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 Those Reasons that Reason Ignores - [ Sarah ]

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MessageSujet: Those Reasons that Reason Ignores - [ Sarah ]   Lun 30 Déc - 23:05


ᴪ Where your Path Leads…



Un soupir profond et las. Le battement de paupières lent et régulier qui n’occulte que très courtement la navrante vision d’un plafond craquelé originellement blanc, marqué par l’emprise du temps pour cause du perpétuel désintérêt dont il était la victime. Une respiration calme dépourvue d’irrégularités. Un corps tout à fait immobile, allongé, dans un état proche de la totale indolence, les bras repliés sur l’abdomen. Le tout baigné d’une riche lueur crépusculaire filtrant à travers d’étroits vitrages poussiéreux. Au beau milieu de cette scène s’alanguissait Edwin, plongé dans une neurasthénique torpeur. Seul au milieu d’objets inertes qui ne constituaient guère bonne compagnie, il semblait être proche de l’inconscience. En vérité, son esprit s’était égaré dans les sinueux chemins de son subconscient. À chaque détour de ces obscures voies, il ne constatait inévitablement qu’une seule et unique pensée revenir sempiternellement, et cette dernière l’assaillait sans le moindre répit. Une tenace souvenance, aussi sublime et aveuglante qu’un soleil d’été. Sarah. Ce qui aurait dû être une rencontre bénigne et ingénue et qui s’était mué en bien plus. Jamais encore il n’avait ressenti pareille attirance. Les amourettes qu’il avait vécues dans son antérieure existence en paraissaient bien douceâtres. Pourquoi alors, se demanderait-on, se laissait-il aller à cette morosité ? La raison était bien simple, et se résumait en un seul mot : lui. Il avait eu une chance inestimable en la rencontrant, mais avait piétiné cette opportunité. Non pas à cause d’une démence quelconque, mais bien pour une de ses vieilles ennemies : la peur. Il avait eu peur de ce qu’il était, peur que l’immonde expression de sa malédiction ne s’en prenne à cette jeune femme. Il l’avait laissé s’envoler en un départ amer. Il n’avait rien fait pour la retenir, impuissant à lutter contre lui-même.

La suite de cette nuit s’était effacé de la mémoire du Sibyllin. Il ne se souvenait que de sa désorientation lorsqu’il avait vu cette silhouette disparaître dans la foule, le laissant décontenancé. Il était resté là pendant quelques minutes, puis avait ressenti un grand manque d’oxygène, était sorti et ensuite… plus rien. Le néant le plus absolu. Jusqu’à ce qu’il reprît conscience, marchant pour une raison inconnue dans une rue de son lugubre quartier tel un automate dépourvu de la moindre humanité, son accoutrement en sanglants lambeaux, le visage couvert d’estafilades. Il n’était pas dupe et savait pertinemment ce qui s’était produit durant cette absence. Identiquement à la première fois, son parasite avait démontré la démesure de son courroux. Il s’était cruellement amusé et servi du trouble dans lequel s’était plongé son hôte pour le mettre à genoux et se servir de son corps comme d’un moyen pour accomplir ses sombres desseins. Edwin, s’il ignorait ses actions précises, pouvait très bien imaginer ce que le monstre lui avait fait faire. Lorsqu’il avait regagné son foyer, l’observation d’une horloge lui avait fait estimer la durée de sa transe meurtrière à plus de trois heures. Prenant soudain conscience de son état de fatigue, il s’était écroulé par terre, passant une inconfortable et nébuleuse matinée. Toutes ces péripéties lui avaient valu de perdre un emploi fraîchement acquis pour ne pas s’y être présenté. Misérable, il s’était réveillé avec des courbatures dignes des meurtrissures d’un marathon. Il avait été sur le point de se débarrasser de ses guenilles lorsque sa sénestre avait effleuré quelque chose d’inattendu. Tétanisé, il n’avait tout d’abord osé l’observer. Il avait ensuite lentement tiré de sa poche un petit carton de papier qu’il avait fébrilement lu. Ses craintes et ses espoirs avaient rejailli de cette inattendue lecture.

