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 Cours, Lili, cours. [pv]

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MessageSujet: Cours, Lili, cours. [pv]   Jeu 10 Avr - 11:42



Cours, Lili, cours.

(pv) Rafael A. Morienval


~

Une respiration. Murmure ténu, presque imperceptible, calqué sur ta propre inspiration. Ton cœur accélère sa course folle, emporté par la peau qui te gagne, et l'adrénaline qui monte en toi, te laissant un goût amer au fond de de ta gorge. De nouveau, il est venu. Il est venu planter ses crocs dans ta chair, t'arracher la vie que tu n'as pas voulu lui donner. Tu l'as senti à chaque instant, craignant qu'il ne te trouve et ne vienne reprendre sa vengeance sur ta petite personne. Il t'a promis qu'il t'égorgerait, qu'il te ferait taire à jamais. Tu n'as que trop provoqué le loup, en voilà le résultat. Tu trembles, arrêtée au milieu de la rue, ne sachant plus que faire de la fin de ta vie. Il ne te reste que quelques minutes devant toi, le temps qu'il te rattrape et réduise ton corps en charpie. Que vas-tu faire, Lili ? Fuir la douceur d'un dernier souffle, ou faire face à la douleur qui t'emportera de l'autre côté ? Tu as failli lui laisser ta vie une première fois, je ne l'accepterai pas non plus pour cette fois. Cours.

L'air vient à te manquer, ta poitrine se soulevant avec force au rythme de ta course à la vie. Ton destin est peut-être de mourir ici-bas, dans une ville que tu n'apprécies pas, au milieu de gens qui ne t'aiment pas, dans un lieu qui ne te veut pas. Alors pourquoi fuis-tu celui que tu as provoqué ? Tout est de ta faute, danseuse. Si tu l'avais laissé tranquille, il ne serait pas revenu pour te tuer. Il fut un temps où tu te serais retournée, tu lui aurais fait face de toute ta hauteur, de toute ta splendeur. Fixant de ces yeux froids, de ce regard sûr, distant et autoritaire, le loup venu prendre ta vie. Il aurait pur faire demi-tour rien que sous la force de tes pupilles braquées sur sa personne. Et il t'aurait suffit d'une seule parole pour briser son âme, et le laisser plus mort que tu ne l'aurais toi-même été s'il t'avait tuée. C'était là tout ton art, Lili. Aujourd'hui, tu ne peux que fuir, impuissante face à sa haine, incapable de faire face à la culpabilité qui te ronge. Tu as pénétré son esprit, déterré quelques souvenirs, fouiné là où il ne fallait pas, il ne peut que t'en vouloir, et tu ne saurais qu'accepter ton sort, coupable. Tu étais pourtant plus belle quand tu te dressais face au monde, prête à combattre la mort elle-même s'il le fallait. Quel dommage.

Tes pas cessent, tes mains venant agripper tes genoux alors que tu te plies en deux, cherchant à reprendre le souffle qui te manque. Combien de temps as-tu couru ? Sur quelle distance n'as-tu cessé de courir ? Tu serais bien incapable de le dire, et le doute s'insinue peu à peu dans ton cœur : il n'y a personne à ta poursuite. Certainement cette respiration n'était-elle que celle d'un simple passant, parcourant tout comme toi les rues de la Nouvelle-Orléans. Ta décadence n'a aucune limite, Lili. Regarde ce que tu es devenue. Tu trembles, tu sursautes à chaque bruit, ta paranoïa ne cesse de s'accentuer, tu suspectes quiconque de vouloir ta peau. Et pourtant, qui s'intéresse à toi ? Absolument personne. Le monde se fiche de savoir qui tu es, ce que tu fais, ce que tu es devenue, ce que tu seras amenée à faire, et le mal que tu as déjà fait. Que tu sois là ou pas, vivante ou morte, le monde ne remarquera pas la différence. Tu n'es qu'un fou sur un jeu de dames. Tu n'as pas ta place ici. Ni nulle part ailleurs.

Il se dresse là, devant toi, surplombant le monde, méprisant les fourmis insignifiantes que les hommes représentent. Bien plus gris qu'il ne le fut jadis, la rouille venant mordre ses parois, et il n'en reste pas moins impressionnant quand tu te tiens à son pied. Lui a su faire face aux ravages du temps sans perdre sa dignité et ce pourquoi il est aimé, contrairement à certaines autres personnes. Le phare brave les intempéries, et te paraît comme ton dernier espoir. Si tu es réellement suivie – ce que plus personne ne croit – alors peut-être trouveras-tu refuge à son sommet, ou peut-être la vue te rendra-t-elle plus apte à donner ta vie. Je ne suis pas capable de comprendre l'étendue de ton idiotie. Ainsi, tu t'empresses de pénétrer la bâtisse, tes pieds frappant les marches aussi silencieusement et rapidement que possible. Tu en perds haleine, tes cuisses criant à ton corps de stopper ici sa folie, et de ramper s'il le faut pour arriver jusqu'en haut. Les escaliers te dévorent, manquant de se dérober sous chacun de tes pas. Mais tu persévères et atteint le palier, ouvrant la porte sur un tout autre monde.

Le vent emporte ta chevelure et caresse ton visage fatigué qui perd peu à peu sa rougeur, reprenant sa douce couleur. Le soleil fait plisser tes yeux sous sa luminosité, alors que tu t'avances jusqu'à la barrière, ton regard caressant l'horizon. Les deux lacs s'étendent à tes pieds, reflétant toute la beauté du ciel de leur eau claire. Tu imagines la dépravation qui s'étend au-delà de ce que l'on t'autorise à voir, et tu comprends que si ta place n'est pas ici, elle ne peut être que parmi les morts qui remuent encore. Tes yeux se ferment et tes poumons se remplissent de l'air frais qui t'assaille, calmant la peur au fond de ton cœur ainsi que le tremblement de ton corps après le mal qu'il s'est donné pour répondre à tes caprices. Et vient alors à tes oreilles un bruit qui n'a pas voulu être mais qui fut. Emportant avec lui la sérénité qui t'enlaçait il y a quelques secondes encore, pour laisser place à l'envie ardente de quitter cet endroit. Mais que peux-tu faire maintenant que ton idiotie t'a menée jusqu'au sommet, la seule issue étant bloquée par celui qui te suivait, ou par un simple passant – bien que cette idée ne germe pas à l'intérieur de ton esprit dérangé. Ton regard glisse sur le sol en contrebas et tes lèvres se pincent. Ton idée n'est pas bonne, pas bonne du tout. Cesse cette folie ! Mais déjà tes mains agrippent la barrière rouillée, ton corps face au vide, prêt à enjamber l'obstacle et à sauter. Tu préfères mourir tout en bas, risquer de ne pas crever sur le coup et souffrir pendant plusieurs jours, plutôt que de te faire manger par le loup, ou occire par un homme que tu ne connais pas, simplement parce que tu n'es plus femme depuis longtemps. Et tu attends ta sentence, le vent jouant avec ta chevelure obscure et séchant la sueur sur ton front.



Dernière édition par Li Mei Tyler le Sam 28 Juin - 23:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Cours, Lili, cours. [pv]   Ven 11 Avr - 13:17



Cours, Lili, cours.

(pv) Li Mei Tyler


~


Pour une personne qui a passé plus de sept siècles sous forme de loup, avec un mode de pensé le plus primaire possible, concentré sur la faim, le froid et tout ce qui peut pousser un animal à agir, je trouve qu'il m'arrive de bien trop réfléchir. La quiétude du loup me manque, mais même lorsque je me transforme plusieurs heures, je ne parviens pas à la retrouver. Il faudrait que je reste plusieurs jours sous forme lupine, mais mes impératifs humains me l'interdisent. Je suis ferré, comme un animal sauvage pris au piège, entre ce que je souhaite et ce que l'on m'impose. Esclave de mon téléphone et du bureau dans lequel je reçois mes rapports et mes contraintes, je suis enchaîné plus que jamais à ce Gouvernement que je ne peux qu'accepter, et mon devoir que je n'ai pas choisi. Pourtant, juste que là, je m'en accommodais. Qu'est ce qui a changé ? Ces stupides révélations télévisées. J'ai bien compris le message que m'ont envoyé mes employeurs. Nous savons ton petit jeu, alors concentre toi sur ce que tu dois faire et non sur ce que tu veux faire. Cela et mon altercation avec Lorenzo... Mes doigts pianotent sur le clavier de l'ordinateur, glissent vers la souris, ouvrent des fichiers et consultent mes mails, sans que mon attention ne les suivent. Si je suis consciencieux, minutieux voire perfectionniste en temps normal, depuis l'arrestation d'Azzura, j'ai du mal à me concentrer. Je m’écœure d'être aussi... faible. Je ne me suis pas inquiété pour elle plus que cela pendant tant de mois, alors que je perdais sa trace, la retrouvais in extremis, la savais vulnérable aux Shadowhunter que je ne pouvais contrôler ; pourquoi me soucie-je autant d'elle maintenant ? Et surtout, pourquoi me soucier de ce qu'il lui arrive, alors qu'elle me déteste, et que je peux lui pardonner ce qu'elle m'a fait ? Le téléphone sonne, me sortant de mes pensées. Ma secrétaire. On a retrouvé la trace de la jeune femme, une Daybreaker selon toute apparence, que j'ai demandé de chercher. Parmi tant d'autres qui ont eu le malheur d'attirer mon attention. Je suis censé assurer la protection de toutes les personnalités du Gouvernement, alors quoi de plus normal que je donne des noms, des silhouettes, des signalements à surveiller de très près ? Je n'ai aucun scrupule à employer tous les outils à ma disposition à mes fins personnelles, puisque j'estime qu'à partir du moment où je fais ce que l'on attend de moi, à quoi j'emploie le temps qu'il me reste ne regarde que moi. Je remercie la jeune femme qui travaille pour moi depuis deux mois, avant de raccrocher et éteindre mon ordinateur. Je n'ai pas beaucoup de travail, et... peut être m'apportera t elle des réponses aux questions que je n'ose formuler. Je me doute bien qu'elle risque de m'en vouloir, puisque j'ai voulu la tuer, mais puisqu'elle m'a volé des souvenirs et mon énergie, j'estime que nous sommes quitte, et que toute rancune serait superficielle, et si elle n'est pas de mon avis, peu m'importe. Je quitte l'imposant bâtiment, sans m'empêcher de me demander si une personne dans les dizaines d'étages qui se dressent au dessus de moi va suivre le petit clignotement et signal émis par la puce de mon avant bras. A cette pensée, je laisse mon pouce masser, songeur, l'emplacement exact de ladite puce. L'enlever ? Cela ne me vient pas à l'idée. Elle est là depuis mon réveil après tout. D'un signe de main, j'attire l'attention de mon chauffeur habituel, et lui indique un nom de rue, en m'installant à l'arrière.

Mes doigts tapotent l'accoudoir, selon un rythme que je ne connais pas, et mes yeux bleus suivent la route qui défile, plus ou moins rapidement en fonction du trafic, sous les roues du véhicule. Finalement, la voiture ralentit et s'arrête, et mon chauffeur se tourne vers moi pour me signaler que nous sommes arrivés. Je le laisse faire le tour du véhicule, m'ouvrir la porte, avant de m'en extirper souplement et de poser les lunettes de soleil sur mes paupières. « Revenez me chercher, ici je présume, dans deux heures. » Juste un horaire indicatif, puisque je n'ai aucune idée du déroulement des demi heures à venir. Ignorant l'acquiescement du chauffeur – puisqu'il ne peut en être autrement – ni le ronronnement de la voiture qui redémarre, je laisse mon regard dériver sur le monstre qui se dresse devant moi. Un phare, selon tout apparence. Laissé à l'abandon. Qu'est ce qui l'a menée ici ? En suivant son signal sur mon téléphone, j'avais essayé de comprendre la logique de ses mouvements, sans succès. J'hausse les épaules : cela ne me regarde pas.

L'ascension du phare défile rapidement sous mes pas silencieux et rapides, et je remercie sans y penser ma condition physique. Ce n'est que lorsque je m'arrête au sommet du phare que je me fige : escalier exigu, bloc de béton fait pour survivre aux affres du vent, de l'eau et de l'érosion qui en résulte, cette tour n'est pas conçue pour les loups, et je sens rapidement la pression de l'enfermement et de l'exiguïté du tout qui m'oppresse et m'enserre. Je n'ai aucun intérêt à ne pas franchir vite le pas de la pièce devant moi, où elle se situe, à moins de vouloir faire demi tour. J'avance. La première chose que je remarque, c'est le vent qui s'infiltre à travers du verre brisé, pour s'engouffrer et tournoyer dans la pièce circulaire. Et elle, en périphérie, qui se tourne vers moi. « Bonjour. » Voilà qui me semble une bonne entrée en matière. D'une voix douce, qui contredit mes mots, je rajoute. « Tu sais, en général, je tiens toujours mes promesses. » Lui ai-je promis de la tuer ? C'était implicite dans tous les cas, si mes mots ne l'ont pas explicité la première fois que nous nous sommes croisés. Mais... Pourquoi y aurait-il un mais ? « Mais nous n'avons pas terminé notre discussion, la dernière fois. » Je fais un nouveau pas, et me voilà au centre de la pièce. « Tu es partie bien vite, ce n'est pas très poli. » Restons en périphérie du sujet, sans s'y infiltrer immédiatement.



