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 and i will swallow my pride (pv)

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MessageSujet: and i will swallow my pride (pv)   Jeu 20 Mar - 22:35

and i will swallow my pride
Say something, I’m giving up on you I’ll be the one, if you want me to Anywhere, I would’ve followed you Say something, I’m giving up on you And I am feeling so small It was over my head I know nothing at all And I will stumble and fall I’m still learning to love Just starting to crawl Say something, I’m giving up on you I’m sorry that I couldn’t get to you Anywhere, I would’ve followed you Say something, I’m giving up on you And I will swallow my pride You’re the one that I love And I’m saying goodbye Say something, I’m giving up on you And I’m sorry that I couldn’t get to you And anywhere, I would’ve followed you Say something, I’m giving up on you

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Ce matin là, elle s'était levée comme bien des autres matins. Elle s'était rafraîchie dans la salle de bains avant de continuer son périple quotidien vers la cuisine où une tasse de café fumant l'attendait. La première d'une longue journée, et pas la dernière. Pas non plus la dernière cigarette dont l'odeur douceâtre aux narines de la sorcière venait déjà infiltrer par tout ses pores. Tout en buvant quelque gorgées de son indispensable caféine, elle se laissait aller à penser à ses affaires en regardant la flamme de son briquet danser entre ses doigts fins. Le mouvement de la lumière orangée l'hypnotisait, captant totalement l'attention de ses yeux jusqu'à en oublier tout ce qui pouvait l'entourer. Puis un véritable démon se permit de pénétrer chez elle. L'enfer déferlait à travers son téléviseur qui n'avait pas attendu qu'elle le lui commande pour s'allumer de son plein gré et commencer à débiter de terribles horreurs. Tout ce qu'elle pouvait redouter se déroulait devant ses pupilles dilatées par l'effroi. Tout et n'importe quoi. Ce cher Danny Clocker et son sourire toujours aussi figé et hypocritement agréable avait annoncé "de belles étincelles". Mais c'était bien plus que ça. Le Gouvernement avait décidé de frapper un grand coup sur la table. Elle avait été épiée, espionnée, à chaque seconde de sa misérable existence, ils la surveillait. Elle s'en était toujours doutée mais en avoir la preuve, la certitude, lui laissait comme un goût amer. Les images défilaient sur son écran. Et elle ne se sentait plus la force de faire le moindre mouvement. Elle ne pouvait que rester planter là, à attendre. Les visages se succédaient comme les secondes défilaient. Des révélations abominables avaient été faites. Rumeurs, enregistrements vidéos. Ils étaient au courant de tout. Sur tout le monde. Toute la population avait été piégée. Sans exception.

Elle avait vu défiler les traits de sa sœur, Aurora, la voyant commettre un acte irréparable. D'autres visages familiers attiraient son attention au fil des minutes qui paraissaient durer des heures. La stupeur l'envahissait à mesure que les rumeurs s'accumulaient. Elle buvait les paroles de Danny Clocker, complètement terrorisée. Et elle n'avait pas été épargnée. Loin de là. Son tour vint bien vite. Elle se voyait maintenant, droguée à en perdre la raison, peut être bien ivre. A deux doigts d'y rester. Et voilà qu'elle s'entendait parler. Des noms, elle répétait des noms. Des résistants, ceux qu'elle avait côtoyé durant l'attentat au manoir du Président. Honteuse, n'ayant plus en mémoire qu'un simple trou noir concernant cette soirée, sa tasse de café lui échappe des mains et s'étale sur le carrelage de la cuisine. Brisée. La sorcière tombe à genoux à son tour et ne peut que regarder les images de sa propre personne en train de sombrer. Détruite par la came qui gagne ses veines et la ronge de l'intérieur. En manque d'air, elle ne parvient plus à respirer, suffoque. Mais quelle image affreuse va-ton avoir d'elle maintenant ? Celle d'un vulgaire traître qui vend ses alliés au Gouvernement à la première occasion. Elle n'avait conscience de rien ce soir là. Rien. Alors elle se relève, en rage, les larmes lui montent aux yeux, elle hurle, se saisit de la télécommande et tente, en vain, d'éteindre de fichu téléviseur qui refuse de lui obéir. Rien n'y fait. Les images continuent de débiter toutes ces monstruosités. Dépassée par ce qui vient de se passer, elle se laisse tomber, adossée à son canapé, les genoux recroquevillés sur sa poitrine. Comme une enfant perdue au milieu d'un forêt qui la surplombe, la submerge. Noyée en plein océan.
Quand le visage de Wesley fait son apparition, elle n'est qu'à demi concentrée sur ce qui est diffusé. Elle ne capte vraiment de sa sanction qu'un extrait de combat illégal et une transaction mal venue entre lui et un dealer. Mais tout ne fait qu'un tour dans son esprit maintenant bien tourmenté. Wesley. Evidemment. Il n'y a qu'avec lui qu'elle se permet des états aussi déplorables que celui diffusé quelques minutes auparavant. Cela ne peut être que lui.

