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 Electrical Storm {PV}

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MessageSujet: Electrical Storm {PV}   Dim 13 Avr - 20:41

Electrical Storm
Cora S. Di Mercurio & Azzura G. Di Mercurio
You're in my mind all of the time. I know that's not enough. If the sky can crack. There must be some way back. For love and only love. Car alarm won't let you back to sleep. You're kept awake dreaming some else's dream. Electrical Storm. The air is heavy, heavy as a truck. Hope the rain will wash away our bad luck. by pandora et Addicted Tragedy.


Prisonnière de ses songes, elle se tortillait sous ses vieux draps poussiéreux. Au rythme de la mélodie qui parvenait à ses oreilles. Un dernier chant sur son lit de mort. Une voix enfantine qui ne cesserait jamais de la faire frémir. Jusqu’au fin fond de ses entrailles. Celle de Zaira. Des vastes morceaux de terre flottaient dans les airs. Son petit corps inerte jaillit du cercueil. Dans un claquement de mâchoire, la fillette aspira la cervelle du premier individu qui se retrouva sur son chemin. Elle se lécha les babines pour ne pas perdre une goutte de cette giclée sanglante. Gemma se réveilla en sursaut lorsque la panique lui étreignit les tripes. Elle se raccrocha à sa réalité sinistre quand une odeur musquée et agressive lui arriva en pleine face. Les sensations revinrent lentement dans ses membres endoloris. Elle se leva avec difficultés et tituba jusqu’à la salle de bain. Les murs crasseux, le lavabo fissuré et les casseaux de verre éparpillés sur le sol miteux lui provoquaient des hauts le cœur. Elle retira sa chemise de nuit imbibée de transpiration et prit place sur le rebord de la baignoire. Comme toujours, les commentaires de sa cadette lui revinrent en mémoire. Elle pouvait remercier le seigneur. Cora ne s’était jamais lancée dans une visite improvisée. La colère et la déception ne l’avaient jamais quittée. Elle en était persuadée. Elle ne l’aurait jamais aidé à se sortir de cette situation déplaisante. Après tout, elles ne disposaient pas du même patrimoine génétique. Elle avait le droit de baisser les bras. De la considérer comme une erreur de la nature. De pousser un énorme soupir de soulagement en ressentant son absence. Des douleurs abdominales la tirèrent de son état quasi léthargique. Les médecins la shootaient aux médicaments. Elle ne parvenait pas toujours à recracher les pilules qu’ils enfournaient dans sa bouche.  Les effets secondaires étaient dévastateurs. Dans un bâillement fatigué, elle se passa la tête sous l’eau froide. Le monde s’était arrêté de tourner dès l’instant où elle avait arpenté les couloirs de l’hôpital psychiatrique. Encroutée dans une routine mortifère, elle avait perdu toute notion de temps. Elle tournait en rond depuis trois jours. Trois semaines ? Les surveillants ne lui laissèrent pas le loisir de poursuivre ses réflexions plus longuement. L’un d’entre eux enroula machinalement un bras autour de sa taille. Elle esquissa un rictus de dégout. Leurs mains impures volaient sur le corps des patientes sans aucune retenue.

Un reste de pudeur l’obligea à plaquer ses bras contre sa poitrine. « Ne me prive pas de ce spectacle ». Encore dans les vapes, elle ne broncha pas. Tétanisée à l’idée qu’ils l’installent en chambre d’isolement. Contre toute attente, l’inquisiteur déposa sur son lit une pile de vêtements propres, avec quelques fruits desséchés. « Enfile ça. Ce soir, ta bonne conduite sera récompensée. Tu vas prendre un peu l’air ». Un éclair de joie et d’incrédulité passa dans ses prunelles. Tel un animal affamé, elle se rua sur les aliments. Après avoir contenté son estomac, elle enfila rapidement une robe noire à bretelles. Beaucoup trop chic pour elle. A croire qu’ils avaient prévu d’exaucer ses vœux les plus chers. Avaient-ils entendu sa prière ? Réduite en esclavage, sa naïveté n’avait plus de limites. L'espoir de pouvoir enfin Le revoir ne s'en irait donc jamais. Ils la postèrent à l’arrière d’une ambulance et lui bandèrent les yeux. Elle émit des hypothèses complètement insensées. Après une dernière secousse, le véhicule s’immobilisa. Ils marchèrent pendant quelques mètres, baignés par la lumière de la lune. Les ricanements des gardes couvrirent les hurlements de terreur et les murmures indistincts qui affolaient ses sens. Ils lui libérèrent les yeux et la forcèrent à s’asseoir dans un siège en bois. Ils l’avaient emmenée dans une pièce confinée. Il n’avait jamais été question de Rafaele. On entendit bientôt des sanglots étouffés. Des supplications. La gorge serrée par l’angoisse, elle tendit son bras en direction de l’homme le plus indulgent. Il pouffa avant de regagner l’extérieur. Sa tête semblait sur le point d’exploser. Elle ferma les yeux un instant. Pour retrouver un brin de contenance. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque, la seconde suivante, elle croisa le regard de Susanna. Faisant preuve d’une stupidité affligeante, elle s’était laissée bercer d’illusions. Réclamant du réconfort. De la chaleur humaine. Imaginant sans doute qu’Elle allait l’inviter à prendre le thé. Sa simple présence fit remonter quelques souvenirs anodins. Un sourire franc et discret ourla ses lèvres fines. Elle se sentait revivre. Un nouveau visage apparaissait, sous ce masque de sarcasmes. Elle était prête à L’enlacer, toute rancœur envolée. La bouche cousue depuis plusieurs semaines. « Tu as renoncé aux guêpières et aux porte-jarretelles ! ». Malheureusement, le naturel ne tarda pas à revenir au galop. Elle se mordit violemment la langue en faisant une petite moue désolée. Elle ne voulait pas gâcher leurs retrouvailles.

