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 « are haunting our present. » [pv Azzura]

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« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

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MessageSujet: « are haunting our present. » [pv Azzura]   Ven 3 Jan - 0:29





Lien vers la Première partie


Le fait d’être skinchanger peut être considéré comme une malédiction, c’est vrai. C’est plus que vrai : c’est réaliste. A cause d’elle, je n’ai pas pu mettre fin à mes jours lorsque je l’escomptais, j’ai vécu en loup pendant plus de neuf vies humaines, et je suis forcé de faire face à ce que j’étais maintenant que le loup m’a quitté pour l’humain, et que mes souvenirs reviennent. Oui, c’est une malédiction. Une malédiction vicieuse, une malédiction sadique, une malédiction pourtant attirante. Et séduisante.  Mais à cet instant, ma nature ne m’aide en rien à encaisser les coups qu’Azzura m’inflige avec une minutie qui est censée être mienne. Depuis quand sait-elle mettre un homme à genoux en le frappant au cœur ? Depuis quand sait-elle appuyer exactement au défaut de ma carapace ? La seule solution envisageable : la fuite. C’est pour ça que j’écoute les battements de mon cœur à quelques pas de la porte du môtel. Le loup n’a qu’une envie, qui se mêle à la mienne : partir, courir dans la neige, flotter sur les coussinets dans des pas similaires à ceux d’une danse avec la neige qui tombe et qui s’accroche dans le pelage. Je ferme les yeux, en inspirant calmement. Les souvenirs de loups remontent à la surface pour éloigner ceux de l’humain, je sens presque des picotements dans la colonne vertébrale. Le loup est là, prêt à surgir pour tout effacer et me permettre de concevoir le Présent sans doutes ni remords. En éloignant Azzura de tes pensées ? Oui, aussi. Peut être. Pourquoi l’éloigner ? Parce qu’elle me fait mal. Je l’entends qui bouge, je l’entends qui arrive, je la sens près de moi. Ses mots, ceux qui ont résonné avant que je ne m’enfuie loin d’elle, résonnent à mes oreilles comme les fragments d’un écho qui m’aurait poursuivi et qui viendrait de me retrouver. « A toi de me le dire. Je ne te connais plus et visiblement, ce n’est pas prêt de changer. Mais tu as raison. J’allume chaque client que je croise au Masquerade. Je me fais engrosser, et pour finir, je touche la pension alimentaire. S’agit-il de l’intitulé exact ? Après tout, tu es le spécialiste de ce monde moderne. Tu incarnes le loup, alors que je ne suis qu’un simple agneau ». Tu incarnes le loup, voilà ce qu’elle m’a dit. Sait-elle ? Je l’ignore. J’en doute, bien sûr. J’espère que mon doute va rapidement se transformer en une certitude. Non, elle n’a pas le droit de savoir à quel point elle a raison sur ce plan là. Spécialiste ? Non, je m’adapte juste. Je suis un papillon attiré par la puissance, attiré par la richesse, attiré par tout ce à quoi l’éducation Renzacci m’a rendu sensible. Ca n’a pas changé lorsque je suis redevenu humain. Rien n’avait changé. Rien, absolument rien, si ce n’est la technologie. Il m’a suffit de tirer les bonnes ficelles, et d’être. Est-ce de l’orgueil, de la prétention ? Je l’ignore. Dans tous les cas, je sais ce que je suis et je sais aussi ce que je vaux. Tu vaux bien des Daybreaker, mon cher petit. Oui, certes. Un sourire se dessine sur mes lèvres, mais il n’a rien de joyeux. Azzura s’arrête à côté de moi. « Tu voulais plier bagage. Allons s’y. Plus vite nous serons partis, plus vite tu retrouveras ton petit confort ». J’ouvre les yeux pour les darder dans Ses yeux. Le loup se retire, et se calfeutre pour panser ses blessures, alors que j’efface de mon visage avec minutie toute trace d’émotions. Ma voix est plus cassante que ce que j’escomptais lorsque je prononce avec détachement un « Exact » qui me semble résonner dans la pièce. Nous sortons du môtel, et mes yeux glissent naturellement vers la Lune. Elle n’est pas pleine, mais je sens son attraction. Je suis sensible à son éclat, qui m’apaise tout en réveillant l’animal. La neige scintille à mon regard, l’éclat blafard de l’astre brillant matérialise des ombres fantômes, joue avec les contrastes, place une lumière tamisée sur le paysage. J’inspire profondément. Là. Voilà. On est bien mieux ici qu’à l’intérieur d’une pièce confinée et puante d’une viande froide depuis longtemps. Là, le loup s’étire, se réveille, hume l’air pour aller chasser. Je le muselle d’un mouvement sec de volonté : ce soir, je chasse en homme, Loup. Je rejoins Azzura, regrettant un instant le manteau que je lui ai abandonné un peu plus tôt. Je lutte contre l’envie de revêtir mon pelage, qui pourtant serait si bien adapté au milieu. Mais je ne veux pas céder, pas devant Elle. Une malédiction, voilà ce qu’est le don des skinchanger. Une malédiction séduisante, mais une malédiction tout de même. Rien ne changera ce fait. J’aime ma nature, parce que je ne regrette en rien de ne plus être totalement humain. L’air glacial se heurte contre ma peau gelée. Le silence de la forêt refuse que je le brise, et je me mue dans un mutisme qui me convient. Parfaitement. Je n’ai rien à lui dire, parce que je n’ai que des mots blessants à la bouche. Je déteste m’apercevoir qu’elle me rend si vulnérable. Je me déteste de jouer le rôle d’un garde du corps depuis tant de mois, pour ne recevoir que ça. Je déteste le fait de savoir qu’elle me mène à sa sœur, et que je me réjouis de savoir cette traître à portée de main dans peu de temps. Je déteste savoir que je suis prêt à tuer sa sœur sous ses yeux par simple vengeance. Non. Il ne faut pas que je la tue. A plusieurs reprises, mes pas me trahissent et dans une irrégularité, je menace de trébucher. Le Bronx approche, mes pensées tourbillonnent sans prendre de forme fixe. Tuer ou ne pas tuer ? Torturer ou ne pas torturer ? Quand tu auras Susanna sous ta patte, que comptes-tu faire, Rafael ? Excellente question, c’est ce à quoi j’ai consacré mon silence. Ca, et à Azzura qui marche à côté de moi. Je refuse tout contact de peur de me brûler. Ce qui explique sûrement ma voix coupante, un peu rauque d’un silence prolongé, alors que nous sommes devant des ruines d’une ville plongée dans un hiver et un froid très sûrement éternel. La grande avenue s’étend devant nous, et je la toise d’un regard légèrement hautain. « Par où commence-t-on le shopping en amoureux ? » Il n’y a rien d’amusé dans le ton de ma voix. Ce serait même presque du cynisme que l’on pourrait entendre dans mes propos s’ils n’étaient pas aussi dénués d’émotions. Je ressasse encore ce qu’elle a pu me dire.

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MessageSujet: Re: « are haunting our present. » [pv Azzura]   Lun 6 Jan - 23:15


Elle se fondait dans la lueur blafarde de l’astre nocturne, essayant de combattre la vague de terreur dans laquelle son monde intérieur était plongé. Rafaele ne l’aidait pas. L’expression impassible qui s’était peinte sur son visage blême ne disparaissait pas. Elle regrettait vraiment d’avoir prononcé des mots qui auraient pu faire grelotter n’importe qui. Il n’en démordait pas. La neige crissait sous ses pas impérieux. L’accentuation de ses traits de dominateur et la crispation douloureuse de son corps en disaient long sur Ses intentions. Peut-être incarnait-il un bourreau silencieux qui tentait de lui dissimuler des désirs sadiques. En tant que victime, elle avançait à tâtons dans l’obscurité, la démarche boiteuse. Elle atteignait de nouveaux terrains désertiques. Elle guettait le moment où Ses tentacules l’étrangleraient une bonne fois pour toutes. Il entrait en concurrence avec l’esprit du froid, s’apprêtant sans doute à jeter ses restes congelés aux cotés des déchets organiques. Elle l’examinait sous tous les angles, cherchant à savoir quel genre d’homme il était devenu. S’il réussissait à exterminer une sorcière par la suite, prendrait-il plaisir à exhiber sa victoire aux yeux de tous ? Chanterait-il sa mort ? Les flammes de la jouissance danseraient-elles dans ses prunelles ? Celles-ci étaient profondément accrochées au paysage romanesque qui s’offrait à lui. Au contact des crimes commis, elles prenaient la couleur des ténèbres et perdaient leur bleu éclatant. Les affres du temps la rendaient encore plus démente. Paranoïaque à souhait, des pensées incohérentes fusaient dans sa tête et l’empêchaient de garder un semblant de contrôle sur la situation. La faim aurait pourtant dû la rappeler à l’ordre, des bruits mécaniques résonnant dans son crâne. Une vive douleur lui transperçait l’estomac. Sombrer dans la mélancolie et rejoindre ces terres abandonnées à leur triste sort lui avaient valu une anesthésie générale. Elle ne prêtait attention qu’aux regards furtifs qu’ils s’échangeaient. Peut-être également à la boule d’angoisse qui était en train de se former dans sa gorge. Elle n’avait même pas le courage de frotter ses yeux fatigués. Elle faisait peine à voir, couturée de cicatrices, les joues creuses, le teint fantomatique. Elle laissait échapper quelques rires amers, par-ci par-là. Elle s’était frayée un chemin jusqu’à la forteresse de l’absurdité. Elle en avait bien conscience.

