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 Il est venu le temps des révélations et de la rédemption || Raleigh

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MessageSujet: Il est venu le temps des révélations et de la rédemption || Raleigh   Dim 19 Jan - 16:41

Ses poings se déchaînaient sur les pommettes ensanglantées du combattant qui venait de lui décrocher une droite absolument fabuleuse sur la mâchoire. La douleur qui l'avait un instant vrillé avait d'avantage attisé sa fureur et, dans cette arène clandestine, plus rien ne semblait pouvoir faire cesser cette pluie de coups qui tombaient en averse. Sous sa forme humaine, le changeur de peau déversait sa rage. Il avait fait une curieuse rencontre quelques semaines plus tôt, celle d'un emblème charismatique du milieu qui semblait jouir de foule de relations peu communes et surtout peu fréquentables : Kyran. Enrôlé depuis lors sur les rings de cet énergumène, sa noirceur était devenue le fruit d'une mise en scène qui ne se régissait plus dans l'ombre. Il fut mis un visage sur cette violence et cette violence fut enfin utilisée à " bon escient ". Soren s'était empressé d'accepter cette offre qu'il avait jugé alléchante. Les ténèbres qui grondaient en son sein jouissaient d'une totale liberté dans cette clandestinité. Aussi, en les laissant s'extasier sur les rings, elles s'avéraient de moins en moins avides et dévorantes dans leur quotidien. Toutefois, lorsque le skinchanger leur murmurait qu'était advenue l'heure de se délecter, elles le consumaient plus que jamais. Le métamorphe n'avait plus le moindre contrôle sur ces dernières et se rapprochait plus de la bête que de l'homme qu'il convoitait. Ses iris bleutées prenaient la couleur du démon qui l'enflammait et se perdaient dans un monde ébène qu'elles étaient les seules à contempler. L'esprit du jeune Blake s'évanouissait dans ses abysses et ne s'en dérobait qu'une fois sa frénésie assouvie et l'échine de l'ennemi rompue. Mais Soren taisait volontairement cette nouvelle démence. Il fermait les yeux, parce que depuis cette folie acquise, ses crimes avaient décliné.

La nuit avait défilé dans le sang et une heure du matin sonnait son glas. Le changeur de peau se retrouvait dans une ruelle près de l'arène corrompue où il n'avait, ce soir, point perdu le moindre combat. Fier de ces résultats qui ravissaient à la fois le maître des lieux et ses guerriers, promis à quelques face à face d'avantage intéressants dès le lendemain, il rabattait sa sombre capuche sur sa chevelure d'ambre encore humidifiée par l'effort. La brise était fraîche et un frisson le saisit avant qu'il ne puisse fermer sa veste et glisser ses doigts contusionnés dans le creux de ses poches. Son coeur était meurtri, le tableau de nombreuses ecchymoses et son faciès légèrement tuméfié, mais son âme était sereine. La culpabilité n'était plus une tourmente. Le coeur léger, loin d'appréhender cette aliénation d'un nouveau genre qui le rongeait sans qu'il ne s'aperçoive de ses séquelles, il entama quelques pas nonchalants vers sa demeure lorsqu'une douleur insoutenable lui arracha un hurlement terrible. Une lame d'argent était plantée dans son flanc et une silhouette insaisissable s'éloignait à toutes jambes dans la nuit noire. Sans comprendre ce qui venait de lui arriver, le skinchanger se changea immédiatement en chien, désireux d'accélérer le processus qui mettrait fin à toute cette souffrance. La métamorphose lui apparut comme une lente agonie et des larmes lui furent arrachées de ses yeux d'homme avant que ceux du berger ne viennent les remplacer, quelque peu voilés. Puis, dans l'obscurité, la plainte du chien blanc fut communiquée au monde, semblable à la mélodie du vieux loup vivant sa dernière peine. Raleigh... fut l'unique mot qui se révéla à son esprit déclinant.

Quarante sept jours s'étaient écoulés depuis qu'il avait franchi le seuil de cette porte emprunte d'une foule de souvenirs. La dernière fois qu'il avait vu le chirurgien, il dormait dans ses draps, le torse bandé, épuisé par une nuit dont le métamorphe ne revenait toujours pas. Marionnettiste, il s'était pourtant dévoilé aimant avec son pantin, d'une tendresse toute mesurée. Les courbes de l'homme et sa manière différente de régir les débats ne lui avaient guère apporté la satisfaction que lui procurait la volupté féminine mais, bien que cette expérience n'avait pas été sa plus enivrante, elle ne l'avait pas non plus écoeuré. Néanmoins, il n'avait jamais recommencé. Il avait simplement délaissé son compagnon d'un soir pendant que le sommeil le berçait. L'alcool estompé, Soren avait pu prendre d'avantage conscience des événements tout à fait étranges de cette soirée et, après quelque recul, avait considéré qu'il s'était aventuré trop loin. Le remord avait fini par le gagner. Eternelles contradictions... Il avait douté de le revoir un jour, parce que la rancoeur du docteur serait sans nul doute trop véhémente pour laisser au cadet l'opportunité de revenir sur le devant de la scène. Et pourtant... la seule personne qui lui était apparue durant son agonie n'était autre que ce bon prodige qu'il avait injustement bafoué.

Le berger qui s'était péniblement acheminé jusque là grattait le bois de ses griffes noirâtres. Ses gémissements étaient presque imperceptibles et la porte ne s'ouvrit pas. Alors, puisant des ses dernières ressources, il se cabra et appuya sur la poignée à l'aide de ses pattes avant. Par miracle, le grand chien se retrouva sur le seuil, le salon s'esquissant sous son regard de brume. Il s'étala de tout son long, jonchant à la fois l'appartement de l'hôte et le couloir collectif. La lame n'avait pas bougé de son flanc et tâchait son pelage de neige d'un rouge profond. Une lumière s'aviva soudain et les yeux du berger clignèrent, agressés. Tout devint confus. Il n'avait plus conscience que de la douleur qui le menait lentement vers son déclin. Elle s'intensifia le temps d'un battement de coeur qui lui semblait comparable à l'éternité puis vit une lueur d'argent briller, toute menaçante, dans un voile de sang. La lame n'épousait plus son corps et, sans force, incapable de maintenir d'avantage la présence de son double, dépossédé de tout pouvoir, l'animal disparut et devint un homme qui susurra faiblement à l'intention de son ancien compagnon... " Je suis désolé ". Une dangereuse inconscience le séquestra dans un songe où ne résidait plus que souffrances... Et, lorsqu'il s'en délivra, déjà la pâleur d'un nouveau soleil couchant filtrait légèrement, enveloppant la pièce d'une pénombre supportable. Son flanc était saisissant mais déjà la douleur était plus soutenable, d'avantage que ses doigts crispés et endoloris qui piégeaient le poignet d'un homme dans leur étreinte...
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MessageSujet: Re: Il est venu le temps des révélations et de la rédemption || Raleigh   Dim 19 Jan - 17:53


