AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 The Night Belongs to Us - [ Sarah ]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
Invité






MessageSujet: The Night Belongs to Us - [ Sarah ]   Mar 17 Déc - 23:47


ᴪ Nightfever


Toujours la rémanence éternelle d’un quotidien médiocre… Les mains maculées d’hémoglobine, Edwin observait avec une fascination languissante le mince flux d’eau améliorée par tensioactifs et désinfectants divers purifier cette souillure écarlate. Le fluide visqueux s’étiolait au sein du flot l’emportant et disparaissait en s’engouffrant dans un orifice menant en des lieux fortement nauséabonds. Les relents environnants avaient de quoi faire chavirer l’âme des plus sensibles. Partout, l’odeur de mort, de sang et de chair envahissaient l’olfaction au point de l’offusquer. L’atmosphère délétère du lieu n’était en rien découplée de sa fonction : il s’agissait en effet du lieu où dans un dernier râle de souffrance expiraient une dernière fois en éparses gerbes hémorragiques d’infortunées bêtes destinées à servir de denrées alimentaires. Au sein de l’abattoir, l’Abscons avait trouvé une situation professionnelle relativement stable. Cependant, cette tâche n’avait rien d’exaltant. Bien qu’il lui semblât que ses pulsions se montrassent moins présentes qu’elles ne l’étaient à l’usuel, il ne s’agissait pas là –loin s’en fallut – d’une besogne à laquelle il aspirait profondément. De plus, il fréquentait d’étranges individus, à qui le travail assassin semblait particulièrement bien convenir, ce qui ne faisait que renforcer son impression de ne pas se trouver là où il devait être. Il n’émettait pas particulièrement d’état d’âmes à égorger des animaux alors que ceux-ci tentaient de tout leur être de fuir la lame épiloguant leur existence, mais il aurait parfois préféré égorger certains de ses nouveaux collègues. Atermoyant de manière calculée le nettoyage de sa sénestre, il se dévêtit de la combinaison polymérique de laquelle s’échappaient encore quelques égouttures de fluide vital et la jeta dans un grand bac prévu à cet effet. Il se défit également de ses gants qu’il envoya voler dans une corbeille proche. Il sortit après avoir récupéré ses effets personnels et aspira avec délice une grande bouffée d’air non-vicié, pour mieux apprécier celui que lui fournirait sous peu la nicotiane qu’il portait dans sa veste. Savourant l’âcre goût du tabac récemment consumé, il exhala un fin panache de fumée telle un désagréable fil de pensées qu’on souhaite évacuer d’un simple souffle. Il se mit en destination de sa demeure, consommant de manière complètement absente l’objet de sa nouvelle addiction.

Arrivé à son piètre foyer, Edwin envoya sa veste choir au hasard. Il contempla avec indifférence les quelques mégots échoués sur la tablette, lézardant celle-ci de calcinations qui feraient hurler toute bonne ménagère. Dans son studio-cliché de célibataire, l’homme avait laissé l’entropie s’installer comme première loi absolue. Soupirant longuement, il se permit un étirement salvateur qui le délia de toutes les douleurs musculaires qui l’avaient tourmenté à ce jour.  C’était sans doute là le summum du positif de sa journée. Las, il se défeuilla et entra dans sa douche. Le mince et erratique filet d’eau glacée ne se réchauffa pas au long de sa toilette. Il souhaitait toutefois plus que tout se débarrasser des effluves lui collant à la peau, quelqu’en fût le coût. Le plus ardu à purger de cette senteur fut sans doute ses cheveux, mais il parvint à ses fins au prix de nombreux efforts et d’une volonté de fer pour se maintenir sous le flot glaçant. Il se frictionna activement avec sa serviette pour tenter de retrouver une température corporelle normale. Bien que sa nature le poussât à supporter mieux les conditions extrêmes que le quidam moyen, il aspirait tout de même à un certain confort en cette soirée.  Il jeta un regard circulaire et rapide sur son environnement. Tout cela lui donnait une fiévreuse envie de mettre d’avantage de désordre. Était-ce cette incarcération dans pareille accoutumance de vie qui lui insufflait cette folie croissante ? Il avait sans doute besoin de rompre avec tout cela. Au moins pour quelques heures.

Il enfila alors une autre veste et sortit en trombe de sa demeure, comme poussé par un élan furieux. Il voulait s’enivrer, et pas seulement au sens propre. Il avait besoin de sortir, de vider son esprit pour un temps, d’oublier toute cette misère. C’est donc sans hésiter une seule seconde qu’il se surprit à vouloir quitter Storyville pour la soirée. L’ardente noctambule emplie de sauvagerie, de copulations obscènes  et de psychotropes ne l’appelait pas cette nuit. Il souhaitait quelque chose de plus… festif. Il se rendit donc au moyen d’un ticket de tramway vers la partie orientale de la ville. Le wagon tout d’abord bondé de junkies se vida de cette attristante population pour laisser place à des individus plus fréquentables. Enfin, Edwin descendit à son arrêt. Devant lui s’étendait une Nouvelle Orléans transfigurée. Les sombres bâtiments de Storyville sujets à l’avilissement avaient laissé place à de coquettes bâtisses et de larges rues pavées où ne subsistait aucun déchet (matériel ou humain). On entendait fuser en une cacophonie confuse le mélange de divers styles musicaux des nombreux établissements qui ouvraient leurs portes aux visiteurs nocturnes. Dans les rues, les gens circulaient paisiblement, uniquement dérangés par l’extravagance ostentatoire de certains de leurs compatriotes, mais aucunement par la menace d’une arme ou l’importune apostrophe d’une personne sensiblement trop alcoolisée.

Remontant la file, Edwin choisit un endroit plutôt fréquenté d’où provenaient des pulsations faisaient vibrer les passants s’aventurant à proximité. Edwin jeta un coup d’œil au videur qui ne lui prêtait aucune attention. Apparemment, sa mission était plus consacrée à la sortie qu’à l’entrée. Il s’engouffra donc sans peine dans une atmosphère changeant du tout au tout. La musique puissante et les jeux de lumière entraînaient à une danse effrénée, et l’alternance d’éclairage empêchait de reconnaitre quiconque à moins de dix mètres. Le nouveau venu se dirigea tout d’abord vers le bar. Il y retrouva quelques piliers, apparemment habitués depuis quelques années. Il commanda le premier alcool qui lui vint à l’esprit – un gin pur – et se fit servir presque instantanément. Il s’adossa au comptoir et observa la foule autour de lui. Qui sait, peut-être rencontrerait-il quelqu’un d’intéressant ce soir ?


Dernière édition par Edwin Feynmann le Lun 30 Déc - 23:15, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: The Night Belongs to Us - [ Sarah ]   Sam 21 Déc - 0:57


THE NIGHT BELONGS TO US
Feat Edwin

Le sang. Les os se brisent et la chair se déchire. Le liquide chaud et épais se répand dans sa gorge. Quel délice. Quel bonheur. Le cri de souffrance résonne comme les trompettes de la victoire à ses oreilles. La mort n'est un drame que pour les vaincus. Pour ceux qui survivent, il n'y a que le combat. C'était une vision des choses que tous ne partageaient pas. Certains pouvaient trouver du plaisir à vivre dans un monde rose où tout le monde est beau et gentil. Mais la déception était irrémédiablement cruelle. Le cœur qui battait à tout rompre de la course qu'elle venait de mener. Le souffle rauque, rapide et précipité. La sensation d'être vivant, tout simplement. Contrairement au paquet de chair fraîche qu'elle tenait  entre ses crocs. Elle savourait sa victoire et son quatre heures bien mérité. Ses membres la brûlait, l'oxygène affluait dans son cerveau, la faisant flotter dans une douce euphorie à laquelle la mise à mort n'était pas étrangère. Elle avait toujours été une battante. Sa véritable nature s'était révélée avec son pouvoir. Et n'avait fait que s'étendre au fur et à mesure des années. Elle plongea ses griffes acérées dans l'abdomen de la bête, tranchant définitivement le mince fil qui la rattachait encore à la vie. Son pelage fauve parsemé de tâches complexes luisait dans le coucher de soleil. Sa longue queue battait l'air lentement, presque avec apaisement.

La proie qu'elle tenait entre ses pattes était un lièvre qu'elle avait réussi à pister. Ils étaient bien rares et Sarah avait mis un temps fou à l'approcher. Mais un léopard possédait des pattes de velours et une aisance ainsi qu'une discrétion hors du commun. Sarah avait su pousser cette qualité à son paroxysme. La jeune femme passait pas mal de temps sous sa forme animale. Elle s'éloignait pour ce faire dans le bayou. Il est vrai qu'elle ne passait pas inaperçue une fois transformée, loin de là. Mais elle en avait besoin pour se détendre, soulager la tension grandissante qui ne cessait de la travailler. Même sous sa forme humaine, Sarah demeurait un être sauvage, impossible à mettre en cage. Dangereuse, elle était redoutée par ceux qui la connaissait. Mais les rares qui lui étaient proches savaient qu'elle était une femme digne de confiance, fidèle et loyale. Peut-être pas un modèle de vertu non plus mais quelqu'un sur qui on pouvait compter. Elle acheva le lièvre, se léchant copieusement les babines.

Se déplaçant lestement, elle rejoignit une zone ombragée, la végétation typique de la Louisiane dissimulant une zone tranquille. Sarah se tint un instant immobile, le magnifique léopard semblant frappé de stupeur. Et soudain, son corps entier se déforma, ses os semblant s'étirer ou se raccourcir selon les zones du corps. Son museau disparut et elle se retrouva debout, parfaitement nue, sous sa forme humaine. Fort heureusement, il s'agissait de l'endroit exact où elle avait laissé ses vêtements lorsqu'elle s'était transformée. Les enfilant rapidement, elle étira ses muscles, semblant sortir d'un long rêve. Ses sens conservaient une acuité plus aigu que ceux des simples humains Regagnant l'entrée de la Nouvelle-Orléans, elle salua d'un signe de tête les gardiens qui se trouvaient au poste de contrôle. Elle présenta ses papiers et on la laissa entrer. Elle regagna son chez elle d'un pas leste et rapide.

