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 Unhealthy Thunder {PV}

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MessageSujet: Unhealthy Thunder {PV}   Ven 25 Avr - 11:16



Stand up for your shit, make sure these haters pay you.

Be a man of your word, don't ever let 'em play.



Son dos vint rencontrer la surface rocailleuse d'un bâtiment en ruines. Il se sentait dépourvu de toute clémence. Barbare et coléreux, ses mains saignaient. Souillées par l'essence d'un énième assassin. Lui-même répondait aux critères du parfait meurtrier, justicier des temps modernes, échappant à la loi pour mieux torturer ses victimes. Cette carcasse inerte, gisant dans sa propre mare de sang semblait l'observer. La crainte et la détresse se lisait douloureusement dans ses sphères d'ébène, statiques et angoissantes. C'était une femme. Sublime et radieuse, fallacieuse et incestueuse. Les semaines s'étaient écoulées sans qu'il puisse mettre la main dessus. D'après les rumeurs, celle-ci prenait plaisir à dérober toute innocence à ces malheureux orphelins. Catégorie d'enfants assez ingénieuse, n'ayant personne à qui avouer un secret. Vicieux et visionnaire, l'illusionniste avait d'abord imaginé une trame chaotique pour celle qui en fut le martyr. Pourquoi se servir des mains, alors qu'on pouvait utiliser l'âme ? La meurtrière avait succombé, abusée psychiquement. Tourmentée par ces visages enfantins, l'a rendant frénétique et aliénée. La mélodie d'une mâchoire qui se brise avait été le coup de grâce, finissant d'achever la criminelle, mettant fin au calvaire. La pluie s'abattait sur eux comme un miracle, nettoyant toutes les traces d'un potentiel homicide. L'orage ne tarda pas à la rejoindre, concluant cet épisode funeste. Le cadavre fut abandonné par l'auteur de sa fatalité, désinvolte face aux répercussions d'un tel acte. Le destin de cette catin intéressait peu le Gouvernement et ses hommes.

Son périple prit fin lorsque ses rétines polaires rencontrèrent la façade lugubre du Weapon Shop. Endroit besogneux, mais capital afin de conclure les activités extravagantes du ministre. Celui-ci jouait sur deux camps. Fidèle au système mis en place, mais assez détaché pour atteindre ses propres objectifs. Il se sentait déshonoré et trahi par ses acolytes. Cette hyène pithiatique, toutou du Gouvernement y avait apporté du sien, divulguant sur tous les écrans, son aventure peu crédible. Danny Connard comme il s'amusait puérilement à le surnommer. L'animateur ne cessait de s'enfoncer un peu plus dans la boue à chaque émission. Son sourire pathétique déchirant ses affreuses lippes. Oublions sa coupe de cheveux, ce serait trop douloureux d'en parler. La vie de ce couard se voyait pimentée par les tribulations des individus comme Sudworth. Ils alimentaient ses flammes, le rendant encore plus ardent que d'habitude. L'ancien concepteur d'illusions avait eu l'infortune de le croiser de temps en temps. La gueule saupoudré et des dents trop éblouissantes pour êtres vraies. Le tortionnaire était comme ça. Assez frivole pour dénigrer le physique d'autrui, n'ayant rien en sa possession pour se défouler autrement. Il pouvait se plaindre de l'injustice de ces images et de l'atteinte à la vie privée. Rien ne changeait le fait que l'homme à femmes avait entraîné sa langue dans des profondeurs un peu plus masculines. La diffusion de cette mise en scène burlesque avait eu pour seul effet d'attiser les railleries. Il s'était retrouvé coincé entre les sarcasmes de ses collègues et les regards intolérants. Ces nectars fiévreux auxquels il s'était abonné depuis maintenant plusieurs années, l'avait rendu aigri et irascible. Il s'était réfugié dans l'alcool comme un bambin dans les bras de sa mère. Il y retrouvait un confort rassurant, se laissait submerger par les chimères apportées par ces liquides brûlants. C'était limite une passion maladive, une addiction dont il peinait à guérir. Il se sentait anesthésié, en sécurité, comme s'il se cachait derrière les réactions engendrées par sa dépendance. Aussi acerbe que son géniteur défunt, cet homme écrasant et excessif. L’imprégnant de valeurs correspondant à une société corrompue. Aucune mansuétude. Il avait reçu une éducation drastique composée entièrement d'idées fixes. Des principes qui désormais n'avaient plus aucun sens, mais qui continuaient de composer le caractère énigmatique de l'ensorceleur. Le fils était devenu le reflet de son père. Glacial et opportuniste, sans oublier son goût pour la débauche. Personnalité taciturne qui oubliait volontiers son vœu de silence lorsque sa toxicomanie devenait reine.

