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 Arrête cette folie || Pv Raleigh & Soren - Terminé

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MessageSujet: Arrête cette folie || Pv Raleigh & Soren - Terminé   Mar 14 Jan - 17:48

Un petit quartier résidentiel non loin de l'hôpital était foulé par un homme perdu dans ses lointaines pensées. Une carte à la main, fixant tantôt l'objet et regardant tantôt son chemin, il se remémorait sa soirée en compagnie du propriétaire du badge. La décadence y avait été maîtresse et le machiavélisme l'avait épousée pour former alors un couple redoutable. Le sang avait coulé sur le pavé, celui d'un jeune homme au look débraillé et à la tête boutonneuse. Le genre qui ne semblait avoir aucune chance de s'épanouir dans une vie sociale parfaitement réussie, de ce fait Soren et son acolyte lui avaient très probablement rendu service, provoquant la fin d'une existence encore non accomplie qui n'aurait su susciter chez l'homme que profondes peines de coeur et mortel ennui. Néanmoins, ce ne fut point pour cette raison que les deux ignobles avaient choisi leur cible, le hasard avait été l'unique motif. Le hasard et, pour sûr, l'ardent désir de chair ensanglantée et de tuerie. Soren avait pénétré le royaume de Raleigh, un chirurgien à l'esprit tortueux et torturé, afin de le manipuler à sa guise. Connaissant son inconditionnelle obsession pour le sang perlant, il avait tenté d'en faire la main jouissive qui achèverait pour lui ses victimes, parce qu'à ses yeux cette nouvelle tendance apaiserait son fardeau. Ne plus être l'acteur du meurtre mais le simple organisateur lui ôtait quelques bribes de culpabilité qui, dans un premier temps il l'espérait, suffirait à de sensations nouvelles : moins ressentir l'obscurité qui le submergeait et d'avantage un tantinet de lumière. En somme, le jeune métamorphe était tout aussi perturbé que le docteur sur qui il avait plus tôt jeté son dévolu.

Ils l'avaient à peine torturé. Sciant ses pieds avec une corde aussi revêche qu'une vieille écorce, ils l'avaient ensuite suspendu comme un jambon en boucherie et seul Raleigh s'était délecté physiquement de la suite. Le chirurgien avait taillé la chair là où les veines se dissimulaient et le sang s'était échappé, d'abord très lentement. Des larmes d'apitoiement et de terreur avaient ruisselé et les supplications du martyre n'avaient eu de cesse de réjouir le métamorphe qui se tenait de marbre devant la scène, le regard ébène luisant d'une lueur malveillante et presque totalement assouvie. Dans ces instants, Soren n'existait plus, le monstre prenait le dessus. Le temps d'un sourire esquissé et le liquide de vie se déroba d'une nouvelle faille. Cette fois, il s'écoulait avec plus de fluidité et les yeux du tourmenté furent voilés par l'agonie. Les plaintes cessèrent et le déclin survint. Le chirurgien déposa les armes et observa son oeuvre, le metteur en scène pâlit. Après chaque délectation survenait la damnation. Le monstre devenait silencieux et la conscience de l'homme surgissait dans un royaume de tourmente, tiraillée par les agissements de son autre ténébreux. La culpabilité le broyait dans un étau, mais elle était différente de la précédente. Il se condamnait pour l'admiration du supplice mais, n'en étant plus directement l'auteur, ses torts étaient un peu plus supportables. Ou, tout du moins, se persuadait-il qu'ils l'étaient...

Avançant dans l'ombre des lumières urbaines, il détaillait cette carte avec quelque peu de mépris. Elle était à Raleigh, il s'agissait de son badge d'hôpital et il avait eu la négligence de l'oublier sur les lieux du crime, c'était compromettant ! Et un euphémisme ! Soren était passé alléger ses peines au bar avant de prendre la route vers la demeure de son étourdi d'acolyte afin de tout lui faire savoir de son inattention. Titubant par moments, il souriait en pensant à l'absurdité de la chose. Toute une carrière déchue parce qu'une minuscule carte avait décidé de glisser discrètement d'une poche qu'on avait omis de clore. Heureusement que son oeil avisé avait été captivé. Puis Raleigh s'en était allé si promptement... Soren savait qu'il heurtait la conscience de l'homme aux sournois penchants et pourtant... il n'éprouvait ni remord ni hésitation pour cette brève manipulation qu'il réitérerait prochainement. Le métamorphe y trouvait son compte et, égoïstement, n'accordait de l'importance qu'à cet unique point, bien qu'il commençait à apprécier son prodigieux pantin.

La porte de Raleigh se dressait devant lui. Soren leva le poing dans l'intention de frapper sur le bois lorsqu'il se rappela qu'il était depuis peu en possession des clés de celle-ci. Il n'avait pas réellement compris ce qui avait poussé son padawan à lui accorder ce privilège mais avait néanmoins accepté ce dernier. Il tenta d'introduire le métal dans la serrure mais encore un peu brouillé par l'alcool le trousseau lui échappa des mains. La deuxième tentative fut la bonne et il entra sans s'annoncer. Raleigh n'était pas en vue mais une forte odeur de sang vint lui titiller les narines et Soren se précipita vers la source. Le chirurgien se trouvait là, la chair tailladée à plusieurs endroits, un liquide encore chaud recouvrant ses innombrables cicatrices. Le skinchanger laissa le badge heurter le sol carrelé de la salle de bain et se soutint à l'encadrement de la porte. Il admira la mise en scène avec dépit. Il n'avait pas cru l'homme si faible. Etait-ce là que résidait la logique ? L'équilibre ? Une vie pour une vie ? Il s'était permis d'anéantir alors se devait à son tour l'anéantissement ? Tué par la culpabilité...
Il s'avança vers Raleigh et, mal assuré, glissa sur le sang de son compagnon d'infortune qui le regardait sans prononcer le moindre mot. De toutes les façons, il n'y avait rien à dire à cela. Les faits étaient suffisamment éloquents et franchement désespérants. A genoux face au chirurgien, tâché d'un rouge sombre, le métamorphe se contenta de lui décrocher une jolie droite histoire de lui remettre les idées en place. A défaut de le sauver, il lui exprimait son mépris pour cette lâcheté qu'il ne pensait pas présente chez son virtuose de la lame chirurgicale. " Quel con ! " lui fit-il savoir de sa voix rauque. " Quel gâchis... ". Et, étrangement, il éprouvait une once de peine pour cet homme qu'il avait peut-être conduit à la mort...


Dernière édition par Soren Blake le Dim 19 Jan - 16:43, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Arrête cette folie || Pv Raleigh & Soren - Terminé   Mar 14 Jan - 18:54


Mon cœur s’agite en tous sens depuis plusieurs heures et je n’arrive pas à l’apaiser. Je sais très bien ce qui ne lui convient pas, tout comme je sais que je n’aurais pas du agir ainsi. Souvent, je prétends conserver le contrôler sur chacun de mes gestes, chacune de mes « tortures », cependant ce n’est pas si vrai. J’en ai eu la preuve, peu de temps plus tôt. Sans personne pour me dire stop, sans personne pour me rappeler que je suis un médecin et que mon travail n’est pas de tuer mes patients, mais plutôt pour les sauver, je n’arrive pas à me contrôler. Je n’arrive pas à m’arrêter. Le sang qui coule m’hypnotise, il l’a toujours fait et le fera probablement encore bien longtemps. C’est ma drogue personnelle, ce petit quelque chose qui fait de moi quelqu’un de différent et qui me fait et survivre. Lorsque le liquide carmin s’échappe des chairs, avec son bruit si caractéristique, je me sens entier et je ne peux prétendre pouvoir tout arrêter seul.

Dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, le problème est encore différent. Je n’étais pas seul dans mon délire. Un autre homme sait se délecter tout aussi bien que moi des affres du sang qui coule. Lorsque je l’ai rencontré la première fois, j’avoue ne pas avoir bien compris ce qu’il s’était passé, mais maintenant, je crois le comprendre un peu mieux. Le jeune homme n’est pas si différent de moi. Il aime faire le mal, tout autant qu’il se méprise de l’avoir fait. La différence entre nous résidant probablement dans le fait qu’il peut encore sauver, alors que je sais ne pas être dans ce cas. Il est encore jeune, la noirceur ne devrait pas l’atteindre au plus profond de son âme, j’en suis persuadé et j’essaierais de le sauver, pour qu’il ne termine pas comme moi. Seul, dont l’unique compagnie est Dieu. Triste, dont les seuls personnes l’ayant un jour aimé se sont empressé de partir loin de lui. Malsain, dont l’unique passion dans la vie est de lacérer les gens. Lorsque je l’ai vu la première fois et que j’ai remarqué son penchant semblable au mien, je me suis donné une mission. J’ose croire qu’il s’agit une mission divine, pour m’expier définitivement de tous mes pêchés. Dieu m’a fait comprendre, d’un battement de cœur plus rapide, que je devais m’occuper de cet homme. Le ramener vers le chemin lumineux et surtout ne pas le laisser s’enfoncer dans la noirceur.

Cependant, là, dans la nuit, seul chez moi, lumières éteintes et verre à la main, je n’arrive pas à croire ce que j’ai fait. Personne ne m’a dit stop. Personne n’était là pour m’arrêter et je me suis laissé emporté par le flot de bonheur et de jouissance qui s’est emparé de moi lorsque les premières gouttes ont parlés le long des estafilades que j’avais fait à ma pauvre victime. Le résultat a donc été très simple… Le jeune homme est mort, emporté par la folie de mes instincts. Là où je m’en veux réellement, c’est d’avoir échoué à éloigner Soren de là. Au lieu de le ramener vers la lumière, je n’ai fait que le plonger davantage dans la noirceur et l’horreur. Les cris de l’exsangue résonnent encore dans ma tête et j’imagine, peut être bêtement, qu’il en est de même pour lui. Savoir que je suis peut être responsable d’une douleur morale chez le garçon m’empli de haine. Pour moi-même et uniquement moi. Je n’en veux à personne d’autre, parce que je suis celui qui à échouer. Celui qui n’a pu se contrôler. Celui qui va entraîner un pauvre chat entre deux mondes, dans celui qu’il tentait de lui faire éviter.

Le temps de la punition est venu pour moi. Mon Dieu doit probablement être très en colère contre moi. La quantité de sang que j’ai versé doit être compensée. Mon regard se pose soudain sur la cheminée, qui consume une toute nouvelle bûche. La vigueur des flammes amène de la chaleur dans mon cœur un peu froid et je me lève, pour m’approcher et déposer le front sur le manteau de la cheminée. Mes yeux se ferment soudain et je laisse la chaleur m’envahir tout entier, avant de pousser un très long soupir. Le temps est venu et ma main se lève pour attraper le couteau, que j’avais déposé sur la cheminée. Ma chemise vient épouser le sol, alors que je lève la main, pour dessiner une longue ligne, barrant mon torse. Probablement la plus longue jamais tracée, mais je n’avais jamais été aussi loin dans mes actes. Une estafilade, à l’image du crime que j’ai effectué. Le sang coule doucement et j’attrape pour verre pour le recueillir religieusement. Aucune goutte ne doit échapper à ma surveillance. Mon propre sang m’hypnotise soudain et je ne peux m’empêcher de me couper une nouvelle fois, sur le bras cette fois, que je tends au dessus du verre…

Bientôt, il est plein et sans dire un mot, contrairement à mon habitude, j’en verse le contenu dans le feu. Le crépitement habituel se fait entendre et j’ouvre enfin les yeux, pour les refermer aussitôt. Ma tête tourne, alors que le sang continue de s’échapper des orifices que j’ai moi-même creusé. Le couteau que je tiens encore en main heurte le sol soudain, dans un bruit sourd, alors que je n’ai pas eu conscience de le lâcher. Je reconnais presque aussitôt les symptômes d’un malaise. Mon Dieu… Pardonne moi. Je ne saurais payer ma dette ce soir. J’ai besoin de... plus de temps… Et surtout de pouvoir me soigner afin de recommencer. J’ai conscience d’être allé trop loin, mais mon sang continue de couler, en même temps que mes forces vitales. Il me faut me soigner au plus vite, si je désire conserver la vie alors je me rends rapidement dans la salle de bain, afin de trouver de quoi cesser le saignement.