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MessageSujet: Re: Cours, Lili, cours. [pv]   Sam 12 Avr - 0:43



Cours, Lili, cours.

(pv) Rafael A. Morienval


~

D'une main, tu retiens tes cheveux emportés par le vent derrière ton oreille, alors que tu te retournes face à la porte, tes yeux noirs détaillant l'intrus le temps d'un instant. Tu te souviens de cette carrure, de cette silhouette qui se tient droite sur le seuil. Comment aurais-tu pu oublier ses mains qui se sont refermées sur ton cou, et l'ont serré si fort que tu en rêves encore ? Tu revois également les crocs acérés, la haine dans le regard et la couleur du pelage canin qu'il revêtait quand il a sauté à ta gorge, prêt à laisser couler à flot ton sang noirci par ta nouvelle nature. C'est celui que tu as fui tout ce temps, le fantôme qui n'existait pas mais que tu voyais à ta suite, te poursuivant dans les rues de la Nouvelle-Orléans. La folie t'a rongée plus encore que je ne le croyais, ne laissant derrière son érosion qu'une âme torturée et un esprit dérangé, ce dernier n'étant plus capable de comprendre sa propre paranoïa et d'y remédier. Ainsi tu as souvent fui des courants d'air, sursauté au jappement d'un chien et tremblé de tout ton corps au passage d'une ombre sur un mur. Tu es brisée, Lili, incapable de vivre, ni même de survivre. Et tu ne t'accroches à la vie plus que par ta folie.

Tu étais prête à sauter, prête à te tuer avant qu'il ne le fasse, et te voilà maintenant là, à fixer l'homme qui a ouvert la porte, à laisser passer cette seconde interminable sans rien faire. Si dans ton cœur il y avait la peur du loup, il n'y a plus rien de la sorte désormais. Tu es vidée de tout sentiment, tout émotion. Il ne te reste plus qu'un léger sourire au visage, qui t'étonne toi-même alors que ton doigt glisse sur tes lèvres, découvrant leur ligne arrondie qui s'étend sur tes joues. Quelle est la signification de ceci ? Tu as fui le loup de peur qu'il te mange, et tu souries désormais de le voir ici. Tu n'es plus effrayée et tu sembles de nouveau accepter ton destin, une très légère satisfaction germant au fond de ton cœur. Si c'est lui, tu l'acceptes plus que pour un autre. Pourquoi ? Qu'a-t-il fait de plus que moi ? Tu le connais à peine, et tu t'es battue avec lui, défendant ta vie contre sa soif de sang. Mais son ton te paraît plus posé que la première fois, et tu serais même prête à croire qu'il ne te tuera pas. Ainsi tes lèvres s'étirent un peu plus à son premier mot, et tu te retournes face au monde pour ne pas avoir à lui faire subir cet affreux sourire sur ton visage.

« Je sais. »
Ces deux mots flottent un instant autour de toi, chargés de trop de signification pour s'éloigner rapidement sans atteindre ses oreilles. Tu sais qu'il tient ses promesses, il te l'a déjà dit, et tu n'en doutes pas. N'est-il pas là pour toi ? Tu n'as jamais douté qu'il reviendrait prendre ce que tu lui as promis et repris, comme s'il te paraissait évident que jamais il ne te laisserait tranquille, que jamais il ne pardonnerait ce que tu lui as fait. Et ces mots lui laissent alors comprendre que tu t'es déjà faite à cette idée, que tu attends patiemment la morsure douloureuse du loup, craignant plus encore qu'il ne referme ses mains sur ton cou. Pourtant, il n'en fait rien, et tu ne t'en étonnes pas, comme si l'évidence était là. Il n'y a plus de peur au fond de ton cœur, plus d'animosité ou de rancœur. Seulement la profonde culpabilité qui te ronge chaque jour plus encore. Si tu es capable de ne plus penser qu'au mal que tu as fait, que tu considères plus grand encore que ses envies de meurtre, alors peut-être a-t-il été capable de te pardonner, en échange de quoi il reviendra certainement une autre fois pour te tuer. Ou peut-être ne viendra-t-il jamais. Le mal que tu as fait est tout autant là que celui qu'il a fait, et les deux semblent s'annuler, même pour ton esprit dérangé. Il n'y a plus rien à reprocher. Vous êtes quittes.

« Et tu m'as suivie, ce n'est pas très poli. »
De nouveau tu te retournes, ton regard glissant de sa tête à ses pieds, sans aucune arrière-pensée. Sa présence a détruit le peu d'esprit qu'il te restait, et si tu étais autrefois capable de comprendre que cette situation ne valait pas la peine d'être vécue, tu es aujourd'hui incapable de contourner la bête et de trouver la sortie. Tu ne sembles plus réfléchir, alors que tes yeux attendent de comprendre ce que te veux l'homme, sans oser le dire. Qui d'autre que moi pourrait déchiffrer l'obscurité de ton regard, danseuse ? Et ce sourire toujours sur tes lèvres, comme si vous aviez été d'anciens amis à peine retrouvés, moi-même je ne le comprends pas. Tu t'accoudes à la balustrade vitrée, le vent s'insinuant dans ton dos pour glisser sur tes hanches et refroidir la pièce. Tu te sens sereine face à l'homme et tu devrais pourtant craindre le loup. Tu as prouvé une fois que tu pouvais lui échapper, tu n'auras pas la même chance une deuxième, Lili, comprends-le bien. Si l'homme veut discuter avec la femme, le loup voudra dévorer le monstre. Tu le sais tout aussi bien que lui, tout aussi bien que moi. Et il n'y a pas d'autre échappatoire. Vous êtes destinés à vous déchirer, jusqu'à ce qu'il n'y en reste plus qu'un. Ou qu'il n'y en reste plus aucun.

« Cette discussion me paraissait pourtant close, que veux-tu ajouter de plus ? »

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MessageSujet: Re: Cours, Lili, cours. [pv]   Mar 15 Avr - 19:01



Cours, Lili, cours.

(pv) Li Mei Tyler


~


Tu es partie bien vite, ce n’est pas très poli Mes mots sont accompagnés d’un petit sourire discret, presque carnassier. Rieur, à ma façon. Il est vrai qu’elle est partie bien vite, mais ce devait être par peur de moi et je jubile tout en sachant que je ne le devrais pas. Jubiler d’être craint… encore une chose qui me rapproche de mon grand père que j’abhorre. Elle semble effrayée. « Je sais. » a-t-elle répondu à ma première phrase. Elle sait que je tiens mes promesses ? Parfait. Sauf que je ne compte pas la tenir dans l’immédiat, parce que j’ai besoin de renseignements qu’elle seule peut me fournir. Et que si je décide d’éloigner et de combattre mes pulsions meurtrières, tuer ne serait pas dans les meilleures options. Elle sait donc. Ce qui pourrait expliquer l’atmosphère chargé d’émotions et de peur que le loup remarque sans la moindre difficulté. J’attends une réaction, avec cette patience dont je suis fier. Les pulsations de mon cœur rythment les secondes qui s’égrènent avant cette simple phrase : « Et tu m'as suivie, ce n'est pas très poli. » qui dévoile chez moi un fin sourire sincère. Une petite perle à laquelle je ne m’attendais pas. Un petit sourire, alors que son regard glisse sur mon humanité tandis que je lui réponds sur un ton légèrement narquois. « Je ne t’ai pas suivie, je t’ai trouvée. Il y a une nuance entre ces deux faits. » Son regard ne me gêne pas, il tend même à accentuer mon sourire. Je suis vêtu, cette fois. Voit-elle la différence ou mes habits trop bien taillés ne sont ils là que pour faire ressortir ce qu’il y a de plus fragile dans ma silhouette. Elle s’accoude à la balustrade, je la rejoins en quelques pas de brume, avec ce silence qui caractérise mes déplacements discrets. Le silence nous enveloppe, comme le vent qui bat en rafale et nous caresse de sa main glacée. Forcément, je pense à Azzura et à son corps que je n’ai pas pu enlacer pleinement depuis… combien… trop longtemps. Mes yeux se ferment, et je garde contact avec la réalité par le bien des odeurs qui s’engouffrent en moi à chaque respiration. Je frissonne sous le froid mordant, en observant le paysage qui s’offre à nous. La hauteur, je n’y suis pas habitué, mais étrangement, elle ne me dérange pas. Je suis un loup et je cours ventre contre terre dans les contrées saupoudrées de neige ; j’imagine que de part ce simple fait, l’altitude devrait me déranger. Serais-je donc illogique même sur ce plan là ? Je suis affligeant, et pourtant, un simple soupir s’échappe de mes lèvres entrouvertes, pour partir danser avec le vent qui tournoie toujours sans faiblir. « Cette discussion me paraissait pourtant close, que veux-tu ajouter de plus ? » Oui, je l’admets, je viens de sursauter à cette reprise de la conversation à laquelle je ne m’attendais pas. « Comment ? » laisse-je échapper par réflexe avant de me reprendre, le temps que ses mots parviennent réellement à mon flux de conscience pour qu’il puisse les décrypter. « Notre discussion était close, oui, mais rien ne m’interdit d’en ouvrir une nouvelle. » Encore une fois, ma voix douce me sidère tant elle ne m’est plus familière. Je tremble légèrement à cette pensée, tout en gardant mon assurance en apparence. « Vois-tu… » Je m’écarte de la balustrade de quelques pas, pour m’éloigner d’elle et du vide, et surtout pour bouger. Le mouvement prend une part importante dans toute prise de parole, bien trop de personne l’ignore. Mon éducation, ciblée pour faire de moi un leader et un héritier respectable, est trop ancrée en moi pour que j’aille contre elle. J’ai certes dû m’adapter aux us et coutumes de cette époque, mais je l’ai fait vite et bien sur de nombreux plans, à mon goût du moins. « Vois-tu reprends-je calmement, tu m’as volé quelque chose la dernière fois, et si nous sommes quittes, puisque j’ai voulu te voler ta vie, tout cela a soulevé quelques questions. » Mes yeux clairs, masqués par des lunettes de soleil que je soulève et ôte, se posent sur la jeune femme. « J’ai donc réfléchi. Et j’en suis venu à la conclusion que nous ne sommes pas réellement quittes. » Un petit sourire calculé s’étire sur mes lèvres, sans la moindre joie ou gaité. Juste du calcul. « Tu m’as volé une partie de mon énergie, tu as même eu accès à certains de mes souvenirs, alors que de mon côté, je t’ai laissé la vie sauve. » Et il est inutile de préciser que je n’ai pas eu le choix à ce propos, bien évidemment. Je prends le temps d’humecter mes lèvres avant de reprendre. J’ai tourné autour du pot, avec maîtrise, m’en rapprochant petit à petit. Et il est temps à présent de me jeter sur le miel pour en dévoiler à la jeune femme toutes les flagrances. Mon ton perd de sa badinerie lorsqu’il devient plus autoritaire et péremptoire. « Tu connais l’homme dans la neige. Qui était il ? » Et répond moi. Je ne plaisante plus, je ne discute plus. Je ne suis qu’un homme, certes, mais je sais que mon autorité n’est pas feinte ni illusoire. Il y a toujours eu quelque chose dans le comportement de mon grand père qui poussait ses serfs à lui obéir, et contre mon gré, même si cela m’arrange, j’en ai hérité. Je pousse ma quête de réponse un peu plus loin, profitant d’une ouverture. « Et sais-tu comment puis-je le trouver ? »



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MessageSujet: Re: Cours, Lili, cours. [pv]   Mar 15 Avr - 23:54



Cours, Lili, cours.

(pv) Rafael A. Morienval


~

« C'est que tu m'as cherchée alors. Dois-je m'en sentir flattée ? »
Ton sourire vient faire écho au sien, aussi discret puisse-t-il être. Tu es plus détendue que tu ne l'avais imaginé de nombreuses fois, dans tes cauchemars fréquents. Tu voyais le loup sauter à ta gorge sans demander son reste, laisser ton cadavre à la merci des corbeaux et autres charognards. Comment aurais-tu pu un jour pensé que l'homme viendrait engager la discussion plutôt que refermer ses mains sur ton cou ? Tu apprécies d'ailleurs, d'un haussement de sourcil, les vêtements que tu ne lui connaissais pas à votre première rencontre. Si alors sa nudité ne t'avait pas gênée, tu n'es pas sûre qu'en ce jour tu aurais su y faire abstraction avec tout autant de facilité. Tu avais été dominée et contrôlée par la peur, rien d'autre ne comptait que le signe, ce signe qui annoncerait le début de ta fin. Aujourd'hui, avec cette paix maladive au fond de ton cœur, tu ne t'inquiètes même pas de l'entendre s'approcher, et te concentres sur chacun de ses mouvements. Jusqu'à même apercevoir, sans le regarder, le frissonnement de son corps face au vent d'hiver, et écouter le doux sifflement de son soupir. Tes sourcils se froncent alors qu'il sursaute et qu'un unique mot passe ses lèvres par réflexe. Tu le devines ailleurs et ne sais plus s'il faut t'en réjouir ou craindre cette déconcentration passagère. Puis il se reprend, de cette voix douce qui t'est agréable mais que tu ne lui connais pas. Il te semble même le voir trembler un instant, mais tu n'oses pas conclure trop rapidement, tu sais à quel point ton esprit est perturbé, et certainement perdu à jamais.

