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 « L'autre jour, au café, je commande un demi. J'en bois la moitié. Il ne m'en restait plus. » [pv Kathleen]

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rirat bien qui rirat le dernier

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MessageSujet: « L'autre jour, au café, je commande un demi. J'en bois la moitié. Il ne m'en restait plus. » [pv Kathleen]   Mar 15 Avr - 20:35



Parfois, je me fais la réflexion que je suis stupide. Avant de me souvenir que je le suis réellement, et que je me le prouve chaque jour avec une régularité étonnante. Je suis stupide, donc, voilà un fait avéré. Un autre fait avéré, c’est que je ne suis pas grand-chose d’autre. Maladroit. Quadrilingue selon toute apparence, puisque je comprends sans sourciller le russe, l’espagnol, l’anglais et le français. Je peux certes lister sur des dizaines d’items ce que j’ai pu être, et que je suis encore capable d’être, mais je n’ai pas l’impression que ce soit moi. Dans un petit bruit, mon psychologue tire un fauteuil, m’invite à m’asseoir, et commence par me demander comment je vais. « Pas très bien » réponds-je dans un soupir anxieux, avant de le regarder et de lui offrir un sourire contrit. Je rajoute in extremis un « j’imagine » avant qu’il ne me demande pourquoi. Je le vois froncer les sourcils, et je me tortille, mal à l’aise, dans le fauteuil pourtant confortable. D’un mouvement de tête, comme d’habitude, il reste silencieux et m’invite à poursuivre. Je me déchausse d’un mouvement de talon, et ramène vers ma poitrine mes genoux. Comme d’habitude. « Je crois que je préfère ne pas savoir qui j’étais, en fait, mais je ne peux pas m’empêcher de chercher. » Un nouveau signe de tête. Il estime que je n’ai pas fini, mais je ne veux pas en dire plus. Je me mordille la lèvre, en laissant mon regard dériver sur le reste de son bureau, que je connais bien maintenant. Je n’ai pas envie de parler, ce qui est stupide si je veux qu’il m’aide. Ce que je veux bien sûr. Depuis Jack, il m’a toujours donné de bons conseils. Mes doigts viennent ébouriffer mes cheveux bouclés, le temps que je reprenne, avec une nervosité croissante. « Vous avez vu la vidéo ? » Une question directe, voilà la seule manière de le forcer à cesser de me faire parler. Pour le moment, certes, mais c’est déjà ça. « Tu veux qu’on en parle, Lawrence ? Est-ce que ça t’a rappelé des… choses ? » Une main s’empare de mes entrailles pour jouer avec, les nouer et les étrangler minutieusement. « Ca s’est passé… après… mon coma. » Ma nuque tourne, mon regard se déplace, mais j’évite consciencieusement de croiser son regard. « Je ne sais pas ce qu’il m’a pris sur l’instant. Jack… le flingue… je ne sais pas comment j’ai fait et j’étais si… sûr de moi… » Ma respiration devient laborieuse, réaction certainement due au stress. « J’ai peu de découvrir qui j’étais, et de lever le voile, et j’ai l’impression que je glisse inévitablement vers cette conclusion, et je… je ne me connais pas, je ne me comprends pas, et je… » Une main se pose sur mon épaule, me faisant sursauter ; et me taire. « Calme toi, Lawrence. » Je me prends la tête entre les mains en me concentrant pour me calmer, en effet. « Qu’est ce que je te dis depuis que l’on se voit ? » D’aller de l’avant, et de ne pas faire de mon amnésie une excuse ou pire, le centre de ma vie. Je suis quelqu’un d’autre avant d’être amnésique, et je peux me reconstruire. Voilà ce qu’il me dit, et voilà ce que j’essaye de croire, et de comprendre, et d’apprendre. Mais rien de tout cela n’est aisé, je le sais, et il doit le savoir lui aussi. Sa main serre mon épaule, et je le sens sourire posément. Il commence à bien me connaître, lui. « Tu ne pourras pas avancer si tu regardes constamment en arrière. Est-ce que tu as une vie à toi ? Gâches-tu les heures que tu as à guetter des signes, ou t’investis-tu réellement dans ta vie ? »