A peine arrivé pourtant, je m’écroule, sans force et sans aucune conscience de chute. Faible et amorphe, je n’entends même pas la porte s’ouvrir. Je me concentre plutôt sur une lente litanie… J’ai conscience de t’avoir déçu. Pardonne moi. J’ai besoin de plus de temps. Je peux encore le sauver. Ne me retire pas Ta bénédiction. Je saurais me faire pardonner, tout comme je trouverai un moyen de le sauver. Je Te le promets… Soudain plus rien. Je me tais et seul le silence accueille la présence soudaine de mon compagnon d’infortune. Le bruit de la claque qu’il me donne résonne dans la petite pièce et j’ouvre les yeux, pour les plonger dans l’azur des siens. Soren… Un fin sourire étrange naît sur mes lèvres alors que je le reconnais et je lève doucement la main pour pointer un meuble derrière lui. Tu vas… devoir m’aider… Je me sens de plus en plus faible, cependant il me reste encore assez de réflexes médicinaux pour me sauver. Tu dois empêcher le sang de… je déglutis soudain, conscient de ne pas parler bien fort. couler. Je crois que j’ai abusé sur la quantité… Je souris encore, peu concerné par le fait qu’il ne comprend probablement pas de quoi je parle. Cette fois, tu vas devoir être mon ange gardien.


Dernière édition par Raleigh Donaston le Mer 15 Jan - 12:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Arrête cette folie || Pv Raleigh & Soren - Terminé   Mar 14 Jan - 21:35

Les choses se précipitaient et prenaient une tournure tout à fait déroutante. Le sang coulait à flot des plaies de Raleigh pendant que celui de Soren pulsait douloureusement contre ses tempes. Son coeur battait la chamade et il avait bien du mal à cerner les paroles de son acolyte qui, finalement et contre toute vraisemblance, semblait s'accrocher au peu de vie qui paraissait demeurer en son sein. Abuser sur la quantité... Le sang le fascinait-il au point qu'l ne puisse résister au plaisir de voir le sien ruisseler ? Cela expliquerait toutes ces cicatrices qui ornaient sa chair. Toutefois, bref ! Soren avait grande peine à réfléchir et le temps n'y était de toutes façons guère prompt. Il prit une grande bouffée d'oxygène et calma son angoisse. Car c'était bien cela dont il s'agissait et qui emballait l'organe : l'inquiétude. En toute honnêteté, et il ne pouvait le nier, Soren s'était attaché à son talentueux manipulé. Certes, il n'éprouvait pas de remords à l'offrir aux ténèbres, mais il n'en demeurait pas moins qu'il appréciait cet homme qu'il condamnait pourtant au supplice éternel. Sa noirceur la fascinait et lui était d'une utilité dont il se voyait mal se passer. Chez le métamorphe, tout était contraire et mêlée de sentiments en tous genres qui se heurtaient les uns aux autres dans une tempête spirituelle. Il avait du mal à faire le tri dans toute cette panoplie déchaînée, mais il avait su tirer du lot sa considération pour Raleigh et ferait donc son possible pour répondre aux ordres de son compagnon de tortures. Il se releva péniblement, s'essuya ses mains contre son jean imbibé et se tourna vers le meuble indiqué qu'il fouilla sans réellement savoir ce qu'il devait y dénicher. Dans la précipitation, embrumé par ses consommations de la soirée, le contenu se vida sur le sol et quelques bouteilles de verres se brisèrent à ses pieds. Il se mit à jurer de sa voix grave et entreprit de pousser ces trouvailles vers le docteur agonisant qui saurait mieux que lui ce qui lui était nécessaire. Un regard vers Raleigh en si piteux état et ses dernières paroles lui claquèrent au visage telles les bourrasques de glace dans un déluge de neige. Ange gardien... Soren n'était ni l'un ni l'autre et la médecine était un art qui le dépassait. Si son hôte comptait sur ses larges épaules pour lui sauver la mise, il allait devoir se confronter au manque de place qui les caractérisait. Le jeune métamorphe, bien qu'en quête de repenti - et un tel acte serait un somptueux remède à tous ses pêchés, quoi que laisser subsister un homme à la fois bourreau et meurtrier ne saurait être considéré par tous comme la bonne action du jour - se sentait dans l'incapacité totale de faire quoi que ce soit qui puisse être bénéfique à cet humain en décadence.

Il revint vers Raleigh et s'agenouilla à ses côtés, perdu, la tête vrillée, les sens brumeux et le coeur toujours cogneur. " Je ne suis pas un ange gardien Raleigh. Les hommes je le regarde crever ! ". Il hésita sur l'instant à se déposséder de sa peau d'homme pour se fondre dans celle du canidé, parce qu'elle était à la fois réconfortante et rendrait moins vive l'intensité de ses sentiments d'homme qui débordaient alors. Toutefois, il contrôla cette pulsion, conscient que laisser à son acolyte l'occasion d'observer sa véritable nature deviendrait un problème préoccupant si maîtresse destinée décidait de lui offrir d'avantage de temps. " Et merde, j'ai besoin d'un verre ". L'esprit tourmenté, il laissa le chirurgien seul sur le carrelage souillé et entreprit de s'acheminer jusqu'aux alcools qui ne manquaient guère chez Raleigh. Les âmes à la fois martyres et bourreaux avaient souvent tendance à se brouiller les sens afin d'apaiser leurs souffrances. Il saisit la première bouteille qui se présentait, lui ôta son bouchon et avala une grosse gorgée avant de remarquer le couteau avec lequel l'homme s'était tailladé. Non loin de la cheminée, le sang de sa victime encore frais sur l'acier luisait sous la vive couleur des flammes qui crépitaient. Un récipient ensanglanté attirait également son intention. Il se délecta une nouvelle fois de cette eau de vie qu'il tenait fermement dans sa main tout en se questionnant sur les pratiques douteuses de ce docteur qu'il avait enrôlé dans sa chute.

Chancelant, il revint vers Raleigh, sa bouteille greffée à sa paume, et s'assit mollement contre la baignoire. Voyant l'homme peiner dans ses gestes désespérés, il délaissa son alcool et tenta, à l'aide de compresses qui jonchaient le sol, de presser avec force les failles d'où la vie se dérobait, laissant le temps à l'infortuné de se panser, bien qu'il fut peu réconforté par le résultat. " Tu vas crever Raleigh, et pour quoi ? Pour un dieu qui n'existe plus ? Parce c'est ça tes cicatrices hein ? Un châtiment ? ". Soren n'avait aucune certitude et ne connaissait strictement rien à la religion, aussi se pouvait-il que ses déductions fussent totalement infondées et qu'il se soit fourvoyé. Toutefois, mis à part cela, il ne voyait guère ce à quoi son prodige pouvait s'adonner. Puis, s'ils se ressemblaient au point qu'il soupçonnait, il avait toutes les chances d'effleurer la vérité. Lui aussi se damnait et, même si la manière différait, le but était identique.

Il plongea un regard un tantinet brouillé dans les yeux couleur d'automne de son hôte et l'observa avec grande insistance. Ses mains se mirent à trembler soudain et la panique revint le caresser. " Tiens le coup, j'en ai pas fini avec toi ". Si l'aura du tout puissant subsistait encore quelque part, alors qu'elle parvienne jusqu'à Raleigh et lui offre un peu de son entité pour le sauver. Bien que Soren eut du mal à exprimer ce désir et laissa s'échapper ses paroles plutôt maladroitement, il prenait de plus en plus conscience de l'importance qu'avait su prendre l'homme dans sa vie. Solitaire, le chirurgien comblait à la fois cette absence de présence et son désir de culpabilité estompée. Il avait su dénicher plus d'intérêts qu'il n'avait imaginé et, sans pouvoir mettre des mots sur ses ressentis, s'y était également lié, comme un façonneur à sa création. Ou peut-être plus que cela... Il avait bien du mal à faire la part des choses. Mais le fait était que si la mort s'appropriait Raleigh, Soren ne demeurerait guère de marbre. Il avait trop à perdre.

  
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MessageSujet: Re: Arrête cette folie || Pv Raleigh & Soren - Terminé   Mar 14 Jan - 22:32


Mes yeux se ferment à intervalle régulier. J’ai un peu de mal à les conserver ouvert et à rester conscient. La douleur, je ne la sens pas vraiment, elle fait partie de moi depuis des années, qu’elle soit mentale ou physique. Je l’ai accepté il y a bien longtemps et mes blessures nombreuses sont le résultat de cette accoutumance. Ce n’est donc pas la douleur qui me fait défaillir, mais le manque de sang, qui commence à se faire cruellement sentir. La présence de Soren à côté de moi, je la sens, mais j’ai du mal à le distinguer. En vérité, l’homme en face de moi pourrait être absolument n’importe qui. Sauf que le jeune est le seul à avoir sa clef. C’est donc avec certitude que je pense avoir à faire à lui. Je le bénis à cet instant, parce que je sais que s’il n’était pas arrivé, j’aurais probablement été condamné à mourir, étouffé par mon propre sang. Cruelle ironie… Je sais donc que malgré mes erreurs récentes, Dieu est toujours là avec moi, à m’aider, me conseiller et surtout, il est encore là, à veiller sur moi. Grâce à lui, ce n’est pas l’ange de la mort que je vois devant moi, c’en est tout autre, même s’il affirmera probablement le contraire. Concentré pour rester éveillé, je ne remarque pas vraiment ce qu’il est en train de faire, mais je sursaute, plusieurs fois, en entendant mes bouteilles de désinfectant tomber au sol. Je lâche un long grognement, de colère, de douleur, de dépit, ou peut être d’autre chose, je n’arrive vraiment pas à le définir. Grognement, qui fait échos au juron de Soren… Au moins, ce dernier semble s’en vouloir un minimum de foutre le bordel chez moi.

Doucement, pour ne pas tourner de l’œil, je regarde ce qu’il a posé à côté de moi, avant d’éclater d’un rire bien trop faible pour être crédible. Pourtant, je suis amusé parce ce qu’il vient de me répondre à propos de sa nature… Tu vas me laisser crever alors ? Ma réplique sonne un peu creux, parce que je n’ai pas vraiment eu le temps d’y réfléchir et puis soyons honnête, j’ai autre chose à faire que d’être drôle. La situation étant de plus en plus critique. Je pense avoir vraiment besoin de la présence de Soren à mes côtés. Pas uniquement qu’elle est réconfortante, mais aussi et surtout, parce que j’ai besoin de la force de ses mains. Je suis d’ailleurs à deux doigts de lui demander de prendre des compresses pour les plaquer sur mes blessures, mais il me devance juste un peu et s’éloigne… Un sentiment d’abandon me prend soudain et ma respiration se fait sifflante. Cela ne devrait pourtant pas être une conséquence de mes coupures, mais je sens une légère crise de panique m‘envahir. En me moquant, juste avant, je n’aurais jamais imaginé qu’il le ferait réellement. Le laisser crever… Comme un chien, sur le sol souillé de sa salle de bain. Je ferme mes yeux lentement pour tenter de me calmer, mais rien n’y fait, mon palpitant s’emballe de plus en plus, je suis obligé de respirer fort pour continuer à alimenter mon cerveau et mon cœur. Et tout ça, parce que j’ai stupidement fait confiance à un gamin pour m’aider. Tout ça parce que je suis là, seul, dans ma salle de bain, abandonné par celui que je croyais comprendre…

Et puis soudain, après avoir été menacé par les ténèbres de nouveau, il revient dans ma ligne de mire. Une larme perfide s’est échappée de mon œil, alors que je pensais être seul à jamais, mais je n’ai pas la force de la faire disparaître. Le soulagement que je ressens en le sentant si près de moi est intense et me donne la force pour attraper des compresses et les lui tendre. Je n’ai pas besoin de parler et je ne suis même pas certain de le pouvoir, mais il semble comprendre, puisqu’il s’approche et pose ses mains sur moi, pour m’aider dans ma tâche. Lorsque le sang s’arrêtera de couler, je serai hors de danger et c’est bientôt le cas, j’en suis sûr. Alors je bande difficilement mon torse, pour enrayer le processus et ensuite mon bras, de la même manière. C’est probablement simplement dans ma tête, mais j’ai l’impression de me sentir déjà mieux. Jusqu’à ce qu’il parle de nouveau. Inconsciemment, je me raidis et je voudrais le frapper, pour avoir osé blasphémer. Cependant je n’en ai pas la force, alors je me contente de lui lancer un regard, que je voudrais noir, mais qui se révèle n’être que triste. Je t’interdis de dire ça Soren. Mon châtiment est à la hauteur de mon crime. Avec précautions, je tente de me redresser légèrement et m’assois, après un grognement de douleur. Ne parle pas de choses que tu ne connais en pensant avoir la réponse absolue. Dieu existe. Il suffit simplement de savoir où regarder pour le trouver. Mon discours s’est fait affirmé et mes yeux lancent des éclairs soudain. Pas de colère, mais plutôt de passion…

