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 casual affair ✤ Aleksi

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MessageSujet: casual affair ✤ Aleksi   Ven 14 Mar - 0:17

Casual Affair
Looks innocent enough, doesn't it? But sometimes there are dangers involved that never meet the eye. No matter where you meet a stranger, be careful if they are too friendly. A lover on the left ; A sinner on the right. ;

© Ecstatic Ruby


Perdition. État second qui succéda indépendamment de ma volonté, la profonde réflexion dans laquelle j’étais plongée depuis quelque instant. Un courant d’air vint soulever mes cheveux noué en une queue de cheval,  ma langue claqua sous une irritation palpable. Je ne pouvais dissimuler mon impatience grandissante, et bien que je tente tant bien que mal de contenir mes ardeurs, je n’en demeurais pas moins agitée. Cette sensation d’être coincée dans une impasse, un cul de sac me propulse dans une situation de de malaise qui semble m’être inconfortable. Oui, je n’ai pas l’habitude de ce genre de situation incommodante, et pourtant tout cela était loin de m’effrayer, au contraire, cela contribuait à nourrir goulument mon acharnement à la tâche : agir, brandir, psalmodier puis créer. ; Une lueur lubrique illumina mon regard alors que je m’humectais les lèvres sous la satisfaction précoce de mes futures nuisances. Mon atelier à dynamique, nom qui me ravissait inéluctablement, regorgeait de bombes scellées sous clé, prête à l’emploi ou encore au stade de prototype. Nul n’ignorait que je prends mon travail de conceptrice de bombes avec le plus grand sérieux, et bien que j'en fasse avant tout mon métier, il en découle de là une véritable passion. Mais comme il fallait s’y attendre, comme toute ingénue dans son art, je venais d’être coupée dans mon élan de lucidité inventrice : un objet manquait à la finition de ce projet que je souhaitais soumettre ce soir à Kyran, lorsqu’il rentrera. « Bordel, une pause s’impose. » me déclarais-je à moi-même percée par une sensation de tiraillement insidieux qui m’envahissait. Un petit délassement, après cette activité sanguinolente.

Alors que je m’apprêtais à traverser le couloir en direction de la cuisine, afin de me désaltérer au goulot d’une bouteille d’eau de source,  subitement je sonde du regard les alentours de la bâtisse, la salle informatique d’Aleksi qui constituait la clé d’innombrables semaines de préparation pour mon projet. Parce que dans un éclair de sagacité, je venais de me souvenir que ce que je recherchais était entreposé sur une armoire, dans une boite de brique à braque. Non, cette mission ne serait pas une sinécure…  il eût fallut être folle pour m’y attaquer tête baissée sans songer aux conséquences. Entrer dans son antre serait comme lui donner l’occasion de pouvoir extirper ma tête du reste de ma carcasse que j’arbore comme corps. Oh l'idée de pouvoir enfin le démonter était alléchante, mais je n’aimais pas prendre autant de risque à contrarier l’obstacle qui m’entrave dans mes retranchements. Kyran, et sa maudite imposition, devoir me faire supporter à moi, à moi, la présence nauséabonde de ce sous être,  infâme et aussi faisandé que de la chair ravagé par la gangrène. Parce que dans mon élan d’amour pour lui, j’avais appris à verser de l’eau dans mon vin, je gardais la mâchoire serré, tout en supportant avec virulence cette cohabitation qui me marque la peau au fer rouge à sa simple évocation. Aleksi, son prénom se persiffle sous ma langue avec autant de brutalité que si j’avais eu à supporter l’essence même de son effigie sous mes yeux revolvers.

Dans un soupir empli de lassitude, un rictus amusé s’esquissa sur mon visage. Ce sentiment d’antipathie me nouait l’estomac jour et nuit à chaque aperçu de sa silhouette rôdant dans cet espace confiné entre les murs de notre modeste manoir ; et ce refoulement de toute animosité suscitait en moi ce besoin irrépressible de décharger mon exacerbation en égorgeant des chats morts ou mes repas après m’être abreuvée en énergie vitale. Alors que ma main épousa délicatement la courbure de la poignée, mes doigts frémirent d’impatience sur le bois de la poignée, que je serrais lentement, comme pour m’exhorter au calme, tandis que j’ouvris la porte afin de pénétrer dans la salle et que je claquais cette dernière. L’impatience me rongeait ; elle rugissait en moi telle une bête assoiffée d’action, de cris, de sang, mais je la tenais encore fermement au creux de ma main. Les lieux étaient combles, grouillant de câblages, d’appareils informatiques et autres bricoles qui sortaient de mon domaine de prédilection. Avisant ma recherche sur une armoire en ivoire, je l’ouvris à la recherche de cette boite étiqueté « Boite à babiole » dans l’espoir de trouver l’objet de ma convoitise, me permettant de  délaisser mes vacations et de retourner rapidement à mon travail.  
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MessageSujet: Re: casual affair ✤ Aleksi   Sam 15 Mar - 21:10


Je m’acharne. Depuis des jours, sur ces maudites touches. A me triturer les neurones avec des lignes de codes qui commencent à devenir incompréhensibles, même pour moi. Je n’ai plus que ça, mon travail. Et je m’y perds, pour ne pas avoir l’impression de n’avoir plus rien à faire dans cette maison. L’informaticien nerveux et timide au possible a fait son grand retour, me donnant l’impression d’être revenu à la case départ. Des mois en arrière. La faute, en partie à mon employeur. Je savais que les choses allaient changer après ce qui s’est passé entre nous. C’était une évidence, mais j’ignorais que les dégâts prendraient une telle ampleur. Quand Il ne m’ignore pas royalement, la distance qu’Il instaure entre nous me détruit de l’intérieur. C’est subtil, un changement savamment masqué par Son talent d’acteur. Pour sauver les apparences et garder la tête haute. Mais moi je le remarque. Et qu'importe ce que j'en peux en penser, cela me blesse. Je devrais peut être songer à devenir égocentrique et misogyne, histoire de protéger d’une meilleure manière l’organe qui s’effrite contre mes côtes à chaque battement. J’en serais incapable, je n’ai jamais été comme ça, je ne vois pourquoi cela changerait maintenant. La nervosité me gagne, et c’est en serrant les dents que mes doigts se plaquent violemment contre le clavier. Au risque de foutre en l’air tout ce que je viens de faire les minutes précédentes. J’ai épuisé mes cartouches, l’ordinateur est en surchauffe. Et mon cerveau aussi. La faim me tiraille les entrailles, et me distrait. Je tente au mieux de l’ignorer, mais rien n’y fait, je ne pense qu’à ça. Et ne fais rien pour la stopper. C’est un refus catégorique, une pulsion masochiste qui me pousse à préférer la souffrance plutôt que de la voir disparaître. Un retour en arrière, à tous les niveaux. Je suis redevenu le type dégoûté par sa véritable nature. Préférant jouer à l’autruche et se laisser mourir plutôt que d’infliger des souffrances à autrui. Combien de temps les monstres tiennent-ils sans se remplir l’estomac ? D’une certaine manière, je suis en train d’exercer le rôle du cobaye. Le cobaye d’une de mes expériences ridicules, qui ne servira à rien, si ce n’est me mettre dans un état de frustration des plus extrêmes. Comme si je ne l'étais déjà pas suffisamment.