C'est sur ces notes mélancoliques que l'américain rejoignit la mystérieuse clientèle du magasin d'armes. Une tranquillité pesante envahissait la pièce, renforçant l'odeur de cendres et de poudre. Il était loin d'être un fidèle, il avait sa petite préférence pour la lutte corps à corps. Cependant, ses yeux s’arrêtèrent sur un pistolet Ruger MK II de calibre 22. L'arme disposait d'un modérateur de son, de quoi agir subrepticement. Il sentait ces lourdes présences sur ses épaules, l'analysant sans vergogne. Il avait eu l'audace de choisir une tenue lambda, mais les traits de son visage ne trompaient plus personne. Il faisait parti des personnalités influentes et depuis l'échange de baisers avec un homosexuel, il était presque devenu une célébrité. Il s'apprêtait à se retourner lorsque son regard croisa celui du jeune homme qu'il cherchait depuis des semaines, impatient de lui refaire le portrait. Il se saisit de l'arme, la pointant dans sa direction, menaçant, mais surtout dans le but de l'impressionner, le mettre en garde. Il vint à sa rencontre, s'approchant de lui le plus près possible, se voulant discret. Les paroles qui suivirent ressemblèrent à une révélation, prononcées dans un murmure à peine audible. « Je viens tout juste d'éliminer une jeune femme et dommage, tu n'étais pas là pour venir à son secours, Rambo. »

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MessageSujet: Re: Unhealthy Thunder {PV}   Ven 25 Avr - 14:41




Combattre mes démons. M’affirmer. Aller au devant de mes peurs pour les plier à ma volonté. Voilà ce que m’avait appris ma rencontre avec Ruby, dans l’usine désaffectée, et l’illusion dans laquelle nous avions été tous les deux pris au piège. La liste de mes défauts, malheureusement, s’était avérée bien trop longue pour être facilement résumable. Agoraphobie, peur de l’abandon, claustrophobie, j’étais consterné de voir à quel point j’étais un trouillard et un peureux. Et il fallait impérativement y remédier avant que j’en paye, voire que d’autres en payent les conséquences. Je pris mon inspiration, immobile devant le Weapon shop. Une autre terreur que j’avais pu lister avec les autres : les armes à feu. Depuis l’émission télé dans laquelle j’avais pu me voir tuer ce peacekeeper avec un sang froid qui me terrifiait, je craignais ce dont j’étais capable. Mes réflexes m’avaient amené à tuer un homme, je ne devais pas l’oublier. Mais ce que je ne devais pas ignorer, aussi, c’était ce qu’il m’était arrivé quelques semaines plus tôt. Ce fut en pensant à l’homme que j’avais défendu dans une agression que je parvins à franchir le pas de la boutique. Je ne comptais pas acheter d’arme – je n’en avais de toute manière pas les moyens – mais il s’agissait de faire une première approche. Parcourant les rayons, je me retins de frôler du bout des doigts les armes présentées sous verre. C’étaient des objets de mort, il fallait que je garde ce fait en mémoire. Mais en même temps… le sentiment de puissance ressenti lorsque le coup de feu était parti parcourait à nouveau mes veines sans que je ne puisse l’ignorer. Un vendeur finit par s’approcher de moi, très certainement pour me garder à l’œil. « Vous cherchez quelque chose de particulier ? »

