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 This burden came to me [PV Brashou de mon coeur]

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MessageSujet: This burden came to me [PV Brashou de mon coeur]   Ven 24 Jan - 18:53

Le regard de l’urgentiste passe du médecin au-devant de la scène à l’infirmière restant en retrait alors que les signaux sonores s’espacent jusqu’à s’évanouir doucement dans l’air. Il cale le défibrillateur près du toubib et le laisse opérer la suite tout en surveillant la machine pendant que de toute évidence, sa collègue compte fleurette. Le norvégien augmente la dose à mesure que le docteur lui somme de le faire. Mais rien ne fonctionne. Le corps de cet homme est secoué vivement par des décharges de plus en plus importantes mais la vie décide de s’échapper toujours plus. Les odeurs de calcination sont, à peine, perceptibles mais le daybreaker les hume avec aisance depuis sa position. Il sait que c’est trop tard mais ça n’empêche pas son comparse de s’obstiner pour finalement déclarer forfait. Ezra s’empare alors de la paperasse sur sa droite machinalement pour y apposer l’heure du décès avec une indifférence terrifiante. On s’habitue plus vite qu’on ne le croit à ça. Ses yeux s’égarent sur sa montre alors qu’il laisse ses doigts délier les minutes sur la feuille. Le défunt n’a pas le temps d’être embarqué pour la morgue que son supérieur commence une longue tirade en direction de la femme. Une accusation grave est balancée dans l’air et avant qu’il ne comprenne le pourquoi du comment, il se voit pointé du doigt par la secouriste. L’ancien peacekeeper cligne plusieurs fois des yeux en tentant de saisir le procès qui se joue devant lui. De toute évidence, elle a fait une bavure et l’accuse d’être à la base d’un mauvais diagnostic. Il ne se laisse pas démonter et répond placidement la vérité mais le ton monte très vite entre les deux autres protagonistes. Le jeune homme décide de les ignorer- il n’a plus rien à dire, et emmène lui-même le cadavre au bon endroit.

Il ne s’attarde pas en chemin et s’empresse de revenir à son poste. A peine eut-il le malheur de poser le pied dans le bureau  pour ranger le dossier du patient qu’il se fait littéralement agressé. Les seules personnes présentes s’éclipsent alors. La fautive continue à s’emporter sur l’ancien métamorphe qui sent sa patience se fissurer alors qu’il tente encore de la raisonner. Le volume de sa voix grimpe sans qu’il n’en prenne conscience tandis qu’une succession d’insultes coulisse entre les lèvres de son opposante. Elle rejette toute sa bêtise sur lui en justifiant tout par des mensonges éhontés et ridicules. Le norvégien ne se rend pas compte qu’une colère sourde et incohérente commence à le grignoter. Ils hurlent désormais assez fort pour que leur chef apparaisse et leur intime l’ordre de cesser cette lutte. La mâchoire serrée, Ezra obéit et se tait mais elle, elle continue encore. Durant une seconde, il se voit se jeter sur elle et lui aspirer toute cette énergie qui palpite pour un bien étrange dessein – celui de le descendre pour se sauver la peau. Il  lui suffirait d’avancer une main. Cette simple pensée suffit à le refroidir totalement et il décide de partir pour ne pas céder à la violence de ses pulsions. Mais elle l’attrape par le bras et dans un réflexe pur, il la repousse assez rudement. Elle se laisse tomber et tente de faire passer ça pour une preuve de son incompétence. L’ancien peacekeeper sent son sang-froid se fracturer une nouvelle fois. Son ombre pèse soudainement plus d’une tonne comme si elle se manifestait, détachée de son enveloppe, il se sent proche de l’employer pour… Il prend la porte aussi sec, effrayé par son manque de contrôle mental.

Ses pas l’éloignent de cette maudite infirmière alors que cette rage ne semble pas vouloir s’évaporer. Il se sent comprimer par tout ce qui n’a pu s’extirper de sa cage thoracique autant les mots que les actes. Il ne supporte pas cet état frénétique. En hauteur, sur son point d’équilibre, trop proche du précipice. C’est dangereux pour lui mais surtout pour les autres. Il ne peut pas perdre son job. Il ne peut pas divulguer son secret. Il doit se calmer pour son propre bien. Son seul exutoire reste le travail, c’est pour ça qu’il s’oriente vers l’accueil. Le jeune homme tente de s’occuper les mains mais il n’y a rien à faire. Tout le monde a déjà été pris en charge. Mais c’est sans compter le bruit familier des portes coulissantes annonçant une nouvelle arrivée. Il se retourne vivement et refoule son agressivité intérieure quand il réalise qui se tient là à l’entrée. Non ? Devenu livide, il le détaille mais son anxiété prend le dessus sur son instinct de préservation. En deux enjambées, il est déjà près de lui, la main posée avec prudence sur son bras. Quand il redresse les yeux, il se contente d’un « Blessure par balle ? » Oui, c’est tout ce qu’il trouve à dire pour accueillir un ancien collègue apprécié et blessé. La surprise alliée à son énervement antérieur le rend très instable et il doit veiller à se montrer encore plus efficace. Quitte à se déshumaniser un peu pour endurer cette somme d'émotions destructrice.

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MessageSujet: Re: This burden came to me [PV Brashou de mon coeur]   Jeu 30 Jan - 11:18


This burden came to me

Eastern New Orleans • Adventist Hospital
Brashen & Ezra

Le quartier Est de la Nouvelle Orléans n’est pas une des zones dans lesquelles nous sommes souvent appelés. C’est généralement un quartier calme du fait de la population plutôt riche qui y habite, qui y vit et qui y travaille. Mais comme à chaque règle, il y a des exceptions, le coin n’est pas dépourvu d’individus aux actes malveillants ou aux intentions douteuses. En l’occurrence, une équipe de Peacekeepers – dont je fais partie – a été appelée aux alentours du Lake St. Catherine, où des témoins ont signalé une activité suspecte. En quelques minutes à peine, nous étions sur les lieux, en uniformes gris bien reconnaissables de notre statut de Peacekeeper. Impossible de nous louper. Et c’était souvent ce qui pouvait nous poser problème d’ailleurs. Nos uniformes. En tant qu’espion, j’avais l’habitude d’être le plus discret possible, de faire attention au moindre bruit, au moindre signe visuel, à la moindre odeur, bref, j’utilisais mes sens pour percevoir l’ennemi. Et je ne doutais pas que nos ennemis, dans l’autre camp, faisaient pareil. Avec nos habits gris, nous apparaissions à leurs yeux comme immédiatement repérables, telles des lumières clignotants dans le noir. Mais l’uniforme était obligatoire, aussi ne pouvions-nous pas y déroger.