Le poste a été abandonné. Délaissé sans un regard en arrière. Le besoin de prendre l’air, de quitter ma tanière était devenu bien trop pressant pour que je continue de rester visser sur ma chaise. La pièce m’indispose. Les souvenirs qu’elle contient sont encore trop ancrés à ma mémoire pour me laisser en paix. Une fois encore, je suis le jouet de ma volonté. Je me plie à ses caprices sans pouvoir rien y faire, et la laisse ressasser sur l’écran de mes paupières, la folie qui nous aura possédés, Kyran et moi. J’aurais tellement aimé pouvoir l’enfermer dans une boite, à double tour, quelque part dans la poussière de mon cerveau. Et ne plus jamais l’en ressortir. Ranger le souvenir dans la case des objets perdus. Brave petit Aleksi qui s’enferme dans un monde chimérique et qui se noie dans le lyrisme d’une existence factice. La balade hors de ma chambre s’éternise et c’est pourtant à contrecœur que je me force à revenir sur mes pas. Ma main se fige au-dessus de la poignée. Perturbée. Je fronce les sourcils, hésite, et déjà mon cœur s’emballe. J’ai, pendant un bref instant, le fol espoir que ce soit Lui qui se trouve derrière cette porte. Un examen plus approfondi des effluves qui se pressent contre mes narines m’indique que je suis en train de me fourvoyer. Ce n’est pas Kyran, mais sa maudite poupée de chiffon que je vais découvrir en ouvrant la porte. Jaloux ? Oh, si peu… Une inspiration supplémentaire et ma main abaisse enfin la poignée.

« - Je peux savoir ce que tu fabriques ici ? » Je me suis fait violence pour rester dans les limites de la bienséance. Et me retenir de la jeter dehors comme un parfait malotru. Elle m’insupporte, tout en elle me dérange. Dans d’autre circonstance, je suis pourtant certain que le relationnel aurait été tout autre. C’est plus fort que moi, ce n'est rien de plus qu'une vilaine tare qui s’infiltre sous ma peau pour me pousser à être odieusement désagréable avec elle. Elle ne mérite que cela de toute manière. Ma main reste coincée sur la poignée et mes doigts s’y crispent fermement. Le malaise revient, enraye mes pensées et fait dérailler mon cœur. Plus encore que durant ces longues heures de solitude. Sa présence ravive les couleurs de ma récurrente obsession. Et je me mords la joue jusqu’à sentir le sang sur ma langue pour faire sombrer cette réminiscence dans les brumes de mon cerveau. Plus que jamais, je dois m’astreindre à la prudence. Et éviter toute montée de colère fortuite. Et par-dessus tout, éviter le moindre contact qui pourrait conduire à un vol d’énergie et de souvenir. Ce qui serait fort gênant...

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MessageSujet: Re: casual affair ✤ Aleksi   Mer 19 Mar - 22:46

Je ne l’avais pas entendu se rapprocher de la porte. Mon attention étant bien que trop accaparée par la recherche de cette boîte, friponne scélérate, qui demeurait introuvable. Dans cette pièce, tout sentait la paperasse, la poussière et la vétusté. Dans la pénombre se devinaient des rayonnages bourrés de câblages, de volumes reliés en cuir et d’un amas de feuilles volantes que je lisais en survolant les lignes en diagonales. L’informatique, science incompréhensible, diamétralement éloigné de mon domaine de prédilection. Abandonnant cet invraisemblable amoncellement de papiers, je me faufile entre le passage étroit séparant la chaise de bureau à l’armoire, afin de reprendre mes recherches à nouveau. Bien qu'il faisait jour, je ne parvenais pas à distinguer quoi que ce soit. C'était comme si l'obscurité accompagnait continuellement ce lieu. ; Un craquement que je perçus derechef, et qui m’imposa l’arrêt. D'abord curieuse de voir quel était ce bruit sourd capable de me détourner de ma réflexion, j’avais tourné furtivement la tête avant de jauger l'allure du nouvel arrivant. Ténébreux. Excessivement grand. Mais scandaleusement frêle. Sa présence véhicula son odeur jusqu’à mes sondes nasales qui encaissèrent difficilement et interprétèrent son odeur comme fétide qui  empoisonnait de plus en plus l'air pourtant déjà corrompue par les articles douteux en exposition. J’avais baissé le regard, fermant presque les yeux comme si je cherchais à  me concentrer sur autre chose qu'à la flagrance nécrosique qui titillait mon odorat.

Surprise... Je me demandais comment est-ce que je pouvais encore être étonnée, malgré toutes les fois où j’avais flairé son odeur gravitant autour de Kyran, et ce avant même que nous fûmes en guerre tous les deux, me préparant aux épisodes fatidiques des massacres qui surviendraient bientôt, où il y aurait des morts à se délecter, de la reconnaissance et du pouvoir à acquérir pour rien dans la boue et le sang. Chaque fibre de mon corps s'était contractée brutalement. Totalement figée, j’aurais pu sentir mes constantes chutées l'espace d'un instant. Aleksi. Reprend tes esprits ; ressaisi-toi, m'imposais-je, luttant et réussissant seulement à arracher des battements de cil. Avec toute la meilleure volonté du monde, j’avais levé les yeux au ciel - presque inconsciemment,  avant d’observer comme si ce fut la première fois, ses traits que j’avais déjà eu le malheur de voir auparavant. Souffle coupé ; à peine reconnaissable. Pur, cruel, redouté. Un nom ardemment difficile à ignorer. Son essence même s’étant progressivement imprégnée telle une empreinte indélébile dans les murs de cette bâtisse. Aux commissures des lèvres, une moquerie habilement dissimulé par un sourire, alors que je ne cessais de le dévisager effrontément. « Je cherche quelque chose, comme cela peut se voir. » avais-je sifflé, peut-être d’un ton un peu trop agressif. Ma voix avait légèrement fléchi vers la fin. Trop spontané. J’avais manqué à toutes bienséances.

Un simple rire s'échappa, à ma réplique désinvolte. Prenant congé, je lui tourne le dos sans aucun scrupule afin de reprendre acte à mes occupations. Bien qu’il ait pu canaliser les pulsions de sa haine viscérale à mon égard, je ne pouvais pas en faire de même de mon côté. Pas avec lui, ni aujourd’hui, et encore moins demain. Chimère alors que pareille espérance. Surtout que l’aversion était une alliée pour la moins douteuse. Plaise à Kyran de m’en vouloir, songeais-je intérieurement. Je n’y pouvais rien, de toute manière. Il se fourvoyait sur mon compte s’il escomptait que plus je m’accoutumerai à cette cohabitation, moins hostile sera cette dernière. Après m’avoir, pour mon supplice, affublé de sa présence, Aleksi campait toujours devant l’entrée de la salle, cellule dans laquelle je n’avais aucune échappatoire, la main posée sur le pommeau de la poignée de la porte.  D’un geste désinvolte, j’ouvrais une seconde armoire, dont le lourd vantail bardé de fer m’intima la force, et la poussière du manque d’entretien de son intérieur m’environna. En levant la main pour repousser la vague de résidu infecte, je toussais avant de plonger mon regard à la recherche de ce bien introuvable. Des ténèbres de poix régnaient dans la chambre, au prémice d’une incommodante situation à supporter. Un long moment s’écoula sans que je ne perçoive rien d’autre que le bruit du vent, le murmure  de ma respiration, le froufrou des feuilles se frottant sous mes doigts. Je l’aurais volontiers rossé, mais l’acte de violence ne demeurait que verbal avec Aleksi, alors je me contentais de trancher d’une voix rêche : « Reprendre ton travail n’est pas susceptible de mort subite, que je sache. »
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MessageSujet: Re: casual affair ✤ Aleksi   Sam 22 Mar - 21:07


Le ton de la rencontre est donné. Sarcastique et dénué du moindre effort pour cacher le ressentiment. La cohabitation forcée n’a jamais engendré de bons résultats, pourquoi en aurait-il été autrement pour nous ? J’ai parfois l’impression que ça faisait partit du plan de Kyran. Qu’il avait prévu que son Indienne ne me supporterait pas, et que j’en ferais de même. Et caché derrière Ses crises de colère se cache en fait un macabre amusement. Tordu jusque dans la plus infime fibre de Son cerveau, le gérant de cet asile de fous s’amuse à nous voir nous détruire l’un l’autre. J’en esquisse un infime sourire, pris à la gorge par un amusement éphémère qui cède déjà sa place à cette froideur habituelle, lorsque je suis en sa présence. J’ignore ce qui me dérange le plus. De la trouver en train de fouiner dans mon espace de travail ou de savoir qu’elle s’octroie le droit d’y mettre les pieds lorsque je suis absent. Les choses qui doivent être caché le sont, et ce qui peut se passer sur les écrans ne sont compréhensibles que de ceux qui en connaissent le langage. Alors pourquoi cette intrusion me dérange-t-elle autant ? La réponse est évidente. Elle m’écorche les neurones et la langue au passage. Je me sens mal à l’aise. Gêné par le poids de son regard sur mes épaules. Et me plies à son examen dérangeant sans sourciller, relevant le menton pour me donner un peu plus d’aplomb. Et faire croire que je maitrise la situation. Que je maîtrise tout ce qui est en train de se déverser sous ma peau.  

