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 And the lamb threw itself into the claws of the wolf

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MessageSujet: And the lamb threw itself into the claws of the wolf    Lun 13 Jan - 19:07



Le front collé contre la vitre glacée de l’autobus, Faith regardait défiler des rues qui lui semblaient appartenir à un passé fermement révolu. Une canne de toux suffisamment  violente pour couvrir l’infernal feulement du moteur de l’archaïque moyen de transport tira la jeune femme de sa rêverie.  Dans la rangée opposée, une femme se tordait à intervalles réguliers sur son siège avec force de bruits. Elle était sans âge. Les sillons creusant profondément sa peau aux coins de ses paupières indiquait un âge avancé que démentait un regard d’une vivacité surprenante et deux pommettes encore hautes voire saillantes. Résistant à la tentation de détourner les yeux de ce spectacle peu ragoutant, la jeune femme se forçait au contraire à se confronter à ce qu’elle associait de plus en plus à un futur proche. La malade personnalisait superbement ce qui tenait Faith éveillée au cœur de la nuit, ses derniers temps. Elle se représentait cette inconnue  exactement comme ce qui la guettait : une femme prématurément vieillie par une vie de misère et de solitude. Elle se détourna finalement tandis qu’un bref frisson secouait son échine. Son souffle chaud avait dessiné un halo de buée éphémère sur la vitre malgré la relative tiédeur ambiante, masquant précisément le nom de l’arrêt que le bus dépassait à l’instant. La jeune femme haussa les épaules et se rencogna dans son fauteuil un brin décati  lorsqu’elle s’aperçut qu’elle avait manqué sa destination, ce genre de détail paraissait complètement insignifiant au regard de sa situation actuelle. Se laisser bouleverser par les petits aléas du quotidien avait perdu de son sens, la qualité médiocre de son niveau de vie actuel avait du moins eu le mérite de la forcer à relativiser ce genre de tracas.

La jeune femme dévalait l’allée d’un pas en apparence décidé et pourtant, en son fort intérieur, tout n’était qu’un gigantesque bouillonnement de doutes et d’hésitations. Prise d’une soudaine impulsion, elle avait prit la direction inverse à sa destination de départ, martelant le sol de ses talons aussi vite que sa dignité le lui permettait pour ne pas se raviser. Il y avait bien longtemps que ce genre de lubies ne l’avait pas saisie. En vérité, la jolie texane évitait ce genre d’extravagance depuis son récent retour à la vie active. Son imprévisibilité passée avait laissé place à un besoin maladif de planifier et contrôler chacun de ses actes à la minute près. Non pas qu’elle  s’épanouisse réellement dans ce genre d’existence dépourvue de toute fantaisie ; mais la peur de replonger s’avérait généralement plus forte que ses soudains élans de spontanéité. Le triste spectacle dont elle avait été le témoin lui avait pourtant fourni l’inspiration nécessaire pour déroger à cette règle aussi sacro-sainte que nouvelle. La peur que lui inspirait cet hypothétique futur entrevu entre deux sièges miteux était plus forte même que les résolutions répétées et martelées des semaines durant par ses médecins. Joues rosies, respiration haletante et cœur battant ;  un trio qui ne jouait pas en sa faveur si le but était d’arborer telle une armure rutilante ce désarmant charme qui était sa marque de fabrique. Mais voilà, le reflet que lui renvoyait la vitrine du Masquerade au moment où sa blanche main se posait sur la poignée relevait plus de jeune lycéenne effarouchée que de la femme fatale. Défaisant l’élastique qui retenait ses cheveux, elle fit cascader la masse épaisse de ses cheveux bruns sur son encolure en un infime mouvement de tête puis compta mentalement jusqu’à 5, le temps de recouvrer une certaine contenance. D’anodin ce témoignage d’une vanité toute féminine n’en avait que l’apparence. En réalité, ce soudain souci de plaire représentait le premier pas vers la résurgence d’actes et pensées bien plus tortueuses que ça…

Faith connaissait mal le club. Plissant les yeux pour tenter de percer les ténèbres ambiants, elle avançait d’un pas hésitant dans cette salle prenant des allures de cabaret fantôme en l’absence de sa faune habituelle. Une vague odeur de luxure semblait flotter dans l’air, à moins que ce ne soit l’inconscient de la jeune texane  qui prêtait cette propriété au parfum néanmoins capiteux que les employées de cet endroit avaient laissé dans leur sillage. Le pouvoir de suggestion de cet endroit la frappait de plein fouet tandis qu’elle s’approchait lentement du bar, lui rappelant par la même occasion à quel point cette soudaine plongée dans les bas-fonds de son existence passé pouvait s’avérer hasardeuse. L’envie de tourner les talons vint la saisir juste au moment où un mouvement d’air se fit sentir dans son dos. Pivotant sur elle-même dans un mouvement quelque peu empressé, elle accrocha du coude un verre abandonné sur le comptoir, l’envoyant s’écraser sur le sol en un bruit sourd. Elle détailla un instant la silhouette masculine qui se dressait face à elle dans la pénombre, puis partit d’un rire nerveux.