Allongé dans son lit, l’Abscons se saisit une énième fois de la carte qu’il avait découverte. Sur celle-ci était imprimé un ensemble de mots donnant une information d’une valeur incalculable : la situation précise du lieu de vie de celle qui habitait ses pensées. Il observa les lettres comme à regret. Il lui aurait été plus facile de se résigner s’il n’avait connu plus que le patronyme de la jeune femme. Mais avec cet outil en main… de tentatrices possibilités le faisaient douter dans sa détermination. Lui qui à l’usuelle ne reculait devant rien pour parvenir à ses fins, qui, excepté pour ses pulsions, était capable d’endurer tout et n’importe quoi sans broncher. Mais le souvenir de cette nuit sensuelle, des plaisants échanges, de cette beauté et de ce charme presque surnaturel le tourmentaient au plus haut point. Il se redressa, contemplant le papier avec mélancolie. Pendant près de trois jours, il avait été en proie à un terrible dilemme. Son cœur le poussait à aller la rejoindre, tandis que son cerveau lui enjoignait de rester le plus loin possible d’elle, pour leur bien commun. Écartelé par ses deux maîtres, le Sibyllin souffrait de toute son âme. Il soupira, comme pour se donner une once de courage, et se leva de cette léthargie dans laquelle il était resté. Il avait besoin d’air, avant de prendre une décision forte. Ce serait aujourd’hui qu’il le ferait. Il se prépara donc à sortir en prenant une douche guère plus chaude qu’à l’accoutumée. Il se regarda dans le miroir et constata avec surprise que les entailles au visage avaient disparu, comme par enchantement. Il s’affubla d’une simple chemise et d’un jeans et se mit en route. Si la marche n’était objectivement pas d’une grande utilité étant donné qu’il n’avait pas de destination précise, elle avait tout de même le mérite de constituer un temps de réflexion privilégié. L’homme pouvait s’abandonner à ses plus profondes préoccupations tout en mettant méthodiquement un pied devant l’autre. Cette démarche atemporelle le conduisit instinctivement vers le voisinage de la maison de Sarah. Cette ironie lui arracha un sourire désabusé. Après tout, qu’avait-il à y perdre ? À dire vrai, c’était là toutes les considérations qui lui avaient valu ces trois derniers jours de doute complet. Mais il le savait désormais, cette attirance était plus forte que lui. Ainsi, il s’était lui-même jeté dans le piège et ne pouvait plus s’en extraire. "Mauvais choix", ne cessait de lui ressasser son encéphale. Alors qu’il lisait encore une fois ces mots qu’il connaissait par cœur malgré lui, il sentit son rythme cardiaque s’accélérer. Il eut quelque peine à retrouver la rue dans ces lieux inconnus et y parvint non sans efforts. Il resta planté devant la vieille bâtisse, comme intimidé par le géant de pierre. Était-ce bien raisonnable ? Non, sans doute pas. Mais qu’importait. Le Sibyllin franchit donc le seuil du bâtiment pour entrer dans une atmosphère plus confinée. Il regarda avec anxiété les escaliers montant vers la résidence de la jeune femme. Il estimait qu’il était à peu près huit heures du soir. C’était probablement le meilleur moment auquel il aurait pu venir : plus tôt, il aurait risqué de trouver une porte ne s’ouvrant pas faute de résident occupé par son dur labeur ; plus tard serait-elle peut-être partie dans l’un de ces clubs dans lequel ils s’étaient rencontrés. Il gravit donc les marches lentement, sentant son palpitant se serrer graduellement avec la hauteur. Arrivant à l’ultime palier, il marqua une fois de plus une courte pause d’hésitation. Il aurait été trop bête de tourner les talons à ce moment. Il contempla donc religieusement pendant quelques secondes le numéro situé sur la porte, le comparant avec celui qu’il possédait, comme pour être certain de ne pas se fourvoyer. Après cette inutile vérification, il leva la main, prêt à décocher une série de coups annonciateurs d’une visite. Au dernier moment, il se ravisa. Le souvenir des dernières paroles de Sarah lui revint en mémoire. Accompagnées d’un regard se fanant sous une algide rancœur, un "adieu" qui lui avait fait l’effet d’un pic planté dans ses entrailles. Elle lui avait clairement dit de ne plus se soucier d’elle. Que se passerait-il si elle le voyait au pas de la porte ? Serait-elle furieuse, invective, frigide ? Sa main resta suspendue et indécise. Une image émergea alors dans son esprit : celle du visage souriant. Et le souvenir de ce baiser… Il souhaitait revoir au moins une dernière fois ces yeux, fussent-ils ternis par l’antipathie. Avec appréhension, il frappa quatre coups succincts sur le bois et attendit que la porte pivote pour révéler celle qui pendant tout ce temps avait monopolisé ses pensées.


Dernière édition par Edwin Feynmann le Mar 7 Jan - 0:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Those Reasons that Reason Ignores - [ Sarah ]   Ven 3 Jan - 2:59


THOSE REASONS THAT REASON IGNORES
Feat Edwin

Le silence était complet. Un mince chuchotement faisait bouger les feuilles des arbres environnants. Le petit oiseau sautillait doucement, à la recherche de sa pitance. Mais il n'était pas seul. Un félin somptueux se tenait contre le vent, ses grands yeux jaunes fixés sur le volatile. Rampant dans la végétation, il était indétectable, parfaitement silencieux. Ses pattes de velours effleuraient le sol sans paraître le toucher. Son souffle sortait entre ses crocs à découvert, toute son attention focalisée sur sa proie. Toute ? Pas vraiment, non... Même sous sa forme féline, Sarah ne parvenait pas à concentrer ses pensées sur l'instant présent. Toute son âme, tout son cœur était resté là-bas, dans ce bar où elle avait rencontré cet homme qui avait su la troubler tant. Edwin. Elle revoyait la perfection de ses traits, les ténèbres de son regard si séduisant, la finesse de ses lèvres qu'elle avait eu l'audace d'étreindre. Elle était obnubilée, c'était une véritable obsession dont elle ne pouvait se sortir. Et pourtant, il avait été très clair. Il ne voulait pas que ça aille plus loin. Elle continuait, malgré ses tourments, à avancer lentement en direction de l'oiseau, elle n'avait toujours pas été repéré. Elle avait un art consommé de la chasse et ne ratait jamais sa cible. Son cerveau turbinait à toute allure et ne cessait de repasser en boucle les événements qui l'avaient profondément marqué. La danse qu'ils avaient partagé. La proximité de ce corps chaud contre le sien. Ce baiser sensuel et passionné qu'ils avaient partagé. Elle ne cessait d'y repenser et elle savait qu'elle n'aurait pas dû. Alors qu'elle était plongée dans ses turpitudes, le silence qui les environnait, elle et sa proie, fut soudainement rompu. Un craquement de brindille retentit juste sous la patte de Sarah. Elle se figea et jeta instinctivement un regard en direction de l'oiseau. Envolé. Un grondement sourd sortit de la gorge du léopard. Bravo. Elle avait gagné.