Parfois, je repense à ce moment, cette étreinte, bouleversante, que j’ai pu partager avec Soren. Une seule nuit, une seule fois et ce sentiment amer d’abandon qui me prend, à chaque fois que mes pensées dérivent vers le sujet. J’avais pourtant pris conscience, ce soir là, de n’avoir jamais été plus qu’un simple pantin pour le jeune homme. Cependant je pensais tout de même avoir une certaine importance pour lui. Le matin, qui a suivi cette nuit là, m’a prouvé tout le contraire. Le lit, vide, m’a empli de douleur et depuis, je me demande ce qu’il s’est passé. Mon esprit naïf, me pousse à croire qu’il m’a fuit, pour me préserver, par remords, mais depuis la dernière discussion que j’ai partagé avec lui, je ne suis plus sûr de rien.

Mon sommeil est profond, si bien que je n’entends pas les griffes malmener ma porte, pas même que je n’entends les gémissements, bien trop faibles, de leur propriétaire. La seule chose qui parvient à me tirer des bras de morphée, est la porte qui s’ouvre brusquement. Je prends soudain conscience d’avoir oublié de la verrouiller avant d’aller me coucher et je me maudis une seconde, tant cela m’ennuie. Je n’ai vraiment pas envie de faire face à un voleur ou n’importe quoi du genre. Malgré tout, je me lève, grognant, et allume la lumière du salon, un de mes couteaux à la main, juste au cas où après tout… La surprise décore soudain mes traits, alors que je vois un chien, dans l’embrasure de la porte. Allongé, blessé, je ne comprends pas bien comment il a pu arriver là, mais mes réflexes de médecin prennent le dessus soudain. Je me précipite vers l’animal et remarque finalement la lame, dans son flanc. Cruelle arme pour attaquer un chien, mais je sais déjà qu’il n’est pas un chien comme les autres. Une sorte d’instinct m’a pris, lorsque j’ai déposé mes yeux sur lui, je sais qui il est… Un peu contrarié, je me mords la lèvre et soupire, avant de finalement le défaire de cette lame cruelle. Le sang coule bientôt, ais je pose mes mains sur la blessure, afin d’éviter son épanchement. C’est à ce moment là qu’il redevient humain et mon cœur loupe un battement. Bien sûr, je savais déjà qui il était, mais revoir son visage, son corps, me perturbe plus que je ne le pensais. Chut… Je veux qu’il me parle, bien entendu, néanmoins, pas maintenant. Il est blessé et je dois m’occuper de lui, c’est le plus important.

Sans dire un mot de plus, je le prends difficilement dans mes bras, pour l’amener dans ma chambre, entre mes draps. Son poids me fait vaciller plusieurs fois, néanmoins, il est bientôt en place et je commence l’opération, au moins pour refermer sa plaie et la bander. Je ne veux pas qu’il décède dans mon lit après tout… Cela ne dure pas plus d’une heure, pourtant, j’ai la cruelle impression de le toucher pendant une éternité. Je me sens gêné, pas à cause de sa présence dans mon lit, ni même à cause de mes mains sur lui, mais plutôt à cause de ce que je ressens. Colère, honte, inquiétude, désir et envie se mêlent dans mon cœur perturbé. Ses excuses n’ont rien arrangé et me font me questionner encore plus. Alors je n’irai pas au travail aujourd’hui. Je resterai à ses côtés, dans le simple objectif de le questionner ensuite. La nuit, puis la journée, se passent toutes les deux dans un silence inquiet. Il ne s’est toujours pas réveillé et je ne sais pas à quel point c’est anormal. Je ne connais absolument rien sur sa race et peut être que mon soin s’est avéré totalement inutile.

Subitement, avec une étrange envie, je pose ma main sur son front, afin de tester sa température, avant de la descendre sur sa joue. Tellement de questions que je voudrais lui poser, mais pour cela, je dois attendre son réveil. Finalement, ma main le lâche et je la pose de nouveau, pas loin de la sienne en secouant la tête. Pendant mes soins et ma journée à ses côtés, j’ai pu remarquer ses nombreuses ecchymoses. Encore de nouvelles questions, encore des choses que je voudrais savoir, mais le connaissant, je n’aurais probablement aucune réponse à cela… Une douleur soudain me prend dans le poignet et je vois sa main qui me serre fortement. Bien, il semble aller mieux alors… Mon autre main revient se poser sur son front, comme pour l’apaiser. Qu’est ce que tu fous là Soren ? Je ne pensais pas te revoir. J’ai maintes et maintes fois passé ce moment dans ma tête, néanmoins, j’étais toujours plus gentil, dans mon esprit. Cette voix hargneuse, presque froide, ce n’est pas vraiment moi, alors je secoue la tête et soupire… Je ne comprends pas bien pourquoi tu es revenu, mais excuse mon ton. Je pense être un peu fatigué. Le fait d’avoir veillé sur lui toute la nuit, tout le jour, n’a probablement pas amélioré cet état… Finalement, j’ose enfin le regarder, plonger mes yeux dans les siens, pour espérer y lire quelque chose. Je sais que c’est peine perdue, je n’arrive ni à le comprendre, ni à le lire, ni même à lui en vouloir. Pourtant, la colère a eu le temps de mûrir en moi, depuis son départ précipité, après nos ébats, mais maintenant qu’il est face à moi, elle a presque disparue. Qu’est ce qui t’es arrivé ?
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MessageSujet: Re: Il est venu le temps des révélations et de la rédemption || Raleigh   Dim 19 Jan - 19:09

Les paupières clignèrent pour s'accoutumer à la lumière qui faiblissait pourtant. Les iris du métamorphe scrutaient le décor dans un léger brouillard et reconnurent cette chambre qu'il ne pensait plus jamais revoir. Son coeur battait un peu fort lorsqu'il se rappela sa mésaventure et prit la pleine conscience des lieux, puis du poignet qu'il serrait si brutalement sans comprendre la raison de son geste. Il relâcha aussitôt l'étreinte. Dans la foulée, la voix de Raleigh le frappa. Il sursauta dans ses draps et se redressa avec une once d'affolement dans l'attitude. Perdu et dérouté il regrettait presque sa venue. Si son instinct n'avait pas été si prépondérant l'autre nuit, peut-être aurait-il préféré décliner sur les pavés. Les circonstances avaient changé, tout comme l'homme blessé qui occupait ce lit dont il avait presque oublié les contours. Quelques regrets risquaient fort de mettre son âme à nue et cette possibilité ne l'enchantait guère. Et pourtant... le désir qu'il ressentait à cette éventualité était grand. Panoplie de sentiments lui pesaient et ses épaules peinaient à supporter ce poids trop important qu'il voulait délester tout en étant terrifié à cette idée. Un jour, elles céderaient... Et ce jour, il serait trop tard...

