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 On the way to South [Closed]

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« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

Féminin
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↳ Date d'inscription : 29/11/2013
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↳ Age du Personnage : 36 ans - 788 ans
↳ Métier : Chef des Services Secrets et de la protection rapprochée du Gouvernement.
↳ Opinion Politique : Pro-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4 - Niveau -58 en communication verbale - Vue : 0.5 à chaque œil
↳ Playlist : Wolf || Bleeding out || Save me || Te he echado de menos || Ego
↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
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MessageSujet: Re: On the way to South [Closed]   Dim 2 Mar - 21:04



Je ne m’attends pas à grand-chose de la part du sorcier, mais certainement pas à ça. Ca quoi ? Ca… un sorcier déçu par ma réaction et ma réponse. Voilà qui est fort dommage...Antonio... Me pensait-il si… influençable ? Pensait-il réellement qu’en quelques mots il allait pouvoir effacer des années de haine et que j’allais me mettre à son service comme un bon petit chien ? Non. Je ne suis pas le chien d’Esope, je préfère rester le loup qui chasse l’homme, que le chien nourrit par un maître qui l’enchaîne. Le sorcier entame un mouvement pour se lever, je me prépare à obtenir ce que je souhaitais : en soi, son manteau. Pourtant, il n’est pas debout qu’il se réinstalle sous mon regard agacé. A-t-il été élevé parmi les pécores pour se comporter ainsi ? Ca m’agace. Et ce qu’agace davantage encore, c’est son rire. Se croit-il drôle ? Amusé ? Y-avait il la moindre chose risible dans mes propos ? A son rire, je réponds par un rictus hautain à la limite de l’indifférence qui m’est malheureusement impossible actuellement. Ainsi donc voilà toute la considération que je peux attendre de ta part, moi qui t'aie épargné la vie, moi qui t'ais donné de quoi te vêtir alors que tu étais nu dans le froid, qui t'aie fourni le feu utile pour réchauffer ton corps dans cet enfer glacé. Tu me craches au visage ton refus sans la moindre réflexion à ma proposition... Sans la moindre réflexion ? « Ce n’est pas parce que tu es stupide à donner en espérant recevoir que tout le monde l’est. Ce n’est pas parce que tu m’as épargné que je dois m’abaisser à te servir. » Je ne sers personne à moins d’y être contraint. J’étais fait pour régner sur une Maison, j’étais fait pour ordonner, décider et même si je suis le jouet de puissants maintenant, au moins notre haine des sorciers est partagée. En aucun cas je ne serai un jour le jouet d’un sorcier. Ce sont des manipulateurs hypocrites et sournois, comme toi Rafael, qui ne sont que des aberrations, des créatures qui devraient rester mortes dans leur enfer où j’en ai envoyé pas mal. Aberrations, comme toi, Rafael Je serre les dents à cette pensée, alors que le sorcier poursuit. Et me surprend. Allons, quelle vilénie Rafael. Me crois-tu assez dupe pour ignorer jusqu'à ton vrai nom, comme si je n'étais rien d'autre qu'un vulgaire sorcier à breloques? Je n'ai que faire de tes amis, puissent-il s'étouffer à ma vue ou en prononçant mon nom dans leurs cauchemars. En parlant de s’étouffer, qu’il s’étouffe avec son arrogance. Dans tous les cas je ricane pour ne pas perdre pied devant sa morgue. Je m’appelle Rafaele Antonio Renzacci. Ce sorcier cherche le mensonge là où il n’y en a pas, preuve que quoiqu’il veuille me faire croire, il n’est pas plus puissant que la pensée humaine. » Quand à toi, il est temps d'apprendre où conduit l'insolence! » Et où me conduira-t-elle ? Le sorcier s’est levé, j’abaisse mon centre de gravité en réajustant mes appuis, en prévision d’une menace qui…

Pardon ?

