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 « hell for breakfast » ㄨ cordelia&ezra

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MessageSujet: « hell for breakfast » ㄨ cordelia&ezra   Sam 19 Avr - 23:37




« Tout bonheur commence par un petit déjeuner tranquille. » devisait William Somerset Maugham à l’époque. Des mots d’or d’un homme dont l’existence, en toute honnêteté, n’avait pas la moindre importance pour la sorcière si ce n’est ces mots qu’elle affectionnait avec une certaine hardiesse. Dieu sait qu’elle n’en avait absolument rien à foutre de ces prestiges de dramaturge. Si ce dernier eût tant voulu composer une œuvre d’intérêt, peut-être aurait-il du l’écrire sur Cordelia Hopkins, différences d’époque (et de monde, vraisemblablement) mises à part bien entendu. Mais s’il y avait bel et bien une chose qui lui avait manqué dans cette autre dimension – que certains appelaient l’Enfer, d’autres Darkness Falls – c’est bel et bien le petit déjeuner. Ne disait-on pas, après tout, que c’était le repas le plus important de la journée, ou peu importe? Dans tous les cas, la succube agréait à de tels propos, aussi naïfs pouvaient-ils sonner à ses oreilles, ou à celles de quiconque alloué d’un minimum de jugement et de discernement. Vous vous en doutez, cela réduit la liste des heureux élus à un chiffre dramatiquement bas, mais Cordelia était accoutumée à présent aux indispositions cérébrales des gens de la Nouvelle-Orléans ; tous de sombres imbéciles quoi.

La brunette, en revanche, avait le mérite d’être astucieuse et compétente, et si elle eût été un tant soit peu aussi dépourvue de sens que ces idiots, peut-être aurait-elle mis le mérite de cette perspicacité sur un petit déjeuner digne d’un tel nom, mais présomptueuse qu’elle était, vous vous doutez bien qu’elle prenait tout le mérite sur elle. La serveuse, à première vue d’origine jamaïcaine – bien que ce n’était qu’une supposition un peu suffisante – lui servit son assiette décidément garnie. La dame, dont l’âge paraissait enfin à se faire sentir sur son visage, tenta – probablement dans un élan naïf de faire la conversation – une remarque sur un ton qui se voulait pourtant convenable, mais qui ne décrocha que mépris à la sorcière. « Vous êtes certaine qu’une fille aussi petite que vous peut se permettre de manger un tel petit déjeuner? » « Dites-moi. Elle marqua une pause pour lire le prénom de la serveuse inscrit sur son uniforme. Rose. Un gloussement s’échappa de sa gorge, alors que ce visage de démon prenait finalement ses véritables formes et courbes insolentes. Quel prénom stupide aussi. Que fait une diététicienne de votre rang dans de si bas accoutrements de serveuse? » L’interrogea-t-elle d’un air à la fois innocent et hautain. « Hmmph, c’est peut-être parce qu’en fait, vous n’êtes réellement qu’une piètre serveuse qui ferait mieux de me laisser déjeuner en paix si elle tient vraiment à toucher son pourboire. » cracha-t-elle dédaigneuse à souhait avant de rouler les yeux, ses iris pleins de mépris fuyant le regard embarrassé de la serveuse. « Merci. » dit-elle sans même regarder la dame, ni sans même lui adresser une quelconque trace de reconnaissance, encore moins de gratitude. Son timbre de voix priait pour qu’elle décampe, comme si sa simple et banale présence irritait déjà la sorcière au plus haut point.

Chose faite, la succube eût enfin l’impression qu’elle pût profiter de son déjeuner dans la tranquillité discutée précédemment. Rare étaient les cafés qui offraient des crêpes de qualités avec un apport aussi important de fruits en tout genre et ce pour une somme modique. Si la Nouvelle-Orléans avait bel et bien un charme, c’était bien celui-là. Et seulement quelques bouchées de ce repas lui firent comprendre pourquoi elle appréciait tant ce petit plaisir de la vie anodin. Son regard vint à croiser la première chose capable de renvoyer son reflet et vous vous doutez bien que la brunette n’hésita pas à s’observer quelques secondes, admirant cette supériorité et audace qui s’exprimait naturellement dans cet aplomb qu’elle endossait quotidiennement. Un fin sourire narquois s’esquissa furtivement sur ces lippes teintées d’un rose persan subtil alors qu'elle prenait conscience pour la énième fois de sa jeunesse malgré sept siècles à son compte. Une main discrète passa dans ses boucles brunes, d'apparence aussi jeunes et en santé qu'elle, avant que son attention soit exigée ailleurs, à son plus grand dam.

Un homme, vraisemblablement dont le visage ne lui disait absolument rien, un défaut de mémoire parce qu’elle le connaissait, en vérité, plutôt bien, ou tout au moins la réciproque se valait. S’approchant de sa table, la succube ne put s’empêcher de rouler les yeux face à un tel spécimen, peu importe ce qu’il était et surtout peu importe ce qu’il voulait. « Superbe, un mendiant. » Ironique venant d’une fille qui n’était réellement qu’à deux doigts d’un tel titre, mais elle savait bien cacher son jeu à l’opposé de tous ces moins que rien peuplant les rues de la Nouvelle-Orléans. « Où est la sécurité quand on a réellement besoin d’elle. » se marmonna-t-elle à elle-même plus qu’autre chose. Une fois le jeune homme enfin réellement en face d’elle, elle préféra ignorer, si ce n’est que pour quelques secondes, l’inconnu (qui n’en était pas réellement un, malgré ce qu'elle pouvait penser). Elle avait eût la stupidité de croire que si elle ne lui accordait pas même le moindre regard ou considération, il allait peut-être la laisser en paix...une naïveté à laquelle elle n’était pas accoutumée décidément. « Tu ne vois pas que tu caches mon apport de lumière, ou serait-ce là une notion trop péniblement imposante à cerner pour toi? » pesta-t-elle, levant un sourcil. D’un faciès qui en disait encore plus que son discours, elle conclut : « Dégages. » Elle n’avait littéralement aucune idée de qui il était. Il fallait avouer qu’elle ne se rappelait que des gens digne d’intérêt.


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MessageSujet: Re: « hell for breakfast » ㄨ cordelia&ezra   Sam 26 Avr - 0:24

Les sons érodent son indifférence dès les premiers pas. Trébuchant sur les notes irrévérencieuses qui l’accueillent dans la marche funèbre de cette nouvelle journée, il dérange la neutralité de son expression pour la substituer par un léger désaccord. Un fin pli au niveau de sa bouche qui trahit subtilement l’impartialité de son humeur. Il continue à jouer son rôle. Celui de la créature repentie. Tout se prête à la comédie, son dos se courbant pour obéir à cette main invisible qui le veut honteux, ses yeux suivant les rayures de ces dalles qu’il profane de ses semelles. Celles-là même s’arrangent pour se fondre dans le vacarme ambiant jusqu’à ne devenir qu’un écho permanent, immatériel, claquant le sol comme tous les autres. Bruit qui ne possède aucun impact quand il est isolé mais qui disparait une fois converti à la masse. Devenir personne, voici la mission qui l’incombe. N’est-ce pas arrogant de se juger être quelqu’un par défaut ? Ezra n’a pas cette prétention, ni même ce luxe à vrai dire. Dès l’instant où son honneur de façade – construit brique après brique pour distancer ses fautes, a été réformé par cette annonce illicitement intrusive et accusatrice, son but original de devenir quelqu’un s’est mué en cette décision de n'être personne. Pas d’ailes, pas de papillon, la chenille s’extirpe de son cocon en conservant son état initial. Une ombre qui s’aplatit sur une toile ébène. Convié à cette conférence mortuaire donc, à cette nébulosité urbaine avant de gagner sa pénitence – celle qui autrefois s’apparentait davantage à son sanctuaire. La sentence dans les mots, la terreur dans les gestes, le teint devenu blafard. Il est amusant de constater que violenter l’humanité, la torturer avec des prétextes et surtout de l’appui, est excusé par la majorité, voir même oublié de façon collective. Mais abattre la mortalité sans ordres, sans position devient alors crime bien que les intentions soient égales. Trouve-t-il une justification tordue à son acte ? Il y en retire seulement une simple ironie. Acquitté, lavé même de cette affaire, il reste coupable. Condamné par ce regard dans la glace, jugé par ceux qu’il croise tous les jours sur son lieu de travail et placé en quarantaine pour une durée indéterminée comme un pestiféré. Le temps que ça passe. Le temps que la mémoire commune ne devienne assez défectueuse pour qu’il puisse à nouveau, interagir avec les patients. Écarté dans les bureaux, tout juste bon à trier la paperasse. Le verdict demeure inchangé malgré la liberté relative.

