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 For the heart I once had {.pv}

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MessageSujet: For the heart I once had {.pv}   Sam 28 Déc - 13:40

for the heart I once had

feat Blake S. Elms & Aleksi S. Lenaïk
Made me promise I'd try uo find my way back in this life. I hope there is a way to give me a sign you're okay. Reminds me again, it's worth it all. So I can go on

« - Hey, gamin, t’as du boulot qui t’attend ! Une urgence. » Une simple phrase, gueulée dans la boutique juste avant la fermeture et me voilà déjà en route. Mon patron n’aime pas les déplacements. A vrai dire il n’aime pas grand-chose. Et dès que l’intervention dépasse le simple dépoussiérage, il envoie quelqu’un d’autre s’en occuper. Je me demande parfois quel est son véritable niveau de compétence. Pas très important, je commence à en avoir la certitude. Le gamin est certainement plus calé que lui. Je le suis, c’est une évidence. S’il savait ce que je peux faire en dehors de mes heures de boulot. La promotion tomberait immédiatement. Et avec elle, le retour à la case prison. Je frissonne et accélère mon allure, serrant un peu plus mes doigts contre la bandoulière de mon sac. Cette fois j’aurais vraiment préféré rester à la boutique. Et me contenter de réparer les petits bugs, faire semblant d’en chercher d’autres pour faire plaisir à la grand-mère persuadé d’avoir récupéré le virus le plus dangereux de la planète. Il n’existe pas encore ce brave petit. Ils se ressemblent tous, agissent de la même façon. Je suis à côté de mes pompes lorsque je franchis les hautes portes du bâtiment pratiquement désert à cette heure. Et lorsque l’hôtesse d’accueil m’indique l’étage auquel je dois me rendre et que les chiffres défilent dans l’ascenseur, je commence à ressentir un certain malaise. Il m’a envoyé dans le cœur de la ville, le quartier du Gouvernement. Celui où chaque coin de rue se retrouve affublé d’un Peacekeeper. Celui où les puissants se prélassent tranquillement installés derrière leur bureau. A l’abri du reste du monde, caché par d’imposants rideaux de verre et d’acier. Mes lèvres se plissent et je remets mes lunettes. Pour les enlever le pas suivant. Elles ne me sont plus d’aucune utilité. J’ai continué à les mettre néanmoins, au début. Pour me raccrocher à ce semblant d’humanité restant. Mais à présent, elles me gênent plus qu’autre chose. C’est un comble pour une taupe comme moi, de voir mieux sans. De discerner plus de détails que le ferait le type qui vient de passer à côté de moi en courant. Le couloir s’éternise, et plus je me rapproche des portes, plus mon malaise augmente. J’ai l’impression de pénétrer dans une église. Je me sens affreusement petit lorsque j’entre dans un tel lieu. Ridicule et j’ai la sensation de ne pas être à ma place. Moi qui ne crois en rien. Ma seule présence souille le calme de l’endroit, et malgré tout, je ne peux me résoudre à partir tant le charme opère. Il se dégage quelque chose de ces lieux, un magnétisme qui pousse au respect même le plus irrespectueux.

C’est un peu la même chose ici. Je me sens mal à l’aise au milieu de tous ces adeptes du Gouvernement. J’ai la désagréable impression d’avoir écrit sur le front que je suis un résistant en formation. Et que je m’amuse à vouloir faire tomber leur super système. Je me repli un peu plus sur moi-même et doit faire un effort pour expliquer la raison de ma venue ici à l’homme venu m’accueillir. « - Voilà, nous y sommes. Si vous avez besoin de moi, je serais là-bas. » Il me montre un coin du bureau, perdu derrière le dédale de postes, box et autre petite boite où quelques journalistes retardataires en train de s’arracher les cheveux pour rendre leurs articles à temps. Un hochement de tête amical et je me retrouve seul. Mon regard parcourt le bureau, s’attarde sur la tasse de café fumante, tâchée de rouge à lèvres avant de se poser sur le moniteur face à moi. Mon sac atterrit par terre, je m’installe et laisse mes doigts courir sur le clavier. Une première vérification, basique et de routine. Le problème n’est pas aussi simple. Et cela me contrarie. Une ligne de code, puis une autre. Mes sourcils se froncent de plus en plus et mes nerfs se crispent. Je serais presque prêt à donner un coup de pied dans la machine dans l’espoir de la voir s’exécuter correctement. Et m’offrir là une occasion de fuir plus rapidement. Un sacrilège, j’en crève d’envie mais je serais tout bonnement incapable de le faire. Ca n’arrangerait rien de toute manière. Un soupir m’échappe, j’écrase du doigt la touche ‘entrée’ puis finit par me résigner à aller démonter la bête. J’aurais préféré avoir à triturer le système plutôt que de me retrouver à jouer au petit mécanicien. La drogue n’a pas eu le temps de faire effet. A peine un frisson le long de mon échine, quelques battements de cœur plus rapides. Puis rien. Un retour au calme, coupé en plein élan. La frustration m’envahi et rend mes gestes moins précis. Je dois m’y reprendre à deux fois pour faire sauter les vis et pouvoir mettre à jour câbles et autres composantes.

Je ne sais pas vraiment depuis combien de temps je suis là-dessous, mais je finis par ressentir une présence sur ma droite. Le premier coup d’œil est infime, comme si je voulais vérifier quelque chose sans m’y attarder. Le second permet à mon regard de se poser sur une paire de jambes des plus exquises. Je fais celui qui n’a rien remarqué, reporte toute mon attention sur mon travail et ignore totalement la chaleur qui me pique les joues. Je me mords la lèvre au passage tout en secouant la tête, navré par mon propre comportement. Et la stupidité de mes réactions les plus inconscientes. Je finis par m’extirper au mieux de ma cachette une fois les vis remises en place. Et sans adresser un regard vers la demoiselle postée dans mon dos, je me réinstalle devant le poste et laisse à nouveau courir mes doigts sur le clavier. « - Encore quelque minute, et le problème devrait être réglé. » Je le lance par-dessus mon épaule, tout en me rapprochant de l’écran. Comme si cela me permettrait d’y voir plus clair. Quelque chose me dérange. J’ai l’impression de la connaître. Son odeur me semble familière, très familière. Trop peut-être pour que je prenne le risque de poser mon regard sur elle. J’ai peur d’être trompé par mon esprit fatigué. De prendre mes délires pour des réalités. Alors qu’au fond, je sais pertinemment qu’Elle ne peut pas être ici. Surtout pas dans un endroit pareil.

