AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Odds will betray you {pv.} /!\

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage

Féminin
↳ Nombre de messages : 5157
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Odds will betray you {pv.} /!   Dim 22 Déc - 20:32

odds will betray you

feat Kyran R. Hogan & Aleksi S. Lenaïk
If you think you won. You never saw me change. The game that we have been playing. I’ve seen diamonds cut through harder men. Then you yourself but if you must pretend. You may meet your end.

En liberté conditionnelle. Comme un misérable détenu relâché pour bonne conduite mais encore enchaîné. Surveillé par ses anciens bourreaux, un bracelet à la cheville en guise de boulet. J’ai échappé à cette contrainte et j’ai malgré tout l’impression d’avoir été une fois encore condamné. Je me sens seul dans cet univers qui me dépasse. Perdu au milieu de l’immensité d’une maison qui n’est pas la mienne. C’est pourtant tellement mieux. Mieux que ce qui m’attendait une fois Fanny disparue. Il m’a offert bien plus que je n’osais espérer, mais le vide reste là. Pernicieux, il grandit au fond de mes entrailles et me laisse cet arrière-goût amer sur la langue. Ma dernière escapade me reste en travers de la gorge. Les rares fois où je fus autorisé à sortir ne durèrent que quelques misérables heures. Un aller-retour, où je joue le rôle d’un automate exécutant le trajet sans être vu. Un fantôme qui déambule au milieu du reste du monde, qui traîne son mal être et toute sa colère. Ils sont supposés faire peur, mais moi je ne fais que flotter. Là. Imperceptible aux yeux des habitants de cet asile de fous. Il est le seul qui semble se soucier un tant soit peu de ma présence. Lui dont la chaleur se glisse sur ma peau, blottit contre mon ventre et mes doigts qui se glissent dans sa fourrure. J’attire la hargne du maître, et je récolte les ronronnements salvateurs de Son chat. Je suis devenu un employé modèle. Exemplaire au possible. Il ordonne et je m’exécute. Je feins le désintérêt. A chaque fois qu’Il entre dans ma chambre, qu’Il me parle ou s’approche. Je me borne à ne pas croiser Son regard, m’oblige à le faire de temps à autre quand la situation l’exige. Et lorsque par malheur Il en vient à me toucher, je reste de marbre. Insensible à des charmes qui m’étouffent et me dévorent. Et plus je m’acharne à jouer les indifférents, plus l’impact qu’Il a sur moi ce fait intense. Je ne m’en suis jamais caché, de mon attirance pour les deux sexes. Quand certains crient au scandale et vantent les mérites d’un monde où la vie d’un individu se doit d’être étriquée dans le moule de toute une civilisation, moi je fais l’inverse. Débride des inhibitions qui ne font que rendre fou. J’aime les hommes. Mais par-dessus tout, j’aime un homme. Un seul. Celui que je méprise et considère comme une présence quelconque depuis mon retour. C’est ce qu’Il voulait, que je joue mon rôle et rien de plus. Mon obéissance m’effraie tant elle ne me ressemble pas. L’amour, le mot seul me révulse tant il est synonyme de malheur. J’ai perdu ma sœur et une partie de mon cœur. Fanny, qui m’a privé du peu de confiance que je pouvais avoir en l’humanité. Et Lui, qui me dépossède du restant d’organe qui subsiste entre mes côtes. Il va disparaître lui-aussi, comme tous les autres. Je suis destiné à être seul, à tout perdre et à garder la solitude pour amante.

Je me suis endormi, la fatigue des derniers jours devenant trop forte pour que je lutte contre elle encore une nuit de plus. Perk contre mon flanc. Le fracas tonitruant de la pluie contre les fenêtres m’extirpe peu à peu de mon sommeil avec difficulté. Pâteux, sortant d’une mauvaise inconscience, je pose mon regard vers la machine face à moi. Scrute le moniteur, puis divague le long des câbles reliant la machine à un boîtier émettant à présent une lumière verte. Le chat manifeste son mécontentement lorsque je me lève et me rapproche de l’engin. Râleur de première qui ne perd pas un instant pour venir se frotter contre mes mollets. Je remets mon short en place, et lisse les plis d’un t-shirt largement trop grand pour moi et chiffonné. Je scrute l’écran et finit par réaliser. Parvenu à faire tomber les protections du poste de police de la ville, je me suis immiscé dans leur système pour le décharger de toutes ses données. Les copier ici pour pouvoir les consulter librement. J’esquisse un franc sourire et débranche les câbles me reliant au reste du monde avec frénésie. Je redeviens à nouveau invisible, efface les traces de mon délit pour devenir introuvable. Et maintenant que le plaisir de ma réussite s’estompe, le vide revient. Ma gorge est sèche, et je jette un regard vers la porte. Il m’a interdit de sortir. Monsieur reçoit ce soir, alors les dégénérés qu’il cache doivent le rester. Je me glisse malgré tout hors de ma chambre, Perk sur mes talons. L’animal finit par se faufiler dans l’entrebâillement d’une porte, et malgré moi, je suis tenté de le suivre.

Je n’ai strictement rien à faire là, un simple coup d’œil suffit pour que j’en aie la certitude. Tenues impeccables et mines sombres, les joueurs regroupés autour de la table filent les jetons avec leurs airs solennels. Je fais affreusement tâche dans mon ‘pyjama’ de fortune, mais je m’en fous : je referme déjà la porte derrière moi avec la plus grande discrétion qui soit. Posté dans un coin de la pièce, perdu dans l’ombre, à côté d’un type servant de vigile, j’ai alors tout le loisir de contempler les mines sérieuses des joueurs. Celui à Sa droite semble perturbé par ses cartes, l’autre sur Sa gauche est impassible, tripote ses jetons comme un parfait pro. Un autre se cache derrière la fumée grisâtre de son cigare. Et Lui, imperméable à la moindre émotion, l’aura qu’Il dégage les écrase tous sans le moindre mal et pourtant, je sens Son agacement rugir sous Sa peau. Je Le scrute, un peu trop peut-être. Suffisamment pour lire derrière la finesse de Ses traits et pour comprendre qu’Il est en mauvaise posture. Mon examen en a attiré un autre. Je sens le poids d’un regard peser sur moi et je finis par abandonner le charmant profil de Kyran pour croiser le regard du dernier joueur. Mon sang se fige, délaisse mon visage et je me crispe. Masque de cire indéchiffrable, passe alors sur ce visage carnassier, de l’étonnement puis un infime sourire qui me fait froid dans le dos. Et me contraint à tirer un peu plus sur mon t-shirt déjà trop grand, dans un pur réflexe de protection. Il semblerait que les anciens détenus soient les mieux placés pour l’aider dans Son affaire.

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Féminin
↳ Nombre de messages : 8397
↳ Points : 339
↳ Date d'inscription : 31/08/2013
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jonathan Rhys-Meyers
↳ Age du Personnage : 37 ans d'apparence, 177 ans en réalité
↳ Métier : Mafieux influent, fondateur de la Nemesis
↳ Opinion Politique : Anti-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 3
↳ Playlist :
THE ROLLING STONES - satisfaction | PUSCIFER - the undertaker | 30 STM - the kill | PAPA ROACH - getting away with murder | DEPECHE MODE - wrong | LINKIN PARK - castle of glass | IMAGINE DRAGONS - shots | THE KILLERS - shot at the night | HURTS - somebody to die for | BLACK LAB - this night

↳ Citation : « Nous sommes tous frères sous la peau, et j'aimerais écorcher l'humanité pour le prouver. »
↳ Multicomptes : Nymeria C. Grimes & Rhys Steinsson
↳ Couleur RP : Navajowhite



Feuille de perso
↳ Copyright: Cyrine & Pathos & Tumblr
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Odds will betray you {pv.} /!\   Mer 25 Déc - 13:45

L’angoisse et la frustration grimpaient furieusement, glissaient le long de sa colonne vertébrale en un imperceptible frisson. Il ne s’agissait que d’un jeu, mais des sueurs froides le lacéraient néanmoins avec hargne. Il avait misé beaucoup trop gros, grisé par les effets de l’assurance franchement risible et suicidaire qui lui servait d’armure. Et il se mangeait le revers de fortune en plein dans les gencives. Serrait la mâchoire pour ne pas trahir son hypothétique future défaite et se donner bonne contenance. Pour conserver ce masque impassible et redoutable qui faisait merveille lorsqu’il était question de bluffer au poker. C’était ce qu’il faisait, constamment, parce qu’il ne savait pas sacrifier son ego et se coucher au bon moment. Le constat, affligeant, s'avérait des plus désagréables à avaler. Il réalisait qu’il tenait à son ambitieux projet, à son monstrueux trafic, plus que sa nonchalance ne le laissait présager à l’origine. Il les prenait à cœur, et pas uniquement parce que son frère entrait dans l’équation. Une part considérable de lui avait également besoin de réussir, de se prouver qu’il en était capable. De prendre enfin sa revanche sur son enfance misérable. D’essuyer les humiliations passées et de ne plus jamais se frotter à cette indigence qu’il avait en horreur. Constamment affamé, le damné en voulait toujours plus, voyait toujours plus grand. N’aspirait qu’à faire taire les horribles voix dans sa tête, lui rappelant combien ses parents auraient préféré qu’il soit mort né. Combien il n’était qu’un vulgaire parasite, dévorant les restes de nourriture quand il n’y en avait déjà pas suffisamment pour deux.

Concentré sur ses cartes, il préféra ne pas lever le regard lorsque la porte grinça légèrement, suivie de près par le bruit caractéristique de petites pattes félines foulant gracieusement le sol. Pourvu de sens aiguisés, il savait qui venait d’entrer sans même avoir à vérifier. Là où se trouvait son gros chat paresseux, Aleksi n’était jamais bien loin. Comme cul et chemise, ils semblaient ne plus se quitter. La veine de sa tempe tressaillit légèrement, trahissant sa contrariété. Il détestait par-dessus tout se trouver dans la même pièce que Lui en présence d’autres convives. Tremblait rien qu’à l’idée qu’on puisse lire en lettres énormes sur son front l’attirance honteuse qu’il s’efforçait vainement de refouler. C’est pourquoi il Lui avait gentiment demandé de rester confiné dans ses appartements, et de ne venir l’y déranger sous aucun prétexte. Mais évidemment, il était compliqué d’apprendre à boire à un âne qui n’avait pas soif. S’Il était certes devenu infiniment plus docile depuis sa dernière escapade, Il paraissait continuer à chercher le bâton pour se battre. Et n'allait pas tarder à le trouver. Tout en Lui transpirait selon lui la provocation, jetait des braises sur ses reins et calcinait ses rétines d’une incendie impossible à éteindre. Inapte à résister plus longtemps, il se décida finalement à poser ses sphères d’acier sur la brindille lorsque l’un des joueurs attablés Le fixa avec un atroce rictus. Ses prunelles translucides passèrent de l’un à l’autre successivement, et il gesticula sur son siège pour se remettre d’aplomb. Ouvrit la bouche pour s’apprêter à justifier Sa présence dans son faste manoir, comme un criminel pris en faute, lorsque Perk trouva avisé de bondir sur la table. La fourbe bestiole manqua d’en mélanger tout le contenu et son maitre eut juste le réflexe de l’attraper à temps pour éviter le drame.

« - Bon sang mais c’est pas vrai ! » Vociféra-t-il avant de jeter l’animal par terre sans ménagement. Forcément habitué à une telle brutalité, le félin retomba aussitôt sur ses coussinets et se posa fièrement sur son postérieur. La queue remuant dans tous les sens pour exprimer son mécontentement. Sans oublier d'ouvrir la gueule pour cracher. Le norvégien recula sa chaise, et ses rétines acérées fusillèrent le captif à distance. « - Viens le ramasser pauvre abruti au lieu de rester planté là, ou je me lève pour t’en coller une et je vous empaille l'un après l'autre !  Je croyais pourtant t’avoir ordonné de ne pas sortir de ta chambre ce soir. »  Les derniers mots avaient dévalé le long de ses lippes avant qu’il n’ait pu les mastiquer, et son visage se mit à blêmir sitôt qu’ils se heurtèrent à ses tympans. Il regrettait que Sanjana et sa silhouette plantureuse ne soient pas là pour détourner leur attention et les conforter sur sa virilité. Un brin paniqué, il dévisagea ses acolytes et crut bon de préciser : « - C’est l’informaticien. Ne faites pas attention à lui et à son air d’idiot fini à l’urine, les circuits électriques lui ravagent le cerveau, et la poudre blanche achève le reste de ses neurones. » Ricana t’il avant de Lui intimer de se rapprocher d’un signe de main. La gorge sèche, il eut toute la difficulté du monde à déglutir lorsqu’il remarqua le peu de tissu dissimulant Sa frêle et charmante carcasse des œillades indiscrètes. La sensation perfide d’être traversé par un courant électrique en Sa présence, le tiraillait bien davantage que devant n’importe quelle femme aux courbes alléchantes. Il était dépassé, par ce manque vorace de Son enveloppe qui se creusait sournoisement dans ses entrailles. De plus en plus avidement et profondément. Par ce besoin malsain qui l’engluait désormais comme une seconde peau. Qui s’y imprimait au point qu’il aurait fallu lui arracher littéralement la chair pour espérer en effacer la brûlure au fer rouge.

Sans parvenir à s’en empêcher, il attrapa rudement Son bras lorsqu’Il se retrouva à portée. Autant par nécessité que pour Le réprimander sauvagement.  « - Je peux savoir ce que tu viens branler ici, dans cette tenue ridicule ? Tous tes vêtements décents ont rétréci au lavage ou quoi ? Je t’ai pourtant déjà demandé de nous épargner ce genre de vision obscène. » Grogna t’il, d’une mauvaise foi flagrante. Il Le maudissait de défier ainsi son autorité, de ne pas pouvoir rester ne serait-ce qu’une soirée tranquillement en place. Mais ce n’était rien en comparaison de sa haine de lui-même. De l’affreuse impression qu’Il pouvait le retourner intérieurement par le simple fait d’exister et d’être là. Juste là. Que son cœur s’inversait avec ses poumons, et que son estomac se retrouvait au bord de ses lèvres. Que Sa simple présence le torturait, mais qu’il n’en serait jamais rassasié. Redoutant que son trouble puisse transparaitre sur sa figure de marbre, il relâcha l'imprudent et reporta son attention sur ses partenaires. « - Bien, Messieurs, où en étions-nous ? » Tu étais en train de te faire plumer comme une dinde de Noël, voilà où vous en étiez. Si la question avait été prononcée d’une voix plus rauque qu’à l’ordinaire, il fallait heureusement pour lui le connaitre infiniment mieux que ces malfrats en puissance pour noter l’infime différence de ton. Espérant que Lui n’allait pas le clouer au pilori avec des paroles trop déplacées, ni aussi indécentes que ce qu’Il portait sur le dos.

_________________
I've got blood on my name
There's a reckoning a'comin. And it burns beyond the grave. With lead inside my belly. Cause my soul has lost its way.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t876-kyran-chaos-isn-t

Féminin
↳ Nombre de messages : 5157
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Odds will betray you {pv.} /!\   Jeu 26 Déc - 21:07


L’entrée en scène du félin m’arrache un imperceptible sourire et la fureur de Son maître manque me faire éclater de rire tant elle révèle à elle seule les tourments qui dévorent Ses nerfs. Le malaise revient malgré tout se heurter contre mon cœur avec une force qui me coupe le souffle. Il a vu, ma gêne et l’œillade que l’autre m’a lancée. Je me fais violence pour retrouver un semblant d’aplomb. Redonner un peu de consistance à mes traits décomposés. Pardon papa. On dirait qu’il parle à un gosse. Un gamin demeuré qui plus est. Je commence à avoir l’habitude de ce genre de paroles, de cet air supérieur qu’Il se donne pour me faire comprendre que je ne suis rien comparé à Lui. Juste un larbin, dont le cerveau n’est bon qu’à exécuter les ordres, et rien de plus. Je fois réfléchir encore un peu trop à Ses yeux. Ce qu’Il trouva bon d’ajouter me pinça le cœur. Et m’oblige à baisser les yeux quand tous les regards viennent se heurter contre ma carcasse, s’accompagnant de petits rires, tout aussi blessants que Ses mots. Je te déteste. Pauvre imbécile, je te déteste. Je serre les dents pour ne pas répliquer et Le faire passer pour un parfait idiot devant ses charmants invités. Tous tout droit sorti d’un roman policier de bas étage tant ils ont des tronches d’assassins mal-léchés. La réunion des ours bourrus, le tableau parfait. Je Lui lance une œillade assassine, reproche silencieux pour Lui faire comprendre que sa petite improvisation aurait pu rester enfermée dans Sa tête brûlée.  Et lorsqu’il me fait signe d’approcher, je me crispe. Encore un peu plus. Mon premier réflexe est de ne pas bouger. Le défier du regard un instant avant de récupérer la boule de poil et partir. Quitter cette pièce dans laquelle je n’aurais jamais dû entrer. Et Le laisser là, à se faire plumer comme le dindon qu’Il peut être. Je lâche mon t-shirt, hésite puis finit malgré tout par me rapprocher du bluffeur en colère. La routine me reprend. Si je me suis octroyé le luxe de croiser la glace de Son regard, le temps d’un battement de cœur, maintenant que la proximité est devenue étouffante, je L’évite. Me borne à regarder devant moi, tout en continuant de me bousiller les dents.

« - Et tu voudrais quoi ? Que je me balade emmitouflé sous des tonnes de vêtements quand on se croirait au beau milieu du désert dans cette foutue baraque ? Si tu arrêtais de dépenser ton fric dans du chauffage inutile aussi. On est plus en Norvège tu sais. » Le sarcasme est bien là. Evident si l’on y prête un tant soit peu attention. C’est un reproche aussi, pour ce qu’Il est en train de faire. Et pour Sa tendance à balancer sa fortune par les fenêtres. Il me traître de parfait drogué devant ses petits camarades. Il n’est pas mieux. Lui et sa dangereuse manie de tirer sur l’élastique jusqu’à ce qu’il lui revienne dans la figure. « - Non, tu m’as demandé de t’épargner ce genre de vision. Le ‘nous’ ne faisait pas partit du lot, navré. » Je le murmure sèchement, et Le fusille du regard juste avant qu’Il ne me lâche. Et retourne à sa partie. Je secoue la tête, navré de Le voir s’entêter de la sorte, en espérant que cela passe inaperçu. Perk se lève au moment où je m’approche de lui. D’humeur taquine, le félin détale et part se cacher dans un coin de la pièce, à l’abri sous un meuble. Je retourne à mon poste, croise les bras et scrute à nouveau la tablée. La voix de ma tante vient alors se heurter contre mes tempes. Psychologue persuadée de tout connaître sur tout le monde, elle prenait un malin plaisir à analyser un à un les membres de sa famille durant les repas de fêtes. Il ne fera jamais rien de sa vie, il n’aime pas les gens, et l’école encore moins. C’est pour ça qu’il ne fait rien, et qu’il reste seul Vous perdez votre temps avec lui. Ma pauvre si tu savais à quel point tu pouvais te tromper. Elle m’aura au moins donné envie d’en apprendre plus sur le comportement d’autrui. Ils sont tous au moins aussi perdus que Lui. Sauf un. Toujours le même. Pour l’avoir vu manier les cartes pendant des années, je sais qu’il est redoutable. Et qu’il a la défaite difficile. Et Kyran est en train d’agir exactement comme il l’entend. Ce simple constat me met hors de moi. Je serre le poing et m’apprête à me rapprocher. La main du vigile sur mon épaule me dissuade d’avancer. M’écrase tant elle peut être lourde. Tu t’imagines quoi ? Que je vais voler les jetons et partir en courant? Il m’agace, tiraille mes nerfs et c’est avec un violent coup d’épaule que je me débarrasse de lui pour venir me poster derrière Kyran. Mes doigts se posent contre le dossier de Sa chaise et je me penche encore un peu plus en avant. Le contact est léger et pourtant des frissons glissent déjà sur ma peau. Je jette un infime coup d’œil vers Ses cartes puis sur celles étalées sur la table. Tu te mets dans un état pareil pour vraiment pas grand-chose. Et après c’est moi que tu traites d’idiot finit. Mes lèvres en viennent à frôler Son oreille, rapprochement forcé afin d’être certain qu’Il sera le seul à m’entendre.