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MessageSujet: Re: Electrical Storm {PV}   Mar 22 Avr - 19:55

Ses talons fins claquent contre le sol miteux, alors qu’elle arpente les couloirs tortueux de la prison. D’imperceptibles frissons courent le long de son échine, comme ils le font chez quiconque s’aventurant en ces lieux lugubres. Des courants d’air froid filtrent entre les cellules et viennent cingler sa chair. Elle serpente néanmoins avec une indifférence feinte entre les geôles emplies de crasse, baignées dans leur propre pourriture. Plisse seulement les narines lorsque des odeurs pestilentielles s’y incrustent. Il y a longtemps qu’elle est devenue maitresse dans l’art de faire semblant. Personne ne peut voir que derrière les rideaux fermés, le décor s’écroule. A moins peut être de la connaitre vraiment. L’humidité rance et la pourriture flottent dans l’atmosphère insalubre. Elle la sent, cette misère qui s’élève jusqu’au plafond imbibé de rouille et d’hémoglobine. Pour mieux s’évaporer dans un murmure croupissant. La prison paroissienne est affreusement sinistre. Personne ne peut aspirer à se retrouver écroué entre ces murs putrides. Et pourtant, de nombreux innocents y terminent tous les jours. Le lourd tribut à payer lorsqu’on cherche à s’élever contre la dictature. Les murs bavards se racontent à tour de rôle la triste histoire de ces malheureux détenus. S’éparpillent en chuchotis indéchiffrables, uniques témoins d’un sadisme sans bornes. Clamant l’innocence des captifs lorsque leur gorge se révèle trop aride pour le faire. En vain. Délibérément, elle ignore ceux qui se pressent contre les barreaux. Des suppliques se ruent hors de leurs lippes abimées, avant qu’ils ne lui crachent des insultes. Estomaqués par un tel détachement, rendus hargneux par l'isolement. Pendant que d’autres se contentent de gémir dans leur fragile sommeil. Mais c’est surtout un silence glaçant qui règne, parfois interrompu par un sanglot ou un hurlement.

La sorcière bifurque à l’angle d’un virage, si baigné par les ténèbres qu’elle ne peut même pas déceler si quelqu’un s’y trouve ou non. Seuls quelques faibles rayons de lumière parviennent en effet encore à traverser les fenêtres crasseuses. Elle commence à savoir se repérer à l’intérieur du pénitencier, c’est déjà la troisième fois cette semaine qu’on fait appel à ses services pour cuisiner un suspect. Une promotion que la légiste n’a pas eu le cran de refuser. Après tout, il n’était question que d’illusions… Elle ne prenait pas des pinces et des tenailles pour les faire parler. Refermant dans un bruit sourd une porte grise effritée par endroits, des shadowhunters sortent de la salle d’interrogatoire habituelle. L’un d’eux la dévisage de haut en bas, s’attardant avec un regard appréciateur sur ses courbes. Un vague sourire se glisse sur les traits de marbre de la nécromancienne, plus ironique et amer que réellement intéressé. Il lui rappelle l’un de ses collègues, et cette seule pensée tord violemment son palpitant. Elle a l’impression de Le distinguer derrière chaque uniforme sombre. Frémit d’anxiété chaque fois qu’elle aperçoit l’un des miliciens tant elle redoute qu’Il ne soit dans les parages. Un supplice intenable et incendiaire lui laboure les reins avec ardeur chaque fois qu’elle songe à Eux, et aux images immondes qui ont gravé l’infamie sur sa peau au fer rouge. Le toutou du gouvernement lui tend un dossier relié en cuir, contenant tout ce qu’elle a à savoir sur sa victime. Son nom, ses antécédents, ce pourquoi elle est ici. Elle l’ouvre, s’y plonge et lit à l’arrachée quelques lignes. Les mots meurtre, résistance, démence s’étalent sous ses yeux clairs. Elle ne prend même pas la peine de regarder son identité, elle s’en moque et ne veut pas le savoir. Si cela ne tenait qu’à elle, elle leur voilerait le visage pour ne pas y lire leur profond désarroi.  « - Les calmants l’ont rendue bien comateuse mais méfie-toi, elle peut se changer à tout moment en folle furieuse. » Souffle l’homme afin de la mettre en garde. Elle hoche la tête en signe de compréhension et se glisse dans la salle un brin restreinte. Fébrile, elle sait toutefois que les gardes restent à proximité et qu’elle n’aura qu’à les siffler un cas de problème.