Une fois entrée dans le vieux bâtiment, elle rejoignit le dernier étage. Ouvrant la porte, elle entra chez elle, déposant ses clefs sur la commande qui se trouvait dans l'entrée. C'était un joli petit appartement, relativement bien rangé, traversant et donc la pièce de vie donnant plein sud. Sarah s'y était toujours bien trouvé et elle n'avait jamais cherché à en changer. Mais en cette nuit si étrange, elle n'avait aucune envie de rester chez elle. Elle avait envie de sortir, de faire la fête, de penser à autre chose qu'à la vengeance qui lui dévorait le cœur. Et la Nouvelle-Orléans était l'endroit rêvé pour cela. Une foultitude de bars, de musiciens étaient au cœur de la ville.

Elle s'habilla de noir exclusivement, comme à son habitude, après avoir pris une douche brûlante qui lui fit beaucoup de bien. Elle ourla ses lèvres de noir et se décida enfin à sortir, marchant toujours d'un pas assuré en direction du centre-ville. Elle se laissa guider par le hasard, au gré de ses pas, errant d'un bar à l'autre, d'une musique à une autre jusqu'à s'arrêter net devant un bar à l'ambiance rêvée. Elle adressa son plus beau sourire au videur qui la dévisageait de haut en bas. Un long moment de réflexion, puis il la laissa entrer sans problème. Sarah se glissa donc dans cette atmosphère de joie et de séduction, de fièvre et d'alcool. Une ambiance joyeusement délurée qui la poussèrent à sourire malgré elle. Oui, elle aussi avait été un jour une simple humaine. Elle aussi avait dansé simplement, joué, aimé. Mais tout cela était si loin que cela semblait une autre vie. Une autre époque. Elle n'était pourtant pas si vieille. S'avançant dans la pièce, elle rejoignit rapidement le bar auquel elle s'accouda, demandant un martini. Elle avait parfaitement remarqué un jeune homme ténébreux juste à côté d'elle qui semblait lui jeter un coup d'oeil. Mais elle n'eut guère le temps de lui adresser la parole. Un homme plutôt lourd se dirigeait vers elle. Elle le dévisagea et détourna la tête.

Salut beauté, je te paye un verre?
Pas la peine, j'ai ce qu'il me faut.
Allez, fais pas ta timide!

L'homme avait amorcé un mouvement, tendant la main pour la poser sur l'épaule de la jeune femme. La voix de Sarah claqua sèchement dans l'air, produisant un silence aux alentours :

Touche-moi et cette main ne touchera plus jamais rien.

Le ton de voix montrait clairement qu'elle ne rigolait pas...

FICHE ET CODES PAR BROADSWORD.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: The Night Belongs to Us - [ Sarah ]   Lun 23 Déc - 0:32


ᴪ The animal instinct


Appuyé paisiblement sur le mobilier, l’Abscons contemplait avec une pointe d’amusement la dynamique de la masse évoluant devant ses yeux. En son sein, de nombreux danseurs se trémoussaient sur la ritournelle d’une mélodie pentatonique redondante à souhait. Certains avaient l’air de pantins désarticulés animés par d’invisibles liens et donnaient tout ce qu’ils pouvaient de leur allure dégingandée pour extérioriser au mieux leur fureur de vivre. D’autres usaient d’une technique bien plus torride et s’alanguissaient dans une proximité débridée exprimant d’une manière on ne peut plus explicite leurs désirs les plus primitifs. Quelques groupuscules excentrés discutaient tranquillement de proche en proche, et on pouvait parfois observer – mais bien évidemment ne pas entendre – des éclats de rire fuser. D’aucuns fendaient la plèbe, de nombreux verres à la main, et s’arrêtaient périodiquement pour scruter l’horizon autour d’eux en quête d’un physique familier. Une fois leurs camarades retrouvés, ils distribuaient gracieusement les breuvages entre eux, se saluant chacun d’un lever de coupe avant d’engloutir précipitamment son contenant uniquement pour consommer d’avantage peu après, envoyant un nouvel émissaire quérir le saint nectar. Enfin, il y avait les solitaires. À l’affut, ils cherchaient une personne de leur convenance sexuelle pour passer le reste de la nuit. Perfides, ils souhaitaient discrètement refourguer à de potentiels clients les bienfaits de leurs nombreuses drogues. Farouches, ils s’agitaient timidement loin de tout semblable espérant secrètement que quelqu’un les invite. Avachis, ils ne faisaient que contempler leur maîtresse éthylique, et dans leur misère ne trouvaient rien de mieux à faire que d’empirer leur état. Quelques éparses bagarres éclataient et étaient bien vite apaisées, soit par le consentement des deux parties, soit par l’intervention d’une troisième, plutôt imposante et bien connue sous la dénomination de videur. Pour terminer ce portrait de la populace en présence dans cette salle, un petit nombre de barmen demandait sans cesse en tendant l’oreille à leurs interlocuteurs de bien vouloir réitérer leur commande accompagnée d’un volume sonore augmenté.

Edwin fit pivoter une dernière fois son poignet pour absorber le restant de son verre. Il se retourna et commanda une bière dans l’indicible espoir qu’elle fût d’une quelconque saveur différente que celle de sa précédente liqueur.  Il déchanta bien rapidement lorsque le liquide entra en contact avec ses papilles sans que celles-ci ne détectassent un quelconque changement. Il n’était donc de denrée solide ou liquide existant tangiblement qui ne puisse satisfaire son désir de ressentir un émoi gustatif à nouveau. Il reposa âcrement son verre et sentit subitement un frisson lui parcourir l’échine. Interpellé, il se questionna sur l’origine de cette réaction épidermique. Il ne s’agissait pas d’un courant d’air ou d’un stimulus lambda, non, c’était une cause émotionnelle, presque reptilienne.  Allait-il succomber à ses impulsions homicides à nouveau ? Il ne lui semblait pourtant ressentir aucun manque… Alerté, il jeta un coup d’œil circulaire autour de lui, et, attiré comme par magnétisme,  son regard se posa sur une jeune femme fraîchement arrivée. Une inénarrable tension s’empara de lui. Ce n’était cependant pas dû à sa surprenante beauté ou sa prestance, ni même à une association de sentiments chez Edwin ; non, il se sentait plutôt en alerte, comme si cette personne qu’il observait avait la capacité de menacer son existence. Elle n’était pas normale. L’homme ne put déceler d’où lui vint cette étrange conclusion, mais il lui semblait que son alter-ego tentait de l’avertir. Réalisant alors qu’il l’avait observée pendant une durée qui lui était inconnue et qu’elle l’avait sans doute remarqué, il détourna rapidement les yeux et feignit de se concentrer sur son verre qu’il vida d’un trait. Son inexplicable trouble s’était dissipé comme il était venu, sans que l’Original n’y ait pu comprendre goutte. Supposant qu’il s’agissait là d’un des cruels tourments dont l’infliction plaisait à son possesseur, il se remit de ses émotions. Il ne pouvait toutefois s’empêcher de regarder en coin la fascinante inconnue. Celle-ci s’était d’ores et déjà fait approcher par un avide Don Juan. Ce dernier ne semblait pas faire l’effet qu’il escomptait, et tenta un geste de rapprochement, mais il s’était stoppé suite à une remarque cinglante. À dire vrai, la jeune femme avait bluffé tous les êtres aux alentours ayant perçu sa réprimande et avait attiré l’attention. Il était peu commun qu’une personne de cet acabit soit aussi directe et menaçante. L’importun surpris marqua un temps d’hésitation, regardant autour de lui. Il devait sans doute considérer que son honneur serait bafoué s’il ne réagissait pas. Fort heureusement pour lui, l’on se désintéressa bien vite d’eux et les conversations reprirent leur bon train. Lorsque l’homme croisa les yeux d’Edwin, celui-ci les roula en direction d’une blonde pulpeuse bien plus alcoolisée qui serait sans doute une cible plus facile. L’homme haussa les sourcils et se résigna, oubliant bien vite son malheur en tentant une nouvelle fois sa chance.

La curiosité de l’Abscons se trouva à nouveau piquée au vif. Qui était donc cette farouche inconnue ? Pourquoi l’intriguait-elle tant ? Il ne pouvait se résoudre à la laisser partir comme cela. Au vu de la performance de son prédécesseur, il avait toutefois compris qu’il ne fallait pas s’approcher de la belle comme un manche. Il avait cependant un avantage indéniable sur l’infortuné : il ne tenait pas à tout point à s’acoquiner ce soir. Un rapide coup d’œil derrière son dos lui indiqua d’ailleurs que l’homme s’était une nouvelle fois fait éconduire, mais il n’en semblait pas particulièrement affecté et poursuivait son infatigable chasse. Edwin s’en désintéressa pour de bon et se dirigea vers l’énigmatique personne. Arrivé à sa hauteur, il se rendit compte que la tension qu’il avait éprouvée n’avait pas totalement disparu. Il n’en laissa cependant rien paraître lorsqu’il dit :


    « Bonsoir. Puis-je te parler sans risquer de me faire arracher la main ? Ou suffit-il simplement de ne pas te proposer de verre pour être en sécurité ? »

Il accompagna ses dires d’une esquisse de sourire. Il espérait que cette petite pointe d’humour pût dérider un peu la jeune femme afin qu’elle se détende par rapport à son dernier échange, et qu’ils puissent engager la conversation.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: The Night Belongs to Us - [ Sarah ]   Lun 23 Déc - 1:58


THE NIGHT BELONGS TO US
Feat Edwin

Les bars étaient le lieu de vie d'une faune particulière qui n'avait rien à envier aux animaux sauvages. En recherche de proie, que ce soit sexuelle ou tout simplement d'une meute avec laquelle se défouler, l'homme laissait libre cours à ses penchants bestiaux. La danse n'était qu'un exutoire, une façon pseudo-civilisée de laisser libre cours à sa rage. Sarah se souvenait parfaitement de ce passé ténébreux où elle était encore humaine et où, adolescente, elle avait fréquenté les boîtes avec ses amis. Le jeu de la séduction, les regards et les mots échangés à l'oreille. Oui, tout cela lui manquait, elle devait bien l'admettre. Sarah avait vu en entrant des couples qui échangeaient de brèves étreintes, sans même penser à se dissimuler des voyeurs. Son cœur se serra malgré elle à cette vue. Elle n'avait jamais aimé, de toute sa vie. De jeune adolescente, elle avait été propulsé dans le monde de la nuit, le sorcier qui l'avait transformé la considérant clairement comme sa chose, son jouet. Elle ne l'avait pas aimé. Il avait possédé son corps, mais son âme était restée froide et lointaine. Et depuis, la vengeance était l'unique chose à laquelle elle aspirait. Elle savait qu'il lui manquait quelque chose, que son cœur, froid comme la mort, ne demandait qu'à s'ouvrir. Peut-être n'avait-elle pas rencontré la bonne personne. Mais il y en avait-il une ? Elle ne connaissait les hommes que dans ce qu'ils avaient d'horribles. La douceur, la tendresse, elle ignorait ce que c'était. Sarah avait eu des amants, naturellement, mais tous de passage, des aventures d'une nuit, sans lendemain. Une satisfaction d'un besoin charnel, vite assouvi et aussitôt oublié. Aucun homme n'était parvenu à dérober son cœur. En avait-elle seulement un ? Elle devait en avoir puisqu'elle était capable d'une haine farouche et de sentiments plus sombres encore. Sarah était un être torturé et seul. Tout simplement. Elle n'était pas mauvaise en soi mais n'avait pas de raison particulière d'être douce. La vie lui avait apprit à être dure.

