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 • Having nothing, nothing can he lose.

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MessageSujet: • Having nothing, nothing can he lose.    Sam 14 Déc - 18:24



« Your name, merely your name, floods my mind to a point of sweet disgust. »
Alfred de Musset

Lorenzo renversa la tête, contemplant le toit du monde, formulant une supplique silencieuse – que la force soit sienne – au panthéon goguenard qui s’apprêtait à se divertir de la scène rocambolesque allant se dérouler sous leurs yeux omniscients. Bien qu’il ne soit d’ordinaire point pieu, le Tigre, prostré, ne pouvait s’en remettre qu’aux faveurs divines pour voir son vœu exaucé. Ça allait faire un mal de chien. Mais c’était un mal nécessaire. Toujours enragé de l’incident s’étant déroulé dans son appartement, le bellâtre était venu avec la ferme intention d’en découdre. Il y était résigné, résolu : la confrontation était depuis longuement due et il l’avait suffisamment éludée. Mis au pied du mur par cet affront, il lui fallait réagir, il ne pouvait pas perdre la face aussi aisément. Néanmoins, son esprit persifleur n’avait de cesse de lui psalmodier cette très dérangeante vérité : cette mercuriale future n’était qu’un prétexte, une façade, dissimulant des desseins ultérieurs et tout à fait saugrenus. Ce que désirait réellement le Skinchanger, ce à quoi son cœur félon aspirait, c’était Elle. Tout simplement. Il savait que c’était utopique, une lubie mais il ne pouvait se résoudre à abandonner cet espoir vain. Et l’intemporel adage stipulait que qui veut la paix prépare la guerre. Et à cet événement inéluctable, Lorenzo s’y était préparé. Malgré l’affection latente qu’il portait toujours à la belle, il n’en demeurait pas moins furibond, meurtri, frustré. Ils s’étaient tous deux montrés délétères l’un envers l’autre, vicieux et cruels. Certes, il était sans nul doute plus coupable qu’elle ne l’était mais ils étaient arrivés au-delà des excuses et du pardon, se montrer repentant et chercher l’expiation de ses péchés serait futile, irrespectueux même. Le sort de son âme était d’ores et déjà scellé, impie et réprouvée, son essence était condamnée à l’errance éternel dans les méandres de l’Enfer. Aucune action ne serait suffisamment lustrale pour la racheter, aucune rédemption ne lui était possible. Il avait déjà apprivoisé cette conjecture, il se savait dans une situation inexorable, inextricable. Aussi, Lorenzo n’allait pas sans ignorer que l’unique possibilité qu’ils se ré-acoquinent se ferait par la dispute, par des vérités cinglantes, par des mots acerbes et furieux. Ils devaient tous deux se purger de la haine mutuelle qu’ils se vouaient afin de, peut-être, si la providence se montrait miséricordieuse, discuter plus quiètement. Ainsi pourrait-il peut-être lui faire assimiler qu’il n’avait pas été guère plus que l’instrument, l’arme ayant ôté la vie des sœurs d’Aurora. Ce ne serait pas du cousu-main, les probabilités que les événements prennent la tournure qu’il venait de coucher étaient minimes, presqu’inexistantes mais il leur devait d’essayer. Au nom de leur amour passé.

Le félin s’inspecta d’un œil critique : il semblait présentable. Affublé d’un costume gris clair taillé sur mesures et d’une chemise turquoise, le ritale pouvait presque voir son reflet reluire sur ses souliers ardemment cirés, une cravate étroitement nouée à son encolure. Ce smoking avait été l’une des premières choses onéreuses qu’il s’était offert. Son parcours avait bien entendu fait de lui quelqu’un d’avare, retissant à dépenser les billets neufs et craquants qu’il avait durant si longtemps convoité avec une ardeur qui lui fouaillait encore les entrailles à ce jour. Mais voilà, ses vénalités rapportaient grassement et, voyez-là l’influence de sa fibre italienne, il était soucieux de son allure impeccable et ne s’était ainsi donc pas refusé ce caprice qui lui fut refusé trop longtemps par ses malingres revenus. Juché devant la porte du cabaret Masquerade, baigné dans la lueur froide et aveuglante d’une enseigne âcre, l’estafier exhala une longue expiration par le nez, se frottant délicatement les yeux du pouce et de l’index. Par la fine cloison, il pouvait entendre les notes étouffées d’une musique jazzy exubérante filtrer. Fébriles, ses doigts effleurèrent la poignée de la porte. Lorsqu’il la pousserait, il n’y aurait plus d’escapade possible. Il poussa un soupir tremblant. Il allait avoir besoin de toute sa hardiesse, de toute son animosité et de toutes ses trippes pour mener le combat à venir. Derrière lui, quelqu’un se racla la gorge. Lorenzo, par-dessus son épaule, braqua sur l’homme au visage poupin, drapé dans un long imperméable un regard courroucé. Le type s’affaissa ostensiblement sous l’œillade menaçante du tigre. Sa résolution fortifiée, il poussa la porte et pénétra dans ce temple érigé au culte de la séduction subtile. Investis d’une volonté extérieure à lui-même, ses yeux trouvèrent directement Aurora ; derrière le comptoir, elle lui faisait dos, sa chevelure aile de corbeau cascadant nonchalamment, s’affairant à quelconque tâche. Instantanément, deux ressentis se dressèrent en souverains : la nostalgie et la rancœur. Il sentit son corps brûler, le pressant d’en venir aux choses sérieuses. Néanmoins, il tâcha de rester maître de son âme ; perdre son sang froid aussi vite ne serait pas judicieux. Louvoyant à pas lents entre les tables, il ne la quitta jamais du regard, se remémorant les jours filés de soie qu’ils avaient connus ensemble, où ils avaient été bercés par les promesses factices de jours meilleurs. Ils furent passionnés et s’étaient aimés de tout leur saoul, de toutes les puissances de leurs êtres. À son contact, Lorenzo avait touché le faîte du monde, atteint l’apogée du bonheur et de l’allégresse malgré toutes les ténèbres pavant son quotidien. Ces moments avaient été radieux, insouciants, divins. Un cadeau éphémère et empoisonné. Cette femme avait été son héroïne : après elle, rien n’avait été comparable. Tout n’était que cendres et obscurité, rien ne le consumait comme l’avait fait leur conjonction. Fort de sa grâce féline, de son magnétisme animal, de son aplomb à toutes épreuves, le séducteur avait connu une myriade de femmes, que d’aucuns auraient jugé d’exquises, mais toutes lui étaient fades, insipides. Aucune ne fut en mesure d’exorciser l’ectoplasme d’Aurora, son souvenir brûlant, l’emprunte qu’elle avait laissé sur le déchu. Il eut beau s’immerger dans un océan abyssal de débauche et de luxure, rien n’avait comblé le creux en lui et il était maintenant convaincu que rien ne le pourrait jamais.

Enivrante, il accueillit les bras ouverts la colère désespérée venant à lui et la laissa régir ses actes et son corps. D’accoutumée, il était un individu discret mais en ce jour, aliéné par la vue de l’objet imprenable de ses convoitises, il allait se montrer tonitruant, outrancier, scandaleux. Se saisissant d’un verre vide posé sur une table, Lorenzo le projeta de toutes ses forces en direction d’Aurora. Le contenant s’écrasa dans les bouteilles d’alcool posées à ses côtés, dans un tintement sonore satisfaisant. Gouverné par l’amertume et une fureur ravageuse, il siffla : « J’espère que tu l’as baisé comme si ta vie en dépendait car ton petit jeu lui a coûté la sienne. »
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MessageSujet: Re: • Having nothing, nothing can he lose.    Mar 17 Déc - 0:49


La fille de joie avait faillit régurgiter son cœur. Elle aurait voulu le tenir entre les mains. Le serrer jusqu'à ce que celui-si cesse sa course infernale vers un endroit chimérique. Vers un eldorado que celle-ci avait tenté de construire dans les abysses fiévreuses de son esprit. Bercée par ses propres appels au secours, la féline s'était laissée tenter par le gouffre de la démence. L'explosion de tous ses sens aurait un impact aussi conséquent qu'une arme de destruction massive. Elle le faisait saigner volontairement, sadomasochiste aux pulsions auto destructrices. Envies dévastatrices l'a poussant sinueusement vers les profondeurs de son âme malsaine. Cette sensation croissante, nuisible, mais d'une allégresse sans fin. Se traduisant sur les lippes féminines d'une panthère se léchant les babines. Le bout de ses doigts délicats s'étaient glissés sur ces meubles immaculés. Ignorant son partenaire de fortune, pendant que celui-ci s'acharnait à accentuer chaque lettre de son prénom. Elle était rentrée par infraction, se vantant d'une propreté nette à celui qui ne l'écoutait même pas. Prétendant être la maîtresse des lieux, elle s'était surprise à adorer la décoration de chaque pièce, s'imaginant dans les bras de son amant après une rude journée. Un rêve qui ne deviendrait jamais réalité. La banalité l'irritait, elle était incapable de reconnaître la personnalité de Lorenzo dans la perfection de cet appartement. S'abandonnant au parfum exquis de la trahison, la jeune femme avait agit comme jamais elle ne l'avait fait. En parfaite garce, elle s'était adonnée aux plaisirs charnels en compagnie d'un énième frustré. Éternels insatisfaits à la vie monotone, désirant retrouver l'ataraxie dans la douceur d'un épiderme gracieux. Leurs mains obscènes se posant brutalement sur sa peau dans le but de la dépouiller. Que ce soit de ses vêtements ou de sa dignité. Dépourvue de décence, se laissant enivrer par le sentiment confortable de la traîtrise. Renonçant à ses vraies valeurs, elle était retournée tourmenter un passé supposé être révolu. Remuant avec hargne le couteau dans la plaie, ne pouvant laisser la possibilité que celle-ci vienne à cicatriser un jour. Lâche au possible, elle ne pouvait oublier cette sensation de quiétude, ce sentiment détestable lorsqu'on éprouve du plaisir à voir autrui souffrir. Peu lui importait le pactole ou les mâles avides de jouissance. Il était son unique bataille et elle comptait bien gagner la guerre.

Un combat qu'elle n'avait pas eu la liberté de décider, le tigre avait ouvert les hostilités. S'adonnant à des paroles apaisantes alors qu'il n'était que le protagoniste de ses mauvais songes. Fourbe, couard et imposteur, il était l'image type de l'homme qu'elle avait appris à mépriser. Le cliché d'un comportement adopté par tous ces êtres imbuvables, se réfugiant dans le luxe superficiel d'un verre d'alcool. Il était le seul responsable de l'état aliéné dans lequel elle avait sombré. Les sept siècles vécus n'étaient malheureusement qu'une partie infime de ce qu'elle subissait depuis des semaines. Une poupée de chiffon, encaissant les coups, terne et maussade. Comme plongée dans une dimension parallèle, elle avait parfois l'impression de quitter son corps, d'observer la scène telle une spectatrice curieuse. Impuissante face à ces monstres grossiers, assouvissant leurs besoins sans même poser un regard sur sa personne. Après tout, elle n'était qu'une prostituée. Une traînée pratiquant le plus vieux métier du monde, elle n'avait que ce qu'elle méritait. Néanmoins, elle avait conservé une once d'amour-propre. En pénétrant l'antre de son ex compagnon, elle avait ce ridicule espoir qu'il puisse être présent. La voir accompagnée par un autre que lui. La métamorphe se languissait d'admirer les éclairs d'une colère noire briller sur ses prunelles azurées. Cette animosité que l'ont ressent lorsque l'être aimé vous balaye du regard. La jalousie et la possessivité s'enlacent pour ne former plus qu'une sphère d'agressivité. Elle aurait voulu prendre son temps. Contempler la rage qui gonflerait ses veines. Il lui avait refusé ce plaisir. Traduisant sa violence dans ses griffes de fauve, abattant son courroux sur l'infortuné. Agissant une fois de plus comme une froussarde, elle avait disparue, ne laissant qu'un souvenir amer derrière son passage. Tombant dans le déni, refusant une confrontation qui ne tarderait pas à se réaliser. Elle le savait, mais toutes les occasions étaient bonnes pour y échapper. Réconfortée dans son idée, elle avait repris le chemin d'une routine ennuyeuse. Jonchant avec les verres, sous une ambiance tamisée, Aurora semblait maîtresse de la situation. Ignorant les railleries indécentes qui venaient douloureusement cajoler ses tympans. Sarcasmes de bas étage auxquels elle avait pris l'habitude. Souillée par leurs langues venimeuses, aspirant à ce que l'un d'entre eux ne divulgue pas ses petites activités nocturnes. Car entre ces individus au regard vitreux, certains avaient payé pour se voir accorder ses petites faveurs. Elle avait horreur de lire l'ébahissement dans leurs yeux perfides. Leurs commentaires déplaisants, suffisants pour la déconcerter. Assez crapuleux pour la censurer. La brune se plaisait à leur tourner le dos, mais elle pouvait sentir leur lourde présence. Leurs pupilles dilatées posées sur ses fesses. Exprimant leur perversité dans un sourire carnassier. L'odeur nauséabonde de leur haleine grotesque. Puis, l'arôme sauvage d'un homme imposant vint caresser ses narines. Ses mains se crispèrent. Incapable de bouger, pétrifiée. Son organe vital tapait comme un fou dans sa cage thoracique, prêt à être expulsé. Son corps tremblait, secoué par des spasmes qu'elle peinait à contrôler. Le fond sonore auparavant si distant, semblait maintenant impossible à digérer. Les paupières closes, Aurora tenta en vain de retrouver ses esprits, mais le son strident d'un verre brisé en mille morceaux vint la sortir de sa torpeur. Elle sursauta, effrayée par la haine viscérale qui avait pris possession de son partenaire. Puis les mots humiliants vinrent la bercer dans une rage sans nom. Elle s'agenouilla, ramassant avec fierté les bouts de verre. Se relevant, elle ne se laissa pas le temps de constater l'air ravi de Lorenzo. Serrant le bout tranchant entre ses doigts, la jeune femme s'avança vers le provocateur de cette miséreuse mise en scène. Lui jetant un regard dédaignant, celle-ci enfonça de toutes ses forces la nouvelle arme dans la main du bellâtre. « Il a au moins eut l'honneur de me baiser. » cracha-t-elle malveillante. « Toi, tu n'as que tes illusions pour rassasier ta convoitise. » pouffa-t-elle, agitant l'objet luisant dans sa chair. Elle lâcha l'élément déclencheur de leur énième dispute, reculant, presque épouvantée. « Maintenant dégage si tu ne veux pas te faire malmener comme un minable torchon. » Sur ces paroles, ses yeux menaçants se posèrent sur les gardiens de sécurité en guise d'avertissement.