Quelques heures plus tard, sa question tourbillonne encore à la frontière de mes pensées. Mes doigts passent sur ma barbe naissante, remonter gratter un point au dessus de mon oreille pour se perdre sur la cicatrice à laquelle je dois mon amnésie. Je sais que mon psychologue n’a pas tort, et ce doit être cela le pire. Pendant tout le reste de la séance, nous avons parlé, pour essayer de s’appuyer sur le peu que j’ai construit sur mon réveil, pour voir les objectifs que je pouvais me fixer pour la semaine prochaine. Selon lui, j’aurai déjà du commencé à espacer nos rendez vous. J’aurai déjà du accepter pleinement d’avoir tout recommencé à zéro. Malheureusement, je ne parviens pas à m’y résigner, et c’est redoutablement clair alors que mes pas me mènent vers un endroit que je sais qu’elle fréquente. Ma joue me brûle encore de la gifle qu’elle m’a asséné, en me traitant de tous les noms et en affichant clairement à quel point je l’avais déçue. Je vais à l’encontre de tout ce que mon psychologue a essayé de me faire comprendre pendant l’heure et demi qui vient de s’écouler, je le sais. Et pourtant, je ne peux pas m’empêcher de me déplacer vers elle. Bêtise ? Assurément. Je m’arrête à un magasin pour acheter… j’ignore trop quoi. Un moyen de l’aborder, d’éviter une autre gifle et de la dompter, peut être. J’ignore qu’elle était notre relation, avant, mais une chose est certaine : elle m’attire irrésistiblement. Dans un petit rire – teinté de jaune, il faut se le dire – je m’imagine, différent, plus sûr de moi, en train de la draguer, et je me demande comment je m’y serais pris. Comment l’ancien moi s’y serait pris. Comme cette ombre qui me recouvre dans les pires moments, me poussant à tuer un homme sans la moindre hésitation, s’y serait pris. Bien moins maladroitement que moi, à n’en pas douter. Je remarque sa silhouette à distance et étrangement je me fais le remarque que cette silhouette, je ne l’ai pas oubliée depuis la dernière fois. Peut être que mes problèmes de mémoire immédiate et de concentration vont en s’estompant, au final.

« Bonjour, j’ai apporté un café, tu veux… qu’on… discute ? » Avant même d’avoir fini ma phrase, je me rends compte à quel point je suis lamentable, avec mon café tendu dans sa direction, l’autre, prévu pour moi, qui me brûle la pulpe du doigt, et mon sourire gêné, bêta et crétin, comme à son habitude.

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MessageSujet: Re: « L'autre jour, au café, je commande un demi. J'en bois la moitié. Il ne m'en restait plus. » [pv Kathleen]   Mar 15 Avr - 21:36


Un an. A quelques jours près, à quelques nuits près. Mon cerveau essaye d'oublier cet affreux évènement. Un an que mon monde s’est écroulé. Doucement, surement. C’est même à se demander si dans un quelconque univers parallèle, je n’aurais pas détruit un quelconque dieu. C’est la seule raison plausible, non ? Bref. Tout ça n’a plus d’importance, c’est arrivé. Et le monde devrait être réglé sur une telle devise. Un parent ne devrait jamais, au grand jamais, voir son enfant mourir. La chair de sa chair. Je pousse un profond soupire. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, j’ai quitté mon chez-moi depuis l’aube. Rester dans cet endroit, j’ai mieux à faire. Mais dans le genre, bien mieux. Ou pas enfaite. Je n’ai pas grand-chose à faire ces jours-ci. Depuis longtemps, je n’ai plus eu aucune réelle affaire très croustillante à me mettre sous la dent. A croire que je perds les poings. On me dit souvent que je devrais vendre cet endroit. Pour oublier définitivement les fantômes qui hantent les murs, les tiroirs, les armoires. Mais ça serait comme l’abandonner pour de vrai. Fermer la porte à tous nos souvenirs, écraser tout ce pour quoi j’ai vécu durant quelques années. Et je ne peux pas. Le perdre, la perdre, je pense que j’ai essuyé assez de perte pour les quelques décennies à venir maintenant. Je n'ai pas pu me résoudre à abandonner ses affaires. Et après avoir quitté New York, j'ai tout emballé. Tout amené ici, en Nouvelle Orléans. Toutes ses affaires trônent un peu partout. Au volant de ma voiture et de ses nouveaux pneus – quelle histoire encore tout ça – je roulais à vive allures vers le sud de la Nouvelle Orléans. J’habitais à l’opposé total. Mais j’aime m’y rendre. C’est beaucoup plus calme que les autres quartiers. Peut-être parce que c’est un endroit très… riche. Les maisons, parcs, tout est entretenu comme jamais. Jamais on ne voit un détritus à terre. C’est assez surréaliste sans doute. Mais réelle. Et c’est ce côté étrange qui me fascine. Surtout dans notre monde actuel. Et puis le parc vers lequel je me dirige, est presqu'une copie conforme de celui où j'allais avec elle. Et ça me rappelle tant de souvenirs. Durant de longues après-midi, j'avais l'habitude de traîner dans les parcs avec Penny. A la regarder jouer. Mais surtout, c’est dans un parc, certes de New York, qu’elle et… l’autre se sont rencontrés. Ouais. Pour moi, c’est l’autre maintenant. L’imbécile. Genre, mais totalement. Quand je pense que… Non. On n’y pense pas. Ça ne sert à rien. C’est trop tard. Debout au milieu d’un parc. Je tourne. Tourne. Le vent frais d’avril glisse sur ma peau nue. Je pousse un long soupire. Encore aujourd’hui, trois semaines plus tard, mon poing me démange.