Assis, une fine couverture lui recouvrant le bas du corps, il plongeait aujourd'hui un regard plus humain dans celui de son sauveur. Il le soutenait sans ciller, prêt à l'affronter, à accepter la vilenie de ses pêchés et les conséquences qu'elles eurent certainement sur ce compagnon dont il s'était simplement joué. Petite poupée de chiffon entre les mains d'un cruel garnement... La voix un peu éraillée, plus faible qu'il ne l'avait voulu, il sortit de son mutisme et se dévoila plus docile que dans les souvenirs de son vis à vis. Quarante sept jours... Peu de temps pour un réel changement et pourtant largement suffisant. Son accord avec Kyran, sa rencontre désarmante avec sa créatrice et la prise de conscience qu'elle lui permit d'acquérir... Tant de chamboulements. Tant de nouveautés... Tant d'aléas qui conduisirent finalement l'homme à livrer enfin ses réponses. " Je n'avais personne d'autre vers qui me tourner ". Sur cette triste conclusion, Soren se détourna. Force était de constater que la solitude régissait son univers et que le secret de sa nature n'y était pas étranger.

Il laissa s'échapper un petit raclement de gorge afin de reprendre tout son aplomb, se positionnant tout en même temps plus droit sur le matelas. Il observa ses bras avec une intention troublée, l'esprit ailleurs, et remarqua que les ecchymoses n'avaient pas encore disparues. A l'accoutumée, leur guérison était hâtive, mais sa blessure la plus profonde devait ralentir son cours. Du moins, ce fut ce qu'il conclut. Il s'inquiéterait de cela plus tard, les priorités étaient ailleurs. Aussi, zieutant derechef le chirurgien, il oublia ce désagrément et se confia sans détour, la main posée sur son flanc entaillé. " Quelqu'un a dû essayer de rendre justice à mes victimes... mais la mauvaise herbe... tu sais ce qu'on en dit... ". Un sourire amusé égaya son visage un peu trop pâle. La mort avait par deux fois tenté de se l'approprier, et par deux fois elle avait échoué. A croire qu'il était si noir et désespéré que même les limbes le rejetaient. " J'en sais trop rien en fait, j'ai rien vu venir... ".

Les traits du changeur de peau prirent un ton différent, se peignant d'un sérieux qui convaincrait, peut-être et il l'espérait, l'homme qui lui faisait face avec foule d'interrogations le malmenant. Sans faillir, les yeux noyés dans les perles ambrées de Raleigh, il en vint à s'exprimer sur un sujet plus délicat, délaissant ses galères nocturnes qui n'avaient plus grande importance. Le mal avait ses opposants et il lui suffirait de s'en accommoder. Tel était le monde. " Raleigh... ". Les mots s'éclipsèrent soudain et le jeune skinchanger dût réfléchir quelques instants à son discours. Il aurait voulu lui dire merci. Il aurait voulu s'excuser. Mais ces probables paroles lui semblèrent tout à coup inconvenantes et bien modestes face à tout ce que son hôte avait été contraint d'endurer. " Tu aurais pu simplement me laisser crever... T'en avais le droit... ". Ce fut ce que Soren dénicha de plus proche d'un mot d'excuses. Puis, déterminé, il acheva " Tu n'avais pas totalement tort à mon sujet... ". Et cette remarque englobait à la fois nature et sentiments du métamorphe en quête de repenti. " Apprends moi la rédemption ".
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MessageSujet: Re: Il est venu le temps des révélations et de la rédemption || Raleigh   Dim 19 Jan - 20:53


Personne d’autre vers qui se tourner… Si je ne connaissais pas le personnage, je pourrais le croire. Ses yeux semblent d’ailleurs renforcer les dires de mon compagnon, mais je ne le crois pas. Je n’arrive pas à imaginer sa présence ici et j’ai peur que le moindre de ses propos ne soient que faux semblants. A croire que j’ai été plus touché que je ne le croyais par son attitude à mon égard. Pendant les jours qui ont passé, j’ai appris à relativiser notre relation et je pensais avoir dépassé le cap de la colère, mais finalement, je me rends compte maintenant que ce n’est pas vraiment le cas. Je suis calme certes, probablement plus qu’il n’aurait pu le croire, mais ce tourment intérieur ne s’apaise pas et commence à me faire trembler. Pourtant je l’écoute faire une blague, je regarde sa main, posée sur son flanc, et malgré moi, je pose mes doigts sur les siens, juste une seconde, avant de les enlever, comme brûlé. Ses mots me frappent étrangement, le fait qu’il ait frôlé la mort me perturbe tout autant que les sentiments diffus qui traînent dans ma poitrine et dans mon esprit. J’ai passé ma journée à réfléchir, sur lui, mes sentiments à son égard et d’autres choses du même acabit, mais finalement, maintenant, je me retrouve confus, sans aucune possibilité de réfléchir normalement.

Finalement, je plante mon regard dans le sien, lorsqu’il m’interpelle et je remarque aussitôt son changement d’attitude. Il est sérieux, presque trop pour son jeune visage. Encore une fois, je remarque ce que m’a maintes et maintes fois perturbé. Soren est jeune, mais il semble avoir vécu bien trop pour son âge. Ses mots me brisent le cœur soudain, sans que je ne réussisse à comprendre pourquoi. Probablement parce que j’aurais aimé entendre ça, bien plus tôt. 47 jours plus tôt en vérité. Je ne sais s’il est trop tard, mais une chose est sûre, mes mots se bloquent dans ma gorge. Je me contente donc de le regarder et de me déplacer doucement pour m’assoir sur le lit, beaucoup lus proche de lui. Bien sûr, je ne m’attends pas à coucher avec lui de nouveau, cependant sa proximité me rassure, me débloque, et je trouve enfin la force de dire quelques mots. Ce n’est pas drôle Soren. Tu aurais pu mourir la nuit dernière. Je ne sais pas où tu traines, je m’en moque, après tout, je ne suis pas ta mère. Mais tu ne peux pas débarquer comme ça chez moi. Mes mots sont durs, mon ton tout autant. La colère que j’essaye de dissimuler ressort d’une fourbe façon et je soupire finalement. Je détourne mes yeux, tant l’azur des siens me perturbe et j’essaye de me concentrer, pour ne pas me montrer trop agressif. Tu ne peux venir chez moi et t’attendre à ce que je m’inquiète pour toi. A ce que je te soigne. Tu es… Je me tais, pour ne pas me montrer désagréable, parce que je sens que je suis déjà aller trop loin.

