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 set fire to our bed ✤ Kyran

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MessageSujet: set fire to our bed ✤ Kyran   Lun 21 Avr - 23:30

set fire to our bed
You hit me once. I hit you back. You gave a kick. I gave a slap. You smashed a plate over my head. Then I set fire to our bed.  A kick in the teeth is good for some ; A kiss with a fist is better than none. ;

© Ecstatic Ruby



« Mais quelle pouffiasse ! Tu vas le regretter ça, Sorcière ». Une menace en l’air, un orgueil brisé, une promesse de mort. Je ne voyais là, en cette énergumène que l’aura d’une âme damnée, dissociée de tout embarras néfaste que la vie lui apporte. L’expression de mon visage amène et courtois rencontre le regard qu’il me décoche, ne témoignant ni compassion, ni bienveillance. Que pouvais-je espérer venant d’un homme de sa trempe, si ce n’est le reproche du meurtre de ses coéquipiers ? Blâmer la Reine des Abysses, usant de quelques infâmes diableries, alors que j’avais en moins de quelques heures,  fondu sur cette émeute de scélérats. Sans seulement pouvoir tirer leur flingue, une dizaine de fêlons massacrés par surprise. Après ce carnage, ce malheureux témoin oculaire me surprit en train de me repaitre de l’énergie des rares survivants avant de leur tordre le cou tel de vulgaires porcs à l’abattoir. Agenouillée au sol, je m’écartais doucement du cadavre auquel j’eus ôté la vie, tandis que telles des mains glacées, l’horreur étrangla l’homme, le choc l’ayant jusque-là privé de ses esprits. Sous son regard horrifié, je pouvais percevoir les battements irréguliers que son cœur diffusait. Battre bien trop rapidement pour son bien-être, ou plutôt rater un battement, l’angoisse était palpable mais tellement réjouissante. « Vous autres Daybreakers êtes aussi monstrueux que vos maudits zombies. Je n’oublierai pas ton visage, ni comment tu as saccagé mes hommes. » Déclara-t-il tout en actionnant son arme à feu, qui dans un bruit métallique annonçait d’ores et déjà la couleur de notre altercation. Dans un soupir presque imperceptible à l’écoute d’un simple mortel, je me redressais pour lui faire face, tandis que je le toisais avec nonchalance. Dans un geste pacifique, j’écartais les bras tout en haussant les épaules, dans l’espoir qu’il renoncerait pour son propre bien à cette idée saugrenue que de me loger une balle dans le crâne. Altruiste, je m’exacerbais au calme tout en foulant le sol avec une parcimonie dans mes pas, réduisant ainsi doucement la distance me séparant de mon interlocuteur. Slow down, easy boy !

« Un pas de plus, et je te fais sauter la cervelle, ne tentes pas le Diable, ou sinon … ». Sinon quoi mon chou ? D’un air faussement renfrogné, je le levais les yeux au ciel l’air de dire « ce n’est pas faute d’avoir essayé de te préserver ». Point d’autre réponse qu’un énième soupir désespéré. Puis une lumière éclaboussa les ténèbres. Le souffle coupé, l’homme leva une main pour protéger ses yeux. Et là, une ombre grandissante vint s’étaler dans la noirceur que dégageait son extension sur le mur, derrière ma stature. « Que les dieux m’entendent … » murmura-t-il, tandis que je répliquais par un rire de gorge étouffé, rauque. Mes prunelles étaient comme des charbons ardents, la chair de poule qui emperlait ma peau était comme incandescente de mon propre brasier. J’irradiais littéralement. Il n’eut qu’une seconde pour regarder mon ombre avant qu’elle ne s’éclipse, ne chemine entre les murs et ne détale à la surface du sol, mais cette seconde était bien assez. Cette ombre était loin d’être méconnaissable tout comme il connaissait la femme qui la projetait. Allez, ris s’il te plait. ; Il n’émit pas même un ricanement, je contemplais avec fascination l’affaissement de son visage, et le gain de couleurs qu’arboraient ses bajoues. Mon ombre empoigna par le bras l’homme rubicond et l’écarta si brutalement qu’il l’envoya mordre la poussière dans un fracas de meubles, chaises et tout le reste. Mon plus fidèle acolyte saisit le félon, et le redressa sur ses jambes chancelantes. « Evite le visage, j’aimerai qu’il soit présentable lorsque je le dévorerai. » commandais-je. En le percutant au creux de l’estomac, le poing de mon ombre coupa lui coupa le souffle et le plia en deux, mais rapidement rattrapé par les cheveux, la pointe du revolver sur la tempe. Durant une abominable seconde, il eut la certitude que mon ombre allait lui tirer une balle dans le crâne, mais la pointe de l’arme lui cingla le nez, et si violemment qu’il crut son nez brisé. Il poussa un râle de douleur, songeant à une éventuelle fin précoce. Ce sera bientôt terminé. Il en perdit même le compte des coups que mon ombre lui infligeait. « Assez. Apporte-moi mon dessert ». Ma voix claqua comme un fouet, et le corps de l’homme fut trainée jusqu’à mes pieds, non sans cris et débattements. Goût délectable sous mes papilles gustatives, je me réjouissais de sentir la mort inondé progressivement ce corps inerte appesantie par l’inhalation de son énergie vitale comme source de nourriture. Mort généreuse, à l’image de ma clémence, je lui avais accordé une fin aigre douce, avec un soupçon de divertissement avant la chute finale. Bref, ça me saoule déjà, je me casse.