De nouveau, je sursaute involontairement, lorsque mes yeux croisent encore une fois les siens. Je ne sais pas vraiment ce que j’y lis, mais je sais une chose, il est touché par ce qui m’arrive et je me sens mal de nouveau. Pas pour avoir tenté d’expier ma faute, mais simplement de lui avoir fait peur. C’était un accident tu sais. Je n’ai pas tenté de me tuer ou quelque chose comme ça. Je suis simplement allé trop loin. Je retrouve très lentement des forces, le sang restant désormais dans mon corps. J’en ai assez repris pourtant pour lever doucement mon bras indemne et attraper une de ses mains tremblantes. Mon but est simplement de l’empêcher de trop s’en faire et surtout d’arrêter son tremblement. Je survivrai. J’en ai pas fini avec toi non plus. Je garde pour moi le dessein que j’ai pour lui, plus par peur de le faire fuir que pour le préserver. Après tout, je ressemble plus à un ange déchu qu’à un ange gardien. Ces quelques mots ne sont pas jetés comme une déclaration d’affection, ou n’importe quoi du genre. Mon but est pour l’instant purement professionnel. Je suis le soldat de Dieu et Soren celui que je dois ramener du côté de la lumière. Je tente un faible sourire, pour le rassurer juste un peu. Tu m’emmènerais dans mon fauteuil, devant la cheminée ? J’ai peur de ne pas maîtriser mes jambes.
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MessageSujet: Re: Arrête cette folie || Pv Raleigh & Soren - Terminé   Mer 15 Jan - 0:53

Soren avait su pointer la faille du doigt. La lame de sang était le moyen qu'avait trouvé l'homme de se châtier, comme si le liquide déversé expiait aux yeux de dieu ses immondes pêchés. Etait-ce là le destin du métamorphe ? Dans dix années, serait-il la réplique de Raleigh, à jamais marié aux ténèbres et condamné à se mutiler pour se déposséder de son trop plein de culpabilité ? Soren comprit qu'il avait entraîné à sa suite un homme de l'obscur qui, comme lui, ne s'accoutumait pas avec une totale complaisance à sa nature et, peut-être, avait aussi cherché par le passé à fouler à nouveau une lumière qu'il semblait aujourd'hui avoir oubliée... Soren avait mené un homme à se fondre d'avantage dans l'ombre afin que sa jeune âme puisse, elle, s'en extirper. Cette constatation lui laissa quelque impression étrange et, peut-être, enfin une once de remords. Toutefois, il n'avait jamais pensé que d'autres que lui puissent errer entre ombre et lumière. Et pourtant... sur l'entière population de la Nouvelle Orléans, le destin, joueur et sournois, l'avait porté jusqu'à Raleigh. Non pas que par arrogance il se jugeait unique en son genre, mais pensait simplement qu'une telle contradiction de l'esprit était une démence finalement rarissime. Il y avait le bien, le mal et chacun choisissait sa voie, puis s'y livrait corps et âme. Il avait toujours pensé que les choses étaient aussi naturelles et ordinaires, pour ainsi dire si simples. Si seulement elles l'avaient été...

Rassuré par l'état de son hôte, les tremblements apaisés, il exécuta sa demande et l'aida péniblement à se remettre sur pieds. Passant son bras sur ses épaules, le maintenant tout en chancelant et sa bouteille en main, ils s'acheminèrent jusqu'au dit fauteuil où il installa le convalescent. Il prit place sur la table basse face à l'objet et contempla le feu crépitant, perdu dans ses pensées. Puis, sans se détourner des flammes, il sortit enfin de son mutisme. " Je ne t'aurais pas laissé crever... Mais un autre que toi je l'y aurais aidé... ". Les mots sortaient comme ils étaient pensés. Alcoolisé, le jeune homme parlait sans tabou et sans réflexion, naturellement. Il offrit un peu de son attention à l'infortuné et lui proposa la bouteille qu'il lui avait empruntée après une énième gorgée. " Si dieu existe alors c'est un enfoiré. Et cet enfoiré, je l'ai jamais vu ". Il n'alla guère plus loin et ne tenta pas non plus de convaincre un converti qui ne saurait le convaincre non plus de se convertir. A chacun ses croyances et libertés et Soren se contenta d'accepter les idées de Raleigh sans s'y opposer. De toutes les façons, parlementer entre eux sur le sujet ne mènerait absolument à rien, si ce n'était à un mur essayant vainement de débattre avec un autre. Il évita donc soigneusement sur le sujet. " La lumière t'a abandonné Raleigh, alors pourquoi t'infliger ça au lieu de te laisser sombrer totalement ? Ce serait beaucoup plus simple... ". L'hôpital qui se gaussait de la charité ? Que non ! Soren, refusant de se lier de manière absolue à Lucifer, se trouvait dans un état d'esprit semblable à son aîné, bien qu'il ne lui ait pas encore dévoilé cet aspect de sa personnalité. Aussi, à défaut de les posséder lui-même, il espérait que le chirurgien avait les réponses à ces questions : à quoi bon lutter et l'espoir était-il un réconfort qu'ils avaient, en tant que malfaisances, le droit de convoiter ?

Soudain, poussé par les vices de la bouteille et une idée lui trottant en tête, il se leva sans laisser à son compagnon le temps de répliquer à ses innombrables paroles. Parce que les gestes avaient plus de valeur et de pouvoir que les mots, il décida qu'ils seraient les réponses à ses interrogations. L'obsession du mal pouvait-elle être tue ? Ou cette dernière remportait-elle toujours victoire sur le bien ? La noirceur n'avait jusque là jamais eu de cesse de souffler la lueur. " Les Ténèbres gagnent toujours, parce qu'elles sont les plus fortes. Alors pourquoi se punir d'y avoir succombé ? ". Il saisit le couteau à terre et s'ouvrit une veine dans toute sa longueur sur le poignet gauche. Il ne risquait pas le trépas, métamorphe de son état, la guérison serait prompte. Il avait l'intention de captiver l'admiration de Raleigh, de réveiller à nouveau sa passion du sang et prouver à tout le monde dans ce salon que le mal était trop enivrant pour s'en sevrer. Contempler la décadence de son acolyte avait secoué Soren et il avait pris la mesure de sa réalité. La lutte serait vaine... Face au mal, on ne peut que se plier. Une fois l'obscurité pénétrée, il n'y guère plus d'espoir pour le malencontreux de s'en délivrer. La lumière ne perce pas l'obscur...

Le bras en sang, l'équilibre peu assuré, Soren se dressa face à Raleigh et lui proposa la lame, puis son autre bras. Un sourire vint se dessiner sur son visage qui ne trahissait rien d'autre qu'une certaine réjouissance. " Laisse toi aller le chirurgien, ça te redonnera des couleurs et je m'en remettrai... N'aie pas peur d'aller trop loin ". Son regard d'azur pétillait à la lumière de la cheminée et plus rien ne semblait pouvoir effacer cette complaisance qui ornait son faciès. Soren se retrouvait de nouveau dans son élément. Et les remords qu'ils avaient tantôt éprouvés se dérobaient dans les abysses de sa vilenie. Il l'avait affirmé, il n'en avait décidément pas fini avec lui...
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MessageSujet: Re: Arrête cette folie || Pv Raleigh & Soren - Terminé   Mer 15 Jan - 14:03


Le chemin jusqu’au salon s’effectue dans un silence total et dans un rêve éveillé pour ma part. Je n’ai pas réellement conscience de ce qu’il se passe, tant je dois me concentrer pour simplement aligner un pas devant l’autre. Cette fois, je ne suis pas passé loin de l’issue fatale et si ça n’avait été pour et grâce à Soren, je ne serais déjà plus de ce monde. Cependant il était là, au moment où j’avais le plus besoin de lui. Et il ose prétendre que Dieu n’existe pas. Il l’a mis sur mon chemin, au bon moment simplement, certains idiots appelleraient ça le destin, moi j’appelle ça le dessein de Dieu. Soren et moi sommes liés et avons besoin l’un de l’autre, j’en suis intimement persuadé et j’aimerais qu’il s’en rende compte à son tour. Enfin posé dans le fauteuil, je pousse un très long soupir de soulagement. Enfin la douleur s’estompe lentement, la chaleur aidant, ainsi que la présence de son ami à ses côtés.

Une douce sensation de chaleur s’est emparé de moi soudain. Ses mots la répandent dans mon cœur et le réchauffe mieux encore que la cheminée qui crépite toujours. Lorsqu’il est parti, quelques minutes plus tôt, j’ai réellement cru à un abandon de sa part et je me suis rendu compte de tout l’intérêt que je lui porte au fond de mon cœur. Ce n’est pas simplement un homme que je dois ramener du bon côté, malgré tout ce que je peux dire ou montrer. Au contraire. Ce que j’ai ressenti m’indique des sentiments plus forts à son encontre. Je tiens à lui, j’ai besoin de lui dans ma vie solitaire. Et ça m’effraie, plus que jamais. Je ne veux dépendre de personne et encore moins d’un gamin instable. Ma vie ne peut simplement se résumer à ce genre de sentiments. Plutôt que de le regarder, je préfère plonger mes yeux dans le feu et le laisser me calmer à sa manière. Parce que mon cœur s’est de nouveau emballé et le danger est réel. Si je continue à me reposer sur lui, les conséquences seront désastreuses, j’en suis persuadé. Et puis malgré toute cette peur, en découvrant mes vrais sentiments à son égard, je me sens flatté. Je suis le seul qu’il aurait daigné sauver. Un privilège que je savoure, tout autant qu’il m’effraie finalement, parce que je n’ai pas vraiment l’habitude qu’on prenne soin de moi. Je me raidis, jusqu’à laisser échapper un cri de douleur. Je sais pourtant que maintenant, la détente est de mise, mais ses propos me touchent jusqu’au plus profond de mon cœur, m’agace et me terrorise. Dans mon cas, Dieu fait partie intégrante de ma vie et je sais qu’il existe. A chaque fois que j’apprends que mon sentiment n’est pas partagé, je me sens mal. Et cette fois, c’est d’ailleurs encore pire. Que n’importe quel profane s’amuse à blasphémer ne me dérange pas trop, je n’aime pas ça, mais j’encaisse. Venant de Soren pourtant, ça fait me mal et me rend perplexe. Dieu semble pourtant avoir de grands projets pour lui, mais s’il ne croit pas en Lui, pourquoi chercher à le sauver de la damnation éternelle ?

Cette question me bouscule et je n’arrive pas à trouver la moindre réponse. Je me réfugie donc dans ma conviction. Dieu a un projet pour lui et si je n’en connais pas les tenants et aboutissants, je sais néanmoins que je dois le faire. Le convaincre de se laisser sauver. Et si je dois pour ça, le laisser bafouer mon Dieu, alors je le ferais sans fléchir. La question qu’il pose soudain me fait réfléchir intensément. Je crois ne m’être jamais vraiment interrogé sur le sujet. Pourquoi ne pas me laisser sombrer, très loin, dans la noirceur ? Et la réponse s’impose comme évidente. Parce que je ne suis pas quelqu’un de mauvais. Dieu m’a choisi avec mes défauts et je me dois de le remercier pour ça, et de me faire pardonner pour mes pêchés. Je voudrais expliquer ça à mon acolyte, mais je n’en ai même pas le temps. Il parle vite, beaucoup et me fait peur soudain. Ma vision ne se pose plus sur le feu, mais sur ses jambes et je relève très lentement le regard jusqu’à lui. Je suis quelque peu perplexe par ce qu’il dit, ce qu’il pose comme question. A croire que je n’avais jamais remarqué que le jeune homme est aussi perturbé que moi par ses ténèbres grandissantes.

