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 Thriller Night {Annikki/Jonas}

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MessageSujet: Thriller Night {Annikki/Jonas}   Dim 2 Mar - 16:45







Thriller Night



Annikki Koskinen & Jonas Marcus Crane








Loterie du RP




« It's close to midnight
And something evil's lurking in the dark
Under the moonlight you see
A sight that almost stops your heart
You try to scream but terror takes the sound
Before you make it, You start to freeze
As horror looks you right between the eyes
»

Vous avez eu le malheur de vous trouver au mauvais endroit, au mouvais moment, et risquez fort de rapidement regretter votre virée imprudente à New York. Prisonniers d’une dangereuse machination, vous voilà à présent enfermés dans les dédales d’un cimetière lugubre et enneigé, qui risque de devenir votre tombeau. Les portes de fer du cimetière se sont refermées sur vous, scellées par un enchantement mystérieux. Pour vous en sortir, il vous faudra faire preuve de bonne foi et surtout coopérer jusqu'à ce que le sort n'agisse plus. Il semblerait que vous ne soyez pas les seuls à avoir fait de ce lieu votre dernier refuge. Vous allez avoir de la compagnie. Quelques Daybreakers se seraient-ils amusés à réveiller les morts ci et là ? J'en ai bien peur... Leurs zombies aux corps recouverts de gel n'en sont pas moins redoutables. Là où le danger guette, la solidarité parviendra-t-elle à se frayer un chemin ?

Ordre de Passage:
 



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MessageSujet: Re: Thriller Night {Annikki/Jonas}   Dim 9 Mar - 20:31

« Thriller night : où le retour en enfer »
Jonas & Annie


Spoiler:
 

La sorcellerie est un art. C’est un art offert par les dieux à certains humains qui, de fait, deviennent autre chose entre l’homme et les puissants. Une particularité qui place l’individu sur un fil, doré pour certains, souillé de sang pour d’autres, d’après moi c’est davantage un fil sensible, fragile. Il oscille entre deux états, entre deux mondes, entre l’humaine et le Dieu, entre le pouvoir et le contrôle de soi. L’individu marche avec force tant qu’il ne sait pas puis chute d’un côté, de l’autre, se relève, essaye, choisi, avance, tombe et persiste jusqu’à accepter son état et choisir de ne plus osciller. L’individu détient alors le pouvoir quoiqu’il en fasse en son âme et conscience. Je me souviens de ce fil alors que je commençais mon apprentissage avec Darya et ses propres maitres. Le pouvoir leur était clairement monté à la tête, ils se savaient peu et en danger mais ils se savaient puissant. Ils ne se sentaient plus tout à fait humain voire plus du tout. Je me souviens de leur soif de pouvoir. Si les maîtres me faisaient peur ce n’était pas le cas de Darya, plus douce, plus sensible. Elle aspirait à plus de détachement vis-à-vis de ses maitres sans pour autant être foncièrement éloigné d’eux quant à l’utilisation de la magie. C’était tellement beau ce qu’elle arrivait à faire, c’était tellement simple ce qu’elle arrivait à obtenir, c’était tellement drôle. Consciente ou non, j’ai rapidement sauté du fil pour faire la bise au pouvoir. Ma question était si claire, si simple si stupide au final : «  Quelle est la limite ? ». Cette question tourna autour de nous et des autres maitres puis uniquement autour de nous deux. Elle était si puissante, si séduisante comment ne pas l’envier ? L’aimer ? la désirer ? 10 ans d’écart n’était en rien un frein pour nous. C’était si bon de ce sentir puissante. Nous ne voulions pas de limite, toujours dans le surpassement de nos capacités, c’était enivrant. Pourquoi ne pas m’être arrêté ? Pourquoi ne pas avoir donné un coup de frein avant ? Bien avant sa traitrise, bien avant sa mort… ? Ne dénigre pas notre passé Annie, il nous a protégé. Mais peut-être n’en serions-nous pas là ? Le destin n’a rien à voir la dedans si c’est que tu demandes, assumes et bats-toi ! Sages paroles, elle est là pour ça. Je me souviens de sa mort, à Kitty puis de sa renaissance au moment où la vie ou plutôt la mort n’avait plus vraiment de sens, où l’incompréhension avait fait place dans ma vie, dans sa vie, la nôtre ainsi que dans notre passé. Pourquoi Darkness Fall ? Pourquoi revenir sur un monde dévaster ? Pourquoi atterrir dans ce cimetière ? C’est le retour de nos actes, nous en serons toujours damnés quoique je puisse faire aujourd’hui. Ce come Back n’est en rien un moyen de rédemption. Je suis dévastée encore une fois par l’implacable vérité et, parallèlement totalement fasciné par un sortilège de cette ampleur. Je sens la fougue de Kitty en moi. Elle est question et ne veut que comprendre. Je suis persuadée que Darya est de retour. Je suis persuadée que c’est-elle, qui d’autre ? Qui aurait le pouvoir et l’envie de me faire quitter la contemplation du soleil en cette fin de journée pour m’envoyer dans ce pôle nord dévasté ?