Guidée par sa colère, elle se lève, essuie d'un revers les quelques larmes qui s'étaient laissées aller sur ses joues pâles, et quitte son appartement en claquant la porte. Dans la rue, la sorcière ne s'aventure pas à marcher sur les grands axes de la Nouvelle-Orléans. Des représailles sont à redouter et elle ne tient pas à se faire lyncher d'une telle manière. Encore abasourdie, elle gagne Storyville au plus vite, en esquivant le regard de certains passants visiblement aussi choqués qu'elle pouvait l'être. Le quartier, toujours aussi insalubre, lui est familier. Elle sait où aller. Elle sait où trouver celui qu'elle cherche. La sorcière ne perd donc pas de temps et rejoint rapidement l'habitation de Wesley. Particulièrement troublée, dévastée par ce qu'elle vient de vivre, elle en devient même hargneuse, colérique. Elle tambourine contre la porte, impatiente et désireuse de démontrer ce qu'elle ressent. « Ouvre cette porte Wesley ! Je sais que t'es là ! », une simple phrase, lâchée comme ça à la volée, dans un élan d'irritation et de crainte alors que son cœur ne cesse d'accéler le rythme. « Ouvre bon sang ! ». Sa respiration ne fait qu'accroître elle aussi, ne laissant pas de répit à la jeune femme qui peine à reprendre son souffle. Jusqu'à ce que cette fichue porte ne daigne enfin s'ouvrir.
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MessageSujet: Re: and i will swallow my pride (pv)   Dim 23 Mar - 21:35






« If you ride like lightning, you are going to crash like thunder. »


Le papier ne jugeait pas, ne conseillait pas et ne tentait pas de raisonner avec vous. Il accueillait simplement vos écrits, vous permettait d'y coucher vos vérités et vos faits, sans jamais vous faire défaut. Toutefois, toutes ces pages noircies n'étaient pas, pour Wesley, une quelconque forme d'exutoire, il ne cherchait pas à étouffer ses tourments et ses remords en les rédigeant. Il y consignait simplement ses méfaits et ses tribulations pour la postérité car il se savait être un homme traqué. Le Hunter avait voulu jouer au funambule, allonger ses pas sur le fil ténu, oscillant entre ombre et lumière. Et il avait chu. Danny Clocker avait placé le déchu sous les feux des projecteurs, attirant l'attention non-désirée du public sur sa vie peu orthodoxe ainsi que sur ses vices. Les conséquences de ces évidences furent de lourde ampleur : un lieutenant de Kyran fut arrêté et mis à l'ombre, ce qui, à n'en pas douter, serait suffisant pour susciter les ires du Tyran. Ensuite, un membre de la garde noire qui frayait avec de tels oiseaux nocturnes ? Très mauvaise publicité pour ce groupuscule abscons, qui n'appréciait guère être mis en lumière. Et ils le firent savoir de manière très éloquente à leur subordonné ; ses côtes le lancinaient toujours. De surcroît, Windsor avait été contraint d'échafauder un plaidoyer adamantin afin de justifier sa présence en compagnie de tels criminels, ce qui ne fut pas chose aisée, la moindre erreur ayant pu être létale. Néanmoins, il les savait demeurer sceptiques, force était d'escompter une surveillance minutieuse pour les temps à venir.
Tous les mensonges qu'il avait débités, s'enchevêtrant profondément, même lui n'était plus en mesure de les dénouer. Chaque camp croyait que le Séraphin noir oeuvrait pour leur compte mais qu'en était-il réellement ? Où se situait, en vérité vraie, son allégeance ? Il l'ignorait. Le seul élément avéré de cette histoire était que son avidité avait froissé l'égo des puissants de cette ville, peu importe de quel côté de la barrière ils se situaient. Il ne pouvait estimer le nombre de subordonnés qu'il avait occis lors de ses jeunes années pour leur manque patent de loyauté, qualité qu'il portait naguère au pinacle. Ah, quelle douce ironie ! Wesley ignorait de quel côté viendrait l'estocade mais il se savait être un homme assassiné en sursis, il y était résigné mais il ne partirait pas sans entraîner quelques uns de ces scélérats corrompus dans sa chute. Comment exécuter une telle prouesse lorsque, comme l'avait démontré la commère quelques jours plus tôt, le Gouvernement avait la main mise sur la technologie ? En la fuyant, tout simplement. En se terrant dans les bas fonds malfamés de Storyville, en retranscrivant tout dans d'innocents carnets et, partie la plus délicate, faire tomber ces écrits dans de bonnes mains si la Faucheuse venait à frapper à sa porte.

