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 Set fire to the rain

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The Devil's own feat 5FDP • Animal feat Disturbed • My name is Stain feat Shaka Ponk • Do or Die - Night of the Hunter feat 30 STM • On my Own - Play Dead feat Killing Bono OST • Madness feat MUSE • Hustler feat JOSEF SALVAT •

↳ Citation : There's a battle between two wolves inside us all. One is Evil. It is anger, envy, jealousy, and ego. The other is Good. It is joy, love, hope, and faith. Which wolf wins? The One you feed
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MessageSujet: Set fire to the rain   Jeu 16 Jan - 21:21


Set fire to the rain
things that we’ve done
I wanna stand up, I wanna let go. You know. I wanna shine on, in the hearts of men. I want a meaning from the back of my broken hand. Another headache, another heart breaks. I'm so much older than I can take. And my affection, well it comes and goes. I need direction to perfection. Help me out. Don’t you put me on the back burner. And when there's nowhere else to run. Is there room for one more sun. Over and in, last call for sin. While everyone's lost, the battle is won. With all these things that I've done. If you can hold on.© WILD HEART

Les notes de musique d’un groupe de jazz se mêlaient aux rires de la foule. A tous les bruits caractéristiques d’une rue grouillant de monde en plein milieu d’après-midi. Le Vieux Carré ne dort jamais, et chaque café, chaque boutique, donnaient à ce lieu toute sa splendeur d’antan. Parvenaient à faire oublier l’apocalypse et l’angoisse nichée dans le cœur de chacun. La mélodie s’échappait de la rue en contrebas, remontait le long des rambardes en fer forgé et se frayaient un chemin à travers les baies vitrées. Accompagnées par les rayons du soleil d’hiver. Une douce caresse sur sa peau qui le fit frissonner. La chaleur sur son bras avait quelque chose de plaisant. La tiédeur qui se posait sur ses jambes, était tout simplement délicieuse. Miraculeuse. Le contact restait encore bien faible mais il s’en fichait. Le simple fait d’éprouver quelque chose, de pouvoir faire quelques pas était suffisant pour lui. Les frissons glissèrent de ses bras jusqu’à ses reins. Attisés par les doigts qui se posèrent sur sa peau. Il ferma les yeux, savourant l’instant. Il avait eu affreusement honte les premières fois. De se mettre à nu de la sorte devant une parfaite inconnue. Et la laisser le toucher. Une véritable boule de nerfs, tendu à l’extrême, puis il avait fini par se détendre. Par apprécier ses visites et cette odeur capiteuse se dégageant de l’huile qu’elle utilisait et qui lui collait à la peau après chaque séance. Imprégnant la moindre fibre de son épiderme pour le poursuivre même des heures après. La kiné de l’armée, un privilège qui n’avait fait qu’accentuer encore plus son malaise. Il craignait qu’elle s’épanche sur son état en présence de ceux qui furent ses collègues. Qu’ils n’en sachent trop et le regardent comme un impotent le jour où il remettrait l’uniforme noir. Il avait fini par réaliser qu’elle ne dirait rien.

« - Tu possèdes vraiment des dons magnifiques… On ne sent presque plus rien. Encore un mois et ce sera comme si rien ne t’étais arrivé. » Il perçut l’admiration dans sa voix alors qu’elle touchait du bout des doigts le creux de ses reins, et les laissaient remonter le long de sa colonne vertébrale. Il se crispa malgré lui, et émit un infime gémissement d’affliction lorsqu’elle se remit à lui pétrir les flancs. Encore un mois… Il sentit à nouveau une main enserrer sa gorge. Nouer des fils de chagrin autour de sa trachée pour le rendre encore plus déprimé qu’il ne pouvait déjà l’être. Un mois qu’il était cloitré dans son appartement. Un mois que cet endroit qu’il adorait tant, était devenu un véritable enfer tant il n’était pas prévu pour une personne en fauteuil roulant. Elle était sa seule compagnie. La seule visite qui égayait un peu ses journées et le faisait renouer avec le monde au-dehors. Elle et la vie incessante émanant de la rue. Au final, il avait plutôt bien choisi sa tanière. Elle était aussi devenue sa trafiquante. Il avait dévoré tous les livres trainant dans son appartement, et profitait à présent de ses visites journalières pour augmenter le volume de sa bibliothèque. Il s’était remis à la musique aussi, remplissant des partitions sans jamais en finir une seule. Les laissant traîner dans tout son salon sans se soucier de l’état de la pièce ensuite. Personne ne viendrait vérifier s’il rangeait bien ses affaires, et elle ne s’en formalisait pas. Il se figea néanmoins quand on frappa à la porte. Un instant de flottement et elle était déjà debout. Il se contenta d’acquiescer, une réponse silencieuse à une question qui l’était toute autant, et elle quitta la chambre. Pour rester interdite une fois la porte ouverte. Il lui en avait parlé. Un peu, beaucoup. Suffisamment pour qu’elle La reconnaisse avant même qu’Elle ne se présente. Une fois entrée, la kiné referma négligemment la porte derrière la nouvelle arrivante. Récupéra ses affaires, et sa veste jetée à la va vite sur le canapé. Puis posa une petite boîte sur la table basse au milieu du bazar régnant sur le meuble.

« - Tu ne les oublieras  pas cette fois Stain. Je reviens demain. » Lâcha-t-elle en se dirigeant vers la porte. Elle adressa un sourire des plus chaleureux à Cora et quitta l’appartement. Stain quant à lui en avait profité pour s’assoir. Le contact du parquet tiède contre ses pieds le fit frissonner et esquisser un infime sourire. Comme à chaque fois. Il resta un instant immobile à contempler ses orteils, fatigué après cette heure de torture. Enfiler un simple sous-vêtement était devenu pour lui, une véritable lutte. Aussi abandonna-t-il l’idée de revêtir son jean, l’effort risquerait de lui cisailler les nerfs et il n’en avait pas envie maintenant. Tenue de fortune à laquelle il ajouta un t-shirt avant de ceindre ses hanches d’une serviette, suffisamment longue pour cacher l’état cadavérique de ses jambes. Immobile pendant des semaines, il avait vu ses muscles fondre comme neige au soleil. Au point qu’il en était arrivé à se sentir écœuré par la vision de ses propres jambes.

Inspirant profondément, il finit par se relever. Non sans mal, bancal au possible, il perdit l’équilibre et se  rattrapa de justesse à la table de nuit. Envoyant valser lampe, réveil, bouteille de morphine et les autres choses qui pouvaient se trouver dessus, par terre dans un fracas qui lui vrilla les tympans. « - Et merde, fait chier ! Fait attention abrutit ! » S’insulter était devenu une habitude chez lui. Malsaine, elle avait néanmoins le mérite de le pousser à faire des efforts. La kiné l’avait contraint à laisser ses roulettes dans le salon, pour l’obliger à marcher. Sans ça, il serait resté le fessier collé à son canapé. Il resta planté là, à fixer les débris de la bouteille et la morphine qui se répandait sur le plancher. Elle va me tuer… Il en avait d’autres, mais vu son état, cette perte, franchement stupide, allait se ressentir bien assez tôt. Ce n’est pas uniquement contre la douleur, et tu le sais très bien. Il attrapa enfin la béquille posée au pied de son lit. La douleur qui lui tiraillait les reins à chaque pas était insupportable, au point que franchir la maigre distance séparant sa chambre de la pièce principale fut un véritable effort. Le cœur battant, le souffle court et le teint rendu blafard par le trajet, il s’appuya contre l’encadrement de la porte. Le regard perdu face à lui, il finit par poser les yeux sur son invitée. L’odeur qui lui collait à la peau et qui flottait dans l’air avait réussi à masquer la Sienne. Et maintenant qu’il se trouvait dans la même pièce qu’Elle, elle lui sautait à la figure. Instinctivement, il se redressa du mieux qu’il put, sans être tout à fait capable de masquer le tiraillement de ses traits provoqué par le pincement accompagnant ce geste. Une profonde et sincère stupéfaction incendiait ses prunelles.

« - Quelle surprise. J’aurais fait un effort si on m’avait dit que tu me rendrais visite. » Lâcha-t-il en se traînant le plus dignement possible vers le sofa, dans lequel il se laissa tomber. Toujours avec cette raideur qui le caractérisait depuis qu’il avait retrouvé un infime contrôle sur ses pattes. « - Fait comme chez toi. » Il désigna l’autre bout du canapé, le fauteuil à côté, pour résumé, le coin de la pièce dans lequel Elle se trouvait. Il Lui en voulait toujours. Un peu. Il s’en voulait. Beaucoup. Pour ne pas avoir pu tenir sa parole. Il s’était juré qu’Elle serait la première personne qu’il irait voir en sortant de l’hôpital. Il avait été obligé d’affronter une toute autre réalité, beaucoup moins idyllique. Quelque peu mal à l’aise, boule de nerfs prête à se briser, son bel orgueil laissé au bas des marches qui l’avaient mis dans cet état, il triturait ses doigts sans vraiment chercher à croiser Son regard.

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↳ Citation : « L'enfer c'est moi. Ce sang qui inonde mes veines, cette chair qui harnache mon squelette, cette cervelle qui s'embrouille. Ces pulsions, désirs impérieux, douloureux, qui commandent mes actes. »
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MessageSujet: Re: Set fire to the rain   Dim 19 Jan - 21:01

Il y avait ces griffes invisibles qui lui lacéraient l’abdomen, qui le déchiraient un peu plus à chaque seconde qui s’égrenait. Elle s’était efforcée de les ignorer les premiers temps. Farouchement. Férocement. S’était gavée de paroles faussement réconfortantes, pour mettre sa cervelle en veille. Elle avait fait en sorte d’étouffer sa culpabilité, de l’ensevelir sous une masse monstrueuse de rancœur. Sauf que le bourrage de crâne des semaines ayant précédé le carnage ne fonctionnait absolument plus. Seul le vide résonnait jusque dans les tréfonds de sa cage thoracique, et lui donnait le vertige. Le supplice restait gravé sur ses traits jour et nuit, la harcelait sans répit. Elle se faisait pitié, à tourner en rond dans son chalet comme une pauvre âme en peine. En se heurtant à tous les meubles lorsqu’elle forçait trop sur la boisson. Elle avait toujours eu l’alcool joyeux, Cora, mais les éclats de rires se transformaient désormais en spleen de fort mauvais goût. Liqueur mortifère devenue indispensable à sa piteuse existence. Pour colmater l’espace de quelques heures l’immense crevasse qui perforait son cœur meurtri. Pour ne pas être ramenée à ce filet poisseux qui rongeait son épiderme en permanence depuis la nuit du meurtre. Comme si sa piètre existence n’était pas suffisamment bancale sans y rajouter le fantôme d’une psychopathe venue tout droit de Hongrie. Il lui avait fallu plusieurs jours pour assembler tous les vestiges, tant sa mémoire s’était acharnée à les raturer compulsivement de son esprit détraqué.

Ce n’était pas la première fois depuis l'accident qu’elle se perdait dans les dédales du quartier qui ne dormait jamais. Que la musique délicieusement entêtante qui grimpait le long des rues se frayait un chemin jusqu’à ses oreilles. Elle se laissait emporter et contaminer par l’humeur festive, pour freiner des quatre fers devant Son immeuble. Pour finir par retourner s’enliser dans les bas-fonds de la Nouvelle-Orléans, ou au milieu de sa demeure perdue au milieu de la végétation hostile. Des virées ridicules qui avaient au moins le mérite de la forcer à s’extirper de ses draps pour s’habiller et se rendre un minimum présentable. Cette fois-ci, elle s’était néanmoins surprise à pousser la porte de fer et à monter l’escalier sur la pointe des pieds. La peur au ventre, et la fleur au fusil. Devant la porte en bois, elle hésita et manqua de se rétracter, en dévalant les marches en sens inverse. En se persuadant qu’elle ferait mieux le lendemain, ou le surlendemain. Dès qu’elle aurait trouvé où se racheter un semblant de dignité. Un souffle, puis deux, avant d’oser contre toute attente frapper. Et rester pétrifiée de terreur en attendant qu’on daigne la faire entrer. Il était malheureux d’être tombée si bas, mais se heurter à Lui la terrifiait. Bombe proche de l’implosion, elle voulut courir à perdre haleine vers l’extérieur lorsqu’un bruit de pas fit grincer le plancher. Un cyclone la ravageait de l’intérieur, ravageait ses entrailles de sentiments ambivalents et destructeurs. Clouées sur place, les cannes qui lui servaient de guiboles rechignèrent à lui obéir. Elle n’eut ainsi rapidement d’autre choix que de se confronter à une créature féminine des plus plantureuses. La gêne qui pesait sur ses épaules comme une chape de plomb la réduisit littéralement en miettes. Muette comme une carpe, sans pouvoir réellement poser des mots sur son atroce ressenti, elle entra à la suite de la jeune femme dans un état presque second. Resta plantée dans le salon, sans parvenir à rendre son sourire à celle qui l’accueillait comme si elle se trouvait chez elle. Ses sphères d’acier embrassèrent la pièce du regard. Bien plus désordonnée et morose que dans ses souvenirs. Peut être l’avait-elle toujours été après tout. Trop occupée à s’abreuver de leur trêve de fortune, elle n’y avait certainement pas prêté attention.

Ses prunelles claires ne tardèrent pas à percuter la silhouette claudicante de son cousin, et elle ne put s’empêcher de maudire l’organe indigne de confiance qui trébucha aussitôt sur ses battements. Le temps de lui couper la respiration, avant de repartir de plus belle. Pour mieux la laisser pantelante et écorchée contre les récifs acérés. Docile, elle se laissa choir dans le fauteuil qu’Il venait de lui indiquer. Croisa ses jambes nues dans une vaine tentative pour les réchauffer après la douche froide que son corps venait d’essuyer, en tirant inutilement sur la texture en jean de son short. Des formules excessives de politesse, de sa part à Lui. Un long silence explicite, de sa part à elle. Ses perles azurées grignotaient le plus infime de Ses mouvements, assoiffées d’une telle proximité. « - Tu as une mine affreuse. » Lâcha-t-elle finalement du bout des lèvres, en fixant Son visage émacié. D’une terrifiante banalité, sa phrase sonnait presque comme une injure et ses barrières de nacre se mordirent la langue en représailles. Une séparation si éprouvante, et c’est tout ce qu’elle trouvait à Lui asséner ? Aucun reproche ni dégoût ne suintait toutefois de sa voix. Une simple constatation. Certes peu flatteuse, mais elle n’avait jamais vraiment pris l’habitude de Le brosser dans le sens du poil de toute manière. Elle faillit lui demander s’Il mangeait au moins, devant la vision de Son visage émacié. Se ravisa tant une remarque si maternelle lui semblait incongrue. Elle s’en voulait, ne pas avoir été là. D’être partie juste avant Son réveil, au moment précis où Ses paupières commençaient à cligner. Incapable d’affronter Son courroux, les nuances de répugnance et de haine qui auraient nécessairement vrillé Ses lunes sombres. Comment aurait-il pu en être autrement ? Quand elle était responsable de l’état déplorable dans lequel Il se trouvait ? Elle ne parvenait toujours pas à se le pardonner. Qu’importe s’Il l’avait sacrément bien cherché. Si elle se rappelait parfaitement de Ses mains en train de palper, de caresser et de s’approprier le moindre centimètre accessible de la peau laiteuse de la rouquine. Ou encore de Ses lippes ô combien sulfureuses et lascives, dévorant tout ce que les serpents venimeux n’étaient pas déjà en train de toucher. Frénésie entêtante propre aux écorchés vifs, qu’Il était supposé lui réserver. Les visions d’horreur n’avaient cessé de l’assaillir avec perfidie. Et pourtant. Elle aurait tout donné pour retourner en arrière, et épargner de sa démence sordide la vulgaire serveuse qui faisait office de putain à sa place.