J’ai froid. Je grelotte, je suis même congelée. Si c’est bien Darya derrière ce changement de décors, elle aurait au moins pu faire apparaitre une veste et un pantalon. Après tout, si c’est ma mort qu’elle voulait, elle n’aurait eu qu’à m’affronter, mes pouvoirs sont moins puissants que les siens. Une arme à feu aurait aussi bien pu faire l’affaire, rapide et précis bien que barbare pour nous deux. Non, un cimetière me renvoyait à la mort, c’était un message. Je l’avais abandonné à son sort, certes, mais ne m’avait-elle pas trahit pour sa sauvegarde ? L’instinct de préservation avant tout les amis…  Ils sont là, je les sens. Je me retourne encore et encore, par où vont-ils arriver ? Me faire bouffer n’était pas dans mon programme de la journée, je devais cuir au soleil, rentrer chez moi, écrire, boire un thé, me souvenir comment faire marcher l’ordinateur puis aller me coucher. Une soirée sans rencontre fortuite ou impromptue, une soirée simple, comme je les aime depuis que j’ai quitté l’enfer de ma mort et l’enfer de New York. Au final, j’étais très loin du compte, déjà mortifié par le froid j’eu du mal à articuler les mots de mon incantation. Toutefois, la magie opéra et le froid ne fut plus un problème. Barrière invisible contre la perte de degré, je respirai en fin correctement et fit le tour du cimetière pour trouver un lieu sans tombe où créer une barricade… complexe dans un monde où bien plus que des milliards sont tombés de partout. Ce serait cool de trouver un Neandertal cette fois-ci non ? Ca pourrait être assez … comment ils disent aujourd’hui.. ? Fun ? Oui c’est ça, Fun… ! Fun… Tu te fous de ma gueule !? Ce qui serait FUN vois –tu ce serait d’être resté sous le soleil ! Ce serait de boire du thé ! Ce serait me battre contre leur invention de malheur PAS DE ME RETROUVER ICI A ME BATTRE CONTRE DES ZOMBI SANS AUCUNE RAISON EN PLUS ! OH CA VA !!! C’est pas trois zombis qui vont nous faire peur ! On a vu pire tu crois pas ? Tu veux vraiment que je te réponde… ? …… Voila… Maintenant réfléchis à un plan d’action avant…… chut ! T’as entendu? Nous n’étions visiblement plus seules…

Code by Silver Lungs
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MessageSujet: Re: Thriller Night {Annikki/Jonas}   Lun 10 Mar - 17:48

La première règle essentielle pour un chasseur et même pour un guerrier qui arpentait un territoire parfaitement inconnue était d'avancer dans un nouvel environnement avec parcimonie, sans rien négliger de l'observation et de l'usage de certains sens. Dans la situation présente, ou plutôt ce qu'il faisait jusque là, Jonas n'avait en aucun cas négligé cette règle. Mais en réalité, ne devait-on pas considérer le respect de cette loi de la chasse comme une pure tricherie? Jonas se déplaçait bel et bien avec parcimonie, mais pas en tant que chasseur émérite ou guerrier accompli, mais tout simplement parce qu'une certaine blessure, profonde de surcroit, ralentissait ses mouvements et ses capacités de déplacement en général. Même en cours de guérison, la plaie, refermée mais encore fraîche, lançait le Mage de temps à autres, surtout après de longs efforts. Et puis il ne fallait pas oublier le rapace de grande envergure qui accompagnait le sorcier depuis quelques temps déja, et servait irrémédiablement d'observateur et d'avertisseur de danger, avec une redoutable efficacité, n'oublions pas de le faire remarquer. La loyauté de l'animal envers son comparse bipède était remarquable, bien qu'ils aient tous deux peu de choses en commun, si ce n'est l'incapacité évidente de communiquer entre eux. Toutefois, avec le temps, semblaient ils se comprendre par des gestes ou des bruitages spécifiques. Pour Jonas, ces détails insignifiants ne le gênait aucunement. Un chasseur et un guerrier devait faire avec ce qu'il avait en main pour survivre, et les résultats étaient là. Crane était, malgré sa faiblesse actuelle, encore debout, entier et en état d'avancer. Fatigué, quelque peu affamé, mais en état. Ces derniers temps avaient été pourtant très généreux en terme de danger, en témoignait son passage dans New York, ainsi que la rencontre avec ce métamorphe loup...

Il existait cependant une seconde règle à ne pas négliger en environnement inconnu et hostile. La règle de l'équipement. Pour être un chasseur efficace et un guerrier digne de ce nom, il ne fallait pas affronter l'inconnu avec absolument rien de tangible en main, ne serait-ce qu'en tant qu'arme. Jonas avait certes ce long bâton, mais les capacités de l'instrument à servir d'arme étaient limitées, d'autant plus qu'il servait essentiellement d'appui pour le mage afin de limiter les dégats sur son corps, et notamment la blessure, de cette longue errance en cours, mais que régulièrement, un certain animal volant d'environ vingt kilogrammes s'y reposait avec toute la délicatesse d'un cyclone tropical. Quand aux petits couteaux que portaient le Mage avec lui, dont la moitié avait déjà été perdue, il les avait récupérés dans un endroit de bazar, ce qui rendait la qualité de l'arme très douteuse, et surtout partiellement inappropriée dans certaines situations.
Si Jonas devait affronter l'inconnu et s'enfoncer davantage dans les chemins menant au Sud de ce territoire, il allait lui falloir quelque chose de bien plus utile et efficace qu'un simple couteau de boucher. Dans cet esprit, et en retirant bien les leçons de cette rencontre mouvementée avec le lycanthrope, rencontre qui avait failli lui couter la vie, Jonas avait décidé de respecter à la lettre la seconde règle du chasseur telle qu'il l'avait apprise durant son enfance. Avoir en main l'équipement utile et efficace. Il se rendait donc de nouveau vers New York, sans trop faire demi tour cependant, visant à s'introduire dans ce morceau de la cité qu'il avait traversé tantot, quelques heures avant de rencontrer l'indomptable Rafael. Objectif, trouver au sein des artères de la cité une échoppe d'équipement plus digne qu'un bazar fourre-tout comme ce fut le cas près du grand parc de New York. Aussi proche pouvait être cette bourgade de la grande mégapole, son architecture générale était bien plus discrète et surtout différente. Les constructions étaient plus basses, les allées bien plus étroites et le niveau de décrépitude semblait un peu moins important. Mais ce n'était là qu'une observation sans fondement valable.