Le prisonnier traîne la lourdeur de ses chaînes ce matin encore. Le poids le force à arrondir un peu plus son échine déjà malmenée par ses erreurs. Il ne relève la nuque qu’une fois déstabilisé. Ici, les odeurs s’enchevêtrent aux tonalités, perturbent la constance de cette monotonie. Un facteur inconnu, instable et puissant par son imprévisibilité. Un parfum insulte sa condition, capte et enlace le mortel qu’il n’est plus. Une torture olfactive, un plaisir sadique. Cueillette de senteurs, espace figé dans lequel il se croit rêvé d’un repas. Il a vraiment faim mais pas comme ces êtres qui se pressent déjà dans les échoppes. L’énergie s’échappe de chaque carcasse qu’il croise et perd aussi futilement mais il se contraint à l’abstention. Technique vaine qui l’envoie puiser en rêve un peu de force ailleurs. Son instinct de survie s’est renforcé avec le temps et les épreuves. Il n’en veut plus mais le subit en attendant sa propre résignation. Ça finirait par arriver. Lui aussi allait se lasser de traquer pour subsister. Chasseur éternel, dévoreur d’âme et instigateur de chaos, qu’est-il donc devenu ? Il est étrange que cette interrogation, certes lancinante à souhait, trouve à nouveau ses cheminements alors que d’un simple balayage visuel, il tombe sur sa cause. L’urgentiste s’attarde sur la vitre, en congédie les reflets pour ne garder que le contenu que la devanture détient entre ses crocs. Une colère sourde fendille les rails. Le train dévie sa course. La ligne droite s’arque et le voilà déjà sur le seuil du café. Ses pieds battent la mesure mais plus en rythme. Il se différencie sans en prendre conscience. Pire, sans s’en préoccuper. Depuis son pan de la pièce, il décortique ses traits avant de déshabiller sa diction et de poser le constat final. C’est bien Elle.

Pas de doigts pour l’arrêter – Qui le ferait ? Il n’a plus personne pour se ranger à ses côtés. Pour qui se mettre à l’abri ? Lui ? Il ne craint pas la tempête. Mais plutôt, le mutisme. Quel fuyard devrait-il devenir pour baisser sa garde et reprendre son trajet tracé, mâché et préétabli ? Pas dans cette peau, pas à cette époque et pas dans ce cas précis. Il atteint sa table sans fracas et se tient face à elle en envisageant divers scénarios cruels qui lui permettraient d’évacuer sa frustration actuelle. Il n’en met aucune en pratique. Pas tout de suite. Délicieuse insulte qui s’extirpe de sa bouche rosée. Amusant pragmatisme ensuite. Et puis l’apothéose très rapidement atteint. Elle le congédie. Un sourire se déploie et s’éclipse sur ses lèvres quand il tire la chaise face à elle pour s’y installer. Sa voix conserve ce timbre neutre qu’il a travaillé avec assiduité ces derniers jours dans le but d'endosser le bon masque pour la bonne conduite. « Il est vrai que même les mauvaises herbes ont besoin de lumière pour s’étendre. » Ses coudes prennent place sur la table qui les sépare. « Quel dommage que tu ne puisses pas préserver encore un peu les apparences. Une fois qu’elles sont dénichées, sais-tu ce qu’on fait des cultures nuisibles dans ton genre ? » Sa rétine se fige dans celle de sa voisine alors qu’il se penche vers elle pour agripper son poignet avec force. Ses ongles se fichent dans sa chair et s’enfoncent dans le but de la garder en place. Il lui murmure toujours aussi calmement « On les arrache par la racine. » Quand la syllabe s’arrête, il grappille un peu de son énergie. Volontairement. Le flot qu’il reçoit, disperse la torpeur physique qu’il tire depuis le réveil, l’impressionne par sa vigueur et le terrorise aussi radicalement par sa facilité d’acquisition. Il la relâche immédiatement pourtant. Il ne peut contenir sa soif après s’être résolu à la famine et même si l’envie d’attenter à l’existence de celle qui a été le point central de sa décadence récente, sa conscience lui somme de ne pas s’avancer sur ce terrain avec témoins à l’appui. Le seul secret qu’il lui reste désormais, c’est celui-là. Sa nature. Celle qui le consume par la faute de cette garce qui s’est arrêtée ici dans le but de sustenter son estomac et de ravir ses papilles en toute impunité. Si la justice était absolue, elle serait en cage. Ou mieux encore. Entre les crocs d’un mort-vivant.

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MessageSujet: Re: « hell for breakfast » ㄨ cordelia&ezra   Jeu 1 Mai - 19:02




Une œillade lui suffit pour constater qu’il était toujours là. Ce fût, entre autre, une œillade de trop. Jamais n’aurait-elle du être dans l’impératif de vérifier si cette importunité n’avait pas délaissé les lieux comme elle avait sollicité, pour ne pas dire exigé dans cette outrecuidance qu’on lui connaissait trop bien. Arquant un sourcil dans cette interrogation insolente, elle fût tentée de dévisager le jeune homme, mais son visage sût garder son attention lorsqu’elle vit sur son visage s’esquisser un fin rictus, plutôt subtile, mais suffisamment apparent pour dénoter cette présomption à laquelle il se donnait, un peu arbitrairement si vous voulez l’avis de la succube. C’est donc avec un sourire similaire, si ce n’est peut-être davantage moqueur et sournois qu’elle accompagne les gestes du jeune homme qui se voulaient probablement fugueurs. Cordelia n’achète pas le tout pour autant. Sept siècles dans les géhennes, vous pouvez en être assurés, les façades tombent rapidement et celle du bel apollon fait pale figure, malgré ses efforts estimables. Ces airs les plus neutres arrivaient tout de même à traduire de cette instabilité qui bouillonnait au creux de son estomac ; la sorcière en était certaine. Appelez ça l’instinct, ou le simple fait que personne n’était jamais arrivée à demeurer calme et paisible face à une créature comme la succube pour la simple raison qu’elle était un être imbuvable et impitoyable, dont la présence n’incitait que mépris et précarité. Le jeune homme n’échapperait pas à la règle, comme personne n’y avait jamais échappé dans le passé. Et Ô bien qu’elle aimerait être prouvée du contraire, mais les siècles derrière elle ne faisait que démontrer l’amère réalité.

Ce n’est pas sans raillerie qu’elle accepta la remarque du jeune homme sur la mauvaise herbe. Ne la méprenez pas ; elle n’arrivait tout simplement pas à résister à cette ironie si admirable. Le dernier des hébétés s’installait à sa table, dans son territoire, dans son espace, complètement non sollicités et surtout loin d’être voulu, se permettait de faire une remarque sur les mauvaises herbes. S’il y avait bel et bien une mauvaise herbe, c’était bien lui. À débarquer comme ça, s’accablant de l’espace de la sorcière, se frayant contre elle avec cette verve acerbe. Elle en avait déjà horreur, mais comme mentionné, l’ironie était saillante et il était impossible pour la démone de ne pas se moquer subtilement de cet affront de bas étage. Vous vous doutez qu’elle chassa hâtivement ce sourire lorsque les ongles, pour ne pas dire griffes, du jeune homme morcelèrent dans sa peau de pêche, ne soutirant à la brunette qu’un soupir, plutôt suave malgré la situation, mais c’était naturel chez elle. « ‘the fuck… » Nul temps de poursuivre que le bel apollon lui coupe la parole et vraisemblablement exerce sur elle ce phénomène d’imbibition d’énergie qu’elle commençait à trop bien connaître depuis quelques temps. Le sentiment était inexplicable ; ce n’était pas douloureux en soi, c’était juste terriblement éreintant, si l’on pouvait dire. Comme si d’un coup, l’adrénaline et votre vigueur était sucé hors de vous, dépouillées à jamais. C’était accablant, poignant de prime abord, puis assommant, mais pas douloureux. Et pourtant, ça ne dura que quelques secondes. Sa sève vitale était-elle trop amère pour plaire aux goûts du jeune homme? L’ironie, une fois de plus.

Mais le canevas qui s’affiche à présent devant elle est bien trop jouissif pour ne pas en rire. C’est presqu’un rire hystérique qui s’échappe de ses lippes subtilement rosées. Un rire qu’elle étouffe promptement parce que malgré ce que l’on pourrait penser, elle n’est pas du genre à se manifester bruyamment et l’attention, elle a préférait singulière, propre à une seule personne et à une seule situation, plutôt qu’à une foule ou autre. « Navrée, navrée, mais je ne peux pas vraiment m’en empêcher. » Ces deux petits chocolats se fondant dans les saphirs du bel inconnu, elle soutient ce vis-à-vis de toute sa présomption habituelle. « Tu es certain que tu en as eu assez? » dit-elle, railleuse, alors que son visage prend des courbes interrogatives bien trop grossières pour être sincères. « Ça ne me surprend pas vraiment, à vrai dire. Tu as tout d’une petite nature, pathétique, faible et aussi vigoureux qu’une tige de fleur. » Siffla-t-elle. Mais ce qui lui vint en tête par la suite fût tellement bon qu’elle gloussa d’avance. Cordelia approcha alors son visage comme pour lui faire une confession, similaire à la situation précédente, les rôles à présent inversés. « Tu sais ce que je fais des petites natures dans ton genre? » Petite pause, ses lèvres s’étirant dans un tout tellement plus railleur que les précédents alors qu’elle parodiait adroitement les menaces antécédentes du jeune homme. « Je les piétine grossièrement sous mes talons et je ne regarde certainement pas derrière moi une fois chose faite...et tu sais pourquoi? Parce qu’elles en valent tout simplement pas la peine. » susurra-t-elle, son timbre de voix doucereux et mielleux, à l’image de son visage suave, mais tellement en contradiction avec la causticité de ses propos. Discours terminé, elle se fond à nouveau dans son siège, alors que ses bras se croisent sous sa poitrine, serrant sa veste en cuire noir davantage contre ce haut de dentelle de la même couleur. Ces iris chocolatés désignèrent son assiette dans laquelle il restait encore de ce petit festin décidément digne d’une reine. Sourire mauvais en coin, un air à la fois vicieux et insolent peint sur le visage, elle conclut : « Tu devrais manger. Tu es pâle, je trouve. On dirait que tu as vu le Diable en personne. » Pire encore, il avait vu Cordelia Hopkins.

