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 « Quand on suit une mauvaise route, plus on marche vite, plus on s'égare. » [pv Avalon Kane]

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rirat bien qui rirat le dernier

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↳ Métier : tueur à gages indépendant - homme à tout faire - bête à abattre pour plusieurs mafia
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MessageSujet: « Quand on suit une mauvaise route, plus on marche vite, plus on s'égare. » [pv Avalon Kane]   Mer 9 Avr - 12:29





« Bonjour, un café s’il vous plait. » Ma voix douce flotta un instant dans les airs, le temps que je comprenne que je n’avais pas parlé suffisamment fort pour me faire entendre. Dans un soupir, je repris, sur un ton plus appuyé, le temps que la serveuse note le tout sur un petit calepin. Depuis que le meurtre dont j’étais l’auteur était apparu sur tous les écrans, je ne savais plus où me placer. Même si mon visage n’était pas forcément en pleine lumière, la scène se passant de nuit, j’avais peur que l’on me reconnaisse et que l’on me juge. Depuis que le claquement du revolver avait à nouveau résonné, je n’arrivais plus à l’oublier. Et je ne pouvais pas concevoir que les autres ne l’aient pas gardé en mémoire. Pourquoi moi, pourquoi faisais-je partie des rares élus qui avaient eu la malchance de voir leur plus sombre secret exposé en publique ? J’avais de la chance, je ne connaissais pas la plupart de mes collègues malchanceux. J’avais reconnu Brashen, bien sûr. Et deux autres personnes. L’ancien Lawrence aussi avait reconnu des personnes… mais sans plus. Echec critique si j’avais vraiment cru pouvoir me souvenir de quelque chose. Je pris mon inspiration en ouvrant le journal. Je le parcourais tous les matins à la recherche d’un déclencheur. C’était une théorie de Jack : peut être qu’un seul mot, un simple mot, pourrait être la clef qui ouvrirait le cadenas de ma mémoire. C’était légèrement fumeux, mais je voulais rester optimiste et y croire parce que c’était la seule chose de tangible que j’avais sous la main. Je ne pouvais pas non plus ignorer ce que m’avait dit la jeune femme. J’avais brisé sa vie. J’étais responsable de son malheur, et j’étais incapable de m’en souvenir pour pouvoir me rattraper. Mon pire cauchemar qui devenait réel, ma plus grosse hantise… Le journal se déchira dans mes mains lorsque je tournai violemment la page, et je me retins de le froisser en une boule compacte. Il fallait que je reste calme, parce que ça ne servait à rien de passer mes nerfs sur une simple masse de papier. Ce n’était pas le journal qui avait foutu la vie d’une jeune fille en l’air, ni qui avait abattu sans sourciller un gardien de la paix - puisqu’après tout, c’était ce que le Peacekeeper était censé être. C’était moi et uniquement moi. Et en même temps… j’avais l’impression d’être schizophrène. Un schizophrène amnésique. Mes doigts pianotèrent sur la table, sans savoir quoi faire d’autre : ça me plaisait dans un sens de m’imaginer être en jouer une sonate de piano sans la moindre hésitation. Une personne entra dans le café, faisant sonner une petite clochette ; je levai la tête. Je notai sans m’en rendre compte les éléments importants. Dangerosité, masse, âge… mais m’en désintéressai aussitôt pour boire le café qu’on venait de poser à côté de moi. Il avait beau être brûlant, j’avais soudainement besoin de sortir d’ici. Instinct ? Bêtise ? Je ne savais pas trop quoi choisir entre les deux. Dans tous les cas, je me sentais soudainement oppressé par tout ce qui m’entourait. Mes doigts glissèrent à mon côté, et y trouvèrent bien évidemment du vide. Cela me troubla encore plus, et je me levai, chancelant. Bon sang. Etais-je réellement un meurtrier ? En avais-je été un, alors ? Je fis tomber nerveusement quelques pièces, sans les compter, pour m’échapper le plus vite possible du bar. Je me sentais traqué, observé,… « Au revoir » laissai-je en sortant précipitamment. Et en percutant au passage une jeune femme qui venait d’entrer. Ma casquette et mes lunettes de soleil partir au sol en même temps que moi. Sans savoir comment, ni avec quelle agilité, je me retrouvai sur mes pieds à tendre une main secourable à la personne que j’avais ainsi percuté. « Oh, excusez-moi, je ne vous avais pas vue, je suis désolé… »

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MessageSujet: Re: « Quand on suit une mauvaise route, plus on marche vite, plus on s'égare. » [pv Avalon Kane]   Jeu 10 Avr - 13:42

Je crois qu’il a réussi à me vexer. Cela fait deux heures que je le suis et que je multiplie les « erreurs » pour lui signifier ma présence et autant de temps qu’il m’ignore superbement. À partir de là, il ne reste que deux options possibles : soit il n’a aucune envie de me voir, soit il est devenu aveugle, sourd et stupide depuis notre dernière rencontre. Alors, oui, je ne me suis pas mis devant lui en brandissant une pancarte. Je sème de la mie de pain, pas des tartes à la fraise ; un humain sans entraînement passerait à côté de mes traces. Mais bordel, il s’agit de Black Void ! Rien de moins que l’humain qui m’a tout appris. Il a fait de la chatte humanoïde que j’étais après l’ouverture des Portes une espionne à peu près convenable. Il m’a montré comme un petit gabarit comme moi pouvait terrasser des poids lourds en quelques prises bien senties.