Un éclair retentit, annonçant le temps à venir pour les ignorants. Après plusieurs coups d’épaules, je me retrouvais sur le perron de ce manoir rustique qui nous sert de demeure à Kyran, moi et toute sa clique d’imbéciles heureux qui lui servent, à ses heures perdues, d’employés. Exténuée par cette énième expédition nocturne, je ne jurais que par la volonté de me plonger sous une douche bouillante. Du moins, c’est ce à quoi j’aurai été ravie de m’adonner si un éclair ne me dévoila pas sa présence, là, à me fixer de son regard polaire. La surprise irradia mes pupilles avant de s’étendre sur l’ensemble de mon visage, dans une moue réprobatrice, je le toisais avec indifférence : « Et alors ? Tu joues à cache-cache maintenant, tu n’as pas un peu passé l’âge ? » Balançais-je dans un rire railleur tandis que j’ouvrais une armoire pour me saisir d’une serviette que j’appliquais sur mes cheveux afin de me les sécher.
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MessageSujet: Re: set fire to our bed ✤ Kyran   Dim 18 Mai - 17:48

Le corps rompu, parsemé de stigmates s’étalant par-dessus les anciennes balafres, il était revenu dans son manoir avec l’impression sournoise qu’une tempête avait tout emporté. Rien n’avait changé pourtant. Les meubles imposants étaient toujours à leur place, les murs ne s’étaient pas effondrés, pas plus que le toit juste au dessus de sa piteuse carcasse. Mais il ressentait cette nuance dans l’air, à la fois incisive et imperceptible. Ce poids dans sa poitrine qui écrasait son palpitant et ses poumons, tapissant de cendres la cage retenant les piteux organes à l’abri. On l’avait torturé pendant des heures, enfermé pendant des jours avant qu’on ne daigne le relâcher devant l’absence de preuves et son acharnement à se taire. Mais ce n’était pas ce qui le préoccupait. Ce n’était pas ce qui le faisait se sentir si hargneux et démuni. Non, ce qui vrillait ses tripes était bien plus pernicieux qu’un déferlement brut de violence. Et bien plus douloureux aussi. Il revoyait les images vicieuses avec une précision affolante, il entendait les ricanements stridents comme s’ils résonnaient depuis à l’infini contre ses tympans. S’il pouvait s’estimer heureux que son pire penchant – d'après lui – n’ait pas été dévoilé, sa compagne d’infortune ne pouvait pas en dire autant. La voir se frotter comme un félin en chaleur au misérable avorton qu’il détestait viscéralement l’avait mis dans une colère noire. Mais ce n’était rien à côté du profond désarroi dans lequel les palabres suivantes l’avaient plongé. Et Ezra dans tout ça ? Les mots étaient tombés dans son oreille comme une grenade, son cœur avait chuté dans le fond de son estomac, sans le moindre signe avant-coureur. Ce n’était peut être qu’un simple nom, jeté comme de l’huile sur le feu juste pour envenimer les choses. Il ne s’agissait peut être que d’une sombre calomnie, lancée pour nuire mais sans preuve tangible. Et pourtant. Il avait beau essayer de s’en persuader, un mauvais pressentiment lui broyait les tripes avec un acharnement compulsif.