Regagnant son chez-elle, elle ne cessa de bougonner. Cet homme prenait un place démesurée dans son cerveau et elle n'aimait pas cela. Ce n'était pas sérieux, elle le connaissait à peine. Et pourtant, une attirance physique immédiate était née entre eux, à l'instant même où ils s'étaient rencontrés. Une attirance bien plus forte que tout ce que Sarah a jamais pu ressentir. Est-ce cela qu'on appelle l'amour ? Cette faiblesse irritante qui vous force à rechercher à la présence de l'être qui hante vos pensées ? Ce battement de cœur effréné lorsque vous pensez reconnaître son pas ? Sarah n'avait jamais aimé être faible et pourtant, elle avait la très nette impression que cet homme lui avait volé bien plus qu'elle ne voulait l'admettre. Jamais elle ne s'était sentie aussi fébrile et aussi triste à la fois. Elle allait devenir folle à la longue. Elle avait rejoint son domicile en quittant le bar et n'avait pu fermé l'oeil de la nuit. Elle ne cessait de penser à lui et il arrivait même à hanter ses rêves qui depuis longtemps n'avait été fait que de vengeance. Elle était complètement perdue et n'attendait qu'une chose : la libération. Mais comment l'obtenir ? Comment faire pour retrouver un comportement normal ? Jamais on ne l'avait préparé à cela. Sarah avait toujours été convaincue qu'elle n'était pas faite pour aimer. Elle était faite pour haïr, pour obtenir réparation et vengeance des outrages que les sorciers lui avaient fait. Mais certainement pas pour tomber en pâmoison devant le premier venu. Elle n'était pas honnête en pensant cela. Elle savait au fond d'elle-même qu'Edwin était tout sauf le premier venu.

Elle avait regagné son domicile après cette chasse infructueuse. Et ce n'était pas la première. Depuis qu'elle l'avait rencontré, elle n'avait pas réussi une seule fois à rentrer victorieuse d'une chasse. Ce qui ne lui arrivait jamais. Mais comment voulez-vous être parfaitement silencieux lorsqu'on avait l'esprit obnubilé par un homme ?! Une fois rentrée chez elle, elle avait laissé ses clefs sur la commode à l'entrée. Le domicile de la jeune femme avait ce petit quelque chose de douillet et de cossy qui faisait qu'on s'y sentait immédiatement chez soi. Dans une bulle. A l'écart du monde. Elle poussa un soupir de soulagement lorsqu'elle ferma la porte. Une odeur de fauve l'accompagnait et elle ne fut pas longue à se décider à prendre une douche. Elle abandonna l'un après l'autre ses vêtements avant de rejoindre la salle de bain. Elle ouvrit l'eau chaude qui remplit progressivement la baignoire. En attendant, Sarah tourna la tête, rencontrant son propre regard dans la glace. Elle se contempla un bref instant, le regard sévère, comme si elle tentait de se sermonner. Peine perdue, elle le savait. C'était ridicule de lutter contre ce sentiment si fort qu'il faisait à présent partie d'elle. Elle cessa de s'observer pour fermer les robinets de sa baignoire. Enjambant le rebord, elle trempa ses pieds l'un après l'autre jusqu'aux chevilles. L'eau était bien chaude et un frisson remonta le long du dos de la jeune femme. Elle s'accroupit progressivement avant de s'immerger entièrement dans l'eau brûlante. Dieu que c'était bon ! Elle poussa un profond soupir de ravissement avant d'appuyer sa tête sur le rebord de la baignoire. Son regard se plongea dans la contemplation du plafond de la salle de bain, pensive. Durant ces quelques jours, elle n'avait cessé d'attendre. Malgré ses mots clairs, elle n'avait pas pu s'empêcher de glisser dans la poche d'Edwin ses coordonnés. Avec le vague espoir que les protestations du jeune homme pourraient s'évanouir avec le temps. Mais le temps semblait lui donner tort. Cela faisait facilement quatre à cinq jours qu'elle n'avait aucune nouvelle. Elle n'en aurait pas, c'était stupide de penser le contraire. Le regard de Sarah s'égara un bref instant sur sa montre qu'elle avait déposa sur le rebord du lavabo. Il était pas loin de 20 heures. Elle n'avait aucune envie de sortir ce soir, comme aucun des soirs précédents. Elle était triste à l'idée de ne plus jamais revoir ce mystérieux brun au regard ténébreux. Elle aurait tant aimé que son cerveau s'arrête, ne serait-ce que quelques instants, qu'elle puisse respirer. Respirer... Elle immergea sa tête dans l'eau, fermant les yeux et retenant sa respiration. Elle compta mentalement. Pour se concentrer sur autre chose. Mais elle n'en était qu'à « 4 » lorsque le visage d'Edwin lui apparut. Elle sursauta et revint à la surface. Peine perdue. Une véritable obsession. Une obsession dont elle devrait se défaire car il était évident qu'elle ne le reverrait plus. Soudain, son oreille perçut clairement le bruit d'un frappement à la porte. Et mer** !!! C'était bien le moment, tiens ! Agacée et plutôt surprise, elle se demanda qui pouvait bien venir à cette heure-ci. Elle sortit de son bain et attrapa une longue serviette qu'elle noua sous ses bras. Pendant une fraction de seconde, son cœur accéléra douloureusement en ayant le fol espoir qu'il s'agissait peut-être d'Edwin. Mais non, c'était ridicule et elle serait mortellement déçue quand elle reconnaîtrait la voisine du premier venue lui demander si elle n'avait pas -encore- vu son chat dans l'immeuble. S'apprêtant à faire contre mauvaise fortune bon cœur, elle se dirigea vers la porte d'entrée et ouvrit la porte, un sourire poli affiché sur les lèvres.