« - Arrête de suivre bêtement, ils vont comprendre que tu es foutu. Lui va se coucher dans peu de temps, et lui va continuer de relancer même s’il a déjà perdu. Ne t’occupe pas de la cocotte-minute. » Un silence. Une seconde de réflexion supplémentaire. Une autre pour me remémorer les termes de ce jeu auquel je n’ai jamais réellement joué de ma vie. Et dont l’intérêt de que l’on peut lui porter me dépasse. « - Relance. Quand vous ne serez plus que deux, mets-toi à tapis, tu vas le déstabiliser. Il ne sait jamais quoi faire dans ce genre de situation. » Et Lui se retrouvera dépourvu de tous Ses jetons. A peine les mots se furent-ils écrasés contre Son oreille que le doute m’envahit. Borné comme Il est, égocentrique au possible, je doute qu’il m’écoute. Je me suis exprimé dans un norvégien des plus rudimentaires. Creusant dans ma mémoire pour retrouver les bases que ma pauvre grand-mère s’est acharnée à vouloir m’apprendre durant mon enfance. Si j’avais su qu’un jour elles me serviraient, j’y aurais certainement mieux prêté attention. « - Ne le laisse pas gagner. » Ma main se pose contre Son dos. Pour appuyer ma dernière phrase avant que je ne me détache. Et recule à nouveau pour retourner à mon poste. J’aurais dû tirer là ma révérence. Le laisser se débrouiller, mais je ne peux me résoudre à partir sans avoir la certitude qu’Il ne fera rien de stupide. Je suis pitoyable à agir comme je le fais. Vraiment.

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Féminin
↳ Nombre de messages : 8397
↳ Points : 339
↳ Date d'inscription : 31/08/2013
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jonathan Rhys-Meyers
↳ Age du Personnage : 37 ans d'apparence, 177 ans en réalité
↳ Métier : Mafieux influent, fondateur de la Nemesis
↳ Opinion Politique : Anti-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 3
↳ Playlist :
THE ROLLING STONES - satisfaction | PUSCIFER - the undertaker | 30 STM - the kill | PAPA ROACH - getting away with murder | DEPECHE MODE - wrong | LINKIN PARK - castle of glass | IMAGINE DRAGONS - shots | THE KILLERS - shot at the night | HURTS - somebody to die for | BLACK LAB - this night

↳ Citation : « Nous sommes tous frères sous la peau, et j'aimerais écorcher l'humanité pour le prouver. »
↳ Multicomptes : Nymeria C. Grimes & Rhys Steinsson
↳ Couleur RP : Navajowhite



Feuille de perso
↳ Copyright: Cyrine & Pathos & Tumblr
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Odds will betray you {pv.} /!\   Ven 3 Jan - 21:03

La scène virait à la lamentable scène de ménage. Il en faisait trop, se donnait en spectacle. Noircissait le tableau à un point tel qu’il devenait évident que les dés étaient truqués. Il s’efforçait de se concentrer sur elle pour ne pas dériver, pour ne laisser aucune forme de tendresse s’installer. C’était dangereux de s’attacher, il en avait déjà fait la douloureuse expérience et ne comptait la réitérer sous aucun prétexte. Et ce, même si le mal était déjà fait. Il lui parlait plus mal qu’il ne l’aurait fait à son chien. Et encore, quand il daignait lui adresser tout court la parole. Dans ses meilleurs jours, il se contentait en effet de L’ignorer royalement. De Le traiter comme l’une des ombres hantant son manoir lugubre. Mais par sa seule présence, Il perturbait une mécanique parfaitement huilée, et mettait de la sorte ses nerfs à rude épreuve. Il sentait une chose affreusement dégueulasse, ridiculement belle, lui serrer le cœur. Comprimer son estomac jusqu’à lui donner envie de recracher ses entrailles. Ce petit rien qui bouffait tout. Qui se baladait entre ses poumons, pour finalement lui couper littéralement le souffle lorsque l’inconscient s’approchait d’un peu trop près. Avec lequel il n’avait jamais appris à composer tant il savait que ce n’était pas pour lui, qu’il n’était pas fait pour cette maladie aussi ingrate qu’incurable. Les symptômes s’alignaient les uns à côté des autres. Il réfutait pourtant l’évidence et donnait à cet ensemble bancal le nom de rage. La rage, celle-là même qui lui tordait outrageusement les viscères et le rangeait dans la case des éternels insatisfaits. Les quelques dérapages lascifs étaient assimilés par son esprit en furie à une vulgaire erreur, à un contretemps dans un vide qui aurait du rester imperturbable.

On est plus en Norvège tu sais. La remarque lui arracha un sourire ironique à en crever, trahissant le tumulte qui tentait de percer la surface gelée. C’était plus fort que lui. Il avait tellement souffert du froid, qu’il le haïssait à présent. Préférait de loin avoir l'impression d’habiter dans une fournaise, que d’avoir la sensation de se faire écorcher par des lames de glace. Il avait eu le temps de sentir tous ses membres se frigorifier lors de son interminable agonie. Lentement, vicieusement. Un à un, jusqu’à avoir la terrible impression que des mâchoires métalliques lui transperçaient la chair pour venir mordre ses organes vitaux. Et comme s’il avait attendu son cadet pour sombrer définitivement dans les ténèbres, ce n’est que lorsque Sven s’était penché sur son visage violacé que son corps avait enfin cessé de lutter et que son palpitant avait lâché. Pour le finlandais, il s’agissait de gaspillage. Mais pour lui, il s’agissait presque une question de survie.

« - Un pantalon, ce serait déjà pas mal. Et je dépense mon fric comme je l’entends mais très bien, je ferai couper le chauffage de ta chambre dans ce cas. Rien de mieux qu’un peu de froid pour stimuler la circulation sanguine après tout, ça te fera une excuse de moins pour glander. » Ricana t'il, grisé par avance en L'imaginant pianoter sur son clavier avec des moufles. Et le scandinave le connaissait suffisamment bien pour savoir qu’il lançait rarement ce genre de résolution en l’air. Il avait voulu faire son malin, parfait, il s’arrangerait dès le lendemain pour qu’Il ait l’impression de dormir et travailler dans un véritable igloo. Il suffisait de demander. Les échos de Sa haine hurlante s’insinuaient jusque dans ses tympans, ravissant un ego qui aurait eu besoin d’être écrasé d’urgence. Il s’amusait de Sa gêne et de Son courroux, autant qu’il se détestait de les attiser. Le retour à ses cartes minables fit toutefois redescendre en flèche cette satisfaction passagère, et il se renfrogna aussitôt.

Le soupir qui s’échoua contre son oreille le fit tressaillir, fit courir un imperceptible frisson le long de sa colonne vertébrale lorsque les lèvres tentatrices l’effleurèrent plus avant. Concentré sur son jeu, son cerveau avait filtré le bruit des pas du finlandais. Qu’Il s’exprime de surcroit en norvégien acheva de le troubler. Lui-même l’avait quasiment oubliée, cette langue maternelle devenue une langue morte depuis que le sort de l’humanité avait été scellé. Basculant dans le chaos. Les mots s’imbriquèrent néanmoins dans les méandres de son crâne, et il s’efforça de masquer son étonnement pour ne pas attirer davantage la suspicion des invités attablés. L’espoir fait vivre, si tu espère vraiment qu’ils ne vont se poser aucune question après votre charmant petit numéro... Depuis quand se souciait-il qu’il remporte la partie ou non ? Rien ne pouvait lui arriver de mieux après tout. Qu’il perde sa fortune. La dilapide tant et si bien qu’il n’aurait plus de quoi payer tous les misérables employés qui tournaient autour de lui comme des abeilles autour d’un pot de miel. Ou comme des mouches à merde, avoue-le. Plus personne pour le terroriser, le maltraiter. Plus personne pour Le suivre à la trace, ni surveiller Ses moindres faits et gestes. Ou bien qu’il termine égorgé dans une ruelle sordide, par un des malfrats en puissance qui cherchaient à prendre sa place. Qu’on signe son arrêt de mort ou celui de son trafic, Il avait tout à y gagner. La pression exercée contre son dos et Ses dernières paroles le firent tiquer, et il eut dut se retenir de se retourner pour lire dans Ses sphères azurées. Ses prunelles se posèrent au lieu de cela sur l’assemblée lorsqu’Il se recula, un sourire contrit au bord des lippes pour se donner bonne contenance.

« - Veuillez m’excuser, vous devez savoir ce que c’est. On n’est jamais mieux servi que par soi-même, et le gringalet m’informait qu’il avait encore réussi à bousiller le matériel. » Siffla t’il, débitant au tac au tac un mensonge risible pour qui connaissait un tant soit peu le génie de l’informaticien. C’était plutôt lui qui saccageait d'impatience les machines comme une brute épaisse dépourvue de neurones. Certainement pas Aleksi, qui se décarcassait au contraire pour réparer les dégâts après le carnage et ses 'crises'. Son regard d’acier poignarda à distance celui qu’Il semblait connaitre, voire redouter plus que lui. Son sang ne fit qu’un tour alors qu’il le détaillait avec une violence suspecte, comme s’il visualisait ses traits de fer pour la première fois. L’idée qu’ils puissent se connaitre de la prison s’engouffra rapidement dans sa cervelle détraquée. Incapable de la chasser, elle figea son cruor dans ses veines lorsqu’il imagina les tortures endurées. Celles qui pouvaient justifier qu’Il s’essaie à devenir son allié, et plus seulement un pion qui exécutait docilement les ordres. Avec un certain effroi, il se souvenait de toutes ses blagues vaseuses sur les douches et autres sévices ignobles coutumiers derrière les barreaux. Lancées sans y réfléchir, sur un ton moqueur et désinvolte, elles prenaient une toute autre dimension en cet instant. Se déclinaient en vision d’horreur. Un terrible malaise le prenait aux tripes, faisait remonter des vagues nauséeuses le long de sa gorge. Il faillit leur demander s’ils se connaissaient,  ouvrit la bouche pour se raviser au dernier moment. Il hésita, avant de prendre le parti de ranger son stupide orgueil et de suivre à la lettre Ses instructions. Foutu pour foutu…

[…]

« - Tapis. » Articula-t-il nerveusement, en avançant tous ses jetons au milieu de table d’un air solennel. Il sentait toujours Ses rétines lui brûler la nuque, Il n’avait pas bougé depuis l’incident du félin. Maintenant qu’il ne pouvait plus revenir en arrière, la honte le tenaillait de s’être comporté comme Son pantin. Les rôles s’étaient inversés, et il ignorait ce qui l’avait poussé à Lui accorder une telle confiance. Ta connerie, pour changer. Fébrile, l’autre le jaugea avec méfiance avant de se décider à le suivre dans sa folie suicidaire. Après un bref suspense, il étala fébrilement ses cartes à la vue du criminel. Les yeux du malfrat s’agrandirent de stupeur et de colère, puis l'impulsif jeta ce qu’il avait dans la main avec véhémence.

« - Espèce de sale rat, t’as triché ! C’est cet enfoiré de Lenaïk qui t’as aidé ! Depuis quand t’as besoin d’une femelle dégénérée pour pas te faire battre au poker hein ?! » Cracha le scélérat en manquant de s’étouffer avec son venin, mauvais au possible. Le visage déformé  par l’animosité, il se leva d’un bon et laissa à peine le temps à Kyran de se mettre à son tour sur ses pieds pour pointer un doigt rageur vers le hacker. « - JE VAIS TE FAIRE LA PEAU ! » La menace, hélas des plus sérieuses, ne s’adressait pas au norvégien mais à Lui. Il eut le réflexe de s’interposer avant qu’il ne L’atteigne, se heurta à un bloc de pierre. Occupé à repousser le rustre, il ne vit pas la lame étincelante dissimulée dans sa manche. La sentit juste au moment où elle s’enfonça perfidement dans son abdomen.

_________________
I've got blood on my name
There's a reckoning a'comin. And it burns beyond the grave. With lead inside my belly. Cause my soul has lost its way.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t876-kyran-chaos-isn-t

Féminin
↳ Nombre de messages : 5157
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Odds will betray you {pv.} /!\   Lun 6 Jan - 20:48


Tapis… Le mot tant attendu tombe enfin. Et je peux arrêter de retenir ma respiration. J’étais persuadé, jusqu’au bout, qu’Il n’écouterait pas. Qu’Il s’obstinerait à jouer avec le feu sans se soucier des conséquences, sans tenir compte de l’aide qui avait pu Lui être offerte. Sa victoire a quelque chose de fortement plaisant pour moi. Je me surprends à esquisser un sourire lorsque les cartes se dévoilent. Un amusement éphémère qui se voit soufflé par la réaction de l’adversaire tant redouté. Je les ai vus pourtant, ses élans de rage pure lorsque la partie lui échappe. Mais à chaque fois, cela m’impressionne. Et de nouveau ma gorge se serre, je recule lorsque le ton monte et que les mots se fracassent contre ma carcasse. C’est moi qu’il vise, je n’en doute pas. Je me décompose, devient livide et malgré mes efforts pour rester le plus impassible possible, mes doigts se mettent à trembler. Je m’éloigne, contourne la table et les autres joueurs, debout à présent. Mes doigts frôlent les dossiers des chaises, frémissent, et cherchent quelque chose à quoi se raccrocher pour m’éviter de sombrer. Kyran s’est interposé, et la brute qui s’était tenue à côté de moi durant toute la partie vient de réagir à son tour. « - J’aurais dû te crever quand j’en ai eu l’occasion, Shannon ! Saloperie, n’espère pas pouvoir m’échapper ! » A deux pour le retenir. La familiarité me donne la nausée. Son regard assassin croise le mien. Je serre les dents et doit m’y reprendre à deux fois pour avaler correctement ma salive. Ma main frôle enfin le chambranle de la porte, que j’ouvre à la volée pour m‘éclipser  comme un voleur. Battre en retraite est de loin la meilleure chose que je puisse faire. Ca, et espérer qu’il ne quittera pas le casino improvisé vivant. Rejoindre ma chambre ressemble à un parcours du combattant tant l’angoisse me ronge, et court-circuite les câbles de mon cerveau réduit en bouillie. Les escaliers m’essoufflent et une fois arrivé en haut, je suis contraint de marquer une pause.

Perk se faufile entre mes jambes et manque me faire chuter, une diversion qui me rend sourd au bruit alentour. Et c’est le choc. Je me retrouve plaqué contre le mur avec une violence qui me coupe le souffle. La force de la collision envoie se fracasser un cadre au sol. Comment a-t-il fait pour s’échapper aussi rapidement ?! Le poignet entravé, je tente de me débattre et de me libérer de cette étreinte de fer que je ne connais que trop bien. Ma tentative se solde par un cuisant échec et un élan de douleur qui me déchire la tête lorsque les doigts fermement agrippés à mes cheveux fracassent mon crâne contre le mur. Puis une seconde fois. Le souffle erratique, le contact poisseux du sang sur ma tempe me fait tressaillir. Un peu de couleur sur ces murs blancs, tristes à mourir. Dommage que je sois celui qui serve de pot de peinture.
« - Tu as une idée de la quantité de pognon que tu viens de me faire perdre ?!
- Il ne faut pas continuer à miser quand on a une mauvaise main, tu le sais.
- J’allais le mettre à genoux ce putain de salopard ! Lui démolir son affaire. La prochaine fois, c’est à ton cadavre qu’il devra demander conseil ! » Il se rapproche et je sens son souffle frôler ma joue. Ses hanches se pressent contre mes reins, accentuent une proximité affreusement dangereuse. Je tremble, mes muscles se contractent et l’effroi me gagne. Il resserre sa prise, tord un peu plus mon bras contre mon dos et glisse sa jambe entre les miennes. Résigné, j’abandonne la lutte. Je ferme les yeux lorsque le froid d’une lame vient effleurer ma gorge pour entailler la peau fragile. Et lorsque je recouvre la vue, mon regard croise les prunelles d’émeraudes de Perk. Sagement assis à quelques pas de là, il me fixe, impassible avant de détaler et de disparaître. Va Le chercher...

Mon abandon n’aura tenu que le temps d’un souffle. Brisé en mille morceaux par le contact de ses doigts glissant contre mon ventre. Par l’odeur du sang et la vue de ce liquide noirâtre sur la lame et sur ses doigts. Il L’a blessé… Mon sang ne fait qu’un tour. Ce simple constat parvient à réanimer ma colère et avant même de pleinement prendre conscience de mes gestes, il se retrouve à terre, ses flancs fermement emprisonnés entre mes cuisses. La lame jetée à bonne distance de ses doigts. De la même manière que j’ai pu le faire quelques instants plus tôt, il cherche à m’arrêter. A reprendre le contrôle de la situation pour achever de mettre ses menaces à exécution. Il ne rencontre rien de plus qu’une dangereuse obstination. Je me brise littéralement les poings contre son visage. Frappe sans relâche malgré son sang qui m’aveugle et recouvre mes mains. Malgré les craquements ignobles qui résonnent à mes oreilles et le bruit de succion épouvantable. Ils ne font qu’attiser cette folie sourde qui hurle sous ma peau.

La douleur suinte, remonte de mes phalanges en morceaux jusqu’à mes épaules. Elle devrait me pousser à arrêter et pourtant je continue. Les coups montent en puissance à mesure que mes envies de meurtre gagnent du terrain. Il est mort, je le sais. Je l’ai senti, ce dernier soubresaut alors que la vie s’échappait de sa carcasse. Je m’en fous. La mécanique s’est emballée et rien, ni ma volonté, ni même ma révulsion ne sont capables de la stopper. Son visage n’est plus qu’un amas d’os brisés et de chair à vif. Un tableau morbide qui signe là ma plus belle œuvre. Il paye. Pour ce qu’il m’a fait. Pour ce qu’ils m’ont fait subir. Tous. Les viols et les humiliations. Les moqueries et les agressions. Pour tout. Ma vue se brouille, se teinte d’écarlate et au milieu de ce champs de ruine, je sens la chaleur de mes larmes me brûler les rétines. Je suis en train de perdre pied, je me coupe de la réalité au point d’oublier depuis combien de temps je suis là et lorsqu’un autre coup s’apprête à s’abattre sur cette bouillie informe, mon poing se bloque en plein vol. Je me contracte, laisse s’échapper un feulement de rage et tente de me libérer de cette emprise des plus malvenues. Un battement de cœur frénétique et je me retrouve sur mes pieds, chancelant. Maintenu à bonne distance de mon massacre par une main de fer qui m’entraîne dans ma chambre malgré mon entêtement à vouloir retourner saccager le misérable cadavre. Et m’y laisse. Seul.

Debout au milieu du silence. Le crâne et les mains en miettes. Et mon cœur qui hurle avec véhémence contre mes tempes. Je reste immobile, parfaitement stoïque, et en état de choc. La brèche était déjà grande, et là, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. J’étouffe un sanglot, ravale la bile sur ma langue. Et je craque. Laisse les digues retenant mes larmes se briser totalement et déverser un torrent de flot salé sur ma peau. Un à un, mes nerfs lâchent. Un homme ne se laisse pas dominer de la sorte par ses émotions. Je ne suis pas ce genre d’homme. Je n’ai rien de cette virilité étouffante qui pousse au respect. Rien de cette pudeur excessive face à la faiblesse. Je n’ai jamais aimé me plaindre. J’encaisse et attend le moment fatidique où tout va s’effondrer. Mais là c’en est trop. Bien plus que je ne peux le supporter. J’ai atteint ma limite, et je me décompose face à l’horreur incessante de mon existence. Un véritable enfer, dont la douleur psychique devient aussi physique. Je réalise alors qu’Il est de nouveau là. Et je fais l’erreur de croiser le froid cristallin de Son regard. Un contact infime avant que je ne me dérobe, qui parvient malgré tout à briser encore un peu plus l’assemblage de ma volonté. A présent réduite en miettes. Depuis combien de temps est-il le spectateur de ma chute ?