Déjà s'écarte-t-il de toi, reprenant la parole pour une phrase qu'il laisse un instant en suspens. Tu crains ce silence qui s'amuse à te torturer et à te laisser imaginer ce qui viendra ensuite. Et nous connaissons tous deux l'étendue de ton imagination... Ses mots te frappent plus sûrement que son éloquence, tes sourcils se froncent de plus belle, tes lèvres se pincent et tes poings se serrent sur la balustrade. Tu te doutais qu'il viendrait un jour où vous seriez amenés à en parler, mais tu priais silencieusement que ce jour n'arrive jamais. Tu frissonnes, même, alors que ses yeux se posent sur toi, désormais à découvert alors qu'il ôte ses lunettes. Il se donne tout un style que tu n'aurais pu lui imaginer, et tu redoutes qu'il ne soit un haut placé, prêt à te détruire si tu ne lui offres pas ce qu'il veut. Ton cœur se serre alors qu'il énumère tes actes, tes péchés. Tu le félicites mentalement d'avoir compris tout ceci tout seul, alors que d'autres ne comprennent toujours pas le mal que tu fais. Mais ton idiotie s'arrête-là, et ton regard devient plus dur, plus sérieux. Tu ne supporteras pas bien longtemps qu'il tourne ainsi autour du pot, qu'il t'enfonce un peu plus dans ta culpabilité. Il y aura un moment où tu ne pourras plus rien contrôler, et où il te faudra trouver un moyen de t'échapper. Le seul moyen que tu connaisses est de laisser le monstre s'exprimer.

« Et alors quoi ? J'ai vu ta vie, tu veux détruire la mienne ? Tu es venu réclamer ce que je t'ai promis ? »
Tu en doutes pourtant. S'il était simplement venu chercher ce qu'il n'avait pas pu t'arracher la première fois, tu restes persuadée qu'il se serait déjà jeté à ton cou. Par mesure de précaution, tout de même, tu réaffirmes ton appui sur la balustrade, prête à sauter dans le vide pour défendre ta vie. Tu préfères encore t'éclater le crâne contre le sol, plutôt que de sentir de nouveau ses mains serrer ta peau jusqu'à ce que l'air te manque et que tu cesses simplement de vivre. Rien ne te fait plus peur, n'est-ce pas ? Mais le voilà qui reprend et te demande un nom, des informations. Tu soupires discrètement, la tension dans tes épaules s'effaçant quelque peu. Tu ne t'attendais définitivement pas à ça. Pense-t-il que répondre à ses questions vous rendra quittes ? Si il lui en faut si peu pour te laisser tranquille, autant jouer le jeu. Mais peux-tu renseigner le loup, consciemment, sur un homme que tu ne connais que très peu, et qui a sauvé ta vie ? Tu ne seras pas capable de tout révéler, tu ne voudrais pas lui apporter des ennuis, et le peu que tu seras amenée à dire sera déjà de trop. Un instant, tu te mords la lèvre, incapable de savoir s'il ne te serait pas plus agréable de simplement sauter. S'il y avait eu un sourire sur ton visage, quelques instants plus tôt, on ne le soupçonnerait plus désormais, au vu de ton regard noir et de ton expression, tout aussi concentrée que froide. Le monstre et le loup ne peuvent décemment pas s'apprécier, n'est-ce pas ?

« Un urgentiste qui m'a aidée une fois. Et puis quoi encore ? Tu voudrais pas non plus savoir ce qu'il a bouffé hier ? Je suis pas sa mère, je le connais pas, moi, ce type ! Si t'as été capable de me retrouver, tu dois bien pouvoir en faire autant avec lui, non ? Alors me mêle pas à tout ça. »

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MessageSujet: Re: Cours, Lili, cours. [pv]   Dim 20 Avr - 23:25



Cours, Lili, cours.

(pv) Li Mei Tyler


~


« C'est que tu m'as cherchée alors. Dois-je m'en sentir flattée ? » Un sourire, encore. Une sorte de connivence entre nous deux que je n’explique pas. Je ne réponds pas à sa remarque par autre chose, toutefois, préférant le silence explicite. Flattée, elle peut l’être finalement. Parce que pour avoir mon attention, en général, ce n’est pas facile ; pour m’intéresser à une personne il faut que je veuille la tuer, la sauver ou lui extorquer des informations. Pour le reste… je suis au dessus de tout cela, et je ne peux considérer les choses autrement. Il y a ceux qui sont de mon rang, et les autres dans un sens. Le vent tourbillonne dans la pièce, caresse mon dos pour s’infiltrer sous ma veste et remonter le long de ma colonne vertébrale. Je frissonne le temps de faire le point sur ce que je veux lui dire. Ma voix douce s’élève alors, et je la sens attentive à mes propos : tant mieux. Vois-tu commence-je. Je lui expose mes pensées, avec ce calcul qui me caractérise bien souvent. Qu’elle voit, ce que je sais, ce que je déduis, ce que je projette. Elle m’a volé des bribes d’énergie, et d’une certaine manière, elle me doit quelque chose en échange. La vie, bien évidemment. Mais je ne suis pas compliqué, et ce que je lui offre, c’est d’échanger sa vie contre des informations qui m’intéressent davantage. J’ôte mes lunettes de soleil, le temps de poser mon regard bleu clair sur son visage et ses formes. Elle ne m’a pas vu ainsi, la dernière fois, et mon attitude doit la décontenancer légèrement. Il faut dire que je dois paraître lunatique. Aveuglé par la rage du loup et la colère de l’homme, mes yeux n’avaient brillé que de cette hargne et de cette volonté de goûter son sang et d’enfoncer mes crocs dans sa gorge. Là, c’est l’homme qui maîtrise la situation, épaulé par le pragmatisme de l’animal. Son regard devient plus dur cependant, face à mon constat et à ma conclusion. Cela lui déplaît ? Et bien peu m’importe, ce n’est pas comme si je m’intéresse à ce qu’elle peut bien penser. « Et alors quoi ? J'ai vu ta vie, tu veux détruire la mienne ? Tu es venu réclamer ce que je t'ai promis ? » Je la fixe tout aussi durement. « Ce serait une option, c’est certain. » me contente-je de répondre, pour reprendre l’ascendant et le contrôle total de notre discussion. Elle a profité d’un bref instant de silence de ma part pour m’interrompre et je n’apprécie guère cela. J’ai besoin d’avoir toutes les cartes en main, pour dérouler ma stratégie et ce que je considère être la voie la plus rapide jusqu’à mon objectif ; je n’ai pas besoin de détours inutiles qu’elle pourrait juger de son côté comme pertinents. Si je m’agace pour un rien ? Voilà qui est certain. Ce qu’il faut, c’est que cet agacement reste sous mon contrôle et ne se mue pas en colère. Je me connais trop bien pour savoir ce qu’il adviendrait si c’était le cas. Je reprends donc, sans détacher de son visage mon regard clair. Il n’est plus question de tourner autour du pot, à présent que le décor est correctement et complètement planté. L’abeille, qui bourdonnait patiemment, vient de se jeter sur le miel. Qui était l’homme dans la neige ? Ma question ne laisse pas de place au doute. J’ai minutieusement réveillé en elle les souvenirs que nous avons partagés, qu’elle m’a volés, et qu’elle me doit. Elle ne peut pas ne pas comprendre à qui je faisais allusion et telle était mon intention. Sa réponse ne se fait pas attendre, étirant sur mes lèvres un sourire qui s’affirme. Et qui fuit aussitôt devant l’absence de données. « Un urgentiste qui m'a aidée une fois. Et puis quoi encore ? Tu voudrais pas non plus savoir ce qu'il a bouffé hier ? Je suis pas sa mère, je le connais pas, moi, ce type ! Si t'as été capable de me retrouver, tu dois bien pouvoir en faire autant avec lui, non ? Alors me mêle pas à tout ça. » Un léger grognement s’échappe de mes babines. Il s’agit de ne pas perdre le contrôle, Rafael. Certes, mais c’est bien délicat dans le cas présent. Je prends sur moi pour ne pas réagir au quart de tour devant la familiarité de ses mots. Nous n’avons pas gardé les cochons ensemble, à ce que je sache ; j’ai simplement tenté de la tuer. Ma voix n’est plus aussi posée et douce qu’au début lorsque je reprends encore. « Tu t’es retrouvée mêlée à cela parce que tu n’as pas voulu garder ta pourriture loin de moi, et que tu t’es accrochée à la vie comme un parasite. » Mon ton est autoritaire, mais je sens percer une pointe de sarcasme. Si elle n’est pas heureuse de la tournure des événements, elle ne peut s’en prendre qu’à elle-même. Je note cependant dans un coin de mon esprit le peu qu’elle a pu m’apprendre. Un urgentiste. Si je fais le lien avec les Urgences où m’avait mené un accident de voiture, ce doit être un médecin. S’il l’a aidé, peut être a-t-elle gardé, d’une manière ou d’une autre, contact. « Et ce que je sais, ou ce à quoi je peux avoir accès comme information, ne regarde que moi. Tu n’es pas en position pour te permettre d’être aussi… familière avec moi. » Le loup me murmure de ne pas oublier sa puissance, à elle, et notre dernier combat qui ne s’est pas achevé comme notre folie à tous les deux, à l’animal et à l’humain, l’aurait souhaité. « Que j’aie voulu te tuer ne te donne pas le droit de te comporter comme si tu étais mon égale, ne l’oublie pas. » Le point étant fait à ce sujet, j’enchaîne directement sur la suite. « Bref, reprenons. Un urgentiste dis-tu ? Donne moi sa description exacte et les circonstances de votre rencontre. Son nom, sa localisation relative, et si cela t’amuse, son régime alimentaire. » Mais ne t’avise plus à faire de l’humour, mon sang froid et ma patience risqueraient de ne pas apprécier. Si je ne prononce pas ces derniers mots, j’imagine qu’ils doivent se ressentir dans mon ton et mon attitude pour le moins guindée.



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MessageSujet: Re: Cours, Lili, cours. [pv]   Mar 22 Avr - 1:06



Cours, Lili, cours.

(pv) Rafael A. Morienval


~

Tu le sens contrarié par ta prise de parole, et sa réponse te laisse plus indifférente que tu l'aurais pensé. C'est une option, c'est-à-dire que ce n'est pas l'option qu'il choisit pour cette fois-ci. Tu ne mourras pas ici, dans les prochaines minutes. A la place de prendre ta vie, il te réclame des informations. Es-tu femme à balancer ceux que tu tiens en estime à un parfait inconnu menaçant ta misérable vie ? Certainement pas. C'est là une de tes qualités premières, un point de ton ancien caractère que tu n'as pas perdu. Tu ne sais pas si le loup veut du bien ou du mal à Ezra, et même s'il lui voulait du bien, tu n'étais pas sûre que l'urgentiste apprécie de se savoir balancé par une inconnue. Il ne t'a pas sauvée pour que tu mènes n'importe qui jusqu'à lui. Tu lui dois la vie, pourquoi lui offrirais-tu la mort ? Ton regard se veut noir alors que ton idiotie sort de ta bouche en un flot de bêtises incroyable. Crois-tu qu'il appréciera l'initiative, ou ce langage que je ne te connais pas ? D'où sors-tu ces conneries sans intérêt, ces phrases idiotes qui vont certainement plaire au loup, oh oui, certainement... Tu vas peut-être mourir ici finalement, Lili. Je te laisse une heure pour réveiller l'instinct meurtrier du loup et la haine de l'homme. Une heure pour continuer à creuser ta propre tombe, sans jamais faire preuve d'un minimum d'intelligence. Une heure de vie, rien qu'une. Et au vu de ces paroles qui ont franchi ta bouche, je pense qu'une heure est bien trop pour ton esprit dérangé. Ta misérable vie prendra fin dans quelques minutess.