Le soleil est haut dans le ciel. Caché par des nuages, il essaye en vain de se frayer un chemin. Prise dans un étau d’adrénaline et de tremblements incontrôlés, je ne compte plus le nombre de minutes, d’heures passées ici, au Garden District, à essayer de me défaire de remords encrées au plus profond de mon être. Un poing lancé, un bras ramené. Un cri de rage lâché. Puis j’entends un bruit. Le calme plat qui régnait autour de moi est brisé par des bruits de pas. D’abord doux puis de plus en plus présents. Reprenant ma respiration, je cherche des yeux l’intrus. Moi qui me pensais seule aujourd’hui, c’était raté. Ou alors c’était un perdu qui cherchait son chemin. Dans tous les cas, ça me dérangeait. Ouais. Je n’étais pas d’humeur, loin de ça. Ou alors, j’allais enfin avoir de quoi mettre toute cette hyperactivité qui revenait à la charge, l’expulser de mon corps. C’est alors que je le vis. « You have to be kidding me… » J’étais prête à prendre mes clics et mes claques sans plus attendre. « Bonjour, j’ai apporté un café, tu veux… qu’on… discute ? » Et j’éclatais de rire. Mais pas d’un rire franc, sincère, plutôt un jaune, celui qui reste au final coincé dans la gorge. Où seul le son ressemble un tant soit peu à un rire. Et de loin. Il est là, planté devant moi, un… café en main. A attendre. A attendre quoi ? Un signe ? Laisse moi rire. Je croise les bras sur ma poitrine. Julian, ou Lawrence devrais-je dire, est un superbe imbécile. Et encore, je retiens mes mots. « Tu te fous de moi ?! » J’approche d’une enjambée. « Tu es quoi ? Sado maintenant ? Tu veux t’en ramasser une autre ? Tu n’as pas assez fait de dégâts que tu veux encore plus remuer le couteau dans la plaie peut-être ? Je ne suis plus… Je… AHHHH » Avec lui, je n’ai jamais su être rationnelle. Et encore moins aujourd’hui. Je le déteste tant. Durant des mois, des semaines, des heures, je me suis décomposée, perdue, détruite par sa faute. Pour en revenir à quoi ?! Rien du tout. J’ai perdu je ne sais combien d’années de ma vie avec… ça. Je tends la main, attrapant son ridicule café bouillant en main, et balançant le contenu à côté de nous. Lui jetant ensuite le gobelet sur son torse. « Qu’est-ce que tu me veux ?! Pourquoi t’es ici ?! » Debout, les bras ballants, j’ai envie de lui sauter à la gorge. Ouais, comme un chien enragé. Puis si môssieur n’était enfaite pas mort, il a du apprendre pour elle… Et je le déteste encore plus de n’avoir fait aucuns pas, aucune approche. Il l’a connaissait. Il savait qu’elle était tout pour moi, et il préférait sa petite vie confortable en tant que garagiste de pacotille. Salopard. Je fulminais de tous mes pors.