Wesley suspendit son stylo un instant dans les airs, balayant d'un regard morne son studio insalubre et exigu. Des cadavres de bouteilles de rhum, liqueur la plus courante ici-bas, jonchaient le sol et des dizaines de mégots s'entassaient précairement dans le cendrier. L'odeur d'alcool et de cigarettes froides se mélangeaient pour donner un amalgame d'effluves somme toute assez rances. Le manque commençait à se faire sentir, il se sentait nerveux, fiévreux, agité, ses doigts étaient rongés à sang. Inconsciemment, son regard se posa sur le petit sachet de cocaïne posé à côté du cendrier. Il ne pouvait pas, pas maintenant, pas après tous les efforts qu'il avait fourni pour se sevrer. Pourquoi Diable avait-il laissé cette saloperie au su et au vu de tous ?! Ne perdant pas plus de temps en tergiversations, et avant que sa résolution ne s'effondre sous l'appel obsédant de la drogue, il se leva, le cuir du canapé couinant sous le mouvement, et se saisit du sachet. Wesley traversa la pièce à grandes enjambées, ouvrit la porte de la salle de bain à la volée, bien décidé à jeter le conteneur dans la cuvette. Toutefois, il se figea mi-mouvement. Ce geste était au-delà de ses forces, il ne le pouvait simplement pas. Cédant à son vice, se galvaudant à nouveau, il fit volte face, répandit le contenu sur l'évier et sniffa la cocaïne comme si son existence entière en dépendait. Délivrance immédiate, extase suprême et absolue, cette formidable sensation de puissance le saisissant une nouvelle fois, ce bonheur ardent. Une exaltation fugace et évanescente. Très vite, ce fut la chute, la neurasthénie, le désespoir. Il avait failli. Se contemplant fixement dans le miroir, Wesley fut rebuté par l'image qu'il y vit ; il avait le teint blême, diaphane, ses yeux, voilés par le spleen et la répulsion, étaient soulignés par de profondes cernes sombres. Sa masse musculaire, sculptée par une discipline de fer et un entraînement quotidien, s'étiolait à vue d’œil. Furibond, dégoûté de lui-même, il brisa le miroir d'un coup de poing, cette action lui arrachant une grimace tant la douleur lui transperçant ses côtes froissées était cuisante. Au même moment, il entendit que l'on tambourinait à sa porte. Poussant un juron, il sortit de la pièce, attrapant au passage son Colt de sa main ensanglantée, remarquant distraitement qu'elle était engourdie et que sa précision de mouvement était très notablement émoussée. Wesley ouvrit la porte d'entrée à la volée, mettant instantanément la personne derrière en joue. « Nat ? » s'entendit-il articuler, l'incrédulité bien présente dans sa voix. Que faisait-elle ici ? De sa main libre, il lui agrippa le bras, trop violemment sans doute, et l'attira sans vergogne à l'intérieur. Après avoir scruté d'un regard hagard les dehors, n'apercevant personne susceptible de les épier, le Hunter ferma la porte avec force, pour ensuite se laisser choir dans le canapé le plus proche. Toujours l'arme au poing, il se massa les temples de ses phalanges, réfléchissant à grande allure. « Bordel de merde ! As-tu complètement perdu l'esprit ?! » éructa-t-il, hors de lui. « Te pointer ici en pleine journée alors qu'on a tous les deux été vus défoncés à l'antenne ? T'en as d'autres des idées comme ça ? » Peu importe à quel point il avait été médusé en assistant à l'émission, il avait tout de même eu la présence d'esprit de s'informer des petits secrets compromettants que les autres infortunés se virent contraindre de partager et, ainsi donc, n'allait pas sans savoir que la belle était elle aussi dans une situation épineuse. Wesley pouvait comprendre son désarroi mais tout de même, débarquer ici à l'improviste en pleine journée était bien loin d'être l'idée la plus lumineuse que Natascia avait eue.    
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MessageSujet: Re: and i will swallow my pride (pv)   Mar 25 Mar - 21:23


