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 Could have given me something, you, my everything [PV Anniki]

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MessageSujet: Could have given me something, you, my everything [PV Anniki]   Dim 2 Mar - 1:35

Boulot. Appartement. Faim insatiable. Déroute. Dégoût. Boulot. Appartement. Faim dévorante. Abandon. Mal être. Aucune absolution. Boulot à nouveau. Une boucle qui n’en finit pas. Par bien des aspects, son existence s’apparente davantage à la survie et non à la vie. Est-il épanoui ? Non. Construit-il le moindre projet ? Nourrit-il la moindre ambition ? Générer le pardon en soignant des plaies n’en est même pas une. Que lui reste-t-il réellement dans cette existence insipide ? Chaque détour l’embarque dans une nouvelle allée où à défaut de bercer la quiétude solaire, il se confond à un contour opaque. C’est son ombre. Il vit à l’intérieur de ses bordures dessinées à l’encre, peintes au sang, alimentées par les hurlements de ses victimes. Hier soir, elle s’appelait Amanda. Elle avait les lèvres rouges cerise, la bouche en cœur et de belles boucles brunes. Elle lui avait rappelé sa mère. C’est sa justification. Il ne voulait pas l’attaquer. Mais elle le terrorisait en ranimant des douleurs enfouies, des terreurs enfantines et il fallait qu’il se nourrisse. Alors... Alors il lui avait dérobé assez d’énergie avant de s’enfuir- en s’excusant inlassablement en pensée. Sa famille avait occupé son esprit ce soir-là. Il avait revisité intérieurement avec une précision douteuse, leurs visages pour finalement redessiner les traits si bien connus de son frère jusqu’à ce que le sommeil l’emporte – comme un vieil ami qu’il aurait invoqué. Celui qu’il aimait encore, celui de ses réminiscences d’adolescent. Cette nuit-là, il aurait aimé plus que jamais, ne pas être seul dans ce lit trop grand et trop froid. Mais la compagnie est synonyme de misère. Il sait qui y perdrait et ce n’était pas lui. Le matin venu, il s’était levé avec le même sentiment et l’avait porté toute la journée à la façon d’une écharpe l’étranglant à chaque pas. Et maintenant ?

Maintenant, il rentre pour y faire face. Il peut peut-être trouver un ami, une excuse pour ne pas affronter son néant. Mais se dérober n’abolit pas le gouffre. Ce dernier s’étendra sans mal, il s’adaptera à sa proie. Le norvégien serre la mâchoire et rend les armes. Autant souffrir. Autant agoniser. L’insensibilité engendre les monstres. Il n’est pas Kyran. Il se le prouve de cette façon. Maigre consolation. Lourd tribut. La foule crayonne des nuances de gris dans son horizon. Ce sont les teintes évaporées des tissus inintéressants, délavés qui recouvrent des carcasses aussi creuses que la sienne, qui forment son paysage. Sa guerre interne, c’est son seul moyen de défier ce fait et d’être autre chose qu’une masse informe. Alors il doit s’y plaire dans son malheur, ça le rend un tant soit peu humain. Il se fond dans le décor en s’agrippant à  sa dualité pour ne pas disparaître d’une façon inconvenante au milieu d’une troupe de coquilles vides à la démarche pesante. Mais tout est noir quand on cale son pas sur celui des voisins. Oui, tout est noir, jusqu’à leur regard hagard. Il redresse les yeux pourtant, pas effrayé par ce spectacle morbide. Et puis... Un trait de couleur, un éclat de lumière perfore cette nuit éternelle. Kitty.

Son pouls s’emballe. Sven palpite dans sa poitrine, l’oppresse et le presse. Il accélère sous son commandement. Ce ne peut être qu’elle lui murmure-t-il déjà avec cette candeur et cette naïveté qu’il le répugne. C’est la cinquième fois, ce mois-ci.  Ezra a conclu à l’hallucination. Il a décrété avoir perdu la raison. Il s’est juré avoir matérialisé visuellement par désespoir son fantôme.  Mais Sven, le traître, a continué à s’accrocher à cet espoir. Et comme un insecte désorienté, il poursuit chaque halo en croyant atteindre sa source. Il perce la foule, abolit tout obstacle potentiel, il perd ses repères, sa direction. Il va l’attraper, mirage ou non. Il bouscule, il s’emporte, elle oscille. Non. Il ne peut pas la perdre. Ses cheveux vacillent, s’alignent à d’autres tignasses insignifiantes.  Et la silhouette se dissout soudainement emportée par un flot inlassable de personnes. Sa course insensée s’arrête alors abruptement quand il atteint le carrefour aux issues multiples. C’est terminé. A nouveau. Il tourne hasardeusement à l’embranchement. Son rythme cardiaque s’apaise aussi brutalement jusqu’à s’éteindre complétement. Vit-il encore ? Il préfère ne pas le savoir. Un café sur sa gauche et sans réfléchir, il franchit le seuil. Tout plutôt que le vide. Son regard balaie l’endroit en quête d’agitation. Ses yeux effleurent tout mais surtout rien. Il s’avance en se donnant l’impression de reculer. Aussi brusquement, elle est là. Elle est devant lui. Sa chevelure macassar que sa peau pâle défie, s’effondre sur ses épaules. Kitty. C’est peut-être une vision. C’est peut-être un rêve. Mais il la voit. La peur de la toucher et de l’observer s’évaporer ensuite, le tétanise. Et pourtant, déjà captif  du bleu azuré de ses prunelles, il n’hésite pas un instant quand il enjambe la distance entre leurs deux corps. Il franchit plus d’un Siècle, il distance la succession de malheurs, il sème la torture. Il retrouve Kitty. Sa Kitty. Plus rien ne compte. Plus rien n’a d’importance. Parce qu’elle semble être là. Parce qu’elle sait tout réparer, même son âme. Surtout son âme. Sven s’octroie tous les droits sur son hôte et quand ses doigts attrapent le bras de la revenante, quand il réalise qu’elle ne se dilue pas à son contact, une allégresse éclate dans chaque partie de son être et le transporte sur ses lèvres instantanément. Il embrasse Kitty. Il serre Kitty contre lui avec force. Rien n’a changé. Ils sont encore en Norvège. Ils n’ont jamais été séparés. Rien n’a existé. Ils se sont quittés la veille. Elle est là. Elle est revenue. Tout va forcément aller mieux. Ce beau mensonge. Cette affreuse erreur. Le prix de l’euphorie.