Dernière édition par Aurora A. Abatucci le Lun 23 Déc - 14:50, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: • Having nothing, nothing can he lose.    Jeu 19 Déc - 20:58



La luminosité semblait décroître peu à peu, plongeant progressivement la salle dans la pénombre, seule la scène était éclairée de milles feux, les musiciens jouant avec plus de fougue et de véhémence encore, sans l’ombre d’un doute pour palier à l’incartade du bellâtre et refocaliser l’attention de l’assistance sur le spectacle. Certaines têtes s’étaient tournées vers lui, le lorgnant d’un œil torve, réprobation partout peinte sur leurs faciès banals. Lorenzo n’avait aucun égard pour ces dégénérés condescendants, ayant la prétention de le traiter avec morgue. Il n’avait d’yeux que pour elle. Voilà sept siècles qu’il n’avait plus eu l’aubaine d’apercevoir celle qui, à ses yeux, était la plus belle d’entre toutes. Et voici que cette agonisante et séculaire attente allait toucher à sa fin. La voilà qui tournoyait sur ses talons, la stupeur se muant bien vite en haine féroce lorsqu’elle l’aperçut. Lorsque leurs regards se croisèrent et se soutinrent, son cœur cessa de battre un fugace instant, suspendu, il retint son souffle. C’était la plus singulière des sensations. Il aurait pu, à n’en pas douter, esquisser son portrait d’un coup de crayon expert et aussi fidèle que faire se peut mais c’était comme s’il la voyait pour la première fois. Auréolée de cette prestance ineffable, il irradiait d’elle ce charme subjuguant et enjôleur qui poussait les hommes à une concupiscence sordide. Ses traits faciaux avaient beau être crispés par cette hargne ostentatoire, elle n’en demeurait pas moins nantie d’une magnificence à couper le souffle. Il la contempla courber l’échine afin de ramasser les tessons de verre, tentant vaille que vaille de conserver sa dignité. Elle marcha d’un pas raid vers lui, résolue. Comme dans un rêve, sans apparemment pouvoir réagir, il la regarda, impuissant, lui planter le fragment dans sa main, lui occasionnant ainsi une plaie béante et sanguinolente. Ses paupières se clore. Il sentit le venin de la rage engendrée par cette mutilation se diffuser dans son organisme. Il ne pouvait, si séduisante que paraissait l’idée en ce moment même, lever la main sur une femme. L’écho des cris déchirants de sa défunte mère vibraient, vivaient toujours en lui, spectre lugubre lui remémorant quels ravages la violence pouvait faire sur une dame. Plus que lui briser les os, cette brutalité primaire brisait l’essence d’une femme, la privait de ce qui faisait sa force et de sa volition. Non, il ne céderait pas, il était au dessus de ça. Il était maître de lui. Capitaine de son âme. Il prit une profonde inspiration afin de lénifier le ressac tumultueux de son ardeur. Lentement, il porta sa main meurtrie à ses lèvres et lécha la plaie, suçant l’hémoglobine. Le goût cuivré et âcre du sang révulsa l’humain mais éveilla la bête. Doucement, ses yeux s’ouvrirent et il planta son regard opalescent dans celui d’ambre d’Aurora. Irrespectueux, le spadassin cracha le liquide poisseux engorgeant sa bouche, le projectile écarlate s’écrasa sur le délicat faciès de la belle, cascadant le long de sa joue diaphane. Cette trainée vermeille ressemblait à s’y méprendre avec une larme de sang, ce que Lorenzo trouva ironiquement adéquat. « Tu sais » fit-il avec une inflexion insolente « Je ne t’ai peut-être pas eue toi, mais j’ai eu toutes les autres. » Il arqua un sourcil en réponse aux menaces qu’elle proférait, son regard suivant le sien et butant sur les deux colosses qui le contemplaient d’un air mauvais. Malgré lui, un sourire carnassier s’étira sur ses lippes. Les deux types, aux carrures démesurées, sans nul doute gonflés aux amphétamines, faisaient craquer leurs doigts boudinés en s’avançant lentement. Ce genre d’énergumènes comptaient plus sur le facteur d’intimidation que sur les aptitudes réelles au combat afin de régler les litiges. Sans doute avaient-ils la ferme conviction que Lorenzo allait se tasser face eux et les implorer de ne pas esquinter son délicat faciès. Ils étaient embarqués pour un cuisant retour aux réalités. Le Tigre était un prédateur, un tueur né, un assassin émérite. Il n’avait nul besoin d’armes quelconques pour terrasser deux gorilles aux mouvements lents et pâteux. Avec une lenteur affectée et calculée, il déboutonna sa veste de smoking et la posa avec délicatesse sur le dossier d’une chaise, époussetant les épaulettes pour ajouter encore à ses simagrées. Il dénoua avec nonchalance sa cravate et retroussa les manches de sa chemise, dévoilant ainsi les muscles saillants de ses avant-bras. Il se mit en garde et attendit le début des échauffourées. Dans la lutte, le précepte primordial était de minimiser autant que faire se peut les mouvements superflus. Les rixes d’amateurs étaient souvent malhabiles, chaotiques et véhémentes. Lui, minutieux et initié aux arts létaux, avait anticipé le direct du droit projeté par son agresseur. Il eut à peine à bouger de quelques centimètres afin de s’extirper de la trajectoire du coup et put ainsi décocher une riposte dans le flanc plein d’ouvertures de son opposant, qui s’affaissa en grognant sous l’assaut. De la paume de sa main, Lorenzo frappa le plexus solaire de son antagoniste, ce qui lui vida ses poumons de leur air. D’un puissant uppercut, l’assassin porta l’estocade au videur, qui s’écroula, vaincu. Le second imbécile, furibond, fondit sur Lorenzo en mugissant. À court de patience, le bellâtre dégaina son pistolet paralysant et l’enfonça dans la panse de la raclure. Celui-ci, entravé par le voltage, se convulsa furieusement, ses yeux se révulsèrent et tomba lui aussi comme une pierre. Lorenzo était satisfait ; il avait fait ça proprement, pas d’effusions de sang futiles. Toujours avec cette sempiternelle désinvolture, il revêtit les vêtements dont il s’était déjà fait plutôt et fit face à Aurora, plein d’outrecuidance : « Pas mal pour un minable torchon, n’est-ce pas ? » Il tourna ses paumes vers le ciel et haussa les épaules « Depuis tout ce temps, j’ai eu le temps de parachever mon art. C’est ce que je fais de mieux. C’est ce que je suis. » Toujours ces notes jazzy bourdonnantes et incessantes. À pas feutrés, il réduisit la distance les séparant. Il ne savait plus que dire, que ressentir. Sous ses airs flegmatiques et impassibles, ses sentiments n’étaient qu’un magma déferlant et incertain. Il était tiraillé entre la haine et l’amour qu’il lui vouait. Quelle était la marche à suivre ? La raison ne l’emporterait certainement pas, il devait se fier aveuglément à ses instincts qui l’avaient maintes fois éconduits. « Combien est-ce ? Je double tes honoraires. Tu m’appartiens pour cette nuit. »
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MessageSujet: Re: • Having nothing, nothing can he lose.    Sam 28 Déc - 14:01


L'embarras l'avait submergée, impitoyable, apportant avec lui tous ces regards réprobateurs. Croulant sous l'aversion de leurs murmures hypocrites, son cœur semblait vouloir s'arrêter. Envahit par une sensation qu'elle ne connaissait que trop bien. Calomniée par leurs langues épineuses, remplies de dédain. Ces êtres perfides crachaient délibérément leur toxine, maculée par les préjugés. Sa vieille carcasse âgée de sept siècles s'était immobilisée, tracassée par le tumulte régnant dans la pièce. Ironie morbide lorsque son corps s'abandonnait à la merci d'un inconnu. Renforçant sa renommée, déjà poissée par des mauvais choix. Ce cabaret représentait l'unique aisance d'une assise longtemps escomptée. Elle l'avait guettée, anxieuse, impatiente. Persuadée qu'elle ne le méritait pas. Troublée par un comportement indigne, convaincue de valoir un tel châtiment. Les ondes négatives d'une punition désolante avaient d'abord bercé son esprit, puis un silence royal vint pénétrer l'ambiance purifiée par sa mélodie gracieuse. Les artistes aux doigts de fée avaient posé leur sphères glaciales et sans gêne sur la pitoyable personne qu'elle était devenue. Leurs lippes attrayantes, trépidant sous des offenses toxiques, l'avaient abattue. La dépossédant de toute décence, finissant de l'achever lorsque les secondes parurent des heures. Un mutisme apeurant, plongeant la salle et ses occupants dans les affres du désespoir. Un infime instant, futile, jusqu'à ce la mélopée vienne à nouveau résonner dans ses tympans, manquant de la rendre sourde. Sensible à leur jugement, craintive à l'idée de se retrouver les mains vides. L'avidité d'éclater en sanglots, régurgiter sa détresse telle une enfant se faisait oppressante. Totalement dérisoire. Elle ne lui accorderait pas ce plaisir. Sa tenue élégante le distinguait de bien d'autres, mais son acte risible le rendait presque banal. Du moins, elle tentait vainement de s'en exhorter, parfaitement consciente que son cœur saignait pour lui. Elle était la malheureuse héroïne d'une mise en scène composée par la jalousie absurde de son ancien amant. Il avait tout orchestré, elle en était certaine. L'humiliation qu'il avait subit devait être vengée. Aberrant plus encore lorsque celui-ci goûta à son propre sang, croyant soulager l'amertume. Se dissimulant derrière une fausse carapace de glace, attendant de fondre sous la chaleur exotique de celle qu'il a toujours aimé. Tant de poésie alors que ses dires n'étaient que de misérables injures. Prétendant se baigner dans l'épiderme laiteux d'une énième pécheresse. Ces femmes vertueuses venues d'ailleurs dans l'espoir de lui voler un baiser, seules capables de lui procurer du plaisir. C'était ainsi qu'elle avait pris son odieuse remarque. Son poing se serrant sous une possessivité qu'elle avait cru jusqu'ici maîtriser. L'imaginant, enjôlé par la gourmandise de leurs langues insatiables. « Que fais-tu ici alors ? Retourne auprès de tes traînées. » Laissa-t-elle échapper dans un cri inaudible, couvert par les notes incessantes d'une musique de jazz devenant vite intolérable. L'envie d'entrer dans un jeu de provocation ultime s'était évaporée, laissant place à une jalousie dévorante. Les picotements d'une ardeur désagréable commencèrent à coloniser son organisme, la rendant encore plus détestable. Incapable de se remettre de ses paroles acerbes. Si anodines, mais dont l'impact eut l'effet d'un coup de couteau en plein dans le mille. Se sentant défaillir, la panthère s'accrocha péniblement au comptoir, des sueurs froides venant perturber son discernement. Attrapant un verre, elle en avala son contenu, exprimant sa répugnance dans une mimique plus qu'expressive.