Oui, c'est pour ...

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase, sa voix mourut de surprise. Là, sur le pas de sa porte, il était là. Le même regard ténébreux, la même beauté ensorcelante, le même charisme. Ses mèches noires retombaient sur son front tandis que la simplicité de sa tenue mettait en valeur son physique fin et altier. Sarah resta abasourdie, avec un air certainement parfaitement stupide. Elle finit par se mettre une claque intérieure et balbutia :

Ed... Ed.. Edwin ?! Je... Je ne m'attendais pas à... ce que tu viennes.

Et soudain, elle se rendit compte de la situation. Elle était dégoulinante d'eau, en serviette sur son pallier avec l'homme qui hantait ses pensées sur le pas de la porte. Mais cela ne devait pas l'empêcher d'être polie. Elle ouvrit davantage la porte.

Tu... Tu veux entrer?

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MessageSujet: Re: Those Reasons that Reason Ignores - [ Sarah ]   Ven 3 Jan - 23:18


ᴪ Unexplainable


Seul au pas d’une porte bien trop austère pour le rassurer dans son état d’agitation, Edwin patientait nerveusement. Une fois que le panneau de bois s’ouvrirait, il n’y aurait plus de retour possible. La passion l’emporterait sur la raison. Il n’avait pu se convaincre de ne plus la revoir, et pourtant il se sentait extrêmement anxieux à l’idée qu’elle apparaisse. Tout pouvait advenir. Il espérait juste que cette froideur dont elle avait fait preuve suite aux paroles tragiques de l’homme se serait évaporée. Mais il savait qu’il ne fallait pas trop en attendre. Dans ce monde, les doux rêveurs se faisaient souvent refouler cruellement vers la triste réalité. Il en avait déjà fait plusieurs fois la douloureuse expérience. Il oscillait donc entre irréelles expectances et rationnelles craintes. Alors s’ouvrit le battant. Elle était là, plus rayonnante encore que dans ses souvenirs. Elle avait commencé une phrase des plus banales et automatiques mais s’était stoppée net, surprise par cette visite impromptue. La cordialité de son expression s’était muée en totale stupéfaction. Ses pupilles s’étaient dilatées et ses paupières écarquillées. Saisie par l’étonnement, sa bouche ne s’était pas totalement refermée. Ce faciès aurait pu paraitre disgracieux sur certains, mais certainement pas sur elle. Edwin fut une fois de plus subjugué par cette envoûtante beauté. Revoir ces yeux ensorcelants avait provoqué en lui à la fois une grande angoisse et un soulagement inespéré. Sa longue chevelure trempée lui donnait un air farouche. Mais le plus frappant était sans doute sa tenue pour le moins peu conventionnelle : une simple serviette de bain. Cet accoutrement dévoilait une peau fine et légèrement hâlée sur laquelle perlaient quelques gouttelettes d’eau. Malgré lui, l’homme pouvait apercevoir des éléments nouveaux de cette morphologie qui ne cessaient d’attirer son regard. Des atouts féminins qui avaient un grand pouvoir suggestif, laissant ses pensées vaquer vers des orientations tournant le dos à la bienséance. En tout bon gentleman, il se reprit toutefois bien vite et tenta tant bien que mal de museler ses instincts primaires. Sarah non plus n’en menait pas large avec sa stupeur. Après un court instant de silence le plus complet, elle articula avec toutes les difficultés du monde sa surprise. En réalité, le fait de cette visite presque improvisée aurait surpris de la même manière Edwin lui-même s’il l’avait su quelques heures auparavant. Toujours sans grande aisance verbale, elle lui proposa d’entrer. S’il aurait pu anticiper cette question de manière évidente, il trouva qu’y répondre semblait excessivement compliqué. Une indéfinissable tension s’était emparée de lui, pareillement à leur première rencontre, comme si rien ne s’était passé entre ce moment et le présent. Il lui semblait que toute décision qu’il allait prendre serait la mauvaise, qu’importe son choix. Raidi, il hocha lentement la tête et se mit en marche sans mot dire. Il quitta Sarah du regard et passa à côté d’elle par l’entrebâillement de la porte, le regard rivé sur le sol. Il sentait cette peur s’emparer de lui à nouveau alors qu’il pénétrait dans le seuil de son appartement. Que diable faisait-il ? Il était complètement noyé dans un océan d’incompréhension. Guidé par ses instincts, il s’était aventuré jusque là… pourquoi au juste ? Qu’allait-il dire ? Qu’allait-il faire ? Il n’avait absolument rien planifié. Il ne s’était même pas prévu un discours d’excuses. Rien. Il fallait qu’il pèse avec sagesse le poids de tous ses mots pour ne pas faire de maladresse. Après tout, il avait sans doute offensé la jeune femme lors de leur dernier échange. Malheureusement, le temps n’était pas propice à la réflexion, et son mutisme ne pouvait durer indéfiniment. Dans le pire des cas, il vexerait son hôte et la perdrait à jamais. Cela semblait un peu léger à la pensée, mais les conséquences de ce rejet seraient désastreuses pour lui, il le savait. Il pouvait également faire durer le malaise par de maladroites paroles, des excuses qui ne sonnent pas bien à l’oreille et une timidité exacerbée. Dans ce cas, il ferait sans doute perdre aux deux protagonistes leur précieux temps. Il pouvait encore tenter de l’éblouir par de belles paroles, mais il avait peu d’espoirs pour cette option, tout d’abord parce qu’il savait la belle dotée d’un certain esprit, ensuite puisqu’il ne souhaitait pas plus que lors de la première fois utiliser ces artificielles techniques. Il ne lui restait qu’une seule option : l’honnêteté. S’il voulait rester auprès de celle qui habitait ses pensées, il n’avait pas d’autre choix que de lui révéler d’emblée qui il était. Tous ses sombres et inavouables secrets, sa nature abjecte. C’était une bien lourde déclaration pour une simple deuxième – ou seconde ? – entrevue. Mais la jeune femme méritait une explication et un avertissement. Elle en serait probablement horrifiée et le repousserait, mais l’Abscons pourrait dans son infinie et accablante solitude avoir la conscience tranquille. Il leva péniblement ses yeux vers cette mystique beauté qui le regardait de manière mi-perplexe, mi-surprise. Il laissa encore une fois ce physique le sublimer pendant un très court instant comme pour y trouver quelque réconfort. Au fond de ces yeux, il perdit néanmoins toute certitude. Son exhaustive réflexion lui sembla bien vaine. Peu lui importait ses doutes, il n’avait plus qu’une seule vérité à lui dire de toute urgence. Il déglutit péniblement et dit d’une voix faible :