Tes bras se croisent sous ta poitrine et tes yeux fuient les siens. Le voilà qui grogne, qui montre les crocs face à ta bêtise. Mais, contrairement à toi, il sait faire preuve d'intelligence et garder le contrôle de sa personne. Déjà ferme-t-il ton caquet de sa voix beaucoup moins douce qu'elle ne le fut jusqu'ici. Tu ne frissonnes ni ne ressens de peur pourtant, préférant presque cette situation à l'ambiance tendue qui règne en ces lieux. Tu gardes en toi les phrases qui te montent aux lèvres et tentent de passer leur barrière, provocations et autres idioties que ton esprit ne veut pas laisser échapper. Il ne faudrait pas plus provoquer le loup et frôler la mort une fois encore. Allons Lili, tu sais ce qui arrive quand tu forces ainsi les choses. Toi qui te bats sans cesse contre le monstre qui t'habite, pourquoi donc crées-tu une atmosphère propice à son apparition ? Tu te sens incapable de gérer le loup toute seule, femme ? Il te faut toute la puissance et l'intelligence du monstre ? Foutaises. Tu es juste trop bête pour arriver à faire autre chose que t'enfoncer encore plus dans les ennuis. Mais au fil de ses paroles, ta colère monte et se niche au fond de ton cœur, attendant le bon moment pour éclater. Tu le devines plein d'orgueil et profondément blessé par ta familiarité. On ne mélange pas les chiens et les loups, voyons. Et pourtant, tu soupçonnes le loup d'avoir été fait chien depuis peu. Si dégradant... La provocation brûle tes lèvres mais tu n'en fais rien, tu gardes tout dans un coin de ton esprit, prête à déballer ton mépris quand il le faudra. Il te faut d'abord trouver les mots qui le blesseront le plus, aux moments opportuns. Là est toute la méchanceté de la belle danseuse.

« Que j'aie voulu te tuer ne te rends pas supérieur, ne l'oublie pas, chien. »
Un fin sourire étire tes lèvres et je reconnais là toute la beauté du monstre en toi. Le voilà qui te réclame des informations supplémentaires. Le peu que tu as bien voulu lui donner ne semble pas lui convenir. Tu en as pourtant déjà trop dit, Lili, et tu n'en diras pas plus. Il a les moyens de savoir sans ta coopération, n'est-ce pas ? C'est du moins ce que tu crois, et s'il ne le pense pas, ne le peut pas, alors tu pourras toujours lui donner un moyen de découvrir qui est cet homme et quel lien les unit. Tu ne doutes pas une seconde qu'il appréciera la solution que tu as à lui offrir. Mais ton esprit est pour l'instant occupé à calmer la colère de ton cœur pour t'éviter de frapper son joli minois. Il faut être plus subtil et lui rappeler qu'il n'est pas le seul à pouvoir tuer sans avoir peur. Pour ce qui est des regrets, c'est une autre histoire, mais tu commences à y être habituée n'est-ce pas ? Tu t'avances d'un pas, tes yeux revenant se concentrer sur l'homme devant toi. Déjà son ombre vacille, et tu te félicites de réussir du premier coup. Tes pas t'amènent jusqu'à lui alors que sa propre ombre s'élève à ses côtés, enserrant son corps de ses bras obscurs. Il te faut faire vite, tu n'arriveras pas à retenir le spectre bien longtemps. Tes doigts glissent sur sa joue avec douceur.

« Partageons de nouveau tes beaux souvenirs, et tu auras le loisir de détailler son visage. Mais il se pourrait que tu ne redescendes jamais de ce phare, et ce serait vraiment dommage. Ce que nous avons fait ne regarde que nous, loup, mais si tu attends à côté des ordures des urgences, peut-être pourras-tu lui demander toi-même les détails de notre rencontre. Et pense à jeter tes vêtements, je te préférais sans. Tu te vantais moins et couinais plus. »
Dans un très léger rire qui se veut moqueur, tu t'écartes de lui, consciente que ta petite attaque ne lui plaira guère. Reprenant une distance convenable, tu regardes alors son ombre reprendre sa place originelle en silence, libérant la bête que tu as provoquée. Es-tu fière de toi, Lili ? Moi je le suis, monstre. C'est ainsi qu'il te faut être. Cesse de te faire piétiner par cet être méprisable et dresse-toi de toute ta hauteur, montre qu'il n'est pas le seul à savoir comment manier les mots, et ce que ça fait de prendre la vie d'autrui. Tu l'as fait et refait depuis ton départ de New-York. Tu ne saurais même plus compter les vies que tu as arrachées, ta faim n'étant jamais rassasiée. Tes paroles frôlent néanmoins le désastre et tu ne seras pas étonnée de le voir contre-attaquer. Tu te tiens donc prête discrètement, ne lâchant plus son corps du regard. Tu te mords déjà la lèvre, pressée de savoir quelle sera sa réaction. Si l'on m'avait rapporté un jour tes sentiments actuels, je n'y aurais pas cru. Regarde ce que tu es devenue, à attendre que le loup saute à ta gorge pour mieux le frapper en retour et piétiner son ego. C'est ainsi que tu es magnifique, Lili. C'est ainsi que tu devrais toujours être.

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MessageSujet: Re: Cours, Lili, cours. [pv]   Sam 26 Avr - 10:42



Cours, Lili, cours.

(pv) Li Mei Tyler


~


La prudence ? Je l’ai piétinée, foulée, écrasée, sans la moindre logique. Le loup grogne de mécontentement, mais dans mes inflexions de voix, dans mon attitude, je savoure de retrouver la morgue et l’assurance du prince que j’ai pu être, et du bourreau que je suis toujours. Dis moi tout, jeune femme. Dis moi tout ce que je veux savoir, parce que je t’ai en mon pouvoir. Elle ne semble pas apprécier mes mots et mon ton, mais je néglige cette information, comme si elle ne présentait aucun intérêt. C’est une erreur, à n’en pas douter, mais cette soif de retrouver le passé, cette soif qui m’assèche et me tourmente, me pousse à la faire. Je suis Tantale, elle est la branche qui se ploie pour me mettre à portée demain le sentiment de pouvoir oublié qui m’attire et m’appelle. Mais elle est aussi la branche qui se rétracte dès que j’avance la main, ses mots et ses bras croisés me le faisant amèrement comprendre. « Que j'aie voulu te tuer ne te rends pas supérieur, ne l'oublie pas, chien. » L’insulte tâche ma patience, je me crispe dans un réflexe, alors que mes lèvres s’étirent dans un rictus carnassier. Le loup me fait comprendre que je n’ai qu’à m’en prendre à moi-même, je lui intime le silence. Il n’a pas son mot à dire, seul l’humain à le droit de s’exprimer, et l’humain n’apprécie pas qu’on lui manque à ce point de respect. Ma supériorité est trop ancrée dans mon comportement et dans mon être pour supporter un tel affront, mais je prends sur moi pour maîtriser l’impulsivité qui m’invite à la violence sans préavis. Elle s’avance, je la toise d’un regard méprisant. « Tu n’as pas voulu me tuer, tu as voulu ne pas mourir. » Nuance. Que ce soit bien clair entre elle et moi : je suis le prédateur et elle ne trouvera aucun intérêt à se rebeller face à sa condition de proie. Rien de tout cela ne peut changer, car même si la proie peut se défendre, elle finira un jour dans les crocs du loup. Elle s’avance, je la toise et je veux faire de même. Mais des bras de brume m’enserrent soudainement, et réveille la terreur du loup qui brille dans mes yeux clairs. Loin de me débattre, je suis tétanisé. Pour ne pas sentir davantage l’étreinte qui m’immobilise. Ses doigts glissent sur ma joue, l’animal que je suis hurle à la Lune. Ne me touche pas, ne me lie pas, écarte toi de moi. « Partageons de nouveau tes beaux souvenirs, et tu auras le loisir de détailler son visage. Mais il se pourrait que tu ne redescendes jamais de ce phare, et ce serait vraiment dommage. Ce que nous avons fait ne regarde que nous, loup, mais si tu attends à côté des ordures des urgences, peut-être pourras-tu lui demander toi-même les détails de notre rencontre. Et pense à jeter tes vêtements, je te préférais sans. Tu te vantais moins et couinais plus. » Couiner ? S’il n’y avait pas cet orgueil pour me retenir, un geignement aurait déjà franchir le passage étroit de mes lèvres. Elle s’écarte finalement de moi, et relâche brutalement mon ombre qui m’enserrait. Je titube, m’écarte, cherche un support où m’appuyer. Suis-je faible ? La réponse affirmative s’impose de plus en plus à mon esprit, me détruisant progressivement. Mes doigts orgueilleux se concentrent pour retenir les fragments épars de mon être et de mon avenir. Qu’il est facile de me faire tomber, finalement. Sans l’ancre qui me maintenait à quai, je dérive sans voile ni rame sur une mer d’huile. Je m’humecte les lèvres, rejoignant la périphérie de la pièce, à distance respectable de la jeune femme qui a renversé brutalement la chaîne alimentaire. Malgré moi, malgré tout ce que je peux faire, tout ce que je peux penser, je ne suis plus prédateur, juste une proie acculée, nostalgique de sa puissance perdue. Et mon orgueil et mon ego ne peuvent le supporter. Progressivement, je tente de reprendre le contrôle de la situation. Les mots se dessinent dans mes pensées, pesés et étudiés avant d’être articulés. « Tu as rencontré le loup, précédemment. L’Homme face à toi doit se conformer aux règles de son humanité, et les vêtements en font partie. » Je laisse mes mots se faire emporter par le vent qui balaye toujours la pièce, le temps d’inspirer et d’expirer posément. Je me tourne finalement vers elle, exposant mon dos au vide sous nos pieds, appuyé contre la balustrade. « Nous sommes partis sur une mauvaise voie. » Reprenons au début ? « Antonio. » me présente-je sobrement, laissant chanter mon accent italien à la simple articulation de mon deuxième prénom. « Le jeune homme dans la neige… » Mon regard se perd sur le mur face à moi. « Je lui ai vraisemblablement sauvé la vie, mais tu dois t’en douter, ce n’est pas dans mes habitudes. Et j’aimerai savoir pourquoi le loup a-t-il pensé qu’il en valait la peine. » Je lui concède quelques parts de la vérité, et j’ose espérer qu’elle les reçoit comme il se doit. « Je ne lui veux aucun mal. » continue-je. « Mais j’ai besoin d’informations pour le trouver. » Et c’est toi qui as ces informations. « Tu es un monstre, toi aussi. Si tu te découvrais l’auteur d’un acte aussi inexplicable que de l’altruisme gratuit, ne serais-tu pas curieuse de comprendre… pourquoi ? » Mes yeux se font curieux, dans l’attente de sa réponse.



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MessageSujet: Re: Cours, Lili, cours. [pv]   Mar 6 Mai - 0:00



Cours, Lili, cours.

(pv) Rafael A. Morienval


~

Tu le vois tituber, chercher son équilibre, essayer de trouver sa précédente stabilité. Mais il ne semble pas être capable de la retrouver après ce que tu lui as fait. Si tes paroles ne l'ont peut-être pas choqué, tes actions ont prouvé que le loup n'est pas le plus grand des hommes, et qu'il y a un monstre bien caché au fond de ton cœur capable de bien plus qu'il ne peut l'imaginer. Et que tu ne peux l'imaginer, Lili. Tu as piétiné sa fierté, son arrogance et son ego, brisé ce qui le rendait si sûr de lui face à toi. Que crois-tu qu'il pouvait arriver d'autre ? Il aurait fallu qu'il te prouve que tu es incapable de te défendre face à lui, ou de l'attaquer. Et s'il a peut-être plus d'expérience que toi, l'urgence d'une situation peut réveiller le monstre qui dort. Tu le vois se retirer, prendre du recul et rester à bonne distance de ta personne. Tu préfères ça, le savoir plus loin te permet de rester en sécurité. Ou du moins la distance pourra-t-elle te laisser le temps de contrer une quelconque attaque. Bien que tu doutes que l'envie remplisse son cœur. La situation a brutalement glissé entre ses doigts et s'il ne s'y attendait pas, tu ne doutes pourtant pas qu'il essaiera de la reprendre pour t'extorquer quelques informations supplémentaires.

« L'arrogance en fait-elle partie également, loup ? Un jour elle te tuera, sois en sûr. »
Ton regard dérive sur l'horizon, comme désintéressé. Les images de votre première rencontre défilent sous tes yeux, et tu souries un instant devant la tournure des événements. N'est-ce pas le loup qui a sauté sur le monstre ? Comment aurais-tu pu « garder ta pourriture loin » d'un homme que tu ne connaissais même pas ? Tu t'es accrochée à la vie, comme il l'a dit. Mais n'est-ce pas légitime ? L'Homme s'accroche à la vie par définition. Il trouve sans cesse un moyen d'allonger son espérance de vie pour repousser la mort en peu plus encore. Tu as agi comme la femme que tu crois toujours être, la femme que tu n'es plus depuis longtemps. Certes, tu étais à deux doigts de lui donner ta vie, mais seulement parce que tu as laissé parler ta profonde lâcheté. Oublie ce passage illégitime de ta pitoyable existence. Ainsi t'offrir à un autre que moi, à un total inconnu, est inadmissible. Alors n'en parlons plus, danseuse.

« Lili. »
Tu réponds à son nom par un dérivé du tien, laissant ta voix couler comme celle d'un américain de naissance. Qu'il croit que tu le sois t'importe peu, et c'est bien pour cette raison que tu ne lui offres qu'un surnom, qu'il pourra facilement interpréter comme ton véritable patronyme. Certaines dames naissent Lily après tout, alors pourquoi pas toi. Libre à lui de ne pas te croire, il t'a donné un nom tu utiliseras celui-là, qu'il soit le sien ou non. Ce n'est pas le plus important dans l'histoire.