Avant aujourd’hui, je n’avais jamais réussi à le filer plus d’une heure. Malgré tous mes efforts, il arrivait toujours à me repérer. Même ma forme féline ne me donnait aucun avantage. Je l’avais toujours associé à une espèce de surhomme, aux antipodes du monsieur tout le monde que j’ai sous les yeux.


Depuis ma cachette, je laisse finalement échappé un grognement exaspéré : point d’orgue de sa triste prestation, le joyeux luron me fait le coup de la bousculade. Je l’avais vu, une fois, se frayer un chemin en courant dans une foule ! J’entends sa victime lui assurer qu’il n’y a pas de mal et cette scène finit de me mettre hors de moi. Depuis mon petit tête à tête avec ma sorcière, un rien m’énerve. Ce doit être le contrecoup. Après avoir été un légume servile pendant presque deux ans, il est normal que je sois un peu émotive j’imagine.


Cela fait plus d’un an que Black Void — un nom de code, il ne m’a jamais donné son vrai nom et je ne lui ai jamais demandé — a disparu des radars. Je n’avais aucune idée de ce qu’il était devenu et je ne m’en étais pas soucié, pour être honnête, mais le voir réapparaître en prime time à la télévision pour descendre proprement un soldat du Gouvernement m’a fait comprendre qu’il avait continué son petit bonhomme de chemin de son côté. Jusqu’à la Résistance ? Même si ce n’est pas le cas, il ne fait aucun doute que son ancien employeur va lui tomber dessus à un moment ou à un autre. Si je me suis mise à sa recherche, c’est parce que je me suis dit que le retrouver ne pouvait que servir mes desseins. J’ai besoin que mes supérieurs révisent leur jugement sur moi et Void est un gros poisson. Je m’étais dit qu’il aurait bien quelques informations pour moi et que, dans le pire des cas, je pourrais toujours le livrer aux autorités compétentes.


Le triste spectacle qui se déroule sous mes yeux depuis tout à l’heure me fait douter de la valeur du paquet que j’ai déniché, cependant.


Décidant qu’il n’est plus utile de jouer au chat et à la souris, je sors de l’ombre et me dirige d’un pas tranquille vers mon ancien mentor. La jeune femme qu’il a bousculé a engagé la conversation, ça ne m’arrange pas mais je compte sur elle pour déguerpir rapidement.


« Eh! You here! je commence avec mon magnifique anglais. I was searching you. Like all day. » Je me tourne vers son interlocutrice. « Sorry, we have no time. ‘Was nice meeting you. »


Et d’autorité, je prends la main de l’ancien agent secret et commence à le tirer derrière moi, avec l’espoir qu’il me suive dans un coin un peu plus calme.



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MessageSujet: Re: « Quand on suit une mauvaise route, plus on marche vite, plus on s'égare. » [pv Avalon Kane]   Jeu 10 Avr - 15:55





« Je suis vraiment désolée, madame, je  ne vous avais pas vu et... » « Et bien vous auriez pu faire attention ! On ne vous poursuit pas, à ce que je sache, et même ça ne vous empêche pas de regarder devant vous ! » Le ton commençait à monter entre elle et moi, je ne comprenais pas vraiment comment nous en venions là. Je l'avais certes percutée, mais après tout, je m'étais excusé et je me confondais en excuse depuis. Je me savais bien évidemment en tort, et c'était pour cela que je gardais mon calme et continuais à m'excuser. Vous n'avez rien perdu, vous ne vous êtes pas fait mal? Elle me racontait sa vie, sans répondre à mes deux questions inquiètes. Et de mon côté, je me gorgeais finalement de ses propos, comme une personne en manque. Depuis mon réveil, depuis que j'avais compris que les chances de voir ressurgir ma mémoire étaient plus que mince, j'avais appris à vivre grâce aux autres, en recevant leur vie et leurs petits gestes quotidiens, et en trouvant chez eux ce qu'il n'y avait plus vraiment chez moi : une histoire. Les manies, les petits réflexes dus à des années à répéter le même rituel, je n'avais plus que cela à moitié, puisque même si j'avais le réflexe de faire du sport le matin dès mon réveil, je ne savais pas pourquoi. Soudain, au détour d'une nouvelle flopée de mots de la jeune femme – qui, au final, était juste une personne qui avait besoin de parler – je l'aperçue. Si je l'avais déjà remarquée ? Quelques reprises. Ma concentration était aussi peu présente que ma mémoire, mais j'avais le don – don selon moi du moins – de repérer des choses sans aucune raison valable. Comme par exemple étudier inconsciemment les personnes que croisaient mon regard, remarquer des détails infimes comme silhouette qui semblait me suivre. Et elle, me suivait depuis plusieurs heures. En quelque sorte. Je n'avais aucune certitudes, et je ne comprenais pas non plus si c'était de la paranoïa de ma part, ou si c'était vraiment la réalité. Lorsqu'elle s'approcha, cette inconnue qui me suivait donc, elle leva tous mes doutes, et je saisis au vol la perche qu'elle me tendit pour me libérer de ce moulin à parole que j'avais déclenché en la faisant chuter. « Eh! You here! I was searching you. Like all day. Sorry, we have no time. ‘Was nice meeting you. » Libération : elle me prit la main pour me tirer non ers l'extérieur, mais vers un coin du bâtiment peu fréquenté. Je la suivis sans résister, sentant plusieurs questions éclore à la frontière de mes pensées. Qui était-elle, que faisait-elle là, me connaissait-elle vraiment ? D'avant ? Où était-elle juste venue me rendre service en m'arrachant à l'étroite emprise de celle pour laquelle le surnom de pieuvre était le plus adéquat. Nous aurions pu nous rasseoir très calmement à une nouvelle table, et j'aurai pu lui poser très calmement toutes ces questions, mais sans savoir exactement pourquoi, mes réflexes entrèrent en jeu et la poigne qui liait nos deux mains s'inversa, alors que je pris l'ascendant, la plaquai dès que nous fûmes hors de vue de plus des trois quart des clients contre le mur en plaçant mon bras contre sa gorge et exerçant une pression légère sur sa carotide.

