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 La requête ~ Roxanne

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MessageSujet: La requête ~ Roxanne    Ven 27 Déc - 17:53

Les pièces du puzzle se découpaient plus nettement désormais et le temps de les assembler viendrait plus rapidement que Connor ne l'avait pensé. Enfin tout était relatif, tout cela semblait vouloir lui sourire mais il avait appris à se méfier des plans dont la fluidité devenait suspecte. Le plus difficile avec ce qu'il prévoyait de faire, c'était de trouver des alliés sur qui il était sûr de pouvoir compter, faire cavalier seul avait été sa première idée mais il devait se résoudre à admettre que c'était impossible pour lui de tout mener à bien d'un bout à l'autre. Ou alors il lui faudrait le double de temps, et à cette époque plus qu'incertaine l'ex-junkie n'était pas sûr d'en avoir suffisamment.
La présence de Cordélia chez lui ne lui facilitait pas la tâche, il devait se montrer vigilant autant pour ne pas trop en dire que pour ne pas trop en montrer que se soit volontaire ou non. La jolie brune étant une vraie fouine avec des années d'expérience, il savait que la moindre petite information croustillante pourrait être utilisée à ses dépends. Connor était plutôt indécis sur la confiance qu'il pouvait lui accorder, elle pouvait trouver un intérêt certain dans ses petites manipulations mais rien ne lui assurait qu'elle ne lui planterait pas de couteau dans le dos quand l'occasion se présenterait.

Aussi délicate puisse être leur relation il savait en revanche qu'une seule personne pourrait avoir un sens de l'honneur assez développé pour ne pas tomber dans des bassesses qui le mènerait plus bas qu'il avait pu l'être jusqu'à présent. Malgré un désir de l'exclure de sa vie, bien que se fût la chose la plus difficile qu'il ai eu à faire de toute son existence, Connor songeait de plus en plus à cette aide précieuse que pourrait lui apporter Roxanne. Le plus dur serait de la convaincre et là encore il allait devoir redoubler d'ingéniosité s'il voulait qu'elle soit susceptible d'adhérer à son idée, à ce plan secret qui lui tenait tant à cœur. Infâme traître aux yeux de la belle résistante autant dire que la partie était très loin d'être gagnée.
Le garagiste avait conscience d'être responsable de la plupart de ses maux, tout simplement parce qu'il s'était montré trop faible pour ne pas sombrer dans la spirale infernale de la drogue. Aujourd'hui encore il avait certains jours du mal à se passer de son petit joint quotidien, mais c'était maintenant qu'il s'en était sorti et que la souffrance c'était dissipée qu'il pouvait y voir plus clair. Prendre du recul lui coûtait et il se sentait sans cesse au bord d'un gouffre, prêt à retomber au moindre faux pas mais pour l'instant il gardait le cap. Déterminé à ne pas échouer il était prêt à beaucoup de choses pour réussir mais pas non plus à tout et n'importe quoi. Homme fier à l'égo bien marqué il n'allait pas se mettre à genoux ou tenter tous les mea-culpa possible pour avoir les faveurs professionnelles de son ex-complice. Il se souvenait l'équipe si efficace qu'ils formaient auparavant et la nostalgie le gagnait.

L'heure n'était pas au regard vers le passé mais bel et bien à marcher vers l'avenir. Connor s'était donc rendu au domicile de Roxanne. Il avait une vague idée de comment amener le sujet avec subtilité mais elle pouvait se montrer imprévisible et il savait qu'au moment même où il sonnerait à sa porte le défi commencerait. Il allait falloir mettre du coeur à l'ouvrage pour se montrer convainquant et que la membre du Conseil soit convaincue ou essaye, au minimum, d'y réfléchir. Un peu nerveux alors qu'il marchait sur le trottoir devant l'immeuble de la jeune femme, il prit une grande inspiration et releva la tête au moment d'entrer dans la résidence sécurisée. Rien de plus facile que de réutiliser ce qui avait permis à la jeune femme de rentrer la denrière fois qu'ils c'étaient vu. De ce jour il s'en souvenait bien... Très bien même... Un peu trop peut-être ? En tout cas ça avait suffisamment accaparé son esprit pour qu'il fasse le choix d'aller se perdre dans d'autres draps pour oublier qu'avec Roxanne c'était sans doute la dernière fois. Cette idée le déchirait de l'intérieur et il avait un mal fou à l'accepter, la meilleure solution qu'il ai trouvé étant la fuite et l'oubli.
Mettant de côté les tracas sentimentaux inhérents à la situation entre eux, le garagiste se retrouvait face à la porte de l'appartement de la caractérielle brune. Sans hésitation aucune son index pressa le bouton de la sonnette et les mains dans les poches de son jean il attendit que la porte s'ouvre... Ou pas.
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MessageSujet: Re: La requête ~ Roxanne    Mar 21 Jan - 21:30

A travers l'oeilleton, c'était Connor qui apparut. Connor, les mains dans les poches, et son habituel air nonchalant. Connor, en chair et en os, mine de rien, frappant à sa porte comme s'il en avait encore le droit, comme si c'était encore légitime. Elle fronça les sourcils, son estomac se serrant, comme à chaque fois que quelqu'un prononçait son nom à proximité, comme à chaque fois qu'elle était en sa présence. Parce que l'apercevoir suffisait pour lui crever le cœur. Incapable de le laisser partir, et incapable de le retenir non plus, alors qu'elle n'espérait que ça.

Elle lui ouvrit, s'injuriant mentalement pendant qu'elle tournait la poignée de la porte. Elle se sentait terriblement faible, tellement faible de céder et de se sentir obligée de le voir, d'un peu plus près, de sentir sa voix qu'elle avait presque oubliée. Et elle se tint devant lui, silencieuse pendant quelques instants. Que pouvait-elle lui dire, une fois qu'ils étaient arrivés à ce point là ? La dernière fois qu'il s'était retrouvé dans le cadre de la porte, ils avaient terminé la soirée dans le même lit – et elle le regrettait. Si ce n'était pas le cas de Connor, c'était en revanche le sien. Elle regrettait amèrement de s'être laissée tomber dans ses bras, comme une petite idiote, comme une petite idiote incapable de dire non à quelques avances.
Cette façon qu'elle avait de constamment ramper vers lui, inlassablement, avait le don de l'achever. C'était tout son être qui criait son nom, son esprit et son corps, incendiés par son unique présence. Et il ne semblait pas comprendre à quel point ça la prenait aux tripes, se demandant quand est-ce que les choses avaient commencé à prendre un tel tournant. Que s'était-il passé entre eux pour qu'ils tombent si bas ?

« Tu frappes à la porte maintenant ? J'aurai bien aimé que tu le fasses la dernière fois, histoire de pouvoir te la claquer nez. Mais ça ne devrait plus m'étonner, tu aimes toujours faire les mauvais choix et les choses aux mauvais moments. » lâcha-t-elle, en guise de bienvenue. Elle détestait le voir se pointer lorsqu'il le voulait, là où il le voulait, et de ne pas pouvoir gérer un peu plus que ça. Et elle en avait assez d'être la bonne poire, d'être celle qu'on venait gratter lorsqu'on en avait besoin. Ce n'était pas assez pour elle, et quitte à ne pas avoir ce qu'elle désirait, elle préférait tout abandonner. Elle ne voulait pas se contenter de quelques miettes, de ramasser quelques restes et de le remercier en plus pour cette générosité dont il faisait preuve. Elle se voulait aussi courageuse qu'Antigone, mais elle ne pouvait pas faire mieux qu'un vieux Créon. « Qu'est-ce que tu veux cette fois ? » lui demanda-t-elle, en secouant la tête. « C'est dingue, lorsque c'est pas moi qui viens me présenter comme une fleur chez toi, c'est toi. C'est toi qui te sens obligé de ramener tes petites fesses et de venir remuer le couteau dans la plaie, car c'est bien tout ce dont tu es capable. »

Elle était agressive, et elle le sentait, le savait. Elle était démesurément agressive alors qu'il n'avait presque rien dit à ce stade là. Mais c'était sa façon de garder la face – car il était clair pour eux deux qu'il était bien plus facile d'être ignoble que d'être sincère. C'était tellement plus aisé de débiter l'exact opposé de ce qui lui venait à l'esprit, car les véritables mots auraient lacéré sa bouche.

Roxanne finit par s'éloigner de la porte, lasse, s'en allant sur son canapé pour aller fumer une énième cigarette. Elle le laissait rentrer, parce qu'elle en crevait d'envie intérieurement. Parce qu'elle le voulait, parce qu'elle avait besoin de l'entendre, et de le voir, et si elle le laissait partir là, si elle le forçait à partir, elle serait la prochaine à aller frapper à sa porte dans les jours à venir.  
Après quelques bouffées, elle prit un ton plus calme – cependant peu révélateur de l'état dans lequel elle était. « Qu'est-ce que tu veux ? »
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MessageSujet: Re: La requête ~ Roxanne    Mar 28 Jan - 19:34

La porte de l'appartement de Roxanne était close et Connor savait pertinemment qu'elle pouvait parfaitement le rester. Observant le couloir inintéressant, il espérait tout de même ne pas s'être déplacé pour rien. Absence véritable ou indifférence calculée peu importe car le constat serait le même, il aurait perdu son temps et son plan n'avancerait pas. Mais était-ce réellement le seul enjeu ? Rien n'était moins sûr et l'ex-junkie sous couvert d'une collaboration professionnelle espérait inconsciemment raviver une complicité souillée par leurs innombrables rixes. Le venin les avait rongé l'un et l'autre tout doucement, ne laissant que quelques maigres résidus d'un passé qui aurait pu se poursuivre sous de meilleures augures que cette haine mal assumée.
Peut-être la brune était elle là, derrière la porte à l'observer par le judas, hésitante. La même attitude qu'il aurait eu si les rôles avaient été inversés. Intérieurement en revanche il y avait fort à parier que leurs raisonnements étaient tout à fait différents et si Connor avait été un jour capable de comprendre le fonctionnement de la caractérielle jeune femme, ça se saurait et ils n'en seraient sans doute pas là. Le doute planait et il aurait pu philosopher sur la symbolique de cette porte, barrière plus ou moins infranchissable si la jeune femme souhaitait le garder loin d'elle. Cette situation n'était sûrement pas celle que le garagiste préférait, il aurait d'avantage apprécier de mener la danse mais quoi qu'il en soit l'accord de l'autre était un passage obligé dont il ne pouvait rien contrôler ou presque.

Le bruit du verrou fit cesser le suspens, la porte s'ouvrit sur la silhouette filiforme de Roxanne dont les traits reflétaient une certaine fatigue et son teint la consommation excessive de tabac. Droite et immobile elle l'observait et il faisait de même. Un peu à la manière d'un duel comme on en voit dans les western, ils se toisaient silencieusement jusqu'à ce que la brune s'écarte acceptant qu'il entre. Ce qu'il fit sans hésiter, il n'avait pas attendu sur le palier pour repartir ensuite sans même lui dire le pourquoi de sa visite. Lui adressant un léger sourire en reconnaissance de ce geste, il s'avançait dans l'entrée de l'appartement de la Membre du Conseil. Le lieu n'avait absolument pas changé depuis sa dernière visite, ni la décoration inexistante ni l'odeur de tabac froid qui flottait dans l'air.
Ce silence ne durait pas bien longtemps, le sens de l'accueil de Roxanne pouvait sembler assez particulier pour quiconque ne la connaîtrait pas comme l'ex-junkie la connaissait. A peine les deux pieds en terrain hostile que le premier jet d'acide lui giclait à la figure. Ça donnait le ton, Connor l'avait prévu ça ne serait pas facile de se faire entendre... « Bonjour à toi aussi. » répliquait-il calmement, il ne devait pas laisser l'impétuosité féroce de son interlocutrice le pousser vers l'hostilité. Sauf que c'était loin d'être chose facile quand tant de cicatrices restaient sensibles, réminiscences douloureuses de leurs affrontements passés mais aussi des moments de plénitude, rares mais intenses, qu'ils avaient pu connaître ensemble. Agressive comme un animal se sentant en danger, elle utilisait le principe de l'attaque comme meilleure défense. Elle obligeait le blond a s'imposer un calme et un contrôle sur lequel il avait progressé mais qui demeurait tout de même fragile surtout en face d'elle. « Ce q... » inutile de chercher à parler pour l'instant, la première salve de gentillesses devait passer pour qu'il ai le champ libre à la discussion ou du moins tout ce dont ils étaient capables qui s'en approchait. Roxanne n'y allait pas de main morte et cela d'entrée de jeu, faisant baisser en flèche le peu d'optimisme que le garagiste avait réussi à engranger jusque là. Nul doute que s'il voulait susciter ne serait-ce qu'un tout petit intérêt chez la rebelle, il allait devoir la jouer fine, très fine.

