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 « Résistance : Mot inventé pour éviter aux hommes de vivre à genoux. » [pv Brashen]

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rirat bien qui rirat le dernier

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↳ Métier : tueur à gages indépendant - homme à tout faire - bête à abattre pour plusieurs mafia
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↳ Niveau de Compétences : Nv. 1 - 2 en occultation des sens, guérison et en manipulation des ombres - Max en exhibitionnisme
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MessageSujet: « Résistance : Mot inventé pour éviter aux hommes de vivre à genoux. » [pv Brashen]   Lun 30 Déc - 21:44





Les mains pleines de graisse de moteur, le bleu de travail qui tend vers le noir lui aussi, je suis accroupi devant l'ascenseur, ou plutôt son cœur électronique, l'air perplexe. Je ne suis pas vraiment mécanicien de formation, et encore moins électronicien, d'après ce que j'ai compris sur le métier que j'exerçai avant mais il devait s'en approcher. C'est même presque certain, parce que les dessous de la mécanique de l'ascenseur ne me sont pas totalement hermétiques. Je me mordille la lèvre, en me relevant et en essuyant mes mains sur mes jambes. « Pfiou... ça me semble être un vrai m#rdié, là dedans. Je ne sais pas du tout quand est ce qu'il sera à nouveau fonctionnel... Il va falloir remplacer des pièces, c'est sûr, mais après, faut que je vois le tout plus en profondeur. Je pense que l'ensemble est juste un peu trop vieux... » Mon air désolé est destiné à celui qui gère ce genre de problème. Oui, je travaille dans un hôpital sans être médecin. J'y suis simplement mécanicien, qui répare les choses cassées à défaut de réparer sa mémoire.

Une vingtaine de minutes plus tard, je note une liste des pièces à changer et donc à me procurer, avant de la donner à mon responsable. Encore une dizaine de minutes, et me voilà dehors, avec une légère veste inutile pour me protéger d'un froid qui n'est pas au rendez vous. Je suis en avance, j'ai du temps devant moi. Du temps, oui, mais pourquoi ? J'ai un rendez vous, tellement pressant et attendu qu'il ne m'est pas sorti une seule fois de la tête depuis trois jours. Et pourtant, ma mémoire n'est pas la plus performante de la décennie. Je me repasse la discussion que j'ai eue avec l'un de mes amis de l'hôpital, et l'un des amis de Jack. Je dois donc rencontrer un ami commun aujourd'hui. Dans un petit café de l'ouest de New York. A deux pas des Peacekeeper qui ont tué Jack. Bien. Ca va faire un mois qu'il est mort, et je refuse de m'en remettre. J'étais là lorsqu'il est mort, et j'ai même abattu de sang froid celui qui a tiré la balle meurtrière. Je n'aime pas les Peacekeeper. Parfois, j'essaye d'imaginer quelle était ma vie avant mon coma. Je tente de trouver le métier que j'exerçai, je tente de me voir avec une famille, peut être des enfants. Des parents. Des amis. Des frères et sœurs. Je m'imagine un chien, un chat, des tics et des préférences. Des choses que je détestais. Est ce que je n'aimais déjà pas les épinards ? Peut être. Mes pas me guident vers l'Ouest de la Nouvelle Orléans, et je sors mon cahier où est inscrit le nom du café où j'ai rendez vous. Mes yeux croisent mon bracelet bleu, et l'écriture serrée de Jack qui y a inscrit mon identité, et son numéro de téléphone, au cas où. Je doute en avoir besoin un jour, mais il ne voulait pas que si je reperde la mémoire, je doive recommencer à nouveau tout à zéro. Le bracelet ne sert plus à rien, à présent. Le numéro, s'il est toujours attribué, n'aiguillera plus mon appel vers mon ami... J'étouffe un soupir, en levant la tête à la recherche d'un numéro de rue, d'un nom de commerce. Il y a du monde dans les rues, et la foule m'oppresse, m'éjecte sur le trottoir, à la recherche d'un air frais et dégagé. Heureusement, je trouve vite le café, et m'y engouffre sans arrière pensée. Le sentiment d'oppression disparaît le temps que je salue d'un signe de tête le barman, puis il revient en force lorsque le caractère confiné du petit restaurant, et je m'empresse de trouver une table proche d'une fenêtre pour pouvoir respirer. Jack pensait que ma claustrophobie, accompagnée d'une peur d'être seul étaient liés à mon coma. Je préfère le croire, parce que je ne veux pas m'imaginer avoir toujours été ainsi. Mes yeux partent dans leurs pensées en observant la rue. Comme d'habitude, mon imagination fait le travail. Je n'ai qu'un nom à me mettre sous la dent, mais je cherche à le voir grand, blond, ou petit. Gros. Avec un grain de beauté. Un air dur, volontaire. Peut être vais-je le reconnaître ? Les chances pour que ce soit le cas sont totalement nulles, je le sais. Mais il me plaît de le croire, juste pour conserver l'espoir d'avoir des pistes sur mon identité. En quatre mois, je ne me suis pas habitué à ne rien savoir. C'est déroutant, et ça ne s'oublie pas – ce qui est assez ironique. On m'apporte la carte, je demande juste un café, tapotant nerveusement sur la table dans un son arythmique juste impatient. A chaque tintement qui indique une entrée dans le bar, je relève la tête. C'est lui ? C'est pas lui ? Je sors un sudoku, histoire de travailler ma concentration. J'ai pensé à le prendre cette fois. Mais visiblement, alors qu'un chiffre m'apparait comme certain, je me rends compte que je n'ai pas pensé au stylo. Je fouille dans mes poches, sans me faire trop d'illusion. La porte tinte à nouveau, et je lève la tête. Instantanément, je jauge la personne qui vient d'entrer, et j'ai le pressentiment que c'est celle que j'attends. Je lui fais un sourire incertain, en me levant légèrement. J'attends de voir qu'il se dirige effectivement vers moi pour dire « Bonjour, enchanté, Lawrence Blain ! » sur un ton amical, et en lui tendant une main tout aussi peu agressive.


Dernière édition par Lawrence A. Blain le Ven 4 Juil - 23:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Résistance : Mot inventé pour éviter aux hommes de vivre à genoux. » [pv Brashen]   Jeu 2 Jan - 14:20


« Résistance : Mot inventé pour éviter aux hommes de vivre à genoux. »

Western New Orleans • Dans un café
Brashen & Lawrence

Il me semble que cette journée est aussi longue que les précédentes. Depuis quand le temps a-t-il cessé de filer comme le vent, emportant avec lui tous nos bons souvenirs pour ne laisser qu’un présent terne et morose ? Garder le sourire me parait impossible, alors à défaut de voir le bon côté des choses, je fais mon boulot, comme on me le demande. Cela occupe mon esprit trop tourmenté et m’empêche de penser à New-York, à ce que j’ai laissé derrière moi, à Reyn, dont je n’ai pas pris de nouvelles depuis bien trop longtemps – que devient-il depuis qu’il a suivi mes pas vers la Nouvelle Orléans ? Se plaît-il dans cette atmosphère moite qui ne nous quitte pas, devenant notre compagnon immortel ? – à Kennit, dont le corps depuis longtemps enterré ne cherche plus de réponses, et c’est aussi bien comme ça. La douleur dans ma poitrine n’a que peu faibli depuis onze ans, onze longues années à se demander si, en ayant été plus présent, le drame aurait pu être évité. Je m’interroge souvent sur ce que Kennit penserait de notre monde tel qu’il est à présent. Aurait-il aimé ces changements ? J’en doute fortement. Qui aime ça de toute façon ? À part les plus riches d’entre nous qui profitent encore et toujours du système qu’ils ont mis en place et l’exploitent jusqu’à en tirer ses plus infimes ressources pour leur seul profit, les autres n’ont fait que déplorer cette situation.

