu'à prendre place dans chaque recoin de son esprit, c'est par son frère qu'il est devenu ainsi et seule sa mort pourra venir à bout de cette folie qui le prend. Il faudrait que tout s'arrête à cet instant,que tout cesse pour qu'il puisse disparaître sous cette pluie battante avant que les choses ne commencent vraiment à s'envenimer. Il remonte son col entendant la porte s'ouvrir derrière lui, et ressentant de nouveau cette sensation, l'instinct en éveil, qui lui fait dire que son frère s'il l'est toujours n'est plus vraiment que cela.

Leurs yeux se croisent de nouveaux. Même éclats bleus, même infamie, mais les crimes commis ne l'ont pas été au nom des mêmes causes. L'un voulait bien faire, l'autre par vengeance, tristesse et mélancolie. Pourtant chacun se défend, mais un chose reste sûr aucun des deux n'est vraiment excusable tant les recoins sombre de l'histoire avale toute leurs défenses. Il n'y a rien à faire, et il restera désormais bien loin le temps où il régnait une certaine  harmonie entre eux. Peut être aurait il fallu que Orfeo garde ainsi sa défaillance naturelle pour pouvoir continuer à vivre dans une paix factice, mais il n'en est plus rien et ses grands yeux bleus désormais ouverts sur la réalité ne cessent de juger ce frère qui se tient face à lui. Sourire à coupé au couteau, il écrase sa cigarette encore incandescente sous la pointe de sa chaussure, retenant ce rire plein d'une démence qui lui entrave la gorge. Non, désormais il n'est plus le jeune homme naïf dévasté par la candeur de sa simplicité d'esprit, la mort lui aura rendu au moins ce service en le débarrassant de toutes les choses abrutissantes qui encombraient ce néant qui comblait sa tête. Il ne reste rien de ce qu'il était, qui les reliait, pas même un nom dont ce frère amèrement regretté c'est débarrassé. « Je n'ai de toute façon jamais entendu un Renzacci s'excuser. Il n'y avait que moi pour m'écraser face à vos regards méprisants ou froids. ». Lentement, tendu à l'extrême, il passe une main dans ses cheveux humide, en chassant les gouttes d'eau qui viennent s'échouer sur le col de son imperméable qui ne l'est plus vraiment. « Crois-tu vraiment que je t'aurais sauté dans les bras en te voyant ? L'aurais-tu donc fait ? Il est peut être temps de te remettre en question, et de voir clairement où tes actes nous ont mené. Car tout est de ta faute. Tu es l’instrument de nos destins brisés, et tu seras celui de notre destruction. »

Un pas en avant. Puis un pas en arrière. Ils en reviennent finalement toujours au même, chacun étant bloqué sur ses positions, l'un refusant le pardon, l'autre accablant et accusant son cadet de ne pas agir comme il le devrait. C'est une voie sans issus dans laquelle ils se sont engagés.  Et c'est à ce moment là, qu'il faudrait partir, sans attendre son reste, ne plus écouter ce que ce frère déchu de ses droits d’aînesse a à dire, quitter les lieux la tête haute. Mais il n'y arrive pas, les pieds comme encrés dans du béton armé, enraciné par un besoin de violence qu'il doit assouvir pour ne pas avoir à le regretter durant un temps qui se révélera encore infini. « Mais si ça peut répondre à ta question, je te cherchais parce que j'avais encore un doute. Mais le doute n'est désormais plus permis. » Alors, c'est un coup de poing ravageur qu'il vient écraser contre la pommette droite de son frère, un coup venu dont ne sait trop où mais qui le libère autant qu'il le blesse. Ses phalanges brisées ou tout du moins meurtries, il secoue sa main en grognant et en jurant contre sa propre bêtise, esquissant quelque pas en arrière.