« - Je… je regrette. J’aurais pas du venir. » Ce ne fut qu’un murmure penaud, nerveux au possible. Juste avant de s’arracher à regret du cuir moelleux et de se lever. Subitement pressée, comme si elle venait de réaliser qu’elle avait laissé une casserole sur le feu. La gorge enserrée dans un étau meurtrier, elle lutta pour déglutir.  Elle s’approcha de Lui, rajouta pour se donner bonne contenance : « - Encore moins à l’improviste, je te le concède. Je voulais juste voir comment tu te portais, et te rendre… ça. » Obligée de tirer sur le doigt qui portait Sa bague, elle l’en retira non sans grimacer. Au lieu de s’écouter et de frôler Ses phalanges, elle la laissa tomber sur la table basse. Au milieu de toute la pagaille innommable qui l’encombrait déjà. Égaré lors de Sa chute, elle avait précieusement conservé l’anneau. Parce qu’il s’agissait du dernier reste de leur romance vouée à l’échec. Parce qu’il s’agissait surtout d’un prétexte idéal pour Le recroiser. Froide et distante, elle ne se ressemblait pas. Loin de l’image sauvage et impétueuse qu’elle avait pu forger. A croire que le passage d’Erzébeth avait laissé des traces notables. Avait figé le liquide en fusion qui incendiait auparavant ses veines dans de la glace. Seul l’accent italien était revenu à la charge, compagnon trop fidèle pour être si facilement abandonné. « - Mais je suis rassurée, je vois que même avec des roulettes et des béquilles, tu ne te laisse pas abattre. » Siffla-t-elle, sans parvenir à retenir son venin. Alors qu’elle s’était jurée de ne pas endosser à nouveau le rôle de la mégère hystérique et pathétique, qui crève de frustration et s’étrangle de jalousie. Le discours amoureusement préparé avait été rejeté aux affres de l’enfer, remplacé par des relents de colère et d’amertume. Danseuse ivre oscillant au dessus d’un fil, la tête lui tournait. T’as tout gâché, avant même que je ne saigne cette pauvre fille.

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Between Iron And Silver
Twisting and turning, unable to sleep. Will the voices ever stop? My thoughts speak louder the more I resist. And they're driving me insane. Do they ever go? Inside. I'm a danger to myself. I'm a prisoner of my own hell.
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MessageSujet: Re: Set fire to the rain   Mar 21 Jan - 21:21

Il était seul tout le restant de la journée, excepté durant une misérable petite heure. Et il avait fallu qu’Elle vienne précisément à ce moment-là. Que sa séance de rééducation se change en une séance de torture. Les remords fusaient sous sa peau. Sa conduite au cours de cette affreuse soirée lui retournait les tripes. L’indisposait tant elle était détestable. Le handicap n’était qu’une punition, une remontrance pour toutes les horreurs qu’il avait pu Lui faire subir. Un moyen, certes radical, de lui faire comprendre qu’il avait dépassé les limites. Celles de la bienséance comme celles qu’il s’était fixé. Il avait eu tout le temps d’y réfléchir. De retourner la situation dans tous les sens, et de prendre une décision. Rayer toutes ses magnifiques tares de son petit cerveau pour tenter de se racheter une conduite. Et prier pour le salut de son âme. A une époque il l’aurait fait, se serait flageller pour toutes ses fautes. Le châtiment était largement suffisant pour qu’il n’ait pas à en rajouter une couche. Quant à la prière, elle ne servait à rien. Plus dans un monde pareil. Pourrit jusqu’à la moelle, ce genre de suppliques n’atteignaient les oreilles de personne. Le silence qui accueillit ses paroles le mit mal à l’aise. Le poussa à s’agiter légèrement sur son siège comme ci dernier était subitement devenu inconfortable. Des mots auraient été largement moins éloquents que cette absence totale de parole. Il se sentait affreusement ridicule, d’être aussi mal à en Sa présence. Tu l’as mis où, le bel aplomb de l’Italien ? Regarde-toi bon sang, tu es pitoyable. Il n’était pas en état pour lancer les hostilités. N’y tenait vraiment pas et préférait de loin mettre un terme à cette éloignement prolongé qui lui dévorait le cœur et le laissait orphelin. La solitude, il pouvait la gérer. Apprendre à vivre avec. Mais Son absence, il était incapable de s’y accoutumer. Il avait pressé la kiné, supplié presque pour qu’elle le laisse sortir. Décide enfin qu’il était apte à agir seul, comme un grand. Il n’avait essuyé que des refus et avait vu sa frustration augmenter au fil des entrevues. Elle avait raison, il le savait. Se retrouver dehors, dans son état, était une pure folie. Lui qui n’était pas capable de faire le trajet de sa chambre jusqu’au salon sans être essoufflé et totalement vidé.

« - Je te remercie du compliment. La faute à ce machin qui me force à rester enfermé comme un pestiféré. » Lâcha-t-il, un brin moqueur, en désignant d’un coup de tête le fauteuil sagement prostré près de la porte qu’il venait de franchir. Il avait pris l’habitude de fuir son reflet. Et ne prenait le risque de le croiser que les rares fois où il se décidait à prendre son rasoir pour se donner un air relativement présentable. Une erreur, qui ne faisait que renforcer le cisaillement de ses traits. L’excuse lui vrilla les tympans. Et le temps d’une fraction de seconde, une panique sourde tira ses traits. Pas aussi vite. Il voulut L’empêcher de partir, La retenir. La brusquerie de son geste lui arracha un soupir de douleur et l’obligea à se rassoir correctement. « - Non… Je t’en prie, reste. » Il prit soin d’éviter de croiser Son regard en prononçant ces mots, attendant la suite avant d’oser poser les yeux sur Elle. Il fronça les sourcils, s’accrocha à Ses gestes avant de rester interdit lorsque la bague se retrouva posée devant lui. Il avait pensé qu’on lui avait enlevé, à l’hôpital. Puis avait fini par comprendre qu’il avait dû la perdre dans sa chute. Un nouveau coup supplémentaire sur l’enclume qui lui servait de crâne. Un simple morceau de métal, qui lui était nocif en plus. Mais qui renfermait toute une époque chère à son cœur. « - Je pensais l’avoir perdu pour de bon… » Le murmure mourut contre ses lèvres alors qu’il se penchait une nouvelle fois en avant. Laborieusement. Ses doigts se figèrent au-dessus de la bague. Hésitèrent. Puis se ravisèrent au dernier instant. Malgré toute la tendresse et le soulagement qui s’étaient glissés dans sa voix, il craignait le contact avec l’argent. Aussi se contenta-t-il de se saisir d’une bouteille de morphine, et d’en boire une gorgée tout en se remettant en place. La douleur refaisait surface, et lui donnait du mal à respirer.

« - Il le faut bien. Je me serais déjà jeté par la fenêtre si ça n’avait pas été le cas. » Il y avait pensé, à cette option. Lorgnant d’un œil éteint le vide  régnant sous sa fenêtre d’hôpital. La pensée mortifère était devenue plus forte une fois qu’il fut de retour dans son appartement. La main de la lâcheté l’avait toutefois retenu. L’empêchant de se montrer plus stupide qu’il ne pouvait déjà l’être. Un moment de silence suivit sa réplique. Un instant de réflexion aussi durant lequel son cerveau s’échina à comprendre le sens réel de Sa phrase. De Son accusation plutôt. Il poussa un soupir, d’épuisement. Ferma un instant les yeux tout en serrant les dents pour se contraindre à garder son calme. « - Ma kiné, Cora… C’était ma kiné. » Toute la lassitude pesant sur ses épaules se fit ressentir dans ses mots qu’il avait pris soin de détacher pour leur donner un certain poids. Il savait, que cette présence dans son appartement pouvait porter à confusion. Tout comme ce parfum qui imbibait sa peau. Ses doigts vinrent frôler ses tempes, les massèrent un instant avant qu’il ne reprenne la parole. « - Je veux bien que tu me prennes pour un dépravé compulsif, ou je ne sais quoi d’autre, je t’en ai mille fois donné la preuve, mais tu crois vraiment que… Pitié, tu m’as bien regardé ? » L’assurance vola en éclat, fit trembler sa voix sur les dernière syllabes qu’il prononça. Il accompagna ses paroles d’un geste de la main un brin rageur, le désignant tout entier. Il n’y avait rien d’étonnant à ce qu’Elle lui fasse ce reproche. Il ne s’y était tout simplement pas attendu. Pas alors qu’il se trouvait dans une telle posture.

« - Tu es venue jusqu’ici pour ça ? T’assurer que je crève bien d’ennui tout seul comme un con ? Ou pour alimenter encore un peu plus ma charmante réputation ? » Ce fut plus fort que lui. Les excuses qu’il avait en vain tenté d’assembler dans les méandres de son crâne venaient de disparaître. Ravagées par des relents d’égoïsme qu’il pensait éteint depuis sa chute. On ne change pas un animal sauvage. Il se laisse faire pendant un temps puis finit tôt ou tard par mordre la main qui le nourrit. C’est ce qui lui arrivait. Il s’était laissé berner par ses envies de changement. Y avait cru pendant quelques temps avant de se faire rattraper par un comportement qui lui collait à la peau depuis bien trop longtemps pour être ignoré de la sorte. Et pour rester muet face à une telle attaque. Aussi subtile soit-elle. Il La connaissait trop bien pour savoir reconnaître un sarcasme. Jaloux à en crever même quand ils se retrouvaient éloignés l’un de l’autre. Chacun de leur côté. Il n’avait pas manifesté de colère en s’exprimant. Juste une infime irritation, qui ne perdit pas une seconde pour venir se mêler à ce malaise qu’il n’arrivait pas à réprimer.

« - Ah… Ou alors c’est pour admirer ton œuvre, peut-être ? » Il leva le nez vers Elle, et sonda la glace de Ses prunelles. Une seconde. Une minute, un temps infini qui lui donna l’occasion de réaliser à quel point il pouvait être odieux. Il soupira et reporta son attention sur l’anneau d’argent perdu sur la table. « - Excuse-moi. Je ne voulais pas dire tout ça. » Une première vague d’excuse qui lui brûla la langue. Sincères, mais fort peu utile après ce qu’il venait de Lui balancer à la figure sans vraiment réfléchir. Il leva la main, frôla du bout des doigts la Sienne. Hésita à nouer ses phalanges aux Siennes puis se ravisa après un court instant de réflexion.

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MessageSujet: Re: Set fire to the rain   Dim 26 Jan - 22:02

Un simple hochement de tête pour accueillir les explications de son cousin, comme une poupée mécanique un peu amochée. Elle faisait presque tapisserie, là au milieu de Ses meubles et du désordre ambiant. Le palpitant au bord des lèvres, et l’estomac en vrac. Quelque chose s’était brisé en même temps que Ses vertèbres la nuit du crime. Annihilant jusqu’à sa capacité à tenir rigueur de Ses frasques, tant les siennes lui semblaient démesurées. Elle avait l’atroce impression d’avoir été ouverte en deux, et qu’une part d’elle continuait de se faire déchiqueter morceau par morceau. Un vide profond qui ressemblait à l’infini, et qu’elle ne parvenait plus à combler. Elle s’était imaginée que venir chez Lui, Le revoir enfin, changerait les choses mais le malaise ne faisait que s’amplifier. Elle se sentait toujours affreusement morte. Il n’avait pourtant rien proféré d’agressif à son encontre, l’avait même invitée à s’asseoir comme si elle était la bienvenue. Mais c’était peut être justement ce qui la dérangeait le plus. Qu’Il se montre cordial, tolérant, mesuré. Qu’Il ne se montre ni odieux, ni réellement chaleureux. Elle ne savait pas quoi faire de cet entre-deux étrange, où ils n’étaient plus ni amants ni ennemis. Où ils portaient des gants, loin de faire honneur à leur réputation d’italiens enflammés. Même le premier contact après des siècles de séparation ne s'était pas révélé si couvert de silences malheureux et gênants. Elle n’eut ainsi pas à réfléchir bien longtemps avant de se lever, pour couper court à cet échange un brin hypocrite d’amabilités.

« - Non… Je t’en prie, reste. » La supplique la laissa interdite, fit courir un frisson en travers de son échine alors qu’elle s’immobilisait à proximité de Sa carcasse amaigrie. « - Pourquoi ? » Un misérable murmure, qui venait toutefois du cœur. Elle ne comprenait pas, comment Il pouvait avoir la moindre envie qu’elle reste après les sévices qu’elle avait pu Lui infliger. N’osait pas imaginer à quel point Il devait lui en vouloir pour ça, pour les gestes d’une violence inouïe ayant précipité Sa vertigineuse chute. Elle s’empressa néanmoins de noyer sans attendre la question sous un flot d’explications. De prétextes qui ne dépeignaient pas entièrement la vérité. Un sourire furtif se dessina sur ses traits devant Son soulagement évident, teinté d’une certaine nostalgie. Elle avait redouté ce moment-là aussi. Avait angoissé à l’idée qu’Il ne puisse se moquer complètement de la bague de pacotille, porteuse d’un serment bafoué à de trop nombreuses reprises. Ses prunelles, rivées sur Lui, ne perdaient pas une miette de Ses mouvements. Elle sentit une douce chaleur l’envelopper comme une couverture chaude, lâcha prise un instant avant de sentir subitement le froid la mordre à pleines dents. Quand Il attrapa la morphine pour boire directement à la bouteille. Quand Il parla de se jeter par la fenêtre ensuite. Au moins tu n’as pas développé la peur du vide… Le forcené agitant sa cage thoracique pesait des tonnes, coulé dans du ciment.

« - Tu ne devrais peut être pas boire ça comme du petit lait... » Une mise en garde qui allait certainement tomber dans l’oreille d’un sourd, mais qu’importe. Ils n’étaient que deux pitoyables drogués, remplaçant sans cesse une addiction par une autre. Incapables de se montrer mesurés, de ne pas dévier dans les extrêmes. De s’aimer sans se déchirer, sans finir écorchés vifs. Une recommandation déplacée, qui dériva malgré elle vers l’indécence pure. Elle espéra vainement que le brouillard suffirait à emmailloter suffisamment solidement Son cerveau, qu’Il ne relèverait pas le reproche sous-jacent. Sauf qu'Il la connaissait beaucoup trop bien pour ça. Pour ne pas cerner les allusions de bas-étage et les piques déguisées. Le flegme ne tarda pas à s’envoler, et elle se crispa d’instinct. Cora… Un long poignard lui transperçant littéralement l’abdomen. Il était légitime qu’Il l’appelle par un prénom qu’elle avait délibérément choisi, pourtant la musique sonnait grinçante et discordante à ses tympans. Renforçait la sensation qu’ils n’étaient que deux étrangers, qui n’avaient plus grand-chose à faire ensemble. Pour ne pas dire plus rien.