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    Here I stand, helpless and left for dead
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MessageSujet: Re: Could have given me something, you, my everything [PV Anniki]   Jeu 6 Mar - 21:08

« Could have given me something, you, my everything»
Sven & Kitty // Ezra & Annie

Spoiler:
 
Et si nous dansions? Là, maintenant, en cet instant précis. Pourquoi ne pas danser, là, au milieu de la rue pendant qu’ils fuient tous la réalité ? Pendant qu’ils rêvent à un autre monde aujourd’hui bien révolu. Pendant qu’ils espèrent retrouver un brin de normalité alors que plus rien ne l’est pour eux. Pendant qu’ils attendent un nouveau changement, meilleur pour eux, moins bon pour les autres. Pendant qu’ils se dévisagent et se jugent. Et si nous dansions, là, maintenant, en cet instant précis, dans la rue. Sur ce passage piéton, là, quand le bonhomme entouré de noir devient tout vert. Au moment où ils s’élancent tous vers l’illusion que « faire comme si de rien n’était » allait les préserver de l’enfer qui sonne à leur porte. Je trouve l’idée bonne moi, merveilleuse même. Je veux de la gaité, je veux de la joie, je veux savourer le soleil et l’air bien plus frais qu’à New York, bien plus frais qu’en Enfer. Je veux pousser le vice bien plus loin que tous ces visages ternes. Ta connerie me dépitera toujours… danse la joie que je ne sois pas en face de toi pour t’assommer… Tu es bien plus morose que dans mon souvenir Kitty.. où est passé ton extravagence ? dans mon cercueil... Je soupire, je secoue la tête, je grimace à l’homme qui me fixe, n’avons-nous plus le droit de penser à voix haute ? Je m’élance, je tourne sur moi-même, me glisse entre deux jeunes gens, attrape une vieille dame pour faire quelque pas avec elle puis m’accroche à un homme. Je lui souris. Il fronce les sourcils. Pourquoi ne sourit-il pas ? La musique est un fond sonore ambiant ici, d’après les livres, d’après la mélodie qui traverse mes tympans alors pourquoi, lui ne semble-t-il pas l’entendre ? Il m’agace, je le pousse. Pourquoi tu ne souris pas ? Tu es FOU ! Je le pousse encore et m’en vais sous des exclamations peu avantageuses pour ma personne. Je presse le pas sous la demande de Kitty et disparait dans un autre quartier. Ce type m’a énervé. Après tout même si sa vie était abominable, qu’il vivait dans un monde détruit par l’arrivée d’êtres abominables tous sensé être morts et que lui, pauvre humain, se sentait totalement inutile, et bien, il se devait de respecter la vie. La vie et le soleil. Il était présent, il réchauffait, peut-être un peu trop mais qu’importe ? Il aurait du sourire. Il aurait dû, ce bougre. T’as raison, la prochain fois brûle sur un bucher et fais toi griller ces bonbons tout mou au nom imprononçable… Je soupire et entre dans le café que j’ai pris comme référence. Il y a du monde, j’hésite à leur faire croire un par un à un incendie afin de m’approcher du comptoir, de mon élixir puis du soleil une fois sortie. Depuis que je suis revenue d’entre les morts, je deviens accro aux rayons du soleil. Ma peau en avait trop longtemps été dépourvue et ils me prouvaient ma présence sur terre à l’heure où la terre et l’enfer se ressemblaient de plus en plus. Les minutes passent..

Cappuccino avec cacao ?
Dois-je comprendre que j’hante ce lieu depuis trop longtemps ?

La serveuse lâche un joli rire qui va parfaitement avec ce qu’elle dégage. C’est une jolie jeune femme d’environ 8 ans ma cadette. Ses trains fin et sa chevelure blonde ne me laissent en rien indifférente et je peux m’empêcher de lui rendre un large sourire. Je l’observe exécuter ma commande avec délicatesse et précision, je la soupçonne d’être derrière ce bar depuis longtemps, bien trop pour ses doigts fins et élégants. L’idée de la sauver de sa besogne me parcourt l’esprit comme à chaque fois que j’attends mon cappuccino dans ce café. et sinon vous avez droit à des pauses où vous enchainez les cappuccino cacao ? Un regard vers moi, un léger sourire, un certain étonnement dans ses yeux et pif paf pouf, un cappuccino en moins… Excusez-moi, je n’avais pas dans l’idée de vous perturber ainsi… Non.. non… c’est moi, je vous offre le prochain… et pour info, les cappuccinos cacao sont assez rares… Je lui réponds que ce n’est pas la peine mais suis assez contente de ne pas a avoir me battre avec ces si petits billets verts. J’ajoute avec un demi sourire que je le suis aussi, rare. J’entends Kitty rire au fond de ma cervelle et m’empêche de lui dire de la boucler. Une minute plus tard, la jolie serveuse me tend mon élixir. Je vais pour l’attraper mais quelque chose contrarie mes plans. On m’attrape le bras, on me fait pivoter. Je comprends rien à ce qui passe tout autant que l’assistance puisque j’entends des « oh » et des « ah » autour de moi. Je m’apprête à frapper mais la personne me frappe en premier, plus ou moins. Des lèvres se retrouvent contre les miennes. Je fais un arrêt. Bordel de merd* ! Merci Kitty pour cette intervention des plus enrichissantes textuellement. Je suffoque par l’étreinte que l’impromptu m’offre. La passion qui se livre dans ses gestes me surpassent. La panique et l’incompréhension ne me pétrifient qu’une demi seconde. Je reprends mon corps, je suis prête à me battre, je vais le repousser dans les airs qui qu’il soit pour se permettre tant de proximité, je vais … j’y suis presque puis je remarque la disparition de Kitty dans mes pensées. Elle s’est accrochée ailleurs, je la sens dans un autre corps, dans un autre lieu avec un autre. Elle s’abandonne ou plutôt elle agit, pour moi ou pour elle. L’action n’est plus à la repousse mais au baiser. Mon corps s’enflamme lorsque je suis rappelée à un autre temps depuis longtemps éradiqué des mémoires. Je me surprends à l’embrasser à mon tour, je ne sens rien qu’une intense brulure ressurgissant d’une ancienne blessure celle d’être partie trop tôt. Un éclaire. Sven. Je comprends puis je ne comprends plus mon cerveau a ripé quelque part sur le chemin de la compréhension. Ma clairvoyance a disparu au moment où j’en ai le plus besoin. Mes mains s’étalent dans ses cheveux et ma bouche prend ses aises puis d’un coup sans cris égard, mes mains attrapent ses épaules, mon genou se lève et le terrasse entre les jambes. Je recule d’un bon mètre, bousculant une femme, comme si un démon venait de me courtiser. C’était surement le cas. GOUJAT ! DEMON ! TU ES MORT ! QUI ES TU ? Mais qu’est-ce qui t’a pris !?LA FERME KITTY ! Il est mort tu le sais aussi bien que moi… c’est une illusion, c’est un masque… Deux voix s’échappent de ma bouche, on dirait les même à peu de chose prêt. Je suis en crise, je le sais mais il m’est impossible de la contrer. Kitty s’échappe librement de moi, elle parle, je bouge la tête de côté lorsqu’elle veut s’exprimer. Tout ceci est presque inperceptible. Je fronce les sourcils, m’approche de lui encore à l’agonie du coup porté et l’attrape par le col. La population arrête de respirer autour de moi. Ecoutes petit c*n ! Qui es-tu ? Tu es mort ok ! MORT ! Alors dis moi, fais moi comprendre ! MOOORT MORT MORT ! Il doit être mort ce type, alors me regardez pas comme ça OK !? Vous diriez quoi si un mort vous embrasse ? J’hallucine… je rêve… Qui est le connard qui me joue un tour !? ANNI ! CALME TOI ! REGARDE LE C EST LUI ! TU LE SAIS C EST LUI ! KITTY TU LA BOUUUCLE ! un primate pourrait être Sven pour toi alors reste dans ta propre cage et laisse faire les grands… Je me tourne vers une femme qui semblait concentré sur nous, je franchis ce qui me sépare d’elle et l’attrape par le col. C’est toi qui fait ça ? Tu me joues un tour ? Elle me répond, c’est déjà trop tard, je me suis détournée d’elle. Je sais qu’elle n’a rien a voir avec ça, je le sens. Je secoue la tête et je m’arrête devant ma serveuse préférée. Je lis de l’incompréhension et de la peur. J’étais à deux doigts d’obtenir un rendez-vous. Il avait tout gâché. Sa présence avait tout ruiné, à lui ce démon mort, cet amour mort. Je fronce les sourcils et observe autour de moi. Un sourire apparait, je sens l’influence de Kitty dans cette détente. Je me laisse faire. Je ris. Je ris fort. J’attrape le gobelet abandonné sur le comptoir, le lève vers ma serveuse et lui fait un clin d’œil. Merci… je savourai ce dernier cappuccino avec délectation.. J’oublie presque le mort à côté de moi mais je n’ai pas le choix pour sortir, je dois passer près de lui. Son regard me pétrifie, c’est lui. Ma tête, mon cœur et mon âme ne s’en remettront pas, je le sens comme je sens autre chose que je ne m’explique pas. Je m’approche et lui souffle à l’oreille : voila…c’est avéré mort… tu m’obliges encore à changer mes habitudes… BRAVO ! et je vais pour sortir.