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MessageSujet: Re: For the heart I once had {.pv}   Dim 29 Déc - 19:39

Non ! Non, non et non ! Machine vicieuse ! Blake avait beau appuyer sur la touche 'entrer' à s'en faire péter le majeur, rien n'y faisait. L'ordinateur refusait d'obéir. Il la boudait tout simplement, affichant un écran noir qui indiquait que visiblement la rouquine allait devoir se frapper plus d'heure au boulot pour terminer le précieux article que son patron lui avait demandé. La chose n'avait pas été complexe, loin de là! Il lui avait suffi de se pointer dans le haut siège du gouvernement, de s'affubler de son plus beau sourire commercial pour soutirer quelques informations à la plus gourde des secrétaire qu'il lui avait été donné de voir. Elle n'avait pas mis longtemps à obtenir un rendez-vous avec le politicien qu'elle visait. Son boss lui avait bien collé la pression, expliquant qu'ils avaient l'exclusivité sur ce coup et qu'elle devait se magner; les interviews, Blake n'était pas trop fan. Elle préférait aller sur le terrain et chercher les informations d'elle même, c'était beaucoup plus intéressant surtout si elle y trouvait la plus infime résistance. Au début, le politicien en question avait affiché une mine bougonne, prétextant qu'il n'avait pas que cela à faire, puis la journaliste avait fait jouer ses atouts, toutes jambes dehors.
Tout cela pour préciser que c'était ce qu'elle était en train de rédiger quand l'ordinateur avait royalement décidé de la planter. Elle soupira de désespoir et laissa sa tête tomber sur le clavier. Après avoir pleuré sur son sort pendant trois secondes (grand maximum), elle fut forcée de constater que le tout était bien au dessus de son domaine de compétences: elle avait besoin qu'un professionnel la sorte de cette mouise. C'est avec énervement qu'elle décrocha le combiné du téléphone qui était posé auprès de son bureau et qu'elle appuya sur la touche 1. La voix de son patron retentit, toujours aussi grosse et disgracieuse. Blake le détestait d'autant plus qu'il en profiter pour mettre en miette vos tympans en hurlant comme un timbré à l'autre bout:

-Encore un problème Elms ?  

Blake leva les yeux au ciel:

-Mon ordinateur à planté chef, je ne sais pas ce qu'il a...

Elle l'entendit pouffer de rire. Si seulement il pouvait s'étouffer un de ses jours, la rousse n'irait pas pleurer pour sa perte. Il était connu dans tout le département que les deux ne pouvaient pas se voir en peinture. C'était ainsi dès leur première rencontre. L'homme n'avait pas supporté le fait que Blake entre au journal par le biais de son père, depuis il pensait qu'elle était sous qualifiée pour un travail de la sorte. Pourtant, la jeune femme s'efforçait de faire ses preuves, il semblait que rien n'était suffisant. Elle avait jeté l'éponge depuis un long moment et se fichait éperdument de savoir ce que l'homme grassouillet pensait à son sujet. Il lui baragouina qu'il allait s'en charger puis il raccrocha.
Blake attrapa le magnétophone où se trouvait la précieuse interview et le fourra dans son sac à la hâte, elle déplia ensuite ses jambes fines et s'élança dans le couloir. Elle ignora sa tasse de café vide qui reposait sur son bureau et fonça vers le distributeur de friandises. Le jour où il avait été question de l'enlever Blake avait failli faire une crise cardiaque. Elle l'avait cette imposante machine, lui au moins était fiable, un peu vieux mais bien plus fiable que son foutu ordinateur de malheur. Elle tapota la vitre un peu grasse de ses longs doigts et mit un petit moment à se décider, elle était tellement absorbée qu'elle ne remarqua pas les deux hommes passer devant elle, lui d'eux étant le sauveur qui allait réparer son précieux outil de travail. Elle opta finalement pour une barre aux céréales et aux fruits rouges, une de ses préférées. Il insère délicatement la pièce de monnaie dans la fente prévue à cet effet puis attend d'entendre le petit bruit qui indiquait un déplacement du ressort libérant par la suite le précieux en-cas. Elle mordilla sa lèvre inférieure, impatiente. Rien ne se passa. Comment ? Blake fit les gros yeux, comme si cela allait arranger la situation. Il semblait qu'aujourd'hui la technologie n'était pas de son côté. Elle chouina de frustration puis lança de petits coups d'oeil de chaque côté du couloir. Personne en vue. Elle leva le pied droit et flanqua sa chaussure à talon dans l'objet volumineux. Le bruit caractéristique qu'elle avait attendu plus tôt résonna. Elle leva un poing en signe de victoire et sauta sur place. Elle s'empara de la précieuse barre dite vitaminée et l'ouvrit à la hâte. Lorsqu'elle mordit dedans, elle en fut comme soulagée. Pas qu'elle avait réellement faim, mais c'était plus un moyen pour oublier sa frustration qu'autre chose. Pour l'instant, cela fonctionnait assez bien ! C'est d'un pas plus léger qu'elle revint vers son bureau.

Elle aperçut l'informaticien (ou tout autre nom qu'il pouvait se donner) devant la bête. Elle le rejoint à la vitesse de l'éclair, sa barre toujours à la main et elle l'entendit dire que le problème devrait bientôt être réglé. Elle hocha vivement la tête, mordant de nouveau dans son casse-croûte. Elle ne tilta pas vraiment au début, mais déjà, la voix de l'homme lui évoquait vaguement quelque chose. Elle se gratta la tempe et fit la moue; sur le coup elle avait beau chercher, elle ne voyait pas. Il fallait dire qu'elle s'était appliquée pour l'oublier, lui. Elle y avait mis toutes ses forces et tout son cœur. Puis, ça lui revenait petit à petit, un agréable sentiment la gagna, peut être parce que le début de leur relation avait été des plus belles, qu'ils étaient liés et inséparables. Puis elle fronça les sourcils et réprima un frisson qui commençait à courir le long de son échine. Elle fronça le nez comme si une odeur désagréable venait d'emplir la pièce. Mais encore une fois, elle décida de ne pas tenir compte de tous ces signes alarmants et avant coureurs. Elle aurait dû comprendre, tout était là pourtant. Elle tenta une remarque légère:

-J'espère bien, c'est que Pépère à encore du travail à faire !

Et elle contourna l'écran de l'ordinateur, faisant mine de vouloir donner une tape amicale à la machine (geste qui était déjà à la base complètement idiot). Mais elle s'arrêta net. En découvrant, horrifiée, le visage de l'inconnu. Pas si inconnu que cela... Un rictus vint déformer le visage de Blake, entre la terreur et la colère. Il ne pouvait pas y avoir d'erreur:

-Toi..., lâcha-t-elle dans un souffle.

