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 Seek and destroy [PV]

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MessageSujet: Seek and destroy [PV]   Ven 18 Avr - 19:12

Etrange comble qu'appartenir au Gouvernement. Si Jonas avait recherché la tranquilité, ce n'est certes pas auprès du Pouvoir qu'il aurait pu le trouver. Si aux premiers abords les missions qu'il lui étaient confiées depuis son intromission à titre d'agent du renseignement général avaient des allures d'apéritif, le Mage pouvait fort bien se demander si les dernières en date pouvaient entrer dans cette même catégorie. Plus importantes tout autant que nombreuses, les opérations menées ou dirigées par Jonas semblaient désormais affirmer la nécessité à laquelle avaient réagi les Hautes Instances en créant cette fameuse Commission Politique. A présent le Commissaire Politique commençait à prendre conscience de sa fonction et de son utilité, tant sur sa part officielle qu'officieuse et y prenait goût, au fur et à mesure que son statut évoluait. Cette place offrait un soupçon d'action, et peut-être même davantage à l'avenir, un brin de responsabilité, un sentiment de liberté, même si cela était bien plus qu'illusoire, mais aussi l'agréable sensation de générer un subtil mélange d'appréhension et de méfiance dans le regard des gens qu'il croisait la plupart du temps. Pour un homme ayant vécu l'enfance qu'il avait connu autrefois, ainsi que les années plus royales qui avaient suivi, ce poste ressemblait à une manne provenant d'il ne savait où, mais qu'il appréciait au plus haut point. Il restait cependant un inconvénient majeur auquel Jonas ne pouvait se soustraire: les armes à feu de ce monde, dont il haissait le bruit...Oui, malgré son aversion de ce genre d'instrument, sa fonction l'obligeait à en être possesseur, et pire encore, en tant qu'agent actif du Gouvernement, il était obligatoire pour lui de se rendre régulièrement dans un centre de tir pour y subir des entrainements et des évaluations. Ainsi, depuis son entrée en fonction, il se rendait régulièrement dans les offices des PeaceKeepers ou ShadowHunters afin de remplir, malheureusement, cette corvée comme tous autres.

En cette heure avançée de la journée, le Navigator revenait de l'un de ces centres au sein duquel son passager avait du, une fois de plus, excercer ses talents, mais avec grande difficulté. Si les premiers temps furent très difficiles pour le maniement des pistolets, après de nombreuses heures d'entrainement, le Mage était parvenu à atteindre un niveau quelque peu respectable, mais selon ses récentes évaluations, de très nombreux progrès restaient à faire pour être, selon les dires des instructeurs, "un agent pleinement opérationnel et capable". Détail pour Jonas qui s'évertuait à leur répondre continuellement "qu'il aimerait bien leur montrer à quel point il pouvait être efficace en leur arrachant la trachée à mains nues bien plus rapidement que mettait l'un des projectiles pour atteindre une cible située à cinquante mètres" Réponse sans doute prétentieuse auraient pu penser ses détracteurs, mais encore fallait-il qu'il ne le mette pas au défi de prouver cette théorie, il seraient sans nul doute très surpris du résultat...enfin, s'ils restaient en vie pour s'en rendre compte, ce qui, étant donné le niveau d'agacement de Jonas, exponantiellement inverse de son niveau de passion avec les armes, pouvait fort risquer d'arriver, et ce sans avoir vraiment l'intention de prouver cette fameuse théorie. Cruel fonction que celle de Jonas désormais, interdit de s'épancher de la sorte sur toute personne n'ayant pas mérité ce sort. Autrement dit, en tant qu'agent du Gouvernement, Jonas n'avait aucun droit de mort sur personne, hormis les coupables désignés par ses employeurs ou les contrevenants à certaines lois. Dure réalité pour un homme comme lui.

Le scandinave renversa sa tête en arrière pour apprécier le confort de la banquette, posant la main droite sur le coffret. La boîte contenait son arme de service, un engin dont il était parfaitement incapable de se souvenir du nom, mais assez imposant dans sa main pour ne pas l'aider à apprécier à le porter, malgré la puissance non négligeable de l'arme. Silencieux, le chauffeur menait le véhicule avec calme, jetant de temps à autre quelques coups d'oeil dans le rétroviseur central pour voir ce que faisait son passager. Jonas ne le calculait pas, le regard fixé sur la boîte et les pensées sur ce qui en découlait. A dire vrai, le Mage ignorait totalement le nom de son chauffeur, et alors qu'il le voyait régulièrement, et ne savait qu'une seule chose le concernant: il fut pendant un temps chauffeur du Président, information qui intéressait nullement le passager. Soudainement, un bip sonore répétitif résonna dans l'habitacle, alertant le Commissaire Politique qui chercha en tous sens l'origine du signal. Grommelant, Jonas tendait l'oreille pour localiser la source, sans succès, et ce fut l'intervention du chauffeur qui lui sauva l'ouïe de cette cacophonie insupportable.

-Un appel Monsieur, sur le système visio, expliqua l'homme, impassible, en actionnant une commande sur son écran tactile central

A cet instant, sur le petit bloc qui séparait les deux sièges avant, un écran s'alluma, diffusant une image grisée comportant la mention "Ministère". Comme à leur habitude au sein de cette Instance, l'interlocuteur avait le visage dissimulé par un effet visuel programmé, mais Jonas sur le moment, était surtout surpris par la présence de l'écran et la combinaison appel et vidéo qu'il découvrait pour la première fois. Une fois n'est pas coutume, le Mage ancestral resta pantois devant une nouvelle prouesse technologique que le monde moderne mettait à sa disposition. Mais il ne put contempler davantage l'appareil, car la voix de son interlocuteur résonna aussitôt dans les hauts parleurs.