En un soupir, ses sphères d’acier se heurtent à celles de l’internée. Et elle se sent tomber dans le vide. L’illusionniste aurait pu s’en douter, mais elle n’a rien vu venir. Son ainée semble ravie de la voir, une expression presque enfantine sur la figure. Cora doit s’appuyer contre le mur pour ne pas chanceler. Elle resserre ses feuilles contre son buste pour s’empêcher de s’éparpiller en mille morceaux à Ses pieds. Un pantin en papier mâché, qui prend l’eau de partout. Une grimace déforme ses lèvres lorsque Sa raillerie perce ses tympans et ses dents viennent les mordiller nerveusement. Elle pourrait la prendre dans ses bras, s’évertuer à faire disparaitre le chagrin de Ses jolis traits. Ou elle pourrait encore déguerpir, refuser de torturer sa propre sœur. Les instigateurs de cette réunion forcée ne font que tester ses limites, voir jusqu’à quel point elle est soumise au nouveau régime. Si elle refuse, il ne se passera sans doute rien. Rien de pire, du moins. Oui, elle pourrait fuir. Elle en crève d’envie, tant elle déteste La savoir incarcérée. Son premier réflexe serait de L’aider à s'évader, qu’importe les funestes conséquences.

Sauf que Gemma ne s’est pas contentée de lui briser le cœur. Non, elle l’a tailladé et décroché au couteau, puis la lame a raclé dans toute sa profondeur sa cage thoracique. Jusqu’à noyer le piteux myocarde dans son infect cruor. Alors elle se ressaisit, transforme sa silhouette crispée en glace. Elle prend même le risque de rompre la distance, et pose avec fracas ses documents sur la table de fortune. Elle s'y attarde, et Lui jette une œillade polaire lorsqu’elle daigne relever son minois contrarié vers l’insoumise. « - Par pitié… Épargne-moi ton air hagard de cocker battu, ça ne m’attendrit plus. » Siffle-t-elle. Elle ne hausse pas le ton, sa voix ne vient pas se fracasser dans les aigus. Mais elle emprunte ces intonations condescendantes et méprisantes qui ont le don de la rendre antipathique et détestable.  « - Et garde aussi tes moqueries mal déguisées pour toi, je crois que tu es mal placée pour ça. Mes danseuses ont beau finir nues sur scène tous les soirs, elles sont mille fois plus estimables que la créature obscène que tu es devenue. » Sa langue claque contre son palais sans la moindre indulgence, tandis que ses paumes s’aplatissent contre le bois qui les sépare pour qu’elles cessent de trembler. Elle n’avait jamais osé l’insulter ainsi. Parce qu’Elle a toujours été la plus âgée de la fratrie, elle l’a toujours considérée avec respect, y compris lorsqu’elles se disputaient.

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MessageSujet: Re: Electrical Storm {PV}   Dim 27 Avr - 20:05

Les sifflements aigus des projectiles parvenaient à ses oreilles. Lancés par Susanna, ils détruisaient son âme de pureté. Faisaient exploser sa fureur avec une force corrosive. Apparemment, Il n’était pas le seul à poser des conclusions hâtives. Ses poings se crispaient sous la table. La sueur s’égouttait péniblement le long de son front. Elle baissait les paupières en marmonnant des prières inaudibles. Ne prends pas le risque de La blesser à nouveau. Incapable de rester de marbre lorsqu’Elle enfonçait l’épée de l’Infamie dans son cœur. Pourtant, elle méritait ce châtiment. Sa voix dégoulinait de sarcasme en Sa présence. Les images diffusées sur les écrans avaient probablement fait fonctionner Son cerveau à plein régime. Les rumeurs les plus farfelues s’étaient mises à circuler. Au comble de l’idiotie, elle ne démentait pas. Leur naïveté dépassait l’entendement. En laissant libre cours à la méfiance, ils avaient lancé les hostilités. Les sourires vicieux d’Ezio lui avaient glacé le sang. Son visage se tordait en une grimace de dégoût lorsqu’elle imaginait ses doigts glisser sur la chair pourrissante de son cousin. Ils auraient dû s’en douter. Il était certainement plus confortable de lui vriller les tympans en proférant des accusations infondées. De la tenir responsable de tous les maux. Elle aurait voulu se laisser tomber sur son lit d’hôpital. Le poids de la déception sur les épaules. S’assoupir. Vaincue par la fatigue. Malheureusement, elle était coincée dans cette pièce confinée. Forcée de contrôler les pulsions rageuses qui faisaient défaut à son éternelle lassitude. Le regard fixé sur un mur de pierre, elle rejoignait une autre réalité. Faisant abstraction de la dureté de Ses traits. S’enfermant dans un curieux mutisme. Le crâne fractionné. Absorbée par une bulle sensorielle qui ne lui était d’aucun secours. Une tentative de fuite qui s’avérait inutile et qui ne lui ressemblait pas. Si le temps et l’espace n’avaient plus d’importance, si les mots se dissipaient peu à peu, les nuages de poussière stagnaient toujours dans l’atmosphère.