«  - Oh pardon, c’est vrai que c’est tellement invraisemblable d’avoir pu y songer, comme si tu te laissais souvent impressionner par ce genre de... difficulté. » Ses canines mordillèrent sa langue traitresse en réprimande, ravalant le reste de bile qui lui lacérait la trachée. Pousser le vice jusqu’à évoquer Ses problèmes de ‘tuyauterie’ n’était franchement pas le plus fin ni le plus habile, et elle le savait pertinemment. Elle se fit ainsi violence pour rester muette et ne pas interrompre le monologue visant à s’époumoner et à rager contre elle. Ses oreilles sifflaient, ratiboisées par les notes venimeuses de Sa voix, brisée par tant de colère et de peine. Ce n’est que lorsqu’Il daigna plonger Ses sphères sombres dans les siennes, polaires, qu’elle réalisa qu’elle était restée en apnée tout ce temps. Sonnée, les joues rouges, elle ramena la main que frôlaient Ses doigts sans oser s’y nouer vers elle. Puis croisa ses bras contre sa poitrine pour que les serpents soient hors de portée. Signe d’agressivité latente, elle cherchait surtout à retenir ses membres au cas où ils aient la mauvaise idée de s’éparpiller à Ses pieds.

« - Ah oui ? A quoi tu voulais t’en tenir, dis moi, si tu ne voulais pas dire tout ça ? Au fait que je sois une mégère paranoïaque ? Ou bien une créature sournoise et perfide qui se régale de retrouver son animal de compagnie tant diminué ? » Cinq minutes qu’elle était là, et les piques acerbes fusaient déjà. Loin de pouvoir stopper l’hémorragie, elle appuyait au contraire de toutes ses forces sur la plaie béante et putréfiée. Il n’y avait plus qu’un tourbillon dans son crâne, écarlate et frénétique. « - Qu’est ce qu’il manque pour renforcer le pathétisme dans lequel tu te complais ? Je pourrais peut être sortir les violons pour que ta détresse devienne vraiment à pleurer, qu’est ce que tu en penses Stain ? » Elle était jalouse, oui. Jalouse à en crever que la kiné puisse caresser Sa peau, l’envelopper d’huile comme pour marquer son territoire. Et représenter sans doute Sa seule distraction de la journée. L’intermède qu’Il devait attendre avec impatience, savourer, car le reste n’était parsemé que de solitudes et d’amers regrets. A ce stade le manque était si terrible, qu’elle aurait tout aussi bien pu se montrer jalouse d’un courant d’air, du vent qui L’effleurait.

« - Mais je le répète, j’étais seulement venue te rendre ton objet fétiche. » Menteuse… La sorcière contourna légèrement le sofa, de façon à pouvoir faire glisser ses doigts contre Ses épaules pour mieux agripper l’opposée. Elle se pencha, de sorte que ses cheveux caressent Sa nuque et que son souffle brûlant se répande à l’intérieur de Son organe auditif. « - Tu te montre si tendre et fidèle avec ce morceau de métal, ce serait dommage de t’en priver. Peut être qu’à force de t’entrainer dessus, tu finiras par appliquer ta conduite exemplaire aux êtres vivants. » Un rictus sarcastique ourla ses babines avant qu’elle ne se décide à lâcher prise et à reculer. Elle fit le tour pour revenir s’asseoir, mais cette fois-ci à côté de Lui, sur un bout du canapé azuré. Impudente d'agir librement, alors qu’Il ne désirait sans doute plus qu’une chose : qu’elle déguerpisse de l’appartement au plus vite. Sans Lui laisser le temps de protester, le rouleau compresseur enchaina : « - C’est toi qui te force à rester ‘enfermé comme un pestiféré’. Où as-tu vu que les… » Une seconde d’hésitation, pour se finalement décider à appeler un chat un chat. « … infirmes restaient cloitrés entre quatre murs constamment ? Avoue plutôt que c’est ton orgueil qui te pousse à vouloir rester prisonnier ici tout seul tant que tes cannes ne seront pas réparées. Au lieu de sortir avec des roulettes à la vue de tous. » Assise contre l’un des accoudoirs, pour faire face au brun ténébreux, elle étira sa jambe repliée avec une fausse nonchalance. Titilla Son genou du bout de son talon comme si elle cherchait à en éprouver la sensibilité. Un frôlement espiègle, qui avait de quoi Le gêner mais pas de quoi susciter de véritable douleur. Qui ne servait qu’à appuyer ses paroles précédentes. Même si la méthode risquait fort de la faire passer pour une sale gamine, immature et irritante au possible.

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MessageSujet: Re: Set fire to the rain   Mer 29 Jan - 21:02

Pourquoi ? La question le pris de court. Et laissa la seule réponse digne d’intérêt mourir sur sa langue. Lui avouer qu’il n’en pouvait plus de rester là, seul. Qu’il avait cruellement besoin d’Elle pour ne pas sombrer dans une profonde mélancolie et peut être finir par faire quelque chose de franchement stupide, il en était incapable. Il avait beau avoir laissé son orgueil de côté pendant ce long et pénible mois. Il avait beau être prêt à, à peu près tout pour qu’Elle revienne, il ne se sentait pas capable de Lui donner une réponse valable. C’était une évidence pour lui. Quelque chose dont il avait cruellement besoin et qui ne pouvait pas s’effacer aussi vite. Elle avait franchi le seuil de sa porte, et il ne pouvait tout simplement pas la laisser partir après seulement quelques minutes passées en Sa présence. Fatigué par sa séance de rééducation, embrumé par tout ce qu’il pouvait prendre comme antidouleurs, il était même prêt à endurer Sa colère plutôt que de la voir partir. Prêt à se laisser fracasser encore un peu plus sans vraiment répliquer. Il était en tort sur toute la ligne, et il avait eu le temps de s’en rendre compte. Il contempla d’un regard éteint le flacon qu’il tenait entre ses doigts avant de le reposer sur la table. Contraint et forcé de dire adieu à la cigarette par ses médecins, il avait cruellement souffert du manque provoqué par l’absence de nicotine. Aussi avait-il bien rapidement trouvé un moyen de palier à ce gouffre qui grandissait en son sein. Il avait appris à endurer la douleur de ses mutations, à l’apprécier même sur le long terme. Mais supporter celle-ci, il ne le pouvait pas. Refusait d’être la victime de cette lave en fusion qui lui déchirait le corps au moindre geste. La morphine était un bon moyen pour oublier, pendant quelques heures cette douleur lancinante et incessante. Un mal pour un bien puisque sa présence annonçait aussi le retour des sensations dans ses jambes.

« - Ca ou les autres trucs que je dois prendre, quelle différence ? » Lâcha-t-il au bout de quelques minutes de silence, haussant à peine les épaules pour éviter de sentir ses reins se pincer à nouveau. L’amertume d’un sourire effleura ses lèvres, s’estompa lorsqu’il posa son regard sur le désordre régnant dans la pièce. Evitant soigneusement le froid dérangeant du Sien. En plus de cette amertume qui suintait sur sa langue, il sentit la chaleur de la colère lui caresser le cœur. Embraser cet amas de chair mort depuis sa chute pour le pousser à battre un peu plus vivement que d’ordinaire. « - C’est un vrai plaisir de te revoir vraiment… Tous ces sarcasmes et cette rancœur, ça me manquait. » La moquerie était de fort mauvais goût, il le savait. Et se mordit la langue au passage pour éviter de titiller encore un peu plus Ses nerfs alors qu’il s’était juré de ne pas entrer dans Son jeu. De rester impassible face à Son ressentiment. Flegmatique, le Shadowhunter était en train de se faire grignoter par l’Italien dont le sang commençait à ne faire qu’un tour. Attisé par Sa présence. Fatigué de voir toute cette rage inutilisée, ensevelie sous des tonnes de morphine et sous cette désolation qui était devenue sienne. Rongé par un profond désarroi, il se croyait devenu hermétique à ce genre de provocations. Pour son plus grand désespoir, il semblerait qu’il en soit incapable. « - J’aurais bien du mal à choisir entre les deux options. » Provoque, c’est une excellente idée, vraiment. S’il s’était acharné à vouloir éviter de croiser Son regard, les mots qui lui vrillèrent les tympans le poussèrent à tourner la tête vers sa cousine, et l’accabler d’un regard lourd de reproches. Aussi glacial que le Sien.

« - Tu pourrais. Mais je t’en prie, ne te gêne pas, rappelle moi bien à quel point je suis devenu lamentable. Je t’en remercie d’ailleurs. » Il avait laissé ses mots dépasser sa pensée. Se ruer hors de sa bouche avant qu’il ne puisse réellement y réfléchir. Inconsciemment, il se crispa lorsqu’Elle laissa ses doigts se couler contre sa carcasse. Le cœur battant, il se surprit à retenir son souffle tout le temps où Elle se trouva derrière lui. Une infime vague d’angoisse lui courut le long de l’échine. « - Pour finir de nouveau en miettes ? Je préfère encore me brûler les doigts avec ce morceau de métal que de revivre tout ça. » L’apnée prit fin dès qu’Elle s’éloigna, distance qu’il suivit du coin de l’œil, les dents serrées. Infirmes, le mot fit courir de lourds frissons le long de son échine. Ils glissèrent contre ses bras pour mieux s’insinuer sous sa peau. Il n’avait pas réagi quand son prénom d’emprunt était sorti de Sa bouche avec autant d’aversion. Il avait eu du mal à s’y faire, lui aussi, à Son nouveau prénom. Considérant les deux personnes comme des étrangères avant de finalement les réunir. Mais ce simple mot lui retournait l’estomac et le cœur. Un froncement de sourcil plissa son front et s’accompagna d’un infime soupir. Si le choix ne dépendait que de lui, il se serait déjà rué dehors. Ne serait-ce que pour ajouter des images aux notes de musique qui caressaient ses tympans à longueur de journée. Pour se mêler à la foule et se considérer pour quelques pauvres heures comme quelqu’un de normal. On le lui avait formellement interdit. Radié sans la moindre somation, dès que son état avait commencé à montrer des signes d’amélioration évidents, on lui avait rendu une partie de son poste. Un retour qui avait su réchauffer son cœur et faire se dissiper le brouillard qui l’entourait. « - Nulle part. Mon orgueil ? Il n’en a absolument rien à faire, qu’on puisse me voir dans cet état. Ils m’obligent à rester là… » L’interdit était tombé lorsque le cadavre d’un Shadowhunter avait été retrouvé, massacré, mutilé sans vergogne. Et un second, quelque jour plus tard. On le prenait pour un impotent, incapable de se défendre. Le simple fait de mettre le nez dehors mettait sa vie en danger, selon ses supérieurs. Une belle connerie, qui lui mettait les nerfs en pelote plus que n’importe quelle autre chose.

Il esquissa un léger sourire lorsque Son talon vint frôler son genou. Ravit du contact, et surtout de pouvoir le sentir. Ses paupières se fermèrent un instant, avant que la gêne ne vienne se mêler au contentement et ne le pousse à serrer les jambes pour éviter qu’Elle ne recommence. «  - Tu n’es pas venue que pour me rendre ça, tu l’aurais fait plus tôt si c’était le cas. Si tu es là pour obtenir ta dose de dispute et de méchanceté, tu as mal choisi ton adversaire. » L’irritation fit trembler sa voix, plus qu’il ne l’aurait voulu. Ses doigts se crispèrent sur la serviette sur laquelle il tira pour la remettre en place. « Tu veux quoi ? Que je te le dise ? Oui je m’en veux pour tout ce que j’ai pu te faire ce soir-là, et j’en suis profondément désolé. Et oui je t’en veux pour ça. » Lâcha-t-il dans un souffle, tapant nerveusement sur son genou pour illustrer ses propos. Les excuses n’étaient pas réellement celles qu’il avait en tête. Avouer ses torts, une banalité pour certain, tout un monde pour lui. Il n’éprouvait pourtant  pas de telles difficultés quand il était môme. « - Mais je te déteste plus encore pour m’avoir laissé seul.  Pour ce silence bien plus affreux que tout le reste. » Le dernier mot mourut sur sa langue. Il laissa son regard se perdre encore quelque instant dans le Sien avant de le fuir à nouveau. Une absence qui avait rendu le réveil encore plus amer. Et qui l’avait presque poussé à vouloir replonger aussitôt dans cette torpeur comateuse pour n’en ressortir que des mois plus tard. Le temps que tout se tasse et que la rancœur s’efface. Elle était toujours là, pernicieuse, grouillant sous sa peau. Et les reproches n’avaient de cesse de lui triturer les neurones. De hurler entre ses deux oreilles pour qu’il Lui balance ses quatre vérités à la figure. Quitte à se montrer odieux et plus teigneux encore qu’un chihuahua plein de tiques. Il se fit néanmoins violence pour arrêter là, et ne pas s’ensiler encore plus dans le rôle du pauvre martyr de service. « - Tu peux sortir les violons si tu veux maintenant. » La légèreté de la phrase jura avec l’expression qui s’était glissée sur son visage. Ironique à en crever, une part de franche vérité se cachait néanmoins sous ce sarcasme.

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MessageSujet: Re: Set fire to the rain   Jeu 6 Fév - 22:04

Elle s’en voulait, de laisser l’animosité revenir au galop et tout piétiner sur son passage. Elle s’était promis que ça n’arriverait pas, fait la leçon avant d’entrer. Mais les mauvaises habitudes avaient la vie dure et ne pouvaient pas s’empêcher de retourner sur le devant de la scène à la première occasion. Teintés d’une rancœur communicative, Ses mots la percutaient comme des projectiles. L’écorchaient vive après l’avoir mise à nue. Il était peut être trop tôt. Trop tôt pour se planter devant Sa porte, et essayer de faire amende honorable. Si elle avait failli réussir à se tenir, il semblait de toute évidence que la rééducation n’était pas terminée. Que des débris de colère étaient restés incrustés, éparpillés partout sous sa peau. Écraser la perfide sous une masse de culpabilité n’était pas suffisant pour la faire disparaitre dans les airs, contrairement à ce qu’elle avait pu espérer ou bêtement croire.  Si une part d’elle mourrait d’envie de L’enlacer, de se perdre contre la chaleur de Son torse, l’autre devait se retenir de lui tordre violemment le cou. Elle se contenta toutefois de serrer Son épaule. D’y imprimer une nette brutalité tout en se délectant d’un contact physique qui lui avait terriblement manqué. Plus forte que jamais, l’éternelle dualité l’empêchait de choisir entre amour et haine. La poussa à retourner s’asseoir, plutôt que de se montrer raisonnable et prendre la sortie.

Ils m’obligent à rester là… L’aveu lui fit froncer les sourcils, tant elle ne s’était pas attendue à une telle réponse. Certaine qu’il n’y avait que Son ego qui pouvait le pousser à rester volontairement enfermé entre quatre murs, elle n’avait pas envisagé d’autre option. « - Ils ? Qui ça ? Tes supérieurs ? » Souffla t’elle, presque timidement avant de retrouver son aplomb et l’ironie qui lui collait au palais. « - Tu leur es si précieux que ça, pour qu’ils se soucient encore de toi ? Ou ça ternit leur image de marque, un shadowhunter qui peine à se déplacer ? » Elle pouvait entendre son ainée proférer des infamies dans les méandres de son oreille. Lui scander qu’Il n’était pas devenu si important au sein de la milice par hasard. Qu’Il ne torturait et ne tuait pas de pauvres gens par sens du devoir. Mais par véritable vocation. Sous la couche de dépit, elle pouvait sentir la fierté d’avoir réintégré Ses fonctions caresser Ses reins. Et la frustration d’en être réduit à incarner un fusil sans cartouches, cassé, qui peut intimider mais s’avère des plus inoffensifs en pratique.  