Sa respiration s'accéléra, sa poitrine se souleva avec rapidité, ses joues se tintèrent de rouge et ses yeux s'ouvrirent grands. Elle ne voulait pas y croire. Tant d'années foutues en l'air en l'espace de quelques secondes. Il n'était plus vivant pour elle, la rouquine l'avait fait sortir de sa vie et pour de bon, alors pourquoi finissait-il par y revenir ? Ses yeux commençaient à piquer, des larmes perlèrent au coin et elle ravala le tout en reniflant:

-Aleksi, finit-elle par cracher au prix d'un effort surhumain.

Prononcer son prénom après tant d'années d'absence fit remonter une bile qui emplit la bouche de Blake d'un goût désagréable. Là, tout de suite, elle avait une envie de lui sauter dessus pour lui arracher la tête, mais elle était une personne civilisée et ils n'étaient pas les seuls dans la pièce, elle se devait de garder un minimum de calme. Elle avait du mal à se contrôler ses mains tremblaient de façon bien visible à présent et elle choisit de les crisper sur le rebord de son bureau pour qu'elles n'aillent pas directement s'enserrer autour de son coup... Son frère.


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MessageSujet: Re: For the heart I once had {.pv}   Lun 30 Déc - 19:56


La présence dans mon dos, m’irrite. Pour toutes les questions qu’elle fait naître dans ma tête. Pour le malaise qui vient se glisser contre mon cœur. Je me retrouve obnubilé par mes souvenirs. Obsédé par un nom et un visage qui a fini par s’effacer malgré tous mes efforts pour La maintenir en vie le plus longtemps possible. La prison L’a tué. J’ai vu mes souvenirs et tout ce qu’ils pouvaient contenir s’effacer au fil des années. Remplacés par d’autres, beaucoup plus sombres. Plus violent. L’adolescent est mort en quelques mois. Remplacé par un adulte en train de suffoquer au milieu d’un océan déchaîné. J’ai changé, en si peu de temps. Affreusement, dangereusement. J’ai parfois l’impression de croiser le regard d’un inconnu dans le miroir. Et j’ai beau fixer ces yeux verts, si semblables aux miens, ce que je peux y voir m’est totalement étranger. Mes anciennes connaissances ne me reconnaîtraient pas, j’en suis persuadé. Ma propre mère s’y reprendrait à deux fois avant de reconnaître son fils. Je secoue la tête, soupire légèrement et tente au moins de me remettre au travail. De régler les derniers détails. D’arranger un problème beaucoup plus technique que je ne l’aurais cru au premier abord. La phrase me fait esquisser un infime sourire. Accompagné d’un hochement de tête, tout aussi timide. Je suis de plus en plus mal à l’aise dans ce maudit bureau. Terminer le travail et rentrer au plus vite. Je ne repasserais même pas par la boutique. Je n’en ai pas envie. Pour me faire remonter les bretelles par mon prétendu supérieur ? Hors de question. Je ne souhaite qu’une chose, rentrer chez moi. Chez moi… Je frissonne, perturbé par ma propre pensée. J’en suis arrivé à considérer ma prison comme ma véritable maison. Médusé, j’en reste un instant interdit, les doigts suspendus au-dessus des touches. Pourtant, au milieu de ce besoin pressant de retourner me terrer à l’abri dans ma chambre, je brûle de rester ici. De continuer à côtoyer de si près un outil du Gouvernement. Si la journaliste occupant ce poste n’était pas revenue aussi vite, je serais déjà en train de réfléchir à un moyen de fouiner dans les dossiers de l’engin récalcitrant. Mon cœur s’accélère, mes muscles se crispent et mon souffle devient erratique. Je sens la chaleur de l’adrénaline se glisser dans mes veines, les incendier pour me plonger dans une délicieuse frénésie.

Après les mots, le claquement régulier de talons sur le sol vient perturber mes petits délires. Et calme mes pulsions intrusives comme peut le faire une claque. La voix m’avait dérangé, m’obligeant à chercher dans les méandres de ma mémoire pour tenter de la faire s’accorder au mieux à celle qu’Elle avait avant que je ne disparaisse. Je relève vivement la tête et pose un regard des plus effaré sur la demoiselle face à moi. Le temps a fait son œuvre. Ce n’est plus la petite fille qui me hantait à l’époque. C’est une femme, des plus sublimes qui se tient devant moi. J’en ai le souffle coupé, reste interdit et éprouve quelques difficulté à avaler ma salive. Mes doigts se heurtent aux touches du clavier. Violemment. Et c’est une série de bips tonitruants qui accompagnent mon geste. Une bêtise de plus, qui ne me préoccupe pas tant que ça pour le moment. Je suis trop occupé à sonder le bleu de ces yeux qui me fixent avec stupeur. Elle n’en mène pas large. Et moi, je deviens son reflet. Aussi perdu qu’Elle. Je ne sais quoi penser. Mon prénom, je l’ai tant de fois entendu. Prononcer de toutes les manières qui soient, à tel point qu’il est devenu un mot comme un autre pour toi. Mais venant de Sa bouche, l’impact qu’il peut avoir sur moi est si fort que j’en frissonne.

« - Sofia. » Les présentations sont faîtes, il serait peut-être temps de passer à autre chose. Un autre bip brise le silence revenu se glisser entre nous. Puis un second, qui cette fois m’oblige à reporter mon attention sur l’écran au lieu de me noyer dans Son regard. Je lâche une série de jurons, recule nerveusement ma chaise qui émet un couinement atroce sur le sol. Je tremble, d’excitation, d’angoisse. De tout un mélange de choses qui me laisse totalement interdit. Ma stupeur m’a fait faire n’importe quoi. Et dans ma hâte, je viens de reculer de plusieurs cases alors que le problème était presque résolu. « - Je… Il va me falloir encore un peu de temps pour… Pour que tout fonctionne normalement. » J’en suis réduit à balbutier comme un imbécile. Reprenant un ton qui se veut professionnel quand sous la peau, je suis dévoré par l’envie de La prendre dans mes bras. De La toucher pour être certain que je ne suis pas en plein délire. Je n’ai rien pris pourtant, et cela depuis des jours. Je ne sais pas quoi faire. Tant de choses se bousculent contre mes tempes, mettent en déroute mes pensées. Des questions, sans réponses, que je brûle de lui poser. Que fais-tu là ? Comment es-tu arrivée ici ? Depuis quand ? Pourquoi ? Je me fais violence pour retenir le flot incessant de mes pensées. Me mord la langue pour être bien certain de ne pas voir le barrage se rompre en dépit de ma volonté à le garder en état de fonctionnement. Je me rapproche de nouveau de la machine, m’agrippant au bureau pour tenter de calmer les tremblements qui dévorent mes doigts. Que dit-on à une sœur que l’on a pas revue depuis onze ans ? A quelqu’un qui comptait plus que tout le reste et que l’on a trahi ? Je n’en sais rien. Et cette ignorance me rend fou. J’en sais des choses pourtant. Mais là, c’est le vide total. Je suis en terre inconnue et cette absence de contrôle achève de tirailler mes pauvres nerfs. Mes envies d’effraction se sont dissipées, je suis de nouveau Aleksi, l’informaticien. J’ai étouffé le hacker, pour le ranger dans un coin de ma tête.