Lorsque le soleil commence à descendre enfin dans sa course immuable, et que sa chaleur baisse légèrement, cela annonce la fin de la journée de travail. Il reste encore quelques heures avant que la lumière de l’astre ne s’éteigne complètement, pour apporter une nuit néanmoins chaude sur la Nouvelle Orléans, mais j’accueille ces quelques moments avec bonheur. Je déteste l’atmosphère qui règne dans cette ville, mais je n’ai malheureusement pas le choix. Je prends mes affaires, et sors dans la rue uniquement vêtu de mon uniforme gris de Peacekeeper. Le chemin du retour jusqu’à mon appartement ne me prend pas longtemps, je n’habite pas bien loin. Je n’ai plus beaucoup de temps avant mon rendez-vous, aussi ne dois-je pas tarder à me changer, pour adopter une tenue de ville plus décontractée qui ne fera pas se retourner toutes les paires d’yeux sur moi, comme lorsque j’affiche clairement mon statut de Peacekeeper.

L’Ouest de la Nouvelle Orléans est le quartier qui est encore le plus fréquentable, avec celui de l’Est. Par conséquent, il n’est pas rare d’y croiser du monde, qui profite des derniers endroits agréables de la ville, à toute heure du jour. La nuit, les gens ne peuvent plus sortir, à cause du couvre-feu mis en place, de minuit à huit heures du matin, mais aussi à cause de la peur éprouvée pour toutes sortes de créatures qui rôdent sûrement au coin des ruelles, même les plus riches soient-elles. Alors chacun se barricade soigneusement chez soi quelques minutes avant le début du couvre-feu, et attend patiemment que les heures sombres soient terminées.

Mes pas me guident jusqu’au petit café où un homme doit m’attendre depuis quelques instants à présent. Je regarde ma montre. J’ai cinq minutes de retard. Ce n’est pas dans mes habitudes d’être en retard. Mais depuis quelques temps, mes habitudes ont changé. Je pousse la porte du café, et une petite clochette retentit dans le lieu quelque peu rempli. Je n’ai aucune idée de ce à quoi ressemble celui que je dois rencontrer. Mes yeux fouillent la pièce une seconde ou deux, et mon regard s’arrête brutalement sur un visage connu. Qu’est-ce que… ?  Au moment où un énervement passager s’étend dans mon corps, et que je m’interroge encore sur sa présence ici, alors que je ne l’ai pas croisé depuis des mois, je vois l’objet de ma colère se lever, me faisant un sourire légèrement gêné, comme celui qu’on peut afficher lorsqu’on n’est pas sûr de soi. Fronçant les sourcils, ma bouche réduite à un simple trait, je m’avance vers lui, alors qu’il me tend la main. Son nom résonne à mes oreilles. Quelque chose ne va pas. Ce n’est pas normal. Cet homme n’est pas ce qu’il prétend être. Et je le sais. À quoi joue-t-il bordel ?! Je pivote sur moi-même une courte seconde, fouillant des yeux le café pour voir si ce n’est pas un piège. Je sonde les silhouettes des gens présents, tentant de percevoir si l’un d’eux est avec Julian – celui qui se présente à présent comme Lawrence Blain. Mais je ne perçois rien. Les épaules tendues, je prends place en face de lui, tournant ainsi le dos au reste du café. Je n’aime pas ça. J’aurais préféré pouvoir avoir vue sur de potentiels adversaires. Je me focalise sur mon interlocuteur, qui semble tellement différent de la dernière fois où je l’ai croisé...

« Brashen Hall, enchanté. »

Je ne sais pas à quel jeu il joue, mais je ne compte pas perdre l’avantage. Seulement voilà, qu’est-ce que je peux lui dire ? Quelques mois plus tôt, il a enquêté sur moi, et a tenté de me faire tomber en tant qu’Espion. Et là, un autre Résistant m’a demandé de le rencontrer. Qu’est-ce que tout cela veut dire ? Et pourquoi avoir changé de nom ? Et que fait-il dans la Résistance, bon sang ? Je ne comprends rien à ce qui se passe ici. Et s’il essayait de me piéger ? Et s’il s’était fait passé pour Résistant pour pouvoir me faire tomber ? Aucun mot ne sort de ma bouche, j’ai l’impression que quoi que je puisse dire, je vais me griller. Mais qu’est-ce que je fous là ? Je lance une vague question, qui me permettra, je l’espère, d’en savoir un peu plus sans m’avancer de trop.

« Qu’espérez-vous en venant ici me rencontrer ? Qu’est-ce que vous attendez ? »



Dernière édition par Brashen Hall le Mar 7 Jan - 11:00, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: « Résistance : Mot inventé pour éviter aux hommes de vivre à genoux. » [pv Brashen]   Ven 3 Jan - 14:40





Je l’observe dans un sourire, avec une petite réserve et un air amical qui se veut sympathique. Je note qu’il est tendu, ce que je comprends sans difficulté : après tout, pourquoi n’aurait-il pas le droit d’être tendu ainsi ? Il ne me connait pas, et il doit certainement avoir un rôle important dans la Résistance si on m’a aiguillé vers lui. Du moins, c’est ce que je suppose. Je n’ai donc pas le droit de faire de faux pas. Ce n’est pas de ma faute, pas entièrement du moins, si Jack est mort. Il faut que j’implante cette certitude dans ma tête, parce que je me doute bien que s’il voit mon doute, il va penser que je ne suis pas fiable, et si je ne suis pas fiable, ils ne me feront pas confiance. C’est un enchaînement tout à fait plausible qui m’apparaît ici. Il prend place devant moi, s’asseyant alors que je m’installe à mon tour, rangeant le casse tête dans ma poche. « Brashen Hall, enchanté. » Je lui fais un sourire, ne sachant trop que dire de plus. Bonjour ? C’est fait. Comment aborder la question de la Résistance ? L’idée que ce n’est peut être pas celui que j’attends qui est devant moi m’effleure, mais je la fais fuir d’un mouvement imaginaire de la main. Ce n’est pas grave, il ne faut pas trop douter : il dit s’appeler Brashen Hall, c’est donc qu’il est celui dont on m’a parlé. Je m’apprête à rompre le silence gêné quand il prend les devants : « Qu’espérez-vous en venant ici me rencontrer ? Qu’est-ce que vous attendez ?»
Mes yeux s’écarquillent légèrement. Voilà qu’il ne prend ni gants, ni pincettes, ni chemins de promenade pour aller à son but : il emprunte même un raccourci. Je m’humecte les lèvres, pour me donner quelques secondes supplémentaires de réflexion. Mes sourcils se froncent et bougent en suivant le cours de mes pensées : il n’est guère difficile de lire en moi, je ne le sais que trop bien. Si seulement ma mémoire pouvait être aussi évidente… Je soupire. « Et bien… » Avec quelle liberté puis-je parler de mes raisons, de mes attentes, et surtout de tous les espoirs que je place en la Résistance et en sa capacité de faire chuter ce Gouvernement que j’abhorre ? « J’espère avoir de l’aide pour faire ce… » nouvelle hésitation, et toujours cette même question : avec quelle liberté puis-je parler ? Un petit rire nerveux éclot sur mon sourire. « J’espère juste que vous m’accepterez parmi vous, pour que je puisse participer à ce que l’on espère tous voir un jour. » Que je me sens maladroit ! Et s’il me pose une question sur ce que j’ai fait dans la vie, que dois-je répondre ? Mes doigts trouvent d’eux même le bracelet à mon poignet et jouent avec dans un geste nerveux. Ce que je dois répondre ? Un mensonge, certainement. Personne n’accepterait de faire confiance à un homme sans passé, sans famille sans réelle raison de se battre contre un Gouvernement dont il n’a même pas vu la montée au pouvoir. Ce serait insensé. Oui, mais toi, tu serais suffisamment naïf pour faire confiance à un homme cela, non ? Alors pourquoi pas lui ? Je souris encore. S’il me pose des questions, oui, je mentirai. C’est ce que Jack m’a conseillé de faire, et il faut dire que pour le moment, mon mentor avait toujours été de bon conseil. Mes doigts libèrent le bracelet torturé, pour revenir pianoter sur la table. Je suis nerveux, moi aussi, au final. Comme lorsque je suis arrivé au garage pour la première fois, en Septembre. Comme lorsque Jack m’a proposé d’être de la partie pour un sabotage. Je ferme les yeux en entendant le coup de feu qui a tué mon mentor ; en entendant celui qui a tué le Peacekeeper. Je sens encore le flingue dans ma main, je le sens comme une présence que mes mains ne peuvent oublier. Et pourtant, cette soirée est floue dans ma mémoire. J’ai rayé certains passages, effacé d’autres. Le reste, je l’ai mélangé. Je cligne des yeux. « Qu’est ce que vous… tu… qu’est ce que vous voulez savoir, en fait. Je… je ne sais pas vraiment ce que je dois dire. C’est un ami qui m’a parlé de vous, voilà que je passe une main dans mes cheveux : ai-je déjà su rester immobile ?, on travaillait tous les deux au garage. Il m’a dit que vous pourriez m’aider à intégrer un projet de plus grand ampleur que de la simple électronique. » Je me mords la lèvre une nouvelle fois. Avant de rajouter, incertain : « Je suis mécanicien. » Voilà qui est d’une utilité primordiale, Lawrence. Voilà ce qu’aurait dit Jack sur un ton moqueur, avec d’acquiescer dans un regard paternel. J’ai besoin de me raccrocher à tout ce que je peux dire de réel. Oui, je suis mécanicien. Pas de formation, visiblement, mais je le suis maintenant, et c’est presque avec ravissement que je le dis. Une certitude dans ma vie, un plancher solide où je peux poser un pied. Quelque chose que je sais, aussi sûrement que la couleur de mes cheveux. Ne mets pas ton amnésie au cœur de ta vie, sinon tu n’iras jamais de l’avant., ça c’est mon psychologue qui me le dit à chaque fois que j’ai le malheur de m’agacer de ne rien savoir sur moi. Quelle importance, me demande t il, quelle importance y a-t-il au fait de savoir si j’aimais le chocolat noir, ou si ma couleur préférée était le bleu ? L’important, c’est que c’est le cas maintenant. Il faut que j’oublie – je suis le spécialiste de l’oubli, autant en profiter, non ? – le fantôme que je persiste à traîner derrière moi pour n’être plus que Lawrence August Blain.