Cernée par les gardes, elle ne parvenait pas à fuir au dehors pour s’enfoncer dans des couloirs plus raisonnés. Tout restait flou. Elle était incapable de laisser ses incertitudes de côté et d’extirper la méfiance de son organisme. Elle se voilait la face. Stain lui avait fourni plusieurs indices.  Une masse d’énergie lugubre s’échappait de la forêt meurtrière. Joufflue et vorace, cette dernière dévorait les globes oculaires d’une poignée d’individus malchanceux emprisonnés sous cette couche de gel. Elle plongeait sa langue sur les écorchures et aspirait plusieurs litres de sang. Elle avait perdu ses airs rieurs et ses couleurs vives. Le parfum des fleurs ne saturait plus l’air. L’odeur de la chair en décomposition remontait jusqu’aux narines. Le chant des oiseaux n’emplissait plus les oreilles. Des grognements rauques déchiraient la nuit. Puis, le hurlement d’un loup. Fichues bestioles qui réveillaient les vieilles rancœurs. Celles qu’elle ressentait à l’égard de son cousin. Sa langue rouge écarlate apparaissait brusquement dans son esprit, souillant la blancheur éclatante de ses crocs pointus. Sortant de sa gueule, ils s’apprêtaient à s’enfoncer dans sa veine jugulaire. Ses ongles s’allongeaient. Ses poils s’épaississaient. Et voilà qu’il la déchiquetait à coups de griffes. Ces images et ces sons avaient beau être le fruit de son imagination, elle battait des paupières, les épaules tremblantes, la respiration désordonnée. Sa figure angélique Le lorgnait sans penser une seule seconde que les soirs de pleine lune, il était recouvert d’une fourrure grisâtre. Il portait le même fardeau que l’Assassin de Chiara, et elle l’ignorait. Tiens…j’ai oublié de lui poster son carton d’invitation. En se joignant à nous, il aurait eu l’impression de s’aventurer sur un terrain de chasse. Vu le nombre de cadavres à proximité, je peux affirmer qu’il serait parti avec son sac d’os. Elle laissa échapper un rire bref et secoua la tête. Le flot de haine qui se déversait en elle avait le bienfait de masquer son effarement. A croire que si elle avait pris l’initiative de se dévêtir, Rafaele n’aurait même pas haussé un sourcil. Les nids abandonnés et les hiboux capables de tendre leurs pattes captaient Son attention avec plus de facilité. Quelque part, elle les jalousait. Aux portes de la ville, son expression se modifia en un éclair. Elle profita de Ses sornettes pour rompre le silence.

« Tu me reparles ! J’en ai de la chance. J’aurais préféré que tu me déclares ta flamme dans d’autres circonstances. Je n’arrive pas à percevoir le romantisme. Néanmoins, j’apprécie que tu me fournisses ta carte de crédit pour une durée illimitée ». Un sourire narquois se dessina sur ses lèvres. Son souffle de glace s’échappa de sa bouche pour filer sur les mains gelées de Rafaele. Elle afficha une moue inquiète, caressant sa joue du bout des doigts. Elle enleva son manteau et lui tendit en frissonnant. « Tu es gelé. Enfile-ça ». Elle se mordit la lèvre inférieure. Elle devait trouver le moyen de le détourner de leur objectif principal. Susanna ne s’était pas réfugiée à New York, et elle s’enlisait de plus en plus dans son mensonge. Elle savait pertinemment qu’il aurait refusé de rester, si elle l’avait supplié de le faire en sanglotant. « Ne sois pas si pressé de rentrer. Délecte-toi de cet air pur. Profite du silence et de cette sérénité. A New York, nous ne sommes pas soumis à leurs ordres. Il n’y a que toi et moi. Enfin presque…». Dans le but de le faire changer d’avis, elle usait de tous les arguments déplorables, enroulant un bras autour de sa nuque. Elle se figea lorsqu’une horde de rôdeurs les entourèrent, leur mâchoire tombante trahissant un appétit insatiable. Elle se sentait minable, la culpabilité la rongeant de l’intérieur. Je suis une idiote. Je nous mets en danger. Allant jusqu’au fond de sa bêtise, elle eut tout de même un éclair de génie. « Mes pouvoirs ne fonctionnent pas sur eux. On va devoir se barricader dans un bâtiment ». Ils allaient repousser le moment des adieux.

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MessageSujet: Re: « are haunting our present. » [pv Azzura]   Mar 7 Jan - 20:55





Je l’ai dit ? Je l’ai vraiment dit ? en amoureux L’ai-je vraiment dit ? Pensé, oui mais dit ? Prononcé à haute voix ? « Tu me reparles ! J’en ai de la chance. J’aurais préféré que tu me déclares ta flamme dans d’autres circonstances. Je n’arrive pas à percevoir le romantisme. Néanmoins, j’apprécie que tu me fournisses ta carte de crédit pour une durée illimitée ». Je soupire, lui refusant à nouveau d’être blessé par sa remarque. Quelle idiote. Pourquoi est-ce que c’est lorsque je la vois elle que mon cœur recommence à battre, pourquoi est ce que c’est son sourire et son visage à elle que je dessine en premier lorsque je peins une toile, avant de composer par-dessus le dessin rapidement esquissé ? Pourquoi donc est ce à elle que ma vie est inextricablement lié ? « Si tu veux une carte, ce sera une carte routière pour te montrer le chemin vers la Nouvelle Orléans et que tu y restes. ». Voilà ce que je maugrée en réponse à son sourire narquois. Son sourire… Je soupire. A nouveau. Avant de me crisper légèrement sous un souffle gelé qui infiltre jusqu’à mes veines, répandant un courant glacé dans tout mon corps. Son sourire disparait, et je fronce les sourcils par l’expression qui le remplace. De l’inquiétude ? C’est nouveau ça ? Ses doigts caressent ma joue, et je les chasse d’un mouvement agacé, alors qu’elle enlève le manteau pour me le tendre. « Tu es gelé. Enfile-ça ». Mais bien sûr, que croit elle ? Que nous allons alterner toute la nuit « prends ce manteau, tu as froid. » « Tu es gelé, prend le manteau » ? C’est ridicule. « Ne fais pas l’idiote, remets là. Si on bouge, je n’aurai plus froid. D’ailleurs, c’est par où maintenant ? J’imagine que tu dois bien avoir une idée de quartier, parce que New York, c’est grand. » Et peuplé. Mais malheureusement pas que d’humains. « Ne sois pas si pressé de rentrer. Délecte-toi de cet air pur. Profite du silence et de cette sérénité. A New York, nous ne sommes pas soumis à leurs ordres. Il n’y a que toi et moi. Enfin presque…». Enfin presque… oui, voilà c’est l’expression qui est adéquate, alors que l’air me charrie des odeurs déplaisantes. Je me retourne juste avant qu’ils apparaissent devant nous, et mon bras va directement chercher celui d’Azzura, pour la garder auprès de moi. Mais pourquoi tu n’es pas rentré à la Nouvelle-Orléans, Rafael, pourquoi ? Parce qu’elle a parlé de Susanna, parce qu’elle a parlé de sa sœur, parce que je n’ai écouté que le loup qui criait vengeance. Je jure en italien, sortant mon flingue. Heureusement qu’il reste des balles. Heureusement que j’ai un chargeur plein sur moi. Mais pourquoi… pourquoi ne nous ai-je pas ramené directement à l’abri ? Je m’insulte mentalement, et Azzura n’aide pas. « Mes pouvoirs ne fonctionnent pas sur eux. On va devoir se barricader dans un bâtiment ». De mieux en mieux, vraiment. Je crache à moitié : « De toute manière, il n’était pas question que tu les utilises, moins j’en vois, mieux je me porte. » C’est ça, chérie, c’est ça, rappelle moi que tu es une sorcière, rappelle moi que j’abhorre ton espèce, ton sang, ta race, rappelle moi que ta sœur cumule les tares en en étant une. Vas-y, Azzura, rappelle moi pourquoi je vous déteste tous. « Et bien… j’imagine que c’est la meilleure solution actuellement. On se barricade dans un bâtiment et j’appelle la Nouvelle Orléans. Il n’est pas question que l’on reste ici, surtout si on doit attendre demain matin pour trouver Susanna. » Comment un seul nom peut il contenir autant de mensonges ? Je me suis concentré pour qu’il ne sorte p as du lot, pour qu’il n’y ait pas le moindre fragment, la moindre flagrance de haine qui suinte de ces trois syllabes. Un nom : un mensonge. J’analyse la situation, avant de tirer une fois en l’air, pour les faire hésiter, et tirer cette fois sur les premiers, en essayant de me dépêtrer de cette situation dans laquelle Elle nous a mis tous les deux. Je maugrée entre mes dents : « Brillante idée, vraiment très brillante idée. Stupide, ridicule, idiote. » alors que l’on se réfugie dans le bâtiment le plus proche. Pourquoi t’énerves-tu, au juste, Rafael ? Parce qu’elle est inconsciente, parce qu’elle est insensée, parce qu’elle m’a conduite là dedans. Et alors, tu n’es pas maître de tes décisions ? Pourquoi cette pensée railleuse ? Bien évidemment, que je suis maître de ce que je décide. Alors pourquoi t’énerves-tu ? Pourquoi t’obstines-tu à te leurrer ? Je frémis. Parce que l’adrénaline me manquait. Parce que l’adrénaline manquait au loup, et que le loup se réjouit en même temps qu’il me hurle de les attaquer. Parce que je suis un homme de terrain malgré mes beaux habits, ma demeure luxueuse, mes goûts d’aristocrate politicien. Parce que je saute sur la première occasion d’aller traquer une sorcière. Parce que le frisson que je ressens à cet instant n’a rien à voir avec le froid qui règne. Voit-elle à quel point je n’ai que peu changé, juste évolué ? La violence me répugne mais m’attire à la fois. Je refuse d’être un monstre, mais la traque me métamorphose. Pourquoi n’ai-je toujours pas appelé ? Parce que je veux trouver Susanna, parce que je veux garder Azzura en sécurité, et surtout parce qu’abandonner la chasse aussi tôt déplairait au loup qui habite en moi. Les loups chassent de nuit. Ils n’abandonnent pas la traque lorsqu’un autre prédateur est sur la piste. Je me tourne vers Azzura, observant dans un même temps la pièce où nous nous sommes retrouvés. Il n’y a personne, mais ça, mon odorat m’en a déjà informé depuis longtemps. Mes yeux se contentent du peu de lumière qui vient de l’extérieur pour repérer les lieux. « Comment sais-tu qu’elle est à New York, au fait ? » Je la cherche depuis des semaines. Mais ça, je ne lui dis pas. « Tu l’as vu ? Tu l’as vue depuis… tu… comment l’as-tu su ? »

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MessageSujet: Re: « are haunting our present. » [pv Azzura]   Sam 11 Jan - 21:47


Des paroles aussi tranchantes que les dagues qu’Il avait fait ressortir du ventre de ses victimes, à l’époque du Moyen Age. Capable de nouer l’estomac des plus valeureux soldats, Rafaele parviendrait bientôt à libérer ses viscères. Elle était convaincue qu’ils tomberaient à terre d’une minute à l’autre, s’enfonçant dans la neige aux cotés de ses boyaux et de son intestin. Plongée dans un délire psychotique meurtrier, elle avait une vision particulière du monde qui l’entourait. Prisonnière d’une pluralité de tragédies macabres qui se jouaient inlassablement dans son esprit. Le corps morcelé, elle espérait qu’Il l’assènerait de violents coups de poing pour le plaisir d’entendre ses os craquer et dans l’espoir de se sentir revivre. L’air devenait irrespirable. La tension grandissait de plusieurs crans. Lassée par la force brûlante de ces orages symboliques qui éclataient dans sa sphère personnelle, le besoin irraisonné de déchiqueter Ses entrailles asséchées délabrait sa psyché plus encore. Les sons qui s’échappaient des mâchoires tombantes de cette horde de morts vivants ne suffisaient pas à étouffer ce vacarme assourdissant provoqué par Ses innombrables soupirs. Fébrile, elle avait bien trop d’informations à emmagasiner, incapable de gérer un stress de cette ampleur. Ses iris semblaient toujours voilés par sa culpabilité, alors que les crimes qu’elle avait commis la tiraient chaque nuit de son sommeil. Elle incarnait une charogne ambulante qui ne tentait même plus de masquer ses cernes. Ses traits tirés par la fatigue lui importaient peu. Elle devait  apprendre à tolérer la sonnerie du téléphone qui parvenait à ses oreilles à chaque fois qu’elle se rendait au Masquerade. Empêcher ses muscles de se crisper dès qu’un bruit de klaxon retentissait et attirait son attention. Ne plus s’isoler quand la lumière traversait l’écran des téléviseurs.