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MessageSujet: Re: Could have given me something, you, my everything [PV Anniki]   Mar 11 Mar - 0:52

En suspension. Et pourtant, accroché férocement l’un à l’autre. Tous deux en perdition dans l’atmosphère. Aucune expectative pour déranger un esprit absent, aucune conscience pour noter les mouvements des mortels, aucune limite dans la conduite. Ses mains oppressent son dos, s’absentent sur sa nuque aussi vite. Il s’approprie sa bouche, il s’empare de son présent, il lui inflige le passé sans la moindre once de regret ou de crainte. Qu’a-t-il à appréhender de toute manière ? Kitty est vivante. Ce Monde ne peut pas être laid si elle en frôle encore le plancher, si cette planète continue à l’abriter peu importe les épreuves, peu importe sa tragédie. C’est un fragment d’espoir, une fissure assez conséquente pour entrevoir un filament de lumière et chaque seconde sur ses lèvres écarte un pan de ce mur que les circonstances ont placé entre lui et toutes ses possibilités. Il se voit vivre. C’est une renaissance. Celle de Sven. Ezra se démantèle prodigieusement sous les doigts de sa sauveuse. Cette innocence brumeuse se manifeste, aussitôt cette identité craquelée. Cette naïveté fébrile qui le pousse à croire que tout est voué à un sens, une explication, un but. Le norvégien déserte chaque combat mené jusque-là. Il n’y a plus de guerre, il est rappelé du front. Kitty. Sa maison, son refuge. Son tout. Elle l’a créée, elle l’a animé et lui a donné une direction. Magicienne intrépide, messie d’un temps passé. Passé. L’imparfait s’insinue entre eux mais comment peut-il en percevoir la moindre nuance alors que tout le ramène à ce qu’il a pu être ; à ce qu’ils ont pu être. La jeune femme ne lui concède aucun indice. Alors il conjugue tout dans un temps qui arrange chacune de ses plaies et le rapproche de cette créature qui loge encore, toujours et déjà dans ses bras. Elle brouille ses cheveux de ses doigts et emmêle dans la foulée le fil de ses pensées. C’est un sac de nœuds, un magnifique désordre cognitif et aortique. Un chaos ordonné pourtant. Il en a toujours été ainsi. Aucune route définie mais aucun retard et toujours une destination qui reste, semble-t-il, mystérieuse pour les conquérants. De l’imprévu mais avec une multitude de convictions. Kitty ne l’abandonnera pas. Le futur est audacieux. Le futur est un menteur hors pair qui se joue de tout sans aucune exception. Impartial, certes mais cruel.

Ses paumes grimpent sur ses épaules et puis, la douleur le paralyse. Sven se crispe et étouffe un gémissement en se mordant les lèvres – déjà malmenées à peine délaissées. Ses premiers mots, il ne les rencontre même pas. La souffrance occulte la mélodie. Plié en deux, il finit par relever le regard en quête de compréhension.  Ce qu’il lit le terrorise. Les deux océans qui le toisent, l’engloutissent aussitôt dans un fracas tonitruant, une masse de vagues s’écrase sur lui. Perdu en mer, il s’étouffe, perd son oxygène et tente d’échapper à l’écume. Mais malgré ses tentatives, il ne parvient pas à émerger de ses abysses. Tourner la tête suffirait pour s’échapper. Mais il n’a jamais été doué pour la nage. Pas en eaux troubles. Son col est pris en otage, il entraîne inévitablement le corps qui l’accompagne. Tiré de la noyade ? Au contraire. Elle l’enfonce dans les abimes avec plus de vigueur encore. Le choc l’a donc trahi. La collision atrophie la mémoire de Kitty. Ses syllabes forment des phrases. Il croit saisir un verbe et un complément. Mais c’est surtout l’adjectif qui hante cette tirade extravagante, qui le frappe. Mort. La détresse se diffuse sur ses traits. Elle regrette sa survie. C’est absurde. Comment peut-elle lui avouer ça avec une facilité déconcertante ? Il a fondé cette pérennité sur ce qu’elle lui a inculqué. Il a basé ses chances d’immortalité sur une simple volonté. Celle de ne pas bafouer son offrande. Celle de lui faire au moins honneur pour cette résurrection qu’elle lui a octroyé. Si elle le veut enterré, à quoi bon ? Sven refuse d’y croire. Ezra est plus lucide. Mais n’était-il pas congédié ? Il faut croire que le champ de bataille s’est imposé quand elle a donné le premier assaut. Kitty, ennemie ? Non. Son discours est décousu. N’est-elle pas simplement désorientée ? A-t-elle pris de nouveaux repères durant cette séparation ? Il n’est plus le Nord, il n’est plus son cap. Acceptable comme conclusion.  

