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 On the way to South [Closed]

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MessageSujet: On the way to South [Closed]   Sam 15 Fév - 17:24

Jonas M. Crane marchait désormais d’un pas plus assuré depuis quelques temps maintenant. Il avait laissé derrière lui la ville de New-York et son environnement polaire, mais n’était pas encore débarrassé du froid et de la glace pour autant. La zone touchée par la glaciation s’étendait encore loin de l’ancienne métropole dévastée, et si la ville n’était plus visible depuis quelques temps en arrière-plan, le froid était encore bel et bien omniprésent. Mais, au contraire de son arrivée dans la cité, il avait à présent de quoi affronter blizzards et autres vents gelés, cette fourrure étrange qu’il portait offrait une protection des plus efficaces, et la capuche dont elle était pourvue renforçait cette impression. Autour de lui, Altesse planait avec sa grâce, piquant de temps à autre une tête dans les décombres ou bosquets environnants pour s’octroyer un rapide repas, des menus essentiellement composés de rongeurs. Pour le Mage, cet appétit féroce et visiblement insatiable devait être une raison évidente à la monstrueuse taille de son compagnon à plumes, mais ne connaissant guère les caractéristiques de cette espèce, sans parler du fait que le pygargue était encore en cet instant, le seul et unique exemplaire d’animal volant croisé jusqu’ici, il était difficile pour le scandinave errant de faire la moindre comparaison avec d’autres espèces.

Malgré l’absence de bâtiments comme il en avait vu a New York, et l’augmentation massive du nombre de bosquets et petites forêts au fur et à mesure de son avancée, Crane continuait à évoluer au milieu de morceau de ruines, et les cadavres qui jonchaient parfois le sol à certains endroits, faisaient de ces lieux des sortes de terres de non-droit. Mais le silence restait encore et toujours le seul maître des lieux, quelque puisse être le décor, il était là, derrière chaque pierre, chaque arbre, chaque flocon de neige ou derrière chaque… quoi ? Le mage s’arrêta devant une construction particulière, perchée sur des roues en piteux état, pleine de verre et de métal aux formes parfois incompréhensibles. Il s’en approcha lentement, et évalua de la main la texture de cette création stupéfiante dont il ignorait tout, mais sur certaines portions avaient d’étranges similitudes avec les charrettes de jadis, malgré le fait qu’aucun cheval ou autre bovidé n’y était attelé. Cette machine n’était pas vide, elle était occupée par une silhouette inanimée, celle d’un cadavre en partie congelé, dont le regard, vide, semblait fixer le scandinave, un rictus étrange figeant son visage. Le mage noir se tourna vers le chemin qu’il avait emprunté jusque-là, puis vers celui qu’il pensait prendre par la suite, toujours en direction du sud. Altesse continuait de piqueter des proies frétillantes dans ses serres, dépouillant sans le moindre scrupule l’écosystème local.
D’un geste vif, Jonas éclata la paroi de verre à l’aide de son pommeau, mais à sa grande surprise, celle-ci ne fit que s’étoiler, comme si la force de son coup avait été ridicule. Intrigué, il asséna un second coup, plus spectaculaire avec un plus vaste élan, et la fenêtre vola en éclat, mais les morceaux de verres restèrent à leur place, figé par une force invisible. Le scandinave, quelque peu excédé par la résistance de cet étrange matériau, fit glisser ses doigts sur les fragments, et la petite écorchure qui décora son index le rassura sur la provenance de cette chose. C’était pourtant bel et bien du verre, mais pas aussi fragile que ce qu’il avait connu par le passé. Le point d’impact de son bâton avait formé dans la feuille de verre un trou de taille confortable, assez large pour y passer deux ou trois doigts, ou en forçant, l’aile de l’aigle d’obsidienne. Un mouvement de levier sec arracha la fenêtre éclatée, libérant à l’air ambiant le corps sans vie de l’habitant de cette maisonnette à roues.

Le Mage laissa glisser sa main sur le visage du défunt, ou plutôt de la défunte si l’on se référait à ses pommettes délicates et la longueur des cheveux en partie désintégrés par le temps. D’une pression rapide, il agrippa le cou et broya ce qui se trouvait dans sa paume avant d’entrouvrir les lèvres aussi fragiles que du papyrus.

-Que la mort laisse en toi l’étincelle qui saura répondre à mon contentement, murmura le mage en approchant sa bouche de l’oreille du cadavre

Pendant quelques instants, rien ne se produisit, puis, petit à petit, quelques soubresauts firent tressaillir le cadavre et surtout sa tête. Le craquement sinistre des os qui se brisaient et se compressaient se fit entendre, alors que le mage recula sa tête pour observer le phénomène. Soudainement, sortant le scandinave de sa transe nécromancienne, le sifflement strident et répété de l’aigle retentit dans l’environnement, brisant l’oppressant silence. Mais les cris du rapace n’annonçaient rien de bon pour autant, d’autant plus que l’animal était totalement invisible dans le ciel, trop loin sans doute pour entrer dans le champ de vision de son compagnon bipède. Le mage abandonna sur le champ son cadavre en partielle renaissance, du moins en faible partie, ce qui réduit à néant les chances de faire jaillir un esprit dans ce corps congelé.

-Altesse ? appela-t-il pour attirer l’attention de l’oiseau tout en enserrant son bâton.


Dernière édition par Jonas Marcus Crane le Mer 19 Mar - 16:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: On the way to South [Closed]   Dim 16 Fév - 13:12


Je ne pense à rien. Mes pattes se posent avec délicatesse sur le manteau de neige qui recouvre la terre, et ne laissent que des traces discrètes vite effacées par les flocons qui tombent. Cela fait plusieurs heures que je chasse dans la forêt, que je guette les odeurs et mes indices de mes proies. Que tu laisses ta conscience humaine se déliter sans vouloir la retenir. Est-ce un tort de ma part ? Non, je ne le pense pas, je ne le pense pas du tout. J’ai passé des années, des décennies, des siècles avec une conscience de loup et elle me manque parfois. Ma fourrure me protège efficacement du froid. Mes pensées ne sont concentrées que sur un seul point : le présent. De vagues souvenirs de douleurs, physique et psychologique, sont relégués le plus loin possible de ma conscience. Je ne veux plus y penser, je ne veux plus y songer. Un hurlement meurt étouffé dans ma gueule alors que je dérive vers les yeux d’Azzura. Je suis retourné à pas de loup au bâtiment où je l’ai laissée, mais elle n’était déjà plus là. Mon museau a flairé mes habits abandonnés au sol, sans les reconnaître. Ca, à moi ? Non. Le loup n’avait besoin que de fourrure. Je les ai reniflés avant de les mordre pour les réduire en charpie pour qu’ils ne puissent servir à personne d’autre. Pour étriper par leur biais celle que je déteste parce qu’elle a planté une épine dans mon corps, épine que je ne peux enlever avec mes pattes de loup. Mon long hurlement a résonné, avant que je n’abandonne à nouveau la place, la ville, et que je me réfugie dans mon élément naturel. La forêt. Nordique. Sous forme de loup, je suis la puissance et la grandeur incarnée. Je suis le Romulus, je suis le Seigneur Italien de ce lieu. C’est normal. Ma queue balaye la neige derrière moi dans un mouvement agacé. Expressif. Etonnant de voir que je suis bien moins impassible sous forme de loup que sous forme humaine. J’attends quelque chose, mais je ne sais pas quoi. Pas encore. Rafael attend quelque chose, alors qu’il pose son regard sur le soleil qui se lève loin de là. Une couleur carmin qui se déverse sur la forêt, la teintant d’une luminosité mordorée et sanguine. J’observe ce paysage avec une conscience ni lupine, ni humaine, mais une savante alchimie entre les deux. On pourrait imaginer que je souris, lorsque je retrousse légèrement mes babines. Mais non : c’est un grognement qui s’en échappe. Une ombre bien de passer sur mon soleil, dans le ciel écarlate, rompant sa pureté dans un crachin noir. Aussitôt, mes muscles se contractent, et je reprends ma course pour chercher cet intrus qui a brisé la perfection de l’instant et du tableau que je contemplais. Un sifflement menaçant me transperce les tympans, et ma colère se fait plus prononcée. Un loup qui pense comme un humain… Je n’ai aucune conscience. Morale. Pas dans des moments comme celui là. Rafael prend peu à peu le pas sur le loup, dans ces muscles et cette fourrure animale. L’aube n’apporte pas que de la luminosité avec elle. Une nouvelle journée. Humaine. Que je dois considérer. Une journée, que je vais devoir mettre à profit. Pour traquer les sorciers. Les éliminer. Pour retrouver Azzura et lui faire payer. Une journée pour… Altesse ? Mes yeux se plissent. Le loup me fait remarquer l’oiseau, et l’homme. Et le bâton. Moi, je repère avant tout, les habits qu’il possède. Et sa position aussi. Que fait il ici ? Quelques pas de brume me posent à la lisière de son champ de vision. Peu importe qu’il m’aperçoive. Un loup, dans cette région, dans le froid, ce n’est pas étonnant. Un loup qui s’approche de l’homme et des cadavres, ça n’a rien d’étonnant, non plus. Je ne montre pas encore les crocs, mais ma posture ne laisse aucun doute quant à mes intentions. Un loup est un prédateur, après tout, non ? Mes coussinets font légèrement craquer la neige quand je fais quelques pas en avant. Mes muscles ne se crispent pas encore, je reste sur mes gardes mais nonchalant, aussi. Un grognement m’échappe, plus prononcé que le précédent. Mes oreilles ne sont pas encore totalement plaquées en arrière, mais… tout est explicite. Menace ? Pas uniquement. Dégage ? En partie. Qu’est ce que tu fais là ? Surtout.


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MessageSujet: Re: On the way to South [Closed]   Dim 16 Fév - 13:58

Crane resta alerte pendant un long moment, ne sachant guère ce qui avait alerté son compagnon emplumé. Jusqu'à présent, Altesse, à l'aide de son regard perçant, avait été d'une grande aide pour la marche du sorcier, déjouant parfois certains pièges naturels que le scandinave n'aurait probablement pas vu au bon moment. Mais cette alerte là était d'une autre nature car le rapace n'était pas encore revenu dans son champ de vision, ce qui signifiait que la menace était tout autre.
Sans trop générer de bruits intempestifs, le sorcier fit quelques pas en arrière afin de chercher du regard l'envergure de son rapace au-dessus de la cime des arbres, ce qu'il finit par trouver, quelques mètres en arrière de la carcasse du véhicule. Le pygargue était bien là, très proche puis il se lança dans une large courbe qui le fit partir un peu plus loin avant de revenir vers le mage pour se poser non loin de lui sur un morceau de tronc décharné. Jonas enserra son bâton et observa la lisière devant lui ainsi que sur les côtés afin d'apercevoir ce qui avait alerté son animal de compagnie. Mais rien n'était visible aux premiers abords, et le silence même n'était pas troublé. Quelque chose approchait mais sans faire le moindre bruit semblait-il. Pas de quoi rassurer Jonas, même si celui-ci restait plutôt stoïque.

-Je ne sais pas ce qui t'as effrayé ma fille, mais il semble que tu te sois trompée, il n'y a rien ici, hormis nous deux

Crane se détendit, mais guère longtemps. Une sensation l'animait encore, un sentiment profond de malaise, ou de gêne, de ceux que l'on ressent lorsque l'on se sent épié ou même suivi. De plus, par intermittence, il lui semblait entendre de légers bruissements partiellement étouffé ainsi que ce qui pouvait ressembler à un souffle ou un râle. Il s'agenouilla, sans lâcher prise sur son instrument de marche et chercha du regard, au plus bas du sol, un détail qui lui aurait échappé sous les branches basses autour de lui. C'est alors qu'il le vit, en partie, tournant au loin derrière la lisière, comme à l'affût. S'il ne put distinguer aisément ce qui approchait en premier lieu, les quatre pattes qui foulaient le manteau neigeux dans un sens parlaient d'elles-même, Jonas connaissait la nature de l'espèce qui possédait ce genre d'appendices. Puis il le vit, entre deux branches, un animal légendaire dans son esprit, solitaire, au pelage atypique, haut sur ses pattes et pourvu d'un regard qui le fixait avec intensité. A cette vue, Jonas se détendit, et émit alors un bref sourire, peu engageant, mais ce n'était qu'un animal qui le dévisageait après tout. Le scandinave en savait bien davantage sur les loups que sur les aigles, autrefois des meutes entières peuplaient sa région natale et en croiser des dizaines à la journée était une chose très fréquente. Mais celui-ci était en solitaire selon toutes vraisemblances, l'échine ornée d'un court épi de poils dressés, caractéristiques d'un grand mâle, sans doute un mâle alpha mais dont la magnificence était sans appel

-Quelle beauté, voilà un carnassier qui mérite son titre de prédateur, lâcha le mage avec un certain émerveillement devant cet animal

Sans quitter la cible des yeux, le sorcier attrapa son sac et l'ouvrit, main gauche toujours enserrée autour de son bâton, et la droite se mit a fouiller délicatement le sac à la recherche de quelques denrées alimentaires qui aurait pu intéresser le splendide canis lupus. Il le savait, il restait dans ses maigres réserves de ces boites métalliques contenant de la viande partiellement séchée de laquelle, après une ouverture plutôt délicate d'une seule main, il en retira un lambeau qu'il tendit devant lui

-Viens mon garçon, n'aie pas peur, je ne te veux aucun mal. Ca n'est pas formidable à manger, mais ca tient au corps efficacement. Approche sans crainte.