Ses yeux agrandis par l’angoisse gravitaient autour des lumières artificielles aliénantes. Aucune porte fenêtre à l’horizon. L’asphyxie la menaçait dangereusement. Un violent coup de froid la tira de sa contemplation. Un concert de gémissements s’échappant des lèvres des prisonniers. Elle tourna la tête en direction de la sortie et haussa un sourcil interrogateur. Avant de jeter un œil sur le bureau couvert de paperasses. Elle était dans des sales draps. Elle n’avait jamais pris place sur les bancs de l’université. Cette impression résultait d’une simple déduction logique. « Je n’ai jamais cru au père Noël, petite sœur. Il n’y a pas d’indulgence dans un monde enveloppé par les ténèbres ». Elle détestait cela. Rompre ses vœux de silence. Lâcher des paroles mensongères qui risquaient de Lui filer la migraine. Elle aurait dû le savoir. Peut-être qu’au fond, elle l’avait toujours su. Des images de supplices se succédèrent dans son esprit. Sa mâchoire s’écrasait contre le sol. Ses dents y restaient. Elle crachait du sang. Susanna en profitait pour planter une lame dans ses côtes. C’était le sort qu’Elle lui réservait. Elle en était à présent persuadée. Elle s’était enfoncée dans les longs couloirs blancs de l’hôpital. Des brumes oniriques l’avaient engloutie toute entière. Les vieux souvenirs avaient refait surface. Les dîners au coin du feu qui se finissaient dans des éclats de rires enfantins. Les berceuses qu’elle fredonnait en déposant la couverture sur Ses épaules glacées. En La voyant, elle avait imaginé que les réconciliations iraient au-delà du pardon. Elle s’était trompée. La frontière entre le réel et le fantasme s’était brouillée. Emprisonnée dans sa chambre depuis plusieurs semaines, elle avait créé son propre univers. La paix et la tranquillité y régnaient. Elle entamait donc une chute vertigineuse. Laissant échapper un rire sarcastique avant de relever un regard insatisfait sur Sa cadette. Elle aurait donné sa vie pour sauver la sienne. Devenir le souffre douleur dont Elle avait besoin ne l’aurait pas dérangée. Un exutoire à Ses souffrances.

Cachée derrière sa carapace d’acier, Elle ne s’en rendait même pas compte. Le cœur rempli de rancœur et de rage. Elle l’avait probablement trop déçue. Le sang qui coulait dans leurs veines accentuait cette triste réalité. Plus rien ne les unissait. Elle avait souhaité Le revoir, qu’importe le prix à payer. Un an après sa résurrection, elle réalisait qu’Ils s’éloignaient de jour en jour. Elle ne dormirait donc jamais sur ses deux oreilles. Les souvenirs de leurs affronts restaient profondément ancrés en elle. Sous un ciel sans étoiles, elle avançait sans objectif et sans avenir. Sentant une morosité poignante se dégager de la ville. Chacun se battant pour faire valoir ses droits et ses idéologies. L’humanité s’enfermant dans des excès de violence. Devant la puissance des explosions, elle sursautait. Certains jours, elle se sentait prête à défier la mort en personne. Elle n’avait plus rien à perdre, après tout. La seule solution qu’il restait à l’humanité, c’était la riposte. Ses lèvres se tordirent en un sourire forcé. Les muscles contractés, elle tendit le bâton pour se faire battre. « Quel joli portrait. Très véridique. Et c’est ce trait de personnalité qui me permet de m’épanouir et de vaincre la frustration. En tant qu’aînée, je devrais te donner les connaissances nécessaires pour séduire efficacement l’homme de ton choix. Ils ont justement un faible pour les individus obscènes. Les folles dingues insoumises, désinvoltes et adeptes de la débauche. Ezio pourrait t’en parler pendant des heures ». Etait-elle capable de croire en de telles balivernes ? Elle l’ignorait. Prête à manger de la terre si Elle l’exigeait. Simple passe temps ou défouloir après une journée de travail laborieuse, peu lui importait. Elle avait pris l’habitude de gémir comme un chien, de toute manière. « Je me demande si tu es venue pour me psychanalyser ou pour faire mon procès ». Rajouta t-elle en toute franchise.

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MessageSujet: Re: Electrical Storm {PV}   Dim 6 Juil - 13:53

Animée de sentiments détraqués, elle ne savait plus faire la différence entre l’amour et la haine. L’avait-t-elle jamais su de toute manière ? Certainement que non. La frontière était trop floue, trop imprécise pour qu’elle puisse vraiment s’y employer. Les fragments de son ancienne vie lui revenaient en pleine figure, comme des pierres jetées par une foule en colère. Elle se demandait pourquoi elle s’est laissée immoler par les flammes, quand elle aurait pu fuir. Dénuée du moindre instinct de survie, elle s’était abandonnée au brasier avec une résignation effroyable. Elle avait peur pourtant, affreusement. Mais moins de la mort que de la déception de sa grande sœur. Moins du supplice du feu que de l’angoisse terrible de perdre Son affection. A quoi bon un tel sacrifice désormais ? Est-ce qu’Elle la méprisait depuis toujours, ou était-ce une ultime punition qu’Elle lui infligeait ? Peut être qu’Elle cherchait seulement à lui prouver jusqu’à quel degré de débauche Il pouvait sombrer. A donner une base tangible à tous les crachats de mépris qui ratiboisaient ses oreilles depuis leur renaissance sur ces rives sanglantes. Et même avant. Une dernière tentative de protection, abjecte à lui en donner la nausée. Ou peut être qu’elle n’avait rien à voir là-dedans, que leur animosité extrême avait fini par se muer en un désir primaire. De toutes les hypothèses qui tournaient et retournaient en vrac dans sa tête, celle-ci était de très loin la pire. Elle ne pouvait pas Les imaginer animés d’une fièvre authentique, les entrailles dévorées par un plaisir brut. Ou du moins, elle ne parvenait pas à La visualiser prendre un virage si infect et outrancier. Elle, la mère de famille dévouée et l’épouse modèle. Il était inscrit dans Ses gènes qu'Elle le deviendrait, après avoir incarné tant d’années la fille parfaite de leur père. Que leur cousin débauché puisse vouloir s’adonner à des ébats si obscènes ne l’étonnait en définitive pas tant que ça. Si ce n’était pas Gemma qu’Il avait cherché à secourir juste avant leur exécution publique, si c’était elle qu’Il aimait autrefois et sans doute encore un peu aujourd’hui, elle prêtait les pires folies à Ses basses pulsions. Elle envisageait ainsi relativement facilement qu’Il puisse se vautrer entre les reins d’une ennemie mortelle, ou juste essayer. Même s’il s’agissait d’Elle, qu’Il avait toujours ouvertement dénigrée et piétinée. Des siècles s’étaient écoulés, avaient suffit à effacer l’Ezio de son enfance. Alors qu’Il puisse la tromper avec sa propre ainée, ce n’était pas si invraisemblable. Seulement atroce.