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MessageSujet: Re: « L'autre jour, au café, je commande un demi. J'en bois la moitié. Il ne m'en restait plus. » [pv Kathleen]   Sam 19 Avr - 12:47



Me voilà certain d’une chose : elle n’a pas l’air ravie de me revoir. Voilà le premier constat que j’établis devant sa réaction pour le moins… attendue. Après tout… si j’ai bien compris, nous étions proches, avant. Sa gifle était suffisamment puissante pour faire correctement passer le message. Ma joie se souvient encore de l’impact, et en mémoire, je fais bouger ma mâchoire, comme pour vérifier qu’elle est toujours fonctionnelle. Ce simple mouvement fait naître un bâillement, alors qu’elle lance les hostilités en ne me laissant pas le temps de placer un mot. « You have to be kidding me… » Non, je t’assure, Kathleen, je ne me fous pas de toi. Les mots restent coincés dans ma gorge, remplacés par d’autres plus… moins… originaux. Je lui tends le café, sans grande conviction quant au succès de l’opération, et de toute évidence, je n’ai pas tort. Bonjour lui fais-je donc, et la voilà qui part dans un rire qui me glace le sang. Il n’est ni joyeux, ni amusé. Il ne trace pas de petites rides au coin de ses paupières, rides que je cherche sans m’en rendre compte. Je ne comprends pas mais je pense que je ne veux pas comprendre non plus. Mon regard perdu n’arrive pas à se fixer, passant de ses yeux à ses lèvres, sa poitrine, aux arbres qui nous entourent pour revenir sur son visage que je découvre connaître par cœur. Mes yeux plissés lui demandent ce qui peut être la cause d’une telle réaction. Explique-moi donc, Kathleen, parce que je n’ai aucun souvenir qui puisse expliquer cela. Malheureusement, seuls mes yeux articulent ces quelques mots, alors que mes lèvres restent silencieuses, attendant sa sentence. Elle croise les bras, ma main qui lui tendait le café se rapatrie vers ma poitrine, encore encombrée de son fardeau. Je murmure finalement un vague « Je suppose que ça veut dire non » si faiblard qu’il ne doit pas franchir les quelques décimètres qui nous séparent lorsque son rire s’estompe. « Tu te fous de moi ?! » « Non, je t’assure que non ! » proteste-je aussitôt alors qu’elle s’approche de moi en une enjambée. « Tu es quoi ? Sado maintenant ? Tu veux t’en ramasser une autre ? Tu n’as pas assez fait de dégâts que tu veux encore plus remuer le couteau dans la plaie peut-être ? Je ne suis plus… Je… AHHHH » Je n’ai pas le temps de m’écarter ou de protester à nouveau autre chose qu’un « Non, non, je… » qu’elle attrape mon café, pas le sien, le mien, et le renverse à côté de nous sous mon regard éberlué. Estomaqué. Perdu, comme toujours. Le gobelet rebondit ensuite sur mon torse, et je me surprends à noter qu’elle l’a certainement vidé avant pour ne pas m’ébouillanter. Ou pas. J’inspire alors que sa diatribe reprend. « Qu’est-ce que tu me veux ?! Pourquoi t’es ici ?! » Je me recroqueville, rentrant la tête entre mes deux épaules sous sa colère. Ce que je lui veux ? Comprendre, savoir, la connaître. Elle m’attire, je n’y peux rien. Elle m’intrigue, mais je ne l’explique que par le vide dans ma mémoire, et je ne peux pas le lui dire comme ça, tout de go. Elle ne m’a pas cru la première fois. « Je… je sais pas Kathy… Kathleen. Je me reprends un peu tard. Je passais juste dans le coin, et j’avais par hasard deux cafés, et comme par hasard tu étais là… j’ai pensé… » Pour combattre mon angoisse et mon malaise, voilà que je joue la carte de l’humour, sans même savoir comment elle va le prendre. Suis-je sadomaso ? Sa question est vouée à rester sans réponse. Je m’obstine à lui tendre le deuxième café, celui qui était prévu pour être le sien puisqu’elle s’est attaquée au mien. « Un café ? » Voilà que je réitère mon offre. Mes yeux foncés cherchent dans son regard la moindre ouverture. Qu’elle me le jette dessus, qu’elle me bouscule à nouveau, qu’elle me gifle, j’ai décidé, pour cette fois, de ne pas lâcher prise. C’est stupide, j’en suis parfaitement conscient. Je sors d’un rendez vous avec le psychologue, et voilà que je m’obstine à faire le total contraire de ce qu’il me conseille depuis des mois. « Je t’en supplie, Kathleen. J’ai besoin de savoir, j’ai besoin de… Je sais que tu m’en veux… » J’essaye de ne pas trop m’interrompre, pour poursuivre ma phrase sans qu’elle ne trouve la moindre faille où s’engouffrer pour me couper. « c’est bien l’une des rares choses que je sais. ma voix se teinte d’amertume à ces mots. Mais laisse-moi une deuxième chance ! » Je m’agite, l’immobilité me seyant guère, dans l'attente du verdict.