Il parlait avec un ton calme, malgré le fait que sa main gauche serrait de plus en plus le bâton, juste pour le cas ou. Ce loup était certes seul, mais il restait bel et bien un loup, et mâle alpha de surcroît. Ce qui en faisait une menace qu'il ne fallait pas négliger, même lorsqu'on ne témoignait d'aucune forme d'hostilité à son égard. Derrière le sorcier, le rapace observait la scène, lui non plus ne quittait pas des yeux le prédateur terrestre.
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MessageSujet: Re: On the way to South [Closed]   Lun 17 Fév - 20:41



Je n'ai pas besoin de mots pour me faire comprendre, quand je suis loup. Du moins, j'estime ne pas en avoir besoin. Les corps d'un animal est si expressif que les mots sont inutiles. Mes oreilles s'agitent, se tournent s'infléchissent en arrière sans se rabattre totalement... Je suis menaçant. Cet homme, quel qu'il soit, est sur mon territoire. Le loup entend les mots qu'il prononce, adressé à un autre être humain, peut être, ou à un de ses complices, sans en saisir la teneur. Seule l'intonation compte, et elle est loin d'être agressive et inquiétante. Je fais quelques pas silencieux dans la neige, me glissant dans les fourrés qui déposent sur ma fourrure quelques cristaux. Un loup dans le paysage est invisible, j'en suis conscient. Quelques pas supplémentaires et ma silhouette se détache sur le fond immaculé. Quelques pas, et je baisse le museau pour fouiller dans la neige là où il a laissé ses traces. Mon grognement se fait discret, bien que toujours présent. Rafael a laissé place à l'animal, pleinement. Soudain, les genoux de l'homme se plie, et ses yeux rencontrent les miens en dessous des feuillages. Je ne cille pas ni ne détourne le regard pour autant, en le fixant avec intensité. C'est le mot. Dégage articulent mes yeux. Soumets toi ordonne mon grognement qui s'accentue un peu plus. Quelle beauté, voilà un carnassier qui mérite son titre de prédateur Si je pouvais froncer les sourcils, si le loup le pouvait, ce serait le cas à cet instant. Parce que même si ces mots intelligibles pour Rafael le flattent et le poussent à avancer en direction de l'humain. Je m'attendais à le voir obtempérer. Il ne me quitte pas des yeux mais j'observe sa main farfouiller dans son sac. Que cherche-t-il ? J'hume l'air à la recherche d'une trace olfactive qui pourrait me renseigner sur ce qu'il va sortir. Ses doigts peinent à ouvrir la boite métallique, et j'en profite pour avancer encore, curieux. Rafael préfère rester à distance, dans mes pensées, pour laisser le loup joueur s'exprimer. Ce n'est pas fréquent, l'homme a intérêt à se sentir flatté. L'odeur de viande séchée frappe mes papilles, et je commence à saliver contre ma volonté. C'est physique : l'odeur de la nourriture a cet effet sur l'animal que j'héberge. -Viens mon garçon, n'aie pas peur, je ne te veux aucun mal. Ca n'est pas formidable à manger, mais ca tient au corps efficacement. Approche sans crainte. Quelques pas supplémentaires, et je suis à moins de deux mètres de lui, considérant la taille de son bâton pour qu'il ne puisse m'atteindre. La méfiance est ancrée en moi, tout comme ma sauvagerie. Et la faim, aussi. Qui me guide vers sa main tendue qui tient de la viande. J’ouvre légèrement la gueule, langue pendante et babines retroussées, avant de me reprendre. Je ne suis plus loup. Je ne suis plus uniquement loup, comme Rafael n’est plus uniquement humain. Et il m’impose de ne pas m’abaisser à ça. Il m’impose ses considérations. Il m’oblige à observer les mouvements de l’homme comme un être humain le ferait. A prévoir ce qu’il va pouvoir me faire avec le bâton, et les réflexes qu’il peut avoir si je saisis sa main dans ma gueule pour le mettre à terre. Sa nuque et sa gorge ne sont pas accessibles à mes crocs, mais immobiliser ses mains agiles, c’est déjà un premier pas. Rafael raidit mes muscles. J’écarte la faim qui attire mon regard vers la viande séchée et son odeur alléchante, et comme l’éclair, je déchaine la puissance du loup. Mon objectif ? Le même que Rafael : récupérer ses habits. Assouvir le besoin de violence qui habite en moi. Un loup ne serait pas aussi violent, n’attaquerait pas sans raison, et je le sais. Mais Rafael est un animal blessé, et voir un humain, l’un de ses pairs, lui fait perdre le sens des réalités. Mes crocs veulent se refermer sur sa main, pour que la surprise et la douleur fassent tomber en ruine toutes ses tentatives de résistance. Alors seulement je redeviendrai humain. Peut être même a-t-il un téléphone, pour que j’appelle mes contacts et qu’ils viennent me chercher, m’épargnant de longues heures de trots dans la neige.

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MessageSujet: Re: On the way to South [Closed]   Mar 18 Fév - 17:23

La partie était presque gagnée, et le Mage sentit son orgueil gonfler intérieurement devant la réussite de sa tentative. Alors que le loup avançait à pas feutrés dans la neige poudreuse, Crane abaissa lentement sa main le long du bâton jusqu'à atteindre le point d'équilibre de celui-ci, permettant ainsi au sorcier de se baisser davantage et simuler la soumission auprès de l'animal et conforter ainsi la confiance de ce dernier. Il ne fallut guère de temps a Canis Lupus pour franchir les derniers mètres qui les séparaient, puis la bête stoppa à portée de main du Mage Noir. Il ne suffisait à ce dernier qu'à tendre davantage le bras pour espérer effleurer la truffe chaude du mammifère, mais il ne le fit pas. Il resta prostré dans cette position semi-confortable, attendant que le carnivore daigne tendre sa gueule pour attraper l'offrande, ce après quoi il suffirait alors que le sorcier fasse basculer la boite métallique d'une pitchenette pour étaler le contenu gourmand devant le regard du prédateur.

Pourtant, les choses ne semblaient pas se dérouler aussi facilement qu'avait pu l'escompter Jonas. L'attitude du loup changea brusquement et d'un animal curieux et peut-être même affamé, la bête passa en mode hostile, au grand étonnement de son observateur qui fronca les sourcils, surprit, sans le cacher, de ce brusque retournement de situation. Crocs visibles, oreilles étirées en arrière du crâne, regard figé et grognement sourd, Crane connaissait suffisamment les loups pour comprendre que l'animal n'en était plus à une simple menace ou un avertissement, mais s'apprêtait à lancer une attaque. Sans ciller, Jonas resta là sans le moindre mouvement, plantant son regard dans celui du carnassier, attendant le subtil moment ou le loup passerait à l'assaut. A cet instant, les choses iraient très vite, et un seul d'entre eux pourrait savourer une victoire plus ou moins évidente.

Le temps sembla se dérober dans l'esprit du sorcier, atteint comme par une sorte de ralentissement pendant lequel sa refléxion prit une certaine vigueur. Quelque chose lui avait échappé, quelque chose d'essentiel et il vint rapidement à l'esprit du scandinave que si lui avait tendu un piège à l'animal, même si le terme était inaproprié en l'occurence vu la totale absence d'intention hostile de l'humain envers le loup, il pouvait être possible que le prédateur en ait fait  de même. Dans ce cas, Crane était proprement tombé dans le traquenard, désormais à portée d'attaque efficace, et ne pouvait s'en prendre qu'à son égo dont il s'était un peu trop préoccupé, au détriment de sa sécurité. Toutefois, aussi chaotique pouvait être ce moment, Crane n'avait pas dit son dernier mot, et n'avait pas oublié, malgré les années, comment se comporter devant la nature sauvage. Maintenant le temps de la refléxion était passé, Canis Lupus se préparé à l'attaque.

-Ne fais pas ça mon garçon, implora le mage à voix haute, autant pour le loup que pour lui-même.

Ce n'était là pas plus une supplication qu'un avertissement, car de toutes façons l'un des deux allait perdre ce duel de vélocité et d'efficacité. Crane se sentait déjà vainqueur, il était prêt, et il ne lui fut en aucun cas difficile de voir le subtil mouvement du loup qui s'élança. Cela ne dura qu'un très court instant, car l'amplitude de la réaction de l'animal fut tout juste perceptible, mais le sorcier vit très nettement la patte d'appel du carnassier s'affaisser lentement pour prendre élan. A ce moment là, avec une rapidité et une précision étonnante, Crane fit basculer son poing gauche, maintenant le bâton dressé, et emmena l'instrument dans une rotation dont la trajectoire le fit percuter l'échine du prédateur, assisté par la main droite qui apporta la puissance au mouvement de balancier.
L'animal fut stoppé dans son élan et écrasé contre le sol enneigé, avant même d'avoir pu pousser le moindre grognement de protestation. Mais ce n'était pas là une attaque mortelle, car le bâton ne bloquait l'animal qu'au sol, maintenu ainsi par la poigne des deux mains du mage d'un côté, et par l'une des ailes d'obsidienne du pommeau planté dans le sol de l'autre, comme si un joug entravait les mouvements de la bête. La prise était ferme et le loup ne saurait sans dégager avec facilité.

Malgré l'hostilité évidente du prédateur à son encontre, Crane n'avait pas l'intention de s'en prendre à l'animal, il n'avait en aucun cas l'intention de changer d'avis à ce sujet, et le témoigna en se déplaçant le long de son arme improvisée, sans lâcher sa prise, pour se rapprocher du corps du loup. Derrière eux, Altesse trépignait sur son perchoir, et manifestait certaines émotions par de grands éclats de cris vocifères ainsi que des battements d'ailes assourdissants. Mais le Mage ne s'en préoccupa pas.

-Je suis navré de cet inconfort évident, mais tu l'as bien cherché mon ami, dit-il d'une voix calme en modifiant sa prise

Il bascula sa jambe contre le bâton et libéra sa main droite pour la porter sur le cou de l'animal et en caresser la soyeuse fourrure grise avec beaucoup de douceur. Puis il déporta son mouvement vers la tête et reprit sa caresse, toujours en douceur, sentant les muscles crispés du prédateur entravé. Laissant échapper un bref ricanement victorieux, le mage se releva brusquement et recula de quelques pas, juste à l'aplomb de son rapace qui ne cessait toujours pas de gesticuler, et attendit que le loup se libère par lui-même de son entrave.

-Allez, te voilà libre mon ami. A toi de faire ton choix désormais. Tu peux fuir sans te retourner, tu peux également te rassasier avec ma bénédiction ou bien alors tenter de nouveau ta chance. Cette fois-ci, je n'ai plus le bâton, tes chances sont peut être bien plus grandes. A toi de voir.
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MessageSujet: Re: On the way to South [Closed]   Mer 19 Fév - 9:52