    « Mes espoirs ont été comblés… Mais je suis sans doute le plus idiot des chercheurs de perles.»

Il ne savait pas si cette référence explicite allait évoquer quoi que ce soit à l’intéressée. Il n’y pensait pas réellement. Comme animé d’une volonté qui n’était pas sienne, il s’approcha doucement de la belle. Ce qu’il faisait était idiot, il le savait ; cela n’allait que compliquer la situation. Mais il ne pouvait réfréner cette envie. Juste une dernière fois… Il plongea son regard dans les iris dorés pour s’y perdre à tout jamais. Ses mains glissèrent délicatement le long des hanches de la jeune femme. Comme un roulement de tambour annonciateur, son visage s’approcha lentement de celui de la belle, les yeux dans les yeux. Arrivés à quelques centimètres l’un de l’autre, le contact visuel se perdit. Il ferma les yeux, inclina légèrement la tête et entrouvrit ses lèvres. Le souvenir ardent de leur dernier baiser le hantait. Il voulait, malgré lui, retrouver cette sensation. Au moins une ultime fois.

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MessageSujet: Re: Those Reasons that Reason Ignores - [ Sarah ]   Sam 4 Jan - 1:19


THOSE REASONS THAT REASON IGNORES
Feat Edwin

La journée avait plutôt bien commencé, si on pouvait appelé bien le fait d'avoir une personne qui obsédait vos pensées et vous empêchait littéralement de vous sentir bien et détendu. Mais à l'instant où les coups avaient été portés à la porte, elle n'aurait pu imaginer leur impact dans sa vie. L'impact qu'ils auraient sur son avenir. Les pas qui la séparaient de l'entrée allaient être les plus importants de sa vie. Et elle l'ignorait encore. Tout ce qu'elle pensait, c'était à cette fichue voisine et à son fichu chat. Elle était assez agacée mais comptait être aimable, comme à son habitude. Ce n'était pas dans le tempérament de Sarah d'envoyer promener les humains innocents. Elle ouvrit donc la porte avec cet air avenant et poli qui montre clairement qu'on fait preuve de courtoisie plus qu'autre chose. Et là. Le choc. Il était là. Celui pour qui son cœur battait si vite depuis ces derniers jours. Celui vers qui ses pensées étaient tournées avec l'assurance que jamais il ne viendrait, qu'elle ne le reverrait plus. Et là, il semblait qu'elle fut face à un miracle, que son vœu le plus cher venait d'être exaucé. Mais elle n'avait cœur à se réjouir. Elle n'était qu'en proie à la plus grande, la plus intense des stupéfactions. Elle détailla malgré elle le visage de cet homme qui l'avait tant troublé. Toujours cette beauté stupéfiante, ce charisme animal et ce mystère qui l'environnait, semblant l'envelopper d'une cape. Sarah était sous le charme, tout comme durant cette soirée qu'ils avaient partagé au bar. Des pensées folles lui vinrent à l'esprit. L'envie de se jeter contre lui, de l'embrasser, de retrouver la chaleur de ses bras. Mais tout cela était hors de propos. Elle ne le connaissait même pas, ignorait jusqu'à son nom de famille et sa profession. Avait-il des sœurs, des frères ? Une femme même peut-être ?! Elle fut horrifiée à cette simple pensée. Elle surprit le regard d'Edwin à son endroit. Il la caressait du bout des cils, dévisageant sa tenue. Et elle réalisa alors. En serviette, sur le pas de sa porte. Oui, on faisait mieux question élégance. Question intimité, en revanche, ils venaient de franchir une étape et d'un coup. Ce bref coup d'oeil de la part du jeune homme n'avait duré que quelques fractions de seconde, il se reprit aussitôt, reportant son regard dans celui de Sarah. Mais elle fut particulièrement troublée de cette proximité. Sarah tenta de reprendre la maîtrise d'elle-même et elle n'y parvint qu'à grande peine. Elle tenta de prendre un ton de voix dégagé mais sa voix la trahit et elle balbutia longuement avant de réussir à produire une phrase cohérente. Elle se mordit la lèvre, navrée de montrer ainsi son trouble de façon si évidente. Une fois le silence retombé, Sarah se décida enfin. Elle ne pouvait le laisser ainsi sur le pas de sa porte. S'il était venu, c'était évidemment pour la voir, pas pour rester dehors et qu'elle lui referme la porte au nez. Elle proposa donc spontanément qu'il entre. Aussitôt, elle se demanda si elle avait bien fait. Après tout, elle ignorait sa nature. Et s'il s'agissait d'un meurtrier ? Elle n'hésiterait pas à faire usage de son pouvoir pour se défendre, si cela s'avérait nécessaire. La réaction d'Edwin à sa proposition l'étonna. Il semblait sous le choc également, incapable de prononcer une parole. Il ne répondit pas à sa question directement, se contentant d'un bref hochement de tête avant de s'exécuter. Il prit soin de la contourner avant de pénétrer chez elle. Sarah resta une fraction de seconde le regard figé sur la place qu'avait auparavant occupé le jeune homme et se décida enfin à refermer la porte. Ils étaient dans le couloir qui aboutissait au salon. Edwin ne s'était pas permis de continuer plus avant chez elle, ce qui dénotait d'un sens certain du savoir-vivre. Mais il restait à l'observer, comme sous le charme, et en prononçait toujours pas un mot. Sarah se posait milles questions. Pour quelle raison était-il venu ici, pour rester muet comme une carpe ? Elle ne comprenait rien et se demandait ce qu'elle pourrait faire ou dire. Il avait fait preuve d'un esprit aiguisé durant leur première rencontre alors que là, il semblait tétanisé. Et soudain, il rompit le silence oppressant qui les environnait. Il murmura d'une voix grave et semblant empreinte d'émotions qu'il avait été comblé et qu'il était le plus idiot des chasseurs de perle. La référence à leur première rencontre la toucha énormément et un sourire s'étira sur son visage. Elle répondit alors :