« Le loup est intelligent, il sait différencier une proie d'un allié. »
N'en dis pas trop, Lili, fais attention tout de même. Tu as devant toi un homme intelligent qui saura analyser tes paroles pour y dénicher la moindre information. Je ne dis pas que ce que tu viens de dire l'aidera dans ses recherches, non. Il ne pourrait en tirer que le respect que tu ressens pour celui qu'il cherche. Et ça ne veut absolument rien dire. On peut respecter n'importe qui pour n'importe quoi, qu'il soit n'importe où et n'importe quand.

« Rien n'est gratuit et ce qui l'est est gênant. Si tu as sauvé cet homme c'est que tu avais une raison. Et tu es le seul à pouvoir la trouver. »
Crois-tu que tes vieilles paroles vont pouvoir changer quelque chose ? Il veut retrouver cet homme et lui poser des questions, ce que tu pourras dire, que tu y crois ou non, ne changera rien. Penses-tu d'ailleurs qu'il est le seul à en connaître la raison ? Le sauvé ne pourrait-il pas savoir ce que lui vaut un traitement de faveur de la part du loup ? Non, tu penses que justement parce qu'il est loup, il doit avoir eu des raisons qu'un humain ne peut comprendre, des raisons qu'il n'a pas pu communiquer au sauvé. Mais comme tu l'as dit, le loup est intelligent, il n'est pas de ceux qui agissent de la sorte sans une bonne explication. Seulement, l'homme qui succède au loup n'a pas la possibilité de se souvenir de ses actes, et le loup ne peut pas lui expliquer. Il faut donc que l'homme trouve la solution par lui-même et il finira par comprendre ce que contient l'esprit canin. C'est la même chose pour toi et le monstre qui t'habite. Quoi que tu en dises.

« Rien est inexplicable, du moins pas en ce qui concerne les actions du loup. Il te faut poser les bonnes questions et tu trouveras la réponse, la raison. Ta langue passe un instant sur tes lèvres et ton regard revient sur le loup. Dans ton cas, la réponse est déjà dans ta tête, certainement pas dans la sienne. »

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MessageSujet: Re: Cours, Lili, cours. [pv]   Mar 6 Mai - 16:34



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(pv) Li Mei Tyler


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Je suis en train de tout perdre. Tout. Déjà que je n'avais que peu, je sens les fragments de ma morgue et de mon assurance s'échapper quand je m'éloigne d'elle pour reconsidérer le plus froidement possible la situation et nos positions. Il n'aura au final pas eu besoin de grand chose pour me faire chuter durement du piédestal où j'avais déjà eu de la peine à me hisser. Je m'humecte les lèvres, me cherche, quête une réponse à offrir à la Daybreaker et me résigne à repartir au plus bas niveau : une simple phrase, vide de sens, inutile, pour combler le silence qui ne manquerait ppas, cette fois, de me perturber et d'amener le doute. Elle a du faire face au loup la première fois, même si j'avais pu reprendre quelques minutes forme humaine. C'était le loup qui avait guidé mes mots et mes actes, je me dois de lui présenter l'humain que je peux être. « L'arrogance en fait-elle partie également, loup ? Un jour elle te tuera, sois en sûr. » Je lui concède un léger sourire, néanmoins crispé par la terreur du loup pris au piège qui m'habite encore. « L'arrogance est l'un de mes nombreux travers, je l'admets. Mais je doute que ce soit celui qui me fera tuer le premier. » D'autant plus que j'ai l'impression que je ne suis pas le seul être arrogant de cette pièce. Je me tais pour ces quelques mots, avalant dans quelques pas de brume la distance qui nous sépare. M'adossant à la balustrade, je tourne le dos au vide qui pourrait peut être mettre fin au supplice de mon humiliation et de ce goût amer qui ne quitte pas mon palais. Le goût amer du mépris et de la haine que je peux ressentir à mon encontre, et que de telles situations n'oublient jamais de faire ressortir. Je tente de reprendre le contrôle de la situation en faisant marche arrière. Me présentant. Un nom, qui m'évoque mon enfance, un accent chantant qui ne doit avoir qu'un lien sommaire avec l'accent actuel des héritiers de mon pays. Elle me répond tout aussi laconiquement, et je souris devant les deux syllabes identiques qui forment son prénom. Ou du moins celui par lequel elle désire être appelée. « Lili. » Je laisse à nouveau quelques syllabes silencieuses s'étendre entre nous deux, avant de lui avouer pourquoi je cherche à ce point l'obtention d'informations sur le jeune homme que le loup a sauvé. Parce que oui, seul le loup peut s'octroyer la gloire, s'il y en a une, d'avoir recueilli une vie pour la mettre entre les mains d'une tierce personne. Je ne lui explique pas son geste, et c'est en partie ce à quoi je veux remédier. Je ne comprends pas ce qui aurait pu pousser le loup, ce qui aurait pu me pousser, vers cet individu mourant. Je suis égoïste, je ne me préoccupe pas des autres et l'adjectif qui pourrait me correspondre le moins serait bien altruiste. Et je ne peux l'ignorer ni le nier. Quant au loup... un animal, un prédateur qui plus est, si teinté du comportement humain de l'homme qu'il était, comment aurait il pu même comprendre que ce sang et cette chaleur perdue dans une neige glacée était une vie qui s'enfuyait ? Je ne le comprends pas. Et cela me perturbe. Comme si le simple fait d'être amené à comprendre pouvait un jour me guider vers une rédemption illusoire qui me permettrait enfin de me voir dans une glace sans faux-semblants ni masques. « Le loup est intelligent, il sait différencier une proie d'un allié. » Je souris une nouvelle fois. Comment puis-je sourire à une femme qui a tenté de me tuer, qui m'a humilié et piétiné avec tant de minutiosité le peu d'assurance et d'amour propre que j'avais mis en jeu ? Comment puis je lui sourire, à elle qui terrifie l'animal, qui fait couiner le loup et qui ne peut qu'avoir conscience que je suis désormais la proie à la merci du prédateur ? Je l'ignore. Peut être parce que j'ai l'impression qu'elle voit le loup en moi et non l'être humain noirci par la perversion de son âme. Et qu'elle ne me juge pas de manière excessive. Peut être parce qu'elle est elle même un monstre, qui tout comme moi n'est en rien responsable de sa monstruosité.  « Assurément. » finis-je par articuler, juste avant qu'elle ne reprenne. « Rien n'est gratuit et ce qui l'est est gênant. Si tu as sauvé cet homme c'est que tu avais une raison. Et tu es le seul à pouvoir la trouver. » Je pince les lèvres, peu convaincu cette fois par ses propos. Rien n'est gratuit dit-elle. Je suis bien d'accord avec ces mots. Rien n'est gratuit ; je fais toujours les choses dans un but précis, même si mes raisons sont parfois contestables. Rien n'est gratuit, donc, mais je ne l'ignorais pas avant qu'elle ne me le dise. Et c'est pour cela que je cherche à comprendre. Ma voix manque de devenir acerbe lorsque je lui réponds, posément. Le loup reste muselé : il s'agit de ne pas, pour une fois, lâcher cette agressivité qui me contamine et disperse sa violence dans les moindres de mes actes. Grand Père, tu n'auras pas mon âme. « Rien n'est gratuit, je le sais. Mais rien n'est gratuit pour un humain. A première vue... le loup n'avait pas à faire cela. » Je grimace en poursuivant, comme si je ne répugne à faire le lien entre le loup et moi. « Tout cela n'a l'air que d'une bonté écoeurante qui ne peut être mienne ni sienne. » Mon regard se perd sur le paysage que surplombe le phare, alors que je me retourne pour lui faire face. « Le comportement du loup est inexplicable. » C'est un constat. Le souvenir tourne et repasse dans ma mémoire depuis ma première rencontre avec Lili. Je ne trouve pas de logique. Un loup n'a pas à frayer avec les humains pour en sauver un autre, et moi encore moi. J'ai passé ma vie à tuer, humilier, torturer. J'ai voué mon âme et mes talents à la violence, à la souffrance. Et ces quelques années de bonheur avec Azzura et Zaïra n'auraient pu les effacer, n'ont pas pu changer mon comportement aussi radicalement. Mes doigts s'agitent sur la balustrade de métal, et je sens les vibrations de mon rythme irrégulier se propager dans le métal. « Rien est inexplicable, du moins pas en ce qui concerne les actions du loup. Il te faut poser les bonnes questions et tu trouveras la réponse, la raison. Dans ton cas, la réponse est déjà dans ta tête, certainement pas dans la sienne. » Je secoue la tête, avant de rétorquer. « Il n'y a rien de bon chez moi. Je doute donc y trouver la moindre réponse au pourquoi d'un acte que je ne peux m'empêcher de trouver futile, inutile, illogique et misérablement... pathétique. » L'altruisme et la générosité m'échappent. Le raison d'être ne trouve pas grâce à mes yeux perçants qui ne s'attardent que sur la raison, les objectifs et la planification. Profondément égoïste, facette de mon caractère que mon aïeul avait fait grandir entre flatterie et formatage, le désintéressement personnel me paraît vraiment surréaliste. Rien n'est gratuit, tout se paye. Alors Loup, qu'as tu fait avec cet homme. Y aurait il au fond de mon âme une partie épargnée par la perversion et la gangrène, un soupçon de blancheur immaculée, candide et innocente ? Le simple fait d'imaginer cette possibilité me fait sourire. Stupide. Irréel. Et pourtant... je ne peux m'empêcher de croire que si un jour Azzura voit cette partie de moi – si elle existe – elle me reviendra pleinement. Je m'humecte les lèvres desséchées par le vent qui bat toujours en rafale dans le haut de la tour abandonnée. « As-tu déjà sauvé quelqu'un, Lili ? » Pourquoi donc l'ai-je sauvé? Voilà le véritable sens de ma question. Je réfléchis à toute allure, écartant les inepties, m'attardant sur les possibilités, quand une phrase qu'elle a pu prononcer un peu plus tôt me revient en mémoire. La réponse est déjà dans ta tête. Je déglutis. « Non, bien sûr que non, tu n'as jamais du sauver qui que ce soit. Tu es un monstre, tout comme moi. Et je suis sûr que tu as du sang sur les mains. » Pourquoi lui infliger cela ? Ma voix s'infléchit pour se faire demande, alors que je poursuis. « Tu as raison. La réponse est quelque part dans ma mémoire, ma mémoire floue de pluricentenaire. En revanche... elle peut aussi passer dans la tienne. » Folie ? Oh oui. Cela ne me ressemble pas. Je ne suis ni téméraire, ni suicidaire, même si pour ce dernier point cela reste à voir. Mes poignets portent encore la mémoire des veines que j'ai voulu trancher. Que j'ai tranchées. Je frissonne, et mes yeux clairs se posent dans ceux de Lili. « Vole donc mon énergie, je te l'offre. Peut être y trouveras-tu un indice pour m'aider. Et faire fleurir en toi un hypothétique lys. » Je doute qu'elle accepte, mais comme elle l'a si bien dit : rien n'est gratuit. Cette fois, mon énergie vitale, je la lui propose. A une condition. Un bon deal, un deal fou. Stupide. Si peu ressemblant à ce dont je me suis habitué.



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MessageSujet: Re: Cours, Lili, cours. [pv]   Sam 10 Mai - 17:15



Cours, Lili, cours.

(pv) Rafael A. Morienval


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Un sourire se dessine cette fois léger et fugace sur tes lèvres, à la pensée de ses « nombreux travers ». Tu lui reproches son arrogance alors que le monstre en toi n'est pas meilleur que lui. Tu ne peux le contredire, n'est-ce pas ? Même si tu n'acceptes guère son existence, il est bien là, tapi au fond de ton cœur, monopolisant l'espace de son incroyable ego. Mais s'il n'était pas là pour considérer un peu ta personne, pour la placer sur un piédestal, pour regarder le monde de haut, que serais-tu devenue ? Tu te serais écroulée dans un coin de neige de New-York, et tu te serais lentement transformée en glaçon, la mort glissant d'abord sur tes jambes pour venir déposer son baiser glacial sur ton front. Pourquoi le front, Lili ? Parce qu'il s'y trouve un organe impressionnant de ton anatomie : ton cerveau dérangé et pollué par ton idiotie profonde. La Mort n'hésitera pas à l'extraire de ta boite crânienne pour l'examiner longuement, crois-moi, c'est ce que je ferais à sa place. Tu es à ce point corrompue et incompréhensible... qui n'aurait pas envie de te disséquer ? De pouvoir t'ouvrir le ventre et regarder si tu es aussi belle à l'intérieur que tu peux l'être à l'extérieur ? « Seule ta folie le souhaiterait. » La folie que tu as provoquée, monstre, la folie qui est tout autant tienne que mienne. Si tu ne m'avais pas tué, jamais elle ne serait là, à bouffer notre esprit et à te pousser à faire l'incroyable, l'impossible. Et tu sombres dans une lente agonie qui te poussera bientôt à faire l'irréparable.