Lorsqu'elle était arrivée, Sarah avait accroché le regard d'un homme au bar. Un homme qui eut le mérite d'attirer son attention. Brun ténébreux, le regard noisette, fin et grand, elle ressentit un pincement léger au cœur. Sa beauté l'émouvait, voilà tout. Elle ne cherchait pas plus loin. Elle s'accouda au bar, demandant un martini que le serveur s'empressa de lui apporter. Le regard de Sarah se reporta spontanément sur l'homme qui l'avait dévisagé. Une tension naissait en elle à sa vue, elle n'aurait su dire pourquoi. Etait-ce cette prestance ? Ce charme ? Cette allure ? Ou autre chose de plus sombre qui l'interpellait ainsi ? Elle l'ignorait mais, malgré elle, son regard revenait régulièrement se fixer sur l'homme mystérieux. Leurs regards s'étaient croisés pendant un bref instant et cela avait été comme une décharge électrique. Sarah avait été immédiatement intriguée. Cela faisait longtemps que cela ne lui était pas arrivé. A bien y réfléchir, ça n'avait jamais été à ce point. Elle avait la vision et l'ouïe fine, gardant les caractéristiques du félin même sous sa forme humaine. Elle voyait parfaitement les coups d'oeil en coin que lui lançait le jeune homme et elle s'en amusait. Elle s'apprêtait à lui adresser la parole lorsqu'un inconnu s'approcha d'elle et l'interpella, lui proposant un verre. Il était une règle absolu dans les bars : les hommes les plus intéressants étaient de loin ceux qui étaient les plus distants. En règle générale, si un homme venait vous aborder, ce n'était qu'un lourdaud qui ne valait pas grand chose. Et visiblement, celui qui venait de lui adresser la parole en était un bel exemplaire. Refusant une première fois sa proposition, Sarah replongea dans son verre. Mais l'homme semblait stupide en même temps qu'insistant. La voix de la jeune femme avait claqué dans l'air, l'ensemble des personnes présentes soudain silencieuses et observant la scène. Le charisme de la jeune femme et le grondement sourd et menaçant dans sa voix montrait clairement qu'elle ne plaisantait pas et qu'il était dangereux d'insister. Elle savait parfaitement comment immobiliser un homme, voire même le neutraliser. Et elle n'hésiterait pas une seule seconde à le faire pour avoir la paix. Sarah n'était pas le genre de femme à glousser devant une proposition de verre et à se laisser enivrer par un homme sans l'avoir choisi. Et elle plaçait la barre haut, autant le dire. Elle gardait son regard froid et provocateur plongé dans celui de l'importun, le défiant du regard d'aller plus loin. Finalement, l'homme eut la présence d'esprit de faire marche arrière et de se rapprocher d'une blonde passablement alcoolisée qui serait sans doute ravie de l'aubaine. Sarah eut un sourire amusé avant de reprendre une gorgée de sa boisson.

Sarah, avec son champ de vision plus large et aigu que les humains normaux, avait repris son observation du brun ténébreux au comptoir. Ce dernier avait visiblement conseillé d'un regard la blonde à l'acolyte de tout à l'heure qui ne semblait pas plus heureux dans sa chasse. Mais c'était bien le cadet des soucis de Sarah. Cette dernière vit le brun se lever et se rapprocher d'elle. Une tension immédiate naquit en elle et son cœur accéléra un bref instant. Elle n'en montra rien, avalant tranquillement une gorgée de son martini. L'homme l'interpella d'une façon élégante et pleine d'humour qui fit sourire Sarah. Elle se tourna vers lui, plaçant son dos contre le comptoir. Elle le détailla un long moment du regard, ses yeux se posant de haut en bas sur son corps, s'attardant longuement sur son visage. Après cet examen détaillé, elle lui adressa un sourire avant de répondre :

Bonjour. N'aie crainte, je choisis seulement mes fréquentations avec soin.

Elle recommanda un verre dont elle but une nouvelle gorgée avant de reposer son regard sur l'homme à ses côtés. Sa beauté et son charme irradiait autour de lui, laissant Sarah presque sans voix. Elle finit cependant par déglutir et par reprendre la parole :

Tu fais partie des chasseurs de jolies filles ? Ou des oiseaux de nuit qui ne trouvent pas le sommeil?

FICHE ET CODES PAR BROADSWORD.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: The Night Belongs to Us - [ Sarah ]   Lun 23 Déc - 23:53


ᴪ Undisclosed Desires


Les quelques secondes s’écoulant entre le moment où l’homme avait quitté sa place et l’instant où il s’exprima paraissaient s’être à la fois dilatées en la lenteur de plusieurs années et contractées en l’espace fugitif d’un battement de cils. Mais cette aberrante dualité temporelle n’était que ténue en la comparant à celle qu’Edwin ressentit juste après que le son de sa voix se dissipât dans les airs. Il lui semblait que le temps s’était figé dans un court intervalle qui s’étirait indéfiniment. Le regard qu’elle lui portait le transportait dans les plus profondes et glaciales abysses de son être, puis par l’ardente région de ses passions. Pendant ce court instant, il lui semblait à la fois ressentir tout et n’importe quoi. L’insaisissable amalgame de sentiments provoquait un flot d’émotion tourbillonnant en lui, le laissant pantois et confus. C’était la première fois depuis son retour en cet univers qu’il était dépossédé de ses moyens non pas par son démon intérieur mais bien par son âme originelle elle-même. Depuis son passage dans les Limbes, il n’avait ressenti de comparable émoi. Son organe cardioïde palpitait à une fréquence bien plus élevée qu’à l’ordinaire, anesthésiant  le moindre muscle de son corps. Ses entrailles semblaient s’être changées en cendres et envoyaient des signaux douloureux. Mais c’était là le cadet de ses soucis. Car si on lui avait demandé combien de temps cet échange visuel avait duré, le Sibyllin aurait sans doute estimé avec le plus de sérieux cet intervalle de temps à guère plus d’une fraction de seconde.

Ils étaient toutefois l’un devant l’autre, s’observant intensément. Pendant ces indéterminables secondes, ils se détaillaient. Edwin remarqua tout d’abord ses yeux dont l’intense fixation le troublait tant. D’une profondeur peu commune, il semblait luire en leur fond eux une flamme indomptable. Ces pupilles étaient cerclées de magnifiques iris marrons emplis de reflets des sources de lumières environnantes. L’homme eut du mal à s’en détacher, mais remarqua tout de même les traits fins de son visage qu’il pouvait apprécier de plus près. Elle étira ses lippes et lui adressa un magnifique sourire, avant de lui répondre d’une voix bien plus mélodieuse que celle dont elle avait usé pour chasser son prétendant, tirant l’Abscons de son envoûtante torpeur. Après avoir recommandé un verre dont elle avait, justement, reçu la proposition de ne pas se le faire offrir, elle posa une intéressante question en retour. En vérité, l’intéressé n’était même pas en mesure de répondre avec justesse en ce moment. Il avait pénétré en ces lieux en noctambule invétéré et se retrouvait désormais au devant d’une charmante représentante de la gent féminine. Plus séduit qu’il ne voulait se l’admettre, il répondit :

    « Oiseau de nuit… à l’affut de la perle rare. Oui, c’est plutôt ça qui me décrirait le mieux. »

Cette vérité maladroitement métaphorique convenait à l’Original, bien qu’il ne fût pas tout à fait certain de sa convenance à son actuelle condition. Il sourit derechef à la jeune femme et commanda distraitement une boisson. Il en but une gorgée et ne se demanda qu’à cet instant ce qu’on lui avait servi. Malheureusement, il n’était pas en mesure de le découvrir. Il posa donc son verre et reporta son attention sur son interlocutrice. Il avait beau essayer de ne pas paraître désarmé, ses charmes le subjuguaient toujours autant. Il la contempla un peu plus globalement, remarquant une silhouette aux atouts féminins dans de parfaites proportions. Ne voulant cependant pas excéder son investigation au-delà de ce que permettait la décence, il se focalisa sur les vêtements. Elle s’habillait avec goût, dans un ton univoquement ébène. Couleur sobre, mais toujours d’une grande classe, surtout sur ceux qui savaient la porter. Évidemment, elle faisait partie de ce groupuscule.  Enfin il se reporta sur sa chevelure, ondoyante et soyeuse. Décidément, celle qui se prétendait "jolie fille" était loin d’avoir tort.