« - C’est donc ça. Je croyais que tu cherchais à voir si tu pouvais entrer dans l'armoire. A vu de nez et même avec toute la volonté du monde, je pense que tu aurais bien du mal à le faire. » Néanmoins je suis prêt à t’aider. Et à jeter la clé ensuite. Je me mords la langue pour ravaler mon ironie douteuse pour ne pas jeter de l’huile sur le feu tout de suite. J’hésite un instant, mes doigts se crispant encore un peu plus contre la poignée. Avant de finalement la lâcher. J’esquisse un pas, puis un second. Et me dirige vers la fenêtre pour en tirer un rideau. Une vieille habitude de taupe. Préférant s’enfermer dans le noir pendant des heures plutôt que de voir la lumière du jour. Je l’affectionne pourtant énormément cette source de chaleur et de réconfort. Mais elle me distrait. Parasite mes neurones et me rend moins alerte. Après un bref regard jeté au dehors, je romps la distance qui me sépare de mon bureau, et inspecte avec suspicion ce qui peut se trouver dessus. Rien n’a bougé depuis mon départ. « - Sauf si tu as posé une bombe qui risque de me sauter à la figure dès que j’appuie sur une touche. » Je le lance par-dessus mon épaule, ne lui accorde qu’un semi-regard et ajoute à mes mots un sourire qui fait office de point. Je frôle du bout des doigts le clavier, me concentre sur l’écran et tente de faire abstraction de sa présence. Même un éléphant dans un magasin de porcelaine serait plus silencieux.  Je suis vraiment navré Kyran, c’est plus fort que moi. Je n’y parviens pas. Même avec la plus belle volonté du monde, le plus grand calme, sa présence m’indispose. Et me remettre au travail tout en prétendant être seule alors qu’elle est en train de retourner ma chambre, cela m’est tout simplement impossible. Un soupir m’échappe, frôle mes lèvres et se meurt dans le silence revenu se jeter entre nous. La frustration grouille sous ma peau, millier d’insectes ignobles qui me dévorent inlassablement. Et ma main se plaque avec violence contre le panneau de bois. Je me retourne, brusquement, et fais face à l’intruse pour l’accabler d’un regard aussi glaciale que la température qui règne à New-York en ce moment.

« - Ca suffit ! Arrête… Tu n‘as rien à faire ici, sors de là. » Les excuses se pressent presque immédiatement contre mes dents. Que je serre à m’en briser la mâchoire pour les retenir. Je m’astreins au statisme. Prêt à me montrer brutal dans le but de la mettre dehors et lui claque la porte au nez. Oh, l’idée est plaisante. J’en souris intérieurement avant de penser aux conséquences. Quoi que je fasse, Il le saura. Elle ira couiner dans Sa chemise et j’en payerais les frais. Et je ne peux me permettre un tel écart. Pas cette fois. Plus maintenant. A retardement, je montre la porte d’un signe de tête, histoire de bien lui faire comprendre que sa petite exploration doit s’arrêter maintenant. Cette foutue manie de ne pas ranger son matériel à portée de main… Je ne la comprendrais vraiment jamais.

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MessageSujet: Re: casual affair ✤ Aleksi   Sam 29 Mar - 20:57

Poisseuse. L’air est nauséabonde et m’étouffe, me compresse tel un étau solidement amarré à mon cou. Sa présence me dérange bien plus que je n’aurai pu l’imaginer. Il est un fléau ! La répugnance qu’Aleksi m’inspire grouille et se déferle sous ma peau dans un fourmillement des plus déplaisants. La maladie qu’il véhicule me calcine à chaque seconde pour mieux m’immoler. Mais qui de nous deux, qui détient réellement l’allumette ? Qui aura le courage de frictionner la brindille sur la boite pour allumer la flamme ? Certainement pas moi. Le passé m’avait clairement édifié sur les dommages que le feu pouvait apporter. Le feu. Ce mot était un poison qui me paralysait les membres, m’ôtait les couleurs aux joues, et me plongeait dans une angoisse presque palpable. L’espace d’un instant, durant quelques secondes de perdition, dans un éclair aveuglant, je fus ramené plusieurs siècles en arrière, dans un autre temps, dans un autre pays. Je me souvenais encore lorsque sur le bûcher, les flammes avaient enflammé mon sari, et des larmes avaient ruisselées sur mon visage. Puis lorsque le feu toucha ma peau, un hurlement d’agonie s’était échappé de ma gorge alors qu’une fine colonne de flamme avait brûlé le tas de paille m’entourant. Ma peau fut brulée à plusieurs endroits de manière très douloureuse. Je fume, je m’écume et je pullule d’idées noires. J’ai n’ai qu’une seule envie, c’est de crier. Mais je suis trop perdue pour cela. Je meurs, je prie, je saigne et je crie. Suis-je donc trop perdue ? Suis-je donc trop perdue pour être sauvée ? Mon visage à huis clos, tenu à l'écart du regard indésirable du jeune homme, est voilé par l’écran que forment mes cheveux bruns. Derrière une cascade ondulée, je dissimulais ce malaise qui m’engloutissait goulument dans sa diabolique emprise.

Prisonnière dans ces ténèbres, je craignais secrètement de rencontrer mes démons, lugubre témoins de la mortalité de mon humanité, de ma suffocation. Et comme pour m’exacerber à ce trouble fugace qui m’avait saisi, je ne pus réprimer mon hilarité face au premier pique lancé par le jeune homme. Alea jacta est. Aleksi le Blanc ouvre la joute et se met en marche contre moi, Sanjana la Noire. Le premier pion se déplace, la partie est jouée, mais qui criera d’un ton victorieux « Échec et mat » ? ; Je me racle la gorge tout en secouant la tête, non sans me débarrasser de ce sourire qui étire mes lèvres charnues. « Désolé mon cœur, je n’ai pas envie d’y élire domicile pour un éventuel cercueil de prédilection. » ; Un crissement se fit entendre, un bruissement de tissus voluptueux, et un rayon de lumière perça à travers la fenêtre. Et comme explosaient les premiers rayons du soleil sur le plancher de la pièce, cette dernière se teignit de rose et d’or. Les mains abandonnées dans le désordre que contenait l’armoire, je ne pouvais m’empêcher de contempler la marche inexorable du jour. C’était là sans conteste un magnifique chef d’œuvre, dont j’ai me repaitre, l’espace de quelques instants, avant d’entendre le sol craquer sous les pas du jeune homme qui interrompit la contemplation du dehors pour mieux se diriger vers son bureau. Mes prunelles vertes-marrons suivent et scrutent de manière sceptique la silhouette du jeune homme qui semble examiner son bureau. Bien sûr, son bureau ! Comme si tes affaires m’importaient, songeais-je silencieusement. Le désagrément fut tel, au contraire que j’éprouvais la plus grande peine à conserver un masque affable et un ton dénué d’arrogance. Mon amertume disait assez que je n’étais toujours pas remise de la décision de Kyran vis-à-vis de cette cohabitation. Tel un scientifique étudiant sur des rats de laboratoire, il nous avait enfermés dans la même bâtisse encloisonné par des murs épais. Et assis, les bras croisés sur son torse se languissait-il de cette tension palpable dans l’atmosphère ? Qu’il prenne donc un moment, un temps pour observer et « let see what’s gonna happen ! » ; Qu’il reste donc aussi longtemps qu’il en a le temps. Aleksi l’affectionnée, et Sanjana la Pécheresse, qui l’eût cru ?