Tu l'observes du coin de l'œil, essayant de comprendre l'étendue de son problème pour le moins étrange. S'il t'est permis de comprendre la dissension entre deux esprits dans un même corps, ou peu s'en faut, tu n'arrives pas bien à saisir l'impact des pensées animales sur le cerveau humain, et inversement. Il te faut raisonner sur ta personne, mais tu sembles pourtant bien loin de ce qu'il est lui. Là où il assume d'être habité, tu te refuses à croire qu'une autre puisse avoir le contrôle sur toi. Et c'est bel et bien là l'origine de ton problème et la séparation entre la danseuse et le monstre. Si tu acceptais simplement ta nouvelle nature, ces nouveaux pouvoirs que je t'ai offerts, alors il n'y aurait qu'une unité au fond de ton esprit, une femme forte et capable de bien des choses pour se défendre... ou attaquer. Ce qu'il faut que tu comprennes, idiote, c'est que là où tu as toujours été un monstre tout autant qu'une femme, lui n'est pas né main dans la patte avec un loup. Du moins ça semble logique, ou le monde est vraiment aussi fou que tu le crois, danseuse. Tes joues se gonflent quelque peu, remplies de l'air frais qui vous assaille à cette hauteur. Tu soupires alors, l'esprit se vidant lentement des mauvaises pensées habituelles pour ne plus se concentrer que sur le loup. Il te semble que la réponse est quelque part ailleurs.

« Le loup ne l'a pas fait. Tes yeux glissent un instant sur ton compagnon et reviennent se poser sur l'horizon. Elle n'est ni tienne ni sienne, elle est vôtre. Tu tournes le dos au vide, les bras croisés sous ta poitrine. Le comportement de l'homme est inexplicable. »
Un sourire vient étirer tes lèvres, consciente que tu as certainement perdu l'homme à qui ces paroles s'adressent. C'est pourtant clair dans ton esprit. Mais s'il n'était pas à ce point dérangé et stimulé par une folie certaine, alors tes mots seraient plus compréhensibles, et chargés d'une logique implacable. Comme ce le fut autrefois. Cependant, aujourd'hui tu n'es plus capable d'expliquer ta pensée avec une poignée de mots. Là où il te suffisait de dire mon nom pour que j'en comprenne toute la signification, il te faut aujourd'hui parlementer une dizaine de minutes afin que l'idée passe correctement dans le cerveau d'autrui. Regarde-le qui décline tes paroles, qui est persuadé de ne pas avoir pu sauver un homme, d'être à ce point mauvais qu'il ne souhaite que tuer et non aider. Ta poitrine se soulève à deux reprises sous l'impulsion d'un ricanement étouffé. Tu te souviens de cette folle, cette collègue qui te répétait sans vouloir tomber que personne n'est foncièrement mauvais. Tu l'avais pourtant épuisée, tu l'avais presque tuée et elle voyait en toi quelqu'un de bien. Ironie.

« Tu n'es pas égoïste, loup, tu es égocentrique. Ton monde ne tourne que si l'on te regarde, que si l'on te prête de l'attention. La preuve est là : tu accuses le loup sans t'interroger toi. »
Ton regard n'est plus méfiant, il cherche à comprendre les particularités de sa personne, de sa condition. Il est devenu loup, aussi l'un est-il le même que l'autre, une seule et unique personne divisée en deux apparences distinctes. Le loup tente à penser qu'il est loup et qu'il doit agir en tant que tel, mais il reste un homme et les pensées de celui-ci doivent l'atteindre. C'est ce que tu penses en tout cas, avant qu'il ne te stoppe dans tes réflexions avec une question bien particulière. Elle m'intéresse, danseuse, la réponse à cette interrogation. Dis-nous donc si tu as déjà sauvé quelqu'un. Explique-lui que tu ne fais que tuer tes proches depuis ta naissance. Fais-lui comprendre que le mal tu ne l'as pas fait, tu l'es. Tu es le monstre de toutes les légendes, le démon qui rôde en ville et pollue le monde entier de sa présence. Tu ne te sens aujourd'hui pas l'âme à accepter mes reproches et les siens, et c'est donc d'une voix monocorde que tu ajoutes simplement quelques mots.

« Nous naissons tous dans le sang. »
Ton idiotie n'a aucune limite, monstre. S'il est vrai que le sang recouvre le corps des nouveaux-nés, il ne justifie pourtant pas que l'on prenne vie après vie. Ce n'est d'ailleurs pas une réponse à la question posée. As-tu sauvé quelqu'un ? Tu as essayé, ou tu as fait semblant d'essayer, plutôt, en coupant mon bras après la morsure douloureuse des Marcheurs. Ca n'a rien changé à la fin de l'histoire, Lili, j'ai sombré dans la fièvre la plus virulente qui soit, pour doucement m'éteindre et attendre que le vent du nord me réveille. Tu ne m'as pas sauvé, tu n'as que peu essayé. Qui donc as-tu sauvé ? Ta misérable existence cache ses méfaits derrière quelques sourires et douces paroles, mais tu es pourrie jusqu'à l'âme, monstre. Incapable de comprendre comment l'on fait pour rallonger la durée de vie d'un homme, non la raccourcir sans procès.

Une quinte de toux secoue tes épaules et tu regardes, les yeux écarquillés, une main pressée contre ta bouche, le loup suicidaire. La folie semble contagieuse. Ce n'est pourtant pas une proposition qui te choque dans son ensemble, ton étonnement te vient de la bouche qui l'a exprimée. Tu y avais déjà pensé, c'est une solution à son problème. Tu lui as d'ailleurs proposé de le faire, d'essayer. Mais dois-tu accéder à sa demande ? Toi, le monstre qui ne s'assume pas, prendre délibérément l'énergie vitale du loup pour venir fouiner dans ses souvenirs les plus intimes. Je n'y crois pas. Regarde donc l'illogisme de la situation, de ta situation. Tu déclames haut et fort que tu ne veux trahir ton ami pour rien au monde, et tu serais capable d'aider le loup à le retrouver dans sa mémoire ? N'est-ce pas contradictoire ? Que les informations sortent de ta bouche ou non, Lili, ça reste une trahison. Que dois-tu au loup pour accepter de lui rendre service ? La vie ? La mort qu'il t'a promis ? Ne sois pas idiote. Tu ne dois rien à un homme qu'il t'est donné de piétiner. Est-ce justement le problème ? L'humiliation que tu lui as offert, tu souhaites la racheter ? Je n'y crois pas. Dis-moi plutôt ta pensée profonde, monstre. C'est amusant, n'est-ce pas ? Je suis certain que c'est la seule raison qui te pousse à t'avancer jusqu'à Antonio, à le fixer droit dans les yeux et à lever ta main, comme pour la poser sur sa joue sans pour autant le faire, un sourire venant lentement étirer tes lèvres.

« Très bien. Mais ne meurs pas, loup. Nous n'en avons pas fini, pas encore. »

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MessageSujet: Re: Cours, Lili, cours. [pv]   Dim 11 Mai - 20:42



Cours, Lili, cours.

(pv) Li Mei Tyler


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L’arrogance. Voilà un défaut que j’ai depuis ma plus tendre enfance. Cultivé, soigné avec attention par mon grand père. Après tout, je ne suis pas né dans la famille la plus misérable de Rome. Mon nom et ma fortune en devenir se répercutaient avec onctuosité autour de nous, devançant mes premiers pas maladroits d’enfant, puis mes pas plus assurés d’adolescent, et enfin ma démarche chaloupée de l’adulte patient, implacable et sûr de lui que j’ai pu être. Avant de mourir. L’arrogance, donc. Une constante dans ma vie, une constante qui flanche. J’admets avoir ce défaut, et ce simple fait devrait l’atténuer. Mais non : je préfère l’entretenir, parce que mon arrogance fait partie des dernières murailles avant la folie qui me guette. Je la sens, qui rôde autour de moi, qui attend une faiblesse de ma part, une faille de trop dans cette armure de morgue et de certitudes que j’ai bâtie autour de mon esprit. Elle m’envoie des piques de culpabilité, des petites voix qui me susurrent à quel point je peux être détestable. Elle me rappelle les chaleurs des flammes qui ont tué mon frère, elle réveille ce doux sentiment de puissance dans lequel le loup se complaît lorsque ses crocs sont baignés de sang. Elle me caresse de ce pouvoir que je tiens au creux de mes mains chaque seconde avant de prendre la vie d’un innocent ou d’un coupable. La folie. Mon arrogance m’en protège, avec la vigilance d’un cerbère. Après, tout si je ne suis pas aussi parfait, aussi noble, aussi sûr de moi que je le pense… qu’est ce que peut m’empêche d’être l’homme immonde et corrompu par le vice que renvoie mon reflet dans un miroir ? Je frissonne. Mon arrogance est là, elle me protège. Et elle ne flanchera pas la première. Non, ce ne sera pas à cause d’elle que l’on me tuera, j’en suis certain. Le loup en revanche… Le Loup qui est toi, je te le rappelle, Rafaele. Oui, le loup qui est moi mais qui, aussi, me fait agir de manière si inconcevable. Le comportement du loup, des décennies auparavant – combien ? – m’est aussi obscur que la confiance aveugle dont pouvait faire preuve Orfeo lorsque je veillais sur lui. Je ne le comprends pas, et mes interrogations se formulent d’elles mêmes à haute voix. Rien n’est gratuit, pourtant les actes du loup l’étaient. Un monstre comme je peux l’être et comme celle qui dit s’appeler Lili peut il décrypter l’indécryptable ? Etonnante question que je nous pose à cet instant, alors que je murmure à quel point un tel acte de bonté ne peut provenir de mes pensées ni de celles de l’animal qui sommeille en moi. « Le loup ne l'a pas fait. Elle n'est ni tienne ni sienne, elle est vôtre. » Nôtre, cette bonté qui m’écoeure et qui, dans un même temps, me fait inexplicablement envie ? Nôtre ? Lili n’a-t-elle rien compris de ce que je suis ? Ne rejette pas ce qu’elle te dit parce que tu ne veux pas l’entendre, Rafaele. J’inspire lentement les bourrasques de vent qui nous balayent. Le comportement de l'homme est inexplicable. » J’esquisse un sourire, je murmure un petit rire. Le comportement de l’homme serait aussi inexplicable que celui du loup ? Nous voilà bien mal parti, alors. Et la voilà qui se contredit, affirmant que rien n’est inexplicable. Je ne te suis plus, monstre. Je ne vois plus où tu veux en venir, et voilà que je t’explique posément qu’il n’y a rien de bon en moi. Ni chez le loup, ni chez l’homme. Rien n’est bon dans l’être que je suis. Ce qui a pu être n’est plus, la pousse et la graine sont mortes sous les pluies de sang que j’ai provoqué, sous cette arrogance qui me protège, sous ce narcissisme qui m’isole de la vermine, isolant de ce fait la vermine que je suis moi-même. « Tu n'es pas égoïste, loup, tu es égocentrique. Ton monde ne tourne que si l'on te regarde, que si l'on te prête de l'attention. La preuve est là : tu accuses le loup sans t'interroger toi. » Arrogance va de paire avec égocentrisme, je ne suis pas vexé par son affirmation. Au contraire, la voilà qui me laisse songeur. Oui, je suis rongé par l’égocentrisme. Et oui, j’ai tendance à placer le monde dans un modèle qui ne peut tourner qu’autre de moi. Comme le système solaire, d’ailleurs, tourne patiemment autour d’une Terre que nous avons décrété nôtre. Mais est ce que le fait que je considère le loup comme seul responsable montre ce narcissisme qui m’habite ? Voilà qui me fait bien douter. Au contraire, ce serait plus de… l’altruisme ? Si on compte sur le fait que tout être soit plus attiré par le fait d’être bon que d’être mauvais ? Mes songes me mènent sur un terrain autrement plus sablonneux, finalement, lorsque je fais part de mes doutes à une inconnue que j’ai voulu tuer. Et puis, il serait intéressant finalement de savoir si elle connaît autre chose que la mort. Voilà que mes lèvres le lui demandent. As-tu déjà sauvé quelqu’un, Lili ? Question très incongrue, je l’admets. Je parle à quelqu’un qui est aussi pourri que moi. Jusqu’à son sang, jusqu’à ses actes, jusqu’à même sa conception de l’Humanité. Peut être est-ce ce simple fait qui me met dans une confiance relative, mais belle et bien présente… peut être est-ce parce qu’il n’y a plus rien à sauver chez elle, tout comme il n’y a plus rien à sauver chez moi qui me pousse à la joindre à mes réflexions pour avoir son avis. Sa voix n’exprime rien lorsqu’elle répond finalement un « Nous naissons tous dans le sang. » plus porteur de sens dans ce qu’il ne dit pas que dans ce qu’il formule. Me voilà qui fronce les sourcils. Oui, nous naissons dans le sang. Mes veines rougies qui m’ont interdit de mourir et qui m’ont vu renaître animal en sont la preuve. J’écarte cette pensée glissante, pour affirmer que non. Elle n’a pu sauver qui que ce soit, puisqu’elle est ce qu’elle est. Elle n’a même pas pu se sauver elle-même en mettant fin à ses jours lorsqu’elle a vu ce qu’elle était devenue. Je la méprise soudainement face à la réalité qui m’apparaît. Elle est morte, elle est née dans le sang, oui. Mais elle a accepté cette renaissance en être plus immonde que ce qu’elle avait pu être dans son humanité. Tu n’es guère complaisant avec elle, Rafaele. Oh non. Elle ne mérite que du mépris. Et toi, alors ? Moi je ne mérite guère mieux, je l’admets. Mais mon arrogance, ma si chère arrogance, la voilà qui vient à mon secours. Je ne mérite peut être pas d’être encore en vie, mais au moins j’ai tenté par le passé d’attenter à mes jours pour mettre fin au supplice de chacune de mes respirations solitaires. Je frissonne à nouveau à cette simple pensée, et dans ce simple frisson, ma réflexion poursuit son cours, indépendamment de ma raison. Et je m’entends lui proposer une douce folie à laquelle je ne m’attendais pas. Son étonnement n’est que le pâle reflet de celui qui m’agite. Vole donc mon énergie lui ai-je dis. Proposé. Ordonné. Vole mon énergie et ma mémoire, faire ce pourquoi tu es encore en vie. Abreuve toi de ma gangrène, nourris toi de ma noirceur, aspire donc la pourriture qui coule dans mes veines comme un fleuve de douleur et de perversion. Rends moi service, fais un acte bon avec tes pouvoirs monstrueux et inacceptables ; alors peut être qu’en ton âme éclorera un lys donc la blancheur rappelant ton prénom aura une teinte étrange dans les ténèbres de ce que tu es devenue. Voilà le marché que je te propose d’une voix pâle et irréelle. Ai-je vraiment dit cela ? Oui. L’ai-je même pensé ? Oui. Suis-je sur le pont fragile de la folie, pont agité par la force d’un vent dont j’ignore la provenance mais qui a l’amer goût du désespoir ? Oui, encore une fois. Elle me fixe, et mes yeux clairs ne cillent pas. Un simple clignement risquerai de me faire faire marche arrière, je le crains. Pourtant… ma fierté veille. Elle me fait garder les yeux ouverts, lorsqu’un frisson parcourt mon échine au contact de sa main qui me semble glacée sur ma joue. La voilà qui sourit, et me voilà qui lui offre une simple grimace crispée. « Très bien. Mais ne meurs pas, loup. Nous n'en avons pas fini, pas encore. » La grimace devient sourire, lorsque ma main se verrouille sur son poignet. « Je ne compte pas mourir, mais si tel est ton souhait, alors ne me tue pas. Mais prends ce dont tu as besoin, nourris toi, abreuve toi. Repais toi de mes souvenirs et traquent ceux du loup. En revanche, fais mention à un seul être autre que moi de ce que tu vas pouvoir voir, et je te traquerai pour de bon. Et te tuerai, aussi. » Je m’humecte les lèvres, refusant de me laisser aller à cette peur étrange qui me noue et qui m’anime. « Mais trouve ce que je veux, et tu pourras quémander mon énergie à chaque fois que tu en auras le besoin. » Je frissonne à ces mots, et le loup se recroqueville dans un couinement. Je tiens toujours mes promesses, même les plus inconsidérées. Et je me demande ce que je viens de dire là. Et ce à quoi je viens de m’engager.Tu es fou, Rafaele, le sais tu ? Sais tu à quel point la folie s’est jouée de toi ? Tu la vois qui rôde autour de toi alors qu’elle est déjà là, dans ton donjon, à jouer avec toi comme un marionnettiste. Je frisonne un peu plus et un petit rire m’échappe lorsqu’une voix d’outre tombe se moque de moi et veut me faire murmurer à Lili un Bourreau, fais ta besogne que l’on m’a tant de fois adressé.