Lorsque la porte finit par s'ouvrir, elle se retrouva stupéfaite et abasourdie. Plantée là devant Wesley qui visiblement ne s'attendait pas à la voir, elle, débarquer juste maintenant sur le perron de chez lui. Et elle, ne s'attendait pas non plus à ce qu'un tel accueil lui soit fait. Elle avait connu beaucoup de gens peu fréquentables, avait pas mal traîné dans des quartiers plus ou moins malfamés mais jamais, on ne l'avait invitée à entrer quelque part en la braquant vulgairement à l'aide d'une arme à feu. Jamais. Wesley réussissait donc l'exploit de surprendre la sorcière. Une nouvelle fois, après le désarroi qu'il avait causé chez elle lorsqu'elle cru comprendre qu'il était l'instigateur de sa descente aux Enfers. La main puissante et rustre de Wesley l'empoigna finalement, l'entraînant dans les tréfonds de sa résidence. Il y régnait un parfum particulier, une odeur d'homme et de testostérone mêlée à quelque chose de bien familier aux yeux de la sorcière. L'alcool. Ce même vice qui lui valut en partie de se retrouver brisée. A peine avait-elle franchi le pas de la porte que certains détails attirèrent son attention. La mine défaite de son hôte lui sauta aux yeux. Il avait l'air hagard, les yeux vides et ses pupilles commençaient à se dilater. Quelque chose clochait dans son expression. Il n'était certainement pas sobre de tout stupéfiant. Malgré son observation, la sorcière se retint de lui faire la moindre remarque. Elle ne se pensait certainement pas en mesure de pouvoir se permettre ce genre de commentaires. Cependant, les quelques bouteilles de rhum parcheminées ici et là dans l'appartement ne firent que confirmer ses pensées. Puis, les yeux à ce jour vitreux de la jeune femme vinrent se poser sur la seconde main de Wesley, celle qui ne l'avait pas empoignée. Celle-la même qui tenait bien fermement un revolver et ne semblait pas vouloir s'en défaire. Après avoir vérifié que personne ne traîne dans le couloir, le shadowhunter referma la porte et se laissa nonchalamment tomber dans le canapé en se massant les tempes, n'adressant pas un regard à la sorcière qui restait là, plantée sur ses deux jambes, presque déçue ou irritée du peu de considération qui lui était accordée depuis qu'elle était venue frapper à sa porte. Elle pouvait sentir les jurons fuser dans l'esprit de celui qu'elle pensait son ami et ne put s'empêcher de froncer les sourcils afin de manifester son mécontentement.

« Garde tes leçons de morale, tu veux bien ? », débita-t-elle sans vraiment y penser tout en avançant de quelques pas vers lui. « J'ai eu mon compte pour la journée, et toi aussi il me semble », continua ensuite la sorcière en prenant sur elle pour ne pas s'effondrer au milieu de la pièce. Elle qui se sentait toujours aussi chamboulée par ce qu'elle avait pu voir à peine quelques heures plus tôt. Elle avait toujours autant de mal à croire à ce qui avait été diffusé. Des milliers de fois dans son esprit, elle avait tenté de se refaire le film de cette soirée. Mais rien. Rien ne lui revenait. Un trou béant dans sa misérable vie. Comme si elle n'avait pas été elle-même pendant tout ce temps. Une erreur qui n'avait évidemment pas échappé au gouvernement qui les surveillait tous depuis la création. Une erreur qu'elle allait payer cher.