Faire des mauvais choix, remuer le couteau dans la plaie... Il mourrait d'envie de lui balancer que pour ça ils étaient bien pareils, mais il se tempérait en se mordant un peu la langue. Elle était la vipère et il devait être le charmeur de serpent, jouer du pipeau ça le connaissait après tout ! Et pourtant rien de ce qu'il avait à lui dire ne sonnerait faux, tout serait vrai mais comment l'en convaincre ? C'était une autre paire de manches. Un petit soupir passait la barrière de ses lèvres « Tu es venue pour des réponses. Je viens à peu près pour la même chose... » plus ou moins disons mais c'était un moyen d'amorcer la conversation.
Connor attendit un bref instant et suivit la maîtresse des lieux dans le séjour, observant le cendrier plein il fit une légère moue puis portait à nouveau son regard sur Roxanne, reprenant son masque d'impassibilité. Entourée de volute de fumée, semblant avoir regagné un peu de calme elle réitérait sa question sur les raisons de sa visite. « Parler. » répondait-il avec spontanéité « Te parler en fait. » rectifiait-il en retirant sa veste. Lui revint en tête qu'il avait un petit cadeau pour la brune, il sortit de sa poche intérieure un paquet de cigarettes. S'asseyant sur le fauteuil il le posait sur la table en face de lui et le poussait en direction de la jeune femme « Je t'en devais une, le reste ce sont les intérêts. » il ne cherchait pas à l'acheter, simplement à se montrer réglo avec elle, une preuve de bonne foi en quelque sorte. « Je souhaiterais avoir ton avis sur quelque chose. » lâchait-il et la regardant fixement « Un regard extérieur c'est toujours bon à prendre. » en réalité il espérait bien plus que cela, mais il lui fallait commencer doucement s'il voulait arriver à ses fins « On a pas toujours été à se marcher sur la gueule et s'envoyer des vacheries. Je dirais même qu'il fût un temps où on formait une bonne équipe. » c'était à ça qu'il voulait faire appel, cette complicité qui les rendaient si efficaces sur le terrain. Mais aussi cette vision complémentaire qu'ils avaient à l'époque où tous deux échafaudaient des plans au service d'une cause qu'ils trouvaient juste.
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MessageSujet: Re: La requête ~ Roxanne    Dim 16 Fév - 20:47

Il était venu lui parler, disait-il. La seule réaction qu'elle eut à cette nouvelle, fut un simple ricanement, illustrant à lui seul les dégâts de leur relation. Bref et concis, il reflétait bien plus qu'il ne paraissait ce qu'ils étaient devenus, une blague, rien de plus, une blague passée de mode, qu'on remet de temps à autre sur le tapis et dont on rit ironiquement. Ils n'était plus que ça, le fantôme de quelque chose qui n'était désormais plus.
Elle arqua le sourcil lorsqu'il sortit un paquet entier de cigarettes qu'il faisait glisser dans sa direction, avant de secouer la tête une fois ayant entendu sa prétendue justification. Si bon, si juste le Connor. Le genre à repayer dû et intérêts, même lorsqu'il ne s'agit que d'une pauvre cigarette. Surtout lorsqu'il s'agit d'une pauvre cigarette, à vrai dire. « Si tu pouvais tout repayer avec autant de justesse, tout serait tellement parfait. Mais j'imagine que j'en demande trop, et que je ferai mieux d'accepter le paquet et de m'en contenter, car c'est tout ce que j'aurai venant de toi. » Et plus nonchalante, elle rajouta : « C'est bien la première fois que tu m'en achètes. »

Elle ne fit aucune remarque par la suite, le laissant cracher les pauvres raisons de sa venue par lui-même. Et à chaque syllabe qu'il prononçait, à chaque fois qu'il allait plus loin, à chaque fois qu'il tentait de la caresser dans le sens du poil, en ravivant des souvenirs censés être doux et agréables, il ne faisait que le contraire. Car ils étaient en effet doux et agréables, et surtout, ils appartenaient à une période de leur misérable vie qui était à présent révolue. Partie en fumée alors même que le feu n'avait jamais pris. « Non, t'as tort, Connor. Ça a toujours été la seule chose dont on a été capable, tu ne te souviens pas ? » Même lorsqu'ils arrivaient à s'apprécier, à se fréquenter sans se détruire plus qu'ils n'étaient capables de le supporter, ils n'étaient bons qu'à se chamailler. A se cracher leur venin à la figure, sans jamais s'excuser explicitement, sans jamais peut-être même le penser, et se contentant de penser que quelques étreintes étaient suffisantes pour balayer tout ce qu'il s'était passé. « Je te détestais, tu sais ? La première fois qu'on s'est rencontré, et toutes les fois qui ont suivies. » Et elle aurait sans doutes aimé rester à ce stade-là. Ne nourrir à son égard qu'un simple mépris, sans nuances, sans fioritures. Détester ses airs de macho, son arrogance et sa grande gueule. Ne jamais être allée chercher plus loin, ne jamais avoir essayé de gratter sous la surface, ne jamais avoir pensé qu'il existait peut-être quelqu'un sous ce masque. « Et même, au-delà de ça, je ne compte même plus le nombre de fois où on s'est engueulé. Alors si tu veux essayer, tu peux toujours tenter de me donner trois pauvres exemples de moments calmes et agréables, en sachant que je pourrai te répondre avec trois cents exemples d'engueulades, et de trahisons. »

Elle le détestait d'avoir autant de culot, le courage de se pointer devant sa porte, et de lui remuer le couteau dans la plaie – couteau qu'il faisait mine d'oublier de temps en temps. Elle avait été misérable sans lui, et lorsqu'elle essayait, maladroitement certes, de lui faire comprendre qu'elle avait besoin de savoir qu'il essayerait lui aussi, qu'il persisterait, qu'il s'acharnerait, même lorsqu'elle ne ferait rien d'autre que le repousser. Elle avait besoin qu'il lui montre ça, et en retour elle n'avait eu que des menaces, de bons jolis mots alignés dans une perfection absolue. Tellement belle qu'on en pleurerait, qu'on en crèverait. Et au fur et à mesure, elle s'était faite à cette misère-là, à ce vide-ci. A ce sentiment qui la tenaillait comme une faim dérangeante, se faisant oublier quelques secondes pour reprendre de plus belle. Comme une faim dérangeante, c'est ça. Qui vous gratte le ventre, qui vous noue l'estomac, et vous vole l'esprit.
Et elle lui en voulait de se présenter comme une fleur, à ressasser des choses qu'elle aurait préféré ne jamais vivre. Ce décalage de besoins et d'envies dont ils faisaient preuve était insupportable. « Écoute, je te remercie pour le paquet. La prochaine fois, tu pourras les déposer dans la boîte aux lettres, pas besoin de t'encombrer avec une visite de ce genre. » Ses yeux parcourant sa silhouette, détaillant chaque trait, chaque détail qu'elle avait aimé et embrassé, chaque pli de vêtement. La position de son corps, sa nonchalance, le tomber de ses doigts. Et toute la douceur qui s'emparait d'elle en le regardant fondait sous les regrets et la haine. Le filtre de ses lèvres ne laissant passer que ces deux-derniers.
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MessageSujet: Re: La requête ~ Roxanne    Sam 22 Fév - 12:10

Chaque visite qu'il rendait à Roxanne était difficile, chaque visite qu'il recevait de Roxanne était difficile, chaque interaction avec Roxanne était difficile. Et malgré l'acide de leur venin respectif, les cris, la colère, la violence, la haine, aucun des deux ne lâchait le morceau. Toujours plus maso, toujours plus stupide ils s'entêtaient à refuser un total éloignement qui serait peut-être la solution la plus intelligente pour eux. Mais s'ils avaient été intelligent en ce qui concerne leur relation, ou peu importe comment l'on pourrait appeler ce qui le liait étrangement, ça se saurait. Bien pire que d'être un simple entêté, Connor avait encore un peu de foi en leur capacité à faire équipe parce qu'il avait pratiquement fait une croix sur le reste, découragé par l'attitude de la Membre du Conseil. Baisser les bras ne lui ressemblait pas et il l'avait en travers qu'elle ai une telle influence sur lui, mais à quoi bon lutter ? Rien n'était jamais récompenser, chaque effort demeurait vain. Dieu sait qu'il aurait voulu pouvoir faire machine arrière, réparer ses erreurs, ou mieux ne pas les commettre.
Des tentatives de trouver un terrain d'entente il en avait essayé, maladroitement parce que l'ex-junkie changeait mais il resterait lui quoi qu'il arrive et le problème venait peut-être de là, d'une incompatibilité qui les rapprochait autant qu'elle les faisait se déchirer. Et sa visite allait en ce sens une nouvelle fois, essayer de raviver une entente cordiale et formelle en allant chercher dans la force de certains souvenirs. Et en voulant mettre toutes les chances de son côté le garagiste avait même décidé de hisser une sorte de drapeau blanc sous forme d'un paquet de cigarettes qu'il offrait à la jeune femme, véritable pompier à ses heures. Il n'y avait dans ce geste qu'une volonté de se montrer réglo, qu'en quelque sorte il souhaitait se tenir au dicton : « les bons comptes font les bons amis ». Mais le simple fait qu'il soit lui le faisait partir avec un handicap dont aucun crack d'hippodrome ne saurait se débrouiller. Alors lui canasson un peu boiteux, que pouvait-il faire ? Se consoler, d'une peine inexistante, en se disant que c'est l'intention qui compte ? Oh oui avec Roxanne il en viendrait bientôt là.

Elle distillait ses reproches avec cet air glacial qu'il ne lui connaissait que trop bien, il avait même oublié comment c'était lorsqu'elle souriait. Réellement, pas le genre de rictus ironique et amère qu'elle pouvait lui servir à tout va à peine eut-il ouvert la bouche pour dire quoique ce soit. Connor n'était bon, à ses yeux, qu'à lui fournir des compensations matériels alors qu'il avait détruit tellement plus que ça. Mais savait-elle qu'il s'en mordait chaque jour les doigts ? Que la moindre pensée se dirigeant vers sa pauvre petite personne de femme trahie, le rongeait ? Non bien sûr que non, parce qu'elle était trop occupée à se victimiser en se baignant dans sa rancœur, sans doute qu'au final elle aimait ça. La brune fit cependant une remarque très juste, il ne lui avait jamais acheté de cigarettes auparavant. La perche était trop belle et bien qu'il eu décidé de ne pas se montrer piquant avec elle aujourd'hui, il ne pu s'empêcher de saisir cette opportunité « Sans doute parce qu'à présent je me fous pas mal que tu puisse être ronger par le cancer. ». C'était faux bien entendu, mais ils en étaient rendu là... Joli constat de ce que l'on pourrait appeler un naufrage relationnel. Les abymes de la haine devaient être bien séduisantes pour qu'ils s'entêtent ainsi à y séjourner.
Son bref écart sur la conduite qu'il s'était promis de tenir, Connor le balayait bien vite en exprimant sans détour mais sans détails non plus, les raisons de sa venue. Il voyait l'ancienne chef de la Résistance attentive bien que toujours aussi revêche dans l'attitude. Elle analysait chaque mot pour y trouver la faille, savoir où elle allait s'engouffrer et planter un nouveau poignard. Simplement en la regardant, elle le fatiguait déjà par avance. Pourquoi fallait-il que tout se transforme en lutte dès qu'il s'agissait d'elle ? L'ex-junkie la laissait répliquer, notant qu'elle n'avait pas tort mais pas totalement raison non plus. A quoi bon essayer d'argumenter ? Son but n'était pas celui-ci, pas maintenant, pas aujourd'hui. Pourtant il sentit son estomac se nouer quand elle avouait l'avoir détesté la première fois qu'ils s'étaient rencontrés et bon nombres de fois après. En fait c'était sans doute un sentiment qui ne l'avait jamais quitté, même s'il avait cohabiter avec d'autres fût un temps. Et elle méritait tellement mieux que ça qu'en quelques mots elle venait d'arriver à réveiller ce dégoût que Connor nourrissait pour sa propre attitude, mais également pour celle que Roxanne avait eu ensuite quand il avait eu besoin d'elle et que sa seule motivation avait été de l'enfoncer d'avantage.

Il n'était pas là pour refaire l'histoire, aussi balayait-il d'un geste de la main cette proposition qu'elle lui faisait de citer des bons souvenirs, dans le seul objectif qu'elle puisse prendre plaisir à tout détruire ensuite. « Je vais passer mon tour. Gagnons du temps, tu as raison... La balance penche aisément du côté négatif. » son regard était blasé, il se sentait comme ayant pris un chemin en redoutant que ce fût une impasse. « Ça résume bien ce que peut-être une discussion avec toi. Je dis quelque chose et tu contre, sans cesse. » il lâchait un soupir, hésitant entre se lever et repartir en commençant dores et déjà à trouver une autre alternative que de solliciter son aide, ou relever ce défi de la convaincre. Il se massait la tempe droite en la regardant avec attention, toujours pas décidé de ce qu'il comptait faire. C'était une épreuve de l'avoir en face de lui ainsi, surtout en repensant à ce qui s'était passé la dernière fois qu'ils s'étaient vu. Il ne regrettait pas mais ça avait tout de même été une erreur parce que chaque sensation s'étaient inscrites en lui, comme à chacune de leurs étreintes et cela rendait tout toujours plus compliqué.
Roxanne le remerciait et le congédiait subtilement, lui donnant même une alternative moins coûteuse pour leur deux personnes, celle de ne pas se croiser. Il mordait ses lèvres un peu gercées, arrachant de ses dents quelques lambeaux de peau déjà morts. Sa réflexion était intense, il était un peu pris de court alors que pourtant il s'était préparé à ce que ça ne soit pas facile. Mais il avait déjà trop baissé les bras avec elle pour pouvoir se permettre de le faire à nouveau encore aujourd'hui. « Je crois que tu ne comprends pas bien. Il ne s'agit pas de toi ou de moi, ni de nous. C'est plus gros que cela... » lâchait-il en fixant ses iris vertes sur les siennes bien plus sombres « Tu me déteste, je t'insupportes et ta seule envie est de me voir déguerpir aussi vite que je suis malheureusement apparu. Et si ça avait pu te faire plaisir, j'aurais fait autrement. » il se redressait légèrement pour se donner plus d'aplomb peut-être « Sauf que tu es brillante, je le sais... ça m'emmerde, ça m'irrite la gorge d'avoir à te le balancer ainsi. Tu t'en doute... » ironisait-il avec un léger rictus. Il fit une petite moue contrariée « C'est pas pour rien qu'ils ont cherché à t'avoir de leur côté. Pour bénéficier de ça et puis te contrôler. » il se retint de dire que ça facilitait la tâche de Wayne pour ce qui était de la baiser, ça aurait fait tâche dans son discours. « Si tu crois ne serait-ce qu'encore un peu à ce pour quoi tu te battais avant. Je pense que tu devrais écouter ce que j'ai à dire. Dans le cas contraire... Dis moi de disparaître, je ne résisterais pas. ». Un nouveau soupir passait la barrière de ses lèvres « J'en demande peut-être beaucoup mais si tu me vire et compte avertir je ne sais qui que j'ai une idée derrière la tête, laisse moi au moins cinq minutes d'avance. ». C'était elle qui trancherait, elle avait le choix et la cette forme de diplomatie qu'il tentait lui semblait la seule alternative potentiellement efficace.
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MessageSujet: Re: La requête ~ Roxanne    Mer 19 Mar - 23:51

Et savait-il qu'il pouvait encore se ronger les doigts jusqu'à s'en arracher la peau, et la chair, et entamer cartilage et os, jusqu'à atteindre la moelle, que ce ne serait pas assez ? Qu'il avait foutu en l'air trop pour pouvoir faire un retour en arrière, pour pouvoir passer l'éponge, sincèrement, ou ne serait-ce que le prétendre. Elle n'était pas capable de faire semblant, d'essayer de le berner avec quelques mots doux, et d'espérer s'y prendre à son propre jeu. Elle n'était pas capable de ça, de passer au dessus, au delà. Elle n'était bonne qu'à rester accrochée à chaque et moindre erreur, s'y cramponner comme si sa vie en dépendait, sans s'apercevoir qu'elle filait à ce moment même entre ses doigts. Elle se complaisait effectivement dans le rôle de la pauvre victime à plaindre, qui n'avait rien à se reprocher. Car admettons-le, c'était sans aucun doute le meilleur des rôles, se sentir innocente jusque dans les tréfonds de son être, et n'avoir que pour seule occupation de blâmer autrui. Et Roxanne y excellait, comme une professionnelle s'étant entraînée toute sa vie pour ce moment-là. Si seulement, pourtant, elle ne se limitait qu'à ça. Car savait-il à quel point elle se sentait coupable, au fond ? Que derrière ces reproches amers, ces sarcasmes à tout va, derrière toute la haine qu'elle portait envers Connor, c'était aussi tous ses propres reproches et toute sa propre haine. Car si elle détestait Connor comme n'importe qui, elle se détestait au moins tout autant.