Il ne fallut à Jonas pas moins de deux heures pour trouver ce qu'il cherchait, sur fond de miracle était il nécessaire d'ajouter. Une grande chance que la base de cette construction faisant angle à deux artères soit équipée d'une sorte d'enseigne partiellement détruite, représentant ce qui ressemblerait à s'y méprendre à un bouclier agrémenté de deux épées. Un armurier, voilà donc une aubaine extraordinaire pour un vagabond en quête d'une arme. Cependant, pour acquérir les objets en question, le périple promettait d'être intéressant, car il y'avait un épineux problème. Une énorme charrette de fort volume était encastrée dans la devanture, partiellement redressée, tenant ainsi grâce à une loi physique que le Mage ignorait tout simplement. Pour entrer dans l'édifice, il allait falloir crapahuter dans la neige à quatre pattes, passer sous l'ossature métallique de cette masse énorme en équilibre avant de pouvoir pénétrer dans ce Jonas pouvait qualifier de temple en cet instant. Qu'a cela ne tienne, Jonas n'était pas homme à se dégonfler devant une si pitoyable difficulté. Alors qu'Altesse survolait la ville en quête de sempiternelle nourriture pour son gésier constamment affamé, le Mage commença son périple. Aucune difficulté réelle, mais en revanche les fréquents grincements et tremblements qui animaient la monstrueuse carcasse étaient loin d'être encourageant, la charrette semblait demander à trouver la stabilité du sol sur l'ensemble de ses roues. Si le bâton du mage n'avait pas rencontré maladroitement cette étrange poutre métallique tordue lorsque ce dernier effectua la dernière glissade pour pénétrer dans l'armurerie, il était fort probable d'imaginer que le camion accidenté aurait maintenu encore quelques temps sa position saugrenue. Dans un vacarme assourdissant et un nuage de poussière et de neige, la carcasse volumineuse s'effondra, bloquant l'accès à l'échoppe. Dans un roulé-boulé digne de ce nom, Jonas échappa aux débris et s'enfonça davantage dans la boutique.

Par chance, la luminosité extérieure entrait encore quelque peu dans la boutique, suffisamment pour apercevoir un minimum de chose, notamment les morceaux de bois et de tissus nécessaires pour fabriquer des torches. Un coup de flamme transportable, ou briquet, et la lumière revint dans ce temple de la guerre et de la chasse. Vraiment? Si cet endroit était une armurerie, ou pouvait donc se trouver haches et épées? Tout autour de lui, Jonas ne voyait guère de choses y ressemblant, de près ou de loin. Hormis tout un arsenal étrange d'équipement fait de longs tubes noirs de tailles et de forme diverses, aux allures de sarbacanes de l'enfer, peu de scintillement sur des lames il put constater. Un tour d'échoppe fut donc nécessaire pour trouver de quoi se contenter. Jonas observa que tout autour de lui, les rayonnements comportaient de nombreux espaces vides, des tiroirs renversés, des vitrines brisées, comme si cette échoppe avait été le lieu d'un pillage en règle. Après tout, si ces étranges sarbacanes étaient réellement des armes, les habitants de la cité qui l'entourait avaient sans nul doute effectué un raid dans la boutique afin de trouver de quoi se défendre contre les morts-vivants. Mais que pouvait donc faire une sarbacane contre un zombie, Jonas n'en avait pas la moindre idée. Lui ne voulait qu'une épée, ou de grandes dagues, voir même une hache... Même un arc aurait fait l'affaire. Il finit par trouver l'étal en question, mais du se rendre compte à l'évidence que ce dernier avait lui aussi était pillé. Il restait cependant deux instruments dont le Mage s'empara sans même demander son reste. Une dague à lame large et à pointe fine dans un étui de cuir travaillé ainsi qu'une sorte de cimeterre dont il ignorait la provenance, d'une longueur très moyenne mais d'une largeur de lame très épaisse. Qu'importait donc pour Jonas de savoir ce que c'était cet engin barbare, la lame était affutée et suffisamment longue pour être plus efficace qu'un poignard. La couleur de la lame était d'un noir mat intriguant, pourtant au son du claquement de l'arme contre le meuble l'assura de sa matière. C'était bel et bien du métal. Il clippa les deux objets sur sa ceinture, reprenant un peu au passage de la prestance de son enfance puis continua son tour. Devait-il évoquer cette prodigieuse trouvaille digne d'une vraie épée... qu'il jeta au sol à peine après l'avoir agrippé? Non bien entendu, que pouvait-il faire d'une épée à double tranchant qui ne comportait aucun tranchant, aucun fil. Il n'était pas forgeron  et ne connaissait pas l'art de tailler un épée. Devait-il se satisfaire de ces deux trouvailles, oui dans la situation présente, s'en contenter paraissait des plus judicieux. Mais à présent trouver une issue allait sans doute se montrer plus ardu.