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MessageSujet: Re: « Résistance : Mot inventé pour éviter aux hommes de vivre à genoux. » [pv Brashen]   Mar 7 Jan - 12:17


« Résistance : Mot inventé pour éviter aux hommes de vivre à genoux. »

Western New Orleans • Dans un café
Brashen & Lawrence

Mes questions semblent le troubler. Ses pupilles se dilatent un instant, comme sous l’effet de la surprise. À quoi s’attendait-il bon sang ? Il vient me narguer ici, prétendant être quelqu’un qu’il n’est pas, et je devrais être agréable avec lui ? Non mais il se fout de la gueule de qui ? Il se passe la langue sur ses lèvres et je remarque à nouveau que je suis attentif au moindre détail. Le moindre geste, le moindre tic, le moindre son est analysé par mes sens. J’ai besoin de savoir si je peux le croire, si je peux lui faire confiance. Mais mon esprit me fausse la donne, parce que lui me dit de ne pas voir en lui un ami. Il m’a trop déçu dans le passé. Il m’a trop énervé aussi. Même si j’essaye de dominer ma colère, ce n’est pas toujours chose aisée. Je pense que c’est cela le plus difficile dans mon statut d’Espion : maîtriser mes émotions que je n’avais jamais spécialement pris la peine de brider. Seulement voilà, depuis que je suis Résistant, si je ne fais pas un minimum attention à l’air gravé sur mon visage, je risque à tout moment de me faire attraper. C’est pourquoi j’ai pris l’habitude de ne plus sourire, de ne plus laisser transparaître la peur ou la colère. La seule chose qui me pose encore problème, c’est le froncement de sourcils. C’était comme s’ils étaient indépendants de ma volonté et qu’ils agissaient sur leurs propres ordres. Fâcheux tic que je n’arrive pas à faire partir. Lawrence – ou Julian – est trop transparent. Ses pupilles, ses lèvres, ses sourcils, tout en lui montre qu’il est mal à l’aise. D’un côté cela me rassure quelque peu. Le Julian que je connais n’est pas aussi peu sûr de lui. Alors à qui ai-je à faire ? Il ne donne aucun signe qu’il me connait. Qu’est-ce que cela veut dire ? A-t-il perdu la mémoire ou quoi ? Il hésite, puis place quelques mots néanmoins. Je suis à l’écoute, attentif, toujours à l’affût d’un signe qui m’indiquerait à quel jeu il joue. Si je ne connais pas les règles, comment puis-je être un participant actif ?

Il reste flou dans ses paroles et je vois qu’il ne sait pas ce qu’il peut dire, ce dont il peut parler sans risquer de se dévoiler trop lui aussi. Se peut-il qu’il soit sincère ? Je ne réponds pas à ses propos, le laissant mener la discussion, que je ne sais diriger. Je baisse les yeux sur le bracelet qu’il a au poignet et qu’il touche nerveusement en se taisant. Il relève son visage vers moi et me sourit. Je ne lui rends pas son sourire. Il semble perdu dans ses pensées et je ne l’interromps pas. J’ai bien besoin de quelques secondes pour réfléchir à tout ça. Il y a quelques mois il me poursuivait en tant que membre des Services Secrets, et le voilà maintenant face à moi, voulant apparemment rentrer dans la Résistance. Qui se joue ainsi de nous, faisant de nos pauvres corps des pantins sans fils, et de nos âmes des toupies qui tournent tournent tournent sans s’arrêter, nous donnant le tournis ? J’en ai marre d’être un pion qui ne connait pas les enjeux. Je n’ai pas le choix, en tant qu’Espion, certains ne me font pas confiance. Mais bon sang, est-ce que j’ai déjà trahi mon camp ? Ah. Bête question. Bien sûr que je l’ai fait. J’ai trahi les Peacekeepers, et le Gouvernement, en devenant Espion, mais je l’ai fait pour le Bien. Mais cela signifie aussi que je suis capable de trahir. Je me souviens soudainement de ma première rencontre avec Kylian, le journaliste Résistant. Lui aussi avait hésité à me faire confiance, pensant que si j’avais été capable de trahir le Gouvernement, je pouvais très bien les trahir aussi. Il avait raison de se méfier, on n’était jamais assez prudent. Repoussant ces pensées au fond de moi, je me focalise à nouveau sur Julian, qui s’est remis à parler. Il hésite à nouveau et je sens qu’il a du mal à parler. Mon attitude froide et distante ne l’aide pas. Mais je ne peux pas encore lui parler de moi, si je parle, je vais me griller, et il n’attend peut-être que ça. Alors je dérive légèrement.

« J’ai besoin de savoir pourquoi vous voulez nous rejoindre. Pourquoi maintenant ? Quel est l’élément déclencheur ? »

On en avait tous un. Les flammes du bâtiment me restaient en tête. Cette silhouette de femme qui me disait de m’enfuir aussi. Elle ne devait pas avoir vu mon uniforme gris de Peacekeeper. Sinon m’aurait-elle dit de m’enfuir pour échapper au feu qu’elle venait de déclencher ? Je me souviens de ses yeux. Ces mêmes yeux que j’avais aperçus derrière la vitre teintée de la salle d’interrogatoire, lorsque je l’avais dénoncée. C’est là que j’avais compris. Que certains se battaient pour ce qui était juste, pour le Bien. Comment pouvais-je cautionner un Gouvernement qui commettait de telles abominations ? J’étais entré dans la Résistance quelques jours après que la femme que j’avais dénoncée ait été mise en prison. Et la culpabilité était devenue mon amie de tous les jours.

« Je veux aussi savoir qui vous êtes. »

Que va-t-il prétendre être encore une fois ? Va-t-il rester dans son rôle de Lawrence Blain ou bien vais-je voir transparaître un peu de Julian Sudworth en lui ? Je suis impatient de le savoir parce que je n’arrive pas à comprendre cet homme en face de moi. Et je déteste les énigmes.