-Bonjour Jonas
-Monsieur le Ministre, salua le Mage avec un ton détaché, ne connaissant rien de la personne qui se dissimulait derrière le flou de l'écran, ce qui rendait ce genre d'entretien très impersonnel, chose que Jonas n'appréciait guère car cela amplifiait quelque part la mainmise que le Pouvoir avait sur lui.
-Mauvaise nouvelle, nous avons à déplorer la perte d'un autre agent. Cela se serait produit un peu plus tôt dans la journée, et le Conseil s'impatiente concernant les résultats de votre enquête sur cette affaire. Où diable en êtes-vous donc?
-Actuellement, il y'a une piste sur laquelle j'aimerais me pencher. D'après ce que j'ai pu en lire, il pourrait y avoir un point commun entre certains de ces agents qui pourrait éventuellement expliquer le pourquoi de ces disparitions.
-Lequel?
-Un ancien PeaceKeeper, du nom de Reilly, si ma mémoire ne me joue pas de tours. Il y'a quelques temps, cet homme a été écroué pour meurtre avec preuve de flagrant délit vidéo, mais il aurait bénéficié d'une remise de peine. Et le premier des agents à avoir disparu était en charge de l'enquête sur la question, et il me semble que l'un des autres agents était autrefois celui qui le surveillait suite à son départ des PeaceKeepers
-Est-là tout ce que vous avez pu découvrir depuis le début de cette affaire? Voilà qui est bien maigre, après tout ce que nous avons investi vous concernant.
-Oh, ainsi vous désirez un retour sur investissement? Pourrais-je donc évoquer le fait que la remise de peine dont a été bénéficiaire le dit Reilly semble avoir été validée et même ordonnée par une personne haut placée...Peut-être est-ce vous même qui est signataire de ce document, non?
-Le cas Reilly n'est pas de votre ressort Jonas, siffla la voix du Ministre après un temps de silence, sans doute utilisé pour réfléchir à ce que soulevait le fonctionnaire de sécurité. Ne vous dispersez pas sur ce genre de futilité, votre job actuellement n'est pas d'enquêter sur la libération du PeaceKeeper, mais de mettre un terme à la disparition chronique de certains de nos agents depuis quelques jours.
-Mais cette libération peu légale relève également des accréditations de la Commission. N'entendez pas que je délaisse cette affaire, surtout si les deux sont liées. Que risquerais-je de trouver en cherchant davantage dans cette direction?

Un silence fut la seule forme de réponse que put obtenir le Mage en cet instant. L'image resta fixe pendant un instant, alors que son correspondant devait sans nul doute cogiter sur la question, ou même s'entretenir avec une ou plusieurs autres personnes pour évoquer l'épine que Jonas venait de planter dans le pied du Ministre. La vérité était que Jonas n'avait pas la moindre information concernant un quelconque avis de libération, mais une simple déduction logique lui avait permis de penser qu'un tel ordre ne pouvait pas provenir d'un simple fonctionnaire sans envergure, mais d'un membre bien placé au sein du Gouvernement. Le malaise évident du Ministre à travers la communication vidéo témoignait de l'implication du Conseil dans cet affaire, directement ou indirectement. Cependant Jonas avait désormais une fonction, très claire, celle de débusquer toute personne abusant de son autorité ou de celle du Gouvernement à des fins personnelles. Un mouvement sur l'image indiqua au Mage que le dignitaire allait reprendre la communication

-Nous sommes clairs sur la question Jonas, pas d'enquête sur le cas Reilly, et ceci constitue un ordre officiel. Vous restez uniquement sur les enlèvements et rien d'autre, sommes nous en accord?
-Nous verrons bien. Il y'a clairement un point dans cette affaire qui doit être éclairci. Je ne négligerais aucune information sur la question, mais je m'occuperais également de celui qui élimine mes agents.
-Ne jouez pas trop sur un terrain dont vous ne maîtrisez rien, il pourrait très vite devenir glissant. L'agent a été porté disparu au Sud de la ville, je vous conseille donc de débuter votre enquête de ce côté. Avec un peu de chance et du savoir-faire, notre suspect est encore en action actuellement. Nous attendons de vos nouvelles sur la question Jonas

Le Ministre ne laissa aucun instant à son employé pour répondre, le laissant sur le carreau en désactivant de son propre chef la conversation vidéo de son côté. De l'autre côté du véhicule, le chauffeur, certainement pas sourd, prit le relais aussitôt.

-Direction le Sud Monsieur?

Jonas se contenta d'acquiescer en observant le regard du préposé à la conduite par le biais du rétroviseur central et replongea dans ses pensées, le temps que le véhicule avale la distance. Il avait de quoi ruminer, après tout, employé depuis peu dans cette institution du Pouvoir dans un univers qu'il ne maîtrisait aucunement, Jonas découvrait, petit à petit, tout un système complet, avec ses secrets et son fonctionnement, et si certaines choses avaient de nombreuses similitudes avec ce qu'il avait pu connaitre, subir ou même exercer, beaucoup d'autres nécessitait un réel apprentissage. Les rouages de la machine étaient complexes et nombreux, et il faudrait à Jonas un temps probablement considérable pour comprendre la totalité du mécanisme, ses buts, et trouver le point de pression, la faiblesse au sein de laquelle il lui faudrait déposer son grain de sable afin de pouvoir faire infléchir le système, non pour en prendre le contrôle, mais pour avoir une parole de foi en son sein, quelque chose que sa position actuelle lui permettrait tôt ou tard d'atteindre et de devenir, même la plus faible parmi toute, une pièce maitresse du mécanisme.

Après un long moment de route, le SUV déboula dans les rues de la partie méridionale de Saint-Louis. Ce quartier, il l'avait déjà arpenté par la marche, un quartier plus sauvage, essentiellement tourné vers un univers naturel, loin de la frénésie de la ville, car, Jonas l'avait appris depuis, il y'a avait Saint-Louis et la Nouvelle Orléans. La ville au sein de laquelle il vivait n'était qu'un simple fragment d'une contrée, la Nouvelle-Orléans précisémment, qui malgré son climat légèrement moite et chaud, restait par endroits un décor magnifique.
Mais il n'était pas là pour le spectacle de la nature, il avait une mission, un "job" comme avait dit le Ministre plus tôt. La traque devait commencer, rapidement, car il y'avait peut-être encore une chance de sauver...Sauver? Non, Jonas n'était pas là pour sauver un de ces agents, uniquement pour attraper leur ravisseur.
Le téléphone du Mage émit un bip dans les tréfonds de l'une de ses poches et la main de ce dernier s'en saisit aussitôt. Il venait de recevoir un message court, dont le libellé l'intrigua, tout autant que son rédacteur dont le numéro ne lui était pas connu
"S.O.S Through The Never. A.J
Jonas resta pensif devant ce petit texte, perplexe devant le contenu qu'il ne comprenait guère, peu habitué à ce genre de système de communication, malgré les cours répétitifs qui lui avaient été prodigué après sa nomination.