Ses mots et ses gestes insolents lui faisaient prendre conscience d’un problème supplémentaire et incendiaient sa poitrine. Une froideur qui la faisait blêmir et qui la renvoyait aux actes vomitifs qui s’étaient englués dans les poumons de Son aïeul. Il avait fini par l’accepter à sa table, sous peine de subir les railleries de Rafaele, son petit protégé. Elle se souvenait de ces soirs d’automne. Lorsqu’elle pénétrait dans la demeure du Seigneur Renzacci, une musique larmoyante lapidait ses tympans, créant une atmosphère sombre et humide. Elle s’était sentie plus à l’aise à l’intérieur du confessionnal de l’église romaine. Bien plus qu’aux côtés du Seigneur de guerre. La quantité d’alcool ingurgitée durant ces soirées brouillait encore plus sa morale, lui arrachant des sourires cyniques. Il ruminait ses idées noires, avant de l’assommer avec des propos injurieux, levant le voile sur son étroitesse d’esprit. Bien entendu, il soulignait l’absence de finesse et de grâce dans ses mouvements. Il la considérait comme une erreur de la nature, qui ne méritait pas de jouir d’un statut social aussi élevé et de se marier avec Rafaele. Une abominable créature qui avait conçu tout un programme dans le but de changer la mentalité de son petit-fils. Il ne supportait pas l’idée que la révolte puisse avoir raison d’elle. Sa tendance à taper du poing sur la table. Les discussions tournaient au vinaigre, la plupart du temps. L’anxiété montait en flèche dans sa poitrine, alors qu’elle sentait une colère noire s’emparer de lui. Goût métallique du sang et de la déloyauté. Rafaele prenait le même chemin que son aïeul, diffusant une douleur dans son ventre. Il ne valait guère mieux que cet être abject. Non. Elle refusait de croire que sa cruauté était devenue sans limites. Elle demeurait incapable de laisser ses doigts courir le long de Son gosier dans le but de tenter une première attaque. Il était capable de combattre ses démons intérieurs. Il était parvenu à abandonner son statut de bourreau. Elle était perdue. Elle n’aspirait qu’à retrouver sa raison de vivre et à être dépositaire de Ses lèvres.

« Je n’ai pas forcément l’intention de rejoindre la Nouvelle Orléans. Et je me moque du fait que tu ne sois peut-être qu’une chimère. Je suis prête à m’éloigner de la réalité davantage, à m’enfoncer encore plus dans la démence. Je suis même prête à risquer ma vie tous les jours, si ça me permet de t’avoir plus longtemps à mes côtés. Tu peux en rire si tu le souhaites ». Elle venait d’entamer un dérapage incontrôlé en Lui permettant de percer ses secrets. Elle lui donnait libre accès à ses pensées les plus intimes, aggravant la blessure qui meurtrissait son cœur. Elle regrettait d’avoir baissé sa garde une nouvelle fois, et d’avoir exhibé ses faiblesses. L’expression de rejet qu’elle lut sur son visage lui tirailla les nerfs. « Il est impossible que tu sois seulement le fruit de mon imagination. Je t’aurais rendu un peu moins antipathique. Suis moi et tu verras ». Aboya-t-elle, la voix enrouée par la rage. Le dégout qui s’entendait dans sa voix fit transparaître l’évidence. Il était toujours aussi borné et dépourvu d’empathie, et même quand il était question de sa propre famille. Il était toujours partant, quand il s’agissait de perpétrer un génocide. La voir brûler sur un bûcher n’avait pas saccagé toutes ses convictions. Les mains tremblantes, elle défendit sa sœur ainsi que les membres de son espèce.

« C’est pourtant grâce à la magie que nous respirons cet air. Et puis ferme la…». La colère retomba lorsqu’elle s’aperçut que le quartier du Bronx était également peuplé de créatures surnaturelles. Elle adressa des coups d’œil paniqués à Rafaele, ne pouvant contenir le tremblement compulsif de ses membres. Elle lâcha un juron en le voyant sortir une arme à feu de sa veste. Il allait tous les attirer jusqu’à eux. Elle fila à toute allure dans l’enceinte du premier bâtiment se trouvant à proximité, souhaitant étouffer ces plaintes qui heurtaient son esprit déjà bien endommagé. « Je t’ai demandé de te la fermer ! Viens m’aider ! ». Jura t-elle. Elle n’accéda à aucune de ses requêtes, condamnant l’accès avec des planches de bois minables. « Tu n’as pas compris. Tu ne respectes pas notre marché. Je ne répondrai à aucune de tes questions, tant que tu n’auras pas éclairé ma lanterne. Tu es quoi au juste ? Un espèce de fantôme ? Tu es diabolique ? ». Entêtée, elle exigea des réponses en prenant le soin de l’éviter du regard. Elle lui en voulait.

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MessageSujet: Re: « are haunting our present. » [pv Azzura]   Lun 13 Jan - 17:02





« Il est impossible que tu sois seulement le fruit de mon imagination. Je t’aurais rendu un peu moins antipathique. Suis moi et tu verras ». Voilà bien des minutes qu’elle a prononcé ces mots, et je les entends encore tourner dans ma tête, alors que des zombies nous encerclent, nous rappelant gentiment qu’il n’y a pas que Susanna à New York. Et combien il était ridicule d’être venu ici. De l’avoir suivi. D’avoir suivi Azzura. D’avoir suivi l’appel du sang et de la vengeance, aussi ? Peut être. Il n’y a pas de peut être, soit franc avec toi-même. Tais toi, Loup. De toute façon, à présent, ce n’est plus le moment de tergiverser sur pourquoi nous sommes ici, sur pourquoi je l’ai suivie. Il n’est plus temps de penser à quoique ce soit, alors qu’Azzura se désole de ne pas pouvoir utiliser ses pouvoirs sur eux. Je n’ai qu’une chose à dire : tant mieux. Ses pouvoirs ne sont qu’une abomination de plus dans ce bas monde. Ces pouvoirs sont ceux qui ont ruiné notre vie, ce sont eux qui sont responsables de tout ce qui nous est arrivé. Mauvaise foi… Quelle mauvaise foi, Rafael. Voilà qu’elle essaye de se défendre et de défendre ses pairs que j’abhorre. « C’est pourtant grâce à la magie que nous respirons cet air. Et puis ferme la…». Ferme là ? « Pardon ? Non, je ne me la ferme pas. » Je m’énerve. Ma voix aussi. Comment ose-t-elle dire ça, alors que c’est à cause de cette même magie que je suis ce que je suis. Qu’on m’a ôté le droit de mourir alors que je venais de voir ma fille être égorgée, et mon épouse brûlée vive. Comment ose-t-elle se réjouir que nous soyons encore en vie, alors que sans sa magie nous aurions davantage vécu ? J’avale les mots qui me brûlent la gorge, alors que les zombies se rapprochent, et je sors mon arme en pestant à nouveau sur la bêtise de notre situation.

Nous voilà à nouveau enfermé dans un bâtiment, mais bien moins en sécurité cette fois que dans le môtel où nous étions précédemment. De mieux en mieux. Je l’accable de question, je m’agace, je peste et je m’énerve, et voilà qu’elle s’énerve à son tour. « Je t’ai demandé de te la fermer ! Viens m’aider ! Tu n’as pas compris. Tu ne respectes pas notre marché. Je ne répondrai à aucune de tes questions, tant que tu n’auras pas éclairé ma lanterne. Tu es quoi au juste ? Un espèce de fantôme ? Tu es diabolique ? ». Non, je ne l’aiderai pas. Je reconnais les lieux, je tourne sur moi-même pour observer la pièce dans laquelle nous sommes réfugiés. Si elle veut condamner l’accès, qu’elle le fasse. Moi, je cherche une sortie. Parce que je ne compte pas rester ici davantage que nécessaire, et quel que soit son avis à elle, elle me raccompagnera à la capitale de gré ou de force. Ses questions ont glissé sur moi lorsqu’elle les a posées, sans que je ne sache comment les considérer. Sans que je ne les autorise à m’atteindre. Ce que je suis ? Je suis la création d’un des membres de ton espèce, Azzura. Je suis la concrétisation de ce dont tu avais conscience et qui grandissais en moi. Elle évite mon regard et je m’en satisfais : je ne le peux pas le supporter pour le moment. Parce que parfois, on a beau vouloir les choses, chercher à avoir de l’autorité, ça ne change rien. Ses questions m’ont atteint. Et pas qu’un peu. Elles m’ont atteint en profondeur, là où se tapit le loup et surtout à l’endroit où il est enraciné dans mon âme. Qu’attend-elle comme réponse ? Je décide de jouer au plus idiot, en me taisant. Ne m’a-t-elle pas demandé à deux reprises que je me la ferme ? Et bien, j’obtempère. Qu’elle soit satisfaite de ça. Je lui tourne le dos en donnant des coups de pieds dans les meubles que j’aperçois dans l’obscurité quasi-complète, pour chercher… j’ignore encore quoi. Un peu de propreté ? Ce serait idyllique. Du bois sec ? Pour quoi faire, un simulacre de feu, comme un peu plus tôt ? Non merci. Le ridicule, ça peut passer une fois, pas deux. Alors, Rafael, que cherches-tu ? De quoi ignorer la présence d’Azzura et ses questions. De quoi gagner du temps et chercher une réponse adéquate. Depuis quand souhaites-tu lui cacher quelque chose ? Depuis que nous sommes morts, pardi. Depuis qu’elle est morte et qu’on m’a refusé de la suivre. Les minutes s’égrènent et je reste muet. Avant de craquer et de me tourner vers elle, à quelques pas de distance.