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MessageSujet: Re: « Résistance : Mot inventé pour éviter aux hommes de vivre à genoux. » [pv Brashen]   Mer 8 Jan - 23:26





Je ne sais pas sur quel pied danser. La franchise me semble logique, attendue et surtout impérative, mais il faut que je la mêle de mensonges pour ne pas laisser le blanc de ma vie passer en premier plan. Je suis contraint de mentir, et ça me met mal à l’aise, tout en me confortant. Un mensonge, c’est stable. Un mensonge ce n’est pas un vide dans lequel je peux me perdre, dans lequel je m’égare dès que je songe à ce que je pouvais être, ce que j’aurai pu être et ce que j’étais. J’hésite, je balbutie, j’égrène des mots sans trop savoir si j’en dis trop ou pas assez. Mes yeux demandent de l’aide à Brashen alors que je souris d’un air désemparé. Que voulez vous savoir, monsieur Hall ? Que voulez vous savoir de moi, que je sache s’il faut que je brode un mensonge, celui là même que Jack a tissé pour moi, pour que je sache si je peux donner de vraies réponses sans faux semblants ? « J’ai besoin de savoir pourquoi vous voulez nous rejoindre. Pourquoi maintenant ? Quel est l’élément déclencheur ? » L’élément déclencheur. Un sourire s’étire sur mes lèvres : ça, je peux le dire, puisque ça je le sais. Un voile passe sur mes yeux, effaçant mon sourire. Jack. « Je veux aussi savoir qui vous êtes. » Mon sourire disparait totalement. Ca, je ne me sais pas. J’inspire. Comme quelqu’un qui va réciter une leçon. Mes doigts jouent à nouveau avec le bracelet. Qui je suis ? Bonne question. C’est la première que j’ai posée à Jack, lorsque j’ai pu parlé, lorsque je me suis regardé dans la glace, lorsque j’ai vu ce visage émacié et ces yeux noirs qui me regardaient. Lorsque je me suis vu et que je n’ai pas reconnu mon visage. Tout le monde est quelqu’un. Oui, tout le monde, même moi. Mon sourire renaît sur mon visage, et je prononce une évidence : « Je vous l’ai dit, je suis Lawrence Blain, mécanicien. Je travaille au même garage que… » Que ? Que… son nom m’échappe. Je fronce les sourcils. Je transpire légèrement. Que… Fais un effort, Lawrence… « Que notre ami commun. Je travaillais du moins. Mon meilleur ami a été… » Quel est l’élément déclencheur ? Quel est l’élément déclencheur, qui m’a mené ici ? Je me passe une main nerveuse dans les cheveux, avant de laisser mon regard glisser vers mes doigts, qui s’entremêlent dans un ballet étrange, avant de se séparer et de pianoter sur la table dans un rythme qui me paraît naturel mais dont la provenance m’échappe. Un nouveau réflexe provenant de l’ancien temps qui renaît de ses cendres en en dispersant dans mes yeux, pour me mettre l’évidence de mon amnésie en plein visage ? Assurément. L’ironie a la peau dure, et apparaître toujours lorsqu’on en a le moins besoin, c’est bien connu. Je me souviens que je n’ai pas terminé ma phrase, et mes yeux esquivent toujours Brashen, pour aller se poser sur l’entrée du bar. « J’ai toujours été contre… contre tout ça. A en voir la futilité, la corruption : la nuisance que c’est tout simplement pour nous. Fin novembre, il y a eu une coupure sur une partie du quartier Est… » Mes yeux se posent sur mon interlocuteur, pour transmettre le message que je me refuse de passer à l’oral. « Il n’est pas rentré, ce soir là. » D’où me vient cette capacité à faire des sous entendus, moi qui suis si maladroit avec les mots normalement, moi qui sais m’exprimer dans deux langues mais qui ai tant de mal à me faire comprendre, parfois ? D’où vient cette capacité qui renaît alors que je parle à Brashen sans que je ne la contrôle tout à fait ? J’ai l’impression qu’elle est liée à la connaissance que mon corps avait des arts martiaux, le soir auquel je fais référence. Ma mémoire est peut être défaillante, mais elle se souvient étrangement du bruit assourdissant de l’arme à feu. « Ecoutez… je veux faire payer à celui qui a fait ça, et je n’ai qu’un seul moyen : infiltrer le réseau pour une action à plus grande échelle qu’un simple pion renversé d’une pichenette. » Qu’est ce que je dis ? Que suis-je donc en train de dire ? J’ai la désagréable impression que mon discours a deux sens, mais que je ne le fais pas exprès. Le double sens est inconscient. Lorsque je tends des doigts immatériels pour le saisir dans les échos qui flottent encore autour de nous, ils s’échappent et s’effritent sans que je ne puisse en comprendre la teneur. J’offre un sourire sincère et un peu incertain à Brashen. « Mais j’imagine que ce doit être la même chose pour tous. » J’hausse les épaules. « La perte de connaissances n’est pas très original, comme élément déclencheur… »

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MessageSujet: Re: « Résistance : Mot inventé pour éviter aux hommes de vivre à genoux. » [pv Brashen]   Dim 19 Jan - 11:32


« Résistance : Mot inventé pour éviter aux hommes de vivre à genoux. »

Western New Orleans • Dans un café
Brashen & Lawrence

Cet homme est tellement perclus de tics divers et variés que je me demande comment il fera, s’il rejoint la Résistance un jour. Être Résistant entraîne une certaine réserve, une certaine retenue, et surtout de la discrétion. Du moins est-ce ma vision des choses. Les ombres sont devenues mes alliées. Elles ne m’effraient pas. Elles sont presque rassurantes, car elles me protègent de tout œil intrus. Et alors que mon cœur cogne dans ma poitrine, à intervalles réguliers, elles m’enveloppent, faisant de ma carcasse décharnée de tout sentiment bienheureux une ombre parmi elles. Parfois, je les entends murmurer. Et je sais que je ne suis pas seul, malgré le quotidien qui ne tend qu’à me le prouver jour après jour. Je n’arrive pas à percevoir un Lawrence dans l’ombre. Et je n’ai pas l’habitude de me tromper.

Il se met à parler, et mes yeux se rétrécissent quelque peu en l’entendant prononcer les mêmes mots qu’il y a quelques minutes. Est-il stupide en plus d’être visible comme le nez au milieu de la figure ? Je me fiche de savoir qu’il est mécanicien, il doit s’en douter non ? Je le vois hésiter sur la suite de sa phrase et je prends ça pour de la gêne. Il ne sait à nouveau pas ce qu’il peut dire ou non. Et le nom de notre ami commun ne peut pas être prononcé à voix haute. Donc il fait bien de se taire. S’il ne l’avait pas fait, j’aurais directement quitté cet endroit et cet homme qui me fait perdre mon temps. La discrétion bon sang. La discrétion ! On ne donne pas de noms tant qu’on ne sait pas si on peut faire confiance à l’autre. Première règle. Tout homme censé sait cela non ? Le voilà qui s’interrompt, comme perdu sans ses pensées alors que ses mains jouent sur la table. Je me souviens que Julian était déjà comme ça, à pianoter sans cesse sur la table. Sauf qu’il semblait plus sûr de lui à cette époque. Je suis immensément perplexe si bien que je ne dis rien non plus. Je le laisse se débattre avec ses démons intérieurs. Pendant ce court instant, je jette un coup d’œil discret aux quelques personnes que je peux apercevoir sans me tourner complètement. Aucune ne semble faire attention à nous plus qu’il ne faudrait. Rassuré, je tourne ma tête à nouveau vers Lawrence et j’attends patiemment qu’il reprenne son histoire. Je suis légèrement exaspéré par sa lenteur. Il allait falloir qu’il se bouge s’il voulait rester en vie ! Et enfin ses lèvres se meuvent à nouveau et j’aurais pu laisser échapper un petit rire nerveux si je ne me retenais pas et si je ne faisais pas attention au moindre de mes gestes. Toujours été contre tout ça ? Quelle bonne blague. Quelle ironie. Je ne sais pas exactement à quoi joue ce type, mais il n’a jamais été contre le Gouvernement, bien au contraire. Alors qu’un rire nerveux me secoue intérieurement sans laisser rien paraître de l’extérieur, il continue son histoire et j’aperçois alors sa faille. La perte d’un ami. Se pouvait-il qu’il soit passé vraiment dans la Résistance ? Que tout ce qu’il a pu faire dans le passé n’ait été qu’une orchestration savante pour ne pas se faire griller en tant qu’Espion ? Était-il Espion lorsqu’il était dans les Services Secrets ? Avait-il failli me faire tomber pour éviter de tomber lui-même ? Ces idées virevoltent dans ma tête, m’empêchant de me concentrer sur ce qu’il dit. Est-ce que je me suis complètement trompé sur lui ? Est-il de notre côté depuis le début ? Mais alors pourquoi viendrait-il me voir pour soi-disant rejoindre la Résistance ? Tout s’emmêle dans mon cerveau et je ne sais plus quoi penser. Finalement, Lawrence termine avec un sourire incertain à mon égard et je me focalise sur lui pour continuer notre discussion.