Elle ricana, donnant l'air de s'en moquer éperdument, alors que la nicotine qui lui brûlait les lèvres venait de lui brûler la gorge. Amère bouffée alors que ses mots tombaient dans une oreille bien trop sensible. Elle ne voulait pas être celle qui était touchée – elle n'avait aucune raison de l'être, ils n'étaient plus rien, il était mort à ses yeux, ou alors un simple inconnu qui s'était malheureusement échoué dans quelques sombres périodes de sa vie. Il n'était que ça, au plus. Elle n'était pas affectée par sa puérilité.
Que de mensonges. Elle déglutit, ravalant les trémolos de sa voix qui cognaient contre la barrière de ses lèvres. Elle finissait par croire qu'il n'avait plus rien à faire d'elle – se rappelant cependant qu'il n'en avait jamais rien eu à faire, en vérité. « Tu sais, si tu veux tant ma mort, il y a des moyens plus rapides et plus faciles, le cancer via les clopes, c'est certes subtil mais ma présence risque de t'emmerder encore un bon bout de temps. » Et encore une bouffée tout aussi amer, pour accélérer le processus de cancérisation. « Et tu sais très bien où je cache mon arme. Parce qu'on la cache au même endroit. » Petite suicidaire dans l'âme, ma petite Roxanne. Ou plutôt dans le sang, dans les gènes, c'était de famille ; ou presque.

Chaque parole qu'il prononçait provoquait en elle une vague d'exaspération. Elle, qui était suspendue à ses lèvres autrefois, se nourrissant de ses idées, de ses valeurs, de sa morale, et grandissante par sa proximité. Là, elle ne pouvait s'empêcher de secouer la tête, pour décrocher les excès de reproches qui s'aggloméraient à vive allure.
Son petit discours du parfait résistant fut comme une merveilleuse cerise sur le gâteau, mais elle n'osait évidemment pas se prononcer trop tôt, car elle savait d'expérience que Connor était un as dans ce domaine-là, enchaînant cerise sur cerise, sur cerise... et encore. Ses derniers mots la touchèrent cependant plus qu'elle ne l'aurait voulu. Et c'était sans doute là un des nombreux paradoxes – ou malheureux artefact – des vestiges de leur relation. Car il lui était impensable de le dénoncer, il lui était impensable de lui faire quelconque mal, du moins officiellement. Il allait de soi qu'elle serait la première à défendre son cas si son dossier revenait sur le tapis. Elle était évidemment capable de l'anéantir psychologiquement, de le torturer à sa façon, avec sa nonchalance et son indifférence, et son mépris, et son unique personne, car cela suffisait. Mais il était absolument hors de question de le dénoncer, à quiconque. Et l'idée même qu'il lui puisse y penser lui paraissait insensée.
Se levant à son tour, pour réduire la différence, elle secoua la tête, les sourcils froncés, sans pour autant avoir l'air aussi exaspérée que les secondes précédentes. « C'est toi qui ne comprend pas, Connor. » Elle lui jeta un regard désolé, désolée que les choses aient si mal tournées. « Tu crois encore qu'il n'est pas question de toi et moi ? C'est se leurrer, c'est se foutre le doigt dans l'oeil, le remuer et croire que l'on voit encore clair. T'es vraiment con pour croire qu'il ne s'agit pas de toi et moi, mais de plus que ça, que c'est plus gros que nous – dit-elle avec une voix plus aiguë, se moquant de lui. Ou alors t'es vraiment con d'essayer de me le faire croire. Et c'est toi, qui a posé les règles de ce jeu là, tu te souviens ? Lorsque tu nous as trahis, comme des merdes, mais avant tout, lorsque tu m'as trahie. Tu me dis qu'ils ont cherché à m'avoir pour me contrôler, mais qu'est-ce que t'as fait de moi Connor, pendant tout ce temps ? Tu t'es servi de moi, t'as profité de moi, et lorsque t'as eu ce que tu voulais, tu m'as bien enfoncé ton couteau dans le dos, tu me l'as bien remué, et tu m'as bien fait comprendre que j'étais morte à tes yeux, pour reprendre tes termes. » Elle se sentait faillir, et elle se sentait au bord de l'implosion. Chaque syllabe était détachée, claire, plus claire que jamais. Elle ne savait pas ce qui était le plus douloureux ; s'acharner comme des bêtes avec un épais masque de sarcasme, de cynisme et d'indifférence, ou le faire tomber, et se montrer un peu plus sincère, ne serait-ce qu'une fois. « Alors ne me fais pas de leçon de morale, de grand discours de résistant révolté et impliqué. Car t'es rien de ça. Plus maintenant, si tu l'as un jour été. Ne me sermonne pas sur mes valeurs, ni ce en quoi j'ai cru, et ce en quoi je crois toujours, juste parce que j'ai décroché un putain de poste dans ce putain de Conseil, et que tu penses que je m'y plais. » L'enregistrement d'une des condamnations avait évidemment fait fureur. Dans le but de renforcer une terreur qui ne faisait que s'accroître depuis quelque temps, ils avaient trouvé bon de montrer à quel point ils pouvaient se montrer impitoyable avec ceux qui osaient enfreindre la loi. « Mais tu sais quoi, bonne nouvelle, tu n'as pas besoin de moi. Tu me l'as toujours dit, répété encore et encore, que je ne serais pas ce que je suis si tu n'avais pas été là. » Effectivement, sans doute moins brisée, sans doute moins instable, peut-être pas véritablement plus heureuse, mais définitivement moins malheureuse. « Constamment là à me rabâcher que tout ça, c'était bien grâce à toi, que tu m'as tout appris, et t'avais pas tort. Tu m'as donné goût au chaos. » Oubliant volontairement qu'il germait déjà depuis longtemps en elle. « Maintenant tu peux aller éduquer et former une nouvelle petite conne qui tombera dans tes bras, elle sera tout aussi douée ; mais essaie d'apprendre de tes erreurs et évite de la trahir, et elle n'en sera que plus docile. »

Car elle se sentait comme ça, comme une petite poupée qui avait été formatée à l'image de son maître. Elle n'était rien avant, qu'une petite gamine, perdue dans une tyrannie qui la révoltait, qui la dégoûtait. Avec des ambitions de changer le monde, sans savoir quoi faire, sans savoir comment faire, et il avait partagé avec elle ses solides espoirs, ses solides combats. Il lui avait donné le meilleur, d'abord, pour finalement lui donner ses travers aussi.

Elle le détaillait, avec plus de plaisir qu'elle ne voulait l'admettre. Ses fines paupières, l'arête de son nez, le bout de ses lèvres. Les lignes de sa mâchoire, la chaleur de son cou. Disparais. Elle crevait d'envie de le lui souffler, dans l'oreille, contre son lobe, le défier de disparaître, et de le voir partir sans résistance. Elle crevait de l'en défier, car c'était sous cette forme-là qu'elle le voyait. Mais en même temps, elle était bien trop terrorisée à l'idée qu'il puisse effectivement disparaître comme si de rien n'était. S'en aller, s'envoler. Faire comme s'il n'avait jamais existé.
Et elle se mit soudainement à rire, nerveuse. Elle riait parce que c'était la seule alternative aux sanglots. Elle riait, à voix haute, mais même son rire donnait envie de pleurer.
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MessageSujet: Re: La requête ~ Roxanne    Mar 25 Mar - 16:15

Voulait-il la voir morte ? Non et même dans ses pires excès de colère quand il avait pu prononcer ces mots il ne le voulait pas réellement. Mais elle lui faisait mal à en crever depuis trop longtemps déjà et chaque tentative de s'en éloigner avait été un échec. Alors peut-être qu'une longue maladie comme le cancer qui l'emporterait après une lutte contre la propre pourriture qui se serait installée en elle lui offrirait la satisfaction d'être libéré d'un poids mais de n'être pour rien dans sa disparition. Là encore rien était moins sûr et il savait, bien qu'il ne souhaitait pas le reconnaître, combien il pourrait se morfondre de l'avoir perdu définitivement. Pourtant il n'y avait plus de « eux » sauf si leurs incessants conflits pouvaient faire office de lien, mais pourquoi s'accrochait-il ainsi ? Rien n'irait plus jamais, rien n'avait jamais vraiment été... « Tu es assez grande pour causer ta propre perte. La preuve. » en témoignait cette frénésie avec laquelle elle s'accrochait à son bâton de la mort, tirant dessus des bouffées meurtrières mais réconfortantes.
A chaque fois ils semblaient reproduire le même pathétique tableau de deux âmes trop écorchées, trop amochées mais surtout trop fières pour essayer d'arranger les choses, d'arriver à une certaine neutralité puisque toutes formes de positivisme leur étaient interdites. Cependant ce terrain d'entente tenait de l'utopie et Connor était en train d'en prendre pleinement conscience, pas même leurs idéaux communs contre les tyrans gouvernementaux ne pourraient les faire coopérer de nouveau il le su à mesure qu'il distillait son discours et que la membre du Conseil semblait s'agacer de chaque phrase supplémentaire. Oh il devait au moins reconnaître que pour une fois Roxanne l'avait laisser finir, mais peut-être bien n'aurait-il pas du user sa salive à tenter de converser avec elle, ni même de prendre de son temps pour venir à sa rencontre, solliciter ses compétences pour une aide que de toute façon elle ne lui offrirait plus jamais.

Ce n'était pas faute d'essayer de prendre du recul et tenter qu'elle fasse de même en oubliant ce qu'ils avaient été de plus néfaste pour ne garder que leur complémentarité et leur efficacité sur le terrain. Nouvel échec, prévisible certes mais pendant quelques instant le garagiste avait espéré arriver à percer la défense de son interlocutrice et réussir à la pousser vers une réflexion qui n'aurait pas de lien avec leur douloureux passé commun. Mission impossible en somme et rien que d'en avoir eu l'illusion le résistant se trouvait terriblement con. Et ça n'était pas Roxanne qui le contredirait bien au contraire ! C'était parti pour un tirade dont il n'allait pas sortir indemne, il n'en sortait jamais indemne et aujourd'hui n'échapperait pas à la règle. A vrai dire c'était peut-être même encore pire de voir à quel point il était impuissant, combien il avait tout gâché et il le regrettait amèrement. Depuis le départ il avait regretté, au fond de lui cette traîtrise n'avait jamais été en accord totale avec lui même, pourtant il avait éteint sa conscience et foutu ses valeurs au placard bien aidé par la drogue et son profond désespoir. Un concours de circonstances, un contexte favorable à la déchéance mais il avait fait ce choix et peu importe les excuses qu'on pourrait lui trouver ou que lui même pourrait évoquer, le constat restait le même.
Connor écoutait la brune avec attention, pesant le poids de chaque mot, prenant conscience de l'importance que cela avait à ses yeux à elle. Elle lui en voulant et c'était légitime, mais il s'en voulait tout autant si ce n'est d'avantage. Jamais il ne s'était servi d'elle, ce qu'il lui avait appris c'était par pure reconnaissance de ses qualités qu'il avait tout de suite perçu en elle, mais en foirant tout il avait écorné la moindre touche positive de ses actes et Roxanne ne gardait de lui que le pire. Cette réalité modifiée, façonné par cet esprit brisé par des tortures incessantes, des troubles incontrôlés qu'elle s'infligeait à elle même mais qu'elle avait aussi reçu de sa part à lui et d'autres encore très probablement. Sauf que là c'était lui que la brune accablait, balançant avec une blessante sincérité ce qu'il en était de son point de vue à elle. Au passage elle le jugeait, lui et sa prétendue prise de conscience, son retour sur ses valeurs de résistant se battant pour la liberté. Il encaissait cette nouvelle salve de propos acerbes qui entaillait son égo déjà passablement meurtri par leurs combats précédents. Au milieu de sa rancœur se déversait aussi des vérités sur lesquelles le garagiste ouvrait les yeux depuis quelques temps, qu'il avait agit en connard fini parce qu'il avait ça au fond de lui, mais surtout parce que ça avait été exacerbé par ses souffrances diverses, ces épreuves contre lesquelles il n'avait pas su dignement lutter.