Après tout, il est là, devant moi et ressemble à un enfant. Pire que ça, il m’a demandé mon aide et moi, je suis là, à le descendre plus bas que terre. Mon attitude n’est pas correcte, je le sens bien et je lance une prière muette à mon Dieu, avant de croiser les bras. Ce n’est pas vraiment pour me donner un air austère, mais surtout pour m’empêcher de le toucher. Cette fois, je serais plus mature et moins dépendant de lui, de son contact. Je ne peux me laisser faire, comme j’ai pu le faire plus tôt. J’aurais pu te laisser mourir effectivement. Tu as de la chance que je sois un bon médecin. Et tu as de la chance que l’on soit effectivement différent. Si tu avais été à ma place, et moi à la tienne, je suppose que je serais mort ? Bien sûr, j’occulte volontairement le fait que la dernière fois, j’étais celui qui était blessé et que malgré tout, il m’avait aidé à me sauver. Sans lui, je ne serais plus de ce monde actuellement, comme sans moi, il ne le serait plus non plus. Je suppose qu’on est quitte… Je préfère palabrer, sur des sujets sans trop d’importance, pour simplement m’empêcher de répondre à sa dernière question, la plus importante. Bien sûr que je voudrais l’aider à retrouver la lumière, pour de bon. Sauf que je suis presque certain que sa volonté n’est que factice. Après tout, il est sorti de ma vie, plus d’un mois plus tôt. Sans cet évènement malheureux, nous serions probablement toujours séparés.

Je prends la peine de réfléchir quelques secondes, avant de finalement soupirer de nouveau. Je voudrais accepter. Quelque chose me dit pourtant, que ça ne servirait à rien. Mes lèvres se pincent, et je me rends finalement compte de ce que mes derniers mots peuvent sous-entendre. Je suis certain que tu pourrais t’accoutumer à la lumière. Seulement je ne pense pas que tu le veuilles réellement. Ne va pas me faire croire que tu as changé du tout au tout depuis la dernière fois. Ne va pas me faire croire non plus, que tu regrettes d’être parti. J’ai très bien compris le crédit que tu m’accordes. Tu n’es là que parce que tu as besoin de moi et je ne suis pas certain de l’accepter. Mes propos sont durs, probablement un peu pathétique aussi, néanmoins, je me dois de les lui dire au moins une fois. Quitte à le blesser, mais je suis presque certain que ça ne lui fera strictement rien.
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MessageSujet: Re: Il est venu le temps des révélations et de la rédemption || Raleigh   Mar 21 Jan - 16:39

Le jour déclinait comme ses chances de convaincre l'homme d'un semblant de repenti qui paraissait improbable. L'Enfer l'avait tellement embrasé la dernière fois qu'il s'était confronté à Raleight que ce dernier ne pouvait croire au changement d'attitude si soudain de son ancien acolyte. Comment pouvait-on trouver la voie du changement en un temps si prompt ? Et bien, en pensant à la rapidité avec laquelle la nuit laissait place au jour par exemple. Le danger étant que le jour s'évanouissait aussi d'un bref clin d'oeil pour délaisser son siège aux ténèbres, certes... Finalement, se voiler d'une nouvelle parure ne prenait pas des lustres lorsqu'un déclic surgissait. Et dans l'esprit du jeune skinchanger, il avait surgi... Le chemin du pardon était semé d'embûches et surtout traversé par de nombreux sentiers aussi sombres qu'attrayants, mais peut-être parviendrait-il à repousser jusqu'au bout la tentation. Encore fallait-il que l'autre puisse considérer cette vérité et cette tâche n'était pas aisée. Soren comprenait, là résidait le fruit de ses erreurs et la réaction du chirurgien était parfaitement légitime. Néanmoins, entendre qu'il aurait laissé la mort s'emparer de l'aîné si leurs places avaient été inversées lui provoqua quelques aigreurs, ces paroles furent difficiles à digérer. Le monstre auquel on le mariait avait suffisamment assujetti son double obscur pour offrir à son meilleur faciès tout le loisir de s'investir dans une bonne action; il avait aidé Raleigh à se défaire des serres de la déchéance dans lesquelles il s'était si stupidement jeté. Un tantinet vexé par cette remarque non appropriée et faussement accusatrice - il avait de nombreux torts à son actif mais celui-ci n'en faisait point partie ! - il rappela sèchement à l'autre les véritables détails de cette fameuse nuit, oubliant le reste du discours. " A trente trois balais je te trouve encore un peu jeune pour avoir l'excuse de la mémoire qui flanche ! Peut-être aurais-je dû te laisser te vider de ton sang sur ton joli carrelage l'autre fois, ça m'aurait évité de me prendre dans la gueule ta sale ingratitude ! Pour une fois que je faisais quelque chose de bien et que je sauvais un cul au lieu de lui foutre le coup de pompes direction les enfers... ". La douleur vint le titiller, punition de son emportement. Aussitôt, il se calma. La colère et l'irritabilité de Raleight étaient une juste monnaie rendue.

Dehors Lucifer voilait l'univers de son obscurité. Le soleil couchant devint un souvenir et une petite lumière de chevet vint remplacer ses derniers rayons. Soren se souvint qu'il avait un combat important ce soir et jeta donc un regard inquiet sur l'horloge. S'il manquait à ses nouvelles obligations, les conséquences ne seraient pas moindres. Le mécontentement de certains s'occuperait de lui remettre les pendules à l'heure et la terreur de manquer à ce défoulement salvateur était grande, guerroyer sur le ring était l'unique remède à sa noirceur et la seule chance pour l'innocence d'esquiver ses griffes. Raleigh ne serait pas longtemps incommodé par sa présence. Toutefois, il lui restait assez de temps pour l'évocation de certains points qu'il lui fallait mettre à plat. Le chirurgien avait été ce qu'il avait eu de plus proche d'un " ami ", semer le doute dans son esprit jusque là fermé à toute éventualité d'évolution paraissait donc être une tâche de grande valeur pour le skinchanger qui avait entamé un premier pas vers la lueur.