Paranoïa déplacée. Rire à gorge déployée. Où est l’éclat ? Il la retrouve et la perd à chaque regard. Qui est-elle ? Sûrement pas une étoile filante. Elle s’éloigne sur une phrase dont la sémantique ne percute aucunement l’urgentiste. Mutique et paralysé depuis des décennies, il se redresse enfin, délivré des flots. Il n’y a qu’un idiot pour plonger aussi vite la tête la première dans le piège qu’il vient de quitter. Il n’a pas pris goût à la submersion. Mais il refuse de rester sur un échec. Il refuse de laisser ses seules certitudes onduler en lambeaux dans ce qu’il lui reste de ciel. Ses pieds s’accordent suffisamment pour lui permettre de la rattraper devant l’enseigne qu’ils viennent de quitter. Sa main réclame son bras avant que sa bouche n’improvise le reste. « Non. Tu ne peux pas partir. » C’est un ordre. Pas une suggestion. C’est un besoin. Une nécessité. « Kitty. Je suis vivant. Je suis vivant à cause de toi ! Tu ne peux pas… » Lui attribuer des responsabilités est grossier. Y a-t-il d’autres moyens pour lui rappeler son importance ? Pourquoi ne peut-elle voir cet Univers graviter autour de ses épaules ? Kitty est le centre. Si elle se déloge pour de bon, il finira par s’éteindre. Encore ce futur et il ne peut miser sur son mensonge. Pas quand il s’agit de fatalité. Son ton devient dur mais s’ôte toute crédibilité quand sa respiration se saccade. « Tu ne peux pas revenir sur ta décision. Tu ne peux pas… Kitty… » Ses mains effacent ses joues, son visage s’approche du sien sans la toucher pourtant. « Tu m’as vraiment… oublié ? » Ce n’est pas cette réalité mais comment pourrait-il employer cet autre terme ? Renié, rejeté, délaissé. Il cherche, trouve et ramène ses paumes sur sa poitrine à l’endroit où cet organe qu’il avait jugé futile jusqu’à cet instant, s’exprime en une multitude de percutions dont la mélopée n’est destinée qu’à Elle. « Je suis en vie. Tu ne peux pas nier mon existence. » L’arrogant désespoir. Abjecte chose qui refuse la négation. « Tu ne peux pas partir. Kitty. C’est moi… Je suis là. » Sven, encore, courant après ses chimères. Ezra est agacé quelque part dans sa tête. Doit-il encore changer de nom pour s’adapter à un monde qui ne le concernera plus ? Plus du tout si Kitty détruit ce qu’elle a créé.

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MessageSujet: Re: Could have given me something, you, my everything [PV Anniki]   Mer 19 Mar - 22:51

« Could have given me something, you, my everything»
Sven & Kitty // Ezra & Annie


voila…c’est avéré mort… tu m’obliges encore à changer mes habitudes… BRAVO !

La satisfaction de mon exclamation n'est qu'une illusion. Je soupire malgré moi face à l'accable vérité. Je ne comprends pas ce que le destin veut faire de moi, de nous. Comment accepter de le croiser de nouveau sans profiter de son être tout entier ? Je sens Kitty en moi, elle gronde. Elle veut retourner auprès de lui, l'image de son regard nous hante toutes deux. Il semblait si perdue, si désireux de me retrouver. Je secoue la tête et ouvre la porte pour m'échapper. Je ne dois pas me fier à mon corps, à toutes ces cellules qui palpitent si forts dans tout mon être. Je ne peux même plus me fier à Kitty, ce roch si puissant, si dévastateur. Elle est désemparée. Elle hurle en moi et surtout contre moi. Ma détermination l'empêche de respirer, elle sombre dans un mutisme qui je ne lui reconnais pas. Kitty ! Kitty ! Reponds bordel... tu vas pas faire ta chouineuse pour un pauvre mec... mort qui plus est.... Parce que tu le trouves mort toi ?! Ouvre tes yeux ! Il est là ! C'était lui dans le café, pas besoin de faire ta crise … Tu ne peux pas fermer les yeux.... tu peux....pas... Bien sur qu eje peux Regarde, OUVERT, FERME, ouvert... fermé ! Il n'est pas bon pour nous... la serveuse était bien mieux... Je marche. Je crois marcher depuis plusieurs minutes mais mon corps a oublié d'agir aux ordres de mon cerveau. Elle me court-circuite, Kitty. Comment peut-elle m'empêcher d'avancer alors que c'est précisément pour cela qu'elle existe ? Je me surprends a être le maillon fort de notre alliance. Je me surprends à faire preuve d'une détermination sans égale. Sven est mort. Je m'en persuade. Je l'ai aimé comme j'ai aimé Kitty, les deux sont partis. Les deux sont morts. Ils sont morts comme je le suis depuis ce dernier regard en Norvège. Le reste de ma mort ne fut qu'un enchaînement d'horreur et de malheur, un parcours de damné en somme. Pourquoi le croiser ici ? Pourquoi ses yeux ont-ils encore cet effet sur tout mon corps ? Ne devrais-je pas être morte ? Sa main m'engourdit le bras avant de me le brûler. Je le retire immédiatement. Il me parle, je ne veux pas l'écouter mais Kitty m'y force. Je ne comprends pas ses suppliques et n'aspire qu'à le laisser ici, seul dans son désespoir. Je lui souhaite le même silence, le même tourment. Je le fusille d'un œil et le couve de l'autre. Je commence à suffoquer au fond de cette colocation. Ne comprend-t-elle pas que je nous protège à mon tour ? Elle ne veut pas l'entendre ni le comprendre. Elle voit le passé. Elle voit sa vie. Cette partie si cher à son cœur, si cher à notre corps. Elle le veut lui. Je me laisse aller à ses bonheurs, à nos bonheurs. Je me rapproche de Sven pendant sa litanie qui semble galvanise mon corps à l'idée de lui appartenir à nouveau. Celui-ci agit dans le besoin si dévorant de le protéger, de l'aider, de l'aimer. Il est difficile de résister à l'appelle du naturel. Un naturel qui ne l'est pourtant pas, qui ne l'est plus. Il est mort comme moi, comme Kitty et comme Sven. Appeler un amour passé ne serait-il pas tuer le présent ou pire, un avenir ? Je veux hurler dans ses yeux, le secouer puis le frapper pour tous ces tourments qu'il nous inflige sans même le savoir. Ou peut-être que si ? Je fronce les sourcils, le bouscule de nouveau. Son regard m'attrape. Sven. J'étais si bien dans tes bras, ils devaient être mon repos. Ce n'était qu'un mensonge. J'ai ouvert les yeux, tu n'étais plus là. Tu n'avais pas le droit de m'abandonner dans cet enfer. Tu ne pouvais pas.... j'aimerai lui hurler dessus. Kitty est touchée par mes paroles, je la sens sagiter en moi. Elle oscille entre deux états. Entre deux envies.

Tu m’as vraiment… oublié ?