Sa remarque ne manqua pas de pertinence. L’ondulation de mes cheveux nimba nonchalamment mes épaules, alors que je ne relevais pas. Je lorgnais Aleksi avec, aux lèvres un sourire proche de l’insolence. Pas moins ulcéré par l’impudence de son insinuation, je me garde profondément de lui faire plaisir à mordre à son hameçon en lui décochant une réprimande réfrigérante. Pendant que mes mains reprenaient leur place accoutumée dans le bazar, j’éprouvais brutalement le sentiment d’être étrangère à tout, et tous, ici, dans cette demeure, avec ces hommes au service de Kyran, et le souvenir m’assaillit de mes propres mots : je suis entourée de flagorneurs et d’imbéciles. Quels étaient les flagorneurs autour de cette table, quels étaient les imbéciles ? La réponse, je la connaissais déjà. Je sursautais. Le bruit fracassant contre l’armature en bois me tira brusquement de ma léthargie. Pantoise, je clignais des yeux avant de parvenir à comprendre les propos du jeune homme. Cela avait le mérite d’être clair, il me jetait dehors. Je soupirais malgré le sourire que m’arracha le comportement du jeune homme : « Il en faut beaucoup m’effaroucher. Tu me ferais ce plaisir ? Prends un de tes gadgets et va faire un petit tour, le temps que je mette la main sur cette putain de boite, veux-tu ? ». Sur ces entrefaites, je n’esquissais pas le moindre pas, et c’est sans sourciller que je m’abstenais de prendre congé du jeune homme.

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MessageSujet: Re: casual affair ✤ Aleksi   Lun 31 Mar - 20:56


Le surnom me donne la nausée. Me révulse comme jamais. Mon cœur… Mes doigts se crispent. Se tendent avec le fol espoir de pouvoir venir s’enrouler autour de sa gorge gracile. L’envie me caresse les reins, incendie mes veines et me pousse à esquisser un pas en arrière. Ma transformation en ersatz de zombie réveille mes plus sombres instincts. Les plus viles, ceux qui gangrènent mon esprit et affolent mon cœur. Je les enferme, la plupart du temps. Les retient afin d’éviter de sombrer. Il n’y a que dans mon esprit et sur l’écran de mes paupières qu’ils peuvent être libres. Dans mes délires, je laisse libre cours à toute cette haine qui me dévore. Et l’informaticien se change en un assassin de haut vol. La vue du sang me révulse. Dans mes élucubrations, je l’affectionne plus que tout le reste. J’en ai besoin même. De le sentir, le voir et d’éprouver son contact sur ma peau. Docteur Jekyll et Mister Hyde, je me rapproche de plus en plus de ce mythe. Et le tiraillement qui m’écartèle lorsque je me retrouve face à Sanjana n’arrange rien. Au contraire, j’ai la douloureuse impression qu’elle exacerbe l’ensemble, et que plus les secondes passent, plus je perds le contrôle sur cette autre part de moi. Ce sourire qui s’est collé sur ses lèvres m’agace au plus haut point. A chaque rencontre, si tant est que l’on puisse appeler cela ‘rencontre’, je me dis que ça ne pourra pas être pire. Que mon niveau de révulsion le plus élevé a été atteint. Sanjana a le talent magnifique et indéniable, de me prouver le contraire et de repousser encore un peu plus les limites de mon indisposition. Je l’admire pour cela. Un petit rire jaune m’échappe, répond à sa raillerie pendant les mots s’assemblent dans mon crâne. Je n’ai pas envie non plus d’avoir son cadavre dans mon armoire. Je préfèrerais encore me retrouver coincé entre deux des abrutis servant Kyran plutôt que de devoir la voir à chaque fois que j’ouvrirais une de ces foutues portes.

« - Cercueil ? Tu y serais bien à l’étroit, pour passer l’éternité, il y a mieux qu’une armoire. Une urne peut être, pour y ranger tes cendres ? » Le sarcasme est cinglant. Et l’allusion, plus qu’évidente. Accompagnée d’un clin d’œil désinvolte pour bien enfoncer le clou. J’en ai vu des choses, toutes les fois où j’ai été amené à puiser dans son énergie et ses souvenirs. Et le supplice qu’elle a subi ne m’a pas été épargné. De simples flashs, des pièces d’un puzzle incomplet qui me donnent une légère avance sur elle. Un avantage certain pour frapper là où ça fait vraiment mal. C’est bas, affreusement bas comme façon de faire. Je devrais en avoir honte, et pourtant j’adore ça. J’adore les plis que prennent ses traits à chaque provocation. Cet air dédaigneux et révulsé qui se glisse sur son si irritant visage. Je dois être honnête, je m’ennuierais dans cet asile de fous si elle n’était pas là. Un mal pour un bien. Je soupire en la voyant reprendre son exploration. Je te l’ai demandé gentiment, ne m’oblige pas à devenir grossier. Je prends sur moi, passe mes doigts contre mes tempes pour faire le vide et réfléchir correctement. Non, ce serait trop facile de la mettre dehors de cette manière. Je me mets à sourire, sombrement. Et caresse le bureau du bout des doigts avant de m’assoir à mon poste. J’ouvre la bouche, la referme aussitôt pour la regarder faire. Mon amusement est évident, il se lit sur mon visage et je ne cherche même pas à le dissimuler.

« - Tu ne la trouveras pas… » Dis-je, ronronnant. Je la fixe, scrute le moindre changement dans sa physionomie. Insistant. « - Je l’ai jeté. La boîte et d’autres trucs qui encombraient les étagères. » Je désigne d’un hochement de tête les étagères que sont en train de parcourir ses doigts. Je n’ai jamais compris pourquoi ses affaires se trouvaient là. Pourquoi elle avait eu l’idée saugrenue de les ranger ici, dans la chambre du pou agaçant ? Masochisme peut être. Une affection cachée… J’en doute mais l’idée me pousse à sourire encore plus. Grotesque et pourtant tellement amusante. J’ai fait du rangement. Après la dernière visite de Kyran. Possédé par le besoin impérieux de faire du vide, de jeter et faire de la place. Je respecte, profondément son travail. La fabrication des bombes me dépasse. Et je dois dire que je l’admire pour ce talent. Mon admiration s’arrête pourtant là. Je n’ai pas hésité un seul instant à délester les rangements de ce fourbi. Jubilant d’avance rien qu’en imaginant sa réaction. « - Si tu apprenais à ranger tes affaires, qu’elle idée de se disperser comme tu le fait franchement. » Un nouvel haussement d’épaules et je penche légèrement la tête sur le côté. Mes doigts tapotent contre le bois, pis s’attaque à l’interrupteur de la lampe, l’allumant et l’éteignant à rythme régulier. Irritant, n’est-il pas ?