Ce n’était pas vraiment de la jalousie, ça n’y ressemblait que de l’extérieur. Aux yeux des ignares inaptes à saisir le lien étrange reliant l’indienne et le mafieux. C’était la peur atroce de le perdre définitivement Lui. Qu’Il en souffre, se laisse dévorer par l’acide. Sven n’avait pas sa place dans cette relation aussi fusionnelle que dysfonctionnelle qu’ils entretenaient comme leurs vices. Depuis exactement trente-cinq ans et des poussières, si on comptait comme à Darkness Falls. Plus d’un quart de siècle. Ce n’était pas tout à fait de l’amour, pas complètement de l’amitié. C’était quelque chose qu’ils ne savaient pas définir, et qui leur allait tant qu’il n’y avait pas de dommages-collatéraux trop importants. Ils avaient brouillé les limites, pris le risque de les voir s’effacer. Ils s’étaient embourbés dans des rapports malsains, pour ne pas crever de solitude et parce que c’était loin d’être désagréable. Parce que c’était un moyen comme un autre de se rapprocher, et qu’ils n’avaient pas de raison valable de s’en priver. Parce que c’était un moyen de forcer l’autre à se taire aussi, quand le ton montait. Se brûler la peau, pour éviter de cramer leur alliance à la fois salvatrice et perverse. Que quelqu’un puisse compter davantage un jour n’était pas une question qui se posait. Et quand elle les effleurait, ils réglaient le problème de manière radicale. De leur plein gré ou non. Parfois ils avaient besoin d’un peu d’aide, et c’était l’autre qui se décidait à faire le ménage par le vide. Jusqu’à Aleksi. Et peut être maintenant, jusqu’à son propre frère.

C’est ainsi qu’il se retrouvait à errer dans son salon comme un lion en cage, rongé par un magma indéchiffrable de rancœur, de remords et de crainte. Il s’était servi un verre, avait contemplé la liqueur dorée sans y toucher, comme à l’accoutumée. L’odeur qui s’infiltrait dans ses narines suffisait à lui retourner les entrailles, sans qu’il ait besoin de porter le cristal à ses lèvres pour se tordre les boyaux avec. Faisant remonter tous ces souvenirs d’enfance putrides, viciés au possible. Il restait planté là, comme un imbécile, perdu dans le noir absolu. A se demander dans quel merdier son crétin d’informaticien s’était fourré, puisque les gardes avaient perdu sa trace depuis l’annonce de Danny Clocker. En se maudissant que la réponse paralyse et importe autant. A lui en vouloir par avance à Elle, d’avoir dansé sur des ruines en toute impunité. Et peut être réduit à néant ses chances déjà maigres qu'Il lui pardonne ses travers. Avant d’entendre du bruit dans l’entrée, une porte claquant et se refermant sur la pluie torrentielle au-dehors. Sans un bruit, le prédateur s’avança dans l’obscurité. S’appuya contre le mur, les bras croisés, sans perdre une miette des mouvements de l’enjôleuse. Les prunelles plus polaires que jamais, inquisitrices comme si elles cherchaient à l’écorcher vive à distance. Il n’était pas loin de le vouloir. Finissant par détecter sa présence intruse, elle se retourna. Une moue sévère en guise d’unique expression. L’air presque fâché, parfaite dans le rôle de la blanche colombe qui n’avait rien à se reprocher. De la créature distante que rien n’atteignait. Il la toisa, carnassier, avant de se décider à s’approcher quand la moquerie l’érafla sans vergogne. « - Bonjour à toi aussi. Ravi de constater qu’une de tes bombes ne t’a pas explosé à la gueule en mon absence. » Persifla t’il. Soupçonnant dangereusement qu’elle ne s’était même pas aperçue que sa silhouette ne hantait plus les lieux depuis plusieurs jours. Brisant la distance, ses doigts se glissèrent dans les boucles brunes, avant de les serrer autant pour les essorer que pour meurtrir son cuir chevelu. Les serpents dérivèrent ensuite contre son cou gracieux, y imprimant une certaine férocité. Il se retenait de le broyer, il devait l’admettre. Il envoya sa nuque buter contre l’armoire derrière elle, avec une brutalité mesurée mais forcément déplaisante. « - Tu as apprécié tes vacances j’espère ? Comment va Henrick ? Tu continues de le suivre comme un petit toutou un peu partout en te tournant en ridicule, ou est-ce que vous êtes passés à la vitesse supérieure ? Tu ne me demandes pas où je pourrissais pendant que tu prenais du bon temps ? » Sa voix grave suintait l’ironie et le mépris, mais il s’était néanmoins retenu de se montrer plus agressif d’emblée. Ses sphères acérées poignardèrent les précieux émeraudes, puis il s’écarta. Un rictus amer sur le visage, accentuant son austérité et sa froideur naturelles.