Et soudain, un cri m’échappe. Je me redresse brusquement pour lui sauter dessus et pose mes deux mains sur sa blessure béante. Le sang s’échappe à gros bouillons et j’ai du mal à le contenir. Je n’arrive pas à croire ce qu’il vient d’arriver et je suis d’ailleurs tellement perturbé que je n’arrive pas à me réjouir de ce qu’il vient de se dérouler juste sous mes yeux. Quelle preuve est-ce sensé apporter ? Non, je n’arrive pas à comprendre son geste, ni même lorsqu’il me tend son couteau, et même son autre bras. Je comprends soudain et j’ai envie de vomir, parce que je ne peux pas lui faire du mal. Pas à lui. Pas à quelqu’un qui compte pour moi… Tu n’aurais pas du faire ça. Quelle inconscience. Ta veine est dans un sale état. Ce n’est pas comme ça que l’on fait ! Je suis un peu paniqué, parce que ce genre de blessure ne se soigne que très difficilement. Mon discours est donc erratique et je sais très bien que ce n’est pas vraiment compréhensible. Ecoute moi Soren, tu ne peux pas faire ça. Tu ne peux pas t’ouvrir les veines, sans aucune raison. Au fond, il a beaucoup de mal à croire que son ami ait pu réellement faire ça pour lui. Lui faire du bien ? Ou bien pour prouver toute sa noirceur ? Tu as dis plus tôt que je devrais me laisser sombrer totalement. Je ne peux le faire. Tu sais pourquoi ? Parce que ma conscience est la seule chose qui me différencie des bestioles qui traînent, là dehors. Que mes pêchés ne peuvent restés impunis. Et surtout parce que la noirceur n’est bonne pour personne. Ni pour moi ! Ni pour toi !

Il s’agit probablement là d’un de mes plus long discours et je n’en reviens pas d’avoir autant parlé. Probablement est-ce l’influence des actes de Soren. Je ne t’ouvrirai pas comme un cochon ! Parce que je ne fais pas de mal aux personnes auxquelles je tiens ! Il s’agit là d’une déclaration que je ne m’étais pas attendu à faire et qui est pourtant très vraie. Les personnes que je blesse sont toujours des inconnus de prime abord et je tiens à conserver cela indemne. Personne n’est condamné à l’horreur du noir toute sa vie. Un seul acte, une seule parole peut déjà ramener vers la lumière. Je me retiens de justesse de continuer. Non, il n’est pas encore temps qu’il apprenne ses projets pour lui. Durement, mes mains se resserrent autour de sa blessure, qui ne semble déjà plus charrier autant de sang. Mon regard se fait perplexe et je plonge mes yeux dans les siens soudain. Ce n’est qu’un effet de mon imagination, je pense, mais l’air réjouis qu’il arbore me fait peur et je chancelle soudain avant de retomber à genou, rattraper par ma faiblesse. Soren, tu ne peux pas te complaire de tout ça… Ce n’est pas vraiment une question, plus une supplique…

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MessageSujet: Re: Arrête cette folie || Pv Raleigh & Soren - Terminé   Mer 15 Jan - 17:26

L'effet escompté ne vint guère. La réaction de Raleigh n'était pas celle que le jeune homme imaginait et les événements dérapaient de manière incontrôlée dans un virage auquel il ne s'était pas attendu. Le chirurgien des enfers n'avait pas d'avantage plongé dans sa folie mais l'avait au contraire tue pour venir déposer deux mains froides sur la plaie d'arme blanche. L'inquiétude décora avec une surprise non feinte le regard ambré de Raleigh qui exprimait à Soren l'inconscience d'un pareil geste. Un rictus vint s'éprendre du jeune dément qui jugeait la réplique inadéquate suite aux actes tout aussi inconsidérés de son aîné qui avait frôlé le déclin quelques instants plus tôt. Sans omettre que l'arme n'étant point faite d'argent, il savait que cette blessure peut-être fatale pour l'homme ne lui causerait que peu de dommages. A défaut de le flatter, l'angoisse de son acolyte eut le don de l'amuser. Toutefois ce sourire fut bref et le métamorphe redevint de marbre lorsque les paroles du sage le frappèrent. Le regard fixe dans le vide, il se concentra sur leur sens et réfléchit à la question pendant que le docteur s'attachait à faire pression sur la vilaine entaille. La conscience différenciait l'homme de la créature. Certes, c'était une vérité incontestable, mais l'homme, par définition, n'était-il pas un animal ? Soren avait fort à débattre sur le sujet étant donné sa double peau. Parfois homme, puis parfois chien, il avait effectivement compris sans mal qu'il était plus aisé de tuer sous la forme du berger, l'homme était d'avantage tiraillé que la bête, bien qu'une part de sa conscience demeurait encore présente chez le canidé. En somme, l'existence était plus acceptable pour l'animal et le jeune skinchanger avait donc grande peine à juger cet aspect bestial totalement hostile. Les horreurs qui foulaient le monde n'étaient pas différentes de la faune. Les interrogations étaient inexistantes et seuls les instincts dirigeaient leurs gestes. Pas de sentiment, pas de culpabilité... Voilà ce qu'offrait la noirceur, la simplicité et la disparition de la torture spirituelle. Finalement, la conscience était une bien mauvaise chose. Et pourtant... Soren se surprenait toujours à refuser de s'en détacher, là résidait tout le problème. Répugner le mal tout autant que s'y complaire... Parce que la nature obscure de la créature se heurtait à la conscience de l'homme. Soren avait été profondément bon par le passé, une belle âme toute en charité et jovialité. Mais le destin l'avait choisi pour un tout autre dessein et sa première nature lui fut ôtée au profit de celle du monstre. Depuis, les deux entités guerroyaient, l'ange et le démon refusaient tous deux de céder à l'autre la place absolue. L'explication à son comportement n'était guère une énigme, mais pour Raleigh, simple homme, que s'était-il donc passé ? Pourquoi ne parvenait-il pas à choisir sa voie ? Pourquoi errer entre deux mondes... Son quotidien pourrait être si simple s'il décidait tout bonnement de signer un pacte avec son Dieu tout puissant ou son déchu de frère, roi des enfers. Raleigh semblait infidèle lorsqu'on creusait plus en profondeur cette question religieuse. Il trahissait le bon pour se lier au ténébreux avant de revenir vers son seigneur des cieux pour lui quémander l'absolution. Il cligna soudain des yeux, il se perdait quelque peu dans toutes ces réflexions qui partaient en tous sens et lâcha simplement le fil de son esprit tortueux avant de sombrer d'avantage dans ses méandres.

La relation qui attachait les deux protagonistes chavirait et Soren ne savait plus quoi penser de tous ces revirements. Le fondement avait pourtant été si simple... Un manipulateur et un manipulé, un lien purement intéressé qui aurait mieux fait de rester tel quel afin d'éviter les débordements. Comment mettre à l'oeuvre sans heurt ses desseins si chacun des personnages s'attachait à l'autre plus qu'il ne l'était censé ? Il soupira à l'entente de cette déclaration et laissa à Raleigh l'opportunité de terminer son discours avant de l'interrompre. Et fort heureusement d'ailleurs ! Parce que la suite s'avérait très intéressante, emprunte de contradictions qui, décidément, ne cessaient de caractériser ces deux compagnons d'infortune. A trente ans passés, soit déjà plus d'un tiers de sa vie, le chirurgien caressait toujours Lucifer et sa noirceur avec une fascination terrifiante. Il n'avait semblablement pas su trouver l'acte ou la parole capable de délivrer sa pauvre âme pervertie de cette profonde obscurité qui voilait toute son existence. Aussi, comment pouvait-il prétendre affirmer la réalité de ces paroles qui n'étaient, pour Soren, que de de tentatrices illusions, des chimères... Mais des chimères qui berçaient tout de même ses songes.

Les doigts du chirurgien eurent d'avantage d'emprise sur le bras tailladé de son patient improvisé qui capta avec amusement sa perplexité. En enfin, le flot de sang se révélait déjà moins inquiétant. Soren soutint le regard de Raleigh qui le mira d'un air étrange puis lui sourit avec malice. " La noirceur a aussi ses bons côtés... Je t'ai dit qu'il ne fallait pas s'en faire ! Puis après ta catastrophe de c'soir, t'as pas grande leçon à m'offrir... ". Le seul point positif de cette métamorphose haïe était cette capacité régénératrice qui lui avait été conférée. Sur ces mots emprunts d'innombrables suppositions, il prêta un peu de sa force à son hôte pour l'aider à se redresser derechef et reprendre son aplomb dans le creux de son fauteuil. Voyant qu'il se désintéressait de la bouteille il s'en empara et se l'appropria sans retenue. Il en versa quelques gouttes sur son bras, souillant tout en même temps le pauvre sol du docteur qui aurait fort à faire pour débarrasser sa demeure de tout ce foutoir, puis s'en régala avant de reprendre parole. " S'il suffit de si peu, alors pourquoi t'as failli crever comme un porc à la saignée ? ". Et cette question englobait la totalité de ses interrogations : pourquoi toujours côtoyer la noirceur et incessamment se châtier si la réalité était si aisée et le changement si enclin à être adopté ? Pourquoi continuer à vivre ainsi dans pareil cas ? " Tu m'as pourtant bien l'air condamné Raleigh...". Décidément, le métamorphe ne mâchait pas ses mots. " Tu étais fasciné ce soir. T'as aimé ça, t'as complètement plongé ! Toi qui me parle de complaisance, s'en était. Ce que j'en pense, ce que je ressens, ça n'a pas la moindre importance. La noirceur j'y suis accoutumé et c'est pas un hasard... Et toi doc', tu pourrais t'en passer de cette drogue ? Je ne pense pas... Si on n'y prenait pas son pied, on recommencerait pas. Et le fait est qu'on en voit jamais la fin... ". Parce que la jouissance ressentie était une bénédiction, un plaisir indéniable et exaltant. La bouteille se vidait à vue d'oeil pendant que le skinchanger continuait de plaider la cause de l'obscur. Lui qui d'ordinaire ne disait pas grands mots se retrouvait bien bavard ce soir... " Dis moi Raleigh, quand tu fais le résumé de ta vie, qu'est ce qui peut te donner l'envie d'être différencié de la bête ? Elle t'a mené où ta conscience ? Qu'est ce que t'y as gagné ? Tu devrais simplement la laisser tomber, tu aurais l'esprit moins torturé et surtout, t'arrêterais ce genre de conneries ! ". Entendons par là ces multiples mutilations qui ont failli le réduire à néant.