« Si je me pointe chez toi maintenant, c'est que j'ai mes raisons », annonça-t-elle en prenant place aux côtés de Wesley sur le canapé. « Dis moi que ce n'est pas toi qui m'a vendue ». Il fallait qu'elle en soit certaine. Pourquoi aurait-il fait ça ? Mais d'un autre côté, il n'y a qu'avec lui que la sorcière aurait pu se comporter ainsi. Un mélange d'incompréhension et de profonde déception venait la perturber et lui retournait l'estomac, lui donnant même la nausée. « Dis moi que je n'étais pas avec toi ce soir là », supplia-t-elle dans un soupir épuisé. Elle ne savait plus quoi faire, où aller pour ne pas risquer sa vie ; maintenant que son incapacité totale à tenir sa langue avait eu pour conséquence l'exécution immédiate de plusieurs résistants. Elle qui se voyait presque déjà faire partie des leurs pour de bon après les avoir aidé lors de l'assassinat du Président, tout ses espoirs se voyaient anéantis. Balayés d'un seul geste, habile, de la part de ses détracteurs de toujours. La vérité dans tout ça, c'est que la sorcière ne savait simplement pas quoi faire de sa peau en attendant la sanction qui, elle en était persuadée, ne tarderait pas à tomber. Elle qui avait toujours vécu avec un semblant de risque à ses côtés, devait maintenant faire avec une épée de damoclès au dessus de sa tête. Rien de vraiment réjouissant. A ce moment précis, elle ne savait juste pas où aller pour ressentir ne serait-ce qu'un infime sentiment de sécurité. Même un très court instant. Peut-être le dernier.

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MessageSujet: Re: and i will swallow my pride (pv)   Sam 29 Mar - 21:47