" Tu as raison, je n'ai pas le droit de débarquer comme ça chez toi. Mais si je l'avais pas fait, je ne serais peut-être plus là pour m'en excuser... On est quitte mais je pense quand même te devoir quelques remerciements. Et aussi bien plus que ça... C'est vrai, je me suis servi de toi mais, pour ma défense, t'as été tout aussi con de te laisser utiliser en sachant que tu n'étais qu'un pion sur un échiquier. T'es pourtant pas un abruti Raleight... ". Il se racla la gorge, confus. " Ouais... je suis pas très doué pour les excuses hein ? Tu sais, j'ai pas toujours été comme ça... J'étais une petite nature autrefois, un p'tit gars sans histoire qui tremblait à la vue du sang et qui profitait tranquillement de la vie. J'étais quelqu'un de bien en fait... Et puis...". L'homme devint berger et le berger contemplait avec quelque tristesse dans le regard le visage de cet homme charismatique qui n'avait pas cillé. Il se transforma derechef et reprit placidement. " Je suis devenu cette chose et j'ai sombré... Raleight... ". La franchise dans les iris, il acheva son long monologue en soutenant le regard de l'hôte à qui il n'avait pas encore offert l'occasion de rétorquer. " Je ne suis pas là pour te convaincre de quoi que ce soit, je te dis simplement les choses tel qu'elles sont, tu en feras ce que tu en voudras. Et je ne vais pas non plus t'affirmer que j'ai changé du tout au tout, on ne se délivre pas du mal comme ça, le sevrage est certainement très long... mais je veux retrouver ce qu'on m'a pris sans me demander mon avis : mon humanité. Quant au crédit que je t'accorde, après tout ce beau discours, je te laisse en juger ". Sur ce, ses lèvres se scellèrent. Le jeune changeur de peau s'était entièrement révélé ce soir et ses épaules lui paraissaient moins lourdes. Il se sentait faible, las, petite chose fragile qui suscitait la pitié et détestait cette mise à nu autant qu'elle le soulageait. Sa fierté se brisait en mille, mais son fardeau était déjà plus supportable maintenant qu'il avait osé le partager. Que Raleight croit ou non en cette délivrance, elle n'en serait pas moins présente dans le coeur du skinchanger qui repartirait de toutes façons de ces lieux plus léger. Qu'il était apaisant de morceler de si lourdes vérités...

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MessageSujet: Re: Il est venu le temps des révélations et de la rédemption || Raleigh   Mer 22 Jan - 0:03


Je me raidis étrangement lorsqu’il parle de notre dernière rencontre. Bien sûr que mes propos ont été injustes à son encontre, mais je n’avais pu m’empêcher cette pique. Ma fierté ne s’éveille pas souvent, mais je déteste réellement me faire abandonner après une nuit d’amour et cette fois là n’a pas fait exception à la règle. La douleur a été vive, lorsque j’ai découvert mon lit vide et mon appartement tout aussi déserté. Soren avait littéralement fui et m’a abandonné, dans un moment où j’avais probablement vraiment besoin de lui. Alors oui, je l’ai attaqué, sur un sujet des plus injustes, étant donné qu’il m’a sauvé la vie. Je devrais probablement être plus reconnaissant, mais je n’arrive vraiment pas à me réjouir de sa présence entre mes draps encore une fois. Probablement parce qu’il l’est en tant que patient et qu’il n’a probablement pas la moindre intention de réitérer sa tendresse d’une nuit. Je remarque d’ailleurs son coup d’œil sur l’horloge, qui me fait tiquer et soupirer. Il a l’air bien pressé de me quitter, tant que cela me fend le cœur, sans que je n’y puisse rien. Je retiens avec peine une commentaire probablement trop acerbe pour ma personne, et l‘écoute encore, avec une toute nouvelle attention.

Parce que ses propos me titillent, les quelques mots qu’il laisse échapper à propos de son passé, encore plus d’ailleurs. Je voudrais en savoir plus, beaucoup plus, mais me contente de sursauter lorsqu’il se change en chien soudain. Sa forme animale est tellement belle, tellement attirante, que je décroise soudain les bras pour avancer ma main vers son doux pelage. Malheureusement, il s’est trop vite retransformé et ma main termine sa course à mi chemin, et reste suspendue en l’air. Un air un peu dépité se peint sur mon visage, avant que je ne laisse retomber ma main soudain, sur le lit. Je maudis mon impulsivité, qui me donne envie de me cacher sous le lit, mais continue de l’écouter avec une attention non feinte. Son monologue se termine, sur une note qui me rend légèrement amer. Encore une fois, il se dérobe quand c’est moi qui arrive sur le tapis. Et cela m’irrite fortement, parce que je suis incapable de lire en lui et je suis incapable de comprendre ce qu’il ressent pour moi. Je ne sais donc toujours pas pourquoi il a accepté de coucher avec moi, pour ensuite s’enfuir comme le plus vil des voleurs. Tout comme je ne sais pas s’il est là parce qu’il n’a personne d’autre vers qui se tourner, ou bien s’il l’a vraiment fait par choix. L’incompréhension de tout cela me rend brusque, si bien que je me lève soudain, pour lui tourner le dos. Son regard me rend faible et ses propos m’embrouillent tellement que je n’arrive pas à savoir ce que je peux lui répondre.

Toujours sans répondre, je commence à avancer dans ma chambre et pose mes deux mains sur le mur, avant d’en faire de même avec mon front. Un mal de tête pointe légèrement, preuve de mon manque de sommeil et je soupire encore une fois avant de me tourner vers lui et m’adosser au mur. A cette distance, mon cœur bat à une allure plus normale, même si je ne sais pas vraiment analysé ses battement épileptique, lorsque je suis près de lui… Je ne suis pas ingrat. Je te remercie vraiment de m’avoir empêché de mourir la dernière fois. Je fronce les sourcils soudain, me rendant compte de quelque chose. Est-ce que tu sais au moins, pourquoi est ce que je suis en colère contre toi Soren ? Je ne l’aiderai pas dans sa réflexion, je cherche une vraie réponse en posant cette question. Quelque chose me dis, qu’il ne place pas ma colère aux bonnes causes. Finalement, j’égare mon regard jusqu’à la fenêtre. Je t’ai vu regarder l’heure. Tu as probablement quelque chose de mieux à faire non ? Je n’ai pu empêcher cette pique, qui me fait grimacer. Des fois, je ferais mieux de me taire, plutôt que de laisser ma stupide impulsivité parler à ma place.