« - Navré… pour le cadre. » Ma voix s’étrangle, ravagée par une douleur et une peine trop immense pour sagement rester contenues dans un corps aussi mince. « - Tu vas encore me tabasser… » Ce n’est pas vraiment une question, plus une certitude. Lâchée dans un soupir qui vide mes poumons du peu d’air dont ils étaient remplis. J’aurais aimé hausser les épaules avec une certaine désinvolture, mais mon corps refuse de m’obéir. Il se contente de rester là, aussi rigide qu’une statue de fer, trop tendu pour laisser place à des frissons. Mon regard Le frôle, remonte de Ses pieds jusqu’à Ses épaules. Et s’attarde sur la tâche sombre qui souille ses vêtements. Ma gorge se serre et je me sens affreusement honteux. De L’avoir mis dans une pareille situation. « -Pourquoi ? » Pourquoi avoir pris le risque de t’interposer ? La suite reste coincée, quelque part entre la retenue et le lyrisme sentimental. Une part de moi connait la réponse. Les inadaptés dans mon genre ne courent plus les rues...

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Féminin
↳ Nombre de messages : 8397
↳ Points : 339
↳ Date d'inscription : 31/08/2013
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jonathan Rhys-Meyers
↳ Age du Personnage : 37 ans d'apparence, 177 ans en réalité
↳ Métier : Mafieux influent, fondateur de la Nemesis
↳ Opinion Politique : Anti-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 3
↳ Playlist :
THE ROLLING STONES - satisfaction | PUSCIFER - the undertaker | 30 STM - the kill | PAPA ROACH - getting away with murder | DEPECHE MODE - wrong | LINKIN PARK - castle of glass | IMAGINE DRAGONS - shots | THE KILLERS - shot at the night | HURTS - somebody to die for | BLACK LAB - this night

↳ Citation : « Nous sommes tous frères sous la peau, et j'aimerais écorcher l'humanité pour le prouver. »
↳ Multicomptes : Nymeria C. Grimes & Rhys Steinsson
↳ Couleur RP : Navajowhite



Feuille de perso
↳ Copyright: Cyrine & Pathos & Tumblr
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Odds will betray you {pv.} /!\   Mar 14 Jan - 21:22

L’assaut semblait s’être déroulé au ralenti. A peine le temps de se relever et se mettre en travers du chemin du scélérat, que la lame s’enfonçait profondément dans son abdomen. Le souffle coupé, ses yeux s’écarquillèrent, ses cannes se muèrent en coton. Il essaya de se raccrocher au bras de son agresseur dans une dernière tentative désespérée de le retenir, mais le malfrat le bouscula et le fit s'affaler. Tout bourdonnait autour de lui, comme si une bombe venait d’exploser contre ses tympans. Sa main s’appuya contre la plaie, dans une vaine tentative pour la protéger de la vague de froid. Fourbe décidée à le frigorifier sur place. Il claquait des dents, les serrait pour les dissuader vainement de s’entrechoquer. Obnubilé par la trace sombre qui s’agrandissait sur sa chemise. Il avait peur, soudain. Peur de crever là, comme un chien. Saigné à blanc comme un vulgaire animal, après une ridicule partie de cartes. Il pouvait presque sentir le vent glacial lui lacérer l’épiderme, contrant l’atmosphère brûlante qui régnait dans l’épicentre de l’enfer. L’air de déjà-vu du macabre règlement de comptes lui donna la nausée. Transpirait d’une ironie des plus risibles. Comme s’il s’était contenté de faire un tour sur lui-même, il retournait à la case départ. Agenouillé dans une ruelle dégueulasse, un trou béant à la place des entrailles, et les ricanements de la fatalité qui résonnaient au loin. Quelques secondes de pure panique, avant de sentir les bouts écartelés tirer pour se raccommoder. Il y posa ses doigts, ravala un râle de douleur alors que la basse besogne s’exécutait d’elle-même. Lorsqu’il se décida à relever ses sphères embrumées par une atroce affliction physique, il réalisa non sans déplaisir que le vigile et les autres joueurs étaient restés plantés là. Comme ils seraient restés à contempler une bête de foire, au lieu d’attraper celui qui l’avait fait plier. La respiration haletante, il déploya un effort démesuré pour faire retrouver à l’acier de ses rétines un semblant de consistance et fusiller celui qu’il payait visiblement à ne rien faire.

« - Qu’est-ce que tu fous encore là ?! » Maugréa-t-il entre ses dents, épuisé par ce simple effort. Il inspira avec force, pour mieux se briser la voix la tirade suivante : « Mais putain de merde, va le rattraper !! » Il L’avait oublié le temps de sa chute, n’avait plus songé qu’Il était en grave danger tant le contact de la lame traitresse l’avait paralysé. Maintenant qu’il reprenait peu à peu ses esprits, il ne pensait plus qu’à ça. Et ce fut non sans un certain soulagement qu’il accueillit le départ de l’attardé supposé assurer ses arrières. En espérant qu’il n’était pas trop tard. Le trafiquant se redressa difficilement sur ses guiboles tremblantes, posa sa main libre le long du mur pour parvenir péniblement jusqu’à la porte. Il se détestait soudain, de L’avoir tant malmené. De Lui avoir appris encore davantage à se recroqueviller et à recevoir les coups, en scotchant des brutes épaisses à Ses basques. Au lieu de Lui apprendre l'autodéfense. D’une lenteur exécrable, il se traina tant bien que mal jusqu’à la scène de crime. S’aida de la rampe pour grimper les marches interminables de l’escalier.

Arrivé après la bataille. Des morceaux de verre s’amoncelaient sur le plancher, maculé d’hémoglobine. Les effluves de Son cruor lui vrillèrent les narines, écrasant les notes grossières qui se dégageaient du monstre fétide. Il ne put retenir un haut-le-cœur devant le visage méconnaissable du macchabée. Un amas difforme et sanguinolent qui n’avait absolument plus rien d’humain, passé au rouleau compresseur. Fasciné par ce spectacle des plus morbides, par cette horreur sans nom, il ne se décida à s’extraire de son silence que pour lever les yeux vers son employé. « - C’est toi qui a fait ça ? » L’homme sembla réfléchir, pinça les lèvres avant de se décider à lâcher la vérité honteuse à contrecœur. « - Non. C’est… le maigrichon. Je l’ai envoyé dans sa chambre, il ne se contrôlait plus. Qu’est ce qu’on fait du cadavre de l’autre, patron ? » Un rictus amer se dessina sur ses traits, alors qu’il s’avançait vers le gorille loin d’en mener large. « - Évidemment. T’es tellement con que même un poids plume s’en sort mieux que ta masse abrutissante de muscles. Je devrais peut être songer à changer la nature de son contrat et à l’engager à ta place, non ? Médite donc un peu là-dessus. » Cracha t’il, pestant après ces crétins qu’il avait engagé, et qui réussissaient même l’exploit d’avoir moins de hargne dans les bras qu’une brindille. « - A ton avis gros malin ? On va pas en faire des conserves ni de la confiture. Fous-le dehors, enterre-le, brûle-le, découpe-le si t’as la foi, rien à foutre tant que tu m’en débarrasse. Et envoie quelqu’un nettoyer ce merdier après, ça a intérêt à briller. » Un sifflement pour lui intimer de s’activer, sans attendre de réponse, avant de disparaitre dans le couloir. En temps normal, il l’aurait sans doute réprimé plus violemment que ça, mais cette fois-ci, il avait d’autres chats à fouetter. Enfin, pas celui qui trottinait devant Ses appartements. Grattant contre le bois dans l’espoir de se frayer un chemin à l'abri. En fin de compte, Il était davantage le maitre de cette boule de poils ronchonne que lui.

Doucement, il entrouvrit la porte. Hésitant, quand il avait d’ordinaire l’habitude de l’ouvrir à la volée. Qu’Il soit présentable ou pas. Il la poussa un peu plus lorsqu’il entendit Ses sanglots déchirants. Il était là, immobile au beau milieu de cette pièce un peu trop vide. A pleurer de tout son saoul, en se laissant happer, glisser, emporter, par l’affreuse tristesse. Il n’essayait même plus de se contenir, de nager à contre-courant pour retenir les digues. Et Son évidente détresse, certainement ancrée depuis des années et des années en Lui, réduisit son propre cœur en charpie. Mais il se retrouvait comme un infirme, les bras ballants et les jambes clouées au sol. Un handicapé des sentiments incapable de faire ce que n’importe qui d’autre aurait fait. Le prendre dans ses bras pour étouffer ce qui Lui ravageait le torse avec tant de hargne. Lui murmurer des paroles rassurantes, des « tout ira bien » d’usage qui sonneraient tellement faux entre ses lippes. Quelque chose le bloquait, l’en empêchait. Surement le mécanisme qui était rouillé, une pièce abimée qu’il n’avait jamais pris le temps de changer. Il dévorait son existence à s’en rendre malade, mais ne restait qu’un automate mécanique. Un soldat de plomb. Mais aussi peut être en cet instant juste un gosse, assommé par sa monumentale bêtise et tous les débris à recoller. Dépassé par l’ampleur des dégâts à réparer. Ce qu’il put lire furtivement dans l’émeraude de Ses pupilles ne fit qu’aggraver son malaise, au même titre que les césures de Sa voix. Perdue quelque part dans les méandres de Sa gorge serrée.

« - Le cadre ? » Demanda-t-il, légèrement interloqué avant de saisir. « - Ah oui, le cadre… j’en étais pas très fan de toute façon. Et de toutes les gaffes que tu as pu enchainer en une seule soirée, tu crois vraiment que c’est celle que je vais retenir ? Qu’est ce qui t’as pris de vouloir m’aider ? » Malgré lui, ses interrogations s’étaient teintées de reproches. Mais il n’en avait pas après Lui. Il n’était qu’un dommage collatéral dans cette histoire, qui n’aurait pas dû se retrouver impliqué dans l’inévitable carambolage. Il n’y en avait qu’un à blâmer, et ce n’était pas Aleksi. De toute évidence traumatisé par ses crises incessantes, au point de croire qu’Il allait même se faire frapper pour avoir été coursé par un psychopathe de la pire envergure. « - J’ai vraiment l’air sur le point de te tabasser ? » Soupira-t-il avant d’hausser les épaules. « - Et puis on dirait que tu t’en es déjà chargé toi-même. » D’un mouvement de menton, il désigna Ses mains écorchées vives après s’être acharnées sur le crâne de l’ennemi.

Pourquoi ? Il se renfrogna sensiblement, baissa le regard vers la blessure qui barrait son ventre. Quasiment refermée, elle continuait néanmoins de le tirailler. Il pouvait Lui répliquer qu’il avait cherché à préserver son affaire, et que voir son génie sur pattes massacré aurait fortement compromis l’opération. Sauf qu'il s’était interposé par pur réflexe. Parce qu’il n’aurait pas supporté qu’Il lui arrive quoi que ce soit. C’était ridicule, après toutes les misères qu’il pouvait Lui faire endurer quotidiennement. Comment être crédible, après Lui avoir infligé tant de mal ? « - Je voulais éviter qu’il salisse la moquette. » Grogna-t-il finalement, usant d’un brin de sarcasme pour ne pas sombrer dans le sentimentalisme de bas-étage. Il fit pourtant mourir la distance entre eux, s’avança d’un pas encore titubant vers Sa carcasse. Ses phalanges prirent Ses joues dégoulinantes de sel en coupe. Accrocha les azurs captivants aux siens. Maculant les pommettes de la texture ferreuse qui tâchait ses articulations meurtries au passage. Son souffle troublé se mêla au Sien, frôla avec délice Sa bouche avant de dévier vers la ligne de Sa mâchoire. « - Qu’est ce que tu veux entendre ? Que mon corps a compris avant moi que ça m’aurait détruit, que ce salaud puisse te tuer ? » Le scandinave se força à reculer dès que les mots résonnèrent jusqu’à ses oreilles, et tenta de se dédouaner de son aveu dans un rire forcé. Rattrapant comme il le pouvait une situation irrécupérable. « - Eh bien ne rêve pas en couleurs. » Il venait de se trahir, il le savait. De reconnaitre ce qu’il s’échinait à renier depuis des mois. Et une part de lui s’en foutait. Royalement, allègrement, complètement. Et qu’importe s’ils n’étaient pas faits pour vivre ensemble. S’il continuait de ne pas assumer ce qui restait pour lui une tare effroyable. Qu’importe si à défaut d’être faits pour vieillir ensemble, eux étaient faits pour finir en cendres.

_________________
I've got blood on my name
There's a reckoning a'comin. And it burns beyond the grave. With lead inside my belly. Cause my soul has lost its way.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t876-kyran-chaos-isn-t

Féminin
↳ Nombre de messages : 5157
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Odds will betray you {pv.} /!\   Mer 15 Jan - 21:34


Je me fatigue, à rester là. Submergé par toute cette substance affreuse qui englue mon cœur depuis des années. Tout se bouscule, se heurte contre ma peau et ma mémoire ressasse sans relâche les images les plus hideuses, obscènes de ce tissu d’horreur que d’autres appellent la vie. Je suis mort en partie lorsque j’ai perdu ma sœur. La prison et tout ce qui a pu l’accompagner a terminé le travail. Je pensais avoir juste changé durant ces sombres années. Cette soirée a le mérite de me faire voir à quel point je peux me leurrer. Il ne contemple que les restes d’un être ayant vécu il y a plus de onze ans de cela. Je me donne en spectacle face à Lui, cette évidence rajoute une couche de gêne au milieu de cette débauche de… De quoi exactement ? Tristesse ? Douleur ? Rage ? Sûrement un peu de tout ça. Je m’en veux. Pour tout. Pour ce que je Lui ai fait endurer ce soir. Pour avoir désobéi comme un parfait idiot. Je manque d’air, suffoque et sens les mots s’étrangler dans ma gorge. Non c’est évident. Le simple fait que je sois sorti de ma chambre représente ma plus belle bêtise. Que je me sois présenté devant Lui et ses invités dans cette tenue. Que j’ai pris le risque de L’approcher et de l’aider. Ou alors le fait que je me sois sauvagement échiné à fracasser le crâne de l’un de Ses hôtes. La liste est longue, trop longue certainement. Je baisse encore un peu plus la tête, profondément navré par mon propre comportement. Un vrai gamin. Dans une autre situation, ce constat m’aurait fait sourire. En cet instant il ne fait que tirer encore un peu plus mes traits. Qu’est-ce qui m’a pris ? Je n’ai pas réfléchi. A peine. Complètement ravagé par la vue de cet ancien détenu qui était devenu pour moi une figure récurrente de mes plus sombres cauchemars. Ce fut une vengeance personnelle avant tout. Mais je ne pouvais pas Le laisser perdre, et voir toute Sa fortune filer entre les doigts d’une telle crapule. Je me moque de Lui et de son entreprise, mais je sais que sans elle, je me retrouverais seul. Et que nos routes, aussi chaotiques soient-elles, cesseraient de se croiser. Je m’égare encore dans un sentimentaliste absolument ridicule. C’est d’un risible.

« - Non… Bien sûr que non. » Je m’essouffle stupidement à répondre à une question qui n’attendait aucune réponse. Je fronce les sourcils, étouffe un nouveau sanglot et continue de fuir le froid de Son regard. Qui m’accable de tout son poids plus que jamais auparavant. « - Un acte de pure folie, totalement irréfléchi et incontrôlé… Je ne voulais pas qu’il reparte avec la mise. » L’aveu me coûte cher. S’arrête là, avant que je ne fasse encore une erreur. En rajouter serait purement idiot. Et Lui donnerait des occasions supplémentaires pour me tuer au travail. Exploiter l’informaticien jusqu’à ce que son pauvre disque dur ne s’embrase et rende l’âme. C’est ce que je suis au fond. Une vulgaire machine, un automate parfaitement rôdé qui tente vainement de paraître humain. J’en ai les réactions, le comportement, mais il manque quelque chose pour que le leurre soit parfait. Au fond, on se ressemble, Lui et moi. « - A défaut, il aura salit le mur et le plancher. Je ne sais pas ce qui est le mieux. » Un semblant d’ironie teinte ma voix, toujours aussi lamentable que lorsqu’Il est entré dans la pièce. J’ai beau me faire violence pour me calmer, rien n’y fait. Une fois de plus, je ne contrôle plus rien. Là encore, je ne contrôle rien. Lorsque je vois Kyran se rapprocher, j’esquisse un pas de recul. Par pur instinct. Un vulgaire réflexe que l’autre aura fait ressurgir du fin fond de ma mémoire. C’est idiot à dire, mais j’ai peur. De Lui. Lui qui ressemble à tous ceux qui ont fait de ma vie ce qu’elle est maintenant. Je sais pourtant qu’Il ne fera rien. Ou du moins, rien qui ne pourrait ressembler de près ou de loin à ce que j’ai déjà subi. Et pourtant. Je me fige lorsque Ses doigts m’emprisonnent et n’ait d’autre choix que d’affronter Son regard. De la frayeur à la stupeur, il n’y a qu’un pas. Que je viens de franchir avec une aisance qui me coupe le souffle. Ou peut-être est-ce ce qu’il vient de faire. De dire.

Je ne sais pas ce que j’aurais préféré. Qu’il me tabasse au point de n’être rien de plus qu’un vulgaire chiffon. Ou qu’Il agisse comme il vient de le faire. Sûrement la première option, là au moins, je sais comment réagir. Je cille, stupidement, reste interdit le temps d’un battement de cœur, affolé par cette troublante proximité. Je suis à présent en train de me demander si je n’ai pas rêvé. D’interpréter Ses mots de travers à cause du bourdonnement assourdissant régnant entre mes deux oreilles. J’ouvre la bouche, prêt à lui demander de répéter puis me ravise.  « - La vérité seulement. J’ai passé l’âge de croire à ce genre de déclaration. » Mes larmes se sont asséchées d’elles-mêmes. Figées contre mes paupières à cause d’un simple rapprochement. Du simple frôlement de Sa bouche contre la mienne. J’efface d’un revers de main les traces qu’elles ont laissées sur mes joues, et malgré moi, mon regard se pose à nouveau sur la tâche maculant Ses vêtements. « - Pourquoi continuer ? Après ce qui t’es arrivé, pourquoi prendre le risque de laisser un jeu de hasard régir ton existence ? » Je le murmure, craignant Sa réaction dès que les mots quittent mes lèvres. Je ne suis sûr de rien. Je n’ai fait que mettre bout à bout les morceaux d’images perçus au cours des fois où je lui ai dérobé Sa vie. Sa mémoire. Une autre époque, un autre temps à présent révolu. Plus je Le regarde, plus le doute s’installe. Je suis un monstre, tout ce qui se passe alentour ébranle ma logique et pourtant, j’ai du mal à croire que Sa date de naissance s’éloigne de la mienne de plusieurs décennies. Plusieurs siècles ?