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MessageSujet: Re: casual affair ✤ Aleksi   Lun 7 Avr - 23:50

J’eus d’abord le souffle coupé par le naturel avec lequel il avait fait allusion à mon échappée belle sur le bûcher. Si j’avais un poignard, je le tuerais, là, songeais-je avant de me rappeler brusquement le regard réprobateur de Kyran. La bile emplissait ma gorge d’amertume. Je le jugeais du regard, tant son récit s’y déployait de hideur. Le maudit ! Que les entrailles de l’Enfer l’emportent, lui et sa gueule d’ange. Alors qu'un trouble fugace s'était reflété à la naissance de mes iris émeraudes, l'espace d'un instant, il fut instinctivement balayé par l'apparition d'un écran noir qui vint voiler la vision ignoble du jeune homme. Aveugle, cécité éphémère qui éclaboussa la noirceur de mes songes d’images toutes plus délectables les unes que les autres. J’aurai manifestement dû le ruer de coup, l’écorcher vif, le bousculer à grands coups de hampes et de gueule. Bien sûr, tout cela se passait dans ma tête. Oh oui, je trépidais à l’idée de pouvoir assouvir cette aspiration profonde, enfouie et inavouable et inassouvie. Vibrant sous l’influence de mes plus noirs desseins, une chair de poule recouvrit mes membres comme une seconde peau. Alors que je m’étais presque sentie esquisser un premier pas pour me ruer vers lui, j’interromps mon geste, propice à ne pas vouloir me laisser submerger par cette perdition de moi-même et de mon self-control. C’était ce qu’il désirait le plus au monde, et cela serait le réjouir goulument en lui permettant d’esquisser l’once de ce grand sourire s’étirant jusqu’à ses oreilles. Il voulait me rendre folle de rage, me sortir de mes gons, ou encore me pousser dans mes plus noirs retranchements, tel était son but.

La peur est plus lancinante qu’aucune affliction, me ressassais-je, mais le charme de mes intimes convictions n’opérait plus, la peur s’était incrustée en moi, aussi indissociable de mes jours que le tiraillement de ma peau destituée de sa couleur d’été. Cette peur, que je m’étais figuré naguère connaître à fond, les quelques instants sur le bûcher m’avait offert tout le loisir de l’appréhender mieux. J’avais vu périr quelques-unes des nombreuses femmes avant moi, jusqu’à ce que le feu m’incinérant fut éteint à sa source par la volonté des Dieux. Du moins, c’est que le commun des mortels semblait nourrir comme conviction, conviction que je n’avais partagé, ni hier et encore moins aujourd’hui. « A qui la merde pour honneur, en définitive, je te prie ? ». Railleuse, je ne pus réprimer un sourire narquois alors que je le regardais de haut en bas, non sans ménagement quant au mépris que j’arborais non sans retenue, ou bienséances. Mais la véritable question demeurait sans réponse. Méfiante, je ne parvenais pas à me souvenir quand-est-ce qu’il aurait pu entrapercevoir dans mes souvenirs les plus enfouis ? En dehors de ce jour-là

« C’est le sort que je réservais à cette femelle,  quel était son nom déjà … ? » me contentais-je de glousser alors que je simulais une moue interrogatrice. Je souris, tout en tapotant fébrilement le bout de mon doigt contre mon menton. Un reniflement de mépris s’échappa de mes lippes, avant que ces dernières ne psalmodient les propos suivants : « Fanny, la petite Fanny. Je l’ai fait hurler cette catin, tu sais ? Enfin hurler … de douleur hein ! Pas de plaisir voyons. » Déclarais-je avant d’étouffer un petit rictus malvenu, je dois l’admettre. Lasse de ce petit jeu grotesque dans lequel j’arborais un masque vraisemblablement outrancier, je posais mes prunelles émeraude sur le jeune homme, alors que mon regard moqueur se distilla dans la froideur polaire de ma haine. « Je devrais briser ton écran pour cela … » commençais-je pestiférer avec ardeur. Il était définitivement détestable, mais  entièrement et complètement. Dans un soupir, je ferme les yeux tout en haussant avec négligence les épaules. Depuis quand me laissais-je aller dans la dégringolade la plus abjecte ? Je devais m’imposer le calme, comme à mon habitude ; la retenue et le mépris était le meilleur remède pour lutter aux assauts d’Aleksi. Repousser avec virulence sa présence nauséabonde et grouillante telle la vermine. « Est-ce que l’argent est un soucis ? Je récupérerai ce que tu as jeté malgré la mention imposant la conservation de ces matériaux très onéreux. Mais comme je le disais, je m’arrangerai que cela soit à tes frais, cela va de soi. ». Moqueuse, provocatrice à souhait, je croisais les bras contre ma poitrine en signe de défiance, de défense ou qu’importe. Mais une chose était sûre : je ne me départais pas de mon sourire facétieux.


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MessageSujet: Re: casual affair ✤ Aleksi   Jeu 10 Avr - 20:22


L’attaque a fait mouche. Et je n’en suis que plus satisfait. Vil, à tous les niveaux. Monstrueux d’user de souvenirs aussi douloureux pour toucher la corde sensible. Sa question m’arrache un simulacre d’éclat de rire. C’est fin, presque autant que ce que j’ai pu lui balancer à la fin. Je hoche légèrement la tête et garde le silence un instant. Comme si la réponse à cette question méritait une importante réflexion. Ce n’est nullement le cas. « - C’est une excellente question. » Autant de temps, pour cela. Je l’accompagne d’un léger haussement d’épaule et d’une œillade mutine dans sa direction. L’amusement est de courte durée. Malgré moi, je me fige et mes traits perdent de leur chaleur. Cette femelle... Mes doigts arrêtent de jouer avec l’interrupteur, et se figent au-dessus de ce dernier. Ce n’est qu’un juste retour de balle. Je me suis avancé le premier sur cette route escarpée, et voilà qu’elle est en train de me suivre. Mes muscles se crispent et je serre les dents pour ravaler tout ce qui peut venir se fracasser contre.

« - Arrête… » Je trouve la force de desserrer les dents pour laisser le murmure voler jusqu’à ses oreilles. Un ordre ? Un simulacre en tout cas. Une injonction pour éviter qu’elle ne franchisse la ligne. Pour éviter que ma patience ne s’effrite et que je perde totalement pied. Je m’enferme encore un peu plus derrière la froideur du regard que je lui lance. Elle vient de la franchir pourtant, cette fameuse ligne. Et ma réaction est immédiate. La colère grouille sous ma peau et je m’apprête à me lever. Prend appui sur mes pieds avant d’avorter le geste en plein vol et de reposer mes fesses sur ma chaise. En seule véritable réponse à son assaut, mes doigts se crispent contre le bureau jusqu’à ce que les articulations craquent. Je l’ai fait hurler… Si tu savais les efforts que je dois faire pour éviter de te faire subir le même sort. « - Nous savons tous les deux que Kyran s’est gracieusement chargé de cette autre partie. » Acerbe, amer, un citron sur la langue aurait certainement eu le même effet que ces misérables mots. En voulant blesser l’adversaire, c’est à moi que je fais le plus de mal. Ma jalousie me ronge. Me rend amer et lorsque par malheur j’en viens à croiser une de ces écervelées qu’Il ramène, les envies de meurtres les plus ignobles m’assaillent. Alors ressasser ce qui s’est passé avec Fanny… Je me fais violence pour ne pas lui arracher la langue et la trainer dehors par les cheveux. L’abimer pour de bon cette fois, pour que Kyran puisse contempler sa belle indienne. Et toute l’étendue de ma dangereuse obsession. « - J’ai certainement dû oublier mes lunettes ce jour-là. J’en suis profondément navré. » Un mensonge ironique au possible qui aurait pu être tellement vrai quelque mois en arrière. Je m’y accroche encore pourtant, à ce vilain défaut de la vision qui m’obligeait à ne me séparer que très rarement de mes lunettes. Les remets quand j’oublie que je ne suis plus cette personne. Pour les enlever aussitôt, dès que ma vue se trouble, abîmer par ces verres qui ne me sont plus d’aucune utilité. Je m’y accroche à ma précieuse humanité. Et pourtant, je sais qu’elle n’est plus qu’une croûte que je m’échine à gratter pour la voir tomber plus rapidement.

