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 Si on jouait à chat perché? Pv. Kat.

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MessageSujet: Si on jouait à chat perché? Pv. Kat.   Dim 2 Mar - 15:29

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Chuuuttt... Je te promet, je ne l'ai pas fait exprès.


« Je t’aime. Réellement. Je t’ai aimé dès la première seconde où je t’ai vu. Mon cœur palpitait, ma gorge se serrait et mon pouls semblait possédé par une quelconque danse latine. » Ses paroles continuaient, hantant le cerveau emprunté qu’était celui de Lilya. LE souvenir, devenu un rêve lointain la faisait frémir de dégout. Elle vivait l’instant, comme si c’était ses propres paroles. Des paroles qui dégoulinaient d’un sentiment digne de la rendre nauséeuse. Endormi, mais écœuré de l’être, la sorcière tremblait entre ses draps. Furieuse de voir ce visage hautain, qu’elle détestait tant, la contenté avec une légère touche d’ironie. Pauvre idiot, il aurait mérité qu’elle s’empare d’une broche à tricoter pour les lui crever. Comme des ballons… Une idée fortement plus réjouissante, que celle d’être enfermer dans le corps d’une femme aux seins démesuré, amoureuse de cet ennemi naturel.
Même dans son sommeil, cette fureur qu’elle ressentait à l’idée de s’être soumise à lui, suffit à réveiller la belle endormie. Assise dans son lit, le dos droit. Lilya se demandait sur qui elle pourrait passer ses nerfs. Elle avait besoin de se changer les idées. Oui, elle devait trouver quelque chose pour s’amuser. Sa nouvelle identité, ne devait pas l’empêcher de reprendre ses vieilles habitudes.

Se laissant glisser jusqu'à son miroir, elle contempla ses nouveaux traits. Que pouvait-elle se permettre avec ce visage? À force de fixer son visage, ce fut celui d'une très vieille connaissance qui s'imposa. Souriant, une idée se formant doucement dans son esprit, elle s'amusa à la simple idée de lui envoyer une petite note pour la convoquer. Quelle expression aurait-elle en décortiquant son écriture?
De meilleures humeurs, Lilya s'empara d'un stylo pour mieux rédiger une simple date, une heure et un lieu. Sa signature trônant au bas de cette liste, Lilya contempla son œuvre. Oui, elle pourrait s'amuser ainsi. Prenant le temps d'enfiler des vêtements chic et sexy, elle se dépêcha à quitter son appartement miteux. Elle avait besoin de se défouler et de retrouver une part de la vie qu'elle s'était construite avant sa mort.

La note termina sa route sur la porte de Kat. Sa skinchangers, sa création. La seule personne qu'elle avait envie de voir à cet instant précis. Se servant de son charme, elle réussit à emprunter une voiture pour mieux prendre la route de New-York. Elle avait donné rendez-vous à sa chose là-bas. Dans un ancien théâtre de Broadway. Un lieu parfait pour sa petite résurrection. Et puis, le danger lui manquait. Son corps commençait à en demander.
Quelques heures lui suffirent pour tout mettre en place. Sur la scène de son choix, du sang écrivait en gros le prénom de Kathie et quelques cadavres frais lui indiquaient le chemin. Une mise en scène magnifique aux yeux de la sorcière. Un meilleur cadeau, que des fleurs. Dans sa robe moulante noire, ses pieds rougis par le sang et toute la beauté de sa personne mise en valeur, elle l’attendait. Cette distraction qui lui changerait les idées.
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MessageSujet: Re: Si on jouait à chat perché? Pv. Kat.   Lun 3 Mar - 8:13

Ça avait dû être un chouette théâtre, à une époque. Pour une raison qui m’échappe, la façade du bâtiment a bien résisté à l'abandon et au froid. On peut encore y lire son dernier programme. Les noms que j'y vois ne me disent absolument rien, mais je prends le temps de les déchiffrer une bonne dizaine de fois. Dans ma main, le morceau de papier est brûlant ; elle n’est pas loin, j’en suis certaine. Je sens l’odeur du sang, ça empeste l’air, mais je ne lui fais pas l’affront de m’en étonner. Cette fragrance lui va bien, à bien y réfléchir. Qu’importe : je suis morte, à l’intérieur. Elle m’a tuée, encore.


Quelques jours plus tôt, j’ai cru ma délivrance venue. Pour la deuxième fois de ma vie, mon corps s’est changé sans que je lui demandasse rien. À nouveau prisonnière de ma forme féline, je m’étais surprise à me considérer comme finalement libre, car pareil événement ne voulait dire qu’une seule chose : elle n'était plus. Son cœur avait dû cesser de battre, quelque part. Je ne m’en étais pas réjouie. Je n’en étais tout simplement pas capable. Elle avait planté ses griffes trop profondément en moi, avait laissé des cicatrices trop béantes pour que j’imaginasse seulement être heureuse à l’idée d’en être débarrassée.