« - Tu es rayonnante… » Je n’ose pas la regarder en disant cela, baisse un peu plus la tête lorsque je sens une infime chaleur me dévorer les joues. Le compliment me semble aussi affreusement déplacé. Je me racle la gorge, et prend le risque de La regarder à nouveau. « - Tu… Depuis combien de temps es-tu ici ? » Engager la conversation, de la manière la plus anodine qui soit. Attendre un peu, avant de l’accabler de question. J’ai tellement peur de la voir partir. De la perdre une fois de plus. Ma gorge se serre et je réalise que ne pourrais le supporter. Pas encore. Pas cette fois.

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MessageSujet: Re: For the heart I once had {.pv}   Ven 17 Jan - 22:09

Sofia... La gifle que Blake reçu fut magistrale. Il avait fallu que son frère prononce un mot pour que les gonds, qui maintenaient en place la carapace qu'elle s'était forgée au fil des années, sautent. Sofia... Depuis combien de temps n'avait-elle pas entendu quelqu'un l'appeler ainsi ? Si longtemps. Elle avait même fait une scène à son père pour qu'il cesse de lui donner ce fichu prénom qu'elle détestait par dessus tout. Les vannes s'ouvrirent et les souvenirs déferlèrent sur la jeune journaliste en un rien de temps. Elle était prise au piège, happée par un nombre incalculable de sensations qui remontaient toutes d'un seul coup. Il avait fallu que son frère ouvre la bouche pour qu'elle se retrouve totalement fichue. Ses doigts se crispèrent un peu plus sur le rebord de son bureau. Elle se sentit vaciller, mais résista et resserra encore son étreinte. Tomber, elle ne pouvait se le permettre; d'un car cela ferait bien trop plaisir à son patron qui, elle en était certaine, la lorgnait du coin de l'oeil pour voir si elle allait commettre un faux pas, et de deux elle ne pouvait pas faiblir devant Aleksi, elle ne se le pardonnerait pas. Blake était souvent trop exigeante envers elle mais elle avait cette façon de penser si précise, celle qui lui soufflait que si les femmes se montraient vulnérables à un moment donné de leur vie, elles étaient perdues et seraient automatiquement classées dans une certaine catégorie. La jeune femme ne voulait pas paraître ainsi.

Des images lui revinrent en mémoire, des bouts mis les uns à la suite des autres. Elle se souvenait des rires, de la période heureuse de sa vie lorsqu'elle était enfant... Quand sa famille était complète, que leurs deux parents étaient ensembles et qu'ils ne se crachaient pas des insultes à la figure. Elle se souvenait aussi des bras protecteurs de son frère quand ils apprirent la séparation de ceux grâce à qui ils étaient sur cette terre ou de la façon dont il s'était occupé d'elle depuis le jour où leur mère avait perdu la mémoire et que leur beau-père avait commencé à faire des siennes. Blake n'avait jamais supporté que cet homme puisse avoir un telle dent contre Aleksi. Elle revoyait encore son sourire et ses traits. Elle se souvenait de leurs moments complices, de leur relation si fusionnelle qui faisait souvent jaser, elle se souvenait aussi de la façon dont ils finirent par s'étouffer mutuellement pour finir par revenir l'un vers l'autre, plus unis que jamais. Comme s'ils n'étaient qu'une moitié et que sans le deuxième, individuellement, ils n'étaient rien, comme s'ils étaient condamnés à l'éternité, condamnés à se nourrir de cet amour à la foi magique et dévastateur. Elle l'avait tant aimé, oh oui ! Et elle se remémora aussi les larmes qu'elle avait versées ce fameux jours, les cris qui s'étaient échappés de sa gorge quand elle avait appris la nouvelle, lorsqu'elle s'était sentie trahie, abandonnée par la seule personne en qui elle avait totalement confiance. Ce jour où Aleksi fut emmené. En cet instant, elle était partagée entre une haine profonde à son égard, une immense colère et un amour qu'elle avait trop longtemps refoulé. Car il suffisait certainement qu'elle fasse un effort pour qu'ils finissent par se retrouver sur la bonne pente. Les fantômes du passé faisaient enfin leur grand retour. C'était idiot; souvent elle avait ri devant des films, qui se voulaient être angoissants, où l'on voyait un des protagonistes face à un vulgaire être vaporeux ce dernier lui traversant le corps et créait une fumée épaisse autour de la personne encore vivante. Actuellement, c'était exactement ce que ressentait la rouquine; elle avait l'impression d'avoir été traversée par un corps étranger.

« - Je… Il va me falloir encore un peu de temps pour… Pour que tout fonctionne normalement. »

Sa voix. Blake frissonna et se mordit nerveusement la lèvre inférieure. Elle n'avait pas tant changée que cela, si peut être un peu plus grave que dans sa mémoire; mais après tout, depuis combien de temps n'avait-elle pas repensé à son frère ? Depuis combien de temps ne s'était-elle pas représenté les contours fins de son visage ? Elle hocha la tête, mécaniquement. L'amour qu'elle avait ressenti autrefois pour Aleksi était encore bien loin de son cœur actuellement, elle ferma les yeux très forts, cherchant à se persuader qu'une fois ré-ouvert il ne se trouverait plus devant lui, qu'elle avait tout simplement rêvé que tout n'était qu'une grotesque invention de son cerveau. C'était peine perdue:

-Ne te presse pas surtout... finit-elle par articuler d'un ton froid.