« - Ne t’inquiète pas, si tu vas pleurnicher comme tu sais si bien le faire, on t’en payera d’autres, des petites boîtes sur lesquelles tu pourras t’amuser à écrire ce que tu veux. » Je soupire. Mon agacement frôle l’irritation et la crise de nerfs. Elle m’agace. M’irrite comme une vilaine crise d’urticaire à se plaindre pour du matériel perdu. L’argent ? Un souci ? Pour moi, certainement. Pour son si dévoué comparse, certainement pas. « - Arrange-toi aussi pour qu’une augmentation me tombe dans les mains. Auquel cas, tu peux toujours t’assoir sur tes fameux matériaux. » J’accompagne la parole d’un geste évasif de la main, visant à simuler l’aspect désertique de mon compte en banque ou de mes poches. « - Bien… » Je m’astreins au calme avec ce simple mot, inspire pour laisser les fourmillements incendiant mes veines se dissiper. Et ainsi éviter de faire quelque chose de fortement stupide. Je l’oublie à faire, cette faim qui me dévore. Je cesse de compter les jours qui me séparent de mon dernier repas, si tant est que l’on puisse appeler cela un repas. Je l’oubli et me renie tout entier au passage. Je reste immobile quelques secondes, puis je finis par me relever. Lentement, comme si le geste me demandait de faire un effort considérable. C’est le cas. Un effort pour garder un air détaché, et ne pas lui révéler que sous la couche d’indolence se cache un capharnaüm de ressentiment et d’envies assassines.

« - Maintenant que les bons souvenirs ont été ressassés… Ne m’oblige pas à te le demander encore une fois. S’il te plait… » Je ne peux pas faire plus aimable. J’esquisse un pas dans sa direction, et mes doigts se serrent. Menace silencieuse pour lui faire comprendre qu’un nouveau refus d’obtempérer de sa part signerait là ma complète démission face à la lutte que je m’échine à mener depuis son entrée. Que Kyran me déteste pour ce qui pourrait arriver, je m’en contrefiche. Qu’Il m’ignore encore un peu plus si cela l’amuse, le rôle du gamin capricieux lui va si bien.

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MessageSujet: Re: casual affair ✤ Aleksi   Mar 15 Avr - 17:00

Suis-je à cran ? Non, je ne suis pas à cran. Enfin si, je suis à cran, parce que c’est inadmissible cette arrogance, cette bavure  infâme qu’il a osé me rétorquer de la manière la plus infernale, et la plus inattendue de sa part. Il m’énerve. Oui c’est vrai, il m’énerve ! Son air effronté m’exaspère,  son petit sourire entendu derrière chaque mot. Pour l’affront qu’il a osé commettre, ne sachant comment affronter cette situation en raison du spectre de Kyran planant au-dessus de ma tête, ma conscience m’intimait une toute autre mesure que l’exaltation au calme. J’éclatais de rire, un hennissement de mépris charmé. Un jour, je lui ôterai ce rire et il ne cessera de rire qu’en se farcissant mon poignard au plus profond de ses entrailles. Papillonnant comme une jeune vierge lors de sa nuit de noce, je plongerai avec un délice palpable mon regard émeraude dans la profondeur de ses iris chocolatées, afin d’y déceler l’extinction de cette étincelle d’effronterie, voir son visage perdre les couleurs de sa jubilation. Tout cela pour mieux contempler l’expression que tirait son sale faciès, nourrissant cette jouissance naissante, cela aurait été si bon que je n’arracherai le poignard que pour le replanter à nouveau. L’ombre maléfique de Kyran me rappelait sans cesse que succomber à mes noirs désirs serait là, déclencheur de cataclysmes bien trop vigoureux pour être maîtrisé dans les abysses de cette demeure. Mon seul moment de jouissance, on me le fera payer de ma vie, ou peut-être pire, de Kyran.

« Forcément, à défaut d’être mou de la glotte, tu semblais être mou tout autre part. » déclarais-je avec raillerie, tandis que je m’adossais négligemment contre le mur. J’avais les jambes raides, et cette impression d’être de subir l’assaut d’une nuée d’insectes pâles et frisquets bourdonnant dans mes oreilles. Ils investissaient mes épaules, et mon crâne, me volaient dans les narines et dans les yeux, créant cette sensation de lourdeur extrême. Avec un juron ravalé, je tentais de me départir de ce désagrément.  Je ne le comprenais décidément pas ! N’éprouvait-il donc pas le moindre soupçon de honte en ce qui concerne l’adultère de sa défunte fiancée ? L’espace d’un instant le sarcasme, dans lequel il drapa sa boutade, me laissa perplexe. Jadis heureux dans cette sphère euphorique dans laquelle il semblait se complaire, sentiment éphémère que procure l’amour et ses dérivées, je l’y avais délogé en assassinant sa Dulcinée, sa Fanny adorée. Petite sotte qui creusa sa propre sépulture, grava en lettre ocre les habituelles formulations funestes sur le marbre. Maudit soit le jour où Kyran avait développé un intérêt plus prononcé que de coutumes pour cette femme. Pas assez altruiste pour montrer un gramme de discernement. Gouvernée par cette jalousie maladive qui me ronge les entrailles tel un poison condensé et indétectable, et au lieu d’avorter cet embarras dès les prémices de son existence, j’ai laissé faire. Au début, je n’ai pas voulu y croire, alors j’ai laissé passer le temps dans l’espoir qu’il cesserait de lui-même cette liaison. Mais lorsque j’ai compris qu’il ne changerait pas, j’ai succombé à mes pulsions meurtrières en supprimant cette nuisance qui me gênait tant. Parce qu’il y’a derrière cette acte barbare, un élan de crainte, je me drape du voile de la meurtrière sanguinaire, à défaut de vouloir avouer mes véritables intentions qui m’ont poussé à agir de la sorte.

Valse aux allures de préliminaires sanguinaires, le loup et la tigresse se jaugent du regard alors que leurs maîtres respectifs se livrent bataille sur l’échiquier. Dans le jeu des échecs, les coups bas ne sont pas exclus, et là où Aleksi m’ôta ma tour en me remémorant mon supplice sur l’échafaud, c’est sans circonspection que je dévore avidement sa Reine, désormais défunte entre mes mains judiciaires. Avilissement qui ne semble en aucun cas teindre mes joues d’un vermeille cramoisi, l’affaiblissement d’Aleksi le blanc semble me satisfaire, tandis que j’avais repris contenance en scrutant silencieusement sa mine figée, sa mâchoire étroitement scellée et son regard se voiler sous l’étendard de l’exacerbation.  Puis-je réellement valser sous le tintamarre de la victoire ? Non, loin de là. Mais ne restes pas aimable, mon petit vieux ! Ne restes pas aimable. Surtout ! « Je me contrefous de ce que tu imagines dans ta petite cervelle d’ingénu, et de rudimentaire informaticien. Ici, tu n’es pas chez toi … en général, on ne prend pas trop ses aises quand on n’est pas sous son propre toit, non ? ». Question rhétorique qui ne demandait nullement caution d’une quelconque réponse de sa part, mais que je me plaisais à amener malgré tout. « Enfin, du moins, c’est ce qu’on enseigne dans une éducation respectable, me semble-t-il. » ; Je soufflais doucement alors que je me passais une main sur le visage, comme pour m’empêcher de tomber dans  une léthargie progressive. C’était viscéral, je ne peux définitivement pas le supporter, lui, son regard infernal et l’intonation de sa voix qui m’horripile à chaque octave qu’elle prend lorsqu’il fait vibrer ses cordes vocales. Un court instant s’écoule avant que je décolle ma masse corporelle du mur, par impulsion de mon pied contre ce dernier. Mes mains épousent délicatement les mains de l’armoire, avec hésitation je darde mon regard sur la montagne d’objets non identifiés, que j’enferme tandis que je rabats les volets du mobilier. Amusée par la vaillance crescendo et grandissante du jeune homme, je croise un peu plus mes bras contre ma poitrine avant de hausser les épaules et de contourner la corpulence d’Aleksi. Dans une marche délicate, je me dirigeais vers la porte entrebâillée, contre laquelle je dépose une main comme appui pour ma masse corporelle. « Un jour, je te tuerai, et au diable la rancune de Kyran. Il finira bien par me pardonner, ce n’est que l’affaire de quelques dizaines d’années, ou au pire … un siècle ». Oui, un jour, je ne serai plus capable de contenir mes envies destructrices destiné à Aleksi, à qui j’avais déjà fait payer son incapacité à tenir en laisse sa femelle en chaleur.
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MessageSujet: Re: casual affair ✤ Aleksi   Ven 18 Avr - 21:26