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MessageSujet: Re: set fire to our bed ✤ Kyran   Mar 10 Juin - 23:56

La nuit n'était pas encore tombée, mais le ciel était déjà obscur, alourdi d'épais nuages noirs. Le soleil était invisible, ses rayons ne perçaient pas la carapace brumeuse. Véritable cathédrale qui se ramassait, cumulus bas sur l'horizon qui écrasaient sous leurs lourdes nuées toutes présences. L'air était électrique, presque statique ; même le vent s'était tut et l'atmosphère, immobile, semblait attendre. Seule la brève luminosité d'un éclair, au loin, semblait rompre la parfaite inertie qui régnait sur la terre. Les minutes qui précèdent l'orage sont toujours les plus intenses. Un frisson descendit le long de mon échine lorsque le tonnerre gronda pour la première fois. Un éclat sombre s'alluma au fond de mes prunelles et le grondement me sortit de ma torpeur tandis que je fixais l'amas de nuages qui se déchiraient au-dessus de nos têtes. Mes lèvres se relevèrent en une esquisse de sourire, rictus plus proche de la grimace que d'une quelconque émotion joyeuse. J’appréciais l'orage, je le ressentais dans mes entrailles comme un besoin ; mais les secondes qui le précédait n'en étaient que plus appréciable. Pas un mot, pas un regard, mais la conscience de sa présence était une évidence. Kyran, sus-je à la seconde où l’éclair qui zébra le ciel couleur encre, éclaira le visage blafard du jeune norvégien. Et le ciel se creva, laissant se déverser des trombes d'eau de ses entrailles. Et sous ce signal, la nature revit. Le vent glacial se leva, faisant plier les herbes hautes et craquer les branches torturées d'un vif vent solitaire. Les fleurs déposées en offrandes roulèrent des tombes pour s'écraser au sol, l'odeur âcre de la terre mouillée s'éleva lentement. Je pouvais sentir toutes ces variations de la faune et de la flore, cette contorsion naturelle naissante de la dualité de l’environnement. Pluie torrentielle, annonciatrice du blâme des Dieux, je me plaisais à penser que l’intempérie me réprimandait pour mes actions. Superstitieuse, loin de là, mais plus moqueuse tu meurs ! Pas un mouvement, juste un silence pesant, parfois déchiré par le tonnerre, que je n’ai pas tardé à briser en cassant la glace. Petite boutade psalmodiée, je regardais le jeune homme de travers, sceptique quant à sa présence dans cette pièce obscure, tout seul. Inondée par la pluie, je m’étais dirigé vers la buanderie, d’un pas rapide et régulier, faisant claquer les talons de mes escarpins sur le bitume marbré. Ma jupe longue, à la coupe irrégulière, voire inexistante se soulevait et gonflait sous l'emprise du vent passant par l’entrebâillement de la fenêtre, laissant apparaître des portes jarretelles. Mais moi, celle qui les portait, m'en fichais éperdument.