Une légère inflexion, et une forte poussée, me voilà qui file vers l’homme qui n’est qu’à deux pattes d’être à portée de crocs. Deux pattes, ce n’est rien. Et pourtant, lorsque mon élan est brutalement coupé en plein vol par le choc, je me rends compte que c’était presque tout. Le loup est rapide, bien plus rapide que les réflexes humains, mais je sais que j’ai trop énoncé clairement mes intentions par mon changement brutal d’attitude. Un grognement qui se mue en gémissement est tout ce qui s’échappe de ma gueule alors que je m’écrase dans la neige glacée. Je m’agite, je tente de me dégager mais la poigne est trop ferme et ma position trop inconfortable pour que ça ait la moindre utilité. Je grogne sans effet, je cherche à me retourner et me tortiller pour m’extirper de ce joug improvisé par un simple humain et un bâton. Rafael fait les cent pas en hurlant sa colère et en l’extériorisant au fond de moi, alors que le loup cherche juste un moyen de se libérer. Des souvenirs – mauvais, cela va sans dire – de ma traversée de l’Atlantique lorsque j’étais loup me reviennent. La morsure de la muselière, l’atmosphère glacée de la cage, l’odeur omniprésente du sang tout autour de moi : le mien et celui des autres. L’avantage d’être un métamorphe, c’est que l’on guérit vite. Le désavantage, c’est que l’on ne souffre pas moins et que l’on ne meurt pas. Je m’agite davantage en sentant la brûlure du fouet sur mon pelage, même si ça remonte à des centaines d’année. Un loup prisonnier dépérit plus vite qu’un humain, et malgré Rafael qui veut que je garde mon sang froid, je sens la rage s’amplifier à chaque éternelle seconde cloué au sol. Les hurlements de l’oiseau de m’aident pas, d’ailleurs, à me calmer. Je hais les piafs. Tu hais à peu de chose près tout ce qui t’humilie, Rafael. C’est vrai. L’homme s’approche alors que je grogne des menaces de mort très explicités à son intention et à celle de l’oiseau vociférant – et bruyant. Je suis navré de cet inconfort évident, mais tu l'as bien cherché mon ami, Figlio di una cagna Il libère une fraction de seconde mon entrave, mais je n’ai pas le temps d’en profiter que déjà sa jambe la remplace pour maintenir la pression. Je cherche à attraper entre mes crocs sa main qui s’approche un peu trop près à mon goût de ma nuque et de ma fourrure. Il ne va pas… non… Humiliation totale. Je me crispe sous le contact, alors que Rafael s’indigne et s’énerve encore plus. Vas-y, aggrave ton cas. Son ricanement victorieux me crispe davantage, et malgré la douceur de ses caresses, j’ai l’impression qu’il me brûle. Je hais les contacts, je hais lorsqu’on me touche dans mon autorisation. Je hais les humains. Je hais à peu près tout ce qui m’entoure. De la neige qui infiltre lentement et surement toutes les protections que la nature a faites au loup, à cet oiseau qui ne cesse de crier en passant par cet homme qui m’humilie de la sorte. En me prenant pour un simple animal domestique. Plus que l’homme que je suis en réalité, je suis sauvage et indépendant. Allez, te voilà libre mon ami. A toi de faire ton choix désormais. Tu peux fuir sans te retourner, tu peux également te rassasier avec ma bénédiction ou bien alors tenter de nouveau ta chance. Cette fois-ci, je n'ai plus le bâton, tes chances sont peut être bien plus grandes. A toi de voir. Je bondis en arrière en me remettant sur mes pattes, chancelantes. Le temps que les hématomes qu’il a pu m’infliger s’évanouissent, le temps que ma crispation retourne sous mon contrôle. Je le fixe, et je fixe son bâton. Que ferait un véritable loup ? Aucune idée, je n’en suis pas un. Rafael hurle vengeance, le loup le rejoint dans son hurlement. Je fais un cercle pour me dégourdir les pattes et me rendre pleinement compte de la distance qui me sépare de son baton et de ce que je peux faire. Il n’est pas armé, mais il n’est pas stupide. Il doit avoir une autre arme sur lui. Son manteau est trop épais pour que je puisse l’atteindre à la jambe ou au bras, et sa nuque n’est pas accessible à mes crocs. Figlio di una cagna Je suis vulgaire, mais je suis vulgaire en italien, ce qui rattrape le coup. Non ? Je me concentre. Et je laisse Rafael réfléchir à la place du loup. Une seconde doit s’écouler à nouveau, à peine, avant que je contracte une nouvelle fois tous mes muscles. Lorsque le loup s’élance, il sait que l’homme va réagir d’une manière ou d’une autre et décide de le prendre au dépourvu en redevenant humain. La transformation marque mon visage de douleur alors que je profite de mon élan lorsque je retombe sur l’autre être humain pour le plaquer au sol et rouler avec lui dans la neige qui brûle un peu plus ma chair dénudée. Mes doigts fins de bourreau cherchent à s’enrouler autour de son cou pour rapidement réduire à néant ses moindres tentatives de rébellion. « Laissez une chance c’est mourir. » fais-je d’une voix rauque de ne pas avoir parlé depuis des heures. « Que fais-tu ici ». Je peine à articuler, ce qui masquer mon accent italien et aristocrate.

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MessageSujet: Re: On the way to South [Closed]   Mer 19 Fév - 18:04

Oui, il avait bel et bien vu juste. Ce n'était pas un simple loup qui lui faisait face, grognant et portant contre le sorcier un regard davantage empli de fureur. L'attaque fut rapide, même si elle pouvait être parfaitement prévisible. Crane fut d'autant plus surpris car si lors de sa prise d'élan c'était un loup qui lui sautait dessus, ce fut pourtant des doigts d'homme qui se refermèrent sur sa gorge avec une poigne terrifiante. Pas même Altesse ne put s'opposer à cette contre-attaque véloce et surprenante. Le corps lancé dans une fougue spectaculaire percuta massivement Jonas et l'envoya sur le sol. En pleine forme, le sorcier aurait presque pu encaisser ce coup avec un minimum de douleur et de dégâts, mais dans sa condition encore très faible, il lui fut absolument impossible de tenter la moindre esquive ou même un soupçon  de mouvement de dégagement. Par une chance des plus miraculeuses, aucun point d'appui de l'homme loup sur son corps n'entra en contact avec sa blessure encore délicate, et la seule douleur qu'il put ressentir fut celle provenant de son dos, meurtri par l'impact contre le sol. Lancés dans une série de roulades autant dues à la puissance de la percussion que par la fougue furieuse de son assaillant, les deux hommes soulevèrent quelques paquets de neige avant que le métamorphe reprenne le contrôle de la situation. Cette fois-ci les rôles étaient inversés, l'animal était au-dessus et le mage maintenu par une poigne d'acier contre le sol, immobilisé en partie. La main enserrée autour de la garde du poignard qu'il portait à la ceinture, même si l'utilisation de celui-ci allait s'avérer compliquée, le mage sentait la pointe de douleur de ses reins s'adoucir quelque peu, la position maintenue par le loup transformé sur son corps agissait dans le bon sens.  Il grimaça néanmoins, mais ne tenta aucun mouvement pour se libérer.
De son côté, Altesse ne semblait pas avoir apprécié la tournure des évènements, et s'élança avec fureur sur l'assaillant. Sans élan plus important que son envol, le pygargue géant fondit sur le dos de sa proie et y atterrit, bien décidé à faire lâcher prise à ce nouveau venu qui s'en prenait à son compagnon bipède. Nul ne pouvait imaginer ce que le rapace avait en tête, mais Crane, se souvenant de la puissance de l'aigle et la précision de ses coups contre les morts-vivants de la ville, savait que cela n'augurait rien de bon.

-Non Altesse, siffla-t-il avec une certaine autorité. Laisse-le!

Le rapace observa brièvement son mentor humain puis lança sa tête en arrière, prêt à frapper, malgré l'ordre.

-Non Altesse, c'est inutile! Laisse-nous!

Stoppée dans son élan, l'interpellée abaissa son cou lentement et jeta un étrange regard auprès du Mage qui ne la lâchait pas des yeux. Il secoua la tête et la projeta légèrement sur le côté pour faire comprendre à l'animal que sa présence était indésirable. Jonas ne put décrire comment, mais l'aigle sembla comprendre l'ordre physique et sauta du dos de l'inconnu en sifflant d'indignation. Il ne s'éloigna pas et se contenta de tourner autour des deux hommes en battant des ailes et vociférants, une attitude qui commençait à agacer son compagnon. Peut-être que le prédateur volant espérait ainsi effrayer l'agresseur, mais il fallait comprendre que cela serait bien inutile, malgré la taille impressionnante du volatile furieux. Satisfait, en position cependant inconfortable, Crane déporta son regard vers celui de l'homme et l'observa un court instant. Ces yeux là étaient emplis d'une étincelle de fureur étrange, celle d'un homme décidé, probablement le plus dangereux de tous les regards que pouvait lancer un individu, mais Jonas resta immobile

-Tu n'as guère mis de temps pour te révéler mon garçon. Mais en loup, tu manques d'expérience. Nombreuses sont les erreurs que tu as commises pour tenter de me tromper sur ton apparence

Le mage ricana, surtout nerveusement, car si le regard était empli de fureur, les intentions du loup-homme était encore non définies. Il parlait, il questionnait, autant d'attitude qui retardait l'instant fatal. Et cela n'était bien évidemment pas pour déplaire au sorcier en mauvaise posture.

-Il est temps de ravaler ta colère Ami, il me semble avoir prouvé que te tuer ne faisait pas partie de mes priorités, et nous savons tous deux qu'il en est de même pour toi. Il n'ya pas plus d'intérêt pour toi à me tuer que pour moi d'en faire de même. Nous sommes donc quittes.

Calme et clarté, telles étaient les clés pour désamorçer une telle situation. Certes, le Mage ne faisait pas réellement le fier, dans son esprit le sentiment de danger était omniprésent. Les métamorphes, il savait ce qu'ils étaient, d'où ils venaient et pourquoi, lui même possédait dans ses connaissances et son savoir quelques bases pour générer de tels individus, mais ne voyait aucun plaisir à torturer des êtres de cette façon. En explication plus précise, il était nécessaire de prendre en compte que le mage noir ne sollicitait guère leur présence et leur existence, mais surtout une telle proximité avec l'un d'eux était presque une première. Jonas sentit un sourire pointer dans son esprit, et laissa aller le fond de sa pensée

-J'imagine donc que pour un changeur tel que toi, avec toute la fougue et la fureur qui brulent dans tes veines, rares furent les moments ou tu as pu recevoir le respect dont j'ai témoigné à ton égard, n'est ce pas mon garcon?
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MessageSujet: Re: On the way to South [Closed]   Jeu 20 Fév - 10:38



Cette fois, mon attaque porte ses fruits, puisque nous nous retrouvons à rouler dans la neige, emporter par l’élan du saut du loup et le poids de l’humain qui se sont abattus sur celui-qui-m’a-humilié. Je retiens un hoquet de douleur lorsque nous percutons le sol, malmenant mes os pas encore tous réparés. La neige glacée et le vent mordent ma peau dans une brûlure qui se mêle à celle inhérente à la transformation, alors que nous soulevons des paquets de neige. Cette fois, cependant, je maîtrise plus ou moins l’incontrôlable, mes doigts trouvent le chemin du coup de l’homme, et mes pouces se placent d’eux même sur sa carotide alors qu’avec l’expertise de l’homme d’arme – et du bourreau – je l’immobilise au sol, un genou effectuant une pression sur son torse, l’autre m’assurant un contact le sol qui brûle la plante de mon pied. Mais ce n’est pas l’important. L’oiseau que j’avais remarqué et que ma transformation m’a fait perdre de vue – mon champ de vision brutalement restreint dans le passage de l’animal à l’humain – décide visiblement que son maître ne se fera pas malmené aussi facilement et fond sur mon dos qu’il lacère à coups de serres. La douleur marque à nouveau les traits fins de mon visage, je me contente de contracter mes muscles et de serrer davantage ma poigne sur l’humain. Non Altesse. Laisse-le! Altesse ? Il parle de moi ? Non, il parle à l’oiseau qui arrête un instant de vociférer et de faire de mon dos un ensemble sanguinolent. Tant mieux, un peu plus, et je sais que ma résistance à la douleur, bien plus élevée que le commun des mortels grâce à mes années lupines et ma nature, n’aurait pu faire face. Je suis immobile, mains toujours enroulées autour de la gorge de l’homme, tout mon poids le maintenant au sol, attendant une réaction quelconque de l’oiseau. Non Altesse, c'est inutile! Laisse-nous! C’est ça, laisse-nous. Vole loin de nous, crève dans la neige, agonise tous mes yeux amusés. Ce n’est pas ton combat, ton tour viendra après. Finalement, je ne sais trop pourquoi, l’oiseau finit au bout d’un temps de réflexion par obtempérer et dans un dernier élan prit à mes dépends, il décolle de mon dos pour tourner autour de nous sans cesse de se taire. Le bruit… ce bruit… Mais boucle là ! Ecoute le silence au lieu de le piétiner par tes sons informes et stridents hurle le loup alors que je serre les dents. Je suis un métamorphe, je vais finir par guérir, et plus rapidement qu’un simple humain, mais ce n’est pas instantané et indolore. La chair coupée de mon dos me brûle en se rapprochant pour se soigner et sans amoindrir ma poigne, je laisse mes yeux suivre les taches carmins et grésillantes que l’oiseau disperse du bout de ses serres avant de les porter à nouveau sur l’inconnu. Tu n'as guère mis de temps pour te révéler mon garçon. Mais en loup, tu manques d'expérience. Nombreuses sont les erreurs que tu as commises pour tenter de me tromper sur ton apparence J’ai une grimace amusée alors qu’il ricane. « Qui te dis que j’avais envie de te tromper ? » Mon garçon… Humiliation, encore. Cet homme ne doit pas dépasser la quarantaine, moi je suis au-delà des siècles de vie. Mes vulgaires trente quatre années ne sont que factices. Alors son Mon garçon, qu’il s’étouffe avec. Que fais tu ici ? Réponds donc à cette question, ou je plante mes pouces dans ta carotide, et ce ne sera pas beaucoup plus agréable que ce sang qui perle de mon dos dénudé pour maculer la neige de taches. Il est temps de ravaler ta colère Ami, il me semble avoir prouvé que te tuer ne faisait pas partie de mes priorités, et nous savons tous deux qu'il en est de même pour toi. Il n'ya pas plus d'intérêt pour toi à me tuer que pour moi d'en faire de même. Nous sommes donc quittes. Ma colère ? Je ricane à nouveau. Je ne suis pas en colère, je suis seulement un monstre qui prend le temps de s’accepter tel qu’il est et qui est capable des pires atrocités sans le moindre remord. Hein, Azzura, regarde ce que tu as fait de moi. Tu m’as montré mon aïeul me contempler dans le miroir, regarde le s’étendre en moi comme une toile d’araignée, arrachant le peu d’humanité que j’avais réussi à conserver juste que là ! Si tu pouvais savoir comme je te hais, et comme tu vas être responsable de la mort de cet homme. La douleur teinte mon regard qui ne se départit pas pour autant de sa colère. « Pourquoi penses-tu que je suis en colère, pourquoi crois-tu que le fait que tu ne veuilles pas me tuer influencera mes mouvements ? » Je n’ai pas le temps de continuer qu’il me destabilise en quelques mots. J'imagine donc que pour un changeur tel que toi, avec toute la fougue et la fureur qui brulent dans tes veines, rares furent les moments ou tu as pu recevoir le respect dont j'ai témoigné à ton égard, n'est ce pas mon garcon? Mes yeux se plissent alors que je relâche un peu la pression. Qu'a-t-il à me parler ainsi, comme si je n'étais qu'un simple enfant ? Du respect ? On m'en témoigne tous les jours, et à raison. Et je n'appellerais pas respect ce qu'il vient de me faire. Ma voix n'est pas aussi ferme ni aussi sarcastique que je le voudrais lorsque j'articule. « N'essaye même pas de réfléchir. Du respect ? La seule marque de respect que tu pourrais me témoigner serait de répondre à mes questions. » Je réfléchis rapidement, Même si le sang coagule, même si mes plaies se referment lentement, je reste nu dans un paysage désertique et enneigé, et je ne suis pas un surhomme. L'adrénaline retombée, je vais avoir froid. Et faiblir. Les secondes jouent contre moi et mon instinct de prédateur me supplie de les mettre à profit. Deux solutions : me retransformer. Ou prendre ce dont j'ai besoin sur cet homme. Déjà ma poigne s'affaiblit mais j'espère qu'il ne s'en aperçoit pas. Quelque chose en cet homme me déroute étrangement, moi qui suis si imperméable aux influences. Sa voix a quelque chose d'apaisant : c'est certainement cela. Par ses mots et surtout son ton, il calme l'animal en moi et ma nature me porte préjudice. Si l'humain rend plus cruel l'animal, l'animal agit aussi sur l'humain. J'essaye de reprendre le contrôle de la situation. « Donne moi ton portable. Et dis au piaf de se barrer avant qu'il ne devienne mon repas. » Ca ne me ressemble pas. Je ne me ressemble pas. Où est passé le Rafael froid, calculateur, manipulateur ? Il est enfoui loin, très loin sous ma conscience de loup. Il n'y a pas que des avantages à avoir survécu en loup pendant plus de sept siècles. Le loup a une emprise sur mon comportement qui dépasse l'entendement. Une seule constante : ne pas montrer que le loup n'a qu'une envie : se réfugier dans un fourré pour lécher ses plaies et attendre qu'elles passent. J'étais blessé psychologiquement en arrivant, sur la brèche de la folie. C'est à présent mon corps qui souffre. Parfaite communion entre le corps et l'esprit, me chuchote le loup, cynique.