« Je suis désolé pour votre ami. »

Je ne sais pas trop d’où me viennent ces mots. En les disant, je revois les visages de ceux qui m’avaient prononcé ces mêmes paroles lors de la perte de Kennit. C’était il y a une éternité. Il y a des années de cela. Mais je m’en rappelle comme si c’était hier. Et la douleur dans ma poitrine gonfle un instant, avant que je ne la force à s’estomper pour ne pas me perturber davantage.

« La perte de connaissances est en effet un élément déclencheur courant parmi nous. Mais il n’est pas le seul. L’être humain peut changer de bien des façons et la prise de conscience peut se faire grâce à des moyens divers. »

Je reste flou parce que je ne sais toujours pas si je peux lui faire confiance. Alors que je laisse parler mon esprit toujours embrouillé par ce tour de passe-passe qu’il semble me jouer, je reste sur mes gardes et mes muscles se tendent, prêts à bondir si je sens la moindre agressivité de sa part. Je jette encore un coup d’œil autour de nous. Du coin de l’œil, je vois une serveuse s’avancer vers nous. Arrivée à notre table, elle nous demande ce que nous allons prendre. La soirée a déjà commencé mais je commande un café. J’ai besoin de rester attentif, et la caféine va m’être d’une aide non-négligeable. Je ne dois pas baisser ma garde. Il m’a parlé de l’élément déclencheur mais il ne m’a toujours pas dit qui il était réellement. Et vu son passé, j’ai besoin d’en savoir davantage. Je tente une autre approche, puisque la directe semble n’avoir pas porté ses fruits.

« Vous avez toujours été mécanicien ? Notre ami m’a dit que vous n’étiez pas au garage depuis longtemps. Où est-ce que vous étiez avant ? »

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MessageSujet: Re: « Résistance : Mot inventé pour éviter aux hommes de vivre à genoux. » [pv Brashen]   Mer 22 Jan - 16:43





Je lui assure que j’ai toujours été contre le Gouvernement, et je cherche dans son regard le moindre indice sur ce qu'il peut penser. Me fait-il confiance ? Doute-t-il de la conviction et de la véracité de mes mots ? Oh, si c'est le cas, peut être a-t-il raison, mais j’ai la conviction que je n’ai jamais pu être d’accord avec ce Gouvernement qui nous oppresse et qui fait mine d’être meilleur que le précédent. Je n’aurai jamais pu être de leur côté, c’est une certitude qui me pousse à croire que je suis quelqu’un de bien, et que je l’étais avant. Quelqu’un qui n’a jamais vu son passé envolé ne peut certainement pas comprendre ça. Mais lorsqu’on ignore tout de soi, on ne peut qu’envisager tous les cas de figure, et construire une image de soi que l’on veut, tout naturellement, la plus belle possible. Qui irait s’imaginer un passé trouble, sombre, noir, et peuplé de meurtre ? Sûrement pas moi. Je ne suis pas masochiste, et je préfère croire que j’étais un être humain normal et stable qu’autre chose. Alors oui, j’ai toujours été contre le Gouvernement, et qu’il se moque de moi, qu'il me croie menteur si ça lui chante, il ne me fera pas changer d’avis. Mes yeux se durcissent, alors que je parle de la mort de Jack, en sous entendus qui me dépassent mais qui se formulent naturellement à mes lèvres. Je termine dans un sourire incertain, alors que mes traits se radoucissent et se perdent. Parce qu’il semble troublé, et que je donnerai cher pour savoir ce qui traverse son esprit à cet instant. « Je suis désolé pour votre ami. » J’hausse les épaules. J’imagine qu’il ne peut pas comprendre que Jack était plus qu’un ami : il était le seul, ou presque, à tout savoir de moi, et à m’avoir tendu la main lorsque mes yeux s’étaient ouverts après un sommeil de six mois. Mais bon, je ne peux reprocher à Brashen son ignorance puisque c’est à moi qu’il la doit. Son regard se trouble, et j’imagine que je ne suis pas le seul à avoir perdu quelqu’un. Ce serait idyllique. Vu ce que je sais des dernières années, toutes les personnes que je suis amené à croiser, que ce soit à l’hôpital ou au garage, que ce soit dans la rue ou dans les cafés comme celui là, toutes les personnes donc ont perdu au moins une connaissance. Dans les arènes, dans les fusillades, dans les attentats. Brashen me le confirme. « La perte de connaissances est en effet un élément déclencheur courant parmi nous. Mais il n’est pas le seul. L’être humain peut changer de bien des façons et la prise de conscience peut se faire grâce à des moyens divers. » Prise de conscience. Oui, c’est l’expression la plus adéquate. C’est bien d’une prise de conscience dont nous parlons, et je mesure ma chance d’avoir été suivi par Jack dès les premières heures. Il a éveillé ma conscience le plus tôt possible, et quelque soit l’endroit où se posent mes yeux aujourd’hui, je ne vois que des marques du totalitarisme dont je ne veux pas. Et la perte de Jack dont je me sens aussi responsable n’aide en rien. « S’il y a d’autres déclencheurs possibles, je suis convaincu que la perte d’une connaissance est le plus radical. Et celui qui n’entraînera aucun retour en arrière. » Ca non. Aucun retour en arrière n’est possible tant que la vengeance n’est pas accomplie. Une serveuse s’avance vers nous, et je commande un nouveau café, tout comme Hall. Besoin de se réveiller ? Pour ma part, c'est plutôt le besoin d'avoir l'esprit clair et surtout celui de parvenir à me concentrer plus deux minutes. « Vous avez toujours été mécanicien ? Notre ami m’a dit que vous n’étiez pas au garage depuis longtemps. Où est-ce que vous étiez avant ? » Bon. Et bien, je vais en avoir besoin, de concentration. Je cherche un prétexte pour me laisser du temps pour réfléchir. Il faut que je me sois le plus franc possible, tout en ne disant rien sur mon amnésie. Aucune personne saine d'esprit ne confierait sa vie à un amnésique voilà ce que je pense. Les secondes s'écoulent, sans que je trouve de bonne raison de faire durer le silence. « Hum... je n'ai pas forcément une formation de mécanicien, non. C'est mon ami qui m'a trouvé ce travail, pour me dépanner. Et comme j'en avais les capacités, et bien... » Mon ami. Jack. Mon mentor. Mon guide. Je n'ai pas forcément une formation de mécanicien. Bien. Bravo. Voilà une formulation qui ne va pas du tout appeler la question « Et quelle formation avez vous donc ? », non, certainement pas. Je suis stupide. Et crétin. Et ridicule. Aussi, j'essaye de prendre les devants le plus calmement du monde, comme si de rien n'était. Comme si je ne suis pas en train de lui mentir de manière éhontée, comme si tout ce que je raconte est vrai : « Avant cela, j'avais une formation de traducteur, mais ce n'est plus très utile à présent, il a bien fallu se reconvertir. » Voilà, comme ça, je ne vais pas en terre inconnu puisqu'à l'hôpital, il a été établi que je parle couramment trois langues en plus de l'anglais. Si jamais il lui vient l'idée saugrenue de me tester et surtout de vérifier les informations... et bien tant qu'il ne cherche pas des traces de diplômes dans les archives, je peux assurer ma couverture. Je me détends petit à petit. Oui, traducteur, c'est bien. J'aimerai bien avoir vraiment été traducteur mais ça m'étonnerait que ce soit le cas. Sinon, d'où viendraient mes connaissances en mécanique ? Et mes réflexes ? Et ces détails que je note sans savoir pourquoi ni comment ? Et voilà que je me déconcentre encore. « Et c'est pour ça qu'on m'a proposé de travailler au garage. » La serveuse arrive alors que je conclue mon explication. L'odeur du café me stimule déjà, et je la remercie poliment. J'attends qu'elle se soit éloignée pour reprendre : « Je sais que je n'ai pas grand chose pour moi, tu veux parler de ton manque total de concentration, de ta mémoire à trous et de ton malaise évident, ou simplement de ta claustrophobie et du fait que tes réflexes t'ont fait tuer un homme sans savoir trop comment? mais laissez moi une chance de vous être utile. » S'il vous plait.