La tête droite, haute, je m’activais pour me destituer de ses vêtements inondés d’eau, d'un pas assuré, qui claquait contre le macadam usé. Mes cheveux d'un brun écorce dansaient comme flammes ardentes, la couleur naturelle de mes yeux émeraude toisèrent Kyran alors que ce dernier me rétorqua une réplique acerbe. « Oh pardonne moi, mais je ne suis pas prête à mourir une troisième fois, si tu vois ce que je veux dire ? » balançais-je abruptement tout en haussant les épaules, le visage fermé. Soudain, un léger bruit déchira l'écran de mon rêve. Ce fut alors quand je voulus retourner à mes occupations que le norvégien en décida autrement, en noyant ses doigts dans l’océan de ma chevelure. Et là, je l’ai senti. Et l’odeur de la colère. Il suintait la colère. Présence ô combien inattendue finalement, puisque rares étaient les occasions de saluer la colère noire du jeune homme. J’étais tellement habituée à réagir au moindre événement, si infime soit-il, que je fus forcée de revenir à la réalité, les sens immédiatement en alerte. J’écoute... J’écoute la nuit qui murmure à travers la grande nécropole que devient la pièce qui nous m’emprisonne avec mon meilleur allié. Le lointain grondement du tonnerre que la pluie estompe. Et ce son indéfinissable qu'est une respiration. Je l’entends. Cette fois, je ne peux plus en douter, c'est bien l’exacerbation de Kyran que je perçois. Un rythme respiratoire rapide, irrégulier aux consonances sanguinaire, voire asthmatiques. Moi qui étais venue ici pour vivre et me reposer, je savais que mes aspirations ne seraient pas comblées. Je connaissais déjà l’issue de cette entrevue avec le jeune homme, avant même que je n’ai eu le temps de dire « Ouf ». Peut-être parce que ce principe s'imposait comme une évidence, impérieuse et absolue. La concrétisation d'un état d'esprit que je percevais comme une certitude. Nous allions encore sauvagement nous déchirer, mais cette fois, en sortirions-nous indemne ? Mais qu’étais-ce la douleur physique que nous étions capable de nous infliger, comparé à la déchirure morale qui se creuse toujours plus à chacune de nos violentes altercations ? Son regard polaire revolver, ou encore la douleur naissante à la couronne de ma chevelure n’était qu’une introduction à ce qu’il risquait d’engendrer comme blessures. Sous son regard inquisiteur, je le toisais avec méfiance tout en haussant les sourcils, soucieuse d’ignorer la raison de sa colère. Tout vient à point à celui qui sait faire preuve de patience, et lorsque ma tête buta dangereusement contre l’armoire, sous l’impulsion du rejet de Kyran, je percutais enfin, et cela dans les deux sens du terme.

Henrick ! Et l'orage se déchainait, en partenariat le plus intime avec les éclairs qui fendaient l'horizon. Même si l’étincelle qui luisait dans mes prunelles émeraude s’était atténuée, l’amertume s'emparait de moi avec l'avidité d'un conquérant qui découvre une nouvelle terre. Mes lèvres pulpeuses se pincèrent tandis que je claquais la langue avec irritation tout en déclarant dans un chuchotis : « Tu as vu ce tourchon … ». Affirmation ne nécessitant pas une interrogation, je constatais avec effarement que cette histoire de révélation par l’excentrique Danny Clocker m’était complètement sortie de la tête. Et alors que je devais faire face à des occupations bien plus importantes que celle de devoir me justifier de cette vidéo me montrant en scène avec Henrick, je savais pertinemment que Kyran ne démordra pas aussi facilement, compte tenu de la détermination qui anime la manifestation de sa colère froide. Dans un soupir non camouflé, je levais mes yeux saphir vers le jeune homme avant de m’expliquer d’une voix lasse et monotone. « Il n’est qu’un passe-temps, éphémère et intouchable. Oh oui, tu le hais cordialement certes, mais ce n’est pas mon cas. Et contre toute attente, sa compagnie est agréable, c’est aussi simple que ça. Je ne fricoterai pas avec tes ennemis si tu en fais tout autant, tel est notre marché Kyran … ». Dans un geste de méfiance, je croisais mes bras contre ma poitrine tandis que mon incompréhension refluait de plus belle à mesure que Kyran me noyait de reproches. Sourcils froncés, irritation palpable, je lui rétorquais brusquement mes propos rancuniers : « Tu ne sais rien Kyran, alors épargne moi tes sermons de curé, ça nous évitera une perte de temps monumentale. Saches que je n’étais pas là non plus, mais si tu souhaites me raconter tes vacances à la mer, je suis toute ouïe ! ». Essuyant mes cheveux à l’aide d’une serviette blanche, je dardais mon regard vers le jeune homme, farouche et indomptable, je lui tenais tête.
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MessageSujet: Re: set fire to our bed ✤ Kyran   Dim 22 Juin - 19:22