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MessageSujet: Re: On the way to South [Closed]   Jeu 20 Fév - 17:38

Jonas sentit la pression de la poigne de son assaillant se relâcher autour de sa gorge et même au niveau de son torse. Pourtant, il ne broncha pas et ne tenta rien, pour la partie était jouée, il avait déjà pris le dessus mentalement sur cet homme en proie à une hésitation trop importante, tant dans ses décisions que dans ses gestes. Peut-être que ce contrôle était encore une simple illusion, mais il avait employé les bons gestes, les bonnes attitudes et surtout le bon ton. A quoi pourrait bien lui servir de se rebeller contre l'inconnu après tant d'effort pour tenter de l'amadouer. A rien sinon exciter davantage une colère trop ancrée dans l'esprit de son interlocuteur. Jonas ne savait pas forcément ou allait le mener cette petite situation, dans le sens ou lui même ne savait pas vraiment si cette personne présentait un quelconque intérêt. Peut-être était-ce sa forme loup qui l'avait fasciné, lui qui aimait par-dessous certaines merveilles de la nature comme les grands prédateurs. Qu'importe, cela pouvait aussi lui apporter un allié, un servant à la loyauté intéressante, un peu comme l'était déjà Altesse.

-Oui, tu ne peux pas me tromper, la confusion émane de partout autour de toi. Tu sembles comme un esclave qui vient de recouvrer sa liberté, perdu et emplit d'une méfiance tenace. Il n'y a rien en cet instant qui fasse de nous des ennemis.

Une nouvelle petite phrase pour enfoncer davantage l'esprit de l'individu dans une confusion profonde, non pour le déstabiliser, mais simplement pour assurer davantage la survie du Mage, qui malgré son apparente tranquilité, se demandait encore si tout était en bonne voie. Jonas désirait des informations sur ce monde, cet homme-loup désirait des réponses à ses questions. Si certaines d'entre elles avaient déjà été posées, peut-être en avait-il encore davantage enfouies dans son esprit. Mais, tout chose avait un prix, Crane le savait, le loup ne pouvait l'ignorer, c'était donnant donnant, et pour avoir des réponses, il allait falloir que l'inconnu fasse le premier geste de bonne volonté, comme Jonas l'avait fait en le libérant de son bâton quelques instants plus tôt.

-Le respect est la seule valeur qui te différenciera toujours de l'animal qui veille en toi. Sache que ta vie ou ta mort m'indiffèrent, et que les choses en sont de même pour toi. Libère ta colère et tu ne seras jamais autre chose qu'un animal en chasse, prisonnier de tes instincts, de ce qu'ils ont fait de toi. Apaise là et tu verras ce que signifie être libre.

Jonas toussa, les poumons encore endoloris par la masse étouffante de l'inconnu. Il espérait que ces mots fassent autant d'effets que les premiers, sinon davantage, mais l'homme souhaitait plus encore, il désirait des choses qui échappaient au savoir du Mage. Jonas ne savait pas ce que pouvait être un portable, sinon qu'il représentait un intérêt non négligeable pour cet homme. La remarque sur le "piaf" laissa le sorcier sur un interrogation au long court, mais par chance l'intonation et les intentions du loup à l'égard de ce "piaf" étaient suffisamment éloquentes pour qu'il puisse faire un rapprochement avec le rapace qui tournait en tous sens autour d'eux.

Le Mage noir resta silencieux quelques instants encore. Non pas qu'il se trouva en panne d'arguments pour inciter le lycanthrope à le libérer, mais simplement parce qu'il avait omis un détail non négligeable. Cette chose qui le maintenait au sol était un métamorphe, une chose générée par la volonté d'un sorcier, un sorcier obscur tel que Jonas l'était. Devait-il se révéler comme tel à cet inconnu, ou bien masquer quelques temps encore sa réelle identité, le temps que la colère soit retombée? Aussi puissant pouvait être son ego, Jonas aimait sa vie plus que tout, et décida de se dissimuler encore davantage. Pour l'heure, l'étranger pensait encore avoir à faire avec un parfait inconnu, peut être même le prenait-il pour un résident de cette époque. Mais ce qui était plus intéressant encore, c'est d'imaginer qu'un tel esclave aussi perturbé ne pouvait avoir été libéré de l'entrave de son créateur que très récemment, ce qui pouvait indiquer au Mage que d'autres de sa caste évoluaient en ces lieux. Bonne nouvelle ou mauvaise, il était encore bien trop tôt pour le dire. En cet instant, Crane vint à comprendre que l'inconnu avait un léger avantage sur lui, il possédait bien plus d'intérêt à rester en vie que le mage ne pouvait lui en offrir. L'heure était donc à la finesse et la malice, et en cet instant, il pouvait se féliciter d'avoir bien avancé sur la question. Désormais il avait plus ou moins un but à atteindre pour la suite de cette entrevue délicate.

Relâchant un soupir, Jonas Marcus Crane reprit ses esprits, ou plutôt se reconcentra sur sa "proie". Celle-ci était blessée, les serres de l'aigle, même sans avoir attaqué, étaient suffisamment acérées pour avoir laisser quelques traces dans le dos du faux animal. Il lui sembla même sentir quelques tremblements, quelques soubresauts provenant du corps de son assaillant, le froid commençait à le mordre comme il l'avait fait pour Crane dans les rues de New York. Voilà qui présentait une nouvelle opportunité pour rassurer et intéresser l'animal. S'il devait l'amadouer, il ne fallait rien négliger. L'inconnu voulait un portable, malheureusement, Crane ignorant ce que c'était, il ne pouvait savoir s'il en disposait d'un ou non. Peut-être alors que quelques vêtements et un peu de nourriture pouvait compenser la déception du lycanthrope.

-L'homme, même dans ta condition,ne peut survivre au froid. J'ai un créateur de flambée transportable en ma possession. Sans doute serions nous davantage à l'aise pour le jeu des questions et des réponses devant un feu plutôt qu'étendus de la sorte dans la neige.
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MessageSujet: Re: On the way to South [Closed]   Sam 22 Fév - 1:31



Je ne comprends pas ce qu’il se passe avec exactitude. Que signifie tout cela ? Que sous-entendent ses mots, que sous-entend son attitude et surtout, que suis-je en train de faire ? Laisser une chance, c’est mourir lui ai-je dit un peu plus tôt. Je ne fais pas mieux, et sans me l’expliquer. Je m’affaiblis, malgré mes dons métamorphes, et je sais que si je veux le tuer c’est maintenant qu’il me faut le faire. Il est dangereux, plus que l’oiseau qui a si férocement lacéré mon dos. Il est bien plus dangereux que son bâton, bien plus dangereux que toutes les armes du monde. Pourquoi ? Parce qu’il a ce ton apaisant qui m’affaiblit en calmant la rage du loup blessé. Contre mon gré, il m’apaise, contre mon gré, il amoindrit ma colère et étouffe ma vigilance et ma vivacité. Sorcier ? Non, je ne pense pas. Je n’espère pas, dans un sens. Parce que ce serait trahir mes principes d’avoir laissé les sorciers avoir une si violente emprise sur mon être. Azzura. Lui… non. Ce serait la goutte d’eau qui provoquerait un raz-de-marée, et je me sais trop fragile psychologiquement pour cela. Tout être a des limites, même les métamorphes. Sa réplique concernant le respect m’a énervé. Il ne comprend rien, rien du tout. Le respect, je le connais. Je le vois tous les jours dans les yeux de ceux qui me craignent. Respect, crainte, quelle différence ? Il se trompe sur mon côté. Je ne suis pas prisonnier de ma colère, je ne suis pas enchaîné à mes instincts. Je connais le loup que je suis depuis plus de sept siècles, croit-il rivalisé avec ça ? Pense-t-il réellement pouvoir m’apaiser de cette manière ? Et pourtant c’est bien ce qu’il fait. Sens ta poigne s’amoindrir à chaque seconde Rafael. Je me crispe. Je veux être en colère, mais comme il le dit bien avec sa voix que j’abhorre et qui me dompte, l’apaiser signifie être libre. Mais libre de quoi ? De le tuer. Voilà. J’attise cette colère qui s’éteint en exigeant de lui qu’il me donne son portable. J’attise cette colère qui s’étouffe en étant brusque dans mes mots, loin de ce calme apparent que j’affiche en général. L’humain que je suis essaye de garder un objectif en tête pour échapper à tout contrôle. Le loup se débat dans les mailles d’un filet qui le prend au piège et qui l’écrase au sol sans le laisser se relever. Le silence de l’humain me permet de retrouver une certaine maîtrise de ce que je fais sans pour autant empêcher des frissons parcourir mon échine à intervalles réguliers. Je siffle entre mes dents un « Alors ? Ce n’est pas une question très compliquée pourtant puisque c’est un ordre… » pour rompre le silence déjà bien malmené par l’oiseau. L'homme, même dans ta condition, ne peut survivre au froid. J'ai un créateur de flambée transportable en ma possession. Sans doute serions nous davantage à l'aise pour le jeu des questions et des réponses devant un feu plutôt qu'étendus de la sorte dans la neige.

J’arque un sourcil. Sa manière de parler, ses a priori sur les changeurs. L’appellation, même. Sorcier.