« - J’aurais dû t’écouter, et rester à ma place. La prochaine fois je m’abstiendrais, de vouloir à tout prix connaître tes… amis. » La colère perce, fait trembler ma voix. Je m’en veux. Cet incident me montre encore une fois à quel point je peux être inconscient. Idiot. Combien cette manie de vouloir fourrer son nez n’importe où peut porter préjudice. Je me mords la lèvre, recule et sens mes jambes s’affaiblir à la vue du sang qui me ronge la peau. La frénésie me gagne à nouveau, tiraille mes nerfs et me brûle les yeux. Agressif, je m’empare d’une boîte de mouchoirs, en tire un certain nombre et me frotte les bras avec frénésie dans l’espoir de voir l’écarlate disparaître tout en m’asseyant sur le lit. La douleur revient. Me dévore les doigts, à tel point que j’en lâche un soupir. Et abandonne la lutte, les papiers salis s’échouant à mes pieds. Je scrute mes doigts avec une certaine angoisse. Sous le rouge, les articulations ont virés au violet. Plier les doigts relève du calvaire. Et puis on dirait que tu t’en es déjà chargé toi-même. Il n’a pas tort. Je me renfrogne, et m’abandonne encore un instant dans la contemplation de ma propre folie. « - Toi au moins tu évites de bousiller mes outils de travail. J’ai bien peur que tu doives me trouver un remplaçant… » Le constat me noue la gorge, laisse ma voix se perdre quelque part dans les graves pour ne faire d’elle qu’un simple soupir. Le temps que les dégâts se réparent. Combien de temps cela allait-il prendre ? J’ai conscience de pouvoir guérir de mes blessures plus rapidement que la normale. J’ignore encore jusqu’à quel point. Je fronce alors les sourcils, mes traits se tirent à nouveau. Et la peur, une fois encore se glisse dans mes veines. M’envahit et fait courir des frissons le long de mon échine. J’ai froid tout d’un coup. La pluie au-dehors qui continue de se fracasser contre les vitres me déprime. Me glace le sang et s’insinue sous ma peau comme si je me trouvais sous l’averse. J’hésite, tapote nerveusement du pied sur le plancher. Je remarque seulement maintenant la présence de Perk. Assit à mes pieds. Et ce regard. Il me dérange maintenant. Ma langue claque et je le repousse de la jambe. Comme le ferait un gamin qui à décida de bouder son animal de compagnie préféré. S’il ne m’avait pas bousculé, rien de tout cela ne serait arrivé. Si je n’étais pas sorti… On en revient toujours au même point, et je suis le seul fautif.

Je relève alors la tête, cherche un instant où poser mon regard, pour finalement le laisser s’échouer contre la glace de Ses prunelles. Et le silence perdure. Les secondes s’égrainent pendant que je me perds si stupidement dans ces nuances fascinantes. Je me fous de ce qu’Il pourra lire sur mon visage, j’en ai honte mais je n’ai pas la force de reprendre le contrôle et de m’enfermer dans des émotions factices. Après ce qu’Il a pu voir en entrant, je n’ai plus grand-chose à cacher. A lui du moins. « - Tu… Ils ne doivent pas savoir. Les autres. Ce qui s’est passé ce soir. » J’en suis presque réduit à supplier. C’est pathétique. Qu’Il sache, ou le simple fait qu’Il puisse avoir des doutes concernant mon passé me retourne les tripes. Alors que les autres en viennent à me regarder de travers, je ne serais pas capable de le supporter. Mon élan de fureur me dépasse, la violence avec laquelle je me suis acharné sur ma victime dépasse mes pires cauchemars. Et maintenant, je redoute de perdre à nouveau le contrôle.

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Féminin
↳ Nombre de messages : 8397
↳ Points : 339
↳ Date d'inscription : 31/08/2013
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jonathan Rhys-Meyers
↳ Age du Personnage : 37 ans d'apparence, 177 ans en réalité
↳ Métier : Mafieux influent, fondateur de la Nemesis
↳ Opinion Politique : Anti-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 3
↳ Playlist :
THE ROLLING STONES - satisfaction | PUSCIFER - the undertaker | 30 STM - the kill | PAPA ROACH - getting away with murder | DEPECHE MODE - wrong | LINKIN PARK - castle of glass | IMAGINE DRAGONS - shots | THE KILLERS - shot at the night | HURTS - somebody to die for | BLACK LAB - this night

↳ Citation : « Nous sommes tous frères sous la peau, et j'aimerais écorcher l'humanité pour le prouver. »
↳ Multicomptes : Nymeria C. Grimes & Rhys Steinsson
↳ Couleur RP : Navajowhite



Feuille de perso
↳ Copyright: Cyrine & Pathos & Tumblr
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Odds will betray you {pv.} /!\   Sam 18 Jan - 21:10

Un flottement. Infime, vaporeux, dérisoire. Le temps d’un battement d’ailes avant de s’évanouir dans l’obscurité la plus totale. Une énième provocation, peut être plus inutile encore que toutes celles qui avaient pu la précéder. Le nœud se resserrait autour de ses entrailles, s’y enroulait comme un serpent pour venir titiller ses sens de sa langue fielleuse. Il était lâche au fond. Terriblement. Incapable d’assumer ce qui résonnait pourtant avec une violence à son paroxysme au sein de sa cage thoracique. Le blocage avait beau avoir été sérieusement abimé, il ne parvenait pas à le faire sauter. Solidement cadenassé, seul l’alcool avait réellement réussi à lever ses inhibitions. A faire plier un orgueil affreusement encombrant. Il y avait toujours ce relent nauséeux qui le prenait à la gorge chaque fois qu’il esquissait un pas en avant, le poussant à reculer aussitôt. Comme un funambule qui se rendrait compte au milieu du précipice qu’il a le vertige. Il accueillit avec un mélange de soulagement et de frustration l’incrédulité qui oscilla dans Ses prunelles, et qui glissa jusqu’à Ses lippes. Il ne le croyait pas. Comment aurait-il pu après tout ? Quand il passait la majeure partie de ses journées à le rabaisser plus bas que terre, et à lui faire comprendre qu’Il n’était rien ? Rien. Rien qu’un vulgaire puceron qu’il prendrait un malin plaisir à écraser dès qu'il ne lui serait plus d’aucune utilité. L’enfant avait trop souvent crié au loup, pour qu’on daigne le croire cette fois-ci. Pour qu’on envisage qu’il lui restait un bout de palpitant non calciné.

« - Vraiment ? Tu y croyais pourtant encore à ce genre d’âneries quand tu t’es mis à genoux devant une femme pour lui faire vœu de fidélité. » Comme chaque fois qu’il évoquait Son ancienne fiancée, la moquerie n’avait pu s’empêcher de s’immiscer dans le souffle rauque de sa voix. Une telle naïveté le faisait gentiment sourire, tant elle était vouée à l’échec. L’amour, le mariage, autant d’aberrations inventées par des imbéciles heureux pour d’autres imbéciles heureux. Il avait eu toute son enfance pour voir un couple pourrir, moisir jusqu’à atteindre l’état de putréfaction avancée à la fin de son adolescence. La passion ne servait qu’à tout ravager sur son passage, elle n’était jamais viable. Il n’aurait pas pu entretenir un simulacre de relation avec Sanjana s’il en avait été amoureux. Il pouvait survivre sans elle, même s'il était prêt à mourir pour elle, n’avait pas de pincement en l’imaginant avec un autre. Il n’y avait que son ego qui en pâtissait, et la peur de se retrouver complètement délaissé qui le tenaillait. Ils étaient loyaux l’un envers l’autre en dépit de leurs caractères exécrables, et ça lui suffisait. Il y avait presque quelque chose d’incestueux dans leurs rapports, tant les rapprochements lascifs n’avaient servis qu’à combler un affreux manque de tendresse à Darkness Falls. Le simple fait de frôler Ses lèvres s’avérait ainsi infiniment plus intime et viscéral que tous les moments où il avait pu se perdre entre les cuisses de l’indienne. Le finlandais avait pris la place la plus difficile à supporter. Celle de l’ombre, qui chassait en embuscade les intrus qui menaçaient de s’y nicher, mais qui ne faisait toujours qu’apercevoir le jour se lever. Les mâchoires entravant ce qui lui servait d’organe vital, Il grignotait tout. Dévorait jusqu’à sa promesse d’anéantir tous ceux qui s’attaqueraient à sa plus fidèle alliée. Il aurait dû Lui briser la nuque lorsqu’Il avait failli la tuer, et non lui réserver une chambre dans l’une des pièces de son manoir luxueux. Il reculait l’inévitable choix à faire entre les deux autant que possible, s’efforçait de trouver des prétextes et d’user d’artifices alors que les dés étaient déjà jetés.

Pourquoi continuer ?
La question pouvait s’appliquer à tous les vices dans lesquels il se vautrait. La déchéance finale de sa première existence ne lui avait guère servi de leçon, la décadence avait repris de plus belle à sa libération. Le mal était ancré trop profondément en lui pour que les racines puissent s’en déloger. A quoi bon changer d’optique, se ranger sur le bas-côté ? Quand il ne se sentait jamais plus vivant que lorsque l’adrénaline incendiait ses veines comme de l’acide. Qu’importe si cela impliquait de jouer aux allumettes au dessus d'un baryl de poudre. Et il n’existait désormais plus aucune blessure physique que son corps ne pouvait pas réparer. Elles finissaient toutes par se rafistoler. Certaines plus maladroitement que d’autres, certes, mais les risques encourus s’étaient considérablement amoindris. Seules les blessures à l’âme persistaient. Seul le vide sidéral dans sa poitrine crachait des larmes pourpres impossibles à assécher. Concentré sur les fardeaux qu’il s’évertuait à noyer dans ses excès, il en oubliait presque qu’Il mentionnait des évènements qu’Il devrait méconnaître. Aleksi en savait de toute évidence trop sur son compte. Comme si avoir conscience qu’il tremblait de désir chaque fois que la distance entre eux se réduisait à un vulgaire souvenir n'était pas assez, Il avait aussi appris quels monstres se cachaient sous son oreiller. Alors Il devait forcément se douter, qu’il n’y avait que cette folle course contre la mort qui lui permettait parfois de les débusquer. Qui le rendait vivant et trompait l’ennui. « - Tu t’interroge réellement ? Toi qui serais prêt à lécher le sol pour une dose de drogue, t’as pas besoin de moi pour trouver la réponse. » Légèrement cassant, il s’appuya son épaule contre le mur avec une nonchalance feinte. Épuisé après ce parcours laborieux, se tenir debout relevait du supplice. « - Si je devais cesser de faire tout ce qui m’a coûté la vie ou aurait pu le faire, je pourrais aller me coucher dans un cercueil tout de suite. Ce ne sont pas les cartes qui m’ont tué de toute manière, c’est une brute alcoolisée qui s’en est chargée. Le jeu n’était qu’un pauvre alibi. » Il ignorait de qui il parlait précisément. De son père, qui l’avait bousillé autant intérieurement qu’extérieurement à force de les battre à mort, son frère et lui. Ou du viking peu commode, de l’armoire à glace qui n’avait pas supporté de perdre et qui l’avait achevé au sens propre. « - Il aurait essayé de te saigner même si tu n’avais pas bougé d’un poil, tu sais. Même si tu n’avais pas cherché à m’aider. Et il me l’aurait faite à l’envers dans tous les cas. » Il l’avait perçu, dès que le dégénéré avait posé ses yeux de merlan frit sur Sa frêle silhouette. Il l’avait lu, dans ses pupilles embrumées. Cette convoitise des plus morbides.

Il suivit Son petit manège avec perplexité, étouffa un petit rire narquois lorsqu’Il tenta d’effacer les traces de Ses méfaits comme un forcené. Il haussa un sourcil, se racla la gorge comme quelqu’un qui s'excuse de déranger. « - Tu peux frotter tant que tu voudras, va, le sang n’est pas le genre de couleur qui se lave. Essaie la javel, et encore, je doute que tu cesse de voir l’écarlate même lorsqu’il aura disparu. » Susurra t’il, avant de porter la main contre son ventre en grimaçant. Il s’interdisait de contempler les dégâts, mais se doutait rien qu’à la douleur lancinante que la plaie béante ne devait pas être jolie jolie à voir. « - Ne prends pas un ton si dramatique. Quelques heures de torture et elles seront comme neuves. Il va falloir te trouver une meilleure excuse. » Il y avait plutôt intérêt en vérité, car le génie du hacker n’était pas interchangeable. Et il ne pouvait pas se permettre de ralentir la cadence. Quitte à ce qu’Il se retrouve à taper avec les phalanges en miettes. Visiblement anxieux, Il envoya paitre la pauvre bête qui Le suivait comme un pot de colle depuis quelques temps. Probablement usée de ne recevoir qu’indifférence de la part de son véritable maitre. Le pire était que le trafiquant adorait cette boule de poils mi-câline mi-bougonne. Du moins suffisamment pour la garder comme animal de compagnie, la loger et la nourrir. A croire qu’il s’efforçait de traiter avec dédain tous les êtres vivants auxquels il avait honte de s’attacher.

Asphyxié par le silence, il en oublia de respirer. Focalisé sur les teintes enivrantes consumant Ses rétines. Une seconde, une minute ou une éternité, il ne fut pas apte à déterminer combien de temps il s’écoula avant que le sablier ne se renverse. Un moment suspendu dans l'air avant que Sa supplique ne le fasse voler en éclats. S’ils se ressemblaient, ils restaient diamétralement opposés. Il Lui avait intimé de ne surtout pas révéler à ses employés le gamin timide, faible et peureux qu’il était autrefois. Alors que ce qui semblait tordre horriblement Ses intestins, était qu’on puisse apprendre qu’Il s’était acharné sur le crâne d’un dégénéré jusqu’à en faire de la bouillie. « - Pour une fois que tu fais quelque chose qui ne donne pas de quoi ricaner. » Murmura-t-il avant de se faire capturer par la lueur de panique qui s’enflamma dans Ses iris et de se raviser. « - Enfin, j’intimerai au vigile d’éviter de faire la pipelette. Même si je crois qu’il n’a pas franchement envie qu’un maigrelet planqué derrière ses ordinateurs ait la réputation de cogner plus fort que lui. Tant pis, t’aurais pu te faire appeler ‘la teigne’, ça aurait eu plus de gueule que le surnom actuel. » Il n’avait pas besoin de lui faire un dessin toutefois. Ce qu’Il devait redouter par-dessus le reste, au-delà même de sa culpabilité d’avoir massacré un homme, c’était qu’on puisse découvrir ce qui avait motivé pareil déferlement de haine.

Soudain plus sérieux, il esquissa quelques pas vers la sortie, Lui tourna le dos avant de se retourner et de laisser les mots qui lui irritaient la trachée souiller l’atmosphère. « - Qu’est ce qui ne tourne pas rond chez toi, Aleksi ? » La voix blanche, le scandinave s’avança doucement vers le lit. Agrippa Sa mâchoire sans brusquerie, mais avec suffisamment de fermeté et d’aplomb pour qu’Il ne puisse pas se dégager de son emprise aisément. Ses sphères d’acier poignardèrent les Siennes, s’y accrochèrent comme à un rochet au centre d’un océan en furie. « - Comment t’as pu… être attiré par une ordure de la même espèce que le fumier qui t’a sali ? Qu’est ce que t’as dans la cervelle ? » Sa main relâcha Son menton, se coula contre Son cou pour Lui laisser l'opportunité de répliquer. Il ne comprenait pas, comment Il avait pu le pousser à la luxure, attiser impunément les braises de ses reins. Il n’était pas pervers au point de forcer qui que ce soit à se frotter à sa peau. Quel que soit son état de frustration. Et encore moins un homme, lui qui avait déjà tant de mal à composer avec son attirance pour Lui. Mais à bien des égards, sa barbarie surpassait surement celle de la petite frappe qui devait hanter Ses cauchemars les plus effroyables.

_________________
I've got blood on my name
There's a reckoning a'comin. And it burns beyond the grave. With lead inside my belly. Cause my soul has lost its way.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t876-kyran-chaos-isn-t

Féminin
↳ Nombre de messages : 5157
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Odds will betray you {pv.} /!\   Lun 20 Jan - 21:10


La moquerie qui se glisse jusqu’à mes tympans me fait serrer les dents. Je devrais en avoir l’habitude depuis le temps. De ce ton cynique à chaque fois que Fanny s’immisce dans la conversation. J’ignore ce que j’espérais. Qu’elle se soit réellement attaché à moi malgré ma condition. Qu’une fois dehors, tout serait tout à fait normal. Le constat me laisse un arrière-goût amer dans la bouche et de l’acide sur la langue. Un mélange répugnant auquel viennent s’ajouter des images qui le sont encore plus. Je leur en veux. A tous les deux. Je m’en veux surtout. D’avoir été celui ayant eu la bête idée de se dérober durant cette fameuse soirée. De croire en une prétendue fidélité alors qu’elle se retrouvait bafouée d’un côté du terrain. « - Vœu qui n’était pas partagé. Même sans me connaître, tu me pourrissais déjà la vie. » Un bref aperçu de qui m’attendait une fois la porte de Sa demeure franchie. Un autre aurait certainement évité de trop s’approcher. Préférant prendre ses distances avant qu’il ne soit trop tard, et conserver une sensation d’inachevée dans son cœur. Le sexe n’est qu’une infime partie de ce qui peut à présent m’attacher à Lui. L’attirance physique est indéniable, viscérale, mais elle se retrouve peu à peu reléguée au second plan. Terrassée par un attachement qui devient de plus en plus étouffant. La moquerie n’aura tenu que le temps d’un souffle. A présent remplacé par un ton beaucoup plus blessant. Je me dérobe à nouveau, baisse les yeux pour contempler mes pieds. Est-ce la véracité de la frappe qui me blesse à ce point ? Mes dépendances me surpassent. Décrocher, j’ai bien essayé de le faire. Sans succès. Il le sait, a vu jusqu’où je peux aller pour m’éloigner de cette affreuse réalité. Des tares qui me répugnent tant elles peuvent être avilissantes. Et me rendre ignoble.

« - Je poserais la question si ce n’était pas le cas ? J’ai mes obsessions, mais  les tiennes ont quelque chose de… fascinant. » Je sonde Son regard, lève légèrement un sourcil en entendant Ses paroles. Pas les cartes mais une brute… Suis-je le seul à trouver une quelconque ressemble entre cet aveu et ce qu’il vient de se passer ? Ce qui aurait pu se passer ? Je fronce les sourcils, secoue la tête et me mords la langue pour retenir mes suppositions et autres déductions digne d’un Sherlock Holmes ayant forcé sa dose quotidienne d’arsenic au point d’en perdre son génie. Sa relative bonne humeur n’est que passagère j’en ai conscience. Mais Le voir se comporter de la sorte, sans cet ignoble masque de tyran me trouble. Parvient presque à me faire oublier qu’Il peut se montrer sans pitié. « - C’était sa spécialité. Je le sais. Mais je ne pouvais pas rester là sans rien faire. Mon côté suicidaire sûrement. » Désinvolture qui s’accompagne d’un infime haussement d’épaules. Je regarde à nouveau mes mains. Encore rouges par endroit. Pour bien faire, tout devrait passer à la javel. Et brûler mes vêtements au passage pour ne plus avoir à contempler les tâches qui en souillent le tissu. « - Tu dis ça en connaissance de cause j’imagine ? J’ai encore de la marge avant d’atteindre ton niveau. Je ne suis pas un assassin… » La fin de ma tirade se meurt contre mes lèvres. S’affaiblit pour ne devenir qu’un infime soupir qu’Il n’entendra certainement pas. Un mensonge. Qui n’arrive même pas à me convaincre. Je suis rongé par la culpabilité, hanté par mes crimes. Je suis pourtant poursuivi par l’inexplicable satisfaction que cela provoque. Charmé par le souvenir de cette extase morbide qui pourrait me pousser à recommencer. Encore et encore jusqu’à ce que la satisfaction devienne totale. Je doute que cela fonctionne de cette manière malheureusement. Quelques heures ? C’est là le temps qu’il faudra pour que la douleur disparaisse ? De simples petites heures quand il faudrait des semaines pour que les os se ressoudent. J’en reste muet un instant. Scié par ce qui raisonne dans mon crâne, et je m’abandonne dans la contemplation de mes phalanges. Fasciné par mes dix doigts comme s’ils se trouvaient au bout de mes bras pour la première fois de ma vie. « - Je suis à cours de bonnes excuses. La seule qui trouverait grâce à tes yeux serait certainement ma mort, et encore, j’ai des doutes. » Je me moque, c’est évident et m’amuse à titiller Ses nerfs.