Non. Bien sur que non. Idiot. Grand idiot. Es-tu devenu si stupide ? L'oublie serait tellement salutaire dans cette situation. Je ne veux qu'oublier ce qui a fait de nous des amants maudits. Je ne veux qu'oublier tes doigts sur moi, tes sourires dans mes yeux et tes baisers sur mes lèvres. Je voudrais t'avoir oublier en enfer comme avoir oublier Darya ou encore mes deux amis. L'amour n'est pas quelque chose d'accessible pour les êtres comme moi, il n'est que l'instrument destructeur de nos âmes. Je secoue la tête, je m'approche, mes deux yeux se complètent dans un même regard doux. Je suis contre lui, mes mains attrapent sont visage, mon front le sien. Je respire sa peau doucement puis avec plus de vigueur. Cette odeur. Comment l'oublier ? Mes cellules s'activent. Je sens un bourdonnement dans ce qui me servait de transport. Kitty est aux abois, tout comme moi. Nous ne sommes plus qu'une. Je l'embrasse. Ce n'est pas un baiser anodin c'est le manque de la vie qui s'exprime. Je sens son effet en moi bien plus qu'avec ces hommes et femmes qui ont croisé mon lit. Ce picotement ne peut être le fruit d'une illusion partagée. Un instant je retrouve la fougue de nos mois passés à se titiller. Je me souviens de mon désir de l'obtenir sans oser m'y approcher de crainte de vivre la même expérience qui me liait, par avant, avec Darya. Ce baiser a le goût de notre premier abandon. Abandon. La raison me rappelle à la réalité. La Norvège n'existe peut être même plus dans ce nouveau monde. Il devrait être de même pour lui et de même pour ce nous qui jadis me satisfaisait pour mon dernier jour. Non ! Ne gâche pas tout.... Elle supplit. Je baisse mes défenses pour lui laisser profiter de ce rapprochement. Elle le quitte d'elle même et recule vers un petit chemin en courant. Elle rit, je désespère. Que faire ? Je m'inquiète pour elle, je m'inquiète pour moi. Elle l'attrape au vol et le pousse contre le mur. Elle se fout des gens passant dans la rue principale, cette ruelle est assez sombre pour camoufler ces embrassades effrénées. Mon corps bouillonne à chaque caresse plus prononcé, à chaque baisé. Je sais où elle veut en venir et je m’irradies de désir en même temps qu'elle. Ma main s'agrippe à son dos. Je veux qu'il me protège. Il est si facile de se laisser aller. Je veux qu'il me sauve de mon errance. Je veux qu'il me sauve et sauve les autres. Je veux oublier l'après et garder l'avant. Je veux repartir en arrière et oublier ce qu'est la mort.

]Kitty..

Je sursaute sans qu'il s'en aperçoive, Kitty s'occupe de le distraire. Cette capacité a diviser les tâches est absolument fabuleuse dans certaine situation mais présentement, je veux qu'elle s'arrête. Elle refuse. Lui, ne semble se douter de rien. Mon amant. Mon amant mort. Je m'énerve. J'étouffe de nouveau mais plus pour les même raison. Cette étreinte m’efface doucement, je me vois partir au fond d'une mémoire perdue entre deux réalités, entre deux âges. Je m'accroche comme je peux aux parois de ma conscience. Il parlait d'existence. Il ose me supprimer en rappelant la Kitty qu'il a connu. Il veut se sauver avant de me sauver. Mon attirance s'estompe pour laisser place à un profond dégoût. Mon passé est progressivement mis sous une petite trappe où je placerai rapidement un gros cadenas. C'est là que je la surprends, elle hurle, elle a perdu. NOON ! C'est trop tard, elle le sait. Je m’écarte avec une vivacité retrouvée puis me rapproche avec un sourire mi malicieux mi énervé.

JE NE SUIS PAS KITTY ! Kitty est MORTE ! NOON ! JE SUIS LA ! ARRETE CA ANNIKKI ! Tu crois que je vais le laisser faire ? Il n'a plus lieu d'exister dans ce monde... Ses bras n'ont rien pu faire !

Je le frappe à plusieurs reprises avant d'être bloqué par Kitty. Je la sens batailler en moi mais que croit-elle ? Qu'il suffit de croiser un mort pour oublier notre décès ? Pour oublier une éternité de souffrance ?

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MessageSujet: Re: Could have given me something, you, my everything [PV Anniki]   Jeu 27 Mar - 0:49

Un défi. Celui de l’absent et de l’éraflé. Mais qui peut jurer avoir prôné le néant ? N’est-ce pas elle qui s’est évaporé plus d’un Siècle auparavant ? Coups et blessures dans les deux camps. Le fautif, c’est l’époque, le lieu, les circonstances. On ne peut guère traîner en justice l’abstrait mais le verdict doit être pourtant rendu- il semblerait du moins. Qu’attend-elle de lui ? Peut-être rien. Sven se refuse à l’entendre. Lui l’a attendu, chaque seconde, chaque heure depuis le moment où l’étincelle s’est assoupie dans ses yeux pourtant si électriques. Il a guetté les bruits, les odeurs et surtout les couleurs. Et longtemps, il l’avait retrouvé partout. Dans un sourire, dans un regard, dans une silhouette. Fracture mémorielle. Chaque détail insignifiant abritait son souvenir. Puis, le doute s’est installé. Résigné, il a tenté alors de s’ôter la seule idée qu’elle soit vivante. Comment pourrait-elle encore exister alors qu’il n’en avait eu la preuve concrète ? A ce point arrogant qu’il l’a pensé nulle part quand elle ne se trouvait pas dans son environnement. Croit-il que le monde cesse de tourner pour elle quand il ne la côtoie pas ? L’inverse semble pourtant évident. Sans elle, plus de saveurs, plus d’ardeur. Plus rien. Un brin exagéré et déformé ? Cette passion le dévore suffisamment pour qu’il soit convaincu de ne plus jamais avoir vécu depuis cette rupture. Comment aurait-il pu ressentir la moindre chose quand ses veines étaient encore asséchées par manque de désir, de besoin et d’envie ? Ce trio de concepts lui offre l’Humanité dans ce qu’elle a de plus beau et de plus destructeur. C’est enivrant. Trop enivrant pour qu’il se cloitre dans son humilité ou dans sa pudeur. Il la supplie. Réclamation déplacée, formulaire périmé. Elle ne lui a jamais appartenu. Mais n’est-il pas, lui, entrain de se revendiquer comme sa propriété ? Sa raison est-elle à ce point calfeutrée par ses perceptions artérielles et olfactives ? Où est donc sa fierté ? Plus rien n’a d’importance. Rien sauf elle.

Même ce rejet prouve sa présence. Assez aliéné pour apprécier la moindre nuance de souffrance tant qu’elle contient un peu de Sa réalité. Se croit-il à ce point invulnérable quand elle partage son rivage ? Se croit-il assez misérable pour apprécier la douleur au dépend de sa stabilité ? La tête de Kitty penche d’un côté puis de l’autre mais quelle direction va-t-elle emprunter au final ? Il demeure dans l’expectative. Un son, un geste. Peu importe son sens ou sa portée. Tout et n’importe quoi plutôt que l’indifférence. Qu’elle le rende fou, qu’elle prenne la forme qu’elle veut pour le torturer, qu’elle le déchiquette, qu’elle le noie mais plus jamais, elle ne doit se cacher dans les abysses qu’il ne peut conquérir. Jamais. Les mots extrêmes ne sont-ils pas grossièrement employés ? Ils ne devraient même pas exister tant leur valeur est éprouvée par les événements du quotidien. Jamais est donc excessif. Une utopie qui se veut nier avec ferveur une action, un fait. Cette vérité s’applique à son opposé. Toujours. Et pourtant… Pourtant. Elle se tient toujours devant lui. Elle approche ses lèvres et l’embrasse comme toujours. Toujours, c’est la seule période qui ait vraiment compté. Toujours, c’est l’absolu. Son absolu – plus de craintes, plus d’erreurs, plus de cris. Les mots déficients, écartés au profit d’un soupire, d’une caresse. L’or du silence, l’harmonie chiffrée, la compréhension physique, visuelle. Tout ça retrouve sa course dans son organisme. Fiévreuse douceur qui se diffuse paresseusement dans chaque partie de son être – même dans son inconscient, surtout dans son inconscient. Cette ardeur distance Sven d’Ezra. Plusieurs foulées d’avance sur son pragmatisme, plusieurs kilomètres gagnés sur sa lucidité. Insouciance, délectation. Il n’est plus qu’un homme. Avec elle, il n’a plus de passé. Seulement le leur. Il n’est personne, il n’est défini que par leur connexion. Son corps pressé contre le sien, ses bras la retenant. Elle parle peut-être, il ne l'entend pas. Instant éternel et éphémère pourtant quand déjà, elle se détache.  Désorienté, il cueille l’éclat de son rire et en déguste toutes les tonalités. Le rictus du norvégien se joint à la mêlée d’amusement qui fond sur eux avec une facilité déconcertante. Elle l’entraîne, il la suit. C’est simple. Toujours simple. Toujours.