« A-t-on  avis, que crois tu que je sois ? Il n’y a pas beaucoup de choix, pour qu’on refuse à un humain de mourir et qu’on le laisse dilapider les années sans lui demander son avis. » Ma haine pour les sorciers dépasse mon contrôle lorsque je continue, lui accordant encore quelques mots en réponse à ses questions. « Je suis la création d’un de tes amis, Azzura. Je suis son jouet, et je suis aussi vivant que toi, alors que nous sommes morts tous les deux il y a sept siècles. Et crois moi, je ne considère pas vraiment ça comme une chance que l’on m’a offerte. » Non. Ce n’est pas une chance, loin de là même. C’est une malédiction. Une malédiction que j’abhorre sans pour autant voilà m’en défaire. S’il avait fallu changer quelque chose, c’eut été de me laisser mourir lorsque je l’ai voulu. S’il avait fallu changer quelque chose, c’eut même été de supprimer toute magie de la Terre. Je la fixe du regard, la provoquant légèrement pour qu’elle me dise quelque chose. Et qu’elle change de sujet, oh oui. Qu’elle change de sujet. Des mots qu’elle a prononcés au moment où le froid se cristallisait devant nous en une ville désolée, au moment où nous sommes arrivés à New York, me reviennent en mémoire et je trouve là l’opportunité de changer de sujet et de déplacer le malaise de moi vers elle. « Et si tu voulais me voir, tu aurais pu me le faire comprendre autrement qu’en te mettant en danger. C’est digne d’une gamine pré-pubère, pas de ma femme. » Un petit mot gentil pour conclure cette déclaration d’amour, Rafael ? Oh, Loup, cesse donc tes sarcasmes. Je pense chacun de mes mots et ma colère n’est pas feinte. Azzura a un don pour m’agacer, m’inquiéter, me fait vivre et mourir à chacune de ses phrases. « Parce que contrairement à ce que tu sembles croire, je ne t’ai pas oubliée, je ne t’ai jamais oubliée, et je ne t’oublierai pas, même si je le veux un jour. »

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MessageSujet: Re: « are haunting our present. » [pv Azzura]   Dim 19 Jan - 17:57

Il était comme le vent. Il venait par rafale, secouant quelques branches d’arbres accrochées à sa sagesse, faisant virevolter les feuilles mortes et desséchées qui saupoudraient ses souvenirs. Coincée dans une boite de conserve enjolivée –c’était le nom qu’elle donnait aux bâtiments du gouvernement-, elle pouvait l’observer à loisirs. Elle voyageait à travers le temps et l’espace, replongée dans l’ambiance de mort qui planait dans leur maison romaine, les soirs où Il entrait dans une colère noire. La magie était souvent l’élément déclencheur. Elle le revoyait esquisser des mouvements de recul, porter une main à sa bouche l’air dégouté. Bon sang, il n’allait donc jamais cesser de la traiter comme une abomination. A croire que des traînées rouges se formaient à chaque fois qu’elle pénétrait dans une pièce. Elle complétait Sa panoplie de mantes religieuses. S’il lançait des billes explosives en direction de ses congénères, ces créatures soit disant nuisibles, il s’immobilisait face à elle. Néanmoins, il n’allait pas jusqu’à jeter la cervelle éclatée de plusieurs innocents dans sa gueule, lui donnant ainsi la possibilité de donner quelques coups de langue autour de ses babines et d’aspirer des gorgées de sang. Ils traversaient un fossé parsemé de convictions différentes, leur entêtement n’ayant d’égal que la colère qui brûlait leurs veines. Contrairement à ce qu’Il prétendait, la magie était un don du ciel qui pouvait permettre à deux âmes de se lier l’une à l’autre à perpétuité. Elle sauverait le monde de son abondance et empêcherait les extrémistes de Son genre de puiser une grande quantité de violence et de rage au plus profond de leur être. Elle n’avait eu de cesse que de déjouer les plans machiavéliques de ses ennemis, refusant à la Grande Faucheuse de délivrer les victimes en les conduisant vers les couloirs de la mort. Si elle avait été croyante, elle aurait béni son pouvoir de guérison. Elle ne voulait plus l’entendre proférer de pareilles sottises. Le monde dans lequel elle vivait actuellement revenait à elle de plein fouet. La boule de stress qui s’était formée à l’intérieur de son estomac grossissait de plus en plus. En effet, Son vacarme arrivait jusqu’à ses oreilles et l’alertait. A peine remise du choc émotionnel causé par la présence des morts vivants, elle le corrigea avec une fermeté déconcertante.

« Je n’arriverai donc jamais à te débrancher. Pourtant, quand il s’agit de bouger les meubles de place, il n’y a plus personne. Tu as un poil dans la main ou quoi…et puis enfonce plutôt tes poings dans le ventre des créatures. Tu es ridicule ». Ses mains se crispèrent sur le mobilier qu’elle parvint à attraper. Son petit corps frêle menaçait de tomber en arrière d’une seconde à l’autre. Le morceau de pain desséché et la bouteille en plastique qui trônaient dans son sac représentaient son unique source de ravitaillement. Elle réprima un cri de douleur lorsque la commode qu’elle tenait loupa son atterrissage et fit la rencontre de ses orteils. Elle jura à haute voix, interrompue par Ses paroles. L’affreuse vérité fusa soudainement entre Ses lèvres. Ses yeux se voilèrent d’une lueur de tristesse, et elle en oublia sa faim énergique. Elle bredouilla quelques mots à peine perceptibles. « Qu’est-ce qui s’est passé les jours ayant suivies ma mort ? Et celle de Zaira. Zaira…». Les larmes montèrent. Ce prénom sorti de sa bouche la mutila. Elle s’était voilée la face. Les revers de la magie. Ses sortilèges ne lui permettaient pas de ramener les défunts à la vie. Ses incantations ne lui étaient d’aucune utilité, pour surmonter le décès de son enfant. Lorsqu’elle les utilisait abusivement, un filet de sang colorait ses mains exsangues. Incapable de s’arrêter dans son élan, elle passait dans une sorte de transe frénétique qui la plongeait un peu plus dans un sommeil noir tant redouté. Elle commettait l’irréparable. Rafael avait donc été victime de cet excès de sadisme, toisé d’un regard où perçait la soif de pouvoir. Mal à l’aise, elle détourna les yeux. Elle ouvrit puis referma les verrous qui bloquaient la porte devant elle, hésitant un bref instant à se jeter dans la fosse aux lions. Il serait sans doute préférable d’affronter le courroux de Rafaele. Si elle avait plus important à faire que de déblatérer sur leur part de responsabilité, son poing partit soudainement en direction de Ses côtes. Dans un éclair de compréhension insoupçonné, elle murmura des incantations dénuées de sens qui donnèrent à Rafaele l’illusion de la douleur.

« Tu savais, et tu es resté terré dans ton coin durant tout ce temps. Tu savais, et tu m’as lâchement abandonnée. Un âne te représenterait sacrément bien. Transforme-toi, pour voir si j’ai raison. Je veux regagner la Nouvelle Orleans tout de suite ». Une colère sans nom à la hauteur de son sentiment d’abandon. Elle cessa de marmonner ses incantations et se recroquevilla dans un coin. Un silence pesant s’installa. Elle n’eut qu’une vague idée de la suite tragique. Il disparaitrait sans laisser de traces. Il continuerait de subir cette dépersonnalisation habituelle, happé par le brasier du crime. Il ne lui donnerait pas l’opportunité de sauver son âme. Pas cette fois ci. Elle aurait préféré s’écrouler sur le sol après avoir pris une balle en plein cœur. Elle ne supportait pas qu’il se cache derrière un masque empli de sarcasmes et d’indifférence. Elle joua sur le même terrain. Après tout, il ne lui restait plus qu’une stupide fierté mal placée. « Ne tire pas de conclusions hâtives. Je suis ici pour aider Susanna. C’est tout. Tu as toujours l’intention de m’accompagner ? ». Désorientée, elle fit un bond en avant et se fraya un chemin entre deux meubles, les faisant basculer dans le but de libérer l’entrée. Il l’affaiblit avec des paroles doucereuses. Un sourire de soulagement s’étira sur ses lèvres, avant que ses traits se durcissent brutalement. Elle ne voulait pas entendre parler d’amants maudits. En haussant les épaules et en prenant un air fataliste, elle essaya de paraître détachée. « Tel est notre fardeau ». Se contenta-t-elle d’énoncer.

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MessageSujet: Re: « are haunting our present. » [pv Azzura]   Mar 21 Jan - 18:31