Tout idiot soit-il, la perle appartient à celui qui sait la trouver.

Son cœur battait à tout rompre. Le temps semblait à nouveau se jouer d'elle. Il s'étirait lentement, prenant son temps. Edwin semblait se rapprocher d'elle. Elle ne le quittait pas des yeux, son cœur accélérant au fur et à mesure de son avancée. Ces iris chocolats l'absorbèrent et elle ne vit rien d'autre, ne désirait rien voir d'autre. Elle sentit confusément les mains du jeune homme glisser le long de ses hanches, le tissu les séparant de sa peau étant ridicule. Elle posa ses mains comme en réponse sur sa nuque. Les visages se rapprochaient de plus en plus jusqu'à ce que Sarah ferme les yeux. Ses lèvres entrouvertes sentir soudain celles d'Edwin s'y poser. Soudain, ce fut une explosion de sensations et de sentiments qui s'empara d'elle. Son cœur tentait d'éclater ses côtes et une vague de chaleur bien coupable la submergea. Elle ne pensait plus à son pouvoir, à l'impossibilité de partager sa vie avec un homme. Elle se laissait aller à ce baiser passionné, sensuel. Un immense frisson lui parcourut le dos tandis qu'elle prenait conscience du désir enflammé qui s'était emparé d'elle. Elle avait envie de cet homme, de lui appartenir. Ici et maintenant. Elle l'avait désiré à l'instant où son regard s'était posé sur lui. Tandis que ses lèvres continuaient d'embrasser les siennes, ses mains se glissèrent le long de sa chemise, ouvrant un à un les boutons avant de la faire chuter au sol. Son cœur accéléra douloureusement lorsque ses mains parcoururent le torse d'Edwin, caressant sa peau si douce. Elle était perdue et elle sombrait corps et âme, avec un délice sans nom. Advienne que pourra...

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MessageSujet: Re: Those Reasons that Reason Ignores - [ Sarah ]   Mar 7 Jan - 0:28


ᴪ Whispers and Shivers


Le geste de l’homme était plutôt osé. Que lui prouverait qu’il n’allait pas se voir gratifié de l’un des plus magnifiques râteaux de l’histoire ? Eut-il senti un certain lien – ou plutôt devrait-on dire un lien certain – naître et se tisser entre eux deux, que lui assurait qu’il n’était pas le seul à ressentir la chose selon ce point de vue ? Rien, à priori. Et c’était là toute la beauté de vivre. Aucune certitude, mais une indicible manière de se laisser aveuglément aller à ce que l’on désirait. Il était extrêmement complexe de décrire ce qui avait poussé Edwin à agir de la sorte. Un mélange d’envie, d’appréhension, de confiance, de désir, de peur et de passion. Sentiments bien antagonistes pour certains, s’assemblant en un implexe composite, se couplant en un étrange résultat. La jeune femme aurait très bien pu le repousser. Or, elle ne le fit pas. Elle posa ses mains sur la nuque de l’homme comme pour marquer une tacite approbation. Tous deux s’étreignirent dans un baiser fougueux qui n’avait rien à envier au premier. Comme s’il s’agissait d’une continuité inévitable, la dualité du ressenti du Sibyllin n’alla qu’en s’amplifiant. Il ressentait un froid extrême l’envahir, apportant son lot de frissons, contrebalancé par la chaleur torride de leurs corps qui se rapprochaient fiévreusement. Il lui semblait souffrir atrocement de tous les muscles de son corps soumis à une tension excessive mais jubiler du plaisir provoqué par le contact avide de leurs langues. Ce baiser marquait le point culminant émotionnel d’une vie où seules noirceur et déception avaient jusqu’à présent régné. L’Abscons se sentait confus : il n’avait rien éprouvé de tel depuis son retour à la vie, ni même lui semblait-il depuis la genèse de son existence. Était-ce le désir ?