Par cette phrase, il fallait surtout comprendre l'inverse; elle était très pressée qu'il disparaisse de sa vue, qu'elle puisse reprendre sa vie, celle qu'elle s'était construite, celle qu'elle voulait du moins c'était ce qu'elle s'efforçait de croire. Rien ne serait plus pareil après cette rencontre. Elle avait encore cette assurance qui lui servait si souvent dans son métier. Si elle avait faibli quelques secondes plus tôt en le voyant revenir directement d'outre tombes (enfin façon de parler), elle voulait peu à peu reprendre le dessus. Elle secoua la tête vivement, sa masse de cheveux roux retombant en cascade sur ses épaules. Elle risqua un regard audacieux vers celui qu'elle avait par le passé tant chéri. Il avait changé, bien entendu. Les traits de son visages s'étaient durcis, ses joues étaient plus creuses, ses cheveux plus longs que la toute dernière fois où elle l'avait vu. Malgré le fait qu'il se retrouve sur une chaise, elle remarqua qu'il avait toujours cette silhouette mince. Il était devenu... Un homme, un homme dont Blake ignorait tout depuis ces dix dernières années. Elle se racla la gorge et se permit de sourire une fraction de secondes (sourire plus ou moins honnête d'ailleurs) lorsqu'il lui avoua la trouver tout à son avantage. Si elle s'était attendue à ce genre de parole de sa part pour leurs retrouvailles, elle se serait étouffée de rire face au premier qui lui aurait suggéré une telle chose. L'amertume remonta doucement et l'envie qu'elle avait eue plus tôt de lui passer ses mains autour du coup se raviva d'un seul coup. Mais elle ne pouvait donner satisfaction à son patron en faisant un esclandre monumental en plein milieu des bureaux du journal. Elle ne tenait pas à perdre son poste même si ce n'était pas son salaire qui permettait de louer la chambre luxueuse qu'elle occupait depuis quelques temps avec sa fille. Tout ce qu'elle avait construit était vital pour elle, ressentir cette adrénaline en partant à la chasse aux informations, obtenir le dernier mot, parvenir à ses fins, toutes ces actions étaient le fluide qui coulait dans ses veines et faisaient qu'elle arrivait à se lever le matin, en plus de sa fille.

-Et tu... as changé...

C'était plus fort qu'elle, elle n'arrivait pas à paraître aimable face à son grand frère était au-dessus de ses compétences actuelles. Lui voulait faire des efforts, tenta d'engager une quelconque conversation qui, aux yeux de Blake, n'était qu'une vulgaire mascarade. Elle n'était pas prête à lui pardonner et à digérer cette colère et cette haine qui se trouvaient bien logées en elle. Elle considérait avoir trop souffert par sa faute pour pouvoir tout effacer d'un simple revers de la main et se jeter dans ses bras comme s'ils ne s'étaient jamais quittés:

-Depuis quelques années maintenant.

Elle voulait rester vague le plus longtemps possible, lui donner le moins d'information et en finir au plus vite. Pourtant elle avait la désagréable impression que la machine allait être incroyablement récalcitrante aujourd'hui. L'affaire ne serait pas réglée en un claquement de doigts et elle allait devoir supporter la présence d'Aleksi pendant encore un moment. Elle tapota le coin du bureau de ses longs ongles et finit par contourner légèrement l'objet. Elle vint s'asseoir sur le rebord du bureau inoccupé qui se trouvait à côté du sien, croisa les jambes ce qui eut pour conséquence de faire très faiblement remonter sa jupe sombre et se pencha vers son grand frère.

-Et toi, c'est donc cela que tu fais pour vivre ? Siffla-t-elle entre ses dents. Racontes moi donc, je suis toute ouie !

La rencoeur était tenace et le sarcasme arrivait au galop. Blake ne savait plus que penser. En se retrouvant face à lui, elle avait perdu une partie de ses moyens et si l'envie de le serrer contre elle finirait certainement par refaire surface, pour l'instant elle n'était pas prête à céder du terrain aux sentiments positifs et à l'affection.


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MessageSujet: Re: For the heart I once had {.pv}   Dim 19 Jan - 14:42


J’ai beau essayé de me convaincre que tout ceci n’est qu’une machination grotesque engendrée par mon esprit fatiguée, les choses ne changent pas. La réalité reste telle qu’elle est : douloureuse. Je ne pensais plus la revoir. Une part de moi avait fini par s’en persuader, par rayer ce dernier restant de mon ancienne vie pour laisser la nouvelle prendre la place qui lui est due. Je n’ai pas fait grand-chose pourtant. Je ne me suis pas inventé de nouveau nom. Une nouvelle histoire bien moins sordide que la vraie. Il n’y a que le métier qui s’est rajouté. Qui change légèrement ce que je pouvais être avant de disparaître de la surface de la terre. Semblable à mes activités de hacker. Le côté illégal en moins bien entendu. Et l’adrénaline aussi, largement amputée par le manque d’originalité de ce boulot des ennuyeux. Les problèmes se ressemblent tous, de temps à autre, un cas particulier se montre. Me donne du fil à retordre et disparaît une fois la résolution de l’énigme enfin arrivée. Je n’en retiens rien, si ce n’est une affreuse frustration. Et l’impression de faire du sur place. C’est un peu la sensation que j’ai en cet instant. Je me sens dépassé par la situation. Par la mécanique qui, pour la première fois depuis des années, me semble d’une perplexité redoutable. J’ai à nouveau dix-sept ans. Coincé entre deux officiers de police qui me mène au banc des accusés. Tremblant d’appréhension sur ma misérable chaise dans l’attente de la sentence. Malade à l’idée de finir ma vie en prison. Et par-dessus tout, craignant de croiser Son regard. C’est ce que je fais depuis le début de cette improbable rencontre. Le premier regard a été échangé. C’est suffisant. Et pourtant pas assez. Mes doigts perdent de leur précision, les touches pourtant familières du clavier me deviennent inconnues et j’en suis réduit à les taper avec une certaine nervosité. Les battements de mon cœur en deviennent douloureux tant ils s’acharnent à se fracasser contre mes côtes. Je m’agite sur mon siège, tente de retrouver un semblant d’aplomb en inspirant un peu plus fortement que la normale. Sans succès. Et tu… as changé. J’esquisse, bien malgré moi, un faible sourire. Teinté d’une infime tristesse et d’un brin d’ironie. Que pouvait-elle dire d’autre ? Tu es le même qu’il y a onze ans ? Je l’aurais certainement prise pour une folle si elle avait choisi cette option-là.

« - Je n’en attendais pas moins. La détention pousse au changement. » Je le lâche dans un soupir, haussant légèrement les épaules. Les réponses sont simples. Ne se perdent pas dans d’infinis détails. J’ai voulu atténuer les torts, essayé de faire comme si la rancœur pouvait être atténuée. Il semblerait que non. Depuis quelques années maintenant. Mon souffle se bloque un instant. Il en va de même pour l’organe tapit dans ma poitrine qui rate un battement avant de repartir de plus belle. Des années… Je ne suis en liberté que depuis quelques mois. Je suis passé devant ce matin un nombre incalculable de fois. Et elle était là. Derrière ces fenêtres, bien protégée des œillades indiscrètes, à l’abri du reste du monde. Ma gorge se serre et je réalise alors à quel point nous sommes devenus différents. Deux parfaits étrangers, quand nous avions l’habitude de tout partager. Au point que cela en devienne malsain pour les autres. La tristesse s’enroule autour de ma gorge, fait trembler encore un peu plus mes doigts. De tous les dons que je peux posséder, celui qui me fait le plus défaut en cet instant serait la capacité à remonter le temps. Retourner en arrière et débrancher les câbles. Eteindre la machine et continuer mes études. Ne jamais quitter la Finlande. Et ne jamais croiser la route de mon autre employeur ? Je serais totalement incapable de choisir entre ma sœur et Kyran. Et ce constat a quelque chose d’effrayant. Qu’Il se retrouve à présent au même niveau qu’Elle. Qu’ils se partagent tous les deux les vestiges de mon cœur et les restes de mon affection.