Peut être pas. Au fond de l'échoppe se trouvait une porte ouverte que le Mage emprunta, torche au point. C'était une remise au sein de laquelle devait être entreposés les stocks de sarbacane, mais désormais pillée elle aussi. Il ne restait quelques boites éparses contenant des petits tubes de couleurs, mais Jonas n'était intéressé que par le halo de lumière provenant du haut de l'escalier... Il jeta donc la torche et monta les marches pour rejoindre cette sortie providentielle. Bien mal pensa-t-il car en réalité, la construction voisine s'était effondrée sur le batiment de l'armurerie en partie, et c'était ni plus ni moins qu'une pente faussement raide qu'allait devoir affronter Jonas pour retrouver la stabilité du sol. Chose qu'il n'avait pas remarqué en arrivant, c'est que l'armurie et les bâtiments alentours servaient également d'enceinte pour une nécropole qui s'étendait là, toute proche. Crane commenca donc à descendre la paroi de l'immeuble effondré pour rejoindre le sol, et sans avoir autre choix que celui de prendre la direction du cimetière. Cependant, Jonas ne connaissait pas le pouvoir terrifiant de la poudre. Et quand on le connait, on ne jette pas négligemment une torche enflammée au milieu d'une remise pleine de cartouche de fusil et autres conteneurs de cet élément explosif. Aussi ne comprit-il pas ce qui se passa lorsque la formidable explosion et les multiples pétarades se produisirent dans une vacarme infernal, tout en dévastant la structure de repos de l'immeuble qu'il descendait lentement. Secoué dans une premier temps, Jonas tomba lourdement sur la surface de briques sur son flanc gauche juste avant que le bâtiment effondré ne commence à glisser... vers le cimetière, générant une pente de plus en plus vertigineuse. Incapable de tenir le choc, le Mage commença à suivre le même chemin et prit de la vitesse avant de dépasser la structure et s'effondrer, torse en premier dans ce qui était un tas de terre moelleuse, bien que partiellement gelée.

L'impact fut brutal et le retour vers la terre ferme n'avait vraiment rien de commun avec ce que Jonas avait espéré. Malgré le fait qu'il tomba du côté gauche du corps essentiellement, le choc résonna dans l'ensemble du tronc, atteignant sa blessure à peine guérie qui révéilla la douleur aigue. Elle était puissante, suffisamment pour arracher au mage un cri de douleur, mais cela ne dura pas. Depuis quelques temps, cette meurtrissure commençait à se faire oublier quelque peu du mage, si ce n'est que lors de certains efforts. Une aubaine pour le sorcier qui se voyait très mal subir encore longtemps cet outrage physique, il le supportait depuis bien trop de temps. Quelques instants plus tard, alors qu'il se tournait sur le sol pour prendre appui sur son bras, l'écho métallique du choc du bâton sur le marbre d'une sépulture résonna dans l'air ambiant, dans un vacarme assourdissant tandis qu'il rebondissait. Lorsque le silence revint, Jonas se releva, non sans une certaine peine et avisa l'instrument pour l'aider à se maintenir debout.

Il grimaca légèrement sous l'impulsion de la douleur qui le lançait encore un peu, mais s'était bien estompée depuis son impact. Son bâton était là, posé sur une sépulture dont il avait marqué la surface de ses multiples rebonds. Jonas s'en empara et s'en servit pour se redresser complètement. Par quelle mauvaise veine s'était-il donc retrouvé dans un cimetière, alors que tout une ville se dressait autour de lui, c'est ici qu'il avait atterri. En tant que nécromancien, Crane ne détestait pas les nécropoles sur le fond, mais sur la forme, cela n'était ni plus ni moins que des tombes et des tombes, des mausolées et des tombes, encore des tombes et.... des tombes?

Le Mage tourna autour de sa position pour observer son environnement. La grimace de douleur avait cédé place à un certain étonnement interrogateur, alors qu'il continuait de se mouvoir autour de sa position.

-Allons donc, qu'est-ce donc que cette diablerie-là!!! siffla-t-il avec une certaine colère dans la voix, une irritation nerveuse

La nécropole semblait gigantesque. Il savait qu'elle n'était pas une petite zone, du haut de l'immeuble duquel il avait chuté, il avait pu voir que cet endroit n'avait rien d'un jardin, mais de là à ne voir que des sépultures à perte de vue, il y 'avait une très grande différence. C'était improbable, d'autant qu'il avait beau chercher dans tous les coins, il n'y avait rien au delà des tombes hormis des tombes. Pas le moindre immeuble de la ville qui pourtant se dressait tout autour, pire encore, pas la moindre trace de l'immeuble effondré qui lui avait servi, bien maladroitement, de toboggan jusqu'ici. C'est pourtant la première construction qu'il aurait du apercevoir tant sa proximité avec l'enceinte du cimetière était ridicule. Mais pas de mur d'enceinte non plus.

Après quelques instants de réflexions, un gloussement jaillit des tréfonds de la gorge du sorcier qui se métamorphosa rapidement en ricanement profond, presque lugubre. C'était une petite atteinte nerveuse de ses zygomatiques, car la situation n'avait rien de bien comique. A moins que Jonas soit détenteur d'un humour bien à lui? Non, c'était bel et bien un rire nerveux. Une diablerie? Non, certainement pas. Une illusion pareille ne pouvait avoir qu'une source magique, issue d'un esprit puissant, même si détraqué en l'occurence. On enfermait pas réellement une victime dans un cimetière pour la destabiliser, on le lui faisait croire tout simplement. Non c'était forcément autre chose, car Jonas sentait parfaitement la mort autour de lui, son instinct de nécromancien ne pouvait se tromper et aucune illusion ne pouvait atteindre cette essence là, même la plus puissante de toutes.

-J'ignore qui tu es mécréant, cria-t-il dans le silence ambiant, j'ignore ce que tu attends de moi, mais il est évident qu'en choix de victime, tu te sois fourvoyé!