Enfin peu importe. Je ne me considère pas comme idiot d’avoir accepté d’être ton jouet. Enfin, si, peut être que si, si l’on parle de la nuit que l’on a passé ensemble. Après tout, ça aussi, ce n’était qu’un simple jeu non ? Je me crispe étrangement, mon corps se tend et ma mâchoire se serre. Là, je ne suis qu’un idiot, à reparler de ça maintenant, après même avoir lui demandé s’il savait pourquoi je suis en colère. Je secoue la tête soudain et reprends, un peu moins sûr de moi. Tu préfères ton ancien toi ? Ou ton nouveau toi ? Et puis d’ailleurs, comment le fait de te transformer en une bestiole aussi mignonne peut te rendre aussi mauvais ? Tu veux savoir ce que je pense ? Tu as choisis de sombrer, parce que c’était plus excitant que ta vie d’avant. Je vais probablement trop loin dans mes propos, mais j’aimerais lui faire comprendre ce que je pense de lui. Je t’aiderai à retrouver ton humanité. Du moins, je crois… Ceci dit, je ne suis pas certain de ce que tu attends de moi. Tu veux que je devienne ton ami ? Ce mot résonne étrangement dans ma bouche et un arrière goût amer se répand sur ma langue, au souvenir de ce qu’elle a pu effleurer et qu’elle ne fréquentera probablement plus jamais. Mon cœur se craquelle doucement et je comprends une chose qui me perturbe soudain… Je n’ai toujours pas compris ce que tu penses de moi. Je sais que je réclame probablement trop, à toi qui t’es déjà confié plus que tu ne l’aurais du. Je sais à quel point tu exècres les sentiments et la faiblesse qu’ils indiquent. Mais je… Je n’arrive pas à terminer ma phrase et encore une fois, je détourne les yeux, pour regarder au sol. Doucement, je glisse le long du mur, jusqu’à ce que mon séant atteigne le parquet à son tour et je soupire encore une fois… Conneries tout ça.
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MessageSujet: Re: Il est venu le temps des révélations et de la rédemption || Raleigh   Mer 22 Jan - 1:54

Quarante sept jours s'étaient écoulés et pourtant... Les interrogations de Raleigh demeurèrent intactes, similaires. L'homme en était toujours à se demander ce que Soren ressentait à son égard et le métamorphe en venait à se demander si l'aîné avait quelques bribes de sentiments plus intimes qu'une simple attirance pour une jeunesse en perdition qu'il s'était promis de redresser dans ses élans de ferveur religieuse. Il regardait son hôte perdre la face et se détourner sans dire mot. Le charisme du chirurgien sombra au même moment que son corps sur le parquet. Cette décontenance attrista le skinchanger qui regardait le prodige d'un air peiné, égaré dans ses propres réflexions et soudain plus soucieux des effets qu'il avait pu causer sur l'homme sensiblement désillusionné. Un soupir se mêla à l'air ambiant, long et silencieux. Soren passa un drap fin autour de sa taille et quitta le confort du lit pour venir s'asseoir aux côtés de ce sauveur qui, de nouveau, avait besoin à son tour d'être sauvé. Il régna quelques instants dans la pièce un silence funeste avant que le cadet ne puisse trouver les mots et le courage de les prononcer. Le regard balayant le sol, l'attitude au parfum des regrets, la voix brisée telle une vague tempétueuse sur la dure face d'un rocher, il accorda enfin à Raleight l'offrande qu'il attendait. " Je suis là par choix, non pour un intérêt quelconque que, c'est vrai, j'avais à l'époque où je t'ai conduit au meurtre, toi qui est pourtant fait pour préserver la vie... ". Cet acte était le plus condamnable de sa large panoplie. Il ne s'était pas contenté de tuer, il avait poussé cet autre à se livrer à l'expérience alors qu'il n'était pas bâti pour le supporter. Il regrettait amèrement son geste. " Ce n'était pas un jeu à proprement parlé, plus une machination visant à satisfaire des desseins bien vains qui n'ont plus la moindre importance aujourd'hui. J'ai cru miser sur le bon cheval mais je me suis trompé. Tu ne méritais pas ça, tu n'étais pas aussi noir que je le croyais... alors je t'ai laissé reprendre les rênes de ton existence sans avoir un sinistre cavalier dans les parages prêt à les saisir à ta place. C'est pour ça que je ne suis jamais revenu. Et je n'aurai peut-être jamais eu l'occasion de re franchir cette porte s'il n'y avait pas eu urgence. Non pas que j'en avais pas envie, mais pas le droit... ".

Tic, tac, tic, tac. L'heure tournait pendant que la morosité consumait l'atmosphère mais déjà Soren n'y prêtait plus la moindre attention. L'arène tantôt ultime délivrance dont il ne pouvait s'extraire n'apparaissait plus à son esprit qui se tournait alors vers d'autres horizons, d'autres priorités. Il avait compris tout le mal qu'il avait provoqué chez l'homme et maintenant l'homme primait. Un dernier regard pour ses bras contusionnés et il décida qu'il faudrait l'excuser pour sa première absence sur les rings endiablés. " Je suis un monstre Raleight... Ne te laisse pas berner par l'apparence du chien blanc, il n'est pas domestiqué. Je ne sais pas trop ce que je suis à vrai dire, on ne m'a jamais rien expliqué à ce sujet, mais je sais que je suis quelque chose de nature profondément mauvaise. Les premiers temps tu ne contrôles pas la bête et la bête tue, elle aime ça. Tu ressens son plaisir, sa liberté... Elle te donne goût au massacre. Mais la bête n'a pas de conscience, l'homme si, et elles se heurtent. C'est comme ça que j'ai sombré... Je n'ai pas choisi les ténèbres, elles m'ont cerné parce que je me suis montré trop faible je crois... Puis elles sont devenues plus supportables que le cas de conscience et le cas conscience te ronge parce que tu laisses tes sentiments d'homme s'exprimer... C'est pour cette raison que je les hais ". Se replonger dans de tels souvenirs furent une épreuve pour le skinchanger dont les muscles se bandèrent sous le joug de la colère. L'injustice l'aliénait, il n'avait pas mérité d'être choisi pour cette si déplorable destinée... Et son impuissance l'accablait. " Je ne suis pas non plus certain de ce que j'attends de toi... Sans doute pas grand chose au final, si ce n'est toi, pour ce que tu es et pour ce que tu m'apportes. T'es la première personne qui ne fuit pas devant le monstre. Et le seul mis volontairement au courant. J'ai confiance en toi Raleight... ". Ce point était d'une importance capitale pour la méfiante créature qui n'avait jamais osé avouer son secret et dont la confiance en autrui avait été irradiée de ce monde qui ne représentait plus que danger et rejet.