Sur la table basse, il se tourna vers le feu et, à la lueur, détailla son bras meurtri. La plaie était béante mais saignait maintenant à peine. Il contempla ce talent luciférien quelques instants, captivé par cette génétique façonnée par le mal qui avait pour unique but la préservation de ses précieuses créatures de l'ombre. Finalement, les ténèbres étaient bien plus soucieuses de ses enfants que le seigneur tout puissant qui avait laissé tares et maladies décimer des milliards de vie depuis la création du monde. Comment pouvait-on avoir foi en lui après tant de malheurs réitérés ? Comment croire en une entité qui pu créer tant d'atrocités ? Il empoigna le couteau et fit briller la lame au feu. Une couleur vive l'enveloppa et le métamorphe l'appliqua sur la faille qu'elle avait tantôt provoquée. Refermée, elle guérirait plus rapidement encore. Et, sous la douleur, Soren demeura sans la moindre expression. Il la proposa derechef à son hôte. Il ne voulait pas le voir chavirer plus encore dans ses croyances de rédemption et tenta une nouvelle fois de le provoquer. " Tes sentiments te rendent faible et presque pitoyable. C'est ta dernière chance doc'. Voir le sang perler sans avoir besoin de l'arrêter. Pas besoin de contrôle. Et pas de remords, j'y laisserai pas ma peau ". Plonge Raleigh. Nulle absolution pour toi.
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MessageSujet: Re: Arrête cette folie || Pv Raleigh & Soren - Terminé   Mer 15 Jan - 19:24


Je suis perdu. Complètement perdu. Ses propos font mouche au plus profond de mon âme et mes mains se resserrent d’autant plus autour de son bras, de sa blessure. Cette fois, ce n’est pas vraiment pour le sauver, ou quelque chose du genre, mais simplement parce que j’ai besoin de ce contact, que j’ai besoin de cette emprise sur lui pour ne pas chuter complètement au sol. Déjà à genoux, je ne veux pas paraître encore plus pitoyable à ses yeux. Probablement parce que j’ai senti une sorte de mépris, pour accueillir ma précédente déclaration. Ou peut être n’en était-ce pas, je n’en suis pas certain. Je n’ai plus l’impression de maîtriser la situation et je commence une lente prière muette à l’adresse de mon Dieu. J’ai tellement besoin de Son aide maintenant. Pour comprendre les pensées du jeune homme en face de moi et surtout, pour m’aider à retrouver la voie pour l’aider. Tout ce qu’il dit me rend perplexe, un brin mal à l’aise et complètement en colère. Lui ne peut parler ainsi. Pas cet homme, si jeune et pourtant déjà si noir. Ce sentiment d’impuissance serre mon cœur et je n’arrive pas à réfléchir convenablement. Pourtant, les propos de Soren sont intéressants, peut être qu’en temps normal, j’aurais apprécié une discussion de ce genre. Pas ce soir. Peut être suis-je trop affaibli par l’accident précédent. Oui bien peut être que je ne veux pas parler de ça avec lui. J’ai probablement trop peur de le voir sombrer complètement pour aller dans son sens. D’autant plus que je ne suis pas d’accord avec lui. Je suis d’ailleurs près à le lui dire, mais je n’arrive pas à trouver le temps de le faire. Je me retrouve de nouveau sur le siège, sans comprendre comment j’y suis arrivé, pendant une seconde, avant de finalement hocher la tête, dans une sorte de remerciement muet.

Encore des questions… Encore des jugements… Mon esprit analyse chacun de ses mots, probablement trop lentement pour lui répondre du tac au tac. Au contraire, j’ai l’impression de me laisser envahir par ses mots, sans même réussir à y répondre. J’ai pourtant tellement de choses à dire, tellement de choses à lui faire comprendre. Et finalement, il m’assène le coup de grâce, avec une question que je n’aurais jamais voulu entendre. Non, pas une question, des questions, plusieurs questions dont je ne suis même pas certain d’avoir la réponse. Surtout que je ne suis même pas sûr qu’il soit intéressé par les réponses. Je comprends un peu mieux sa présence ici. En vérité, ce n’est probablement pas du tout pour moi. Après avoir vu comment il a accueilli ma déclaration et après avoir entendu ses nouveaux propos, je comprends une chose. Ce n’est pas moi qui l’intéresse. Pas moi en tant qu’homme. Ce qui l’intéresse, c’est ma passion secrète, cachée… Celle que j’exècre et que lui semble adorer. Encore une fois, je me sens terriblement mal à l’aise, alors je détourne le regard, pour ne pas voir le couteau briller de la couleur des flammes. Enfin j’arrive à analyser quelques uns de ses propos et ma mâchoire se serre soudain. Ce gamin, devant moi, n’est pas un homme… pas au sens strict du terme. Une intime certitude qui vient de me sauter dessus. Alors avec difficultés, je me penche, vers la table basse, pour sortir un autre couteau, d’un tiroir… Peut être devrais-je utiliser cette lame alors. Son argent pur tracera une bien plus belle plaie. Le sang s’écoulera mieux… Avec le peu de forces qu’il me reste, je plante le couteau dans l’un des accoudoirs du fauteuil et secoue la tête, avant de reporter mon regard sur lui.

Tu n’es pas humain n’est-ce pas ? Bien sûr, cette remarque, je l’ai uniquement prononcé pour détourner son attention des vraies questions qu’il m’a posé. Peut être aussi pour me donner plus de temps pour réfléchir à celles ci… Après tout, je veux lui répondre, mais je n’arrive pas à trouver la force de le faire. Tu n’as aucun intérêt pour moi. Je veux dire, pour qui je suis ou quoi que ce soit. Tu n’aimes qu’une chose chez moi ! Ce ne sont pas des questions, juste des remarques qui me trouent le cœur. Je pensais avoir trouvé quelqu’un. Pas un amant, bien sûr que non, mais quelqu’un qui tenait peut être un peu à moi. Ce n’est pas le cas. C’est du moins ainsi que j’ai pris sa remarque sur les sentiments que je ressens envers lui. Je me sens blessé, beaucoup plus que lorsque je me suis planté le couteau dans le corps. Tu veux savoir pourquoi je veux conserver mon humanité n’est ce pas ? Tu veux savoir pourquoi je veux me faire pardonner pour tous mes pêchés ? Pour quelque chose que tu ne sembles pas comprendre. Mes sentiments sont pitoyables n’est ce pas ? Pourtant ce sont eux qui me permettent de survivre. Ce n’est pas le sang qui coule qui me donne envie de vivre, de me lever le matin. Ce n’est pas mon métier non plus. Non, ce qui me donne envie de continuer, ce sont mes sentiments ! Ceux que tu dénigres aussi fort. Je suis un pêcheur. Nous sommes tous les deux d’accord là-dessus, mais si je me laisse embarquer dans le mal, je ne serais plus qu’un pantin entre ses mains. C’est quelque chose que je refuse ! Mon discours est passionné et mes voix est devenue rauque à force de mots. Je n’ai pas l’habitude de parler autant, mais je me dois de le convaincre. Même s’il ne semble plus être totalement humain, je sais qu’il reste de bonnes choses en lui. Des choses que je dois sauver.

Mes conneries comme tu dis, je sais qu’elles m’apporteront un jour ce que je recherche au plus profond de moi. L’amour peut être. D’un être, ou de plusieurs. Le fait d’être aimé, de savoir que quelqu’un tient à vous, c’est quelque chose que je désire depuis bien trop longtemps, mais je sais que bientôt, quelqu’un me l’accordera. Je ne sais que tu n’es pas aussi noir que tu le prétends mon ami. Je le sais, parce que si c’était le cas, nous ne nous serions jamais rencontré. Et si c’était le cas, tu ne m’aurais pas aidé. Tu n’aurais pas été inquiet de me voir mourir. J’essaye de réveiller sa culpabilité, son humanité, bien que cela ne semble pas être chose aisée…
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MessageSujet: Re: Arrête cette folie || Pv Raleigh & Soren - Terminé   Mer 15 Jan - 22:52

Soren sursauta brièvement. Non pas parce qu'il avait reconnu l'argent de la lame mais simplement parce qu'il ne s'attendait pas au geste soudain de son interlocuteur. Il regarda la garde qui, seule, dépassait encore de l'accoudoir. Soulagé que ce fut l'objet la cible et non sa chair, il détourna l'oeil et feinta la désinvolture, tel que ce couteau menaçant lui semblait tout à fait inintéressant et, surtout, des plus ordinaires. La langue déliée par l'alcool il s'était maladroitement attaché à en révéler plus qu'il ne le voulait, et qu'il ne le devait. Tu n'es pas humain.... Cette réplique lui glaça le sang et son coeur cessa de battre le temps de quelques battements. Il s'était mis en danger et l'alarme laissa enfin échapper une once de son signal. Il lui fallait se rattraper promptement dans ce virage et contrer cet inquiétant dérapage. Heureusement, son faciès n'avait trahi aucune émotion. Il se détourna de la cheminée, posa le couteau encore tiède non loin sur la table et offrit toute son attention au chirurgien. Il fut désireux de lui répondre lorsqu'il avorta son intention, Raleigh dérivant aussitôt sur un tout autre sujet. Somptueuse diversion, mais qui ne durerait qu'un temps. L'homme commençait à comprendre l'intérêt qui avait poussé Soren à se lier à lui. Du moins, embrumé, le métamorphe avait bêtement livrer ses véritables intentions. Et il en venait à se demander si l'eau de vie était l'unique responsable... Ce grand homme et son charisme lui inspiraient confiance. Raleigh suscitait des sentiments chez l'inexpérimenté skinchanger qui s'était un peu trop attaché à son pantin. Inconsciemment, il avait peut-être ressenti le besoin et l'envie de se mettre à nu. Mais consciemment, il ne se l'avouerait pas, il n'était pas encore prêt à l'acceptation de pareilles constations. Son coeur demeurait encore trop noir, la lumière lui semblait pour l'instant inaccessible. Puis il se délectait tellement du mal que se rapprocher maintenant de la lueur lui intimait la peur.  

Les discours s'enchaînaient et Soren en but chaque parole sans ciller. Il écoutait la voix lourde de son hôte avec une concentration toute mesurée et pesait la valeur de chaque mot. Les sentiments furent un argument auquel le jeune métamorphe ne put s'opposer. Ils avaient une importance capitale au sein de l'existence, qu'ils soient bons ou mauvais ils étaient l'essence de la vie, ce qui permettait à une âme de rire aux éclats ou de pleurer à chaudes larmes, de vibrer, mais aussi de s'anéantir. Et parce que le plaisir faisait partie de cette panoplie, Soren acquiesça silencieusement plus encore. La conscience était une tare et les sentiments une bénédiction. Ils seraient peut-être d'ailleurs le fruit de sa réussite, la main tendue qui lui offrirait son échappatoire et redonnerait à sa vie cette couleur blanche qui lui avait été brutalement confisquée au profit d'une beaucoup plus sombre...

Soren ne savait plus que faire ni que dire. Toutes ces vérités le déroutaient et l'hésitation l'assiégeait. Raleigh avait profité des failles pour boire avec aubaine les paroles à la fois transparentes et compromettantes de son acolyte qui n'en avait que trop révélé sur son être et ses desseins. Il aurait certainement mieux fait de lui livrer l'entière vérité mais cette perspective lui semblait plus dangereuse encore que se parfaire dans le déni. Il délivra donc la lame d'argent de son fourreau improvisé puis ôta son tee shirt afin de tracer sur son torse une parfaite ligne de sang, cependant très fine. La souffrance était grande, mais en réponse à celle-ci, son visage fut de marbre. Il aurait aimé hurler au monde cette douleur de feu qui consumait sa chair mais la tue dans un stoïcisme exemplaire. Le métamorphe devait se contenir pour prouver à l'homme qu'il n'était pas différent de lui. Ses doigts se crispèrent sur le manche de son supplice mais le regard de son hôte captivé par le sien, il fut le seul à remarquer et ressentir ce geste. Son regard azuré plongé dans l'ambré de Raleigh, il brisa le silence. " Je ne suis qu'un homme, mais, s'il existe, tellement détesté de Dieu qu'il ne m'offrirait jamais de délivrance si rapide. Je n'intéresse pas la mort, parce que cette chienne de vie n'en a pas encore terminé avec moi ". Sa voix était autoritaire et passionnée, absolument convaincante et sonnait grave dans la pénombre. Il espérait que cette feinte suffirait à convaincre le docteur de sa méprise à son encontre.

La lame claqua sur le bois, proche de la première, inoffensive maintenant qu'une distance réconfortante la séparait de son propriétaire. Soren se redressa d'un bond et s'approcha du religieux qui reprenait peu à peu ses couleurs à la chaleur de l'âtre. Le changeur de peau attrapa l'une des mains de son aîné et la plaqua contre son torse, là où battait son coeur. Celui ci s'emballa au contact, angoissé par ses propres intentions et son audace. S'il battait la chamade sans effort, alors l'organe était submergé de sentiments et qui ressentait ces derniers ne pouvait être qu'humain. " Je ne suis qu'un homme... " répéta t-il. Sa voix faiblit. Oui, il l'avait été et se rappelait avec une profonde tristesse cette plus belle partie de sa vie. Il ne pourrait, certes, jamais le redevenir. Sa nature était irréversible, mais rien n'empêchait le skinchanger de se remettre derechef à prôner et effectuer le bien autour de lui. Un métamorphe demeurait un homme qui n'avait qu'un siècle de vie devant lui, dont le coeur battait chaudement sous l'effluve d'une ribambelle de sentiments totalement humains et qui, physiquement, ne subissait pas le moindre changement. Leurs créateurs leur avaient simplement insufflé une seconde peau qu'ils avaient le choix de vêtir ou de délaisser. Restait le problème des transformations durant la pleine lune, mais celui ci s'estompait avec l'expérience. En somme, un métamorphe pouvait choisir sa voie. Soren en avait juste été incapable, trop faible il n'avait guère su accepter et dompter cette nouvelle condition qu'on lui avait imposée. Il avait chaviré.