Humble créature, accablée par un sentiment d'impuissance. Envieuse face à toutes ces adversaires, bien plus harmonieuses qu'elle n'avait pu l'être un jour. Le tigre avait volontairement provoqué les hostilités, l'humiliant sans en éprouver du remord. Les traits impassibles sur son visage intact, qu'elle continuerait à juger de parfait. Un portrait bien dessiné dont elle eut peur de voir meurtri par ces bêtes écervelées. Peut-être avait-elle tiré des conclusions trop hâtives. Le bel Italien et les deux montagnes disparaissaient sous un nuage de fumée. Emportés par cette avidité constante de prouver leur virilité. La métamorphe ne savait que faire: rire ou pleurer ? Il avait remporté cette bataille, elle n'était que le maillon faible. Contemplant le spectacle, la latina poursuivit sa course vers la déraison. Le nectar fiévreux influençant sa clairvoyance. Le parfum acre d'une cigarette dérobée vint s'inviter à ce qui semblait être une parodie de mauvais goût. Son palais semblait se décomposer sous la passion ardente que les mouvements du fauve inspiraient. Ce sentiment de vergogne revenait la hanter. Judicieux, sans la moindre intention de s'y décrocher. Lui rappelant sans cesse qu'il était devenu l'apollon de ces dames. Idyllique, sans une once d'imperfection à blâmer. Pendant qu'il exposait ses talents, narcissique au possible, la vilaine s'effondrait. Pathétique. Sa silhouette frêle camouflée par les lumières aveuglantes dont le ton rougeâtre faisait ressortir les sourires carnassiers de ces hommes en quête d'aventure. L'exhibition insensée de son partenaire lui avait parue interminable. Aurora avait ressenti un manque, une crainte accompagnée d'une couardise qui l'avait clouée sur place. En réalité, elle était épouvantée à l'idée que les répliques de Quasimodo puissent le heurter. Le blesser, ou pire l'exécuter. Une fois de plus, le félin lui avait prouvé qu'à ses yeux, il n'avait été qu'une image conçue par les chimères d'une jeune femme candide. Sa naïveté indicible fut confirmée par le mirage de deux corps gisant sur le sol, inertes, mais en vie. Ce fut à son tour de devenir le centre de ses prunelles polaires, aussi indescriptibles que l'était son amour pour lui. « C'est vrai. Je me souviens parfaitement, au début tu avais une préférence pour les mineurs. » Réussit-elle à articuler, frissonnante. Le temps s'était écoulé, barbare, effaçant les reliques d'un couple chérissant. Cette perception d'euphorie, lorsque ses yeux se posaient sur elle, avait longtemps était enterré. Son essence l'enduisait en erreur, nuisible, prête à l'épuiser jusqu'à ce qu'elle tombe à nouveau dans ses filets. Il revenait à l'attaque. Son imprudence fut châtiée par une belle gifle. « Comme si je faisais ça pour le plaisir, imbécile. » Se dégageant de sa planque, ses talons vertigineux claquant sur le carrelage usé, la panthère s'invita dangereusement sur les jambes grossières d'un étranger. Ses bras entourèrent le cou de l'élu, confus de se voir mêler à une dispute d'adolescents. Séditieuse, ses lèvres captieuses se posèrent sur la surface lisse de la peau de l'inconnu. Elle se retourna enfin vers la cible de ses attaques. « Je ne t'appartiendrai jamais. Ni cette nuit, ni aucune autre d'ailleurs. »
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MessageSujet: Re: • Having nothing, nothing can he lose.    Lun 6 Jan - 20:28

Les notes pétulantes et capiteuses s'élevèrent derechef dans l'éther, la véhémence des artistes trahissant leur volonté de compenser l'interlude silencieux causé par leur curiosité avide et éhontée. L'esclandre captivait plus l'attention que le spectacle, l'assemblée contemplant, tantôt avec réprobation, tantôt avec une fascination obscène, le scandale se déployer sous leurs yeux impudiques. Cette abominable plèbe se délectait de cette scène cocasse et si le sempiternel stoïcisme de Lorenzo n'était point ébranlé par le comportement de la lie de la société, il n'en allait pas de même pour la belle. Il était aisé, même pour un individu aussi peu empathique que le Tigre, de remarquer l'embrasement de ses pommettes, la fébrilité de son port. Elle semblait avoir grand peine à gérer l'embarras qui la rongeait, si la lampée alcoolisée qu'elle venait d'ingurgiter était un quelconque indicateur. Nonobstant sa déchéance publique, les yeux d'Aurora étaient toujours habités par cette lueur défiante, témoignage irréfutable que son essence était intacte, ce qui lui donna l'envie inopportune de sourire. Sa sentence, ou plutôt l'intonation avec laquelle elle l'avait couchée, le stupéfia. Était-ce … de la jalousie qu'il avait entendu poindre dans la voix de son aimée ? Cette réaction inespérée et inopinée l'électrisa, galvanisant ses espoirs. Tout n'était pas perdu, il en était intimement convaincu ; la tâche serait ardue, certes, mais tout de même, une nitescence chétive subsistait dans les ruines ténébreuses de leur union. « Toutes ces femmes furent insipides. » dit-il d'une voix posée. Aucune d'elles n'était passée outre la prison de glace de laquelle son cœur était captif, aucune n'avait fait vibrer son âme, toucher sa fibre amoureuse. Sauf Elle. Sa quête frénétique de plaisirs charnels s'était avérée creuse, vaine tentative afin de sauvegarder son essence moribonde, ne lui confirmant qu'une vérité que son corps savait déjà : elle était la seule capable de le transcender, de l'enflammer, de le faire sentir en paix. Elle était synonyme d'extase. Leurs âmes étaient consubstantielles, pourquoi Diable se refusait-elle à le voir ? C'était leur fardeau, leur croix, bien qu'ils étaient tous deux écartelés entre l'aversion et l'affection qu'ils vouaient à l'autre, l'éternelle et irréfragable attirance était toujours bel et bien là. Les paroles venimeuses et sardoniques d'Aurora fissurèrent son masque de marbre, il sentit sa colère impérieuse, s'étant retirée momentanément sous la surface de son subconscient, émerger à nouveau, consumant son discernement, lui fouaillant ses instincts les plus sombres et frustes. Toutefois, au prix d'un insurmontable effort, il ravala son fiel et sa pétulance mais réagit néanmoins aux palabres subséquents. « Bien, voilà un point sur lequel nous tombons d'accord ; nous ne faisons pas nos métiers respectifs par plaisir. » fit-il, de la glace dans le voix, un éclat féroce chatoyant dans ses iris opalines. Lorenzo ne tirait nulle exultation d'arracher la vie à ses victimes, il n'avait pas la soif du sang, occire de pauvres âmes ayant importuné les puissants de ce monde n'était pas sa vocation, seul l'aspect lucratif le stimulait. En ces temps immémoriaux, en tous les cas. À l'heure actuelle, la frontière est plus confuse, nébuleuse, mouvante. Le sang appelle le sang, la violence corrompt et enivre. Véritable parasite spirituel, la brutalité gangrène, s'enchevêtre dans la quintessence de l'âme, le chancre dévore et se niche, s'érigeant en primat. Péché sordide que le félin se garda bien de dévoiler.
Ses sourcils se haussèrent face à l'impudence de la femme de joie, il l'observa se percher sur les genoux d'un quidam, lui octroyant même la grâce d'un baiser. Vaille que vaille, Lorenzo s'évertua à conserver un faciès impénétrable mais il n'était que trop conscient de la fureur incandescente couler en lui, de la bête tempétueuse en lui tirer au renard sur ses chaînes, mugissant, clamant qu'on lui accorde sa liberté en vue de laver cet affront par le sang. La jalousie l'envenimant, il lutta pour garder le contrôle de lui-même et déclara, goguenard afin de ne pas perdre la face : « Tu ne devrais pas te refuser à moi, Aurora. Dans le cadre de ma profession, j'ai frayé avec des gens influents et ai appris de bien embarrassantes vérités à leurs sujets. Que crois-tu qu'il arriverait si je venais à solliciter leurs bons services ? Écraser une putain ne serait qu'une bagatelle pour mes accointances. Ta vie deviendrait un enfer. » Prenant une profonde inspiration, le bellâtre déboutonna sa veste de costume et releva les pans de son pantalon afin de ne pas gâcher le pli. Avec sa grâce désinvolte, il prit le siège libre en face de l'inconnu et planta son regard glacé dans celui de la barmaid. « Tu ne sembles pas apprendre de tes erreurs, Aurora. Cesse donc d'impliquer ces malheureux dans notre différend, tu les condamnes à une mort certaine. » L'homme cossu déglutit de manière audible, son front s'emperlant de sueur, le sang quittant son faciès joufflu et banal, le laissant le teint livide. Pauvre diable, pris à parti dans cette discorde séculaire, son sort se scellerait bien vite s'il ne déguerpissait pas en toute hâte. Lorenzo porta alors l'estocade, réplique qui arracherait sans l'ombre d'un doute une réaction spectaculaire à la dame. « Je crois que tu as peur, Aurora. Peur de ce que j'ai à te dire. Peur d'entendre raison. Peur de t'abandonner à moi malgré toute l'affliction pavant notre histoire. »
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MessageSujet: Re: • Having nothing, nothing can he lose.    Ven 7 Mar - 23:04


Le cœur meurtri, accablé par leurs injures. Décence souillée par leurs mains bestiales. Et puis le néant, un monde qui s'écroule. Sa carcasse insiste, résistante, mais finit par céder. Elle capitule et s'abandonne corps et âme à ce nouvel Enfer. Elle, qui longtemps avait escompté la reconnaissance. Rampant telle une misérable en détresse, provoquant des appels au secours sans jamais avoir de réponse. Ces regards n'avaient cessé de la juger. L'achevant jusqu'à ce que sa dignité en souffre les conséquences. Frêle et craintive, optant pour la commodité. Il avait été l'antidote face à son infortune. La berçant avec des paroles au goût sucré et apaisant. Et pendant que son esprit s'aventurait dans l'amertume des souvenirs, ses rétines d'un brun foncé réalisaient à quel point il avait changé. Lorenzo avait toujours été d'une beauté divine, mais à présent, celle-ci lui semblait calomniée par la frivolité d'une liasse de billets. Il n'y avait plus rien d'inné chez lui, même sa langue paraissait toxique, emplie de venin et d'imposture. La panthère avait le vertige, submergée par un malaise constant qui lui tordait l'estomac. Il cajolait ses tympans avec des mensonges, tentant en vain de la flatter. « Insipides dis-tu ? » Ses lippes pulpeuses se déchirèrent en un rictus narquois. « Je suppose alors que ces femmes ont vraiment existé. » Miséreuse candide, encore aveuglée par des chimères idylliques. Ses sphères bleutées qu'elle avait tant idolâtré, ne ressemblaient plus qu'à un précipice où les pointes lacérées des rochers n'hésiteraient pas à la planter une deuxième fois. Sept siècles s'étaient évanouis. Sous les traits d'un félin, les reliques de son visage céleste persistaient à revenir la hanter, sans lui laisser une once de répit. Il venait la piétiner dans son pire moment de faiblesse. L'humilier jusqu'à ce qu'elle s'écroule sous le poids de ses propos acerbes. L'a mortifier ne lui apportait décidément pas assez de satiété. Il s'insinuait dangereusement dans le terrain redoutable de l'intimidation. Ses menaces lui parurent atrocement dérisoires face à tout ce dont il avait été capable de lui infliger. Ce furent les grossièretés et ses traits inébranlables qui la laissèrent de marbre. Lui faire avaler sa cravate ou lui briser le nez, elle hésitait encore. « Tu viens finir ce que tu as commencé ? » L'interrogea-t-elle faisant allusion au meurtre de ses deux cadettes. « Tu fais peine à voir. Exécuter des innocents ne te suffit donc pas ? Garde ta salive délétère pour ceux qui tremblent face à tant de prestance. » Ironisa-t-elle riant aux éclats. « Je me fous de tes connaissances vicieuses, il y a longtemps que tu as cessé de m'impressionner Lorenzo. » Elle se saisit du verre de l'inconnu, le portant à ses lèvres en adoptant une attitude insolente. « Ma vie est déjà un Enfer et ton apparition soudaine n'a fait que raviver les flammes. »

Malicieuse et séditieuse, la panthère faisait glisser le bout de ses doigts sur l'épiderme granuleux de l'inconnu. Ce comportement intrépide n'était que l'expression de son insatisfaction. Consciemment, elle laissait paraître une expression glaciale, mais à l'intérieur, elle doutait. Colérique et apeurée à l'idée qu'on puisse la traquer. En réalité, elle se sentait déjà harcelée, mais elle était encore assez lucide pour distinguer le vrai du faux, ou presque. « Fais le stock en munitions, ta liste est longue mon chéri. » Lassée de sa marionnette, la jeune barmaid se remit sur ses jambes, faisant face à son amant. Ces merveilleuses boissons commençaient efficacement à coloniser son crâne, la rendant encore plus hystérique que d'habitude. « Mais je t'écoute. » Titubant, elle s'appuya sur l'épaule de l'Italien. « C'est vrai, j'ai peur. J'ai peur de la vérité, peur de te voir franchir la limite dans le but d'obtenir ce que tu veux. Je ne suis pas ta poupée Lorenzo. Tu crois que tu peux m'avoir avec des mots doux ? » Les mots restèrent coincés dans sa gorge. Elle était effrayée à l'idée d'aller trop loin, de se rabaisser en lui avouant que l'éternité n'était pas suffisante pour qu'elle lui prouve décemment son amour envers lui. Leurs visages étaient déjà trop proches, elle finirait par succomber. Reculant, la jeune femme retourna à sa place d'employée. Les notes mélodieuses qui auparavant lui semblaient lointaines, venaient maintenant l'inspirer, l'a précipitant dans une folie passagère. Grimpant sur le comptoir, la jeune Italienne remua ses courbes généreuses, aguicheuse au possible. Sensuelle, elle fit glisser la bretelle de son débardeur noir sur la peau laiteuse de son épaule. Ses yeux vinrent se poser sur ceux de son ancien compagnon de fortune, une lueur de défiance les faisant briller de mille feux. Elle s’accroupit devant lui, agrippant sa mâchoire avec sa main droite pendant que sa jumelle menaçait de retirer le peu de tissu qui lui couvrait le buste. « Et toi ? De quoi es-tu vraiment capable pour me voir sombrer ? »
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MessageSujet: Re: • Having nothing, nothing can he lose.    Sam 8 Mar - 21:49