Ses éruptions suivaient toujours le même sempiternel procédé : sa fougue légendaire émergeait, régentait son être, épandait son fiel et puis s'évanouissait tout aussi promptement qu'elle était apparue et laissait le Hunter avec les conséquences de sa frénésie. Ses yeux hantés se pausèrent sur sa main serrant son Colt, ses joints blanchis par la tension, l'hémoglobine contrastant violemment sur ce teint albescent et il se rendit alors compte de ce que la paranoïa lui avait fait faire. Lâchant son arme comme si elle l'avait brûlé, il pinça l'arrête de son nez entre le pouce et l'index et expira longuement. Le déchu avait toujours apprécié la compagnie de l'enjôleuse sorcière, une certaine complicité s'étant même installé entre les deux êtres brisés -  sans doute leurs démons étaient-ils entrés en résonance, expliquant leur entente facile – et voilà que pour tout accueil, il braquait son arme sur elle et la cinglait tout de go. « Désolé de l'accueil. » fit-il, laconique. Embrassant la pièce de son oeillade morne, Wesley fut contraint de reconnaître l'insalubrité et le stupre dans lesquels il vivait en ce moment, bien qu'il subodorait que la jeune femme ne s'en offusquerait pas, tant elle était fervente adepte de la débauche. L'attention du lascar se refocalisa sur la demoiselle lorsque cette dernière lui fit savoir en terme non-équivoque que sa visite était justifiée et légitime. Alors, pour la première fois depuis qu'elle avait fait son apparition, Wesley posa un regard concerné sur elle et entreprit de la dépeindre : elle était certes toujours aussi splendide mais son port semblait plus voûté, plus abattu qu'à l'ordinaire, et ses yeux, à l'accoutumée si vifs et perçants, semblaient voilés, lourds de tourments. Elle évoqua alors une certaine nuit, où ils auraient supposément été ensemble, et la possibilité que Windsor l'ait vendue. Il tâcha de réfléchir intensément aux propos de la nymphe, cherchant à passer outre les brumes qui occultaient son esprit éreinté et de retrouver les vestiges de la nuit à laquelle Natascia faisait référence. Après quelques agonisantes secondes, il percuta alors : la junkie mentionnait ses tribulations qui furent jetés au su et au vu de tous lors de cette infâme émission. Il savait naturellement qu'elle y fut vilipendée mais n'avait pas, jusqu'à lors, de souvenirs clairs du déroulement des événements, juste des réminiscences vagues et confuses. Or, à présent, il se remémorait précisément : Natascia, déambulant dans les rues, sous influences de substances captieuses, déblatérant, débitant de fâcheuses vérités sur bon nombre de membres de la résistance. Et elle le croyait coupable de l'avoir vendue, de félonie. Son primesaut fut d'être irrité, froissé par une telle accusation mais elle semblait tellement neurasthénique, vulnérable et déboussolée qu'il ravala bien vite ses invectives. « Non, bien sûr que non, je ne t'ai pas vendue. » fit-il finalement, ne parvenant pas totalement à dissimuler la glace dans sa voix. Peu importe ses allégeances plus que contestables, le déchu était fidèle à ceux qu'il considérait comme amis, il n'était point un traître. De surcroît, s'il avait été ce dit perfide personnage, il y aurait fort à parier que l'ancien truand ne serait pas là pour le raconter ; ses agissements relatés lors de l'émission étaient véniels aux yeux du Gouvernement, frayer avec révolutionnaire ayant pris part à l'assassinant du feu président ne l'était pas. Force était de constater que la situation de la belle était encore plus délicate que celle du Séraphin Noir ; il était indubitable que le faîte du pouvoir en place allait faire déferler sur elle ses hordes de mercenaires, que cela soit dans le but de l'annihiler ou de lui soutirer de plus amples informations encore. Wesley posa une main fébrile sur le genou de Natascia, en guise de réconfort, tant elle semblait fragile et proche de son point de non-retour, tout en plantant son regard dans le sien, tendant ainsi à lui faire ressentir tout sa sincérité. « Je te jure sur la tête d'Henley que nous ne sommes plus vus depuis des mois. » fit-il d'une voix plus amène. Se levant sans mot dire, il se dirigea vers la cuisine, tira un sachet de poudre blanche d'un pot à sucre, attrapa deux verres et une bouteille de rhum à moitié vide et retourna aux côtés de sa camarade. « Je ne t'oblige à rien, je pourrais comprendre que tu sois réticente à consommer avec tout ce qui s'est passé mais si tu as besoin d'un remontant, sers-toi. » fit-il, se rasseyant dans le canapé. Il versa une quantité généreuse du liquide ambré dans les deux conteneurs et s'en saisit d'un, sirotant le breuvage à son aise ; il n'était pas encore totalement prêt à consommer un nouveau rail, les effets étant encore en train de lentement s'étioler. Le déchu renversa la tête, l'apposant contre le canapé et contempla une fissure zébrant le plafond du galetas dans lequel il vivait. « On est dans une sacrée merde. » soupira-t-il. « Y a-t-il quelque chose que je puisse faire ? Tu sais où rester ? »
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MessageSujet: Re: and i will swallow my pride (pv)   Mer 9 Avr - 22:31



La mine défaite de la sorcière en disait long sur son état actuel. Coincée quelque part entre la crainte perpétuelle et la fébrilité de tout son système nerveux. Un subtil mélange de tout ce qu'elle abhorrait et qui venait subitement la hanter. Comme un flot d'émotions qu'elle ne parvenait à contrôler. Elle aurait voulu hurler, courir, s'échapper de sa prison ou peut être encore s'arrêter et aller se battre, se sachant pourtant bien incapable de le faire. Trop peu courageuse pour aller jusqu'au bout de sa pensée, la sorcière connaissait ses limites et se savait assez couarde pour rebrousser chemin en cours de route. Alors elle restait là, assise dans le canapé de la seule personne à qui elle avait pensé lorsque le monde autour d'elle s'effondra. Cherchant irrémédiablement ne serait-ce qu'un infime rayon de lumière au beau milieu du chaos qui semblait l'envelopper désormais. Les accusations que portaient la sorcière envers le Séraphin paraissaient le piquer au vif et attiser chez lui une sorte de répartie immédiate. La réponse qu'il lui formula dans la seconde, bien que lancée sur un ton qu'elle reconnaissait glacial, parvenait à rassurer la sorcière. Elle se sentait quelque peu soulagée de savoir maintenant que Wesley ne l'avait pas trahie. Tranquillisée quelques instants par la voix de cet homme qu'elle considérait comme un ami. La main posée sur son genou lui causa un soubresaut. Elle ne s'attendait pas à recevoir un geste d'affection en ces circonstances, et cela la surprit, surtout venant de la part de quelqu'un comme le Hunter. Cette pantomime continua de la rasséréner mais ses jambes amaigries continuaient cependant de trembler dans le vide. Lorsqu'il jura devant elle, la sorcière desserra les mâchoires et émit un profond soupir de soulagement avant de replonger ses yeux dans ceux de Wesley, le suivant imperceptiblement du regard lorsqu'il se leva et se dirigea un peu plus loin dans l'appartement.