J’avais correctement attaché mon gilet pare-balles. Après l’"accident" datant de plusieurs années, je ne voulais pas réitérer l’expérience d’une balle traversant mon corps. J’étais téméraire mais pas suicidaire. À peine arrivés, nous avions constaté qu’en effet, ce qui ressemblait à une bande de dealers se cachait derrière des buissons pour faire son petit commerce. Trois-quatre jeunes adultes, rien de plus. Rassuré sur la facilité du boulot qui se présentait à nous, je pris négligemment mon arme de la main droite, pour la braquer sur les jeunes si jamais ils opposaient une quelconque résistance. Nous les primes en étau, et en quelques minutes, nous étions sur eux. Seulement voilà, au moment où je m’y attendais le moins, ils sortirent des armes, qui nous étaient restées invisibles jusque-là. Ce qui semblait être un deal de drogue se compliquait quelque peu. À la vue des uniformes gris, ils se mirent à tirer, déclenchant une petite guerre au sein même d’un espace généralement calme. Les passants aux alentours s’enfuirent en criant dès les premiers tirs. Et alors que j’avançai sous couvert des arbres plantés çà et là, je mis une fraction de seconde de trop à m’abriter correctement lors de mon avancée. Une balle effleura mon bras gauche, entaillant la chair sur quelques centimètres. La douleur ne vint pas immédiatement. Je serrai les dents avec force, et finis la mission avec les autres. Nous parvînmes à les attraper avant qu’ils ne s’enfuient, et ils furent emmenés par mes collègues. L’un d’entre eux me força à me rendre aussitôt à l’hôpital, pour soigner ma blessure. Par chance, il se situait à deux pas. Il voulut m’accompagner mais je lui fis un rapide signe de la tête pour lui signaler que c’était bon. Je pouvais marcher jusque-là tout seul.

Les urgences ne sont plus qu’à quelques pas de moi. Je franchis les derniers mètres en me tenant le bras gauche avec ma main. Je suis toujours en uniforme, avec un gilet pare-balles en dessous, et mon arme que j’ai soigneusement rangée après l’arrestation. Les portes s’ouvrent devant moi et je pénètre dans l’atmosphère âcre de l’hôpital. Lieu que j’évite autant que possible. Les odeurs qui y circulent me semblent viciées, prêtes à m’entourer et ne plus me lâcher, se frayant un passage entre mes vêtements, rendant mon corps encore plus moite qu’il ne l’est déjà. De nombreuses personnes sont présentes dans le hall d’entrée des urgences et je repère l’accueil où m’enregistrer. Alors que je me dirige vers le petit bureau coincé derrière des vitres où les traces de doigts les rendent par endroits légèrement opaques, je vois du coin de l’œil une blouse blanche s’avancer vers moi. Je tourne le regard vers celui qui approche et je sens mon cœur manquer un battement. Ezra ? Non ça ne peut pas être lui ?! Il n’est pas médecin, alors qu’est-ce qu’il fout dans cette tenue ? Est-ce que le destin a décidé de placer en quelques jours sur mon chemin toutes mes anciennes connaissances dans une enveloppe qui n’est pas la leur ? D’abord Li qui me traite comme si j’étais responsable de la mort de son frère, ensuite Julian, ou Lawrence, peu importe le nom qu’il se donne actuellement, qui a pour ambition de rejoindre la Résistance alors qu’il était un fervent admirateur du Gouvernement il y a encore quelques mois, et maintenant Ezra ? En médecin ? Vraiment ? Mais depuis quand le Monde ne tourne-t-il plus rond ? Et pourquoi ne suis-je au courant de rien encore une fois ? Je suis tellement occupé à espionner le Gouvernement que je n’ai plus connaissance de rien en dehors des magouilles politiques et des affaires d’état, souvent illégales.

Mon ancien coéquipier vient se placer rapidement à mes côtés, prend avec délicatesse mon bras blessé et lâche trois mots. Insignifiants. Déplacés. Neutres. Bordel !

« Ezra ?! Non mais putain tu te fous de moi ? On s’est pas vus depuis quoi… neuf mois ? Et tu débarques comme ça, comme si tout allait bien, en me demandant si c’est une blessure par balle ?! J’hallucine ! Même pas un petit bonjour Brashen, tiens, ça fait longtemps qu’on s’est pas vus, oh tiens, je crois même qu’en fait j’ai disparu sans donner de nouvelles à mon coéquipier et là je réapparais comme une fleur, dans une blouse blanche et je fais comme si tout allait bien ? »

Par pur réflexe, j’éloigne mon bras de lui, la colère me dominant, oubliant qu’il veut apparemment me soigner… Mais de toute façon il n’est pas médecin non ? Il est Peacekeeper, comme moi. Il est mon ami, mon coéquipier. Enfin… était mon ami. Je ne sais plus trop ce qu’il est actuellement. Et la façon dont il vient de m’aborder me permet encore moins de le savoir. Et qu’est-ce qu’il fout dans une blouse blanche enfin ?!

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MessageSujet: Re: This burden came to me [PV Brashou de mon coeur]   Dim 16 Fév - 18:20

L’incrédulité l’accueille mais il la néglige au profit  de son professionnalisme - et sûrement aussi par lâcheté affective. A quelle réponse s’attend-il ? Quelle réaction croit-il susciter ? Abonné absent, départ précipité, dissolution quasi mystique dans la nature, Brashen a le droit d’être confus, voir vexé. Ce n’est pas au fond ce que craint réellement le norvégien, bien qu’écarter cet ami ne l’a pas laissé aussi indifférent qu’on pourrait le penser. Egoïstement, il ne cherche qu’à se préserver de la perspicacité du peacekeeper. Le reste semble secondaire pour l’instant – sauf cette blessure. Son entaille est assez profonde pour nécessiter plusieurs points de suture mais il n’a pas le loisir d’en admirer plus longuement la facture et d’approfondir cet examen car son patient s’offusque avec une rapidité déconcertante. La colère ne le fait pas reculer, elle s’entrechoque à une culpabilité opaque qui ne s’était jusqu’alors que très peu manifestée. A croire qu’elle survivait dans ses entrailles, tapie et revancharde. Suffisamment sournoise pour se révéler à un moment mal placé alors que son propriétaire se pensait au-dessus de ses conditions d’existence. Finalement, c’est sa propre arrogance qui est à remettre en cause et sa recherche de  détachement constante, vaine. Son ancien collègue est outré par la froideur de son comportement. L’a t-il seulement habitué à mieux ? Bien sûr que oui. Avant d’être condamné à cette nature impie, il ne se montrait pas aussi peu amical avec quelqu’un qu’il estimait autant que cet interlocuteur. La hargne de l’urgentiste s’est partiellement apaisée devant la virulence de son ancien coéquipier. Paradoxe ? Nullement. Il se sent pris en faute simplement. Son regard se loge dans celui du policier alors qu’il tente de trouver des mots adaptés pour répondre à cette tirade acerbe et à ces reproches justifiés.

La fierté l’empêche de revenir sur sa décision de garder une certaine distance avec cet homme. L’instinct de survie, aussi, très certainement. De plus, comment se montrer affectueux avec quelqu’un qui vous agresse ? C’est un bien grand mot, certes. D’un ton plutôt tranchant, l’ancien métamorphe déclare avec pragmatisme « Excuse-moi mais je n’ai pas l’habitude de prendre le thé avec les gens qui franchissent ces portes. » Il est vrai que la priorité est de soigner. Les questions, les présentations, la discussion vient une fois que les personnes sont au bon endroit – soit dans l’une des pièces de consultation. Certes, la politesse est de mise mais il aurait trouvé ça d’autant plus déplacé de prétendre que tout était normal avec un simple bonjour. « Tu perds du sang. » L’évidence même. Il ne prend pas son acolyte pour un débile, il tente juste de recentrer la situation actuelle afin qu’il omette un peu le passé pour le bien du soigneur. Ce dernier recule vers un chariot disposé sur le côté près de l’accueil et en tire des compresses qu’il vient poser sur la plaie du blessé prudemment. « Appuie là-dessus. » Il retire ses doigts pour mieux faire face à son comparse et jauger ses réactions. Le regret longe son agacement revenu. Il n’a pas envie de se disputer ici, comme ça avec lui dans les urgences. Il a assez provoqué de vagues pour aujourd’hui et puis au-delà de ça, il ne veut pas provoquer d’esclandres alors qu’il a tout fait pour les éviter en s’effaçant rapidement. L’infirmier soupira lourdement et se pinça l’arête du nez. « Ecoute, je comprends que ça puisse te surprendre mais je ne cherche qu’à faire mon job. » Il releva la nuque avant de faire un pas sur le côté pour lui laisser l’accès au couloir. « Si tu veux bien me suivre d’ailleurs pour que je puisse t’arranger ça. » Plus aimable, il ne peut guère.