« Je n’arriverai donc jamais à te débrancher. Pourtant, quand il s’agit de bouger les meubles de place, il n’y a plus personne. Tu as un poil dans la main ou quoi…et puis enfonce plutôt tes poings dans le ventre des créatures. Tu es ridicule ». Je suis plongé dans un mutisme agacé. Elle souhaite que je me taise, et bien je me tais. N’est-elle pas contente que pour une fois j’obtempère à l’une de ses injonctions ? Je sais que je joue au plus idiot actuellement. Je le sais, mais je n’en ai que faire : elle a ce qu’elle mérite, et si elle souhaite que je l’aide, qu’elle arrête de se comporter d’une manière aussi puérile et ridicule. Ce qui n’est bien évidemment pas ton cas. Bien évidemment. Je suis trop concentré à chercher de quoi me distraire et l’ignorer, et c’est pour cela que je ne la vois que du coin de l’œil se fatiguer, pester, laisser échapper des mains un meuble qu’elle veut placer devant la porte. Son cri de douleur contenu agresse mes murailles d’orgueil, et je finis par craquer. Par lui dire. Par me tourner dans sa direction, pour qu’elle sache ce que je suis et qu’elle ait la réponse à ses questions. Qu’elle l’ait jusqu’au bout, même si elle le refuse. Pour qu’elle entende que je suis devenu la créature d’un sorcier. Que j’aurai préféré mourir sept cent ans auparavant que survivre à la mort de ma fille et de ma famille. La lueur de tristesse qui voile ses yeux manque de me faire taire, mais je m’obstine. « Qu’est-ce qui s’est passé les jours ayant suivi ma mort ? Et celle de Zaira. Zaira…». Zaira… Les jours qui ont suivi leurs morts à toutes les deux ? Des larmes montent à ses yeux alors qu’elle prononce ce prénom, les miens restent secs. Ils ont trop pleuré, il y a sept cent ans pour avoir encore des perles salées à offrir. « Il n’y a pas eu de jours. Juste des heures. » Mes yeux ne peuvent se fixer davantage dans les siens, et heureusement, elle les détourne des siens. « Je n’avais plus aucune raison de vivre. » J’essaye de lire en elle ses pensées, mais elles me restent hors d’atteinte. Trop lointaines, trop incompréhensibles. Ses mains ouvrent et ferment les verrous de la porte, alors que je fais un unique pas pour l’en empêcher. « Azzura ! » Reste ici. Ne me fuis pas. Ne me fuis pas alors que tu as cherché à me voir. Ta réaction me le prouve, ta réaction teinte mes mots de vérité. La colère menace de marquer mes traits, associée à une déception. Et de la douleur, oh oui, de la douleur. Je me sens floué. Blessé. Et cette douleur ne fait qu’augmenter, alors qu’elle me frappe. Mes bras s’ouvrent dans un réflexe d’incompréhension. Je ne comprends pas. Son coup n’est pas violent, vraiment pas. Je suis plus résistant que ça, je le sais. Le loup le sait, le bourreau le sait aussi. Et pourtant, la douleur enfle, la douleur fourmille dans mes nerfs, alors que je contracte les abdos et retiens une légère grimace. Ce n’est plus la colère qui marque mes traits, c’est simplement la douleur. Et je prends conscience de son murmure. Sorcière. « Tu savais, et tu es resté terré dans ton coin durant tout ce temps. Tu savais, et tu m’as lâchement abandonnée. Un âne te représenterait sacrément bien. Transforme-toi, pour voir si j’ai raison. Je veux regagner la Nouvelle Orléans tout de suite ». Comment ? Un rictus naît à mes lèvres. Pas de joie, pas de surprise. Plus de douleur. La colère est revenue, plus forte qu’avant et ça se sent dans mes mots. Ma colère fait écho à la sienne. Ma main file vers sa joue pour la gifle une nouvelle fois, plus violemment que plus tôt. Bien plus violemment d’ailleurs. « AZZURA ! » Son nom. Juste son prénom. Azur, comme mes yeux lorsqu’ils brillent sous le soleil. Azur, comme mon âme qui bat au rythme de la sienne. Azur, comme le sang bleu qui coule dans mes veines et dont j’ai une conscience bien trop aigüe selon elle. Azur. Azzura. Le ciel s’est obscurci pour faire mentir ce nom. Que je prononce. Je ne prononce que lui, d’ailleurs. Parce qu’il veut tout dire. Azzura. Elle sait qu’elle ment, elle sait que ce qu’elle dit est faux. Elle le sait, je ne peux pas penser le contraire ni même l’envisager. « Ne tire pas de conclusions hâtives. Je suis ici pour aider Susanna. C’est tout. Tu as toujours l’intention de m’accompagner ? ». Qu’est ce que cela ? Une tentative de revenir en arrière ? Elle bondit en avant pour atteindre la porte, je me jette à sa suite pour attraper son bras et la retenir. La retenir physiquement, oui, mais je ne me contente pas simplement de ça. Je ne m’en contente jamais lorsque je sais que ce ne sera pas suffisant. Je ne t’ai jamais oublié, je ne t’oublierai jamais. Ne veut elle pas le comprendre ? Avant même de la voir, je dessinai ses traits. Avant même de la connaître, je dessinai ses yeux, ses courbes, ses émotions avec l’innocence de l’enfant que j’étais encore à l’époque. Un sourire apparaît brièvement sur son visage. « Tel est notre fardeau ». Je la tire en arrière, vers l’intérieur de notre cachette, pour l’éloigner de la porte pour l’éloigner de ces meubles. De ce danger. Je la tire en arrière pour la sentir tout contre moi. Aussi. Même si je refuse de me l’avouer. « On le supportait plutôt bien avant, pourtant… » Notre fardeau. Est-elle ironique en disant cela ? Je la serre contre moi, sans lui laisser de chance de s’échapper. Pour qu’elle écoute ce que j’ai à lui dire. Mes mots sont glacés, sans une once de chaleur à transmettre à Azzura. Je veux qu’ils soient des flèches qui vrillent ses tympans pour s’inscrire dans son âme, et qu’elle comprenne que nous n’avons jamais été aussi proches et aussi séparés que maintenant. A mes yeux. « Oui, je le savais. Je te suis depuis cinq mois. Cinq mois que je suis ton ombre, et que tu n’as pas le droit de savoir de ton côté que je suis là. Pourquoi ? Parce qu’entre nous, tout est à recommencer. Ce qui nous a lié est mort, Azzura. Zaïra est morte. Tu es morte. Et je me suis ouvert les veines. Tu n’aimais déjà pas le bourreau que j’étais, rien en toi ne pourra apprécier l’animal. » Je desserre mon étreinte en respirant son odeur. Je la libère pour qu’elle parte, qu’elle s’échappe, et que je recommence à la surveiller, à la protéger. Garde du corps C’est ce que je suis. C’est ce que je reste. « Je n’aimais déjà pas la sorcière que tu étais, j’abhorre encore plus celle que tu es devenue. » J’assène mes derniers coups en la regardant dans les yeux. « Plus rien ne subsiste entre nous. » Hormis nos cœurs qui battent à l’unisson.

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MessageSujet: Re: « are haunting our present. » [pv Azzura]   Sam 25 Jan - 19:11

Ces révélations lacéraient son cœur, aussi aiguisées que la lame qu’Il avait approché du visage de plusieurs centaines d’individus malheureux. Ceux qui avaient été jugés coupables d’actes délictueux, lors des procès romains. Les regrets continuaient de s’accumuler. Ils s’ajoutaient à la liste des échecs qu’elle ne tolérait toujours pas. Un papier chiffonné par l’avancée en âge. Elle y avait référencé tous ses péchés, dans un camaïeu de couleurs ternes et délavées. Alors que Rafaele faisait référence aux heures qui s’étaient écoulées après sa mort, elle avait l’impression de marcher sur des lignes temporelles instables et défaillantes. Comme si des fragments provenant d’un rêve irréel étaient en train de flotter dans sa tête. A ces vagues paroles, une lueur d’inquiétude brilla au fond de ses prunelles et ses lèvres se plissèrent en une moue songeuse. Un voile sombre recouvrait son esprit malade. Elle aurait souhaité comprendre. Accéder aux restes d’une vie passée, se perdre dans les ruines cendrées du territoire romain. Voyager dans des vastes continents où le silence, le sang et les débris régnaient à présent en maîtres. Rassembler toutes les pièces du puzzle et se retracer les évènements vieux de plusieurs siècles avec une lucidité remarquable. Elle ne se rappelait que des cris de terreur qui avaient traversé Ses lèvres lorsque les flammes avaient commencé par lécher sa main. « Comment es-tu mort ? Tu veux dire que tu as… ». Il lui apporta une réponse qui raviva la douleur. Tandis que cette dernière lui tordit les entrailles, un frisson d’horreur la parcourut. La vérité dépassait tout ce qu’elle aurait pu imaginer. Il s’était laissé engloutir par ses tourments. Il avait refusé de s’en échapper. Finalement, ses pouvoirs magiques avaient causé la perte de son âme sœur, la destruction complète de sa famille. Dans son délire, les racines sinueuses de la culpabilité s’extirpèrent du sol et emprisonnèrent son corps frêle, avec ce qu’il restait de sa conscience. Elle ne se préoccupait plus de ce tissu d’âneries grotesques qu’elle réussissait à Lui faire gober sans que cela lui demande un effort surhumain. Il ignorait qu’elle était devenue un vilain petit canard, prêt à balancer sa sincérité au placard si cela lui permettait de défendre des causes perdues. Elle ne réussissait pas toujours à répandre une atmosphère de complaisance et de paix.

A trop errer dans ce monde chaotique et sans espoir, une aura macabre s’était dégagée d’elle et avait éclaboussé sa personnalité. Ses sourires larges et naïfs avaient laissé place à des sourires torves accompagnés d’un soupçon de méfiance. Elle se sentait dévisagée avec dédain. L’ignorance était le meilleur des mépris et la distance qu’Il avait prise en disait long sur son état d’esprit. Dans le but de se dégager de l’enchevêtrement des racines, elle s’était dirigée vers la sortie, avant de prendre des initiatives vengeresses qu’elle n’approuvait même pas. Il était difficilement supportable de le voir afficher un rictus de douleur. Il la désarma en lui collant une gifle monumentale. Par réflexe, elle plaqua une main sur sa joue meurtrie et hurla à pleins poumons. Si du temps de Rome, elle l’avait écouté déblatérer des absurdités sans trop répliquer, habituée à ses tirades misogynes, les choses avaient changées. Elle n’était plus capable d’encaisser les coups sans réagir. Coincée à Darkness Falls, elle avait pu rassembler toute la colère et la force nécessaires pour vaincre les hordes infernales. « Tu n’aurais jamais dû faire ça ». Dit-elle avec une voix glaciale qui aurait pu donner des sueurs froides au plus grand des trouillards. Elle avait l’impression que Zaira la guidait à travers le ciel, la poussant à affronter le regard furieux de son nouvel agresseur. Elle flancha lorsque ses yeux ambres se perdirent sur la porte du bureau qui se situait non loin d’eux. Celle-ci était ornée d’une peinture qu’Il avait façonnée de ses mains. Elle en était persuadée. « Tu as peint cette toile ». Elle n’était pas seulement dotée d’une sensibilité artistique. Elle n’avait pas eu la possibilité de compter le nombre de fois où Il l’avait emmenée avec lui dans son atelier. A cette époque, ses doigts avaient glissé quotidiennement sur les grands draps qui recouvraient Ses œuvres. Elle avait déposé des baisers furtifs sur la commissure de ses lèvres, recueillant les gouttes de peinture qui maculaient ses joues fines. Par sa faute, cette ère était révolue. Elle avait caressé l’espoir de pouvoir à nouveau le serrer dans ses bras, et il avait tout balayé d’un simple revers de manche. Qu’il se serve de la mort de Zaira pour la réduire au rang de simple inconnue réveillait ses instincts de furie démente. Son regard de prédateur était rivé sur elle. Un léger gémissement d’écœurement lui échappa. Il faisait régner la folie de son aïeul.