« Oh, je suis désolée. C’est idiot… Tu m’as fait peur. »

Une ombre passa dans son regard avant qu’elle ne lève un visage transfiguré vers cette ancienne connaissance. « Bonjour Aiden » – dit-elle de sa voix la plus grave.


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MessageSujet: Re: And the lamb threw itself into the claws of the wolf    Lun 20 Jan - 16:42

Les yeux perdus dans le vagues, assis dans son fauteuil favoris un verre de bourbon à la main et un fond musical lui titillant gentiment les tympans, Aiden récupérait tout juste d'une nuit particulièrement difficile. Pris d'assaut par des pensées meurtrières d'une rare violence, douloureusement envahi par une faim qu'il avait cru insatiable le Daybreaker avait dû faire preuve de maîtrise pour ne pas sympathiser avec la folie totale. Obnubilé dans sa recherche d'une source d'énergie vitale à piller, il avait arpenté les rues sombres de la Nouvelle Orléans et cela malgré le couvre feu. Bien que perdu, vacillant sous les impulsions brutales de la colère il savait exactement où se rendre pour obtenir ce qui devenait vital pour lui.
Il connaissait le repère de quelques drogués trop faibles pour lutter. Un sourire charmeur sur le visage il se présentait à une jeune femme sans doute charmante lorsqu'elle n'avait pas ces quelques piercings qui ne faisaient que renforcer son identité de marginale. Peu importe son allure, elle était camée et planait tellement qu'il ferait d'elle son repas sans aucune difficulté. Tristement isolée elle ne serait qu'une autre victime d'overdose, un dégât collatéral. Mais pour ce faire Aiden devait maîtriser ses envies de violence, oublier quel plaisir il pourrait avoir à sentir son larynx et son œsophage s'écraser sous la pression de ses mains puissantes. Elle lui proposait un rail, qu'il acceptait en sachant que ça n'aurait aucun effet, ça faisait parti du jeu. La poudre fine et immaculée tapissait sa cloison nasale, s'infiltrait dans son système respiratoire pour rejoindre ensuite son sang couleur d'encre. Humidifiant son doigt il récupérait ce qu'il restait de poudre proposant à sa proie de récupérer son précieux sésame vers ce monde qu'elle croyait plus beau. Les lippes de la jeune femme s'enroulèrent sur son doigt, il profitait de ce moment pour saisir son visage entre ses mains, fixant ses prunelles bleues dans les siennes plutôt jolies mais terriblement vides. Le Daybreaker entamait sa ponction... « Là doucement... » soufflait-il avec un petit sourire sadique alors que la droguée commençait à suffoquer. Pas sûr que ce soir il arriverait à s'arrêter, à la laisser en vie comme il avait pu le faire avec d'autres proies. Mais n'était-ce pas finalement une libération qu'il lui offrait ? Qui méritait une existence aussi minable ? Ses yeux se fermèrent, et elle avait de plus en plus l'allure d'une poupée de chiffon. Lentement il l'asseyait sur le canapé crasseux, glissait une paille dans sa main et laissait une trace de cocaïne juste au dessus de sa lèvre supérieure.