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MessageSujet: Re: « L'autre jour, au café, je commande un demi. J'en bois la moitié. Il ne m'en restait plus. » [pv Kathleen]   Lun 21 Avr - 15:40


Inévitable. C’était inévitable. Si il y a quelques années mon corps entier s’échauffait à la vue de celui qui me faisait face aujourd’hui, maintenant, en ces jours sombres, une rage sourde et soutenue grimpait à la vitesse de l’éclair. Faisant trembler mon corps. On ne pouvait même pas appeler ça de la haine. Ce n’était pas ça. C’était beaucoup plus profond, vicieux, malsain. Et en même temps, je me disais que tout ça, c’était ma faute. Que la façon dont je vivais cette histoire, je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même. Parce que si j’avais ouvert les yeux, si j’avais regardé un peu plus loin que le bout de mon nez – et du sien accessoirement – j’aurais compris, je l’espère, qu’il n’était rien d’autres qu’un goujat sans valeurs qui prenait un malin plaisir à ridiculiser les femmes. Voilà. Mais au fond de moi, une question, un doute planait. Parce que d’accord, il s’était, sans aucuns doutes, foutu de moi de A à Z. Mais ce que je ne m’expliquais pas, c’était qu’il se tenait face à moi. Il ressemblait à un chien battu. Si il avait réellement passé son temps à rire dans mon dos, pourquoi diable était-il venu aujourd’hui ? On disait que les femmes étaient compliquées et incapables à comprendre. Mais au fond, les hommes étaient pires. Si, je vous assure. J’avais toujours les bras croisés sur ma poitrine. Evidemment que je ne voulais pas de son stupide café. Mon pied s’était mis à taper le rythme. Il commençait sérieusement à me porter sur les nerfs. A jouer sa victime. Debout, la tête rentrée, les yeux fuyants, il essayait en vain de sortir une phrase cohérente. « ça restera Kathleen pour toi » lui dis-je en le foudroyant du regard tandis qu’il avait osé – je dis bien osé – m’appeler par ce surnom qu’il employait autrefois. Si un regard pouvait lancer des éclairs, il serait mort mille fois. Ou en tout cas, une fois de plus. Mais je suis sûr qu’il aurait réussi à trouver une combine pour revenir dans 5 ans, tout beau tout frais, ne se rappelant en aucuns cas de moi et faisant comme si tout était normal. Goujat. Je ricanais suite à mes pensées. « Ouais et t’as pensé que par hasard on allait aller s’asseoir sur la pelouse, boire un café, et rire du bon vieux temps ? Et bien désolée de te décevoir coco, mais c’est un peu raté. » Et il me tend son deuxième café. C’était à se cogner la tête contre un miroir. Je ne pris même pas la peine de répondre, balayant sa question d’un geste de la main. Si il me proposait encore ne fut-ce qu’une seule fois son café de malheur, il ne serait plus aussi chanceux. Et son visage prendrait une couleur beaucoup plus soutenue. Et sa peau tomberait en lambeau. Ouais. Voilà. Savoir ? Qu’il était un goujat ? J’adorerais m’arrêter et lui expliquer de long en large la définition de ce mot et lui donner maints exemples qu’il était le parfait représentant de l’espèce. Je dus prendre sur moi pour ne pas lui balancer mon coude dans sa figure. Fermant les yeux, je massais mes tempes douloureuses. « T’en vouloir serait un euphémisme chéri. Même si tu étais le dernier survivant de l’espèce humaine sur terre, je préférerais me jeter du haut d’un gouffre, tomber dans une cascade de feu ardent, me faire manger par des requins blancs et puis écartelée par des zombies plutôt que de partager ne fut-ce qu’une minute de plus avec toi ». Si ça ce n’était pas démonstratif, je devrais revoir toute ma façon de vivre. Lui laisser une seconde chance ? Mais c’était l’hôpital qui se foutait de la charité. Mais genre, vraiment. Comment pouvait-il espérer ça ? Et surtout, surtout, pourquoi ? C’était lui qui m’avait lâché, lui qui m’avait fait croire à sa mort, lui qui n’était jamais venu s’expliquer, lui qui était la faute de tous mes malheurs. Ouais. « Une seconde chance ? Mais tu te fous de moi ? » A croire qu’il aimait ça. « Et puis quel culot tu as de venir me voir aujourd’hui. Parmi tous les jours de l’année, t’as eu besoin de venir aujourd’hui. T’es vraiment qu’un salopard enfaite. T’aimes remuer le couteau dans la plaie hein ?! Passons le fait que tu te sois foutue de ma gueule depuis le début, ça arrive tous les jours. Mais que tu te foutes éperdument d’elle. Ça, ça, je ne peux pas. Comment… comment… Elle t’adorait. Elle… Dégage putain. Dégage. » Mes ongles s’enfonçaient dans la paume de mes mains. Ce n’était ni le moment ni l’instant de me rappeler d’elle. Pas comme ça, pas devant lui.