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MessageSujet: Re: « hell for breakfast » ㄨ cordelia&ezra   Lun 12 Mai - 0:44

L’insulte s’habille d’un rire retors, satisfait par sa simple condition d’outrage sonore.  Couplet entêté, refrain déjà enraillé d’un esprit dérangé.  Sa mélopée aux accords dissonants le préserve de la controverse vertueuse qui étrique chacune de ses colères. Les représailles sont des ficelles qu’il faut manier avec une précision avisée. A trop tirer sur la corde, on se noue les poignets. Corrompre un lieu, chambouler un repas au nom d’une Vengeance semble trop ambitieux. Comment peut-il obtenir réparation ? Elle ne peut inverser le processus. Soulager sa fureur et asseoir une quelconque emprise sur la responsable, y a-t-il une autre finalité à ce gracieux détour qu’un simple épanchement tout juste bon à le condamner davantage ? Être magnanime, donc. La belle histoire, le vieux conte, le très poétique récit qui a assassiné des rois justes, a fait naître dans les gorges de veuves déchirées, d’horribles sanglots et rendus orphelins de bien jeunes âmes désorientées. Est-ce donc pour ce fallacieux complot moraliste qu’il a cessé de s’enivrer de cette essence ? Sa collection de déceptions et de ratés lui démontrent à quel point s’accrocher à ses principes plus qu’à sa propre existence, ne mène qu’à une route inachevée. Mais quitte à faire demi-tour, faut-il pour autant qu’il s’attarde sur le passage à niveau, qu’il obstrue la voie et attende le prochain train ? Pas question de sacrifice mais de démence arbitraire. Il ne peut pas abjurer un nouveau crime quand un auditoire fait lieu de décor alors qu'il peine à retrouver une intégrité quelconque. Détenu dans son propre piège à loups, la jambe écorchée, une chasse contre ce  qu’il est, contre ce qu’il doit être et ce qu’il n’est déjà plus en s’asseyant à cette table. Sa neutralité défie la moquerie infantile de celle qui aurait dû être sa victime. Orgueilleuse ? Insouciante ? Ou simplement suicidaire. Ezra mise davantage sur sa propre estime qu’elle doit penser immensément importante. Les gens fuient ou dénoncent les abominations dans son genre. Elle s’est contentée de lui rejeter son hilarité, expulsant dans son sillage sa félonie sans failles.

Irrité ou désappointé ? Étrangement, il éprouve un réconfort déplacé. Comme si pris en faute, il ne se faisait point gronder mais davantage excusé. Cette inconnue cherche de toute manière à le déstabiliser et à conserver son masque implacable de supériorité. Rira bien qui rira le dernier. Ses intonations esquissent de nouvelles épines dont la percée se fige sur la froide indifférence du norvégien. Et sa fierté à lui ? Un homme qui ne possède plus rien, ne s’embarrasse pas de menues paroles comme celles-là. Creuses et inaptes à le froisser, pourquoi doit-il être celui qui se vexe ? Alors qu’elle ne renferme pas le moindre gramme d’estime à ses yeux. Il n’accorde aucun crédit aux provocations ou au jugement d’une écervelée égocentrique. Il en a vu d’autre. Le reproche dans la bouche de Kitty est une sentence. La critique entre les lèvres de cette étrangère n’est qu’une brise délirante cherchant à rassurer son émetteur. Elle n’illustre qu’un principe pathétique. Conserver les apparences jusqu’à se croire identique à cette image factice. Les doigts de l’urgentiste s’absentent dans l’assiette qui les distance alors qu’elle a conclu sa petite ritournelle sur un choix ludique. Le Diable. Une créature tout à fait chimérique aux divers travers et revers incongrus. Employé à tort, méprisé par défaut et pourtant, équivalent aux mortels par leurs actes. Si Satan avait élu domicile quelque part, il se serait tout autant laissé tenter par la présomption de son interlocutrice que par l’intransigeance criminelle du nordique. Porteurs des mêmes étendards, léchés par les mêmes flammes, il doute même qu’un seul être dans cette pièce soit exempt de cet exode de masse volontaire ou non vers les Enfers. Mais être adossé à la même bannière que cette insolente n’est pas une amère théorie pour celui qui aimerait la voir croupir au fond d’une fosse à zombies ? Connais ton ennemi, cherche des similitudes pour mieux l’apprivoiser et le comprendre. Simple jeu stratégique.

Dans cette optique, son index assisté de son pouce déchire lentement une des crêpes pour mieux porter son morceau à la bouche de la jeune effrontée. « Si elles n’en valent pas la peine, pourquoi les écraser ? Te sentirais-tu menacée par ces pauvres tiges ? A moins qu’en grande bonté d’âme tu ne décides de leur ôter leur futile existence. » Le jeune homme force la nourriture sur les lèvres de son opposante. « Je t’en prie, ne te prive pas pour moi. » Un soupire se délecte de l’atmosphère avant de mourir tandis que d’un mouvement las, il balaie la table de son bras faisant tomber l’assiette dans son passage. Les aliments s’effondrent au sol en une très belle chorégraphie, fracas de vaisselle. Satisfaction personnelle incohérente. « Quel gâchis. » Il observe les débris sans jamais froisser ses traits d’une moindre expression avant de se pencher par-dessus la table pour replacer lentement une mèche de cheveux derrière l’oreille de la sorcière. « Navré. » Il ne lui laisse pas le temps réagir et agrippe sa nuque. Son pouce, voilé par la chute de boucles de sa proie, appuie sur son larynx. « La dégustation n’est pas à l’ordre du jour, il semblerait. Par contre, pour ton ami à la fourche… Je me demande quel accueil il te réserve dans ses enfers. »  Il amplifie la pression mais en sentant son ombre grimper sur les genoux de sa victime pour l'immobiliser, il s’inquiète de cette perte de contrôle. Alors il la relâche à nouveau. Va-t-il donc osciller entre menace verbale et physique pour mieux se retirer à chaque fois. Instabilité mentale ? Bipolarité inquiétante ? Le champ des possibles est restreint. Et contenir cette violence n’est pas aisé. Ne l’a-t-elle donc pas reconnu encore ? Bien sûr que non. Et quand même bien, ça ne changerait rien. Comme il ne résoudra rien en s’évertuant à la malmener d’une façon ou d’une autre. Alors à quoi bon ? Rien à gagner et pourtant, que lui reste-t-il à perdre ?

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MessageSujet: Re: « hell for breakfast » ㄨ cordelia&ezra   Lun 19 Mai - 2:10




Doigts traçant leur chemin furtivement vers leur proie, Cordelia observait cet animal, cette bête inconnue, cet énergumène sauvage si l’on pouvait le décrire de la sorte, déposer ses salles pattes dans son assiette suite à la proposition qu’elle avait, presque littéralement, placé sur la table. La joute était intéressante, c’est le moins qu’on puisse dire. Celle qui prétendait toujours être la prédatrice semblait être la proie d’un autre prédateur qu’elle considérait elle-même comme une vulgaire proie, sur laquelle elle jetterait probablement son dévolu et son intérêt l’espace de quelques secondes avant que l’ennui ne la reprenne de plein fouet et qu’elle préfère se laisser glisser dans les bras d’un amant quelconque qui, à son tour, sustentera son désir d’arracher un peu de passion un bref instant avant qu’un éternel ennui ne la regagne. Or, elle n’évinçait pas l’ultime, mais alléchante, possibilité que ce vulgaire inconnu ne se relève être plus qu’un jouet grossier parmi tant d’autres. Dieu sait qu’elle se lassait hâtivement de ces derniers. Déchirant la crêpe de deux doigts avec une aisance qui la surprenait pour au mieux quelques secondes, elle esquissa un fin sourire, entre cette raillerie qu’elle arborait toujours, et ce certain vice dont le visage de la sorcière ne semblait jamais chasser. Il n’était pas particulièrement disgracié par la nature, pensa-t-elle d’abord.  Au contraire, ce petit air si dédaigneux qu’il semblait si froidement arborer avait presqu’un…certain charme. Quel dommage qu’il ne demeurait tout de même sans intérêt. Pour l’instant, du moins.

Tendre morceau apportée à ces lèvres, elle hésite à accepter cette offrande, trop suspicieuse au vu de la situation et de la verve qui fût échangée dans cette amertume la plus grisante. Référence à une grande bonté d’âme qu’elle ne connaissait pas, il n’arracha à la sorcière qu’un piètre et las haussement de sourcil, alors qu’elle l’écoutait, toujours perplexe face à ce personnage incongru. Qui était-il? Que lui voulait-il? Tant de questions, et pourtant, elle n’était pas certaine qu’elle obtiendrait de ce spécimen des réponses satisfaisantes. En revanche, elle n’était pas contre l’idée d’essayer ; après tout, c’était la moindre des choses. Puis, elle savait obtenir ce qu’elle voulait et elle n’avait nul doute que ce calme transparent que brandissait le beau blond allait s’éreinter au contact du poison de la sorcière. Forçant ainsi la nourriture contre ses lèvres, elle se résigna à lui accorder cette victoire, mais pas sans théâtralité. Attrapant le morceau du bout de ses dents blanches comme neige, elle l’enfonça entre ses lèvres d’un mouvement de langue sensuel et ce n’est qu’une fois avalé qu’elle passait furtivement, mais lascivement le bout de sa langue contre ses lèvres terriblement bien maquillée. « Comme si. » pouffa-t-elle dans toute cette prétention qui émanait de sa personne. Comme si elle allait se priver de quoique ce soit pour quiconque. Comme si elle était du genre à prendre en considération quiconque si ce n’est sa propre personne. Comme si elle en avait un toit soit peu à foutre des autres. Comme si elle allait s’empêcher de faire ce qu’il lui plait. Comme si.