« - Mal choisi mon adversaire ? Ce serait bien la première fois… » Persifla t’elle, en étouffant tant bien que mal un ricanement impulsif. Si elle pouvait se comporter comme la pire des pestes, Il n’était jamais en reste lorsqu’il s’agissait de la rabaisser plus bas que terre. Ils s’étaient quitté à l’adolescence, et s’aimaient toujours comme des enfants même si le désir était venu tout souiller. Comme deux imbéciles immatures seulement aptes à s’envoyer des coups de pied, à se tordre le cœur et à se bagarrer comme des chiffonniers. La gamine capricieuse aurait rajouté une provocation supplémentaire, si Ses excuses ne l’avaient pas prise de court. Stupéfaite, elle ramena sa jambe vers elle, la replia sous son poids avec sa jumelle. Forgés dans le même moule, elle savait combien les excuses coûtaient à l’italien. Combien il devait être compliqué d’empêcher à Sa mâchoire de les mastiquer pour les réduire en lambeaux. Qu’Il puisse encore vouloir d’elle l’amenait à se questionner sur Son état de santé. A se demander s’Il n’avait pas reçu un sérieux coup sur la tête en chutant, suffisamment puissant pour Lui retourner le cerveau.  Déchirées par le chagrin et les remords, ses prunelles bleutées se baissèrent piteusement lorsqu’Il détourna le regard. Profondément affectée, elle tritura nerveusement ses doigts avant de se décider à reposer ses billes d’acier sur Sa silhouette frêle. « - Je pensais être la dernière personne que tu aurais eu envie de voir à ton réveil, après… ce qui s’est passé. » C’était une évidence pour elle. Rester dans l’hôpital aurait été un affront. Elle en avait perdu le droit après endossé le rôle de la folle furieuse qui égorge sa rivale pour s’en faire un masque de beauté. Avant de pousser rageusement son amant du haut des escaliers. « - J’en ai autant souffert que toi, de ce silence. Si ce n’est plus. Ce n’était pas pour te punir, j’avais seulement bien trop honte pour t’imposer ma présence. » Ce ne fut qu’un murmure, quasiment inaudible. Sa respiration devenait gravier. Celui qui étrangle, qui tapisse les poumons de poussière et de déchets. « - Même si ce n’était pas vraiment moi… » L’explication s’étouffa dans sa tranchée, tant elle lui semblait incongrue. Qu’est ce qu’elle pouvait lui raconter ? Que l’esprit d’une hongroise aussi givrée qu’un iceberg l’avait possédée, et qu’elle n’avait rien pu faire pour enrayer la machine ? Comment pouvait-elle l’en convaincre alors qu’elle-même se demandait si elle ne délirait pas pour atténuer l’ampleur de ses crimes ? Elle n’en était pas à son premier meurtre, mais le poison était incolore. Contrairement au sang qui maculait ses mains et refusait de s’effacer. Une différence qui pouvait paraitre ridicule, et qui rendait néanmoins le traumatisme de taille.

« - Je regrette… d’avoir failli te tuer. De ce que tu es forcé d'endurer physiquement depuis un mois. J’ai jamais voulu que ça aille si loin. Je me serais contentée… de te quitter. De te tromper. » Elle haussa les épaules avec une fausse nonchalance, grimaça lorsque les mots emplis de maladresse résonnèrent contre ses tympans. Elle esquiva la brûlure de Ses sphères d’ébène, balaya la pièce des yeux pour se donner un simulacre de contenance. Les rétines ténébreuses cramaient sa chair à vif, faisaient naitre un incendie au creux de l’organe qu’Il avait si bien tordu et ravagé. Ses dents mordillèrent nerveusement sa lèvre inférieure, redoutant les reproches qui n’allaient pas tarder à suivre. « - Mais j’arrive plus à te croire. » Les notes de sa voix tressautèrent, inaptes à faire autre chose que s’effondrer. Ses pupilles acérées réunirent le peu de courage qu’elles détenaient encore pour s’ancrer aux Siennes, et donner de l’aplomb à ses affirmations éraillées. « - Tu es profondément désolé maintenant. Parce que tu n’as plus que ton fauteuil pour rouler sur un orgueil déjà en miettes. Parce que tu es persuadé que tu ne peux même plus séduire dans ton état. Dès que tu auras retrouvé ta capacité à utiliser tes longues jambes, tu recommenceras à courir après tout ce qui bouge et à te moquer ouvertement de me blesser. » Elle ne se faisait plus d’illusions. Convaincue que c’était Son intolérable solitude qui s’exprimait, elle préférait se fondre dans l’enveloppe de l’animal sauvage qui montre les crocs. Et qui rêverait pourtant d’être apprivoisé et dorloté par son maitre comme il se doit. « - Ou à menacer de mort ma propre sœur. » Ça non plus, elle ne l’avait pas oublié. L’avertissement était resté coincé en travers de sa gorge, et elle ne pouvait pas l’en chasser. « - Je t’avais prévenu, que ça finirait mal. » Siffla-t-elle, venimeuse et incorrigible, après un bref silence. Ses barrières de nacre égratignèrent sa langue en représailles, la châtiant de s’enflammer vainement. Elle Lui en voulait. Affreusement. D’être allé voir ailleurs ce soir-là et probablement un nombre considérable de fois auparavant. D'avoir rompu si facilement le pacte.

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MessageSujet: Re: Set fire to the rain   Sam 8 Fév - 22:16


L’hésitation et l’enchaînement de questions fit naître un sourire que les lèvres de l’infirme. Evasif et à peine perceptible, il mourut dès qu’il eut frôlé sa peau. Il n’avait rien de précieux aux yeux de Gouvernement. Si on lui avait offert un poste plus important, des hommes pour obéir à ses ordres, c’était plus pour le punir d’avoir déserter pendant trois mois. Jouant au mort dans le froid pendant que le rapport nécrologique étant en train d’être rédigé. Il n’avait pas eu la chance de pouvoir le lire, aurait bien aimé le faire pour savoir qu’elle excuse ils allaient trouver pour justifier sa mort. Une balle perdue ? Massacré par un rebelle en pleine crise ? Les deux options auraient été des plus probables. Assassiné par une belle sœur hystérique, peut être aussi. Ou griffé à mort par une minette égocentrique. Deux autres solutions beaucoup moins gratifiantes que les précédentes, mais justes elles aussi. Il secoua légèrement la tête, approuvant d’une certaine manière la seconde partie de Sa cinglante réplique.  Un militaire à roulettes ne ferait pas bonne impression. Et comme moyen de dissuasion, on peut facilement trouver mieux. « - Précieux ? Certainement pas. Utile surtout, les animaux dans mon genre font de bonnes recrues. Ils s’en foutent de ça, mais voir encore un Shadowhunter massacré, ça peut faire du mal à l’image qu’ils veulent se donner. » Lâcha-t-il avec une certaine amertume. Il se perdait dans la contemplation du désordre régnant sur la table devant lui. Continuait de tapoter sa cuisse du bout des doigts. Nerveusement. La douleur revenait. Se glissait dans ses reins jusqu’à devenir gênante. Il tenta mieux s’installer, sans succès. Rester assis était un calvaire. Se trouver debout l’épuisait. Et passer ses journées allongé à fixer son plafond, était une option qu’il ne supportait plus. « - Il y a des premières fois à tout. » Il savait pourtant, qu’il ne serait pas capable de rester de marbre face aux provocations. Il venait déjà de rentrer dans Son jeu. Le conflit, son appel avait quelque chose d’irrésistible. Son existence entière n’était qu’une suite de conflits, assemblés les uns aux autres pour donner toute sa splendeur à la toile.

Il avait eu tout le temps pour ressasser cette foutue soirée. La revoir, sous tous les angles et tenter de comprendre. Ses erreurs étaient évidentes. Surpassaient toutes les autres sans le moindre mal. Il n’y avait que le meurtre involontaire de Chiara qui continuait de trôner au-dessus du reste. Ca et peut être toute sa haine envers l’autre sœur. Après avoir étudié son comportement sous toutes les coutures, c’est Elle qu’il tenta de cerner. Il pensait La connaître. Parfaitement. Ou du moins mieux que n’importe qui. Et même s’il avait beau avoir horreur de tout ce qui pouvait toucher à la sorcellerie, c’était cette option-là qui revenait à chaque fois sur le devant de la scène. Qu’importe le chemin qu’il empruntait, il retombait toujours sur ses pattes. La conclusion, aussi saugrenue soit-elle, était pourtant simple.

« - En partie peut être, mais je suis certain que tu le voulais au fond. » Il haussa les épaules avec une certaine lassitude. Il n’y avait pas vraiment de reproches dans sa voix. Juste quelques notes d’incompréhension. « -  D’endosser mon rôle ? Tu aurais peut-être dû le faire. » La douleur aurait été bien pire. C’était une évidence. Le fauteuil et tout le reste, n’auraient été qu’une partie de plaisir en comparaison. « - Tu crois si bien me connaître… J’en serais presque flatté, mais tu n’en sais rien. » Son regard se reposa sur Elle, sonda ces prunelles qui lui avaient si affreusement manqué. Elle avait peut-être raison. Sa morosité était liée à son état, à cette solitude qui le rongeait de l’intérieur. Ce mois d’immobilité l’avait changé. Avait fait pencher son point de vue sur le Gouvernement d’un côté de la balance. Il avait réalisé à quel point il y tenait, à son uniforme et tout ce qu’elle pouvait représenter. Que ce besoin viscéral de souffrance et de sang ne pouvait être satisfait qu’en endossant le noir. Et pas autrement. Brûler sa peau contre d’autres faisait aussi partie de ces choses dont il avait besoin. La voir se calciner contre la Sienne était pourtant ce qui lui importait le plus.

« - Pitié, mais qu’est-ce que vous avez tous avec elle ? J’arrêterais de la menacer quand elle arrêtera de se comporter comme une vielle chouette aigrie et plumée.  Je peux me retenir de mordre, mais cet effort ne concerne que toi. Les autres, j’en ai plus rien à faire. » Rageur, il serra les dents pour retenir le flot de ressentiment venu lui caresser la langue. Il se redressa, soudainement, le souffle coupé par un élan de douleur qui lui déchira les reins. Sans qu’il ne la contrôle, sa jambe se mit à trembler et il finit par se lever. Tentant de conserver un semblant d’aplomb et de donner l’impression qu’il était parfaitement maître de la situation. Quand cette dernière était en train de le dépasser. « - La famille n’existe plus à mes yeux. Elle n’a jamais existé d’ailleurs. Un père qui détruit son fils, une mère qui n’en est pas réellement une et une cousine aigrie qui détruit sa sœur à cause de son égoïsme, ça n’a rien d’une famille. » Glaciale, sa voix mourut sur les dernières notes, ravagée par les doigts de l’exaspération venus s’enrouler autour de sa gorge. Il s’appuya un instant contre le canapé, regrettant ces mots qui s’étaient échappés de son crâne sans qu’il ne le veuille vraiment. Balançant sans sourciller un tas de choses qu’il aurait préféré garder pour lui.

« - Il n’y avait pas besoin d’avertissement pour le savoir. Depuis le début, tout est voué à l’échec. Nous sommes voués à l’échec. » Après la dureté de la glace, la fragilité du murmure. Il se déroba à nouveau, appuya ses phalanges contre ses reins et contourna au mieux le sofa pour se rapprocher de la fenêtre. Il laissa son regard se perdre sur l’agitation régnant en contre-bas. Poussa un infime soupir et refit le parcours en sens inverse. Le simple contact du parquet tiède contre ses pieds parvenait à le faire frissonner de satisfaction. Il cherchait ses mots. Les pesaient, en assemblaient d’autres pour les rejeter dans un coin de sa tête. La première slave d’excuse lui avait déchiré la langue. C’était stupide, mais il n’avait pas pour habitude d’avouer ses torts. Elle non plus. Créature au sang chaud préférant la lutte plutôt que dévoiler ses faiblesses. Posant sa main sur l’accoudoir, il se pencha vers Elle. S’enivrant d’une proximité devenue trop rare. Remplaçant l’odeur imbibant sa chair et ses narines par la Sienne. Il resta suspendu derrière Elle, immobile, retenant presque son souffle par crainte de La voir disparaître. Puis le rapprochement devint plus important et ses lèvres frôlèrent la courbe de Son oreille. « - Tu pensais mal. Ta présence aurait rendu la sentence moins affreuse. » Un murmure, taquin au premier abord mais surtout empli d’un profond regret. Ses doigts L’effleurèrent avant de lâcher prise. Il recula et revint à sa place de départ, la main crispée sur une de ses pattes pour calmer l’agitation nerveuse qui la possédait à nouveau. Il soupira, irrité et se mordit la langue pour retenir les insultes se fracassant contre ses dents. Fatigué de lutter contre son propre corps à longueur de journée.

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MessageSujet: Re: Set fire to the rain   Ven 14 Fév - 21:17

Tu le voulais au fond. Enoncée sans réelle froideur, l’allégation l’érafla pourtant comme la lame d’un couteau. Lui arracha des frissons meurtriers. Elle s’était posé la question. Avait retourné ses bribes de souvenirs de la soirée dans tous les sens. Pour finalement ne pas réellement réussir à y apporter de véritable réponse. Espérant qu’elle n’était pas aussi malsaine et aigrie qu’Erzébet. Que son sang ne s’était pas figé dans ses veines, qu’il continuait de bouillir et d’y faire rugir la vie plutôt que des pulsions de mort. Elle s’accrochait de tout son être aux vestiges de son humanité. Se persuadait qu’elle n’avait laissé agir la Comtesse que par impuissance et lâcheté. Par crainte que la digue cède et qu’elle soit emportée par les rapides, noyée dans l’horreur de sa propre vie. « - La belle opinion que tu entretiens de moi me touche, sincèrement. » Ironisa-t-elle, la voix tranchante. Le visage fermé, pour empêcher les émotions de filtrer. Crois-le ou non, mais j’ai essayé de l’en empêcher. De toutes mes forces. Les dégâts auraient été bien plus effroyables et irrémédiables, si je l’avais laissée s’adonner à toutes les ignominies qui ont traversé son esprit détraqué. « - J’ai dépassé le stade où te voir ramper m’apportait une quelconque consolation depuis longtemps. » Je ne l’ai jamais atteint, en vérité. Elle l’avait cru, par le passé. Que Le briser au sens propre l’aiderait à avancer. Parviendrait à nourrir la bête affamée qui dévorait insidieusement ses entrailles. C’est pour ça qu’elle l’avait transformé, qu’elle s’était évertuée à Le rabaisser au rôle du vulgaire animal de compagnie. Mais voir Ses os se fracturer et Son épiderme se faire recouvrir d’un pelage blanc comme la neige n’avait pas calmé la rage. Bien au contraire. « - Je voulais juste… disparaitre. » Avoua-t-elle dans un murmure. Si elle ne se rappelait pas de tous les détails, elle se souvenait en revanche du profond abattement qui s’était emparé d’elle. De l’envie impérieuse de laisser les abysses l’engloutir pour se défaire de cette réalité sordide.