D'où est-ce que cela m'était venu?
Je la relâchai presque aussitôt. Encore un réflexe inconscient, venu d'une conviction qu'elle était dangereuse. J'étais en train de dérailler totalement. « Excusez moi ! » Pas en arrière. « Je suis vraiment désolé, je ne sais pas ce qu'il m'a pris, je... » hoquetai-je encore, alors que je reculais à nouveau de deux pas. Je devenais fou, et l'avatar que je concevais peu à peu  de celui que j'avais pu être m'effrayait à chaque fois que j'y songeais. Ce réflexe, qui venait de prendre le pas sur la partie consciente et voulue de mes actes, m'était malheureusement familier. Le coup de feu qui avait résonné en novembre dans les rues de New York était le souvenir le plus tangible de ce à quoi il pouvait me mener. J'avais tué un homme, guidé par ce réflexe, et je venais d'agresser une femme qui ne m'avait rien fait. Je me souvins de son anglais hésitant, et j'en profitai pour essayer de me rattraper : « Vous préférez qu'on parle en quelle langue ? Русский? Français ? Español? » Si, pour une fois, mon don pour les langues pouvait servir à quelque chose, j'étais prêt à sauter sur l'occasion. J'avais peur de la laisser parler, et je repris donc une dernière fois, pour reculer encore l'heure de ma sentence, lorsqu'elle allait me traiter de fou pour l'avoir malmenée de la sorte. « Je suis vraiment, encore une fois, désolé. Ca ne se voit pas peut être pas, mais vous m'avez rendu un grand service, et... je peux faire quelque chose pour m'excuser ? J'espère que je ne vous ai pas fait mal... » Bien sûr que non, je ne lui avais pas fait mal. J'avais parfaitement maitrisé la clé que j'avais fait pour l'immobiliser et je m'en rendais compte. Comme si j'avais fait ça toute ma vie. Cette idée m'effrayait. La jeune femme de l'hôpital m'avait dit que je lui avais gâché sa vie. A quel point avais-je été mauvais ? Tout homme veut être bon, et je ne faisais pas exception. Lorsqu'on était enfant, on ne s'imaginait pas devenir tueur à gage, meurtrier, plus tard, et je pouvais à présent l'affirmer : on ne s'imaginait pas avoir été tueur à gage ou meurtrier lorsqu'on était amnésique. « Je m'appelle Lawrence. » me sentis-je obligé d'ajouter encore, sans savoir si elle le savait déjà ou non.

Citation :
Russe ? Français ? Espagnol ?

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MessageSujet: Re: « Quand on suit une mauvaise route, plus on marche vite, plus on s'égare. » [pv Avalon Kane]   Ven 11 Avr - 15:44

Finalement, il n’a peut-être pas changé autant que je l’ai cru de prime abord. Ni une ni deux, Void attrape mon poignet, me plaque contre un mur et appuie son coude contre ma gorge. Cet enchaînement lui a pris quoi, une seconde à peine ? Mes omoplates protestent contre le mauvais traitement qu’on vient de leur infliger. Elles peuvent bien se plaindre tout leur saoul, je me moque éperdument de cette douleur passagère. Au contraire, je suis rassurée. J’esquisse un sourire plein de défi et je m’apprête à lâcher une plaisanterie sur ses talents d’acteur. Je n’en ai cependant pas le temps : il cligne des yeux comme un hibou et se recule. À le voir faire, j’ai presque l’impression que le contact de ma peau l’a brûlé. Eh bien, sympa.


S’ensuit un flot d’excuses dont je me serai bien passées. Je hausse un sourcil et croise mes bras sur ma poitrine, attendant qu’il termine. Mon changement d’attitude semble le troubler encore un peu plus et il s’enfonce d’avantage dans le ridicule.


Je ne comprends pas ce qu’il essaie de faire. Ce n’est pas comme s’il était évident que je l’avais reconnu ; si j’avais eu un doute, sa réaction musclée aurait de toute façon fini de me convaincre. Après tout, il m’avait appris lui-même ce mouvement ! J’avais compris dès qu’il avait commencé ce qu’il avait en tête et je l’avais sciemment laissé faire. Ça et le fait que je doutais être capable de me dégager, évidemment, mais je préfère retenir la première raison. En fait, plus il parle et plus j’ai la ferme impression qu’il se paie ma tête. Qu’il se fout de ma gueule, même, et ça m’énerve.


La Kathie qu’il a connu n’était pas du genre bouillonnant, loin s’en fallait. Il s’en est toujours plaint, d’ailleurs. Il faut avouer que je n’y mettais pas beaucoup du mien. J’enchaînais ses exercices sans passion, pressée de pouvoir le quitter pour retrouver mon appartement pour m’endormir dans une pile de vêtements. Kathie Kane n’avait aucun goût pour la lutte, fuyait l’affrontement et excellait dans l’art d’en faire le minimum. Mais ça, c’était avant ma sorcière. C’était avant New-York. C’était avant que je me réveille et que je me souvienne. Je suis moi de nouveau. Je suis Avalon et Avalon a terriblement envie de faire comprendre à Void qu’elle n’est pas d’humeur.