Rassasié il avait quitté le lieux, mais ses envies de violences brûlaient encore en lui. Craignant de perdre le contrôle, dans un élan de lucidité il avait repris le chemin menant au Masquerade en vu de s'y réfugier. Malheureusement sa route croisait celle d'une patrouille de Peacekeeper chargée de rappeler à l'ordre les contrevenants au couvre feu, donc lui. Aiden plissait les yeux sous l'effet de cette lumière puissante que braquait l'un des deux miliciens vers lui « Halte ! Qu'est-ce que vous foutez dehors ? » interrogeait-il avec un ton autoritaire qui irritait déjà l'énergivore. « Je... Rentre chez moi. » déclarait-il avec aplomb, pas franchement impressionné par les armes des forces de l'ordre « C'est juste là. ». L'un des deux, venait de le reconnaître « Mr Northwild ? », contenant difficilement son état de tension son attitude alertait le second « Avez-vous récemment été en contact avec des créatures de type mort-vivant ? » le patron du cabaret eu un petit rire «  Je suis insomniaque. J'étais justement à une de leur rave party, ils ont le sens de la fête vous savez... » lâchait-il avec un profond cynisme. C'était justement à cause de ces créatures là qu'il ressentait cette envie d'arracher la tête de ces deux clowns. Mains dans les poches il s'avançait vers son établissement en ignorant les mises en garde de la patrouille « Entrée gratuite pour vous deux... » chuchotait-il arrivé à leur hauteur « Ça reste entre nous. » Aiden sentait les poings se fermer dans ses poches, il enfonçait ses ongles dans sa paume pour lutter contre cette pulsion meurtrière qui lui prenait les tripes. L'autre partie de sa personnalité complexe priait pour que les deux patrouilleurs ne fassent pas d'histoire. « Dernière fois Mr Northwild. ». Mélange étrange de déception et de soulagement, l'énergivore rentrait dans le cabaret et allait se terrer dans son bureau.

A chaque moment où il s'était assoupi, le regard de sa dernière proie lui revenait en tête puis il revivait cette scène juste devant le Masquerade mais dans cette version là son excès de rage devenait trop puissant. Il saisissait le Peacekeeper, s'offrant une prise de choix en enfonçant ses doigts dans ses orbites. La sensation d'un liquide visqueux sur sa main le réveillait systématiquement et il constatait que tout cela n'était qu'une production de son esprit. Finalement décidé de ne plus être la proie de ses visions, Aiden jugeait qu'il était temps d'aller vaquer à ses occupations. Les seules qu'il savait capables de suffisamment accaparer son esprit, terminant son bourdon d'une traite il sortait ensuite de son bureau. Descendant l'escalier qui le mènerait à la salle une silhouette près du bar attirait tout de suite son attention. Le pas souple et déterminé il s'approchait du comptoir dans le dos de belle jeune femme qu'il avait bien entendu reconnu. Elle avait senti sa présence, se retournant brusquement en envoyant valsé un verre qui inévitablement se brisait sur le sol. Un petit sourire en coin étirait les lèvres du Daybreaker, il lui avait fait peur, c'était très plaisant à entendre. « Je te pensais disparue Faith. » répondit-il à son salut « J'en étais navré d'ailleurs. » ajoutait-il sur un ton doux, trop pour être honnête. Son rictus s'élargissait en un franc sourire « Tu en déduis donc que je suis content de te voir. Qu'est-ce qui t'amène après tout ce temps ? » il s'approchait, frôlant subtilement son bras avant de s'adosser au bar « Je t'ai manqué ? » demandait-il avec un air taquin et un peu défiant. Il y avait un truc de changer en elle, ça se sentait... Mais quoi, ça il ne le saurait qu'en creusant un peu. Quoi qu'il en soit, voir cette jeune femme lui faisait plaisir et faisait naître en lui de toutes autres pensées que celles macabres de la nuit passée.
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MessageSujet: Re: And the lamb threw itself into the claws of the wolf    Mar 18 Mar - 16:29