La déflagration provoquée par le claquement brutale des deux mains du sorcier l’une contre l’autre agresse mon ouïe plus sensible que celle humaine, et par réflexe je plaque mes mains sur mes oreilles en fermant les yeux dans un cri silencieux pendant bref instant, avant de chercher à décrisper mes muscles contractés par la violente surprise qu’il nous a offerts, au loup et à moi. Je papillonne des yeux en toussant et en reprenant contact avec le reste de mes sens et de mon corps. Lorsque mes yeux me confirment qu’ils ne me trompent pas et qu’ils me renvoient bien ce qu’ils voient, je laisse de côté la voiture si bruyante, la neige qui brûle toujours mes pieds, pour fixer mon regard sur celui qui a remplacé le sorcier. Je reste muet, mais mon froncement de sourcil décontenancé me vend. Grand Père ? Que fait-il ici ? Dans un curieux réflexe, je me sens mal à l’aise de porter des habits aussi pitoyables devant cet homme qui m’a élevé, et je m’apprête à m’excuser. Rafael, mon garçon. Regarde-toi donc, regarde ce que tu as pu devenir. Ou est passé ce petit garçon dont j'étais si fier. Regarde ce qu'ils ont fait de toi, regarde comment tu les as laissé faire... Un tueur, empreint d'une fierté mal placée, un tueur ayant plus de sang sur les mains que dans ses veines... Ma perplexité s’accentue devant sa voix si… paternelle. Avant de s’évaporer sous ses mots. L’entrelacs d’incompréhension explose alors que je commence à rire sans pouvoir m’arrêter. Que me reproche-t-il à cet instant ? D’être un tueur sans pitié ? Il regrette quoi, un petit garçon innocent ? Mon rire s’accentue alors qu’il continue sur son ton déçu. J’ignore qui est le pantin que l’on manipule devant moi, mais ce n’est certainement pas le Seigneur Renzacci qui s’occupait personnellement de tanner la peau du dos si je faisais un faux pas. J’ignore tout le fondement de cette illusion que l’on m’impose, mais ce n’est certainement pas mon Grand Père qui se situe devant moi. Mon rire s’amplifie, mon rire occupe l’espace. Et pourtant rien ne change. Une main t'es tendue, et tu la refuses? Pourquoi? Crois-tu pouvoir te débarrasser seul de ta malédiction, de ces chaînes que tu refuses de voir? Moi je connais ton avenir, je peux même t'en faire voir un fragment. Ferme les yeux, et observe... Je veux lui cracher au visage que mon grand père exécrait les sorciers plus que moi, et qu’il n’a certainement pas vu mon avenir, ou alors dans les entrailles de ma fille dont il a souhaité l’exécution. Je veux l’abhorrer davantage, je veux l’insulter et pourtant, je le laisse me toucher de sa main glacée de cadavre et ridée par l’âge. Aussitôt, le monde bascule à nouveau, et je reste figé. Ce n’est qu’une illusion, Rafael. Une simple illusion créée par la folie d’un homme en s’appuyant sur la folie d’un autre. Peut être, mais même savoir que c’est une illusion ne suffit pas à la faire disparaître, et c’est cela que je découvre à cet instant. Confort et luxe sont à la portée de mes doigts et pour la première fois depuis des mois je me sens enfin chez moi. Le luxe du XXIème siècle m’entoure peut-être dans ma villa opulente – je suis de toute manière bien trop précieux pour accepter de vivre dans autre chose qu’un milieu luxueux – mais ce n’est pas le luxe qui m’a accompagné toute ma vie. Ne serait-ce que pour ce simple instant, j’ai envie d’oublier que ce n’est qu’une illusion et que les habits dont je sui à présent vêtu ne sont que des fragments de brume immatériels déposés sur ma rétine pour me faire croire à leur existence. Tu es entouré de mensonges, Rafael. Ne l’oublie pas. Je ne comprends pas exactement où le sorcier veut en venir. Il tente de me faire croire que mon grand père n’est pas le monstre qu’il a été et que je vais devenir sans nul, et voilà qu’à présent il me fait revenir… dans cette pièce qui m’est inconnue. Je cherche dans le regard de l’ombre, du vague ersatz  du Seigneur Renzacci que l’on m’offre, une réponse à cette question, mais l’arrivée d’une tierce personne dans l’illusion m’achève. Elle me hait. Je la hais. Nous en sommes restés là il y a quelques heures. Jours. Années. Siècles ? Le monde semble avoir perdu sa temporalité, et ma conscience de la réalité va en s’effilochant. Alors qu’elle pose ses mains sur mon dos, je peine à respirer. Ses doigts joueurs glissent vers mes épaules, je résiste à l’envie de me retourner en me mordillant la lèvre, et je ne peux que fermer les yeux. Une illusion, ce n’est qu’une illusion. Une nouvelle preuve de pourquoi j’ai raison de haïr les sorciers. Mais dans un sens, tu souhaites que ça n’en soit pas une, Rafael, n’est ce pas ? Comment pourrais-je ne pas le souhaiter, alors qu’elle est à présent toute contre moi et que je m’abandonne sans pouvoir faire autrement à son étreinte. Elle a ravi mon cœur avant même que je ne la connaisse. Je la dessinais, je dessinais son âme, je dessinais ses courbes, je dessinais ses formes avant d’avoir pu la voir ne serait-ce qu’une seule fois. « Je n’aimais déjà pas la sorcière que tu étais, j’abhorre encore plus celle que tu es devenue. Plus rien ne subsiste entre nous. » lui ai-je dis tout à l’heure. Rien n’est faux dans la première phrase, rien n’est vrai dans la deuxième. Ma respiration se fait irrégulière alors qu’à présent, elle est blottie contre mon torse et que je cherche à oublier que rien n’est vrai dans tout cela. Je ne veux pas penser au fait que tout ça est derrière nous, et que le baiser que l’on échange n’est qu’un vague fantôme du passé que je n’ai pas le droit d’invoquer à nouveau. Prends garde fiston, tu ne sembles pas mesurer l'ampleur du danger que tu encoures en cet instant Le danger ? Quel danger ? Il n’y a pas de danger, juste une chance que l’on m’offre de saisir ce que le temps, la mort et le loup m’ont volé. Ce que tu m’as volé, Grand Père, en égorgeant ma fille et en brûlant ma femme avec cet air impitoyable que tu m’as légué. Et cette haine qui m’habite et que je ne pourrais jamais renier. Mes yeux clairs se froncent, et je maintiens Azzura tout contre moins, sous ma protection, alors que je fixe mes pupilles au teint bleu clair dans leurs jumelles situées dans l’ombre. Azzura profite de la question que je pose à mon grand père, ou plutôt la réponse à sa provocation que je lui réplique silencieusement, pour m’échapper et remettre le lit au centre de la pièce. Je lui souris – comment puis-je faire autrement – devant son invitation, mais mes muscles me désobéissent lorsque je leur demande de mener vers ce lit qui m’appelle. La colère revient aussitôt, dirigé contre ce sorcier qui manipule jusqu’à mes déplacements. Je ferme les yeux et serre les dents en comprenant que je suis allé bien trop loin dans l’acceptation de cette illusion qui se joue de moi. Les mots prononcés par le mage via cette pitoyable représentation de mon grand père se heurtent et se brisent à ma volonté d’en finir.