Sa main droit plongea dans le revers de sa veste, saisissant un paquet de cigarettes d'un geste rodé par les âges, en plaçant une nonchalamment à la commissure de sa bouche. Lorsque la première bouffée de cette infâme consumation lui parvint, ses yeux étaient clos, ignorant la frénésie folâtre des notes jazzy s'élevant dans l'atmosphère, ignorant le flot tumultueux de ses émotions, tentant ainsi de prendre de la distance par rapport aux événements, de recouvrir son impassibilité coutumière, de s'offrir un court répit. Néanmoins, croire qu'un replis dans son intérieur lui était possible était illusoire, onirique car bientôt, la panthère relança les hostilités, cette lutte cruelle et inéluctable reprit de plus belle. Le Spadassin pouvait entendre la déchirure dans la voix d'Aurora, sentir la candeur brisée en suinter. Il grimaça presque de la savoir si vulnérable mais sa sollicitude s’effrita bien vite lorsqu'il se rendit compte de la fourberie de cette remarque aux apparences innocentes. « Cesse donc d'être hypocrite, combien d'hommes as-tu laissé souiller ton corps en échange de quelques billets ? » fit-il d'une voix dure, ses paupières se soulevant promptement, plantant son regard de glace dans les yeux de cette farouche créature. La toile se dressant devant lui fit bouillir son sang ; Aurora toujours juchée sur les genoux de ce bourgeois, pris à parti dans une guerre qui n'était pas la sienne. Lorenzo luttait pour conserver la main mise sur ses pulsions malveillantes, sa main agrippant la table jusqu'à que ses jointures furent rendues exsangues. Il savait que cela était irrationnel, que ses ires devraient être dirigées à l'encontre de cette damnée succube mais tout en ce quidam l’insupportait ; son teint blême, sa couardise, son physique d'une platitude affligeante, son opulence. Ses lippes étaient en train de se mouvoir grotesquement, sans qu'aucun son ne soit émis. Les mâchoires saillantes du bellâtre se contractèrent, il tira longuement sur sa cigarette, unique exutoire, afin de ne pas céder à l'appel obsédant de ses instincts les plus basiques. Fort heureusement pour le pansu personnage, Aurora choisit ce moment opportun pour porter l'estocade au Tigre. La colère refit surface aussitôt, cette terrible, toute-puissante colère, obscurcissant son jugement, coula aussitôt dans les chemins du sang, imprégnant tout son être, fureur capiteuse qui lui était si familière. Luttant pour faire fi de son éréthisme, Lorenzo parla d'une voix dangereusement calme : « Qui sait ? As-tu eu des nouvelles de ta sœur récemment ? ». Néanmoins, il n'avait pas encore terminé : « J'ai fait que j'avais à faire pour survivre. La faim me tenaillait jour après jour. Cet argent sale était facile, je n'ai pas voulu penser aux conséquences. Tes sœurs étaient condamnées, Aurora. Si cela n'avait pas été moi, ç'aurait été un autre. Elles sont parties sans douleur aucune.» fit-il, contemplant son amour déchu redoubler d'insolence et de provocations, elle qui traçait amoureusement les traits du quidam du bout ses doigts délicats. Aucune once de résipiscence dans les propos de l'assassin, juste une esquisse froide et impitoyable des faits. Lorenzo n'éprouvait pas de remords par rapport à la nature de ses actes ; tout en lui portait meurtre, il avait été béni d'un formidable don, extrêmement lucratif et prisé en ce bas monde : prendre la vie de son prochain. Il n'y avait pas de lumière dans les abîmes de son être, uniquement une noirceur totale et une solitude souveraine. Néanmoins, le pion du Gouvernement regrettait les conséquences de ses méfaits ; quand bien même la disparition de deux étrangères le laissait de marbre, il maudissait les répercussions que cela avait eu sur sa relation avec Aurora. « Oh oui, une liste longue de centaines de noms, à n'en pas douter. » railla-t-il, l'observant tituber jusqu'à lui, prenant appui sur son épaule. Ils étaient proches à présent, beaucoup trop proches, la proximité en devenait intoxicante. Le Tigre, l'acuité de ses sens décuplée par sa qualité de Skinchanger, pouvait très nettement sentir les effluves de la fragrance de la belle et la très notable et caractéristique odeur de la peur. « L'unique raison pour laquelle je me montre aussi brutal est que nous désirons tous les deux la même chose. Tu le sais, tu ne veux juste pas l'admettre. » La tension était presque tangible, l'on pouvait presque la goûter sur la pointe de notre langue, l'atmosphère était électrisée par tant d'intensité. Soudain, elle alla se percher sur le comptoir, s'effeuillant légèrement, sa provocation atteignant l'apogée, jouant de ses charmes célestes de manière éhontée. Il se laissa happer par l'étau glacial qu'était sa main, vrillant son oeillade azurée dans la sienne. Lorenzo ferma la distance les séparant, leurs lippes à quelques centimètres à peine – il pouvait sentir son souffle lui caresser le visage – tandis que sa main plongea derechef dans sa poche. « À tout. Je mettrai le monde à feu et à sang. Je te briserai si c'est le prix à payer pour que tu sois mienne à nouveau. » chuchota-t-il, pour ensuite capturer la lèvre inférieure de la nymphe entre ses dents, ne l'embrassant pas réellement, alors que sa main jaillit, canif au poing, tranchant l'unique bretelle restante aux atours du félin. Tout être tournant le tigre en ridicule s'exposait à son courroux et elle n'y faisait pas exception. Il était un homme de cet acabit, de ceux qui vont aux devants des choses et les plient à leur volonté.
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MessageSujet: Re: • Having nothing, nothing can he lose.    Lun 10 Mar - 16:41


Sa sérénité s'était dissipée, écrasée sous la prestance du félin. Candide, croyant dans un premier temps être confrontée à un mirage. Les verres brisées reflétaient toute la noirceur de leur relation. Annihilée par une société pervertie, isolée face à tant d'abondance. L'âge d'or lui était encore inconnu. Ces êtres entourés d'un halo de mystère l'a terrorisait. Leur liaison n'avait été que le fruit d'un monde chaotique, réunissant deux rejetons échappant aux règles imposées par celui-ci. Deux entités abominables, refoulées par la banalité d'une existence paisible. Naïfs et idéalistes, ils avaient cru pouvoir révolutionner le monde. Leur destinée en décida autrement. Arbitrant leurs gestes et leurs choix. Les condamnant à une vie éternelle. Ils seraient à tout jamais deux êtres miséreux et dédaignés par leurs semblables. Un combat sempiternel, mené par deux âmes damnées, impatientes de retrouver l'ataraxie. La panthère lui était entièrement dévouée. Dévotion sans limites, prête à alanguir les barrières du spirituel. Aveuglée par un sentiment puissant. A ses côtés, elle était préparée à surmonter tous les obstacles se dressant dans sa minable vie. Avec lui, elle n'avait aucune raison d'être effrayée. « Merci de la précision, celle-ci marque un fossé entre toi et moi. J'ai l'argent, et toi ? Qu'as-tu en échange ? » Elle se mordit la langue, se faisant violence pour ne pas expulser toute la jalousie qu'elle pouvait contenir. Son esprit avait une imagination caricaturale, exagérant des scénarios dans les moindres détails. L'Italienne s'incitait elle-même à l'aversion, devinant la réponse, mais insistant tout de même pour l'entendre. Dorénavant, leurs chemins s'étaient éloignés. La lutte était devenue une affaire individuelle. Celle-ci ne fit que s'accentuer lorsque inopportun fit allusion à sa cadette. L'intonation de sa voix l'a fit frémir. Surprise, dépitée et sous l'effet d'une colère noire, craignant le pire. Ces émotions se confondaient en un véritable mélange volcanique, menaçant d'exploser à tout moment. « Si tu touches au moindre petit cheveux de ma sœur... » Sa menace ne rencontra pas de fin, incapable d'aller jusqu'au bout et de se montrer convaincante. La mention du prénom de sa benjamine lui vrillait encore les tempes. Il y avait cependant une question qui lui brûlait les lèvres depuis des siècles. « Pourquoi as-tu laissé Arianna s'enfuir ? » La plus jeune des Abatucci avait été épargnée. Peut-être par un élan de miséricorde fondé sur la crainte du courroux de l'aînée. L'a gracier pour ensuite la détruire. Non seulement il était devenu fourbe, mais en plus tout portait à croire qu'il lui manquait quelques neurones.

« Comment oses-tu dire une chose pareille ? » aboya-t-elle, l'animosité lui vibrant la langue. Il disait vrai, mais l'orgueil de la barmaid était absolu. Il n'avait été que la marionnette de son propre géniteur. Scélérat insalubre aux intentions tout aussi nuisibles. Jouissant de sa domination pour leur infliger le pire châtiment qui puisse exister. Les dépossédant de toute pureté, monstre dépravé prenant plaisir à les voir souffrir. Son épiderme sordide avait laissé les stigmates d'une époque achevée. Impossible de les cicatriser. Elle se souvenait encore de la sensation nauséabonde qu'il lui procurait. Jamais elle ne pourrait oublier les traits tortueux et aberrants de son tortionnaire. Toutes ces années, persuadée d'avoir éliminé le bourreau de ses sœurs alors que celui-ci se dissimulait derrière la sournoiserie. Ignorant la source de son désarroi... ses mensonges ou son acte abominable ? « Pourquoi en es-tu aussi sûr ? » l'interrogea-t-elle entre deux gorgées. « Cela ne m'apporterait rien d'admettre quoique ce soit, à part de l'hypocrisie et de la fourberie. » cracha-t-elle, une pointe de chagrin dans la voix. Elle refusait de le laisser maître de ce jeu puéril qui s'était installé entre eux. Pour l'instant, elle seule dominait le cabaret, perchée sur ses talons vertigineux, une allure voluptueuse se dégageant de tous les pores de sa peau. Ensorceleuse au possible, la jeune femme se laissait convoiter par la perversité de ces regards étrangers. Submergée par l'aliénation et le feu du nectar absorbé quelques instants plus tôt. Elle ne distinguait plus les traits de son amant, pourtant si près. Aurora ressentit des légers picotements au niveau de sa lèvre inférieure, coincée entre les dents du bellâtre. Elle aurait pu apaiser cette flamme qui lui brûlait les entrailles, lui criant de s'approprier ses lippes et de les consumer, mais elle n'en fit rien. Sa ténacité lui vola un sourire, elle se sentit presque rougir. Il avait mis un terme à l'infime bretelle qui faisait tenir le bout de tissu lui couvrant le buste. « J'espère que tu ne manques pas d'imagination. Je ne pense pas que tu puisses faire pire qu'autrefois. » Lui répondit-elle nonchalante, les yeux rivés sur son haut, tentant bien que mal de camoufler sa poitrine. Elle se laissa glisser le long du comptoir, confisquant la veste de l’Apollon pour couvrir ses épaules dénudées et masquer ses atouts des regards indiscrets. Une cigarette vint se planquer entre les deux doigts de la femme de joie, pendant qu'un verre solitaire se remplissait à vue d’œil, ses parois rencontrant les lèvres velouteuses de sa propriétaire. « Étais-tu là quand j'avais besoin de toi pour combattre le monde à feu et à sang, Edoardo ? »
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MessageSujet: Re: • Having nothing, nothing can he lose.    Dim 16 Mar - 14:31







le monde de Danny











Edition Spéciale {Diffusée en vrai RP}




Éteintes, en veille, allumées sur un programme que vous avez choisi, les télévisions ont toujours eu pour habitude de répondre à vos désirs. Il en va de même pour les radios, les ordinateurs. Les téléphones pour ceux qui en possèdent. Mais soudainement, les engins électroniques se mettent à agir d’eux-mêmes. Dotés d'une volonté propre. Changeant de programme, sortant de veille ou s’allumant tout simplement pour se brancher sur une émission qui ne vous plaira absolument pas. Le Gouvernement a tout prévu. Infiltrer tous les foyers de la ville pour que l’annonce soit vue, lue ou entendue de tous.