Alors que le baiser battait de son plein, Sarah fit mouvoir ses mains au-dessus des épaules pour s’arrêter un peu en-dessous de l’ouverture de la chemise et agrandir celle-ci petit à petit. Fébrile, Edwin poursuivit leur échange buccal alors qu’il décollait les mains du bassin de la jeune femme lorsque celle-ci voulut faire choir sa chemise. À demi-nu, ses stigmates étaient visibles, situées à la verticale de l’omoplate de son épaule gauche. Ces douloureux témoins du passé étaient l’indélébile effigie de l’erreur la plus monumentale que l’homme avait commise dans sa vie : la compassion. Ainsi maudit par cette morsure, il se souviendrait amèrement tous les jours de ce qu’il advient des imprudents. Mais rien n’était plus loin de ses préoccupations actuelles. Il sentit les mains si fines de Sarah parcourir son torse dénudé, le faisant tressaillir. Cette fois-ci, il le comprenait : la tenace sensation qui le hantait était effectivement le désir. Il profita encore quelques instants de l’embrassade puis s’en défit. Sa respiration s’était accélérée tout comme sa fréquence cardiaque. Il contempla brièvement mais sans retenue le magnifique corps qu’il avait devant lui, se sentant attiré par le moindre de ses atomes. Il aurait bien invité la serviette à aller rejoindre sa chemise, mais rien ne pressait. Il fallait savoir tempérer ses ardeurs et temporiser ses envies pour faire durer le plaisir. Ses yeux arrêtèrent leur course sur le visage de la jeune femme. Ses pupilles s’étaient dilatées, ses pommettes légèrement rougies et sa respiration trahissaient elles aussi l’expression d’une aspiration à plus. Edwin lui jeta un regard d’une intensité qu’il ne s’était su capable de produire et passa sa main droite derrière le dos de la belle, fit effectuer au couple une rotation d’un quart de tour et l’adossa avec fougue contre le mur tout en veillant à ce qu’elle ne s’y heurte pas. De sa main droite il se rapprocha en une proximité qu’ils n’avaient jusqu’à présent jamais franchie. Il s’approcha à nouveau du visage de Sarah mais ne posa pas cette fois ses lèvres sur les siennes. Il poursuivit son avancée pour aller mordiller son oreille. Il déposa un baiser silencieux sur son lobe et commença une descente extrêmement lente et langoureuse le long du cou de la jeune femme, goûtant à cette peau douce et hâlée, tandis que sa dextre caressait sensuellement ses cheveux. Alors qu’il s’affairait à cela, sa main gauche  commença à caresser les hanches de celle qu’il désirait, d’abord en petits mouvements, puis plus amples. Il descendit jusqu’à mi-cuisse, jusqu’à la limite que le tissu couvrait, frissonnant une fois de plus au contact de l’épiderme. Il passa sa main par-dessous la serviette, remontant jusqu’au niveau des hanches, faisant des allers-retours sur cette peau si fine. Toutes ces caresses ne faisaient qu’exploser les ardeurs du Sibyllin. Son visage atteignant la première côte, il remonta lentement à coups de langue et de baisers vers la bouche de Sarah pour lui voler un nouveau baiser. Elle avait désormais un pouvoir sur lui plus puissant que jamais. Il la voulait plus que tout au monde en cet instant même. Il décolla ses lèvres des siennes et se plaça à quelques millimètres de son visage, murmurant d’une voix presque inaudible :


    « Sarah… »


Si peu loquace fût sa phrase, elle signifiait énormément plus. En réalité, on aurait pu y ajouter bon nombre de mots pour y trouver la sémantique : "Sarah, tu es si belle", "Sarah, je te veux", "Sarah, nous ne devrions pas faire ça mais rien ne pourra plus m’arrêter maintenant",…  Toutefois, cela n’était pas nécessaire. Ce mot se suffisait à lui-même aux yeux d’Edwin. Il exprimait tout simplement ce qu’il avait voulu tout ce temps, ce qui lui avait cruellement manqué et qui lui semblait irréellement présent désormais ; ce dont il avait besoin par-dessus tout. Sarah, simplement Sarah. Cette femme qui, simplement par son être et par son corps avait su le charmer éperdument, le changer du tout au tout. Ses mains glissèrent sur les hanches de la jeune femme, passant progressivement dans son dos pour finalement dénouer avec une lenteur presque exagérée la serviette voilant l’objet de ses désirs. Lascivement, il laissa la gravité faire son œuvre sur ce tissu pour déceler ce corps tant convoité.
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MessageSujet: Re: Those Reasons that Reason Ignores - [ Sarah ]   Mar 7 Jan - 2:35