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MessageSujet: Re: Cours, Lili, cours. [pv]   Ven 16 Mai - 0:03



Cours, Lili, cours.

(pv) Rafael A. Morienval


~

Tes beaux yeux sombres le fixent avec tout l'intérêt du monstre, et la tristesse de la femme qui se cache au fond de tes pupilles. Fou est celui qui se donne ainsi sans avoir peur de la mort. Que pourrait-il faire pour t'arrêter une fois que tes doigts caresseront sa joue et lui soutireront son énergie dans un souffle ? Tout concentré qu'il sera sur ses souvenirs canins, il ne pourra rien faire pour t'empêcher de l'amener de l'autre côté. Il ne pourra pas non plus te forcer à l'accompagner, à moins qu'il n'arrive à te tuer, dans un dernier effort, alors même que tu l'auras à ce point épuisé qu'il faudrait un miracle pour que tu meurs. Pensait-il que tu allais refuser, que tu allais t'interdire une telle folie ? Mais quels risques existent-ils pour ta personne ? Demandez à une personne affamée de manger votre nourriture, risquant de vous tuer pour quelque raison. Que va-t-il faire, croyez-vous ? L'on pense toujours à soi avant de penser aux autres. L'égoïsme nous sied bien, sachez-le. Que peut nous faire le sort d'un homme qui réclame la mort quand nous ne cherchons que la vie ? Non, vraiment, l'affamé se ruera sur la nourriture sans chercher plus d'explications. Je te trouve déjà bien gentille d'attendre confirmation avant d'agir, de savoir patienter alors que la faim, l'envie te pendent au nez. Tu ne penses pas ?

Ton sourire s'agrandit alors que sa main agrippe ton poignet, se voulant autoritaire. Pense-t-il que tu vas attendre gentiment qu'il cesse de parler, de te menacer, simplement parce que ses doigts enserrent ton bras, te permettant ainsi un meilleur échange entre son corps et le tien ? Tu joues pourtant le jeu, amusée par ses paroles. Il ne compte pas mourir, te dit-il le plus sérieusement du monde. Pourquoi réclamer ainsi une mort qu'il souhaite nullement ? Le voilà qui te répète de lui prendre son bien le plus vital après ou avant le sang, je ne saurais le dire. Il t'ordonne de faire ce que tu allais faire sans ordre, pour se donner bonne conscience, certainement. Pour ne pas se laisser croire qu'il ne contrôle plus rien à la situation. Et comme pour me donner raison, le voilà qui te menace maintenant. Comprends-tu bien ce qu'il te dit, Lili ? Tu ne dois parler de ça à personne, voyons, mais à qui pourrais-tu en parler, monstre ? Dans ta solitude profonde, tu ne parles que pour le respect et les usages habituels, n'échangeant pendant guère de temps avec autrui. Et puis... qui te croirait, danseuse ? Tu es passée sur toutes les télévisions, rayonnante de désespoir et de folie pure. Croit-on les paroles de la folle ? Croit-on les paroles d'une dépressive ? Absolument pas. Dans le cas où tu venais à en parler, Lili, il n'y aurait donc personne pour t'écouter. C'est alors que l'amusement laisse place à un intérêt d'un tout autre genre. Tu déglutis difficilement, l'eau déjà à la bouche de cette promesse qu'il vient de te faire. Tu as envie de répéter, comme pour t'assurer qu'il tiendra parole, mais tu gardes silence tes iris sombres cherchant la vérité au fond de ses pupilles. Mais la vérité est là, il n'y a rien à ajouter de plus.

Ton sourire s'étire, le monstre riant de cette étrange proposition qu'il te fait, et que déjà tu acceptes d'un hochement discret de la tête. Tu as si peu à perdre qu'il serait fou de refuser. D'un geste d'une extrême délicatesse, tes doigts glissent sur sa joue pour y poser ta paume tandis que tu expires pour te concentrer. Le monstre est bien plus fort que la femme et il ne se gêne pas pour faire ce que tu ne saurais faire. Le voici donc qui perd son sourire et ferme les yeux pour toi, commençant doucement à aspirer l'énergie d'Antonio à sa recherche. Ezra. Non le bel homme que tu connais, prévenant et méticuleux qui a pris soin de toi quelques jours durant, mais le corps ensanglanté qu'un loup a un jour sauvé.
Tes pas sont légers et leur bruit feutré alors que tes pattes s'enfoncent dans la neige à chaque foulée. Une odeur vient jusqu'à toi, titillant ta truffe et amenant l'eau à tes babines. Le sang. Rasant le sol de ton corps, tu prends un petit trot silencieux qui t'amène jusqu'à un corps, recouvert de sang. L'image de l'homme allongé au sol s'estompe l'espace d'un instant, remplacé par le rire cristallin d'une jeune enfant, ta fille à la gorge ouverte qui ne peut plus ni rire ni pleurer. Tu couines, voulant hurler à la lune la douleur au fond de ton cœur mais tu n'en fais rien, reprenant ta course, plus rapide, à la recherche d'une aide, son aide. Déjà tu la trouves, une femme qui sous tes yeux canins, t'apparaît le temps d'une seconde similaire à elle, Azzura. Tu voudrais crier à l'aide, demander vengeance pour la mort de votre fille, au lieu de quoi tu amènes cette inconnue jusqu'au blessé. Alors que tu tournes autour du corps ensanglanté, un dernier flash t'assaille et te fait frémir imperceptiblement. La torche n'est pas dans ta main, mais c'est tout comme alors que tu ordonnes l'exécution de ton propre frère. Ta chair et ton sang consumés par les flammes sous tes yeux.
Ton bras glisse dans son dos pour le soutenir alors que tu cesses de chercher : les réponses ont été données. Tu aides rapidement Antonio à glisser au sol et s'asseoir, prenant tes distances lorsque la chose fut faite. Tu ne saurais dire si ce que tu as vu te plaît, il est certain, en revanche, que ce que tu as vu a eu raison du monstre qui t'habite et qui attend patiemment que tu perdes ta vigilance. Qu'est-ce qui a bien pu te gêner ainsi, Lili ? Il n'est pas mieux que toi, cet être arrogant qui pense que le monde lui doit tout. « Justement. » Il a tué son frère, certes, mais là où toi tu m'as tué de tes propres mains, danseuse, lui a ordonné que les flammes soient apportées jusqu'au bûcher. Il n'a pas fait céder les os sous la force de ses coups, là est toute la différence. Il vaut donc bien mieux que ta misérable personne. Tu te recroquevilles contre le mur, le regard perdu dans le vide, consciente qu'il faudra un certain temps au loup pour recouvrir toute son énergie. Une question brûle néanmoins tes lèvres, bien loin de ce à quoi il pourrait s'attendre de ta part. Ce qui ne me choque pas outre-mesure, mais que je trouve spécialement déplacé, Lili. Comprends-le. Ton regard tombe sur tes mains qui ne tremblent pas et tes sourcils se froncent, comme si tu aurais souhaité qu'il n'en soit pas ainsi, et que tes bras entiers ne puissent plus rien tenir. Tu ne comprends pas. Tu ne comprends rien.

« Ton propre frère, hein... Qu'as-tu ressenti, alors ? »
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MessageSujet: Re: Cours, Lili, cours. [pv]   Mar 20 Mai - 20:42



Cours, Lili, cours.