« Assez ! »

Assez vieux fou, assez de ces sornettes et de ces bagatelles. Assez de tout cela, rends moi ma vie, rends moi mes gestes, rends moi cette réalité à laquelle je ne peux échapper puisqu’elle est mienne désormais.  Je sais qu’il aura beau parler à présent, ses illusions n’ont plus de prise sur moi. Ma volonté est plus forte que la sienne, même un sorcier ne peut aller aussi loin sans l’acceptation de son jouet d’expérimentation. Il y a des limites, il y a des failles que je compte bien exploiter. Mais pourquoi cette illusion ne cesse-t-elle donc pas ? « Assez j’ai dit, as… » Parce qu’une partie de toi veut Azzura, et que tu ne veux pas quitter le réconfort que procure sa présence, même mensongère ? Je me déteste alors que j’ouvre à nouveau les yeux et qu’en quelques pas, je cède à son appel à elle. Je choisis d’ignorer les propos de l’autre, alors que je cherche à attraper ce que la cruauté de mon grand père et ce que la sorcellerie elle-même m’a volé il y a de cela plus de sept siècles. Et peu m’importe que ce ne soit qu’une illusion, peu m’importe tout cela. Tu te repais dans le mensonge que l’on t’offre sur un plateau sans même essayer de feindre l’ignorance. Et alors ? Que peut-il me faire de plus ? La tuer ? Je l’ai vue brûler vive. Me tuer ? J’ai tenté de mettre moi-même fin à mes jours. Les mains d’Azzura glissent à nouveau dans mon dos alors que j’essaye de me tourner pour capturer une nouvelle fois ses lèvres. C’est peut être pour cela que la morsure d’une lame vicieuse qui se fraye un chemin vers mon cœur me surprend. Je connais la douleur, c’est une vieille amie qui m’accompagne depuis ma plus tendre enfance et qui connait à présent son apothéose à chaque fois que je plie ma nature à ma volonté pour me transformer. Et pourtant, cette douleur là, froide et glacée, la douleur d’une trahison factice, gèle mes entrailles d’une façon nouvelle en les brûlant de son atmosphère glacée. Le poignard tourne avec cette lenteur caractéristique du bourreau alors que je m’effondre sur le sol, peinant seulement à rester conscient. Voilà mon garçon, nous sommes arrivés au bout du voyage. Voilà donc ce qui t'attends si tu persistes dans l'erreur, feignant de croire que seule ta fierté pourra te libérer de tes entraves. Je respire laborieusement, en tentant de me redresser et d’hoqueter un simple « Tout cela n’est qu’une nouvelle preuve du pourquoi je hais les sorciers » qui se noie dans le sang que je crache. Elle m’achève en me brûlant, comme je l’ai vue brûler, comme j’ai brûlé mon propre frère et comme j’ai pu faire brûler tant d’autres de ses pairs lorsque je ne les avais pas simplement passés par le fil de mon épée, mais mon esprit est déjà tué par la douleur et ma volonté qui me fait comprendre que je peux passer au-delà tout cela. La voiture carbonisée réapparaît à mon regard, soulageant la pression effectuée sur mon esprit, et je me mets simplement accroupis, sachant que je ne peux pas me tenir debout à cet instant. La douleur de mon dos est encore réelle bien que moins, et je me souviens de les serres du volatile lacérant ma chair pour défendre son maître.