« Ton goût pour le chaos ne vient pas de moi, mais on s'est entraîné mutuellement sur cette pente. » il ne pouvait pas porter toute la culpabilité, peut-être voulait-elle soulager sa propre conscience mais il ne voulait pas lui laisser ce droit, il avait trop porté d'accusations sur ses seules épaules pour  supporter celle-ci en plus. Peu à peu il optait pour la résignation, un choix qui le mènerait à se détourner totalement et définitivement de Roxanne au fil du temps, a priori c'était ce qu'elle voulait  sans pour autant lui avoir clairement dit de dégager. Peut-être cela aurait été plus simple une belle injonction comme elle savait si bien les faire, des mots nets, francs et cassants. Mais rien. Juste sa douleur crue, déversée dans ces paroles empruntent d'une sincérité à laquelle il n'avait pas eu accès depuis une éternité. « J'étais le marionnettiste et tu étais la marionnette c'est ce que tu es en train de dire ? Tu n'as jamais été l'archétype de la jeune femme fragile et influençable Roxanne ! Laisse ça à d'autres, si tu m'as suivi si tu as pris ce que j'avais à offrir c'est parce que tu y trouvais ton compte. » il levait les mains en signe de non contestation « Après j'ai merdé. On le sait tous, toi, moi et les autres. Le pays tout entier a été mis au courant de mon faux pas... Mais de nous deux j'ai été le meilleur pantin, tu n'auras qu'à demander à ton amant fabuleux ce qu'il en pense. » Ah celui là il avait parfaitement réussi son coup ! Sauf peut-être d'arriver à utiliser Connor jusqu'au bout mais pour ce qui était de réduire à néant sa relation avec l'ex Chef de la Résistance ça c'était une belle réussite.
Elle se tenait debout non loin de lui mais il était restait assis n'appréciant pourtant pas l'ascendant que cela donnait à la jeune femme. Ses iris vertes ne l'avaient pas lâché, la scrutait non sans culpabilité en prenant de plus en plus conscience de comment il l'avait brisé, entraîné dans sa chute sans même réellement s'en rendre compte. Ah ils étaient beaux les deux éclopés à se regarder dans le blanc des yeux, pas l'un pour racheter l'autre sauf qu'à son sens à elle il était le seul coupable. Incapable d'endosser l'entière responsabilité de ce qui leur arrivait, égo trop important et âme trop blessé, alors cette lutte Connor continuerait de la mener. De front ou en la laissant définitivement en dehors de sa vie, il n'avait pas encore choisi, pas certain d'être capable de s'en tenir à la deuxième option qui s'avérerait pourtant être la meilleure. Plein de lassitude, résigné à abandonner cette brillante option de faire appel aux capacités de Roxanne, le garagiste se levait. Par ce geste il se retrouvait proche d'elle, fixant son regard dans le sien sans aucune animosité alors que pourtant elle lui riait au nez, comme s'il n'était qu'un clown, un vulgaire amuseur public. Il gardait malgré tout son aplomb « J'ai eu eu tort de croire que l'on passerait outre tout ce merdier pour arriver à finalement faire quelque chose de positif. J'ai eu tort de venir, comme j'ai eu tort pour beaucoup d'autres choses. » un soupir il échappait « J'ai beaucoup de regrets, je vis avec puisqu'aucun retour en arrière est possible. Mais je ne veux pas endosser la culpabilité de tous tes maux, c'est hors de question. Comme tu sais très bien te détruire avec tes clopes, tu sais très bien te pourrir l'esprit toute seule.  » et à se côtoyer ils ne s'étaient pas arrangés l'un l'autre. Sauf que c'était plus fort qu'eux, à croire que l'Enfer du chaos relationnel les séduisait. Là encore le Connor se sentait prêt à céder, ses lèvres aux goûts de tabac l'attiraient irrémédiablement et il se détestait pour ça. « Qui ne tente rien n'a rien comme on dit. » reprenant contenance dans une agaçante désinvolture, un petit sourire en coin étirait ses lèvres « Et comme c'est de vérité générale que je suis un opportuniste, j'aurais eu tort de me priver d'un essai. ». Et voilà qu'il refaisait le fier alors qu'au fond il était plus déchiré qu'il n'avait plus semblé l'être depuis longtemps, preuve qu'elle n'avait même pas besoin de hurler être elle suffisait amplement dès qu'il s'agissait de le blesser. « J'imagine que la discussion est close. Je ne vais pas polluer ton air déjà nauséabond plus que ce n'est le cas. » plus qu'un départ la tête haute cela tenait plutôt de la fuite.
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MessageSujet: Re: La requête ~ Roxanne    Ven 18 Avr - 22:33

C'était une conversation – comme toutes les autres – sans issue. Sans fin, sans issue de secours, sans pause, sans échappatoire, sans rien. Et tous les deux s'acharnaient, comme des frénétiques, défendant leur opinion, leur belle opinion à laquelle ils attachaient tant d'importance. Entêtés jusqu'à la moelle. Et le fait qu'ils puissent lui accorder un caractère aussi opportuniste que le sien avait le don de la piquer à vif. « Pardon ? Ce que tu avais à offrir ? Qu'est-ce que t'avais à offrir au juste, dis moi, hein ? Tu vas me dire ce que j'avais à y gagner, en t'aidant ? A supporter tes excès, tes manques, tes moments odieux, à jouer à l'infirmière compréhensive et attentive, à m'inquiéter pour toi, à te récupérer dans tes bars poisseux puant l'alcool, à rester avec toi alors que tu gerbais tes tripes au dessus de la cuvette. Et tu sais que je ne supporte pas ça. Dis moi ce que j'avais à y gagner là dedans, parce que je ne vois pas. Et ça, Connor, tu ne le comprends pas. Tu comprends pas que tout le monde n'est pas comme toi, et surtout pas moi. Si je t'ai suivi, ce n'est pas certainement pas parce que j'avais quelque chose à tirer, bien au contraire. Si je t'ai suivi c'est parce que je tenais à toi. » Et elle s'arrêta net, presque surprise d'avoir prononcé ces mots, et honteuse de les avoir laissé sortir. Ces mots, c'étaient de ces syllabes hasardeuses qui ne devaient prendre forme que contre son palais, et mourir contre ses dents, sans jamais les franchir. Ces mots étaient la raison de trop de choses pour lesquelles elle se haïssait. Elle jeta un coup d'oeil à Connor, incapable et peu désireuse, surtout, de soutenir son regard. Elle le prenait comme une défaite très personnelle, comme si elle venait de poser un genou à terre et que le deuxième suivrait bientôt.
Elle prit quelques bouffées nerveuses, avant de relever la tête vers lui, tiquant à l'évocation de Wayne. Elle secoua la tête, fatiguée de le voir remettre ce sujet sur le tapis, surtout lorsque toute remarque n'était pas légitime, et que sa relation avec Wayne n'avait rien d'alléchant. Ce n'était que de la honte qui en émanait. C'était tout ce qu'elle en retenait, le plaisir charnel n'était rien comparé à la honte et au dégoût qu'elle nourrissait vis à vis de sa propre personne. Connor n'avait rien à envier à leur relation. « N'essaie pas de me faire culpabiliser avec Wayne, parce que ça ne marchera pas. » Évidemment, elle ignorait toutes leurs magouilles, ne voyant dans son reproche que le venin d'un homme incroyablement possessif, qui aurait désiré l'exclusivité sans savoir redonner quoique ce soit en retour. « Parce que t'es pas mieux. Tu viens me voir quand ça t'arrange, quand t'as besoin de moi, et tu oses me dire ensuite qu'on a toujours été dans un rapport équilibré. Tu viens me voir quand... quand personne n'a envie de t'écouter geindre, quand personne n'a envie d'apporter son aide à un sale traître, quand t'as envie de baiser. Et lorsque tu as eu ce que tu voulais, tu te casses comme si de rien n'était. Alors après ça, dis moi quel respect tu as envers moi, et quelle considération tu me portes, quand tu me réduis à ça. » Drôle de parallélisme qui s'imposait de lui-même entre Wayne et Connor, même lorsque ce dernier détestait toute comparaison. Mais elle ne faisait que s'enrichir à chaque fois, à chaque confrontation. Connor tendait sans le voir à ressembler à son fabuleux amant, comme il aimait l'appeler, rentrant dans ce moule si parfait du macho type dont elle raffolait.

La fatalité de ses propos l'exaspérait. Il prenait ça comme une malédiction, comme une condamnation divine, sans chercher à se battre, à s'en défaire, à recoller les morceaux. Il prenait ça comme un fait, une vérité, quelque chose de gravé dans le marbre, alors qu'elle s'était démenée pour améliorer ne serait-ce qu'un peu, la relation qu'ils avaient. « T'as jamais essayé quoique ce soit. Tu dis que t'as des regrets, qu'il n'y a pas de retour en arrière possible, mais t'as jamais rien essayé Connor. Je sais pas combien de temps tu as eu pour y réfléchir, pour te rendre compte que t'étais un sale con, et t'aurais pu me le dire. Toutes les fois où on a été ensemble, tu aurais pu me dire, Roxanne, il faut que je t'avoue quelque chose dont je ne suis pas fier, mais je voudrais que tu l'apprennes de ma bouche plutôt que des autres, j'ai merdé, je suis désolé, j'ai joué dans le camp adverse. Je suis un imbécile, mais c'est pas nouveau, Roxanne, je suis désolé. Mais non. Au lieu de ça, tu t'es enfoncé bien profond dans ta merde, t'as espéré t'en tirer sans rien, et t'as espéré que je ne l'apprenne jamais. Et ensuite... quand je suis venue te demander des explications... » Elle lui jeta un regard, aussi noir que désespéré, sans finir sa phrase, car, à quoi bon ?

Et elle se sentait affreusement vide, là, debout, en plein milieu d'un salon tout aussi vide. Comme si tout suintait hors de son corps, dans une flasque boueuse à ses pieds. Elle essayait vainement de se défaire d'un poids, de lui cracher à la gueule ce qui la taraudait, et pourtant, elle ne ressentait aucun soulagement. Juste une frustration lancinante, celle de ne rien obtenir en retour, que des fausses excuses bidons. Elle se disait que s'il reconnaissait ses torts, ça irait mieux. Qu'ils feraient un pas en avant, et la vérité était qu'il pouvait même s'agenouiller que ce ne serait pas suffisant. Il avait raison, elle était bloquée avec sa propre vérité, celle qui l'arrangeait, celle qu'elle nourrissait si bien. Parce que sa vérité, était la vérité tout simplement.
Elle en avait assez de le perdre, constamment, sans pouvoir y faire quoique ce soit. Elle en avait assez de l'aimer à en crever, et voir qu'il n'était pas capable d'une chose pareille. Petite idiote qui aime courir après l'impossible. C'était ce qui était si attirant chez lui, peut-être. Amoureuse de l'insaisissable, et terriblement effrayée de ce qui pouvait rester entre ses doigts, elle était la destruction à l'état pur, et peut-être même plus que Connor ne l'était. Comment pouvaient-ils espérer construire quelque chose, lorsqu'ils n'étaient tous les deux qu'abolition ? Elle en avait assez qu'il prenne constamment la fuite, qu'il ne se batte pas davantage pour elle, contre elle. Car c'était plutôt ça, contre elle. Contre ce qui était inhérent à sa personne. C'était contre ça qu'il aurait dû se battre pour mieux la garder auprès de lui. Elle avait grandi avec le sentiment de ne jamais être assez, l'idée qu'elle ne le serait jamais. Et elle s'y était faite, elle s'était faite à ça. A être celle qui n'aurait jamais pu remplacer quiconque, à celle qui n'était pas mauvaise, mais loin d'être bonne, loin d'être parfaite. Elle les avait tous vu partir, les uns après les autres, en lui faisant toujours comprendre qu'elle n'était pas celle qu'il fallait blâmer, mais après un cumul pareil, c'était tout ce qu'elle pouvait en tirer. Et elle avait rencontré Connor, et elle s'était, pendant ne serait-ce qu'une fraction de seconde, sentie pleine. Et cette sensation-là lui manquait cruellement.

Alors qu'il tentait de prendre la fuite, elle réalisa qu'il lui échappait encore. Que s'il partait, elle ne le reverrait peut-être plus jamais. Qu'il l'oublierai pour de bon, comme il semblait l'avoir fait ces derniers mois. Elle n'était pas prête pour ça. Trop fière cependant pour lui dire clairement, sans artifice, sans fioriture ''Reste, je voudrais que tu restes, j'ai besoin que tu restes.''. Alors qu'elle ne voulait que ça, qu'il reste, même sans parler, même sans rien dire, qu'il reste, qu'elle le sache là, présent, à ses côtés. Ça la déchirait que de le voir partir à chaque fois, tout comme se faire chasser de chez lui comme une moins que rien. Elle fit un pas en avant, se rapprochant de lui, ses doigts venant attraper un bouton de sa chemise, avant de poser sa main contre son torse. Contact chaud et rassurant. Doux, sans appel à la chair. Ce n'était pas un piège, ce n'était rien de ça. Elle n'essayait pas de le faire céder avec quelques caresses, avec des charmes dignes de Cordélia. Elle n'était pas dans le jeu, dans la séduction, elle ne l'était plus.
Elle releva légèrement le menton, sans la moindre marque de défi, ni dans les yeux ni dans la voix : « Tu peux partir si tu veux, je te retiendrai pas. Je l'ai assez fait déjà. Mais si tu pars, tu ne feras que confirmer tout ce que j'ai dit, et tout ce que je pense... » C'était sa façon de le retenir, avec les mêmes règles de jeu implicites. Rejeter la responsabilité, imposer à l'autre ce dont on n'est soi-même pas capable. « ...Une nouvelle fois. » A l'entendre, l'offre n'était pas très généreuse. C'était comme lui dire qu'elle avait déjà fait son choix de toute façon, et que la dixième fois ne changerait pas les opinions forgées à l'issue des neuf premières expériences. Clairement, c'était ça.
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MessageSujet: Re: La requête ~ Roxanne    Mar 13 Mai - 0:11

Dans cette complexité habituelle, leur décadence devenait ridicule. Leur entretien avait l’allure d’une mauvaise série B où l’on sait déjà ce qui se passera à la fin de l’épisode. C’était l’effet de répétions qui les menait là, avec leurs discours bien rodés à présents ils allaient clopin-clopant camper sur leurs positions.  Pourquoi est-ce qu’ils s’entêtaient au juste ? A quoi bon continuer quand on sait qu’il n’y a pas d’issue ? Ni l’un ni l’autre n’avait de tendance optimiste capable de percevoir un quelconque espoir dans leurs échanges. Et puis un espoir de quoi ? De trêve, de réconciliation ? Une blague de premier avril voilà de quoi ça avait l’air quand on y pensait. Il y avait trop d’erreurs commises pour qu’un retour en arrière soit possible. Connor tenait le leadership de ce point de vue là, mais Roxanne n’était pas en reste. Il n’y a pas de fumée sans feu et accro à la cigarette comme elle pouvait l’être, elle était bien placée pour le savoir. Peut-être bien qu’homme et femme et eux deux à plus forte raison n’étaient pas fait pour se comprendre. Car là où le garagiste pensait que la brune s’était engagée en toute connaissance de cause, elle l’accusait de lui avoir jeté de la poudre aux yeux, d’avoir dissimulé la vérité sur son incapacité à pouvoir lui apporter quoi que ce soit. Sauf que lui y avait cru, il s’était laissé lui même bercer par l’illusion qu’avec elle à ses côtés tout irait mieux, qu’il sortirait la tête de l’eau. Mais le peu de force que sa présence avait pu lui donner s’était évanouie à mesure que la drogue devenait de plus en plus essentielle à sa survie. Impuissante Roxanne avait pourtant lutté, essayé de l’aider et ça il le savait mais ensuite elle l’avait enfoncé, accablé alors qu’il n’était même plus vraiment lui-même.
Une histoire a autant de version que de protagoniste, l’un comme l’autre ils avaient la leur et la chérissait, l’enrobait pour la rendre plus crédible en essayant de prêcher pour que l’autre finisse par ce rallier à cette version là. Autant dire que butés comme ils pouvaient l’être s’était peine perdue, comme tout ce qu’ils entreprenaient. Mais dans sa volonté de mettre en avant sa vision de l’histoire, l’ancienne chef de la Résistance était allée plus loin qu’il ne l’aurait imaginer. Oh c’était simplement quelques mots mais ils suffisaient à faire comprendre à Connor qu’il se trompait sur ce coup là. Non pas qu’il eu tort car les faits étaient ce qu’ils étaient, mais son interprétation avait été erronée. Les mystères de la communication humaine, définitivement ça n’était pas son fort et chaque fois qu’il s’y était essayé on lui avait bien fait comprendre qu’il ne s’y prenait pas comme il fallait. Devant cet aveux maladroit il restait silencieux, il n’avait rien à redire à cela… En revanche il pouvait mesurer à quel point il était un idiot. Aveux qu’il ne ferait pas, par fierté et parce que c’était inutile, que Roxanne lui rirait au visage en prenant cela comme un nouvel affront. Tout ce qui passait la barrière de ses lèvres n’étaient à ses yeux que mensonges et provocations, il en avait fini de lutter contre cela.