Pas de réponse, hormis le silence, pesant, comme au sein de toutes nécropoles. Un court instant, étant donné la preque similitude de la situation avec ce qu'il avait déjà connu, Jonas crut avoir refait surface dans les Falls. Mais cela ne se pouvait, les enfers il les connaissait probablement mieux que personne, après tout, ne les avait-il pas arpenté pendant plus de trois mille années? Non en réalité, Jonas ignorait même combien de temps séparait l'époque de sa naissance de celle-ci, peut être l'apprendrait-il plus tard. Alors qu'il tournait encore pour tenter de trouver un point de repère visuel, il leva les yeux au ciel. Ce dernier s'assombrissait peu à peu, et il n'y avait rien en leur sein qui puisse rappeler un oiseau, pas même un cri, pas même un bruissement d'aile. Altesse était au dessus de la ville, et comme la ville ne semblait plus là, Altesse n'était point là également.
Des crissements attirèrent son attention, son ouie. Le bruit du gravier qui craque sous un pas, des grognements sourds, voilà ce qui mettait en alerte les sens du mage, et l'idée de la mort qui s'approchait... Puis il les vit, deux au détour d'une allée de tombes, avançant lentement, pantins à l'étrange démarche, cadavres givrés mus par une force invisible...des abominations! Jonas les haissait. Elles pullulaient autrefois dans les Falls, venus d'il ne savait guère ou, et de toute évidence, quelqu'un ou quelque chose les avait libéré des enfers. Ni vivants, ni morts, marchant sans autre but que celui de se nourrir, l'abomination absolue, même pour un nécromancien.  Les choses l'avaient repéré, probablement même avant que le sorcier ne prenne conscience de leur présence, bien trop préoccupé par sa surprise de l'endroit ainsi que la douleur a gérer quelques temps plus tôt. Pourtant, ces choses se promenaient librement avec toute la discrétion d'un phoque sur une banquise de verre pilée.

Deux d'entre eux, ce n'était rien, une menace des plus ridicules. Jonas en avait affronté des hordes entières au sein des cercles infernaux, et ces deux là, il les voyait approcher. Il s'assura cependant qu'elles furent les seuls dans les environs immédiat, et d'un geste vif, il saisit la garde de la courte épée qu'il avait pris dans l'armurerie. La lame sombre et mat, large comme un bras et visiblement aiguisée pendait au bout du poing de Jonas. Elle était assez légère, quelque peu mal équilibrée, mais sa petite taille en comparaison d'une épée, compensait largement ce handicap. Au bon moment, le plus proche des deux morts affamés se rua sur le Mage, extrèmement véloce sur une courte distance, mains tendues en avant pour attraper sa proie, hurlant à tue-tête. Aussi rapide pouvait-il être, avec un minimum de réflexe et de bon sens, esquiver une attaque de ce genre était d'une aisance puérile pour Jonas. La machette siffla dans l'air en exécutant ,sous l'impulsion du guerrier sorcier, une vaste trajectoire courbe tandis que le mage lui même se détournait pour esquiver les bras de sa future victime. Précis,net, le coup de machette trancha les deux bras au niveau des coudes, stoppant net l'élan du zombie, alors que la danse macabre du guerrier ne faisait que commencer.

C'était un instinct, de longues années de pratiques qui faisait mouvoir le corps, sans même que Jonas n'en prenne réellement le contrôle. Dans la fin de sa courbe, la lame remonta tandis que le corps se relancait dans une pirouette vive autour de son axe, puis de nouveau le sifflement retentit. Le fil de la machette, emporté par une inertie centrifuge déchiqueta les chairs de la nuque, explosa littéralement les vèrtèbres cervicales du défunt vivant et emporta la tête qui fut ejectée sur plusieurs mètres. La danse du guerrier était empreinte d'une certaine grâce, pourtant Jonas, arme en main n'en avait aucune. Le second mort vivant n'eut le droit à aucune forme de poésie pour sa mise à mort, car le bâton le percuta au niveau des genoux avec une certaine violence, ce qui le fit chuter face contre terre, et le pied du mage la lui bloqua sans ménagement. Alors que pour la dernière fois la machette s'apprétait à siffler dans l'air pour séparer ce nouvel appendice cérébral dépourvu de neurones, un nouveau brouhaha attira l'attention du sorcier qui stoppa net son élan.

Il y'avait une voix, ainsi que de nouveaux crissements de gravier. Une voix de femme résonnait, non loin de là, probablement dans l'une des allées annexes d'ou il se trouvait. Ecoutant ce nouveau son, espérant en saisir le sens, Jonas relâcha le crâne du mort de sa botte, et le transperça de la pointe de son bâton, le tuant net. Il avisa le passage entre deux mausolée pour rejoindre l'autre allée parrallèle et observa ce qui pouvait donc s'y trouver. C'était bel et bien une femme qui se trouvait dans la nécropole, une femme qui lui tournait le dos et remontait l'allée en s'éloignant. Elle semblait elle-même à la recherche de quelque chose, peut-être même avait-elle entendu le mage tomber et liquider les deux morts vivants. Evidence que voilà, le Mage voyait en cette étrange providence une raison à cette stupide illusion. Il ne s'était pas trompé, quelqu'un semblait vouloir jouer avec ses nerfs.

Peine perdue, Jonas tenait un bâton, dont la pointe était enduite d'un sang noir épais, tout autant que la lame de sa machette qu'il tenait toujours et tendit en avant, en signe de menace. Il marcha sur sa proie, satisfait d'avoir mis la main sur son détracteur

-La masquarade est terminée, cria-t-il en s'adressant à cette femme étrange.Inutile de tenter de me duper davantage, le jeu est terminé. Ton illusion de novice touchera à sa fin lorsque ta tête rejoindra celle des morts!
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MessageSujet: Re: Thriller Night {Annikki/Jonas}   Mar 1 Avr - 21:54