-SOS? Qu'est ce donc que ces expressions encore? marmonna-t-il à voix haute
-Un soucis Monsieur? demanda alors le chauffeur pour tenter d'aider son passager visiblement en difficulté
-SOS, Through The Never A.J., lut Jonas à voix haute, peu mécontent de se voir fournir une éventuelle traduction salvatrice
-SOS est un signal de détresse Monsieur. Celui qui vous a envoyé cela réclame votre aide. De toute évidence, A.J pourrait être celui qui vous l'envoie...
-Nous avons un agent nommé AJ?
-Impossible de vous répondre Monsieur, je ne suis que le chauffeur...
-Through The Never?
-Un lieu sans doute...
-Ce n'est pas ce qui va m'aider. Vous avez une idée de ce que cela pourrait-être?
-Attendez, on va essayer avec le GPS, réfléchit le conducteur qui pianota le nom sur le clavier de son appareil de localisation.

Après un bref instant de recherche, un signal sonore indiqua que le lieu en question avait été trouvé et l'image d'une carte s'afficha en même temps qu'un spot de couleur. Aussitôt le chauffeur émit un petit bruit de satisfaction

-Je vois, on dirait que c'est là ou se trouve la villa en ruine, une vieille bicoque abandonnée que les gens fuient en la croyant hantée.
-Comment vous savez cela?
-Enfant je jouais avec mes amis dans cette baraque, on jouait...enfin bref, je la connais
-Emmenez-moi là bas.
-Ce n'est qu'à deux pâtés de maisons d'ici. Monsieur, si je peux me permettre un conseil, vous devriez, pour cette fois, prendre votre arme
-Contentez vous de conduire. Et mon arme, je ne m'en sépare jamais, grogna le Mage en levant sa canne à vue du conducteur
-Une arme à feu Monsieur...
-Contentez vous de conduire, répéta Jonas
-Bien Monsieur..

Jonas observa le coffret noir sur la banquette avec une moue, se demandant si cet impertinent individu n'était finalement pas plutôt avisé dans ses propos. Après tout, le Mage ne pouvait se permettre n'importe quoi, s'il avait affronté jusque là quelques gratte-papiers, ou croiser quelques individus dangereux sans incident majeur, il ne savait pas sur quoi il pouvait tomber cette fois. Un être pouvant aisément s'en prendre à des agents ne devait pas être une menace bénine, et de plus, si les êtres dangereux qu'il avait croisé jusque là avaient été limité en terme de violence, il était avisé de prendre en considération que cela ne pourrait durer éternellement. De par son statut naturel, de par son compartement outrageant parfois et maintenant du fait de sa fonction, il serait tôt ou tard amené à devoir faire face vraiment. Si son épée était une arme dont il maitrisait les arts, cela n'était pas le cas de tous ceux qui vivaient ici, et les armes bruyantes de cette époque, il en affronterait, c'était certain. Avec un geste négligeant, il ouvrit la boite et en attrapa le contenu. C'était un pistolet de belle taille, peint d'un noir mat et aux formes anguleuses, accompagné par une sorte de tube de même facture ainsi que deux chargeurs pleins supplémentaires. Il se résigna enfin et glissa l'arme dans son holster de ceinture, ainsi que le tube et les deux chargeurs dans les blisters prévus à cet effet à l'opposé de la sangle. Il était temps, car le véhicule vint à s'arrêter devant une propriété en partie masquée par un muret de béton envahi par des verdures grimpantes.

-Nous y voici Monsieur. Je vous conseillerais d'être prudent, cette bicoque est vraiment dangereuse tant elle est vétuste. Prenez garde aux endroits où vous posez le pied

Le fonctionnaire ne répondit pas et sortit de la voiture sans attendre, n'omettant pas de se saisir de sa canne et de son pardessus. Il ajusta l'imperméable tout en marchant d'un pas leste, la canne coincée sous le bras jusqu'à ce qu'il retrouva la liberté pour ses deux mains. Après quoi, en rythme, la pointe métallique frappa le sol gravillonneux de l'allée qui menait à la mansarde. Le chauffeur n'avait pas exagéré sur son état par ailleurs, car la demeure n'avait rien d'une villa chaleureuse avec ses pans entiers dévastés, ses fenêtres cassées par endroits et son toit partiellement enfoncé sur le versant nord. Autour de l'endroit, le silence régnait, juste brisé de temps à autre par les pas et la canne du Mage dont le regard scrutait chaque élément qui composait la construction. Il avançait, sans se poser la moindre question, sans même se demander si le message qu'il avait reçu était réel ou pure fadaise, alors que les interrogations découlant de la situation étaient nombreuses. Malgré sa nonchalance, l'esprit de Jonas réfléchissait à grande vitesse
Je ne sais pas si c'est une plaisanterie ou non, mais il serait préférable que non, sans quoi il y'aura de la fricassée au menu de ce soir....Un piège...tiens, pourquoi pas? Après tout, une enquête est en cours sur une personne et cette dernière pourrait fort avoir eu envie de se débarasser de son traqueur? Tu divagues mon vieil ami, qui voudrait donc te tendre un piège sans savoir au préalable qui tu es...le ferais-tu dans une même situation?...probable oui. Il est même possible qu'il n'y ait rien à trouver ici. Reste donc concentré, observe et prend garde.