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MessageSujet: Re: I prayed to the gods: let him stay. [Rafael]   Mer 15 Jan - 18:07




J’ai l’impression de ressentir dans toutes les fibres de mon corps la présence de mon grand père et son impact sur ma manière de penser. C’est effrayant. J’ai toujours eu peur de lui ressembler, j’ai toujours craints d’avoir la même lueur de folie dans les yeux, dans nos yeux si semblables et si clairs, marque certaine de notre parenté. J’ai toujours eu peur de cela, et voilà qu’à présent, je comprends que chacun de mes pas m’a mené inexorablement vers cette conclusion. Non. J’ai fait un détour. L’éducation de mon grand père prévoyait de me faire venir ici, mais Azzura a réussi à m’en éloigner pendant des années. A m’éloigner de lui, à m’éloigner de ce vers quoi une part de mon âme tendait. C’est un échec. S’il est utile de le préciser ? Voilà que j’en doute. J’ai tué mon frère. C’est une réalité à laquelle je fais face, lorsque mes yeux croisent les siens. J’ai tué mon frère, et pourtant je soutiens son regard sans que l’ombre d’un remord n’ait le droit de voiler mes iris. J’ai tué mon frère, et je lui fais comprendre dans un anglais parfait que je ne compte pas m’excuser, puisque de toute manière, il ne veut pas de mes excuses, c’est lui-même qui me l’a dit. Et tu ne penses pas un instant qu’il pourrait te mentir ? Non. S’il me ment, et bien qu’il en paye le prix, je ne m’excuserai pas.[/i] « Je n'ai de toute façon jamais entendu un Renzacci s'excuser. Il n'y avait que moi pour m'écraser face à vos regards méprisants ou froids. ». Dans un claquement agacé, je lui fais comprendre qu’il a tort, mais avant de pouvoir étayer mon propos, il rebondit sur mes mots qui précédaient les siens. « Crois-tu vraiment que je t'aurais sauté dans les bras en te voyant ? L'aurais-tu donc fait ? Il est peut être temps de te remettre en question, et de voir clairement où tes actes nous ont mené. Car tout est de ta faute. Tu es l’instrument de nos destins brisés, et tu seras celui de notre destruction. » Qu’il est facile d’accuser un autre de ce que les siècles ont fait de nous. Mes actes ne m’ont pas mené ici, ce n’est que le fruit d’une trahison, et d’une malédiction. Les tiens, d’actes, en revanche, et cette essence de sorcier qui est en toi et que j’abhorre, voilà ce qui t’a mené ici, petit frère. Je n’en suis en rien responsable. Voilà du moins ce dont j’essaye de me convaincre. Il fait un pas en avant dans ma direction, je le fixe sans bouger. Il se rapproche de moi, le loup se contente de repérer la sortie. « De ma faute ? De ma faute ? Je ne suis l’instrument de personne, Orfeo. Tu es ridicule. Si j’avais su que tu étais… » Quel terme employer ? En vie ? Non. Il avait brûlé sous mes yeux vides de toute émotion. Ressuscité ? Certainement pas. « … de retour, je t’aurai cherché. Salué. Retrouvé. Pas agressé. » Je t’ai tué une fois, certes, mais j’avais mes raisons. Tant que je n’en ai pas de nouvelles, je ne te tuerai pas, petit frère. Alors, ne me donne pas de raisons pour le faire. Tu sais, Orfeo, je ne suis pas un meurtrier qui tue gratuitement. J’ai toujours une bonne raison de prendre une vie, et j’en ai encore plus lorsque je torture pour entendre et voir la souffrance dans mon supplicié. Je le toise du regard. Non, je ne détournerai pas mes pupilles des siennes le premier. Ce n’est pas à moi de flancher, c’est à toi de reconnaître en moi l’autorité. C’est ainsi que tout doit fonctionner. C’est moi le chef de meute. C’est moi qui domine. C’est toi qui dois t’incliner devant moi. On sent le Renzacci qui se réveille. Même si le Morienval l’a étouffé. Non, ce n’est pas le Renzacci. Du moins, j’espère. « Mais si ça peut répondre à ta question, je te cherchais parce que j'avais encore un doute. Mais le doute n'est désormais plus permis. » Un doute ? Mon interrogation et son poing me prennent par surprise, mes pieds se dérobent de leur ancrage dans le sol, et c’est moi qui fais un pas en arrière. Mes traits détendus se figent. Se durcissent. Et deviennent imperméables aux émotions qui me traversent alors que je serre les dents malgré ma mâchoire malmenée. Je foudroie mon petit frère du regard, tout en le regardant jurer et secouer la main, et reculer. Oh oui, petit frère, recule. Recule vite, recule bien. Recule loin de moi. Comment oses-tu frapper ton frère, frapper ton aîné. Comment oses-tu me frapper, moi ? Je fais un pas en avant, en inspirant lentement. « Orfeo. » Une voix lourde de menace. J’ai conscience que je ressemble plus que tout à mon grand père à cet instant, la rage incontrôlée en moins, le ton glacé en plus, mais je m’en soucierai plus tard. Qu’il me menace, qu’il m’accuse, qu’il me charge à tort de tous ses malheurs, ce n’est rien. Mais qu’il me frappe. Qu’il me frappe, moi. Je