L'atmosphère était lourde, pesante. Le feu paraissait soudainement plus ardent et l'entaille sur son torse devint cuisante. Le teint écarlate il chancela brièvement avant d'attraper vivement l'une des lames derrière lui pour venir la plaquer contre la gorge de son infortuné compagnon qu'il dût laisser pantois. Il appuya sa main libre sur le dossier afin de se donner plus d'aplomb et reprendre contenance, frôlant au passage le visage de Raleigh. " Les ténèbres sont mon quotidien et pourtant, je n'en suis pas le pantin ! Si je n'avais aucun contrôle sur ma vie, et si j'en avais vraiment rien à foutre de ta petite personne, ne serais-je pas censé taillader cette gorge, juste pour savourer le plaisir de ton agonie ? ". Il pressa la chair plus fort mais évita soigneusement de la meurtrir. Puis se contenta de lâcher la lame d'argent d'une main tremblante. Elle chuta mollement sur les cuisses de l'agressé sans avoir pu savourer la moindre petite once de son sang. " Même la noirceur a besoin de compagnie. Je ne suis plus qu'un tueur Raleigh, mais j'ai le choix de mes victimes et tu n'en feras pas partie, parce que je me sens incapable de t'ajouter à ma liste... ". La douleur le tourmenta de nouveau et ses muscles se bandèrent pour l'accueillir. Ses traits restèrent de marbre pour ne rien laisser paraître et il s'attacha à se maintenir au fauteuil avec plus de force avant d'ajouter " Peu importe à quel point on peut être noir, on l'est, c'est tout. Et c'est ça et seulement ça qui nous a réuni ! ". Il marqua une légère pause puis termina sa foulée par une énième interrogation. " Dis moi Raleigh, que recherches-tu au plus profond de toi ? " Son ton tantôt plus tempétueux avait retrouvé sa placidité.
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MessageSujet: Re: Arrête cette folie || Pv Raleigh & Soren - Terminé   Mer 15 Jan - 23:47


Cette fois, son sang m’hypnotise et je n’arrive pas à me lever pour l’empêcher de couler. Je regarde le liquide carmin et vital perler sur son torse, me lèche la lèvre inférieure et essaye vainement de détourner le regard. Parce que je ne veux pas qu’il pense que son sang m’intéresse, je ne veux pas qu’il me demande encore une fois de le mutiler. Mon attention est focalisée sur sa plaie, si bien que je ne remarque pas du tout sa douleur. J’aurais pourtant du être très intéressé par ses réactions, pour simplement savoir si mes propos passés sont justes. Ce sont ses propos par contre, qui ramènent mon attention sur son visage. Ses paroles sont pleines de douleur et je voudrais pouvoir le consoler, mais j’en suis incapable. Parce que je ne sais pas comment réagir à ces quelques mots. Je ne sais pas quoi lui répondre et je ne prononce d’ailleurs pas un mot. Ce n’est qu’un petit grognement qui s’échappe lorsqu’il attrape mon bras blessé, pour une raison qui m’échappe encore. Je sens sa peau sous la mienne soudain et je me sens décontenancé…

Ma main, sur son cœur, sur son corps, tremble soudain et je voudrais me défaire de sa poigne afin de m’éloigner de lui. J’en suis pourtant incapable et ma gorge s’assèche. Je n’avais jamais considéré Soren comme un homme jusqu’ici. Du moins, pas comme un homme qui pourrait m’attirer. Jamais je n’ai eu un regard déplacé ou même un geste envers lui. Tout comme je n’aurais jamais pu l’envisager. Et là, ma main sur lui, la gorge sèche, mon cœur s’emballe, à l’image du sien. Je ne comprends pas bien son but. Probablement une façon de me prouver mon erreur, pourtant je n’arrive pas à le croire. Peut être suis-je affaibli, mais il n’empêche que j’ai vu son regard, son sursaut, lorsqu’il a reconnu l’argent de ma seconde lame. Son jeu est très bon, probablement aurait-il pu être un acteur dans une autre vie, un autre monde, mais ça ne prenait pas vraiment avec moi. La seule chose qui me poussait à vouloir le croire, c’était ce cœur, vaillant, qui bat. Peut être n’est il pas vraiment humain, de part sa race, mais ses réactions aussi physiques que mentales, le sont encore. Probablement me suis-je trompé sur la façon de lui dire cela, mais je reste intimement persuadé qu’il est un changeur de forme. Sans savoir s’il s’agit d’un instinct ou simplement d’une fabulation de ma part, j’hésite à le lui demander, mais il semble si déterminé à me prouver qu’il est bien un humain. Probablement ne dira t’il pas la vérité, s’il devait s’avérer que j’ai raison sur le sujet. Pendant encore une seconde, j’oscille entre deux façons de faire, mais alors que je décide finalement de lui demander, il bouge, brusquement.

Ma main retombe sur ma jambe et mes yeux peinent à comprendre ce qu’il fait. L’horreur de la situation ne m’apparaît que lorsque la lame touche ma gorge. Il me menace et mine de rien, ça me fait trembler. De peur, puis de désir lorsque sa main m’effleure. Son jeu m’échappe totalement et je n’arrive plus à réfléchir convenablement. Mes yeux se posent sur ses lèvres et je n’arrive pas à les détourner. Une envie, irréfléchie, me prend soudain et je dois mobiliser toute ma maîtrise pour l’écouter et ne pas me jeter sur lui pour l’embrasser. Ses mots ont beaucoup de sens, pourtant, je ne peux m’empêcher d’en douter. Après tout, peut être ne m’achève t’il pas, simplement parce qu’il a toujours besoin de moi. Il n’y a là aucune preuve de son attachement. Très lentement, je passe ma langue sur ma lèvre inférieure, avant de tendre de nouveau ma main vers lui, pour effleurer son torse, juste à côté de sa blessure. Je récupère quelques gouttes de sang pour les regarder et enfin détourner mes prunelles de la cruelle tentation qu’il m’offre en étant aussi proche de moi. Soudain je me rends compte que j’ai totalement perdu le fil de ses paroles, totalement obnubilé par la couleur, carmine et puissante, de son liquide vital. Je ne reprends pied que lorsqu’il pose sa question, celle que je n’aurais pas du amener par moi-même. Celle que je regrette avoir même évoqué… Quelque chose qui ne m’arrivera probablement jamais, mais que je ne cesse d’espérer. La chose que toute personne normalement constituée recherche. La chose que beaucoup redoute, tout comme je le redoute. Je ne sais même pas ce que j’en ferais, s’il venait quand même… Mais je veux pouvoir ressentir ce sentiment, au moins une fois réellement. Et pire encore, je veux que quelqu’un le ressente pour moi… Encore une fois, je me laisse emballer. Probablement un des effets de ma perte massive de sang. Je deviens volubile… Ou bien est-ce la présence de Soren tout prêt de moi. Tu sais de quoi je veux parler non ?

Mes yeux reviennent enfin dans les siens et je voudrais le repousser très fort, pour ne plus sentir sa chaleur. Et ne plus ressentir tant de sentiments contradictoires à son encontre. J’en suis pourtant incapable, alors je détourne de nouveau le regard. Le fait que tu ne veuilles pas me tuer n’indique pas que tu n’es pas le pantin du mal. Tout ce que je comprends, c’est que tu as toujours besoin de moi. Rien de plus. Probablement n’est-ce que de la fierté mal placée, mais j’aimerais qu’il parle clairement, au moins sur ce sujet. Ne l’ais-je pas fais moi-même ? Je ne m’attends pourtant pas à ce qu’il me dise ce qu’il ressent, après tout, les sentiments lui semblent une bien dérisoire chose, vu comme il a tourné les miens en ridicule, juste quelques minutes plus tôt. De nouveau, je lève ma main, pour la poser cette fois directement dans sa blessure et la parcourir lentement. Je cherche à provoquer sa douleur, je cherche à lui faire comprendre qu’il ne peut pas agir aussi impunément. Tu n’as pas besoin de me prouver que tu es quelqu’un de mauvais, je le sais déjà… Tout comme je sais aussi que tu n’es pas que mauvais. Tu me ressembles beaucoup plus que tu ne le penses et je ne suis pas condamné… Et toi non plus.
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MessageSujet: Re: Arrête cette folie || Pv Raleigh & Soren - Terminé   Jeu 16 Jan - 13:32

Ah l'amour, l'éternel sentiment qui embaumait tous les sens et renversait les coeurs, emballait puis tourmentait les esprits. Le fondement du monde et de toute création de l'homme. Soren, bien que ne connaissant pas encore ce dernier, avait sans difficulté comprit qu'il ne pouvait s'agir que de lui. Il était la convoitise de tous, ce qui poussait le genre humain à subsister simplement pour avoir l'opportunité d'y goûter. Aimer, être aimé en retour... Douce utopie. Qu'il s'agisse là du désir de Raleigh n'avait pour sûr rien d'étrange, mais le fait qu'il semblait incapable de le prononcer ne fut par contre nullement ordinaire. Comme si s'y résigner allait lui retirer toute opportunité de le rencontrer un jour... Soren y songeait secrètement depuis toujours et pensait même que l'amour serait la clé de sa délivrance. Néanmoins il n'évoqua pas ces rêves mielleux qui briseraient en mille cette sombre image qui lui collait à la peau. Sa fierté était trop grande pour s'aventurer dans ce genre de révélations rosées qui tâchaient complètement son aplomb de fer et son glacial personnage. Ce jardin secret serait à jamais scellé.

Raleigh insista sur le sujet que Soren s'était tant attaché à éviter : leur lien. Le chirurgien avait parlé sans énigme et il semblait attendre du métamorphe qu'il évoque franchement les choses. Les chemins sinueux ne semblaient pas convenir à son hôte qui tentait vainement de le contraindre à emprunter la ligne droite que lui avait suivie un peu plus tôt. Il espérait certainement que son ressenti soit réciproque et avait besoin que son cadet le lui confirme, parce qu'il était douloureux que la réciprocité ne soit qu'illusoire. Le rejet était le plus terrible des châtiments... Ce ne serait guère celui de Raleigh. Soren prit conscience qu'il lui faudrait ouvrir brièvement son coeur à son acolyte afin de ne pas le perdre. Le choix ne lui appartenait plus. Et il entreprit de le lui faire très nettement savoir lorsque la situation lui échappa de nouveau. Au tour du docteur de se dévoiler dément et déroutant. La nature du jeune avait suscité son intérêt et, vraisemblablement, il comptait prouver le bien fondé de ses suspicions que l'autre avait sans résultat tenté d'éradiquer. Ses doigts de chirurgien foulait toute la longueur de sa blessure et le meurtri tressaillit à ce douloureux contact. Ses lèvres se pincèrent un instant et l'insupportable chaleur l'envahit plus encore. Il peinait à demeurer de marbre face à tant de souffrances du corps mais tint bon, titillant ses limites. Ou peut-être cherchait-il à le punir pour s'être un tantinet gaussé de ses sentiments à son égard, de son indifférence et de son manque d'effusion.

Le torse se contractait sans qu'il ne puisse empêcher cette réaction parlante et son regard s'assombrit pendait qu'il fusillait celui de son bourreau. Si le monstre avait pu prendre place, il aurait sans hésiter planter une lame dans le coeur de son pantin. " Dis moi, en quoi aurais-je besoin de toi ? Mes mains sont imbibées de sang depuis longtemps, le faire couler est une tâche à laquelle je peux très bien m'affairer seul. En quoi m'es-tu utile Raleigh ? Que ferais-je d'un homme en quête de rédemption qui me parle niaisement d'amour ? ". Soren ne supporta plus bien longtemps cette intenable caresse qui ne cessait plus et agrippa avec plus de brutalité qu'il ne l'avait voulu le poignet de l'homme qui lui infligeait cette dernière. Proche de lui, il le laissa contempler toute l'obscurité de son faciès et ses lèvres laissèrent s'échapper toute leur colère. " Nous sommes tous condamnés ! Peu importe nos actes, qu'ils soient bons ou mauvais, on fini tous persécutés et torturés par la vie puis par bouffer les pissenlits par la racine, quand on ne s'y accroche pas comme à des cordes pour remonter à la surface et errer sans âme ! ". Il resserra l'étau qui piégeait le poignet de Raleigh, plus du tout conscient de sa force et de son emportement. Il mira son vis à vis avec deux yeux ébènes, soutint cette attitude, puis se décontracta. La pression faiblit et le ton qu'il employait devint plus doux. " J'étais différent autrefois. Du bon côté... Mais ça ne m'a rien apporté de très réjouissant ". Il n'en dit pas plus. La suite des événements était un traumatisme qu'il ne soulèverait plus.