Cela dit, elle traqua avec impatience et agacement ses beaux airs railleurs pour des traits beaucoup plus irrités et exaspérés par le comportement de l’énergivore. D’ailleurs, elle ne se priva pas de rouler les yeux dans une lenteur traduisant à la perfection de ce mépris dont elle s’éprenait présentement à l’égard du jeune homme. « Je n’en attendais pas moins d’un enfant. » cracha-t-elle alors qu’elle observait le dégât au sol. Pensait-il vraiment la blesser avec des actes aussi puérils? Elle avait passé sept siècles sans même ne ressentir ne soit qu’une once de fringale, elle était tout à fait apte à se ravitailler du peu qu’elle avait réussi à ingérer avant que son interlocuteur ne vienne gâcher son petit déjeuner. L’idée du gaspillage de ne semblait même pas la froisser ; ce n’était pas de sa poche qu’elle avait payé ce repas, mais bien de celle de n’importe quel idiot auquel elle avait su soutiré de l’argent. Qui sait à qui appartenait les billets qu’elle avait utilisé aujourd’hui et, en toute honnêteté, ce n’est pas comme si elle en avait quoique ce soit à foutre. Alors la seule chose qui sembla l’irriter, c’est le regard des autres sur elle, sur lui, sur eux. Son petit geste immature n’avait pas le mérite d’être discret et elle détestait avoir les yeux rivés sur elle de la sorte. Le regard glacial du jeune homme ne la quitta pas d’ailleurs. S’approchant d’elle comme le prédateur qu’il prétendait être, elle se laissa approcher sans appréhension, et rien ne changea lorsqu’il tenta de remettre en place une de ses mèches de cheveux. Hissant toujours cet air assiégé entre le dédain et la raillerie, elle était une image perplexe et intrigante à elle toute seule et il n’avait nul doute que le panorama qu’offraient les deux spécimens était tout aussi intriguant aux yeux des indiscrets.  Conquise de par l’emprise physique et rude de sa main contre son larynx, sa main dans un réflexe tellement humain attrapa la fourchette qui se trouvait au bord de la table, épargnée du même tragique destin de ses compatriotes du couvert. Ceci dit, sans même qu’elle n’ait à utiliser une quelconque forme de défense, elle le revoyait à nouveau se défaire à l’idée de la blesser. C’est plus fort qu’elle, elle est à nouveau éprise d’un rire narquois. « Tu es vraiment pathétique. » Fourchette à la main droite, elle aventura sa main gauche dans des terrains hostiles alors que celle-ci vint caresser l’avant-bras du blondinet. « Tout ce pouvoir, toute cette force, pour un être aussi puéril et infime que toi. C’est ça qui relève du gâchis, sucre d’orge. » Lui attribuant un léger sourire, à la fois moqueur et séducteur, peut-être plus espiègle qu’autre chose, ce ne fût qu’un bref subterfuge alors que sans avertissement, elle enfonça la fourchette dans la chaire du jeune homme. Oh, il n’était pas le seul à pouvoir se pourvoir d’un tel droit sur le corps de l’autre. « Trêve de plaisanteries, veux-tu. Qui es-tu à la fin? Et que me veux-tu? » Même après tout ce temps, l’image de cet homme, dont la vie avait basculée par sa faute, ne lui revenait toujours pas.

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MessageSujet: Re: « hell for breakfast » ㄨ cordelia&ezra   Ven 23 Mai - 0:53

Animation dissolue, mouvement décomposé et abjuration théâtrale. Un seul acte pour une unique scène ? Les rideaux viennent seulement de s’écarter mais déjà, les curieux se pressent pour en rafler visuellement le début en arguant placidement sur sa fin en bons critiques, placés dans leur rang – hors du cadre. Piétiner l’estrade est une chose, délier la première ligne est une autre. Plongée dramatique sur la vaisselle brisée et en hors-champ, les spectateurs se contiennent comme ils peuvent en éparpillant de petits grignotages auditifs pour assouvir la curiosité ambiante. Mais eux, ils ne sont que tout le monde et donc, personne. Eux, ils sont les témoins. Eux, ils sont les prêteurs sur gage – les vautours prêts à troquer leur parole contre la valeur ultime, celle de la reconnaissance, celle de la justice et celle du mérite. Moyen facile de s’auto-satisfaire en accomplissant un devoir simple, facile. Tous ces visages assureraient sa perte si d’aventure, il se laisse tenter par ce qui tangue dans son crâne. Marée houleuse qui frappe contre sa tempe gauche et revient aussi vite harceler la droite. Gisant au milieu des flots, le corps de cette étrangère. La noyade d’ailleurs – une énième alternative. Son adjectif vole et se courbe dans l’air comme une ribambelle de ficelles colorées, plusieurs teintes délectables pour cette ironie. Il étire un doux sourire sur sa bouche. Illustration du terme, candide rictus qui creuse légèrement sa joue comme pour justifier les propos à défaut de les approuver. Luxe certain d’égayer son faciès pour mieux riposter. Cette accolade ludique ne l’a pas du tout déridé. Il le démontre de sa manœuvre suivante flirtant de sa main avec sa gorge. Rien d’enjôleur, rien qu'un pouce qui cherche à dompter une respiration et qui ne parvient même pas à provoquer un moindre petit raté. Déception ? Dégoût. Tout est répugnance. Surtout, elle mais pas que. Il y a aussi la bordure qui la souligne – le décor, les silhouettes mais par-dessous-tout ce qui gît à leur côté. Cette nourriture broyée au sol, victime d’un saut de l’ange involontaire, star d’une minute qui étale impunément aux yeux des curieux, son sirop comme une trainée de sang qui s’agglutine entre les rayures du plancher. Son meurtrier ne remarque même pas l’entrée fracassante d’une nouvelle arme.

Autre insulte, nouvelle indifférence. Mauvais jeu de rôle, du tour par tour sans jamais pourtant obtenir le moindre point d’expérience. Aucune esquive mais aucun dégât réel sauf pour ce cadavre alimentaire – quelle jolie farce. Attrape-nigaud qui ne fonctionne déjà plus, elle dépose ses doigts sur son avant-bras. Dîner rompu à la bataille qui s’abime en une factice image de soupirants aliénés. Tragédie burlesque qui entame une nouvelle arabesque dans son scénario. Sourire démantelé sur les lèvres de la vipère, sa langue siffle encore quand l’objet métallique brime sa main. Il ne sursaute presque pas. Le métal maltraite sa chair mais il en garde chaque composante de douleur pour lui. C’est bien trop intime pour être exposée – la souffrance, et si son passif de peacekeeper lui a appris quelque chose, c’est bien à ne jamais la laisser dominer. A la place, Ezra s’essaie à la même indélicatesse en se tassant sur son siège pour relever brutalement son pied sous la table afin de le poser entre les cuisses de la sorcière. Une bonne partie de sa semelle prend appui sur la chaise de son opposant, stabilité aisée pour mieux contrôler la pression exercée. Il l’observe ensuite, la haine rejetée par ses traits tirés acoquiné à son rictus tordu qui amène assez de démence à l'expression générale. Sa main vient alors se poser sur celle de son interlocutrice pour tordre ses doigts afin d’écarter le couvert de sa peau. L’objet a tracé de jolies auréoles rouges sur son épiderme mais d’ici quelques minutes, plus rien ne viendrait troubler la quiétude de sa chair. Il garde sa paume dans la sienne, en suspens. Son ton demeure posé, articulé d’une mélodie préétablie – un enregistrement à peine crédible. « Autant de muscles et autant de chair pour un gâchis d’espace et d’oxygène. On pourrait croire qu’il y a un semblant de méninges sous ces belles boucles mais il semblerait que ta vaniteuse beauté ne cache finalement qu’un beau vide cérébral. C’est ça qui est vraiment triste, poussin. » Le norvégien descend ses doigts jusqu’au poignet de sa proie le temps que dure sa petite tirade et le fait craquer alors que le point tombe.