Les iris bleutées de Soren vinrent à la rencontre du regard égaré du chirurgien qui avait certainement fort à faire pour démêler toutes ces révélations et les peser chacune avec grand soin. Autant de confessions en si peu de temps avait de quoi dérouter et porter à ébullition n'importe quel esprit sain apte à la réflexion. En somme, il y avait beaucoup à digérer et le métamorphe n'avait pas cessé de l'assaillir. " Je t'ai fait du mal Raleight. Ta colère est légitime et aujourd'hui tu me demandes ce que je veux que tu deviennes pour moi. Mais il me semble qu'après tout ça, c'est à moi de te demander ce que je peux espérer de toi ? Que peux-tu devenir pour moi ? ". Un bref coup d'oeil à l'horloge fut de nouveau jeté. " Et ne t'en fais pas pour l'heure qui tourne, je n'ai rien de prévu, si ce n'est répondre enfin à toutes tes questions puis te laisser te requinquer, j'ai l'impression de t'avoir de nouveau mené la vie dure. Je te dois bien ça ".

 
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MessageSujet: Re: Il est venu le temps des révélations et de la rédemption || Raleigh   Mer 22 Jan - 19:43


Toutes ses paroles me tendent, me rendent mal à l’aise. Je n’arrive pas à savoir pourquoi je me sens aussi touché par tout cela, mais une chose est certaine, cela m’intéresse fortement. Il a su attirer mon attention, dès qu’il a repris la parole et je bois désormais ses paroles, comme du petit lait. Suis-je réellement fait pour préserver la vie ? Je n’avais jamais cru que cela puisse être le cas. Certes, je suis médecin, mais dans le fond, ma délectation du sang fait de moi quelqu’un de mauvais. Alors l’entendre dire ce pourquoi je suis fait, me rend étrangement pensif. Fort heureusement, je reviens très vite sur terre avec la suite de ses propos. Une réponse que j’attendais avec impatience, mais dont les mots ne sont pas vraiment rassurants. Alors certes, je n’étais pas qu’un jeu, mais il n’avait pas couché avec moi par plaisir. Je dois avouer que cela me rend un peu triste. Bien sûr, j’ai compris depuis maintenant un peu de temps, qu’il ne m’a jamais accordé la même importance que celle que je lui porte, néanmoins, l’entendre dire qu’il a couché avec moi, simplement pour appuyer son pouvoir sur moi, est dévastateur. J’esquisse une moue boudeuse et pose mon menton sur mes genoux, pour éviter de le regarder, ou même de le toucher. Il est revenu près de moi et sa présence me rend de nouveau aussi excité qu’un gamin de 15 ans devant une paire de seins.

Lorsqu’il s’exprime sur la bête, qu’il parle d’elle de cette façon, je sens un violent frisson me parcourir. Ce pauvre gamin ne mérite pas une telle vie. Personne en vérité, ne mérite une telle vie, mais les autres ne m’intéressent pas. Je lâche un très long soupir, avant de finalement lever mon bras, pour poser ma main dans sa nuque. Je la caresse doucement, plus pour l’inciter à continuer à s’épancher, que pour réellement l’apaiser. Maintenant qu’il a commencé à parler, je suis victime d’une étrange avidité et je meurs d’envie de connaître la suite. Mon cœur loupe un battement soudain et je cligne des yeux plusieurs fois, surpris. Confiance en moi… Ma voix n’est qu’un minuscule murmure et je ne suis pas étonné qu’il ne m’entende pas. La surprise est intense et telle que je ne peux m’empêcher de relever les yeux vers lui, pour les planter dans ses iris azurés. Je sursaute, lorsqu’il parle de nouveau. Je ne m’attendais pas une seconde à l’entendre encore une fois et ses mots me perturbent encore une fois. Comme si tout ce qu’il m’avait dit n’était déjà pas assez, il en ajoute encore une couche. Sa question me fait trembler et je voudrais m’enfuir en courant, pour ne pas y répondre.

Je le regarde quelques secondes de plus, avant de finalement détourner le regard, l’arrière du crâne posé sur le mur. J’essaye de calmer les mouvements désordonnés de mon cœur, tout en respirant le plus calmement possible, mais ce n’est pas si facile. Sa proximité, ses mots, sa chaleur, sont d’autant de choses qui me rendent fous. Laisse moi voir si j’ai bien compris tes mots. Tu as couché avec moi, pour m’asservir encore plus à toi n’est ce pas ? Et ensuite tu t’es enfui, pour me soustraire de toi-même à ta machination ? Tu m’as abandonné, parce que tu avais trop de remords pour assumer ? Je secoue la tête et prend mon visage dans mes mains, pour essayer de masquer mon irritation. Je n’apprends pas avoir été le jouet de ce joli chien, mais les explications de son abandon me ferait rire jaune, si j’avais la moindre envie de rire. Tu n’es pas qu’un monstre Soren. Si c’était le cas, tu ne serais pas là, en train de m’expliquer tes soucis. Et si tu veux mon avis, j’ai du mal à croire que tu sois faible. Il t’a été plutôt aisé de jouer avec moi, j’ai du mal à croire que je suis le seul à être tombé dans le panneau. Encore et encore, mes propos sont probablement trop durs en réaction des confessions de mon jeune acolyte. Ce n’est vraiment pas pour me montrer froid ou désagréable, mais simplement pour essayer de réagir à ses propos.