Décroisant mes bras, je franchis d’un pas calme la distance qui nous sépare. Je le vois se tendre à mon approche et cette vision me fait hésiter. Il n’est pas sur ses gardes, il ne se prépare pas à ce qui va suivre, il a juste peur. Peur. Le fumier, il continue. Il est si sûr de lui qu’il me nargue. Il reste dans son personnage, dans son Lawrence.


Il va le regretter. Dans trois. Deux. Un.


Le coup part.


Mon poing s’écrase sur son nez.

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MessageSujet: Re: « Quand on suit une mauvaise route, plus on marche vite, plus on s'égare. » [pv Avalon Kane]   Dim 13 Avr - 10:50





Je me sentais habité par une autre personne, sans avoir qui était la vraie et la fausse, si on pouvait les discriminer ainsi. Qui était cet être capable de plaquer avec autant d’assurance une personne, en l’immobilisant et sentant ses articulations fragiles et prêtes à se briser à la moindre pression ? L’ancien Lawrence, le nouveau, les deux ou simplement une folie et une violence sous jacente qui n’attendait de moi que je la laisse prendre place dans mon comportement ? J’avais beau l’avoir relâchée presque immédiatement, j’avais encore la sensation de puissance au bout de mes doigts que m’avait offerte ma position pendant un bref instant. Puissance, c’était le mot. Pouvoir, aussi. La capacité ridiculement à portée de main de lui ôter la vie, de lui briser la clavicule ou n’importe laquelle de ses articulations. Un simple mouvement de poignet, je le savais, pouvais briser un os quelconque lorsqu’on exerçait une pression au bon endroit, et je ne savais comment, j’en étais capable. Et cela m’effrayait. Qui étais-je, avant mon coma ? La silhouette qui se dessinait peu à peu devant moi me déplaisait. J’étais entraîné, aux arts martiaux et aux maniements des armes, cela ne faisait plus aucun doute. J’avais peur de moi, j’avais peur de mon passé, et alors qu’elle décroisait les bras et faisait un pas en avant, je m’en rendais compte. J’avais peur d’elle, aussi. Imperceptiblement, ou pas – je n’étais pas un monstre de subtilité, quoiqu’il en eût pu être avant – je me tendis à son approche. Elle me connaissait donc, mais m’appréciait-elle, avant ? Je plissai les yeux, lui tendant une main amicale, m’accrochant à la pensée étrange qu’elle allait vouloir me saluer, me serrer cordialement la main, se présenter et m’aider. Elle me connaissait donc, mais comment ? Son poing dans ma figure fut une sorte de réponse à mes questions informulées, et je chutai brutalement de mes illusions, sans parvenir à me réceptionner, contrairement à mon habitude. Un « Aïe ! Mais qu’est ce que… » perdu m’échappa et se faufila entre mes lèvres et je bridai mes réflexes pour faire un pas en arrière. « Mais vous êtes totalement… je m’excusais ! » Je n’étais pas compliqué à cerner. Le genre de mec qui n’a pas vraiment confiance en lui, qui semble toujours à côté de la plaque, pas vraiment méchant, solitaire mais qui a peur de la solitude, trouillard sur de nombreux points… je n’étais pas un mystère lorsqu’on ne me connaissait pas d’avant mon coma, et on m’appelait même Pigeon à mon travail, sans que ça se veuille particulièrement méchant : c’était un surnom que j’acceptais, parce que je le reconnaissais comme étant adéquat. Mais ça, c’était pour les personnes qui ne me connaissaient pas sous une autre identité, et j’avais l’impression qu’elle se raréfiait dangereusement ces derniers temps. Ce devait être lié à la vidéo diffusée : ma famille, qui n’avait pas répondu aux avis de recherche émis par l’hôpital, était peut être en train de vouloir comprendre comment j’avais tué ce mec, pourquoi, et aussi pourquoi n’avais-je pas donné signe de vie. Mais comme je ne me trouvais aucune ressemblance avec la jeune femme… je doutais qu’elle me soit liée par le sang. Et je n’avais pas envie de réfléchir à cela, ma vie était déjà suffisamment compliquée pour que je cherche par moi-même des réponses qui n’allaient pas tarder à arriver – ou du moins, je l’espérais. Je me pinçai l’arête du nez pour réfléchir, avant de me souvenir que ledit nez venait juste d’être malmené et que ce n’était pas forcément une bonne idée. Je commençais à en avoir assez. Assez de ces réactions incompréhensibles, assez de ces silences éloquents, assez d’être tenu responsable de choses dont je n’avais aucun souvenir. J’en avais assez de me perdre dans un labyrinthe qui n’avait pas de sortie et dont les règles du jeu changeaient sous la volonté de dizaines de personnes qui n’étaient plus rien pour moi. Jack, l’un des rares qui m’avaient épaulé vraiment, sans tenir compte de mon passé – qu’il ignorait d’ailleurs – m’avait toujours conseillé de m’inventer une vie et de ne pas révéler mon amnésie, et jusque là, j’avais toujours fait en sorte de respecter son conseil. Après tout, il me paraissait sensé, puisqu’une personne qui connaissait des choses sur moi que j’ignorais avait du pouvoir, et que si je voulais être un membre actif de la Résistance, il fallait limiter ce genre de situation. Oui, garder mon amnésie secrète était un bon conseil. Mais là, ça commençait à me porter sur les nerfs, et je risquais de devenir fou si ça continuait. La pauvre, me fis-je la remarque en la reconsidérant. Elle allait tout se prendre dans la figure sans comprendre. Si ça pouvait inverser la situation pendant une fraction de secondes, je savais que ça allait me faire du bien. Dans un sens, ça me gênait de la mettre dans une telle situation, mais voilà, il fallait que ça sorte. Et ça sortit. Ma voix ne me paraissait pas mienne lorsqu’elle articula : « Je vais essayer d’être clair : vous ne me connaissez pas, quoi que vous puissiez penser. Vous m’avez peut être connu, mais ce n’est plus le cas, et vous avez intérêt à l’intégrer parce que ça ne va pas changer de toute évidence et que je vais m’énerver si ça continue ce que nous ne voulons ni l’un ni l’autre. » Bon d’accord : je sentis au moment où je les prononçais que mes derniers mots étaient… pitoyables. Ridicules. Comme ceux d’un enfant qui menacerait sa mère de fuguer chez son meilleur ami si elle refusait de lui donner un bonbon. Voilà l’idée. Mais peut être qu’elle allait me prendre au sérieux, aussi. Il fallait que je reste optimiste. Plus que quiconque, je le savais, j’étais vulnérable à la paranoïa et à l’agressivité. « Donc je m’appelle Lawrence, je ne vous connais pas encore, mais je serais ravi de savoir pourquoi vous me suivez depuis plusieurs heures. » J’avais pris sur moi pour terminer ma phrase. Paranoïa, ou pas paranoïa ?