Le poids de l’arme me glaçait le sang et me tétanisait les muscles. Et pourtant, je me forçais à la soupeser, à m’habituer à sa présence, à la tenir entre mes mains moites. « Vous êtes sûr que c’est le même modèle que ceux des Peacekeeper ? » Je tremblai un peu plus lorsque le vendeur me confirma ses dires. De toute manière, malgré ma mémoire défaillante, j’avais reconnu le type d’arme. Elle semblait se loger dans le creux de ma main comme si elle avait été conçue pour, c’en était dérangeant. Je pris le temps de l’observer sous toutes les coutures, de changer de main, pour m’habituer à son contact et faire disparaître la boule qui me nouait les entrailles. Je vérifiai le magasin, vide, et tendis le bras vers le mur, pointant l’arme dans une direction déserte de tout être humain. Finalement, je demandai à l’homme s’il était possible de s’en servir, pour s’entraîner, pour assurer la prise en main et me rendre pleinement compte de ce qu’il en était. Il acquiesça et me guida aussitôt vers une salle mitoyenne capitonnée, certainement pour couvrir les bruits. Des cibles, des protections, des casques anti-bruits, il y avait tout un matériel qui me paraissait connu sans que je ne me souvienne avoir déjà mis les pieds dans un tel milieu. Lorsqu’il me proposa de m’expliquer comment charger le revolver, je me surpris en refusant poliment sa proposition et en laissant mes mains guider seules la manœuvre. « Je vois que j’ai un connaisseur devant moi. » se contenta-t-il d’observer. « Et bien, j’imagine que c’est le cas. » L’arme glissa dans ma main gauche, y trouva sa place, et mon doigt trouva le chemin de la gâchette, qu’il frôla sans appuyer. J’étais stressé de sentir l’homme derrière moi. Je fermai les yeux, pour faire abstraction des cibles. Il fallait que je surmonte mon angoisse, surtout si je voulais avoir une part active au sein de la Résistance. Je n’ignorai pas que l’arme ne pouvait pas que tuer. Le premier tir partit droit devant moi, pour percuter le mur. Un deuxième le suivit automatiquement et s’ajusta dans le cœur de la cible. Puis un troisième, au niveau de la tête. Le tir groupé qu’acheva le chargeur fronça les sourcils du vendeur. Finalement, j’ôtai le casque antibruit, et remis la sécurité, avant de me tourner vers l’autre homme. « Vous avez l’habitude des armes à feu ? » Je ne sus quoi répondre. La cible s’approcha, et mes doigts relièrent par un fil invisible les différents impacts. Je la décrochai maladroitement et rendis l’arme au vendeur. « De toute évidence, mais je l’ignorai. Chance du débutant ? » « Ca m’étonnerait… vous avez un sacré équilibre, et une précision déroutante. On a l’impression que vous avez vraiment une formation derrière. Est-ce que vous voulez voir d’autres armes du même calibre ? »

Nous retournions dans le magasin en commentant les différents modèles de revolver, l’homme me mettant à l’aise en restant à des notions techniques sans partir dans des questions concernant mon tir, quand je croisais son regard. Je l’avais certes déjà vu à la télévision, entendu des rumeurs à son propos quant à son orientation sexuelle mais ce ne fut pas cela qui me vint en mémoire en premier lieu. J’allais faire une remarque au vendeur lorsque je me rendis compte qu’il était déjà allé voir un autre client. L’homme, Sudworth, non ?, en profita d’ailleurs pour me mettre en joue et s’approcher de moi. « Je viens tout juste d'éliminer une jeune femme et dommage, tu n'étais pas là pour venir à son secours, Rambo. » Je mis quelques secondes à comprendre ce que ça signifiait. Savait-il de quoi j’étais capable, celui là ? Je toisai son arme à feu, la distance – minime – qui nous séparait. Je n’avais jamais été violent volontairement depuis mon réveil, hormis face à lui. Je considérai mes mains, ce qui nous entourait, et passai à l’action en me laissant guider par un savoir que j’apprenais à maîtriser à nouveau. Aussitôt, ma main gauche glissa vers son poignet, l’enserra et détourna l’arme, alors que d’un mouvement brusque, je le plaquai contre le mur, avant bras en travers de son cou pour presser contre sa pomme d’Adam. « Ta place est en prison, espèce de psychopathe. » Je le lâchai brutalement, incapable d’aller plus loin, lorsque je m’aperçus que j’avais posé sans m’en rendre compte le doigt sur la gâchette. Mais qui est donc le plus psychopathe entre vous deux, Lawrence ? Je blêmis à cette pensée et bredouillai un vague « Qu’est ce que vous me voulez » qui n’avait rien de l’assurance que j’avais une poignée de secondes plus tôt.