Tout n’est qu’illusion, à n’en pas douter.

Je néglige les mots de celui qui se prétend incarner mon grand père, en cherchant à rattraper un peu du bout des doigts cet instant particulier avec l’ombre d’Azzura. Alors qu’il s’approche à nouveau pour certainement affirmer une nouvelle illusion, je tente de m’écarter, mais je replonge dans un nouveau décor. Contraint. Forcé. Manipulé. Je suis assis de force dans un fauteuil dont j’apprécie, une nouvelle fois, le confort et le luxe évident. Une chose est sûre : le sorcier a du goût jusque dans ses illusions. Mais ça ne suffit pas pour éteindre le brasier de haine qui me réchauffe. J’essaye cette fois de ne pas oublier que cette douleur que je ressens encore, est le fruit de ses manipulations. Que mon corps est à coup sûr allongé dans un tapis de neige où il tombe peu à peu dans une hypothermie qui risque d’être dangereuse pour moi. Le décor est d'une différence notable. Cette cité n'a jamais été aussi belle, tu ne peux le nier. Cette cité ? J’arque un sourcil, cherchant encore une fois à comprendre où il veut en venir. « Vous me sous-estimez, encore. » Ma voix rauque me demande de tousser un peu pour réveiller ma gorge malmenée un peu plus tôt par des cris de douleur. Par la haine que je lui porte et qui ne peut qu’enfler à chaque minute un peu plus. S’il croyait me faire changer d’avis sur la sorcellerie, il est stupide. Bien au contraire : il appuie, il enfonce le clou, il affirme ce que je pensais déjà. J’observe la pièce, j’observe la vue, et finalement mes yeux pâles se posent sur les cadres disposés en évidence sur le bureau. Mes doigts les effleurent, les renversent et toisent avec un mépris et une indifférence évidente – et forcée – ce qu’ils représentent. « Vous semblez tellement sûrs de vous en la considérant comme ma faiblesse. C’est désolant… » Parler, dans cette atmosphère qui n’est certainement pas la mienne puisque je ne la maîtrise en rien, me permet de rester conscient de ce que tout cela implique. Depuis combien de temps se joue-t-il de mon esprit ? Une dizaine, une vingtaine, une trentaine de minutes ? Un sorcier, même puissant, ne peut pas maintenant une illusion visuelle, sensitive, olfactive, émotionnelle, même, aussi longtemps. Il va craquer sous peu, et je n’ai qu’à attendre le contre coup qui pourra lui être fatal. Mais je sais aussi qu’il s’est assuré que je ne puisse pas me transformer parce que la douleur de la transformation briserait les barrières de mon esprit. Les piétinerait. Il faut que j’attende que le fantôme de douleur qu’il m’a forcé à croire comme réel s’évapore. J’ignore ce qu’il me dit, je fais abstraction de ses mots, me concentrant pour tout simplement attendre. Attendre que ça passe, attendre que ça finisse. Guetter le bon moment. Finalement, j’écoute d’une oreille distraite ses déblatérations. Tout en me concentrant pour me remémorer visuellement la réalité qui doit m’entourer. Je suis tombé sous la douleur, c’est une constante. Je dois être allongé sur le sol, ou encore accroupis. Je dois… nous y revoilà Ce n’est pas du respect que je ressens pour l’homme qui maintient une illusion qui n’a pas tenu deux secondes devant l’incohérence des propos qu’il faisait tenir à mon grand père. Connaître mon identité ne veut pas dire être moi. Pitoyable arrogance de sorcier. Accepte la main qui se tend, car aucune autre ne le fera ainsi, et aucune autre ne t'offrira ce que tu as pu voir. Laisse ta fierté quelques instants, elle reviendra, avec vigueur, et digne. Adieu mon garçon, je n'avais que peu de temps à te consacrer, c'est une autre faveur de cet homme qui te permet de me voir de nouveau. Je ricane, je reprends possession de mon esprit, de mon corps, de la réalité qui m’entoure et que je sais réelle en me traînant plus près de la voiture. Certes, mon esprit ne me trahit actuellement plus, mais la douleur fantôme persiste en moi, comme ineffaçable. Parce qu’elle est l’écho de ce que j’ai pu craindre au début de ma relation avec Azzura, et que j’ai rapidement jugée impossible. Improbable. Et pourtant… maintenant… Sera-t-elle capable de me poignarder ainsi ? Non. Je refuse de croire que je pourrais me laisser manipuler aussi facilement par un fou, stupide et arrogant, qui pense pouvoir se jouer aussi facilement du métamorphe que je suis. C’est pour cela que je ricane, et que ce ricanement se transforme en rire naissant, à nouveau. Comme lorsqu’il a commencé à vouloir me faire adhérer à son illusion. Je fais un tour sur moi-même, finalement, cherchant le sorcier du regard. « C’est fini ? Plus rien d’autre à me montrer, plus de tentative de simuler des pantins aussi peu représentatifs de la réalité dans le but de tenter de me berner ? » Tu dois l’avouer, Rafaele, que son illusion d’Azzura concordait en tout point avec tes souvenirs… ou tes désirs. Azzura est un autre sujet de discussion. Que je ne souhaite pas aborder. Et qui ne parait pas sur mon visage. « Un peu pitoyable pour un homme aussi prétentieux que vous d’être aussi peu cohérent. Jolie illusion, mais si bâclée, incongrue qu’elle n’a servi qu’à me rappeler pourquoi je vous hais et pourquoi je ne pourrais jamais apprécier la nature des sorciers. Vous avez pris soin de me faire la liste d’à peu de chose près toutes les capacités malsaines et putrides que vous avez à votre disposition, et en cela, je vous remercie. Mais si le spectacle est fini, vieil homme, et bien… » Je fais un nouveau tour sur moi-même pour le chercher, à nouveau, du regard. « Je vais vous laisser. Si vous voulez toujours rencontrer vos pairs, adressez vous à ma secrétaire, elle se fera un plaisir de vous renseigner. » Ironique ? Sarcastique ? Non, simplement fatigué. Je fais rouler mes épaules pour tester la solidité de mon dos et des blessures qui cicatrisent vraiment trop lentement à mon goût. Mais soit. Terminons-en là. Je prends le temps de compter lentement dans mon esprit, pour l’apaiser et supporter la douleur à venir lorsque je vais me retransformer.