Je ne m’étais pas réjouie, mais j’avais abandonné toute envie de redevenir un jour humaine. J’avais embrassé, en quelques secondes à peine, la vie féline qui m’attendait. J’avais tourné le dos à La Nouvelle-Orléans, sans le moindre regret. Tout avait été simple à nouveau… jusqu’à ce que je me réveillasse, finalement, nue et sale, sous un pont à moitié effondré. J’avais retrouvé ma croix, il me fallait la porter. Revenir dans cette ville nauséabonde et malade, travailler pour son fossoyeur souriant. Je me rappelle m’être demandé si mon absence avait été assez longue pour que je fusse considérée comme déserteur. Cela aurait facilité bien des choses.


Pourtant, je suis moi. Ma survie est mon unique préoccupation. Je suis donc rentrée, misérable et atone. J’allais prétexter une filature, une attaque, n’importe quoi, pour expliquer ma disparition imprévue. Son nom ferait le reste. J’étais loin de me douter que, finalement, après presque une année sans l’avoir vue, elle ferait à nouveau irruption dans ma vie.


Un petit papier, abandonné au pied de ma porte, là où n’importe qui aurait pu le prendre. Cela lui ressemblait bien. C’était une nouvelle torture à mon attention. Que serait-il arrivé, si d’aventure cette note ne m’était jamais parvenue ? Hantée par cette possibilité, je fus incapable de dormir les jours qui suivirent. Comme elle l’avait désiré, à n’en pas douter.


Mes doigts se détendent lentement et je sens le vent emporter ma convocation. Du coin de l’œil, je regarde la feuille virevolter puis disparaître au coin de la rue. Je n’en ai plus besoin. Chaque mot, chaque lettre se sont imprimés au fer rouge dans mon esprit fatigué. Il est temps, désormais, d’affronter ce qu’elle a prévu pour moi. Mes jambes, pourtant, refusent de bouger alors que j’imagine le pire. Je ne m’explique toujours pas ma transformation. D’une manière ou d’une autre, elle a trompé la mort. C’est la seule chose dont je suis certaine, mais cela n’amène que plus de questions : était-ce un acte volontaire, étudié, préparé ? Ou bien quelqu’un s’est-il attaqué à elle, lui portant un coup fatal qui manqua l’emporter pour de bon ? Que cherche-t-elle, à me convoquer ainsi ? Une alliée ? Un larbin ? Une vengeance ? L’entrée du théâtre devient soudainement pareille à une bouche des Enfers et ses sirènes démoniaques me promettent mille tourments en échange de ma reddition.


Le dois-je ? Puis-je seulement éviter ?


Je sais que non. Le voudrais-je seulement, je serai incapable d’ignorer sa sommation. Elle m’a demandé d’être à un endroit précis à une heure précise et j’y suis. Parce qu’elle a sur moi ce pouvoir infâme qui m’empêche toute fuite. Alors je bouge, une jambe après l’autre, et la mâchoire mirifique du Pandémonium se referme sur moi tandis que les battants claquent dans mon dos.



La bâtisse est plus grande que ne le laisse paraître sa devanture, pourtant je ne me perds pas. Difficile, quand elle a lancé à mon intention plus d’indices que je n’en ai réellement besoin. Chaque cadavre que je croise pointe ostensiblement le doigt dans la direction que je dois suivre. J’essaie de me souvenir de chaque visage, au départ, mais j’arrête vite. Ils sont trop nombreux à se recroqueviller dans des positions grotesques. Elle est une artiste, à sa manière. Son œuvre subversive mine encore mon moral, tandis que je m’imagine être son coup de pinceau final.


Ce jeu de piste m’amène jusque sur une scène sur laquelle des lettres de sang s’alignent en une macabre procession. Sachant très bien que j'ai en face de moi un nouveau message laissé à mon intention, je m’oblige à le lire. Une fois, puis une seconde. C'est un prénom, mais je ne le reconnais pas. Pourtant, il ne m'est pas inconnu.


Je comprends dans un éclair. Mon nom. Il s’agit du mien, couché sur les planches. Elle n’a cependant pas écrit celui que me donna monsieur Kane après m’avoir adoptée, mais le legs que mes parents choisirent pour moi, il y a de cela une éternité. Je l’avais oublié, comme j’ai oublié leurs visages et la douceur de leurs voix. De cette époque perdue, il ne me reste que des brides de souvenirs et chacun porte sa marque et est hanté par sa présence.


Je ne sais pas pourquoi, mais, ainsi jeté à ma figure, mon prénom m’effraie. Je me retourne, le ventre sur le point de rendre les armes, et je me fige sans un bruit : elle est là. Comment ai-je fait pour ne pas la voir tout de suite ? C’est sans doute la raison de sa mise en scène. Obnubilée par les cadavres, agressée par l’odeur du sang, je remarque sa présence au moment où elle l’a décidé. Il s’agit du point d’orgue de sa présentation et je comprends, enfin, le pourquoi du théâtre. Encore une fois, je n’ai été qu’une petite souris entre ses griffes, dansante sur ses partitions. Mon échine tremble et je reste là, à la regarder, incapable du moindre son. Sa victoire est totale. Je ne suis qu’argile qu’elle peut façonner à sa guise. Du bout de ses doigts, elle peut tirer ce qu’elle veut de moi...