Le pied fut posé sur le seuil de la demeure avec une certaine prudence. Le chauffeur n'était pas un idiot, étant donné l'état de délabrement des lieux, le plancher pouvait fort avoir perdu de sa solidité, et il serait bien mal venu pour Jonas que de finir écrasé ou écharpé entre deux étages. Les lattes de bois craquaient sous ses pas et de sa canne, il s'en servait pour pousser la porte afin d'entrer dans la bâtisse. Les gonds grincèrent dans un miaulement glaçant mais Jonas ne laissa rien paraître d'une quelconque gêne sur son visage ou dans son attitude. Ses sens étaient en alerte, l'ouïe focalisée sur le moindre son, les yeux sur le moindre détail qui passait dans son champ de vision et l'odorat...son odorat était agressé par une foule de senteurs de moisissures, de bois mouillé, rien qui puisse aider Jonas à se servir de ce sens pour se déplacer. Hormis les grincements et autres craquements, il n'entendait rien, rien qui puisse attester d'une quelconque présence humaine ou autre dans le taudis. Il traversa le hall d'entrée, lentement, usant de la pointe de sa canne pour toucher tout ce qui pouvait l'intéresser. Les meubles, il n'y avait pas grand chose à fouiller, la plupart du peu de mobilier encore présent dans le bâtiment était éventré ou explosé. Au pied de l'escalier menant à l'étage, un forme sombre attira le regard du Mage. Collé sur le sol et coagulé de longue date, une mare de sang décorait le plancher, un élément qui obligea Jonas à s'accroupir pour observer en détail la tâche sechée.

-Eh bien, au moins nous pouvons être fixé sur la probabilité d'une plaisanterie, lâcha-t-il à voix haute tout en tendant l'oreille, afin de percevoir ce qui pouvait être considéré comme une réaction à sa présence

Oui, il y'en eut une, peu explosive, mais parfaitement audible. Un grincement résonna, ne provenant pas de l'étage apparemment, mais un grincement de bois identique à ceux que produisait chacun des pas de Jonas depuis son entrée. Avec un sourire, le Mage se redressa subitement et déverouilla le loquet de sa canne, prêt à en séparer la lame de son fourreau décoratif, tout en reprenant sa marche dans le corridor pour rejoindre une autre partie de la maison, éventuellement celle d'ou provenait le bruit

-Qui va là? beugla-t-il pour briser le silence de façon permanente, avec l'espoir d'agaçer un peu celui qui se trouvait dans le coin, s'il s'agissait bien entendu d'une personne. Inutile de vous cacher, de faire le mort. Parlons ou combattons, mais ne me faites pas perdre mon temps davantage!
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MessageSujet: Re: Seek and destroy [PV]   Sam 3 Mai - 23:34

Mon visage devint exsangue, perdit de sa couleur exotique, mes lèvres se pincèrent sous sa dernière boutade. Ezra, cette énigme qui s’étale bien inconsciemment en moi, dessinant un éternel point d’interrogation. Ponctuation à l’image de mon incompréhension que je porte envers lui, envers ce baiser, et surtout envers ma réaction allant au-delà de tout ce que j’aurai pu imaginer. Comment aurais-je pu le blâmer quand mon but premier fut de le rejeter, afin d’alimenter encore et toujours plus la haine viscérale qu’il darde envers ma personne ? Blessée dans ma fierté, j’aurai bien rebroussé chemin pour lui foutre la raclée qu’il mérite. Faire le choix de lui tourner le dos, n’était pas un choix offrant l’option de me rétracter en toute circonstance ! Une espèce d’appréhension sourde me serra le cœur, quand juste avant ne m’accablait qu’une lassitude infinie. Il ne risquera pas sa vie inutilement, tentais-je de me convaincre en m’exacerbant au calme, oui il saura agir avec sagesse. Je l’aurais bien empoigné par le bras pour le contraindre à me faire face, alors je l’aurai giflé si violemment qu’il en aurait eu la lèvre fendue, certes, mais avec la certitude que mon message se serait profondément ancré dans son esprit. Il m’a rejeté, putain, il m’a rejeté. Bavure sur mon orgueil, plaie suintant sous cette éraflure. Certaines personnes diront que je n’avais eu que ce que je méritais, d’autres encore que je ne récoltais que ce que j’avais semé. Je n’étais pas naïve pour ignorer sa réaction, tellement prévisible, tellement humaine. Mais songer à son rejet était une chose, et le subir dans la réalité en était une autre, et je n’avais pu imaginer cette contorsion du cœur, cet éboulement de l’être. Nul ne pourrait douter du succès de mon objectif, quand lorsque je lui avais tendu la main, dans un éclat de vérité, il l’avait tout bonnement rejeté sous un sourire entendu, raillerie et mépris. Et voir mon visage se refléter dans la profondeur de son regard polaire envahit par le dégoût, je comprenais avec égarement que je m’étais hissé bien involontairement au rang de peste virulente, ennemie jurée. Mâchoire étroitement serrée, griffes refluées, à tâtons, à reculons, je l’ai quitté.