« - Les ricanements et les surnoms m’importent peu. Que mes démons se sachent si facilement, en revanche, cela me dérange. » Je préfère encore être la risée de cette maison de fous, plutôt que d’attirer des regards condescendants. Ou des œillades comme celle qu’il a pu me lancer. J’en frissonne, et me vois contraint de serrer les dents pour les empêcher de s’entrechoquer. Je suis son mouvement du coin de l’œil, et redoute de me retrouver seul. Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez toi ? La question me fait lever la tête. La surprise m’effleure et me pousse à esquisser un vague sourire. « - Mon psy se pose la même question. Et apparemment il n’a pas encore trouvé la réponse. » Je tente malgré moi d’éviter l’étau de Ses doigts. Recule légèrement et m’oblige finalement à faire face à Son regard inquisiteur. J’en arrive à me demander si je suis réellement sobre. Ou si les coups que j’ai pu prendre ne m’ont pas laissé quelques lésions cérébrales qui me pousserait à prendre mes délires pour des réalités. Je reste muet, incapable de remettre de l’ordre dans mes pensées. De reconnecter mes neurones qui semblent hors d’usage. Il me trouble. Plus que jamais. Ses questions appuient là où ça fait mal, et me pousse à réfléchir à des choses qui, pour moi, coulent de source. « - On ne contrôle pas ce genre de chose. » Une réponse somme toute évasive et franchement inutile. Je m’agite sous Ses doigts, frissonne et je redoute qu’Il n’en vienne à entendre les battements frénétiques de mon cœur. Comment ai-je pu ? Je n’en sais rien. C’est chimique, inconscient. Une évidence dès l’instant où j’ai posé mon regard sur Lui. Je ferme les yeux, tente de calmer la course folle qui se déroule contre mes côtes, et de rassembler les miettes de mon courage pour ensuite oser sonder les abysses glacées de Son regard.

« - T’es une belle ordure, je le conçois, une brute colérique et impatiente, un égoïste de première, borné, orgueilleux et macho à en crever… Je  pourrais continuer toute la nuit, mais tu sais déjà tout ça. » Je me sens ridicule, affreusement stupide et inconscient d’oser balancer tout ça sans flancher. D’oser faire preuve d’une telle audace tout en Le regardant droit dans les yeux. De l’entendre, ce portrait fort peu avantageux, prononcé par ma propre voix, confère à son propriétaire un aspect encore plus détestable. Et me montre à quel point je peux être atteint. Totalement fou de vouloir rester enchaîné à une telle créature. « - Tu veux savoir pourquoi ? Moi qui croyais que je n’étais qu’un vulgaire pion à écraser. Je marque une pause, cherche mes mots. Parce que sous cette façade de beau salaud, je crois, j’espère, que tu es différent. » Parce que malgré Ses sautes d’humeur et Sa tendance à vouloir tout fracasser, je doute qu’Il soit capable de se comporter comme l’autre a pu le faire. Comme ils ont pu le faire. Avec moi ou avec n’importe qui d’autre. Et de toutes les choses qu’Il peut dégager, cette impression-là n’en fait pas partie. Ne me fait pas mentir…

L’ébauche d’un sourire se faufile sur mes lèvres, accompagne mes mots qui se sont montrés plus forts que je ne l’aurais cru. Ce ne sont que des âneries à Ses yeux, j’en ai bien conscience. Je suis presque prêt à lui demander d’oublier ce que je viens de dire. Je me ravise au dernier moment. Il a posé la question, Il en a obtenu la réponse. De Ses prunelles, mon regard se glisse jusqu’à Sa bouche. Remonte, puis après avoir réitéré ce manège plusieurs fois, achève sa course sur la trace sombre maculant le tissu. Je me mords la lèvre, hésite, puis je me rapproche et défais avec une certaine maladresse les derniers boutons de Sa chemise. Mon geste est fébrile, et je me crispe sous la douleur qui fuse de mes doigts. J’hésite encore un instant, craignant que Son statisme ne se brise devant mon audace. Il n’y a rien de lascif dans ma façon d’agir. Seulement de la curiosité et de l’inquiétude. Ma respiration vole en éclats, devient erratique et je plisse le nez lorsque la blessure m’apparaît enfin. Repoussant le tissu d’une main, je laisse l’autre frôler Son ventre. Caresser cette peau qui me hante pour finalement dessiner les contours de la plaie. Les chairs à vif commencent à cicatriser, se regroupent en certain endroit. Et forment un entrelacs organique des plus étranges. Fascinant d’une certaine manière. Mais ce qui donne un aspect ignoble à cet ensemble, c’est ce liquide presque noir qui ronge le satin de Sa chair. Coagulé, je gratte du bout des ongles, appuie un peu plus sur les chairs à vif pour en tacher vraiment mes doigts. Et j’abandonne mon étrange exploration pour contempler le résultat quelques instants de plus. La main qui retient encore Sa chemise tremble, m’arrache un soupir et s’échoue contre ma cuisse.

« - Quel âge as-tu… Réellement, Kyran ? » La question n’est qu’un murmure tant je redoute la réponse. J’ai vu les changements subtils dans l’aspect de ma propre hémoglobine. Celui de Sanjana est à peine plus sombre que le Sien. Ma condition de monstre est trop récente pour que la décrépitude soit si forte. C’est ce qui me pousse à poser la question. A vouloir mettre une explication logique sur les images que j’ai pu voir. J’en sais certainement plus que la plupart des habitants de cette maison sur Son compte. Mais pas suffisamment pour vraiment Le comprendre.

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Féminin
↳ Nombre de messages : 8397
↳ Points : 339
↳ Date d'inscription : 31/08/2013
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jonathan Rhys-Meyers
↳ Age du Personnage : 37 ans d'apparence, 177 ans en réalité
↳ Métier : Mafieux influent, fondateur de la Nemesis
↳ Opinion Politique : Anti-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 3
↳ Playlist :
THE ROLLING STONES - satisfaction | PUSCIFER - the undertaker | 30 STM - the kill | PAPA ROACH - getting away with murder | DEPECHE MODE - wrong | LINKIN PARK - castle of glass | IMAGINE DRAGONS - shots | THE KILLERS - shot at the night | HURTS - somebody to die for | BLACK LAB - this night

↳ Citation : « Nous sommes tous frères sous la peau, et j'aimerais écorcher l'humanité pour le prouver. »
↳ Multicomptes : Nymeria C. Grimes & Rhys Steinsson
↳ Couleur RP : Navajowhite



Feuille de perso
↳ Copyright: Cyrine & Pathos & Tumblr
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Odds will betray you {pv.} /!\   Jeu 30 Jan - 21:46

Même sans me connaitre, tu me pourrissais déjà la vie. Il ne put s’empêcher d’esquisser un sourire amusé devant cette affirmation des plus véridiques, au lieu de s’en offusquer. Il n’éprouvait pas de remord à froisser les draps de femmes déjà prises. Qu’elles soient mariées, fiancées ou seulement en couple, peu lui importait. Ce n’était pas son problème. Elles n’étaient que des instruments entre ses doigts aguerris, devenant parfois des partenaires régulières lorsqu’elles parvenaient à lui offrir entière satisfaction. S’il pouvait parfois se montrer particulièrement acharné et insistant pour qu’elles cèdent, il ne forçait aucune d’entre elles à se plier à ses caprices. Il trouvait clairement pathétique pour un homme d’en arriver à violer quelqu’un pour combler ses pulsions. Joueur, il n’affectionnait que la chasse et la séduction. Attirer ses proies et faire tomber leurs défenses, une à une. La véritable gloire était là, et en aucun cas ailleurs. Se soulager sur des poupées si terrifiées qu’elles en devenaient statiques passés les premiers instants de révolte lui retournait l’estomac. Il ne voulait pas de ça. « - Si elle ne l’avait pas fait avec moi, elle l’aurait fait avec un autre. » Répliqua-t-il, se moquant d’enfoncer le couteau dans la plaie. Sans réaliser qu’Il pouvait mal interpréter ses paroles. Il voulait simplement dire qu’Il n’était surement pas le premier qu’elle trompait, qu’Il n’était pas en cause. Convaincu qu’elle serait allée voir si l’herbe était plus verte de l’autre côté de la clôture tôt ou tard. Pas parce qu’Il n’était pas susceptible de lui apporter tout ce qu’elle pouvait espérer, mais seulement parce qu’être volage devait être dans sa nature dès le départ. A ranger dans la case des éternelles insatisfaites, prêtes à sacrifier ce qu’elles ont de plus précieux pour un instant de jouissance éphémère. Au même titre que lui, capable de miser sa fortune au poker au risque de perdre en une seconde ce qu’il avait mis des mois à amasser. Était-ce si fascinant de constater qu’il tanguait délibérément au bord du précipice ? Peut être pour un esprit détraqué par des années d’emprisonnement et de supplices.

« - Dis plutôt que tu ne le voulais pas. T’avais une occasion de te venger, et t’as pas pu la laisser filer. » L’entêtement du hacker à se raccrocher à la dernière lueur d’espoir, même infime, même rongée par l’obscurité, avait quelque chose de touchant. Et de profondément stupide. Nier l’évidence ne servait qu’à L’enliser davantage dans Ses névroses, qu’à aggraver les symptômes. Il ne faisait qu’accumuler, jusqu’à ce que la coupe soit pleine et qu’Il n’ait plus d’autre choix que d’exploser. Se brider ne servait qu’à s’affaiblir, et à force d’osciller sur le fil du rasoir, Il finissait tôt ou tard par s’y entailler jusqu’à l’os. « - T’as de la marge, oui. Et c’est justement ce qui fait de toi un idiot fini. » Siffla t’il, sans prendre la peine d’enfiler des gants pour rendre l’insulte plus agréable en bouche. Inapte à Le ménager. « - T’es pas encore un assassin, t’es juste un meurtrier car t’avais rien préparé, rien prémédité. T’as détalé comme un lapin, parce que t’avais pas les reins assez solides pour affronter le retour de flamme. T’aurais tout aussi bien pu te faire bêtement tuer si t’avais pas réussi à reprendre le dessus sur lui. » Sa voix se teintait de reproches, alors qu’Il pointait du doigt Ses erreurs et Ses défaillances. Il ne comprenait pas, ce qu’ils avaient tous, à se raccrocher autant à ce fardeau si encombrant : leur soi-disant humanité. Son frère, Adriel, Lui… ils se livraient au même combat intérieur. Luttaient pour ne pas devenir des monstres, et ne faisaient que souffrir vainement. Adeptes de l’auto-flagellation. Il avait renoncé à se débattre dans ces eaux âpres, avait compris qu’il valait mieux apprendre à nager dans les profondeurs que de risquer de se noyer dans la vase.

Sur le point de quitter la pièce, il ne put s’empêcher de retourner sur ses pas. De se rapprocher pour lui poser la question qui le harcelait. La machine dérayait, sourde aux signaux de détresse qui résonnaient pourtant à tue-tête dans chaque recoin de l’appareil. La faute au court-circuit qui venait de faire fondre les câbles électriques reliant son corps à son cerveau. Une défaillance inquiétante du système qui risquait de se résoudre de la manière forte : par un grand coup de poing dans la ferraille, visant à faire remarcher la bécane dans le bon sens. « - Ton psy ? J’espère que tu plaisantes. » Gronda t’il, renforçant son emprise de fer sur Sa peau diaphane. Il osait penser qu’Il ne s’agissait que d’une vulgaire blague, ne s’appuyant sur aucun fait vérifiable. Qu’Il n’avait pas l’idée complètement saugrenue d’aller consulter, et de déballer sa vie à un parfait étranger. De mettre en danger tout son réseau au profit du soulagement dérisoire qu’Il devait ressentir en laissant Sa langue se délier. Mais le connaissant, il savait qu’il y avait de fortes chances pour qu’il ne s’agisse que de la triste vérité.

S’attendait-il à une véritable réponse de Sa part ? Probablement pas. Il s’imaginait n’avoir droit qu’à un vulgaire haussement d’épaules, et pas ce qu’Il tente sérieusement de résoudre l’énigme. Il se surprenait à être suspendu à Ses lèvres, à boire littéralement Ses paroles quand il faisait d’ordinaire en sorte de Lui accorder le moins d’attention possible. A l’écoute du ton ronronnant avec lequel Il déclinait sans sourciller le catalogue de ses pires défauts. Il aurait du sentir une rage corrosive se déchainer dans ses tripes, remplacer le sang dans ses veines. Au lieu de ça, Il réussissait à l’électriser. Les lames du plaisir l’écorchaient, tailladaient en pièces les bribes de colère sur lesquelles elles glissaient. Il se serait frappé s’il avait pu, d’incarner en cet instant tout ce qui lui retournait les viscères. « - Tu es… déroutant. » Avoua-t-il dans un soupir, après un long silence. Il se montrait sincère, ne faisait pas preuve d’ironie. Kyran ne connaissait aucun énergumène tel que Lui, qu’il aurait volontiers étripé mais qui s’avérait paradoxalement impossible à détester. Insolite et attachant, Il représentait à la fois un animal perdu et éclopé qu’on prend en pitié, et un être plus captivant que n’importe quel autre. Ses prunelles polaires se fondirent dans Ses émeraudes envoutantes, comme si elles cherchaient à décortiquer la moindre nuance. Il se pencha légèrement, avant de se reprendre et de retirer la main qui trainait encore contre Sa gorge brûlante. « - Tu te trompes. Ya jamais aucune surprise avec moi, Aleksi. Je suis exactement ce que je donne l’impression d’être. Tu peux gratter autant que tu veux, toutes les couches sont identiques, ya aucun trésor enterré sous le fumier. » Il ignorait qui il cherchait le plus à convaincre. L’informaticien ou lui-même. Peut être bien les deux. « - Et tu l’as annoncé, t’as passé l’âge d’être fleur bleue. » Asséna-il, toutefois sans moquerie. Étrangement, il ne cherchait en effet pas à Le piétiner ni L’humilier comme il en avait tant l’habitude. Il tentait uniquement de Le mettre en garde, avant que le boomerang ne lui revienne en pleine figure et l’assomme pour de bon. Ainsi, Il ne pourrait pas prétendre qu’Il n’avait pas été prévenu.

Malgré lui, il se crispa lorsque Ses phalanges s’aventurèrent à déboutonner puis écarter les pans de sa chemise. Il se livra à l’examen minutieux sans broncher, les barrières de nacre serrées à s’en fracturer la mâchoire. Éprouvé par la lenteur avec laquelle Il traçait un sillon invisible le long de son ventre. Ses gestes restaient pourtant innocents, dictés par une curiosité déplacée mais pas malsaine. La sinueuse course lui arracha des frissons, de convoitise et de répulsion. L’armure de glace se fissurait à ce contact inhabituel et troublant, laissant se déverser de la lave en fusion contre son abdomen. Ce ne fut ainsi qu’au prix d’un douloureux combat qu’il resta parfaitement immobile. Soumis aux griffes qui raclaient ses plaies à vif. Une statue de cire qui fondait, fondait, jusqu’à embraser et liquéfier ses entrailles. Il échappa un râle de frustration lorsque les serpents fielleux abandonnèrent sa misérable carcasse. Le déguisa en gémissement d’affliction en appuyant sur la blessure comme si les assauts venaient de la relancer. Il ne la sentait en vérité plus réellement, tant la douleur ressentie était négligeable en comparaison de celle infiniment plus pernicieuse et honteuse qui lui déchirait le torse. Son interrogation le laissa interdit. Le força à farfouiller dans ses neurones pour en extirper un nombre à peu près juste. Au creux des géhennes, les anniversaires n’avaient plus aucune signification. Pour les damnés, le temps avait le goût amer de l’éternité. «  - Quel âge tu me donnes ? Fais attention à ce que tu vas répondre. » Une pirouette espiègle, avant de préciser : « Un peu moins de deux siècles, je crois. Quelle importance ? » Il n’était pas si vieux que ça, quand on le comparait à d’autres mages condamnés à errer dans les limbes.  

Il n’avait rien de joli, le lien singulier qui se tissait entre eux. Rien de pur, rien de romantique. Il n’était empli que d’un masochisme exacerbé, d’une passion maladive qui ne pouvait mener qu’à la déchéance et au chaos. Sans crier gare, le scandinave agrippa Sa nuque dans un étau dangereux. Le força à se redresser par la peau du cou, sans lâcher prise lorsque Ses cannes se redressèrent sous son impulsion et que Ses hanches se heurtèrent à son bassin. « - Tu te comporte comme un gosse. Qui jouerait avec la flamme d’un briquet à côté d’un bidon d’essence. Tu le sais pourtant, que ça va te sauter à la gueule tôt ou tard, mais tu persistes... » Le timbre rauque, entaillé par des débris de verre, il ne pouvait s’empêcher de vociférer contre Ses lippes. Son souffle haletant se mêla à celui du captif, et il ne put résister plus de quelques secondes avant d’agripper les tentatrices dans un mordillement. Il garda la lèvre inférieure entre ses dents. En testa la résistance avant de laisser sa langue se mêler à celle un peu trop pendue du finlandais. Rompu aux plaisirs de la chair, il se révélait terriblement gauche avec Lui. Inapte à savoir tout à fait où poser ses mains, comment atténuer la sauvagerie viscérale imbibée au moindre de ses frôlements lascifs. S’il n’était pas si barbare avec ses conquêtes féminines, le besoin de destruction se mêlait toujours étroitement à la luxure avec Lui. La pression exercée contre Sa nuque s’atténua, se muant en une caresse plus délicate à mesure que le baiser gagnait en ampleur. Il s’efforçait de verrouiller à double tour ses relents d’aversion, pour ne se concentrer que sur les trainées ardentes et délicieuses qui le retournaient et le ravageaient tout entier.

_________________
I've got blood on my name
There's a reckoning a'comin. And it burns beyond the grave. With lead inside my belly. Cause my soul has lost its way.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t876-kyran-chaos-isn-t

Féminin
↳ Nombre de messages : 5157
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Odds will betray you {pv.} /!\   Sam 1 Fév - 20:59


Elle l’aurait fait avec un autre. La bassesse de l’attaque me pousse à serrer les dents et baisser les yeux. La colère m’envahit, et pourtant, je le sais, qu’Il a raison. Mon cœur, lui, préfère entendre autre chose. Se persuader d’une toute autre vérité et s’enliser dans un mensonge grotesque. Une véracité factice où Il serait le seul fautif. Je clame ne pas chercher les promesses mielleuses et toutes ces autres manifestations de niaiserie affligeante, et pourtant je m’y enlise comme un parfait idiot. Me raccroche à un souvenir qui s’efface peu à peu. Ce que je pensais connaître avec Fanny n’était qu’une mise en bouche. Un échauffement avant de croiser Sa route. Encore une fois, je me dérobe. Et me crispe, agacé d’entendre une nouvelle vérité qui m’écœure et me rebute. Je n’attendais que cela, au fond, l’occasion de recroiser la route de ce monstre pour lui faire payer. Ils ont tous payé, il n’était que la douloureuse exception. Le cauchemar récurrent qui hantait mes nuits et me poussait à sursauter pour un rien. Mes névroses et ces affreuses angoisses ne vont pas s’arrêter. Je le sais. La blessure est trop profonde pour cicatriser. Trop ancrée à ma chair et trop à vif pour me laisser en paix. Ses reproches ne font que m’effleurer, et j’arrête de taper le sol du pied pour relever la tête dans Sa direction. « - Tout le monde n’a effectivement pas ton flegme et ton habilité à détruire l’existence de quelqu’un. J’ai l’habitude, d’échapper aux tentatives d’assassinat. Celle-là ne différait pas des autres. » Une de plus, une de moins. Ils finiront par y parvenir un jour, c’est certain. Mais pas maintenant. Je ne suis qu’un vulgaire virus, qui s’accroche avec frénésie à son existence et qui se refuse à l’abandonner. J’esquisse un sourire amer face à Sa question. J’aurais aimé plaisanter. Ne pas avoir encore besoin de passer du temps chez un type qui ne fait que hocher la tête à chaque fin de phrase. A lui raconter mon existence pour avoir l’impression ensuite d’aller mieux. « - Tu t’interroges réellement ? Ne t’inquiète pas, ton secret restera bien gardé. » Idiot peut-être, mais pas stupide non plus. Le filtre reste en marche durant les séances. Distille les pensées jugées publiques et celles qui doivent rester dans le domaine du privé. Le hacker et Son employeur font partis des choses que je me garde bien de révéler à qui que ce soit. A bien y regarder, la psychanalyse ne sert pas à grand-chose à ce niveau-là. Je suis le seul maître de mes pensées, et moi seul peut y avoir un libre accès. L’unique propriétaire de la clé de mes plus sombres secrets. Jusqu’à ce soir du moins. Avec ce qu’il vient de se passer, j’ai bien peur qu’Il ne vienne de récupérer une partie de cette maudite clé. Un juste retour des choses, quand je m’octroie le droit de fouiller dans Sa mémoire.