La tempête retombée, plus posé, Soren prit le temps d'analyser les paroles de son hôte et d'autres questions lui vinrent. " Pourquoi tout ce débat autour d'une condamnation remédiable ? ". Le changeur de peau avait comme l'étrange impression que celui qu'il tentait de convaincre de l'aisance de l'obscur et des jouissances qu'il apportait essayait également de le convertir à une toute autre façon de penser. Et pourtant, ce fut Soren qui avait joué le rôle du maître ce soir, amenant son acolyte à l'achèvement d'une vie. L'ambiguïté le décontenançait. " Qu'attends-tu de moi Raleigh ? ". Il enlaçait toujours son poignet avec vigueur, prêt à le lui briser. Et dans son regard valsaient les flammes du ténébreux pendant que son front se perlait de sueur. La douleur l'aliénait presque et le contrôle entamait de s'évanouir. Mais l'homme lutta. De toutes ses forces, il combattit.
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MessageSujet: Re: Arrête cette folie || Pv Raleigh & Soren - Terminé   Jeu 16 Jan - 15:42


J’avais raison… Au fond, j’aurais aimé ne pas recourir à ce bas stratagème pour le prouver, mais après tout, il ne m’a guère laissé d’autres choix. Pourtant je regrette mon geste au moment même où je sens sa main prendre violemment mon poignet pour me faire cesser. Ce n’est pas le fait de me faire brusquer qui me dérange, mais plutôt ses propos, qui accompagnent son geste. Encore une fois mon cœur se serre et je tire brusquement mon bras vers moi pour le faire lâcher. Peine perdue évidemment. J’aurais voulu être sourd, plutôt que d’avoir pu entendre ses propos. J’oublie presque aussitôt ce qu’il m’a dit auparavant, ce qui compte maintenant, c’est le sentiment de rejet qui parcourt déjà mon cœur. Je ne perçois qu’une seule chose maintenant, je ne suis réellement qu’un pantin entre ses doigts. Son contact me fait prendre conscience de sa colère et pendant quelques secondes, je me prends à penser que sa réaction n’est que la suite logique de mon geste envers lui. Rien de plus, rien de moins… Ou peut être n’est ce qu’une simple façon de me réconforter, de penser que les choses ne sont pas si noires entre nous. Ses nouvelles paroles me font trembler tant elles sont noires et me rende triste en même temps. Tant de déception dans ces quelques mots et surtout, tant de colère et de noirceur, que je ne suis même pas certain de pouvoir faire quelque chose pour le ramener du bon côté de la lumière. Pour la première, je me prends à douter de ma mission auprès de Dieu. Peut être mes épaules sont elles trop frêles pour cette mission…

La douleur me vrille soudain le poignet, lui qui n’était pourtant pas encore blessé. Je voudrais laisser échapper un cri de douleur, mais je n’arrive même pas à émettre le moindre son. Son regard, posé dans le mien, me pétrifie longuement et s’il voulait me tuer, là, maintenant, je ne serais capable de l’en empêcher. Heureusement, il relâche son emprise légèrement et son regard semble s’adoucir soudain. Ma respiration redevient presque normale et c’est à ce moment que je me rends compte de la force que ses yeux avaient sur moi juste avant. Et puis après la tempête, vient les questions… D’abord moi, je me demande ce qu’il a pu arriver dans la vie de Soren pour être maintenant aussi pessimiste. Et puis les siennes, qui me questionnent sur des choses dont je ne suis pas encore prêt à m’épancher. Pourtant je sais que je dois maintenant lui parler, lui répondre, même si pour ça, je dois me sentir encore plus mal. Si je ne te suis d’aucune utilité, alors pourquoi es-tu venu à moi ? Une simple question, probablement une provocation de plus. Si je sais garder la langue dans ma poche parfois, il s’avère que cette fois, je ne le peux pas. Tout simplement parce que mon cœur réclame une réponse. Cette réponse que Soren ne me donne pas. J’ai l’impression soudaine qu’il l’a pourtant fait, en me fustigeant de la sorte, mais mon esprit refuse cette finalité. Je ne veux pas être rejeté…

Tu as du vivre des choses horribles pour que ton discours soit aussi noir. Peut être son jeune ami rejette t’il tout ce qui pourrait lui être bénéfique. Comme moi ? Je n’ai pas la prétention de croire ça, cependant, je voudrais vraiment faire partie des bonnes choses de sa vie. Douce utopie, probablement irréalisable. Tu n’as aucun bon souvenir de ta vie passé ? Quelque chose que tu aimerais retrouver ? Questions probablement idiotes. Après tout, lui aussi avait eu un bon souvenir de sa vie passée… Un souvenir qu’il rejette maintenant de toutes ses forces tant il lui fait du mal. Soren ne doit pas être beaucoup différent sur ce sujet. Les bons souvenirs se transforment souvent en cauchemar lorsque l’on se souvient que ce n’est qu’un souvenir, auquel nous ne toucherons plus jamais. Et n’as-tu rien dans cette vie auquel te raccrocher ? Encore une fois, je pose ma question. Probablement de façon dérobée… Je veux savoir s’il ne m’accorde réellement aucun sentiment. Ou bien si ce n’était que de la fierté déplacée auparavant. Etre rejeté est probablement la pire douleur du monde… Pourtant là, ce n’est même pas une question d’amour. Ce n’est pas ce que je ressens pour lui, malgré le désir que j’ai pu éprouver juste avant. Du moins je ne le pense pas…

Tu n’es pas condamné Soren. Ni par Dieu, que tu dénigres pourtant, ni par tes anciens pairs. Je sais qu’il y a du bon en toi. Dieu le sait aussi. Avec Son aide, je réussirais à te faire comprendre que la noirceur n’est pas faite pour toi. Et voilà, j’ai parlé, encore une fois avec franchise. Je ferais un très mauvais politicien, vu mon incapacité chronique à mentir, même pour mon propre bien. Mon regard toujours dans le sien, je le détourne légèrement pour me rendre compte qu’il ne va pas bien à son tour. Probablement suis-je aller trop loin, ave ma torture à peine déguisée. Je lève difficilement mon bras entaillé, pour le poser sur son front… Tu es brûlant… Pardonne moi. Par ces excuses, je ne sais pas vraiment ce que je cherche, mais je m’en veux. D’avoir sorti cette lame d’argent en premier lieu… Et puis d’avoir enfoncé le couteau dans la plaie… Ou mon doigt en l’occurrence. Doucement, ma main glisse, aérienne jusque sa joue, avant de descendre encore, presque jusqu’à sa plaie. Laisse moi te soigner.
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MessageSujet: Re: Arrête cette folie || Pv Raleigh & Soren - Terminé   Jeu 16 Jan - 17:46

La main du chirurgien fut violemment repoussée. Alors qu'elle s'acheminait jusqu'au seuil de sa plaie, Soren l'envoya balader d'un revers de main. Il n'y avait rien à exécuter afin d'éliminer cette morsure d'argent, si ce n'était attendre qu'elle cicatrise comme tout autre meurtrissure. Puis, très franchement, il n'avait nullement le désir de laisser Raleigh le toucher encore. Les événements s'étaient enchaînés avec un peu trop d'impétuosité et s'étaient égarées trop loin pour que le skinchanger puisse se révéler docile, ou simplement s'adoucir. Les interrogations de son hôte sur son passé oublié mêlé à ses discours religieux peints de possible absolution le faisait littéralement bouillonner. L'entente de ces paroles lui était insupportable et il abominait les desseins que son compagnon du soir façonnaient pour lui. L'existence s'avérait si surprenante ! Alors que Soren avait pour mission de mener l'aîné à l'absolue perdition, l'autre avait entreprit de le ramener vers la lumière de Dieu. S'en était ridicule, risible et pourtant... bien que stupéfiant, plausible. Néanmoins, les deux protagonistes ne s'accomplissaient pas dans leurs tâches respectives. Le plus ténébreux refusait de s'ouvrir à la lueur pendant que le missionnaire du Puissant qui s'était rapproché trop près des Enfers quémandait la miséricorde. Leurs plans ne se déroulaient pas comme prévus et tout contrôle leur échappait, chacun livrant ses secrets à l'autre avec pour unique finalité l'échec cuisant de leurs oeuvres en création.

Le regard de feu, Soren s'éloigna de l'homme et reprit sa place sur l'angle de la table basse, juste au devant de l'âtre. Terré dans un mutisme pesant, il ignorait Raleigh avec condescendance. L'indifférence était préférable, l'humain aurait pu connaître le courroux du métamorphe si ce dernier n'avait pas prit le temps d'apaiser ses nerfs. Egaré dans le crépitement des flammes, le regard brumeux, il scellait ses lèvres. Le chirurgien n'obtiendrait guère de réponse. Son passé demeurerait là où il était, rien ne lui serait dévoilé. Les bribes de cette vie qui semblait si lointaine lui appartenaient et ne serait pour les autres qu'un grand mystère. S'y replonger n'attisait que haine et douleur, le skinchanger refusait de laisser ces aigres sentiments l'embraser. Et plus le temps s'écoulait, plus cette antériorité lui apparaissait comme un simple songe qui s'envolait toujours plus loin. Un jour, sûrement, tomberait-il dans les profonds dédales de l'oubli. Son jeune visage tantôt de glace devint le reflet du chagrin et son regard d'azur brilla intensément. Seul dans son univers, impassible face à la présence de son hôte, il s'empara de sa bouteille et la vida d'une traite avant de la jeter au feu. Puis, il revint vers ce monde qui lui appartenait et son âme vagabonde reprit conscience de la réalité.

Résolu à faire cascader les vérités semi dévoilées, Soren reprit contenance. L'efficacité du mensonge semblait devenue peu probable et l'échappatoire une porte bardée de fer que l'on avait condamnée. Les deux acolytes avaient perdu les rênes et les montures emballées, profitant de leurs pieds glissés des étriers, les avaient simplement désarçonné. " Ce qu'il y a de plus con avec le passé, c'est que personne n'a jamais trouvé la solution pour y retourner. Qu'il reste à sa place, il n'existe plus... ". Sans se détourner du spectacle enflammé que lui proposait la cheminée, il fut investi d'un rire léger et amusé. " La vie est une une tortionnaire, mais ce qu'elle peut être drôle parfois... Sans rire Raleigh, une mission divine ? Me ramener vers la lumière ? Pourquoi perds-tu ton temps avec moi ? Dieu t'as promis une récompense ? Son pardon ? Mais attends, ce qu'il y a de plus amusant dans tout ça, c'est que pendant que tu tentes soit disant de m'extirper de l'ombre moi je t'y enfonce ! ". Il ria derechef. " C'est pas franchement une réussite hein... C'est comme ça que tu comptes atteindre la réussite ? En torturant et en tuant à mes côtés parce que j'ai su t'y pousser ? T'es pas suffisamment fort pour combler l'attente de ton seigneur... Tu vas le décevoir, comme ce soir... T'as lamentablement échoué...". Ses mots étaient acérés. Il provoquait volontairement la douleur de son hôte sans le moindre égard pour ses ressentis.

Le changeur de peau, suite à une brève pause, quitta la scène pour se concentrer de nouveau sur l'homme. Ce dernier lui avait plus tôt posé une question pertinente qui, sans cesse, lui revenait en bouche. Parce que Soren n'avait pas su lui livrer réponse, il avait insisté tout au long de ses discours dans l'espoir de saisir enfin une bribe de vérité. Mais que le chirurgien représentait-il donc réellement pour ce jeune métamorphe ? Le skinchanger laissa un soupir se dérober d'entre ses lèvres puis s'exprima enfin sur le sujet. Assurément, il lui dirait ce qu'il avait envie d'entendre et garderait pour lui sa toute première intention. Ses desseins mis à mal, à quoi bon lui en faire part ? Puis il avait suffisamment piqué ce pauvre docteur pour la soirée... " Malgré tout, je t'aime bien Raleigh... " lui avoua t-il enfin le regard figé sur le sien, sans dérobade, le ton emprunt d'assurance et de conviction. Toutefois, il ne put s'empêcher d'en rajouter. " Dommage que tu sois si naïf... ". Et acheva pour lui même " Ce n'est qu'une perte de temps tout ça... ".