Une grimace se hisse sans mal sur ses lèvres et les tord. Sa contrariété passagère le force à envisager une autre option. Peut-être que Brashen ne le juge pas apte à remplir cette fonction, il aurait toutes les raisons du Monde de le penser incompétent. Passer de gardien de la paix à ça. Il a connu la violence lui aussi, il sait à quelles extrêmes il pouvait être propulsé pour accomplir ce travail. Comment peut-il se recycler dans pareille branche ? Elles ne sont même pas reliées entre elles. C’est insensé quand on y réfléchit et pourtant, pas tant que ça. Ce début de raisonnement lui fournit au moins un début de piste potentielle si son camarade insistait pour comprendre les tenants et aboutissants. Connaissant le personnage, il peut s’attendre à son obstination. Ses bras désignant le chemin, se replient sur sa poitrine alors qu’il se décide à émettre l’alternative. « A moins que tu ne préfères que je passe le relais à quelqu'un d’autre ? » Intérieurement, il se dit que c’est peut-être la meilleure solution pour eux deux – et surtout pour lui particulièrement. Il suffirait d’une bête éraflure pour être à découvert. Si ce simple fait ne suffit pas à l’inquiéter en temps normal, en présence du peacekeeper, il est plutôt oppressant. Il a l’œil aguerri et l’esprit vif. Quoi de plus dangereux qu’un ami passant à l’ennemi ? Cela vaut sûrement pour les deux parties d’ailleurs. Bien que même si il est décidé à ne pas se laisser prendre, il doute parvenir à blesser son coéquipier dans le but de lui échapper. Après tout, ce n’est pas lui qui est dans son tort. Ce n’est pas lui le monstre.

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MessageSujet: Re: This burden came to me [PV Brashou de mon coeur]   Mar 18 Mar - 23:03


This burden came to me

Eastern New Orleans • Adventist Hospital
Brashen & Ezra

Mon regard s’ancre dans celui que j’avais l’habitude de croiser au quotidien, il y a de cela quelques mois. J’ai l’impression de ne plus le reconnaître, comme s’il n’était plus le Ezra que j’ai connu autrefois. Mais après tout, en ayant disparu sans laisser de traces, c’est qu’il ne peut plus être le même. Je me refuse à croire qu’il n’aurait pas changé, et qu’il m’aurait abandonné comme ça, sans jeter un coup d’œil en arrière. Je me rends compte que je n’ai toujours pas digéré cette lâcheté avec laquelle il est parti. Bon sang ! Tout un temps, je l’ai cru mort ce type ! Et le voilà maintenant bien en vie face à moi, dans un nouvel uniforme, prêt à me soigner comme si de rien n’était. Je sens mon cœur qui s’accélère dans ma poitrine. Je ne sens même plus ma blessure au bras. Je le regarde, et, alors qu’il lâche quelques mots, j’hésite entre éclater de rire nerveusement à ses propos, ou bien me mettre encore plus en colère. La première option s’impose finalement, sans que j’aie l’impression de choisir quoi que ce soit.

« Prendre le thé… ? Prendre le thé ?! Vraiment ? »

Je n’ai même pas le temps de continuer de m’énerver tout seul qu’Ezra me coupe, me signifiant que je perds du sang. Je saigne, ah bon ? Je ne l’avais pas remarqué… Décidant d’arrêter mon monologue ironique intérieur, je me reconcentre sur lui. Il paraît plus âgé, et plus… je ne trouve pas le terme. Je suis en train de réaliser que la perte de sang explique sûrement mon état en fait. Je m’affaiblis à cause de ce liquide vital qui est en train de me fuir avec empressement – comme s’il voulait quitter ce corps qui lui en a déjà fait trop baver – et, en perdant mes forces, ma voix, elle, gagne en puissance. Je ne suis vraiment pas normal. Alors, le temps d’une seconde, je laisse mon ancien ami me prodiguer les premiers soins. Je le regarde d’un air détaché prendre des compresses, m’en poser sur le bras, et j’appuie à sa demande. Il recule d’un pas et se pince l’arête du nez, comme s’il cherchait ses mots. Je me souviens qu’il faisait ça avant. Mais je chasse cette image de ma tête, je ne suis pas près de lui pardonner de m’avoir fui. Car c’est ça qu’il a fait. Il a fui. Pour quelle raison je l’ignore, mais les faits sont là.

« Ton job… »

Mais je ne poursuis pas ma phrase. Je la laisse flotter en suspens dans l’air, et le temps que je me rende compte que je n’ai pas dit ce que je voulais dire, je suis prêt à le suivre dans les couloirs nauséabonds. J’ai des choses à dire. Mais l’ombre que je suis devenu me scelle les lèvres, pour attendre un instant, pour ne pas sortir des termes trop durs, et apprendre à tourner sept fois ma langue dans ma bouche. Je suis bon élève, j’apprends vite. Alors je me tais. Du moins pour l’instant. Je m’aperçois que mon esprit est prêt à l’accompagner, mais que mon corps n’a pas encore fait un geste. À mes côtés, Ezra s’impatiente quelque peu, et ma colère a de nouveau envie de sortir face à cette attitude. Il dit quelques mots, à nouveau, et je lève les yeux au ciel.

« Ne dis pas de bêtises. Si je sais que je peux faire confiance à quelqu’un dans son travail, c’est toi. »

Même si ce travail n’est pas celui que je connais. Je t’ai fait confiance un jour Ezra, et tu ne l’as pas brisée. Enfin… pas vraiment. Ta fuite n’est pas un manque de confiance en moi. Du moins je l’espère. Même en partant, et en disparaissant comme une feuille balayée par le vent, tu t’es éloigné avec elle dans ta poche. Ma confiance, tu l’as toujours, et j’espère que tu ne me l’as pas rendue en secret, sans que je m’en aperçoive. Si je ne peux plus croire en toi, si je ne peux plus croire en Li, si l’univers tout entier se met à me décevoir de la sorte, je vais sombrer, et devenir à mon tour une ombre espionne en plein soleil. Je vais m’évanouir. Et puis disparaître. Sans que quiconque ne se souvienne exactement quelle était ma forme.

« Ne restons pas plantés là, j’ai peur de prendre racine, tu sais bien. Et je détesterais passer le reste de mes jours dans cette odeur. »

Je fronce le nez pour appuyer mes propos et je me rends compte que ma colère s’est noyée, et qu’elle ne semble plus dicter mon corps et ses mouvements. Allez quoi, il méritait bien une petite crise, non ?!