Petite garce. Saloperie. Je me mords la langue jusqu’à sentir le sang se glisser dans ma gorge. Et je me fais violence pour contenir le flot d’injures qui se précipite contre mes dents. Je ne sais quoi répondre. L’attaque me laisse sans voix, me coupe le souffle le temps d’une inspiration et je flanche. Je m’en veux parfois. D’avoir rencontré Fanny, de l’avoir entraîné dans le délire de mon existence. Je lui en veux plus encore pour avoir eu l’audace de me faire subir une telle chose. Je lui en veux d’avoir choisi Kyran pour me montrer cette parcelle affreuse de sa personnalité. J’en veux plus encore à celle qui se tient face à moi pour ce qu’elle a fait subir à Fanny. D’une certaine manière, c’est à elle que je dois ma nouvelle essence et le monstre qui me dévore les entrailles. C’est à cause d’elle que je lutte à longueur de journée. Petite égoïste, jalouse à en crever, et qui ne supporte pas de voir son Norvégien lui glisser entre les doigts. Je la déteste mais je lui ressemble. Capable de tuer celle qui aura le malheur de le frôler d’un peu trop près. En serais-je vraiment capable ? J’ignore les limites de ma jalousie, les limites de cette folie qui sommeille sous ma peau. Et cela m’effraye. Je ne me connais plus et cette ignorance a quelque chose d’angoissant. De fortement attirant aussi. Le silence se glisse entre nous et je lui laisse tout le loisir de faire comprendre à mon adversaire que la blessure qu’elle vient de m’infliger est plus grave que les précédentes. Mes doigts tapotent nerveusement contre le bureau, je prends soin d’éviter de croiser son regard. Et le clou s’enfonce encore un peu plus dans la plaie purulente. J’en fronce les sourcils, m’affaisse sur ma chaise tout en serrant la mâchoire. Elle marque un point, je le sais. Je ne suis pas chez moi. Tous les jours, à chaque heure, quelque chose me le rappelle. Je suis la pièce rapportée de l’édifice. Celle que l’on préfère ignorer mais qui peut parfois s’avérer indispensable. Une pierre qui reste malgré tout, affreusement facile à remplacer. Kyran le pense, je finis par le croire moi aussi. Malgré la tyrannie au pouvoir, l’accès à un ordinateur peut être à la portée de n’importe qui. Et une fois la mécanique bien apprise, le reste coule de source. Je m’y raccroche malgré tout, à cette particularité qui me rend si ‘singulier’ à Ses yeux.  

« - Ce n’est pas parce que je n’ai pas choisi de me retrouver enfermé dans cette boite comme tu l’as fait que je ne suis pas chez moi. » Fragile sur les premiers mots, ma voix retrouve de son aplomb. J’efface les tremblements qui la fragilisaient et relève le nez pour reposer mon regard sur elle. Et lui faire comprendre que ma présence ici est toute aussi légitime que la sienne. « - Et lorsque l’on a bénéficié d’une éducation respectable, on évite de fourrer son nez dans les armoires des autres et d’entrer dans une pièce sans en demander l’autorisation avant. Du moins, c’est ce qu’il me semblait. » Je la fixe, railleur et affiche sur mes lèvres l’ombre d’un infime sourire. Je la suis du coin de l’œil, retiens mon souffle près à relâcher la pression une fois le seuil de cette foutue porte franchi. Elle n’en fit rien. Pour mon plus grand désespoir. Je soupire, ferme les yeux un instant. Ma patience s’effrite, je la sens qui se déchire sous ma peau. Quelque chose grouille, me dévore et ma paume s’appose contre le bureau pour me servir d’appui.

« - Et tu feras quoi ? Me changer en zombie ? Tu arrives trop tard, j’en suis déjà un, grâce à toi d’ailleurs. » Au Diable la rancune de Kyran… Je me mords la langue pour retenir les paroles qui viennent s’y heurter. Prêt à trahir l’ignoble secret qu’Il m’a ordonné de garder pour moi. Tout lui balancer à la figure pour voir ses jolis traits se décomposer. Se défaire un à un. Un dernier élan de lucidité me retient de commettre cette erreur stupide et je me lève enfin. Une certaine brusquerie s’imprègne à mes gestes et du plat de la main, je ferme la porte. Mes doigts s’enroulent autour de la mâchoire de la jeune femme, l’obligent à relever la tête tout en resserrant dangereusement leur prise.

« - Ne fais pas l’erreur de croire que je me laisserais faire. Tu as réussi à te débarrasser de Fanny, tant mieux pour toi. N’imagine pas que tu pourras m'évincer aussi aisément. » Les parasites sont durs à détruire. Ils s’accrochent et apprennent à résister à toutes les tentatives visant à les exterminer. A force de lutter, j’ai fini par devenir plus résistant. Cultiver cette façade de geek nerveux et fragile pour mieux tromper l’ennemi et lâcher le virus qui me dévore une fois les dos tournés. Qu’elle me prenne pour un pion que l’on peut faire sortir du plateau de jeu d’une simple pichenette, je n’attends que cela. Pour mieux admirer sa chute. Je ne cesse malgré tout de me dire que cette maison et ses occupants causeront ma perte. Je suis déjà en train de devenir fou. De voir la liste de mes travers s’accroître sans que je ne puisse rien n’y faire. Mes doigts l’agrippent avec plus de force, marquent sa peau satinée sans la moindre retenue. « - Tu penses vraiment pouvoir vivre aussi longtemps ? Ma pauvre, cesse donc de vivre dans ton petit monde. Il changera d’avis sur ton compte. Au moindre faux pas, tu ne seras plus rien à ses yeux. » Je la relâche avec un certain mépris, recule de quelque pas et serre les dents. Un avertissement qui sonne comme une horrible menace à mes oreilles. Tant elle peut me concerner aussi. Qui suis-je pour penser que je mérite ma place dans le petit univers de Kyran après seulement quelques mois ? Quand elle partage Ses délires depuis des années ? Un parasite qui aime à se complaire dans ses propres délires. Rien de plus

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MessageSujet: Re: casual affair ✤ Aleksi   Mer 23 Avr - 18:39