Plus seules, ça c’était certain. Ce n’était pas comme si, des milliers d’individus étaient enterrés sous nos pieds. J’avais beau savoir qu’on ne pouvait pas ramener d’entre les morts des cadavres trop anciens, pourtant, ce cimetière ne me disait rien qui vaille. Je frissonnai, plus pour le froid, mais pour chaque brousse ment et chaque crépitement de la neige sous leur pas. Leur voix ou plutôt leurs plaintes commencèrent à se faire entendre, doux murmure d’une mort déplaisante. Kitty me fit remarquer une branche peut solide dans l’arbre à ma droite, un magnifique saut me permis de l’attraper, de la briser et inévitablement de me prendre toute la neige qu’elle soutenait. Un « atchoum » très féminin se répercuta dans le silence mortifiant et abyssal de ce cimetière, tout semblait mort hormis ces plaintes de plus en plus proches. Une chance qu’ils avançaient à pas de fourmi… Je soupirai, sorti mon fidèle compagnon le couteau et entama une rapide coupe du bois pour en faire des bouts pointus. Planté à ma droite, je retournai à la barricade naturelle derrière laquelle j’avais trouvé refuge. Celle-ci n’était pas immense et outre l’espace que j’avais emprunté pour la franchir, elle permettrait de ralentir ces corps sans cervelle, là aussi un autre avantage sur eux. Ils étaient lents et stupides. J’étais brillante surtout moic’est ça j’allais t’en parler, c’est ta connerie passée qui nous a conduite ici … Etant donné que tu es plus moi que moi je suis toi … je te retourne l’accusation… tu n’es pas dans ma tête pour me contre dire à la base… plus pour m’aider … donc… tu pourrais FAIRE TON JOB !? Oulala, du calme petite, c’est moi qui t’ai tout appris, y compris ces excès de colère alors fais moi le plaisir de ne pas trop t’en servir contre ma personne si géniale. Ensuite, prépare toi, parce que la nuit va etre longue…Tu as deviné ça toute seule où c’est l’odeur pestilentiel qui s’échappe des bouts de cranes que tu vois, qui te le font remarquer ? Bravo, le sarcasme maintenant, utile… UTILE ! Tu… Sourcils froncés, visage serré, j’attrape avec rapidité mon baton aiguisé et me retourne vers le bruit de pas, trop lourd et trop rapide pour être celui d’un zombi.
La masquarade est terminée ! Inutile de tenter de me duper davantage, le jeu est terminé. Ton illusion de novice touchera à sa fin lorsque ta tête rejoindra celle des morts!
Armé, il a plutôt l’air de savoir s’en servir vu le sang noir qui décore ses deux armes. L’homme n’est pas un zombi, c’est assuré, il en a même tué recemment. Mes sourcils sont tellement rentrés dans mes orbites que je ne fais pas attention à son visage, je ne distingue pas tous les traits dans l’obscurité et ses accusions ainsi que son ton, ne me permettent pas de me laisser aller à une longue contemplation. Je sens Kitty qui s’énerve, Qu’on en finisse avec lui ! On a autre chose à faire , peut être mais mon instinct me dit qu’il est aussi perdu que nous… ton instinct ou juste l’analyse rapide de sa phrase… ? Je soupire. Me redresse dans une posture qui se veut plus détendu dans l’espoir que les propos qui allaient suivre le détendrait davantage. Malheureusement c’est Kitty qui prit la parole…
Si tu considères ça comme une illusion de novice, tes bases en magie sont vraiment pourrieLa FERME KITTY ! quoi ? c’est vrai, un novice n’arriverait même pas à nous faire croire qu’on aime les pâtes alors que c’est le cas… faut pas être aveugle pour voir que c’est… nouveau .. ou vieux… pas le genre de sortilège qu’on voit dans les grimoires… bref… je n’ai rien à voir avec cette « masquarade »… techniquement j’étais dans une ville… très lointaine…puis… POUF… HOP ET VOILA… de la neige, un cimetière, des cadavres tout déguelass, une odeur abominable… le rêve …

J’ose les épaules, je ne sais pas s’il me croit mais il n’a pas l’air de vouloir m’attaquer, plus vraiment en tout cas. Un frémissement, je me détourne de l’homme pour affronter la bête, comment ai-je pu les laisser passer ?? L’autre m’a déconcentré c’est évident, je peste haut et fort pendant que mon bâton vole et traverse le crane du premier pour balayer le second et le planter une fois au sol. Je sens ce vieil sentiment de puissance entrer en moi, un doux ami à moi, très vieux, très ancien. Je souris. Au final, je me sens moins perdu avec des zombis qu’au milieu de tous ces humains lambda. Ils arrivent doucement mais surement, je ne me préoccupe pas de l’homme même si j’ai conscience que c’est une erreur. Ne jamais tourner le dos à un ennemi, potentiel ou avéré, quel qu’il soit. C’est ce qu’il m’avait tant répété, Jonas. Mon sourire s’agrandit à cette pensée au moment où ma main transperce presque la tête d’une chose ressemblant à une enfant. Tout ceci me dégoute, me révulse. J’ai beau aimé l’adrénaline que je sens graviter en moi avec une force sans pareil ça ne veut pas dire que je trouve « fun » leur création…. Dire que ce sont en parti grâce à mes semblables que ces choses parcourent le monde des vivants… eux et les dieux. Je vois l’homme s’agiter autant que moi, ses mouvements me rappellent quelqu’un mais ne percute pas tout de suite c’est Kitty qui réagit. Vite et bien. Le couteau parcourt l’espace, il frôle l’homme que Kitty a soudainement reconnu puis se loge dans la tête d’un zombi derrière … JONAS !! Nos actions se mêlent en même temps que nos deux voix, il nous a sauvé la vie et lui aussi devrait être mort. Comment pouvait-il être ici au milieu d’une ville détruite avec moi ? L’impression de vivre un rêve me traversa l’esprit même si beaucoup de détails rentraient plus dans la définition d’un cauchemar. Comment être sur que son apparition n’était pas une duperie, une invention, une fabrication de mon esprit ou pire, de Darya ? Non… mon esprit avait déjà Kitty, c’était largement suffisant pour un simple corps dis oh.. j’te permets pas … quant à Darya, comment aurait-elle pu savoir pour ma relation avec Jonas ? Je secouai la tête et glissai sur le sol en même temps, roulant sur le côté je me redresse en shootant un zombi. L’envie de le prendre dans mes bras croit pendant que je maudits ces zombis toujours capables d’être présents au plus mauvais moment qui soit… de vrais emmerdeurs. Hurlant je lui demandais :