« - C’est une des seules choses que je sois capable de faire correctement. Et ça permet de vivre relativement bien. » Et comme pour me faire mentir, la machine en profite pour se mettre à faire un bruit de tous les diables. Fonctionnant à plein régime pour du flan. Le coup de pied me démange, menace de partir, pour au final se transformer en un battement de pied frénétique contre la moquette. « - Je vois. Journaliste hein ? Ca ne m’étonne pas, tu as toujours aimé poser les questions qui fâchent. » J’abandonne la lutte un instant. Le clavier et l’écran pour prendre le risque de reporter mon attention sur ma sœur. Pour croiser l’azur de son regard. Le sonder pendant un instant, qui semble durer une éternité. Ce genre de contact m’a affreusement manqué. Sa présence me manque terriblement. Me laisse cette douloureuse impression d’être incomplet. « - Et apparemment, ça paye bien… » Le cynisme se fraye un chemin derrière la moquerie. Devient plus fort lorsque je m’octroie le droit de lui adresser un sourire tout aussi moqueur. Sondant encore un peu plus les miroirs de son âme pour n’y trouver que de la colère et de la rancœur. Un brin de tristesse aussi peut être. Je soupire, passe mes doigts contre ma nuque pour atténuer la tension qui s’y brise avant de m’appuyer contre le dossier de ma chaise. Je parcours la salle du regard, et finit par croiser celui d’un homme à la tenue irréprochable. Immobile devant les portes des verres, il nous fixe. Quelque chose semble lui déplaire, tout dans son attitude traduit un mécontentement évident. Il finit néanmoins par faire demi-tour et disparaître.

« - Ton patron semble dépourvu de patience. Il est si important que ça, ton article ? » Envolés cynisme et moquerie, je m’adresse à elle avec tout le sérieux du monde. Puis me penche pour farfouiller dans mon sac et en retenir une petite boite noire qui se retrouve planté dans le boîtier de l’ordinateur. Ma clé secrète. Un condensé de toutes mes lignes de code, mes remèdes magiques contre les problèmes agaçants. En faisant ça, j’ai la quasi-certitude que la machine se remettra en route sans sourciller. Que la raison de ma présence ici sera effacée. Et que je retrouverais contraint de m’en aller. Même si la rencontre a quelque chose d’inconfortable, je me refuse à partir aussi vite. Je ne sais rien sur elle. Et rentrer chez moi en ayant la sensation d’avoir parlé à une inconnue est une chose à laquelle je ne peux me résoudre. Quitte à ce qu’elle m’accable de tous les maux pesant sur son cœur, et me dise qu’elle me déteste. Je m’en fiche. Je préfère encore attirer sa colère plutôt que de récolter son indifférence. J’en reviens toujours au même point, à croire que c’est là la seule manière de fonctionner que je possède. Je préfère me retrouver accablé de tous les torts du monde, plutôt que de voir ceux qui comptent pour moi me tourner le dos. Un parasite, au fond, c’est ce que je dois être. Un maudit virus, qui s’accroche, détruit les systèmes avant de mourir lui aussi une fois sa tâche achevée.

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MessageSujet: Re: For the heart I once had {.pv}   Sam 19 Avr - 19:58

La gorge de Blake était de plus en plus sèche. Plus elle s'attardait sur le visage de son frère, plus elle se sentait faiblir et plus ces barrières, qu'elle avait pris soin de construire autour de son coeur, tombaient les une après les autres, comme de vulgaires poupées de chiffon. Pourtant elle se savait plus forte que cela; à maintes reprises elle l'avait démontré. Mais face à lui tout était différent. Tout son quotidien se trouvait chamboulé. Est-ce la une machination de son esprit, comme elle l'avait fait de nombreuses fois en rêvant ? Elle le voyait souvent, très souvent même. Car si elle avait tenté de se convaincre qu'il n'était plus rien pour elle (à part un lâche qu'elle étranglerait volontiers sur le coup), elle se murait en réalité dans un mensonge, plus gros de jour en jour. La vérité était qu'il lui manquait terriblement; leurs moments complices, sa voix, croiser son regard. Il était et resterait son frère, celui qu'elle avait chéri plus que tout par le passé. Mais la trahison était si amer et Blake avait toujours eu un mal fou à pardonner.
La rouquine s'attarde encore sur Aleksi, elle l'étudie. Ses gestes ne sembles plus aussi précis qu'au tout début: troublé. Et elle l'est tout autant que lui, il y a bien de quoi. Elle se cramponne au rebord de son bureau, encore plus fort, pensant que se faire blanchir les jointures de ses doigts comme jamais lui permettrait de sortir de ce mauvais rêve. Rien n'y fait, lorsqu'elle rouvre les yeux, Aleksi est toujours là. C'est fou comme le destin peut vous jouer des tours, en un rien de temps vous vous retrouvez pris au piège. Vous n'avez même pas le temps de respirer que déjà, il vous est impossible de vous délivrez de ses griffes. Face à son frère, c'était exactement ce que ressentait la jeune femme: de nouveau prise au piège, face à son passé, obligée de l'affronter cette fois. Elle ne pouvait plus fermer les yeux et partir en courant dans le sens opposé. « - Je n’en attendais pas moins. La détention pousse au changement. »
Blake relève légèrement la tête suite à cette remarque. Elle s'attendait à ce genre de réaction, il en avait parfaitement le droit. Elle n'avait jamais connu ce qu'il avait pu endurer, bien qu'elle pensait parfois que son entourage était comme une sorte de cage dorée dont elle voulait pousser la porte pour pouvoir agir librement. Elle ravalait cette idée en ce disant que tout autour d'elle était ce dont elle avait toujours rêvé. Lorsqu'elle avait pris la décision de ne plus jamais voir son frère, elle avait été si déterminée... Maintenant elle n'était plus sûre de rien. Il était si proche. Elle aurait pu faire comme avant, s'approcher de lui discrètement, le serrer contre elle et passer la main dans ses cheveux tout en respirant cette odeur caractéristique qui la rassurait. Mais non, elle était toujours blessée, et en l'ayant en face d'elle, c'était son orgueil qui prenait encore un coup.  