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MessageSujet: Re: « Quand on suit une mauvaise route, plus on marche vite, plus on s'égare. » [pv Avalon Kane]   Mer 30 Avr - 9:11

Avalon haussa un sourcil évocateur quand sa « victime » — elle avait décidément beaucoup de mal à le considérer comme tel — s’offusqua contre la violence de son interlocutrice. Il était bon acteur, la métamorphe voulait bien lui laisser ça. Si encore sa mascarade avait eu un sens, elle aurait pu lui pardonner. Seulement voilà, son obstination à faire comme s’il ne la connaissait pas était incompréhensible et elle n’était pas d’humeur ; déjà, elle serrait le poing à nouveau et un mauvais rictus tordait ses lèvres. Son changement d’attitude, pourtant, vint doucher sa colère. Laissant tomber le manteau grossier du martyr, Void révéla son véritable visage. Sa voix ne tremblait plus, ses yeux la clouaient sur place et tout son corps transpirait la menace qu’il pouvait être. L’espace d’une seconde, Avalon redevint Kathie et ses épaules se voutèrent. Pis, elle détourna le regard, soudainement mal à l’aise.


Elle n’était que soumission, comprit-elle. Cette pensée lui donna envie de vomir. S’ébrouant mentalement, elle chassa cette version faible d’elle-même et reporta son regard polaire sur son ancien instructeur. Connard, pensa-t-elle avec rage, sans toutefois oser lui répondre.


Le pire, c’était que le bougre ne quittait qu’à moitié son rôle. Il récupérait sa carrure d’antan, mais refusait de se dévoiler, même à elle. En même temps, qu’est-ce que tu es pour lui, hein ? Tu n’étais qu’un animal quand il te côtoyait, songea-t-elle amèrement ; plus elle y repensait, plus la créature qu’elle avait pu être la répugnait. Elle avait beaucoup à faire, pour effacer deux ans de servitude et d’humiliation.


« Tu s’ras jamais un Lawrence, Void, » assena-t-elle finalement, brisant le silence pesant qui s’était installé entre eux. « Mais. Si c’que tu veux, alors va pour Lawrence. Après, ‘vais pas pouvoir répondre ta question si tu continues ton jeu. ‘Servirais à rien. Alors, on fait quoi, Void ? »


Après avoir haussé les épaules, la métamorphe ajouta finalement : « Paie-moi un verre. C’le moins que tu peux faire. »


La Kathie qu’il avait connu n’aurait jamais parlé de la sorte ; non sans une certaine hargne, Avalon espérait lui faire comprendre qu’elle n’était plus la même. Elle avait bien entamé le travail, d’un autre côté : jamais elle n’aurait osé le frappé, avant.


Peut-être qu’il essaie de me faire passer le même message. Cette idée ne l’avait pas effleuré, mais c’était parfaitement logique. Il avait disparu depuis, quoi ? Un an ? Ce n’était sans doute pas pour rien. Peut-être que c’était sa façon de lui dire qu’il n’avait pas envie d’avoir à faire à elle. Ou à quelqu’un comme elle.


« Je veux pas mal. Juste parler. J’sais, aucune raison d’me faire confiance, mais c’est du passé tout ça. J’veux juste parler. »

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MessageSujet: Re: « Quand on suit une mauvaise route, plus on marche vite, plus on s'égare. » [pv Avalon Kane]   Jeu 1 Mai - 18:19