Je secoue la tête, fort peu convaincu par Sa tirade. Et comme Il vient de le faire, je sonde Son regard. Frissonne lorsqu’Il me libère de Son étreinte. Un brin frustré. « - Tu peux chercher à te convaincre avec tes mensonges et tes explications prémâchées, mais elles ne parviennent pas à me persuader. Tu tiens tellement à passer pour un tyran aux yeux des autres que tu as fini par croire à ton propre délire.  J’ai passé l’âge, et le romantisme fait franchement tâche pour un animal de mon espèce, mais je ne suis pas idiot. Et au fond, tu sais que j’ai raison. » Audace quand tu nous tiens. Lui avoir offert mon aide, et plus encore qu’Il l’ait accepté, me pousse à prendre des risques. Ma langue se délie d’elle-même et je me laisse tirer en avant par le flot de mots qui se brise contre mon crâne douloureux. Le sang frappe contre mes tempes, puis se fige. Ma respiration s’arrête, le temps d’un souffle et je cille. Incrédule, je ne suis capable que de Le fixer. J’étais prêt à répliquer. Plaisanter et bafouer Son si charmant égo. Mais ce qui a suivi Sa question me laisse littéralement sans voix. J’espérais quoi ? Que la réponse resterait dans les normes fixées par une vie humaine ? Peut-être, oui.

« - Un peu moins de… Aucune importance. Si, c’est important en fait... Deux siècles… » Je ne sais pas quoi répondre tant cette annonce me coupe le souffle. Choqué ? Peut-être un peu. Dérouté ? Très certainement. Je Le fixe, un instant, comme si je le voyais pour la première fois. Rien, hormis ce sang répugnant ne peut révéler le nombre d’années qui s’est échoué sur Ses épaules. Absolument rien. Ça n’a, en théorie, aucune importance. Mais il semblerait que pour moi, si. Sa seule présence ici, celle d’Ezra, de Sanjana, ébranle le restant de raisonnement cartésien qui perdurait dans les brumes de mes neurones. Je sursaute, bêtement, lorsqu’Il m’agrippe la nuque. Et je me laisse faire, prisonnier de Sa poigne, je n’ai d’autre choix que de laisser ma carcasse se heurter contre la Sienne. Je retiens mon souffle et reste suspendu à Ses mots comme un parfait imbécile. « - J’ai toujours aimé me trouver sur le fil du rasoir. Et quoi de plus logique que de persister quand la chose en vaut la peine ? » Ma conviction s’effondre. La fermeté de ma voix n’est plus qu’un leurre que je n’arrive plus à maintenir. La situation m’échappe, et Son comportement déconnecte mes derniers neurones encore en état de marche. Je fonds, littéralement. Me perd dans Son regard et malgré moi, mes hanches se glissent contre le Siennes. J’ai dit tout ce que je voulais dire. J’ai pris une liberté que je n’aurais pas due prendre en faisant cela. J’ai épuisé mon stock de répartie et cette proximité m’achève encore un peu plus. « - J’en suis un après tout. Comparées à deux siècles, trente pauvres petites années, c’est ridicule. » Je hausse les épaules, sarcastique. Mais l’apparente désinvolture vole en éclat. Détruite par Son souffle contre ma peau. Qui se mêle au mien. Et Ses lèvres contre les miennes. Je résiste, me crispe et par réflexe, je serre la mâchoire pour empêcher l’intrusion. Prêt à Le repousser. Une seconde. Puis une autre, avant de lâcher prise et de desserrer les dents. Le feu de Sa langue calcine la mienne, et en répand les cendres jusqu’à mes reins. Il hésite, je le sens. Et j’en esquisse un sourire qui meurt contre Sa bouche. Ma main cherche la Sienne, celle rester plantée là, inutile. Et la contraint à se glisser contre ma peau et s’échouer sur mes reins pour faire mourir encore un peu plus la distance entre nous. Mon audace me dépasse. Je marche sur un fil. Au milieu d’un champ de mine. Le moindre faux pas, et tout me sautera, effectivement, à la figure. Je Le frôle, m’agrippe à Sa nuque et inverse les rôles. Le contraint à reculer pour Le sentir buter contre le matelas et s’y échouer. Avant même que je n’en prenne pleinement conscience, je me retrouve à genoux entre Ses cuisses. Une main sur Sa jambe, l’autre fermement agrippée à Son cou. Si Kyran hésite, moi je me perds dans cette étreinte. Et prend les devants. Bouscule ce qui n’aurait dû être qu’un égarement d’un instant. J’ai fait l’erreur une fois, je refuse de la commettre une seconde fois. A bout de souffle, mes lèvres se détachent des Siennes. Et s’en éloignent.

« - Tu voulais vérifier encore une fois quel effet cela peut faire sans l’ivresse ? » Je le lâche dans un souffle. Moqueur au possible, je laisse un franc sourire se coller sur mes lèvres. Le premier, depuis bien longtemps. Mes sourires sont, pour la plupart, factices. Forcés ou alors emplis d’un amusement de façade. Avec ce qu’Il vient de faire, les barrières tombent un peu plus. Je laisse tomber les briques qui encerclent mon cœur. Et je prends le risque de me retrouver à découvert devant quelqu’un. Devant Lui. « - Il semblerait que je ne sois pas le seul à jouer avec un briquet un peu trop près d’une flamme. » Je me mords la lèvre, regrettant presque aussitôt ce que je peux venir de dire. Craignant de Le voir faire machine arrière à cause d’une vulgaire boutade. Mes lèvres frôlent le coin des Siennes, avant que je ne m’en éloigne légèrement. Suffisamment pour sonder la glace de Ses prunelles. On m’a appris à me taire. A garder enfouit dans mes entrailles, mes plaintes et ma douleur. Les soupirs de plaisirs restent eux aussi coincés dans ma gorge. Bloqués par ce réflexe immonde qui me dévore encore de l’intérieur. Kyran se rapproche, frôle ma bouche mais je L’empêche d’aller plus loin en posant ma main contre Sa gorge. Je joue avec Ses nerfs, j’attise les braises contre Ses reins et en même temps je me protège. J’agissais de la même manière avec Fanny. L’abandon n’est jamais total, pas lorsque les choses deviennent plus sérieuses. Je me braque et retrouve mes réflexes de simple jouet. Forgé dans le sang et les larmes, mes dernières véritables étreintes avec un homme remontent à mon adolescence. Et les autres m’ont brisée, et continuent de me dicter ma conduite dans les moments d’intimité. Je feins l’assurance, je crois savoir ce que je suis en train de faire, et pourtant j’ai l’impression que c’est une première pour moi. Mes doigts frôlent Son entrejambe, indécents, remontent contre Son ventre et tremblent. De désir. De crainte. J’ai peur que l’égo et l’aversion centenaire ne reviennent sur le devant de la scène. J’en ai horreur pourtant, de ces gens et de leur préjugés. De ceux qui tremblent devant ce qui peut paraître malsain ou contre-nature. Les courbes d’un corps de femme me fascinent, c’est vrai, mais des lignes masculines m’électrisent totalement. En plein vol, ma main se fige soudain. Et mes phalanges, encore douloureuses, se crispent contre Sa nuque. Je fronce les sourcils et mon regard se perd dans le vague. Je commence alors à douter. A me convaincre que Son comportement a un rapport avec ce qui a pu se passer. Ce qu’Il a vu. Ma déchéance et ma crise de nerfs. La prise de conscience me pousse à tourner vivement la tête vers le norvégien et à le regarder droit dans les yeux.

« - Ne fais pas ça… Pas si c’est par pitié. Je n’ai pas besoin de ton indulgence. » La pression contre Sa gorge s’amenuise. Je m’échappe, bats légèrement en retraite. Et une fois encore, je ne sais quoi penser. Les traces du calvaire sont toujours là, me hantent et parviennent à réfréner le brasier de mes reins. Ma raison m’implore d’arrêter là cette folie. Mon cœur, lui, me hurle de continuer. De me brûler la peau contre la Sienne. D’oublier tous les autres, ainsi que Fanny, et de n’avoir que le goût de Lui sur ma bouche et mon corps.

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Féminin
↳ Nombre de messages : 8397
↳ Points : 339
↳ Date d'inscription : 31/08/2013
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jonathan Rhys-Meyers
↳ Age du Personnage : 37 ans d'apparence, 177 ans en réalité
↳ Métier : Mafieux influent, fondateur de la Nemesis
↳ Opinion Politique : Anti-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 3
↳ Playlist :
THE ROLLING STONES - satisfaction | PUSCIFER - the undertaker | 30 STM - the kill | PAPA ROACH - getting away with murder | DEPECHE MODE - wrong | LINKIN PARK - castle of glass | IMAGINE DRAGONS - shots | THE KILLERS - shot at the night | HURTS - somebody to die for | BLACK LAB - this night

↳ Citation : « Nous sommes tous frères sous la peau, et j'aimerais écorcher l'humanité pour le prouver. »
↳ Multicomptes : Nymeria C. Grimes & Rhys Steinsson
↳ Couleur RP : Navajowhite



Feuille de perso
↳ Copyright: Cyrine & Pathos & Tumblr
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Odds will betray you {pv.} /!\   Dim 9 Fév - 21:18

Ton secret restera bien gardé. Il ne cherche même pas à nier. Il ne tente pas de mentir, de protéger un pan de son intimité. Il reconnait à demi-mots les faits, les étale comme une évidence devant ses pupilles courroucées. Son flegme ne manque pas d’irriter le norvégien, qui lui aurait déjà asséné une redoutable correction dans d’autres circonstances. La colère se contente toutefois de caresser ses côtes, de tendre ses muscles sans pour autant que les cordes cèdent. L’aveu le contrarie fortement, mais il ne parvient étrangement pas à Lui en vouloir. Il ne peut s’empêcher de se demander si le professionnel est réellement efficace, suffisamment pour saboter le travail qu’il effectue sur Lui. Celui qui vise à Le briser, à faire surgir la bête noire nichée dans Son cœur pour mieux le pervertir et le pousser au crime. Si le tyran espère que non, tout au fond de lui, il apprécie à sa juste valeur ce garde-fou. Il sait que réussir à faire de Lui un véritable monstre, dénué de scrupules et de morale, porterait un coup redoutable à l’attachement qui l’emprisonne dans ses filets tortueux. Le tueur impulsif le fascine, mais c’est l’humain qui le fait frissonner.  « - Et tu crois vraiment que je vais me contenter de ta parole ? Tu rêves en couleurs. Il est hors de question que tu y retourne. »  Ordonne t’il. Un avertissement qui n’a pas intérêt à tomber dans l’oreille d’un sourd. Il ne peut pas prendre un tel risque, Lui faire confiance alors qu’une erreur est si vite arrivée. Il ne peut pas, c’est au dessus de ses forces. Tout son être se crispe à la simple idée qu’Il pourrait balayer une entreprise qu’il a mis des mois à construire, même inconsciemment, si Sa langue fourchait.

Les mots se bousculent contre ses tympans, brossent un portrait de lui bien trop flatteur pour s’appuyer sur une quelconque réalité. Aleksi refuse d’entendre, que sa misérable existence n’est teintée que par le chaos et la désolation. Il dresse un plaidoyer en sa faveur que le malfrat est absolument certain de ne pas mériter. Et réchauffe sans en avoir l’air l’organe tapi dans sa cage écarlate, qui le martyrise sans vergogne. Ne pas se faire traiter de salaud, rien qu’une fois. Être considéré comme un homme à part entière, et non comme un bourreau assoiffé de haine. Il avait oublié quel effet ça faisait. Si sombre qu'il absorbe tout espoir. Toute lumière. Il ne reste rien autour de lui. Le finlandais est le seul à voir l’étincelle qui vacille encore dans l’obscurité. Infime, dérisoire. Mais existante. « - T’es encore plus atteint que ce que je craignais… » Susurre t’il, un sourire vaguement amusé affiché devant de tels élans d’idéalisme, presque lyriques. « - Il faut croire que tu ne reçois pas assez de mauvais traitements de ma part. Je devrais peut être songer à faire renforcer l’acier de tes barreaux et à remettre les séances de torture à l’ordre du jour. » Il plaisante à peine. On lui a appris qu’il n’était possible de soumettre quelqu’un que dans le sang, les injures et les armes. La naïveté singulière de l’informaticien le touche autant qu’elle le met mal à l’aise. A trop relâcher son emprise sur Lui, il commence à redouter qu’Il ne trouve une brèche et s’y engouffre.

Un peu moins de deux siècles. L’annonce fait son petit effet. Celui d’une bombe. Plus dérouté par son âge réel que par les horreurs qui ont pu traverser Ses émeraudes lorsqu’Il a aspiré son énergie. Lorsqu’Il est entré par effraction dans les méandres de son crâne détraqué. Dans ses ténèbres si particulières et souvent incompréhensibles. « - En Enfer, le temps ne s’écoule pas de la même manière. » Lui confie-t-il simplement, en haussant les épaules. Incroyablement court et atrocement long. Le paradoxe temporel des géhennes qui l’ont écorché vif. « - T’aurais été bien malheureux, sans tous tes gadgets pour t’occuper. » Un franc sourire écorne ses babines, en imaginant ce qu’Il aurait pu faire à son époque. Sans toutes ces merveilles de technologie pour frétiller joyeusement sous la pulpe de Ses petits doigts. Cela n’aurait surement pas été un fléau. Il ne serait pas passé par la case prison. Son innocence ne lui aurait pas été arrachée impunément dans ces geôles putrides. Mais à n’en pas douter, la fatalité aurait bien trouvé autre chose pour Lui pourrir la vie. Poète raté, musicien maudit, ou gamin trop frêle pour seulement survivre aux épidémies décimant la population, Il n’aurait probablement pas été beaucoup mieux loti.  

Son univers de givre se met soudainement à fondre, à s’égoutter autour d’eux. Il ne sent plus que ce désir viscéral qui palpite au creux de ses entrailles, et qu’il voudrait parvenir à pulvériser dans son poing serré. Plus il cherche à lutter contre, plus il s’éparpille et prend de l’ampleur. La carapace éclate, explose en milliers de morceaux tranchants. Mais masochiste, il étouffe sous le joug de pulsions impérieuses et en redemande. Ses sphères d'acier ancrées aux Siennes, Il l’attire brutalement contre lui. Laisse ses hanches brûler avec une hargne difficilement contenue celles du captif. Désir et violence hurlent dans la moindre parcelle de son épiderme leur douloureuse litanie, et il ne fait plus la différence. « - Encore une de ces théories fumeuses dont tu as le secret ? Tes délires sont nuisibles pour ta santé, t’en as conscience n’est ce pas ? » Se moque t’il ouvertement, taquin, tout en distillant au passage une mise en garde. Céder maintenant risque fort d’être de mauvais augure pour plus tard. Il n’assume pas l’attirance entêtante qui le bousille de l’intérieur, ne le fera sans doute jamais. Et lorsqu’il faudra trouver un coupable aux remords acides et aux relents morbides qui se déverseront dans sa trachée, Il sera le seul sur la ligne de mire. « - Tu marques un point. » Un murmure en réponse à Sa raillerie, avant de laisser ses lèvres se fracasser contre les Siennes et sceller leur déchéance à tous les deux. Le dissuadant à sa manière de répliquer. Passion et sauvagerie s’entremêlent étroitement alors que sa langue s’efforce de faire ployer les barrières de nacre qui restent serrées. Un râle de plaisir s’échappe de sa gorge lorsqu’il y parvient enfin, et le contact lascif l’électrise littéralement. Il s’empare des tentatrices comme si c’était vital. Comme si plus rien d’autre ne comptait. Comme un naufragé au bord de l’asphyxie qui s’accrocherait désespérément à son dernier souffle. La respiration rauque, erratique, il sent une dague invisible transpercer ses poumons mais rechigne à lâcher prise. Maladroit, c’est avec un certain soulagement qu’il Lui permet de prendre les devants. Les serpents encore libres se retrouvent plaqués de force contre Son bassin. Raides, fébriles, il leur faut un moment avant de renouer avec un simulacre de sensualité et de se faire plus entreprenants. Les vils curieux se rassérènent un instant de la chaleur de Ses reins avant de remonter sous Son haut, à même la chair voluptueuse de Son échine. Avant d’avoir pu reprendre le contrôle, les rôles s’inversent et il bascule en arrière. L’empressement furieux de Ses gestes le soumet à Ses caprices fiévreux et il s’étonne du naturel confondant avec lequel Il domine la situation.

Un soupir acerbe se perd contre Sa bouche lorsqu’Il s’en écarte furtivement pour fanfaronner, et les doigts accrochés à Sa nuque se contractent dangereusement. Le hacker n’a pas la victoire modeste, ou en tout cas, pas muette. « - Et si tu m’épargnais tes sarcasmes ? » Suggère-t-il, sur un ton empreint d’une pointe d’agacement. Mauvais perdant. « - J’ai suffisamment envie d’aller m’enterrer sans que tu en rajoute. Fais-moi une faveur et abstiens-toi de ce genre de commentaire. » Il ne Le ménage pas, qu’importe si son aversion flagrante Le vexe. La crainte qui se lit dans l’azur de Ses prunelles parvient cependant à l’adoucir, et c’est avec une tendresse dont il se croyait incapable que le scandinave rompt à nouveau la faible distance qui les sépare. Ses lippes esseulées effleurent leurs compagnes de jeu comme une vague mais ne parviennent cette fois pas à s’en emparer. Aleksi l’éloigne légèrement, capture son cou avec une pression tendre mais imparable. Un spasme meurtrier lui déchire l’abdomen lorsqu’Il frôle avec indécence son bas-ventre. Il retient son premier réflexe, Lui broyer les os métacarpiens, pour ne se concentrer que sur le frisson qui remonte délicieusement sa colonne vertébrale. Quasiment prêt à abandonner la réserve qui le cloue au pilori, c’est contre toute attente l’ancien détenu qui fait machine arrière. Les mots décampent, mettent en relief les craintes qui L’assaillent. Il a brusquement une forte envie de Lui intimer de la boucler, et de garder Ses doutes pour Lui. Il a déjà tellement de mal à se libérer et à accepter cette part de lui qui l’oppresse, il n’est pas en mesure de convaincre son partenaire de surcroit. Peu à peu, la possibilité de décamper germe dans son esprit et il sent qu’il ne va plus pouvoir l’ignorer. Pas franchement connu pour être un cérébral, Il force pourtant la brute à réfléchir et l’amène inévitablement à se braquer.