« J'aime partager. J'ai toujours été comme ça, garder les secrets ce n'est pas pour moi. Pas quand le reste du monde peut aussi en profiter et s'en amuser. Pour réchauffer un peu vos petits cœurs en cet hiver qui perdure, voici une édition spéciale, qui risque de faire de belles étincelles. J'en suis tout chose, j'en verserais presque une petite larme. Et vous aussi, j'en suis certain.
The game is on...

rumor has it


- AIDEN Northwild ; Enregistrement vidéo :
Si la plupart de la population semble avoir compris que pour sa propre sécurité il est fortement déconseillé de mettre le nez dehors après le couvre-feu, d’autres en revanche, semblent ne pas vouloir se plier aux règles. Je ne donnerais pas de nom pour éviter tout... Oh si allez, je vais vous en donner. Un surtout. Notre cher Aiden. En parfait ado qui se rebelle, il n’en fait qu’à sa tête et se balade tranquillement une fois la nuit tombée. Et comment fait-il pour passer au travers des patrouilles ? En payant les patrouilleurs pardi ! Les pots de vins circulent, passent entre les mains de soldats supposés faire régner l’ordre. Je doute que tu trouves de nouveaux Peacekeepers à corrompre mon cher Aiden, et si j’étais toi, je ferais une croix sur les escapades nocturnes. Tu as eu de la chance jusqu’à présent, mais la roue tourne. Et je doute que tu apprécies ce qui t’attends si tu venais à être surpris en flagrant délit. Je dis ça, je dis rien…

- aleksi lenaïk ; Récidive :
Condamné pour avoir fourré son nez dans des affaires d’Etat classées secret défense. Il semblerait que dix années de prison ne lui ont pas suffi car ce cher petit Aleksi est en train de retomber dans ses travers. Une source sûre m’affirme que l’informaticien se change en hacker de haut vol une fois ses heures de travail achevées et qu’il tente depuis plusieurs mois déjà de s’infiltrer dans les dossiers secrets de notre cher Gouvernement dans le but de le voir s’effondrer.
Qui l’eut cru, lui qui a l’air si inoffensif derrière ses lunettes de parfait petit geek ? Pas moi. Et si j’admire son travail, notre Président lui, voit ces tentatives d’un très mauvais œil et prépare déjà la contre-attaque. Un conseil, Leksi, évite de mettre le nez dehors pendant quelque temps et arrête de te prendre pour un Résistant. Tu n’en as pas la carrure.

- Angus Rasmussen ; Rumeur :
Il se prétend Résistant. Clame à qui veut l’entendre qu’il nous déteste, et que notre cher Président et son Gouvernement doit être renversé au plus vite. Il a gagné sa place dans la Résistance, j’en suis sûr. Ils sont tellement aveugles, qu’ils sont incapables de voir quand on se moque d’eux. Mes chers petits, vous avez un mouton noir dans vos rangs.
Car si Angus prétend vouloir la destruction de l’ordre établi, une fois sa chemise retournée, il œuvre pour ce même ordre avec toute la dévotion du monde. Surpris ? Si j’étais vous, je renforcer les tests d’entrée, pour éviter de vous retrouver une nouvelle fois dans ce cas de figure à l’avenir.

- Aurora Abatucci ; Enregistrement vidéo :
La nuit tombée, les rues de la ville se vident. Au coin de l’une d’elle, une ombre se profile. Les talons claquent sur le sol et la jeune femme courtement vêtue, s’arrête pour retrouver une de ses camarades. Elles attendent patiemment qu’un client vienne demander leur service. D’autres talons se font entendre, et c’est Aurora qui entre en scène. Elle se montre enjôleuse avec les deux prostituées, puis sans crier gare, les massacres de sang-froid, à la manière de Jack L’éventreur.

Qui aurait cru ça ? Qu’une si délicate personne serait capable d’agir avec une telle barbarie ? Et ensuite accuser un assassin mort il y a des siècles ? Franchement, Aurora, tu aurais pu trouver mieux. A mois que ce crime n’ait été motivé par une jalousie quelconque ? Elles avaient marché sur tes plates-bandes c’est ça ? Parlementer aurait peut-être pu régler les choses, tu devrais y penser pour la prochaine fois. Ça t’évitera de passer pour une folle sanguinaire.

- Azzura DiMercurio ; Enregistrement vidéo :
Une forme noire se distingue parmi les hautes herbes. Il s’agit d’Azzura. Perdue au fin fond du bayou sauvage, une arme à feu en main, elle semble tout droit sortie d’un film d’horreur. Des cernes bleutés trônent sous ses yeux. Elle a le teint blafard et les joues creuses.
« - Suis-je la seule à le voir ? ». Saisie d’un violent tremblement, elle manque de tomber à la renverse. Elle lance des paroles dans le vide.
« - Espèce d’ordure. Tu n’es pas réel. Tu es mort il y a plusieurs siècles. Disparais avant que… ». A qui s’adresse-t-elle ? Aucune silhouette ne la surplombe. Aucun interlocuteur à l’horizon. Elle est entourée d’arbres solitaires. Plus loin, un homme est avachi dans la vase. Sans crier gare, elle lui tire une balle en pleine tête. Dans un état de confusion mentale, elle enchaine sur un nouveau monologue.
« Qui suis-je ? ». Coupable, elle prend la fuite.

Atteinte du syndrome de la bougeotte, la demoiselle a souvent besoin de changer d’air. Elle ne refusera certainement pas de passer un séjour chez les fous. Allez, souris. Stain viendra t’apporter des oranges. C’est certainement mieux que de croupir dans une cellule, n’est-ce pas ? Avant d’enfiler ta blouse blanche, pense à m’offrir une danse privée.

- Brashen Hall ; Rumeur :
Il en faut des nerfs d’acier pour rejoindre les rangs de notre belle armée. Tous les Shadowhunters vous le diront : leur boulot n’est pas une mince affaire. Et Brashen ne dira pas le contraire. Derrière ses beaux yeux de glace se cache en fait un être au tempérament de feu. On me rapporte que le soldat aurait tendance à perdre son sang-froid durant certaines missions. Et suspects, comme témoins, payent le prix de ces pertes de contrôle.
Brashen, abîmer les potentielles sources d’informations ne sert à rien et n’aide pas pour les enquêtes. Bien au contraire. Achète-toi des fléchettes ou un bon punching-ball pour soulager tes pulsions, ça vaudra mieux pour tout le monde. Ou alors mets-toi au yoga.

- Carys Lemoyne ; Rumeur :
Si certaines femmes peuvent fermer les yeux sur les incartades de leur fripon de mari, surtout quand il y a un train de vie luxueux à la clef, aucune n'aime se récupérer à cause de lui toutes les infections qui trainent. A force de fourrer leur nez (et pas que, hélas) entre les cuisses de la peu farouche et visiblement peu reluisante Carys, un tas d'hommes politiques se retrouvent désormais avec des démangeaisons purulentes et des maladies vénériennes fort compromettantes. Et qui paye l'addition ? Leurs pauvres épouses tiens, bien obligées d'accomplir leur devoir conjugal de temps en temps.
Déjà que sa bouche pulpeuse, ses tenues ne laissant aucune place à l'imagination et ses seins dignes d'une actrice pour films X leur refilaient à toutes des complexes et de l'urticaire ! La prostituée de luxe est à présent la bête à abattre, un vrai comité de femmes bafouées s'est ligué contre elle et planifie d'ores et déjà de détruire Carys. Avoir un peu de répit lorsque le chéri veut se soulager oui, être la victime d'une contagion massive, non. Messieurs, la prochaine fois un conseil : sortez couverts ! Il est toujours fâcheux de voir son épouse hystérique prendre les armes, et quelques précautions vous éviteraient à coup sûr de nombreux désagréments. Comme par exemple dormir sur le canapé miteux du salon, avec pour seul doudou votre nid à MST.

- Connor Blackpearl ; Enregistrement vidéo :
Jackson Square à la tombée du jour. Le parc se vide, et les camés sortent de l’ombre. Ils déambulent dans les allées, s’offrent le loisir de tirer sur leurs joints en toute quiétude. Dans un coin plus éloigné, Connor semble être en pleine discussion avec d’autres drogués.

Il se disait guéri. Moi je pense sérieusement qu’il a fait une rechute et qu’il retrouve régulièrement ses potes de fumette pour partager de bons délires. Ils volent haut les éléphants roses, Connor ? Et mon petit doigt me dit, qu’en plus d’en consommer, notre cher Connor se serait lancé dans la vente de drogue. Parait que ça paye bien…
Tu me donneras quelques tuyaux, si jamais je songe à me recycler dans ce domaine. Allez, plane bien Conny, faut bien la tester avant de le vendre pas vrai ?

- Cora DiMercurio ; Enregistrement vidéo :
Seuls dans un appartement dévasté par le bordélisme aigu de son propriétaire, Cora sagement assise à l’autre bout du canapé comme si son compagnon avait la peste n’en mène pas large.
« Cora : Ce n’est même pas tout à fait ma sœur, ma mère préférait aller voir ailleurs. » La révélation semble lui coûter et elle ne fait que la murmurer du bout des lèvres, à un Stain qui n’en mène pas large lui-non plus.


Que j’aime cette famille. Les révélations fusent et ne se ressemblent pas. Après le cousin qui rêve de fourrer son museau sous les jupons de la sœur aînée, voilà que la cadette avoue sa bâtardise. Tu penses vraiment que ta chère sœur continuerait de te considérer comme telle quand elle verra ça, Cora ? Elle qui a tant de principe et de belles valeurs. Moi je dis, il vaut mieux être enfant unique, ça évite des tas de problèmes. Mais entre nous, je suis bien curieux de voir à quoi ressemblera votre prochaine réunion de famille, ça va être épique tout ça !

- Cordelia Hopkins ; Rumeur :
Mes oreilles et mes yeux ne me mentent jamais. Et Dieu sait que je les laisse traîner partout. J’ai récemment aperçu, dans les recoins insalubres de Storyville, la jolie petite Cordelia. En train de déambuler au milieu des ruelles sombres et malfamées. Et accompagnée qui plus est. Mais entre nous, celui qui l’accompagnait ne devait pas être là pour lui servir de vigile, vu la frénésie qui s’est emparée de Cordelia lorsqu’elle s’en est prise à trois bourges venus chercher des poux dans ses jolis cheveux. Les pauvres sont morts égorgés comme de vulgaires cochons. En revanche, en ce qui concerne son inutile garde du corps, j’ignore encore de qui il s’agit… Mais j’y travaille, n’ayez crainte.

- Ezra Reilly ; Enregistrement vidéo :
Jackson Square, la nuit tombée. Trois silhouettes émergent des ombres. Aleksi en pleine discussion houleuse avec un dealer visiblement peu enclin à satisfaire la demande de son client. Ezra, qui tente d'instaurer un peu de calme en bon ancien Peacekeeper qu'il est. Le coup de feu part, éventre le silence. Et le dealer s'effondre sous le regard médusé de l'informaticien. L'arme à la main, Ezra, lui est impassible.
« Ezra: -Il faut qu’on se débarrasse de lui maintenant. Le coup de feu risque d’attirer du monde. »


Classe, même avec du sang sur les mains. C'est tout un style, que dis-je, tout un art, et Ezra le maîtrise à merveille. Tuer pour un Peacekeeper fait partit du contrat, mais pour un urgentiste... C'est pas supposé être l'inverse? Dans le langage commun, on appelle ça un meurtre mon petit Ezra, et de sang-froid qui plus est. Et après tu critiques les autres, regarde toi dans une glace avant de continuer à blâmer les joyeux de la gâchette et des coups gratuits.

- Faith Ziegler ; Photo choc :
Elle est belle. Charme n’importe qui avec ses yeux envoûtants. Ah, Faith… Qui ne vendrait pas son caniche ou son poisson rouge pour passer ne serait-ce qu’une pauvre heure en sa compagnie ? Si quelqu’un peut lui résister, qu’il lève la main immédiatement. Moi je suis conquis, mais… Parce qu’il y a toujours un ‘mais’. La belle n’a pas toujours été aussi parfaite. Preuve à l’appui, j’ai déniché au fin fond de dossiers oubliés d’un hôpital tout aussi oublié, des photos qui auraient de quoi retourner le cœur du plus aguerri des Shadowhunters.
Et comme j’aime partager, je vous dévoile aujourd’hui en direct, le VRAI visage de Faith Ziegler. Frankenstein avait une fille, la voici !

- Isis Whitefield ; Rumeur :
Mon petit doigt me dit, et mes petites sources aussi, que la si dévouée Isis n’agit pas par simple bonté d’âme, et que les visites qu’elle rend régulièrement à sa sœur cachent quelque chose. La pauvre demoiselle, suite à un grave accident, se retrouve en séjour permanent à l’hôpital. Et qui aurait causé cet accident ? Allez, faites un effort… Isis pardi !
Alors ma belle, tu as quelque chose sur la conscience ? Tu peux arrêter de jouer la gentille grande sœur dévouée, la mayonnaise risque de ne plus prendre maintenant.

- Jezebel Redfern ; Enregistrement vidéo :
Majestueux et imposant, un tigre au pelage d'une blancheur immaculée se propulse sur une femme visiblement terrorisée. Elle n'a pas le temps d'esquiver la bête qui s'est jetée sur elle, tombe sur le bitume lourdement. Sans pitié, l'animal l'éviscère, dévore ses organes dans un bain d'hémoglobine en prenant soin de prolonger l'agonie plus que de raison. La pauvre femme hurle durant ce qui semble s'éterniser des heures, d'un cri qui déchire le silence et glace le sang. Le félin finit par l'achever en lui arrachant la gorge, puis se recule. Et recouvre rapidement forme humaine. C'est une femme entièrement nue qui se révèle, la bouche maculée d'écarlate et le visage impassible. Aucune grimace de dégout sur ses traits, Jezebel s'essuie les lèvres avec froideur et contemple son œuvre. Avant de lever le regard vers son collègue shadowhunter, rester sur le bas-côté tout ce temps. Il lui tend la veste d'ébène qui va en principe avec son uniforme sombre, non sans jeter une œillade lubrique sur ses courbes dénudées. A côté du corps qui vient de se faire déchiqueter, on en aperçoit un autre qui git : un petit garçon dans un état presque aussi déplorable que celui dans lequel a été laissé ce qui devait être sa mère.