Le sol grinça alors que je franchissais le perron de cette maison vétuste implanté dans le désert marécageux de cette zone infructueuse, nommée Through the Never. A l’autre bout de la maison, quelque part, une sonnette retentit alors que j’en pressais le bouton. Elle sonna, lente et funèbre, annonciatrice de mon arrivée. Sonnait, sonnait, sonnait, sonnait. Elle avait sonné de même dans une autre maison, dans un autre temps, pour leurs défunts collègues, paix à leur âme ! Ils étaient morts, morts, morts, morts. Je les avais assassinés pour préserver cette parcelle de vérité, pour enterrer cette éventuelle menace pouvant planer autre de lui, ce mystère qui m’enivre sans que j’en prenne conscience, mon être. Pourquoi étais-je donc emplie d’incertitude, pourquoi m’affoler de la sorte alors que j’avais envie de danser auprès des ombres mortuaires ? Une réjouissance subite m’envahit, mon cœur se mit à me marteler les côtes, et j’en eus presque le souffle coupé, un moment. Je levais les bras, m’étirais, voluptueuse comme un chat noir, quand flottant par-dessus le vent, des flonflons mélodieux frappèrent mes oreilles. L’idée que des criquets chantaient déjà à cette période de l’année, en début de crépuscule et quand tout allait s’étriper sur mon passage, me fit un plaisir sensible. Des notes surgies du passé m’embrouillèrent la cervelle, et peu s’en fallut, un moment que je ne les entendis fredonner comme, une demi-vie plus tôt, ma mère me les fredonnaient. Je tendais l’oreille pour écouter. La tonalité n’était pas la bonne, la distance m’empêchait nullement d’en distinguer les notes. Une mélodie hasardeuse étonnement proche de la mienne ? Pourquoi pas, je pouvais toujours y croire, bien que cela soit improbable ? Imagerie de candeur et câlins, nostalgie, nostalgie de bout en bout, ma mère n’était que l’éclat erroné de mon passé lointain. ; Les portes de la demeure étaient closes et barrées. A force d’y heurter, leur judas de bronze ciselé finit par claquer contre son butoir. « Qui va là ? » questionna un individu la scrutant à travers une glissière qu’il avait fait coulisser afin de quérir l’identité du visiteur nocturne. Tic, tac, tic, tac. Incrédule face à mon visage inconnu, un trouble fugace traversa son visage à l’entente de ce drôle de bruit récurent, désagréable, un bruit qui survint sans en connaître la source, ni l’analogie. Au travers de la fine embrasure, son regard s’affolait en quête de la source de ce bruit. Tic, tac, tic, tac. L’échec rendit l’individu maussade et il reporta son attention sur ma délicieuse personne. Altruiste, je penchais ma tête légèrement sur le côté, je culbutais son questionnement en le toisant d’un air faussement crédule. « A ta place, je reculerais, tu sais ! » objectais-je avec un calme scandaleusement angoissant. Cette angoisse noya son visage d’une lividité frôlant la syncope, et tel un oiseau affolé dans une cage doré, il s’emporta presque avec panique, d’un ton vindicatif : « Mais qui êtes-VOUS ? ». Débout sur le perron de cette demeure, plongée sous un rayonnement fugace d’une éclaircie solaire, l’air se condensa et se réchauffa l’espace d’un bref instant. Chaleureux à l’image du temps environnant, un sourire se dessina sur mon visage, onctueux et ravagé par l’hilarité naissante qui se matérialisa par l’éclat d’un rire retenue, furtif, moqueur. « Ton pire cauchemar » psalmodiais-je d’une voix claironnante, telle un carillon du matin. Tic, tac, tic, tac … BOOM ! Aussitôt que la porte barricadée explosa, culbutant le malheureux se trouvant derrière, je chevauchais les innombrables débris. Renversée en arrière, le vent s’engouffra à mon passage dans la sale brèche que j’avais ouverte, et je vis s’y déchiqueter des pans entier de la baraque, avec quelques hommes coincés sous les vestiges. Certains de ceux-ci s’efforçaient de s’extraire des débris, d’autres gisaient inertes, inconscients, ou morts, peu m’importe. Quant à ceux, vifs ou non, s’enfuyaient comme des fourmis, leurs cris braillant des ordres me perçaient les tympans. « TUEZ-LA ! TUEZ-LA ! TUEZ CETTE SALOPE ! » ; Mon œil vif surprit un éclair argenté, tant devant qu’à bâbord. Un son strident cribla l’air tel un coup de revolver, dans un geste instinctif, je rejetais en arrière mon buste pour esquiver le coup, je répondis par un poing dans les côtes. Ma main inonda la chevelure aubrun de mon agresseur avant de rejeter sa tête en arrière par la force. Les ténèbres inondèrent la pièce sous son regard ahuri, mes ombres se dissipèrent toutes en direction diamétralement opposée. Elles savaient leur tâche, nul besoin de leur rappeler. Jubilation à l’état statique, je ne pouvais lutter contre cette jubilation qui me gouvernait du bout des orteils jusqu’à la couronne de mes cheveux bruns. « Le Gouvernement me traque, je le sais. A-t-on envoyé un agent à mes trousses ? Va,  dis-lui que je me trouve ici. »


S.O.S – Through the Never

Allongée confortablement dans le canapé, je discernais le ronflement furtif du bois qui grinçait à chacun des pas d’un individu non identifié. Son ténor s’éleva dans l’aridité du l’air, et son ombre s’éclaboussa sur les prémices du seuil de la pièce. Qui va la ? Juste moi, Sanjana, la terreur nocturne en ce lieu. Mais qui étais-je, si ce n’est que la bavure putride de mes anciennes vies, me rendant encore plus détestable à mesure que le temps s’écoule. Certains me qualifient de sorcière, de salope ou encore de monstre. « Je ne peux lutter  à ce qui m'habite. Un monstre, un monstre ! Je suis devenu un monstre ; Un monstre, un monstre et il devient plus puissant » claironnais-je avec un gloussement palpable. La conscience de ma monstruosité était aussi évidente que le Soleil qui se lève à l’Est et se couche à l’Ouest. Je l’attendais cet agent envoyé à mes trousses, qu’il vienne donc à moi, et que je l’écorche vif, avant de le pendre au mât de la toiture. Ô que d’embarras que j’engendrais au Gouvernement, que de dépenses engagées pour m’attraper et me foutre sous les verrous. J’en jubilais, je n’en avais que faire. Après tout Freud a dit, il faut que l’on sente les billets qui foutent le camp !
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MessageSujet: Re: Seek and destroy [PV]   Dim 4 Mai - 7:58