Dernière édition par Brashen Hall le Sam 29 Mar - 10:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: This burden came to me [PV Brashou de mon coeur]   Mer 26 Mar - 0:22

Rire nerveux. Hilarité incontrôlé, ironique. Résultat d’une fatigue mentale et très certainement d’une contrariété évidente. Quel ami disparait sans donner de nouvelles ? Celui qui est passé à l’ennemi ou l’ingrat qui ne suit que sa seule volonté, égoïste de son état et égocentrique par-dessus le marché. Aucune alternative n’est radieuse mais si la première est honnête, la seconde a le mérite d’être plus viable sur le long terme. La contrainte demeure. Passer pour un monstre d’insensibilité aux yeux de son ancien collègue. Mais que peut-il espérer de plus ? Sûrement pas son amabilité qu’il a égaré en coupant les ponts sans prévenir du placement de dynamite aux endroits stratégiques. Brashen n’encaisse pas son ultime sarcasme et il ne peut pas nier s’être montré discourtois d’une certaine façon mais comment peut-il l’aborder ? Aucune solution vu qu’il a décidé d’être le goujat jusqu’au bout. C’est plus simple, tellement plus simple s’il n’en reste qu’à une amitié froissée par un départ impromptu. Même si l’esprit combattif et l’humour particulier du peacekeeper lui manquent, il ne peut en aucun cas faire dans la demi-mesure. Quitter son boulot pour ne pas devenir cible et continuer à fraterniser avec un de ses membres. Ce serait plutôt ridicule et risible même. S’isoler est sa seule méthode de survie. Fonctionne-t-elle ? Très certainement. N’est-il pas toujours vivant et libre ? Certes même si on peut douter de la réalité concrète de ces deux composantes théoriques au vu de sa nature et de son absence de contact avec le monde extérieur. Le serait-il pour autant davantage derrière des barreaux ? Ou six pieds sous terre ? Ah ça, c’est un autre débat qui relève d’un aspect tout bonnement mystique. Pour l’heure, il se contente d’attendre. Tant que son ancien coéquipier ne se serait pas un peu calmé, il préfère se taire plutôt que d’aggraver son cas. Bras croisés, il l’observe étaler son scepticisme. Et à court de solutions, il lui offre la meilleure porte de sortie qu’il soit.

La surprise le fait hausser les sourcils et distribue de nouvelles gourmandises à cette culpabilité afin qu’elle grossisse dans sa poitrine sans aucun mal. Cette confiance certaine l’afflige autant qu’elle le ravit. Il peut lui retourner cette remarque et c’est d’ailleurs bien pour ça qu’il est autant sur la défensive. Brashen fait un peu trop bien son boulot à son goût. Ezra tente d’articuler un sourire mais son délit de fuite pèse encore trop à la commissure de ses lèvres. Le poids lui fait même tordre sa bouche pour la figer sur une grimace étrange qu’il s’empresse de dissoudre quand son acolyte exprime son agacement. Voilà qui est amusant. Quand il le presse, il recule mais quand il patiente, il le somme d’avancer. Le norvégien contient un soupire d’exaspération mal venue avant de reprendre la parole. L’ironie s’invite dans ses intonations à ses dépens. Ce n’est pas tant qu’il cherche à le provoquer ou à souligner son peu de réactivité mais davantage une conséquence de cette journée éprouvante nerveusement. « Oh tu n’auras pas à t’en faire pour l’odeur, tu vas surtout, accessoirement, te vider de ton sang. Suis-moi. » L’infirmier ouvre la marche et le guide alors dans le couloir en veillant à la stabilité relative du blessé. Il s’arrête ensuite devant une porte, l’ouvre et invite son patient à y entrer. La pièce carrée les accueille de sa sobriété.

Gris et blanc, les couleurs qui se disputent le terrain sont plus mornes les unes que les autres. Austère, froid mais d'une propreté frisant la perfection, le lieu inspire la quiétude. « Tu peux t’asseoir. » La table d’auscultation trône fièrement au centre de la salle mais ce n’est pas vers cette dernière que s’oriente l’urgentiste. Il dévie sa course pour sortir le matériel nécessaire et le place en vue sur la tablette prévue à cet effet. Il fait ensuite rouler son tabouret jusqu’à l’autre silhouette et s’y assied avant de prudemment relever la manche du policier. D’un œil avisé, il se penche sur sa blessure et l’analyse très sérieusement. « La balle n’est pas rentrée, elle n’a fait que t’effleurer.  Tu as eu de la chance. » Armé d’un coton et de désinfectant, le jeune homme nettoie prudemment la plaie. Curieux et surtout nostalgique – quelle ironie que ça soit en contemplant les dégâts, il ne put s’empêcher de demander « Braquage qui a mal tourné ? » Oh, il a pris la première chose qui lui passait par l’esprit pour que son comparse en dise plus.

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MessageSujet: Re: This burden came to me [PV Brashou de mon coeur]   Sam 29 Mar - 12:19


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Mes propos semblent le surprendre. Mais pourquoi donc ? Est-ce qu’il ne sait pas que je lui faisais confiance plus qu’à personne d’autre sur cette fichue Terre ? Il aurait pourtant dû le savoir. Ce n’est pas comme si j’avais presque littéralement remis ma vie entre ses mains plusieurs fois dans le passé, alors que notre duo de travail se trouvait dans des situations délicates. C’est sans doute pour cela que sa fuite avait été encore plus douloureuse. Il était devenu un ami pour moi, alors le voir parti, sans avoir eu aucune explication, m’avait fait douter non seulement des autres, mais aussi de moi-même. Trouver un coéquipier est aussi difficile que trouver une femme avec qui passer le reste de sa vie. En tout cas, c’est comme cela que je vois les choses. Je connais tellement de duos qui ne s’entendent pas, parmi les Peacekeepers mais aussi parmi les flics au NYPD – ce nom me semble tellement lointain – que tomber sur Ezra avait été une bénédiction. Nous nous entendions très bien, et je n’ai pas le souvenir d’avoir eu un meilleur coéquipier que lui.

« Me vider de mon sang… C’est bon, je ne suis pas si blessé que ça. D’ailleurs sinon nous n’aurions même pas cette conversation. »

L’ironie amène l’ironie. Et ça me fait assez rire intérieurement de voir qu’Ezra n’a pas tant changé que ça finalement. Il suffit de le piquer un peu au vif et il rétorque aussitôt. La colère a définitivement laissé place à l’ironie, mais sans trace de méchanceté particulière. Je ne suis pas assez en forme physiquement – et mentalement – pour pouvoir m’énerver davantage de toute façon. Le nez toujours plissé, je me mets en mouvement, pour suivre Ezra qui me guide à travers les couloirs de l’hôpital. Ou les méandres, cela dépend comment on voit les choses. Personnellement, je perds tout sens d’orientation dès l’instant où je franchis les portes d’un hôpital. Tous ces couloirs se ressemblent tellement ! Nous arrivons enfin devant une porte, qu’Ezra ouvre et referme derrière moi une fois que je suis à l’intérieur. Je m’assois à l’endroit qu’il me désigne et regarde autour de moi, inspectant la pièce rapidement.

« Y’a de quoi mourir en voyant leur choix de couleurs pour la déco… Comment tu fais pour ne pas déprimer en bossant ici ? »

Pendant ce temps, mon interlocuteur s’est muni des accessoires nécessaires pour me soigner et s’est approché de moi, examinant la blessure et prodiguant les soins essentiels. Je tente de hausser les épaules lorsqu’il commente ma plaie, mais je me retiens de peu, évitant de bouger alors qu’il fait son travail. Je suis toujours perplexe quant à comprendre comment il est devenu infirmier, mais je le laisse me soigner d’abord, avant de reprendre mon interrogatoire.