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MessageSujet: Re: « Résistance : Mot inventé pour éviter aux hommes de vivre à genoux. » [pv Brashen]   Mar 18 Mar - 20:26


« Résistance : Mot inventé pour éviter aux hommes de vivre à genoux. »

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Son haussement d’épaules semble casser à nouveau la silhouette qu’il forme. Son petit tic de la main continue à jouer sur la table, comme s’il s’était agi d’un instrument de musique. Il paraît m’écouter parler d’un air distrait, mais peut-être n’est-ce qu’une apparence. J’acquiesce légèrement à ses propos. Dehors, les bruits de la rue ne se font que peu entendre, derrière des vitres épaisses qui laissent apparaître quelques traces de doigts. Il n’est pas encore trop tard, mais les gens vont bientôt se presser de rentrer chez eux, bien à l’abri derrière des murs protecteurs, qui cacheront pendant un instant la réalité de ce monde dans lequel nous vivons jour après jour. Retrouver sa famille, ses amis, et faire semblant, ne serait-ce qu’un instant, que tout va bien, que tout n’est qu’illusion, douce et agréable. Cacher la vérité, pour pouvoir mieux l’affronter. Il est tellement plus facile de se tromper, pour pouvoir résister. Je les comprends. Si je n’étais pas espion, c’est ce que je ferais aussi. Ils ont tout compris. On ne survit que les yeux bandés. Au moins, on ne voit pas l’amertume.

« Quelle que soit la situation, le retour en arrière n’est pas possible pour ce que nous sommes. Il faut que vous le sachiez. Si vous vous engagez, il n’y aura pas moyen de retourner en arrière. Ce serait trop dangereux. Est-ce que vous en avez bien conscience ? »

Les secondes s’égrènent alors que le dernier mot de ma question flotte toujours en l’air. Il est trop lent à répondre aux questions, et je peux le comprendre. Mais cela ne fera que provoquer encore plus de suspicion de la part de tous ceux qui auront affaire à lui. Et ce n’est pas positif du tout. Il ne sait pas se fondre dans la masse, faire comme s’il était naturel qu’il soit là où on ne l’a jamais vu. Se fondre dans les ombres et en devenir une à son tour. Or, seule une ombre peut ne jamais être attrapée. On ne peut mettre une ombre en boîte, on ne peut la mettre derrière des barreaux. C’est la seule protection des espions. Ma mâchoire se crispe légèrement et mes paupières se ferment quelque peu, pour tenter à nouveau de percer son mystère. Je le laisse parler, et il m’explique comment il a eu son travail de mécanicien, ainsi que sa formation de base. La serveuse revient avec nos cafés et j’attends qu’elle les ait posés sur la table pour la remercier, avant qu’elle ne s’éloigne. Je pose mes coudes devant moi, et joins mes paumes en croisant les doigts, juste au-dessus la boisson chaude.

« Ok. Voilà le deal. Si vous voulez que je vous laisse une chance, il faut que vous soyez franc avec moi. »

Je commence à en avoir marre de jouer double jeu avec lui. Et surtout que lui se permette de se jouer de moi. Il n’a montré aucun signe de celui qu’il était auparavant, et je n’en suis que plus perturbé. Je n’aime vraiment pas ça. Je voudrais lui demander directement certaines choses mais il m’est impossible de le faire sans savoir si je risque ma peau. Après tout, Julian Sudworth est bien la dernière personne au monde à qui je confierais ma vie. Enfin… la liste des personnes à qui je confierais ma vie est bien courte en ce moment… Depuis des mois d’ailleurs. Oh et puis même, je n’ai jamais eu confiance en beaucoup de gens. Je me focalise à nouveau sur mon interlocuteur.

« Comment se fait-il que vous ayez les capacités de mécanicien si vous n’avez pas suivi de formation spécifique ? D’où venez-vous d’ailleurs ? Et… autre question. Si votre ami n’était pas mort, est-ce que vous seriez assis en ce moment en face de moi ? »

Ma voix s’était légèrement tendue à la dernière question, montrant que celle-ci était celle qui m’intéressait au plus au haut point. Je devais savoir si ce n’était que temporaire ou pas.

Hors-Jeu:
 



Dernière édition par Brashen Hall le Sam 29 Mar - 10:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Résistance : Mot inventé pour éviter aux hommes de vivre à genoux. » [pv Brashen]   Dim 23 Mar - 10:48





Suis-je en train de trop insister ? Suis-je en train d’éloigner de moi tout espoir de m’entendre dire oui, rejoins nous, Lawrence, on aura besoin de toi un jour ? Je n’arrive pas à le savoir, et à dire vrai, j’en ai peur. Pourquoi ? Parce qu’un refus, ce serait une déception pour la figure paternelle qu’a pu être Jack pour moi. Un refus serait le signe d’un échec, et même si je suis habitué aux chutes maintenant, il m’est un peu plus pénible de me relever à chaque fois. Et je chute des dizaines de fois par jour. Fatigué de ne rien savoir, fatigué de ne pas être au niveau, fatigué d’être en échec. « Quelle que soit la situation, le retour en arrière n’est pas possible pour ce que nous sommes. Il faut que vous le sachiez. Si vous vous engagez, il n’y aura pas moyen de retourner en arrière. Ce serait trop dangereux. Est-ce que vous en avez bien conscience ? » J’acquiesce. Les secondes s’échappent, mon mouvement de tête est lent, comme toujours. Si j’en ai bien conscience ? Oui. Pas de retour en arrière : Jack est mort, et j’ai tué ce Peackeeper pour sauver ma vie. Deux choses qui ne peuvent pas être réparées. Si je regrette d’avoir commis un meurtre plus ou moins de sang froid ? Assurément. Personne ne mérite la mort, et personne ne devrait avoir le droit de la donner à quelqu’un : ce n’est pas de notre ressort. Inconsciemment, je note qu’il se crispe. Je suis en train d’échouer : toutes les fibres de son être le laissent paraître à mes yeux entraînés. Entraînés ? Par quoi, par qui ? Trop de questions, peu de réponses. J’inspire, en pianotant nerveusement sur la table, remerciant la serveuse, attrapant le café pour y brûler la pulpe de mes doigts. Je conclus sur de la franchise, poussée à son maximum : je n’ai rien pour moi. Je n’ai pas de qualités à mettre en lumière – ou du moins que je veuille mettre en avant – et j’ai trop de défauts pour ne pas être un poids pour la Résistance. La seule chose que j’ai pour moi est ma conviction sans limites qu’avant j’étais dans la Résistance – comment aurais-je pu être pour un Gouvernement aussi oppressant ? – et que j’honore la mémoire de Jack en m’engageant dans cette voix dangereuse.