L’éclat et la chaleur de l’astre solaire de cette fin d’après-midi éclairait le club sous un jour nouveau. Elle ne pouvait s’empêcher de laisser son regard errer en direction de la scène et les divers éléments du décor. Les lieux peints de rouge et de noir exerçaient un charme particulier sur l’humeur versatile de la jeune femme, même dépourvus de cette ambiance feutrée et de la clientèle haute en couleur qu’elle leur attribuait. Un parfum de scandale se dégageait de chaque alcôve, faisant légèrement frémir ses narines tandis que des sentiments contradictoires naissaient en son sein. Le Masquerade n’avait pourtant rien à voir avec ces vulgaires clubs ou des filles esseulées se dévêtaient pour une poignée de billets, au contraire, les propriétaires s’étaient efforcés d’en faire le lieu de rencontre entre performance artistique et érotisme implicite. En réalité, le pouvoir de suggestion qu’exerçaient en cet instant l’établissement et son propriétaire sur la jeune texane avait tout à voir avec l’opaque puritanisme ayant gouverné sur ses jeunes années. Ou bien était-ce simplement l’endroit idéal pour réveiller ses vieux démons ? Dès l’instant où ses pas avaient résonnés sur le sol, les doutes l’assaillant s’étaient pourtant dissipés, comme si tous les maux et les dangers attribués au club n’étaient qu’une excuse minable pour sa propre faiblesse. Elle se sentait doucement glisser vers des terres bien connues, à mi-chemin entre la dissimulation et le déni mais cette fois-ci en toute connaissance de cause. Avec la complaisance des dépendants, elle s’imaginait que ces  écarts concédés à petite dose dans l’espoir d’améliorer sa situation ne représentait rien de dommageable. Pas tant qu’elle conservait le contrôle.
L’illusion du contrôle, voilà ce que son esprit passablement embrumé par les composants chimiques sensés calmer ses nerfs construisait doucement dans l’ombre. Cela passait par un infime redressement de menton, un dos plus droit et un regard moins fuyant. Changement de physionomie subtil et pourtant essentiel. Cela passait également par une volonté de reprendre la main dans cette conversation en apparence anodine mais qui pouvait s’avérer décisive pour son futur. La clé était de ne pas se laisser dépasser par les événements comme il lui était si facile de faire maintenant. Ne jamais perdre de vue pourquoi elle était là et ce qu’elle attendait de cette visite. En réalité, Faith ne se faisait justement aucune illusion sur ses capacités de persuasion lorsqu’il s’agissait d’une performance artistique. Elle comptait plutôt sur des spéculations, un certain éclat de convoitise qu’elle avait parfois décelé au fond du regard d’Aiden autrefois et qu’elle espérait  voir s’allumer de nouveau, à son profit cette fois-ci…

L’unique avantage de sa situation tenait dans la quasi-impossibilité de tomber plus bas encore. La jeune femme avait bien conscience qu’un orgueil mal placé relevait d’un luxe qu’elle ne pourrait bientôt plus se permettre. A moins que cette tentative de se remettre en selle était la véritable marque de son orgueil exacerbé, la preuve de ce qu’elle se sentait capable de sacrifier pour ne plus subir les humiliations d’une société qui la considérait maintenant comme un rebut. Ce qu’elle ignorait en cet instant c’est que l’on n’échappe pas aussi facilement à la marginalité. Tout comme ses compagnons de misère, elle avait finit par attribuer à l’argent et au pouvoir des capacités thérapeutiques qu’ils ne possédaient certainement pas. Avec une naïveté toute nouvelle, la jeune texane tentait de se persuader que la poursuite de ses anciens péchés n’aurait rien de nocive si elle servait une cause plus grande, à savoir son ambition. Le seul défaut dans son plan tenait dans sa propre inconstance qui manquait à tout instant de l’emporter dans un tourbillon de non-sens. A l’instant même, alors qu’elle écoutait les paroles aux accents onctueux de l’homme qui lui faisait face, une brèche s’était entrouverte laissant passer un peu de cette instabilité qui lui était désormais coutumière.

« Disparue ? » Un sourire lointain étira ses lèvres vermeilles « On peut voir ça comme ça je suppose… »

Tandis qu’elle se penchait pour ramasser les débris de verre, résultats de sa maladresse, un vague trouble la saisit au souvenir de la façon dont la main d’Aiden avait effleuré son bras. Une malheureuse contraction de ses muscles la conduit à serrer un peu plus fort que voulu le dernier tesson, entaillant sa chair. Aucun tressaillement ne la secoua face à la morsure du verre sur sa peau. Elle se redressa lentement et coula un regard en coin à Aiden accoudé au bar  avant de répondre d’une voix caressante :

« Bien sûr que tu m’as manqué Aiden, crois-moi là où j’étais personne n’égalait ton charme légendaire… »

Charme quelque peu rompu cependant lorsque ses yeux se fixèrent de nouveau sur la plaie peu profonde mais d’où s’écoulait un peu de liquide écarlate. Avec un calme olympien elle se coula derrière le bar et tendit sa main sous l’évier, paume tournée vers le haut, pour y faire couler un peu d’eau. Elle laissa le silence s’installer tandis qu’elle posait un regard fasciné sur le liquide vital qui s’écoulait hors d’elle pour être évacué par le siphon en même temps que l’eau. Puis, un nouveau sourire accroché aux lèvres elle s’essuya la main dans un torchon abandonné là avant de toiser son interlocuteur.

« La raison de ma visite, donc… » murmura - t’elle un octave plus bas en se penchant dans sa direction par-dessus le bar « Je crois que tu possède quelque chose que je désire. Serait-ce trop abuser de notre…amitié que de solliciter un entretien, M. Northwild ? »
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