« - C’est une des seules choses que je sois capable de faire correctement. Et ça permet de vivre relativement bien. »

Blake hausse un sourcil quand l'ordinateur se manifeste; elle observe avec attention le visage d'Aleksi, au fil du temps elle a appris que la moindre expression pouvait trahir une personne. Et visiblement le bruit provoqué n'est pas le bienvenu. Un sourire amusé se dessine sur les lèvres de la jeune femme, provocatrice elle s'approche encore plus, se penche juste au dessus de lui ses longs cheveux retombent sur les côtés et pourraient presque effleurer son frère, elle les dégage avant d'en avoir la certitude; elle n'est pas prête à avoir le moindre contact avec lui. S'il venait à la toucher, seulement du bout des doigts, elle hurlerait. Et alors que le sourire qui étire ses lèvres rouges se fige, c'est dans un murmure qu'elle lui lance:

-Je constate...

Il continue, devenant plus téméraire, tentant de relancer leur conversation, se risquant même à croiser son regard. Le coeur de Blake s’accélère, elle passe sa langue sur ses lèvres et tente de faire bonne figure. Pendant un bref instant, alors que leur yeux se croisent, elle a l'impression de le retrouver, celui qu'elle avait connu il y a dix ans de cela, ce frère qu'elle adorait tant, auquel elle s'accrochait à en perdre la raison.

-Oui c'est vrai... J'avais le don pour mettre les pieds dans le plat... Après tout, tu me connais bien...

C'était inévitable, ils avaient vécu tellement de choses ensemble. Mais la question qui lui brûlait les lèvres, celle qu'elle aurait voulu lui poser depuis le début nous pouvait pas franchir sa gorge, c'était une souffrance qu'elle ne pouvait pas encore s'infliger. Elle ravala sa salive et reporta son regard sur l'écran de l'ordinateur, sans le voir vraiment. Aleksi a toujours son regard braqué sur elle, Blake le sent. Elle repasse une mèche de ses cheveux roux derrière une oreille et tente de maîtriser les tremblements de ses mains; la colère se mêle si vite à la tristesse. Elle a perdu un frère, et si l'on observe bien la situation, elle est la seule à pouvoir blâmer; elle est celle qui a pris cette décision, elle qui n'a plus jamais voulu le voir... C'est fou comme le destin peut être joueur. Elle lève les yeux au ciel et esquisse un petit sourire nerveux: elle ne pense pas que le destin existe, elle n'y croit pas... Du moins, n'y croyait pas jusqu'à ce qu'elle constate que l'homme qui est entré dans son bureau quelques minutes plus tôt était ce frère, celui qu'elle ne voulait plus jamais voir.

« - Et apparemment, ça paye bien… »

Elle hausse les épaules, simplement, sans répondre. Aujourd'hui elle n'a pas envie de se glisser sur la pente dangereuse de la provocation, pas avec lui, elle n'en a pas la force. C'est assez incroyable, il possédait le don de lui faire perdre tous ses moyens. Plus jeune, Blake pouvait piquer des crises montres si quelqu'un s'approchait de trop près d'Aleksi, elle pouvait s'en rendre malade. A présent, c'était différent. Ce sentiment n'existait plus et pourtant... Elle se sentait dangereusement faible face à lui, comme s'il possédait un pouvoir dont lui seul connaissait le secret. La rouquine venait de comprendre une chose: si dans le passé leur relation avait été qualifiée de toxique, aujourd'hui elle l'était toujours, c'était simplement les raisons qui avaient évoluées.

« - Ton patron semble dépourvu de patience. Il est si important que ça, ton article ? »

Aaaah ! Son cher patron ! Suite à cette remarque, Blake se retourne vivement et n'a que le temps d'apercevoir la silhouette massive de l'homme tourner les talons. Ce grand abruti à vraiment le don de lui taper sur les nerfs. Elle adressa à son frère une grimace qui ne lui est pas destinée, elle marque le dégoût profond que la jeune Elms peut avoir pour son supérieur et espère bien qu'Aleksi le comprendra. Depuis son premier jour, Blake a eu envie de lui en coller une et l'envie fut partagée, bien entendu. L'homme ne supportait pas qu'une femme de l'âge de Blake puisse réussir, surtout avec un père travaillant au gouvernement.

-C'est ce qu'il veut faire croire... En réalité la seule chose qu'il attend c'est un faux pas de ma part pour pouvoir me virer...

Blake soupira, si elle en avait eu la possibilité, elle aurait craché par terre pour renforcer son dégoût envers lui.
Alors qu'elle se retourne une seconde fois pour fixer les vitres transparentes qui abritaient son patron, un désir la ronge soudain. Elle se mordit la lèvre inférieure, comme pour retenir encore un peu les mots de couler brusquement. Elle s'avança encore de quelques pas, ses talons aiguilles claquant légèrement sur le sol et c'est à son tour de vriller son regard dans celui de son frère:

-Ah ! J'oubliais ! Maintenant... Mon prénom... C'est Blake.

Quel était son but avec une telle déclaration ? Le faire souffrir ? Elle n'était pas certaine qu'il puisse ressentir quelque chose à l'annonce de sa soeur. Comme s'il en avait à faire de savoir qu'elle avait changé de prénom... En réalité, oui, il avait sa part de responsabilité. Car si elle l'avait fait, c'était pour pouvoir oublier plus rapidement le passé, pour montrer qu'elle avait tiré un trait sur tout cela, qu'elle avait été prête à vivre sans lui et à se débrouiller sans sa protection, puisque de toutes les manières il l'avait lâchement abandonné, oui c'était ainsi qu'elle le voyait. Elle leva vers lui un ultime regard ardent en espérant que cela puisse le toucher, elle était là, à espérer un signe de faiblesse de sa part. Elle était persuadée de pouvoir s'en réjouir...