« - Cesse de toujours reporter la faute sur le monde, ce ne sont pas ses ténèbres qui te privent de mon indulgence, c’est ce que tu y fais. » Railla t’elle, peut encline à écouter Ses grands discours de martyre. La nécromancienne L’avait toujours farouchement admirée et jalousée, en tout et pour tout. Pour Sa bonté d’âme, pour Sa force inébranlable de caractère. Pour la manière remarquable dont Elle avait mené Sa barque, faisant fi des courants contraires. Pour le fait d’avoir toujours été une battante. Prête à prendre des risques au nom de Ses opinions et pour mener l’existence choisie, et non celle qu’on aurait pu chercher à Lui imposer. Pendant qu’elle mourrait à petit feu entre les griffes d’un mari violent et indigne, enfermée dans une routine infernale, Elle choisissait de rester une anticonformiste dévouée à des idéaux humanistes. Nul doute que même si le patriarche lui avait imposé à Elle aussi d’épouser un noble, la danseuse se serait révoltée et non apitoyée sur son sort. Mais si elle l’avait enviée pour tout cela, jamais elle n’avait cru briguer un jour le même homme qu’Elle. Il n’était supposé n’être qu’à elle. De toutes les choses qu’Elle pouvait lui prendre ou faire mieux qu’elle, il avait fallu qu’Elle s’approprie la seule qui lui tenait vraiment à cœur. La seule sans laquelle elle ne se sentait plus exister, qui laissait un trou béant dans sa cage thoracique. Jamais elle ne s'en remettrait. Elle s'était relevée, les lambeaux de son palpitant continuaient de battre dans le vide et ses poumons de brasser du vent. Mais elle n'était plus qu'une vulgaire coquille, gorgée de souffrance et d'horreur.

Un frisson meurtrier lui déchira l’échine lorsque la riposte de la captive s’éleva dans l’atmosphère souillée. Un voile de douleur traversa ses rétines translucides et ses phalanges meurtries se crispèrent davantage sur la table de fer. Il y avait trop de querelles entre elles. Trop de rancœur. Trop de mots durs aptes à incendier ses veines et à lacérer ses viscères. Sa mâchoire trembla, et elle ravala péniblement le dégout qui remontait le long de sa gorge en sanglots. « - Fais-moi une faveur, et garde tes leçons pour toi. Me faire arracher chaque centimètre de peau à l’acide serait plus agréable que d’entendre ta voix stridente s’échouer dans l’air avec autant d’arrogance. Je crois que tu t'es assez vengée. » Azzura n'aurait pas pu faire plus abominable, rien n'aurait pu la détruire avec autant d'habileté, avec une minutie si implacable. « - D'ailleurs, est-ce qu’il supporte mieux qu’avant tes babillages constants, ou bien est-ce que comme dans mes souvenirs ça la lui coupe toujours efficacement ? » Les nerfs à vif, elle se montrait vulgaire. Rongée depuis des semaines par l’incompréhension et l’amertume, elle ne pouvait s’empêcher de dévier de sa mission première et d’empiéter sur Leur liaison sordide. Réagissant de façon démesurée, elle demandait des détails graveleux qu’elle n’était pas prête à entendre. Elle se le demandait, néanmoins, si la mécanique fonctionnait mieux avec Elle. Quand La mentionner lors de manèges sensuels Lui faisait systématiquement l’effet d’une douche froide. Quelque chose ne collait pas dans cette affaire, et si elle l’admettait volontiers, elle ne pouvait cependant pas nier les faits. Écarter de son esprit les preuves tangibles de Leur tromperie. Même le déni n'était pas accessible.

Lançant un léger coup d’œil à la caméra qui trônait en hauteur dans un coin de la pièce, l’italienne fit l’effort de se ressaisir. Se donner en spectacle n’était pas la solution adaptée. Son humiliation avait suffisamment été étalée sur tous les postes de télévision. « - Ni l’un ni l’autre. Je laisse la psychanalyse aux professionnels. Quant à ton procès… Je vais même te laisser l’opportunité de l’éviter. Je ne suis pas si mauvaise et rancunière, tu vois. »  Susurra t’elle, empruntant des intonations détachées qui sonnaient incroyablement faux. Elle tentait maladroitement de dompter sa fureur, comme on tenterait de domestiquer un animal sauvage. « - Il te suffit de nous confier tout ce que tu sais sur la Résistance, et tu sortiras d’ici indemne. Tu n’aimerais pas passer le restant de tes jours en hôpital psychiatrique, n’est ce pas ? T’épanouir et vaincre ta frustration deviendrait un peu plus compliqué avec un tel accoutrement… Loin de tes jolies tenues lascives. » Ses azurs électriques foudroyèrent avec sévérité la prisonnière, avant d’illustrer ses propos. L’illusion se déploya, La capturant dans une camisole de force. Les bras solidement noués.