C’est toi l’illusion !? Bravo, tu crois qu’il va sincèrement te répondre peut-être ? tu es stupide ou…. Non tu l’es….chuuut… Que je sache si je dois te souhaiter une disparition précoce ou fêter ta survie… j’aimerai assez que ce soit ta survie… je pensais que tu étais mort ce soir là…

Avec tout ça je ne savais même pas si, lui, m’avait remise.
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MessageSujet: Re: Thriller Night {Annikki/Jonas}   Mer 2 Avr - 19:20

Plus de peur que de mal pouvait-dire dans une telle situation. Il n'était pas fréquent de se retrouver, pendant un très bref instant, sur le point de perdre son existence. La vélocité dont fit preuve la femme qui se jeta sur lui, couteau en avant, le surprit au plus haut point, et malgré ses réflexes aiguisés, s'il en avait pu parer le coup, cela n'aurait pas été sans recevoir une belle estafilade, suffisamment profonde pour le mettre hors d'état de nuire pendant quelques temps. Un comble pour Jonas si cela s'était passé ainsi, lui qui avait passé tant de temps à guérir de sa blessure et qui avait échappé de peu à la fureur d'un loup solitaire. Mais par une chance des plus salutaires, le coup n'avait pas été porté, mais dévié de lui-même par la jeune femme qui avait préféré lancer l'arme sur l'un de ces immondes morts-vivants qui, selon toute vraisemblance, pullulaient dans le coin et cela de façon quasi-anormale.

Une chance, vraiment? Non loin de là, ce n'était pas un coup du hasard ou un banal aléa du destin qui était à l'origine de cette déviation, mais un soudain revirement de conscience de son agresseur féminin, une jeune femme fort séduisante dont le regard, animé par une bien étrange lueur, saisit le Mage dans sa propre conscience. Ni hasard ni chance, elle avait détourné son coup parce qu'elle l'avait reconnu, tout autant que lui semblait la reconnaître. Une impression étrange de déjà-vu l'avait saisi, alors que le visage de la jeune femme se trouvait non loin de lui, suffisamment visible, tandis que derrière son propre regard, se dessinait depuis les tréfonds de son esprit, un souvenir sombre, issu d'une époque révolue et infernale, au milieu duquel se dressait le même visage, s'éloignant tandis que sur ses lèvres se dessinait un cri de terreur et de peine. Il le voyait là, comme penché au-dessus d'un précipice, hurlant en silence, le bras tendu, tandis que lui-même tombait dans un quelconque gouffre de plus en plus vite jusqu'à ce que....

Son esprit reprit conscience brutalement, le ramenant dans cette réalité présente, juste devant elle. Le souffle court, il recula sans vraiment le vouloir, comme si son corps lui-même prenait les commandes par instinct de survie, mais sur un ou deux pas seulement. Etait-ce la peur qui le mettait dans un tel état, une terreur enfouie profondément en lui qui venait de resurgir devant l'apparition qui venait de tenter de l'attaquer? Non, aucunement, il n'y avait pas la moindre frayeur dans cette réminiscence du passé, ni peur, ni terreur, seulement de la douleur, de la peine, le sentiment d'abandon, un adieu sans suite, brutal et injuste. Oui, oh que oui, il connaissait ce visage-là, peut-être même le connaissait-il suffisamment mieux que le sien. Et le splendide regard qui le dévisageait en cet instant ne pouvait le tromper, car intense, il le jaugeait de façon similaire, sans doute même les deux esprits tremblaient devant le même souvenir, à l'unisson, comme s'ils étaient connectés. Incapable de bouger, Jonas la regarda, fixé sur elle par un étrange magnétisme dont il ne pouvait se défaire...Koskinen.

Pendant un long moment, Jonas resta immobile, prostré entre ses pensées, ses souvenirs et une tétanie corporelle aussi rigide qu'un bain de béton. Etrangement, le choc sembla plus brutal dans l'esprit du Mage que dans celui de sa comparse, car si lui restait de marbre, elle continuait sa macabre danse pour trucider par ci et là quelques unes des abominations qui venaient à leur rencontre. Mais avec un instant de survie aussi développé, Jonas ne put rester ainsi très longtemps. Alors que Koskinen effectuait d'étranges pirouettes offensives, le bras du Mage se déplia brusquement et planta la machette droit dans le cortex frontal d'une de ces créatures qui l'avait choisi comme proie. Pourtant, son regard n'avait pas quitté la jeune femme d'un iota, il avait simplement vu le zombie du coin du regard et son esprit, même absorbé par les pensées, le laissa se défendre au bon moment. Jaillissant de sa torpeur qui ressemblait fort à une plongée en apnée, Jonas secoua la tête pour reprendre le contrôle de sa propre personne, hypnotisée jusque là par sa propre conscience et retira la lame épaisse du crâne ennemi, le laissant s'écrouler au sol comme le pantin inanimé qu'il était à l'origine.

-Annikki?? demanda-t-il avec dans sa voix un ton de doute, non pas uniquement dû à l'étrangeté de la situation, mais aussi à l'étrangeté du comportement de cette jeune femme qui autrefois partagea la vie et surtout la survie avec lui au sein même des dimensions infernales.