Mes genoux frappent le bois sec de la scène tandis que je tombe à ses pieds. Nous nous regardons et j’admire malgré moi ce nouveau corps qu’elle aborde comme s’il avait toujours été le sien. Je ne comprends pas, même si je suppute que cela a un lien avec sa prétendue mort. Qu’importe les traits qu’elle aborde, mes os ne mentent pas et ils hurlent que la femme qui me regarde est bien celle que je crois. Mes yeux se ferment et j’attends sa sentence. That what you always wanted, je pense et cela sonne comme une rébellion.


Une révolte mort-née, qui restera secrète.

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MessageSujet: Re: Si on jouait à chat perché? Pv. Kat.   Mar 1 Avr - 16:46

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Chuuuttt... Je te promet, je ne l'ai pas fait exprès.


Le sang chatouillait ses orteils, recouvrant sa peau sans même la faire frémir. La chaleur de ce liquide avait déserté le sol, tandis que ses propriétaires débutaient leur décomposition, sans même faire sourciller la sorcière. Lilya attendait patiemment que sa chose vienne la divertir. Elle lisait et relisait le prénom écrit de l'écarlate. Avalon. Elle revoyait son visage lorsqu'elle se soumettait à ses soins. Elle la revoyait prendre la forme adorable d'un chat. Elle la revoyait lui glissant entre les mains, lorsque l'ennui l'avait rattrapé. L'ironie avait voulu qu'elle survive aussi longtemps. Seul échos de son passé lointain. Seul lien avec la véritable personne qu'elle était.
Grimaçant, Lilya se demanda combien de temps elle devrait attendre. Impatiente, elle se mit à chanter une chanson qui n’avait pas franchi ses lèvres depuis sa première mort. Avant Darkness Falls, avant voilà tout.

Sa voix s’élevait et elle s’imagina ce que ce lieu avait dû être avant sa décision d’ouvrir les portes de cet autre monde. Elle avait condamné la ville et cette idée, la faisait frémir de plaisir. Si, elle avait été dans sa chambre, elle aurait sûrement ronronné de satisfaction. Le dernier gémissement, de sa dernière victime, lui revient en mémoire et son regard alla se promener sur les corps frais parsemant le chemin que sa petite protégée devrait emprunter.
Le jeu en valait-il la chandelle? Dévoiler à cette petite qu'elle était vivante ou non? La question ne fit qu'effleurer sa conscience. Elle aurait pu laisser une certaine liberté à cette ancienne proie qui ne l'intéressait plus réellement. Pourtant, son instinct de propriétaire l'en empêchait. En tant que première skinchangers, elle se devait d'être la première à reprendre contact n'est-ce pas?

Tranquillement installé sur scène, sa robe trempant autant dans le sang que ses pieds, Lilya s'arrêta de bouger et de chanter à l'approche de la principale invitée. Un sourire éclairci ses traits, tandis qu'Avalon prend le temps de découvrir sa présentation. Il y a quelque chose d'excitant dans la situation, la sorcière trépignerait presque sur place, si elle n'avait eu autant de bienséance. Glissant sa main le long de sa jambe, elle laisse apparaître sa peau, la marquant avec le rouge qui collait au tissu, pour mieux en retirer un léger couteau qu'une jarretière avait retenu. Avant de laisser retomber le bas de sa robe. Les yeux fixés sur sa distraction, elle passe sa langue sur ses lèvres. « Bonjour, mon chaton. » Puis, Lilya attend. Décider à la voir venir ramper à ses pieds.

Le bruit de ses genoux frappant le bois de la scène, résonna le long de ses os. Elle aimait cette situation et sortirait de ce théâtre en étant de nouveau fière. Oublié, cette histoire pathétique sur son nouveau corps et une certaine contagion. Oui, elle serait de nouveau Averyl, Lilya, enfin peu importe le nom qu'elle avait porté. Elle serait de nouveau une femme digne de son propre intérêt. Lui adressant un regard empli d’une tendresse sincèrement fausse, Lilya se servit du plat de la lame pour lui relever le menton et la forcer à la regarder droit dans les yeux. « Tu sembles en grande forme. Mon absence t'a profité. Tant mieux. » Elle était sincère. Plus sa victime résistait et plus elle s'amusait. « J'ai une petite question pour toi... Où en es-tu dans ta maîtrise de ta seconde apparence? »
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MessageSujet: Re: Si on jouait à chat perché? Pv. Kat.   Dim 6 Avr - 20:56

Il y a six mois, j’ai dû infiltrer un groupe de résistants — affectueusement surnommé le Tea Party — qui s’agitait un peu trop au goût de ma supérieure. Ils n’étaient pas bien méchants, juste trop idéalistes pour leur santé. Ils avaient accroché une reproduction de la Déclaration d’Indépendance au-dessus de leur cheminée et leur amour du drapeau étasunien proclamait leur nostalgie de ce qui n’était plus. Ils ne cachaient pas d’armes, ne prévoyait aucune action d’éclat et leur plus grand tort était d’enchaîner les crimes de lèse-majesté sur la place publique. En temps normal, une descente rondement menée aurait suffi à régler le problème, mais c’était sans compter les rumeurs qui étaient remontées aux oreilles de certains pontes aux dents longues. Forcément, quand on leur disait que le Tea Party était régulièrement infiltré par des éléments beaucoup plus radicaux qui s’en servaient comme base de recrutement, ils avaient vu se profiler un magnifique coup de filet.