« Je te l’ai dit que ce n’est pas dramatique. Ça ne vaut pas la balle que je me suis prise quand j’étais au NYPD. »

Je lâche un rire un peu nerveux, signe que cette expérience me traumatise toujours un peu. Je l’avais raconté à Ezra alors il sait pertinemment de quoi je parle. À cause de cela – ou plutôt grâce à ça – je porte toujours mon gilet pare-balles à présent. Je n’ai pas vraiment envie de retenter l’expérience d’être si proche de la mort. Je balance légèrement la tête de gauche à droite lorsqu’Ezra m’en demande plus sur les circonstances de ma blessure.

« Même pas. On nous a signalé des dealers près du Lake St. Catherine. Ils n’étaient pas censés être armés, j’ai pris une seconde de trop à m’abriter lorsqu’ils ont commencé à tirer. Bête situation comme tu peux le constater… Faut croire que je perds mes réflexes. »

Je dis ça d’un ton rieur. Devenir espion a affiné mes sens au-delà de ce que je croyais possible. Je suis devenu plus attentif, plus silencieux, et plus perspicace. En un sens, cela m’a fait grandir, alors que je pensais que mon job au NYPD représentait le summum de ce que je pouvais accomplir. Je regrette souvent mon ancienne vie, et surtout New-York, que je considérais comme mon chez-moi sous tous les angles, mais je ne peux nier que ma nouvelle existence me procure quelques satisfactions. En est-il de même pour Ezra ?

« Ez ? Est-ce que tu vas pouvoir m’expliquer ? »

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MessageSujet: Re: This burden came to me [PV Brashou de mon coeur]   Dim 13 Avr - 0:39

La fierté de Brashen se fraye un chemin jusqu’aux lèvres d’Ezra faisant tressauter la commissure de ses lèvres un infime instant. Son amusement s’effrite cependant aussi vivement quand il se rappelle du cadre de cette entrevue. Dans le but de conserver cette attitude détachée et professionnelle, il ne s’attarde pas et bien que son acolyte suggère le contraire, cette blessure est loin d’être insignifiante. Si le peacekeeper s’octroie le droit de minimiser les dégâts, il est du devoir de l’urgentiste de prendre avec gravité la moindre contusion d’un patient. Traiter avec légèreté du plus léger hématome lui semble à ce point impensable qu’il en devient souvent trop prévenant. Mais dans un métier comme celui-là, le moindre geste peut tout aussi bien anéantir que sauver, les deux notions sont catégorisées. A l’inverse de son ancienne fonction qui anéantissait régulièrement dans le but de sauver, comme un passage obligé. La justice n’est rien sans force. Mais à l’opposé, la force sans la justice … Un débat qu’il refoule en quelques inspirations mesurées. Revoir son ancien coéquipier déstabilise son nouveau rôle, renverse les fondements inébranlables de cette volonté à écarter ce fragment de passé. Il a toujours agi de cette façon. A chaque cassure existentielle, il a fui tout détail mémoriel avec grand soin. Morceler sa vie, ranger chaque date dans des compartiments, est-ce aussi aisé pour cet homme qui avance en surveillant par-dessus son épaule, un spectre égaré. Pourquoi n’a-t-il pu rester confiné dans la boîte qu’il avait forgé ? Toutes ces destinées indépendantes viennent aléatoirement le harceler mais si Kyran appuie trop souvent ces choix, le jeune homme, en revanche, déménage les emplacements de chaque pensée formatée, préétablie. Voilà pourquoi il faut faire vite. Si le regret s’immisce, il invite dans son sillage la nostalgie et offre le reste de sa place à la culpabilité. Le norvégien sait pertinemment que sous l’influence de ce sentiment, n’importe quelle créature serait amenée à dire ou faire des choses irrationnelles. Il ne peut se permettre un tel écart.

L’ironie de son ancien ami parsème sur les traits de l’infirmier une nouvelle salve d’hilarité étouffée dans l’œuf. La légèreté entraine une proximité certaine entre deux interlocuteurs. Il doit barrer cette route au plus vite. Ne pas sympathiser, s’en tenir au nécessaire. Les répliques du même ton, il les garde pour lui et se contente placidement d’un « Il me suffit de voir l’état des gens qu’on m’amène pour me rappeler ma chance.» Balivernes. Il préfère saigner vermeil  jusqu’à l’agonie, souffrir en tant que mortel plutôt que de pourrir de l’intérieur avec cet hémoglobine infecté. Chassant chaque songe amer en se focalisant sur sa tâche, Ezra s’empare de sa seringue et injecte un anesthésiant local à l’américain après avoir désinfecté sa plaie. Quelques secondes de flottement sont nécessaires avant de poursuivre, il en profite pour jeter les cotons souillés. « C’est une erreur de comparer les expériences. Ce ne sont pas les phénomènes les plus impressionnants qui abattent toujours un homme. Tu as bien fait de venir. » Ne peut-il donc pas s’empêcher de continuer à faire la morale ? Rester en position relative de force est plus ardu qu’il ne l’aurait cru. Toutes les solutions sont donc bonnes à prendre à partir du moment où elles le maintiennent en équilibre.

Son sourcil s’arque, l’intérêt bousculé par les premiers pans de sa réponse. La scène alimente son imagination sans grand mal. Le manque d’adrénaline manifeste le force à s’intéresser un peu plus encore. Déjà parti dans ses déductions personnelles, il s’entend à peine murmurer « Ou ce sont eux qui gagnent en intelligence.  Dans ce coin-là en plus… Ça ne serait pas surprenant que… » Il se reprend, hoche de la tête dans plusieurs sens et s’empare de son aiguille aussitôt. Le fil ne longe pas encore son épiderme que le ténor du blessé reprend forçant l’ancien métamorphe à relever légèrement la nuque dans sa direction. Un instant. Un instant de vérité durant lequel il s’excuse d’un unique regard. Pardon muet et pourtant si criard. La seconde suivante, il a déjà le nez vers le bas et fait coulissé ses ustensiles dans la chair mortifiée. « Que veux-tu que je te dise, Brash ? » Il soupire. Il ne veut pas lui mentir mais il n’a pas réellement le choix. « Je me suis simplement lassé. Tu sais ce que c’est… » Bien sûr que non. Tous deux ont toujours partagé le même engouement pour leur travail. Il ne peut pas si facilement le duper. « Tu n’en as pas marre parfois de finir comme ça ? Aux urgences ? » Non, il peut faire mieux et il en a pleinement conscience. Le revers qui le dérange, c’est au moins une semi-vérité qu’il peut lui offrir même si elle lui en coûte à prononcer. Il doit au moins ça à Brashen. « Et puis… Toute cette… Cette violence… » Ses intonations titubent sur la fin. Il respire lourdement. « … On finit par se lasser. » Ce n’est pas totalement faux, au moins. L’urgentiste continue son ouvrage avec calme avant de conclure sa tirade « Ca ne t’arrive jamais à toi de penser ça ? » Il en doute mais il ne peut que renvoyer la balle dans son camp à défaut de mieux.