J’ai trop attendu, je ne peux le tuer à mains nues puisque mes doigts gourds ne voudront pas répondre suffisamment si je décide de l’étrangler, et que je n’ai ni crocs ni griffes pour le faire. Je relâche le peu de pression que j’exerçai sur lui en me levant brusquement et en faisant quelques pas en arrière, la morsure de la neige agressant la plante de mes pieds. Me fondre à nouveau dans la peau d’un loup ? Ce serait mieux pour moi, mais je sais aussi que je serai ainsi bien plus réceptif à sa voix apaisante et à son hypnose. Il n’y a pas à dire, il sait s’y prendre avec les animaux. « Plutôt crevé que m’abaisser à servir un sorcier… » J’attrape du bout des doigts le bâton que je soupèse. Il n’est guère différent des armes que j’ai appris à manier il y a des années, après tout. La seule différence c’est la vieillesse de mon âme et la puérilité de mes actions. J’ai conscience de l’un comme de l’autre, mais je ne sais pas encore comment composer avec ces deux réalités. En temps normal, je suis un roc. Là, je ne suis qu’un amas de gravier qui se disperse sous mes doigts glacés qui referment leur solide prise sur le bois poli. En temps normal, je suis aussi glacé que le vent qui agresse ma peau nue, aussi impassible que cette neige qui craque sous mes pieds dénudés. Je crache, agressif comme le loup acculé que je suis. Pas question de me transformer, je n’en aurais ni la concentration, ni le contrôle, ni la résistance physique pour supporter la douleur qu’elle procure inévitablement. Acculé, donc. « Parce que c’est ce que vous êtes, c’est cela ? Un sorcier, un vulgaire fantoccio del diavolo créé uniquement pour pourrir l’humanité, la gangrené avec votre stregoneria malsaine. » Avec ma morgue, je m’affirme. Je me défends. Je me protège. Je ne suis pas un vulgaire loup, je ne suis pas un simple métamorphe torturé, blessé, acculé, terrifié. Ma colère redevient mienne lorsque je reprends, avec tout ce sarcasme et cette morgue aristocrate que je tiens de ma naissance et de mon éducation. « Votre respect, je n’en ai que faire. » J’articule lentement. « Je ne demande pas votre respect ; tout le respect que je mérite, je l’ai déjà. La seule marque de respect que peut me faire l’un des membres de votre espèce, c’est d’agoniser sous mes yeux, d’hurler de douleur pour que je m’en repaisse et que je vois ma haine attisée un peu plus, assouvie un peu plus, aussi. » Si je hais les sorciers ? Plus que tout. Plus encore lorsque je suis la victime de leurs jeux malsains de perturbations des sens. Plus encore lorsque je comprends que je suis enchaîné à l’une d’entre eux. Parce que je hais Azzura aussi fort que je l’aime, et que sachant que cette haine et cet amour ne peuvent cohabiter, je reporte cette haine apprise grâce à mon aïeul sur les autres membres de son espèce méprisable. Je hais les sorciers, et tout en moi le clame, avec l’assurance du convaincu que rien ne peut détourner. Je suis un Seigneur de l’ancien temps, certes, mais je sais que j’ai encore ce charisme que l’on n’a pu me retirer pendant ces siècles. Que disait-il à propos de moi lorsque j’étais encore loup ? Une bête splendide ? Il ne devait pas croire avoir autant raison. Mais même les « Seigneurs de l’ancien temps » ne sont que des mortels, Rafael. N’oublie pas tes lèvres bleuies par le froid, le sang qui dégouline encore des plaies les plus profondes, ce sang qui grésille à chaque fois qu’une goutte tombe sur la neige. N’oublie pas les tremblements incontrôlables qui parcourent ton épiderme. N’oublie pas que tu n’es qu’un humain, faible et fragile, actuellement. Et que tu as trop tardé le moment de te retransformer en loup. Je flanche un instant mais dans un excès d’honneur inhérent à mon sang italien, je serre les dents pour rester face à l’homme.


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MessageSujet: Re: On the way to South [Closed]   Sam 22 Fév - 7:00

Jonas souffla un bon coup lorsque le poids de son agresseur désorienté se retira de son torse. Comme il l'avait lui-même fait auparavant, le lycanthrope s'était retiré et s'était éloigné de quelques pas, laissant sa liberté au sorcier. Ce dernier se leva ausstôt pour reprendre un peu de sa dignité, et si la douleur dans son dos était encore vivace, elle ne le fut pas assez pour l'empêcher de bouger. Elle s'estomperait d'elle-même, il n'allait pas se plaindre sur la question, sa situation aurait été sans doute pire si le loup avait touché la partie blessée de son corps. Il observa l'homme en émettant un sourire de satisfaction, après tout, il avait enfin gagné, même si en cet instant, il ignorait ce qui était réellement en jeu, hormis peut-être sa vie. Certes Jonas avait eu l'occasion autrefois de maîtriser les arts du combats, que ce fut à mains nues ou armées, mais aujourd'hui, son esprit était le plus fort et surtout le plus apte à réussir, et peut-être même à fonctionner avec efficacité

-Voilà qui est mieux, dit-il, autant pour son interlocuteur que pour lui-même.

L'individu s'était emparé du bâton et l'observait sous tous les angles. Il est vrai que l'instrument avait une certaine beauté artistique sans parler du fait de son utilité multiple comme il avait pu le démontrer. Seulement, le voir en possession de l'autre ne fut guère au goût d'Altesse qui ne lâchait pas l'homme du regard et s'en approchait lentement, écrasant la neige sous sa vingtaine de kilos. Mais Jonas la vit, et d'un geste de grande douceur, posa sa main sur le dos de l'animal crispé. Stoppé dans son attitude, le rapace tourna sa tête vers le sorcier qui secoua la tête et du doigt lui indiqua une autre direction. Hésitant, l'aigle joua du regard entre les deux humains puis libéra de son gosier un cri redoutable avant de s'envoler brusquement au delà de la cîme des arbres. Ainsi, elle n'aurait à craindre d'actes violents de la part du métamorphe, car même si le rapace était de taille à affronter l'homme et lui infliger de cruelles blessures, l'individu avait démontré par son comportement et sa force qu'il était lui-même de taille à se défendre d'un oiseau, si grand fut-il et si Altesse devait mourir des mains de l'inconnu, Crane n'aurait pas d'autres choix que de mettre à mort son invité, ou du moins ce qui pouvait en être un. L'homme tremblait de froid, c'était d'une évidence telle que chacun de ses membres étaient secoué par intermittence par de nombreux soubresauts musculaires classiques, et sa nudité était bien trop apparente pour le mage. Jonas s'empara de son sac et en saisit une poignée de chiffons récupérés dans l'échoppe de New York, parmi lesquels se trouvait quelques hauts épais et des chausses confortables

-Epargne-nous donc ta nudité mon garçon, avant que le froid ne vienne à se saisir de toi. fit Crane en projetant les vêtements aux pieds de son hôte

Délaissant un bref instant ce dernier, le sorcier avisa le véhicule duquel il s'était approché tantôt et avisant l'intérieur sec, sortit un briquet de sa poche, l'alluma et le jeta sur les sièges matelassés. En quelques secondes, le tissu prit feu et s'embrasa, faisant du véhicule un point chaud qui prit de l'ampleur, idéal pour se réchauffer. Tout autour le bois ne manquait pas, et il ne serait pas difficile d'alimenter cet étrange brasero pour maintenir la chaleur vivace.
Le sorcier observa de nouveau l'individu en se posant sur un tronc affaissé à proximité immédiate du véhicule que les flammes commençaient à ronger depuis l'intérieur. Le loup était un sujet de réflexion importante pour le sorcier. D u simple animal, certes magnifique, il était passé à l'homme, un de ces métamorphes dont il connaissait l'existence. Et désormais, il faisait face à un homme avisé, probablement bien plus distingué qu'il ne laissait apparaître. Après tout, il semblait suffisamment malin pour avoir compris à qui il avait à faire, alors même que le mage n'avait guère donné d'indice concernant ces particularités. Sorcier... Jonas n'aimait guère ce mot même si il était parfaitement employé. Sorcier, mage, intriguant, bon nombre de fois il les avait entendu, parfois énoncés avec crainte, parfois avec terreur, et d'autre fois avec moquerie. Mais dans la bouche de l'individu nu qui lui faisait face, la haine était amplement perceptible. Il haissait les sorciers, il haissait donc ce que pouvait être Jonas....Oui, l'autre n'était pas un idiot, il usait du même stratagème que Jonas pour tenter de percer le mystère de son identité

Le respect, Jonas commencait à le ressentir vis à vis de son invité. Jusque là, tout se résumait à un stratagème, certes efficace, mais un simple stratagème pour apaiser un animal aux allures d'humains. Mais il n'avait rien d'un animal, hormis la fureur, il avait un langage étudié, distingué, ce qui faisait de cet homme bien plus qu'un simple errant, ou même esclave. Et il savait à qui il avait affaire, et ce grâce à un esprit de deduction qui se voulait forcément rationnel. Comment donc ne pas éprouver un minimum de respect vis à vis d'un tel être à la métamorphose si redoutable. Le métamorphe était parfait , ce qui impliquait à son origine l'usage d'une très grande maîtrise de l'art de la création de ces espèces. Et sa haine des mages était palpable, autant dans le ton que dans son regard quand il prononcait le mot sorcier. Respect, oui le mot convenait parfaitement. Le loup l'intriguait, tant pour ce qu'il était que pour ce qu'il pouvait représenter. C'était là une rencontre importante qu'il faisait, une rencontre programmée, destinée peut-être, autrefois, Jonas, lorsque son nom était différent, savait prendre en considération la destinée et tous ses aléas, comme d'ailleurs le faisaient ses contemporains de l'époque, quelques soient leur rang. Dans l'esprit du mage, une idée germa, un nouveau stratagème, quelque chose d'intéressant concernant cet individu. Jonas allait devoir mettre à profit l'ensemble des capacités intellectuelles qu'il possédait pour asservir cet animal au regard humain, faire de lui un servant, car Crane ne se faisait suivre d'aucun esclave, mais uniquement par des servants, des êtres dévoués à son être et son ambition, parfois pleinement conscients des enjeux, parfois trompés peut-être, mais dont la loyauté était obtenue par une symbiose des ambitions. "Plutôt crever que de servir un sorcier" avait-il dit? Non aucune chance, il n'était pas question de mourir, c'était vulgairement dit, mais quelle fierté dans cette élocution.

-Ainsi donc, tu es capable de m'identifier comme sorcier... fascinant. Il me semble m'être fourvoyé à ton égard mon garcon. Tu es peut-être esclave de ta colère et de ta haine, mais ton esprit est bien affuté pour un simple changeur...

Oui, il fallait prendre en compte que Jonas avait toujours pensé que les métamorphes étaient des résidus d'hommes, des individus aux manières peu évolués, juste bon à être utile comme hommes de mains, ou pions remplaçables. Mais il avait devant lui bien plus que cela, de quoi modifier nettement son aversion pour cette espèce. Mais malgré tout, s'il était évident que l'inconnu avait une certaine prestance, il restait néanmoins un être au langage trop violent dans ses expressions.

-Ne crois-tu pas qu'il serait temps de laisser ta colère de côté? Ta fierté et ta haine ne font guère le poids face au froid et au ridicule de ta situation présente, aussi légitimes puissent-elles être. Et je n'ai guère de temps à perdre en palabres de cette espèce. C'est à l'homme avisé, l'homme érudit et éduqué que je m'adresse, pas à un simple charretier.

Jonas était décidé. Il fallait faire de cette rencontre fortuite, peut-être destinée cependant, un évenement à l'utilité incontestable. Il ne pouvait être en aucun cas négligé qu'un homme tel que ce métamorphe pouvait être un allié d'une redoutable efficacité. Crane avait pourtant Altesse avec lui, un animal qui avait prouvé sa loyauté, mais qui restait avant tout un animal, avec son plus cruel défaut, celui de ne pouvoir communiquer. Cet individu là en revanche avait quelque chose qu'Altesse ne saurait avoir, ne pourrait remplacer. Si le mage souhaitait reprendre le court de sa mission d'autrefois, avant la chute dans les Falls, il lui faudrait alors une autre forme de servant. La question était de savoir à qui avait-il à faire, et que comptait faire cet homme de son existence, notamment en cette ère dont il n'était, à l'instar de Jonas, du tout originaire selon toutes vraisemblance.

-Un sorcier... je n'aime guère ce terme, il a une consonnance qui me dérange, comme peut l'avoir une insulte ou un quolibet. Certaines tribus et villages que j'ai arpenté autrefois utilisait le terme "shaman"... C'est la même chose, mais avec un idéal plus... exotique cependant. A Babylone, et même à Thèbes, le mot "Mage" fut davantage usité. Quelles prodigieuses cités, certes gérées par des légions d'idiots, mais quelles splendeurs. Les as-tu connues mon garcon?