Lorsqu'enfin le son d'une voix parvint à son ouïe, Jonas avait encore fait quelques pas dans la mansarde délabrée, atteignant ce qui fut autrefois une cuisine en bien piteux état. Un nouveau grincement se fit entendre après cela, bien plus métallique mais rapide, et le silence pesant repris ses droits. La cuisine donnait accès à une salle bien plus vaste, une entrée que le Mage franchit d'un pas lourd, bien plus concentré sur la tenue du pommeau de la canne que de la vitesse à laquelle il marchait,prêt à toute forme d'éventualité.
"Un monstre...que de sornettes encore, depuis quand les monstres avaient la faculté de parole?"
Le salon était d'une bonne superficie, partiellement coupé en deux par une cloison perforée, occupant tout l'espace sur la totalité de la longueur de la maison, depuis le perron jusqu'à la paroi arrière du bâtiment. Il ne restait, à l'image du reste, plus grand chose en ce lieu, hormis une table fracassée, une armoire renversée ainsi qu'un canapé partiellement éventré qu'une silhouette occupait, de toute sa longueur, le regard fixé sur le Mage et son entrée. "Un monstre...qui ressemble à une femme, voilà une chose inattendue". Jonas avanca de quelques pas encore, afin de se rapprocher de la scène, et parvint enfin à voir le reste de son objectif du jour. S'il ne quittait pas la femme des yeux, il put néanmoins voir dans le coin de son champ de vision la silhouette de l'agent du Gouvernement affalé sur le sol, près du mur, les vêtements encore luisant d'un sang frais. De là ou il se trouvait, le Commissaire Politique ne pouvait voir si ce dernier vivait encore, mais au bout de quelques secondes, il vit que la cage thoracique était encore animée par les mouvements respiratoires, faibles et profonds. "Il semblerait que je ne sois pas arrivé si tard que cela. Une chance pour toi". Puis le Mage resta là, debout près de la cloison, juste à coté de la table cassée, les doigts enserrés autour du pommeau de sa canne. Il observa en silence la femme allongée, qui le fixait avec intensité, et contre toute attente, malgré qu'il fut là pour bien autre chose que lui servir du thé et des petits gâteaux, ne semblait pas vraiment décidée à une quelconque action explosive. Du moins en apparence, et c'était bien là une raison valable pour que Jonas reste sur ses gardes. Un monstre? Il n'y avait pas de quoi trembler pour autant.

-Je ne me rappelle pas déjà entendu quelqu'un se vanter de la sorte d'être un monstre, et encore moins une femme...Est-ce là un tour pendard pour tenter de m'effrayer, ou bien ne fait tu qu'essayer de te persuader d'être un monstre?

Jonas se déplaca à nouveau et traversa l'autre partie de la salle pour rejoindre la victime, faible, partiellement adossée au mur, et du bout de la canne, tapota le corps de l'agent, afin d'observer une quelconque réaction de la part de ce dernier. Il y'en eut une, très légère, un simple soubresaut du torse, puis les yeux s'entrouvrir difficilement. A la vue du Mage en tenue noire, le visage s'éclaircit légèrement, comme si un sentiment de salut s'offrait à la victime. Mais le sorcier ne s'en préoccupa pas davantage, ayant déja tourné la tête vers le canapé ou le "monstre" féminin était allongé à la manière d'une notable babylonienne

-Il se peut que tu puisses bénéficier de circonstances atténuantes, dirait-on. L'agent est en vie...

Le Mage agrippa la crosse de son arme à feu et la sortit de l'étui, braquant le canon droit sur la tête de la femme. Bien que cet engin le répugnait encore et toujours, surtout au creux de sa main, dans la situation présente, le pistolet représentait une menace évidente qu'il était ravi de brandir, autant pour jauger des intentions de sa cible que pour montrer les siennes. Après tout, les ordres avaient été des plus clairs, la menace qu'elle représentait devait à tout prix être éradiquée. Pour Jonas, sans raison valable, tuer à vue manquait d'un certain charme, d'une certaine délicatesse, plus encore s'il s'agissait d'une femme.

-...du moins vit-il encore pour l'instant. Je devrais appuyer sur ce loquet au bout de mon doigt, et observer ta tête se faire transpercer par la balle, spectacle auquel je n'ai pas encore eu le loisir d'assister. Je suis d'humeur magnanime, étant donnée que tu es une femme, je vais te laisser le bénéfice du doute pour ce qui est du monstre. En revanche, en contrepartie, je ne te laisse que deux options. La première est de te rendre sans faire la moindre histoire et tu as ma parole que ta vie sera sauve, ou bien, seconde option... j'imagine qu'il n'est pas nécessaire d'en dire plus.

Jonas pouvait déblatérer ce qu'il voulait, il lui fallait admettre que la nonchalance de cette personne n'avait rien pour le mettre à l'aise. Que dire de cette personne, lui qui savait parfaitement comment réagir dans des situations claires comme des attaques ou bien des discussions ou débats, devant une femme, cible de surcroit, qui se tenait allongée face à lui, il manquait d'assurance pour ce qui était de la marche à suivre. Une seule chose était certaine pour lui, elle ne manquait d'aucune audace, et ne semblait pas éprouver de peur, pas plus que Jonas d'ailleurs. "Decide toi, ne me fais pas attendre. Réagit, ne m'oblige pas à me servir de cette chose immonde"

-Alors, comment dites-vous déjà...ah oui, la balle est dans ton camp...bien que je n'ai pas encore usé de cet engin
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MessageSujet: Re: Seek and destroy [PV]   Mar 27 Mai - 23:33

Résonnance disloquée. Le sol grinça sous le poids des pas feutrés de l’agent que le Gouvernement envoyait à mes trousses. Telle une base antivirale voulant éradiquer un virus, je devais me coltiner ce merveilleux entretien avec ce personnage plus que singulier. Du moins, cette idée me vint à l’esprit lorsqu’il se présenta face à moi, et je ne pus réprimer, l’espace d’un instant, ma stupeur. Malgré sa physionomie courante que l’on peut attendre de la part d’un homme de son envergure, sa stature ne fut pas l’objet de ma surprise, mais plutôt son accoutrement. Drapé dans un tissu sombre, d’un noir de jais, de la tête aux pieds, l’homme reposait l’ensemble de son tonnage sur une canne au pommeau runique. Style  vestimentaire rudimentaire issue d’un ancien temps, cet homme dénature scandaleusement la fierté de l’homme qui se pavane d’être un homme de son siècle. Mais qu’est-ce donc être un homme de son temps ? Si ce n’est, demeurer figé dans les codes et l’éthique de son ère en ignorant les fluctuations et l’évolution du temps, des mœurs. Allongée de tout mon long, telle une muse posant pour la toile d’un peintre italien, ma nonchalance plus que palpable était loin de me teinter les joues du rouge de la honte. Silencieuse, effroyablement passible, je dardais mon regard sur l’intrus me faisant face, sans esquisser le moindre geste ou attenter la moindre parole. Vigilance constante ! L’observation n’était pas une étape que je devais négliger, et bien que la logique était à son paroxysme :  je ne devais pas sous-estimer le Gouvernement. La cohérence de mon intuition était si palpable, que la question que je devais me poser était : à quoi ais-je à faire ? Non pas à qui, car qui qu’il soit, je ne m’en préoccupe pas le moins du monde, mais plutôt la nature de sa … race, si je puis dire. Un sorcier, un métamorphe ou encore un confrère de mon espèce … Un Daybreaker ? Quelle essence magique habite la masse corporelle du quinquagénaire, coule dans ses veines et suinte de ses pores ? Je devais en savoir plus, je devais en savoir plus sur cet étrange personnage. Pour une question de survie, pour une question de stratégie.