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MessageSujet: Re: « L'autre jour, au café, je commande un demi. J'en bois la moitié. Il ne m'en restait plus. » [pv Kathleen]   Jeu 24 Avr - 15:28



« Ca restera Kathleen pour toi » Cette gifle là est certes moins concrète que la première, mais elle n’en est pas moins douloureuse. Je me suis repris, pourtant, lorsque ce surnom m’a échappé, mais de toute évidence, ça ne suffit pas. Ca ne lui suffit pas. Elle me foudroie du regard, alors que je tente une nouvelle approche, puisant dans un humour douteux que j’ignorais posséder. Beaucoup de hasard, dans ma vie, non ? « Ouais et t’as pensé que par hasard on allait aller s’asseoir sur la pelouse, boire un café, et rire du bon vieux temps ? Et bien désolée de te décevoir coco, mais c’est un peu raté. » Ma mine est déconfite devant l’échec flagrant de ma nouvelle tentative. Allez, Kathy, s’il te plait, laisse moi une chance, une petite chance, une infime chance de me faire pardonner de quelque chose dont je n’ai même pas conscience. Elle refuse mon café par un silence éloquent, même pour moi. Et je la supplie, une nouvelle fois, une énième fois, de me pardonner. Ou même, juste de m’expliquer. Voire simplement de faire comme si… j’ai le droit à une deuxième chance, non ? « T’en vouloir serait un euphémisme chéri. Même si tu étais le dernier survivant de l’espèce humaine sur terre, je préférerais me jeter du haut d’un gouffre, tomber dans une cascade de feu ardent, me faire manger par des requins blancs et puis écartelée par des zombies plutôt que de partager ne fut-ce qu’une minute de plus avec toi ». Ses coups immatériels heurtent ma trachée, vident mes poumons, m’explosent les côtes, pour m’empêcher de respirer. Au moins, tout cela a le mérite d’être clair, et je dois être aussi pâle que mes cheveux sont bruns. « Tu es injuste, Kathleen » Je me contente d’articuler ces quatre mots, avant de lui demander de manière plus directe de me laisser une seconde chance. Sa réponse ne se fait pas attendre : « Une seconde chance ? Mais tu te fous de moi ? Et puis quel culot tu as de venir me voir aujourd’hui. Parmi tous les jours de l’année, t’as eu besoin de venir aujourd’hui. T’es vraiment qu’un salopard en fait. T’aimes remuer le couteau dans la plaie hein ?! Passons le fait que tu te sois foutu de ma gueule depuis le début, ça arrive tous les jours. Mais que tu te foutes éperdument d’elle. Ça, ça, je ne peux pas. Comment… comment… Elle t’adorait. Elle… Dégage putain. Dégage. » Je la regarde, de plus en plus perdu. Une troisième personne entre dans l’équation ? Je l’ai trompée ? C’était quoi, un plan à trois ? J’étais comme ça, moi ? « Elle ? Mais de quoi… de qui ? Ma maîtresse ? » Je suis certain de me perdre en hypothèses qui sont vraisemblablement totalement abherrantes. A moins que ce ne soit que mon souhait, qu’elles le soient. « Je ne comprends rien là, je… » Je lâche son café, pour poser mes mains sur ses épaules et les empoigner fermement. « Je n’ai pas l’intention de dégager. » J’ignore où donc je suis en train de puiser cette assurance qui ne me ressemble pas vraiment. Ou