Jonas en doutait, mais il était évident pour lui que l'homme avait un âge bien plus avancé que son corps ne laissait paraître, ce qu'il avait en commun avec lui par ailleurs. Le Mage désirait surtout obliger son invité particulier à se démettre de sa haine de lui-même. Tant qu'elle serait là, elle ferait obstacle aux intentions du sorcier
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MessageSujet: Re: On the way to South [Closed]   Dim 23 Fév - 13:24



Voilà qui est mieux Ce n’st pas ce que j’aurai dit, mais il est vrai que pour lui la situation doit retrouver un peu de couleur après son passage à la pâleur cadavérique du mort en devenir. Dans tous les cas, Me voilà maintenant à m’armer de son bâton, dont je teste l’équilibre – idéal ou peu s’en faut – en le soupesant. L’oiseau qui me ferait un délicieux repas proteste à nouveau, mais le sorcier l’écarte. Je ne comprends pas sa manière de réfléchir. Je suis dangereux, il en a convenu. Je suis agressif et je veux sa mort, de ça aussi il en est conscient. Alors pourquoi envoie-t-il son plus précieux allié au loin ? Pour me prendre à revers ? Pour amoindrir encore une fois ma vigilance ? Allez, bon sang, allez, donne moi ce que je te demande, pour que je lui facilement contacter le Gouvernement. Mes contacts. Pour que l’on me ramène vite fait chez moi, et que j’oublie cette désastreuse soirée. J’ai beau faire le fier, laisser paraître toute la noblesse de mon être et la morgue aristocratique qui fait partie de moi, les tremblements qui parcourent mon épiderme me décrédibilisent. Et affichent clairement mon état physique qui frôle le ridicule. Epargne-nous donc ta nudité mon garçon, avant que le froid ne vienne à se saisir de toi. J’observe les lambeaux crasseux qu’il a jetés à mes pieds. Moi ? Enfiler ça ? Plutôt mourir. Et ça tombe bien puisque c’est ce qui va t’arriver, Rafael. Sans quitter l’homme du regard, sans lâcher le bâton, non plus, je prends du bout des doigts ce qu’il appelle vêtement. Je suis maniaque. Perfectionniste. Moi ? Si peu. Je ne supporte pas l’imperfection, et plus encore lorsque l’on parle de la manière dont je suis vêtu. Que l’on ne s’étonne pas, donc, si j’hésite à porter ces… choses. Ne sois pas stupide, Rafael. Mets donc ces loques, ne t’en soucie pas. Vois le sorcier allumer un véritable brasier qui fait déjà fondre la neige environnante et brûle ta peau malmenée. Ma nudité le dérange t il réellement ? Si ce n’était ce froid, cette neige, ce vent et leurs morsures, elle ne me dérangerait pas plus que cela. Je joue des épaules pour tester la solidité de ma peau, mais je suis coupé dans mon mouvement par la pointe de douleur qu’il me renvoie. Les coupures superficielles ne sont certes déjà plus qu’un mauvais souvenir, mais il est clair que les plus profondes ne guériront pas d’elles-mêmes. Je fais quelques pas en direction du brasier, alors que le sorcier s’assoie sur un tronc. Je lâche les habits dans un grommellement italien sur la qualité du tissu avant de passer un pantalon trempé avec une petite grimace de dégoût. Le lin, le mohair, le cachemire, voilà ce qu’il me faut, pas un vulgaire coton brut et désagréable. Ainsi donc, tu es capable de m'identifier comme sorcier... fascinant. Il me semble m'être fourvoyé à ton égard mon garçon. Tu es peut-être esclave de ta colère et de ta haine, mais ton esprit est bien affuté pour un simple changeur... Je lève la tête, fixant mes yeux clairs dans ceux du sorcier. Simple changeur ? Un rictus agacé déforme mon visage. Simple changeur. Qu’il retourne à Darken Falls : je suis tout sauf un simple changeur. Je suis un homme maudit qui n’a plus aucune raison de garder son humanité. Je suis un homme brisé que le loup a reconstruit, je suis un homme dont le cœur est resté en Italie, au XIIIème siècle. Je suis un bourreau, un instrument aux mains du Gouvernement. « Je ne suis l’esclave que de ceux que je laisse m’utiliser. Ma colère et ma haine sont totalement sous mon contrôle, détrompez vous. » Joli mensonge. « Et je ne suis pas., et j’insiste sur le pas un simple changeur. » Mon avant bras porte la fine cicatrice de la puce qu’ils ont intégrée de force dans mon organisme, et liée à mes nerfs. Une cicatrice pour un métamorphe qui se régénère ? Oui. Parce que ma peau pâle laisse visible l’ombre de l’objet électronique. « Ne crois-tu pas qu'il serait temps de laisser ta colère de côté? Ta fierté et ta haine ne font guère le poids face au froid et au ridicule de ta situation présente, aussi légitimes puissent-elles être. Et je n'ai guère de temps à perdre en palabres de cette espèce. C'est à l'homme avisé, l'homme érudit et éduqué que je m'adresse, pas à un simple charretier. » Je m’immobilise. Qu’a-t-il dit ? L’homme érudit ? L’homme éduqué ? Qu’il est simple de me flatter… Et c’est efficace. C’est au loup de me souffler d’être prudent à présent et à l’homme d’être hypnotisé et domestiqué. Intriguant homme que ce sorcier qui a un tel pouvoir sur moi. Je reste silencieux, attendant de voir ce qu’il a de si important à me dire. Un sorcier... je n'aime guère ce terme, il a une consonance qui me dérange, comme peut l'avoir une insulte ou un quolibet. Certaines tribus et villages que j'ai arpentés autrefois utilisait le terme "shaman"... C'est la même chose, mais avec un idéal plus... exotique cependant. A Babylone, et même à Thèbes, le mot "Mage" fut davantage usité. Quelles prodigieuses cités, certes gérées par des légions d'idiots, mais quelles splendeurs. Les as-tu connues mon garcon? Babylone ? Thèbes ? Mais quel âge a-t-il ? Je le fixe sans répondre, comptant sans les voir les secondes qui défilent. Mon regard manque de se défaire de la haine injustifiée que je lui porte pour sa nature, mais je me reprends. Evidemment. Tu ne peux te défaire de cette haine qui a justifié tous tes actes jusqu’ici. Qui a justifié le sang sur tes mains, le sang sur tes crocs, le meurtre de ton frère et de la famille de Noah. Ils le méritaient, parce qu’ils étaient des sorciers. Et si tu reviens sur ta haine… Il ne restera rien de moi. « Sorcier, mage, chaman, les mots changent mais le fond reste : vous n’êtes rien de plus que des aberrations de la nature, dont la pourriture se répand et contamine les autres. Thèbes, dis tu ? Combien de temps as-tu passé dans ces enfers où tu aurais du rester, au final ? Il n’y a pas d’idéal lorsqu’on parle de gens comme vous. Que l’on vous fasse confiance ou que l’on vous haïsse, le résultat sera toujours le même : tout est mieux lorsque vous n’êtes pas là et lorsque l’on peut contempler vos cadavres. » Et je ne suis pas mieux. Qu’est ce que je reproche aux sorciers en définitive ? La haine que m’a transmise mon grand père. La mort qu’ils ont semé dans leur sillage, celle que j’ai semée, mon amour pour Azzura que je ne peux nier malgré tous mes efforts et malgré les siècles, sa mort, à elle, alors que j’avais tout sacrifié pour la sauver. La mort de ma fille, si innocente, si pleine de vie. Et ma mort, à moi. Qu’un sorcier m’a refusée. Qu’elle aurait été ma vie sans la sorcellerie ? La vie d’un Seigneur influent, riche, noble, craint et respecté, et de sa femme, de sa fille. Mais les sorciers ont gangrené tout cela, ont perverti cet avenir avec leur haleine putride. Je hais les sorciers non seulement parce qu’on m’a élevé dans leur haine, mais parce qu’ils sont responsables de ma propre destruction. « Vous avez tort de vous adresser à l’homme éduqué, parce qu’il vous hait plus que l’animal. Et que rien ne lui fera changer son opinion. Si vous n’êtes pas mort, actuellement, c’est parce que j’ai fait des erreurs. » Je le reconnais. Mes doigts retrouvent toutes leurs sensations alors que je fais face au feu qui caresse les pores glacés de ma peau. Un peu du soleil italien, du soleil de la Nouvelle Orléans. Je préfère rester torse nu que de porter plus de ces tissus de basse qualité. « Mais soit. Que cherchez-vous, au final ? N’essayez pas de me faire croire que vous êtes un sage solitaire et remplit de bonté qui se promène à la surface de la terre depuis des millénaires, j’en suis déjà convaincu. » Le sarcasme et le cynisme me viennent tout seul, et je ne vois pas de raison suffisante pour les retenir.

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MessageSujet: Re: On the way to South [Closed]   Dim 23 Fév - 16:01

Jonas observa du coin de l'oeil les manières de l'inconnu, dont il ignorait toujours le nom. Son langage, son ton, certains de ces gestes et grimaces faciales, tous ces petits signes apportaient des éléments de réponse sur le puzzle que pouvait être l'individu métamorphe. En tant que loup, il avait été aisé de deviner qu'il n'était pas ce qu'il prétendait être, mais en tant qu'humain, percevoir le vrai du faux était bien plus délicat. Chacune de ses respirations transpiraient de colère, et même s'il s'apaisait peu à peu, il ne cessait de la dilapider par ses paroles. De quoi exaspérer quelque peu le Mage. Mais il préféra ne pas en faire cas pour le moment, trop concentré pour tenter d'imaginer l'histoire qu'avait pu connaître cet inconnu, ou plutôt certains éléments de cette vie. Jonas avait suffisamment vécu pour connaître certains comportements, ainsi que leur source, et la colère, il la connaissait que trop bien.

Devant lui, un spectacle amusant avait lieu, celui d'un homme devant accepter une certaine humiliation, que celle de porter des vêtements de qualité médiocre. Cela se voyait, c'était d'une netteté flagrante qui fit sourire le Mage. Une fois de plus, une nouvelle pièce du puzzle se plaçait d'elle même dans l'esprit du sorcier. C'était d'autant plus comique que dans la situation présente de cet homme, le moindre carré de tissu aurait du être le bienvenu, et pourtant , ses manières reprenaient le dessus. Tout comme cette façon hautaine de se considérer. "Je ne suis PAS un simple changeur" venait-il de dire. Haute opinion de lui-même, cruelle pouvait être la réalité dans ce genre de cas. Crane le savait, lui aussi était habité par un égo largement dimensionné, le faisant passer parfois pour plus supérieur qu'il ne l'était réellement. "Non en effet, mon jeune ami, tu n'es pas un simple changeur, et tu n'es pas de simple souche populaire" pensait le Mage en l'observant encore et toujours.

De le colère, encore de la colère, toujours de la colère...De la haine, Jonas la ressentait partout, elle l'imprégnait de plus en plus, comme la puanteur de cadavres en putréfaction, elle émanait de cet individu comme un parfum âcre et insupportable. Comment, bouffé par toute cette haine pouvait-il être encore en vie? On ne vivait pas de la haine, on en mourrait progressivement. Ou alors était-ce le loup qui épongeait cette haine et la transformait en instinct sauvage? Des question, encore des questions autour de ce personnage, affligeant sur certains abords, passionnant sur d'autres. La suffisance quand à elle, celle qui portait en écho chacune de ses paroles dans le silence glacé, Jonas savait s'en prémunir, après tout, il était parfaitement apte à entendre ce genre de propos, lui même, bouffi d'orgueil, était bien mal placé pour faire une remarque sur la question.

-Un sage? Oh non, aucun être éclairé n'accepterait de déambuler ainsi à la surface du monde. Les sages pensent tout savoir, sans rien connaître. Ils n'ont pas vu ce que nous, nous avons pu voir. Tu penses vraiment pouvoir te délecter de la mort de mes semblables, comme tu le ferais avec la mienne?

Jonas ricana un court instant. Cette allusion du loup envers les sorciers et leur penchants avait un effet comique sur les nerfs du mage noir. Il ne savait pas, il ne connaissait pas l'étendue de ce que pouvaient infliger les mages. Jonas les avait vu faire, Jonas avait participé à leurs exactions et Jonas avait surtout connu les enfers pendant quelques centaines de siècles.

-Non, tu peux cracher toute la haine que tu veux sur les mages, tu seras mort bien avant que le dernier d'entre eux ne rende son souffle ultime. Oui, ils sont comme la lèpre, ils se mouvoient dans le monde comme le mal s'infiltre dans les veines. Quoique tu tentes, et même si tu peux nous exterminer tous, jusqu'au dernier, a la fin, il restera toujours une aberration...toi!

Jonas avait laissé parlé sa portion en colère, sans doute par exaspération devant l'insistance de son "compagnon" vis à vis de la haine qu'il pouvait éprouver devant son hôte. Une chose était certaine, une haine aussi vivace avait une raison, une source. Il haissait un mage, ou quelques uns d'entre eux, et reportait désormais l'ensemble de sa colère sur la totalité de l'espèce, une réaction des plus humaines qui soit.

-Ce que je cherches? Je suis resté trop longtemps loin des affaires de mes semblables. Je ne connais guère même les légions nouvelles de ma caste. Malgré le temps, il est des choses qui restent immuables, des devoirs dont il est impossible de se soustraire si toute son existence y a été dévoué. Tu es un homme éduqué, tout en toi le présente ainsi, tu ne peux t'y soustraire. Que m'importe que ta haine s'étoffe en loup ou en homme, c'est l'objet de ta haine qui seule m'intéresse. Ta haine des mages...Et ta forme de loup.

Ses intentions, devait-il les révéler ainsi à un inconnu? Aucune importance. Jonas était resté trop longtemps en retrait, il devait agir, il voulait agir, reprendre le cours de son existence libre d'autrefois, mais cette fois-ci, il le savait, ses dispositions étaient meilleures.

-Il y'a d'autres mages comme moi par ici. Je ne sais exactement ou, mais une âme charitable m'a colporté le fait que la vie a repris son cours dans le Sud de cette contrée, là ou désormais je me rends. Là-bas, auprès de leurs proies, se trouvent les prédateurs que je recherche.

Crane marqua une pause. Il fallait museler quelque peu le loup, limiter ses possibiltés de cracher davantage de venins comme peuvent le faire les cobras. Ainsi, dans cette optique, valait-il mieux pour le mage de prendre les devants.