J’ai beau avoir un métier peu commun, je n’échappe pas aux affres de la routine ; la mienne est juste un peu différente de votre métro-boulot-dodo. Il n’empêche que je fais toujours un peu la même chose : j’arrive, je récolte les informations intéressantes, je repars et la suite n’est plus de mon ressort. Je ne suis jamais allé voir ce qu’ils faisaient concrètement après , mais je ne suis pas stupide, j’ai ma petite idée. Il a beau s’être lavé les mains et avoir verni ses ongles, le « Gouvernement » reste ce qu’il est. Quand je suis sur le terrain, j’évite donc de m’attacher. Ce n’est pas forcément difficile : les humains sont des créatures au moins aussi méfiantes que moi et je ne suis pas exactement ce qu’on peut appeler un animal social.


Il est déjà arrivé, cependant, que des gens retiennent mon attention. Même dans ces cas-là, je reste peu loquace : nos échanges se limitent souvent au minimum et je suis plus du genre à tendre l’oreille qu’à poser des questions. Cela convenait parfaitement à Marthe, la « mamie » du Tea Party. Après plusieurs années à lutter contre un cancer et avant de rendre les armes, elle avait beaucoup à dire et peu de temps pour le faire. Je suis rapidement sa confidente. Elle m’a raconté sa vie, du début à la fin, sans fard ni retenue. Elle s’imaginait peut-être que j’étais une sorte de prêtre, une religieuse capable de l’absoudre de ses — étonnamment nombreuses, elle avait eu une existence bien remplie — fautes.


Quand ma sorcière a posé le plat de sa lame sur mon menton, j’ai repensé à la vieille Marthe et à l’une de ses histoires. Je me suis souvenu de chacun de ses mots, lorsqu’elle m’avait expliqué comment, une fois, elle avait eu l’impression de se retrouver projetée hors de son corps. Elle avait regardé les médecins se précipiter sur un malade inconscient, lui arracher sa blouse et appuyer deux objets métalliques sur sa poitrine. Quand elle avait ressenti un léger chatouillement au niveau du cœur, elle avait compris que c’était pour sa vie qu’ils luttaient.


Suis-je en train de mourir ? C’est la première explication qui me vient à l’esprit, alors que je vois ma sorcière se pencher sur mon corps. Ma tête se lève mécaniquement sans que j’aie l’impression de bouger et je regrette d’avoir cru que la vieille commençait à perdre la boule.


Je mets plusieurs secondes à comprendre qu’elle m’a parlé. Étrangement, si le visage qu'elle aborde désormais ne me fait ni chaud ni froid, sa nouvelle voix me choque. Elle a toujours multiplié les sourires, les coupes de cheveux, les maquillages, mais invariablement, son timbre restait le même. Ce n’est pas ma sorcière qui me fait face, c’est une inconnue. Son pouvoir sur moi s’étiole et je me sens renaître. Je veux esquisser un rictus moqueur avant de lâcher, avec une mordante ironie : you’ve changed . Tellement changé qu’elle ne peut plus rien m’imposer. Je suis enfin libre et… rien. Mon corps n'a pas suivi, mon visage est resté figé. Il hésite entre la peur et l’adoration ; le pire est que je peux l’admirer directement et il s’agit sans doute de l’une des choses les plus traumatisantes qui me sont arrivées. Alors, voilà ce que je suis devenue ? Une larve servile et incapable de la moindre rébellion ? Tout me revient en pleine face. Les mois que j’ai passés à travailler au gouvernement et, surtout, la façon dont ils m’ont traitée, me donnent soudainement envie de vomir. Comment est-ce que j’ai pu me laisser faire comme ça ?


La vérité est cruelle : je ne suis plus qu’un animal bien dressé, qui répond aux ordres qu’on lui donne.


Je me regarde secouer négativement la tête. Mon autre forme ? Je ne sais même pas si j’en serai capable un jour. Ma sorcière, elle, a toujours rêvé de me voir réaliser une telle performance. Mes échecs répétés ont été autant d’occasions pour elle de me rappeler à qui j’appartenais.


Coincée hors de mon corps, je suis contrainte de regarder le pantin désarticulé que je suis devenue répondre à chaque injonction qui lui est soumise.


Cette vision pathétique me met hors de moi. Je ne veux plus qu’une chose, lui balancer mes trois mots au visage, dussé-je en mourir. Même ça, on me le refuse et je ne comprends pas pourquoi. Comment en suis-je arrivé là ? L’Avalon que j’étais jadis ne perdait pas une occasion de rappeler à sa tortionnaire qu’elle ne la posséderait jamais entièrement, qu’il y aurait toujours une parcelle de son être qui n’appartiendrait à personne qu’elle-même.