« Ok. Voilà le deal. Si vous voulez que je vous laisse une chance, il faut que vous soyez franc avec moi. »

Un deal. Et de la franchise. Ne comprend-il pas que je suis aussi franc que possible avec lui ? Certes, je me sens incapable de simuler, de jouer, de mentir plus que ça, mais mieux : je n’en ai pas envie. En dehors de mon amnésie. Je ne veux pas qu’elle s’ébruite, je ne veux pas que les gens le comprennent, je ne veux pas que les regards chargés de pitié continuent de se poser sur moi, comme à l’hôpital. C’était aussi pour m’éloigner de ce climat de sympathie compatissante que Jack m’avait trouvé cet emploi au garage, mais j’ai été trop lâche pour continuer à y travailler après sa mort. Trop lâche… encore un défaut dont Brashen aura forcément connaissance à un moment ou à un autre. Mais pas aujourd’hui : aujourd’hui, je veux l’entendre me dire oui. Enfin… l’entendre me dire « on va faire un essai » ou quelque chose s’en approchant. Quelque chose de positif. « Aussi franc que ma vie privée me le permettra. » Petite pause. Dans un milieu aussi surveillé que le nôtre… Une vie privée existe-t-elle ? « C'est-à-dire totalement. » Les secondes s’égrènent entre lui et moi, et j’en profite pour, outre un mordillage de lèvres plutôt prononcé, remuer mon café pour y dissoudre le sucre. Les cristaux tournoient, dansent dans un univers, sombre et brûlant, en trois dimensions, et disparaissent peu à peu. Comme mes doutes, mon angoisse. Mon appréhension. Elle est toujours là, mais elle est dissoute et sous jacente. Elle teinte chacun de mes propos, chacun de mes gestes, et pourtant, elle n’est plus au premier plan. Amusant. « Comment se fait-il que vous ayez les capacités de mécanicien si vous n’avez pas suivi de formation spécifique ? D’où venez-vous d’ailleurs ? Et… autre question. Si votre ami n’était pas mort, est-ce que vous seriez assis en ce moment en face de moi ? » Je contrôle un violent tressaillement. Les mauvaises questions commencent. Mes yeux se déportent sur la droite, reviennent sur Brashen, supportent son regard avant de céder et de se déporter à nouveau. Sur la gauche, cette fois. Un peu d’originalité, bon sang de bois !  Il fallait que je trouve une réponse plausible. Réaliste. Parce qu’il allait vérifier, et que s’il vérifiait… J’étais cuit. Sauf si j’étais convainquant. Et pour l’être, il fallait que j’arrête de réfléchir, et que je réponde. Maintenant « Mon père était garagiste, et j’ai appris en l’observant. » J’hausse les épaules alors qu’une voix me chuchote de broder. De ne pas m’arrêter. De poursuivre sur ma lancée d’un mensonge qui me met mal à l’aise. Je suis en train de m’inventer une vie, et pourquoi ? Parce que j’ai peur d’avouer à l’homme face à moi que ma vie ne se résume qu’à quelques semaines dans un hôpital en rééducation, et quelques mois à essayer de comprendre qui je peux être en réalité ? « Puisque la pluriculturalité du monde n’est plus vraiment d’actualité, il valait mieux se reconvertir dans un travail plus manuel… Parler quatre langues ne sert pas à grand-chose dans notre présent, maintenant. Il vaut mieux savoir… bricoler. » Au moins, ce n’est pas tout à fait faux. Et le froncement de sourcils et cette hésitation qui caractérisent mes mensonges sont moins marqués. Tant mieux, dans un sens. Même si je ne peux pas m’empêcher de culpabiliser. Parce qu’il faut à présent que je réponde à sa question sur mon lieu d’origine. « Je suis… espagnol, à la base, mais j’ai déménagé vers les Etats-Unis quelques mois avant 2012. » C’est pour ça qu’il ne trouvera pas trace de moi dans de quelconques archives. Je me détends légèrement. Pour une histoire trouvée in extremis, j’ai l’impression qu’elle n’est pas trop capillotractée. Reste à savoir si Brashen a la même impression que moi, ce qui m’arrangerait plutôt. Reste le problème de l’accent. New Yorkais. Pourquoi n’ai-je pas dis New York ? Ca aurait été tellement plus… plausible ? Parce que j’ai agi sous le coup du stress, et que prendre au hasard dans les langues étrangères que je maîtrise m’a semblé sur le coup tout à fait malin. Idiot. Voilà ce que je suis, moi. Sa dernière question, finalement, résonne dans mon esprit et m’offre une porte de sortie. « Si J… mon ami n’était pas mort, je pense qu’il aurait cherché d’ici quelques mois à… m’introduire auprès de vous. Je ne dis pas qu’il vous connaissait personnellement, hein ! » Calme toi, Lawrence, tout de suite ! « Mais plutôt qu’il était dans une… sous… branche ? » Je ne sais pas vraiment comment qualifier le groupuscule du garage. C’est un noyau de résistance, oui. Mais je ne crois pas qu’il soit affilié à la… vraie résistance. Un petit groupe de mécontents, avec un homme qui recrute à l’hôpital auprès des blessés et des familles des blessés par le Gouvernement. Un petit groupe de mécontents, dont l’objectif principal est, sur le court terme, de montrer au Gouvernement que tout le monde ne se fait pas avoir par son apparent revirement de politique. Mes doigts quittent la tasse de café pour continuer à jouer sur la table.

« Ecoutez : quoique vous pensiez de moi, ou que vous me disiez, je continuerai à agir selon mes convictions, et cela : vous ne pourrez pas l’empêcher. » D’où vient cette soudaine assurance ? De Jack. Et de ma patience qui s’effrite. Ma voix, si sûre d’elle, subit un tremolo et dégringole les escaliers lorsque je reprends, me levant, mal à l’aise. « Ca ne sert à rien que notre discussion se poursuive : qu’un homme qui était comme mon père soit mort sans que je ne puisse rien faire d’autre que le respecter en venant vous voir ne vous convainc pas. Je ne vais pas vous raconter ma vie dans le futile espoir que vous daignez me donner ma chance. Ma vie est ma vie et elle est connue par suffisamment de personnes et malheureusement pas de moi pour que je ne veuille pas en rajouter une à la liste. Vous êtes tellement paranos, tellement crispés, comme moi, de faire le moindre faux pas qu’à chaque pas en avant que vous faites dans votre intrusion de ma vie privée, vous entrez dans leur jeu de spirale de doutes et de méfiance. » Mon assurance, passagère, s’est donc muée en colère. Et j’en suis le premier surpris. Je ne me reconnais pas dans mes mots, je ne me reconnais pas dans ce ton agacé, où je décèle une pointe de pédanterie. Est-ce le vrai moi qui parle ? Sûrement. Et bien, il ne veut pas s’arrêter. Parce qu’il sait que d’ici quelques minutes, je vais m’effondrer et on retrouvera le Lawrence habituel, qui ne sait plus ou il habite, ni quel est son dessert préféré. Celui qui se promène dans les rues pour le simple plaisir de s’abreuver de la vie animée des autres pour combler le désert qu’est la sienne. « Mon ami s’en foutait de savoir qui j’étais avant que l’on se croise. Tout ce qu’il a fait, c’est me tendre la main et m’offrir gratuitement sa confiance. Mais ça, vous ne pouvez pas comprendre j’imagine. » En même temps, offrir sa confiance à un amnésique… ce n’est pas un exploit Oui, mais il l’a fait. Et c’est déjà beaucoup.


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MessageSujet: Re: « Résistance : Mot inventé pour éviter aux hommes de vivre à genoux. » [pv Brashen]   Sam 28 Juin - 15:49


« Résistance : Mot inventé pour éviter aux hommes de vivre à genoux. »

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Il acquiesce. Encore une fois. Il ne fait qu’acquiescer passivement à mes propos et cela commence à m’ennuyer profondément. Je ne suis pas là pour rencontrer un homme qui, dans son attitude entière, se complait dans une somnolence proche de l’inaction totale. Certes, il semble vraiment vouloir rejoindre les rangs des résistants, mais que cache-t-il réellement ? Comment est-il passé de Julian à Lawrence ? Tant que cette question n’aura pas trouvé de réponse, il me sera impossible de lui accorder sa chance. Je m’en rends compte subitement, alors que mon regard cherche toujours le sien. Hésitation après hésitation, je perds mon temps. Malgré tout je reste assis sur cette chaise d’un café que je commence à bien connaître. Lawrence semble perdu dans ses pensées, et je me reproche presque d’avoir un avis si catégorique sur lui, de ne pas l’aider à s’affirmer et à prendre cette place qu’il désire tant. C’est à lui de se forger, à lui de savoir ce qu’il souhaite et de tout faire pour l’avoir. Ce n’est pas à moi d’agir. L’Homme est libre et responsable. Assume tes choix, quels qu’ils soient. Et bats-toi pour obtenir liberté et place dans cette société. Ou crève.