Réflexion profonde, interrogation manifeste, j’en oubliais presque le silence et la distance me préservant de tous contacts avec l’agent singulier. Si bien que lorsque le sol grinça à nouveau sous ses pas, je fus propulsée hors de ma léthargie. Mes prunelles émeraude suivirent docilement les mouvements de l’homme en habits noirs alors que ce dernier se dirigeait à grandes enjambées vers la carcasse assommée d’un individu lambda. Vulgaire ramassis de viande, appât vivant insignifiant, amusée je ne pouvais m’empêcher de rire intérieurement à la vue de son expression salutaire, effet éprouvé à la prise de connaissance de la présence de son sauveur, le salvateur. Bonheur éphémère, je lui ôterais la vie comme ses autres confrères. ; Ma langue demeure étrangement liée, chose inhabituelle lorsque l’on détient le malheur –à défaut d’être un bonheur– de me connaître. Et ce silence perd de son attrait lorsque l’homme s’adressa à moi pour interpréter la chanson que j’avais chantonné auparavant.  Bien que je ne fusse pas là pour boire le thé, et chanter des chansons de Noël, je n’avais pu m’empêcher de psalmodier les propos hurlés par les défunts de cette bâtisse. Monstre, était-ce là le qualificatif qui résume  l’impact de mes actions ?  Bien que le moindre de mes faits et gestes étaient à connotation funèbres, je tentais bien involontairement de me convaincre que mes actes étaient à des fins positives, en soi. Que celui qui me jette la première pierre ose me dire qu’il ne fera pas n’importe quoi pour protéger ses proches ? Et là où l’incompréhension nait, je n’avais pas la force d’accepter que je tiens suffisamment à Ezra pour me salir les mains pour son bonheur. Égoïste, scandaleusement ridicule. Certains penseront que je prends une excuse pour amoindrir l’horreur de mes actions. Qu’il en soit ainsi, pensez donc cela. Je serai seule connaisseuse de mes réelles convictions, profondes mais surtout … très secrètes

« En plus d’avoir la parodie d’Inspecteur Gadget dans sa panoplie de Détective, on me colle un bavard. Décidément, le Gouvernement n’est jamais à court d’idées pour m’achever … » rétorquais-je pour toute réponse à la tirade assommante du vieillard. Je levais les yeux au ciel, tout en soupirant. Je ne me fais plus toute jeune, et il semblerait que les siècles aient absorbé ma patience et mon altruisme –pour ce dernier, je plaisante–, quelle calamité ! La fraicheur d’une arme contre ma tempe me laissa de marbre, bien étonné de voir une arme si … humaine, entrer dans le round. Sceptique, je commençais sincèrement à me demander s’il savait pour ma nature non-humaine, ou si le Gouvernement avait fait la grossière erreur de m’envoyer un casse-croûte, soit un vulgaire humain ? Improbable certes, mais plus que jamais, je devais savoir qui est cet étrange personnage ! « Bla bla BLAAAA ! Dis donc, tu as récité des pamphlets dès ta naissance pour parler autant ? », balançais-je avec un rire scalpeur. Je tournais mon regard vers le vieillard, avant de hausser les épaules tout en levant les mains en l’air, en signe de pacifisme, du moins un semblant de paix. « Okay, okay tout douuuux ! Je me rends, je me rends ! » ; Mains en l’air, toujours allongée sur ce canapé à ressorts, je lui tendais la main, comme pour lui serrer la main afin de sceller cette arrestation. Patientant quelques instants la main tendue, constatant son absence de geste, je me serre la main toute seule tout en déclarant avec raillerie : « Je n’ai pas d’explosifs dans ma main, que Dieu en soit témoin, haha ! ». Une lueur attrayante illuminait mon regard émeraude, un sentiment s’y reflétait partiellement à la surface : le défi irradiait en moi.
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MessageSujet: Re: Seek and destroy [PV]   Mer 28 Mai - 18:52

Jonas sentait son bras s'alourdir du fait du poids impressionnant de l'arme qu'il tenait ainsi, mire pointée droit sur la tête de la jeune femme. Pourtant, sans trembler, il maintenait sa visée, observant au passage les réactions de sa cible qui tardait à se retirer de sa couche délabrée. Elle parla enfin, avec un timbre de voix bien plus sombre encore que l'aura qui se dégageait d'elle, ou bien qui se dégageait de ce tas de ruines qui les entourait. Bien entendu, une fois de plus, pour Jonas, ce fut une véritable calvaire pour comprendre l'essentiel des mots employés, car tel qu'il l'avait remarqué à maintes reprises, ce qui caractérisait énormément le langage moderne, c'est cette utilisation à outrance d'images particulières dont les références échappaient totalement au Mage, allégories qui ne facilitait pas la tâche au cerveau du sorcier pour compiler toutes ces informations. Pourtant, avec ce léger entrainement qu'il avait depuis son arrivée dans la cité, il commençait au moins à imaginer si les paroles prononcées étaient à but positif ou finalité négative, au ton péjoratif ou encenseur, et dans la situation présente, quelque chose lui disait que ce verbiage là n'avait rien de bien flatteur pour lui. En revanche, ce qu'il n'eut aucune difficulté à analyser, fut ce reproche froid concernant la capacité à Jonas de parler autant et avec facilité, mais un reproche auquel le sorcier n'accorda pas une once de crédit. Devait-il faire comprendre à sa cible qu'un manque de parole de sa part aurait été radicalement compensé par un tir bien placé au sein du lobe frontal de la jeune femme?