J’ai été cette Avalon. Autant être franche, ce n’est plus le cas depuis l’ouverture des Portes.


Je ferme les yeux, submergée par la colère. Un vertige me prend et je sens la gravité m’entraîner vers le bas. Je sens le sol froid contre mes genoux et je sens la lame, à quelques centimètres de ma joue.


Je soulève mes paupières et je me retrouve nez à nez avec ma sorcière. Son regard cruel ne m'atteint pas. Je suis moi, à nouveau. Je ne suis plus cette petite chose effrayée et dégoûtante de servitude qu’était Kathie Kane. Je suis Avalon.


« Tá tú athraigh, » j’assène, pour la première fois dans la langue que nous parlions toutes deux avant sa première mort. L'accusation est simple : elle a changé. Moi aussi. Ou plutôt, non : je suis redevenue moi-même. Mon œil, vide quelques secondes plus tôt, est maintenant plein de défi. De mépris.

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MessageSujet: Re: Si on jouait à chat perché? Pv. Kat.   Sam 19 Avr - 4:23

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L'excitation la gagne, elle aime voir cette lumière de résistance qui l'avait séduite. Que pouvait-elle espérer de mieux en retrouver ce vieux jouet défectueux? Son retour sur terre l'avait poussé à la retrouver, à la réclamer. Mais, jamais Lilya n'avait trouvé de satisfaction auprès d'Avalon. Comme s'il lui manquait l'attrait de la nouveauté. Malgré ses ruades et ses petites scènes de rébellion, la sorcière n'était pas dupe, son animal s'était comporté comme une gentille petite chose bien élevé. Ce qu'elle pouvait détester quand elle atteignait son but. Ses distractions prenaient fins trop rapidement.
Pourtant, alors, qu'elle pensait devoir se contenter de cette jeune femme, Averyl sembla trouvez une source de réjouissance. Le couteau allant se loger le long de son cou, la femme cherche à appeler celle qui lui résistait autrefois. Ce serait plus amusant de passer la nuit à soumettre quelqu'un qui ne l'était pas entièrement. Une coquille vide ne ferait que l'énerver davantage. Un rire s’échappe d’entre ses lèvres pulpeuses, tandis que sa victime ferme les paupières. L’excitation gagne en assurance, se glissant tout du long de sa colonne. Cette jolie frimousse, combien de fois l’avait-elle forcé à grimacé?

Dans une autre situation, elle en aurait trépigné sur place. Attendant patiemment, pesant de plus en plus avec la lame. L’instant, qui finalement arriva. Avalon soutenait de nouveau son regard, l’admiration malsaine ayant disparu de ses traits. « Tá tú athraigh » De nouveau un rire s’égare, un rire intemporel. Cette langue que toutes deux partageaient, lui rappelait ce qui l’avait mené à la conquérir. Quelque part, son cœur incapable d’amour véritable avait trouvé une certaine tendresse sadique pour la petite.

Accentuant encore davantage le poids de la lame contre sa peau, la sorcière approcha de son oreille, venait la chatouiller de son souffle. « Tu as raison. Je ne suis plus la même. Autrefois, je t'aimais... » Emprunter sa langue d'origine dans ce corps nouveau semblait si trompeur, un mensonge qu'elle prendrait du temps à assimiler. « Aujourd'hui, tu m'amuses. » Sur ce, elle déposa un baiser innocent contre sa tempe, avant de murmurer un mot plus ancien encore que leur langue. La lame se mit à chauffer, laissant une marque flagrante sur la perfection de son cou.
Fixant son regard, sans même sourciller, aux siens, tandis qu'elle provoquait la souffrance d'Avalon, la sorcière se demanda à quand remontait leur dernier tête-à-tête. Plus longtemps qu'il n'y paraissait. Darkness Falls les avaient séparées, mais c'était dans le monde des hommes, que Lilya comptait reprendre son rôle de maîtresse. Pour un temps du moins. Se relevant et lui tournant le dos, la morte vivante s'étira, jouant avec son couteau refroidi. « Dis-moi, Avalon... À quand remonte notre dernière petite séance d'entraînement? » Provocante, elle voulait voir si l'animal mordrait la main qui l'avait nourri. Elle le désirait ardemment.
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MessageSujet: Re: Si on jouait à chat perché? Pv. Kat.   Mer 7 Mai - 16:10

La douleur est une vieille amie. C’était, peu ou prou, la dernière pensée intelligible qu’avait eu Avalon avait que Lilya ne commençât sa petite séance de torture. Ce leitmotiv, elle se l’était répété depuis qu’elle avait retrouvé un corps humain. Chaque fois qu’elle avait souffert, d’une façon ou d’une autre, elle s’était rappelée que ce n’était ni la première ni la dernière occasion où leurs chemins se croisaient. Elle ne savait plus quand cette constatation était devenue un réconfort.