« - Putain t’es pire qu’une femelle, à avoir constamment besoin d’être rassuré. S’il faut te conter fleurette pour arriver à te décoincer, je crois que t’as misé sur le mauvais type. » Et sa voix tranche, rugit, crache. S’apparente à du cristal gelé. Il repousse Sa carcasse maigre comme un clou contre le matelas et se lève d’un bond. Tire sur les pans de sa chemise en tentant laborieusement de la refermer. « - Tu m’as bien regardé ? Tu t’imagine réellement que t’effondrer en larmes, ça suffirait pour… » Il achève son interrogation d’une grimace, plus éloquente que n’importe quel propos injuriant. Froisser les draps d’un mâle le débecte profondément, et pourtant il n’a jamais désiré personne avec autant d’ardeur. Il les sent, ces sillons incandescents qui se creusent inexorablement en lui et le consument sournoisement. Il n’aspire qu’à orchestrer sa propre destruction, à s’enchainer à cette proximité prédatrice et entêtante qu’il ne peut que frôler. Doté d’une paire de mains gauches, il renonce finalement à s’occuper des boutons réfractaires et se dirige vers la porte de sortie. Non sans Le gratifier d’un grognement de mécontentement.

L’ours mal léché s’immobilise néanmoins devant le panneau de bois, réalise l’énormité de sa conduite. Hésitant, ses tremblements de frustration ont raison de lui et il finit par verrouiller la serrure. Retourne vers le lit sans en mener large et remonte dessus, à genoux. « - J’aurais pas du m’emporter… » Ce n’est qu’un bruissement, qui sonne faux à ses oreilles tant il a pu perdre l’habitude de présenter des excuses. Prenant en coupe Son visage, un baiser éphémère s’échoue contre les assassines. Il dérive suavement vers Sa joue, sinue le long de la ligne de Sa mâchoire. Dévore Sa peau diaphane. « - Je ne pourrais pas faire ça pour te consoler d’une sale journée. Tu devrais être au courant à force de travailler pour moi : la pitié m’est étrangère. Et quand bien même, il faudrait me faire un sacré lavage de cerveau pour que je l’exprime d’une telle manière… » Supposer le contraire est absurde, il ne comprend même pas comment Il peut avoir besoin d’être rassuré sur la question. Ses phalanges indociles reprennent leur exploration malsaine. Agrippent et froissent le tissu maculé de sang qui Lui recouvre le torse pour le retirer et le jeter par terre. Retrouvant une position allongée, il cesse enfin de se débattre avec lui-même. Ses phalanges rugueuses défont la boucle de sa ceinture, avant de se figer en plein vol et de s’apposer contre Son ventre nu. En attente de Son consentement. Il refuse de se comporter comme ces raclures qui Lui ont infligé d’effroyables sévices, de L’accaparer pour qu’Il en ait la nausée ensuite. Et sans s’en rendre totalement compte, Kyran grelotte comme un parfait débutant. Harcelé par les martèlements revêches de son palpitant.

_________________
I've got blood on my name
There's a reckoning a'comin. And it burns beyond the grave. With lead inside my belly. Cause my soul has lost its way.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t876-kyran-chaos-isn-t

Féminin
↳ Nombre de messages : 5157
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Odds will betray you {pv.} /!\   Mer 12 Fév - 21:20


L’ordre me fait esquisser un infime sourire. Je l’ai bien entendu, mais je ne serais pas capable de me plier à Sa volonté. Pas lorsque je ne parviens même pas à ébranler la mienne. J’ai tenté pourtant, d’arrêter ces séances quotidiennes. De me persuader qu’elles ne m’apportent rien si ce n’est des occasions supplémentaires de ressasser mes pires souvenirs. J’en ai besoin. Tout comme j’ai besoin de l’informatique. De ces substances malsaines qui me détruisent les neurones. Tout comme j’ai besoin de Sa présence. Je suis un assemblage de dépendances. Et plus je tente de me défaire de l’une d’entre elles, plus elle devient puissante. Et Il représente ma plus belle addiction. La plus dangereuse aussi. Je me contente d’acquiescer, préférant garder le silence plutôt que dire quelque chose qui pourrait Lui faire comprendre que je n’ai aucunement l’intention de jouer à l’employé modèle. Il n’a pas tort. Depuis ma dernière véritable fugue, la tension sur la laisse est devenue moins étouffante. Il parvient encore à me pousser à la prudence lorsque Ses accès de colère me frôlent d’un peu trop près. Mais la peur qu’Il pouvait m’inspirer les premiers temps est en train de s’effacer. Je n’aurais certainement pas dû chercher à lire entre les lignes. Et me contenter de cette façade qu’Il offre à n’importe qui. Mais ce n’était pas suffisant, pas pour moi. C’est une nécessité, de m’assurer que tout ce qu’Il prétend être n’est pas totalement vrai. Les faux semblants sont faits pour être démantelés. Et plus je reste à Ses côtés, plus j’en profite pour dénouer les fils qui forment Sa personne. C’est une habitude chez moi, de m’introduire dans les systèmes les plus sécurisés. Celui du Gouvernement ou le Sien, ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils ne s’effondrent. « - C’est à force de trop te fréquenter. Si tu penses que cela peut changer quelque chose... » La provocation teinte ma voix. Et mon aplomb de téméraire suicidaire revient sur le devant de la scène. Si son interdiction de revoir mon thérapeute est tombée dans l’oreille d’un sourd, je doute que mes paroles Lui échappent. Et je m’attends déjà à en subir les conséquences dès qu’Il aura quitté ma chambre.  

Comment peut-il me répondre une chose pareille avec une telle simplicité ? Je n’ai jamais cru à ces notions de paradis et d’enfer. Je n’ai jamais cru en une entité supérieure non plus. Trop rationnel pour cela peut être. Une fois encore, Il est en train de remettre en cause tout un jugement. Vingt-sept années de croyances qui s’effondrent. Et, aussi stupéfiant soit-il, ce simple fait me pousse à Le trouver d’autant plus fascinant. « - En Enfer… » Le murmure est évasif. Enoncé plus pour moi que pour Lui. « - Qui te dis que j’aurais réussi à rester en vie suffisamment longtemps pour connaître l’ennui ? » J’ai survécu à l’enfer carcéral. Pendant dix ans. Une année, voire deux de plus, et j’aurais certainement abandonné la lutte. Alors dans les géhennes, je ne donnerais pas cher de ma peau.

« - Délires, drogue, alcool… Si je devais faire la liste de tout ce qui peut être mauvais pour ma santé, je serais bien vite à cours de papier. » J’accompagne la parole d’un haussement d’épaules, comme si c’était une évidence. C’en est une. Je me perds dans les excès sans réellement faire preuve de prudence. Et j’ai parfois l’impression qu’Il me pousse en avant. Exacerbe mes passions les plus sombres pour que je m’y perde totalement. Même si mes meurtres ont quelque chose de jubilatoire, ils me répugnent bien plus encore. Je me surprends à jouer les marionnettistes. A provoquer, au lieu d’attendre que la provocation arrive. Je ne comprends toujours pas pourquoi Il a lancé les dés si la chose l’écœure autant. Un mystère qui m’échappe totalement, et me pousse à calmer les brasiers qui me consument les reins. Le doute achève d’étouffer les cendres. Mes sourcils se froncent et un brin de colère vient se frotter contre ma langue. Repoussé sans ménagement, je Le scrute. Puis Le toise, profondément touché par Ses mots et plus encore, par la grimace qui les accompagne.  

« - Pire qu’une femme… non mais tu t’es vu ? C’est toi qui a besoin de te trouver des excuses pour pouvoir lâcher prise. Je ne suis pas celui dont les désirs sont sources de honte. » Mes nerfs se déchirent, et ma voix se brise sur des notes hargneuses. C’est à moi, cette fois, d’ajouter une infime touche d’antipathie sur mes traits. Aussi visible que le nez au milieu de la figure, Il est le seul qui ne voit rien. Cela m’agace, fortement. Me mine aussi au fond.

Tu devrais apprendre à te taire, tu auras de gros ennuis si tu continue. Combien de fois m’a-t-on répété cela ? Trop de fois. Et je m’en foutais éperdument. Je continu de ne pas en tenir compte mais cette fois, j’aurais vraiment dû garder mes pensées enfermées à double tour dans mon crâne. Je le regarde s’échiner avec les boutons de Sa chemise. Suis du coin de l’œil Son trajet jusqu’à la porte. Je serre les dents pour éviter de dire encore quelque chose de stupide. Pour éviter de chercher à Le retenir. Préférer la fuite, cela rend les choses tellement plus simples au fond. Je ne peux Le blâmer de choisir cette option plutôt qu’une autre. Le clac de la serrure qui résonne dans la pièce me fait frissonner. Ravive de mauvais souvenirs et me pousse à me recroqueviller sur moi-même. J’ai froid. Son absence dévore ma peau et laisse des doigts de glace courir le long de mes membres. Le malaise s’installe à nouveau et ce silence pèse lourdement sur mes épaules. Je Le regarde revenir, haussant un sourcil tant les mots qui se percutent contre mes tympans me surprennent. Ce n’est qu’un simulacre d’excuse mais venant de Sa part, l’assemblage devient une véritable justification. Qui me laisse totalement interdit et fait saigner mon cœur. « - Je n’aurais pas dû te provoquer. » Le manège de Ses lèvres contre ma peau me détruit. Me bouleverse et m’électrise. Je perds le fil de mes pensées et doit faire un effort pour les rassembler. « - Ni ce soir, ni le premier. C’était s… » Stupide. Je ne parviens pas à achever ma phrase. La chaleur de Ses baisers me prend à la gorge. Elle se serre, se contracte au même titre que mes entrailles. La fin de ma tirade s’est vue détruite par ce qui aurait dû être un soupir de plaisir. Silencieux, il s’échoue contre mes lèvres et je penche la tête en arrière pour L’inciter à continuer.

C’était idiot de dire une chose pareille. J’en ai conscience. Quelques mois en Sa présence furent suffisants pour que je le constate. Je ne sais pas ce qui m’a pris d’hésiter de la sorte. Je ne sais pas vraiment ce qui m’arrive ce soir à vrai dire. Tout me paraît irréel. La partie de cartes, l’ancien bourreau, le meurtre et maintenant ça. Le temps s’est arrêté, figé dans un espace diamétralement opposé à ce qui est normalement ma réalité. Je ferme les yeux, et me laisse faire, docile. Frissonne lorsque je me retrouve privé de mon t-shirt. Un brin gêné d’être ainsi en partie exposé à Son regard. Son immobilisme et le contact de Sa main contre mon ventre me pousse à retrouver la vue. Mon regard serpente malgré moi le long de Son abdomen, effleure du bout des cils les traces qui ornent Sa peau avant de s’ancrer à Ses pupilles. Je ne comprends pas immédiatement ce qu’Il attend. Pense que cette hésitation vient de lui et non de moi. La surprise se glisse sur mes traits lorsque que je réalise que c’est bien moi la cause de cette incertitude. J’ouvre bêtement la bouche et la referme aussitôt. Dominé, massacré, forcé, que l’on s’inquiète de mes désirs n’est plus une chose à laquelle je suis habitué. Cette considération soudaine me coupe la langue. Pousse mon cœur à hurler avec plus de hargne contre ma poitrine et j’en frissonne de plaisir. La pitié m’est étrangère… Je me mords la langue pour ne pas Lui faire remarquer, qu’une fois encore, il a eu tort, et à la place, j’esquisse un tendre sourire. Je me redresse légèrement, suffisamment pour me rapprocher de Lui et caresser la peau de Son cou du bout des lèvres. Toujours douloureux, mes doigts achèvent de défaire Sa ceinture, et l’envoient balader dans un coin de la pièce. Pour continuer ensuite leur tâche avec Son jean, et le faire glisser sur Ses hanches. Je lui interdis de toucher mes lèvres. C’est un refus catégorique qui ressurgit du néant. Dans ces moments, je suis présent et à la fois absent. Fanny n’a jamais compris ce qui me poussait à être aussi distant. Elle n’a jamais vraiment cherché à le faire non plus. Elle savait pourtant.

Indociles, mes phalanges sont incapables de rester en place. Inaptes à résister à la tentation qui s’offre à elles, elles se glissent contre Sa peau. Et le contraignent à reposer sur le dos, mes cuisses en profitant alors pour emprisonner Ses hanches. Ma bouche continue de brûler Sa peau. Incendie Sa gorge pour glisser contre Son torse. La chemise ne dissimule plus rien, et me permet de parcourir Son corps sans le moindre mal. La sensualité à fleur de peau, je caresse du bout des doigts les cicatrices qui ornent Sa poitrine. Les effleurent ensuite du bout des lèvres. Je m’aventure jusqu’à Son ventre, et fait subir le même sort à chaque stigmate que je peux rencontrer. Je trouvais les marques qui ornent ma chair affreusement dérangeantes, elles ne sont rien en comparaison de celles qui se glissent sous mes yeux. Les mots n’atteignent plus ma bouche. Se forment et restent emprisonnés dans mon crâne. La machinerie fonctionne pourtant à vive allure. Distille des tonnes de questions qui ne trouveront pas de réponse. Pas maintenant du moins. Une part de moi se doute de leur origine. Et une autre s’en fiche totalement. Trop absorbée par ce qui s’offre à elle, elle en oublie tout le reste. Mon exploration s’arrête avant d’atteindre les limites fixées par le semblant de pudeur qui reste en travers de ma route. Je retourne me perdre contre la chaleur de Sa gorge. Cherche à nouveau Ses mains pour les poser sur ma taille. Je ne fais qu’effleurer Ses lèvres, y reste suspendu pour que nos souffles se mêlent. Et je m’échappe à nouveau lorsqu’Il tente un rapprochement. Lascifs, mes reins ondulent contre Ses hanches. S’y collent lorsque j’abandonne mon rôle de tortionnaire et bascule, l’entraînant dans ma chute pour inverser les places. Le malaise et la gêne perdurent. Et malgré la sensualité qui se dégage de mes gestes, la retenue reste bien ancrée à ma chair. Sa chemise finit par achever son existence sur le sol, terrassée par l’obstination de mes phalanges. Ils effleurent Ses épaules, puis finissent par s’y accrocher. Par crainte de perdre pied peut-être. Sûrement. L’abandon et tout ce qui peut l’accompagner, me terrifient totalement. Je ne peux plus faire machine arrière. Le feu qui dévore mes reins et s’insinue dans la moindre fibre de mon être, est bien trop intense pour pouvoir s’éteindre aussi facilement. Je n’en ai pas envie de toute manière. La peur est liée à l’inconnu. Et bien qu’ayant déjà goûté à la saveur d’un homme, cette étreinte reste une parfaite découverte pour moi.

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Féminin
↳ Nombre de messages : 8397
↳ Points : 339
↳ Date d'inscription : 31/08/2013
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jonathan Rhys-Meyers
↳ Age du Personnage : 37 ans d'apparence, 177 ans en réalité
↳ Métier : Mafieux influent, fondateur de la Nemesis
↳ Opinion Politique : Anti-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 3
↳ Playlist :
THE ROLLING STONES - satisfaction | PUSCIFER - the undertaker | 30 STM - the kill | PAPA ROACH - getting away with murder | DEPECHE MODE - wrong | LINKIN PARK - castle of glass | IMAGINE DRAGONS - shots | THE KILLERS - shot at the night | HURTS - somebody to die for | BLACK LAB - this night

↳ Citation : « Nous sommes tous frères sous la peau, et j'aimerais écorcher l'humanité pour le prouver. »
↳ Multicomptes : Nymeria C. Grimes & Rhys Steinsson
↳ Couleur RP : Navajowhite



Feuille de perso
↳ Copyright: Cyrine & Pathos & Tumblr
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Odds will betray you {pv.} /!\   Lun 17 Fév - 21:30

La taquinerie érafle son oreille, y tombe comme une grenade. Le bruit de la détonation le rend sourd l’espace de quelques secondes, mais il affiche néanmoins un sourire qui sonne faux. Proprement, sans vacarme, son univers s’écroule et s’affaisse sur lui-même. Du travail net, clair et précis, qui tranche avec le monstrueux capharnaüm qui règne à l’intérieur de lui. A force de trop te fréquenter… Il a l’affreuse impression d’entendre son frère s’exprimer, les reproches et la froideur en moins. Toujours là pour le juger en chien de faïence. Pour le faire s’interroger sur le barbare infréquentable qu’il est devenu. Cette brute épaisse commandée par un cerveau malade. L’amour fraternel ne préserve pas de la déception, ni de l’aversion. Ezra le lui a suffisamment répété pour qu’il finisse par l’intégrer. Qu’il devait être évité à tout prix, comme la peste. Qu’il ne savait qu’entrainer tous ceux qu’il pouvait le côtoyer vers le fond. Mortellement contagieux. Une coquille vide dont le miroir renvoie inlassablement une image toujours plus difforme et obscène. Il devrait s’être accommodé de cette remontrance récurrente. Au lieu de ça, elle le frappe de plein fouet. Lui fait l’effet d’une crosse de revolver, heurtant sa tempe avec une violence démesurée. D’un boomerang, qui va et vient, mais finit toujours par lui revenir en pleine gueule. Il ne prend pas la peine de relever l’offense. Ni de se défendre ou de protester. Il se contente d’encaisser le coup, plus bas qu'Il ne devait l’imaginer, et de serrer les dents. Il ne veut pas penser à son cadet, pas maintenant. Ainsi, il préfère de loin troquer ses souvenirs douloureux contre d’autres. Ceux de son séjour à Darkness Falls. « - C’est une façon de parler. » Énonce-t-il avec une certaine nonchalance. Il ne s’attendait pas à Le troubler autant avec ses révélations, qui n’en sont finalement pas vraiment. « - Comment veux-tu mourir lorsque tu es déjà mort ? C’était justement ça, la véritable punition. » Ne pas trépasser, jamais. Un pantin mécanique, hanté par des démons et inapte à trouver le repos. Doté de ficelles tirées par un marionnettiste à l’humour un brin étrange et sordide. Se faire déchirer en pièces, mais toujours survivre. Abominable sentence dont le poison s’infiltrait dans toutes les plaies pour mieux les lacérer et les rendre réfractaires à la moindre guérison.

Il n’a pas le temps de réfléchir, de peser le pour et le contre, que déjà ses lèvres se pressent contre les Siennes. Voraces, elles en déchirent l’armure fragile. Les dévorent à mesure que le baiser devient plus charnel. Il en redécouvre la saveur singulière sans l’ivresse, sans la colère. Sans rien d’autre que cette envie impérieuse qui lui creuse les entrailles. Emporté loin des rivages familiers, loin de là où il a pied, la voix hachée d’Aleksi le ramène pourtant brusquement à la réalité. Il bat en retraite. Le force à mettre des mots sur ce qu’ils sont en train de faire alors qu’il veut à tout prix se détacher de toute explication. Il y pensera plus tard, d’ici quelques heures. Il préfère se concentrer sur la montée en apothéose plutôt que sur la fin abrupte, qui va le casser en mille. Il ne veut pas assumer, analyser le feu insatiable qui incendie ses viscères et le liquéfie sur place. Il n’aspire qu’à finir en cendres. Prêt à sauter dans ce vide vertigineux et abyssal, à la merci de Ses caresses, il se fait rudement tirer en arrière. Et se demande soudain comment il a pu rester les yeux fermés et songer à se jeter dans les bras de l’inconnu. Les répliques acerbes claquent dans l’air, et il redevient cette boule de nerfs qui ne sait que cogner et gronder de fureur. Comme un animal apeuré, il se découvre un instinct de survie insoupçonné. Envisage une ultime ruade vers l’extérieur avant qu’il ne soit trop tard. Il y a cette bombe logée en lui dont le décompte a déjà débuté et qui menace de le faire imploser. « - Au moins je ne me retrouve pas à couiner et à faire des simagrées quand j’obtiens enfin ce que je veux. L’allumeuse de bas-étage couplée à la pleureuse trop sentimentale, vraiment t’as tout ce qu’il faut, les atouts de charme en moins. » Persifle t’il cruellement, avant de se diriger vers la porte dans l’optique de la claquer et d’oublier qu’il a failli pousser bien trop loin le vice.