Ayant tut une fois de plus des éléments essentiels du puzzle, l’ex-junkie ne s’étonnait pas que la caractérielle jeune femme s’agace de voir le sujet Sudworth remit sur le tapis. Mais elle se trompait sur l’interprétation à faire de cette remarque piquante, chose pour laquelle il ne pouvait pas la blâmer puisqu’il n’était pas enclin à lui révéler les tenants et les aboutissants de ce partenariat aussi bref qu’il ne fut nocif. Et à quoi bon glisser cette explication dans son discours, elle ne ferait que cracher qu’il essayait de sauver sa peau en se trouvant des excuses. Ça ne prendrait pas, ça ne prenait jamais plus même quand il était sincère.  Roxanne était verrouillée, une porte close et étanche contre laquelle il ne voulait plus envoyer l’épaule. Et il encaissait la comparaison avec cet ennemi haït plus que tout autre chose sur cette planète, pour cette malheureuse mise en parallèle Connor aurait voulu la faire taire mais il se retenait en se répétant « A quoi bon ? ». Et puis il en venait à trouver un certain intérêt dans ce qu’elle déblatérait, si comparaison il y avait c’est que ce qu’elle décrivait là s’appliquait à cet infect personnage qu’était le sorcier. Soudainement rattrapé par son opportunisme le garagiste prenait bonne note de ce petit portrait qu’elle dressait d’eux. Si elle ne l’aidait pas, peut-être qu’au moins un jour il pourrait l’utiliser comme appât, de la même manière que Wayne l’avait utilisé comme moyen de pression pour que Connor reste docile. Le doigt coincé dans un engrenage qui l’entrainait tout entier dans une direction qu’il n’aurait jamais voulu prendre, il n’avait pas su s’en défaire, et le moment où il avait rué dans les brancards c’était déjà trop tard. C’était l’un de ses plus gros torts dans cette histoire et il n’avait pas besoin qu’elle lui rabâche une énième fois combien il avait été con et à quel point elle en avait souffert.
Et encore une fois il était le fautif, sauf qu’elle se plantait il avait essayé. De nombreuses fois, l’estomac noué il avait voulu tout lui avouer mais s’était retrouvé incapable de le faire. Dans son esprit il était ancré qu’elle ne comprendrait pas, qu’elle l’aurait repoussé, rejeté sans même chercher à comprendre dans quel chaos il vivait. « Est-ce que tu m’aurais écouté ? » lâchait-il dans un souffle, même pas sûr qu’elle l’ai entendu. Pourquoi fallait-il toujours que tout soit si compliqué entre eux ? Qu’à la moindre chose qu’il veuille lui dire il voyait une impasse se profiler et sentait que le retour serait douloureux ? C’était sans doute leur essence même que de se contrarier, se blesser, c’était ça qui faisait qu’ils étaient eux. Et si tout ça semblait demeurer dans un immobilisme total, finalement ils avaient peut-être avancé plus qu’à leur habitude.  Pourtant comme à chaque fois Connor réagissait par l’agacement puis la résignation, et celle-ci n’avait fait que s’accroître au fil du temps jusqu’à ce qu’elle devienne de l’abandon pure et simple. Parce que ce qu’il bavait en feignant la désinvolture c’était purement et simplement la preuve qu’il renonçait. Roxanne le traitait souvent de lâche au moins là il lui donnait entièrement raison, il agissait comme elle attendait qu’il le fasse.

Pauvre crétin qu’il était, le garagiste fuyait ses propres démons, sa faiblesse dès qu’il s’agissait de cette femme qu’il aimait au point de tolérer tant de souffrance. Mais quel merde ces sentiments… Comment avait-il pu se laisser son cœur se faire empaler par une foutue flèche empoisonnée ? L’image était ridicule et lui encore plus. Ils étaient beaux à se regarder dans le blanc des yeux, immobiles, rincés par ces lessivages acerbes qu’ils s’infligeaient. Pas de vainqueur, pas vraiment, juste deux écorchés se regardant saignoter.  Peu importe ce qu’il pouvait rester à évacuer de leurs carcasses séchées par le vent du désert aride de leurs sentiments. Connor voulait fuir, il souhaitait s’échapper une bonne fois pour toute mais il restait figé, incapable d’en rester là. Le goût de la frustration, le parfum de l’inachevé étaient trop puissants pour qu’il se résolve à prendre la poudre d’escampette. C’étaient de simples secondes qui s’égrainaient mais il les percevait comme de longues minutes de silence pesant. Milles et unes pensées lui venaient, mais aucune ne le stimulait suffisamment pour qu’il se lance à faire quelque chose. Accroché au regard de Roxanne elle le paralysait parce qu’il sentait qu’ils étaient arrivé au bout, que la suite serait déterminante.
Et le pas en avant vint d’elle, littéralement puisqu’elle réduisait la distance entre eux dans ce même silence. Mais c’était désormais leurs corps qui parlaient, qui se hurlaient mutuellement de ne pas s’en aller que tout ça n’était que de la connerie et que la vérité se trouvait dans cette sensation de plénitude qu’ils éprouvaient parfois, quand rarement ils tombaient d’accord en s’offrant un moment où leurs griefs passaient en arrière plan.  Des moments devenus d’une rareté infinie, Connor pouvait les compter sur les doigts d’une seul main mais il n’y avait pas une fois où il n’avait pas ressentit cette même intensité qu’à leur début de relation. Parce qu’ils ne pouvaient nier qu’il y en ai eu une un jour, simplement elle était souillée par trop de peine et de colère, d’amertume et de rancœur… Pourrie par leurs fiertés. Les doigts fins de l’ancienne chef de la Résistance s’accrochèrent à un des boutons de sa chemise. Une maigre prise, un effort discret qui fut bientôt compléter par sa main complète qui se posait sur son torse. Si simple, ce contact signifiait pourtant beaucoup. Comme un symbole du contact à tenter de renouer en quelque sorte, un moyen de lui dire qu’il ne devait pas partir tout de suite.

Connor ne l’avait pas quitté des yeux et pourtant il aurait voulu avoir la force de lui tourner le dos pour partir comme s’il n’avait jamais exister. Et ça n’était sans doute pas maintenant qu’il y arriverait mieux, car ce simple contact suffisait à raviver en lui ce qu’il tentait vainement d’éteindre définitivement. Il fallait qu’il la repousse, ça serait peut-être le mieux pour l’un comme pour l’autre. Le garagiste était plutôt du genre à avoir la réplique facile et pourtant il faisait le constat qu’il avait demeuré étrangement silencieux, à son propre étonnement d’ailleurs. Sans doute que d’une certaine façon il voulait marque le coup, il avait déclaré la discussion close et tenait à ce que ça soit le cas. Mais en réalité c’était peut-être la preuve que cette fois Roxanne était celle qui aurait le dernier mot… Sauf qu’après tout il n’était pas encore parti. Et les mots que la brune lui servit avaient de quoi le faire réfléchir. Ses yeux se plissèrent, il n’était pas certain de bien comprendre ce qu’elle cherchait à faire. En tout cas elle agissait sur les bons leviers en évoquant cette image qu’il lui renvoyait et dont il aurait absolument souhaité se défaire, lui prouver que certes il avait fait des erreurs mais ce n’était pas une fatalité, un truc inné chez lui.
Cependant il savait combien elle était obtus, que son compte était déjà réglé et qu’il ne devait en rien espérer qu’elle revoit son jugement. Alors soit il partait en orchestrant une énième déception qui renforcerait cette image bien négative que Roxanne avait de lui, soit il restait… Et puis quoi ? Le garagiste n’avait aucune idée de ce que cette option là sous-entendais. Lasse de faire des interprétations il optait pour une solution bien plus simple « Si je m’en vais je confirmerais ce que tu pense déjà de moi, ok j’ai bien saisi. Mais si je reste ? » demandait-il avec une perplexité non feinte « On se tape sur la gueule à grand renfort de reproches ? Je crois que c'est du vu et revu. »  un domaine dans lequel elle excellait il devait bien le reconnaître. Mais au jeu du « tu pars t’es un connard, tu restes t’es quand même un connard » il ne savait pas bien ce qu’il avait à y gagner finalement. Quelques minutes de plus en sa présence ? Il aurait signer tout de suite si ça n’avait pas impliqué de l’entendre être inlassablement désagréable avec lui. « Qu’est-ce que tu veux Roxanne ? » il ne pouvait pas être plus clair et concis, c’était net et précis il voulait une réponse à cette question mais pouvait-elle lui en fournir une ? C’était le moment de saisir cette opportunité et d’être clair pour une fois  .
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MessageSujet: Re: La requête ~ Roxanne    Dim 25 Mai - 18:54

Elle y avait cru tout autant, elle avait cru, vainement, que sa présence aurait pu changer les choses. Qu'à elle seule, elle aurait pu lui faire miroiter une vie sans ses vices, sans cette faiblesse, sans cet appétit morbide. C'était sans doute une pensée bien égocentrique, à l'image de sa personne, finalement. Mais elle y avait réellement cru, comme lui l'avait fait. Elle s'était accordée une importance qui, à ses yeux, n'avait jamais été réelle. Elle pensait que ses maigres forces auraient été suffisantes, que son acharnement aurait été suffisant, et la triste vérité était qu'il avait arrêté alors même qu'elle avait déguerpi de sa vie. Triste vérité qu'elle ignorait évidemment, et il en était mieux ainsi. Elle n'aurait sans doute pas supporté l'idée que Connor trouve la force de sevrer véritablement, seulement une fois qu'elle soit partie. Se rendre compte avec amertume que tout l'acharnement dont elle avait fait preuve avait été inutile, mais pire encore, que sa présence semblait lui donner une raison de consommer. Se sentir responsable de ça serait intolérable.

« Est-ce que tu m’aurais écouté ? » Non. Bien sur que non. Il aurait pu lui avouer sa trahison lui-même, que ça n'aurait rien changé. Car la seule chose qu'elle aurait retenue serait comment il l'avait trahie, et rien d'autres, rien de ce qui venait soutenir son discours n'aurait eu d'importance, tout ne serait que fioritures et futilités. Elle ne l'aurait pas écouté, ne l'aurait pas pardonné, ne l'aurait pas compris. Elle se serait entêtée dans tous les cas, peu importe comment l'information lui parvenait. Mais à ses yeux, là n'était pas la question. Le problème résidait dans le fait qu'il ne l'aurait pas fait, de toute façon, et c'était ce reproche-ci qu'elle émettait. « S'il-te plaît, ne me fais pas ce coup-là. Ne me dis pas que tu ne m'as jamais rien dit, car de toute façon, je ne t'aurais pas écouté, car c'est pas ça le problème, le problème c'est : est-ce que tu l'aurais fait ? Et j'ai même pas besoin d'attendre ta réponse parce que je l'ai là, sous le nez, la réponse, c'est non. Non, t'as préféré parier gros, et au final... T'as tout perdu. » Même si elle en doutait réellement, peut-être n'avait-il pas perdu autant qu'elle le pensait, mais surtout, autant qu'elle le souhaitait. Elle voulait le meilleur pour Connor, comme on veut le meilleur pour les personnes que l'on aime. Mais elle avait une rancune sans fin à son égard, un dégoût aussi profond que son amour, et une haine viscérale, qui faisaient qu'elle espérait qu'il regrette et qu'il en crève. Pour qu'il sache à quel point il l'avait blessée. Pour qu'il se rende compte, et pour qu'il ait ce qu'il mérite, simplement.