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MessageSujet: Re: On the way to South [Closed]   Lun 3 Mar - 18:43

Il y eut un long silence dans l'air ambiant, laissant le métamorphe seul avec ses pensées. Jonas, qui n'était toujours pas réapparu, mais qui se trouvait là, quelque part, à la fois partout et nulle part, réfléchissait. L'illusion pouvait être considérée comme un échec, même cuisant si l'on jugeait par la réaction de la victime. Pourtant Crane ne le pensait pas. Il connaissait ses limites et ses possibilités, il savait qu'il lui serait difficile de générer une illusion parfaitement efficace en ne connaissant rien de sa victime. Par chance pour lui, l'esprit de sa proie étant en constante ébullition, ce qui lui avait permis de jouer avec certaines pensées plus fortes que d'autres et des émotions palpables. Mais de toutes évidences, le puzzle ainsi constitué manquait d'un certain raffinement pour tromper totalement l'homme loup. En revanche, là ou l'illusion avait été un succès c'est qu'elle lui avait permis de puiser dans son esprit et d'en retirer quelques informations non négligeables, comme par exemple l'existence de cet aieul ou encore les émotions contradictoires ressentis pour cette femme mystérieuse. Echec de l'Illusion ou bien succès mitigé de cette dernière? Jonas avait sa réponse, il connaissait brièvement quelques obsessions marquantes de cet homme. Sa seule interrogation désormais était de se décider sur la suite des évènements. Il pouvait soit alors libérer totalement le loup de son emprise ou bien frapper plus fort encore pour parvenir à ses fins

-Tu es fort mon garçon, tu es remarquablement fort. Je me demande lequel de vous deux est le plus puissant, entre le loup et l'homme...Cruelle question pour ta fierté, n'est ce pas mon ami? Surtout si l'on doit considérer que ma réponse est incontestable, le loup est le plus fort. Tu es un tueur, je le vois dans tes yeux, je le sens dans ton attitude. Mais tu es un lâche, tu tues sans raison valable, soit parce que l'on te l'a ordonné, soit parce que cela te sied. Sans le loup en réalité, tu ne serais qu'un misérable pantin sans le moindre avenir. Le loup t'offre la grâce qui manque à ton être. Il t'offre la terreur dont tu as besoin pour prendre le pouvoir sur ta proie en tant qu'homme. Sans lui tu n'es rien, sans le loup, toute la noblesse de ton sang ne vaudrait rien.

Le ricanement glacé de Crane remplaça les mots, tonitruant et obsédant. Un peu d'humiliation exacerberait la colère de l'homme et ne pouvait donc faire aucun mal à ce Rafael ou Antonio. Aucune importance, l'homme ne présentait pas le moindre intérêt, seul le loup comptait. Jonas avait bien plus de confiance à accorder à un animal qu'à un homme, surtout quand l'homme puait la fierté et l'orgueil. Cette description était valable aussi pour le Mage, mais il était une chose qui différenciait les deux individus. Crane n'éprouvait aucune passion à la tuerie gratuite, sans scrupule, sans but précis. S'il tolérait la vengeance sanglante, ou l'offensive de protection radicale, la simple existence de tueurs avides de sang répugnait le sorcier qui la considérait comme une forme de lâcheté honteuse. L'ego du métamorphe était aussi développé que celui du Mage, mais des deux, seul Crane pouvait se considérer comme en possession d'une âme.