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MessageSujet: Re: For the heart I once had {.pv}   Mer 28 Mai - 21:50


Mon cerveau est en train de se vider. Peu à peu, la matière grise qui le compose quitte le navire pour me laisser seul. Dépourvu, privé de mes neurones, je me sens fragile. A l’excès. Et plus les minutes s’égrainent, plus mes capacités me filent les doigts. La machine me résiste. Me fait savoir combien elle peut savourer sa maigre victoire face à mes vaines tentatives pour la remettre en route. Et mes nerfs sont en train de s’effriter. Dangereusement. La présence de la propriétaire de la machine n’arrange rien. Plus je tente de renouer. Ou de lancer la conversation, plus j’ai l’impression que le gouffre que j’ai creusé entre nous, s’agrandit encore. Un vulgaire petit trou, qui prend à présent des proportions effrayantes. Elle était tout pour moi. Absolument tout. Le réconfort et la chaleur lors des froides nuits hivernales régnant en Finlande. Et moi, j’étais prêt à tout pour elle. Pour obtenir un sourire et entendre son rire. Ce temps est bien révolu, et cette pensée parvient à assombrir mon humeur et mes traits. Je m’enferme dans la mauvaise humeur qui me gagne, et tente d’ignorer au mieux toutes les pensées qui m’assaillent. Parasites, elles me dérangent et me perturbent. C’est plus fort que moi, j’aurais tant de choses à lui dire. Autant de choses qui ne franchiront jamais la barrière de mes lèvres, mes dents restant fermement serrées. Et j’évite pendant un temps de reposer mon regard sur elle. M’obligeant à contempler l’écran comme si l’insistance d’une œillade assassine ferait comprendre à la machine qu’il est temps de se mettre à fonctionner correctement. Sous peine de finir en pièces détachées. Voilà que je suis en train de proférer des menaces à l’encontre d’un engin mécanique. Prêt à user d’une violence qui m’était étrangère quelques temps plus tôt.

« - C’est de famille j’ai l’impression. Ce don pour fourrer son nez là où il ne faudrait pas. » Je le lance en haussant les épaules, tapotant de plus bel sur le clavier. Nerveux. Très nerveux. La chaleur qui règne dans le bureau me semble étouffante. Et le malaise qui me consume les entrailles devient plus intense encore. Le parfait archétype de l’informaticien nerveux et craintif. Habitué à rester caché derrière un écran, loin de la civilisation. Des personnes en chair et en os. Ma volonté à rester le plus droit possible s’étiole, et je me recroqueville légèrement sur ma chaise. « - Je te connaissais bien… » Ce n’est qu’un murmure. Teinté d’une tristesse que je n’arrive pas à contenir aussi bien que je l’aurais souhaité. Je suis un étranger pour elle. Elle est une inconnue pour moi. Et n’a plus grand-chose en commun avec l’adolescente de quatorze ans qui continue de hanter ma mémoire. J’esquisse un infime sourire devant sa remarque. Une habitude chez tous ces imbéciles qui se font appeler ‘supérieurs’. J’ai le même à la boutique. Benêt à souhait, menacé par un informaticien deux fois plus jeune que lui. Il cherche la faille, et pour l’instant, il n’a toujours rien trouvé. Il faut dire que je prends bien soin de lui offrir une occasion de me reprocher quoi que ce soit. Mon renvoi, c’est moi qui déciderais du jour où il arrivera. Moi seul, et pas un autre.

« - Ils attendent tous ça tu sais. La petite erreur dans le système pour montrer la porte sans avoir besoin de trouver des excuses bidon. » Je relève la tête en entendant le claquement de ses talons sur le sol. Au bon moment pour la voir revenir vers moi. Et se rapprocher, un peu trop. Suffisamment pour que je me redresse sur ma chaise et ose soutenir l’azur de son regard. Si semblable et pourtant totalement différent. Ce qu’elle m’annonce me laisse sans voix. Profondément surpris et interdit, je sens ma respiration qui se bloque et l’incompréhension qui me gagne. Blake. Blake… Je ne sais quoi penser de ce nouveau prénom. Si ce n’est qu’il creuse encore plus la tombe de notre relation et renforce cette impression de me tenir face à une parfaire étrangère. Je fronce les sourcils et me dérobe sous le poids de son regard, pour réfléchir un instant. « - Je doute que maman approuve un tel changement… » C’est la seule chose que je parviens à articuler. Bêtement et difficilement, le trouble refusant de m’épargner sa présence. « - Etait-ce vraiment utile ? De tout changer comme ça ? » La question est somme tout inutile, et n’attend pas vraiment de réponse. Je n’attends pas de réponse, car au fond, je crois déjà la connaître. Ou du moins connaître une partie des raisons l’ayant poussé à un tel revirement. Effacer les dernières lignes, bruler les pages précédentes et repartir avec une feuille vierge pour tout oublier. Une bonne option, que j’aurais peut-être dû suivre et appliquer. Je lâche un soupir, ferme les paupières pour apaiser les tiraillements qui me dévorent les rétines. Ou bien pour faire sécher les premiers éclats de larmes venus s’y glisser. Ca me blesse, profondément. Ces retrouvailles improvisées au milieu des chiens du Gouvernement. Elle travaille pour eux… Ma gorge se serre et je me retrouve encore plus loin d’elle. Séparés par une ligne invisible, un mur de verre dont le franchissement nous entaillerait les chairs. Il n’y a plus de points communs, seulement le souvenir de cette douce époque, à présent révolue. Le silence place au-dessus de nos têtes, à peine troublé par le cliquetis des touches et le ronronnement des machines.  

Concentré sur mon travail, je fais au mieux pour occulter sa présence et renier la volonté de mon misérable cœur. Quelque minute de plus et le problème est en train de se résoudre. J’ai tiré sur le fil retenant le nœud. Et à présent il est en train de se défaire entre mes doigts. Je tire dessus, mes doigts courent sur le clavier et enfin le dernier clic résonne contre mes oreilles. La fin de l’entrevue. La fin de mon angoisse et de mes tergiversions. Pour un temps seulement. Y penser, encore et encore, je ne vais faire que cela une fois les portes du bâtiment franchi. Faire comme si je ne l’avais jamais revu, tout en nourrissant le fol espoir de croiser à nouveau sa route. « - Et voilà, c’est réparé. Il devrait pouvoir tenir un petit moment, mais le mieux serait de le changer. » Je recule ma chaise, contemple mon œuvre avec un infime sourire de satisfaction. Bien pâle en comparaison de ceux qui peuvent se poser sur mes lèvres à chacune de mes réussites informatiques. La saveur est amère, corrosive, elle est en train de me détruire la langue. « - Vous allez pouvoir le rendre à temps votre article, Blake. » Pourquoi est-ce que je la vouvoie ? Sûrement pour marquer la distance qu’elle a instaurée entre nous. Ou bien est-ce pour me faire comprendre toutes les erreurs que j’ai commis depuis le début. Le seul et unique responsable de notre belle déchéance. Je me lève enfin, attrape mon sac et lui adresse un dernier regard. « - Ce fut un plaisir. » La discussion ? Les retrouvailles ? Le boulot ? Un peu de tout ça je pense. Je m’éclipse enfin. Quitte cet endroit qui me broie la gorge et me noue l’estomac. Et une fois dehors, je m’autorise à respirer et calmer le stress qui me ronge. Ce bâtiment fera partie de la liste des endroits dans lesquels je refuse d’aller travailler. Il faudra que je trouve une bonne excuse, un argument valable pour expliquer un tel refus. Mais qu’importe.

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