Roxanne avait tenté un semblant de renouement, avait fait l'effort de se montrer plus douce qu'elle ne l'avait fait toutes les dernières fois. Elle avait sans doute de trop hautes espérances, et se refroidit d'un coup en entendant la réponse de Connor. Elle recula, en secouant la tête. Épuisée de voir qu'il n'y avait véritablement plus rien à faire pour eux, entre eux. C'était ça, le pire. Voir que lorsque l'un tendait une perche, faisait un effort suprême pour dompter les lions, l'autre était incapable d'en faire autant, et se moquait éperdument de tout.
Elle n'avait jamais eu besoin d'une raison pour rester, et le fait qu'il lui en demande une ne faisait que renforcer l'image négative qu'elle avait de leur relation asymétrique. Elle restait, pour rester. Pour lui, et c'était suffisant. Quitte à se taper dessus à grand renfort de reproches, pour reprendre ses termes, car c'était finalement tout ce qu'ils faisaient. Elle, elle aurait, et elle avait signé tout de suite, pour quelques minutes de plus en sa présence, quelques secondes à gratter avec lui, pour entendre la fin de son rire, pour voir naître son sourire. Sans condition, sans regretter sa décision une fois qu'ils arrivaient sur le terrain glissant de leur amertume. « J'ai rien de neuf à t'offrir Connor, je suis pas ton dealer de crack avec lequel tu négocies pour en avoir de bonne et à prix réduit, qui te dit qu'elle coûte plus cher mais que la montée est si bonne qu'on en oublierait presque la descente désastreuse. Je fais pas des affaires avec toi, et je suis désolée de voir que se jouer dealer te soit monté à la tête. C'est donc tout ce que tu vois dans une relation ? Les avantages que tu pourrais en tirer. Voir si ta balance bénéfice risque penche du bon côté. Je dois comprendre que la nôtre a penché du mauvais côté. » Elle appuyait sur ses points faibles. Comme tout le monde, il avait été victime des ragots. Si elle passait volontiers pour la main de fer au service du gouvernement, reine des glaces sans le moindre sentiment, qui vous avertit de votre pauvre sort si vous osez enfreindre les lois ; lui avait eu droit à des bouts de vidéos le plaçant dans le rôle du parfait junkie reconverti en dealer, mettant au profit son expérience personnelle et ses connaissances dans le domaine, pour conseiller de nouvelles recrues dans ce monde de poudre au nez.

TOI. Toi, bon sang. Et nous.
C'était la seule réponse qui hurlait à travers son crâne, et il lui semblait presque indécent qu'il lui pose une question pareille. Car il savait qu'il n'aurait jamais de réponse, jamais la bonne réponse en tout cas. Ça avait des allures de provocation insupportable. « A quoi ça sert, de toute façon ? Je veux dire, qu'est-ce que t'en as à foutre de ce que je veux, quand tu t'efforces tous les jours à me montrer que tu t'en branles, que tu prends un putain de plaisir à me donner l'exact opposé, et à me démontrer que... ce que je veux correspond à tout ce dont tu n'es pas capable de me donner. » Prouvant ainsi qu'elle était parfaitement incapable de lui donner une réponse claire et précise. Pourtant, cette option là aurait sans doute été mille fois plus simple. Ils n'étaient pas doués pour lire entre les lignes – ou du moins, entre les bonnes lignes, et une conversation claire, sans reproches, sans drames aurait sans doute été la solution à beaucoup de leurs problèmes. Car ils voulaient la même chose et se débattaient de la même façon : comme des forcenés auxquels on avait grillé tous les sens.

Elle recula encore, pour s'asseoir en tailleur sur le canapé, allumant une nouvelle cigarette qu'elle porta à ses lèvres, avec ce même geste répété des milliards de fois, que Connor avait vu des millions de fois déjà. « Et toi, qu'est-ce que tu veux Connor, hein ? »
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MessageSujet: Re: La requête ~ Roxanne    Dim 1 Juin - 14:49

Affreuse âme balafrée qu’il était, amas de cicatrices dont plus d’une était à imputer à Roxanne. La vie c’était également bien chargée de lui cisailler sa personne à force d’épreuves dont il n’avait su que partiellement passer au dessus. Accusé des pires maux, condamné pour des meurtres qu’il n’avait pas commis, Connor s’était mis à croire qu’au fond il devait être une bien mauvaise personne pour être malmené à ce point. Etait-ce ses défauts ? Son être tout entier que l’on avait décidé de blâmer ainsi ? Et puis qui au juste ? Le bon Dieu, le destin, le karma ? La simple fatalité ou un hasard lui collant un peu trop bien à la peau ? S’il en croyait le dicton « il n’y a pas de fumée sans feu. » c’est que quelque chose avait une dent contre lui. Pourtant il n’avait jamais été une victime jusqu’à ce que tout ça lui tombe sur la gueule, en tout cas l’ex-junkie ne s’était jamais placé comme tel. Mais qui pouvait lui jeter la pierre d’avoir plier sous le poids de ces culpabilités juste trop lourdes pour les épaules de l’homme qu’il était ? Roxanne peut-être… avec cette manière qu’elle avait de ne pas comprendre qu’à s’enticher d’un homme brisé on ne pouvait pas espérer de miracle.
Oui il n’avait jamais été adroit pour exprimer ce qu’il ressentait, il se l’interdisait par fierté mais aussi de peur qu’on lui fasse encore payer il ne savait trop quoi. La peur, c’était simplement ce sentiment qui le paralysait et le rendait si con parfois. Et le garagiste avait cru qu’en se détruisant avec quelques rails et des cachets lui vrillant le cerveau, il n’aurait plus jamais peur. Parce que dans les premiers temps il s’était senti invincible avant de comprendre qu’il n’était en fait qu’un esclave en devenir. Ses chaînes étaient le manque chaque fois que la dose ne suffisait plus à combler son organisme déjà accoutumé à recevoir sa drogue quotidienne. Petit à petit il avait glisser sur une pente trop raide pour être remontée, et cette descente aux enfers l’avait effrayé… Encore. Devenant tout le contraire de ce qu’il aurait voulu être il s’était pourtant accroché à ce qu’il avait de meilleur, la chef de la Résistance. Enfin celle qui l’était devenue à sa place parce que personne n’était duper et le seul crétin à ne pas voir combien il aurait été incapable d’endosser ce rôle dans son état, c’était bien lui.

Le bals des regrets, parfums de rancœur et d’amertume des effluves trop familières à son goût mais que pouvait-il y faire ? Après tout il était seul responsable de tout cela. En tout cas à en croire ce que la brune lui balançait à la gueule depuis longtemps déjà. Alors certes maintenant que son esprit était plus clair il comprenait, mais elle de son côté s’entêtait à camper sur ses positions. Pourquoi pas un seul instant elle n’avait cherché à trouver comment l’aider sans l’accabler plus ? Il se souvenait de cette dernière violente altercation qu’ils avaient eu alors qu’il était profondément en manque. Le souvenir était partiellement flou mais il se souvenait bien du goût âcre de la poudre de son revolver dans sa bouche. La terreur dans les yeux de celle qui avait penser pouvoir le sortir de là juste à la force de ses petits bras maigrichons, de son verbe piquant, de ses paroles assassines. Échec. Ils étaient un échec l’un pour l’autre et cette discussion illuminait cette douloureuse vérité.
Roxanne n’avait plus aucune estime de lui, elle n’accordait plus aucun crédit à ce qu’il pouvait dire qui ne soit pas négatif, et donc finalement l’arrangeait bien pour l’enfoncer encore d’avantage. Ça ne datait pas d’hier et la réponse à sa question était donc un non franc et massif, elle ne l’aurait pas écouter. Pourquoi ne pas simplement l’avouer ? Au lieu de ça il fallait à nouveau qu’elle gerbe ses mots fielleux sur lui, Connor désespérait de lutter contre tant d’acidité. « Si… Je te fais ce coup là parce que c’est la seule vérité qui soit. Tant pis si ce n’est pas la tienne, mais c’est celle qui m’a poussé à ne rien dire. C’est comme ça que tu ne le veuilles ou non. » et oui il avait tout perdu. Mais cette « mort » avait permis sa renaissance. « J’espère au moins que ce constat te soulage un tant soit peu. » elle nourrissait tellement de haine à son égard qu’elle n’était sûrement pas désolée pour lui et il ne demandait surtout pas à ce que ce fut le cas « C’est légitime. ». Comment lui en vouloir ?

Et comment gérer ce geste si porteur d’une volonté de le voir rester alors que l’issue serait inévitablement décevante ? Oh ça il crevait d’envie de rester, c’était même pour cette raison qu’il était encore là et qu’il n’avait pas bougé d’un iota. Mais Connor demeurait incertain face à son insondable interlocutrice. Trop de temps qu’il ne la comprenait plus, et elle serait bien capable de lui dire que ça n’avait de toute façon jamais été le cas. Tout ce qu’il voulait c’était essayer pour une fois de comprendre, entendre ce qu’elle voulait, il lui laissait cette possibilité mais avec au fond peu d’espoir de la voir saisir cette opportunité. Un soupir lui échappait. La drogue… Encore et toujours ils en revenaient là. Mais ce que Roxanne sous entendait qu’il ai fait le surprenait « Comment ça un dealer ? » et puis son esprit fit la connexion avec ces images truquées qu’il avait vu lui aussi. C’était facile de rendre ça crédible avec son passé, l’endroit où il vivait. « Ah oui… L’ex-junkie qui vend la came histoire de se faire du fric au lieu d’en dépenser. L’âme du destructeur qui reprend le dessus, causer la perte, donner d’la merde à des petits jeunes. C’est tout moi, effectivement. Il y a les preuves, il y a tout alors pourquoi chercher plus loin ? » toute cette manipulation le dégoûtait, s’il y avait bien une chose sur laquelle il avait définitivement rouvert les yeux c’était celle là. « Envoyer des gens avec qui l’ont travaillait à la mort c’est vrai que c’est bien plus honorable. » pensait-il sans pour autant que ce retour de flamme ne passe la barrière de ses lèvres, il devait se retenir pour ne pas attiser encore la haine de Roxanne à son encontre.
Bénéfices ? Avantages ? De quoi parlait-elle ? Qu’avait-il dit qui puisse laisser croire qu’il ne s’intéressait qu’à cela ? « Je veux rien négocier avec toi. Rien… Plus maintenant. Quand je suis entré ici j’avais le minime espoir que plus qu’une négociation c’est un partenariat qu’il était possible de retrouver. ».  Au moins Connor était une fois de plus fixé sur ce que la membre du Conseil pouvait penser de lui, quels vices elle lui attribuait. « Je me fous que t’ai rien à offrir de neuf. C’est parce que j’en ai marre de faire des conneries à force de ne rien comprendre à toi et tout ce bordel et ses barrières qui se dressent toujours plus hauts entre nous. On est incapable de parler sans que sa tourne au vinaigre et je ne crois pas que ce soit agréable pour aucun de nous deux. Alors je sais pas j’espérais peut-être juste que cette fois tu me dirais qu’on allait parler ou boire un café ou j’en sais rien… je sais plus. » et c’était épuisant à la longue de savoir que comme toujours ça finirait mal. Quoi de pire que l’absence d’espoir ?

Alors pour être clair ou au moins tenté de l’être parce que c’était la seule chose à laquelle se raccrocher désormais. Que voulait-elle ? Il ne pouvait être plus engageant, c’était l’occasion rêvé pour elle de dire ce qu’elle jugeait bon de lui dire. Là encore il ne s’attendait pas à un miracle, la situation était trop pourrie pour que ça ne bouge. Peut-être était-ce là la dernière carte qu’il abattrait. Le garagiste arrivait à un point où il était prêt à se résigner, peu importe la douleur qui en résulterait. Mais de toute façon Roxanne n’allait pas lui dire clairement ce qu’elle attendait, parce que son attitude trahissait que c’était le cas sauf qu’il était bien placé pour savoir que de là à ce que ça soit exprimé verbalement la route serait longue, très longue, trop probablement pour que l’effort soit fait.
Elle avait reculé dès qu’il avait ouvert la bouche, et ça en disant long à ses yeux. Un pas en avant pour aussitôt faire deux pas en arrière comme pour appuyer à quel point il était incapable de la comprendre, d’être à la hauteur.  Ses paroles venant renforcer ce constat l’ex-junkie sentit sa gorge se serrer bien malgré lui. Il n’allait pas flancher, ça jamais mais Roxanne semblait être en train de tirer un trait sur eux, mais ce n’était pas si étonnant. Si longtemps qu’il essayait de faire de même sans y parvenir, tant de fois qu’il revenait avec des prétextes bien choisit qui pourtant ne faisaient que masquer le simple fait que la voir lui était indispensable.  Il la regardait s’éloigner pour retourner sur le canapé, elle lâchait prise à son tour, abandonnait. En tout cas c’était l’interprétation de Connor et dieu sait qu’il aurait voulu que ça lui soit moins douloureux.

Roxanne allumait une nouvelle clope et le garagiste songeait à partir, à priori ils s’étaient tout dit cette fois. Et il fut surpris qu’elle lui retourne la question, qu’est-ce qu’il voulait ? Oh ça il en voulait des choses, beaucoup, sûrement trop mais ça meublait un vide. Ça en créait un aussi, tout ce qui concernait l’ancienne chef de la résistance creusait un trou béant dans son être, une plaie tout simplement. Fini pour fini, il n’avait rien à perdre et tant pis qu’elle ne croit pas un seul mot de ce qu’il allait dire, lui au moins pourrait se satisfaire d’avoir l’esprit tranquille « Remonter le temps. Éviter le nombres incalculables de conneries que j’ai pu faire. Jamais toucher à cette poudre et me rendre compte assez tôt que je partais à la dérive. Ça ne changerait peut-être pas tout, ça ne changerait peut-être rien mais au moins j’essayerais. » et cela en toute possession de ses moyens. « Mais c’est impossible, ce que je veux l’est aussi. Alors s’il me reste quelque chose que je peux espérer c’est d’arriver à vivre avec. » pour une fois il ravalait sa fierté au moins un quart de seconde le temps de quelques mots « Et d’arriver à faire sans… En ce qui te concerne. » parce que c’était bien là le plus dur et ça ne datait pas d’hier.
Son regard l’avait jusque là évité préférant la vue de ce salon si impersonnel plutôt que ses prunelles pleines de jugements, mais il renouait le contact visuel avec Roxanne durant un bref instant « Tu sais si j’avais pu choisir, j’aurais pas coché la case « connard ». La nature fait pas toujours bien les choses. » il eu un petit sourire, il n’allait pas pleurer. Les faits étant à quoi bon s’apitoyer, maintenant elle savait, elle ne voudrait peut-être pas y croire mais au moins il avait exprimé ses regrets et rien qu’avec ça il se sentait un peu plus léger. Il n’attendait rien en retour. Ça n’arrangeait rien, ça ne faisait pas avancé son business, mais lui en tant que personne ça le soulageait un tout petit peu et c’était déjà pas mal pour un handicapé des sentiments comme lui.
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MessageSujet: Re: La requête ~ Roxanne    Mar 17 Juin - 22:20