-J'ai un marché à te proposer Changeur. Tu sais ou se trouvent mes semblables, tu les fréquentes, ta haine te trahit sur la question. Amène-moi auprès d'eux, auprès de l'un d'eux, selon ta guise, et je ne serais pas ingrat le moment venu. Tu peux le refuser et poursuivre ta route de ton côté. Fais ton choix...Quel est ton nom par ailleurs?
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MessageSujet: Re: On the way to South [Closed]   Lun 24 Fév - 23:23



Le feu a quelque chose d’hypnotisant. Il me rappelle les bûchers italiens, et surtout celui qui a vu périr mon frère, et qui a failli me prendre ma femme. J’y étais aux premières loges, en tant qu’héritier des Renzacci. Mon grand père voulait m’endurcir, et de tels spectacles m’étaient plus que familier avant mes seize ans. Je ne parviens plus à me souvenir avec netteté du premier bûcher auquel j’ai assisté, sûrement l’année de mes douze ans, puisque mes années de loup sont passées par là et ont flouté beaucoup de mes souvenirs. Mais bon. L’idée est là. Je ricane devant la tentative du sorcier de me faire croire que le mot sorcier donne un aspect négatif au concept, du moins c’est ainsi que je comprends sa diatribe sur l’appellation des sorciers à travers les âges, en lui faisant comprendre à mon tour qu’il essaye simplement de cacher par du vocabulaire ridicule la pourriture qui gangrène son âme. J’aime bien l’image de cette maladie. Sale, putride, humiliante, elle représente la désagrégation de l’être humain et de son esprit. Les sorciers ne sont que les marques d’une maladie qui ronge l’humanité et que mon grand père voulait exterminer par la violence. Sur ce point là, je ne peux que le rejoindre. Mon sarcasme est gratuit, tout comme mon ironie et mon attaque si peu masquée. Un sorcier plein de bonté… seul un imbécile pourrait me croire sincère à cet instant. -Un sage? Oh non, aucun être éclairé n'accepterait de déambuler ainsi à la surface du monde. Les sages pensent tout savoir, sans rien connaître. Ils n'ont pas vu ce que nous, nous avons pu voir. Tu penses vraiment pouvoir te délecter de la mort de mes semblables, comme tu le ferais avec la mienne? Et bien voilà. C’est un imbécile, ou alors il pense pouvoir jouer au plus malin avec moi : dans les deux cas, il est perdant. « Si je le crois ? » Un petit rire m’échappe, accompagné d’un sourire plus que sincère. « Je ne fais pas le croire, je le sais. » Tuer ne me dérange pas. Plus. Parce que ça t’arrange bien de te construire un idéal et des justifications qui ne sont que rideau de fumée pour masquer ta propre pourriture, Rafael. Peut importe pourquoi ça ne me dérange plus, au final. L’important c’est que j’ai une habileté sans pareil pour tuer dans l’œuf la culpabilité. C’est ce que tu veux te faire croire, du moins… Non, tu peux cracher toute la haine que tu veux sur les mages, tu seras mort bien avant que le dernier d'entre eux ne rende son souffle ultime. Oui, ils sont comme la lèpre, ils se mouvoient dans le monde comme le mal s'infiltre dans les veines. Quoique tu tentes, et même si tu peux nous exterminer tous, jusqu'au dernier, a la fin, il restera toujours une aberration...toi! Parce qu’il pense me vexer ? Je me tourne pleinement vers lui, exposant mon dos blessé au brasier qui ravive la douleur. Si la chaleur, la fournaise, même, peut faire cicatriser à la dure mes blessures, et bien soit, je prends. Si je suis maniaque et méticuleux sur mes habits, je ne suis pas pour autant une chochotte en ce qui concerne la douleur. De ça aussi, mon grand père s’en est assuré. Mon rire manque de revenir, sans faux semblants, encore.

Tu ris lorsqu’on te traite de meurtrier, tu ris lorsqu’on sous entend que tu es un psychopathe, et tu ris encore lorsqu’on te qualifie d’aberration… mais qu’est ce qui ne va pas chez toi ?

Excellente question. A soumettre à l’un de ces médecins des temps modernes qu’ils appellent psychologue. Mais ce n’est ni le lieu, ni le moment, puisque j’aperçois dans le ton de la voix du sorcier quelque chose qui n’y était pas auparavant. Vexation ? Colère ? Impatience ? Je n’arrive pas à le déterminer, mais dans tous les cas, ce n’est guère positif et à son avantage, et je souris derechef en attendant qu’il continue. Ainsi, ce qu’il cherche n’est rien d’autre que… les autres sorciers ? Et bien, il n’a qu’à me suivre, parce qu’entre mon frère et Azzura, je dois les attirer, comme la flamme attire les insectes qui ne pourront que se consumer à sa lumière. Et ce serait toi la lumière ? Sauf que dans le cas présent, la lumière n’est qu’un trou noir qui extermine tout aussi facilement les espèces à portée. Voilà qui est mieux, et certainement plus réaliste. Et ma forme de loup l’intéresse. Je plisse les yeux, en penchant légèrement la tête sur le côté dans un mouvement lupin inconscient. Ma haine pour son espèce et… ma forme de loup ? « Qu’est ce que… » Il y'a d'autres mages comme moi par ici. Je ne sais exactement ou, mais une âme charitable m'a colporté le fait que la vie a repris son cours dans le Sud de cette contrée, là ou désormais je me rends. Là-bas, auprès de leurs proies, se trouvent les prédateurs que je recherche. Je reste silencieux. Une âme charitable. Un cadavre très certainement maintenant. Prédateurs… parle-t-il de moi ? Non, bien évidemment. Il parle de ses semblables, cesse donc de te croire au centre de tout. Je me tais toute fois, attendant qu’il reprenne. Et bien qu’attends-tu, sorcier, pour me donner plus d’information sur un nid de tes semblables. Que je puisse faire brûler le vivier de serpent. Je ne suis pas en état pour le tuer mais… mes doigts effleurent mon avant bras. J'ai un marché à te proposer Changeur. Tu sais ou se trouvent mes semblables, tu les fréquentes, ta haine te trahit sur la question. Amène-moi auprès d'eux, auprès de l'un d'eux, selon ta guise, et je ne serais pas ingrat le moment venu. Tu peux le refuser et poursuivre ta route de ton côté. Fais ton choix...Quel est ton nom par ailleurs? Mon nom ? Il ne l’aura pas. « Antonio. » Mon accent italien le chante à ma place. Je sais où se trouvent ses semblables ? Sait-il seulement que si je le savais, et bien… ils ne seraient plus. Menteur. Pourquoi donc ? Tu sais où trouver Azzura. Ce n’est pas… Elle n’est plus… Elle. Non. L’important, c’est que je retrouve mon créateur, Pour lui faire payer. Que je retrouve Noah. Pour me faire pardonner ? Non. Pour… refaire équipe. Ma vie croise bien trop les sorciers. Et je ne peux aller contre. Fais ton choix, Changeur. « Je ne passe pas de marché. Ravale ta morgue une seconde, Rafael Et certainement pas avec un homme comme toi. » Mon refus flotte entre nous, mais je le rattrape in extremis par un « ..cependant… » fuyant. Cependant… bon point de départ. Mais l’important est ce qui va suivre, très certainement, et je m’éloigne un instant du feu, pour me rapprocher du sorcier. Un petit sourire reste confiné à mes yeux si clairs. « Cependant… je peux te mener à des… amis. » qui te tueront. Je tais ces derniers mots, alors que mon visage n’en laisse rien paraître. Je me suis bien servi d’Azzura dans l’espoir de pouvoir égorger sa sœur, et ça ne date pas de plus de quelques heures. Alors… livrer un sorcier que je ne connais que peu, aux Shadowhunters… ca ne me pose strictement aucun problème. Bien évidemment… c’eut été plus pratique si l’un de nous avait eu un téléphone, mais de toute évidence ce n’est pas le cas. Dommage. Je vais devoir marcher, ou plutôt trotter à quatre pattes une fois que je me sentirai capable de me retransformer. « Et passe moi ton manteau. » Exigeant ? Non. Autoritaire. J’ai trop l’habitude d’être obéi et que mes vœux soient exaucés pour avoir retenu cet ordre. Et bien, soit, avec ce pantalon si pitoyable, je ne peux pas tomber au plus bas si j’écope d’un refus. Et de toute manière, il mourra bientôt. Et je retrouverai mon confort habituel, et mes costumes. Et mes chemises. Et le contact du tissu de haute qualité que j’envie à cette époque.

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MessageSujet: Re: On the way to South [Closed]   Mar 25 Fév - 18:25

Jonas laissa passer une moue sur son visage. L'inconnu avait tranché, non sans avoir, une nouvelle fois, projeté un peu de sa rage dans l'air ambiant. Le mage, sans trop cacher sa déception, passa sa main sur la partie basse de son visage, mais sans quitter du regard les yeux emplis de haine de l'autre individu.

-Voilà qui est fort dommage...Antonio...

Le sorcier fit mine de se lever, comme s'il avait décidé de partir brusquement, n'ayant pu obtenir la faveur du loup pour ses projets futurs. Mais alors qu'il allait se redresser, il abandonna l'idée et se détendit, reprenant sa position initiale et libéra son rire glacé, emporté par un rictus nerveux. Sans signes avant coureurs, le visage de Jonas se crispa brutalement, figé par une froideur sans adjectif qualifiable tandis que son regard se fit noir et perçant.

-Ainsi donc voilà toute la considération que je peux attendre de ta part, moi qui t'ais épargné la vie, moi qui t'ais donné de quoi te vêtir alors que tu étais nu dans le froid, qui t'ais fourni le feu utile pour réchauffer ton corps dans cet enfer glacé. Tu me craches au visage ton refus sans la moindre refléxion à ma proposition...

Le ton du sorcier était ferme, emprunt d'une colère tenace qui influencait certaines syllabes qu'il articulait avec une certaine lenteur

-Allons, quel vilainie Rafael. Me crois tu assez dupe pour ignorer jusqu'à ton vrai nom, comme si je n'étais rien d'autre qu'un vulgaire sorcier à breloques? Je n'ai que faire de tes amis, puissent-il s'étouffer à ma vue ou en prononçant mon nom dans leurs cauchemars. Quand à toi, il est temps d'apprendre ou conduit l'insolence!

Jonas se leva avant même d'avoir terminé sa dernière phrase et d'un geste puissant, frappa ses deux mains l'une contre l'autre, déclenchant ainsi un claquement brutal. L'étonnante déflagration résonna dans l'atmosphère puis disparut.Brusquement, la voiture en proie aux flammes émit un puissant sifflement avant que des bruits d'éclatement impressionnant brisent le silence ambiant. Les gaines de caoutchouc des roues avaient cédé sous le dilatement du fluide qui les maintenaient gonflées jusque-là. Pendant ce court intervalle de temps, il y eut un changement radical de la situation. Jonas avait disparu de la scène, le tronc était pourtant toujours occupé par quelqu'un, mais en lieu et place du mage se tenait désormais un autre individu. Il était bien plus âgé que Jonas lui-même, il se tenait droit sur le morceau de bois abattu, plein de flegme et d'une certaine élégance. Son regard était pointé droit sur l'inconnu métamorphe, et son visage ne pouvait lui être inconnu. Ce vieil homme avait quelque chose dans son apparence qui rappelait étrangement l'apparence humaine du loup, un air de ressemblance étonnante, les années en plus, et avec beaucoup plus de charme dans son allure. Il était soigné, une barbe grise parfaitement taillée ornait la partie basse de son visage. Il ne quittait pas l'autre des yeux, il cherchait même à établir une  connexion visuelle avec l'individu

-Rafael, mon garçon, finit-il par dire avec dans sa voix un mélange discret de tendresse et de mélancolie. Regarde-toi donc, regarde ce que tu as pu devenir. Ou est passé ce petit garçon dont j'étais si fier. Regarde ce qu'ils ont fait de toi, regarde comment tu les as laissé faire... Un tueur, empreint d'une fierté mal placée, un tueur ayant plus de sang sur les mains que dans ses veines...

Le vieillard secoua la tête avec dépit, la déception était parlante, tout autant que le ton qui passait d'une certaine douceur à une certaine fermeté.

-Je t'ai observé toutes ses années, j'ai tant espéré que tu changes de voies, que tu t'épanouisses, mais non. Tu t'es enlisé dans la fureur et la folie. Mais tu peux encore changer cela, maintenant, avant qu'il ne soit trop tard...

Le vieil homme se redressa, avec un peu de difficulté et se rapprocha de son petit-fils. Car il n'était pas n'importe qui, le lien familial qui les unissait était d'une évidence physique presque absolue.

-Une main t'es tendue, et tu la refuses? Pourquoi? Crois-tu pouvoir te débarasser seul de ta malédiction, de ces chaînes que tu refuses de voir? Moi je connais ton avenir, je peux même t'en faire voir un fragment. Fermes les yeux, et observe...