du moins, s’il est utile de le préciser, qui ne ressemble en rien à la personne que je suis depuis mon réveil. « J’en ai marre qu’on me conseille d’arrêter de chercher à… » Je la lâche le temps de m’emmêler les cheveux de perplexité et de lui tourner le dos. Mes doigts se perdent dans les quelques jours de barbe que je me traîne sur mon menton, avant de faire à nouveau volte face. Je m’énerve légèrement lorsque je termine ma phrase. « mais b#rdel ! Ce ne serait pas plus simple que… que… » A dire vrai, je ne sais même pas ce que je veux. Ca me ronge, ça me tue, ça me pourrit la vie. Ce serait bien plus simple que je me réveille avec tous mes souvenirs, ce serait bien plus simple que je cesse d’imaginer qu’elle a pu être ma vie, ce serait bien plus simple que j’aille de l’avant. Et pourtant, tout cela est, tout cela m’est, impossible. Quoi que je tente de faire, quoique je tente de penser, quoique tous les psychologues du monde puissent tenter de m’expliquer, me conseiller. Mes yeux chocolat détaillent Kathleen, et je ne peux m’empêcher de me mordiller la lèvre. C’est certain, il y a eu quelque chose entre elle et moi. A ce que j’ai compris, elle ne comprend pas que si je ne l’ai pas contactée pendant de si longs mois, plus de huit en réalité, ce n’était pas de ma faute. Je n’ai pas demandé, à ce que je sache, à être touché par balle et à tomber dans le coma, non ? Ca, tu l’ignores me chuchote ma conscience qui ne s’amuse que lorsqu’elle me rappelle qu’en effet, je n’ai aucune certitude. Elle ne me croit pas. Elle pense que je l’ai abandonné. Mais c’est faux, c’est entièrement faux. Et ma patience n’est pas au rendez vous aujourd’hui. Ma voix s’enflamme, j’hausse le ton. J’ignore si je suis crédible, mais je sens que ma voix porte lorsque je poursuis mes propos décousus. « J’étais dans un p#tain de coma à la c#n, Kathleen ! Je n’ai aucun p#tain de souvenirs de m#rde qui datent d’avant mon réveil. J’ai juste ce p#tain de… » En un mouvement, j’ôte mon polo pour laisser apparaître l’étoile qui me reste du coup de feu qui m’a fait plonger une première fois dans l’inconscience. Juste en dessous de mon cœur, elle est encore brillante malgré ses huit mois. « Tu crois que c’est quoi, ça ? » Je secoue la tête, avant de pointer la ligne de cheveux blancs qui marque la cicatrice qui parcourt mon crâne, sur cinq ou six centimètres à partir de mes tempes. Elle n’a pas pu la louper, cette ligne, qui tranche parmi mes cheveux noirs. « Tu penses que je me suis fait une coloration et que c’est un tatouage qui a mal tourné ? » Je fais disparaître en un pas les centimètres qui me séparent d’elle, en répétant une nouvelle fois la raison de ma perte de patience et de ma colère. « Tu es injuste, Kathleen. » Mes deux mains encadrent alors son visage, et sans trop savoir pourquoi, je l’embrasse sans lui demander son avis. Et tant pis pour la gifle qui va suivre, sans le moindre doute.

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« L'autre jour, au café, je commande un demi. J'en bois la moitié. Il ne m'en restait plus. » [pv Kathleen]

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