Elle était la première à prêcher le jugement intelligent, et l'opinion personnelle. Cracher avec dédain sur ces opinions faciles qui véhiculaient par-ci par-là, méprisant alors d'un mauvais œil toute personne incapable de faire un peu de réflexion par eux-même pour se forger une idée qui leur soit propre. Et elle venait de renier toutes ces belles valeurs qu'elle pensait sienne, fonçant dans la facilité comme un taureau devant lequel on agite furieusement un bout de tissu, car c'était plus facile. Car cela ne demandait rien, rien que de saisir cette perche qui lui pendait sous le nez depuis qu'ils avaient commencé à diffuser leurs images. Elle ne voulait même pas savoir cela était vrai, car elle n'en doutait pas. C'était sans doute ça le pire, elle ne se remettait pas en question, il était clair que Connor ne valait pas mieux que ça de toute façon. Elle prit sa petite gifle d'ironie relativement mal, préférant cependant s'enfoncer dans ce qu'elle avait commencé. « Oui, tout à fait toi ça, Connor. Tu as une image bien glorieuse de ta personne je crois, peut-être un peu trop. »

Ils se parlaient plus qu'ils ne le pensaient, et plus qu'ils ne l'avaient fait ces dernières fois. C'était peut-être ça, le truc : la nécessité de se sentir acculé, de se dire, et d'être convaincu qu'il n'y avait plus d'issue possible. Qu'il n'y a plus rien à risquer car il n'y a rien, de toute façon. Être prêt à tout abandonner car plus rien n'a d'importance. Chaque mot qu'il prononçait était douloureux, car tout ce qu'elle sentait était qu'il n'y avait plus rien à espérer, alors qu'elle espérait qu'il y en ait encore. Mais elle n'était pas capable de tout faire toute seule, et le triste constat qui se dressait devant elle était que Connor ne semblait pas être prêt à faire quoique ce soit. Qu'ils étaient tous les deux arrivés au même point, mais que Connor n'allait pas faire quoique ce soit pour changer les choses. « Tu veux parler ? Mais j'attends que ça Connor, toutes les fois où je suis venue te voir, je voulais juste ça. Qu'on parle, que tu me parles. Que tu me dises quelque chose, que tu me dises des choses. Mais t'en as jamais été capable, t'as jamais essayé. Tu veux qu'on parle, mais je ne peux pas être la seule à parler quand tu es là, en train de me dire que tu ne veux plus rien de moi. »

Obtenir une réponse de sa part fut une surprise. Elle ne s'attendait ni plus ni moins à un fade reflet de ce qu'elle avait pu lui donner, c'est à dire un semblant de réponse, quelques mots maladroitement assemblés sans qu'ils aient pour but de faire sens. Sa sincérité la déconcerta un premier temps, et elle le regarda, presque perplexe. Et c'était ça, la différence ? Qu'il savait ce qu'il voulait et ce qu'il ne voulait pas, tandis qu'elle pataugeait dans sa médiocrité sans chercher à s'en extirper. Qu'elle croyait dur comme fer qu'il n'y avait pas d'évolution possible, car elle avait l'impression d'être restée la même personne qu'à ses douze ans.
Elle le prononça pas de mot, ne gloussa pas, de soupira pas. Elle évitait soigneusement son regard, sans vraiment s'apercevoir qu'il n'avait pas posé les yeux sur elle. Elle n'était pas bonne lorsqu'il s'agissait d'affronter la vérité. Elle n'était pas douée pour ces conversations, car elles étaient toujours restées à l'état embryonnaire chez elle. Comme une possibilité, un désir. C'était comme une femme muée par un profond sentiment maternel, incapable de concevoir. Elle avortait ses discussions et ses débats à chaque fois, mourant dans un d'état de puissance. Sa dernière phrase vint couronner l'ensemble, la laissant d'autant plus silencieuse.
Lorsqu'elle finit enfin par ouvrir la bouche, elle se rendit rapidement compte qu'elle aurait dû se taire. « Tu sais, si j'avais pu choisir je n'aurais pas coché la case Connor... » A peine avait-elle terminé de prononcer ces quelques mots qu'elle posa sur lui le regard le plus désolé qu'elle pouvait lui donner. Comme si elle regrettait d'avoir dit ça, même en sachant qu'elle le pensait véritablement. Mais c'était presque déplacé que ce soit la seule chose dont elle fut capable après ce qu'il venait de lui avouer.

Sans un mot, ni un regard, elle se releva, pour disparaître dans la cuisine. Ce qui passait aisément pour une vieille tentative de fuite dont elle avait le secret. S'éclipser lorsqu'elle n'était pas capable d'affronter ce qui se dressait devant elle, et chercher des excuses bidons pour sauver ce qu'elle pensait être son honneur – et qui n'était en réalité que la triste personnification que sa lâcheté monstrueuse. Au lieu de ça, ce fut le son mécanique de la machine à café qui se déclencha.
Elle lui tendit une tasse de café, d'un geste sec, avant d'aller reprendre sa place attribuée dans le coin du canapé. C'était sa façon de s'excuser, à demi-mot pour être une telle handicapée des sentiments. Pour ne pas être capable de dire les bonnes choses au bon moment, de ne savoir que saisir la mauvaise perche. Mais ça la tuait trop que de dire qu'elle s'excusait platement. Elle était toujours un peu plus à l'aise lorsqu'il fallait se taire, et elle espérait que le geste parlerait de lui-même. « Tu sais ce que je trouve triste ? Que la seule chose que tu envisages à mon sujet, ce soit mon absence. Qu'est-ce que tu veux que je fasse de plus quand de toute façon, tout ce que tu veux c'est me voir jarter, Connor ? C'est peut-être ça aussi, le problème. Que la seule chose qui te semble possible soit de faire sans moi alors que moi bah... Enfin, on s'en fout, c'est pas important, pas vrai ? »
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MessageSujet: Re: La requête ~ Roxanne    Ven 20 Juin - 10:47

C’était plus facile de ne pas voir plus loin que le bout de son nez, c’était plus simple de croire aux images soigneusement dévoilées par les médias contrôlés par le Gouvernement. Il était plus pratique de se laisser manipuler sans essayer de lutter et à quoi bon se dresser contre une série d’images accablantes ? Connor n’avait pas que ça à foutre, rétablir la vérité, se débarrasser de cette étiquette de dealer que l’on avait voulu lui coller sur le front. Ça lui apportait quelques emmerdes, des bâtons dans les roues mais finalement tout cela retomberait assez vite comme un soufflet. Roxanne pouvait bien se fier à ces nouvelles informations, il ne cherchait même pas à la ramener sur une autre voie. Elle le voyait comme pourri jusqu’à la moelle, elle ne voulait pas voir les efforts fait ou du moins ne pas les reconnaître alors tant pis, il serait toujours cet échec à ses yeux.
Désabusé par l’attitude de la Membre du Conseil, l’ex-junkie ne voyait plus une lueur d’espoir les concernant. Elle avait trop appuyé où ça faisait mal, elle l’avait trop enfoncé et mis au pied d’un mur en faisant tout pour qu’il creuse encore. Et là même si elle avait esquissé un signe de trêve, elle se ravisait, de toute façon il ne ferait jamais rien assez bien ou comme elle le voudrait. Pourtant le garagiste avait l’impression d’avoir essayé, maladroitement peut-être parce qu’entre eux la communication il y avait bien longtemps que ça c’était complexifiée. L’un et l’autre ne voyait toujours qu’une porte fermée devant lui, un dialogue de sourd s’engageait et il n’en ressortait que de la peine, de la douleur.

Connor s’étonnait d’entendre la brune lui dire qu’elle n’avait voulu que ça parler. Et pourtant chaque fois qu’il avait tenté de lui dire quelque chose, ce quelque chose qu’elle attendait… Rien d’autre que de l’amertume venait accueillir son propos. Incrédule il la regardait avec incompréhension « J’ai pas toujours dit que je voulais plus rien de toi. Et tu es la seule responsable de ça, à force de me faire comprendre que de toute façon je ne valait plus rien… Que sans doute je n’avais jamais rien valu et que tout ce que tu avais me concernant c’était des regrets. ». Alors puisqu’elle voulait qu’il dise les choses il s’était lancé dans des propos sincères, qui rencontreraient probablement un mur eux aussi mais peu importe.
Il lui donnait des réponses, il se livrait avec la sincérité de celui qui n’a plus rien à perdre. Et quand Roxanne ouvrit enfin la bouche, après avoir eu la décence de ne pas l’interrompre, ce fut pour le poignarder par des mots assassins qu’elle maîtrisait à la perfection. La douleur fut si vive que l’ex-junkie aurait presque pu sentir un reflux d’hémoglobine s’inviter dans sa bouche comme si un véritable poignard venait de se planter dans son abdomen. Si elle avait voulu l’achever elle n’aurait pas pu trouver plus belle manière. Son regard était étrangement en inadéquation avec ce qu’elle venait de dire et de faire. Elle n’assumait même pas de le mettre ainsi à mort… Comme quoi ils se ressemblaient bien, irrécupérables l’un comme l’autre.

La seule envie de Connor à cet instant était de partir, quitter cet appartement et lui offrir ce qu’apparemment elle voulait : ne plus jamais le revoir. Elle finirait par oublier, il deviendrait un souvenir douloureux auquel on repense comme un cauchemar que l’on aurait fait mais dont on ne fini plus par savoir si c’était réel ou pas. Mais il était pétrifié, contraint par son incapacité à se mouvoir de rester là, comme un con blessé. Il suivit du regard la propriétaire des lieux qui s’exilait dans sa cuisine. Qu’avait-il fait pour être ainsi poursuivit par cette incapacité à trouver un semblant d’épanouissement ? De paix ? Pourquoi fallait-il toujours que tout se dérobe sous ses pieds ? Peut-être bien qu’à sa naissance tout cela avait été planifié… Un être, une force invisible avait du apposé sur son front un doigt vicieux en le maudissant pour qu’il passe une existence des plus médiocres. Le bonheur lui serait interdit, il en aurait l’espoir parfois par bribes avant que l’on ne lui reprenne le semblant de joie acquis. Il lui faudrait se satisfaire de peu de chose et lutter, affronter de grands maux. S’il vivait toute cette merde, s’il avait mal à en crever c’était parce que c’était comme ça. Connor Joshua Blackpearl ferait les mauvais choix, s’enfoncerait, gratterait jusqu’à s’en faire saigner les doigts et toute tentatives de s’en sortir se solderait par un échec.
Encore complètement assommé par les quelques mots puissants de Roxanne, il peina à reconnecter avec la réalité et se saisir de la tasse de café fumante qu’elle lui tendait. Pourquoi ? Elle aurait dû lui demander de partir et au lieu de ça, après l’avoir achever elle lui offrait ce café qu’il avait évoqué plus tôt… Il ne comprendrait jamais rien à cette femme et c’était là tout le problème. Se comprenait-elle elle même ? Il n’en était même pas certain. De nouveaux mots se glissèrent jusqu’aux tympans du garagiste, un discours qu’il analysait silencieusement presque comme si il n’écoutait pas. Pendant combien de temps encore allaient-ils se renvoyer la balle ? Chercher à qui la faute, alors qu’ils étaient tous deux fautifs. Connor secouait doucement la tête, les yeux fixés sur le café qu’il ne boirait pas tout de suite, il ne voulait pas se brûler encore d’avantage… « Parce que c’est ce que tu veux. » lâchait-il en soupirant « Tu me fais toujours part de tes regrets, de à quel point je t’ai déçu, à quel point je te déçois. Me traitant d’égoïste, d’opportuniste. Et je le suis sans doute mais tu ne peux pas me reprocher, de pour une fois essayer de faire ce que j’ai cru bon pour toi. » pour eux. Parce qu’elle pouvait en douter, c’était sans doute le cas mais il ne souhaitait pas la voir malheureuse. « Je t’apporte que du négatif. On se fait mal… Il faut bien que ça s’arrête à un moment. C’est ça le problème, c’est que tu passes ton temps à me montrer que y’a plus d’espoir. Et j’ai beau être une tête de con plutôt tenace, j’ai fini par le croire et j’ai renoncé. ».

Il avait tiqué sur ces derniers mots, cette façon avec laquelle elle c’était exclue de la discussion. Connor posait son regard sur elle, calme et pourtant intérieurement toujours éprouvé par les mots douloureux qu’elle avait prononcé. « Bah si justement c’est important ! Vas y dis moi… » il haussait les épaules « Au point où on en est c’est le moment ou jamais. Tu parles toujours à demi-mots sauf quand il s’agit de me balancer des vacheries. Mais là tu vois c’est peut-être le moment de dire les choses. Tues moi sur place si tu veux. » il écartait les bras comme s’il était une cible humaine [color:cbaa=[color=darkseagreen]« Allez fais toi plaisir, accables moi encore, ou dit moi de quoi t’as envie. Mais putain parles… » il soupirait « J’en peux plus de ça Roxanne. Alors quand dit ce que tu as à dire. » il se livrait, prêt à encaisser. Mais il savait bien comment elle était, ils étaient pareils au fond et sans doute passerait-elle à côté de cette ultime occasion d’être sincère.
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MessageSujet: Re: La requête ~ Roxanne    Jeu 10 Juil - 22:48

C'était vrai. Elle ne regardait de Connor que des regrets, un arrière goût amer était tout ce qui lui restait. Elle avait oublié la mise en bouche délicieuse, toutes les nuances, elle avait oublié à quel point, un jour, tout avait été bien. Loin d'être tendre et parfait, loin de la définition généralement accordée au terme relation parfaite, car ce n'était pas eux ça. Ils avaient toujours eu un penchant pour s'envoyer de méchantes piques, pour se défier, constamment, sur n'importe quoi. A dire les choses clairement, sans doutes trop. Mais c'était ce qu'ils étaient, ce qui les définissait. Et ce dans quoi ils avaient sombré n'était sans doute ni plus ni moins qu'une mauvaise dérive, que la conséquence malheureuse de ce qu'ils avaient un jour chéri, poussé à son paroxysme, pour devenir aujourd'hui, ce qu'ils haïssaient.
Ils s'étaient décidément bien trouvés. Si une partie d'elle, bien enfouie quelque part au fond, sous tout le reste, admettait volontiers qu'elle n'était pas blanche comme neige et qu'elle avait sans doute sa part de responsabilité dans l'échec qu'ils représentaient à eux deux, elle avait bien en travers de la gorge la tendance de Connor avait prise de tout mettre sur son dos. Pas un pour rattraper l'autre. Car si elle voulait bien prendre une part de responsabilité, selon elle, les torts revenaient en grande partie à celui qui se tenait devant elle actuellement en lui refilant le lourd fardeau de la culpabilité comme s'il s'agissait d'une balle en feu qui brûlait leurs pauvres mains meurtries.
Mais c'était ça, qui la tuait. Le fait qu'il ait l'audace de la mettre au même niveau que lui. Qu'il ose croire, et essayer de lui croire qu'elle était tout autant responsable. Quand elle lui disait que des deux, elle ne l'avait pas trahi, elle n'était pas celle qui avait planté un poignard dans le dos de l'autre depuis le premier jour, et qui l'a regardé se pavaner les omoplates ensanglantées sans l'en prévenir. Elle avait sans doute fait des erreurs, elle n'était pas facile à vivre, elle n'était pas la fille douce, réservée et altruiste qu'on aimerait sans doute tous rencontrer un jour. Elle n'était rien de ça, et il ne savait mieux que quiconque. Mais dès lorsqu'elle avançait cette argument-là, car il était la principale raison de leur dérive selon elle, il ne faisait que lui foutre trois raclées en lui faisait comprendre sans ménagement que certes, il avait fait des faux pas – et ceci est un euphémisme ; mais qu'il était important de se poser les bonnes questions à présent, et de chercher la cause de tout ça. Voir s'il n'y avait pas une raison bien plus compliquée que celle que Roxanne avait toujours en bouche, celle où elle l'accusait de n'être qu'un pauvre minable, raté et connard. Et c'était à ce moment là qu'il lui retournait tout habilement, lui disait que la raison portait son nom.
Et elle en avait assez de ce manège là, car c'était trop facile que de la nommer comme l'unique raison de sa trahison.