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MessageSujet: Re: Unhealthy Thunder {PV}   Mar 29 Juil - 15:25


Il sentait le regard pesant des employés. Le surveillant, attendant un faux pas. Il ressentait leur mépris, cet air narquois qu'ils portaient sur eux comme des masques rieurs. Son statut de ministre n'avait donc plus aucun effet sur les citoyens lambda. Ils se moquaient de son rang depuis que celui-ci s'était laissé pervertir par le même sexe. S'aventurant dans des endroits peu fréquentables, miséreux et à la limite du ridicule. Oui les puceaux, Sudworth, ce grand représentant du Gouvernement avait aussi ses bonnes vieilles habitudes. Cependant, ça ne lui correspondait pas de se laisser berner par des visages aux traits aussi durs que le sien. C'était un régal de s'abandonner aux délices de l'alcool, mais ensuite... en subir les conséquences et se voir coller l'étiquette de gay durant toute sa vie, c'était moins attrayant. Peut-être étaient-ils homophobes, qui sait ? Lui-même voyait l'homosexualité comme une maladie. Une altération malsaine sans une once de sentiments amoureux. Il lui était impossible de comprendre ce choix. Il n'y voyait aucune normalité, bénissant les dieux de ne pas l'avoir condamné à un châtiment aussi effroyable. Il se sentait honteux face à ces images obscènes, mais pas assez secoué pour s'empêcher de continuer à ingurgiter des litres de whisky. Rien ne pouvait donc perturber ce vieux Wayne, pas même des imbéciles agissant comme de vieilles mégères en manque de ragots. Pas même ce pubère qui lui tenait tête.

Un malheureux pas de plus et le sorcier aurait appuyer sur la gâchette, surpris par la témérité de cet inconnu. Ce misérable citoyen exemplaire qui avait sans le savoir, la mort certaine d'enfants en bas âge sur sa conscience. Surgissant de nulle part tel un surhomme à la poursuite de reconnaissance. S'interposant entre lui et la victime, manquant de défigurer le visage du ministre. Son apparence lui importait peu, tel un débutant, il avait laissé échapper l'assassin. A l'heure qu'il est, le scélérat remerciait certainement Dieu de lui avoir accorder cette faveur. Il pouvait plutôt remercier cet abruti se prenant pour la voix de la raison, gâchant tous ses plans et libérant un autre aliéné dans la nature. Des jours. Des semaines. Des mois. Sans pouvoir fermer l’œil. Inquiet, angoissé et totalement obsédé par cette figure répugnante. Et puis cette ivresse lorsque sa main agrippe la gorge du criminel pendant que sa jumelle tient fermement sa tête. Il y était presque, c'était devenu une obsession maladive. Il rêvait déjà de son index s'insérant dans l’orbite du spadassin pour y extraire ses vilains yeux démoniaques. Inconsciemment, il faisait sans cesse le rapprochement entre tous ces meurtriers et l'assassin de son fils et de sa femme. Mettant un terme à sa minable vie avant que l'ancien flic puisse intervenir. Mais quelle ironie. Qu'aurait-il fait après tout ? Cet ivrogne sans vergogne, menant un quotidien de débauche, oubliant sa famille, complètement absorbé par sa passion pour l'alcool. Ils étaient morts. Fin de l'histoire. Et c'était comme s'il les avait tués. Il n'avait rien fait. Il aurait pu les éliminer de ses propres mains que ça en reviendrait au même. Il avait agit comme son patriarche. Arrogant, égoïste et envoûté par les petites culottes.