Ce genre de situation à la fois charmante et gênée embrouillait Edwin d’avantage dans sa dualité. Il aimait et détestait ce moment. Toute cette confusion, toute cette tension… contre tout ce plaisir. Il lui était réellement malaisé de décrire son état actuel. Il aurait voulu à la fois faire avancer le temps pour connaître la suite de l’histoire, mais il ne voulait pas manquer une seule microseconde ce qui se tramait en cet instant même. Il voulait définitivement profiter de cette nuit. Après tout, n’était-ce pas là la raison de sa venue ? Il s’éclaircit la gorge et brisa le silence – relatif étant donnée l’atmosphère plutôt bruyante dans laquelle ils baignaient, mais qui aux yeux de l’Original n’avait plus vraiment de valeur – qui s’était installé entre eux :

    « Je me nomme Edwin. Et toi, quel est ton prénom ? »

On faisait certainement mieux comme phrase d’accroche. Mais le protagoniste s’en souciait peu. Il ne souhaitait pas entrer dans un jeu où il enfilait le masque d’un autre, pas cette fois. Il privilégiait le naturel à tout cet artificiel arsenal que d’aucuns séducteurs chevronnés se plaisaient à étaler. Il vida son troisième verre et commença à sentir les prémisses des effets de ses rafraîchissements naguère absorbés. Rien de bien méchant cependant, juste un léger picotement au bout des doigts tout au plus. Il écouta avec attention la réponse de son interlocutrice et ne manqua pas de noter que son verre était aussi empli que le sien, ce qui signifiait pas suffisamment. D’humeur taquine, il lança :

    « Bien, tu m’as assuré que je n’étais pas sous la menace… donc je suppose que tu vas me laisser t’offrir celui-ci ? »

Feignant de ne pas se soucier de la réponse de la bénéficiaire comme si elle n’avait son mot à dire tant la logique de son discours était irrévocable, le Sibyllin observa avec une pointe d’amusement la réaction de la belle qui l’accompagnait. Il lui remit le verre entre les mains, remerciant succinctement celui qui le lui avait précédemment confié. Cette petite dérision avait eu le mérite de faire oublier quelques courtes secondes le chaos émotionnel dans lequel il se situait. Il jeta un regard un peu plus intense en direction de cette fille nouvellement rencontrée, comme pour savoir si elle aussi était habitée par cette tension qui doucement l’oppressait.


Dernière édition par Edwin Feynmann le Mar 24 Déc - 23:42, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: The Night Belongs to Us - [ Sarah ]   Mar 24 Déc - 2:20


THE NIGHT BELONGS TO US
Feat Edwin

L'instant s'était figé, tout simplement arrêté. Un souffle, un battement de cil. Le cœur qui se stoppe. Un moment d'éternité et de paradis. Etait-ce seulement possible ? Elle n'osait plus l'espérer, ni même y penser. La musique l'environnait, donnant à cette rencontre une aura improbable et irréelle. Elle ressentit un frisson inexplicable lui parcourir l'échine. Le moment où leurs regards se rencontrèrent semblait être un de ces moments qu'on sait marquant dans son existence. Ces moments dont on se souvient longtemps après. L'homme la dévisageait et son regard semblait sonder les profondeurs de son être. Comme s'il savait qui elle était. Elle se sentait mise à nue, en était troublée, gênée et grisée à la fois. Une caresse n'aurait pu avoir d'effet plus fort que ce regard de braise. Il n'était pas, ne pouvait pas être humain. Sarah pouvait sentir les battements de son cœur accélérer douloureusement dans cage thoracique, comme s'il risquait de briser la prison de ses côtes. Avait-elle seulement ressenti pareil trouble un jour ? Elle connaissait la réponse. Et la réponse était non. Elle n'avait jamais perçu ce danger, ce risque pour son âme et son cœur. En une fraction de seconde, elle avait compris que son destin était scellé. Etrange et totalement irrationnel. Et elle tentait de reprendre son emprise sur elle-même, de museler ses sens et sa volonté. Tout sauf évident, naturellement. Tout cela n'avait duré qu'un clignement de paupières et pourtant cela semblait une éternité.

Un œil extérieure les aurait vu se contempler longuement, immobiles, l'un en face de l'autre. Ils se détaillaient, se jaugeaient presque, estimant la valeur de la personne en face d'eux. Sarah sentait sa gorge se serrer devant tant de charme. Elle n'eut aucune gêne à laisser glisser son regard le long du corps du jeune homme, détaillant sa silhouette fine mais musclée, il était plutôt grand. Ses mèches sombres tombaient légèrement sur ses yeux noisettes, lui donnant un petit côté rebelle qu'elle appréciait énormément. Son regard ténébreux la grisait et semblait la caresser du bout des cils. Après cette analyse en règle, elle avait fini par lui adresser un sourire sincère. Et joueur. Sarah était une chasseresse, comme l'animal qui sommeillait en elle. Et comme les félins, elle aimait jouer avec sa proie avant de la croquer avec délectation. Elle apprécia la remarque pleine d'humour du jeune homme concernant la non proposition de lui payer un verre. C'était assez bien joué, elle devait l'admettre. Elle commanda donc seule le verre qui lui manquait et demanda les raisons de la présence du mystérieux inconnu. Sa remarque fit mouche vraisemblablement. L'homme assura faire partie des deux catégories d'une certaine manière. Ainsi donc il se prenait au jeu. Sarah en était ravie et lui renvoya la balle, un sourire charmeur aux lèvres.

Alors ? Aurais-tu trouver cette perle tant recherchée?

Provocatrice jusqu'aux bout des ongles. Et cela l'amusait. Ainsi donc, il n'était pas en chasse, comme un de ses vulgaires confrères mais à la recherche de la perle rare. Il lui adressa un sourire que Sarah jugea proprement renversant et elle bénit le ciel d'être assise et bien calée contre le comptoir pour ne pas tomber de son siège. Il était beau, charmant et semblait empreint de mystère. Tout ce que Sarah pouvait aimer. Il venait de commander un verre et semblait presque perdu lorsqu'il en but une gorgée. Sarah, elle, avait plongé son regard dans le sien. Elle continuait de l'observer du coin de l'oeil, grâce à son champ de vision élargi. Il était clair que l'homme la détaillait du regard et que cela allait au delà de la simple curiosité badine. Elle en fut flattée. L'homme était parfaitement bien proportionné et sa tenue était un modèle de classe et d'élégance. Son costume était sobre mais très beau et de belle facture. C'était un homme qui devait subir de nombreuses déclarations et sollicitations venant de la gent féminine. Cela ne faisait aucun doute pour Sarah mais elle espérait sincèrement se tromper.

Le temps était suspendu une fois encore. Sarah n'en concevait pas spécialement de gêne, du moins se persuadait-elle de cela. En réalité, son cœur n'avait toujours pas repris un rythme normal et semblait bien incapable de le faire. L'homme était bien différent de tous ceux qu'elle avait pu rencontré dans ses soirées joyeuses et délurées où elle avait pu traîner. Elle était ravie d'être tombée sur lui. Et en même temps, cette fichue boule dans la gorge ne se décidait pas à partir. La musique était soudainement plus douce, un slow langoureux les enveloppait, les berçait presque. Et Sarah fut vivement tentée de replonger son regard dans celui du brun ténébreux. Soudain, il rompit le silence qui s'était établi entre eux. Elle sourit.

Edwin ? Prénom original s'il en est. Cela vient d'où ? C'est la première fois que je l'entends. Je suis navrée, je possède un prénom moins surprenant. Sarah.

La jeune femme sentait une certaine franchise chez son interlocuteur. Visiblement, il n'était pas le dom juan qui raconte n'importe quoi et qui se crée un rôle auquel il finit par croire. Sarah contempla Edwin, se posant milles et une questions sur lui. Dont certaines franchement indiscrètes. Elle maîtrisa sa curiosité. Elle but une gorgée de son verre qui commençait à être sérieusement entamé. Elle sentait l'effet de l'alcool s'emparer d'elle, doucement d'abord, comme un ami qui vous tape délicatement sur l'épaule pour se rappeler à votre bon souvenir. Elle fut amusée encore une fois de la remarque pertinente d'Edwin concernant son verre. Elle sourit.

Pourquoi pas... A tes risques et périls.

Edwin sembla ne pas se soucier de la réponse de la jeune femme et se hâta de recommander un verre pour elle. Sarah avait déjà une idée en tête. L'homme se tourna vers elle et amorça un geste pour lui mettre le verre dans les mains. A cet instant, la main de la jeune femme jaillit et se saisit violemment du poignet du jeune homme. Elle plongea son regard dans celui d'Edwin, un sourire provoquant aux lèvres. Elle tenait toujours le poignet de son interlocuteur et se rapprocha, murmurant :

Je vois que tu aimes le risque et le danger... J'aime ça.

Le contact de sa peau fit frissonner la jeune femme. Sa peau était si douce... Elle relâcha alors sa main, buvant une gorgée du verre que l'homme lui avait offert. Le jeu continuait de plus belle mais la balle était dans le camp d'Edwin.

FICHE ET CODES PAR BROADSWORD.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: The Night Belongs to Us - [ Sarah ]   Mer 25 Déc - 23:14


ᴪ Control Yourself, Take Only what You Need from Him


La conversation qui s’était instaurée entre les deux êtres était on ne peut plus plaisante au sens de l’Original. La danse psychique dans laquelle ils s’étaient lancés valsait avec élégance entre le jeu et la provocation, entre les sourires et les œillades intenses. À l’apparente raison de l’approche, la jeune femme souhaitait connaître des précisions quant à l’avancement de cette quête. Afin ne pas paraître trop présomptueux, il y répondit :

    « Tout ce qui brille n’est pas or ; cependant il est impossible de reconnaître un vrai joyau si l’on ne s’en approche suffisamment… »

Ce ne fut qu’une fois qu’il eut prononcé ces mots qu’il comprit à quel point ils pouvaient, sortis de leur contexte, sembler insipides et vides de sens à une éventuelle oreille extérieure, probablement jugeables dignes d’une série B. Qu’importait. Il les avait prononcés et il n’y avait plus moyen de faire machine arrière désormais. Et si oreille extérieure il y avait, grand mal leur aurait pris de prêter attention à cette conversation en ce moment. Les deux protagonistes continuèrent donc sans plus se soucier de leur entourage leur contemplation. Après ce mutisme presque religieux, la déclinaison de l’Abscons avait poussé la mystérieuse inconnue à faire de même. Elle se nommait donc Sarah. Cette dénomination sonnait agréablement à l’ouïe de l’homme. Elle n’avait pas été monnaie courante durant l’enfance du jeune homme, mais avait connu un engouement plus prononcé durant ces dernières décades, d’où s’expliquait le fait qu’elle fût considérée comme banale. Le Sibyllin n’y voyait pourtant point de raison de ressentir quelque navrement, et pourtant elle l’avait annoncé presque à regret.