-Je me demande qui est le plus prétentieux de nous deux. Moi qui peut penser te duper avec une illusion, ou bien toi, qui semble penser être insensible ou incorruptible à mes tentatives... Si tel est le cas, si mon illusion est aussi mauvaise comme tu sembles vouloir t'en convaincre, pourquoi donc me cherches-tu ainsi du regard? Tu ne me vois pas, mais tu m'entends. Ou donc commence la réalité et ou donc cesse l'illusion, et réciproquement...

Nouveau ricanement puis de nouveau le silence. Voilà donc une interrogation qui mettrait à mal l'esprit de l'homme. Ce qui était des plus amusants pour le sorcier, c'est de constater qu'en cet instant précis, toute la colère de l'homme ainsi jaillissante laissait le loup dans un calme impressionnant, comme si l'existence même de son hôte bipède demeurait son boulet de bagne, sa chaîne d'emprisonnement. En parrallèle, Le Mage ne devait pas perdre de vue que son illusion allait bientôt perdre de sa superbe, car aussi puissant était-il dans l'exercice de cet Art, même la plus parfaite des illusions ne pouvait se maintenir indéfiniment dans le temps. Quoiqu'il advienne, il ne suffirait au sorcier que de quelques instants avant d'en tenter une nouvelle, mais il se demandait si cela était réellement nécessaire. N'y avait-il pas une autre méthode? Si bien entendu, il en existait deux des ces méthode. La première consistait à torturer l'homme jusqu'à briser sa volonté, avec tous les moyens dont disposait Jonas pour y parvenir, ou bien, alors il fallait consumer l'homme jusqu'à ces dernières limites, là ou le loup prendrait la relève pour sauver leur symbiose. Le loup était raisonnable, c'était un animal sauvage, perverti par son hôte mais un animal sauvage tout de même. Quoiqu'il advienne, Jonas devait faire un choix, un choix dont les conséquences pouvaient être désastreuses pour sa victime, car s'il fallait passer à une force de persuasion supérieure, Crane saurait se montrer intraitable et cruel comme il l'était tout naturellement.

Avant d'en arriver là, Jonas se décida à laisser une dernière chance à sa victime. La cruauté était un dernier recours, il voulait apprécier ses derniers instants de bonté, illusion personnelle dont il aimait user sans parcimonie.

-La liberté, l'absolue liberté. J'ai une dernière question mon jeune ami. Qu'attend-tu de ta vie, de ton avenir. J'ai bien entendu qu'une grande partie de ton plaisir consistait à voir les miens périr sous tes yeux... Mais là ce n'est qu'une passion. Je te parle d'avenir, de but à ton existence. A moins que cela ne t'ai jamais encore passé par l'esprit? Quel avenir peut convenir à un etre comme toi, ni homme ni animal, une aberration pour certains mortels, un démon pour d'autres? La servitude? La mort ou pire encore, la cage a perpétuité?

Jonas se tut et leva les yeux au ciel. Ces derniers étaient luisant d'un noir oppressant, la pupille dilatée et le blanc des yeux nervuré par un sang opaque. Il était réapparu, au milieu de l'endroit. Mais quelque chose avait changé dans l'environnement. La voiture en flamme était intacte et plus important encore, Rafael avait lui disparu de la scène

Disparu, non. Il était là, juste à côté du mage, coincé sous la bâton que maintenait Crane contre son encolure. Jonas libéra sa main du crâne du canis lupus car le loup était là, pas l'homme. Illusion, c'était son plus grand pouvoir, sa plus grande réussite et sa plus grande passion. La séparation avait été profitable pour l'animal car celui ci, partiellement déconnecté de son hôte humain, avait eu le droit à un répis et sa respiration apaisée en témoignait. Cela ne durerait pas, car le Mage s'apprétait à laisser les deux esprits se ressouder. Pour ce faire, Crane appliqua une ancestrale technique de chasse au prédateur, ou pour libérer l'animal prisonnier, il fallait l'entraver temporairement pour éviter la morsure indélicate. D'un coup puissant et d'une précision redoutable, Jonas abattit la lame d'un couteau droit entre les babines de l'animal, après avoir forcé légèrement sur les machoires pour libérer un inserstice. La lame transperca le sol, sans avoir entamé la moindre chair et la garde de l'arme plaqua les deux mandibules au sol. Sur ce, Jonas se releva soudainement et arracha le bâton du sol.

Il s'éloigna de la scène et d'un geste obligea son rapace à ne pas quitter son perchoir. En approchant de la voiture, le Mage attrapa d'une main ferme le cadavre givré et l'extirpa de l'habitacle et le traîna avec lui jusqu'à une paroi bétonnée contre laquelle sortait du sol une souche décrépie. Il s'y assit, dos contre le mur, bâton planté dans le sol sans le lâcher et le corps fut posé au sol sur la droite du Mage et la main de ce dernier resta posée sur le crâne décharné.
La symbiose des deux esprits ne prendrait guère de temps, et Jonas Marcus Crane était d'hors et déjà prêt pour la suite des évènements.