Ils ne se parlaient plus. Ils criaient, plutôt. Constamment, comme si se marteler de mots assassins était devenu leur seul moyen de communiquer. C’était sans doute le cas, quand on y réfléchissait bien. Terminées les confidences à n’en plus finir, pour apaiser les ouragans de peur qui creusaient sournoisement leur estomac. Envolée, cette proximité fusionnelle dont ils avaient désespérément besoin pour ne pas sombrer à Darkness Falls. Comme s’ils s’étaient tout dit, et n'étaient plus voués à rien. Comme si l’horizon lui-même s’était échiné à les écarter, à les emmener chacun à un bord opposé. Deux étrangers qui se connaissaient par cœur. Ils n’étaient plus aussi esseulés et démunis qu’auparavant. Ils n’éprouvaient plus le besoin viscéral de former une seule et même entité pour ne pas suffoquer. Mais renoncer à leur proximité salutaire n’était pas simple pour autant. Il fallait composer avec cette absence au creux des veines, oublier des habitudes entretenues durant des années. Des habitudes profondément empreintes d’une nostalgie aigre-douce, qui soulageaient leurs maux autrefois mais grattaient comme des plaques d’urticaire désormais. Il était effrayant de constater à quel point ils étaient finalement fragiles et volatiles. Leur alliance se voulait indestructible, mais elle ne faisait qu’exploser en myriades d’éclats de verre, bousillant chaque couche une à une. Les gravats de leur déchéance roulaient sous leurs pieds, menaçant d’entailler leur voute plantaire pour mieux les paralyser et les empêcher d’avancer. Ils étaient en train de démolir et de renier tout ce qui avait pu un jour tant les rapprocher. Ils ne tomberaient jamais amoureux, c’était impossible. Sauf qu'un chagrin d’amitié n’était pas moins un calvaire. Il n’était pas certain de pouvoir en guérir, après tout ce qu’ils avaient pu partager et surmonter. Il commençait à comprendre qu’ils ne pourraient pas rester amis éternellement, en dépit de leurs promesses. Taillés pour être ennemis, pour s’entretuer. Ils avaient déjà commencé à s’y atteler. A se trahir, à violer certains termes de leur pacte. Peut être était-il temps de changer de jeu ? De revoir leur contrat, et de cesser de se provoquer, de se blesser pour maladroitement se rafistoler ensuite ? Il était sans doute déjà trop tard, le coup de canif était tombé, même si elle l’ignorait pour l’instant.  Ils n’avaient pas cru que cela pourrait arriver, car ils ne se pensaient pas – ou plus – façonnés pour ça. Pour la passion qui tord les entrailles et rend malade.