Détestable. Contre toute attente, je me demande parfois quel a été le déclencheur de mon aigreur pour le monde dans lequel je déambule. A défaut de pouvoir psalmodier dans le jargon de vous autres, les mortels, je ne peux que susurrer avec lassitude que je ne vis pas, mais que je survis. Oui, comment vivre une vie qui n’est synonyme que de mort, de putréfaction ou encore de corps désarticulés qui titube d’une marche trainante leur carcasse putride. C’est tout au long de ma troisième et ultime vie que je semble amonceler et alimenter toujours plus cette révulsion pour l’environnement qui m’entoure, et je m’enorgueillis de me ranger à l’écart de cette forme de vie déphasée de toutes les convictions qui ont jadis animé ma jeunesse.  La faune, la flore, le ciel, la terre, tout ça, je les emmerde. Et lui, je l’emmerde encore plus, et du plus profond de mon être. Ou du moins, de ce qu’il en reste. Jusqu’à quand pourrais-je clamer avec fierté que j’en ressortirai toujours indemne, sans égratignures ? L’absence de blessures corporelles infligées par mes ennemis  –en dehors de mes cicatrices de brûlures– concrétise mon plus grand trophée, mais les empreintes qui meurtrissent mon cœur s’impriment et le noircissent bien plus que je ne veuille l’imaginer. Égale à moi-même, l’orgueil sera ma perte, et je mourrais sans doute plutôt que de changer ma ligne de mire. ; J’avais sans conteste du miel sur la langue, et la belle tournure que prit ma raillerie me plongea dans le ravissement. Mais cette première victoire éblouit toujours le bien heureux, songeais-je avec parcimonie, je n’avais pas pour habitude de me réjouir pour si peu, en temps normal. Mais avec lui, c’était différent … Tout était différent. Tout était beau pour lui rendre la vie impossible, c’était presque un besoin vital. D’une certaine manière, la cohabitation avec lui animait mes journées monotones.  Je relevais sobrement la tête pour jauger l’ampleur des dégâts de cette gifle verbale, qui s’affichait ouvertement sur le visage d’Aleksi, et de ce que j’en vis, cela suffisait à me plaire. Pantois, cela se voyait au premier coup d’œil. Ébahie par sa détermination à vouloir contrecarrer mon blâme, mes lèvres s’étirèrent en un sourire presque radieux, s’il avait été offert dans une toute autre circonstance. Je m’épanouis alors que mon rire se fraya un chemin hors de ma trachée avant de résonner dans l’habitacle que représente la chambre d’Aleksi. « Tu répètes toutes les conneries de Kyran ! Chez lui, c’est navrant, mais chez toi, c’est d’un comique ! », sifflais-je en le dévisageant effrontément.

Je comprenais avec une fascination juvénile qu’au travers de mes rires et de mes insinuations, que moi-même je trouvais le jeune homme cocasse. Je pourrais nier que je pouvais avec sincérité y être amusée, mais ce rire presque naturel était peut-être l’infime preuve qu’il reste pour me rassurer quant à l’existence de mon humanité tant dénigrée par d’autres. Et malgré le blâme qui me relie à lui, cette complicité odieuse est née de l’acte que j’ai commis et les conséquences que cela a engendrées. Et pour reprendre ma formule, c’est ça ce qui me relie moins à lui ces derniers temps, ce permanent soupçon de raillerie que je manifeste de tout cela. Un avis sur sa personne, tranchant, catégorique, si ce n’est pas complice dans le dégoût ? Derrière mes songes de givres, sa présence dans notre manoir m’indispose au-delà de du tout et du rien. Rien qu’à sa manière de déambuler, ou encore de chasser la fumée de cigarette. Un geste qui parait tellement insignifiant, un geste anodin pensons-nous, mais pas du tout à mes yeux, sa manière de chasser la fumée est à l’image de la rugosité que dégage sa présence. Oui, sa façon de chasser la fumée de cigarette le condamne sans phrases. Le dessin de son mépris dans l’air, un geste calculé, d’une lassitude un peu méchante, un mouvement de main qu’il veut imperceptible, c’est désespérant mais à quoi bon le relever ? Ce geste sous-entend, et qui fait te demander si c’est la personne ou la cigarette qui l’indispose ? Chasser la cigarette et voilà que je le percevais comme un homme doté d’une nature froide, altière, et fermée au monde, tout à l’image de son métier qui l’oblige à pianoter derrière un ordinateur, seule fenêtre vers le monde extérieur. Mais qui suis-je pour le juger alors que je ne suis mieux que lui, si ce n’est que je tendais moi-même à devenir comme lui ? Ou n’étais-ce pas plutôt l’inverse ? N’est-ce pas plutôt mon tableau que je viens de dresser bien involontairement ? L’esquisse d’une femme détestable à souhait ? Un aspect négatif qui se reflète à la surface de mes prunelles émeraude. « Il n’est pas question de choix lorsqu’il s’agit de vivre dans ce manoir. Je suis dans ma maison, et c’est avec plaisir que j’y reviens. ». Un court silence s’interpose entre ma première formule, je hausse les épaules avec suffisance avant d’ajouter calmement : « Même si je t’accorde que les gorilles qui peuplent ce manoir le transforme de plus en plus en jungle ! »

Alors que ma silhouette avait ondulé dans les abysses de cette pièce afin d’atteindre le seuil de la porte, j’avais fait volte-face, ne pouvant m’empêcher de jeter toujours plus une noisette d’huile sur le feu, au risque de m’y brûler un jour. Ce n’était pas l’insouciance qui animait ma motivation, mais bien là la satisfaction égoïste de pouvoir ricaner toujours plus devant la carcasse que représente Aleksi. Oui, à mes yeux, il n’est rien d’autre qu’un homme mort. « Ma plus belle œuvre d’art, tu as bonne mine ! » gloussais-je alors que ma voix prenait le ténor chantant digne d’un rossignol. Un rictus, une voix de velours, et un battement de cil pour accentuer la moquerie, je m’apprêtais à quitter la pièce lorsque la porte claqua sous mon nez. Je ne pus réprimer ma surprise qu’il ne me laissa pas loisir d’appréhender, puisqu’il m’agrippa par la mâchoire avant de me forcer à relever le visage. Mon regard furibond croisa le fer avec le chocolaté de ses prunelles, mon sourire s’estompa rapidement alors que mes prunelles s’embrasèrent de colère. Décidément, ce geste était une mauvaise habitude que bien des personnes ont de prendre. En plus d’Ezra, lui et ce dernier semblaient éprouver ce besoin incompressible de croire que me faire violence parviendra à me maîtriser. Quelle douce illusion, chimère éphémère que je chassais avec suffisance. « Oh vraiment, mais c’est bien Aleksi ! Tu fais tes devoirs, t’apprends tes pouvoirs ? ». Ironie quand tu nous tiens. Tout sourire, je lève mes mains dans lesquelles je tapais avec frénésie tout en secouant la tête de droite à gauche, telle une mère encourageant son enfant à se surpasser. Je ricane un peu plus sous l’emprise qui se fait plus pressante sur ma mâchoire, domination dont je peux me défaire sans grand mal, mais il n’en est rien. Altruiste, je lui laisse son petit quart d’heure de gloire, allez mutile moi donc si le plaisir te gouvernes. « Si j’ai pu survivre à Darkness Falls, je peux survivre encore cinq siècles dans ce monde. Parce que j’ai tout vécu avec Kyran à Darkness, ici, ailleurs, là-bas, il saura me pardonner, tôt ou tard. On se bastonnera, mais il me pardonnera.  Je suis sa vie, tout comme il est la mienne. Tu ne sais rien de lui, alors tu écrases et tu restes en dehors de ça, compris ? ». Je lui décoche un ultime regard, œillade de travers avant d’épouser la poignée de la porte avec ma main, de la tourner et d’entrouvrir délicatement la porte. Je m’immobilise quelques instants avant de déclarer calmement : « Et relax Pépère, si j’avais su que tu étais là, j’aurai demandé pour chercher ma boîte ! Un vrai fossile ma parole ! ». Un petit rire, puis je m’éclipse avant de refermer la porte. Oui, je le conçois bien : je suis dégueulasse comme femme.

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casual affair ✤ Aleksi

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