-Illusion ou Réalité...Mort ou Liberté...
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MessageSujet: Re: On the way to South [Closed]   Mar 18 Mar - 12:04



S'il a cru me faire peur, s'il pense que sa petite démonstration de magie m'a rendu plus enclin à me plier à ses ordres, mon ton sarcastique et contrôlé doit bien lui faire comprendre qu'il se trompe. Je ne suis pas un larbin et un pécore comme il a du en croiser des centaines – voire des milliers vu son âge manifeste – et il a intérêt à l'assimiler rapidement. La douleur, plus psychologique que réelle – mais une douleur n'est jamais réelle non ? Ce n'est qu'un jeu de notre esprit, une tentative de communication de nos nerfs qui transmettent des données, rien de plus. - je peux l'accepter et la contrôler. Même si je dois l'avouer tout esprit à ses limites, même un esprit aussi brillant que le mien. Tu es fort mon garçon, tu es remarquablement fort. Je me demande lequel de vous deux est le plus puissant, entre le loup et l'homme... Cruelle question pour ta fierté, n'est ce pas mon ami? A ce point là de ces paroles, je me désintéresse partiellement de l'écouter. Après tout, peu importe ce qu'il raconte: il ne fait que fabuler sur des fait qu'il est incapable de comprendre. Cruelle vérité à assimiler, petit sorcier de pacotille. Tu ne comprends pas les jouets que tu peux fabriquer. Je ne suis pas en duel avec le loup, loin de là. J'ai passé trop d'années avec lui, trop de siècle à le suivre et à lui laisser établir son emprise sur mon comportement pour que nous soyons en conflit. Mais surtout, indépendament du loup, j'étais déjà un animal dans mon ancienne vie. Un animal noble, un animal de sang pur, mais un bourreau que le sang ne rebutait pas, un meurtrier sans scrupules et sans culpabilité. Je ne tues pas sans raison: j'en trouve toujours une pour éloigner de moi les remords qui pourraient naître malgré toutes mes précautions. Sans le loup, je serais mort. Que croit-il ? Que je n'en suis pas conscient ? Sans le loup, je serais mort à l'instant voulu, les veines ouvertes, et j'aurai rejoint ma fille. Le rire de Zaïra s'éleva dans ma mémoire, et mon visage se ferma encore plus. Son rire fit s'esquisser sur mes lèvres l'ombre d'un rictus. Que croit-il ? Que ce rire va m'énerver, que mon orgueil va être blessé, que je vais enfin plier et revenir sur des années de haine qui m'ont portées jusque là ? Je me demande qui est le plus prétentieux de nous deux. Moi qui peux penser te duper avec une illusion, ou bien toi, qui sembles penser être insensible ou incorruptible à mes tentatives... Si tel est le cas, si mon illusion est aussi mauvaise comme tu sembles vouloir t'en convaincre, pourquoi donc me cherches-tu ainsi du regard? Tu ne me vois pas, mais tu m'entends. Ou donc commence la réalité et ou donc cesse l'illusion, et réciproquement... J'articule un dédaigneux « Je te cherche parce que mon éducation m'a appris à regard mon interlocuteur dans les yeux, même s'il n'est guère plus qu'un insecte inintéressant. La seule illusion qui tient la route, actuellement, c'est celle de ton esprit qui pense encore pouvoir obtenir quelque chose de moi. » Ce que je considère comme étant de la bêtise de sa part commence à m'agacer, là où ses insinuations fausses et inutiles ne parvenaient qu'à me faire sourire. La liberté, l'absolue liberté. J'ai une dernière question mon jeune ami. Qu'attend-tu de ta vie, de ton avenir. J'ai bien entendu qu'une grande partie de ton plaisir consistait à voir les miens périr sous tes yeux... Mais là ce n'est qu'une passion. Je te parle d'avenir, de but à ton existence. A moins que cela ne t'ai jamais encore passé par l'esprit? Quel avenir peut convenir à un etre comme toi, ni homme ni animal, une aberration pour certains mortels, un démon pour d'autres? La servitude? La mort ou pire encore, la cage à perpétuité? Le voilà enfin. Il est réapparu au milieu de ses mots, me faisant reculer de quelques pas devant cette magie malsaine qui me donne envie de vomir. D'attaquer. De le réduire en charpie. Mais l'ombre de mon grand père enserre mes muscles pour qu'ils se contentent de rester contractés et prêts à réagir. Je regrette aussitôt cette maîtrise de moi même, puisque me voilà coincé sous le bâton du mage. Comment ? Je veux lui empoigner le bras, je me contente d’agiter des pattes lupines. Je ne comprends pas et mes yeux de loup se plissent alors qu’un grognement s’échappe de mes babines. Illusion ou Réalité...Mort ou Liberté... Pas besoin de grands mots, et de grand concept : un seul colle à la situation. Haine. Celle qui transpire chaque pore de ma peau, que je sois un loup ou un humain. Je le hais. Je me dégage, me retrouve à quatre pattes, pattes posées sur la neige, doigts écartés pour ne pas m’enfoncer plus que de raison dans la neige. Il sait ce que je pense de lui, malgré l’illusion dans laquelle il m’a emprisonné. Je n’avais jusque là jamais eu affaire à des illusions de ce niveau, et ça me fait froid dans le dos. J’ai l’impression de sentir sur ma fourrure les doigts malsains de la magie noire, qui s’immisce jusqu’à ma chair pour la putréfier davantage. Je secoue les épaules, fais quelques pas dans la neige pour m’éloigner de l’homme, et inspire l’air pour m’imprégner de son odeur. Homme à abattre ? Non, trop dangereux. Le loup chasse en meute les proies de cet acabit. Je grogne une dernière fois avant de faire demi tour et de m’évanouir dans un brouillard gris. Etrange rencontre. Qui me conforte, sans nul doute, dans mon dégoût pour la magie. On ne peut rien faire de bien avec cette ombre nauséeuse qui m’a volé ma vie et ma famille.