persifle. « Etonnant que l’idiot naïf des Renzacci se soit à ce point rapproché de son grand père. Tout le monde pensait que j’avais hérité de l’ensemble des gènes, mais visiblement, nous les avons partagés, Petit Frère. » Ces deux sonnent dans ma bouche comme une source de mépris. Je mens, ma voix lui ment. A moitié. Mépris, parce qu’il est mon cadet et qu’il ose me menacer. Me toucher. M’attaquer. Parce qu’il t’a pris par surprise, et que ton ego démesuré a été heurté par ce fait. Oui, ça doit jouer. Peut être. Très certainement Nous faisons sensiblement la même taille, mais je m’aperçois qu’un demi centimètre nous séparent en ma faveur lorsque je pose une main non menaçante sur son épaule. Il n’est pas question qu’il la refuse : je resserre ma poigne. Il doit comprendre la leçon. Tu n’es ni son grand père, ni son père, même si dans le cas présent ça revient à dire que tu n’es pas le Seigneur Renzacci, Rafael ! Le loup me met en garde. Mon frère est un sorcier. Il n’est plus aussi inoffensif qu’il y a des siècles. Et alors, voilà ce que je lui rétorque. Et alors ? Je ne suis moi-même plus le même. Mon pouce trouve le point sensible de son épaule, juste en dessous de la clavicule, et j’appuie lentement, avec la patience infinie du bourreau, sans sourciller un seul instant, et sans desserrer le moins du monde ma poigne qui va, au contraire, en se durcissant. « N’oublie jamais, j’insiste sur ce mot, que je suis ton aîné, Orfeo. Et surtout que je ne suis pas n’importe qui. » Menace ? Oui. Qu’est ce qui t’énerve à ce point, Rafael ? Je l’ignore. Non, tu le sais : tu le sais mais tu refuses de le pense. . Je le relâche brusquement en le poussant en arrière, sans le moindre scrupule. Qu’il tombe, qu’il se stabilise, je n’en ai cure. Je fais un pas en arrière. Je crache mes mots plus que je les prononce. « Et tu sembles avoir bien vite oublié que les regards froids et méprisants qui t’étaient destinés ne provenaient que de notre grand père. Tu me dois la vie, Petit Frère. Il était normal que j’en dispose comme je l’entendais. » Ma voix perd un semblant de contrôle, et glisse soudain hors de ma portée, alors qu’elle tonne comme celle de notre aïeul : « Tu me devais la vie ! Et TA vie M’appartenait. ». Pourquoi cries-tu ces mots, Rafael ? Pourquoi les cries-tu alors qu’habituellement, ta colère est froide, ta colère est posée, ta colère est un courant glacé qui transperce toute les protections dans une violence contrôlée ? Je l’ignore. Mais ce que je n’ignore pas, c’est la voix de mon grand père qui m’encourage à poursuivre sur cette voix. Les sorciers ne sont que des créatures abjectes qui doivent mourir. Elles essayeront de te séduire, mais tu dois les réduire en poussière avant.

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MessageSujet: Re: I prayed to the gods: let him stay. [Rafael]   Mer 15 Jan - 19:41

Colère noire et fureur incandescente se mêle pour n'être plus rien qu'un gouffre mortel de douleurs où se mêlent tour à tour le réel et l'irrationnel. Sa conscience lui hurle de ne pas se laisser entraîner dans cette voie là ; qu'il est des chants de sirènes qu'il faut savoir ignorer pour mieux se surprendre à rêver d'un futur meilleur. Mais la déraison le guette et c'est dans un ultime affront à toute logique qu'il s'engage vers les sombres sommets de la folie, s'octroyant le droit d'écouter le chant infamant des cruelles harpies qui telles de vautours tournent déjà autour de sa dépouille pourrissante. Plus que l'ombre de lui même, pas plus qu'une âme errante dans un monde où tous s'évertuent à le rejeter, il oublie qu'il pourrait vivre comme le commun des mortels. Seulement pour cela il faut oublier ; mais l'oublie n'est permis qu'à ceux qui ont à cœur de pardonner et le pardon n'est donné qu'à ceux dont le mérite se fait sentir. Aucun mérite. Pas la moindre récompense. Et cruelle se fait la punition, autant pour celui qui ne saurait s'excuser par la faute d'un orgueil que trop bouffi d'un nom qui ne luit plus de ses lettres de noblesses, et l'autre qui ne saurait excuser la blessure d'un cœur brisé. Les chaînes de leur entêtement s'encrent alors solidement sur les terres, désormais, arides et dévastées de se que fut leur relation. Morte et enterrée. Il n'en reste plus rien que les tombes éparses de leurs victimes qui jonchent ce sentier d'une guerre qui s'ouvre à peine, décors amers et peu avenant d'un avenir qui ne peut s'éclairer sous les ténèbres d'un passé peu reluisant qu'ils partagent. Les murs de sa conscience s'effritant pour n'être plus que la poussière de son humanité, pas plus qu'un corps qu'on aurait fini d'achever à force de coups bas, de mesquineries et de pieux mensonges ; le coup de grâce ainsi porté ne laisse plus, alors, que derrière lui un cœur à vif qui déplore la brûlure qui ne cesse de lui être assénée.