Elle stoppe leur progression et contraint même son dos à percuter une paroi proche ce qui déclenche l’hilarité de l’urgentiste. La fougue d’autrefois, les démons en moins, Sven est donc bien là. Ruelle déserte et abrités par un jeu d’ombres, ils sont seuls dans leur Monde. Définitivement seuls. C’est la seule solitude qu’il veut embrasser. Celle où ils subsistent ensemble. Ses paumes s’approprient sa nuque quand leurs lèvres se retrouvent. Mais sa bouche ne lui suffit plus rapidement et cette voracité ne s’étend pas qu’à sa personne. Elle contamine aussi celle de son amante. Ses mains dévalent ses épaules, ondulent sur ses hanches. Leurs enveloppes charnelles se réclament, se revendiquent. Étreinte étroite qui ne comble pas leurs attentes mais qui au contraire, les amplifie. Ils s’agrippent l’un à l’autre et jouent allégrement avec le désir de l’autre. Enlacés effrontément, omettant toute retenue, toujours enchaînés à leur débauche passée, ils ne savent pas ce qu’ils font. Se chercher, se retrouver pour mieux se perdre comme toujours.

Toujours ? Ou jamais.

L’extase se dissipe quand son hurlement transperce leur transe. Déboussolé, il fait un pas en avant mais s’arrête quand ses yeux se figent dans les siens. Qui est-elle devenue ? Jamais, elle ne lui avait adressé un tel regard. Mépris, rancœur. Une violence qui n’a jamais eu sa place dans l’azur. Horizon sans nuages, océan désormais troublé. Que se passe-t-il ? Elle crie. Kitty hurle. Elle assure ne plus l’être. Elle assure être morte. Puis, elle nie. Elle invoque Anniki ? Qui est Anniki ? Il ? Lui ? Elle ne lui parle donc plus. Il balaie les environs. Personne. A qui s’adresse-t-elle ? Quelque chose cloche. Il s’est passé quelque chose de grave mais même si il identifie la gravité, il n’en découvre pas le facteur, ni les composantes. Les coups qu’il reçoit le font basculer dans la terreur aussi rapidement mais il la domine grâce à sa foi inébranlable en ce toujours qu’il croit empirique. Il ne rugit pas, il ne la blâme pas. Il se contente d’un placide « Calme-toi… Calme...» Qui a besoin de se calmer ? Celle qui s’emporte ou celui qui tremble sans savoir pourquoi. Il a peur. Il a peur de comprendre. Alors, il l’arrête aisément en lui prenant les poignets pour les relever. «  Je ne voulais pas t’abandonner. J’ai… J’ai cru que je devais vivre après tout le mal que tu t’es donné pour m’offrir cette seconde chance. » Excuse ? Tentative de rédemption ? Pourquoi croire avoir pêché dans ce cas précis en se buttant à la vie plutôt qu’au suicide ? Mais comment pouvait-il tomber dans les mêmes abimes alors qu’il n’a jamais appartenu à sa catégorie de toute manière ? En plein déni. Folie qu’il ne veut et ne peut supporter. Il est tellement plus facile de croire qu’elle lui en veut pour une séparation incongrue que pour une raison qui échappe à sa maîtrise. Il dépose prudemment ses paumes de chaque part de son visage en laissant le champ libre à ses poings pour revenir le frapper, comme pour se convaincre qu’il peut tout arranger. « Comment peux-tu… Comment peux-tu dire que tu es morte alors que tu es devant moi. Alors que je peux te toucher. » Le bout de leurs pieds se joignent encore, leurs mains s’accordent encore. Toujours est donc devenu encore. Ne voit-il pas que ses convictions obsolètes s’effritent de plus en plus ? Ezra secoure Sven décidément faible. Son ton gagne en dureté autant que sa détermination. Il se voit soudainement affronter les dégâts. Son regard se loge alors dans le sien à nouveau, il s’y incruste jusqu’à l’absurde. « Qu’est-ce qu’il se passe, Kitty ?  » Quel nom portera donc ce prochain démon, ce prochain fardeau, cette prochaine chute ? Ezra pense pouvoir l’encaisser. Sven veut seulement enlever Kitty et prétendre à la normalité. Mais qu’y a-t-il de normal dans ces retrouvailles ? Ses baisers sont suivis à chaque fois de coups. Deux fois, ce n’est pas assez pour proclamer une règle immuable, ce n’est pas une loi arrêtée. Oui, il l’espère encore. Et ne l’espère déjà plus pourtant. Oscillant – mirage, confrontation. Rêve, réalité.  

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    Here I stand, helpless and left for dead
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Dernière édition par Ezra S. Reilly le Ven 4 Avr - 21:19, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Could have given me something, you, my everything [PV Anniki]   Ven 4 Avr - 21:08