La scène avait quelque chose d’irréel. Une discussion avec un sens unilatéral, un homme à l’humeur changeante, une jeune femme persuadée de connaître un homme mort dans le coma. Le mélange explosif qui ne pouvait que se terminer de manière imprévisible. Cela me semblait évident, alors même que je tentai d’expliquer à la jeune femme que qui que j’aie pu être, j’étais désormais Lawrence. Lawrence Blain. Lawrence August Blain : trois petits mots qui ramenaient vers une date, le 10 août, celle de mon réveil. En soi, même mon nouveau nom était un mensonge. Ou plutôt un marqueur de celui que j’étais voué à être pour la fin de ma vie, qui n’avait pas encore trouvé de sens. Je soupirai en achevant ma phrase. Je voulais qu’elle comprenne qu’elle ne me connaissait pas, je voulais qu’elle m’aide en arrêtant de faire des références à ce que je n’étais plus ; et quoi de mieux que d’embrayer sur ce qu’elle avait pu faire les dernières heures. M’avait-elle réellement suivi, ou sombrais-je finalement dans cette paranoïa contre laquelle Jack m’avait mis si souvent en garde ? J’attends une réaction de sa part, j’attends un acquiescement, un geste, quelque chose qui me fasse comprendre qu’elle a compris que… « Tu s’ras jamais un Lawrence, Void Mais. Si c’que tu veux, alors va pour Lawrence. Après, ‘vais pas pouvoir répondre ta question si tu continues ton jeu. ‘Servirais à rien. Alors, on fait quoi, Void ? » Quel jeu ? Et qui était-ce, ce Void ? Ce n’est pas un prénom, sûrement un pseudonyme, mais je me demandai pourquoi celui là. Vide, comme ma mémoire; vide comme mon passé. Peut être ne connaissait-elle rien de moi en réalité. Idée farfelue que je rangeai au tréfonds de mes pensées, alors qu’elle haussait les épaules, pour ajouter. « Paie-moi un verre. C’le moins que tu peux faire. » Une masse énorme se dégagea de mes épaules, et je me détendis un peu plus, brutalement. « Avec plaisir. Tu as raison, c’est le moins que je puisse faire » lui répondis-je dans un sourire, insistant légèrement sur le subjonctif qu’elle avait omis dans sa phrase. Ca me rassurait de la voir accepter plus où moins le nom par lequel on me nommait maintenant. J’avisai une table, à côté de nous, et alternant entre incertitude et assurance, je lui tirai une chaise, fis un geste en direction du serveur et cherchai du regard la sortie que j’avais voulu atteindre un peu plus tôt. Le sentiment d’oppression qui m’avait surpris n’était plus là, mais je le sentais guetter dans l’ombre le moment où ma vigilance allait s’amoindrir et où j’allais être le plus vulnérable, pour me frapper à nouveau. « Je veux pas mal. Juste parler. J’sais, aucune raison d’me faire confiance, mais c’est du passé tout ça. J’veux juste parler. »

Je pinçai les lèvres sans savoir quelle attitude aborder. J’avais plutôt tendance à lui faire confiance, c’était une évidence, mais je n’étais pas forcément naïf au point de ne pas avoir la moindre once de méfiance face à ce revirement de situation. Ne sachant trop quoi dire, je pris le temps de pianoter sur la table, et de regarder, fasciner, mes doigts qui étaient peut-être en train de jouer une mélodie inaudible sans clavier. Finalement, au bout de quelques secondes qui me semblèrent infinies, je choisis de partir sur le sujet de conversation le moins engageant et le plus logique. « Vous préférez que l’on parle dans votre langue natale ? Ou une langue que vous maîtrisait mieux que l’anglais ? Je ne sais pas… » J’essayai de voir d’où elle pouvait être originaire, et tentai maladroitement un « Espagnol ? » Sans savoir trop ce que je pouvais rajouter à cela. « Vous… vous faites quoi dans la vie ? » Tais-toi tout de suite, Lawrence La voix de Jack manqua de me faire sursauter tant elle sembla sur l’instant réaliste. Pourtant, ce n’était qu’une illusion gratuite de la part de mon esprit. Une simple illusion criante de pertinence, puisque je ne pouvais ignorer cet avertissement. Si je poursuivais dans cette direction, avec mes questions, j’allais en apprendre ou risquer d’en savoir plus sur mon passé, ce que j’avais fait clairement comprendre à la jeune femme ne pas vouloir. « Qu’est ce que vous voulez boire ? » Et qu’est ce que l’homme que vous avez connu aurait commandé ?

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MessageSujet: Re: « Quand on suit une mauvaise route, plus on marche vite, plus on s'égare. » [pv Avalon Kane]   Sam 21 Juin - 2:07

Elle se souvenait d’un Void capable de faire s’effondrer des montagnes ; celui qui lui faisait face paraissait infoutu de blesser un chaton. Emmitouflé dans sa maladresse comme un bébé dans son linge, il cherchait à amorcer un semblant de conversation. Pour seule réponse, la métamorphe le fixait d’un regard tout félin. Le sous-estimer, c’est la mort, se répéta-t-elle. Il était un tueur. La violence courait dans ses veines et le vernis de civilisation qu’il abordait s’effritait dès qu’une menace couvait. Il l’avait trouvée bête et l’avait entraînée : tout ce qu’elle savait, elle le lui devait. Si elle avait survécu, dans ce vingt et unième siècle absurde et détraqué où la douleur tutoyait l’horreur au quotidien, c’était grâce à lui.


« Tu parles pas ma langue, répondit-elle à voix basse. Y a plus qui parle ma langue. Que moi et elle. » Mais tu le sais déjà, alors pourquoi ? « On fait quoi ? » Et lui de lui demander son métier ; cette fois, elle ne put retenir une grimace consternée. « La même chose qu’avant. Ce qu’on m’demande. Ce qu’tu m’as appris. »


Quelque chose dans le regard de son interlocuteur retint son attention. Ce n’était qu’un zéphyr perdu dans une tempête, une ride légère qui court sur les vagues d’une mer déchaînée ; pourtant, elle le vit aussi nettement que le foyer d’un phare au bout milieu d’une nuit noire. Il avait peur. Peur de quoi, de moi ? L’idée lui semblait farfelue, mais elle était persuadée que cette faiblesse-là, il ne l’avait pas singée. Avec l’air de l’homme aux aguets, pris au piège et condamné, il changea brutalement de sujet et elle l’entendit lui demander ce qu’elle voulait boire. La vérité. « Du lait. Chaud. Avec du miel. » Elle le vit hésiter et pencha légèrement la tête ; il était celui qui sondait, d’ordinaire. Pas elle. Elle l’écoutait, rien de plus, mais c’était comme si ses défenses étaient éventrées, comme si ses murailles étaient déjà tombées.