    « C’est un très joli prénom, vraiment. Le mien a des origines germaniques je pense. Je ne viens pas exactement de ces régions cependant : je suis né à Londres. »

S’il précisa le lieu, il omit de mentionner l’époque de sa venue au monde de peur de faire fuir son interlocutrice. Les individus plus que centenaires étaient en général singuliers, mais il en était encore moins qui soient aussi bien conservés que lui. Il aurait dès lors été malaisé d’expliquer la raison de cette date de naissance tant antérieure à ce jour présent. Il garda donc cela pour lui avant de proposer un verre à Sarah qui lui répondit sur un ton de défi dépourvu de toute animosité. L’Abscons n’y avait toutefois prêté qu’une distraite oreille et lorsqu’il se retourna pour mettre la coupe entre les mains de la belle, il fut surpris par celle-ci qui, d’une vivacité exceptionnelle, se saisit de son poignet, si bien que la surface du liquide oscilla dangereusement près du rebord, mais aucune quantité n’en fut déversée inutilement. À l’usuelle, il était nanti d’une réactivité hors-normes, un des rares gains positifs acquis suite à sa métamorphose, et aurait sans doute évité pareil assaut. L’alcool n’était pas à mettre en cause, car bien que diminuant légèrement ses facultés, elle n’aurait d’effet suffisant que pour les réduire à ce point. La seule explication plausible était donc que la mystérieuse vivacité dont la jeune femme avait fait preuve était bel et bien réelle. Cet évènement subit fit monter en flèche le taux d’adrénaline de l’Original qui ne s’attendait pas à telle surprise. Cette augmentation anormale de la concentration d’hormones dans son sang lui fit un étrange effet… L’être abject qui l’habitait, ce sinistre spectre empreint de mort, n’était pas d’avis de poursuivre cette soirée de la même manière. Il se savait puissant sur le mental de son hôte, et pouvait le faire plier en un clin d’œil à ses plus révoltants fantasmes, surtout lorsque celui-ci était sujet à une émotion forte. Il se complaisait à tirer les ficelles de l’âme avec laquelle il avait fusionné pour l’éternité et à pousser celle-ci à commettre des actes innommables rien que pour sa maladive concupiscence. Ses moindres désirs étaient des ordres, et l’unique manière de le faire taire était de satisfaire ses caprices. Or donc, il n’appréciait pas cette présente situation. Trop de plaisir bien vertueusement acquis, trop de jubilation futile, pas assez de sang et de peine. Il était temps selon lui de mettre un terme à cette mascarade et de passer aux choses sérieuses. Il exigeait une géhenne digne de l’Apocalypse. Il tenta donc subrepticement de faire de la dextre de son réceptacle son bras courroucé, et de faire périr quiconque avait eu l’audace d’entrer dans cette salle en sa présence, péché bien dérisoire mais qui ne pouvait être soldé que par l’annihilation. Telle était son incoercible volonté et personne n’était en mesure de l’arrêter désormais. Il avait ordonné l’effusion de sang. Il savoura en avance sa triomphante félicité et s’apprêta à prendre le contrôle de ce corps. Cependant, ce dernier lui résista, ainsi que l’esprit qui d’ordinaire se laissait docilement contrôler. Surpris, le démon redoubla de véhémence mais ses tentatives n’en furent que moins fructueuses. Cette bataille, il allait la perdre. Et il la perdit. Edwin retrouva ses esprits après ce conflit intérieur n’ayant duré guère plus qu’une fraction de secondes, et entendit la jeune femme, qui s’était approchée, exprimer son intérêt pour la témérité qu’il manifestait. Il éclusa une grande gorgée du verre qu’il venait de s’offrir pour stabiliser son niveau émotionnel. S’il avait été secoué par son duel intrinsèque, il n’en avait pas moins perdu une miette de ce qui s’était produit à l’extérieur. Sarah voulait jouer… Alors ils allaient jouer. Il s’approcha d’elle nonchalamment, se pencha si près qu’il pouvait détailler son épiderme avec une grande précision. Si près que son parfum en devenait enivrant. Si près qu’ils pouvaient tous deux sentir leurs souffles se répandre doucement le long de leur gorge. Si près que le moindre frisson devenait criant de visibilité. Avec une lenteur presque irréelle, il articula :

    « Je ne peux vivre sans le danger, Sarah. Il m’accompagne partout où je vais, comme un spectre me hantant. Il ne me quittera jamais, alors j’ai décidé de l’apprécier… Quelque soit le prix. »

Il resta une fraction de secondes de plus dans cette position, profitant de cette envoûtante promiscuité, et se redressa presque à regret. Il ne cessa de fixer ces yeux qui l’hypnotisaient presque avant d’ajouter :

    « Mais je ne suis pas le seul dans ce cas, n’est-ce pas ? »

Sarah avait elle aussi sans doute un passé alambiqué. Il avait senti dès son arrivée qu’elle n’était pas comme les autres, qu’elle était, en son sens, unique. Il savait évidemment que tout cela resterait un mystère pour ce soir, mais aimait cet énigmatique échange. Soudain, l’ambiance sonore frappa la conscience du Sibyllin. Elle convenait tout à fait à l’idée qui venait de germer dans son esprit. Il se saisit une ultime fois de sa coupe et la désemplit, puis se leva, se posta en face de Sarah, et tendit lentement le bras, la main ouverte paume vers le haut. Alors que celle-ci l’observait, il plongea son regard dans le sien, et, d’une voix qui ne trahissait pas d’ambiguïté, déclara :

    « Si effectivement tu apprécies le risque, prendras-tu celui d’accorder une danse à un inconnu dont tu ne connais que le prénom ? »



Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: The Night Belongs to Us - [ Sarah ]   Jeu 26 Déc - 20:43


THE NIGHT BELONGS TO US
Feat Edwin

En tout cas, Edwin était bien différent des hommes qui avaient pu l'aborder dans ce type d'endroit. Son sens de la répartie et son aura ténébreuse et mystérieuse achevait de titiller la curiosité de la belle. Il avait quelque chose en plus, et elle se demanda immédiatement s'il n'était pas plus qu'humain. Impossible de le savoir en l'état actuel. La remarque d'Edwin la fit sourire. Elle se rapprocha alors lentement, son visage brisant la distance élémentaire de bienséance qui les séparait.

Te considères-tu comme assez près pour trancher la question?

Cela pouvait paraître bien direct mais Sarah possédait ce caractère franc et joueur. Plongeant son regard dans celui du jeune homme, elle savait qu'elle le provoquait mais elle aimait trop ce jeu pour reculer. La phrase qu'il avait prononcé aurait pu paraître parfaitement téléphonée mais Sarah ne le ressentit pas du tout de cette façon. Il avait une manière de prononcer ces mots qui faisaient naître un frisson étrange et incompréhensible au creux de ses reins. Ils étaient restés à s'observer en silence pendant quelques secondes avant que son interlocuteur se décide à lui fournir son nom. Prénom d'ailleurs très original que Sarah n'avait jamais entendu auparavant. Elle énonça à son tour son patronyme, nullement gênée par le côté formel de la présentation. Elle continuait de dévisager le jeune homme, attirée par son côté sauvage et distant. Pas si distant que cela finalement car il avait quand même parcouru l'espace qui les séparait pour venir lui parler. L'homme l'assura que son prénom était très joli. Le sien avait des origines germaniques tandis que son propriétaire était né à Londres. Elle sourit.

Un britannique. Je reconnais le flegme et la classe qui les caractérisent chez toi.

L'homme ne détaillait pas plus que cela son passé et Sarah jugea inutile de le questionner davantage. Après tout, ils venaient de se rencontrer, elle n'allait pas l'assommer sous un interrogatoire nourri. Le jeune homme avait fini par lui proposer un verre, semblant aimer le risque ou désirer trop ardemment lui offrir un nectar de son choix qu'il était prêt à braver la tempête. Elle le prévint avec amusement qu'il risquait gros mais il ne sembla pas porter attention à ce qu'elle lui dit. Alors qu'il se tournait vers elle pour lui glisser le verre entre les doigts, elle attrapa vivement le poignet de son interlocuteur. La dilatation immédiate des pupilles que Sarah perçut montra clairement que l'homme avait son cœur qui s'était emballé. Pour quelle raison ? La surprise pure et simple de se faire ainsi molesté ? Ou bien autre chose ? Elle était bien loin d'imaginer le tourment intérieur de son ami de la soirée. Elle se contentait de le provoquer, de chercher à le tester, voir jusqu'où il était prêt à aller. La tension et l'attirance était nées d'un regard. Grandiraient-elles d'un geste ? Le geste de trop qui menaçait de faire éclater toute la tension accumulée. Sarah souriait, plongeant son regard dans celui d'Edwin. Cela ne dura qu'une fraction de seconde mais elle se sentit troublée. Elle avait cru décelé une lueur de fureur dans les yeux du jeune homme. Etait-ce son imagination ? Dissimulait-il un secret plus sombre encore qu'elle ne pouvait l'imaginer ?

Mais l'impression fugace s'était déjà dissipée et il semblait sur le point de se dégager. Cependant, il n'en fit rien. Il attrapa de sa main libre son verre et en but une gorgée, comme s'il désirait se donner du courage. Elle continua de le fixer, semblant vouloir retenir toutes les nuances de ses iris chocolat. Soudain, elle vit le visage d'Edwin se rapprocher. Lentement, langoureusement, il finit par se stopper à quelques millimètres de sa peau. Ses lèvres étaient proches, si proches de son cou. Cette proximité lui arracha un long frisson qui hérissa sa peau et que le jeune homme ne pouvait pas ignorer. Sa voix ne fut qu'un murmure. Un murmure sensuel, déroutant et terriblement tentant. Le danger était partout avec lui. Ses paroles étaient perturbantes, semblant à des mots d'amour murmurés par leur intonation lascive. Elle ferma les yeux, écoutant cette voix qui murmurait à son oreille. Elle sourit. Et soudain, le charme se rompit, Edwin s'écarta d'elle, comme à regret et lui lança une question purement rhétorique, qui n'en était pas une. Elle sourit davantage.

Le danger est mon oxygène. Sans lui, la vie paraît bien fade. Tu vois ce que je veux dire ? Ce battement de cœur qui accélère douloureusement. Cette chair qui frémit et palpite de vie, ne demandant qu'à se battre pour sa survie. Cette sueur qui perle le long de ton front et rafraîchit ta peau si chaude...

Sa voix avait presque caressé les mots au fur et à mesure qu'elle les prononçait. Et elle avait choisi ces paroles avec soin, avec toutes les connotations qu'elles pouvaient sous-entendre. Elle attrapa son verre et en vida le contenu lentement, sentant avec plaisir la chaleur de l'alcool lui brûler la gorge. Elle reporta son regard sur Edwin qui venait de se lever de sa chaise. Il la regarda droit dans les yeux et lui tendit la main, lui proposant de façon une fois encore très élégante et très originale de danser avec lui. Elle sourit une fois encore et glissa sa main dans la sienne.