« - Qui t’as dit que c’était exclu ? Si tu essaie de prêcher le faux pour avoir le vrai, tu risques d’être déçu. Tu m’as humiliée. » L’italienne n’en démordait pas. Excuses ou pas, remords ou non, ce que son amant lui avait infligé était intolérable. Et sans l’admettre, elle préférait se concentrer sur cette blessure purulente mais superficielle d’orgueil. Croire qu’elle allait pouvoir se venger en L’imitant, quand cela ne servirait qu’à la faire se sentir encore plus minable et sale. Au lieu de se pencher sur la gangrène qui lui rongeait atrocement le cœur. Sur les tourments qui pressaient son malheureux myocarde comme un vulgaire citron, et répandait leur acide partout sous sa peau. Ne fais pas comme si la chute t’avait remis le cerveau en place, tout ça parce que tu te sens seul.

« - Tous ? Qui d’autre ? J’en sais assez. Et je connais ta spécialité. Te comporter comme le pire des salauds, comme si c’était une espèce de fatalité ancrée dans tes gènes. Avant de dénigrer notre famille. » Évoquer Son incartade faisait rejaillir la colère qu’elle avait cherché à enfouir en elle. Ravivait les escarbilles pour réduire en cendres sa culpabilité. La rancœur n’était de toute évidence pas prête de capituler si facilement, en dépit de ses illusions. Comme à chaque fois qu’elle évoquait sa sœur, la sanction avait été immédiate. Il n’en fallait pas plus pour Lui hérisser les poils et Le faire sortir de ses gonds. Semblables à deux projecteurs de lumière vive, ses rétines claires se braquèrent sur Sa silhouette décharnée. « - Mais je t’en prie, range-moi à la même enseigne si ça te démange autant. Je n’ai pas besoin de ta complaisance. » Énervée pour de bon, tous ses muscles se crispèrent et elle serra la mâchoire pour ravaler la bile qui grimpait à toute vitesse. Elle se fit violence pour ne pas suivre du regard Ses pas, se remettre d’aplomb sur le sofa et garder le dos résolument tourné. « - Et tu oublies le cousin qui jette sa cousine dans les bras de la mort. Ce n’est pas elle qui m’a détruite. C’est toi. » Siffla t’elle sans réfléchir, les griffes plantées dans l’accoudoir à défaut de pouvoir les enfoncer sauvagement dans Sa chair affable. Un flot amer de venin qu’elle regretta immédiatement, tant il était empli de méchanceté gratuite et teinté d’une flagrante injustice. Elle s’était promis de ne plus Le blâmer pour la perte de sa jumelle. De cesser de L’accuser pour un malheureux accident, qui n’avait rien de voulu ni de prémédité. Et elle venait d’échouer lamentablement. Livide, la langue pâteuse, elle Lui jeta une œillade peinée avant de retourner à sa contemplation passive du sol. « - Je les ai mérités Ezio, ses rejets. Ce n’est même pas tout à fait ma sœur. Si ta mère n’était pas la tienne, la mienne préférait aller voir ailleurs. » C’était la première fois qu’elle osait en parler à qui que ce soit. Le lourd et terrible secret était resté prisonnier de sa trachée, depuis le jour où son père lui avait jeté l’odieuse vérité à la figure. Elle n’avait jamais pu l’oublier, la haine pestilentielle qui avait déformé les traits du patriarche avant de la jeter à la rue sans ménagement. Qui l'avait rendue si ridicule. Des tremblements assassins la paralysaient, lorsqu’elle songeait que les prunelles chocolatées d’Azzura pourraient finir par la contempler avec la même aversion. Convaincue qu’Elle la renierait si elle venait à l’apprendre.

Nous sommes voués à l’échec. Affreusement douloureux, le constat restait tristement réaliste. Incapables de vivre avec ou sans l’autre. Se blesser mutuellement était devenu un sport quotidien, se déchirer un moyen comme un autre de respirer. Se perdre pour mieux revenir, se démolir pour mieux s’unir. Elle aurait aimé pouvoir Le contredire, trouver des arguments à étaler pour Lui prouver le contraire. Pour Lui asséner qu’Il était le seul responsable de leur cuisante défaite. Mais si cela n’avait pas été Lui, cela aurait certainement été elle. Tôt ou tard. D'une autre manière, probablement. Raide, elle ferma les yeux lorsqu’Il s’approcha et huma le parfum qui se dégageait de son cou. Les paupières closes, ses dents mordillèrent l’intérieur de sa joue pour ne pas tout gâcher. Savourant cette proximité singulière qui lui avait si cruellement manqué. Relâchant la tension dans ses omoplates, qui menaçait de faire ployer sa nuque. Un tremblement lui lacéra l’échine lorsque Son souffle brûlant se répandit dans le lobe de son oreille et elle pencha légèrement la tête. Droguée en manque de son héroïne, elle étouffa un râle de frustration lorsque Ses lèvres suaves s’écartèrent sans l’avoir touchée.

Embrumées d’un désir mal contenu, ses pupilles électriques Le fusillèrent lorsqu’Il retourna s’asseoir. Elle fixa la jambe qui paraissait dotée d’une volonté propre, nerveuse au possible. Délaissant son bord du canapé après un instant d’hésitation, elle se rapprocha sensiblement et agrippa la main sur celle qui appuyait inutilement sur Sa cuisse afin de la stabiliser. Ses phalanges s’y nouèrent avec force, avant d’appuyer rudement sur la canne fébrile. Ses doigts libres frôlèrent Sa joue gauche, tandis que ses lippes se glissaient à leur tour contre Son organe auditif. « Tu veux savoir le pire ? » La nécromancienne laissa planer le suspense avant de développer sa pensée et de faire tomber l'épée de Damoclès. « - C’est que tu étais au courant. Que j’étais déjà passée par là, que je ne voulais plus jamais être trainée dans la boue de la sorte. Tu t’es comporté comme le pervers congénital qui me servait d’époux quand même. Au moins maintenant je sais que je n’aurais pas été beaucoup mieux lotie si je t’avais épousé à sa place. » Vociféra t'elle, avant de remettre un semblant de distance entre eux. Ses sphères d’acier balayèrent la table basse, et elle se racla la gorge pour demander : « - T’aurais pas autre chose à boire que de la morphine ? » Sobre depuis déjà trop d’heures, elle n’aurait pas dit non à un remontant.

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MessageSujet: Re: Set fire to the rain   Dim 16 Fév - 21:11


D’ordinaire hermétique aux attaques, les traits impassibles quel que soit la situation sans avoir de les obliger à le faire, il se trouvait face à un problème qui le surpassait. Incapable de fermer son visage aux tourments qui le dévorait, il se faisait violence pour avoir se laisser lacérer sans rien laisser paraître. Un jeu qu’il était en train de perdre tant la moindre fibre de son être se décomposait sous les assauts. Si Sa présence et Ses sautes d’humeur lui étaient bénéfiques, en cet instant, elles creusaient un peu plus la tombe qu’il avait lui-même commencé. Balayant la terre de ses ongles avec frénésie pour accélérer sa propre descente en enfer. Il y était déjà d’une certaine manière. Enfermé dans des flammes dévorantes par sa propre bêtise. Il plissa le nez, et esquissa un infime sourire. Assassin. Retrouvant ses anciens réflexes de monstre de froideur et de cynisme. La destruction n’était pas totale. Même si une partie de l’édifice avait été détruite par la chute, l’autre restait belle et bien intacte. Et n’attendait que le bon moment pour refaire surface et reprendre le contrôle. La venue de Cora semblait être la meilleure occasion pour réinvestir la coquille vide qu’il était devenu. « - C’est vrai, tu es passé au stade supérieur. Laisser crever l’animal d’immobilisme plutôt que de le voir ramper, c’est mieux non ? »  Lâcha-t-il dans un souffle, accordant une infime œillade celle assise à côté de lui. Etre enfermé là, entre quatre murs, sans échappatoire ni moyen de détourner l’attention lui tiraillait les nerfs. Usait jusqu’à la corde ses muscles fatigués, atrophiés, et faisait croître la nervosité dans ses veines. Juste disparaître, pour te cacher de quoi ? De la folle qui t’as poussé à agir ? Il se mordit la langue pour ravaler son venin. Ne pas relancer la balle qui venait de lui être envoyé dans la figure, juste parce qu’il craignait de La voir partir. Elles étaient pourtant bien lancées, ces maudites hostilités. Envoyées avec une rapidité qui avait de quoi donner le tournis.

« - Un juste retour des choses. Amplement mérité, fais-toi plaisir, le célibat te va si bien. »  Jaloux ? A en crever. Possessif ? Plus qu’il ne le fallait. Il se perdait dans le vice sans la moindre pudeur, et ne réalisait qu’ensuite à quel point sa conduite pouvait être blessante. Combien il pouvait La détruire. Et comme à chaque fois qu’il tentait de se promettre quelque chose, la tentative se voyait presque immédiatement réduite en cendres pour une volonté faible et changeante. Il jouait la carte du détachement, La poussait presque à aller voir ailleurs. Pour qu’Elle se venge, joue sur le même tableau que lui. Il se parait d’une indifférence factice, qui perdait tout son sens dans ses prunelles. Aussi sombres que son cœur, elles fondaient sous la douleur qui était en train de courir dans ses veines. Un second regard vers Elle avant de reporter son attention sur ses doigts. Phalanges nerveuses se tordant contre ses jambes. « - Le peintre qui lui sert de chien de garde. »  Une profonde rancœur fit trembler sa voix, le poussa à gigoter à nouveau sur son siège. L’affront restait en travers de sa gorge. Et la honte n’avait de cesse de malmener son égo. Encore un peu plus. L’ombre sur son visage gagna en ampleur face au portrait qu’Elle était en train de dresser. Et le retour de l’incident assassin acheva de fracasser l’organe tapis entre ses côtes.

« - Le plus important… Comment pourrais-je l’oublier ? Evidemment. »  L’ironie se glissa dans ses mots. Exécrable tant elle n’avait rien à faire là. Son pardon n’était que temporaire. Provisoire, il n’était en fin de compte qu’une façade. Un moyen de faire s’approcher le fauve pour mieux le battre une fois sa confiance gagnée. Il ne parvenait pas à se pardonner pour cet accident, comment pourrait-Elle le faire ? La mienne préférait aller voir ailleurs. Perdu dans la contemplation du décor extérieur, il en avala sa salive de travers. Profondément choqué par ce qu’il venait d’entendre.  Il en avait souffert, de sa bâtardise. Physiquement et moralement. Son géniteur ne c’était pas gêné pour lui faire comprendre qu’il n’était qu’une tare. Une erreur qui aurait dû être détruite dès le premier cri. Mais qu’ils se trouvent un autre point commun, et surtout celui-là,  il ne s’en serait jamais douté. Il fit volte-face, fixant le dos de sa cousine avec une instance à peine contenue. Incapable de faire le vide dans son crâne et ses pensées tourmentées. « - Tu es… Et tu oses encore appeler ça une ‘famille’ ? »   Si l’indécision avait fait flancher sa voix sur les premiers mots, la fin de sa phrase fut brisée par les notes de la colère. Alimentée par Ses paroles et par l’état de ses pattes, il sentait sa rage mordre ses veines. Les tordre jusqu’à la cassure. Habituées à résister, il se fit violence pour ne pas repousser la main qui vint se poser sur la sienne. Le geste de recul resta coincé sous sa peau, figé par le souffle qui se brisa contre son oreille.

« - Et tu penses avoir été la seule à être humilié ce soir-là ? Tu me laisses en plan comme un con au ‘meilleur’ moment et  tu disparais pour aller je ne sais où, tu t’attendais à quoi ? Que je file en rasant les murs ? Que je reste là à attendre sagement que tu reviennes ? »  L’agacement fut plus fort que sa volonté. Il balança ces paroles acerbes sans y réfléchir plus avant. Laissa parler toute sa frustration. Il plaqua violemment sa main contre sa cuisse, d’autant plus irrité devant l’entêtement de cette dernière à ne pas vouloir rester immobile.  « - Si tu cherches quelque chose à mettre dans mon verre pour m’achever comme ton… mari, tu ne trouveras rien d’utile ici. Tu devrais arrêter, ça souille ton parfum. »  Mari, quel mot horrible. Il marqua une pause avant de le prononcer tant cela lui arrachait la langue. Il La fusilla du regard. Courroucé et en même temps profondément blessé par tout ce qu’Elle avait pu dire. Le rôle du martyr te va si bien,Stain, ne t’arrête pas en si bon chemin enfin. Il soupira, et une nouvelle fois, se fit violence pour s’extraire du canapé. Il marqua une pause, malhabile sur ses jambes. Sa taille avait toujours été un avantage, dont il usait et abusait. Depuis qu’il devait réapprendre à marcher pour la seconde fois, cet atout devenait un impitoyable défaut. Posée contre l’accoudoir, sa main s’en détacha lorsqu’il se décida enfin à se déplacer à nouveau. Il contourna la table, bouscula du pied les choses éparpillées à terre et qui lui barrait la route. Faudrait vraiment que je me décide à remettre de l’ordre dans tout ce merdier.

« - Ca aurait été différent. Il n’était pas comme ça. Enfin, je n’étais pas comme ça à l’époque, tu le sais. Je ne voulais pas en arriver là. »  Il dut faire un énorme effort pour redonner à sa voix une certaine chaleur. Apaiser le loup hurlant sous sa peau et l’obliger à courber l’échine. Et non à montrer les crocs comme il était sur le point de le faire. Il ouvrit un meuble à la volée, attrapa un verre qui acheva sa course à terre. Tremblante et malhabile, sa main droite lâcha prise sans qu’il ne lui en donne l’autorisation. Il en lâcha un juron, ouvrant et fermant ses doigts pour les assouplir un peu. Il n’y avait pas que son dos qui avait souffert de la chute. En s’abîmant les mains sur le parquet miteux, il avait vu ses phalanges meurtries à il y a déjà sept siècles perdre à nouveau de leur souplesse. Une nouvelle raison d’avoir les nerfs à fleur de peau. Ses jambes, sa main, son loup, trop de choses qu’il devait gérer en même temps. Il avait abandonné l’animal. Préférant s’occuper de l’homme avant de reprendre le dressage du fauve, et retrouver ses capacités d’antan. « - Qu’est-ce que tu veux vraiment Anna ? D’autres excuses en bonne et due forme? Des promesses ? Une énième dispute pour finir de te persuader que c’est bien foutu ? »  Usant son autre main pour attraper verre et bouteille après avoir farfouillé un moment, il Lui fit à nouveau face et déposa son butin devant Elle. « - J’éviterais de me réfugier là-dedans, si j’étais toi. »  Le conseil d’un dépendant, adressé à un autre dépendant. L’ironie de la chose failli le faire sourire. Il n’en fit rien, se contenta d’attraper sa propre bouteille d’arsenic, tritura le bouchon tout en s’installant dans le fauteuil situé à Sa gauche. Une distance de sécurité ? Peut-être. Ridicule, quand il n’aspirait qu’à venir se heurter contre Sa peau. L’éternel paradoxe revenait toujours. Tiraillé entre le besoin de La détruire et celui de La chérir.