Elle jeta un coup d’œil et comprit.


« T’as tout oublié. T’es pas Void. Plus. Mais t’es pas Lawrence non plus. T’es rien du tout, » lâcha-t-elle avec dureté ; elle n’avait pas voulu faire montre de méchanceté, mais les mots lui avaient échappé. Son Lawrence, c’était sa Kathie : une version brisée et diminuée de lui-même. Sa constatation faite, elle sentit ses espoirs s’étioler. « J’suis venue pour l’aide, mais t’es celui qui doit être aidé. Salaud. » Sa réaction était égoïste, mais elle était à des kilomètres de s’en soucier ; son cou la brûlait encore trop pour qu’elle se préoccupât de quelqu’un d’autre d’elle-même, eut-il été un jour son instructeur. Elle sentait la colère ravager son humeur, tandis qu’une nouvelle injustice se dressait sur son chemin. « L’oubli, c’est la fin, c’est la mort. Tu devras t’souvenir. Crois-moi, j’suis passé par là. Moi aussi, j’avais peur, moi aussi, je r’jetais les images. Mais faut pas, bordel, misérable y a pas plus. »


Concluant sa tirade, une serveuse appuya le bout de son stylo sur leur table, libérant dans un clic sec une pointe paresseuse. Tu tombes mal, pensa rageusement Avalon. La métamorphe se mura dans le silence, l’œil sombre et le visage fermé.

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MessageSujet: Re: « Quand on suit une mauvaise route, plus on marche vite, plus on s'égare. » [pv Avalon Kane]   Mer 25 Juin - 20:51




Je ne parvenais pas à me fixer dans le présent, à osciller sans arrêt entre des élucubrations plus instables les unes que les autres quant à ma relation avec cette jeune femme avant et ce qu’il convenait de faire vis-à-vis d’elle pour le moment. Sans oublier le futur, qui s’obscurcirait, se floutait, s’épaississait un peu plus à chaque respiration. Aussi dense que mon inquiétude, aussi consistant que ce malaise qui flottait entre nous et engluait nos moindres mouvements. Les miens, du moins. Je cherchais dans ses actes et paroles des indices, alors même que j’étais conscient de m’enfoncer dans les abysses de mon amnésie. Incapable de lutter contre, incapable de me défaire des tentacules sournoises de ma tendance à l’autodestruction. Empêtré comme je l’étais dans le manque laissé par mes souvenirs, je ne parvenais pas à m’en extirper. Et des rencontres comme celle que je vivais ne m’aidaient en rien à changer cet état de fait, il fallait bien l’admettre.

Je lui proposais de passer à une autre langue, non par forfanterie et prétention à l’idée d’être quadrilingue, mais simplement pour la mettre plus à l’aise. Pour relancer la conversation avortée, aussi. Pour sortir la tête hors de mes pensées et esquiver les bras qui me tiraient vers le fond, enfin. Avoue que tu espères trouver une nouvelle piste de recherche dans les réponses qu’elle va te donner… Tu es manipulateur, tu es menteur, tu es hypocrite et tu te complais dans cet état, Lawrence ! A qui appartenait cette voix acide et incisive, je l’ignorais. Etait-ce la marque d’une instabilité mentale supplémentaire, ou simplement un délire schizophrène qui avait volé la place de mes souvenirs pour combler le manque et le trou inacceptables que leur départ avait formés ? Peut être. Son intervention, quelle que fut son origine, était malheureusement juste. Sonnait comme le constat de ce que je me refusais de voir dans de telles situations : dès que je comprenais que la personne faisait partie de mon passé, je devenais un chasseur, oubliant d’apprendre à connaître la personne en elle-même et pour elle-même, occultant ce que j’avais à gagner d’humain à son contact. Lorsque je rencontrais une personne de mon passé, je devenais égoïste. Et ça me fit mal de m’en rendre compte, alors qu’elle répondait à ma question « Tu parles pas ma langue. Y a plus qui parle ma langue. Que moi et elle. On fait quoi ? » Elle ? Quelqu’un d’autre ? Qui était-ce ? Une personne que j’étais supposé connaître ? Bien connaître ? Comme cette elle dont parlait Kathleen et qui était à coup sûr la cause du gouffre qui me séparait de celle qui était en passe de voler mon cœur, ou de le revoler ? Elle dont ? Concentre toi, Lawrence, concentre toi sur l’important… Je fermai les yeux en lui demandant innocemment ce qu’elle faisait comme métier. Innocemment ? Oui, bien sûr, tout le monde te croit… Je me mordis la lèvre ; je jouais avec le feu avec l’avidité d’un équilibriste qui s’y était déjà brûlé à plusieurs reprises mais qui ne pouvait supporter l’idée de baisser les bras. Sauf que j’étais pire qu’un équilibriste : j’étais un jongleur maladroit, un inconscient qui ignorait la dangerosité réelle des balles enflammées qui tourbillonnaient autour de lui en ne faisant qu’effleurer ses mains gantées et protégées – pour le moment. L’une des balles, d’ailleurs, s’échappa de mon contrôle et chuta sur mon avant-bras, me brûlant gravement, lorsque ses mots m’atteignirent : « La même chose qu’avant. Ce qu’on m’demande. Ce qu’tu m’as appris. » Je fronçais les sourcils, hébété. Moi ? Lui apprendre ? Elle ? Mon apprentie ? Mais… « Mais… tu es mécanicienne ? Traductrice ? » Hypothèses futiles, hypothèses inutiles ; Impossibles. Elle n’avait rien d’une mécanicienne, et sa manière de s’exprimer clamait plus sûrement que la moindre réponse qu’elle n’avait rien d’une traductrice. La vérité. Elle crevait les yeux par sa présence, mais ses contours étaient tout sauf nets. La serveuse me sauva un instant de mon affliction en s’approchant de nous, et je changeais à nouveau de sujet de conversation, allant vers le moins dangereux, que ce fusse pour moi ou pour elle. A première vue. « Du lait. Chaud. Avec du miel. » A nouveau mes sourcils se froncèrent, interloqué. Mais qui était-elle, bon sang, pour offrir des réponses alambiquées aux questions les plus simples ? Et surtout, que répondre à… ça ? « Euh… c’est original… mais je doute qu’ils en proposent ici… » Elle pencha légèrement la tête, et j’eus l’impression de passer pour la première fois depuis notre rencontre dans un détecteur quelconque. De mensonge ? De vérité ? Quelque chose pouvant répondre aux questions qui traversaient son regard, aux doutes qui l’étreignaient, à… Un tel détecteur ou engin te serait fort utile, n’est ce pas ? Je frémis lorsqu’elle reprit la parole.