Ce gamin le perturbait. On pourrait même parler d'une fascination malsaine. Wayne n'aurait jamais été capable d'intervenir dans un malentendu entre deux hommes consentants. Non par couardise, mais tout simplement par narcissisme. Il s'en fichait pas mal du sort de ses congénères. Il ne pouvait compter sur personne, alors personne ne pouvait compter sur lui. Il était après tout qu'un miséreux psychopathe. D'ailleurs, ce reproche fit doucement rire le principal intéressé. Certes, le principe était le même, mais il ce serait plutôt qualifié de justicier. Nombreux étaient ceux qui glissaient minutieusement entre les doigts grossiers de ce Président incontinent - vous ne le saviez pas ? - désireux de traquer leurs chimères les plus insensées. Sudworth était celui qui venait nettoyer tout ce fumier d'un coup de baguette magique. Il était loin de la représentation du déséquilibré qui devrait purger sa peine en prison. Ces moyens étaient certes un peu spéciaux, mais on ne pouvait pas dénigrer leur efficacité. Le taux de criminalité n'avait pas bougé, mais intérieurement, il avait la sensation d'accomplir le bien et cela le réconfortait, bien qu'il ne l'admettrait jamais.

Il choisit de mépriser sa remarque. Autrement, il serait parti dans des discours dramatiques, influencé par la liqueur de la veille. Cependant, l'humiliation qu'il venait de lui faire subir commençait sérieusement à titiller les nerfs de l'américain. Il se ressaisit, ajustant son haut pour se donner un minimum de contenance. Il refusait de se donner au spectacle. Ce fut avec retenue qu'il s'approcha du suicidaire. Sa main droite se plaqua contre la nuque de son interlocuteur, les deux fronts se touchaient. On aurait pu profiter de cette mise en scène pour lancer quelques sarcasmes tellement les deux hommes étaient proches. Mais leurs billes glaciales n'étaient pas alimentées par un sentiment de convoitise. C'était de l'animosité pure et dure. « Ecoute moi bien, petit morveux. » Le ton s'approchait dangereusement de la menace. « J'ai vécu un Enfer avant de mettre la main sur cet enfoiré. Sais-tu seulement combien d'enfants cette vermine a égorgé ? Sans oublier l'étape du viol ? » Crier, ne plus s'arrêter. Il ressentait ce désespoir, cette culpabilité atroce qui le rongeait depuis ce jour. « T'as voulu jouer aux héros et par ta faute, ce type est maintenant en liberté. Une fois de plus. Je le tenais, j'allais l'achever. J'aurais pu sauver des dizaines de gosses. » Quel déshonneur qu'était le sien. Il tentait en vain de rester détendu, mais trop d'émotions se bousculaient en son intérieur, le piquant à vif, l'obligeant à régurgiter tout son chagrin. Non, ça ne lui ressemblait pas du tout. Il s'éloigna silencieusement, reprenant sa carapace initiale. Le visage impassible. « Je ferais tout mon possible pour que ses victimes viennent te hanter. » Présage sincère marqué par un léger rictus au coin des lèvres. Sujet qui lui tenait à cœur malgré lui. Cet étranger lui avait tout volé en l'espace de quelques jours. Sa proie, sa fierté et maintenant ses émotions. Il lui faisait drôlement penser à quelqu'un qu'il détestait.

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MessageSujet: Re: Unhealthy Thunder {PV}   Sam 2 Aoû - 15:36