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MessageSujet: Re: Set fire to the rain   Dim 23 Fév - 22:02

« - En quelle langue je dois te dire que je regrette ? Qu’est ce que tu veux que je fasse ? Que j’arrange ça ? » Sa voix se faisait presque suppliante alors qu’elle désignait d’un signe de tête les échasses brisées, mais une pointe d’agacement emmenait les notes ébréchées vers des aigus acérés. Elle avait beau s’en vouloir affreusement, l’avoir reconnu ouvertement, qu’Il puisse insister l’irritait. Trop orgueilleuse pour tolérer bien longtemps les reproches stridents. Trop capricieuse pour comprendre qu’on ne puisse pas lui pardonner immédiatement. C’était un tas de poignards aiguisés qu’elle avait ingurgité pour ravaler sa fierté et venir toquer à Sa porte. Quand il était tellement plus facile de s’enfermer chez elle et de se morfondre pitoyablement dans sa solitude. Savoir qu’Il vivait un véritable supplice depuis la chute ne la consolait pas, remuait au contraire ses entrailles jusqu’à lui donner la nausée. Prête à n’importe quoi pour effacer sa dette, elle ne s’était retenue d’utiliser la sorcellerie lorsqu’Il se trouvait inconscient sur Son lit d’hôpital que parce qu’elle connaissait Son aversion viscérale. En s’abstenant de prendre ce risque, elle avait toutefois espéré que Ses dons parviendraient à reconsolider Ses os plus rapidement que ça.

Il aurait fallu être aveugle pour ne pas la distinguer, la lueur criminelle qui vrilla Ses rétines. L’implacable jalousie qui incendia les ténèbres. Elle aurait pu s’en contenter Cora, de cette preuve tacite d’attachement. Elle aurait pu s’il n’y avait pas déjà eu toute cette haine au creux de ses tripes, qui prenait toute la place. Toute cette rancœur difficilement retenue au fin fond de son palpitant et qui s’insinuait dans la moindre fibre de sa frêle carcasse. « - J’espère que ça en vaut la peine au moins, de partager alors que t’en crève juste pour assouvir des pulsions passagères. » Cracha-t-elle, sans prendre de gants. Si elle s’était promis avant d’entrer de se montrer mesurée, ses belles résolutions volaient aux oubliettes. Anesthésie durant des semaines, la souffrance et la colère recommençaient à obscurcir ses veines. La démangeaient furieusement, altérant ainsi son jugement. La rage et l’animosité reprenaient leurs droits, étendant leur empire jusque dans l’acier irréel de ses pupilles. Avant que les assassines ne s’embrument de désarroi et de perplexité. « - Rafaele ? Il… il est en vie ? » Bredouilla t’elle, en comprenant subitement les allusions hargneuses de son ainée. Lorsqu’elle l’avait accusée sans vergogne d’avoir ramené Son compagnon d’entre les morts pour mieux le lui enlever. Au ton employé, elle se doutait que les retrouvailles n’avaient pas été chaleureuses. Loin de là. Encore une des choses qu’elle avait brisé, comme une enfant gâtée : l’amitié sincère entre le bourreau et l’inquisiteur.

L’aveu fit l’effet d’une bombe, et à peine la révélation souilla t’elle l’air, qu’elle la regretta amèrement. Ses canines mordillèrent fébrilement sa lèvre inférieure, aspirant à réduire les bavardes en lambeaux. « - Elle a la même mère. » Un souffle, quasiment inaudible. Elle tentait de s’en persuader, que cela ne changeait rien. Que leur lien de fraternité ne serait pas sérieusement amputé ni amoché, si Elle apprenait un jour la vérité. Le fait qu’elle ait gardé le silence durant tous ces siècles trahissait néanmoins sa conviction profonde : Azzura se détournerait d’elle. « - Et quand bien même, même si elle ne partageait pas une seule goutte de son sang avec moi, je la considèrerais toujours comme ma sœur. » Qu’Elle soit entièrement de sa famille ou non lui importait peu. Elle ne cesserait jamais d’incarner ce modèle qu’elle avait chéri toute son enfance. Envié bien trop souvent aussi. Le secret ne servait qu’à la torturer, qu’à lui prouver que leur père avait raison de la mépriser et de la délaisser à ce point. Indigne d’être traitée au même rang qu’Elle, quand elle lui renvoyait dans un miroir déformant l’image d’une épouse frivole et volage. Cruelle de se heurter à d’autres hanches, quand elle était choyée comme une princesse par son mari.

La veine de sa jugulaire ressortit nettement tandis que toute sa nuque se raidissait. L’attaque la laissa pantoise l’espace de quelques secondes, lui ratiboisant sévèrement les oreilles. Probablement énoncée sans réfléchir, la réplique trahissait néanmoins très certainement une réalité franchement honteuse. Délaissant Sa cuisse, ses ongles s’incrustèrent dans sa paume jusqu’à en faire perler des gouttes écarlates. Elle se retenait, de toutes ses forces, pour ne pas Lui fracturer la mâchoire. Évitant d’user de la brutalité physique, qui ne résolvait rien et tranchait avec son éducation distinguée. « - Au meilleur moment ? Au meilleur moment ?! Décidément, tu ne m’épargneras aucun de tes élans de bêtise profonde. Mais oui c’est de ma faute si tu m’as trompée, forcément. » Outrée, elle se décala légèrement sur le sofa, comme si la simple proximité avec Lui la répugnait. Et c’était loin d’être faux, après les grossièretés qu’Il venait de lui asséner en pleine figure. Celles qui tourbillonnaient dans son esprit comme une comptine lancinante et pénible qu’elle n’arrivait plus à chasser. « - Je m’attendais à au moins une de ces options oui. C’est ce qu’on fait quand on est ‘en couple’, on ne se jette pas comme un chien en rut sur le premier morceau de viande qui passe. On ravale sa frustration en attendant de se réconcilier. Et laisse-moi te rafraichir la mémoire : c’est toi qui m’as repoussée sans sourciller. » Elle se sentait profondément stupide d’avoir pu croire à autre chose. De s’être comportée comme l’une de ces idiotes fleurs bleues qu’elle méprisait tant. Alors qu’au bout du compte, elle ne s’en sortait pas mieux avec son cynisme copieux et sa méfiance compulsive. Vaste fumisterie dans laquelle elle s’était noyée de son plein gré. « - Tu vois quand je disais que c’était seulement l’abattement qui te faisait regretter tes actes. Tu recommences déjà à considérer que je l’avais après tout bien cherché. » Un misérable gamin doublé d’un sale misogyne. Se résumant à des bijoux de famille ankylosés par tant de siècles d’abstinence.

Un rire dément, inquiétant, s’extirpa de ses lippes lorsqu’Il évoqua l’assassinat du félon qu’elle avait eu le malheur d’épouser. « - Parce que tu crois qu’il s’est étouffé en une seule fois ? Après un seul verre ? » Susurra t’elle perfidement. La question était rhétorique, elle comptait aller au bout de sa pensée qu’Il le veuille encore ou non. « - J’ai mis des années à l’empoisonner ce minable. Il est mort à petit feu. Je l’ai fait dépérir, doucement mais surement pour éviter d’attirer les soupçons. Mais il était condamné dès la première dose. » Une part d’elle en était fière, quelque part, de ce meurtre prémédité et perpétré de sang-froid. Des braises ardentes avaient léché ses reins, lorsque le rat s’était contorsionné à ses pieds en vomissant ses tripes et en hurlant de douleur. En implorant sa pitié. Même si le morceau d’elle qui se débectait d'être tombée si bas, effrayé par cet aspect malsain et dangereux de sa personnalité, restait bien plus imposant et important que la harpie en elle. Elle faillit Lui minauder par pure malveillance que Lui aussi, s’intoxiquait peut être déjà depuis des mois sans le savoir, mais elle se retint de pousser le vice. Dévora du regard Ses gestes laborieux pour se mettre sur pieds et aller chercher l’alcool demandé, en se retenant farouchement d’aller l’aider en dépit de Sa maladresse touchante.

« - Je n’en suis plus si sûre. » Un chuchotement, alors qu’elle s’efforçait de ne pas songer à ce qu’aurait pu être sa vie à Ses côtés au temps de Rome. Qu’est-ce que tu veux vraiment Anna ?La réponse était évidente. C’était Lui qu’elle voulait. Depuis toujours, depuis qu’elle était gosse. Et même si la passion noble d’antan était désormais entachée par d’ignobles traitrises, le palpitant qui entravait sa poitrine était aveugle. Restait tiraillé par des sentiments exacerbés, violents et destructeurs. « - Des excuses, des promesses et surtout ton pardon… je croyais être venue chercher tout ça mais je crois que tu as raison. Je suis venue faire mon deuil. Tu as aspiré le dernier échantillon de confiance qui me restait comme une vulgaire sangsue. » Si renoncer n’était pas dans sa nature, elle ne supportait plus de se manger le bitume. De respirer en permanence le goudron, la cage thoracique en sang. « - Je ne sais même pas pourquoi on a essayé, la seule chose qui t’intéresse c’est de t’envoyer en l’air depuis que l’organe entre tes cuisses a pris la place de ton cerveau. » Fit t’elle remarquer, piteusement alors qu’Il changeait délibérément de fauteuil. On se demande pourquoi, tu ne fais que l’agresser.

Ton opinion, tu peux te la garder. Tu n’es effectivement pas moi et l’addiction ne date pas d’hier. Ses barrières de nacre écorchèrent l’intérieur de sa joue avec véhémence pour contenir sa bile et elle jeta un œil morne au verre posé devant elle. Elle se servit, avant de se lever et de s’avancer vers Sa silhouette agitée. En prenant cependant soin de conserver une maigre distance de sécurité entre eux. « - Ah oui ? Alors éclaire-moi donc puisque tu es de si bon conseil. Qu’est ce que tu ferais à ma place ? Tu excuserais un cavaleur machiste et immature dans ton genre ? » Nerveuse, elle avala d’une traite le liquide ambré qui trônait dans son cristal avant de s’appuyer contre le dossier de Son siège. Et de déplorer dans un murmure contre Sa peau : « - Je t’aime mais je ne veux pas redevenir une marionnette soumise aux lubies d’un égoïste fini. » Irrécupérable. La seule parole ‘agréable’ qu’elle décrochait depuis son arrivée, ou presque, s’avérait paradoxalement une vacherie.

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MessageSujet: Re: Set fire to the rain   Mer 26 Fév - 21:15


Essaye en italien, ça rentrera peut être mieux. Il se mordit la langue pour ravaler la moquerie acerbe. C’était affreusement tentant néanmoins, de continuer à provoquer inutilement. Il n’y avait plus besoin de chercher à irriter les nerfs de l’adversaire, ils étaient déjà à fleur de peau. Prêts à se déchirer à tout instant. « - La rancune est tenace, tu connais ça. Non surtout pas. » La fin de sa phrase était emplie d’une méfiance évidente. Après ce qui c’était passé, et l’aversion qu’il continuait d’éprouver envers la magie, il se retrouvait à La craindre plus qu’il n’avait pu le faire auparavant. Une méfiance certaine qu’il se gardait bien de dévoiler. Ce serait tellement plus simple s’il La laissait faire. La douleur disparaitrait. La maladresse aussi. Et il serait à nouveau libre de ses mouvements. Capables de recommencer à vivre comme il l’entendait et ne plus se trouver dépendant de quoi que ce soit pour se déplacer. En un contact, il pourrait retrouver ses jambes, et l’aspect qu’elles avaient avant la chute. Il hésita malgré ses mots. Profondément tenté par Sa proposition. Avant de se raviser, de voir la répulsion prendre le dessus et détruire son élan de faiblesse ridicule. Il ne releva pas la suite. Resta de marbre quand la moindre fibre de sa carcasse se voyait étirée à l’extrême. C’était trop facile. Tellement simple de le faire sortir de ses gonds depuis quelque temps. Et Elle avait choisi son meilleur moment pour refaire Son entrée dans son existence. Sentir la faiblesse de l’adversaire pour mieux frapper et le voir sombrer. Des deux, c’était pourtant lui le prédateur. En parlant de prédateur. Il esquissa un sourire cynique lorsque l’hésitation frôla son oreille. Elle aussi le pensait mort. Maintenant qu’il y repensait, il n’y avait pas grand-chose d’étonnant à cela. Les deux sœurs avaient survécu à la damnation. Et lui avait traversé les siècles dans la peau d’un loup. A croire que se retrouver avec un fauve dans le ventre était le prix à payer pour s’être entiché d’une des sœurs Di Mercurio. « - Surprise! Lui aussi a passé des siècles avec de la fourrure sur le cul. Et ses puces le rendent teigneux j’ai l’impression. Enlève juste le ‘e’, lui aussi a changé de nom, sans être vraiment original cela dit. »  Le mépris était évident. Suintait du moindre de ses pores alors que les mots s’écrasaient entre eux. Un nouveau chapitre venait de s’ajouter à la liste de tous ceux qui pouvaient être susceptibles de le braquer et lui faire montrer les crocs. Comme si la liste n’était déjà pas assez longue.

Et lui avait le même père que ses sœurs, ce qui ne l’empêchait pas de les considérer comme de parfaites étrangères. Excepté la cadette. Une année les séparait, et elle était la seule qui semblait ne pas se soucier du moule dans lequel il avait été conçu. Un brin de douceur dans ce monde de brutes et de sauvagerie. Avec Cora, elle était ce qui se rapprochait le plus d’une famille à ses yeux. Un froncement de sourcils tira ses traits, agita la surface impassible de son visage. « - Ce culte que tu lui voues… Tu crois vraiment qu’elle pensera la même chose quand elle l’apprendra ? » Lâcha-t-il dans un soupir. La jalousie vint effleurer son cœur. Enserrer sa gorge pour le faire suffoquer le temps d’une inspiration. Quand eux n’étaient bons qu’à se déchirer, Elle pouvait être capable de tout pardonner à Son aînée. Malgré lui, il serra le poing contre sa cuisse. En couple, l’appellation sonnait tellement mal à ses oreilles. Il n’arrivait pas à s’y faire. A voir dans leur relation quelque chose qui pouvait se rapprocher de ce genre de chose. Ils n’avaient rien du petit couple ordinaire. Rien de tous ces imbéciles heureux qui se bouffent du regard à longueur de journée et se bisouillent pour un rien. Ce n’était pas ce genre de chose qu’il cherchait de toute manière. A une certaine époque peut être, plus maintenant en tout cas. Si ses mots s’étaient montrés franchement ignobles, ce qu’Elle pu lui balancer à la tronche en retour le laissa sans voix. Et fit s’accroitre la chaleur dévorant ses veines.

« - Repousser sans… ? Tu te fous de ma gueule ?! Tu joues la commère chez son coiffeur en plein préliminaire et tu t’étonnes de te faire jeter ? » Le comble de l’ironie. L’hôpital qui se fout de la charité. S’il avait ses torts, et qu’il les reconnaissait sans sourciller, Elle n’était pas en reste dans cette histoire. Le retour de balle était franchement détestable et lui laissait un arrière-goût amer sur la langue. « - C’est ça, tu avais raison. Ca doit être usant à force, de toujours miser juste. » Un simple soupir en guise de nouvelle réponse. Suintant le mépris et le cynisme. Il se mordit la langue presque immédiatement, se maudissant d’entrer aussi facilement dans Son jeu. Quand à une époque, il ne Lui répondait que par des blagues toutes plus grotesques les unes que les autres. Histoire d’alléger les attaques et de ne pas montrer combien elles pouvaient le faire souffrir. Il lui arrivait encore de réagir ainsi. Parfois. Pas souvent. S’enflammer au moindre coup de vent était tellement plus simple. Se cacher derrière des faux-semblants était plus ardu. Un art dans lequel il avait arrêté d’exceller depuis bien longtemps. J’ai mis des années à l’empoisonner ce minable. Et tu en es fière j’imagine ? Il Lui adressa un regard un brin choqué. Médusé par l’aveu. Enoncé avec une telle facilité. Il en avait assassiné des gens, n’en avait jamais vraiment ressentit une quelconque fierté. Et il n’avait jamais cherché à s’en vanter. « - C’est ignoble. Et après c’est moi l’affreux du groupe. Tu peux me reprocher ce que tu veux, tu es bien placée sur le podium des tarés psychotiques. » Susurra-t-il sans la lâcher du regard juste avant de se lever afin d’aller chercher de quoi épancher Sa soif. Et finalement venir reposer sa misérable carcasse sur un autre fauteuil. Une maigre distance de sécurité. Pour qui ? Elle ou lui ? Pour les deux certainement. Ses doigts se crispèrent contre l’accoudoir, et il serra les dents à s’en faire péter la mâchoire.