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MessageSujet: Re: This burden came to me [PV Brashou de mon coeur]   Mar 1 Juil - 13:37


This burden came to me

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Le ton d’Ezra n’est pas enjoué, comme s’il se retenait de laisser l’ironie gagner ses propos. Mes sourcils se froncent légèrement. Il a changé. Je le sais depuis que mes yeux ont à nouveau croisé les siens alors que je franchissais les portes de cet hôpital. Mais je n’ai pas voulu y croire. Certes, son départ, sa fuite, sont plus faciles à expliquer si Ezra n’est plus celui qu’il était. Et pourtant, derrière cette carapace qu’il s’est forgé pour affronter sa nouvelle réalité dont je ne connais rien, je perçois un peu de mon ancien coéquipier. Comme si lui-même était en conflit avec le nouveau Ezra qu’il veut montrer au monde. Je tente encore une fois de percer son secret dans son attitude, mais, extérieurement, il n’a pas changé. Ses traits se sont un peu altérés, comme tout un chacun, les miens aussi ont dû évoluer depuis notre dernière rencontre. À cette prise de conscience je réalise soudain que moi aussi j’ai changé. Je suis devenu résistant, travaillant pour une institution que j’espionne au quotidien afin d’informer les rebelles. Ezra n’en a aucune idée bien sûr et cela nous place finalement dans une position similaire l’un envers l’autre. À part que je mérite des explications.

Quelle chance ? Je ne réponds rien parce qu’il n’y a rien à dire. Qui sait si nous serons encore vivants demain lui et moi ? Je sais que ce sont des pensées négatives, et que je devrais les éviter mais je ne peux m’en empêcher. Il m’injecte un anesthésiant qui insensibilise mon bras, et je me dis que c’est peut-être exagéré. Ce n’est vraiment qu’une égratignure après tout. La balle n’est même pas entrée dans mon corps, elle n’a fait que le frôler et laisser une entaille peu profonde. S’il y a un risque d’infection, il est moindre. Je comprends néanmoins qu’Ezra veuille faire ce pour quoi il est payé, même si cette blouse blanche sur lui me perturbe toujours autant. J’hausse un sourcil légèrement moqueur quand il reprend.

« Depuis quand tu es devenu si sage et moralisateur ? »

Mon ton n’est pas méchant, mais cela me fait assez rire de le voir devenu cet urgentiste débattant philosophie de vie avec ses patients. Ou peut-être ne fait-il cela qu’avec moi mais j’en doute. Je n’arrive pas à déceler dans son attitude s’il est quand même content de me revoir après tout ce temps ou s’il aurait préféré m’éviter. Le sentiment que cela provoque en moi ne me plaît pas. Après tout, moi je me suis fait du souci pour lui. Penser qu’il n’en a eu cure de moi ne m’aide pas à sourire. Son secret est-il si dramatique que cela ? J’essaye de penser à toutes les options possibles pour lesquelles il a pu partir mais aucune ne me satisfait. Je me résous à ne partir d’ici que lorsque j’aurais obtenu des réponses. Encore une fois, je les mérite.

Ma bouche a machinalement décrit l’histoire de ma blessure, sans réfléchir particulièrement aux mots employés. Cette habitude d’établir des rapports oraux, puis écrits, m’a formaté à pouvoir rapidement expliqué les faits, pour parvenir directement au but. Je n’ai jamais été quelqu’un qui s’attardait trop sur les détails lorsque cela n’était pas nécessaire. Et puis les informations que j’ai données à Ezra lui suffiront pour comprendre le genre d’affaire à laquelle nous avons à faire. Il marmonne quelques mots en retour. Je hausse les épaules à sa première phrase mais sa dernière phrase m’oblige à le regarder alors qu’il est perdu dans ses pensées.

« Surprenant que quoi ? »

Que veut-il dire par là ? Que sait-il de toute cette histoire ? Encore une fois je me sens perdu face à lui, que je reconnais un instant avant que cette impression ne s’efface, laissant place à un inconnu qui a la même apparence que mon ancien coéquipier. Son hochement de tête ne m’aide pas à éclaircir la situation. Il s’éloigne un peu pour saisir un fil afin de recoudre la chair entaillée. Je lui tends mon bras en lui posant une autre question. Son regard croise enfin le mien et je pense y percevoir une espèce de pardon, à demi-effacé dans ces yeux que je ne reconnais pas. Depuis quand l’abîme de ces pupilles est-elle présente ? Ce n’est pas le regard que j’avais l’habitude de voir sur son visage. Puis Ezra reporte son attention sur la blessure, commençant son travail. Je ne sens rien, l’anesthésiant a fait effet. Cela me permet de me focaliser sur ses propos hachés. Phrases sans sens. Mots qui n’ont aucune substance. Qui ne cherchent qu’à me faire croire qu’il s’agit bien de cela. Mensonges. Et cela me blesse encore plus que lorsqu’il s’est enfui. Il a le culot de me mentir, à moi ? Foutaises ! Je ressens à nouveau cette colère qui m’avait enveloppée à sa vue quelques minutes plus tôt. Je crois qu’elle ne me quittera plus à présent. Il ose me mentir avec des propos aussi stupides ? Mais croit-il que je suis stupide ?!

« Mensonges. »

Ma voix est froide. Je n’ai plus envie d’emprunter cette ironie que j’aime tant. Il se fout de moi ? Très bien, alors finissons-en.

« Pour qui tu me prends, Ezra ? Pour me sortir des excuses aussi bidons ? Je ne te crois pas. Quelles que soient tes raisons, tu n’es pas parti parce que tu en avais marre de la violence et des blessures occasionnelles. Je te connais, l’as-tu oublié ? Tu fais semblant d’avoir changé mais au fond tu n’es pas si différent. »

Je fais une mini-pause, le temps de jeter un œil à ma blessure.

« Tu aimais ton travail de peacekeeper. Je le sais. Ne viens pas tenter de me faire croire que ce n’est pas le cas. Je ne sais pas ce que tu caches, mais me mentir comme ça… fuir comme tu l’as fait… je ne savais pas que tu étais un lâche, Ezra Reilly. »

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MessageSujet: Re: This burden came to me [PV Brashou de mon coeur]   Jeu 3 Juil - 21:43

La franchise, une des nombreuses qualités de Brashen Hall. Assurément, Ezra a toujours apprécié ce trait de caractère à sa juste valeur mais elle est dérangeante à l’heure où il tente de le semer. Il n’a certainement pas besoin que son ancien coéquipier le remette face à sa défection et à son incohérent changement de carrière. Il n’est pas aussi fou qu’il le semble pourtant ce revirement professionnel mais en toucher un mot serait se rapprocher de sa vie personnelle et de sa nouvelle nature. Plus les secondes s’éparpillent et plus il joue avec le feu, il le sait. Contenir l’ironie, la vérité et son amitié pour cet homme se révèle bien plus laborieux qu’il ne l’aurait envisagé. Le Peacekeeper le remet sans arrêt devant ce qu’il a pu être et cette horreur qu’il est devenu. Le temps lui est compté. Le norvégien s’empresse de sortir ses outils pour le soigner mais dans un même temps, il est trop effrayé par la perspective de mal faire son boulot – surtout avec quelqu’un qu’il connait. La boutade du blessé le fait hausser des épaules. Moralisateur, il l’a toujours été un peu mais peut-être n’en-a-t-il jamais vraiment abusé avec lui. Forcément, quelqu’un d’aussi droit que son interlocuteur n’a pas besoin de l’opinion désabusée d’une créature voué à perpétrer un drame familial. Personne n’en a la nécessité et au fond de lui, le jeune homme le sait. Mais quitte à errer sans fin, pourquoi fermer les yeux ? Pourquoi se taire ? C’est une mort encore plus lente et plus douloureuse que de finir par être un simple témoin des choses sans chercher à émettre le moindre son. N’est-il pas assez reclus comme ça ? Faut-il qu’il s’octroie, en plus, le droit de retenir sa pensée ? Autant se tailler les veines tout de suite dans ce cas.