« Tu n’es plus digne de prononcer Son prénom. Je haie l’animal que tu incarnes, autant que tes petits airs de Seigneur. Il a gagné. Et je n’ai même plus la force d’essayer de te ramener. Je ne te supplierai plus de rester. J’abandonne ! ». Leurs cris étaient assez puissants pour surplomber une ville endormie. Une nouvelle flambée de violence pouvait surgir à tout moment. Il l’endormit momentanément en lui offrant une étreinte, dans un élan désespéré. Elle retint un cri rauque lorsqu’Il malmena son poignée blessé. Elle passa outre son état de rage et de confusion, le visage enfoui dans les plis de son costume. Dans un mouvement de bassin instinctif, elle captura son corps. Un simple contact physique qui lui fit échapper un soupir d’aise. Il rompit le charme et se dégagea de son emprise, une montée de venin brûlant le fond de sa gorge. Un rejet et un flot d’insultes. Au bord du gouffre, elle pressentait le danger qu’Il allait courir par sa faute, n’aspirant qu’à revenir plusieurs siècles en arrière dans le but de prendre la place de Chiara. Permettre à son corps de baigner dans l’eau salée, celle-ci s’insinuant violemment dans ses bronches. Que l’oxygène se fasse de plus en plus rare dans ses poumons. Que Rafaele s’agrippe à la vase dans le but de dégager son cadavre. Elle aurait préféré mourir, plutôt que faire subir d’éternels tourments à ses objets d’amour. Elle donna un concert de ricanements lugubres, incarnant une mante religieuse qui serait peut-être capable de cracher sur la carcasse de ses victimes. « Puisqu’il n’y a plus rien, je n’ai plus besoin d’essayer de faire bonne figure. Montre-moi ce que tu es devenu. Transforme-toi. Allez ! Fais-moi voir à quel point tu es monstrueux. Tu veux exterminer tous les membres de mon espèce ? Commence donc par moi. Regarde à quel point tu lui ressembles ». Elle lui flanqua un coup de poing dans la mâchoire avant de murmurer une nouvelle incantation. Le reflet de son aïeul apparut dans le miroir qui leur faisait face.

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MessageSujet: Re: « are haunting our present. » [pv Azzura]   Dim 26 Jan - 17:16





Plus rien ne subsiste entre nous Comment puis-je prononcer ces mots ? Comment ai-je pu en venir à les prononcer ? C’est une bonne question. Le pire est, bien sûr, que je suis totalement franc avec Azzura lorsque je les ai prononcés. Totalement franc, dans le sens que je veux et j’espère que c’est le cas. Nous ne pouvons plus être tous les deux. Elle n’a pas semblé réaliser par quoi je suis passé lorsqu’elle et Zaïra sont mortes. Elle n’a pas semblé le comprendre lorsqu’elle m’a demandé comment j’étais mort. Tué par mon grand père, par un de mes amis bourreaux pour avoir aimé et fui avec une sorcière ? Pour avoir eu une fille, avoir été heureux de n’être qu’un simple père et amant à défaut d’être son mari ? Non, la réalité était bien plus cruelle que cela, bien plus sombre, bien plus glauque et bien plus désespérante. Je n’avais plus de raison de vivre Un souffle, huit mots, et je lui avais avoué mon suicide. Ma tentative de suicide. Plus rien ne subsiste entre nous Comment puis-je penser ces mots, après ce que nous avons vécu pendant plus de trente ans ? Comment puis je les penser sans sourciller, alors qu’elle a inspiré chacune de mes toiles, alors qu’elle les inspire encore maintenant. Elle a essayé de sortir, je l’ai retenue en la frappant violemment. Comme Lui en son temps. Son hurlement a résonné à mes oreilles, éclaboussant mon âme de sang et de remords que mon impassibilité a nettoyé, alors que je ramène mes bras sur ma poitrine en les croisant. Elle a hurlé, mais surtout elle m’a clairement fait comprendre que je n’aurais pas du aller aussi loin. Tu n’aurais jamais dû faire ça . Peut être. Mes yeux lui ont répondu. Ils étaient ternes, neutres et c’est cette neutralité qui m’a vendu. Son regard s’est alors perdu derrière nous, et j’ai légèrement froncé les sourcils dans une interrogation muette à laquelle elle a apporté rapidement une réponse. « Tu as peint cette toile ». Pardon ? Je me suis retourné brièvement le temps de reconnaître l’une de mes œuvres. L’une des premières que j’ai vendues. « Oui. Vestiges enfouis. Elle n’est pas très réussie, mais visiblement elle a plu. » J’ai préféré détourner le regard sans m’attarder sur la toile. Plus rien ne subsiste entre nous. Je suis bien plus sévère avec moi-même que ce que l’on peut croire. J’ai critique cette toile, tout comme je m’interdis maintenant d’espérer retrouver avec Azzura cette complémentarité qui nous a liés par le passé. Je vise la perfection la plupart du temps, lorsque je peins, et cette toile laisse paraître d’une manière qui me dérange la maladresse que j’avais, les premiers mois sous forme humaine, avec mes pinceaux et mes couleurs. Je vise la perfection et je la ne peux savoir si je l’atteins qu’en ayant un regard critique et objectif sur ce qui est. Et nous sommes immanquablement trop différent à présent pour espérer nous retrouver pleinement. Mes mots résonnent dans la pièce. Plus rien ne subsiste entre nous, hormis nos cœurs qui battent à l’unisson. La réaction d’Azzura ne se fait pas attendre et prend la forme de cris qui glissent sur moi en s’accrochant à chaque parcelle de mon corps. « Tu n’es plus digne de prononcer Son prénom. Je haie l’animal que tu incarnes, autant que tes petits airs de Seigneur. Il a gagné. Et je n’ai même plus la force d’essayer de te ramener. Je ne te supplierai plus de rester. J’abandonne ! ». De la violence. Verbale. J’essaye de la prendre dans mes bras, elle s’y abandonne un court instant. Avant que je ne sonne le glas de ce qui nous a lié. Plus rien ne subsiste entre nous « Puisqu’il n’y a plus rien, je n’ai plus besoin d’essayer de faire bonne figure. Montre-moi ce que tu es devenu. Transforme-toi. Allez ! Fais-moi voir à quel point tu es monstrueux. Tu veux exterminer tous les membres de mon espèce ? Commence donc par moi. Regarde à quel point tu lui ressembles ». Violence, encore. Mais cette fois, aux mots s’ajoute les coups. Je n’évite pas son coup de poing qui est bien plus puissant que ce à quoi je m’attendais. Je fais un pas en arrière, manquant de me prendre les pieds dans les restes de meuble qui jonchent le sol. Mes oreilles captent in extremis l’incantation et je me raidis par réflexe dans l’attente d’une douleur exacerbée ou d’une bêtise de ce gabarit. Rien ne vient. Je fronce les sourcils. « Qu’est ce que tu… » Mon regard se pose sur le miroir face à moi, et surtout, mes yeux bleus croisent ceux qui m’observent. Je ne sais pas qui je hais le plus à cet instant. Car je ne me vois qu’à moitié dans le miroir. L’individu qui me fait face est légèrement plus petit que moi. Son nez droit est le mien, tout comme son menton carré et la violence qui ressort dans sa posture. « Non… non.. » Ses sourcils sont plus fournis. Plus noirs. Plus drus. Comme ses cheveux. J’hésite un instant entre de faire un pas en arrière et poser un genou à terre devant cette apparition qui me dépasse, ou rester droit et le toiser du regard. Une part de moi me faire remarquer que ce n’est qu’un nouveau tour de magie, qu’une nouvelle preuve de la sournoiserie de l’espèce d’Azzura. Le choc passé, un voile de colère et de douleur se pose sur mes yeux. Le monde se teinte, et sans réaliser totalement ce que je fais, j’envoie mon poing sur le miroir qui se brise sous la violence du coup. « JE NE SUIS PAS TOI ! » Plusieurs éclats se plantent au passage dans ma main, mais je les ignore, tout comme j’ignore la douleur physique. Tout en moi suggère la tension. Ai-je vraiment crié ? Je me tourne vers Azzura, et je la pointe d’un doigt accusateur : « Qu’est ce que tu essayes de me dire ? Je n’ai RIEN à voir avec lui, RIEN ! » Desserrer mon poing en sang me fait grimacer et j’agite ma main dans le but de faire tomber les morceaux de verre qui sont restés dans les coupures. Ce n’est pas de la colère, c’est la réaction d’un animal blessé. Je ne m’écoute pas. C’est le loup qui parle, alors que je l’accuse toujours plus. « S’il y a un monstre, ici, c’est toi ! Uniquement toi ! Tu nous a menés à notre perte, c’est à cause de ce que tu es qu’elle est morte, c’est à cause de gens comme toi que je suis devenu ce que je suis. Je n’ai RIEN à voir avec lui, je ne suis pas mon grand père. N’essaye même pas de me faire croire que je me comporte comme lui. » J’ai vaguement conscience que je m’énerve trop pour ce que c’est. Ou du moins qu’en temps normal, ma colère aurait été contenue. Plus froide, moins expressive. J’ai vaguement conscience que je suis justement en train de réagir comme lui, lorsqu’il rentrait dans une colère incontrôlable. J’ai vaguement conscience que je n’ai jamais été aussi proche de lui ressembler. Peut être est-ce pour ça que je réagis aussi mal à son insinuation teintée de magie. Ma voix tonne et résonne dans le bâtiment. « Rafaele Renzacci est mort ! Les Renzacci n’existent plus, ils sont morts, ils sont enterrés. Je ne suis pas un Renzacci, je n’en suis plus un ! » Alors pourquoi te comportes-tu toujours comme si tu étais le Seigneur des lieux ? Pourquoi ne rejettes-tu pas un seul instant ton attitude guindée d’aristocrate ?

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MessageSujet: Re: « are haunting our present. » [pv Azzura]   Dim 2 Fév - 0:37

Le Seigneur Renzacci Lui avait inculqué la manie d’adopter un air détaché, quelques soient les circonstances. Manipulable à sa guise, Il était devenu le parfait suiveur. Quelques siècles plus tard, la pauvre carcasse de Son aïeul reposait six pieds sous terre. Pourtant, son influence perdurait toujours. Rafaele avait été forgé pour reproduire les faits et gestes de cette crapule dépourvu de foi et de limites. Il excellait dans ce domaine. Il s’adressait à elle avec une indifférence qui frôlait le mépris. Elle n’avait qu’une idée en tête. Celle de l’envoyer valser comme un pantin minable et désarticulé. Elle prendrait un malin plaisir à tirer sur les ficelles de sa marionnette favorite. Elle cracherait sur ce visage inexpressif. Mais avant, elle essaierait de le remettre dans le droit chemin. Des tentatives qui aboutissaient toujours à des échecs désastreux. Quand il s’agissait d’élaborer des plans foireux, qui n’avaient aucune chance de fonctionner, la palme d’or lui revenait. L’âme de son autre semblait aussi noire que les yeux qui Le dévoraient à travers la surface du miroir. Se lancer dans son nettoyage de printemps habituel risquait de l’affaiblir mentalement. Insensible à la détresse humaine, Il laisserait probablement échapper un rire glacial en jetant un œil sur ses joues ravagées par des sillons larmoyants. Dans tous les cas, Il lui pourrissait déjà son présent. Il ne pipait pas un mot et tentait en vain d’endiguer le flot de regrets qui aurait pu le secouer. Imperméable à ses discours moralisateurs et à ses hurlements sinistres. Le simple fait qu’Il ne fasse plus référence à ce foutu baiser qu’ils avaient échangé la propulsait dans une douleur lancinante. Une pluralité de questions se frayait un passage dans son esprit. Trop d’interrogations. Trop de déboires engendrés par cette rencontre. Sans parler de ses airs de petit bourgeois tyrannique, d’artiste de renommé, qui commençaient vraiment à lui taper sur le système. Toute la tension accumulée la déchirait en morceaux et faisait fondre ses os en bouillie. Un souffle libérateur s’échappa involontairement de sa gorge. Il ne lui permit pas de se hisser hors du marasme dans lequel elle était plongée.