Non, car Jonas n'était pas de ce genre-là, il était de la trempe de ces hommes qui aiment comprendre le pourquoi des choix des autres, même dans les cas extrêmes, quitte même à leur laisser une option de secours, une sorte de chance de revirement. Mais ce genre de chose, le Mage le laissait à l'appréciation de la situation, car fréquent furent ses cas ou aucun répit d'aucune sorte n'avait été laissé à ses proies. Tantôt impulsif,tantôt réfléchi, voilà qui constituait parfois la complexité de Jonas dans son comportement et son caractère. Mais pour ce moment présent, il y'avait une autre variable qui changeait la donne, car si cette femme étrange et nonchalante qui lui faisait face était de toute évidence une cible du Gouvernement, et dorénavant celle de Jonas, le pourquoi du comment retenait encore le bras et surtout le doigt du Commissaire Politique. Lorsqu'elle tendit les bras à son encontre, signe de rédition, elle vint, sans peut-être le savoir, acculer Jonas face à une situation qu'il ne connaissait pas encore, du moins dans cette époque-ci et de cette facon là. Pourtant il savait ce qu'il avait à faire, il l'avait appris lors de ces quelques jours de "formation" qu'il avait du suivre après sa nomination.
Reglement Intérieur des Services de Sécurité, Chapitre 3.1
"Sauf ordre contraire et précis de la part du Ministère, tout suspect doit être arrêté et mis à disposition de la justice ou bien des instances supérieures du Gouvernement"
L'arrestation était ce moment ou Jonas devait se saisir de cette paire d'anneaux métalliques léger conçus pour entraver les mouvements de bras du suspect, ce que les gens appelaient menottes. Malheureusement, Jonas s'était bien gardé de porter constamment ces instruments, ayant, sans doute, imaginé trop longtemps que sa fonction et son devoir constituerait essentiellement à traquer des criminels de haut rang et dont la plupart seraient régulièrement recherchés morts ou vifs...Grosse erreur de jugement, car même si certaines de ses prérogatives pouvaient l'associer à une sorte d'exécuteur public ou secret, en réalité, cela n'était pas systématiquement le cas. Il devenait du coup parfaitement évident que Jonas ne serait pas prêt de rengainer son arme de sitôt pour compenser.
"Les ministres n'ont pas parlé d'une quelconque arrestation concernant la personne..." Etrangement, quand les ministres jouer d'allusions ou métaphores pour ordonner à Jonas, leurs paroles étaient suffisamment compréhensible pour le Mage, et pour cette fois, lorsque le Gouvernement lui demandait de s'occuper de la cible, l'image était claire.

-Je pense, nous le savons tous les deux, que tendre tes mains est parfaitement inutile, jeune fille. Mon ordre de retour ne concerne que cet agent étendu-là, et aucune autre personne.

Avec un mouvement de tête suivit d'un pincement des lèvres, Jonas espéra faire comprendre à la femme que son sort était scellé, bien qu'encore entre les mains du Commissaire Politique, sort qui aurait à subir le jugement de Jonas en fonction de la situation. Jonas était un tueur, certes, compétent, mais il n'était en aucun cas un assassin. Et pour l'heure, si la jeune femme s'en était réellement pris à ses agents, dont la plupart d'entre eux étaient encore totalement inconnus pour le fonctionnaire, à l'image de celui qui gisait derrière lui, les raisons de son geste étaient encore un mystère. Il n'était pas là pour exécuter comme le désiraient ses supérieurs, mais il était là pour enquêter en tout premier lieu et cela selon lui uniquement. L'exécution n'aurait lieu que si et seulement s'il la considérait comme nécessaire. Et pour l'enquête, Jonas avait déjà un début d'hypothèse, car les agents manquants avaient tous un point commun, un certain peacekeeper récemment sorti des geôles. Un criminel dehors, sans raison, n'était pas à prendre à la légère, et ne connaissant ni l'individu ni même les risques que l'on pouvait associer à son existence, le Commissaire Politique se devait de trouver quelles personnes placées dans les instances avaient abusés de leur autorité pour libérer un criminel. Voilà qui se trouvait bien plus en accord avec sa mission, sa fonction, traquer les abus et ceux qui en usent ouvertement ou non, directement ou indirectement, quelques soient leur fonction, et ce lorsque ces abus ne présentent aucun intérêt pour le Gouvernement.

-Pour être franc avec toi, je n'ai nullement l'intention de m'encombrer avec quoique ce soit, de vivant, de mort ou même de mourant...

Une brève rotation du torse accompagna ses derniers mots et le projectile qui jaillit du canon de l'arme après sa mise à feu perfora le crâne, non pas de la jeune femme, mais celui de l'agent gisant, mettant ainsi fin à ses souffrances. Dans l'instant, le Mage, même sans être réputé comme médecin, savait que les minutes du bonhomme étaient comptées, et que ses maigres talents de guérisseur n'auraient aucune chance de lui sauver la vie, même pour quelques minutes supplémentaires. Et dans la mesure ou Jonas ne comptait pas nécessairement en finir avec l'agresseur de celui-ci rapidement, une pointe de compassion accompagna le doigt en pressant la détente. Il rengaina son arme ensuite et posa sa main libre avec l'autre sur le pommeau de sa canne, dans une posture sobre mais néanmoins pratique si un quelconque dérapage l'obligeait à dégainer son autre arme, celle qu'il appréciait bien mieux.

-Accordons nous une trève. Aucun impératif, notre ami commun n'en nécessite plus désormais. J'ai deux questions à te poser, et je te saurais gré de m'y répondre. Qui diable est-tu et pourquoi t'en prends tu à mes agents de cette façon?
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