« - M’envoyer en l’air ? Non, et tu le sais très bien, je ne me contente que des préliminaires. » Il aurait aimé se défaire de ce ton sarcastique qui lui collait à la langue. Faire preuve d’un semblant de retenu mais les mots le dépassaient. S’échappaient d’entre ses lèvres sans qu’il ne puisse rien faire. Répondant aux attaques sans chercher à ménager l’ennemi. « - J’ai mon quota d’erreur, mais je ne suis pas le seul à avoir tout foutu en l’air. Il faut être deux, pour ce genre de chose. Et tu en as fait des belles toi aussi. » Menteur ! Il se cachait derrière de fausses excuses. Essayait de se convaincre qu’Elle avait elle aussi joué un rôle important dans leur déchéance. Quand il n’y avait que son seul comportement qui détruisait tout. Ignoble, et misogyne à en crever. Comment en était-il arrivé là ? La réponse était simple pourtant. Du moins, il le pensait. Il s’était laissé dévorer vivant par cette nouvelle entité qu’il s’était créé. Ezio luttait encore pour rester en vie, et pourtant ce n’était plus qu’une question de temps avant qu’il suffoque totalement. Assassiné par Stain. Détruit par le vice qui n’avait de cesse de s’étaler dans ces entrailles corrompues et de ravager ces veines atrophiées. La différence entre les deux était devenue un gouffre. Un beau dédoublement de personnalité qui voyait l’un des deux protagonistes se faire dépasser par son adversaire. Il suivit le moindre de Ses gestes du regard, se crispa encore un peu plus lorsqu’Elle s’approcha de son siège. « - C’est ce que tu fais depuis tout ce temps ? Souiller mon verre pour te venger ? » Une réponse tardive à Ses questions, lancée en désignant d’un geste de la tête le verre qu’Elle tenait entre ses doigts. Sans prévenir, il se redressa légèrement et agrippa Sa nuque. Pour l'emprisonner dans un étau de fer duquel Elle ne pouvait pas se défaire. La contiguïté avait quelque chose de fortement plaisant. Et dérangeant aussi. Usant de sa main ravagée par le feu pour rendre le contact encore plus déplaisant. La glace commençait pourtant à fondre et rendait à ses traits un semblant de chaleur.

« - Il n’y a rien à excuser, il ne mérite pas d’être pardonné. » Ce ne fut qu’un souffle venu mourir contre Sa peau. Il évita soigneusement de croiser Son regard pendant un long moment. Craignant qu’Elle puisse y lire des choses qu’il ne voulait pas lui révéler. Que la froideur continuant de ravager ses prunelles ne vienne tout gâcher. La fin de Sa phrase ne parvint pas jusqu’à son cerveau. Détruite par les premiers mots qui réussirent à faire s’effondrer le restant de flegme polaire gravitant autour de sa silhouette. Il s’en doutait, malgré tout ce qui pouvait les éloigner et les déchirer. Mais l’entendre le détruisait bien plus encore. Ses doigts se firent plus tendres contre Sa nuque, et arrêtèrent de La meurtrir. Il resta silencieux, un long moment. Si en surface rien ne venait troubler ses traits, dans son crâne c’était la débandade. Un capharnaüm de pensées, de mots qui s’entrecroisent, se heurtent et explosent les uns contre les autres. Après toutes les insanités qu’Elle lui avait balancées à la figure, jamais il n’aurait imaginé entendre une chose pareille. Il esquissa un infime sourire, L’attira vers lui pour laisser son front se poser contre le Sien. « - Reprend ton rôle. Fini ce que tu as commencé à il y a sept siècles et éduque ton fauve pour qu’il cesse d’agir comme un pauvre con. » Tant de choses se pressaient encore contre ses tempes. Caressaient sa langue pour tenter de se frayer un chemin au dehors. Avancer pour mieux reculer. Il ne méritait pas de seconde chance, à Sa place, il ne s’en donnerait certainement pas.

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MessageSujet: Re: Set fire to the rain   Dim 9 Mar - 21:39

Hargneux et méprisant, le sarcasme lui fit froncer les sourcils. Elle n’était habituée à de tels élans de haine que lorsqu’il s’agissait de son ainée, qui semblait Lui faire le même effet qu’une virulente poussée d’urticaire. Déclencher l’envie de gratter jusqu’au sang souillé par ses particules communes avec Elle. Combien de fois s’était-il mis dans tous ses états juste parce qu’elle avait osé évoquer à voix haute sa sœur ? Un nombre incalculable tant la sanction s'avérait immédiate et systématique. Mais sentir une telle rancœur vis à vis de Rafael était une première. « - Eh bien, il t’a fait une forte impression. On dirait que vous n’êtes pas prêts de partir camper pour chasser les écureuils ensemble. » Ironisa-t-elle avant de demander avec une certaine réticence, et une part d’inquiétude : « - Il t’a agressé ? » Elle redoutait la confrontation avec l’autre animal de la famille. Affreusement. Si Elle ne l’avait pas épargnée après sa trahison, l’ancien bourreau n’avait aucune raison de se montrer plus clément. Mais toutes celles de lui arracher le cœur et les tripes pour avoir conduit au massacre de sa famille. L’époque où elle était sa protégée était révolue depuis des siècles, et les cendres d’une complicité saccagée ne lui seraient d’aucun secours.

Tu crois vraiment qu’elle pensera la même chose quand elle l’apprendra ? Un violent sursaut agita sa poitrine devant l’emploi du futur et elle trancha, sèche et furibonde : « - Elle ne l’apprendra pas. Et si c’était le cas, je saurais que ça vient de toi. » Un doigt rageur pointé dans Sa direction pour appuyer la menace implicite. Voilà qui devait répondre à Sa question. Non elle ne le croyait pas, ne se faisait pas d’illusions. Elle regrettait déjà amèrement son aveu, cette brèche qu’elle venait d’ouvrir quand il aurait été tellement plus sage de se taire. De conserver son secret enfoui en elle, pour ne surtout pas risquer qu’il s’ébruite. A croire que l’enclume devait commencer à peser bien trop lourd dans son palpitant. Elle avait bâti une solide forteresse autour d’elle, et elle se détestait de retirer des roches pour Le laisser entrer. Lui qui aurait justement tout intérêt à ce que l’aveu parvienne jusqu’aux oreilles de l’intéressée. « - Et cesse de raconter n’importe quoi. J’ai droit au même discours puant de sa part lorsqu’il s’agit de toi, et pourtant crois-moi je suis loin de conter tes louages ou de te prendre pour un saint. »  A tour de rôle, ils parvenaient à titiller sa culpabilité d’être incapable de choisir entre eux. Chercher à insuffler un semblant de normalité à cet ensemble dysfonctionnel était vain. Trop de fausses notes à corriger.

Un liquide en fusion s’épanchait dans ses veines tandis les mots abrupts et acerbes éraflaient ses nerfs. A vif, démunis en l’absence de l’armure fragile supposée les immuniser au venin de l’infirme. Elle venait de tomber dans une broyeuse, apte à la mutiler sans relâche mais le pire était qu’elle était celle qui avait enclenché le dispositif infernal. « - Sois belle et tais-toi, c’est ça ton idéal féminin non ? Si tu avais pris les devants et que tu m’en avais parlé de toi-même, je n’aurais pas eu besoin de poser des questions. J’ignorais que ça te changerait en furie. » Sa réaction n’avait pu que mettre le feu aux poudres tant elle était démesurée. Elle abhorrait Ses élans de colère sortis de nulle part, cette impression constante de tâtonner à l’aveugle. En tombant une fois sur deux sur une grenade qui lui explosait joyeusement à la gueule. Et ce, sans le moindre signe avant-coureur. Ses barrières de nacre entaillèrent sa langue, pour réduire au silence la perfide. La substance métallique qui engluait son palais lui offrait une bonne excuse pour ne pas contre-attaquer.

Bien placée sur le podium des tarés psychopathiques. L’injure la blessa, terriblement. Lui rappelait la créature fourbe et aigrie qu’elle était devenue à force de se faire humilier et maltraiter, réduite au rang de misérable possession d’un monstre en puissance. Un cinglé notoire au sadisme exacerbé, se déchargeant sur elle de toutes ses pulsions les plus basiques et abjectes. Considéré comme l’apanage des faibles, le poison était cependant son seul remède. Machination diabolique à Ses yeux, unique ruse pouvant la délier de ses chaines d’après elle. Tout n’était-il pas qu’une question de point de vue ? « - Tu te permets de me donner des leçons de morale ? Quand ta plus grande frustration actuelle, c’est de ne pas pouvoir retourner torturer et tuer sciemment des innocents à cause de tes jambes de bois ? Quand tu as enchainé les meurtres gratuits toute ta vie ? Mon crime fait pale figure devant la barbarie dont tu te délecte, je suis convaincue que tu t’en lèche déjà les babines. » La bile coulait de sa bouche salie, amplifiait son courroux pour rendre la moindre de ses paroles corrosive à l’excès. Surplus de salive qu’il aurait mieux valu ravaler quitte à s’écorcher la trachée. Elle eut néanmoins la décence d’esprit de rester muette lorsqu’Il mentionna des torts partagés, tant la dispute tournait au dialogue de sourds. Si ne pas ronronner constamment sous Ses caresses comme la serveuse à la peau laiteuse était une belle erreur, alors elle l’assumait pleinement. En revanche, elle n’était pas celle qui avait planté un coup de canif dans le contrat. Seulement celle qui avait retiré la lame pour achever avec panache leur simulacre de relation. Il avait torpillé leur couple de fortune avant même qu’elle ne Le pousse du haut du balcon. Creusant de manière ignoble la tombe de ses sentiments. Il perdurait depuis la mort de Chiara une animosité sournoise derrière leur histoire avortée, qui se nourrissait de leur amertume et les poussaient à se déchirer en utilisant le plus infime prétexte. A croire qu’ils en raffolaient, de ces stupides joutes verbales où ils se lançaient des insanités et se jetaient des pierres.

Un rictus mauvais se dessina sur ses traits lorsque l’interrogation légitime vrilla ses tympans, et qu’Il agrippa brutalement sa nuque. Etau désagréable qui l’aurait faite grimacer d’affliction si elle n’avait pas serré les dents. Elle prit une profonde inspiration pour passer outre, laissa son souffle se mêler à celui de l’inquisiteur. « - Peut être bien. A part les douleurs articulaires, commences-tu à ressentir des faiblesses inhabituelles ? » Susurra t’elle de sa voix de velours, moqueuse à souhait. Il pouvait la trainer dans la boue, la quitter, lui faire vivre un calvaire, jamais elle n’en arriverait à de tels extrêmes avec Lui. Un monde sans Lui n’était composé que de nuances de gris, insipide et sans saveur. Elle ne le supporterait pas, pas à nouveau. Qu’importe s’Il l’entrainait dans des montagnes russes émotionnelles, et qu’elle finissait par en avoir la nausée. Ecœurée de ne toucher la terre ferme que pour s’y fracasser en beauté. Il ne mérite pas d’être pardonné. Ce fut peut être cette prise de conscience, certes un brin tardive après toutes les ignominies qu’ils venaient de se lancer à la figure, qui la poussa à prononcer les trois mots qu’elle gardait toujours pour elle. Et la volonté impérieuse qu’Il ne s’imagine pas que la peur de Le perdre ne l’avait pas étranglée après la chute. C’était ce qui avait chassé Erzébet de son enveloppe, et qui avait effacé toute rancune sur le moment. Cette maladie sournoise et mortelle, qui allait avoir sa peau tôt ou tard. La poigne de fer entravant ses boucles brunes se desserra, sans la libérer entièrement de son emprise. Elle posa le cristal que ses phalanges emprisonnaient encore sur le premier meuble à portée, avant qu’Il ne l’attire contre Lui. Son genou se plia légèrement contre le moelleux du fauteuil, trouvant là un équilibre bancal. La fraicheur de Son front contre le sien, brûlant, la fit frissonner. Elle esquissa un sourire plus tendre, et se recula ensuite pour que ses prunelles délavées puissent s’ancrer à la noirceur des Siennes. Se coulant sans pudeur sur les traits gracieux de Son visage, qui la ramenaient des siècles en arrière. Quand ils n’étaient que deux gosses, inconscients des horreurs suprêmes qui les attendaient. Quand être ensemble se résumait à un havre de paix, et non à un perpétuel champ de bataille. Ses doigts attrapèrent ceux nichés dans sa chevelure, les écartèrent avec délicatesse de son cou pour les placer contre sa taille. Elle se recula de quelques centimètres avant de permettre aux vils serpents d’ébaucher le contour de Ses bras puis de Ses épaules. Plus frêles qu’auparavant, comme si eux aussi portaient les stigmates de la privation de Ses cannes brisées. Ils se glissèrent le long de Ses tempes, puis suivirent la ligne de sa mâchoire. « - Et je suis supposée m’y prendre comment ? Tu veux une poupée vaudou à ton effigie peut être, et je planterais une aiguille aux endroits stratégiques chaque fois que tu dérapes ? Je doute que la solution te plaise, toi qui refuse même la sorcellerie pour te guérir. » Elle déposa un baiser furtif, suave et espiègle, contre les lèvres de l’italien. Aussitôt déposé, aussitôt envolé. Attisant une pointe de désir qui fondit en elle comme une fièvre, diffusant une chaleur familière au creux de sa carcasse. Imprégnée de Lui, de cette proximité déroutante qui liquéfiait les glaçons roulant sous sa chair. La colère se dissipait, même si sa mâchoire d’acier continuait de lui déchiqueter impitoyablement les entrailles. « - J’ai pu te forcer à cohabiter avec un fauve, mais je ne peux pas te forcer à te tenir pour me garder. La laisse et la niche ne sont pas des options envisageables non plus. » Si elle semblait amusée en apparence, intérieurement elle riait jaune. Mais un rapport de contrainte et de domination ne mènerait à rien. Il n’y avait que Lui qui détenait les clefs, elle pouvait seulement rugir et s’époumoner. Montrer qu’elle avait mal à en crever. Qu’elle tenait à Lui, en dépit de toute logique et des gifles mentales qu'elle s'infligeait pour se blâmer.