Je la sens batailler en moi mais que croit-elle ? Qu'il suffit de croiser un mort pour oublier notre décès ? Pour oublier une éternité de souffrance ? La mort est un fardeau qu’il faut savoir porter, Kitty semble l’oublier. Il n’y a pas de rédemption. Il n’y en a jamais eu et il n’y en aura jamais. Que croit-elle ? Sa soudaine naïveté m’effroi. Depuis quand suis-je la plus censé ? Depuis quand suis-je la plus forte ? la plus logique ? la plus violente si tenté que sa presque tentative de viol est plus douce que les coups portés par mes poings…. Bref. Passons. Je recule d’un pas et prend satisfaction de lire l’incompréhension dans ses yeux. Je crois même détecter de la peur quelque part au milieu du chamboulement intersidéral que je viens de créer dans son esprit. Il y a de quoi devenir fou. Oui, totalement fou. Oui qu’il me rejoigne. Mon monde est très coloré contrairement au sien. Se battre avec soi-même peut paraitre éreintant et ça l’est souvent, mais c’est aussi très amusant. Il n’y a qu’elle pour me comprendre, pour saisir mes peines et mes craintes. Toujours au bon moment, elle me sauve mais là, je dois la sauver. Je dois me sauver, surtout. Je suis la vraie, elle est ma création, elle est mon passée, une image puissante de ce dernier. A vrai dire, elle est la résurgence du temps de Darya plus que celui de Sven, l’époque où nous étions forte et sans souci, sans crainte. Toutefois, je ne peux nier sa dévotion en cette vision de passée. Une erreur dans mon esprit a-t-il donné une faille à mon bouclier ? Quelle idée saugrenu pourtant, la vérité est bien là. La voici tapis dans l’ombre comme Kitty apeurée dans un coin de ma conscience. Elle est piégée. Elle enrage mais sa faiblesse est d’aimer. Je secoue la tête puis ris, doucement puis avec plus de puissance. Je me ris de la peur que je lis dans son regard, de cette amour brisé. J’ai beau savoir qu’il s’agit de mon passé, de mon amour, de celui que j’aime encore et toujours, quelque chose en moi ne peut accepter de revenir sur ces pentes glissantes. Je sens tout ceci comme un grand danger. Je n’aurai jamais du le croiser, Kitty n’aurait jamais du le revoir ni le toucher. Le toucher. Je sens encore ses lèvres sur les miens et un frisson me parcourt, chaud voire brulant. Pourquoi peut-il autant me faire d’effet ? Ses prunelles m’assaillent en même temps que Kitty, sa voix accoste mes oreilles pendant que ses mains m’agrippent. Je suis perturbée une seconde et, évidemment, Kitty en profite. Comment arrêter ce jeu ? Comment regagner ma place en sa présence ? Il fait tout pour m’enfermer. C’est un monstre. Un monstre qui ose s’excuser par une phrase si puéril, si enjolivé par l’acte que j’ai commis des années auparavant. Pourquoi l’avoir sauvé ? Je ne sais pas du moins, je m’en auto persuade. Je ne veux plus me souvenir de cet évènement ni des autres qui ont suivi. La force de kitty se trouve dans ma propre faiblesse à ne pas vouloir admettre ce qui m’a conduite ici. Bref, elle est là, nous sommes à pieds d’égalité. Je veux hurler, je veux le frapper mais il m’est impossible d’exister pleinement, elle me bloque. Elle a peur pour lui. Ne devrait-elle pas avoir peur pour nous !? Je lui hurle dessus mais elle ne daigne même pas me répondre. Son mutisme me blesse davantage que ces étaux autour de mes poignets.

Comment peux-tu… Comment peux-tu dire que tu es morte alors que tu es devant moi. Alors que je peux te toucher.

Il est con, décidément, comment ai-je pis finir avec lui ? Je veux lui cracher tout mon venin. Un venin tout neuf, tout frais, tout parfait, rien que pour lui. Kitty m’en empêche et je l’empêche de le détendre par des paroles trop mielleuse sortant de sa bouche ou pire, par des actes trop obscène pour être annoté ici. Sven et Kitty. Le duo parfait poussé dans une rocambolesque histoire uniquement parti sur le refus des deux d’assouvir leur pulsion. Ce n’était pas vraiment un problème pour nous à l’époque, avec Darya, aller au-delà des limites était un jeu savoureux et ce pour toutes les occasions. Nous avons fait de même avec Ezra sauf pour la partie « jambe en l’air » comme ils disent maintenant, ça, c’est venu difficilement et plus tard. Des moments fabuleux. J’en salive. Ses yeux m’appellent à cette pensée tout comme sa bouche et à peu près toutes les parties de son corps. Le pire, il me semble, que l’influence de Kitty n’est que minime sur ses envies. Je sens le poids du passé et de l’irrésistible alchimiste qu’il existe entre nous. Pourtant je campe sur mes positions. Il est un danger et je trouve que je radote bien trop.

Qu’est-ce qu’il se passe, Kitty ?

Peut-être une question de trop. La question de trop. Qu’est-ce qui se passe ? La blague. C’est un cerveau que j’aurai du lui offrir pas la vie. Je sombre dans mes profondeurs. J’enrage de l’avoir en face de moi avec son air tout innocent, tout gentil, tout mignon. Ce n’est que du faux, un mensonge vivant ou mort, qu’importe ? Je devrais l’éradiquer. Oui, voila totalement. Le supprimer pour de bon. Après n’est-ce pas moi qui lui ai permi de vivre un peu plus longtemps ? J’ai bien le droit d’en changer. Le supprimer, simplement, là avec ce couteau que je cache si bien. Il ne verrait rien. Tu fais ça, je te tue Ca y est, on attaque son pigeon et elle se reveille… Anni, je repete, tu lui fais le moindre mal je te tue etant donné que me tuer releverait du suicide et que, de nous deux, c’est à moi qu’appartient ce corps, je pense que tu aurais quelque difficulté … ET PUIS MERDE ! Il n’a rien pu faire à l’époque, que crois-tu qu’il va nous apporter sinon son lot de malheur !? On a vécu avant lui et après lui. On est morte en fuyant dans ce village pour lui…et aujourd’hui, que va-t-on faire pour l’attirance qu’on ressent encore pour lui ? dis plutôt que tu as peur de revenir en arrière je… Non, ce n’est pas ça. Elle m’énerve. Le passé est le passé, n’est ce pas ce qu’elle m’a enseigné depuis que je l’ai rappelé à moi ? N’est-ce pas elle qui m’a poussé vers devant en évitant de regarder les pertes ? N’est-ce pas elle qui juge avant de comprendre ? qui frappe avant de parler ? qui oublie l’humain pour ne voir que le démon ? Je la connais bien, elle n’est pas que mon mauvais côté, elle est ma force, elle est une antité plus douce qu’il n’y parait mais Sven la rend…. Non. Je ne veux pas de tout ceci. Ce qu’il se passe ? C’est qu’il ne devrait pas être là, il casse tout.

Tu veux savoir ce qu’il se passe ? Ta présence nous brise ! Disparais, oublie moi, oublie Kitty. Elle est morte et je n’ai pas besoin de toi pour me rappeler le gout de la vie.

Elle tente de parler. Je la calfeutre. Quelle cesse ses plaintes. Je maitrise. Aujourd’hui, je maitrise.

Si ton seul vœux est de t’absoudre de la dette que tu me dois, t’inquiète, tu ne me dois plus rien ! Ni à moi ni à Kitty ! Disparais pendant qu’il en est encore temps ! Vis ta vie, tu as raison, garde cette philosophe pendant que nous on brulait en enfer ! Pas de souci mais pars vite et loin, très loin.

J’entends comme le tic-tac des secondes qui passent, de cette vie qui s’échappe. Le poids de son évaporation me pétrifie, je connais ma destination finale et je vis avec cette fatalité sans pouvoir espérer une quelconque absolution. C’est Kitty qui m’aide apprécier les secondes et je sais, je suis persuadé qu’il contribuerait à ce que celle-ci passent plus vite. Trop vite. Nos dernières secondes, n’ont-elles pas été merveilleuses ? Comme une petite brise…. ? Une petite brise transformée en tempête. Un avenir, une fin que je ne veux pas vivre une seconde fois. Mes amours apportent la mort. Il est l’amour. Il est la mort. Je ne peux éviter de l’associer à cette fin inéluctable que je préfère éviter pour le moment car pour moi l’éternité n’est pas une merveille. Je m’écarte de plusieurs pas sans, pourtant, avoir la force de disparaitre dans la foule. Quelque chose me retient. Quelque chose qui me titille depuis le début. Je sens. Je sens quelque chose. Kitty s’éveille aussi, doucement, elle cherche aussi. Puis nos regards s’éveillent. Qu’a-t-il fait durant ces 150 ans ? Que lui est-il arrivé lors de cette fracture il y a quelque mot ? Elle se doute avant, elle me fait reculer, elle prend notre corps, elle hésite. Elle est perdue. Elle parle pour nous quand une question devient évidente.