Je le prends avec plaisir.

Elle se laissa alors entraîner sur la piste de danse. La musique était lente, langoureuse et lascive. Elle semblait refléter les sentiments qui animaient la jeune femme. Elle glissa ses mains autour du cou d'Edwin, se rapprochant de lui jusqu'à pouvoir sentir son souffle sur sa joue. Son corps effleura celui du jeune homme tandis que son cœur ratait un battement. Elle ondulait lentement en rythme avec la musique. Comment cette soirée allait-elle se terminer ?

HJ : désolée, pas top, je me rattrape au prochain ! :)

FICHE ET CODES PAR BROADSWORD.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: The Night Belongs to Us - [ Sarah ]   Sam 28 Déc - 22:10


ᴪ The Slower, the Better


Le plus clair du temps, les personnes qu’Edwin côtoyait ponctuellement n’éveillaient pas son intérêt, et, conformément à ce niveau d’attrait, il leur rendait leur parfaite indifférence. Cette classe de personne formait une énorme majorité de la multitude qui entrait dans les champs sensoriels du Sibyllin. Relevés l’espace d’un mouvement oculaire, ils étaient aussi vite effacés de sa mémoire, excepté lors de ses languides contemplations concomitantes. Ces apparitions passagères n’avaient donc guère plus d’effet qu’un mauvais film que l’on regardait pour passer le temps. Cette caste englobait tous les êtres présents autour de lui. Tous, exceptée une seule et unique personne. Si l’idée de rencontrer quelqu’un qui éveillât la curiosité de l’Original lui avait effleuré l’esprit, jamais il n’aurait anticipé pareille occurrence. Au mieux se serait-il attendu à rencontrer un extravagant prêt à vider quelques chopines, ou encore une délurée insipide à souhait, tentant sans grand succès de faire ployer cette infléchissable rigueur qui le caractérisait si bien lorsqu’un individu de ce genre venait à l’agacer, mais pas une nymphe habilitée à le démunir de la sorte. Singulière tant par sa magnificence que par son attention, elle avait tous les critères pour entrer dans la complémentaire de la catégorie susdécrite. Lorsque la jeune femme s’inclina vers son vis-à-vis surpris, elle joua sur la déclaration quelque peu douteuse qu’il avait tenue pour répondre de manière semi-folâtre, semi-provocatoire. Elle ne manquait pas d’esprit, et cela enchantait Edwin. S’il ne souhaitait pas jouer les coureurs de jupons, il ne désirait pas non plus s’enticher d’une de ces empotées qui allaient avec. Cela ne faisait que renforcer l’envie d’Edwin de répondre par l’affirmative, mais rien ne pressait. Il la devinait joueuse, il n’allait donc pas tout révéler au grand jour, pas tout de suite en tout cas.

    « Je ne préfère pas m’avancer tout de suite, car… » Il regarda autour de lui, l’air faussement suspicieux. « Je crains que d’autres puissent m’épier, s’en saisir avant moi, et ne pas traiter cette nacre avec l’égard qu’elle mérite. Mais, entre nous, … » Il baissa la voix, profitant de cette succincte proximité, avant de conclure d’un imperceptible hochement de tête : « J’ai bon espoir. »

Expert improvisé d’un soir, il sourit à l’idée d’être l’heureux chercheur de trésors. Il ne pouvait le nier, l’attirance physique était effectivement présente. Sarah comptait objectivement parmi les allégories de la somptuosité, et, malgré que son attention soit focalisée sur sa charmante compagnie, il ne manquait pas de remarquer les nombreux hommes qui ne se gênaient pas pour la reluquer avec leurs velléités bestiales clairement affichées. Un peu contrarié, il choisit cependant de ne pas s’en offusquer : elle était loin de lui appartenir, et il avait bien mieux à faire présentement. À cette attirance physique venait s’additionner une sorte d’affinité chimique, conditionnant naturellement les relations sans que l’on ait mot à dire. Rien que par des phéromones diffusés autour de soi, le corps récepteur donnait (ou non) son aval. Et dans le cas de Sarah, rien ne semblait aller à l’encontre d’un rapprochement, bien au contraire. Enfin, il y avait cet attrait intellectuel naissant. Il était encore ténu, mais présent. Il fallait évidemment lui laisser le temps de se développer suffisamment pour savoir si la connexion s’établirait, et c’était en bonne voie. Il résultait de la convolution de ces trois segments un indéniable magnétisme latent, qui poussait irrémédiablement le regard de l’homme à revenir vers les iris ensorcelants à chaque fois qu’il tentait de s’extraire de leur influence. Lorsque les présentations furent faites et les origines exposées, la belle camoufla un compliment au sein d’une phrase qui se voulait générale. N’ayant pas de quoi surenchérir du fait de son ignorance des origines de son interlocutrice – bien qu’il eût quelques suppositions –, il ne trouva pas de réponse et accepta la flatterie d’un hochement de tête. Cette aura mystérieuse qui la nimbait depuis le début restait tenacement en place. Pareille inertie ne gênait nullement l’Abscons, elle attisait même sa curiosité. Peu après qu’il eut délibérément offert un verre à la jeune femme, son combat psychique le déstabilisa quelque peu, mais il se remit rapidement en selle. Personne ne gâcherait cette nuit, pas même son plus intime ennemi. À l’instar de la joueuse, il franchit les limites invisibles qui les séparaient et susurra quelques mots à ses oreilles. Bien qu’au summum du voltage que cette atmosphère électrique lui permettait de supporter, l’homme ne pouvait se défaire de cette presqu’étreinte que seul le protocole empêchait d’être réelle. Il s’y résolut nonchalamment. Comme grisé par l’expérience qu’il venait de vivre, le Sibyllin écouta avec attention la réponse, fasciné par cette voix. Il sourit. À en croire cette juste description, il se trouvait présentement peut-être dans une situation dangereuse : il en subissait les premiers symptômes. Amusé, c’est à ce moment que l’idée de se laisser porter par la musique germa dans son esprit. Sa demande fut satisfaite par l’affirmative, et il eut le plaisir de sentir une main fine et légère se poser sur la sienne. Lorsqu’il la referma, il sentit l’horrible bête refoulée gronder de rage de ne pouvoir vampiriser l’âme de la personne en contact, mais ne s’en souciait guère car il la savait dominée. C’était la toute première fois depuis sa damnation qu’Edwin parvenait à se trouver si proche de l’un de ses semblables sans être sous l’emprise sanguinaire de sa sombre moitié. C’était comme s’il était redevenu l’homme qu’il était avant sa funeste stigmate, source de tant de peines. Il conduit Sarah à travers la salle pour s’arrêter sur la piste de danse. Son étreinte manuelle se défit pour frôler et aller s’établir contre les hanches de sa partenaire. À son tour, il éprouva un léger tressaillement lorsque ses mains entrèrent en contact avec ce corps sublime. Il appréciait silencieusement les courbes féminines et sensuelles que celui-ci présentait. Sarah passa ses bras autour de son cou et tous deux se rapprochèrent plus qu’ils ne l’avaient fait jusqu’à présent, allant même jusqu’à un fugace frôlement. Le cavalier eut l’impression que sa cage thoracique était sur le point d’exploser, tant les contraintes ressenties semblaient intenses. Il pouvait entendre les battements de son propre cœur pulser dans ses tympans, ajoutant au rythme lent de la musique une allure sauvagement rapide. Il n’aurait pourtant donné sa place pour rien au monde. Ondoyant voluptueusement sur la mélodie, le couple observait un silence fiévreux. Comme alangui par un endormissement, Edwin, les yeux mi-clos, laissait son regard dans le vague, écoutant la respiration lente de sa cavalière. Tout était comme s’il y avait eu une séparation entre eux et le monde extérieur, d’où seule une douce mélopée leur parvenait pour les guider dans leur danse. Le monde aurait pu s’écrouler autour d’eux, Edwin n’y aurait pas accordé la moindre importance. Lentement, il releva les yeux pour croiser les iris cuivrés de la jeune femme. Il aurait voulu parler mais ne savait quoi dire, et ne souhaitait pas briser cette communion merveilleuse. Il appréciait la grâce et la souplesse presque féline de la jeune femme dans ses déplacements malgré la chorégraphie ne permettant pas de remarquer cela de manière claire. Les minutes s’écoulèrent imperceptiblement, accordant au duo un répit fugitif. Mais l’avancée du temps était incoercible et irréversible, et tous deux savaient le parachèvement de cette nuit proche. Se faisant violence tant la tentation de rester en place pour l’éternité était séduisante, Edwin s’écarta légèrement de Sarah, regrettant déjà l’intimité perdue. Il posa son regard dans celui de la danseuse et articula lentement :

    « Sarah, cela fait bien longtemps – beaucoup plus que ce que tu peux imaginer – que je n’avais pas vécu une nuit comme celle-là… »

Il se tut, comme étouffé dans son élan. Il aurait souhaité dire à la jeune femme bon nombre de choses plaisantes, mais il ne devait l’approcher après cette nuit. Cette idée le torturait plus que tout au monde, mais il se savait intrinsèquement nocif. Telle était l’éternelle malédiction qui planait et planerait sur lui pour l’éternité : l’amour ne lui serait jamais permis. Même si elle aimait le danger, la belle n’avait aucune idée du risque qu’elle courait en restant à ses côtés. Il le savait, ce n’était plus qu’une question de temps avant que son alter ego assombri reprît le dessus et laissât exploser sa fureur destructrice. L’Abscons se prépara donc à puiser dans toutes les forces de son être pour annoncer cette accablante vérité.

Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: The Night Belongs to Us - [ Sarah ]   Dim 29 Déc - 1:30


THE NIGHT BELONGS TO US
Feat Edwin

Cet homme avait quelque chose de particulier, elle l'avait immédiatement senti. Dès le premier regard, c'était une évidence. Et pourtant, elle l'avait perçu. Elle préférait ne pas en tenir compte mais c'était tout bonnement impossible. Son cœur battait bien trop fort. Le fauve en elle se débattait, tempêtait pour pouvoir sortir et donner libre cours à sa fureur. Mais elle le musela fermement. Parfois, elle se laissait submerger par sa double nature lorsqu'elle était en proie à des émotions violentes, comme c'était le cas en cet instant. Sarah n'avait jamais été douée avec ses sentiments. Elle était tétanisée lorsqu'elle avait l'impression de s'attacher à quelqu'un. Oh, naturellement, elle n'en était pas du tout à ce stade avec Edwin, ils venaient de se rencontrer. Mais la jeune femme sentait qu'il y avait quelque chose d'étrange chez son interlocuteur. Elle comptait bien élucider l'affaire mais rien ne pressait. Elle était venue ici dans l'espoir peu assuré de passer une bonne soirée et comme elle avait enfin trouvé quelqu'un digne d'elle et de son intérêt, pourquoi ne pas se laisser aller, tout simplement ? L'homme était d'une beauté rare et envoûtante. Les pensées de Sarah étaient bien inconvenantes et elle fut ravie qu'il ne puisse lire en elle comme en un livre ouvert. Il était malsain de penser à ce genre de choses. Mais l'esprit de la jeune femme se tournait résolument vers ces idées. Elle secoua la tête, bien déterminée à ne rien montrer de son émoi. Espoir bien futile et inutile. Sarah était une femme habile et surtout elle adorait jouer avec les hommes. Même si elle avait plus que conscience d'avoir enfin trouver un adversaire à sa taille. La réplique qu'elle lui fit était clairement une provocation. Et elle attendait sa réaction avec la plus grande curiosité. Elle ne fut guère déçue. L'homme se rapprocha d'elle, elle pouvait sentir le moindre soupir le long de sa peau. Les paroles pleines de délicatesse et joueuses la firent sourire d'un sourire large et sincère. Il l'amusait d'autant plus qu'il ne lui répondait pas directement, entrant dans son jeu. Elle hocha la tête.

Je comprends. Fais-moi savoir lorsque ton espoir sera comblé.

L'attraction physique qui régnait entre eux avait quelque chose de tout bonnement magique, il n'y avait pas d'autre mot. Même si Sarah détestait tout ce qui avait trait à la sorcellerie, elle ne pouvait rester insensible à son charme. Le regard d'Edwin sembla faire le tour de l'assemblée et ressortir fortement contrarié de son examen. Sarah se demanda la raison de son trouble et lorsqu'elle parcourut du regard son environnement, elle comprit davantage pourquoi. L'ensemble des hommes des environs la lorgnaient sans vergogne et Sarah fut surprise que si rapidement après leur rencontre, Edwin put en concevoir une certaine forme de jalousie. Mais elle ne pouvait nier être particulièrement flattée de lui inspirer pareils sentiments. Elle devait bien admettre que les coups d'oeil insistants de la blonde avinée envers le jeune homme avait le don de l'exaspérer de la même manière. Mais il n'y avait pas que l'attraction physique entre eux. Le courant était passé immédiatement, une certaine forme de connivence ainsi qu'une découverte, superficielle pour le moment, de la proximité de leurs caractères respectifs. Un échange intellectuel stimulant qui montrait que le sens de la répartie d'Edwin égalait, voire dépasser le sien. Elle se rendait compte qu'elle aurait pu passer des heures à l'observer, le contempler, sans en paraître le moins du monde gênée ou incommodée. Elle ignorait d'où Edwin tenait ce magnifique et terrifiant pouvoir sur elle. Car oui, c'était à la fois délicieux et effrayant de dépendre ainsi d'une personne qu'on ne vient qu'à peine de rencontrer. La proximité partagée avait un goût de trop peu que Sarah aurait bien prolongé davantage. Ses vœux se trouvèrent exaucés peu après avec la proposition du jeune homme de partager une danse en sa compagnie. Elle accepta avec plaisir.

La piste de danse était remplie de couples dansant des slows langoureux. Cela avait le mérite de donner la couleur. Sarah avait immédiatement enroulé ses bras autour du cou d'Edwin. Les mains du jeune homme se glissèrent délicatement le long de ses hanches, comme s'il craignait de s'y brûler. Un long frisson parcourut la colonne vertébrale de la jeune femme à ce simple effleurement. Leurs deux corps se rapprochèrent plus près encore, si près qu'elle était persuadée que les battement affolés de son cœur seraient parfaitement audibles pour Edwin. Elle sentait sa gorge se serrer et avait l'impression que sa sensibilité était exacerbée plus encore qu'à l'ordinaire. Elle ne voulait en aucun cas que cet instant s'achève. A ce moment et peut-être pour la première fois de son existence, elle se sentait bien. Tellement bien. Cet homme, malgré le peu qu'elle connaissait de lui, avait le don de l'apaiser et de mettre fin à ses tourments et à ses pensées de vengeance. Au contraire, son esprit se laissait envahir par des idées douces et voluptueuses. La musique les berçait et le couple ondulait lentement dans un silence partagé. Sarah plongea son regard dans les iris chocolat d'Edwin et voulut l'espace d'un instant s'y noyer. Elle finit par détourner le regard et posa délicatement sa tête sur l'épaule du jeune homme, respirant à plein poumons l'odeur de son cavalier. Elle pouvait sentir la chaleur de la chair de son interlocuteur à travers le tissu de sa veste. Etait-ce une illusion où son rythme cardiaque était aussi rapide que le sien ?

Mais tout ne pouvait durer éternellement, elle le savait et, à son grand regret, Edwin s'écarta bientôt d'elle. Il semblait le regretter, comme si cela ne dépendant pas de lui et qu'il le faisait contraint et forcé. Elle tenta de se remettre de son trouble mais eut toutes les peines du monde. La voix du jeune homme rompit alors le silence qui s'était établi entre eux pour lui affirmer qu'il n'avait pas vécu une soirée pareille depuis fort longtemps. Sarah le prit comme un compliment. Elle gardait son regard dans celui d'Edwin, le cœur battant et répondit alors :

Moi non plus...

Savait-elle ce qu'elle faisait ? Se doutait-elle de cet élan qui allait l'emporter ? Non. Bien sûr que non, elle n'aurait pu anticiper pareil geste. Toujours est-il qu'elle se rapprocha du jeune homme qui avait su si bien la troubler durant cette soirée. Cela sembla durer des siècles et être la fois extrêmement rapide. Le visage de Sarah se rapprocha lentement, méthodiquement. Et soudain, elle captura ses lèvres entre les siennes. Si elle avait pensé que son cœur s'était emballé auparavant, ce n'était rien en comparaison de ce qu'elle ressentait en cet instant. La palpitant menaçait de briser la prison de ses côtes et d'énormes frissons lui parcouraient le dos. Mais elle ne mit pas fin au baiser pour autant, ses lèvres continuant de se mêler avec douceur et fièvre à celle d'Edwin comme si c'était le dernier baiser auquel elle goûterait. Peut-être était-ce le cas. Sa langue chercha sa consoeur et un ballet sensuel et endiablé commença. Avait-elle conscience de ce qu'elle faisait ? Oui, mille fois oui et elle en mourrait d'envie depuis la seconde où elle l'avait vu. Elle glissa ses mains dans les cheveux d'Edwin, caressant la peau de son cou. Et soudain, la décharge électrique lui parvint, semblant la réveiller de cette délicieuse torpeur. Elle frissonna et s'écarta, le regard perdu, ne trouvant rien de mieux qu'à murmurer :

Je... Je suis désolée. Je... Je n'aurai pas dû.

HJ : désolée, j'ai craqué ! ^^

FICHE ET CODES PAR BROADSWORD.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: The Night Belongs to Us - [ Sarah ]   Lun 30 Déc - 1:08


ᴪ Nothing Lasts Forever


Nul ne pouvait se prétendre capable d’augurer l’avenir. Seuls quelques privilégiés se voyaient accorder l’inestimable don d’observer les reflets indécis des miroirs du temps, mais la raison de ces prédispositions dépassait de loin la compréhension de simples mortels guidés par d’omniscients démiurges aux voies impénétrables. Si l’on faisait abstraction de ces nantis marginaux, la première phrase de ce paragraphe était une absolue vérité. Tout qui affirmant l’inverse se verrait indubitablement qualifier de charlatan, à juste titre. Le chaotique cours des évènements suivait un tracé imprécis et imprévisible. Une destinée pouvait être bouleversée par le simple caprice de l’Univers ; un élément apparaissant comme totalement négligeable pouvait être l’instigateur d’un changement majeur. Cependant, il était fallacieux de croire que ce seul facteur était l’unique cause d’un résultat qui semblait bien plus important. On pouvait facilement admettre au contraire que la rencontre de nombreuses circonstances en apparence banales tissait le fil de la vie. Ainsi donc, il aurait été malaisé de deviner ce qu’il serait advenu de l’Abscons s’il ne s’était pas aventuré en ces lieux, ou s’il avait attendu une journée de plus. Peut-être existait-il un univers parallèle dans lequel il s’était cloîtré dans son minable logement, attendant avec angoisse que ses nébuleuses aspirations s’apaisent avant de sombrer dans d’étranges songes peuplés de réminiscences de sa vie post mortem. Mais ces conjectures tenaient plus de la philosophie qu’autre chose, et la métaphysique n’était pas préoccupation actuelle. En réalité, rien de tout ceci n’avait encore effleuré l’esprit amphigourique de l’Original. Sa conscience était transcendée par un amalgame d’émotions complexes. Le lascif slow qu’il exécutait avec sa partenaire occupait toute sa sollicitude au point de lui faire oublier sa propre identité. Ce suave échange avait un caractère onirique, irréel, intangible.