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MessageSujet: Re: Electrical Storm {PV}   Mer 23 Juil - 18:28

Le sang qui circulait dans Ses veines se durcissait au fur et à mesure de leurs rencontres. Le mépris entourait chacun de Ses mots, ce qui ne lui permettait pas de contrôler les tremblements nerveux de son corps. Elle n’était plus du tout la petite fille distinguée qui lui en avait fait baver avec élégance. Elle ne contaminerait plus personne avec sa joie de vivre, des sourires bienveillants toujours collés aux lèvres. Les membres du gouvernement avaient le pouvoir d’endormir les gens. D’aspirer la pûreté et la douceur infantile qui émanait de Susanna. Ils lui avaient ingurgité un poison qu’elle était incapable d’extraire. Il prenait place dans Ses poumons. Très lentement. Projetant de circuler dans Ses neurones, histoire de dévorer Son esprit et de La faire basculer plus profondément dans l’insouciance. Ses idées seraient beaucoup plus claires, une fois qu’Elle serait libérée de leurs griffes. Si seulement. Le simple fait qu’Elle supporte les doctrines extrêmistes lui donnait la nausée. A croire qu’Elle ne vivrait que pour deux choses, désormais. Défier ses ennemis lors des Hunter’s Seasons. Parier de l’argent en assistant aux combats, des larmes de joie perlant au coin de Ses yeux. Les secrets du bonheur éternel. Probablement nostalgique du temps passé, Elle avait décidé de rejoindre le centre de la bataille. D’enfiler Son armure d’acier, de dégainer Son épée et de lui trancher la tête d’un coup sec. Envisageant sans doute de la faire rôtir comme un vulgaire gibier. Ne trouvant plus d’excuses valables pour justifier Sa conduite, Elle faisait ses grands sermons. Elle se sentait impuissante. Si faible, à cet instant. Elle n’avait plus le pouvoir de La détourner de la politique et de La tenir écartée des individus abjects qui lui offraient une place dans les ténèbres. Détestée chaque jour un peu plus, elle n’exerçait aucune influence sur sa cadette. Les rumeurs courraient toujours à son sujet, ce qui n’arrangeait pas leurs affaires. Les gouverneurs étaient capables de Leur faire gober n’importe quoi. Ils piétinaient sauvagement l’estime qu’Elle lui portait. La soumission dont Elle faisait preuve était légendaire. Ils pouvaient tout balayer d’un coup de main en l’air. Leur relation, les souvenirs qui les unissaient. Elle les laissait agir sans broncher. A croire qu’Elle se pliait également à leurs principes religieux. Oubliant qu’autrefois, leur nez se retroussait, lorsqu’elles se rendaient à la messe.

« Il ne te manque plus que le scapulaire et la cornette, et tu incarneras la perfection chrétienne. Toi qui entrais dans les églises à reculons...ils ont fait du très bon travail ! ». Maugréa-t-elle en croisant les bras dans une posture défensive. Elle synthétisait toutes Ses analyses sans prendre la peine de La contredire. Tentant en vain d’encaisser ces accusations injustifiées. Elle sentait ses poils se hérisser sur son échine, au contact de cette arrogance mal placée. A quoi bon faire en sorte que Ses soupçons se dissipent ? Susanna ne souhaitait pas dépasser le stade de la haine. S’enliser dans une dépression  mélancolique. Elle ne lui volerait pas Son plaisir. Ses dernières bouffées d’oxygène. Elle La laissait pomper son sang jusqu’à la dernière goutte, ne cherchant plus aucune raison de vivre. Réduite à l’état de pantin désarticulé qui ne faisait que signer son procès verbal, elle attendait son heure. « Tu pourrais me trancher le bout de la langue avec un scalpel. Après tout, tu as subi un lavage de cerveau intensif. Un traitement de désensibilisation à la violence. Et puis je suis certaine que tu recevrais la médaille d’honneur du travail en conséquence ». Un discours ironique qui Lui passerait certainement au-dessus de la tête. Sur son lit de mort, elle dépensait toute son énergie restante pour Lui faire prendre conscience de la réalité. Des tentatives maladroites qui ne faisaient qu’accroître son sentiment d’échec. Un rire sans joie flotta dans les airs. Le sien. Des images suggestives naquirent dans son cerveau. Son estomac se souleva. Une liaison aussi improbable qu’inimaginable. Et pourtant, Elle s’aventurait encore sur ce terrain.

« Je sais me montrer docile lorsque les circonstances l’exigent. Soit. Merci. Grâce à vous, j’explore la connerie humaine. Elle est légendaire ». Elle prit son air suffisant. S’apprêtant à lever les yeux au ciel et à grogner d’injustice, elle fut coupée dans son élan. Se figeant face à ce nouveau revirement. Elle fronça les sourcils pour Lui témoigner son incompréhension. Elle avait été claire et directe. Elle ne ferait plus preuve d’indulgence. « Je ne me laisserai pas berner, Susanna. Tu te réjouis de mon malheur. Tu laisses la haine t’engloutir et tu me toises d’un air satisfait. Je vais aller dans ton sens. Je ne te dirai rien. Je me contenterai d’une chemise de nuit assez large. Lorsqu’il m’a aperçue dans cette tenue, ses prunelles se sont quand même enflammées. Et… ». Les bras comme noués, elle se mordit les lèvres pour étouffer ses cris de douleur. Elle la poussa au-delà de Ses limites. « Il va falloir que tu sois plus inventive…». Prisonnière d’une camisole invisible, elle n’aspira qu’à reconstituer ses réserves d’oxygène.