Qu’es-tu ?
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MessageSujet: Re: Could have given me something, you, my everything [PV Anniki]   Lun 14 Avr - 23:30

Vision atterrante, trouble oculaire incompris. Ses traits sont chamboulés, impalpables par leur non-sens. Traînée anthracite sur sa rétine qui envenime la pigmentation azurée de ce regard qui, jadis, port d’attache le ficelait à une rive stable. Où sont passées les cordes ? Qui a osé profaner ce sanctuaire ? Abjuré l’ambre, trahies ses divergences colorimétriques. Qui a pu substituer les éclairs au  charbon?  Qu’on lui fournisse un nom. Qu’on lui délie une identité. Il l’anéantirait. La violence de cette haine nourrie à l’encontre d’une ombre prend des proportions titanesques alors qu’elle se tait toujours. Douleur réelle pour coupable encore fictif. Sa bouche dessine des syllabes et il croit obtenir une piste. Ne doit-elle pas crayonner le portrait robot du fléau pour qu’il puisse le combattre ? Elle ne lui donne pas satisfaction. Pire, la figure qu’elle esquisse, n’est que son reflet. Miroir trompeur ? Ezra recule devant ce mot qui s’octroie toujours plus d’espace entre leurs deux carcasses. Morte. Durant une fraction de seconde, il se voit articuler un mouvement très simple mais il est refoulé par une salve de reproches. Il tente d’en démêler  le vrai du faux mais le faux est peut-être vrai. Qu’y a-t-il de logique ou de réel dans ces injections verbales ? Elle ne veut pas de lui. Elle veut qu’il parte. L’enfer. Mais que sait-elle de ça ? L’enfer, c’est de ne pas avoir pu prendre sa place dans cette épreuve. L’enfer, c’est d’avoir vécu chaque heure, chaque seconde en ignorant sa situation. L’enfer, c’est de rester droit, encore debout alors que son système solaire s’effondre car l’astre central se déloge subitement. L’enfer, c’est d’être là, d’être loin, d’être vivant par sa présence, d’être mort par cet absence. L’enfer, c’est de la retrouver pour la perdre de la pire façon qu’il soit. Rejeté. Rejeté par la seule personne à lui avoir tendu les bras sans la moindre once de malveillance. Abandonné. Encore. Encore. Encore.

Il tient. Comment ? Aucune idée. Figé dans sa boucle, il se surprend à ne plus vouloir esquisser le moindre mouvement pourtant. A quoi bon donc ? Autant être décédé plusieurs décennies en arrière. S’il n’a pas pu la sauver. Si elle ne peut plus l’accepter. A quoi bon ? Elle s’éloigne. Il ne sait pas si il va réussir à la retenir. Il a lu. Il a vu. Il ne peut se mentir. L’exil ordonné. Il lui sera donc délivré dans les règles de l’art. Devenu incarnation d’un passé fragmenté, glissé dans la peau de l’élément perturbateur, en quoi est-il différent de Kyran dans cette scène ? Encore lui. Oui. Abandon  va de paire avec ce frère. Tout revient à ce point. Tout converge vers lui. Tout sauf elle. Sauf elle avant qu’on la lui transforme, avant qu’on la lui arrache. Mais maintenant, plus rien. Un ouragan et des terres brûlées. Il suffoque quand elle s’écarte un peu plus. Il s’éteint peu à peu, il miroite à peine quand elle se retourne et pourtant, le feu reprend aussi vite. Braise succombant à cette incendie. Primitif sursaut de survie, rage étranglée, il enjambe la distance qu’elle a engendrée. Il place son ombre dans la sienne en défiant l’écart qui les distance. «Je suis un fantôme. Comme toi. » Dureté dans la voix, assise sonore mais aucune  stabilité sur le fond et une endurance malléable. « Je suis aussi mort que tu te prétends l’être. »  Il provoque ses articulations en déposant sa paume sur son coude. « Je ne suis plus Sven. »  Le prénom lui écorche la langue, lui râpe le larynx, lui assèche la cavité buccale. « Mais ça ne change rien. Kitty, ça ne changera jamais les choses entre nous. » Parce qu’elle a toujours de l’importance dans cette vie, dans toutes les autres. Parce qu’elle supplante le temps, l’espace et toute la physique. Passion démesurée, désespérée. Étincelle de vie, la seule depuis des lustres. Assoiffé qui court dans un perpétuel mirage trouve au pied d’une fontaine, de l’eau viciée mais ça ne l’importe pas. Peu importe le résultat, la fièvre, la maladie ou même la mort. Il va l’ingurgiter jusqu’à la dernière goutte si c’est  tout ce qu’il peut obtenir.

Prêt à prier les Dieux qu’il a renié des Siècles auparavant, prêt à remonter cette route, prêt à subir les conséquences de chacun de ses actes. Il mise tout. Tout sur elle. Encore. Encore. Encore. Timbre rongé par l’amertume, dernier balancement de chair et d’os dans sa direction. Dernier appel de détresse. Dernière chance de salut. « Je ne suis pas fou. Je ne suis pas aveugle. Ne me dis pas que je ne suis plus rien. Pas quand tu m’entraines ici pour… » Pathétique petite esbroufe qu’il avorte avant sa finalité. « Même ça, ça ne changera rien de toute manière. Je ne vais pas te laisser partir. Je ne vais plus jamais te laisser partir.» Les mains de l’urgentiste s’emparent de sa carrure et l’accole brutalement à la paroi la plus proche. Ezra abolit la tendresse de Sven pour une urgence terrifiante.   « Tu n’as rien oublié. Ton corps n’a rien oublié. » Il appuie ses mots de ses lèvres qu’il appose sur les siennes avec aigreur. Il se décolle aussi sèchement, ses doigts remplacement sa bouche. « Je ne t’ai pas oublié. Je n’ai rien oublié. »  Égoïstement je ? Plus de noblesse d’âme pour celui qui grappille potentiellement des derniers instants à cette femme idéalisée, attendue et exigée. « Tout est différent mais ça… » Ses paumes serrent sa mâchoire désormais alors que son corps écrase le sien, il ne lui laisse aucune possibilité. Sa force la maintient contre ce mur. Sa bouche retrouve la sienne, il force ce baiser avec moins de délicatesse encore. « Ça… Ça n’a pas changé. » Son regard la soumet au défi inéluctable du mensonge. Il ne se déloge pas de sa position et persiste toujours plus. Entêté par défaut. « Dis-moi ce qu’il s’est passé. Dis-moi ce que tu me reproches réellement. Fais-moi comprendre. » Au nom de ses abandons passés, au nom de cette exaltation insensée. Peut-être ne sont-ils réellement plus sur la même fréquence mais tant qu’elle hante des ondes, c’est qu’elle est toujours atteignable. Il peut franchir des murs, abattre des armées pour la retrouver. Mais si elle se place en obstacle. Comment compte-t-il la contourner ?    

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    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
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Could have given me something, you, my everything [PV Anniki]

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