Néanmoins, le sort était un bien cruel maître. De sa glaciale main, il venait rappeler le Sibyllin à l’ordre. L’émulation résultant de cette délectable danse n’était que le cruel avant-goût d’une saveur à laquelle le damné n’aurait aucun droit. Le mouvement aurait dû s’achever par un amer adieu, et un détournement irrévocable. Nonobstant cette sage mais triste sentence, Edwin n’eut la force d’aller d’un trait au bout de son discours. Sa gorge s’était nouée à tel point qu’il en était devenu temporairement aphone. Ainsi, les paroles qu’il s’apprêtait à prononcer allaient-elles le faire souffrir psychologiquement, mais également physiquement. Il n’eut pas le temps – ou l’envie ? – de poursuivre alors que Sarah lui répondait qu’elle se trouvait dans le même cas que lui. Cela eut pour effet de renforcer la réticence à faire cesser cette plaisante relation. Le jeune homme était tiraillé entre ses désirs les plus profonds et son sens commun. Cette torture était insoutenable. En proie au dilemme, il crut apercevoir la jeune femme se rapprocher. Mais était-ce simplement une impression ? À dire vrai, le temps semblait avoir repris un écoulement paradoxal. L’espace lui aussi semblait être perturbé. Alors que les deux visages se rapprochaient, il n’y avait plus de doute possible sur ce qui allait survenir. Une irrationnelle panique s’empara d’Edwin juste avant que le contact ne s’établît. Il perdait le contrôle de cette situation. Si ce qu’il pensait sur le point d’arriver se produisait, il n’aurait plus la force de retourner sur ses pas… et pourtant, lorsque leurs lèvres entrèrent en communion, il se laissa aller au plaisir charnel et ses paupières se refermèrent. La panique qui l’avait traversé s’était muée en une tension intense, expression du désir de l’homme. Mais cette fougue était partagée. Les lippes poursuivaient leur quête avide, tandis que l’une des mains du Sibyllin passait derrière le dos de la belle pour se rapprocher d’avantage d’elle. Enfin, sachant leur prélude sur le point de laisser place au crescendo d’une œuvre passionnée, les lèvres s’ouvrirent et leurs langues entrèrent en scène, s’effleurèrent d’abord, pour ensuite s’étreindre en une danse effrénée. Aucun mot au monde n’était assez puissant que pour décrire la situation de l’homme. Son cœur battait à tout rompre au point qu’il devenait douloureux. Le monde s’était évanoui, laissant au long et langoureux baiser l’absoluité. Les mains de Sarah passèrent au travers de sa chevelure, caressant sa nuque avec douceur.

Malheureusement, même les meilleures choses avaient une fin, et en un tremblement la jeune femme mit fin à l’embrassade, se retirant dans une étrange confusion. Elle exprima ses regrets à haute voix, fuyant le contact visuel. Edwin, quant à lui, était abasourdi. Comme frappé par la foudre, il ne pouvait affirmer s’il venait de se tirer des bras de Morphée ou s’il avait réellement vécu cette idylle. Il posa sa main droite doucement sur le visage de celle qui n’était guère plus qu’une inconnue il y avait quelques heures seulement et la fit lentement monter vers l’une de se pommettes, pour redescendre vers son menton. D’une légère pression, il releva ce magnifique visage tourmenté par le doute. Lui aussi l’était. Il plongea ses yeux une énième fois dans les siens, comme pour graver dans son esprit le moindre détail qu’il pouvait y apercevoir. Il laissa glisser sa main sur la joue et son autre main vint se poser délicatement sur la joue droite de Sarah. Il l’attira à lui et déposa sur ses lèvres un baiser, bien plus fugace que le précédent, comme s’il ne voulait pas en ternir la mémoire. Il plaça ensuite son front contre celui de la belle, ne sachant que penser et encore moins que dire. À ce moment, il aurait souhaité plus que tout au monde redevenir un humain normal pour pouvoir rester auprès de cette femme en toute quiétude. Perdu dans un état inconnu, il chuchota :

    « Sarah, je… Encore une fois, cette nuit a été magnifique. Mais… » Il déglutit douloureusement. « Je ne peux pas continuer. » Ces paroles, bien que ce fût lui-même qui les prononçât, eurent l’effet d’une balle reçue en plein cœur. Il ne voulait pas laisser la jeune femme dans la totale incompréhension, et poursuivit : « Te souviens-tu de ce que j’ai dit à propos du danger… C’est parce que je suis ce danger. Et la dernière chose que je souhaite, c’est de devenir une menace pour toi. »


Il se saisit de l’une des mains de sa charmante compagnie et y déposa un baiser, qu’il aurait voulu éternel. Il effectua une légère pression sur les doigts de la belle en signe d’adieu, mais ne parvenait pas à s’en défaire. Il scruta une ultime fois le regard qui l’avait ensorcelé durant toute cette soirée avec tristesse. C’était pour le mieux, se disait-il.


Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: The Night Belongs to Us - [ Sarah ]   Lun 30 Déc - 3:13


THE NIGHT BELONGS TO US
Feat Edwin

Cette soirée était décidément riche en surprise que Sarah n'aurait jamais pu imaginer ou espérer. Tout était arrivé si vite et de façon si impromptue. Jamais la jeune femme n'aurait pu moins regretter d'avoir passer la nuit dans un bar. Elle s'était attendue à une soirée classique, approchée par des hommes de peu d'intérêt. Comme elle s'était trompée lourdement ! L'homme qui l'avait abordé était tout sauf inintéressant. Il avait réussi ce qu'aucun homme avant lui n'était parvenu à faire : percer la carapace de glace de la jeune femme, la troubler et l'amener à douter de son indifférence pour la chose amoureuse. Non pas que Sarah soit encore amoureuse, il était bien trop tôt pour le dire. Mais une attraction physique et intellectuelle était clairement née d'un premier regard et n'avait fait que grandir au fur et à mesure du temps passé avec Edwin. Leur rapprochement s'était fait tellement rapidement lorsqu'on examinait les choses que c'en était troublant. Et cet homme possédait un mystère qui était loin d'être résolu pour la belle. Mais après tout, elle aussi dissimulait un secret. Une métamorphe n'exhibait guère son pouvoir comme un trophée. Que se passerait-il lorsque l'émotion par trop violente qu'elle ressentait ferait jaillir le léopard enfermé en elle ? Elle ne pouvait décemment laisser cela se produire dans un lieu public, c'était bien trop dangereux. Mais pour le moment, elle se maîtrisait parfaitement. La danse avait commencé entre eux, après que Sarah eut accepté de bonne grâce la proposition du jeune homme. La danse... Expression verticale d'un désir horizontal paraît-il. Sarah ne pouvait nier qu'il y ait une part de vérité dans cet adage. Sarah était littéralement envoûtée, charmée de cet échange physique, de cette proximité affichée. La tête lui tournait, un tourment délicieux s'était emparée de tout son être.

Le trouble qui l'habitait ne devait pas cesser après la danse, loin de là. Les paroles d'Edwin ne la troublèrent que davantage. Il la remerciait de la soirée et Sarah ne sut que dire à part lui affirmer que pour elle aussi, la soirée avait été délicieuse. Elle ignorait ce qui allait se passer. Oh, elle avait son idée naturellement. Le regard de son interlocuteur semblait presque apeuré. Il allait partir. Ils avaient passé un bon moment certes. Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Et si elle se trompait ? Elle avait bien remarqué qu'Edwin n'était pas le type d'homme qui charmait une femme pour l'unique objectif de la ramener dans son lit pour la nuit. Mais de là à ne rien obtenir d'elle si ce n'est une simple danse, c'était inconcevable. Non, naturellement que tout n'était pas terminé. Ce n'était que le début de quelque chose de plus grand. Le temps, une fois encore, semblait se jouer d'eux et Sarah avait pris rapidement sa décision, en une fraction de seconde. Ce n'était peut-être pas une décision sensée mais elle se laissait aller, pour la première fois depuis si longtemps, à ce qu'elle ressentait. Son visage se rapprocha de celui du jeune homme. Leurs regards restaient fixés l'un dans l'autre. Et soudain, lorsque ses lèvres emprisonnèrent les siennes, ce fut l'explosion de sensations et de sentiments. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine tandis qu'une chaleur bien coupable envahissait tout son corps. Leurs lèvres se cherchaient, se caressaient en une danse sensuelle et déroutante. Elle n'aurait stoppé ce baiser pour rien au monde. L'univers pouvait bien s'effondrer, elle n'en avait que faire, passant ses mains dans les cheveux d'Edwin. Si l'homme sembla surpris pendant quelques secondes, il répondit à ce baiser avec fougue. Ses mains se glissèrent dans le dos de Sarah, la rapprochant de lui jusqu'à ce que leurs deux corps se retrouvent accolés. Sa langue titilla la sienne et les deux appendices s'entremêlaient.

Oui, elle aurait aimé que tout ceci ne s'arrête jamais. Mais c'était bien évidemment impossible. Elle frissonna et stoppa l'échange, avec un chagrin et un regret immense. N'osant affronter le regard de son interlocuteur, elle bégaya des excuses avant de fixer le sol. Mais elle sentit soudain un contact doux. Edwin glissa sa main le long de sa joue puis de son menton avant de relever son visage afin qu'elle le regarde. Elle plongea son regard dans les iris chocolatés qu'elle appréciait déjà tant. Les deux mains du jeune homme trouvèrent leurs places sur chacune de ses joues avant qu'il n'attire son visage capturé une fois encore pour déposer un tendre baiser sur ses lèvres. Un baiser qui ne dura qu'un clignement de paupières. Mais il resta près d'elle, posant son front contre le sien ce qui ne fit qu'augmenter le trouble de Sarah. La magie de cet instant fut rompue par la voix d'Edwin. La soirée avait été merveilleuse mais... il ne pouvait pas. Le cœur de la jeune femme rata alors un battement. Les paroles d'Edwin étaient incompréhensibles mais Sarah sentait bien qu'elle n'obtiendrait rien de plus de lui. Le danger. S'il savait, le pauvre homme qui elle était réellement. Il aurait bien plus peur d'elle que Sarah de lui. Il prit délicatement sa main et y déposa un doux baiser avant de la contempler sans pouvoir visiblement lâcher sa main. Ce fut Sarah qui le fit, reculant soudain comme si elle avait subi la morsure d'un serpent.

Si tu me connaissais, tu saurais que c'est moi le véritable danger.

Au fur et à mesure que les secondes passaient, le visage ouvert de Sarah se refermait, ses traits révélant la froideur qui commençait à l'envahir. Par pure protection. Par pur orgueil. Elle jeta un dernier regard à Edwin.

Ne te soucie pas de moi. Adieu.

Et sans se retourner, elle quitta les lieux. Son esprit se porta un instant avec espoir sur la petite carte qu'elle avait glissé dans sa poche alors qu'elle l'avait embrassé. Une carte de visite avec son adresse dessus. Les dés étaient jetés. Mais fallait-il seulement espérer ?

FICHE ET CODES PAR BROADSWORD.
Revenir en haut Aller en bas
 

The Night Belongs to Us - [ Sarah ]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» SMOOTH.NIGHT
» Sarah Summers ☆ Mes liens
» (f) - RACHEL BILSON ► the past belongs to it, the future belongs to us
» Sarah Cullen
» Trailer: Fate stay night

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-