Le cœur en tenaille, des pics de glace en travers des côtes, Kyran ne peut toutefois se résoudre à partir comme ça, sur une note si désastreuse. Il n’y arrive pas, et il retourne en arrière. Il tente d’estomper sa méchanceté gratuite par des marques de tendresse. Par des excuses pâteuses et délavées. C’est l’avantage de se comporter comme un salaud fini aussi souvent qu’on respire. On en attend tellement peu de vous qu’on se contente de miettes, de simulacres de justifications. Trois pauvres mots maladroitement alignés suffisent, parce qu’on s’est hélas habitué à bien moins fourni et valorisant que ça. Parce qu’une telle prise de conscience, même pathétique sur la forme et dérisoire sur le fond, tient déjà du miracle. De l’inespéré. Le finlandais se laisse faire, et Il ne devrait pas. Il le pensait, ce qu’il a affirmé lors de Sa dernière fugue : Il mérite infiniment mieux que ça. Mieux qu’une fiancée de fortune, mieux qu’un tyran sans ouverture d’esprit. Pire encore, Il trouve le moyen de prendre tous les torts. Et quelque part, le malfrat de mauvaise foi estime que c’est normal. Que c’est Lui qui l’a alpagué dans ce bar, qui l’a enivré sans vergogne pour l’entrainer vers l’ombre. Et qui depuis, hante chaque recoin de sa mémoire tactile. C’est Lui qui a tenté le diable, et qui doit payer un lourd tribut pour l’aller-simple vers les géhennes. « - C’est vrai, ça t’apprendra à séduire n’importe qui… » Susurre t’il sensuellement entre deux baisers, sans rencontrer de résistance. Il ignore lui-même s’il s’agit d’une simple boutade, ou d’une mise en garde pour l’avenir. S’il se montre possessif avec son indienne, ce n’est rien à côté de ce qui L’attend certainement. La pensée de Sanjana le décontenance légèrement, et il se déteste de ne pas être capable de s’interrompre pour Elle. Il a beau se persuader que l’informaticien n’entre pas dans leur pacte, qu’Il est trop inoffensif pour représenter un ennemi à esquiver, il sait qu’il s’agit d’un beau mensonge. Que sa compagne l’étripera et ne lui pardonnera jamais un tel affront, pas plus qu’il se ne remettra d’une honte si cuisante.

Ses phalanges fébriles suivent le cheminement de Sa colonne vertébrale, s’approprient Son dos pour retirer le haut moite. Ses prunelles d’acier sillonnent Son torse longiligne, littéralement affamées. Face à une proie parfaitement obéissante et docile, le tortionnaire pourrait continuer sa basse besogne sans se poser davantage de questions. Arracher son propre plaisir, qu’Il soit réellement prêt ou non. Il s’arrête néanmoins, se surprend à se soucier vraiment de Lui. Et à redouter atrocement qu’Il le repousse et s’échappe. Après la confrontation avec l’odieuse vermine qui L’a battu et violé, il pourrait le comprendre. Ses muscles de marbre se font plâtre, prêts à s’effriter à l’entente du verdict. Il Le laisse entrevoir ce qui se dissimule sous les couches de cynisme, d’arrogance, de mauvaise humeur et de violence. Renoue avec cette douceur qui lui fait d’ordinaire tant défaut. En récompense, Il lui offre le signal qu’il attendait sur un plateau d’argent. Défait sa ceinture avant de faire glisser son jean jusqu’au bas de ses jambes, où il rejoint le sol d’un battement de pieds. Si l’abandon semble en apparence total, Il prend garde d’ériger entre eux une barrière de taille et lui refuse l’accès à Ses lèvres esseulées. Le norvégien suppose que l’interdiction découle de Ses profonds traumatismes, et s’assied bon gré mal gré sur sa frustration. Considérable, elle ne supplante pas la brûlure qui grandit insidieusement dans le creux de son ventre meurtri. Il va jusqu’à Lui laisser l’illusion qu’Il pourra le dominer, alors que Ses hanches le font basculer et capturent à nouveau les siennes. Il n’effleure pas seulement superficiellement sa peau, il a l’impression troublante qu’Il plonge et pénètre en dessous. Les serpents curieux et téméraires sillonnent lentement, le rendent masochiste. Dessinent les contours des estampilles argentées qui s’y nichent avant que Sa bouche ne prenne suavement le relai. Il se cambre sous l’impulsion du désir impérieux qui le lacère, sent toute son enveloppe se tendre à Son contact. Absorbé par ce qu’il peut lire dans Ses prunelles azurées. Sa respiration se bloque puis s’accélère, alors que des spasmes compulsifs le tiraillent avec hargne. Un torrent délicieux le ravage de l’intérieur, emporte un à un tous ses blocages. L’une de ses mains froisse les draps jusqu’à en faire blanchir les jointures de ses articulations, tandis que sa jumelle se perd dans l’ébène de Sa chevelure pour l’encourager à ne surtout pas s’arrêter. Sa perplexité est palpable mais Il reste muet, et le voleur accueille sa réserve avec soulagement. Il a horreur qu’on lui demande d’où viennent ses cicatrices, comme si les arabesques incrustées dans sa chair n’étaient pas suffisamment éloquentes rien qu’en les observant. Elles sont synonymes de souffrance et d’horreur, et il n’y a rien de plus efficace pour le refroidir que de les évoquer à voix haute.

Ses doigts viennent capturer la taille de l’ancien détenu, s’y harponnent sous la contrainte. Guidés par Sa volonté, mais pas seulement. Son souffle se mêle avidement au sien, l’électrise tout entier. Un râle de contentement s’échoue contre les assassines. L’arsenic se rue fougueusement dans ses veines. Les rend aussi rêches que du papier de verre pour qu’elles s’effritent en débris écarlates. Son corps musclé coulisse langoureusement contre le Sien, si frêle. Suffisamment pour donner la sensation faussée qu’il pourrait le désarticuler d’un coup de reins trop puissant. Sa chemise maculée d’hémoglobine rejoint le plancher. Il ne peut s’empêcher de trembler, alors qu’Il se pend à ses épaules. Ses lippes enjôleuses déposent une caresse aérienne contre Sa mâchoire. S’égarent à nouveau dans la chaleur de Sa gorge avant que ses dents ne viennent la mordiller avec une tendresse cannibale. Fiévreuses, ses mains empreintes d’un désir aveugle et destructeur repartent à l’exploration de Ses formes graciles avec une lenteur calculée. Elles descendent, encore et encore. Les indécentes le délestent de Son short, s’immiscent à l’intérieur du dernier tissu qui recouvre Son intimité pour griffer Ses cuisses et agripper Ses fesses. Il s’efforce de dissimuler et d’ignorer les relents d’aversion qui continuent de le transpercer à intervalles réguliers, ancrés en lui depuis trop d’années pour disparaitre si facilement. Mais le scandinave s’inquiète bien plus des battements erratiques de son cœur. Pour cet organe indigne de confiance qui le trahit et martèle sa cage thoracique avec acharnement. Ses phalanges dévalent Ses courbes sans pudeur, alors que son bassin serpente contre celui de son partenaire avec une aisance presque feinte. Il finit par se défaire à son tour de son boxer, avant de se coller encore davantage Sa carcasse brûlante. Doucement, il Le fait basculer sur le côté. Embrasse Sa nuque puis Ses omoplates avec ferveur. En récolte le sel savoureux. Glisse ses doigts contre Son bras, Son échine, avant de retourner flirter avec Son bas-ventre. Il laisse le temps filer entre eux comme des grains de sable. S’habitue à ce qui lui semblait si contre-nature avant de Le rencontrer et même après. Sciemment enfermés dans une bulle les tenant à l’abri du reste. En un mouvement, ses reins se soudent aux Siens, son corps nerveux entrainant celui du hacker au rythme de ses pulsions lascives. Sa main vient reposer contre Son abdomen alors que son corps pulse contre une vague à un tempo lancinant et cadencé. Emporté contre des récifs sur lesquels il va volontiers s’abimer. De violents frissons le harcèlent et leurs sueurs confondues n’en forment plus qu’une. Ruissèlent en écume ardente. L’enchainant encore un peu plus à Lui. Instants de pure jouissance gagnant en force au même titre que son souffle haletant. Il fait le vide, éclipse absolument tout pour ne plus avoir que le goût de Lui sur son épiderme insatiable. Pour se perdre dans cette étreinte aussi grisante que singulière. Et qu’importe si en libérant de ses entraves, il les mène droit à l’intense et inévitable destruction. Trace déjà les lignes de sa culpabilité et de son aversion viscérale envers lui-même. Envers eux.  

_________________
I've got blood on my name
There's a reckoning a'comin. And it burns beyond the grave. With lead inside my belly. Cause my soul has lost its way.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t876-kyran-chaos-isn-t

Féminin
↳ Nombre de messages : 5157
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Odds will betray you {pv.} /!\   Mer 19 Fév - 20:48


« - Tu n’es qu’un pauvre type. Si tu savais combien je peux te détester … » La voix chargée de dédain, brisée par la rancœur et la peine provoquées par Ses mots, je lui adresse un regard sombre. Assassin. Je les regrette presque immédiatement, ces paroles pleines d’une révulsion sourde. Je ne les pense pas vraiment. En partie peut être. Je le déteste c’est une évidence pour qui sait regarder. La moindre fibre de mon être aspire à voir le norvégien ployer sous Sa foutue suffisance. A Le détruire. Ces mêmes fibres, qui ne cherchent pourtant qu’à se rapprocher de Lui. Quant au compliment, celui-là je le pensais vraiment. Misogyne et homophobe. Quand Il fait lui-même partie de cette classe qui le rebute. Je cherche encore ce qui m’a poussé à vouloir Le séduire. Peut-être ce que je pus lire dans Son regard. Dans Son attitude. Un monde de ‘peut être’ ne sera pas suffisant pour me permettre d’apposer une raison logique sur ce qui m’a poussé à agir. C’est vrai, ça t’apprendra à séduire n’importe qui. La réplique me fait esquisser un infime sourire. Elle se passe néanmoins de réponse. Et restera quelque part dans un recoin de mon crâne. Pas n’importe qui. Juste Lui. Seulement Lui. On ne joue pas sur les mêmes tableaux. La séduction et le sexe ne m’apportent rien. Parviennent le plus souvent à me mettre mal à l’aise. Mais les rares fois où je m’octroie le droit de baisser la garde, sont quand cela en vaut vraiment la peine. Et maintenant que je découvre la saveur de Sa peau, je suis certain que cette entaille dans le contrat qui me liait à Fanny en valait la peine.

L’illusion aurait pu être totale. Parfaite, Son absence de réaction à ma prise de contrôle me laisse croire que je peux être celui qui dicte les règles. Même en obtenant Son accord, j’en serais incapable. La pudeur me retient. Je me montre entreprenant et indécent, mais le bluff s’arrête là. Mon exploration cesse avant d’atteindre la peau qui dévale sous Son nombril. La pression de Ses phalanges dans mes cheveux titille mes nerfs, m’incite presque à continuer mon exploration. J’en meurs d’envie pourtant. De me glisser entre Ses cuisses et Le sentir se tendre sous l’ardeur de mes attentions. Je me dérobe au dernier instant, Lui rend le rôle qui est le Sien et me laisse faire. M’agrippe encore un peu plus à Ses épaules lorsque l’infime douleur de la morsure me brûle la gorge. Mes doigts se crispent et mes ongles entaillent Sa peau. Je ferme les yeux, fronce les sourcils et serre la mâchoire. Ses dents contre ma peau me rappellent celles de Fanny. Et malgré l’instant, je ne peux m’empêcher de penser à elle. De Le remplacer par ce souvenir douloureux qui marquera à jamais ma gorge. Mes muscles se crispent, se tendent à l’excès lorsque Ses doigts courent sur ma peau. Explorent des endroits qu’ils ne devraient pas connaître. Je me fige, tiraillé entre le besoin irrépressible de Le repousser et celui de Le laisser continuer. Un nouveau soupir silencieux se meurt sur mes lèvres et je retiens mon souffle lorsque la chaleur au creux de mes reins se fait plus forte. Le contact de la peau brûlante de mon tortionnaire contre la mienne m’électrise. Me fait perdre pied et me pousse à me noyer encore un peu plus dans les tourments qui me déchire le cœur et le ventre. Et malgré cette fièvre qui menace de me posséder tout entier, je me sens mal. Prisonnier dans mon propre corps, la tension devient étouffante. Mes poumons se font de fer, et malgré moi, je cherche le repli. J’oppose une certaine résistance lorsqu’Il me contraint à me tourner. Pas comme ça… Je tremble, cherche à me détendre. Sans y parvenir. Plus je m’acharne à vouloir me changer en guimauve pour éviter la déchirure, plus je me change en une masse de plomb et d’acier. Ses baisers parviennent à me distraire un instant. Ils occupent mon cerveau et l’éloigne de ses inquiétudes ridicules. Le silence et le temps se suspendent, me laissent seul avec mes propres démons. Et les phalanges de Kyran contre ma peau. L’instant se calque sur d’autres, les doigts langoureux ne Lui appartiennent plus vraiment. Au contact plaisant s’ajoute celui profondément dégueulasse d’autres caresses. Je m’enferme un plus dans les ténèbres, supplie intérieurement pour que mes souvenirs cessent de me hanter. Je prie pour arrêter de penser, juste le temps de savourer l’étreinte. Mes reins s’éloignent des Siens lorsque la distance entre nous s’amenuise dangereusement, ils cherchent une dernière échappatoire avant d’être brisés par l’ardeur de Ses hanches. Mes doigts s’enroulent contre les draps, s’y abîment avec ferveur. La force de l’intrusion me coupe le souffle et j’étouffe un gémissement de douleur. Ma gorge se serre et je sens les larmes venir se déposer contre mes cils. J’ai le goût du sang sur la langue, et le cœur au bord des lèvres. La nausée me gagne. Je me déteste. Moi et cet inconscient déplorable. Moi et cette foutue tendance à tout gâcher. Mon corps réagit de lui-même, lutte contre la domination qu’Il peut exercer sur mes reins. Qui refusent de se plier à la volonté des Siens. Je reste de marbre le temps de plusieurs battements de cœur frénétiques. Et je cède enfin, accorde le mouvement de mes hanches à celui des Siennes. A tâtons, je cherche Sa main. Celle qu’il a laissée s’échouer contre mon ventre. Mes doigts s’y agrippent, serrent les Siens et finissent par s’y lier. Je m’y accroche pour ne pas sombrer. Pour ne pas laisser cette douleur lancinante qui déchire mon ventre et mes reins prendre le dessus et me submerger totalement. Je me concentre sur le rythme dérouté de Son souffle, rouvre les yeux pour remarquer une tâche écarlate sur la blancheur des draps. Le sang n’a pas fait que laisser son goût sur ma langue.

De violents frissons me déchirent les reins. Ma main libre s’agrippe avec hargne contre Son flanc. L’attire plus près et rend la fusion de nos deux corps encore un peu plus complète.  A ma grande surprise, la douleur s’atténue. S’efface pour céder sa place à des vagues de plaisir qui s’écrasent avec force contre ma peau. Les frissons s’accentuent. Je m’accroche à Lui, et mes reins Le pousse à rendre le rythme plus effréné. Une douce chaleur m’incendie le ventre, se distille jusqu’entre mes cuisses et lèche mon cœur. J’ai toujours aimé conserver un certain contrôle sur tout. En cet instant, je ne maîtrise plus rien. Mon corps se cambre violement sous les assauts d’une satisfaction nouvelle. Je penche la tête en arrière, ma nuque frôle Son front et un soupir chargé de plaisir s’échappe de mes lèvres. Ma réaction me dépasse. L’ancienne angoisse pique mon cœur et je réalise mon erreur. Je n’ai pourtant pas le temps de me contraindre au silence, que déjà un second soupir rejoint le premier. Kyran est en train de me détruire. De me faire ployer sous la force de mon propre plaisir. Je me dérobe, légèrement et Le repousse du bout des doigts. Je me tourne, suffisamment pour laisser mes lèvres se perdent contre Sa mâchoire. Il n’y a plus d’hésitation, et c’est avec une avidité dévorante que ma bouche vient se sceller à la Sienne. J’en blesse la peau fragile, dévore et provoque Sa langue. J’ai lâché la bride, levé les barricades qui me poussaient à la retenue. Et même si Kyran se heurte contre mes reins avec cette brutalité presque animale qui ressemble à celle de mes anciens bourreaux, les sensations en sont toutes autres.

Les atouts de charme en moins. Au milieu de la déferlante qui me ravage les veines et le cœur, des pensées parasites parviennent encore à me nouer la gorge. Je ne suis rien de plus qu’un coup tiré à la suite d’une soirée agitée. Un nom de plus à apposer sur Sa liste. Sauf que celui-là, il se gardera bien de l’exposer aux yeux des autres. Le tableau de chasse vient d’être souillé. Et pour la première fois de ma vie, j’en suis presque à regretter d’être né avec le mauvais organe entre les cuisses. J’en lâche un gémissement d’accablement, qui meurt contre Sa langue et se mue presque immédiatement en un râle de plaisir. Mon mutisme et ma réserve ne sont plus que des souvenirs. Je me redécouvre dans cette étreinte. Agis comme un parfait inconnu tant la lascivité sulfureuse du moindre de mes gestes me surprend. Le souffle en berne, le cœur au bord de l’implosion, je me vois contraint de me cambrer encore un peu plus. Victime d’un violent soubresaut qui contracte le moindre de mes muscles. La force de la jouissance m’engloutit tout entier et j’abandonne Ses lèvres pour laisser la voie libre aux soupirs qui se pressent contre mes dents. Traversé par un éclair de plaisir qui ravage tout sur son passage, la tension tiraillant mes membres s’apaise d’un seul coup. Tendu à l’extrême je me sens tomber. L’entrave douloureuse que je pouvais exercer contre Ses doigts et Son flanc s’apaise et libère Sa peau malmenée. Les battements frénétiques de mon cœur inondent mon cerveau, et j’ai la drôle de sensation d’entendre ceux de Kyran résonner contre mes tempes. Mon dos se colle contre Son torse et mes doigts remontent le long de Son bras pour se perdre dans Ses cheveux. Le calme après la tempête. D’infimes tremblements me dévorent encore, représentent les réminiscences d’une extase qui ne s’est pas totalement apaisée. L’incendie passe, dépouille ma chair de sa chaleur. Il m’a libéré de Son emprise, et S’est éloigné. Un peu, suffisamment pour que la sueur qui recouvre ma peau me donne l’impression d’être de la glace. Inconsciemment, je Le cherche et reviens me blottir contre Lui. J’en ai besoin, de ce contact rassurant. Pour me persuader que ce n’était pas une erreur. Pour ne pas penser à ce qui m’attend une fois le plaisir dissipé. Que dit-on dans un moment pareil ? C’était génial, on remet ça ? Ca fait quoi, de coucher avec un homme pour la première fois ? Passe-moi le drap, j’ai froid ? Rien de tout ça. Je m’abime dans la contemplation du vide, m'obstine à Lui tourner, porte mon pouce à mes lèvres et laisse mes dents s’acharner contre son ongle, par pure habitude.

« - Je… J’ai… Les informations du poste de police, je les ai récupérées, elles sont toutes à toi. » Mon murmure est d’un ridicule. Maintenant ou plus tard, Il allait bien finir par l’apprendre. J’ai repoussé l’échéance, prétextant rencontrer des difficultés imprévues. Juste pour me donner le temps de consulter la masse d’informations avant le norvégien. Je n’ai pas trouvé grand-chose sur Lui. Ni sur ceux qui peuvent Le servir. Sur moi en revanche, j’ai eu le déplaisir de voir que toute ma vie criminelle avait été sagement conservée. Procès, jugement, rapports de police et de prison… une quantité de détails, dont certains s’étaient même effacés de ma propre mémoire. J’ai longuement hésité, le doigt en suspens au-dessus de la touche ‘supprimer’. Avant de me dire que si je suis ici, à Son service c’est qu’Il s’est suffisamment renseigné à mon sujet pour connaître l’essentiel de ma pitoyable existence.  

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-
 

Odds will betray you {pv.} /!\

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-