« Bon pour moi ? Dis-moi de quoi tu parles car je vois mal, Connor. Qu'est-ce que t'as essayé de faire qui soit bon pour moi, hein ? Tu veux que je te dise, si je voulais vraiment que tu partes, si je voulais vraiment ne plus rien avoir à faire avec toi, tu crois ne serait-ce qu'une seconde que tu aurais pu mettre un orteil ici ? » Ils n'avaient décidément pas la même définition du bonheur, ni même de la générosité. « Je t'ai apporté de l'espoir sur un plateau d'argent, chez toi. J'étais la première à essayer de faire quelque chose quand toi tu n'as pas vu plus loin que le bout de ton nez, quand tu t'es enfermé dans ton appartement et que tu essayais soigneusement de m'éviter. »

Elle se tût brusquement lorsqu'il lui dit de mettre en avant son point de vue, de dire enfin, à haute voix, ce qu'elle ne disait jamais, et ce qui leur ferait sans doute du bien. Elle n'en était pas capable. Elle n'avait jamais fait l'effort de le faire. Elle préférait prendre la fuite plutôt que de formuler tout haut ce qu'elle pensait réellement, surtout lorsque ce n'étaient des injures. Car pour ça, elle n'avait pas le moindre problème. Lorsqu'il s'agissait de faire part de ses sentiments un peu plus nuancés, cela devenait plus difficile.
Elle sentit son ventre se nouer, et des fourmis y remuer. Elle le détestait pour la théâtralité dont il faisait preuve. Elle se renfermait sur elle-même, rabattait les jambes contre la poitrine, et s'entourant avec ses bras. Vulnérable, voilà comment elle se sentait. Elle avait l'impression que sa coquille se réduisait en miettes, pour ne laisser que le petit mollusque fragile qu'il contenait. Elle ne savait pas parler. Elle ne savait pas, et ne voulait pas surtout. Tout lui paraissait affreusement ridicule une fois la barrière de ses lèvres franchies. Comme si soudainement, une fois passé ce filtre, il n'en ressortait que le plus grotesque.
Ce qui la désolait était qu'aux yeux de Connor, tout ce qui pouvait venir d'elle le concernant, était forcément négatif.
Elle passa une ou deux longues minutes, silencieuse, osant quelques regards de temps à autre, sans réussir à le maintenir. Car il attendait quelque chose d'elle, quelque chose dont elle n'était pas capable, dont elle n'avait jamais été capable. La vérité était qu'elle se complaisait dans le rôle de la victime, celui de celle qu'on laisse derrière sans le moindre regret. Elle préférait qu'on lui impose une décision, plutôt que d'être celle qui la prenait. Car elle avait moins l'impression d'être responsable de son malheur, elle se consolait en se rabâchant que les choses étaient ainsi faites, et qu'elle ne pourrait rien y changer. Elle s'ôtait la culpabilité de ne pas avoir su faire quelque chose.
Enfin, elle esquissa un geste : elle se releva, se rapprochant de Connor, peu sûre, peu déterminée, en ayant l'horrible impression d'être sur le point de commettre une grossière erreur. Elle l'enveloppa dans ses bras, qui venaient entourer ses épaules, enfouissant sa tête contre son cou, dans une étreinte maladroite. Elle avait l'aisance et la grâce d'une touriste qui embrassait un cactus pour une photo de famille.

Ça lui faisait un mal fou. Elle avait l'impression d'avoir le cœur au bord des lèvres.

Finalement, elle recula, lui jetant un regard quelque peu intimidé. Elle ne voulait pas l'embrasser, elle ne voulait pas le retrouver dans son lit, et le voir partir comme un voleur, ou comme si de rien n'était, comme la dernière fois. Elle ne voulait rien de ça, elle avait presque fait un trait sur tout ce qu'ils furent un temps. A ce moment-là, elle ne quémandait que de l'affection, celle qu'ils se refusaient mutuellement.
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MessageSujet: Re: La requête ~ Roxanne    Jeu 17 Juil - 11:25

Cette discussion serait-elle leur ultime bataille ? Le dernier tournant avant de s’ignorer l’un et l’autre, comme si c’était la seule alternative possible. Une petite victoire, puisqu’ils courraient toujours après cela et pas un ne rattrapait l’autre sur ce point. Mais en bons parias de la réussite ils étaient bien foutus d’échouer même pour ça. N’y aurait-il jamais de trêve à cette guerre stérile ? Connor sentait que la situation était foutue, depuis longtemps déjà il avait fait ce constat, mais alors que Roxanne faisait tout pour qu’il le comprenne elle lui reprochait ensuite de l’admettre. Alors quoi ? Il devait regarder le mur jusqu’à ce qu’il s’écrase dedans ? Le regarder en espérant toujours un miracle qui le ferait disparaître ou le rendrait moelleux ? Le garagiste ne se camait plus assez pour en arriver à cet état d’illusion, il voulait voir la réalité en face aussi moche et douloureuse fut-elle.
Leur partie de ping-pong pourrait durer des lustres comme ça, qu’ils ne tomberaient jamais d’accord sur rien. C’était même une sorte de principe entre eux : pas d’entente. L’un dit blanc l’autre dit noir alors que peut-être pensait-il seulement blanc cassé ou beige. Mais non tout allait vers l’excès, la destruction et la douleur… Sauf que de toute cela Connor était lasse, épuisé par des paroles vaines, des actes répréhensibles qu’ils ne se pardonneraient pas l’un et l’autre. Et le cœur arraché par la pince tranchante qu’était les mot de Roxanne, le garagiste fonçait une ultime fois dans le tas. Il aurait fait fureur comme taureau de corrida avec ce goût inexplicable à se lancer tête baissée dans une cause perdue, pire jusqu’à une mort prévue qui en plus de cela serait acclamée.

Roxanne ne lui facilitait pas la tâche, il était perdu face à son discours décousu. Au moins sur ce point ils étaient raccords, la clarté n’était pas leur fort et tour à tour il plongeait dans les eaux troubles de l’incompréhension. La membre du Conseil retournait à revers les paroles du Texan, qu’avait-il fait de bon pour elle ? Prendre cette décision d’arrêter de se faire mutuellement souffrir. Mais à priori ça aussi c’était une erreur, donc ils étaient bel et bien dans une impasse à entendre ce putain d’impact à la suite duquel il ne resterait que des éclats sanglants pour repeindre les murs. Là où la jeune femme avait raison cependant, c’était que si elle voulait vraiment ne plus le voir il lui suffisait d’un claquement de doigt pour le rayer de la carte. Ou sans aller jusqu’à cette extrémité là de lui empêcher tout accès à ce qui touchait de près ou de loin à sa vie de dirigeante. Mais au passage elle lui faisait à nouveau la morale, quand cesserait-elle ? Ça ne les menait à rien, ils ne raisonnaient pas pareil. « Oh excusez mon manque de discernement Sainte Roxanne. » marmonnait-il entre ses dents après s’être brûlé la langue en buvant une gorgée de café.
C’est là qu’elle avait fait son petit numéro, la reine du silence. Ça n’était déjà pas assez difficile pour qu’en plus de cela il faille qu’il lise entre les lignes ? Qu’il déchiffre ses silences et analyses chaque soupirs ? Connor n’avait plus cette force, bientôt plus l’envie de rien qui ne touche à cette femme que pourtant il aimait sincèrement. Était-ce révolu ? Il l’aurait voulu, mais chaque pointe de douleur qu’il sentait quand elle le taclait prouvaient bien qu’il n’en était rien. L’ex junkie explosait mais avec un calme maîtrisé, il la suppliait presque de daigner parler comme jamais elle ne l’avait fait. Pour une fois qu’elle soit claire, qu’elle lui balance tout à la figure c’était lui qui le réclamait. Au fond il savait que Roxanne ne saisirait pas cette opportunité, elle resterait muette ou cracherait sa bile une énième fois en parlant de lui plutôt que d’elle. Il lui offrait l’ultime chance d’être sincère comme il l’avait été un peu plus tôt dans la discussion. Ça relevait de l’exploit pour lui mais de l’impossible pour elle, il le comprit en la voyant se recroqueviller comme un petit animal nocturne que l’on aspergerait d’une lumière agressante.
Étant le dernier espoir qu’il s’offrait, Connor attendait patiemment de voir si la jeune femme allait esquisser un mouvement, lâcher quelques mots ou même un murmure. Mais rien. Juste ses prunelles qui venaient brièvement trouver les siennes… L’angoisse commençait à lui nouer la gorge. C’était donc comme ça que ça allait se terminer ? Dans le silence ? Finalement ça changeait des cris peut-être devrait-il s’en contenter, poser la tasse de café en laissant Roxanne et son silence, sa lâcheté. Le garagiste se sentait un peu con d’avoir eu l’espoir qu’elle se bouscule juste pour lui, c’était trop tard, elle avait fait des efforts et il n’avait pas su en profiter. Puisque la chance était passé, qu’il l’avait laissé filer maintenant tout ce qu’il pouvait faire c’était de se mordre les doigts jusqu’au sang. Mais bien que légèrement soulagé par ses précédents aveux, il se sentait en quelque sorte trahi de s’être ouvert sans rien avoir en retour. A part dans le sens premier du terme, se mettre à nu n’était pas franchement son fort et là il se sentait ridicule et à poils dans le salon de Roxanne.
Les minutes de silences sont toujours bien plus longues que les autres, et le Texan commençait à être mal à l’aise. L’envie de prendre la fuite se faisait plus présente, prendre la porte était peut-être la bonne alternative à envisager. Le chapitre serait clos, l’histoire terminée et sans doute que cette fin chaotique ne plairait pas aux lecteurs mais qu’en avait-il à foutre après tout ? C’était sa vie, pas la leur. Et partant dans les délires que lui proposait son esprit pour ce soustraire au malaise de la situation, Connor ne vit pas que la jeune femme c’était levée. Il ne s’en rendit compte qu’une fois qu’elle fut face à lui et que dans une totale incompréhension de sa part elle l’enlaçait. Ses bras passaient autour de ses épaules dans un geste mal assuré, comme si elle se risquait à un geste interdit et qu’il pouvait la mordre à tout moment. Immobile, il acceptait de recevoir la maigre carcasse de Roxanne contre la sienne sans pour autant lui même oser esquisser le moindre geste. Ils devaient avoir l’air cons tout les deux si maladroits, mais personne n’était là pour voir. Ce moment n’appartenait donc qu’à eux et tant pis si c’était ridicule vu de l’extérieur.

L’instant fut relativement bref, en tout cas Connor aurait apprécier que cette étreinte maladroite dure d’avantage. Aussi imparfaite fut elle ça l’avait apaisé, légèrement soulagé de la peine des mots précédemment encaissés. Ça ne lui redonnait pas pour autant espoir de retrouver ce qu’ils aient pu être, mais éventuellement celui d’être autre chose. Roxanne avait reculé et il l’observait sans aucune haine ou colère dans le regard. En fait il posait sur elle des yeux pleins d’une bienveillance dont il n’avait plus fait preuve à son égard depuis bien longtemps. Et c’était agréable de pouvoir la regarder ainsi sans craindre que ça soit inapproprié. Au point où ils en étaient il n’avait de toute façon plus rien à perdre. Alors sa main libre se tendit doucement vers le visage de Roxanne, il caressait sa joue comme si ça pouvait suffire à implorer un peu de pardon de sa part. Effacer quelques traces malheureuses qu’il avait pu laisser sur elle, bien quelles furent sans doute indélébiles. Un léger sourire étirait ses lèvres au simple constat qu’il fit qu’elle lui plaisait toujours autant et de là venait le fond du problème. Pourtant il aurait du la haïr son image, mais il en était incapable, même pour ça il échouait.
Posant la tasse de café qu’il ne comptait pas finir, il attirait la brune à lui en passant son bras autour d’elle. C’était plus simple de ne pas se regarder, ça évitait de lire dans son regard des émotions qu’il n’était peut-être pas apte à encaisser. Était-ce des adieux ? L’amorce du commencement de quelque chose de nouveau ? Juste une trêve ? Ou rien du tout ? Quelle importance ça pouvait avoir… L’instant comptait plus que son interprétation. Il y avait dans se moment de l’apaisement, des gestes traduisant plus que les mots ne pouvaient le faire, surtout dans leur cas où les mots devenaient bien trop facilement des armes. Mais il y avait aussi de la gêne, de la pudeur parce qu’ils étaient comme ça. Et dans ce genre de moment Connor ne pouvait s’empêcher d’utiliser des conneries comme soupape « Ce café est dégueulasse. » mais à ce moment ces quelques mots sonnaient presque comme une sorte de compliment. C’était tout ce qu’il trouvait à redire, son moyen à lui de faire comprendre à Roxanne qui finalement rien ne valait un peu de calme entre eux.
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La requête ~ Roxanne

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