Sauve qui peut ! Résistants, protestataires, marginaux réfractaires et autres rebuts de la nouvelle société, mieux vaudrait abandonner vos activités illégales au risque de vous faire dévorer. Milicienne modèle, Jezebel est toujours prête à se faire péter la panse avec un bon festin. Et quoi de mieux que la chair fraiche et croquante à souhait de vos enfants pour enfoncer le clou ? Aussi givrée qu'un iceberg, plus affamée qu'une ogresse, tu devrais tout de même apprendre à manger propre ma chère. Si j'ai toujours eu un faible pour les reines de glace, il n'y a rien de pire pour stopper ma libido que les souillons qui ne savent pas se tenir à table. A bon entendeur, salut !

- Kyran Hogan ; Révélation familiale :
On choisit ses ennemis, mais pas sa famille. Je suis certain qu’Ezra aurait préféré pouvoir choisir sa famille plutôt que ses ennemis. On croyait cet adorable petit urgentiste fils unique, mais que nenni. Il a un frère. Et quel frère, mes aïeux, je me damnerais pour en avoir un pareil. Je vous le donne en mille : le très charismatique Kyran partage ses gênes avec notre ancien Peacekeeper.
Ca vous en bouche un coin pas vrai ? J’ai eu du mal à y croire moi aussi. Mais en regardant de plus près, on trouve des ressemblances assez frappantes chez ces deux-là. Ah ! Les joies de la génétique.

- Lawrence Blain ; Enregistrement vidéo :
La tension est palpable, à son comble. Mis en joue, Lawrence ne reste pas en position de faiblesse bien longtemps. Avec une vivacité à faire pâlir le plus entrainé des Peacekeepers, il désarme son adversaire et le met à terre. Sans une once d'hésitation, sans un seul élan de pitié pour la personne qui lève les mains en signe de capitulation et entrouvre les lèvres pour supplier, il tire avec son revolver et l'abat de sang-froid.

Il se prétend simple mécanicien, clame à qui veut bien l'entendre qu'il ne se rappelle plus de rien. C'est qu'il joue particulièrement bien la comédie le gentil petit soldat. L'amnésie a bon dos mon beau Lawrence, quand on voit comme tu pouvais exécuter un homme sans sourciller il y a encore quelques mois. Allons à moi tu peux bien l'avouer, tout ça c'était de la pure comédie non ?

- Li Mei Tyler ; Enregistrement vidéo :
Brisée, esseulée, c'est une beauté à l'expression brisée et à la silhouette amaigrie qui s'approche de son miroir. D'une force qui contraste avec son corps si frêle, son poing vient violemment percuter un miroir. Il se brise en d’innombrables éclats, avant que Li Mei ne se laisse couler contre le mur, anéantie. La main tâchée de sang, elle se recroqueville et éclate en gros sanglots. Puis relève la tête, une expression radicalement différente scotchée au visage. Les perles salées sont déjà balayées, et un sourire machiavélique se dessine sur ses traits. Elle éclate d'un grand rire, comme transfigurée.

Inquiétant, vous avez dit inquiétant ? Pas de panique Li Mei, les hommes en blanc vont très bientôt venir te chercher. A force les braves médecins vont finir par se retrouver débordés, si l’hôpital psychiatrique continue de se remplir de schizophrènes et de cinglés notoires dans ton genre. Les 7 ans de malheur que tu viens de récolter, tu vas pouvoir les couler paisiblement dans une camisole de force.

- Lorenzo Ruggieri ; Enregistrement vidéo :
La chambre respire le luxe. Et la luxure. Sur le lit, une créature aux courbes plantureuses se retrouve menottée au lit par son partenaire. Aguicheur, ce n’est qu’une mise en bouche avant la suite des festivités et déjà d’autres accessoires entrent en piste…

Il ne manque pas d’idées pour pimenter les parties de jambes en l’air. Ce cher Lorenzo a de quoi satisfaire ces dames, que ce soit dans son pantalon ou dans ses tiroirs. C’est beau, la jeunesse qui ose les nouvelles expériences. Et quoi de mieux pour explorer de nouveaux domaines que de fourrer son bulletin dans les urnes d’une femme politique de haut rang.

- Natascia Abatucci ; Enregistrement vidéo :
En plein bad trip, les pupilles vitreuses et le corps nerveusement agité de frissons intempestifs, c'est une Natascia de toute évidence droguée jusqu'à la moelle qui trébuche. Et se fait rattraper de justesse par l'homme qui l'accompagne dans son délire, visiblement très amusé et satisfait de la situation. Aspirée par la drogue qui pulse dans ses veines, la belle se répand en confidences douteuses sur ses connaissances résistantes. N'hésite plus à donner des noms et des détails sur le coup d'Etat ayant conduit à l'assassinat de notre regretté premier président. Elle a le temps de vendre tous ceux qui lui passent par la tête, avant l’atterrissage brutal et forcé. La descente des camés, plus douloureuse encore que la libération de l'envol.

Eh bien alors ma douce Natou, on ne t'a jamais appris à tenir ta langue ? La drogue c'est comme l'alcool, quand on la tient mal, autant éviter. Quoi que, la délation c'est toujours bien vu par chez nous et on peut dire que tu nous auras été d'une grande aide. Savais-tu que les petits camarades que tu as trahis sans même t'en rendre compte ont été arrêtés et exécutés dès les jours suivants ? Non ? Maintenant oui. La prochaine fois, tu choisiras peut être mieux les compagnons junkies avec qui tu te pique les veines. Ou tu te décideras peut être enfin à te sevrer, de toi à moi tu pourrais être sexy en diable sans cet air de cadavre ambulant qui te colle à la peau.

- Rafael Morienval ; Enregistrement vidéo :
Il transpire l’autorité, debout au milieu de ses hommes. En parfait chef de meute, Rafael donne ses ordres. Motive ses troupes et leur ordonne de trouver au plus vite la femme qui se trouve sur la photo qu’il agite sous leurs museaux. Cora DiMercurio. Un seul détail à retenir : il la veut vivante pour pouvoir la tuer de ses propres mains.

Il ordonne le Shadowhunter… Ah mais attendez, Rafael n’en est pas un… si ? Le pauvre petit ne digère pas d’avoir été recalé à l’examen d’entrer dans la si prestigieuse milice. A tel point qu’il ordonne et mène des troupes comme le ferait un parfait Shadowhunter. Rafael, tu devrais laisser faire les professionnels et de te contenter de faire ton boulot correctement.
Franchement, ce serait vraiment dommage que dans un élan de bravoure tu te foules un orteil ou te casse un ongle. Tu retenteras ta chance l’année prochaine qui sait.

- Roxanne Delaney ; Enregistrement vidéo :
Le tribunal est plein à craquer. L’accusé, un prétendu Résistant vient d’entendre sa sentence. Dans l’assemblée des jurés,Roxanne, acquiesce, visiblement satisfaite par le verdict, sous le regard impuissant du pauvre Résistant.

Qu’est-ce que ça fait de condamner à mort des résistants ? Pour Roxanne, apparemment c’est une vraie partie de plaisir. Je dois avouer, il y a quelque chose de grisant dans ce genre de situation. Le pouvoir, ah, quand on le tient, c’est dur de s’en défaire pas vrai Roxette ?

- Ruby Moriarty ; 'Accident' domestique :
Enjôleuse et lascive à souhait, la patronne du Masquerade est un fantasme vivant. Qui n'a pas déjà eu envie d'explorer plus en profondeur les coulisses avec elle lorsque les rideaux de son cabaret tombent ? Mais derrière ses airs de beauté fatale, se cache une ancienne femme au foyer modèle mais aigrie. Véritable cordon-bleu, son mari a fait les frais de ses talents de cuisinière. Le malheureux s'est assis sur son canapé, a mis les pieds sous la table basse en attendant que sa si délicieuseRuby vienne les lui masser et lui apporte sa bière. Quoi de plus normal ? Une épouse accomplie doit savoir relaxer son mari après une longue journée de labeur, je l'ai toujours dit.
Mais visiblement décidée à reprendre son indépendance, la belle a (tenez-vous bien) décidé de l'assommer à coup du gigot amoureusement farci tout l'après-midi. La folle furieuse n'a pas eu à s'acharner bien longtemps, le morceau de viande a rapidement eu raison du bougre et l'a laissé sur le carreau. Vous vous demandiez ce qui se cachait derrière ce joli minois ? Une ex taularde, qu'il vaudrait mieux laisser loin des fourneaux si vous ne voulez pas finir comme le dernier mâle ayant cherché à la domestiquer. Sinon, ce sera à vos risques et périls !

- Sanjana Tamboli ; Enregistrement vidéo :
A la sortie d’un bar, Kylian se fraye un chemin au milieu des futurs clients attendant de pouvoir entrer à l’intérieur. A son bras : Sanjana. La belle Indienne n’en perd pas une miette, s’accroche au bras de son jules tout en sortant le grand jeu pour le séduire…

Après Kyran, voilà que s’ajoute à la liste des prétendants de Sanjana, le ténébreux Kylian… On reste dans le même registre non ? Tu aimes les prénoms en ‘K’ ma belle ? S’il n’y a que ça, je me rebaptise Kanny sur le champ. Et Ezra dans tout ça ? Fais attention ma jolie, tu vas manquer de place sur ton étagère à trophées si tu continues de tous les croquer comme des macarons. L’avantage au moins avec ce genre d’encas, c’est l’absence de prise de poids.

- Soren Blake ; Enregistrement vidéo :
On lui donnerait le bon dieu sans confessions, au jeune homme aux traits angéliques qui se fond dans la foule. Il parait inoffensif, mais sans crier gare il agresse violemment un homme dans une ruelle déserte. Sans raisons apparentes, pour le simple plaisir de détruire, Soren roue de coups sa victime. Les poings tâchés de sang.

Et voilà mes petits, ce qui arrive quand on ne prend pas ses cachets contre l'hyperactivité et les pulsions meurtrières ! Impitoyable et fort bien entrainé, Soren aurait toutes les qualités requises pour intégrer l'armée du gouvernement. Manque peut être un peu de discipline, et quelques cours de yoga pour canaliser ce trop-plein de rage et d'énergie. Attention à ce qu'il ne vous coince pas dans un coin sombre, pour faire de vous son punching-ball vivant.

- Stain Greyjoy ; Enregistrement vidéo :
Dans une loge du Masquerade, Azzura s'adonne à une petite séance de rangement avant de monter sur scène en tenue légère. Sauf que la loge en question se trouve être celle de Stain, chanteur à ses heures, visiblement peu satisfait du travail de rangement de la demoiselle. Après avoir échangé quelques formalités et autres phrases assassines, l'orage passe et la température monte d'un cran. Assise sur le bureau, Azzura allume une cigarette, mutine et un brin sensuelle. Face à elle, Stain, visiblement absorbé dans la contemplation de la tenue de la demoiselle.
« Azzura : - Il ne manquerait plus que l’uniforme et les menottes et tu réaliserais mon fantasme. Approche…
Stain : - S’il n’y a que ça, laisse-moi le temps de me changer… »


Le ténébreux Shadowhunter n’en a pas perdu une miette, dévorant du regard le corps quasiment dénudé de la danseuse. Dévorer du regard ? Pour moi, il était plus en train de la déshabiller sans la moindre pudeur. Une ne lui suffit pas, il flirte maintenant avec la sœur aînée avec une désinvolture à couper le souffle. Moi je dis, chapeau !
Tu croyais vraiment que la tromperie resterait secrète ? Il faut toujours faire preuve d’une extrême prudence lorsque l’on joue sur deux tableaux Stain. Réserve-moi un entretien, je rêve de connaître les détails croustillants de cette soirée. Et je te donnerais quelques conseils pour tromper tes belles en toute discrétion.

- Wayne Sudworth ; Enregistrement vidéo :
Le bar est insalubre, miteux au possible. Douteux et pas très recommandable. Le genre de bars dont la clientèle n’a rien de fréquentable. Cela ne semble pas déranger outre mesure la silhouette qui vient d’en franchir la porte, bousculant au passage un ivrogne incapable de tenir sur ses pieds. Bien décidé à ne pas passer sa soirée debout, Wayne s’avance jusqu’au comptoir, et pose son fessier sur un siège. Non sans avoir demandé à son précédent occupant de dégager, le tout avec les bons mots. En parfait séducteur qui se respecte, Wayne, une fois un verre à la main pour épancher sa soif, se met à la recherche d’une proie pour passer le temps et combler sa solitude. L’alcool dans les veines, échaudé par l’ambiance enfumée et étouffante régnant dans le bar, le séducteur ne tardera pas à trouver une proie. C’est dans un coin à l’abri des regards que le couple éphémère termine sa course, Wayne ne perdant pas un seul instant pour dévorer les amygdales de son partenaire. Lascif et sulfureux au possible.