L’urgentiste soupire tout en continuant sa tâche. Sur ce coup, par contre, il aurait dû ne rien laisser s’échapper. Son ami tente de tirer avidement le métamorphe mais le monstre continue de rôder près de sa tanière. Un instant, un peu d’oubli et ce serait une vraie catastrophe. D’un ton un peu sec, l’infirmier ne délie qu’un « Rien… Laisse tomber. Ça ne me concerne plus. » Et c’est la réalité. Il ne doit rien savoir. Il n’est qu’un civil qui raccommode un patient. Il doit apprendre où est sa vraie place mais si déjà cet autre homme cessait d’invoquer l’ancienne, il lui serait plus aisé de ne pas perdre le Nord. Bien sûr, même lui sait que son baratin ne suffit pas. La naïveté a déserté ses traits juvéniles depuis un Siècle. Le jugement tombe donc et il ne peut s’empêcher de se mordre la langue pour ne pas arrêter son comparse dans son futur speech. Il le sent choisir ses mots intérieurement, prêt à attaquer, à le sortir de ses gonds. Les gens ont un souci avec le stoïcisme parce qu’il semble ignorer leurs sentiments à eux. Comme si le calme appelait à la tempête. Le sang froid de l’ancien changeur a réussi à fâcher plus de personnes qu’il n’en a réellement apaisé. C’est dans ce genre de Monde qu’ils évoluent, c’est ce genre de société que le chaos construit. La révolte a ce type de visage. Pour l’heure, c’est de la gorge que sort l’émeute actuelle. Un seul homme qui constitue pourtant toute une armée aux yeux de son opposant. Il ne veut pas de cette culpabilité ou de cette dispute. Il a déjà assez à faire avec ses démons pour les mélanger aux accusations externes.

Il s’arrête net dans ses mouvements d’aiguille pour toiser celui qui se permet tous les mots afin de le tirer de cet état léthargique. La lâcheté ? Ça aurait été d’être hypocrite et de continuer à mener une existence mensongère. En partant, il a été honnête envers ce qu’il était devenu. Il a fallu plus de courage pour quitter cette fonction que son interlocuteur ne le réalise. Un rire franc sort de sa bouche soudainement et meurt aussi rapidement qu’il a éclos. « Tu crois vraiment que tu vas réussir à me mettre hors de moi avec ça ? C’est que tu ne me connais pas aussi bien que tu te prêtes à le croire, Brashen Hall. » Ses propres mots l’écorchent et il finit par reprendre son travail de couture. C’est plus facile de parler en fixant sa blessure plutôt que son regard. Lâche devant lui, oui, parce qu’il n’assume pas ce qu’il est. « Ecoute, il y a une foule de choses qui m’ont conduit à lâcher ce job. Je savais que tu me retiendrais, c’est pour ça que je suis parti sans rien dire. Et je suis certain que tu t’en sors très bien sans moi. » Tellement d’amertume dans le timbre, il le regrette déjà mais il doit l’éloigner pour leur bien commun. Il a trop peur de ses propres dérives. Mais comment peut-il lui expliquer ça ? Il achève son œuvre et coupe le fil avec prudence avant de revenir observer son patient. « Je suis désolé si tu as pris mon départ pour toi. Je n’ai jamais rien eu à te reprocher mais je ne vois pas non plus pourquoi je devrais me justifier. » Tellement de dégâts en si peu de phrases. Il se fait du mal lui-même mais c’est un mal pour un bien. Il sort une compresse, du collant et protège la plaie par ce biais. « Tu devras revenir dans une quinzaine de jours pour retirer les fils. » Professionnel jusqu’au bout.

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MessageSujet: Re: This burden came to me [PV Brashou de mon coeur]   Mer 9 Juil - 13:36


This burden came to me

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Il esquive. Encore et toujours. Et tout cela ne me rend que plus perplexe, mais je ressens aussi un certain danger derrière Ezra. Je ne saurais l’expliquer mais il flotte comme un sentiment de peur – ou de recul en tout cas – par rapport à quelque chose. Ou à quelqu’un. Je suppose que ce n’est pas moi. Après tout, ce n’est pas à cause de moi qu’il a fui son ancienne existence, je le sais. En connaitrai-je un jour les raisons, cela j’en doute. Ezra semble vouloir tellement se replier sur lui-même qu’il a l’air de redouter la moindre parole de ma part. Qu’a-t-il à cacher ? Est-ce quelque chose d’honteux ? A-t-il commis un acte irréparable ? Et si oui, pourquoi n’est-il pas venu me trouver plutôt que de s’enfuir et de couper tout contact avec moi ? Je ne comprends vraiment pas.

Ça ne le concerne plus. Quoi donc ? Cette attaque et les autres ? Ça ne le concerne plus ? Vraiment ? Je ne réalise pas ses mots parce que je n’y crois pas. Ils semblent déplacés dans la bouche d’Ezra. Combien d’affaires avons-nous menées ensemble, certaines facilement résolvables et d’autres qui ont pourri nos nuits déjà courtes, nous empêchant de trouver le sommeil jusqu’à ce qu’un nouvel indice nous permette d’avancer enfin sur une nouvelle voie, pour enfin trouver la solution. Casse-tête qui nous plaisait – en fin de compte – autant à lui qu’à moi. Pour ma part, je ne crois pas pouvoir un jour arrêter tout cela. Certes, ma vie porte à présent une dimension supplémentaire, par mon travail d’espion, mais ce n’est qu’une couche ajoutée à la surface de ce que je suis depuis de nombreuses années. Comment peut-il supprimer tout ce qui a constitué son être et prétendre à présent que cela ne le concerne plus ? Croit-il réellement à ce qu’il dit ? Comment peut-on changer à ce point ? Peut-on enlever ce qui faisait ce que nous étions, couche après couche, comme on pèle un oignon, pour se créer une nouvelle peau ? A-t-il seulement gardé ce qui était au plus profond de lui ? A-t-il seulement gardé le Ezra qui était devenu plus qu’un coéquipier pour moi ? Son amitié me manque et je réalise à présent que je ne serai sûrement plus capable de l’avoir à nouveau. Comme Yan, mort sans que je puisse le voir une dernière fois. Mon ancienne vie a également perdu de ses pétales qui faisaient sa beauté ultérieure et il ne restera bientôt qu’un cœur solitaire, auquel aucun autre pétale ne pourra venir se greffer pour lui apporter un renouveau. J’ai l’impression de faire mon deuil de ces amitiés perdues en voyant les yeux d’Ezra fuir les miens.