(pv) Li Mei Tyler


~


Fui. J’ai peur. Fui, Rafaele. Je ne peux pas. Ce n’est pas du courage que de rester immobilisé par sa terreur, le sais-tu ?. J’ai peur, et cette peur me paralyse. Fui donc ! Cesse immédiatement, Loup. Fui, je t’en supplie. Le loup a beau grogner, se débattre, me conjurer de fuir, je reste droit, sans ciller, mes yeux clairs dardés dans ceux de Lili. J’ai peur. Il m’est impossible de le nier, alors que sa main glaciale se pose sur ma joue. J’ai peur, autant de reculer que de voir ce qu’il va se passer. Fui. Le loup se fait pressant. Fui… Mais que m’a-t-il pris ? Je ne suis habituellement pas aussi… imprévisible et stupide. Le loup couine et j’ai envie de faire de même, lorsque mes doigts s’enroulent autour de son poignet et que ma voix autoritaire la menace. Lui offre mon énergie sans d’autre prix que des informations sur cet homme que j’ai sauvé. Et la menace à nouveau de la tuer si jamais elle oublie d’être discrète quant à ce qu’elle aura pu voir. J’ai peur, et c’est cette peur qui m’immobilise, s’infiltre dans mes muscles, les crispe et les verrouille plus solidement que des chaînes. Mes pupilles se fixent dans les siennes, à la recherche d’un acquiescement, et le trouvent finalement dans son sourire intéressé. Viens-je de recueillir une certaine confiance par mon offre suicidaire ? Elle déglutit, je le vois à sa carotide qui s’agite, et je fais de même ; je me doute bien cependant que des raisons différentes motivent ce mouvement. Peut être s’imagine-t-elle déjà avoir un accès illimité à ce qui fiat de moi un être vivant, je me contente pour ma part d’angoisser quant aux minutes qui vont suivre. Même s’il n’est pas question de me défiler à présent, j’appréhende. Mais qu’as-tu fait… Je l’ignore. Il n’est pas trop tard pour fuir. Je me laisse quelques minutes d’éternité avant de prendre conscience de tout ce qu’implique la promesse que je viens de lui faire. Pars, cours, deviens loup et deviens brume ! Le loup me hurle de me défiler. Je le muselle et contiens mes tremblements par ma volonté inexplicablement forte. La tempête qui m’anime se laisse-t-elle observer de l’extérieur, Lili voit-elle dans mes yeux clairs les nuages de mes doutes et de cette peur qui m’enserre et m’empêche presque de respirer ? Je l’ignore. La voilà qui sourit davantage, et hoche la tête. Fuis, Rafaele. Fuis, misérable humain. Ce n’est pas du courage que de rester immobile devant un monstre si semblable à ce que tu es, c’est de la folie. Suis-je fou ? Désespéré plutôt, mais dans mon cas les deux termes me semblent inextricablement liés. Ses doigts glissent sur ma joue, et je cesse de respirer quand je sens ma vie s’échapper de moi. L’impression n’est pas la même que la première fois, puisque je ne peux m’en prendre qu’à moi-même à cet instant. Son toucher n’est pas agressif, elle se contente de recevoir ce que je me suis entendu lui offrir. Mon emprise sur sa main se raffermit dans un réflexe de survie, j’hoquette, m’étouffe, ferme les yeux pour déglutir avec difficulté. Je n’aurais pas du lui proposer ça. Ca ne sert à rien : je le sais. Je vais mourir. Et ma terreur m’empêche désormais de fuir.  Et de bouger. Quel sentiment étrange de sentir s’échapper de moi ce qui me fait respirer. Le loup s’affole, il s’agite, me supplie d’arrêter et cherche dans sa mémoire de loup ce qui me tient tant à cœur. L’humain aussi s’affole. Lorsque mes jambes commencent à flageoler, le loup m’arrache à la réalité pour me transporter dans sa vie pleine et entière. Celle que mon humanité lui a offerte pendant plus de sept cent ans, celle qui n’était que chasse, froid, et liberté. Réflexe de survie que de s’enfoncer dans un monde irréel forgé de souvenirs immémoriaux ? Peut-être. Je sens mes pattes survoler la neige, et mon flair attiré par l’odeur du sang partout aux alentours. Les souvenirs de l’animal sont empreints de couleurs, de sensations, de petits détails qui rendent, en comparaison, mes souvenirs d’humains bien fades. Si mes pattes caressent la neige avec délicatesse sans s’y enfoncer outre mesure, mon humanité quant à elle, s’agite pour s’extirper de cet univers virtuel et pendant un bref instant, je reprends contact avec l’éternité de mon agonie. Parce que j’en suis certain, Lili ne va pas s’arrêter. Elle va ponctionner jusqu’à la dernière goutte de mon arrogance. Peut-être est-ce mieux dans un sens. Le loup frissonne à cette pensée ; je frissonne moi aussi ; et laisse mon alter ego lupin me transporter à nouveau dans son monde pour m’abstraire à mes sombres pensées. Moi voilà qui frissonne à nouveau, les yeux toujours fermés, me concentrant sur l’odeur de l’écorce et les flocons glacés qui s’échouent sur mon museau. Il est amusant de voir que les principaux souvenirs que j’ai du loup ne sont que peuplés de froid, glace, neige et forêts. C’est au cœur d’un simple souvenir de chasse que je me sens m’écrouler, et son bras glisse aussitôt dans mon dos pour me soutenir. Dans un râle, je me laisse asseoir, courbaturé, éreinté. Et étrangement en vie. Je me recroqueville au sol sans considération pour la saleté environnante qui ne va pas manquer de poser sa marque sur mes habits. Je me recroqueville, ramenant mes genoux à ma poitrine, les serrant contre moi pour me faire le plus petit possible et contenir mes tremblements. J’ai du mal à m’arracher aux souvenirs du loup, je peine à reprendre pied avec la réalité de mon affaiblissement.

« Alors ? » Ma voix rauque et légèrement sifflante me fait tousser et sursauter. J’ignore combien de temps se sont écoulés depuis qu’elle m’a lâché et s’est écartée de moi. « Tu as… vu… quelque chose ? » J’ignore ce que j’attends. Un rapport ? Pathétique. Des raisons qui pourraient expliquer mon geste ? Illusoire. Je me recroqueville un peu plus. Mes yeux clairs cherchent finalement son regard, et à y lire des réponses. Je sers mes bras contre ma poitrine, dans l’espoir de retrouver un peu de chaleur pour chasser ce froid glacial qui me brûle le cœur. « Alors ? » Je m’aperçois à cet instant que ma voix n’est qu’un murmure. Et que je me répète. « Ton propre frère, hein... Qu'as-tu ressenti, alors ? » Je me mords la lèvre et détourne brutalement le regard. Ce n’était pas prévu. Pas du tout. Je me prends la tête entre les mains, et mes doigts se faufilent dans mes cheveux. « Mon… frère… » J’étends mes jambes, contraste saisissant avec mon attitude précédente. « Mon frère… » Mes lèvres s’étirent dans un rictus, et je pars dans un rire jaune, un rire sans joie. Désabusé. « Tu étais supposée voir quelque chose… qui aille… » Je ne trouve pas mes mots dans ce rire qui m’agite. N’était-elle pas censée trouver des pistes qui puissent expliquer pourquoi j’ai sauvé cet homme ? « qui aille… dans mon sens. Qui soit en faveur de l’hypothèse qu’il subsiste quelque chose de… de… bon en moi… » Mon rire s’accentue, le rire d’un désabusé, vraiment. « Tu ne fais que me rappeler à quel point c’est utopique de croire que je ne suis pas seulement un monstre. » Est-ce vraiment un rire qui m’agite ? Le loup me chuchote que c’est un rire de fou. Je détourne le regard sur le vide qui hurle dans mon dos. « Dans un sens, j’imagine que je dois te dire merci… de me remettre ainsi les pieds sur terre. » Je me redresse, m’aide de la balustrade et m’y appuie, pour assurer ma position debout. Avec une lenteur prudente, je me retourne, m’y adosse pour faire face à la Daybreaker. « Ce que j’ai ressenti… » Ne regarde que moi. Je me mords la lèvre, dans un moment d’indécision. « N’as-tu donc vu qu’un seul de mes meurtres parmi tant d’autres ? Strictement rien sur le loup, rien sur cet… urgentiste ? Rien qui ne puisse justifier le… salaire que je t’ai payé ? » Je fuis la question de ce que j’ai pu ressentir en tuant mon frère. Mon petit frère. Qui avait confiance en moi. Parce que je hais savoir que tout ce que j’ai pu ressentir lorsque j’ai ordonné d’embraser le bûcher, c’était de la reconnaissance et du soulagement à l’idée qu’Azzura serait sauvée. Est-ce que ça fait de moi un monstre ? Oui, je l’imagine. Et j’en suis conscient, sinon je ne haïrais pas à ce point ce souvenir. Mais en être conscient ne change rien au fait que se l’entendre rappeler aussi… crûment n’est pas agréable.



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MessageSujet: Re: Cours, Lili, cours. [pv]   Jeu 22 Mai - 19:28



Cours, Lili, cours.

(pv) Rafael A. Morienval


~

Tu le vois se recroqueviller, se serrer tout contre lui-même et chercher à fuir ton contact meurtrier. Tout ce mal que tu lui as fait, qu'il a réclamé, pour quoi ? Quelques visages qui te sont apparus, expliquant les gestes d'un loup un peu trop humain. Tu le lui avais dit, n'est-ce pas ? Tu lui as dit que cette bonté n'était ni canine ni humaine mais l'association des deux. T'a-t-il crue ? Bon Dieu non. Comment pourrait-il croire que le loup a pu être influencé par l'homme qui dormait paisiblement à l'intérieur de son crâne ? Tu ne l'aurais pas cru non plus, à sa place, prétextant qu'aucun monstre ne s'associe à une femme pour agir par bonté ou cruauté, bien qu'il s'agisse dans ton cas généralement du deuxième sujet. Lequel nous n'allons pas traiter aujourd'hui ou nous y serons encore pour la nuit. Ainsi donc le canin a sauvé un homme sous l'influence des souvenirs, des affiliations d'Antonio. Comment cela est-il possible ? Comment un loup pourrait-il comprendre l'amour, l'amitié ou le désespoir ? Non, le problème n'est pas là, pour toi le problème ne se pose pas : pourquoi un loup ne pourrait-il pas en aimer un autre, même pour quelques instants seulement. Les loups sont rancuniers et enclin à la vengeance. Du moins le crois-tu. Mais entre ce que tu crois et la vérité, il y a une grande différence, Lili.

Sa voix t'interpelle, te rappelle à quel point le bûcher avait étendu sa chaleur sur tes joues. Tu ignores sa question, te perdant dans les méandres de ton esprit, cherchant à comprendre quel sentiment avait empli son cœur à l'annonce de l'ordre. Pourquoi ne t'inquiéter que de cela, monstre ? Pourquoi ne retenir que la culpabilité de l'homme plutôt que son désespoir profond ? Car désespoir il y a après la mort tragique d'un petit être, de sa propre chair et son propre sang. Mais tu ne préfères pas y penser, toi qui refuses d'admettre que l'on frappe un enfant pour un mal qui n'existe pas. Les gamins doivent-ils supporter les erreurs de leurs parents ? Comment peuvent-ils comprendre que celui ou celle qui leur tend la main avec amour, a un jour fait beaucoup de mal ? Ce sont des choses que les enfants ne devraient pas subir. Mais nous ne nous étalerons pas sur ce sujet.
Ton attention revient sur Antonio qui reprend la parole pour répondre à tes questions sans intérêt. Qu'a-t-il ressenti ? Idiotie. Cesse de tourner autour du pot et demande-toi directement ce que tu as ressenti, Lili. Et dis-le-moi, surtout, que je sache ce que ma propre sœur a pensé après avoir réduit mon crâne en bouilli. Je me doute que tu as dû te sentir pleine de joie et de soulagement à me voir enfin te quitter, te lâcher les bottes et te rendre ta pleine sécurité puisque tu n'avais plus alors besoin de me protéger.... de me « protéger ». Vois où m'a mené ta protection...
Antonio semble perturbé par ta question, il prend sa tête entre ses mains, étends ses jambes en radotant. Le rire qui suit crispe tes épaules et concentre ton regard sur sa personne. Tu sembles avoir réveillé en lui quelque mauvaise chose, petite idiote. Déjà il s'en prend à toi, réclame ce que tu lui dois. Il n'a certainement pas apprécié ta petite interrogation, Lili, que croyais-tu ?

« Le bon n'est pas en nous, il est en dehors. Nous sommes devenus des monstres parce que certaines personnes le voulaient ainsi, ça ne change en rien la bonté dont tu peux faire preuve. Accepte tes actes et tu prouveras que tu n'es pas fait que de meurtres. »
Idiote jusqu'au bout des ongles. Le voilà qui se relève, s'aidant de la balustrade pour ne pas retomber au cours de l'effort. Tu t'inquiètes quelque peu de son envie d'être debout, consciente que le mieux pour lui serait de rester assis, voire de dormir quelques heures. Mais tu ne peux décemment rien lui reprocher, rien lui conseiller. Tu lui as infligé ce qu'il a lui-même réclamé de sa propre bouche. Et si tu te doutes de la peur qui a dû gagner son cœur au contact de tes doigts sur son visage, tu ne peux non plus te sentir coupable. Il l'a cherché, qu'as-tu à te reprocher ? Non, vraiment rien, Lili. S'il n'est pas content de son sort, il ne fallait pas qu'il se laisse faire par ta folie contagieuse. Et puis, tu es déjà biens assez gentille de l'avoir gardé en vie alors que tu aurais simplement pu mettre fin à la menace qu'il représente en ne cessant jamais de te nourrir de lui. Jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien.

Tu ne cesses de le fixer, tes yeux sombres restant impassibles face à sa... détresse. Peut-être est-elle bien cachée mais tu la sens bien présente. Mais tu ne saurais lui faire de remarque. Il a risqué sa vie pour découvrir les raisons du loup, il est naturel pour lui d'être... sur les nerfs, disons. Il est toutefois amusant de voir qu'il a su contrôler la bête en lui et l'empêcher de te fuir ou te faire du mal. Tu ne l'aurais pas non plus laissé faire, c'est certain. Contrôle-t-il plus le loup que tu ne contrôles toi-même ta monstruosité ? Ce n'est pas difficile à faire, remarque. Ses derniers mots t'arrachent un très léger soupir qui détourne ton regard et force ta main à passer dans tes cheveux ébènes. Dois-tu lui dire ce qu'il ne veut pas entendre ? Ce que tu as pourtant bel et bien vu au fond de ses souvenirs canins. Il doit comprendre que sa bonté est sienne plus qu'elle n'est celle d'un animal sauvage. Mais comment faire comprendre à un monstre qu'il n'est pas aussi monstrueux qu'il ne se force à le croire ? Ca relève de l'impossible, danseuse, et tu le sais très bien. Tu es dans le même cas, n'est-ce pas ?

« J'y ai vu ce qu'il y avait à voir, ce que tu refuses de comprendre. La loup a été influencé par l'homme, confondant le sang de l'urgentiste avec celui de ta fille, il a cherché Azzura et a trouvé une inconnue, un loup étant bien incapable de différencier clairement deux femmes. Revenir près du corps lui a rappelé ton frère. C'est tout ce qu'il y a à dire, la réponse était bel et bien dans ta tête depuis le début : tu as sauvé cet homme. Avec l'aide du loup, à défaut de ton propre corps. »

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Cours, Lili, cours. [pv]

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