Ne cherchez pas l’erreur, vous avez bien vu. Notre très cher ministre a l’air d’être passé de l’autre côté de la barrière. Et il semble aimer ça en plus. Je dois dire, à force de passer ces journées à côtoyer des hommes en costards-cravates, pas étonnant que l’on finisse par avoir envie de voir ce qui se cache sous le costard. Alors Wayne, content de ce que tu as pu trouver ?

- Wesley Windsor ; Enregistrement vidéo :
Sur le ring de fortune, au milieu d’une foule se composant des délaissés de la société, les deux adversaires s’affrontent. La violence du combat attise les acclamations du public, renforce les paris qui ne cessent de pleuvoir sur la tête des deux participants. Au même titre que les coups. C’est à l’aide d’un magnifique crochet du droit que Wesley parvient à mettre K.O son adversaire. Il quitte le ring, sous les hués et les applaudissements, en sang, bien vite rejoint par un type lui procurant un sachet de poudre, pour fêter sa victoire.

Toute cette testostérone, moi ça me rend tout chose. Ce qui me rend tout chose aussi, c’est un Shadowhunter qui fourre ses poings dans des histoires de combats illégaux et qui consume de la drogue refilé par un subalterne visiblement habitué à ce genre de recel. Tu es supposé veiller à ce que ce genre de chose n’arrive pas, Wesley, tu es au courant ? On me murmure aussi que Kyran serait dans le coup, et que ton fournisseur travaillerait pour lui… Deux mythes qui s’effondrent d’un coup, donnez-moi un mouchoir, j’ai la larme à l’œil.


the show must go on


Ça en fait de la lecture tout ça mes enfants. De quoi occuper vos tristes soirées de solitude, maintenant que le monde entier connait votre petit secret. Mes yeux et mes oreilles traînent partout et ne manqueront pas de trouver d'autres révélations pour satisfaire votre soif de ragots. Les gossips, une bien belle invention.
Watch out my dears! »


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MessageSujet: Re: • Having nothing, nothing can he lose.    Dim 16 Mar - 22:06

L'ignition fut immédiate et totale, le changement dans son port dénotant sa fureur et sa crainte, ses yeux sombres noyés par l'aversion ; sitôt qu'il avait mentionné la petite sœur de la panthère, celle-ci s'était enflammée, consumée par une ire étourdissante. L'intempérance légendaire du félin dans toute sa splendeur qui arracha l'ombre d'un sourire nostalgique à l'assassin. C'était peut-être ce qu'il aimait le plus chez elle, sa force de caractère, son âme ardente et vibrante, son insoumission au monde, indépendante et fière qu'elle était. Toutefois, la question qu'elle lui jeta au visage le décontenança, il se sentit comme aspiré par un vortex, le ramenant plusieurs siècles, une éternité vraiment, en arrière. Lorenzo se dressait une nouvelle fois dans cette cave sordide et suintant d'humidité, aspirant à la grandeur, résolu à s'extirper de l'indigence. Sa soif de succès était incommensurable et inextinguible, il était promis au faste, il le savait, telle était sa destinée et peu importe les bassesses auxquelles il devrait se livrer, la précellence serait sienne. Là résidait la raison de sa présence en ces lieux précaires, il avait une quête à compléter, des existences à faucher. Muni de son réservoir de combustible, le Tigre contemplait ces deux corps se tordre dans une géhenne ineffable, les flammes du brasier se reflétant sur ses iris subjugués, le flamboiement faisant danser sur les murs les ombres de ces malheureux. Leurs cris, déchirants et implorants, jetés aux cieux, à un panthéon supposément miséricordieux, qui ne fit que se repaître tout aussi passivement de ce funeste spectacle. Comme il s'était puissant alors ! Un véritable Séraphin noir, frappant ses victimes d'anathème. Ah, quel suprême délice ! Cessant la contemplation de ces carcasses noircies et calcinées par la fournaise à laquelle il avait donné naissance, il s'était retourné sur la dernière survivante, résigné à lui faire subir le même sort. Mais il ne le put ; la similitude de cette femme trop patente pour ne pas lui faire rendre compte de la terrible évidence : il venait d'immoler la sororité de sa seule source de lumière. Alors, sentant la bile astringente lui monter le long des parois de son œsophage, il avait commis sa plus terrible erreur et l'avait épargnée.

Frottant délicatement ses lourdes paupières du pouce et de l'index, comme pour chasser ces perfides réminiscences de son esprit torturé, Lorenzo prit une longue inspiration et finit par croasser : « J'en fus incapable, elle te ressemblait de trop. » Oh, comme il regrettait ce moment fatidique de vacillation et de faiblesse ! Jamais n'aurait-il dû faire preuve d'une telle magnanimité ; Arianna n'aurait jamais pu colporter le sinistre récit à sa sœur si elle avait connu le même sort …
Cela ne l'étonna guère qu'elle élude sa remarque caustique par une pirouette, il n'y avait qu'à écouter les railleries qui suivaient son passage pour pouvoir hasarder une estimation de l'étendue de sa clientèle. Cette simple pensée le fit bouillir une nouvelle fois ; rien qu'imaginer ces vils individus payer sa douce pour s'attirer ses faveurs le rendait dément. Cette femme finirait par lui faire perdre la raison, il le savait – en admettant que telle chose ne soit pas déjà faite, après tout, c'était là le propre des aliénés que d'ignorer leur propre folie latente. « Tant que ça, donc ? » renchérit-il, la regardant subtiliser sa veste pour cacher à la vue des indiscrets ses courbes dévêtues. « Oh, tu ne m'as pas encore vu à mes pires moments, crois-moi. Tu es une source d'inspiration intarissable pour mes démons. » susurra-t-il dangereusement. Lorenzo remarqua distraitement qu'elle s'était servi à nouveau un généreux verre , sans doute croyait-elle que cela l'aiderait à prendre des distances face à la scène burlesque à laquelle ils se livraient tous deux. La dernière sentence de la belle le fustigea au plus haut point, si bien qu'il s'apprêta à éructer une réplique bien sentie mais fut coupé court par l'écran plat s'allumant de son propre chef. Les lippes entrouvertes, ses mots se mourant sur celles-ci, son attention, comme celle de l'assemblée, se détourna machinalement vers l'émission. À l'antenne, l'on pouvait voir Danny Clocker, son visage patibulaire fendu par un rictus suffisant, commère notoire débitant la vérité accommodée et politiquement correcte dictée par le Gouvernement. Sitôt, les existences furent épluchées, dépouillées, les plus noirs secrets furent jetés en pâture à la population bienséante, s'offusquant hypocritement de tels actes. Foutue plèbe pensa-t-il avec hargne. Bientôt, son tour vînt, et on put observer le Spadassin dans sa tenue d'Adam, en compagnie charmante et tout aussi dévêtue, dans une mise en scène plus que salace. L'auditoire chuchota furieusement, scandalisé par de telles pratiques libidineuses mais l'Italien n'en avait que faire. Certes, il s'était vautré dans la luxure et dans la turpitude, avec l'épouse d'un politicien influent de surcroît, et si ses oaristys étaient taxées d'être avilissantes, cela le laissait bien de marbre. Sa vaine quête de volupté l'avait éconduit, certes, mais il ne se sentait pas honteux car cela lui avait confirmé ce qu'il avait toujours su. Très vite, les révélations sordides s'enchaînant à un rythme effréné, vint le tour d'Aurora. L'on pouvait la voir, conversant affablement avec deux de ses consoeurs courtes-vêtues. Néanmoins, peu à peu, son expression faciale se mua en quelque chose d'épouvantable, ses traits délicats déformés par un folie complète, une frénésie cruelle et, à brûle pourpoint, entra dans une transe macabre, fracassant, lacérant les corps frêles de ses collègues. Abasourdi, son masque impassible menaçant de se fissurer, Lorenzo contemplait la danse sanglante de son amante déchue. L'on pouvait qualifier Aurora de moult choses mais tueuse n'en était, à son humble connaissance, pas une. Les sourcils haussés, fusionnant presque avec son cuir chevelu, le félin fit volte-face et fit d'une voix lacée de sarcasme : « Hé bien hé bien, comment l'as-tu si bien tourné plus tôt ? Ah oui, '' J'ai l'argent, et toi ? Qu'as-tu en échange ? '' ». Toutefois, derrière ces propos acrimonieux, Lorenzo sentait un étrange désappointement poindre ; bien qu'il ne l'admettrait jamais à âme qui vive, il était navré que sa belle eut à présent les mains souillées par le sang. Le Spadassin ignorait les raisons de cette incartade sanglante mais il aurait espéré qu'Aurora en fut exempte, ne serait-ce que pour le salut de son âme tourmentée.
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MessageSujet: Re: • Having nothing, nothing can he lose.    Ven 4 Avr - 0:10


« Les bons souvenirs durent longtemps, les mauvais plus encore. » Ils venaient brutalement la hanter, la rendant aussi nostalgique qu'amère. Un arrière-goût âpre, empli de vilaines cicatrices. Elle tentait de s'en défaire, en vain. Ils l'avaient construite à leur image. Dramatique, bipolaire et à présent totalement brisée. Reliques qui s'accrochaient péniblement à son âme dévastée. Les années n'avaient eu d'effet que d'amplifier cette haine viscérale, la rendant malsaine et éternelle. Epuisée de devoir se dissimuler derrière le luxe d'un mensonge, elle avait succombé comme une débutante. Expulsant laborieusement toute l'animosité camouflée par une humble question. Candeur fragile l'a conduisant à accomplir l'irréparable. Condamnant sa cadette à encaisser les coups à sa place. Serment annihilé apportant avec lui, la désillusion. Sentiment frustrant, alimentant une aversion jamais partagée entre les deux soeurs. La Panthère l'avait négligée, l'a poussant tout droit dans la gueule du loup. Animal insatiable aux pratiques perverties par une douleur longtemps enfouie. Trahi par une femme à l'instinct maternel trop présent. Nourrissant une répulsion par le biais de ses filles candides, leur dérobant toute pureté sans le moindre scrupules. Cette maladresse, elle l'a payerait toute sa minable vie. Damnée à endosser les conséquences d'un tel acte de lâcheté. Toutes ses bévues avaient eu l'irrémédiable effet domino. Engendrant la mort de ses soeurs, ainsi que celle de son géniteur. Actuellement, elle crachait sur le stoïcisme de son ancien amant. Flegmatique, laissant néanmoins échapper une pointe de faiblesse dans la voix. « Mais quelle ironie ! N'as-tu pas insinué qu'éliminer une catin était à tes yeux, un jeu d'enfant ? » s'exclama-t-elle hilare, songeant à ses pathétiques menaces quelques instants plus tôt. Elle ne pouvait s'empêcher de se sentir flattée, discernant derrière cet aveu, un minimum de remords.

Ses pensées morbides lui embrouillaient l'esprit, des mirages mortifères venaient compléter sa démence. Ce visage hostile, défigurant les traits séraphiques de son compagnon de fortune, lui était inconnu. Elle aurait voulu être capable de boire ses paroles, effacer son comportement de piètre assassin. Hélas, ses répliques cinglantes ne faisaient qu'approfondir l'état d'esprit du meurtrier, cédant quelques fois pour recommencer de nouveau, aussi glacial que détestable. Et plus celui-ci faisait preuve de mauvaise foi, et plus le félin s'engouffrait dangereusement dans les ténèbres rarement exploitées de sa personnalité. Envisageant avec minutie et barbarie, le sort qu'elle lui aurait réservée si à l'époque elle avait su la vérité. Tant de rancœur pour un corps aussi frêle. Son unique présence ne faisait qu'accroître ses envies sanglantes, déclenchant toutefois une sensation insalubre de béatitude. Ses chimères rêvaient d'un destin funeste pour celui qui l'avait dupé en lui faisant croire que leur amour frôlait la perfection. Néanmoins, bien qu'elle ne puisse se permettre de fléchir, au fond, elle ne jurait que pour lui. « Comment as-tu été capable de me le cacher pendant tout ce temps ? » s'étrangla-t-elle, se rendant compte peu à peu de la gravité de la situation. Bercée par ses douces promesses, naïve au possible, mettant tous ses espoirs dans un conte de fées qu'elle aurait aimé écrire. « Non seulement, tu as été assez stupide pour accorder ta clémence à Arianna, mais en plus tu joues le rôle idéal du couard. » L'Italienne continuerait de résister, orgueilleuse, fidèle à ses origines.