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MessageSujet: Re: Arrête cette folie || Pv Raleigh & Soren - Terminé   Jeu 16 Jan - 18:38


Je ne m’attendais pas à une réaction aussi violente. Bien sûr, je sais que la dernière fois que je l’ai touché ainsi, je n’ai fait qu’aggraver sa douleur, d’une douce torture. Mon geste cette fois, n’était que douceur et gentillesse, qui n’attire maintenant que sa colère. Je ne sais pas vraiment pourquoi cela me blesse, mais probablement n’ais-je que ce que je mérite. Une froide indifférence, pour mon pêché précédent. Je n’avais espéré de pardon avec de simples mots, mais le fait qu’il m’en veuille me semble disproportionné. Surtout lorsqu’il s’éloigne, pour ne plus être qu’une silhouette devant le feu. Il est loin, et je ressens le froid soudain. Ce n’est pas la chaleur de la cheminée qui m’aidera maintenant et j’en suis dépité. Tout simplement parce que j’ai l’impression d’étouffer, là, dans ma propre maison, dans mon propre salon, avec mes propres sentiments diffus et probablement inconvenants. Je ne sais même pas ce que je désire et ce qui me fait tant de mal. Je n’arrive même pas à savoir si je me sens mal ou simplement faible à cause de mes blessures. Tant de choses qui tournent dans ma tête et que je n’arrive même pas à déterminer. Et ses mots, qui me fouettent soudain. Tous ses mots, que je n’arrive pas à adoucir. Je me vexe, stupidement probablement. Je ne perds pas mon temps. Je n’attends aucune récompense de sa part, mais je sais qu’Il a des projets pour toi. Qui n’impliquent pas l’obscurité… J’ai toujours eu conscience de ton envie de me noircir Soren, mais je ne tomberai pas. Pas comme ça. Pas sans rien avoir en retour. Je veux bien tomber complètement, si c’est pour te sauver toi… J’ai conscience de passer pour un fou en prononçant ces mots, mais je n’arrive pas à m’en empêcher. Laisse moi juste une chance ! Ses propos m’ont fait du mal malgré tout, alors mon discours, bien que passionné, est prononcé d’une voix un peu sèche.

Mon regard se durcit et je n’ai plus qu’une seule envie, le virer de chez moi… De ma vie peut être aussi. Les mots qu’il prononce me minent, me font mal et pire encore, me font ressentir foule de sentiments. La honte, de m’être ainsi attaché à un être aussi abject. La colère, d’avoir aussi pu croire qu’il n’y avait pas que le mal en lui. La douleur, de s’être fait rejeté et de n’avoir au final qu’un simple « je t’aime bien… », comme celui que l’on aurait pu dire à un chien. Mon imagination avait poussé le vice à croire qu’il pourrait réellement tenir à moi. Pas comme un animal de compagnie, quelque chose de peut être plus profond. Mais nos paroles de la soirée m’indiquent tout le contraire. Non, Soren n’a absolument aucune considération pour moi et c’est cela qui me fait le plus mal maintenant. Ce n’est pas son regard, dans le mien. Ni même les légères piques qu’il lance à mon encontre. Je n’ai absolument pas conscience de prendre les choses au premier degré, tout comme j’ignore si mon raisonnement est bon, mais une chose est sûre, je me déteste. De lui répondre, alors qu’il ne méritera qu’une sourde indifférence. Alors vas y ! Continue de penser que la vie de persécute, toi, simple petite personne sur la terre. Tu crois vraiment être suffisamment important pour que la vie s’acharne contre toi ? Elle n’a pas plus d’intérêt pour toi qu’elle n’en a pour moi. Tu continues à chercher le mal, à penser qu’il est la seule valeur sûre de ta vie. Alors continue. Continue et ruine tes rêves, tes espoirs, ou peu importe en quoi tu crois.

Ma respiration se fait sifflante, parce que je parle si vite que j’en oublie de respirer. Mon discours est enflammé, parce que j’ai mal, que sa présence maintenant m’est insupportable. Sors d’ici… Vas t’en. Ne reviens jamais ! J’ai l’impression que ça fait un peu drama queen, mais peu m’importe. Je n’arrive pas à conserver mon regard sur lui, tout comme je n’arrive pas à réfléchir convenablement. Trop d’informations, d’un seul coup, pour réussir à me calmer. La colère dicte mes mots, que je regretterai probablement ensuite, mais je n’arrive pas à endiguer le flot… Je pense que tu as suffisamment abusé de mon hospitalité. Ce n’est probablement que de la fierté. Une douleur de se sentir mal aimé. Pourtant, si mes mots disent ‘va t’en’, mes yeux disent ‘reste et aime moi.’ Une contradiction qui me rend faible et complètement hors de moi. Alors je me lève, de nouveau, malgré ma douleur, omniprésente, et je viens me planter avec difficulté, juste devant lui. Je tremble un peu, une seconde, avant de me pencher, pour poser mes lèvres sur les siennes. Si ça, ça ne le fait pas partir, je ne saurais quoi faire d’autre…

Et en même temps, j’aimerais qu’il ne s’en offusque pas, qu’il reste et m’embrasse en retour. Encore un doux rêve, qui ne se réalisera probablement pas, mais j’ai besoin de lui côté de moi. Juste pour sentir sa chaleur et rayonner. Pour arrêter d’avoir froid, même entouré de gens. Pour arrêter d’être seul… Ou bien reste…
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MessageSujet: Re: Arrête cette folie || Pv Raleigh & Soren - Terminé   Jeu 16 Jan - 20:45

Soren avait de quoi se retrouver comblé, la douleur avait été ravivée chez son hôte dont la voix laissait maintenant trahir toute sa colère. Le métamorphe avait parfaitement su susciter la vivacité des réactions de son aîné et, alors qu'il pensait que cette petite vengeance serait un don sucré qui le régalerait, il ne lui fit pas ressentir le moindre plaisir. Dorénavant conscient qu'un homme il y a peu étranger à sa vie était aujourd'hui prêt à se sacrifier pour sa rédemption, il su prendre la mesure des sentiments qu'il avait fait naître chez celui-ci. Il n'aurait pu dire ce qui avait poussé l'autre à s'attacher à sa si noire personne, le skinchanger était un enfant de Lucifer qui rendait hommage à son maître et ne détenait pas le moindre mérite. Et pourtant... une âme certes compromise mais bien humaine s'était liée de manière intime à la sienne avec la magnifique mais sûrement chimérique intention de la sauver du mal qui s'acharnait à la consumer. Le coeur de Soren fut réconforté par cette révélation, réchauffé, mais aussi déconcerté. Il en oublia l'absurdité de toutes paroles impliquant Dieu pour se concentrer sur son émissaire. Et l'évidence devint encore plus tangible. Le métamorphe n'avait jusque là pas su deviner les desseins du chirurgien qui les dissimulait avec brio alors que lui avait été transparent au point d'être aussitôt découvert. Il n'était pas fin manipulateur. Raleigh s'était évidemment laissé mener dans l'obscurité la plus profonde, mais si le changeur de peau comprenait correctement la situation, il l'avait volontairement laissé tirer les ficelles. Néanmoins, il avait du mal à cerner cette manière de procéder. N'aurait-il pas dû tenter d'empêcher cet anéantissement du jeune inconnu en expliquant à Soren l'absolue perversion de leur geste au lieu de pénétrer le jeu avec enivrement ? Le skinchanger concevait avec difficulté que le docteur ait pu lire en lui avec autant d'aisance... Avait-il finalement discerné l'état d'esprit du cadet au point d'en connaître les véritables espoirs et intentions ? Etait-ce pour cette raison qu'il avait accepté d'être la main qui ôterait la vie et laisser son acolyte n'être que futile spectateur ? Tout était si confus...

Quoi qu'il en fut, Soren ne put réfléchir à cette question plus longtemps. L'emportement de Raleigh prenait d'avantage d'ampleur et les mots se déchaînaient dans son antre. Il en vint à puiser quelque ressource insoupçonnée afin de se lever pour se dresser de toute sa hauteur face au métamorphe qu'il surplombait, intensifiant ainsi son désir de chasser l'intrus présomptueux de sa demeure qu'il tâchait de son ignoble présence. Le skinchanger se leva d'un bond et s'éleva à son tour avec l'intention de claquer la porte de bois pour s'en retourner à ses affaires. Son oeuvre avortait et rien ne pourrait plus la préserver. L'orage était trop fort et crachait ses éclairs, Soren en était la source. Il avait semblablement ruiné l'opportunité qui s'était offerte avec Raleigh. Toutefois peiné, il dénicherait un autre moyen de parvenir à ses fins, ou une toute autre cible... Aussi, sans dire mot, stoïque face au déchaînement de l'hôte, il entama un pas lorsque cette démarche fut interrompue par un événement auquel il ne s'attendait pas. L'homme captura ses lèvres. La créature fut de marbre, stupéfaite. Il avait toujours pensé qu'avec un charisme et un charme aussi prépondérants, sans omettre son métier sujet aux fantasmes de foule de femmes, bon nombre de donzelles devait se soumettre à ses caresses.

Soren s'écarta avec douceur, il ne désirait nullement froisser Raleigh pour ce geste qui éveillait en lui une opportunité nouvelle. Ce virtuose de la lame était une trouvaille bien trop importante pour qu'il ose laisser autrui s'en emparer. Puis, s'il était prêt à livrer son âme pour en affranchir la sienne... pourquoi pas... Le métamorphe repensa à cette possibilité avec un peu plus d'ouverture. Puis, en toute honnêteté, à l'idée qu'un autre puisse jouir de cette perspective, il ressentait un tantinet de jalousie. Raleigh était à lui, à la manière d'une possession. Il était comme la création d'un daybreaker, son appartenance, le fruit de son élaboration et de son temps consacré. Mais il était aussi plus que cela... être qui éveillait en Soren un attachement qu'il n'avait pas ressenti depuis longtemps, une présence qui acceptait sensiblement ce qu'il était sans tenter de l'exterminer ou de la bafouer, un homme qui désirait s'impliquer dans sa vie pour l'embellir, même si derrière cette intention se cachait la voix de Dieu... Il n'avait jamais ressenti de désir pour un homme, mais il se sentait flatté par la convoitise qu'il avait éveillé chez cette âme humaine. Cette tournure prouva au monstre que sa nature ne conduisait pas toujours le genre humain à pleinement le rejeter, parce que le chirurgien avait bel et bien compris que Soren n'était plus de cette constitution. Le skinchanger avait eu beau tenter le tout pour le tout pour convaincre Raleigh du contraire, celui-ci avait silencieusement décliner son argumentation.

Sans grande réflexion, poussé par sa jeune fougue et son impulsion, aidé par cette eau de vie qui réchauffait toujours ses veines, il offrit docilement à son hôte ce qu'il attendait de lui. Afin de préserver leur lien, peu envieux de laisser filer un tel prodige, il se livra donc à une toute nouvelle expérience, prêt à tout. L'audacieux personnage se rapprocha de l'autre le coeur battant, le sang encore bouillonnant et s'empara de sa boucle de ceinture avant de le blottir derechef dans le creux de son fauteuil - la faiblesse parcourait encore son corps et ses jambes auraient pu se dérober à tout instant. Puis, sans une once de réticence, perché au dessus de lui, il soumit ses lèvres aux siennes. L'instant dura le temps de quelques battement de cils et Soren leur rendit leur liberté avant de prononcer d'un ton doucereux, son visage si près de l'hôte qu'il devait sans nul doute sentir la douce chaleur de son souffle sur sa peau blanchâtre " C'est toi qui vois... ". Réplique aux dernières de l'indécis qui, chez lui, était maître...  
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Arrête cette folie || Pv Raleigh & Soren - Terminé

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