« Je te remercie Wesley mais... Je ne crois pas que ce soit une bonne idée », fit-elle en réponse à la proposition du Séraphin lorsqu'il revint se poster à ses côtés, muni de deux verres, d'une bouteille de rhum et d'un petit sachet de poudre blanche. « Du moins pas maintenant », continua-t-elle ensuite en repoussant de deux doigts le petit paquet transparent. « Mais je ne dis pas non à un verre... », lança-t-elle doucement en se saisissant du conteneur rempli du liquide ambré posé devant elle. Elle englouti d'une traite les quelques gorgées qui lui étaient offertes et reposa le verre sur la table en se pinçant l'arrête du nez, tant le breuvage lui brûlait la gorge. Le rhum n'avait jamais été sa tasse de thé mais elle se serait contentée de n'importe quoi pour oublier ne serait-ce que le tiers de ce qu'elle allait bientôt devoir endurer. Elle rouvrit les yeux difficilement. Et ceux-ci se posèrent sur le sachet de poudre. Elle n'avait rien pris depuis presque vingt-quatre heures. Le manque commençait à se faire sentir en elle mais elle ne voulait pas craquer. Elle avait trop peur de retomber dans cet état de débauche qui l'avait conduite au pire. D'un autre côté elle ne tiendrait pas encore longtemps sans sa dose. La sorcière secoua la tête et s'affala plus profondément dans le canapé, essayant d'oublier ses sombres envies.

« C'est rien de le dire... », fit-elle en fixant à son tour le plafond fissuré. « Tu dois avoir assez de problèmes à gérer aussi de ton côté, merci », répondit ensuite l'italienne en tournant la tête vers le Séraphin. Elle lui adressa un regard apaisé même si il n'en était vraiment rien. A l'intérieur, elle bouillonnait. Ne sachant pas quoi faire de sa peau. Ne sachant pas quoi faire pour la garder accrochée à sa chaire. A ce moment précis, elle envisageait de ne rien faire du tout. Juste se terrer chez elle, dans le noir, et de ne plus en sortir. Jamais. Elle finirait ses jours ainsi. Enfermée chez elle, recluse. A l'écart de tout ce qui pourrait être synonyme de problème pour elle. Mais cela ne durerait pas. Un jour, ils la trouveraient et feraient d'elle ce qu'ils veulent. Et alors s'en serait terminé de sa misérable vie de sorcière. Voilà. C'était ça son plan actuel. Elle n'avait rien de mieux à envisager pour le moment. Et elle refusait de demander quoi que soit de plus à Wesley. Elle l'avait aussi mis en danger en venant chez lui alors dès qu'elle partirait, elle ne reviendrait plus. Elle allait payer pour sa maladresse. C'était bien ce qu'ils cherchaient à faire après tout. « Tu devrais soigner ta main, c'est pas joli », lui lança-t-elle brusquement en retrouvant une expression bien moins gaie. « Qu'est-ce qui t'es arrivé ? », questionna-t-elle en se redressant afin d'atteindre la poche de son gilet dans laquelle elle gardait un paquet de cigarettes. Elle se saisit d'une, replongea la main dans sa poche, en tira un briquet de métal gravé et alluma le tabac qui commençait à cracher sa fumée dans la pièce dès la première bouffée. La sorcière souffla une première fois et tendit le paquet vers Wesley pour qu'il choisisse de l'accompagner ou non. « Pour répondre à question, je vais rester chez moi, point », reprit-elle ensuite en replongeant ses yeux sombres dans ceux de son hôte. « Mais avant il faut désinfecter ta plaie », dit-elle placidement en essayant d'esquisser un sourire timide.
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