La douleur physique émanant de ses phalanges qui fourmillent de mille et une petites aiguilles qui lui entrent dans la chair, n'est pourtant rien face à la brûlure du contacte que lui fait subir cet aîné qu'il n'a que trop cherché. La douleur lui arrachant un râle muet d'une douleur qu'il ne peut exprimer alors que déjà on le repousse violemment mettant au défit son équilibre qui, in-extremis, lui permet de se redresser. Tout cela, toute cette histoire n'était due qu'à ses recherches désespérées. Celles-là même qu'il n'aurait jamais dû entreprendre alors que son cœur autant que son âme n'étaient pas prêts, et c'est désormais les cendres d'un souvenir éparpillées aux quatre vents qu'il regarde s'envoler. Quelque chose se brise de nouveau un lui, longue estafilade sanglante d'un cœur qui loupe un battement et qui s'arrache à sa cage d'os aspirant avec lui tout l'air qui s'extirpe de sa poitrine. Un dernier souffle qu'il ne peut reprendre tant la surprise se fait douloureuse pour son âme qui se brise, et c'est une larme cristalline qui s'écoule sur sa joue pendant que s’énonce la phrase de trop, prologue d'une déclamation funèbre. Sa main tremblante vient froisser les tissus de sa chemise au niveau de son cœur, tentant par cette gestuelle veine d'en faire cesser la douleur qui s'en échappe, mais rien d'autre que les battements affaiblis d'un corps dont la vie s'échappe à mesure qu'il prend conscience de cette voie sans issue dans laquelle il s'est engagé. Si la colère reste, si la rancœur autant que le dégoût ne saurait disparaître, le tout se fait pourtant dépassé par l'horreur de la situation par cette tristesse qui le pourfend.

Fermant les yeux dans une ultime tentative de calmer toutes la diversité de ces sensations qui prennent le dessus sur sa détermination, il n'en laisse pas moins couler sa peine sur ses joues devenues plus blêmes que naguère. Et ce sont que plus cyanosés que jamais que paraissent ses yeux clairs quand ils rouvrent sur son aîné, paraissant soudainement plus fragile et tellement plus fatigué qu'auparavant, dévoilant toutes les failles du personnage à cet homme qui se révélait être un ennemi de toujours. Rien de plus qu'un image qu'un esprit avait fantasmé et qui aujourd'hui se révélait sous sa véritable nature. Une nature terrible qui brisait un tabou, et de nombreux non-dis. S'humectant les lèvres dans une inspiration qui ne visait qu'à rendre sa voix moins tremblante, lui redonner ne serait-ce qu'un peu de cette détermination qu'il avait eut jusqu'ici. « Ma vie ne t'a jamais appartenu. Comme ta propre vie n'a jamais vraiment été tienne. Rien d'autre que des marionnettes, rien d'autres que de pure jouets au main d'un destin que nous ne maîtrisions pas. Aujourd'hui tu aurais le pouvoir de tout réparer, mais tu restes ostensiblement braqué sur de vieux préceptes désuets. », il fit un pas vers son frère, se montrant désormais plus calme malgré le charivari qui mettant son esprit au supplice en faisait résonner tout son corps d'une violente suite de pensée toute moins gaies les unes que les autres.  « Mais je te l'accorde, je ne suis pas mieux que toi, j'ai oublié qui j'étais. J'ai perdu mes yeux d'enfants, j'ai perdu mon innocence, et c'est dans la mort que notre sang maudit s'est éveillé. ».