Sous le feu de la lame qui lui dévorait le cou, elle découvrait qu’il avait surtout s’agit d’un mensonge. Bordel, qu’est-ce que ça faisait mal ! Elle avait l’impression de mourir. Qu’on lui coupe la tête ! aurait ordonné la reine de cœur. Et Avalon de rêver que sa sorcière n’eut d’autre volonté que d’en finir vite avec elle. Ce n’était pas normal, qu’un couteau lui fît si mal. Tu as survécu à tellement pire, s’encouragea-t-elle en essayant de serrer les dents. Mais rien n’y faisait, elle était incapable d’arrêter de crier. Jusqu’à ce que l’arme maudite quittât sa chair, là seulement elle put s’affaisser, toute énergie ayant déserté ses membres. Royale, sa sorcière lui tournait déjà le dos, jouant de sa dague comme si elle eut été un jouet.


Pour cela plus que pour tout le reste, la métamorphe la haïssait. Pour cela plus que pour tout le reste, la métamorphe ne pouvait tout simplement plus abandonné.


Posant ses deux mains à plat sur le sol, Avalon poussa un profond soupir ; dans pareille position, on aurait dit qu’elle se prosternait devant celle qui l’avait faite. Cette seule idée lui arracha un rictus et elle fit son possible pour reprendre son souffle et ce malgré la douleur cuisante qu’elle continuait de ressentir.


« Trop… Trop longtemps à mon goût, » répondit-elle péniblement à la question innocente de sa sorcière. Faisant fi des protestations d’un corps lourdement éprouvé, elle se remit lentement sur ses jambes, manquant tomber plusieurs fois. Sa tortionnaire s’était-elle retournée ? Avalon l’espérait. Elle voulait redresser la tête et lui sourire, comme si la plaie béante et calcinée sur son cou n’était, au final, qu’un petit contretemps. Elle voulait lui résister.


Jusqu’à en mourir, peut-être.


« Mais tu portes… trop de vêtements pour m’intéresser vraiment. » Et de continuer, en anglais cette fois : « Chérie. »


Fermer les yeux aurait été une preuve de faiblesse, aussi les garda-t-elle grands ouverts. Elle le regretta, néanmoins.

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MessageSujet: Re: Si on jouait à chat perché? Pv. Kat.   Mar 27 Mai - 3:08

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Avalon avait été l’un de ses premiers jouets. Une jeune femme parfaite pour ce rôle. Un animal de compagnie divertissant, que Lilya avait fini par mettre de côté.  Tout autant, que son seul lien concret avec sa véritable identité. Un mélange doux-amer qui la poussait à se montrer possessive de cette chatte. C’est à ça, qu’elle pensait à laissant sa lame chauffer à blanc contre la peau tendre de sa victime. Comment avait-elle pu l’abandonner aussi longtemps? Elle voulait réentendre ses cris. Elle le désirait ardemment.
Le cri ne tarda pas à venir combler sa maîtresse de bonheur, elle se permit même de sourire en coin. Sans pour autant cacher la lueur de déception qui s'installait au creux de son regard. Avalon l'avait toujours diverti et le ferait encore pour de très longues années. Mais, l'ennui la talonnait sans cesse depuis qu'elle avait reprit cette enveloppe charnel... Pour le moins... Charnel. La torture ne lui suffisait plus. Enfin, à Averyl oui. Son esprit était entièrement satisfait par la souffrance qu'elle voyait s'inscrire sur les traits de cette poupée brisée. Il restait Carys. Cette pouffiasse nymphomane qui avait appris à son corps à ne se satisfaire que de drogue et de sexe. Un mélange dangereux qui menaçait la stabilité de la sorcière.
C'est ce qui la poussa à retirer le métal rougeâtre de la chaire grésillant et de lui tourner le dos avec toute son élégance naturelle. Quelque chose manquait à cette scène pour qu'elle puisse réellement prendre son pied et elle se refusait à reprendre Avalon comme amante. Jouant avec la lame redevenue froide. Elle écouta chacun des efforts de sa proie, se demandant s'il ne restait pas une once de rébellion à dompter. L'espoir faisait vivre, à ce qu'il paraissait. « Trop... Trop longtemps à mon goût » Un frisson lui parcouru l'échine, au point qu'elle en aurait haleté de plaisir. Espérer était quelque chose de bien finalement. « Mais tu portes... trop de vêtements pour m'intéresser vraiment. » Lilya ne prit pas la peine de se retourner pour la regarder défier sa propre personne. Elle l'avait assez souvent soumise pour savoir à quoi ressembler cette femme une fois décidé. Son couteau se figea entre ses doigts et une expression de douceur s'inscrivit sur les traits de la femme de pouvoir. Elle était soudainement si assoiffée. « Chérie. »