Un doute légitime, car si son corps était indéniablement celui de la jeune femme qu'il avait connu, ses paroles n'avaient rien de communes avec celles qu'elle usitait autrefois et dont Jonas était plus que friand. Ses mots, ses intonations étaient changeantes, parfois identique à ses souvenirs, tantôt radicalement inconnue, présente pendant un instant, puis disparaissant au profit d'une autre personne durant l'instant suivant. Il n'y avait là aucune logique dans la situation, quelque chose qui échappait à la compréhension du Mage. Etait-ce bien elle ou pas?... Je pensais que tu étais mort ce soir-là......Elle était là au milieu de ce chaos verbal, laissant sa place parfois à une autre Annikki, moins avenante envers son souvenir. A cet instant, Jonas, en l'observant du coin de l'oeil, vint à se demander si sa compagne d'autrefois n'avait pas été atteinte d'une folie, une séquelle de l'esprit du à la longue exposition aux dimensions infernales et à leur séparation brutale. Après tout, si son esprit avait survécu de son côté, du moins en majeure partie, son corps avait gardé les stigmates, il était probable qu'il en fut autrement pour elle. Après tout, de là où il se trouvait, le corps de la jeune femme ne semblait rien avoir perdu de sa souplesse ni même de son affriolante féminité. Peut-être était-ce lui qui subissait le contrecoup du choc, pris d'un étrange délirium dont il ne comprenait rien, ou encore l'impact de sa chute dans la nécropole avait occasionné quelques désagréments quelque part sous son cuir chevelu...

Peu importe, elle était là, devant lui, après tant de temps, une durée pour laquelle il lui était impossible de faire la moindre estimation. A chaque instant son souvenir l'avait accompagné depuis sa chute dans ce précipice, loin d'elle. Il ne l'avait pas oublié, mais avait accepté le fait qu'il fallait le faire. Et de nouveau, comme un symbole de destinée, elle se trouvait devant lui, là, à quelques mètres, rossant au passage quelques créatures immondes, exactement comme autrefois. Hormis ce ton changeant et cette étrange folie de l'esprit, c'était elle, sans nul doute...Elle l'avait cru mort...donc elle avait pris sur elle le fait que jamais plus elle ne le reverrait...Il grimaça et secoua la tête pour chasser ces pensées là, hors de propos en cet instant, même si légitimes. De plus, la situation ne prêtait pas vraiment à ce genre de réflexion, on ne passait pas de temps à se morfondre sur ses souvenirs lorsqu'on risquait de finir en repas pour zombie à tout instant. Sur l'instant cependant, il avait totalement mis de côté l'illusion éventuelle au sein de laquelle il avait chuté quelques minutes plus tôt.

-Comme tu peux le voir ma chère, la mort n'est pas parvenue à ses fins à mon propos. Elle m'a cependant bercé pendant une longue période, mais en vain...Ce combat là, elle l'a perdu, une fois de plus

Avec une précision redoutable, le bâton de marche du Mage fut lancé dans les airs alors que deux nouveaux êtres ignobles se précipitaient sur lui. Geste étrange que se débarrasser d'un subtil instrument de défense à l'allonge non négligeable... si ce n'est une stratégie efficace pour gagner en puissance d'impact lors de la réception de celui-ci. En effet, emporté par sa vitesse de chute, le bâton fut réceptionné de main de maître à son extrémité pointue, et dans un mouvement vif et circulaire, Jonas frappa de plein fouet les deux corps au niveau de la partie supérieure du thorax. Le sinistre craquement des os brisés résonna dans la nécropole, tout autant que le spectaculaire son de l'impact sur la cage thoracique. Les bustes volèrent en éclat dans une projection noirâtre et gluante alors que libéré de l'emprise de son propriétaire, l'arme poursuivit sa route en tournoyant avant de rencontrer au passage un troisième cadavre ambulant qu'elle transperça en le projetant contre un tronc d'arbre. Gesticulant pour se dégager, la créature vociférante avait perdu de son côté menaçant, ayant désormais l'attitude d'une marionnette folle aux talents comiques qui ne séduisirent pas le Mage. Il s'était déjà retourné vers la jeune femme, bien plus intéressé par elle que par ces choses qui évoluaient de tous côtés. Elle avait dit qu'elle était apparue ici par enchantement, alors qu'elle se trouvait dans un autre lieu, du moins c'est ce que Jonas avait pu comprendre dans cet étrange échange qu'elle menait sans cesse avec elle-même.

-Comme au temps jadis, nous revoici tous deux, face à aux immondices, dans un univers d'une étrange similitude. Il y'a là un air de coincidence que je n'apprécie guère ma chère. Si c'est là un jeu pour te rappeler à mon souvenir, tout ceci n'était en aucun cas nécessaire...

Un ton ferme, un regard dur, Jonas avait choisi de frapper la conscience de la personne plutôt que ses émotions. Malgré le profond sentiment de liesse qui s'emparait de son âme en revoyant la jeune femme, et ce même en le gardant au fond de lui, il ne pouvait que rester prudent sur la situation, car trop de choses autour de lui l'intriguait au plus haut point. Rester rude, sur la défensive, il n'était pas question de baisser sa garde devant quelqu'un qui ne semblait pas être tout à fait la même que dans ses souvenirs, dans un environnement dénué de toute réalité. Illusion, réalité modifiée...enchantement? Quoi penser de tout ceci. Il était tombé en ce lieu par vulgaire accident, et le voici face à elle, n'y avait-il pas là matière à réfléchir, à s'interroger sur une hypothétiques coincidence? Et Jonas, pour ce qui était des coincidences, faisait plutôt partie de la tribu des incrédules.

-Annikki...A quoi rime tout ceci? Tu sembles...différente...ne put-il s'empêcher de dire avec une certaine douceur dans sa voix, comme inquiet sur le sort de la jeune femme
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Thriller Night {Annikki/Jonas}

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