Le poids de l’arme dans ma main était saisissant. Même plus que cela. Familier. Un vieil ami que retrouvait ma paume, un ancien confident que mon corps n’avait pas oublié. C’était une certitude : je savais manier cette arme – et peut être d’autres. L’essai de tir dans la salle adjacente venait certes de me le prouver, mais je n’en avais pas été convaincu. Maintenant : oui. Mais j’avais aussi l’impression que les sensations que me procurait cette arme au creux de ma main n’étaient pas les seules à revenir. Oh, il ne fallait pas s’y méprendre, j’étais loin de retrouver la mémoire – ce serait idyllique – je retrouvais simplement une certaine forme de violence, que je mis en pratique sans savoir trop comment face à celui qui allait commettre un meurtre quelques jours plus tôt. Je n’étais pas violent, normalement. J’avais peur de cela, même. Je ne pouvais passer outre la mort d’un homme, de deux si on comptait Jack, par ma faute. Et certainement plus, puisque si je savais me servir d’une arme dans ma vie passée, ce n’était certainement pas que pour le tir au pigeon des fêtes foraines. Avais-je été Peacekeeper ? Non, j’étais bien trop doux pour cela. Non ? Non. Je venais de plaquer un inconnu contre un mur et de le désarmer dans un seul mouvement fluide, sans hésiter. Avant de le lâcher brusquement. Qui était le psychopathe, entre nous deux ? « Ecoute moi bien, petit morveux. J'ai vécu un Enfer avant de mettre la main sur cet enfoiré. Sais-tu seulement combien d'enfants cette vermine a égorgé ? Sans oublier l'étape du viol ? » Je me sentis blêmir. Qui était donc le psychopathe ? La réponse devenait de plus en plus floue, de moins en moins tangible. Je voulus faire un pas en arrière, je heurtai une table d’exposition, lâchai l’arme que je lui avais retirée. « Co… comment ? » Il y avait erreur, non ? C’était lui, c’était cet homme et non l’autre qui avait attaqué le premier. Je n’arrivais pas à comprendre tout ce qui était sous-entendu et explicitement dit dans les mots de l’autre homme. J’entendais bien, j’écoutais même, mais je refusais d’assimiler. Viol, enfant, égorgement… C’était… aberrant ? un cauchemar ? « T'as voulu jouer aux héros et par ta faute, ce type est maintenant en liberté. Une fois de plus. Je le tenais, j'allais l'achever. J'aurais pu sauver des dizaines de gosses. » L’homme était en colère, et si ce qu’il disait était vrai, je ne pouvais que le comprendre. Même si… non. Attaquer, torturer, tuer, c’était mal. Tout simplement. Et il n’y avait pas d’excuses à fournir. C’était d’ailleurs pour cette raison que je voulais voir le Gouvernement tomber. Mais il tombera par la violence, tu t’en rends bien compte Lawrence ? Je commençai à peiner à respirer, les yeux hagards. L’homme, Sudworth, recula à son tour. « Je ferais tout mon possible pour que ses victimes viennent te hanter. » Je secouai la tête. « Tu n’en as pas besoin, je les sens déjà me guetter. Mais… » Un brin d’énervement se glissa dans mes muscles, sans crier gare. « J’ignorais tout cela ! » Bien, soulage ta conscience, Blain. « Et vous êtes en tort vous aussi, je vous ferais remarquer ! » Ah bon ? Explique toi ! Nos éclats de voix avaient attiré sur nous l’attention du reste de la clientèle et l’employé qui m’avait conseillé un peu plus tôt nous enjoignit à baisser d’un ton ou sortir du magasin pour régler nos différents. Je lui lançai un regard noir, avant de l’ignorer. Pourquoi se prenait-il ce Sudworth ? Il allait commettre un meurtre, s’avilir aussi bas que cet assassin que j’avais sauvé. J’étais plus petit que lui, plus râblé aussi, mais je pris Sudworth par le bras pour le pousser dans un rayon désert du Weapon Shop. Avant de reprendre. « Vous n’aviez pas à le tuer, vous n’aviez pas à vous baisser à son niveau. Alors la prochaine fois que vous voulez vous improviser Peacekeeper, faites confiance à la justice de ce p#tain de Gouvernement. » Qu’étais-je en train de dire et de faire ? Moi, qui voulais à ce point rallier la Résistance, qui voulais plus que tout contempler ce qu’ils appelaient abusivement présidence en cendre, j’étais en train de défendre cet Etat que j’abhorrais. Et sans le moindre remord. Du plat de la main, je poussai violemment Sudworth contre le mur, sans faire attention au fait que nous étions entourés d’armes à feu, blanches et surtout dangereuses. « Ce n’est pas à vous de rendre justice. La violence entraîne la violence, vous n’avez pas à vous rabaisser à son niveau, et si vous voulez que je m’excuse et bien vous pouvez toujours sortir crever la bouche ouverte. » J’étais en colère, mais je n’arrivais pas à déterminer contre qui. Qui était-il pour se croire un… un quoi ? Un justicier des temps modernes ? C’était risible. Il fallait faire confiance aux institutions en place, même si elles étaient douteuses et… je m’embrouillais. Tout était contradictoire. Défendre le Gouvernement et sa justice, et en parallèle vouloir sa perte ? Le seul qui était risible, ici, c’était moi. J’étais fermement convaincu d’avoir bien agi en intervenant, et pourtant je ne parvenais pas à m’expliquer et me justifier. J’étais fermement convaincu qu’il fallait faire tomber ce Gouvernement, et pourtant je ne pouvais pas m’empêcher de lui faire confiance sur le plan de la justice. « Comment se fait il d’hommes comme lui ou comme vous soient encore en liberté ? » La question n’était pas forcément adressée à Sudworth ou à moi. Je ne savais pas à qui je la posais, mais j’avais besoin d’avoir une réponse.