Mon deal semble le réveiller quelque peu. Bien. Il est temps que quelque chose se passe, car j’envisage depuis de sérieuses minutes de quitter cet endroit et de le planter là. Ne comprend-il pas que je ne lui dois rien ? Que rien ne m’oblige à l’aider, à l’écouter même ? S’il ne répond pas maintenant, s’il ne me laisse pas voir quelque chose de plus, je l’abandonne. Dernière chance, à toi de la saisir.

Des mots franchissent ses lèvres alors que je trempe les miennes dans le liquide brun noyant ma tasse. Je grimace. Pas assez fort. J’en bois une longue gorgée, laissant le café brûler légèrement ma gorge au passage. Je la repose doucement sur la sous-tasse, avant de relever les yeux vers mon interlocuteur. Ce que j’entends ne me plaît déjà pas. Sa vie privée ? Mais quelle vie privée ? N’a-t-il pas conscience que l’intimité était un luxe que nous devions presque totalement oublier ? Même mes sorties nocturnes auprès de Carys se faisaient plus rares. Et ce n’était pas vraiment ce que je pouvais appeler une vie privée. Espérait-il fonder une famille alors qu’il comptait devenir résistant ? Tant que ce gouvernement était en place, j’étais pour ma part déterminé dans le fait de ne faire naître aucun gosse. Illusion, tout n’était qu’illusion. Ce voile qui s’était posé sur nos existences au début des Jours Sombres ne s’était pas levé, et n’avait fait que s’alourdir alors que les jours défilaient, perdus dans leur course du temps. Poussières dans un océan de chaos. Voilà ce que nous étions.

Je lui réponds néanmoins, sa chance n’est pas encore totalement passée. Il lui reste quelques instants pour me prouver qu’il en vaut la peine. Ses yeux fuient à nouveau. Bon sang ! Cesse ça immédiatement ! Je commence à bouillir intérieurement mais je tente de garder un visage impassible. Et là… il me raconte de nouveaux mensonges. Cela se voit sur ses traits et je suis tenté de me lever brusquement et de le planter là. Quelle espèce de petit con ! La franchise… il est franc… mon cul oui ! Il ne fait que débiter des mensonges depuis que je me suis assis en face de lui. J’en ai marre. Je ne l’écoute que d’une oreille me raconter l’histoire de son père, ses origines, sa soi-disant origine espagnole, son arrivée aux États-Unis et la mort de son ami, qui l’a conduit à moi. Ma main s’approche à nouveau du récipient m’appartenant pour quelques instants et je termine en deux gorgées ce qui y restait. Je suis prêt à partir.

Et soudain, c’est Lawrence qui se lève le premier, ne me laissant pas le temps de faire de même. Je lève les yeux vers lui, surpris. Qu’est-ce qui lui prend subitement ? Je l’écoute soudain plus attentivement, intéressé par ce qu’il a à dire.

« Je vous rejoins sur un point : cette discussion est finie. Par contre, si vous tenez tant à nous rejoindre, vous apprendrez vite que le doute est ce qui nous maintient en vie. Vous voulez rester en vie, n’est-ce pas ? Alors agissez. Car agir en doutant est mieux que douter sans agir. »

Je me suis levé à mon tour. Je prends quelques pièces dans mon portefeuille, glissé dans ma poche droite de pantalon, et laisse l’argent tinter sur la table lorsque je les dépose dessus. Il lance quelques derniers mots, auxquels je prends le temps de répondre avant de partir.

« Non, je ne comprends pas. Sachez, Sudw… Blain, que je n’accorde pas ma confiance au premier venu. Vous feriez bien de faire pareil. »

L’air qui n’a rien perdu de sa moiteur m’enveloppe dès que je franchis la porte du café. Sans un regard en arrière, je m’enfonce dans les rues encore pleines de monde, et crée autant de distance possible entre Julian Sudworth et moi. Ce n’est que dix minutes plus tard que je me rends compte que la pression qui pesait sur mes épaules depuis l’instant où mes yeux se sont posés sur lui s’est enfin évanoui. Je pousse un soupir dans les prémisses de cette nuit qui s’annonce tout aussi chaude que ses précédentes.

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MessageSujet: Re: « Résistance : Mot inventé pour éviter aux hommes de vivre à genoux. » [pv Brashen]   Ven 4 Juil - 23:26




Comme mon passé, je sens mon espoir et les chances que j’avais de pouvoir convaincre le Résistant s’enfuir entre mes doigts. Ils glissent, je peine à les rattraper, les laissent s’échapper. Ma franchise, que j’annonce et mets en avant, n’est qu’une illusion. Je m’en veux de mentir aussi effrontément, pour une raison aussi égoïste que la mienne. Pourquoi est ce que je lui mens ? Parce que je ne veux pas lui avouer mon amnésie, parce que je veux me protéger, parce que je me convaincs que si je garde le silence ce sera comme respecter la mémoire de Jack. Je me sens de trop. Je sens que j’ai perdu toute chance d’obtenir ce que je voulais de cet entretien. C’est clair. Il était stupide de ma part de me faire ainsi des illusions, de conserver ainsi le moindre espoir de voir mon souhait exaucé. Et puis, de toute manière, je sais que quoiqu’il dise, ou ne dise pas d’ailleurs, je vais continuer à chercher tous les moyens possibles pour démanteler ce Gouvernement qui m’écœure, m’horrifie, me désole. Je sais que même si cette discussion ne m’aura pas permis d’intégrer la Résistance avec un grand R, cette organisation, cette pieuvre qui survit malgré l’oppression, qui lutte pour sa survie, qui lutte, aussi, pour la liberté des moutons amorphes et apathiques dont est constituée la population, même si je ne vais pas rejoindre tout de suite cette Résistance, donc, je compte poursuivre celle que je mène, dans mon esprit si ce n’est dans mes actes, en essayant au maximum de refuser cet égoïsme et cet égocentrisme qui nous rongent tous. Cette paranoïa, cette délation, aussi, et ces bassesses auxquelles nous poussent un Gouvernement dictatorial que j’apprends à connaître en même temps que la vie active dont j’ai oublié les fondements.

Discussion vaine, donc. Mais riche, aussi, puisqu’elle m’a permis de me rendre compte de tout cela. C’est peut être pour cela que je reste calme, agacé, maître de moi et si différent du Lawrence habituel, alors que je me lève et clos la discussion sur une once de sarcasme, de fierté, de réalisme. La réponse de Brashen me prend alors au dépourvu. « Je vous rejoins sur un point : cette discussion est finie. Par contre, si vous tenez tant à nous rejoindre, vous apprendrez vite que le doute est ce qui nous maintient en vie. Vous voulez rester en vie, n’est-ce pas ? Alors agissez. Car agir en doutant est mieux que douter sans agir. » Agir ? C’est ce que je fais. Que croit-il ? Que Jack est mort parce qu’il a glissé sur un gravier ? Que j’ai tué cet homme parce qu’il m’avait volé mon goûter ? J’agis, oui, mais j’agis différemment ce dont cet énergumène à vraisemblablement l’habitude. N’a-t-il donc plus aucun espoir, aucune confiance en l’espèce humaine ? « Non, je ne comprends pas. Sachez, Sudw… Blain, que je n’accorde pas ma confiance au premier venu. Vous feriez bien de faire pareil. » Je me fige. Ce n’est pas tant sa méfiance – qui me désole même si je la comprends – qui me choque à ce point. Ce n’est pas non plus son conseil que je rejette instantanément. C’est ce mot commencé, abandonné, lâché en plein air que je regrette presque d’avoir recueilli. Sudw. Qu’est-ce ? Qui est ce ? Moi ? Non, je suis Blain. Avant d’avoir pu lui demander plus d’explication cependant, il s’est déjà évanoui. Et il n’y a plus seulement ce mot ébauché qui est abandonné : je me sens plus que jamais perdu. Qu’a-t-il dit, déjà ? Sud ? Sad ? Je déteste ma mémoire qui me joue ainsi des tours, qu’elle soit immédiate ou à long terme, visuelle ou auditive. Je déteste de voir que même cela commence déjà à m’échapper. Concentre-toi, Lawrence, bon sang ! Concentre-toi ! Peut être que quelque chose de ton passé se trouve au bout de ce mot, de ces syllabes…

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« Résistance : Mot inventé pour éviter aux hommes de vivre à genoux. » [pv Brashen]

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