Outrageuse cette amnésie ? Risible et un brin révélatrice sur la personne qui se l’octroie. Oubli volontaire, très certainement. Classification des informations, sélection naturelle. N'est-il pas qu’un insecte à effacer d’un coup sec, aplati par une surface plane. Il vaut mieux ne pas rater son coup quand on attaque une espèce aussi nocive que la sienne. Et pourtant, que fait-il donc d’audacieux depuis qu’il s’est installé ? Cette poursuite de félin à rongeur entraîne déjà une lassitude dérangeante. D’un soupir, il laisse ses cordes vocales s’échauffer. « Tu ne poses pas les bonnes questions mais rien de surprenant pour quelqu’un de ton espèce. » Il redescend sa chaussure et cale les chevilles de la jeune femme en enroulant les siennes autour d’elles pour mieux la clouer à son siège. Il la rapproche par ce biais d’un coup brusque afin que son estomac cogne la table et puis, il se penche vers elle et glisse ses deux mains sur ses joues en écartant doucement ses cheveux. Ses pouces longent sa mâchoire tandis qu’il approche son visage du sien. La gentillesse de son timbre rivalise avec cette course sournoise organisée au cœur de ses prunelles. Le mépris et la rancœur se talonnent. « Je devrais te remercier dans les règles. Ce pouvoir dont tu m’as loué les mérites, c’est ton œuvre après tout. Tu dois être satisfaite de la contempler, dis-moi ? La prochaine fois, sois sûre que tes victimes soient vraiment déchiquetées. » Il ressert sa prise sur sa tête et reprend de son énergie mais cette fois-ci, il ne compte pas s’arrêter. Et ses sursauts de conscience ? Ébranlés par une vérité. Qu’a-t-il à perdre au fond ? La force qu’il puise, impose une nouvelle gamme colorimétrique sur ses pommettes mais il n’a guère le loisir de s'en étonner car il est dérangé en plein repas. Le grossier personnage se présente sous la forme d’une serveuse qui l’oblige à s’écarter vivement de son casse-croûte pour nettoyer. La créature toise froidement l’intruse alors qu'elle cesse pourtant le contact et les restants d’humanité s’occupent, à la suite, d’écraser cette impulsion. Celle qui voudrait écraser son crâne sur cette maudite table.




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MessageSujet: Re: « hell for breakfast » ㄨ cordelia&ezra   Ven 30 Mai - 23:59




S’accommodant aux mêmes plaisanteries et futilités que son interlocuteur, la sorcière poussa le vice jusqu’à la mutilation de la chaire de ce dernier. S’il pouvait se pourvoir d’un tel droit sur son corps à elle, pourquoi ne pourrait-elle pas en faire de même avec le sien après tout? Sa tentative semblait d’ailleurs bien vulgaire et singulière contrairement à ce qu’il lui avait fait endurer. Certes, elle n’était pas à bout de ses souffrances, mais pour quelqu’un qui avait l’air si passif et se clamait si serein, il démontrait une certaine agressivité qui ne manquait pas d’esquisser de fins sourires à la sorcière, seule réponse qu’elle céderait à ce genre de jeu puéril. Certes blessé, mais toujours aussi impétueux, il contre-attaqua à sa façon. Jambe adroitement placée entre les cuisses de la sorcière, le Norvégien semblait avoir la position idéale pour contrôler cette pression qu’elle exerçait sur son membre estropié. À vrai dire, si cela aurait pu en agacer plus d’un, cela faisait davantage railler la sorcière. Il se révélait plutôt riche en surprises malgré ses premières impressions sans intérêt, elle devait au moins lui accorder cela. Ce n’était ni un amateur, ni quelqu’un à sous-estimer et tout cela prenait enfin forme dans l’esprit vif de la manipulatrice. Rapidement, son emprise sur cette arme nouvellement trouvée est compromise et elle se voit contrainte à l’abandonner sous la force de main du jeune homme. Plus elle venait à être confrontée à ces Daybreakers, plus elle trouvait leurs confrontations risibles et grotesquement indues, voire injustes. Dans l’impossibilité de reprendre ce qui lui appartient, elle écoute ainsi le pauvre homme tergiverser, bien qu’entièrement consciente que quelque chose de tragique attendait sa pauvre paume.

Railleuse, toujours aussi nonchalante, elle regardait presque l’amer venin du jeune homme glisser contre ces parois de glace qui recouvraient sa peau. Le seul moyen qu’il avait de la blesser était par le biais de sa force physique et au vu des derniers gestes, il l’avait bien compris. « Tu es adorable, choupinet. » souffla-t-elle avec espièglerie suite à ce joli surnom qui lui fût attribué, aussi bête pouvait-il sonner. Cependant, toute trace de raillerie quitta son visage  lorsque le Norvégien vînt à faire craquer ses doigts, fins et frêles, il ne fallait pas le nier. Léger grognement, tût parce que, tout comme lui, elle qualifiait une telle émotion de faiblesse, mais surtout de personnelle. Et ce n’était certainement pas avec lui qu’elle voudrait partager quoique ce soit, si ce n’est peut-être leur sarcasme mutuel. Frottant sa main subtilement, visage haut malgré tout et la lueur de ces iris caféinés toujours aussi étincelante, ce n’est pas sans fougue qu’elle glissa une énième remarque comme elle savait si bien le faire. « Que veux-tu? Certaines héritent d’intellect et d’une certaine acuité, d’autres d’une beauté spectaculaire et d’apparences raffinées. Qui sommes-nous pour remettre en question avec tant de présomption l’œuvre de Mère Nature, dis-moi? » Questionna-t-elle d’un timbre de voix candide et innocent, peut-être même un peu niais. S’il tenait tant à la percevoir comme une imbécile dépourvue d’une quelconque perspicacité, elle n’allait quand même pas le lui refuser. Rictus de démence usurpant à nouveau ses traits de démone, elle prouva une fois de plus combien elle ne pouvait pas endosser ces apparences de sainte bien longtemps. Trêve de plaisanteries, elle lui demanda concrètement ce qu’il voulait d’elle, car si ce petit manège s’était révélé plus intéressant qu’elle ne l’aurait imaginé, l’ennuie s’accaparerait très rapidement d’elle d’ici quelques minutes si la cadence ne changeait pas.

Fidèle à son personnage, il descendit une fois de plus ‘son espèce’ ce qui en toute honnêteté ne soutira qu’un roulement d’yeux à la sorcière qui avait fait face trop souvent à des prétentieux de son genre, sans compter qu’elle était elle-même plutôt imbue de sa personne, mais jamais n’avait-elle vu quelqu’un boire autant de ses propres paroles que lui avec une telle prestance. La brunette sent ainsi son pied quitter ses cuisses, étirant tendrement son rictus, mais elle échange rapidement ce dernier pour un air agacé alors qu’elle constate que ce n’est encore qu’un énième tour de passe-passe du jeune homme. Elle devait admirer cette aisance avec laquelle il arrivait à la dominer, malgré les obstacles qui se trouvaient entre eux – comme la table pour n’en nommer qu’un. Cherchant un semblant d’arme, elle fût prise d’affront lorsqu’il déposa ses grossières mains contre son tendre visage et que son discours lui rappela alors des souvenirs, à priori sans réelles valeurs, du moins aux yeux de la succube. Aussitôt, ces visions qui appartenaient à Cordelia devinrent celles du jeune homme en conséquence de leur nouvelle connexion. En effet, décidément attachée au goût de la sorcière, le Norvégien ne semblait pas pouvoir se passer de son énergie. Plus ou moins touchée par autant de considération, la brunette mentirait si elle disait ne pas se sentir faiblir de plus en plus. Bien heureusement pour elle, la serveuse de tout à l’heure se présenta pour nettoyer le dégât qu’avait causé le jeune homme, mais sauva aussi la succube d’une éventuelle perte de conscience. Peut-être que celle-ci obtiendrait son pourboire après tout! Ces cils battant à de nombreuses reprises, elle retrouva sa pêche après quelques secondes. Puisque Rose était à leur côté, Cordelia en profita pour passer commande puisque la moitié de sa précédente irait aux poubelles d’ici quelques secondes. « Rose, je prendrais bien un café. » commença-t-elle d’abord, ses iris bruns fixant son interlocuteur plutôt que la serveuse. Cependant, une pensée traversa son esprit et l’obligea à revenir sur ses mots. « De préférence tiède, le café. J’ai l’impression que le jeune homme assis devant moi pourrait me le balancer à la figure sinon. » Dit-elle en offrant un sourire carnassier à son interlocuteur, ne daignant même pas attribuer un seul regard à la serveuse qui les quitta pour s’exercer. Non seulement, Cordelia s’était-elle assurée que le jeune homme serait interrompu de nouveau s’il tentait le même manège, mais elle s’était aussi assurée d’avoir un petit quelque chose pour la secouer après le tour du Daybreaker. Cependant, étrangement, cette offense lui avait remis les idées en place. Le tout lui revenait. Non pas seulement le jour de l’incident, mais aussi l’autre fois où elle avait aperçu le visage du jeune homme, plus précisément dans une de ses émissions stupides, mais qui se révélaient parfois utiles. Le petit-frère de Kyran Hogan. L’ironie. « Ça me revient maintenant, duh. » Elle pouffa un coup parce qu’à vrai dire cette situation était tellement pathétique à ses yeux que cela ne pouvait que la faire rire. « Tu étais Peacekeaper, non? » Ce n’était pas réellement une question, plus une confirmation qu’elle se faisait à elle-même, à voix haute, certes, mais quand même personnelle. Tout commençait à prendre sens dans sa tête ; un énième homme cherchant vengeance ; elle avait presqu’envie de bailler. « Est-ce qu’on va vraiment se disputer sur quelque chose d’aussi puéril que ta 'prétendue mort'? ... Pour être honnête avec toi, j’étais plus que résolue à jouer le jeu à ta façon, mais il était évident que ces enfoirés gagnaient du terrain et qu’on allait y laisser nos vies tous les deux. Disons que j’ai préféré opter pour le raisonnement qu’une seule mort c’est bien moins pire que deux.» Peut-être était-elle égoïste, mais elle marquait un point malgré tout. Cordelia n'avait pas montré de résilience à faire équipe avec le peacekeaper aux premiers abords, mais lorsque leur destin lui apparut claire comme l'eau de roche, elle avait préféré sauvé son cul. Et elle n'avait pas tort lorsqu'elle disait qu'une mort valait mieux que deux, non? Ils semblaient tous les deux avoir la prétention que leur vie valait plus que celle de l'autre. « Puis, entre toi et moi, tu es beaucoup mieux comme ça. On est en 2014, si t’es pas satisfait, colles-moi un procès au cul et on en reparlera. » Elle marqua une pause et roula des yeux. Allait-il encore lui servir cette attitude vengeresse et agressive bien longtemps? Poussant la table de toutes ses forces contre l’estomac du jeune homme, elle profita de l’assaut pour se défaire de cette emprise qu’il avait sur ses chevilles. Que faire à présent? Cordelia mentirait si elle prétendait ne pas vouloir en savoir plus sur lui. Après tout, il se révélait être plus intéressant de minute en minute. D’abord une bribe de son passé, à présent le frère d’un de ses nombreux ennemis. C’était presque excellent. Sans plus tarder, la succube tenta de le déstabiliser un peu, quitte à en subir les conséquences. « Qui sait? Peut-être que grand frère adoré pourra te venir en aide. » dit-elle candide aux premiers abords, mais décidément vicieuse derrière cette façade.