« T’as tout oublié. T’es pas Void. Plus. Mais t’es pas Lawrence non plus. T’es rien du tout, » Voilà qui était dur à entendre. Je rétorquais sans agressivité un « Je ne suis pas rien, je suis Lawrence » défait et vaincu. En effet, je n’étais rien. Je n’étais qu’une coquille vide, qu’un homme sans passé qui ne parvenait pourtant pas à vivre au présent. Je n’étais strictement rien, et mon identité, la nouvelle, c’était tout ce que je possédais. Elle n’avait pas le droit de me l’ôter, et pourtant elle le faisait. Durement. Rudement. Violemment. Avec succès. « J’suis venue pour l’aide, mais t’es celui qui doit être aidé. Salaud. L’oubli, c’est la fin, c’est la mort. Tu devras t’souvenir. Crois-moi, j’suis passé par là. Moi aussi, j’avais peur, moi aussi, je r’jetais les images. Mais faut pas, bordel, misérable y a pas plus. » A chaque mot, je me recroquevillais sur le sujet. A chaque phrase, je m’éteignais. Et ses intonations n’étaient rien de moins que des claques qu’elle m’assénait avec la force de sa colère et de sa déception. Si ça faisait mal ? Plus que jamais. Si j’étais en colère ? Non. Juste… terrifié. Peureux. Perdu. Je suffoquais, peinant à retrouver un rythme acceptable à mes respirations qu’elle coupait avec une assurance qu’une part de moi lui enviait. Lorsque la serveuse aperçue précédemment arriva et s’enquit de notre commande, je ne parvenais plus à parler. Un silence flotta entre nous trois, ponctué par le cliquetis agaçant du stylo de l’employée. Impatiente. « Alors, vous prendrez quoi ? » Je la regardais, hagard. Je ne savais pas. Je ne savais strictement rien. « Je ne m’en souviens plus. » Elle arqua un sourcil moqueur. « C’est pas compliqué pourtant, bière ? Café ? Vodka ? … Tisane ? » rajouta-t-elle dans un rictus. Mon regard noir lui répondit, alors que je prenais conscience à quel point j’en avais marre. Marre des réactions comme celle que venait d’avoir la jeune femme, dont j’ignorais encore le nom, marre des réactions comme celle de la serveuse, marre de mon incapacité à me concentrer sur une conversation, d’être moi, d’être aussi… vide. Mon ton se fit plus sûr de lui lorsque je repris en regardant la serveuse dans les yeux, ne sachant plus vraiment pour autant à qui je m’adressais. « Je me souviens de rien, compris ? Et je n’y peux rien ! J’essaye, je vous le jure, j’essaye de me souvenir, j’essaye de dépasser, de briser, de réduire cette barrière en morceaux. » Comment m’étais-je, quand surtout, retrouvé debout ? Je l’ignorais. Mais je pointais à présent la serveuse d’un index accusateur que j’orientais aussitôt vers celle qui venait de profiter si insidieusement de ma vulnérabilité. Bipolaire, changeant, impulsif, moi ? Plus que cela. Je passais de l’apathie à la colère en un instant, et les deux femmes venaient de gagner une démonstration. « Et je n’ai pas besoin de votre aide. Ce n’est pas parce que je suis un p#tain d’amnésique de m#rde que je ne suis pas qui je suis, compris ? Alors vos laits de miel et vos bières, vous pouvez vous les mettre où je pense, parce que j’en ai ras le bol de… de… de n’être rien ! Je suis Lawrence, il faudra vous y faire, parce que l’autre n’existe plus. L’autre n’est plus rien d’autre qu’un souvenir auquel je n’ai même pas accès ! » Il n’y avait plus guère de bruit dans le bar. Et je ne me rendais pas compte à quel point j’étais justement semblable, à cet instant, à l’homme que j’avais pu être. Sûr de lui, autoritaire, énervé. Dangereux. Je pris en revanche conscience que la serveuse n’avait pas demandé à être sous le feu de ma colère et de ma perte de contrôle, et je me laissai retomber sur la chaise, en grommelant un « Une bière s’il vous plait. » à mi chemin entre la gêne et la rage. Un mélange assurément… rare.

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« Quand on suit une mauvaise route, plus on marche vite, plus on s'égare. » [pv Avalon Kane]

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