Sur la pointe des pieds, elle se retourna pour la regarder souffrir et ce qu'elle lut dans ses yeux suffit à ce qu'elle prenne son couteau plus fermement entre ses mains. D'un geste nonchalant, elle trancha les bretelles retenant sa petite robe noire et la laissa tomber au sol. Dévoilant ce nouveau corps dénué de toutes les cicatrices qui avaient parsemé autrefois sa peau. Seul restait ses sous-vêtements tout aussi affriolant et diablement révélateur. À ses pieds le sang se colla au tissu qui lui avait recouvert le corps. S'empressant de le reprendre entre ses mais, elle le tordit à trois centimètres d'Avalon. « Mais, il ne suffisait que demander mon cœur. » Le couteau toujours en main, elle lui déposa un baiser sur la joue. « Maintenant, fait moi plaisir. Montre-moi l'animal qui se cache derrière ses magnifiques traits. » Dans sa voix aucune supplique, seulement son autorité naturelle. Allait-elle obéir ou devrait-telle sévir?
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MessageSujet: Re: Si on jouait à chat perché? Pv. Kat.   Sam 21 Juin - 0:26

Sa sorcière était un monstre. Elle était ce Cerbère cruel qui gardait la porte de ses enfers et l’empêchait de s’en échapper. Elle était cette hydre terrible qui jamais ne mourait et toujours revenait plus dangereuse qu’avant. Elle était ce basilic terrifiant qui la tétanisait d’un regard. Elle était cette chimère infernale qui la broyait. Elle était ce démon sans âme qui la damnait. La soie glissa doucement sur sa peau, libérant un ventre nouveau, pur encore, comme sorti de l’Eden déchu. Ces courbes, jamais Avalon ne les avait caressées. Ce cou restait vierge de ses baisers. Elle n’avait pas mordu le lobe de ces oreilles. À son grand étonnement, la femme devenue chat trouvait de ces quelques pensées éparses un soulagement étouffant ; comme si, avec son corps, c’était une partie du pouvoir qu’elle exerçait sur sa créature que sa sorcière avait perdu.


La douleur, pourtant, refusait à cette petite victoire son dû. Les jambes d’Avalon tremblaient sous le poids de son corps frêle et de la chair brûlée. Si elle gardait la tête droite, le regard ferme et le rictus hargneux, l’esclave sentait que le temps lui était compté. Déjà, elle s’imaginait céder et cette vision, trop proche des souvenirs de sa vie depuis l’apocalypse, la hantait. Dégage, voulut-elle feuler. Je te hais, salope, je te tuerai même si c’est la dernière chose que je dois faire, j’effacerai ce sourire libidineux de ta frimousse immonde et t’arracherai les doigts avec mes dents avant d’utiliser tes ongles pour te crever les yeux. Sa bile, pourtant, resta bloquée dans sa gorge, lui laissant un goût exécrable en bouche et l’envie de vomir. Les larmes discrètes qui couraient sur ses joues n’étaient que du dégoût liquide : dégoût de sa sorcière, dégoût de ce qu’elle lui demandait de faire, mais surtout, dégoût d’elle-même. Avalon était sans défense et sa sorcière ne s’y était pas trompé : elle pouvait bien renoncer au confort de ses vêtements, c’était la métamorphe qui était nue. Et la créature de s'interroger, dans un gémissement muet : si j’avais été plus forte ? Cette question l’avait pourchassée des centaines d’années. Elle avait été la dernière supplique de son humanité harassée. Au jour le plus sombre de son existence, quand une magie noire comme la gueule du diable lui-même lui avait arraché ce qui faisait d’elle une femme pour lui donner autre chose, aurait-elle pu résister ? Perdre la vie, plutôt que changer ?


L’ange de la mort déploya ses ailes et la surplomba de toute sa hauteur ; le geste aurait pu — dû, même — être empli d’affection, mais sa sorcière lui fit l’effet d’un oiseau de proie fondant sur sa victime. Le baiser, léger, brûla sa joue et elle crut sentir la langue perverse de la succube goûter le sel de sa détresse. Tout — la robe qui s’efface, le regard, les lèvres sur sa peau — n’avait duré qu’une seconde à peine, mais pour Avalon, c’était comme si elle avait revu sa vie entière, parfaitement résumée en une nouvelle provocation. Son esprit, tel un lupin blessé, avait beau crier vengeance, ses membres restaient ballants. L’impuissance lui serait la gorge et l’étouffait.


L’injonction claqua comme la corde d’un fouet et, parfaitement dressé, le corps d’Avalon réagit. La voix avait peut-être changé, mais l’intonation était la même et sa sorcière s’était assurée que son animal respectât ses ordres. Le ventre de la métamorphe se noua et ses pattes — non, mes jambes, pensa-t-elle avec terreur, mes jambes et pas mes pattes  — lui firent défaut. Ses genoux une nouvelle fois le parquet de la scène. Sous l’effet d’une chair de poule incontrôlable, elle sentit ses poils se hérisser. Résiste, elle n’est qu’une humaine, rien qu’une humaine, résiste. Mais ses efforts furent vains et elle se couvrit de fourrure tandis que son corps torturé se ratatinait.


C’était comme retenir sa respiration. Stupide. Vain. Toujours, l’air trouvait son chemin.