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MessageSujet: Re: « hell for breakfast » ㄨ cordelia&ezra   Lun 9 Juin - 13:39

Pas de cérémonie mortuaire, ni même de considération visuelle ou même mentale pour le tas de porcelaine gâchée au sol. Déni général. Aucun recueillement pour la vaisselle sacrifiée, reléguée au rang de simple d’égérie. Martyr anonyme. Représentante d’une guerre froide qui déjà délaisse sa banquise pour atteindre d’autres sommets. La passivité n’a jamais totalement caractérisé ces échanges de toute manière. Pourtant, il y a une forme de violence bien plus sournoise dans le silence que dans son contraire. Combler chaque forme de rejet avec ce qu’il ne veut pas devenir, par une mascarade de mots qui ne s’autorisent finalement qu’une danse éphémère sous les yeux d’une créature aussi indifférente qu’affamée, ne gagne-t-il pas simplement un peu de temps ? Lui ôter la seule convoitise émise – à savoir la dite nourriture qui vivait ses derniers instants sur ce parterre insignifiant, ne sert qu’un but parmi une multitude d’autres. Il ne cherche pas à mettre un nom sur chaque objectif qui ne finit que par se jumeler à son voisin pour former un tout. Vengeance ? Justice. A quel moment réussissons-nous réellement à défaire les deux concepts ? Aucune frontière tangible entre les notions. Rien d’absolu, rien qu’un point de vue. Et cela ne l’importe pas actuellement qu’il soit figé six mètres sous terre ou perché sur une quelconque colline. La limpidité de la situation lui colle à la rétine autant que son mépris brime chaque inspiration qu’il observe. N’est-il pas aveuglé par ses émotions ? Même les faits lui confirment la petitesse d’estime qu’il lui porte. Cause perdue, il ne compte pas modifier son comportement. Les paroles qu’elle subtilise à sa malveillance, sont autant de pluie en terre aride. Elle engendre satisfaction et récoltes fructueuses car elle le pousse irrévocablement dans la direction qu’il a toujours souhaité emprunter. Chaque acte posé ou syllabe prononcée est une justification au massacre qu’il se voit perpétrer. Son insolence le bouscule mais il n’enlace pas les provocations. Il n’y pioche que de nouvelles opportunités à des moments inopinés.

Ingestion d’énergie brutalement avortée, donc. Et placide animosité pour le rappel à l’ordre. L’empathie de la serveuse se consume très certainement à leurs pieds, pour cette héroïne d’une seconde, l’assiette fracassée. Brancard ? Corbillard sans passer par la case hôpital. Il n’y a plus rien à faire. L’enfoncer au fond d’une poubelle, pas d’enterrement propre. Un simple dommage collatéral. L’urgentiste dévisage pesamment la nouvelle intervenante dont la présumée pitié pour le corps qu’elle ramasse, ne s’arrête qu’à sa fonction. Il connait ça lui aussi. Oublier son humanité et son esprit critique au profit d’une tâche. Louable ? A une époque, il l’aurait affirmé. Et désormais ? Las, il grignote du bout des yeux, la façade émotionnelle qui assiste habilement les traits perfides de son interlocutrice. Elle savoure ses petits commentaires en se donnant l’illusion d’un semblant de contrôle. Il n’a pas besoin d’un breuvage à température élevée pour attenter à son existence de toute façon mais elle le sait. Alors quoi ? Elle espère simplement alerter suffisamment le personnel pour qu’il garde ses distances ? A ce songe, Ezra lui rend volontiers son sourire en pesant chaque grain de voracité qu’elle lui a accordé. Il s’agit de ne pas l’escroquer sur cette valeur. Il a compris qu’il s’est précipité sur une querelle déjà atrophiée plusieurs mois auparavant et dans l’immédiat, il ne peut forcer les lois à l’écrouer. Trop tard ? L’abandon ne se présente pas sous la forme d’une option. Le repli, par contre. La stratégie subtile, amenée avec précision, peut résoudre l’entièreté des dilemmes. Son identité ? Il peut la dénicher. Un détail, une esbroufe interne qui ne coupe pas l’élan de son analyse. Cette dernière continue son marathon alors que face à lui, s’effondre enfin l’amnésie.

Glouton, son rire expose un autre pan de son sadisme. Dévoreur de respect, instigateur d’anarchie émotionnelle. Brouillon d’exaspération ? Bruissement d’exacerbation ? Nullement. Du moins pas durant l’ouverture de ce nouveau chapitre. Acte III - La révélation. Qui semble frôler de son ironie l’insouciante sorcière. Bien loin de ses chaudrons, elle s’acharne à lui balancer des fioles en plein visage. Étanche au venin laconique, il rivalise de son côté avec son impartial renoncement à la sentence du jour. Il peut se détourner maintenant qu’elle sait. C’est vertueusement ce qu’il fallait accomplir. Avertissement donc ? Paiement mémoriel, aussi simple que cela. Justifications déductibles qui s’échappent alors en continu de sa gorge. L’ancien métamorphe n’a déjà plus le regard rivé sur le sien. Ses yeux traînent sur les visages voisins. Attention décalée pour une entrevue assommante – lassé par cette conversation impotente. Et puis finalement, un rictus fend sa joue quand elle conclut sur l’idée d’un tribunal. Il se voit forcé de répliquer. « Quelle amélioration grandiose. Tu aurais peut-être dû essayer toi aussi, si tu trouves ça à ce point réussi. » Le norvégien range déjà ses mains sur ses genoux, prêt à filer. Il ajoute pour la forme « Si il fallait que je te colle quelque chose aux fesses, ça ne serait sûrement pas un procès. Et n’y vois pas là une tentative de double-sens malsain. Personne de censé n’aurait envie d’y placer sa main. »  Il s’apprête à dénouer ses pieds de ses chevilles pour mieux faire pression sur le sol afin de se relever quand la table creuse son ventre de façon désobligeante. Il lui sourit alors et compte ignorer sciemment ce dernier revers quand sa misérable voix rugit à nouveau dans l’atmosphère. Après tout détachement convoité, choyé et désiré, on pourrait penser que la mention de ce lien de parenté ne perturberait pas la courbe temporelle qu’il s’impose.

Mais ce n’est pas le cas.

Marcher sur ce terrain, c’est le piétiner – Ezra, l’homme des décisions récentes, la personne de ce siècle. Sven se tait quand Ezra a l’esprit aussi blanc que les décors sinueux de son enfance. Aussi opalin que cette ombre est ébène. Elle s’écarte de son propriétaire à nouveau et cette fois-ci, elle grimpe sans mal sur sa proie. Elle déploie ses forces et fait basculer en une demi-seconde la chaise de son interlocutrice. L’inconnue chute vers l’arrière  mais ne se brise point la nuque ce qui reste fâcheux. L’ancien peacekeeper se relève au même moment en prenant un air faussement paniqué et ajoute à l’intention de la Rose sans épines « Ce qu’elle est étourdie. » avant de faire le tour de la table et d’y attraper au passage le couteau délaissé. Il s’accroupit à sa hauteur, fait en sorte d’être dos à son public et glisse lentement son arme d’infortune de sa clavicule à sa gorge comme une caresse métallique. « Et qui te viendra en aide à toi, dis-moi ? » Ses rétines s’incrustent dans les siennes. Comportement offensif, cadeau de ses loyaux services au gouvernement, présent d’une servitude violente pour raisonner la masse. Chien des autorités sans laisse, quel belle prestance. Il se redresse finalement en emportant avec lui le siège et la femme pour les relever brusquement. Il lui serre suffisamment le bras pour lui couper la circulation sanguine. Il conserve cette prise quand il lui chuchote à l’oreille « Pour quelqu’un qui tient à sa survie, je te trouve étrangement bien intrépide. » Ses doigts s’amusent à s’enrouler dans ses mèches brunes pour les tirer lentement. Il aimerait les arracher une à une. S’en prendre à son apparence est peut-être une autre forme d’achèvement. Peut-être.