Ignorant volontairement ses remarques puériles, la jeune femme sirotait son verre tout en tirant furtivement sur son bâton de nicotine. Lassée de ses tentatives d'intimidation, narquoise à l'idée qu'il puisse croire à un effet positif sur sa personne. L'observant avec intérêt, elle s'aperçut que le Tigre paraissait intrigué par autre chose que ses beaux yeux. Une voix particulièrement malicieuse vint jusqu'à ses tympans. Elle crut d'abord rêver, croyant toucher le point culminant de son aliénation, mais un silence pesant vint s'y mêler, l'obligeant à suivre le regard de son interlocuteur. Soigné, amusé et étonnement décontracté, l'animateur favori de la Nouvelle-Orléans affichait avec dignité sa resplendissante dentition. Danny Clocker, vipère charismatique prenant un malin plaisir à lister les actes malheureux de ses pauvres victimes. L'un des nombreux protagonistes de cette farce n'était autre que son bien-aimé. Sans doute, avait-il oublié de prendre ses précautions. Elle se sentit rougir de rage, mais aussi de honte. Gênée de le voir dans une telle posture et en si bonne compagnie. Horripilée par une telle trahison, mais surtout embarrassée par le fait qu'il puisse se contenter de si peu. Certes, cette présence féminine avait de quoi surprendre plus d'un, mais enfin, ses traits usés par le temps n'avaient rien d'attirant. Jalouse, possessive et irritée, la brune avalait le nectar fiévreux aussi vite qu'elle écrasait sa cigarette, impatiente de l'aplatir sur la paume de la main du scélérat. « Tu te prostitues toi aussi, maintenant ? » siffla-t-elle sarcastique sans quitter l'écran des yeux. Voilà qu'en cet instant, des accessoires explicites venaient rejoindre la partie de jambes en l'air. Les poings serrés, la mâchoire crispée, un cri de frénésie voulait s'échapper de sa gorge. Elle voulait hurler son indignation, se sentant tel un lion en cage, acculée par la force de l'avilissement qu'il lui faisait subir. Cette vieille peau perfide avait su le combler, à croire la diffusion de ces images grotesques, il ne portait en lui aucune once de regrets. Tel un adolescent pubère découvrant les délices de la chair. « C'est comme ça que tu garantis ton statut aisé ? Tu es très limité à ce que je vois. » Elle fulminait, rongée par la jalousie. Inutile de se sentir outrée. Les images qui suivirent eurent l'effet d'une bombe. La voilà, majestueuse, perchée sur ses talons rouge sang. Fille de joie accordant à ses voisines, des sourires malveillants, jusqu'à ce que ses lippes viennent se déformer en un rictus impur. Scandalisée, en état de choc, la métamorphe n'osait plus bouger, s'accrochant péniblement au comptoir, les ongles s'enfonçant dans celui-ci. Dans ce petit écran à l'apparence anodine, son visage était défiguré. Un film d'horreur, où impuissante, elle assistait sans oser croire qu'elle puisse être l'auteure de ces abominables crimes. Cette femme étrangère ne s'était pas contentée d'achever les deux catins. Elle les avait carrément éventrées. «  Ce n'est pas moi... ce n'est pas moi... cela ne peut pas être moi. » murmura-t-elle, ses mains s'agrippant à ses cheveux. « C'est toi ! Avoue, c'est toi, sois honnête pour la première fois dans ta vie ! » aboya-t-elle, ses poings fragiles s'abattant sur le torse de l'Italien. C'était trop tard, la Panthère venait de capituler.
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MessageSujet: Re: • Having nothing, nothing can he lose.    Dim 13 Avr - 11:19



Il ne savait plus. Il ne savait plus que dire, que faire pour s'amender de ses fautes, pour avoir la force de pardonner en retour, pour restaurer leur communion d'antan. Sans doute ne le pouvait-il en réalité pas mais ce n'était pas pour autant qu'il allait renoncer, répudier sa seule certitude : l'assurance qu'il allait se battre pour elle, contre elle, jusqu'à la toute fin, car dans son univers sordide, ravagé, damné, elle était la seule chose digne d'égards, de considération. Unique merveille se dressant vaille que vaille dans ce désert de ténèbres. Phare incandescent s'érigeant au milieu de cet océan de noirceur. Toutefois, le Spadassin était contraint de se heurter à l'inextricabilité de la situation, tant d'horreurs avaient été commises, croire qu'il était possible d'en faire table rase était chimérique. Constatant que son acuité intellectuelle oeuvrait en sa défaveur, Lorenzo en fit fi et se soumit à l'empire de ses instincts, de sa quintessence animale. « Ce sont des choses quelque peu délicates à annoncer, Aurora. » grinça-t-il. « Et puis, aurais-tu été en mesure de pardonner mes actes si je te les avais avoués ? J'en doute fortement. Dissimuler ce secret était ma seule option viable et ç'aurait été suffisant si je ne m'étais pas montré aussi stupide et faible. » fit-il, extraordinairement loquace, faisant allusion à la magnanimité grotesque qu'il avait eu à l'encontre de Natascia. Le Tigre  était forcer de remarquer la consommation excessive d'alcool et de nicotine de l'Italienne, ce qui trahissait sans doute son désarroi et son bouleversement. Lorenzo massa délicatement ses paupières closes, sidéré par la tournure tragique et inconcevable qu'avait pris les choses. Tant de passion emmurée dans tant de haine et de rancoeur. Cette guerre perpétuelle connaîtrait-elle un jour l'amnistie ? Il l'espérait, car de tels affrontements éprouvaient leurs âmes, écorchaient leurs cœurs inlassablement.
Le Spartiate fut stupéfait que la prostituée ait l'audace de se montrer aussi scandalisée par les projections dont il était le protagoniste. Certes, il entendait bien que la bienséance de ces activités était on ne peut plus discutable mais elle, ayant ouvert ses cuisses à tant d'hommes prolétaires, elle se gaussait de lui autant que faire se peut. « Il est assez malvenu de ta part de me railler de la sorte alors que toute la population masculine de la Nouvelle-Orléans t'est passé dessus. » dit-il, du fiel dans la voix. Sans doute était-ce là un des motifs ayant motivé sa conduite libidineuse récente, d'oublier que le joyau de sa misérable vie se vautrait dans la luxure alors qu'elle l'avait répudié. Toutefois, la jalousie dont faisait preuve Aurora confortait l'Assassin d'une certaine façon ; cette possessivité patente validait son obstination, son opiniâtreté. La lutte n'était pas vaine. Galvanisé par cela, il se sentit investi d'une vigueur nouvelle.

Les actions entreprises par la belle laissait tout de même l'Italien pantois, troublé. La panthère possédait indubitablement moult vices et défauts mais elle n'était, à sons sens, pas une meurtrière. Or, sur cet enregistrement, non seulement elle fauchait plusieurs existences simultanément mais le faisait surtout d'une manière brutale au possible. La déchéance avait-elle été si cuisante qu'elle s'était avilie à ce point ? Quelle ne fut pas sa surprise lorsque l'intéressée fusa sur lui, martelant son torse solidement charpenté de ses poings fragiles, proférant mille et une accusations déroutantes. « Je n'y suis pour rien, tu es la seule responsable de ces meurtres. » fit-il d'un ton ferme. Il saisit les délicats poignets de la nymphe et les emprisonna dans une étreinte vigoureuse, plantant son regard de glace dans le sien. « Ces femmes étaient des filles, des amantes, des mères et tu leur as volées leurs existences pour ton seul bon plaisir. Leurs proches vont exiger rétribution, tu vas croupir en prison, petite sotte. » débita-t-il cruellement. L'entièreté de la population allait voir cette émission, ces crimes ne resteraient pas possiblement impunis. Peut-être l'influence qu'il s'était bâti au fil des âges pourrait avoir un impact sur la sentence ? Et si c'était le cas, userait-il de son renom pour alléger la peine ? Un passage à l'ombre pourrait incontestablement la faire méditer. « Si tu le demandes poliment, j'interviendrai en ta faveur. » fit-il, goguenard. Fuir ne lui servirait à rien, il n'y aurait pas d'endroit suffisamment isolé – mis à part peut-être NYC - où elle pourrait se terrer pendant les prochains mois afin d'éluder l'expiation de ses péchés. Il desserra progressivement la pression exercée sur les poignets d'Aurora et approcha son visage du sien, envahissant son espace personnel, et dit d'un ton mielleux : « Tu t'es abaissée à mon niveau, Aurora. Le sang des innocents souille tes mains. Nous sommes pareils. »
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MessageSujet: Re: • Having nothing, nothing can he lose.    Mer 16 Avr - 21:49


Une vie de bohème, bercée par des chimères idylliques alimentant une allégresse divine. Elle le remerciait pour ça, mais tous ces souvenirs avaient aujourd'hui un goût acerbe et totalement factice. Tous ces moments parfaits envolés par un simple aveu. A cet instant même, elle les haïssait tous. Elle détestait sa benjamine de lui avoir tout dit, elle détestait Edouardo de ne pas avoir démenti. Aurait-elle préféré vivre dans l'illusion ? Sans aucun doute. Lâche au possible, elle ne refusait pas les mensonges tant que ceux-ci nourrissaient une perspective de bonheur, aussi fausse soit-elle. Elle ne cessait de courir vers une utopie construite par ses songes, qui à cet instant, n'avaient plus rien de féerique. Il apportait les ténèbres à ses rêves, sans cesse sur la défensive. Le Tigre n'avait pas tort, peut-être raison sur toute la ligne, mais elle était trop orgueilleuse pour se ranger à ses côtés. Elle aurait été incapable de lui pardonner, comme elle l'était aujourd'hui. La Panthère l'aurait haït de toutes ses forces, démoralisée de voir gâché tous les espoirs qu'elle avait pu mettre sur ce quotidien idéal. Elle avait vécue une éternité de calomnies, mais tout lui avait paru si authentique. Ces reliques étaient sa bouée de sauvetage, elle ne pouvait que s'y accrocher, résistant péniblement aux ravages du temps. Sa mémoire restait intacte et son essence animale venait ajouter un peu de répit à ces souvenirs douloureux. Un brouillard effrayant ne cessait d'embrouiller son esprit, la rendant incapable de discerner le vrai du faux, mais même ses instincts n'étaient assez puissants pour effacer le chagrin auquel elle était confrontée.

L'Italienne ne savait que répondre, essayant tant bien que mal de retenir sa langue venimeuse de cracher sa toxine. La sérénité de son amant était son point faible. Anéantie de le voir si imperturbable face à sa misère. « Penses-tu mériter mon pardon ? » L'interrogea-t-elle interdite, à la limite de la provocation. « Ces stigmates me faisaient tenir debout. Certes, vivant dans le passé, mais elles me rendaient forte et fière. Par ta faute, tout s'est écroulé. Tu as ruiné les moindres bribes de mon existence, tu m'as complètement achevé, ingrat et hargneux que tu es. » Le félin avait craché ces reproches avec l'aversion qui était devenue sa marque de fabrique. Sans se rendre compte, elle était passée de l'agression à la rédemption. Preuves d'une aliénation qu'elle peinait à dompter. Elle n'avait rien de plus à ajouter, désinvolte à l'idée de succomber. Plus rien n'avait d'importance. Il pouvait la piétiner autant qu'il le désirait, son monde spéculatif venait de connaître une fin dérisoire. Aucune possibilité de faire marche arrière, à présent, elle connaissait toute la vérité. Elle n'était que plus désolée de voir à quel point il pouvait agir comme un scélérat. Il ne regrettait pas son geste, il pleurait seulement de ne pas avoir été assez surveillant. Il aurait certainement recommencé s'il le fallait, aussi glacial et aride lors de la première fois. Il continuait de s'immiscer dans l'obscurité, agissant tel un fauve solitaire, clamant ses atouts à qui voulait bien l'entendre. Les démontrant sans gêne à cette vieille peau, convaincue de ses talents de séductrice de pacotille. Certes, la jeune femme pouvait sans doute déterminer les avantages et inconvénients de chacun de ses innombrables partenaires, mais ses aventures sans lendemain ne donnaient aucune raison à Lorenzo de se montrer irrespectueux. « Tu me critiques comme si j'avais le choix... et ça ? Comment tu l'expliques ? » Le questionna-t-elle, l'index pointé dans la direction de l'écran. « Ces images ne sont que le reflet de ton narcissisme. Tu as reçu une promotion ? Parce que sincèrement, le faire pour le plaisir... » Une grimace vint déchirer son visage, prononçant le fond de sa pensée. Ils ressemblaient à un couple lambda, imprégnés d'une jalousie presque adorable. Leur relation n'était en vérité fondée que sur des satires mesquines et gratuites.

Son comportement paraissait si anodin face à ses crimes. Elle voulait disparaître, devenir invisible, se dissimuler de tous ces regards emplis de mépris. La jugeant injustement. Crier son désespoir lui semblait inutile, son compagnon de fortune n'avait pas l'intention de la soutenir. Aboyant toutes les conséquences de ses pulsions meurtrières. Tout cela était intolérable, impossible de se reconnaître dans ces traits si défigurés. Elle voulait manifester sa contrariété, l'injustice de ces préjugés commençaient à lui peser. Ce témoignage, maintenant en possession du Gouvernement, suffisait à l'abattre. L'exécution s'approchait, sentence inévitable, l'obligeant fatalement à se soumettre devant le Conseil. Avec un peu de chance, elle croupirait derrière les barreaux, isolée face à ses démons. Elle se sentait dans le besoin de se justifier, elle ne pouvait le laisser croire à cette vidéo, refusant de le décevoir. « Ce n'est pas moi, jamais je n'aurais pu faire telle chose... » Murmura-t-elle, désespérée. L'occasion de poursuivre sa quête vers sa cause fut coupée par l'entrée majestueuse des hommes de pouvoir. Les Peacekeepers, aussi somptueux et imposants soient-ils, lui procurait une sensation de malaise. Déterminés et impassibles, ils avançaient vers elle, lui laissant aucune échappatoire. Affligée, Aurora engloba la main de l'Assassin dans la sienne, la serrant avec autorité. Indice d'une crainte irrévocable. « Je t'en supplie, ne m'abandonne pas. »
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