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MessageSujet: Re: Electrical Storm {PV}   Sam 30 Aoû - 20:21

(Paroles en italique = Italien)

Sa rancœur faisait office de pansement. Lui donnait l’illusion nécessairement précaire et vouée à l’échec qu’elle allait parvenir à ne pas s’effondrer en miettes à Ses pieds. Elle y tenait à ses apparences, elle y tenait à son ego. Probablement parce que c’était tout ce qu’il lui restait, parce que c’était la dernière branche à laquelle elle pouvait se raccrocher. Le contrôle. Même si son existence entière lui échappait et qu’elle courrait lamentablement après, s’écorchant impitoyablement les genoux contre le bitume. Un art dans lequel elle excellait déjà à Rome, lorsqu’il fallait s’afficher au bras de son abject mari et feindre le bonheur parfait. Même Elle n’y avait vu que du feu, avant de se rendre à l’évidence lorsque le scélérat l’avait répudiée et jetée à la rue. Lorsqu’Elle avait enfin remarqué les estampilles pourpres s’étalant sur l’ivoire de sa peau, sous la couche de vêtements dissimulant tant bien que mal la misère. Son ainée était celle qui avait appuyée cette alliance, qui l’avait convaincue de se rendre devant l’autel sans résister. Etait-ce déjà une manœuvre à l’époque pour l’éloigner de Lui ? Non pour son propre bien, comme Elle le lui assurait à tort et à travers. Mais pour assurer la pérennité du Sien. L’italienne devenait complètement folle, analysait le moindre de Ses sermons passés pour n’y voir que vilénie et traitrise. L’avaient-Ils prise pour la pire des idiotes durant des siècles ? S’étaient-Ils eux-mêmes leurrés en entretenant leur rancune mutuelle comme un animal familier, avant de céder à un désir plus impérieux que toutes les barrières érigées entre eux ? A en juger par Son attitude insolente et fermée, il y avait fort à parier qu’elle n’obtiendrait pas la réponse à cette question cruciale en sortant de la salle d’interrogatoire. La nécromancienne était bien loin d’aspirer à Lui trancher la langue. Elle voulait au contraire qu’Elle parle, qu’Elle s’épanche. Comprendre ce brusque retournement de veste. Mais tous les mots qui sortaient de Sa bouche cruelle n’étaient que des quolibets empreints d’arrogance et de mépris. « - Je pourrais. Mais je vais éviter de salir bêtement ma tenue. » Elle commençait à manquer de souffle, la gorge raclée à l’acide. Ses leçons de morale lui retournaient les tripes, tandis qu’Elle y plongeait Ses doigts froids avec énergie. « - Ne te sous-estime pas. C’est toi qui m’a sortie de la voie païenne que j’avais empruntée. Mon âme ne te remerciera jamais assez pour tous tes terribles sacrifices. Coucher avec le diable pour sauver ta petite sœur de ses griffes acérées, comme cela a dû te coûter… » Susurra t’elle, sur un ton faussement reconnaissant. Elle se remémorait à la perfection toutes Ses paroles acerbes, tout le venin craché sur leur cousin. Félon, brute, pervers, disciple de Satan. Existait-il alors un seul défaut qu’Elle n’attribuait pas à l’italien ? Elle Lui prêtait tous les vices, l’accusait de tous leurs maux. Le Tibre aurait pu déborder de son cours d’eau, que Susanna n’aurait pas été étonnée qu’Elle l’accuse d’en être l’unique responsable sans sourciller.

Embarrassée de laver ainsi son linge sale en public, l’illusionniste tenta vainement de sauver ce qui restait de sa dignité. De changer de sujet pour mener à celui qui intéressait les autorités orchestrant cette triste comédie : les rebelles. A mille lieux de vendre Ses comparses, la danseuse préféra néanmoins lui lancer une énième provocation en pleine figure. Et attiser les braises fumantes de sa colère. Lorsqu’il m’a aperçue dans cette tenue, ses prunelles se sont quand même enflammées... Ses grands yeux bleus s’écarquillèrent, alors que ses ongles crissaient désagréablement contre la ferraille. Repliée dans sa bulle de l’effroi, elle distinguait nettement la danse de Ses lèvres mais le brouhaha percutant ses tympans la rendait sourde. Ses muscles se crispèrent horriblement, elle les sentit rouler sous son épiderme, fondre dans sa chair comme des glaçons aiguisés. Gelant ses artères pour qu’elles se brisent comme du verre. « - Ezio est… Il est venu te voir ? » Balbutia-t-elle péniblement, le teint cadavérique. Avant de détailler Son petit air satisfait, d’amplifier la bile distillée par Sa tirade pour n’y percevoir que l’intention de la lacérer jusqu’au sang. Trahison ultime : ils continuaient à se voir dans son dos. L’annonce du journaliste véreux n’y avait pas mis un terme. « - Evidemment, j’aurais dû m’en douter… » Aboya t’elle, s’occupant de faire les questions et les réponses. Et la montée de rage fut plus forte que son amour inconditionnel pour Elle. L’illusion se fracassa sur les récifs de sa démence, sur les écueils de Son indifférence, à l’instant même où elle contourna la table métallique pour se jeter sur Sa carcasse famélique. Dévorée par la haine, elle perdit littéralement les pédales. Serra Sa jugulaire avec une hargne démesurée, les rétines injectées d’hémoglobine. Elle qui voulait tant La faire parler, ne souhaitait plus qu’une chose : qu’Elle se taise, qu’Elle se taise par pitié. Qu’Elle cesse de la harceler avec des images insoutenables, de la torturer impunément. De déclencher cette machinerie infernale apte à broyer sadiquement ses intestins. Et par-dessus tout, qu’Elle cesse de presser son myocarde comme un vulgaire citron, de l’achever à la hache.