Signore Renzacci toucha la main de son descendant et le fit chavirer dans un autre état de conscience. Lorsqu'il libéra son petit fils, ils se trouvaient tous deux dans une pièce d'une taille confortable, dont le confort et le luxe étaient d'une évidence certaine. Des dorures couraient le long des murs, des fragments de tapisseries magnifiques descendaient du plafond et des meubles signés de mains d'artistes composaient le décor mobilier de la salle. C'était une chambre au lit somptueux, éclairé par une lune montante sensuelle provenant d'une baie vitrée large donnant sur une terrasse où les fleurs dansaient sous une légère brise. Il Signore voyait dans le regard de Rafael le doute et l'incompréhension, car il ne pouvait pas connaître cet endroit. Pas encore du moins. Le vieil homme se tenait à l'écart, observant chaque réaction de son descendant, tandis que ce dernier, au milieu de la pièce, cherchait à se situer selon toute vraisemblance. Il sembla un moment que ce dernier parut percevoir la présence de son aieul, sans nettement pouvoir le distinguer. C'est à ce moment-là qu'elle entra en scène, telle une splendeur sombre mais d'une sensualité exemplaire, vêtue d'une tenue nocturne digne d'une grande reine. Elle passa derrière Rafael et posa ses mains délicates sur son dos, puis les fit glisser avec lenteur vers ses épaules, redescendant le long de ses bras avant de le ceinturer, glissant son corps contre celui de son amant. Azzura, la femme pour laquelle battait le coeur du métamorphe, l'objet d'une partie de sa haine, agissant telle une maitresse langoureuse pour éveiller le désir de son compagnon. Et cela semblait fonctionner, car l'homme se laissait sombrer dans ses émotions. Il Signore connaissait leur histoire, dans ses moindres détails, il avait suivi son descendant tout le long de son existence, il savait ce qu'il éprouvait pour cette femme, les contradictions sentimentales qui l'animait depuis de nombreuses décennies. Il voyait devant lui la haine s'étouffer devant l'amour, ou dans ce cas précis le désir physique. Elle était d'une sensualité que pouvait envier même l'ancien. Oui, elle était belle, elle était aussi séduisante de corps que sombre d'âme. Cela se sentait. Rafael s'abandonnait sous la caresse de sa compagne, tandis qu'elle se laissait glisser sur le côté de son corps pour apparaître devant lui. Blottie contre son torse a présent, il ne pouvait que céder aux avances qui atteignirent leurs apothéoses sous la forme d'un long et langoureux baiser.

-Prends garde fiston, tu ne sembles pas mesurer l'ampleur du danger que tu encoures en cet instant, annonça avec calme le vieil homme.

Le doute sembla germer dans l'esprit de Rafael, car aussitôt, il laissa dériver son regard vers le vieil homme, ou plutôt la silhouette de celui-ci, car son grand-père se maintenait toujours dans l'ombre d'une armoire de bonne taille. C'était un emplacement voulu, il fallait que son petit-fils prenne conscience des évenements. Rafael ne pouvait rien contrôler, mais en se positionnant en tant que conscience pour l'esprit de son descendant, Signore Renzacci voulait que ce dernier puisse garder sa conscience, comme une transition continue entre son avenir et son présent, que ce rêve devienne une expérience et non pas un simple songe que l'on peut oublier ensuite.
Azzura l'avait abandonné, elle rejoignait le lit avec un pas et un déhanché subjectif, gardant à vue son compagnon qui, sous l'emprise de cette sensualité, abandonna rapidement son observation de l'armoire pour revenir à des formes plus attractives. Il ne bougeait pas, seule sa tête suivait la trajectoire de la proie de son désir. Elle se laissa choir sur le lit, avec un pose lascive, et d'un geste plein d'allusion, invita son compagnon à la rejoindre. Etrangement, à cet instant, le corps de Rafael se débloqua, mais Il Signore ne lui permit aucun pas. Il sortit de son ombre et se rapprocha du jeune homme, perdu dans ses désirs.

-Oh oui, elle est belle. Mais elle a déjà tout ce qu'elle désire. Tu le lui a offert, tu le lui a permis. Mais désormais, tu ne représentes qu'un simple outil usagé, qui n'a plus de raison de servir. Elle va se débarasser de toi. Ecoute-moi Rafael. Ceci est l'avenir que ta fierté te réserve.

Une fois de plus, le prétendant à une nuit de plaisirs perdit son désir au son de la voix de son aieul. Il semblait prendre conscience de la situation, il entendait parfaitement les paroles du vieil homme, c'était une évidence même, son regard vacillait à chaque mot prononcés. Pourtant, un simple bruissement de robe le ramena à une autre réalité, celle de sa pulsion, l'appel de l'amour. Et il y répondit, abandonnant ainsi le vieil homme. Il ne lui fallut que quelques pas pour rejoindre sa dulcinée qui se blottit à nouveau contre lui, afin de défaire sa chemise de tissu noble. Les choses commençaient à s'accélerer et il était évident qu'à partir de ce moment, Rafael ne pourrait que se laisser emprisonner dans une spirale de sensualité.

-Tu l'as haï avec ferveur, tu l'as aimé, tu t'es donné pour elle, tu lui a apporté tout ce qu'elle désirait. Et toi, qu'as-tu donc reçu en retour? Ce baiser? Voilà qui est fort peu... Tu as toujours su pourquoi tu la haissais, il y'avait une raison, elle existe toujours. Tu sais qu'elle se sert de toi, son amour n'est qu'une illusion qui fait de toi son esclave. Tu le sais, ne l'oublie pas.

Mais Rafael ne sembla pas prendre conscience de ces dernières paroles. Il buvait à grandes lampées la douceur du baiser que lui donnait Azzura, avant qu'elle ne se glisse à nouveau dans son dos pour le débarasser définitivement de sa chemise. Il se laissait faire et ne prit conscience qu'au dernier moment que les mains qui se balladaient le long de son dos n'étaient pas nues. La lame froide et acérée glissa entre ses côtes et percuta son coeur dont elle déchira l'enveloppe avec une certaine fougue. Le coup n'avait pas été sensuel, si rapide même que la douleur ne parvint qu'au dernier moment, lorsque le poignard tourna dans la plaie sous une impulsion savante de la Mage Noire. Il ne pourrait pas bouger, car en cet instant, Rafael, tétanisé par une douleur lancinante et une agonie entamée pouvait également sentir un filet glacé emplir ses veines et contracter l'ensemble de ses muscles. La lame n'était pas blanche, elle avait été préparée, trempé dans un nectar que la jeune femme avait concocté pour cette occasion. Le corps du métamorphe percuta le sol avec puissance, dans un grand fracas assourdissant, tandis que le précieux liquide vital s'échappait de la plaie béante de son dos.

-Voilà mon garçon, nous sommes arrivés au bout du voyage. Voilà donc ce qui t'attends si tu persistes dans l'erreur, feignant de croire que seule ta fierté pourra te libérer de tes entraves.

Signore Renzacci se rapprocha de la scène morbide autour de laquelle Azzura n'avait pas fini de s'affairer. Le grand-père attrapa la main de son descendant de nouveau et accompagna Rafael dans sa mort inéluctable, ou plutôt la conscience de celle-ci. La Mage, inconsciente de la présence du vieil homme, aspergea le corps agonisant de son compagnon d'un liquide volatile et y mit le feu en lâchant une bougie à proximité. Le hurlement déchirant du loup-homme résonna longuement dans la pièce, au fur et à mesure que les flammes dévoraient sa chair, ses muscles, chaque parcelle de son corps, jusqu'à ce que le silence reprenne ses droits.

Le retour à la réalité se fit en douceur. Tous deux se retrouvèrent près de la voiture carbonisée, l'endroit toujours désert de la présence de Jonas. Il était pourtant forcément quelque part... Il Signore ne délaissa pas les mains de son petit fils et toujours de sa voix ferme, ne laissa pas l'esprit du jeune homme vagabonder dans une refléxion quelconque

-Cruel n'est ce pas? Pardonnes-moi de t'avoir fait vivre cela mon garçon, mais cela est bien nécessaire, tu viendras à en convenir. En revanche, il y'a d'autres issues plus favorables, ou l'avenir peut paraître moins sombre et funeste. Ce Mage Noir que tu as rencontré, tu le hais comme les autres. Mais il n'est pas comme les autres. Tu n'en a jamais croisé de son acabit, il est puissant, il te perturbe. Je le sens dans les tréfonds de ta conscience, il t'obsède pour ce qu'il hait, cela attise ta haine, mais il t'obsède aussi parce qu'il y'a quelque chose en lui que tu ignores, que tu veux découvrir. Cela attise ta curiosité. Voilà ce que te réserves son avenir!

Sans crier gare, le vieil homme fit replonger son descendant dans une nouvelle conscience, un nouveau déplacement de son esprit. Comme précédemment, les deux hommes se retrouvèrent dans un nouvel univers, cette fois ci à la grâce de la lueur du jour. Une nouvelle pièce, n'ayant rien de commun avec la précédente. Il y'avait là aucun lit, aucune dorure, aucun décor digne de palais de l'ancien temps. La modernité était en présence, mais en qualité. Renzacci ne se tenait plus dans l'ombre, il était assis dans un confortable sofa dans un coin de la pièce, pouvant observer librement son descendant là ou il se trouvait. Le métamorphe était assis dans un fauteuil d'un confort certain, derrière un énorme bureau fait d'une table de verre épais, sur lequel étaient posés tout un ensemble de bibelots ainsi que des dossiers épais. Lui était engoncé dans un costume d'une coupe honorable, dans un tissu luxueux, en partie tourné vers la baie vitrée qui emplissait la pièce d'une lumière rayonnante. La ville se dressait tout autour du bureau, resplendissante sous les éclats du soleil. Depuis sa position, il la dominait, il la surplombait.

-Le décor est d'une différence notable. Cette cité n'a jamais été aussi belle, tu ne peux le nier.

Rafael fit tourner son fauteuil pour observer son mentor. Ce dernier ne le quittait pas des yeux, observant ses réactions et son regard. Il Signore laissa un sourire se dessiner sur ses traits burinés par les âges. Son descendant, avait le regard vissé sur deux bibelots en particuliers. Deux cadres de photographies disposés de part et d'autre de son poste de travail attisaient son regard. Sur le premier il put se reconnaitre, toujours dans ce genre de tenue qu'il portait en cet instant, tenant contre lui une personne que tous deux connaissaient bien. Elle était de nouveau là, cette fois ci comme simple image sur un bureau, la Mage Noire Azzura, blottie contre lui. L'autre cliché était plus intriguant, car c'était un jeune garçon âgé d'à peine quelques dizaines de mois, blotti lui contre le poil soyeux d'un loup magnifique qui semblait veiller sur lui. Rafael connaissait parfaitement l'animal, et que trop bien, c'était bien lui qui se trouvait sur cette image, ou plutôt son autre lui bestial.

-Jolie famille n'est-ce pas? Vois-tu, il n'y a pas de traitrise, elle n'a pu se séparer de toi car tu as atteint un rang qu'elle n'a pu atteindre par ses propres moyens. Tu as fait un choix, tu t'es allié à un être que tu peux hair, mais que tu as servi en parfaite conscience des choses, et malgré sa considération à ton égard, guère plus importante que celle qu'elle pouvait te donner, tu as été récompensé. Cette ville est sous ta coupe, tu en es le régent, tu es désormais le maître de la sureté de cet endroit. Sous l'égide de ton propre maitre, cette cité vit en paix, car tu en est le garant, impitoyable certes, mais tu es un être craint parmi les autres.

Le vieil homme se leva de son fauteuil et se rapprocha de la fenêtre. Son regard brillait d'une certaine fierté, tant pour la beauté de l'endroit que pour la situation de son descendant, bien plus enviable que dans son autre perception d'avenir.

-Ca, tu en as rêvé, tu l'as ardemment désiré, et cela t'es offert. C'est une réalité, c'est un fait. Ressens cette haine qui te dévore, sens à quel point elle est étouffée. Tu peux la chercher, tu pourrais même la recréer à ta guise, elle ne tiendrais pas la distance comme autrefois ou elle régissait ton existence. Voila la liberté, celle de disposer soi-même de son avenir. Ceci n'est qu'un fragment de cette réalité. Ton Maître peut être mauvais, il peut être cruel, tu peux le hair aussi souvent que tu le désires, mais tu ne peux te soustraire au respect que tu éprouves à l'égard de cet homme. Il t'a offert ce que tu désirais, en récompense à ton labeur et ta dévotion...

Le déplacement de l'esprit s'opéra brusquement, il n'était pas question que Rafael puisse y gouter davantage, l'intérêt de cette perception de l'avenir était de le faire rêver, de vouloir la connaître.

-Accepte la main qui se tend, car aucune autre ne le fera ainsi, et aucune autre ne t'offrira ce que tu as pu voir. Laisse ta fierté quelques instants, elle reviendra, avec vigueur, et digne. Adieu mon garçon, je n'avais que peu de temps à te consacrer, c'est une autre faveur de cet homme qui te permet de me voir de nouveau.

Le véhicule lâcha de nouveau quelques pétarades du fait de la chaleur des flammes qui achevaient désormais de le dévorer. Les longerons de métal qui constituaient la carrosserie cédaient un à un en laissant échapper des claquements sinistres dont les échos résonnaient dans l'air ambiant. Et le grand père avait disparut, tel qu'il était venu, mais Jonas n'était toujours pas visible, laissant le métamorphe seul avec sa conscience et le silence
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