Finalement, ma main, sur sa nuque, cesse son mouvement et je me redresse, bouge, jusqu’à me retrouver à genoux juste devant lui. Mon visage n’est qu’à quelques centimètres du sien et je me mords la lèvre nerveusement. Tu maudis ta conscience… mais conscience et sentiments, ce n’est pas la même chose. Ta confiance en moi par exemple, est un sentiment et j’ai l’impression que ça te fait plutôt du bien non ? Je n’essaye pas de me donner une importance que je n’ai pas, je veux simplement lui faire comprendre que les sentiments ont du bon. A part l’excitation, je ne ressens jamais rien, lorsque je fais couler le sang. Ni même après. Je ne me sens pas particulièrement coupable. C’est un mensonge, du moins, un demi-mensonge. Lorsque tout se passe bien, je ne ressens aucun désagrément, seulement, lorsque mes actes ont des conséquences directes sur les gens, là, je me sens mal, mais il n’a pas besoin de l’apprendre. Finalement je soupire et me penche légèrement. Je pose un baiser léger sur ses lèvres, avant de le regarder avec une attention particulière. Je pense que tu sais très bien ce que je veux de toi. Ce que je veux que tu sois pour moi. Je ne m’attends pas à l’avoir, ne t’inquiète pas. Ce n’est pas à toi de poser cette question. Tu fais partie de ma vie, à priori envers et contre tout. Si ça n’avait pas été le cas, je t’aurais probablement soigné dans le couloir et laissé dehors et je n’aurais pas veillé sur toi durant ton sommeil réparateur mais agité. Je serais parti dès ton réveil. Tu peux être n’importe quoi pour moi. J’ai bien conscience de n’être qu’une faible âme, mais il est entré dans ma vie tel un ouragan et est resté dans mon cœur, quoi qu’il advienne.
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MessageSujet: Re: Il est venu le temps des révélations et de la rédemption || Raleigh   Mer 22 Jan - 22:46

Les lèvres s'entrechoquèrent dans un moment bref et les esprits s'agitèrent. Les sentiments de Raleight pour sa personne n'étaient pas une découverte, Soren avait su deviner les désirs de son hôte qui avait grand mal à dissimuler ses aspirations et ses sensations. Il était la transparence, le regard cristallin dans lequel ses sentiments se calligraphiaient, un livre ouvert... Cette affection qu'il avait fait naître pour lui dans le coeur de son aîné avait en partie contribué à sa décision de fuir pour ne plus jamais revenir. Il avait abandonné l'homme sans une note, sans espoir, le corps comblé par ses caresses mais le coeur vide, délesté d'un semblant de bonheur qu'il aurait pu saisir s'il avait découvert le skinchanger à ses côtés. A cette place n'avait subsisté que le néant et ce dernier semblait toujours présent. Soren frémissait sous l'effluve de toutes ces pensées. Il n'avait pas envisagé que sa machination puisse être à ce point détournée de sa voie pourtant parfaitement tracée. Tout avait été calculé avec minutie pour ne rien délaisser au hasard, mais le hasard avait oublié de souffler au servant de Lucifer qu'un homme pouvait être enivré par son égal et guère charmé par la femme.

Les deux personnages se dévisagèrent dans la faible lumière, face à face, les coeurs battants, le doute les consumant. Raleight songeait sans y croire à un avenir plus intime dans le creux de ses bras pendant que le cadet se demandait s'il était capable de lui offrir leur confort. Le chirurgien ne lui posait point d'ultimatum, précisant que peu d'espoir l'effleurait et qu'il était prêt à accepter beaucoup moins que ce qu'il attendait. Mais bien qu'il ne connaissait pas grand chose à l'amour, le jeune changeur de peau n'était pas dupe et comprenait que faire offrande d'une simple amitié à cet homme qui aspirait à d'avantage d'affection lui causerait une infinie déception. Soren se retrouva soudain très pensif. Ses iris se perdirent dans le vague pendant que son esprit chevauchait en quête de ses sentiments et réelles convoitises. L'homosexualité était une différence qu'il n'avait jusque là pas jugé nécessaire de considérer. La somptuosité des courbes graciles de la gente féminine était une évidence depuis toujours et l'idée de parcourir d'autres horizons ne l'avait donc jamais frappé. Et pourtant... il en venait ce jour à se questionner sérieusement sur le sujet, se rappelant sans béatitude mais pas non plus avec répugnance la nuit qu'il avait partagée avec son hôte masculin. Etait-il possible de faire abstraction du genre pour se vouer à la seule adoration d'une âme ? Les doigts du blessé vinrent un instant parcourir la joue de leur vis à vis. Peut-être fallait-il tenter l'expérience pour le découvrir... Peut-être même prendrait-il goût à ces nouveautés...

" T'es pas un mauvais gars Raleight, si j'étais resté je t'aurais contraint à le devenir et j'ai compris les graves incidences que ça te causerait. Tu te sens plus coupable que tu ne le devrais, après tout tu n'avais encore jamais tué personne... ". Le mal entraînait la culpabilité qui menait au châtiment et celui qu'il s'infligeait aurait fini par provoquer sa perte. " Parce que t'as raison sur ce point, dans les ténèbres je me sens puissant et il m'aurait été aisé de continuer à jouer avec toi, comme je l'ai fait avec d'autres, je ne peux pas le nier. Mais ton dieu ne dit-il pas que céder à la tentation est un pêché, et de ce fait une faiblesse ? Je me sens faible parce que je suis incapable de résister à son appel, incapable de rejoindre le bon côté et de délaisser... ". Le skinchanger demeurait serein pendant qu'il réagissait aux paroles quelques fois désagréables de son sauveur du soir. Toute colère l'avait quitté pendant qu'il se livrait sans détour et faisait le point sur ses failles et son être profond.

Mal à l'aise face à cette paire ambrée qui le contemplait de leur air si particulier, il sentit son coeur heurter sa poitrine un peu plus fort. Toutefois, ce léger trouble ne retint pas ses gestes qui l'amenèrent à combler une distance déjà bien dérisoire. " Je sais ce que tu veux de moi Raleight... Mais suis-je la personne appropriée pour répondre à cette attente ? J'aimerais l'être, je crois... Mais j'ai peur de te décevoir... ". Ses mots n'étaient que des murmures dans une atmosphère en suspens. Accrochés à ses lèvres, le chirurgien n'en perdait pas une bribe. Soren, lui, était captivé par son regard dont il observait les humeurs sans ciller. " Je ne veux pas être n'importe quoi pour toi, et au fond tu ne le veux pas non plus, parce que tu ne pourrais te dérober de la peine qu'un semblant de rejet t'infligerait... ". Comme son acolyte avant lui, il déposa l'une de ses mains sur sa nuque d'homme et lui offrit quelques onces de tendresse et de réconfort. " C'est un chemin sinueux qui m'est encore bien étranger, je ne suis pas très doué lorsqu'il s'agit de ces choses là, encore moins avec un homme... ". Et il n'était pas certain de parvenir à le fouler jusqu'à son achèvement.
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Il est venu le temps des révélations et de la rédemption || Raleigh

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