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MessageSujet: Re: « hell for breakfast » ㄨ cordelia&ezra   Dim 15 Juin - 19:39




« Mais tu n’es pas quelqu’un de sensé ; elle est bien là ma satisfaction. » Nonchalante, peut-être même aux allures rebutées de l’impotence de la situation, et pourtant on pouvait toujours retrouver une certaine candeur sur son visage de démon. Derrière ses traits, pas forcément durs ou sévères, mais loin d’être doux et apaisants, se trouvait cette espèce d’espièglerie qui, aux yeux de certains, ne serait que de la coquinerie et à d’autres, cela se traduiraient davantage en du vice, camouflé, mais toujours discernable avec le juste regard. Et c’est avec cette même dégaine qu’elle déverse son venin sur le précieux frère de son interlocuteur. Ces deux frères dont elle avait guidé main dans la main vers leur tragique affaissement. Quelle amère ironie. Tous les deux lui vouaient une haine, une rancune acerbe, mais ultimement, elle ne leur offrait que très peu de considération, parce que l’un comme l’autre, ils ne valaient pas grand-chose. Pas étonnant qu’elle ne ressentait ni même l’once d’un remord à l’idée de voir une des victimes de ses décrets égoïstes et individualistes. Toutefois, elle constatait tout de même le manque de sang froid du jeune homme. Il se voulait en contrôle, passif, insensible au venin de la vipère, mais il n’était pas différent des autres imbéciles qu’elle côtoyait et comme tous les autres, il finit par céder à la rage. Un énième acte de violence qui lui soutira un grognement sur le coup. Une douleur succincte qui disparait aussitôt que le mécontentement de la sorcière. Tout de même, elle roula les yeux. Il se voulait si dur, si menaçant, mais il ne faisait réellement que lui rappeler un enfant. Malheureusement, à l’opposé de la brunette, il n’avait même pas l’espièglerie et la fausse innocence pour appuyer cette façade. Non, il était juste aussi pathétique et agaçant qu’un gamin. Voilà tout.

« Je ne sais pas. Elle haussa les épaules, sans réellement donner tant d’intérêt à la question que lui avait posée le jeune homme. Tout de même, elle poursuivit, toujours blasée. Je suis tout de même parvenu à leurrer sa majesté à me venir en aide une fois. Sa majesté, parce qu’il se donnait étonnamment beaucoup plus de constance qu’il en méritait. Il n’était pas aussi fort qu’il le voulait le prétendre, pas aussi intelligent, et surtout pas aussi menaçant. La brunette ne croyait pas à son manège ; il était ridiculement pathétique, tout comme lui d’ailleurs. Je suppose que ça demeurera à voir donc. » Dit-elle, désinvolte. Pourquoi tergiverser davantage sur un sujet aussi ennuyeux? Et nulle emprise, aussi forte était-elle, allait la faire fléchir. La succube était peut-être superficielle, vaniteuse, narcissique et présomptueuse, et le Norvégien pouvait penser ce qu’il voulait de sa personne, ou même de son intellect s’il en était si captivé, mais il ne semblait pas être au courant que la sorcière avait plus de sept cent balais à son compte et que cette malveillance gratuite à laquelle elle s’adonnait ne datait pas d’hier. Nombreux furent ceux qui tentèrent de la blesser, plus encore ceux qui tentèrent de la menacer, et elle ne comptait même plus ceux qui avaient usé de violence à son égard suite à ces discours qu’elle tenait sans cesse. Et il faudrait plus qu’un pathétique bousculement de chaise et une poignée de fer pour attiser en elle si ce n’est qu’un léger sentiment d’anxiété. Pas même sa remarque sur cette obsession avec sa survie ne la fit flancher, malgré la douce menace qui s’y cachait. Aucune trace de respiration qui s’accélère, ses cils ne battaient pas plus vite, son regard ne brûlait pas moins de cette flamme habituelle, et elle préservait toujours cette constance pour laquelle elle était connue. « Hmm. Monsieur est dangereux, j’oubliais. » Ses doigts, quant à eux, se balancèrent contre son torse ; une sorte caresse douce, peut-être presque plus réconfortante que séductrice, mais c’était un de ses talents ; jouer avec les nuances.

Voulait-il vraiment jouer à ce jeu avec elle? Voulait-il vraiment succomber à ce monde des ténèbres dans lequel elle baignait depuis si longtemps elle aussi – et ce avant même qu’elle n’ait déposé le pied à Darkness Falls? Pensait-il réellement qu’il incitait en elle un quelconque effroi? Pensait-il que la tuer réglerait ses problèmes? Tant de questions, et qu’un seul moyen de savoir. « Allez, vas-y. Tu sais que tu en meurs d’envie… Il avait les mains dans ses longues boucles depuis quelques secondes – trop longtemps, au goût de la sorcière, elle en profita donc pour se débarrasser ces viles doigts de sa tignasse marronne et de libérer son cou par la même occasion, sujet de son exposé. Couper cette peau de pêche, si frêle et fragile, trancher à travers cette chaire, atteindre cette pauvre jugulaire et y déverser tout ce sang qui y coule… Brève pause, le temps de plier les yeux tendrement, et prétendre une réflexion quelconque, menant à une élaboration qui fût déjà toute tracée dans sa tête depuis longtemps. Mais ça serait une mort trop facile pour un être aussi ignoble que moi, n’est-ce pas? Peut-être souhaiterais-tu faire durer cette sentence ô si méritée encore plus longtemps. Peut-être aimerais-tu trancher lentement, mais délicatement, à travers ma peau, jusqu’à temps que mon corps soit vidé de ce sang impur. Elle se rapprocha, pourtant la brunette savait pertinemment que ce n'était pas intelligent, mais il n’a pas tord, elle est intrépide et audacieuse, mais surtout, elle n’a pas peur de lui, car il n’est pas tant différent d’elle ou des gens avec qui elle avait eût affaire tous ces siècles. Peut-être es-tu amateur de plus perfides gestes... Après tout, c’est ta nature. Et nul doute que cette imagination que tu possèdes puisse te précipiter dans les tortures les plus prospectées. Mais peut-être que tu ne m’accorderas pas tant de considération ; après tout, je le ne mérite pas, je suis un gâchis d’espace, une mauvaise herbe dont l’on doit se débarrasser le plus vite possible. Ou peut-être m’épargneras-tu la vie, à condition que les jours qui suivent ne soit qu’un rappel constant et amer de ta personne, du courroux de la victime du passé que tu es et qui est parvenu à prendre sa douce revanche ; défiguration, amputation, peut-être me réserves-tu le même et sombre destin que je t’ai réservé. » Le regard fixé sur le sien, ces grains de café plongeant sans retrait dans cet océan, ce n’était pas du défi qu’elle lui faisait parvenir par le biais de cet échange. Non, c’est pire encore. Elle lui faisait comprendre la situation, dans tout son sérieux et dans toute son horreur. « Peut-être, qu’au fond, tu n’es pas mieux que moi. »

Son café arriva enfin et comme le Norvégien avait si gentiment ramassé sa chaise, elle en profita pour s’asseoir à nouveau. La succube l’invita à faire de même, mais elle se doutait bien que ce geste était futile et qu’ultimement, il ne rencontrerait qu’un refus. Orgueil, mépris, tout ça. « J’ai connu ton frère, tu sais. On n’est pas bien différent l’un de l’autre d’ailleurs. » Petite pause ; il existe quand même quelques nuances. « Enfin, je suis plus jolie, mais tu comprends l’idée. » Bah oui. « Il n’y a pas de doute, c’est une horrible personne. Mais toi… Elle gloussa, la réflexion qu’elle tirait étant trop ironique. Toi, tu as tout pour devenir ce monstre dont les gens craignent avec tant d’appréhension le soir, celui que l’on fuit, celui qu’on essaie de garder loin de nos pauvres enfants. Crois-tu réellement que me tuer changera quoique ce soit? Crois-tu vraiment que ça réglera tes soucis? Un sourcil est levé, alors qu’un air dubitatif se transpose sur son visage, toujours aussi splendide. Oh, tu es bête, tellement bête. Si tu me tues, mon amour, ce n’est qu’un pas de plus vers l’obscurité, les ténèbres, le chaos. Est-ce vraiment ce que tu souhaites? Est-ce vraiment que tu veux devenir? Une réplique de Kyran? Pire, un être encore plus infâme. » Il pouvait l’être. Il ne l’était peut-être pas là tout de suite, et c’était peut-être pour ça qu’elle n’avait pas bien peur de lui pour l’instant, mais il avait tout le potentiel nécessaire pour le devenir. Son cœur et son esprit étaient sombres. Un pied enfoncé dans les ténèbres, il tentait de se tenir droit sur une jambe, essayant tant bien que mal d’éviter de mettre un deuxième pied dans cette obscurité. « Tu es naïf de penser que ça s’arrêtera à moi. Plus tu tueras, plus tu voudras y goûter à nouveau. Je ne serais que le piètre élément déclencheur de ta furie meurtrière, mais je dois t’avouer que j’en savourerai presque le mérite, même dans la mort. » Un rictus étira ses lèvres. Elle parlait beaucoup, et elle n’aimait pas ça, mais son raisonnement avait du sens. Elle le manipulait, oui, depuis le début de son discours d’ailleurs, mais ce n’était pas avec mensonge qu’elle s’exécutait. Car si le mensonge est utile, ce n’est pas une arme aussi poignante que la vérité. « Mais il n’est pas trop tard… Ou peut-être bien que oui. Ça reste à voir. Tu as toutes les cartes en main. Ne fais pas tout foirer. C’est ce que ton frère à fait, regardes où ce chemin l’a emporté. » Puis, elle put enfin déguster ce café que Rose lui avait apporté. Hmm. Amer, tout comme la vérité.