Bientôt, elle cria. Sa nuque se tordait en un angle improbable, tandis que certaines de ses cervicales roulaient sous sa peau dans un ballet osseux aux accords sinistres, mais c’était sa brûlure qui, plus que tout le reste, la mettait au supplice. Blessée, Kathie la suppliait de lâcher prise ; elle ne se débarrasserait jamais complètement de l’animale, comprit-elle. Elle se loverait dans ses peurs et ses lâchetés, elle galvanisait sa faiblesse et minerait son courage. Alors, sans savoir si cela s’adressait à cette partie d’elle-même ou à sa sorcière, elle hurla : « Pute ! »


Quelques secondes plus tard, un museau se frayait péniblement un chemin jusqu’à l’air libre, jaillissant du t-shirt dans lequel il était empêtré. Le même qui, deux millénaires plus tôt, avaient su charmer puis lasser.

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MessageSujet: Re: Si on jouait à chat perché? Pv. Kat.   Ven 18 Juil - 3:37

Last Call
Chuuuttt... Je te promet, je ne l'ai pas fait exprès.


Un chat, voilà ce qu'elle avait créé à première tentative. Un animal léger et agile, fascinant et pourtant faible. À ses yeux, il n'avait jamais représenté ce qu'elle recherchait réellement, mais quelqu'un pouvait-il se vanter de lui avoir apporté cette satisfaction? Certainement pas ses jouets. Ils l'avaient tous ennuyer un jour ou l'autre. La laissant haletante d'envie inassouvie. Elle souffrait de leur survie à sa personne et ne pouvait les laisser se reconstruire. Il lui appartenait comme une catin offerte à Noël, qu'on aurait trop usé. On s'entêtait à la chérir par soucie de possessivité et pourtant, on savait au plus profond de son cœur qu'il était temps de lui rendre ses ailes. Sifflant entre ses dents, tout en observant le spectacle qu’elle avait planifié, la sorcière avait quelque chose d’inhumaine et de sans âge. Comme si, sa robe noire moulant son corps et se détrempant dans le sang, sa peau blanche se recouvrant de cette couleur proche de celle d’un vin rouge, révélait ce qui se cachait sous ses traits. Une créature surnaturelle qui n’avait rien de commun avec la gentillesse.
Derrière son regard amusé, brillait l’ultime envie qui l’habitait. Le désir profond et marqué de vivre du chaos et de le provoquer, de le stimuler. Si cet état avait pris forme humaine, Lilya se serait contenté de l’épouser. Mais, personne ne lui faisait ressentir autant de sentiment agréable que l’agitation d’une société qui s’effondre. Elle avait réussi sans le vouloir, emmenant l’enfer de Darkness Falls sur terre. Aujourd’hui, elle voulait secouer de nouveau la cage dorée dans laquelle tous ces gens vivaient. Pour atteindre son but, elle avait besoin de se retrouver. Elle-même. Non pas cette pute accroc à la drogue et à un homme. Quoi de mieux que de revenir à la base de sa vie? Les relations qui l’avaient fragmenté et configurer. Avalon… Sa douleur sa peine, ses lèvres, ses intonations, sa voix et sa façon de la confronter. Tout en elle suffisait à ce qu’elle frisonne. Réveillant la sorcière qui sommeillait depuis de longues semaines. Quelque part, elle l’avait apprécié assez pour la garder en vie. Ses autres jouets ayant terminé en poussière.

Le dilemme de la femme, elle le lisait ouvertement. Ne cachant en rien sa propre satisfaction à décrypter les différentes phases qui accompagnaient le changement. Elle aurait pu lui laisser une certaine intimité, toutefois ce n'était pas ce dont Lilya avait besoin et seul ses besoins comptaient. Souriant à sa poupée, elle s'accroupit lorsqu'on la traita de pute. Elle alla jusqu'à tendre la main avec délicatesse pour accueillir l'animal. Le cueillant à même le sol pour venir le déposer contre sa poitrine opulente. Des larmes coulaient le long de ses yeux. Elle pleurait ces décisions et les manques qui s'inscrivaient dans sa chaire. Furieuse et terriblement dépassé, la sorcière caressait son premier animal de compagnie. Ignorant s'il allait finir par la mordre ou la griffer souhaitant qu'il mette fin à cet instant de faiblesse.
Sa main rougie par le sang laissait son emprunte dans le poil du chat, tout autant qu'elle le réchauffait en plongeant son visage dans son poil. Murmurant des paroles dans cette langue morte qu'ils comprenaient tout deux. L'espace de quelques minutes, elle agit comme la femme plus saine d'esprit, qu'elle était lors de leur rencontre. L'espace de quelques minutes, avant de soulever de nouveau Avalon et de regarder ses jolies yeux de félins. « Tu m'avais promis qu'un jour tu changerais de couleur pour moi. Je crois que l'instant est arrivé, tu ne crois pas? » Voilà ce que cachait ses moments de bonheur avec Lilya. Une vengeance encore pire que la mort, simplement pour qu'on oublie ses faiblesses.
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Si on jouait à chat perché? Pv. Kat.

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