Mais l’élan de fureur se désagrégea au même rythme que Sa respiration, et ses phalanges se retirèrent aussi subitement de Sa gorge qu’elles s’y étaient apposées. Sonnée, elle se recula vivement, en proie à une fièvre dévastatrice. Grelottante, l’épiderme pourtant brûlant, elle n’était plus qu’une boule de nerfs sur le point d’imploser et d’exploser simultanément. Dotée de guiboles en coton. Elle se laissa tomber comme une masse sur sa chaise, affreusement honteuse. Son regard clair se coula sur ses paumes tremblantes, tendues face à elle. L’une de ses mains se glissa fébrilement contre son front endolori, puis dans ses mèches brunes. Les sanglots jusqu’ici retenus éclatèrent violemment, martelant ses bronches et l'obligeant à inspirer bruyamment. « - Je ne crois pas que j’arriverai à te le pardonner un jour. Ni à moi non plus d’ailleurs. » Murmura t’elle dans sa langue natale après de longues secondes, lorsque son souffle se décida à ne plus imiter celui d’un phoque et que ses pleurs nerveux se calmèrent légèrement. Elle s’en voulait. Terriblement. Rien ne justifiait ce qu’elle venait de faire. Aucun homme ne méritait qu’elle s’en prenne aussi rudement à celle qui l’avait quasiment élevée. Même pas Lui. Surtout pas lui, après sa tromperie… L’interminable lutte l’épuisait. Elle voulait retrouver ses huit ans. S’emmitoufler sous des couvertures, tandis qu’Elle les bercerait d’histoires rassurantes, Chiara et elle. Elle voulait redevenir une enfant et se blottir contre Lui un soir d’orage, sans pulsions indécentes pour venir creuser sournoisement ses reins. Effacer l’ardoise, reprendre tout depuis le départ, corriger les innombrables ratures. Elle voulait l’impossible, mais il y avait bien longtemps que plus personne n’exauçait ses vœux. « - Pas seulement pour ça. Pour tout le reste. C’est ta haine qui m’a faite sombrer Gemma. La mienne n’en est que le reflet. Et c’est par ta faute que l’histoire se répète. Si tu ne parles pas, ils te détruiront d’une façon ou d’une autre, et je ne pourrai rien y faire. » Rassemblant le peu de forces qui subsistaient dans son corps frêle, la sorcière fit jaillir par la pensée un rideau de flammes chimériques. Les assassines léchèrent le sol insalubre, entourèrent la captive. La vue trouble, elle n’en discernait que l’ombre rougeoyante. « - Je me contenterai de t’observer te faire calciner si tu n’y mets pas du tien. Qu’est ce que tu sais exactement d’eux ? » Elle se voulait menaçante, mais sa voix chevrotait, et elle devait batailler férocement avec son for intérieur pour ne pas rompre le mirage ravageur. Elle semblait davantage l’implorer, désireuse de s’en aller. La souffrance n’était au moins que dans Sa tête, se répétait-elle en boucle pour ne pas plier. Si des miliciens entraient dans la pièce, ils se montreraient moins cléments. Entrainés pour se comporter comme des barbares, ils useraient de sévices incroyablement plus réels et effroyables pour venir à bout de Ses dernières résistances. Mieux valait qu’Elle parle sous son impulsion, et n’en garde aucune séquelle physique. Oubliant volontairement que les tourments psychologiques s’avéraient souvent infiniment plus ignobles et redoutables que ceux qui marquaient véritablement l’épiderme. Les stigmates invisibles étaient indélébiles.

Un claquement de porte, et c'est toute l'illusion qui vola en éclats. Le collègue qui lui avait adressé la parole juste avant qu'elle ne découvre la criminelle s'avança vers elle, posant une main ferme sur son épaule. Il se garda de faire un commentaire mal placé sur ses yeux rougis et ses tremblements pitoyables, ayant sans doute un peu pitié d'elle. « - Ça suffira pour aujourd'hui. Puisque cette bourrique ne veut pas entendre raison avec la méthode douce, on va essayer plus corsé. Tu peux disposer. » Susurra t'il sur un ton mielleux, visiblement très fier de lui et de sa piètre autorité de shadowhunter. Ignorant le sourire carnassier du tortionnaire, promesse de mille morts, Cora ne se fit par prier pour déguerpir. Assemblant les morceaux d'elle éparpillés par terre, ce qui restait de sa pauvre dignité, mais en omettant de récupérer son besoin primaire de La secourir. Elle n'avait plus le courage de se battre pour Elle, malgré tout l'amour qu'elle continuait de lui vouer. A bout de forces, physiquement et moralement, la seule option qui s'offrait à elle était la fuite.


| TOPIC TERMINÉ.

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Between Iron And Silver
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