« Tes œuvres seront toujours aussi médiocres, si tu décides de te couper de ton humanité ». Elle lui jeta un regard torve, cherchant délibérément à appuyer sur Ses points sensibles. Prête à le descendre en flèches et à observer son travail d’un œil critique. Il lui avait pourtant prouvé plus d’une fois qu’il magnait son pinceau avec expertise. Qu’il soit idolâtré au sein de cette société barbare la rendait capable des pires mensonges. Son corps portait encore les empreintes des poignes sanglantes. Les menottes avaient lacéré sa chair. Elle incarnait le détritus que les mendiants glissaient dans la poche de leur blouson usé. Une calamité dans le genre, qui souhaitait anéantir le rêve américain. Elle vivait dans un pot-pourri. Une péniche désaffectée. Pendant que Ses hommes tâchaient de lui administrer de la mort aux rats, Il la narguait en agitant pratiquement ses billets sous son nez. Ils confiaient des pouvoirs décisionnaires aux seigneurs des ténèbres, affectionnant leurs yeux luisants de sournoiserie et leur flexibilité. La faculté qu’ils avaient de lécher les bottes du président lorsque la situation l’exigeait. Une vague de colère la prit à la gorge. Elle s’écarta de lui pour ouvrir le tiroir du bureau qui se tenait derrière elle. Elle sortit un cutter et entailla Son magnifique costume, dans un déchirement sonore. Moui. L’effet de contraste ne t’a pas beaucoup inspiré. Tu ne seras pas référencé dans l’encyclopédie des grands peintres qui ont marqué l’histoire. Tu ne deviendras pas non plus l’icône de la mode ». Rafaele, le perfectionniste en Chef. Elle lui enlevait les commandes. Des rires éclatèrent. Des décharges dans sa poitrine. Aussi oppressants que les claquements de Son fusil, de ses armes à feu. Si le seigneur Renzacci avait été épargné, il aurait excellé dans leur maniement. Tandis que ce dernier s’approchait symboliquement de Rafaele dans le but d’aspirer son âme, l’obligeant à porter des préjudices moraux, des volutes de fumées noires emplissaient ses propres poumons. Oublieuse de la lumière, elle était prise de spasmes de furie. Métamorphosée en reine des glaces qui ne parvenait plus à maîtriser sa soif de vengeance, poussée par des rafales giflantes et incontrôlables. La friction dans l’air aurait pu générer des éclairs, à la mention de Zaira. Les yeux enragés, elle laissa échapper un torrent de larmes qui la désarma momentanément. Ses phrases tournèrent en boucle dans sa tête à la manière d’un vieux disque rayé. Cherchait-il à vérifier l’état de ses tympans, sa solidité psychique ? Elle plaqua une main sur ses oreilles lorsque des centaines d’éclats de verre volèrent dans tous les sens. Une gerbe de sang éclaboussa le sol. Il était hors de question de se laisser dévorer par les remords, alors qu’Il l’accusait à sa place sans sourciller, même si l’idée de panser ses plaies et de lui présenter ses excuses lui traversait l’esprit. Elle mit son cerveau en pause, avant qu’une grimace d’écœurement ne ravisse ses lèvres.

« J’ai lu quelque chose, là-dessus. L’homme n’est rien d’autre que la série de ses actes. C’est inexact, je m’excuse. Tu n’es plus un homme. Tu n’aurais pas dû me balancer de telles horreurs. Encore moins concernant Zaira. Tu n’aurais jamais dû en venir aux mains ». Elle se tordit les doigts, n’aspirant qu’à garder un semblant de contrôle. A bout de souffle, elle battit en retraite et quitta Son territoire, s’enfermant à double tour dans une pièce voisine. Les paupières fermées, le dos contre un mur, elle fredonna une mélodie calme et apaisante et chassa ses pensées mortifères. Elle revint vers Lui quelques minutes plus tard. Les mains croisées sur sa poitrine, le visage de marbre, elle le fit entrer dans l’envers du décor. Des gouttes de sueur glacées se formèrent au niveau de sa nuque. Si elle était confrontée au gouffre qui les séparait, elle continuait d’espérer inlassablement que Ses doigts épongeraient chaque centimètre de sa peau. Une maigre lueur d’espoir. « Tu es calmé ?! Appelle tes copains et fais nous rejoindre la Nouvelle Orléans le plus rapidement possible. Je me retiens de t’égorger. Je ne tiendrai pas longtemps. Il n’a jamais été question de Susanna. Il n’y a qu’un seul point qui te différencie de ton grand père : il était bien plus ingénieux que toi. Je n’aurais jamais réussi à le duper ». Les grondements de rage avaient laissé place à une colère froide.

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MessageSujet: Re: « are haunting our present. » [pv Azzura]   Lun 3 Fév - 15:10





« Tes œuvres seront toujours aussi médiocres, si tu décides de te couper de ton humanité ». Mon humanité ? Mais de quelle humanité parle t elle ? J'ai parfaitement conscience que je ne suis plus humain. Et ce depuis bien des siècles maintenant. Je ne suis ni humain, ni animal : je ne suis qu'un hybride qui erre entre ces deux états sans trouver d'ancrage ni dans l'un, ni dans l'autre. Je ne suis plus humain, comment veut-elle que je me coupe de mon humanité ? C'est absurde. Autant que peuvent l'être les mots que je prononce ensuite. En fait, notre conversation toute entière est absurde et n'a aucun sens. Je la rejette, je la repousse, alors même que je la tenais tout contre moi une poignée de secondes avant. Elle me repousse, elle me déteste, et pourtant j'ai encore le goût de ses lèvres sur les miennes. Notre conversation est absurde.

Et tout explose

La vitre s'est brisée en dizaine de fragments coupants sous mon coup de poing. Tout comme mon calme apparent, tout comme ma retenue. D'ordinaire, je suis calme. D'ordinaire, je suis posé. D'ordinaire, ma colère, sans être amoindrie ni perdre de sa force explose et se concentre dans une expression froide et contrôlée. Je n'ai pas l'habitude d'avoir des colères aussi dévastatrices que feu mon grand père. C'était l'une de nos différences majeures, celle qui montrait que je n'étais pas lui. Pourtant, même ma patience et mon calme ont des limites. Azzura fait partie des rares personnes qui sont capable de me faire perdre tout contrôle sur ma colère. Alors que les attaques des autres semblent généralement glisser sur moi sans me toucher, alors que je suis capable d'encaisser et de riposter en maîtrisant ma respiration et le moindre de mes muscles, là, je perds tout contrôle. Un voile de douleur et de colère m'aveugle, Ce n'est pas seulement du fait de mon costume abimé méticuleusement, alors qu'Elle sait que je suis perfectionniste au plus haut point, et que ce défaut m'insupporte physiquement ; ce n'est pas seulement parce qu'elle a utilisé sa magie pour me blesser, pour m'agresser, pour leurrer mes sens et attiser ma haine ; ce n'est pas seulement parce qu'elle appuie et enfonce volontairement avec un sourire carnassier que je ne peux que lui imaginer un couteau dans mon cœur en le tournant lentement pour faire durer mon agonie. Non. Le seul fait qu'elle me compare à mon grand père, le seul fait qu'elle me mette sous les yeux mon échec et ma réussite. Echec : je m'étais juré de ne jamais lui ressembler. Réussite : je ne pouvais pas ignorer le fait que j'admirais l'homme que mon grand père avait pu être. Indépendamment de ses défauts, indépendamment de ses crimes, indépendamment de sa haine pour Azzura que je ne pouvais tolérer.  Mes doigts sont couverts de mon propre sang alors que les plaies ne sont quant à elles déjà plus qu'un vieux souvenir. Ma respiration est rapide, comme celle d'un fauve prêt à attaquer. Je suis un animal blessé. Et un animal blessé ne doit pas être provoqué davantage qu'il ne l'est déjà. Parce que je sens que je suis sur un filin si fin qu'une simple brise me ferait sombrer dans une folie meurtrière qui me rapprocherait un peu plus de mon aïeul. « J’ai lu quelque chose, là-dessus. L’homme n’est rien d’autre que la série de ses actes. C’est inexact, je m’excuse. Tu n’es plus un homme. Tu n’aurais pas dû me balancer de telles horreurs. Encore moins concernant Zaira. Tu n’aurais jamais dû en venir aux mains ». « Pardon ? » Je m'approche d'Azzura, les traits du visage déformés par la colère. Je n'aurai jamais du en venir aux mains? Ce n'est plus Azzura qui se trouve devant moi : ce n'est plus qu'une sorcière qui se joue de mes sens et de ma raison pour me faire devenir fou. Ce n'est qu'un fantôme qui m'accuse de me servir de ma fille pour blesser ma femme. Ce n'est plus Azzura : ce n'est qu'une furie qui a voué sa vie à détruire le fragile équilibre sur lequel ma raison repose. Et mon humanité, s'il en reste des poussières éparses. Je veux l'étrangler, je veux la frapper, je veux la faire souffrir et lire dans ses yeux la douleur qu'elle m'inflige, psychologique et physique. Mais là voilà qui m'échappe, qui fuit vers une pièce où elle s'enferme. Me voilà qui fais pleuvoir sur la porte des coups sans interruption afin de la briser, de la faire tomber. « Je te hais ! Tu penses que je suis comme lui, alors je vais l'être. Je te déteste, tu m'entends ? » Ma voix rugit et je ne la reconnais pas. J'ai presque l'impression que ce n'est pas moi mais mon grand père qui s'exprime. La porte tremble sous mon coup de pied et je tire sur la poignée en espérant la faire céder. Je la déteste. Je déteste ce qu'elle représente, ce qu'elle me fait, ce qu'elle m'a fait. Je suis presque capable de la penser responsable de ma mort. De la sienne. De celle de ma fille. C'est faux Bien sûr que c'est faux : je ne sais pas qui est responsable, mais je sais que nous ne le sommes pas. Parce que si je commence à le croire, je ne sais pas ce qu'adviendra ma santé mentale, que des siècles lupins ont préservé plus ou moins. Les minutes s'égrènent, et je finis par me fatiguer. Par me calmer. Par me laisser glisser le long du mur, sans me soucier de mon costume déjà abimé et de son état à présent. Je me recroqueville en essayant de reprendre le contrôle de ma respiration. « Tu es calmé ?! Appelle tes copains et fais nous rejoindre la Nouvelle Orléans le plus rapidement possible. Je me retiens de t’égorger. Je ne tiendrai pas longtemps. Il n’a jamais été question de Susanna. Il n’y a qu’un seul point qui te différencie de ton grand père : il était bien plus ingénieux que toi. Je n’aurais jamais réussi à le duper ». Ses mots n'ont aucun sens pour moi. Le loup a entendu ses pas, le loup a perçu sa respiration calme, et sa colère. Et maintenant, c'est le loup qui l'entend parler et qui ne comprend que les inflexions de sa voix. Les mots ne sont que brouillard. Je comprends simplement qu'elle me provoque, qu'elle m'humilie, qu'elle me met au défi de la haïr davantage encore. Je me relève, comme si de rien n'était. Comme si je ne me suis pas effondré. Comme si elle ne m'a pas détruit méticuleusement par ses sous-entendus. Et sa violence. Et sa réaction. Sa violence a elle ? N'est ce pas plutôt de la tienne dont il s'agit ? Ma main va chercher d'elle même dans ma veste mon téléphone, et je numérote sans y penser le numéro d'un de mes contacts. Sa colère est froide : tant mieux pour elle. Mon visage n'exprime rien d'autre que l'indifférence. Je sais qu'elle va y lire aussi mon seul élément de défense pour ne pas exploser à nouveau, pour me fermer au monde. Je sais qu'elle va reconnaître dans cette impassibilité celle dans laquelle je me murais sous les insultes et les coups de mon grand père lorsque j'avais dévié de la voie qu'il souhaitait que j'embrasse. Je reste muet, tout en composant un bref message pour que quelqu'un vienne la chercher, en la présentant comme une amie égarée qu'il faut emmener là où elle souhaite dès que possible. Je ne veux plus entendre parler d'elle. Je ne veux plus la voir, je ne veux que l'oublier. Et je sais aussi que dès demain, j’emploierai à nouveau mon argent et mes relations pour retrouver sa trace et recommencer à la surveiller. Ma voix rauque est atone, finalement, lorsque je lui lance le téléphone, et déboutonne ma chemise que j'enlève d'un mouvement d'épaules. Maniaque jusqu'au bout : je ne veux pas risquer de la déchirer, alors même que je vais l'abandonner sous peu. « Attends ici, on va venir te chercher. Tu n'es pas la seule à te retenir, Azzura. Au moins, tu n'as plus à t'inquiéter que je te suive. Je ne veux plus te voir. Tes mensonges et tes allusions, tu peux te les garder. » Tout en parlant, donc, j'ai enlevé ma chemise et dégagé le chemin vers la porte, que j'ouvre d'un violent coup d'épaule. Plus facile à ouvrir dans ce sens là... J'inspire alors que la neige se pose sur mon torse et je laisse le loup prendre la place dans une brève explosion de douleur le temps que mes os se brisent et se ressoudent dans le phénomène de métamorphose qui m'est bien familier maintenant. Sans le moindre regard en arrière, je me lance à pas feutrés. Je veux avoir le temps de perdre conscience de ma nature humaine pour effacer aussi bien que la neige la crasse et la douleur qui se sont déposés sur mes pensées depuis plusieurs heures. Être loup me permet de moins me soucier de ce qu'il va arriver à Azzura le temps que l'hélico – ou la voiture – arrive pour venir la chercher. Être loup me permet de penser comme un loup, et d'ôter de ma mémoire ce qui n'est plus Présent. L'Avant, l'Après, le Plus tard... Ca n'a aucun sens pour un loup, et je laisse volontairement se déliter l'humain pour que le loup éclose totalement en moi et puisse hurler à la Lune ce qu'il veut lui transmettre.