Un pas de plus. Un seul pas, et déjà il lui saisit les poignets, le forçant à les placer de part et d'autres de son cou. L'intimant une nouvelle fois, par ce simple geste, de commettre l'irréparable et de les libérer, autant l'un que l'autre, du fardeau de ces retrouvailles aussi inattendues qu'éprouvantes. « Alors oui, s'il te plaît, tue moi. Une seconde et dernière fois. Fais donc de moi la poupée de chiffon que tu jettes au feu, cela aura au moins le mérite de m'épargner ta vision, et mon cœur n'en sera que moins brisé par les aveux que tu me fais subir. » , les yeux dans les yeux il ne scille pas un instant, ne clignant pas de ses paupières ourlées de ses longs cils noirs héritages de leur lignée italienne. Et c'est presque une supplique qu'il profère, peut être plus à la créature dont il sent la présence au travers de son frère plus qu'à cet aîné dont il n’espère plus rien tirer.
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MessageSujet: Re: I prayed to the gods: let him stay. [Rafael]   Jeu 16 Jan - 16:18




Mais que suis-je donc en train de dire, en train de crier ? La colère parle à travers moi, sans que mon contrôle ne puisse filtrer le moindre mot. Deux phrases, deux petites phrases, et je sens plus que jamais l’influence de mon grand père dans cette colère et cette rage qui en vient de me faire dire qu’Orfeo et sa vie étaient miens. Je sens la violence de mes mots aussi sûrement qu’Orfeo qui les reçoit. Je vois et contemple même la douleur que je lui inflige dans ses yeux qui ne sont que les reflets des miens. J’étais bourreau, et je le suis toujours. Je sais exactement où appuyer, où se situe l’infime point de pression qui cause une douleur aigue sans que l’on puisse le deviner après. Ca ne marque pas comme un bras cassé ou simplement tordu, mais la douleur est similaire. Ma main serre son épaule alors que mon pouce exerce ladite pression. Mes mots et mes menaces se mêlent dans un crachat que je lui offre sans une once de remords. Souffre donc, petit frère, et apprend la leçon. Apprend donc la leçon suivante, Orfeo : on ne touche pas à son frère. On ne le frappe pas. On ne dépasse pas les limites. Imprime donc cette leçon, petit frère, comme je l’ai imprimée dans mon enfance, lorsque j’ai souhaité gifler notre grand père parce qu’il n’avait pas cédé à l’un de mes caprices. Apprend donc par la douleur, et n’oublie pas. Je le repousse brutalement, sans considération pour lui. Sans considération pour la larme qui a coulé sur sa joue. Pleurer ? Ton frère n’est qu’un poids, ton frère est faible, je ne vois pas pourquoi tu tiens tant à le protéger. Voilà donc que toi, Grand Père, tu t’immisces dans mes pensées avec ta voix sarcastique, méprisante et colérique. Moi qui te voyais comme un modèle, moi qui te pensais un exemple à suivre pendant toute mon enfance… Mon avis a bien changé au contact d’Azzura. Et pourtant, je me surprends à tendre vers lui à présent. Je frissonne, devant cette larme que je méprise et qui remue en moi une culpabilité que j’abhorre. Cette larme, c’est le reflet de sa faiblesse, le reflet de son innocence que j’ai protégée pendant tant d’années pour finalement la sacrifier au bûcher. Ta vie m’appartenait, Orfeo, je le sais. C’est ainsi que je le conçois. C’est ainsi que je le vois pour éloigner les semblants de remises en question qui me détruiraient. « Ma vie ne t'a jamais appartenu. Comme ta propre vie n'a jamais vraiment été tienne. Rien d'autre que des marionnettes, rien d'autres que de purs jouets aux mains d'un destin que nous ne maîtrisions pas. Aujourd'hui tu aurais le pouvoir de tout réparer, mais tu restes ostensiblement braqué sur de vieux préceptes désuets. ». Le voilà qui fait un pas vers moi. Il est calme, ce qui pourrait me faire sourire. Lui, calme, moi, en colère. Etonnant. Inhabituel. « Réparer, mais réparer quoi. Je n’ai rien à réparer, je n’ai rien brisé, si ce n’est ta vie. Et elle ne semble plus nécessiter aucune réparation. Je ne reste braqué sur rien si ce n’est la réalité des choses. Je suis ton frère, Orfeo, je suis ton aîné. Et ce n’est pas un précepte désuet qu’estimer avoir un peu de respect vis-à-vis de cela. » Je mens. Je lui mens. Parce qu’en en parlant, je me rends compte que je parle comme Rafaele Renzacci et plus encore, comme notre aïeul. Pas comme Rafael Morienval, perdu dans une époque qui n’est pas la sienne.   « Mais je te l'accorde, je ne suis pas mieux que toi, j'ai oublié qui j'étais. J'ai perdu mes yeux d'enfants, j'ai perdu mon innocence, et c'est dans la mort que notre sang maudit s'est éveillé. ». Là, je ne peux que lui concéder ce fait. Notre sang maudit ne s’est révélé que dans notre mort, pas dans leurs circonstances. Notre sang maudit s’est incarné en loup, chez moi, en sorcier chez mon frère. Il fait un pas de plus, et ses mains froides attrapent mes poignets que je tente de dégager, alors qu’il les pose de part et d’autre de son cou. De son propre cou. Mes doigts s’enroulent par réflexe autour de sa nuque, et mes pouces trouvent leur place sur sa trachée, là où une infime pression de leur part mettrait fin à la pitoyable existence d’un des deux derniers Renzacci. « Alors oui, s'il te plaît, tue moi. Une seconde et dernière fois. Fais donc de moi la poupée de chiffon que tu jettes au feu, cela aura au moins le mérite de m'épargner ta vision, et mon cœur n'en sera que moins brisé par les aveux que tu me fais subir. » Ses yeux sont fixés dans les miens, alors que je dégage mes mains d’un geste vif. « Non. Non ! » Mes yeux s’écarquillent, bien plus expressifs que le reste de mon visage. Voilà qui est inhabituel. Mais pas étonnant pour autant. « Il y a quelques minutes, tu parlais de me tuer. Et là, tu veux que je t’étrangle ? Que cherches tu Orfeo ? » Mes mains se posent à nouveau sur ses épaules, mais pas pour lui faire mal cette fois. Non. Les voilà qui le secouent brutalement, comme pour le réveiller. Comme pour réveiller l’Orfeo menaçant, l’Orfeo agressif, l’Orfeo qui me ressemble et que j’ai pu voir un peu plus tôt. « Arrête d’osciller entre les extrêmes, fixe toi une ligne de conduite. Qu’ai-je donc dit qui te rende si apathique ? » Qu’ai-je donc fait ? Ai-je donc tant ressemblé à notre aïeul qu’il en a été effrayé ? Qu’il en est venu à craindre ce que je pourrais faire ? Je lui concède un pas, en reculant, et en regardant mes mains d’un froncement songeur de sourcils. Elles tremblent légèrement. « Je ne peux pas te tuer, Orfeo. Pas maintenant. Il y aurait des témoins. » Bien. Bravo. Le loup applaudit avec un air goguenard. « Mais il est vrai que je devrais te tuer. La raison même de ta survie serait suffisante pour que je contemple ton cadavre à l’heure qu’il est. Et tu le sais. » Je lui jette un regard dont j’ignore moi-même la signification. « Mais pas comme ça. Pas ainsi. Pas alors que tu te livres à moi dans un simulacre de gentillesse qui pourrait me faire penser à celui que j’ai livré sans l’ombre d’un remord au bûcher. Pas alors que tu essayes de me faire croire que tu n’as pas tant perdu que ça ton innocence d’enfant. Je t’ai tué, je t’ai regardé hurler de douleur, je t’ai vu brûler sans détourner une seule minute le regard. Sais-tu comment j’ai réussi à esquisser un sourire ? Je pensais à l’avenir que tu m’offrais en mourant ainsi. En me rendant la vie que je t’avais offerte pour que moi je puisse en avoir une. Tu peux me traiter de sang cœur, d’égoïste, de monstre, mais sache que si j’ai supporté cela, c’était que j’avais une bonne raison. Là, je n’en ai aucune. Alors, non. Si ton cœur est brisé par mes aveux, c’était qu’il était bien trop fragile. » Mon regard se fait méprisant, mais ce mépris est teinté d’un élan fraternel qu’il ne va pas voir. C’est plus un conseil qu’autre chose que je lui dis, finalement, pour achever ce que je viens de dire : « Endurcis-toi, sinon tu te feras bouffer par des loups. », avant de m'écarter, faire demi tour, et m'éloigner définitivement de lui. Au moment où j'entre dans la galerie, je ralentis, m'arrête, et soupire. Mes épaules se relâchent légèrement, alors que mon regard se perd sur la foule. J'étouffe déjà. Ma main va chercher mon téléphone dans ma poche, et j'appelle mon chauffeur pour qu'il me ramène chez moi. Je sens que je vais avoir besoin de m'occuper l'esprit pour ne pas repenser à mon frère, et aux souvenirs qui se mêlent à ses mots.

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