Son calme me fait que m’énerver encore plus, je m’en rends bien compte. Est-ce qu’il ne peut pas s’énerver ? Crier sa rage ? Son désespoir ? Ses sentiments ? Quelque chose ! Ou bien va-t-il continuer de ne plus rien exprimer, que ce soit par ses mots ou par son regard ? Même son rire franc ne s’éternise pas dans cette pièce aseptisée. Décidemment, il a bien choisi sa reconversion. Ces lieux effacent toutes les traces qu’il pourrait laisser, tous les sentiments qu’il laisserait échapper. Que rêver de mieux ? Mes lèvres se serrent et seul un trait blanc apparait au-dessus de mon menton.

« Que je te retiendrais ? Merde Ezra, tu me prends pour qui ? J’aurais rien fait pour te retenir si tu m’avais exposé tes raisons ! Tu n’es sûrement pas parti sur un coup de tête et j’aurais pu comprendre ça. Mais non, tu as préféré fuir. Tu es parti comme un voleur. Ce n’est pas ça être coéquipiers, et je croyais que tu le savais. Mais visiblement je m’étais trompé sur ton compte. »

Ce ne sont plus des reproches, comme juste avant quand je l’ai traité de lâche. Cette fois-ci, ce sont des observations, et des regrets. Tristesse de ne pas avoir vu clair en lui, colère contre moi-même d’avoir fait confiance à quelqu’un pour finalement être abandonné. J’ai beau aimer la solitude, ce n’est pas pour autant que je n’apprécie pas la bonne compagnie. Et la perdre subitement me fait regretter de m’être ouvert à autrui.

« Encore une fois, tu te trompes, je n’ai pas pris ton départ pour moi. Je ne suis pas bête. J’ai été blessé que tu partes sans rien me dire, ça oui, et encore maintenant je suis blessé de voir que tu ne me fais pas assez confiance pour me dire ce qui s’est passé dans ta vie à ce moment-là. Ce n’étaient pas des justifications que je demandais, c’était une preuve d’amitié. Mais je vois que je ne suis pas au bon endroit pour ça. »

Ezra termine son travail de couture sur ma plaie et me donne quelques conseils pour qu’elle guérisse correctement. Je ne l’écoute que d’une oreille, encore blessé dans mon âme.

« Ouais c’est ça, je reviendrai. Merci, docteur Reilly. »

Je me lève de la table d’auscultation où je m’étais assis et remets ma manche en évitant de frotter sur les fils qu’il vient de me poser.

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MessageSujet: Re: This burden came to me [PV Brashou de mon coeur]   Jeu 10 Juil - 15:34

Tout a servi son dessein aujourd’hui de son attitude à son regard. L’éloigner de la vérité semble tellement primordial qu’il préfère le heurter avec des excuses effrontées et des demi-vérités plus folles encore que de lui avouer qu’il était passé du côté ennemi. Il sait que Brashen n’est pas dupe, c’est pour ça qu’il est prêt à aller très loin pour le blesser. Pourquoi ne pas lui faire confiance comme il le suggère ? Ezra n’a aucune pitié pour ce qu’il est devenu et à la place de son ancien coéquipier, il aurait peut-être cherché à s’abattre. Jusqu’à quel point peut-on mettre quelqu’un à l’épreuve ? Il ne connait pas assez le peacekeeper pour jurer qu’il ne prendra pas acte en apprenant ce qu’il est devenu. L’ancien métamorphe ne peut compter sur personne et il ne désire pas changer ça. C’est la seule clé de la survie et si cette dernière a finalement peu d’importance à ses yeux, c’est un mécanisme qui s’enclenche de toute façon, à son insu. Son instinct lui défend d’ouvrir la bouche pour contredire son comparse et pour lui donner les vrais motifs. Il est terrifié par l’idée d’être jugé par quelqu’un qu’il respecte et apprécie. Au final, il y a beaucoup de lâcheté dans son silence autant que de bravoure dans son exil forcé. Il serait peut-être plus facile de se confier, peut-être plus simple de se voir même pourchassé pour enfin briser la malédiction – une balle dans la tête. Le voit-il vraiment faire ça ? Son regard se perd dans celui du blessé. Oui, il s’est trompé sur lui. Il lui a toujours accordé un crédit qu’il ne méritait pas en premier lieu. Une preuve d’amitié ? Ne comprends-t-il pas qu’en partant de cette façon, il s’est épargné bien des maux pour eux deux ? Et si d’aventure, il ne parvient pas à se contrôler et se nourrit de lui ? Il a déjà songé à ça. Son contrôle des choses est trop souvent partiel.

Il ne répond pas  parce que tout ce que son patient dit, est légitime. Il s’en veut silencieusement et quand finalement, l’américain se relève, il sait qu’il a réussi mais n’éprouve aucune satisfaction. A la place, il se sent incroyablement honteux et vide. Cette nature lui a tout pris. Les vestiges de ce qu’il a pu être souffrent assurément mais pas les nouvelles fondations. Elles, elles se contentent de pourrir avec une indifférence exacerbée. Le Monde ne l’intéresse plus. C’est ça, la vérité. Etrange conclusion pour celui qui erre dans un hôpital afin de réparer ses torts. Les ruines de Sven doivent y être pour quelque chose. Il s’avance vers l’un des meubles pour en sortir un document et y annoter quelques renseignements rapidement. Une légère grimace chute sur ses lèvres quand son interlocuteur le qualifie d’un terme qu’il ne porte pas et qui lui sied mal de toute façon. Il invite l’autre homme à quitter la pièce et lui tend de la paperasse dans le couloir. « J’ai noté ce que tu devais faire tous les jours pour ta blessure et ça, c’est à rendre à l’accueil. Ils doivent te fournir un papier pour le boulot. » Il s’apprête à reculer quand finalement, il est rattrapé par un semblant d’humanité. Le poids de sa faute s’alourdit sans qu’il ne comprenne pourquoi et voir un ami s’éloigner dans ces conditions lui semble tout à coup, trop âpre à endurer. Peut-être parce qu’il sait qu’une fois qu’il sera parti, il retrouvera son éternel solitude et sa somme de démons.

Aussi, avant de tourner les talons, il attrape le bras valide de son ancien collègue et visse ses yeux dans les siens en articulant sa sincérité cette fois-ci. La tristesse arque légèrement ses sourcils tandis qu’il délie avec calme « Je suis désolé. Crois-moi, j’aurais agi différemment si j’avais pu. » Il ferme les paupières un instant pour se ressaisir et  abandonne son expression pour retrouver son détachement en s’écartant lentement. « Prends soin de toi, Brashen. » Il finit par le laisser là aussi simplement pour rejoindre les bureaux sans se retourner une seule fois. La pièce est vide quand il y entre, il apprécie le silence relatif quand il s’assied pour ranger le dossier du peacekeeper avec soin. Il espère qu’il ne sera pas celui qui lui ôtera les fils dans dix jours. Il ignore combien de temps il peut tenir son manège et encore plus, si il peut avoir d’autre sursaut d’amitié. Imprévisible pour les autres mais avant tout pour lui, il est un monstre d’instabilité. Il tente de jouer sur tous les tableaux mais ils finiront bien par se décrocher un à un quand il se balancera avec peu de précision de l’un à l’autre. Il n’a même pas peur du saut, ni de l’atterrissage. Parfois, c’est à se demander si ce n’est pas ce qu’il cherche -à trouver le sol, à se décomposer là. Après tout à quoi bon s’il est forcé de mentir à ceux qui ont, un jour, compté ?

- Sujet Terminé -

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    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
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This burden came to me [PV Brashou de mon coeur]

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