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MessageSujet: Re: « are haunting our present. » [pv Azzura]   Dim 9 Fév - 17:14

Des sornettes à n’en plus finir. Elle aurait dû se sentir soulagée. Elle ne respirait plus l’odeur du souffre. Elle ne se glisserait plus jamais dans la fosse brûlante de l’enfer. Aucun bras maléfique ne sortirait des profondeurs obscures en vue de lui enserrer la nuque jusqu’à ce que ses yeux se révulsent. Elle avait mémorisé chaque odeur. Elle revoyait encore la larve visqueuse sortir de la gueule des créatures qui lui faisaient face, du temps de Darkness Falls. Pour rien au monde, elle n’y repartirait. Le simple fait de devoir sortir dehors pour s’extraire de la prise de Rafaele aurait pu lui faire cracher des morceaux de poumons, tant sa peur l’oppressait. Plisser son nez de dégoût était monnaie courante, lorsqu’on franchissait la cité des ténèbres. Elle allait devoir crever ces charognes qui avaient encore pris l’initiative de s’immiscer dans sa vie. Quelque part, les terriens n’étaient pas mieux lotis. Si le sifflement des haches se faisait entendre moins fréquemment, la colère continuait de crépiter dans les prunelles des citoyens. Rafaele était le prédateur qui errait dans son sanctuaire. Il s’exprimait avec mépris et véhémence. Sous sa façade d’indifférence, un brasier noircissait sa chair. Elle ne parvenait pas à étouffer les flammes qui dévoraient tout sur leur passage. Les mots doucereux qu’elle laissait parfois échapper lui passaient au-dessus de la tête. Il préférait souffler sur les tisons de la désinvolture et lancer des attaques qui dépassaient son imagination. Ses boutades martelaient ses tympans. Un sifflement strident entre ses dents serrées. Elle porta une main à son visage, comme pour se protéger des coups qu’Il allait probablement lui infliger d’une seconde à l’autre. Une perspective qui la remplissait d’effroi et qui faisait trembler ses lèvres frêles. A croire qu’elle n’avait pas grandi. Rafaele se trompait sur toute la ligne. Elle n’était pas seulement une vipère qui tentait maladroitement de réfréner des pulsions guerrières. Elle était une gamine terrorisée qui redoutait les réactions des adultes, habituée à les voir redoubler de violence. Alors que des grands ‘clacs’ résonnaient dans ce taudis qui lui servait de demeure, elle sursautait encore. Son cœur cognait violemment contre sa cage thoracique. Le froid ambiant la tira de ses songes, autant que le courroux de Son maître. Lorsqu’Il était dans cet état-là, les traits déformés par l’animosité, elle le craignait plus que tout. Il avait le diable au corps. Un soupçon d’épouvante. Il était impossible de déjouer Ses plans. Faisant preuve d’une barbarie légendaire, à la manière de ces saloperies qui avaient pour objectif de leur bouffer la cervelle, Il était capable de la punir de la pire des façons. Elle prenait sur elle pour ne pas fondre en larmes comme la dernière des dernières. Pour se donner un brin de contenance, elle s’empara d’un morceau de verre et s’entailla le bras sur toute sa longueur. L’inquiétude fut remplacée par la douleur fulgurante qui la traversa. Le sang jaillit de la coupure. Elle le regarda couler avec une étrange fascination, comme déconnectée du monde.

« Ne t’avise pas de recommencer ». Il s’agissait d’une simple mise en garde. Incapable d’éteindre son restant d’émotions, elle déserta les lieux sans plus tarder. Prête à s’endormir, elle sentit ses paupières s’alourdir. Son vacarme suffit à la sortir de cette torpeur maladive. Il faisait tourner ses neurones à plein régime. La migraine qu’elle s’était trainée pendant plusieurs semaines refaisait son apparition, tandis que Ses hurlements se faisaient entendre. Les yeux exorbités, elle replongeait dans une époque révolue. Elle s’était souvent retrouvée dans ce genre de situations aux cotés de Noah. Dans le but d’échapper à des hordes de zombies, ils avaient souvent été dans l’obligation de se réfugier dans le bâtiment le plus proche. Après avoir barricadé les volets de l’intérieur, ils attendaient la fin de la tempête. Elle n’aurait jamais imaginé qu’en revenant sur Terre, elle se confronterait à la cruauté d’un nombre important d’êtres humains. Pire encore. A la monstruosité du père de son enfant. Il faisait preuve d’une brutalité sans nom. La porte allait finir par céder. « Mais t’es complètement malade. Arrête ou je te transforme en crapaud. Je vais finir par te détester ». Elle se réfugia derrière une pile de chaises, avant de les poster devant l’entrée, des sueurs froides maculant son front. Toutes ces années de persécution finissaient par la rappeler à l’ordre. Une brume de souvenirs autrefois inaccessibles. Elle avait oublié Ses excès de fureur. Elle s’était focalisée sur les dernières années passées à Ses côtés. Il avait fait des efforts surhumains pour ne pas céder à ses pulsions meurtrières. Il avait appris à s’en aller en fulminant, lorsque les choses tournaient mal. Elle avait même cessé de lui conjurer d’arrêter ses bêtises. Aujourd’hui, la tension éclatait et elle n’était pas certaine de résister à une telle tentation. Celle d’utiliser ses pouvoirs sur Lui, une nouvelle fois, pour le mettre hors état de nuire. Soudain, il y eut un silence inquiétant, qui lui sauva la mise. Elle s’autorisa à circuler, son cœur semblant louper un battement à chacun de ses pas. Il retrouva sa maîtrise de soi. Cette indifférence qui lui donnait envie d’appuyer férocement sur Ses doigts ensanglantés dans le but de tester leur résistance. Ce rejet, il créait un trou béant dans sa poitrine. D’humeur vengeresse, elle imaginait ses dents amputer Sa langue, Ses os grincer tandis qu’elle lui tordrait le cou. Le téléphone. Cet objet de convoitise. Elle le balancerait contre un mur. Il couinerait pathétiquement. Elle se contenta de laisser échapper quelques gloussements moqueurs, permettant toutefois à ses prunelles d’errer sur Sa musculature. Il était aussi infect que désirable. « Si tu crois qu’il te suffit d’enlever le haut pour te faire pardonner…tu peux te mettre le doigt dans l’œil ». Dans l’incapacité d’en supporter davantage, elle abandonna le combat. « Adieu Rafaele ». Le visage dénué d’expressions, elle attendit les secours, constatant une nouvelle fois qu’elle avait trop attendue de ces retrouvailles. Il ne serait jamais en mesure de la sauver de sa déchéance. Au contraire, il la provoquerait bien volontiers. A bord de l’hélicoptère, elle se sentit observée, surveillée, épiée par ce toutou du gouvernement à la chevelure indomptable. Elle se réfugia derrière sa capuche noire jusqu’à l’atterrissage.

Topic terminé

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    There is a fire inside of this heart and a riot about to explode into flames. No matter how many breaths that you took you still couldn't breath. No matter how many nights that you'd lie, wide awake to the sound of poison rain.
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