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MessageSujet: Re: Set fire to the rain   Mer 12 Mar - 20:33


Il n’aurait jamais cru en arriver là. A détester l’ancien bourreau à ce point. Lui qui fut pendant des années comme un frère. Une présence rassurante au même titre qu’Elle put l’être dans sa vie de ténèbres. L’égo blessé du loup refusait de pardonner. Pas aussi rapidement. Pas sans avoir eu l’occasion de faire regretter son geste à Rafael. C’était puéril comme réaction, il le savait. Un éternel gamin, sept siècles d’existence au compteur, et il n’était toujours pas sortit de sa crise d’adolescence. A quoi bon ? Pour devenir un adulte responsable et raisonnable ? Ca m’avancerait à quoi tout ça ? A pas grand-chose. « - Plutôt crever, sauf si c’est lui qui joue l’écureuil. » Un sourire acerbe vint déchirer ses lèvres et noircir son regard. S’il avait été capable de tenir sa langue et de ravaler sa bile, peut-être ne se serait-il pas mangé le lino de l’hosto. Peut-être que la haine ne serait pas devenue aussi intense, atténuant considérablement de possibles réconciliations. Il pouvait créer tout un monde, voir même tout un univers avec des peut-être et de et si. « - Agressé ? Si peu. Disons qu’il m’a juste forcé à admirer le sol de très près. » Il haussa les épaules, désinvolte. Pour masquer les tourments qui lui dévoraient la peau et rendre ses paroles plus légères à entendre. Pour qui ? Pour lui surtout. Avouer qu’il s’était trouvé dans une telle position de faiblesse lui déchirait la langue. Et il avait l’affreuse impression que des lames de rasoir lui écorchaient la trachée à chaque fois qu’il avalait sa salive. Comme pour ta nomination aux jeux? Il se mordit la langue pour ravaler son sarcasme. Après l’échange houleux de paroles assassines, la tempête commençait à s’apaiser. Le laissant vide sur des récifs tranchants. La lassitude revenait et avec elle son lot de douleur. Il s’agita à nouveau sur son siège, essayant de trouver une position qui serait plus confortable qu’une autre. Un soupir s’égara sur ses lèvres alors qu’il fermait les yeux un instant.

« - Tu l’ignorais, mais tu sais combien je peux l’adorer, ta chère sœur. » Le ton était sec, cassant. Dissimulait avec peine un reproche qu’il ne put garder pour lui. Elle savait mais n’avait rien fait pour éviter l’orage. Rien. Au lieu de ça, elle avait préféré se perdre dans un interrogatoire des plus agaçants. C’était lui, qui posait les questions d’ordinaire. Lui et personne d’autre. Alors se retrouver dans la position du questionné mettait ses nerfs en pelote. « - Non, mon idéal s’est égaré quelque part dans les rues de Rome j’ai l’impression. » Cette fois c’est sa voix qui se cassa. Détruite par la faiblesse de son murmure et le certain abattement qui vint se glisser sur ses cordes vocales. Il se frotta les tempes du bout des doigts, cherchant en vain de faire disparaître la migraine qui lui rongeait le peu de neurones encore en état de marche. Une piqure de rappel hargneux s’injecta dans ses veines, l’obligeant à relever le nez dans Sa direction pour mieux l’accabler de son plus beau regard assassin. « - Pardonne-moi d’avoir été entrainé dans la barbarie gratuite dès mon enfance. Je m’en délecte, et ça me frustre de ne pas pouvoir y retourner, oui. Le poison te fait trépigner, moi c’est le sang. Chacun son truc. » Il se cachait derrière l’infamie ayant régi son enfance. Les horreurs infligées par son père étaient devenues une justification pour ses actes tout aussi ignobles. Au début seulement, si la honte et les remords le rongeaient du temps de l’Inquisition, la chose était tout autre à présent. Il y avait pris goût. Bien plus qu’il ne l’aurait imaginé. Le loup y était peut-être pour quelque chose, couplé à ses plus sombres pulsions, l’ensemble devenait un mélange détonnant des plus dangereux. L’uniforme lui allait à merveille, aussi noire que son cœur décrépit. Il battait encore, suffisamment pour distiller tout son venin dans cet organisme né pour tuer.

Une infime vague d’appréhension assombrit ses traits. La paranoïa latente qui le rongeait était tentée de prendre Ses paroles pour un fait avéré. Quand sa raison se moquait de la bêtise dans laquelle il pouvait être capable de s’engluer. « - Dois-je vraiment dresser la listes de toutes les faiblesses qui me hantent ? Je saurais au moins à qui je devrais ma perte lorsqu’elle viendra. » A Elle, et Elle seule. Ils étaient faits pour se déchirer. Depuis le début. En le changeant en loup, la sorcière avait gagné une peluche monstrueuse et turbulente pour le restant de Ses jours. Ce n’était qu’une belle utopie de penser qu’Elle était la seule à posséder un droit de vie ou de mort sur lui. Un brin lyrique aussi peut être. Il n’était plus vraiment à ça prêt, comprenant enfin qu’il valait mieux faire profil bas et bafouer son égo plutôt que de continuer à s’ensiler dans cette bêtise suicidaire. Ce qu’il ignorait encore, c’était pendant combien de temps il serait capable de s’écraser devant des années de crétinerie. Pas bien longtemps… Il soutint Son regard, s’y perdant sans retenue tant le contact lui avait manqué. Il avait besoin de Sa présence, c’était une évidence. Il avait surtout besoin de ce genre de contact, de cette chaleur qui se ruait dans ses veines dès qu’il croisait l’acier entêtant de Ses prunelles. De légers frissons coururent le long de son échine, et il ne se fit pas prier pour laisser sa main se poser contre Sa taille. Curieuse, bien vite rejointe par sa jumelle. L’examen auquel Elle s’adonna parvint à le mettre mal à l’aise malgré la chaleur qui filtrait sous sa peau.

« - Je doute que cette option fonctionne surtout. » Lâcha-t-il, esquissant au passage un léger sourire. Ce n’était pas de magie dont il avait besoin. Ou d’un sort capable d’effacer sa mémoire et tous ses travers. Remettre la machinerie au point mort pour la relancer sur de nouveaux rails. « - Tu peux me forcer à cohabiter avec une nouvelle sorte de fauve. Après sept siècles passés dans la peau d’un loup, redevenir un homme était une grossière fumisterie. Je me suis tué tout seul. » L’aveu mourut sur ses lèvres. Etouffé par un trop plein de rancœur venu se jeter contre ses dents. Il n’y avait pas fait attention, mais en s’échinant à vouloir effacer son ancienne identité, et la troquée pour une autre, il avait ouvert les portes de son Enfer personnel. Et s’y était jeté à corps perdu. Un âne aurait été certainement plus judicieux comme animal, plutôt qu’un loup. Il n’avait que les pulsions carnassières en commun avec cet animal dont la noblesse s’était perdue quelque part en cours de route. « - Je n’ai jamais voulu te blesser… A croire que c’est bien la seule chose que je sois capable de faire correctement. » Il évita soigneusement de croiser Son regard. S’absorbant dans la contemplation de chose futile et qu’il connaissait par cœur pour avoir tourné en rond entre ces quatre murs pendant des jours entiers. Les confidences et les aveux se faisaient tellement rare dans son existence qu’il avait l’impression d’être un parfait imbécile à chaque fois qu’il baissait la garde. Et reconnaissait à voix haute ses torts et ses travers. Meurtri au plus profond de sa chair à tel point de le rendre hermétique à tout ce qui touche aux sentiments. Aussi handicapé à ce niveau-là, qu’au niveau de ses jambes. Et les misérables efforts qu’il tentait de faire pour se racheter une ligne de conduite n’étaient pas suffisants pour éviter que l’assemblage ne s’effondre. Ses doigts sur Sa taille resserrèrent leur prise. S’y agrippèrent un instant avant de se faire plus tendre et de se couler dans Son dos. Glisser le long de Son échine pour frôler Sa nuque. L’exploration, aussi innocente soit-elle, le fit frissonner de délice. Il se mordit la lèvre, noyé sous les vagues du plaisir que ces simples frissons pouvaient faire naître en lui. Une douce chaleur lui lécha les reins, ravivant d’infimes sensations dans ses pattes atrophiées. Pendant quelques secondes, il se perdit dans cette délectation, lâcha même un léger soupir de plaisir qui vint mourir contre Sa gorge alors qu’il L’attirait un peu plus contre lui.

« - Donne-moi une nouvelle chance de prouver que nous ne sommes pas entièrement voué à l’échec. » Tant de choses pouvaient se heurter contre son crâne et agiter ses neurones qu’il était incapable de trouver celle qui venait de troubler sa voix. La satisfaction de La retrouver. La crainte de La perdre à nouveau. De voir cette énième chance de recoller les morceaux lui glisser entre les doigts. Il n’avait jamais vraiment pensé à cette option, tant sa vie sans Elle n’aurait plus de sens. Elle était devenue son garde-fou, le barrage qui endiguait encore un peu le flot de ténèbres menaçant de le submerger totalement. Il se complaisait à se perdre dans le vice. Si Elle abandonnait la lutte, il n’y aurait plus aucune limite. Plus rien pour stopper la machine de ses envies morbides. Plus rien, juste un beau salaud, pourrit jusqu’au fin fond de ses os rongés par la vermine.

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MessageSujet: Re: Set fire to the rain   Sam 5 Avr - 21:24

Dois-je vraiment dresser la liste de toutes les faiblesses qui me hantent ?  « - Non merci, ça va aller. Je crois que je m’en fais déjà une petite idée, inutile d’aggraver ton cas. » Une ironie flagrante perçait sa voix, sans qu’elle puisse en retenir le venin. « Et ta propre perte, tu ne la devras qu’à toi-même et à tes excès en tous genres. » Le séisme avait eu le temps de tout balayer, d’emporter les fondations. D’une amplitude bien trop souvent égalée voire dépassée pour qu’il en reste autre chose que des débris tranchants. Avant de se muer en un simple ronronnement. Lancinant et continu, ils étaient conscients que la menace ne s’éloignait que pour mieux revenir. Le temps de reconstruire par-dessus les ruines des bâtisses bancales, qui seraient de toute manière emportées au premier coup de vent. Les effets néfastes du temps étaient pourtant bien là, tristes stigmates d’une relation avortée dans l’œuf. Ils s’acharnaient à rester sur ce terrain accidenté, à tenter de le transformer en véritable foyer. Deux suicidaires bornés, qui s’accrochaient à du vent. Bercés par des promesses futiles et des chimères empoisonnées. Ballotés et secoués par leurs humeurs changeantes, au gré de caprices destructeurs. Ils s’accrochaient à une histoire inachevée, sans point final ni épilogue, et tentaient maladroitement de la poursuivre. Mais ils enchainaient les ratures et les bavures, maculaient de traces obscènes le papier blanc. Ils évoluaient sur une couche de glace, fine et craquelée, prête à s’ouvrir à leurs pieds à chaque faux pas. A les précipiter dans l’eau glacée, cernée par les monstres meurtriers.

« - Te forcer… en deux mots, tu viens de tout résumer. » Siffla-t-elle, soulignant la meurtrissure qui suintait du moindre de ses pores. Elle ne voulait pas endosser le rôle de la mégère qui Le contraignait à se montrer fidèle, car elle savait que ça ne fonctionnerait pas. Quelques jours, quelques semaines, avant de tout envoyer à nouveau valser par caprice. Elle n’avait pas envie de se battre constamment contre Sa désinvolture et Ses pulsions primaires. Il fallait qu’Il le décide tout seul, et non avec la main forcée. Mais même sans vouloir une telle chose, elle ne pouvait pas s’en empêcher. Le partager était une épreuve trop insoutenable pour qu’elle laisse faire sans rien dire. Pour qu’elle accepte de se faire détruire encore et encore sans sourciller. Un rictus amer écorcha ses lippes lorsqu’Il lui présenta un semblant d’excuses. Un pardon semblable à celui qu’Il avait pu formuler dans le manoir lugubre. Et à peu près aussi déplacé. « - Tu ne l’as jamais voulu ? Mais comment est-ce qu’il aurait pu en être autrement ? Tu n’as même pas songé à ce que tu allais perdre, ou alors tu t’en moquais royalement, et il est là le problème. » Il n’y avait plus de rage dans ses paroles, comme si elle n’en avait plus la force. Littéralement vidée. Son myocarde, lessivé. Il n’y avait plus que du regret, de la peine et de la lassitude. Il aurait été logique et souhaitable qu’elle s’écarte sur cette conclusion, et disparaisse de son appartement avant de le regretter. Au lieu de ça, ses bras retournèrent se perdre contre Ses épaules, enlacèrent Sa nuque. Inapte à se raisonner pour éviter l’inévitable débâcle, qui s’annonçait plus épouvantable que toutes les précédentes. Elle trouva refuge dans la chaleur de Son cou, réconfortée par cette bulle qui les rendait temporairement hermétiques à toutes les injures et tous les travers. Frissonnant de plaisir lorsque Ses phalanges renforcèrent le carcan de chair, pour finalement remonter délicieusement contre son échine. Parce qu’elle L’avait dans la peau, le plus infime éloignement était douloureux. Elle se pressa davantage contre son torse, presque étouffante. Oubliant entre Ses bras ce qui la minait depuis des semaines.

Les mots fébriles s’engouffrèrent dans son organe auditif, la firent se crisper imperceptiblement. L’étreindre avec chaleur était une chose, accepter d’effacer l’ardoise en était une autre. Elle n’était pas persuadée de pouvoir le lui accorder, sans la confiance et avec toute cette rancœur qui continuait de polluer ses viscères. Tiraillée entre le besoin de préserver sa fierté et celui de s’abandonner à Ses caresses. Elle se recula légèrement, ancra son regard d'un bleu limpide aux prunelles d’ébène. Sphères troublantes qui ne lui laissaient aucune chance. Attisant les braises au creux de ses reins pour qu’elle ne retienne que le manque viscéral qui la harcelait sans relâche. Son souffle suave se mêla au Sien, frôla les lippes de son partenaire sans s’y lier. Parfaitement silencieuse, alors que ses doigts se coulaient contre Sa nuque. Serpents curieux exerçant une pression tendre avant de se montrer plus passionnés et hargneux. Ses lèvres se scellèrent aux Siennes, en goûtèrent la saveur singulière. En écorchèrent l’armure fragile pour empêcher le baiser de devenir plus profond, puis partirent explorer la ligne de Sa mâchoire. « - Ne me le fais pas regretter. » Un murmure déposé contre Son oreille, avant d’en mordiller le lobe. Mutine et espiègle dans ses gestes, son ton n’en restait pas moins incisif et grave. L’approbation était implicite mais un avertissement déguisé s’y greffait : il n’y aurait pas d’autre chance. Pas s’Il se trainait dans la luxure impunément, sans une once de résistance. Pas s’Il la traitait comme une moins que rien, facilement interchangeable. Du moins, elle était décidée à s’en convaincre. Une droguée accrochée à son rail d’héroïne, qui se jurait que ce serait le dernier, qu’elle n’accepterait plus aucun compromis. Son cœur battait dangereusement dans sa poitrine et elle n'entendait plus que ça, les battements de l’organe indigne de confiance tapi entre ses côtes. Elle avait la sensation grisante et dérangeante qu’un poids venait de s’envoler de sa cage thoracique, mais qu’un autre affreusement lourd avait pris sa place. Consciente au fond d’elle qu’il ne s’agissait que d’une trêve éphémère, et que la fatalité reviendrait tout bouleverser et rebattre impitoyablement les cartes. Il ne pouvait pas en être autrement, ils n’étaient voués qu'à se déchirer. Et à terme, certainement à s’entretuer. Quelque soit la bonne ou la mauvaise volonté qu’ils y mettaient, elle ne servait qu’à ralentir ou à accélérer la vertigineuse chute. Mais elle était prête à essayer, au risque plus qu'assuré de retourner se fracasser contre le bitume.


| TOPIC TERMINÉ.

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