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MessageSujet: Re: « hell for breakfast » ㄨ cordelia&ezra   Ven 27 Juin - 2:06

Aucune emprise - si ce n’est celle qu’il capture de ses gestes empressés. Et encore, n’est-elle pas aussi instable et limitée que leurs interactions sans but, sans intérêt et sans finalité ? A quoi rêve-t-il quand sa violence confesse ses travers sans pudeur ? A l’hémoglobine en déroute dans ses boucles ? Voit-il sa peau diaphane rivaliser avec les débris de l’assiette ? Peut-il imaginer ses yeux ouverts sur son néant, figés dans cet instant de vie à trépas ? A quel point se projette-t-il dans ses macabres desseins ? Jusqu’à quel stade, pourrait-il préméditer sa mort ? Les limites. Tout a toujours été une question de bornes, de marquages. Mais de vulgaires traces sur des pavés, c’est toujours franchissable. Toujours. Pour ne pas dire, effaçable. Les arrêts doivent être simples pourtant. Il sait à quel modèle ne pas se confondre. Il le sait mais pourtant, il court inexorablement dans cette direction sans même reprendre son souffle. Dès lors, trop occupé à engendrer sa malédiction, pourquoi s’encombrer de ses paroles ? Celles d’une femme si insipide qu’elle s’invente une personnalité et des traits en se badigeonnant de fond de teint pour faire oublier sa vraie couleur. Reine de la duperie ? Maquilleuse égocentrique, rien de plus.  Son existence doit être bien vide pour qu’elle en arrive à se complaire de cette perfide compagnie nommée narcissisme. Mais qui est-il pour pointer l’absence de choses tangibles quand lui-même abrite une enveloppe vide de sens ? Corrompus à cette évidence, ses iris s’allient un instant à celles de sa voisine pour mieux rejeter chacun de ses mots avec une indifférence complète. Railleries en tout genre, autant de bonbons fruités qu’elle fait rouler sur la langue en appréciant la saveur dans toutes ses nuances. Ses papilles s’extasient sous son nez, se moquant ouvertement du moindre de ses actes. Comme si l’esprit détaché de sa carcasse, se divertissait de cette interruption mécanique. Comédie. Grands fracas pour peu de sourire. Quelle étrange bouffonnerie.

Ses doigts tissent de nouveaux sillons, pré-découpage finement observé avant le coup de scalpel. Pas d’études de terrain pourtant, une simple tactique, un simple lien entre maintenant et la suite. L’urgentiste se tait quand ses provocations se bousculent. Psychologie inversée. Peut-être orphelin d’une minable petite famille scandinave, peut-être ancien illettré, sûrement incompétent en de nombreux domaines inconnus mais pas stupide. Pas bête au point de ne rien comprendre au fonctionnement de ce qu’on qualifie à tort et trop souvent à travers – humain. Un rictus s’attarde sur sa bouche. Des truands, des menteurs et des immondices, il en a vu et connu, parfois de façon familière. L’insulte est donc qu’elle le pense ignorant à ce point tout ça pour un match remporté. Une bataille. Pas la guerre. Mais déterminer la véritable souche est ardu. Les combats font rage dans sa tête mais il n’entend les clairons raisonner que d'autres contrées, d'ailleurs. C’est ça, son fléau. « Sauf qu’il n’a jamais été question d'être meilleur que... Ou de comparaison. Il s’agit d’un acte, d’une faute et de réparations à défaut de ne pouvoir lire sur ton visage, ton remord que j’imagine profond. » Son sarcasme est délivré avec une douceur contrastée tandis qu’elle se replace à table. Il reste derrière son dossier, les mains appuyées sur ce dernier. Sujet sensible, crissements aortiques et perdition mentale. Ses sourcils se font oppressifs et maltraitent la ligne de ses paupières. Petite réplique qu’elle pense amusante mais qui n’en reste que pathétique et donc… Donc, une analyse. Pourquoi l’écouter ? Parce qu’il a été capturé comme elle le souhaitait par ces deux mots. Ton. Frère.

Les termes se délient et dispersent les cendres dans un endroit inviolable. Tout se perd. Tout sauf la sémantique. Dérive lente pour noyade assurée. Crue accidentelle pour l’un, montée d’eaux troubles orchestrée pour l’autre. Aucune supériorité numérique, il n’y a que la partition et les temps battus dans l’air. Un tempo entêtant, une rythmique qui attire les flots. Pas de barque, pas d’appui, les vagues peuvent donc venir. Debout face au raz-de-marée, il attend l’impact, l’orgueil enfoui et l’espoir en ruine. Mais la collision ne se produit pas parce qu’il n’a jamais été question d’une tempête. Mousson insoupçonnée au doux délai pour la houle, la mer grimpe sur ses vêtements avec calme. Pris au piège où la fausse aspiration à la fuite semble encore optionnelle. La vérité, c’est qu’il doit rester en place pour succomber à sa tragédie. Patienter pour sa paresseuse torture alors qu’elle se met en place. Savoureuse langueur dans le mouvement, les mots se dérobent à sa bouche si finement tracée. Elle pose dans l'air ce qu’il sait, ce qu’il craint et ce qu’il craint de savoir. La faire taire, poser ses trop grandes paumes pour ces si petites lèvres et compresser jusqu’à l’étouffement. Jubilation ? Sueurs froides qui saluent sa nuque. Monstre retournant aux sources originelles. Il sait que Kyran a eu raison – il est à l'image du géniteur. Il tient ce rôle. Cette indécence dans la brutalité immorale. Il est contre le Monde. Le Monde n’est pas contre lui. Lassé des labyrinthes, usé par chaque manche dérobée à cette course poursuite, il se laisse rattraper par un fantôme. Une seconde, peut-être deux, ils ne font qu’un, Ezra et Sven. Durant cet instant, il est effrayé. Durant trois pulsations nerveuses, déréglées, il est anéanti par la vérité. Mais quelque chose de plus terrifiant encore le tire hors de l’eau. La fierté ? L’orgueil ? L’aspiration. Et la certitude que rien n’est immuable ou figé – étonnant venant de quelqu’un qui condamne son aîné avec autant de ponctualité dans la gestuelle et dans les mots. Peut-être trouve-t-il un espoir au milieu du dépôt mémoriel, peut-être embrasse-t-il la survie mentale dans son plus simple appareil ? Ou peut-être accepte-t-il cette image ? Peut-être qu’il revêtit ses vrais haillons.  

Hogan avant d’être homme.

Ses doigts relâchent le dossier du siège, sa cohérence suit le mouvement et très vite, sa main se relève pour l’affront. Elle épouse durant une infime seconde la joue de la cantatrice, invoqueuse de cataclysme. Claquement sournois qui lui retourne son propre estomac tandis que sa force a fait chuter le corps de la brune au sol. Regards avoisinants, horreur dans les bouches, curiosité malsaine dans les yeux. Classé fait divers. Depuis ses hauteurs, il la fourvoie du regard.  « Je ne sais pas pour qui tu te prends au juste mais je ne vois pas en quoi mon Destin ou celui de mon… » Le terme est craché, méprisé dans les confins de son être  « ... frère te concerne. Tu peux essayer de jouer à la plus fine autant que tu veux. Je finirai par trouver une solution pour te rendre la monnaie de ta pièce. La mort n’est en effet pas mon intention. Il y a des châtiments bien pires que ça et je trouverai le tien en temps voulu. En attendant… » Le bout de sa chaussure écrase ses doigts avec force.  « ... Profite bien de ton petit déjeuner. On ne sait jamais lequel sera le dernier. » Les talons bifurquent avant que des paumes ne se pressent de secourir la victime dont l’invalidité du terme brime sa justice. Pourtant…. Pourtant, il sait. Il sait ce qu’il porte en lui. Monstre. Ses bras se replient sur sa tanière quand il marche d’un pas rapide dans la rue. Il trébuche une fois. Deux. A la troisième fois, il s’arrête et il contemple. Les passants, le ciel, les briques des façades. Tout lui est étranger mais le pire sentiment, c’est qu’il soit devenu son propre étranger. Au-delà de la nature, il s’est perdu. En devenant Ezra, il a signé de son vrai patronyme - d’une plume arrachée à l’oiseau qui l’a délivré de la sentence funeste et tout ça, en bas du pire parchemin. L'abjuration. Il a pactisé avec Satan. Fidèle sujet, il alimente ses enfers. Mouton, prêcheur de démons. Il est comme son père. Il est dans Ses rangs. Il peut le saluer. Il peut s’effondrer. Il peut s’en aller. Il peut crier. Il peut tout faire excepté la seule chose qu’il souhaite réellement. Retrouver sa famille, sa vraie famille qui lui donnait autrefois son vrai sens et son authenticité. Kyran. Mais il est seul cette fois-ci encore. Pas de cette époque, pas de ce Siècle. Il n'est personne finalement. L'objectif est atteint. Pourquoi n'est-il donc pas satisfait?

-Sujet terminé -

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