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MessageSujet: Re: On the way to South [Closed]   Mer 19 Mar - 16:42

A la grande surprise de Jonas, le magnifique prédateur s'en était allé, disparaissant sous le couvert des arbres et de la blancheur de la neige. Le Mage en réalité respirait profondément, plutôt soulagé de la décision du métamorphe, car avoir joué aussi longuement avec son esprit et ses sensations devait avoir attisé la haine de la créature et la colère dans les pattes de cet animal aurait fait de lourds dégâts. Car user autant d'énergie pour générer de si puissantes illusions avait proprement vidé le sorcier de sa substance, et s'il s'était assis, ca n'était pas pour faire le joli, mais bel et bien pour récupérer un minimum de force avant la revanche de sa victime. Le combat aurait tourné court, et probablement en faveur de l'animal. Mais selon toutes vraisemblances, il avait aussi amené le métamorphe à le considérer comme dangereux, ce qui n'était pas tout à fait faux sur le fond, car même vidé de sa force, Jonas ne se serait pas laissé attaqué avec facilité.

Un sifflement strident retentit et le Pygargue géant prit son envol, se lançant à la poursuite du prédateur quadrupède. Gagné par le désir de planter ses serres dans la fourrure du loup et trop longtemps contrarié par les ordres de son compagnons qui lui interdisait toute action, le rapace avait sans doute vu dans la fuite du canin une opportunité de pouvoir enfin s'en occuper, démangé par une attente interminable. Malheureusement, une fois de plus, la voix puissante du sorcier résonna dans les airs

-Laisse le partir Altesse! Nous avons suffisamment joué avec lui...

Oui, c'était une réalité. Le Mage n'avait que trop joué avec cet animal. Et pourquoi? Au tout début ca n'était qu'un simple loup, magnifique, mais un simple animal sauvage comme Jonas en avait tant connu dans sa jeunesse. Puis, a la faveur du contact de la main, il avait senti ce qu'il était en réalité. Sauvage, impitoyable, animé par une haine qui imprégnait le loup jusqu'au bout des poils, cette chose aurait fait un bon compagnon. Mais pour quelles raisons? Après tout Jonas ne savait même pas ce qui l'attendait, là bas, au bout de son voyage... Néanmoins, l'existence de cet animal ne signifiait qu'une chose, Jonas n'était pas seul, d'autres comme lui foulaient le même sol. Sa route devait le mener quoiqu'il en coute là bas, dans le Sud

Auparavant, il allait lui falloir reprendre des forces, car la fatigue guettait chacun de ses muscles, chacun de ses moindres mouvements. Un coup d'oeil rapide lui indiqua qu'il tenait toujours le cadavre et d'un mouvement sec, le projeta au plus loin. Le corps entra en collision avec une roche et se disloqua instantanément, atterrissant lourdement dans la neige. Jonas resta là, prostré sur son siège improvisé et observa Altesse tournoyer dans les airs, toujours contrariée de ne pouvoir poursuivre le loup.

La fatigue le gagna rapidement, et lentement ses paupières s'alourdirent. Il sombra dans un certain sommeil, plus réparateur que profond, et comme à son habitude, Altesse saurait le prévenir du moindre danger. User avec autant d'intensité de tels pouvoirs avaient toujours des conséquences, et si cela ne concernait pas la victime, c'était nécessairement le créateur de ces illusions qui devait en payer le prix
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On the way to South [Closed]

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