« - Évidemment que je l’ai vu, ce torchon. Je te défie de me citer une seule personne ici-bas qui n’a pas eu les yeux rivés sur cette saloperie… » Aboya t’il, ses prunelles rivées sur la silhouette enjôleuse de l’indienne. Incroyablement désirable et débordante de sensualité, il se surprenait à rester de marbre devant sa beauté féline et exotique. Les membres bien trop ankylosés par la crainte vivace qui lui broyait le ventre, les organes coulés dans du béton armé. Des lames tranchantes venaient se planter directement dans ses côtes, saccager avec ardeur sa chair à vif. Il avait préféré mentionner Henrick seulement, pas encore prêt à mettre son frère sur le tapis, mais il ne représentait qu’un grain de sable dans l’engrenage. Infime mais néanmoins capable d'enrailler la machine et de causer des dégâts irréversibles, ce n’était pourtant rien en comparaison de ce qui le tenaillait réellement. Qu’elle fréquente son adversaire, s’y frotte sans la moindre pudeur, le mettait forcément en rogne. Mais il aurait pu passer à côté d’un flirt sans importance, même à côté de coucheries avec ce dégénéré après s’être raisonné. La partager avec son cadet était en revanche innommable, lui retournait les tripes. Il doutait de pouvoir à nouveau la toucher avec ce doute pour lui racler la cage thoracique comme une lame de fond. Si elle semblait ne pas faire plus de cas que ça des révélations du présentateur perfide, il ne pouvait pas se vanter d'en faire autant. Il ne dormait plus, se rongeait les sangs en permanence. Il pouvait sentir son palpitant battre à toute vitesse dans ses paumes, à un point si conséquent que ses poignets devenaient affreusement douloureux, las de supporter un tel exercice. Littéralement consumé par ses angoisses. « - Tu ne fricoterais pas avec mes ennemis ? Comment appelles-tu ça alors ? » Ricana-t-il avant d’enchainer : « - Tu ressembles à une gamine aux hormones en crise, à la recherche de l’interdit. Si tu en meurs tant d’envie, tu n’as qu’à le faire. Je t’autorise, je n’aimerais pas frustrer ta libido. Vas-y et fais-lui quelques confidences sur l’oreiller, pendant que tu y es. Ce sera la totale. » Inconsciemment, une part de lui cherchait à la pousser vers le séducteur de pacotille pour se sentir moins coupable d’avoir brûlé sa peau à celle si entêtante d’Aleksi. Il pouvait bien chercher à effacer leur dérapage de son esprit détraqué, se répéter que rien n’était arrivé jusqu’à presque s’en convaincre, le sceau de la traitrise était apposé sur son épiderme au fer rouge. Et avec cette certitude, celle qu’il la perdrait si elle avait le malheur de découvrir son écart. Si elle réalisait qu’Il représentait le seul vrai danger dont elle aurait dû se méfier, l’unique menace sans précèdent. En tuant sa fiancée, elle n’avait que précipité la chute. Celle du scandinave autant que la leur.

Epargne-moi tes sermons de curé. La bile qui dégoulinait des lippes de la poseuse de bombe le faisait crisser des dents, rayait ses gencives comme de la craie crissant horriblement sur un tableau abimé. « - Je ne sais rien, tu as raison. Je ne connais plus tes limites, mais tu es en train de dépasser allègrement les miennes. Si tu n’étais pas avec ce déchet, alors peut être étais-tu avec mon frère ? Pendant que je prenais des vacances en salle d’interrogatoire, avec les rats pour seule compagnie. J'admirais ton caractère de feu, mais je crois que tu as juste le feu aux fesses en définitive. » L’accusation était tombée dans un souffle, l’obnubilant bien trop pour qu’il puisse s’abstenir de la prononcer. Pour qu’il puisse endosser le rôle de l’ignorant, qui la ferait suivre en cachette pour obtenir le fin mot de cette sordide histoire. Inapte à supporter une seconde de plus dans ce flou artistique qui l’entourait depuis que le glas avait sonné. S’il y avait une seule once de vérité dans cette ignominie, il ignorait toutefois comment il pourrait réagir. Certes il n’avait mentionné que Sven chaque fois qu’il se confiait à elle. Il n’avait pas eu la force de l’appeler Ezra, d’utiliser cette identité qui n’était pour lui qu’une odieuse aberration. Mais cependant… Est-ce que son instinct n’aurait pas dû lui hurler qu’ils partageaient le même cruor ? Étaient-ils si différents pour qu’elle ne repère pas les similitudes ? Ou étaient-ils au contraire si semblables, qu’elle s’était laissée charmer par Lui plus aisément ?

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