THOSE REASONS THAT REASON IGNORES
Feat Edwin

Le regard qu'elle lui avait jeté en ouvrant la porte avait montré l'étendue de sa surprise. Sarah n'était pas une femme qui savait aimer. Elle ne l'avait jamais fait d'ailleurs. Elle ne croyait pas spirituelle ni particulièrement intéressante d'ailleurs. Mais il y avait chez cet homme quelque chose de particulier. Un lien, une émotion et des sensations qu'elle avait ressentis immédiatement, au moment même où elle avait croisé son regard dans ce bar. Elle avait senti quelque chose mais elle ignorait totalement si ce sentiment était partagé. Comment savoir ? La venue d'Edwin sur le pas de sa porte était la preuve qu'elle espérait, qu'elle n'osait plus attendre. La preuve qu'elle n'était pas seule. Elle avait peur. Oui, peur. C'était aussi simple et surprenant que cela. Aimer supposer se laisser aller, faire confiance. Des choses que Sarah avait oublié depuis si longtemps. Les avait-elle jamais appris d'ailleurs ? Tout était joué et ils ne pouvaient plus à présent faire marche arrière. Il s'était avancé et le baiser qu'ils partageaient était plus que fiévreux, montrant clairement que l'un comme l'autre ne s'en contenterait pas. Sarah sentait une chaleur coupable envahir son corps tandis que la proximité du jeune homme lui faisait venir de nombreuses choses en tête. Le plaisir l'envahissait, la submergeant telle une vague et elle ne pouvait rien faire pour lutter. En avait-elle seulement l'envie ? Rien n'était moins sûr. Son corps se rapprochait d'Edwin, malgré elle aurait-on dit. Le baiser s'intensifiait, leurs langues se mêlant en une danse sensuelle qui arrachait des frissons à la jeune femme. Elle était perdue et elle finirait bien par s'abandonner complètement à lui.

Elle semblait animer par une volonté autre que la sienne, comme si son corps prenait le contrôle sur son esprit. Ses mains étaient remontées vers la chemise du jeune homme et déboutonnait lentement les attaches de la pièce de tissu, un par un. Le baiser ne s'était pas arrêté pour autant, il semblait d'ailleurs que rien ne pourrait l'arrêter, quand bien même ce serait la fin du monde. Edwin écarta ses bras de ses hanches lorsqu'elle fit tomber la chemise au sol, parfaitement inutile. Elle observa les cicatrices qu'on voyait sur son torse du bout des doigts, se demandant comment il avait pu se faire pareille blessure. Elle se rendait bien compte qu'elle ne connaissait rien de lui et ces marques étaient là pour le lui rappeler. Mais l'heure n'était pas à poser des questions. Ses mains se firent davantage caressantes lorsqu'elles glissèrent le long de la peau si douce du jeune homme.Sarah sentait les battements de son cœur accélérer, le frisson parcourir la peau d'Edwin. Elle était dans le même état que lui, sinon pire. Sa gorge était si serrée que si elle avait désiré prononcer un seul mot, elle en aurait été incapable. Le regard d'Edwin se posa sur elle et la fit frémir. C'était comme une caresse, oui, il la caressait du bout des cils, elle pouvait presque le sentir. Une bouffée de chaleur la saisit et elle se força à conserver son calme. L'homme la déshabillait littéralement du regard, même si elle n'avait pas grand chose pour faire barrage à sa nudité. Elle plongea son regard dans ceux noisette d'Edwin. Elle s'y noya, cherchant elle ne savait quoi dans la profondeur de ses pupilles dilatées par le désir. Sarah sentit alors la main d'Edwin se glisser le long de son dos et la faire pivoter. Le geste était ferme mais absolument pas brutal et elle se laissa faire, son dos rencontrant alors le mur sans brusquerie. Le jeune homme se rapprocha alors d'elle, lentement, le désir croissant à mesure que la distance diminuait entre eux. Son visage se rapprocha alors du sien mais dévia de sa trajectoire au dernier moment pour venir se saisir de son lobe d'oreille. Elle entoura de ses bras Edwin, souriant pour la première fois depuis fort longtemps. Les lèvres de son amant se glissèrent ensuite le long de son cou et Sarah rejeta lentement la tête en arrière, fermant les yeux sous le plaisir qui l'envahissait. Elle s'abandonnait entièrement à lui et ne désirait plus qu'une chose : lui appartenir. Ses baisers la rendaient folle, elle aurait aimé mourir entre ses bras. Elle était heureuse en cet instant, peut-être pour la première fois de sa vie véritablement. Sa véritable nature à révéler, toutes les difficultés que pourraient créer une relation stable lui étaient sorties de l'esprit. Elle se concentrait sur l'instant présent. Les caresses sur ses cuisses faisaient naître une volupté sans nom dans le corps de la jeune femme. Edwin reposa ensuite ses lèvres sur les siennes. Elle l'embrassa fougueusement, savourant le goût de sa bouche. Le baiser s'interrompit alors que, des lèvres du jeune homme, s'échappait son prénom. Son prénom prononcé comme jamais elle ne l'avait entendu prononcé. Il y avait une telle sensualité dans sa voix, un tel désir que Sarah en eut le souffle coupé. Elle avait parfaitement perçu tout ce que cela signifiait et elle en éprouvait un bonheur indicible. Elle lui adressa un sourire avant de placer délicatement le bout de ses doigts sur les lèvres d'Edwin.

Chhhhut...

Cela avait dit avec douceur. Elle sentit ensuite les mains de son amant remonter le long de son dos, trouvant le lien qui retenait la serviette et le dénouant, révélant alors la nudité totale de la jeune femme. Mais elle ne désirait pas être en reste et ses mains se glissèrent le long des hanches d'Edwin, trouvant aisément la boucle de sa ceinture et la défaisant. En quelques secondes, elle fit glisser son pantalon au sol, suivi de près par le dernier bout de tissu masquant sa virilité. Elle eut un sourire amusé avant de murmurer :

Un point partout, balle au centre.

FICHE ET CODES PAR BROADSWORD.
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Those Reasons that Reason Ignores - [ Sarah ]

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