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MessageSujet: Re: Unhealthy Thunder {PV}   Lun 4 Aoû - 20:32


Minutieux et préventif, le sorcier imaginait déjà un scénario morbide. Assoiffé par son envie de vengeance. Ce morveux devait payer pour ses fautes. Il s'était volontairement introduit dans sa vie, provoquant la chute vertigineuse de ses activités nocturnes. Dérobant sa proie sous ses yeux et criant haut et fort qu'il avait raison d'agir ainsi. Il pouvait lui infliger les pires cauchemars, le faire regretter son comportement. Il pouvait s'acharner sur sa personne, lui dérober ses nuits de sommeil. Il pouvait, s'il le voulait, faire revivre ces enfants. Le tourmenter jusqu'à ce qu'il supplie la mort. Ils seraient là, meurtris, le regard cadavérique et la carcasse décomposée. Leurs pleurs seraient si atroces que la victime en deviendrait sourde. Il aurait aimé avoir les capacités de réduire ce scélérat en insecte, se faisant un plaisir de l'écraser par la suite. Il jouait les innocents, prétendant ignorer les accusations du ministre. Wayne détestait cet air confus baignant les traits expressifs de son interlocuteur. Il haïssait la manière dont il avait reculé, comme si l'information avait aussi bien heurté ses tympans que son corps tout entier. On pouvait le blâmer, lui reprocher tous les défauts du monde, mais Sudworth n'était pas un menteur. Il se fichait totalement des ragots. Il menait sa vie comme bon lui semblait, même si cela signifiait de se faire traiter de débauché. Qu'il en soit ainsi. Après tout, il en était bien un. « Tu fais moins le malin maintenant. » Lâcha-t-il, le sourire au coin des lèvres. Mais à présent il doutait. Le flingue s'était abattu sur le bitume, prouvant l'honnête ressentiment de l'inconnu. Cela n'avait pas été prémédité. Le jeune homme semblait réellement surpris. Perturbé, il n'avait plus rien de cet étranger le menaçant une arme à la main. L'américain avait eu froid dans le dos à l'idée qu'il puisse appuyer sur la gâchette. On n'était jamais à l'abri de croiser un psychopathe. A présent, il lui renvoyait l'image d'un bambin nébuleux. Cet homme était sans aucun doute, un maladroit né et on ne pouvait pas le nier : il était aussi bipolaire. Comme s'il était partagé entre la raison et son ego. Il continuait de bien tremper son pied dans la merde, défiant le magicien. Un autre effronté avait l'air de bien vouloir participer à la discussion, si on pouvait qualifier cet échange comme tel. On était plutôt confrontés à un dialogue de sourds. Nonchalant, Sudworth ferma les yeux pendant un instant. Transmettant ses illusions aux inopportuns, curieux et excités par la confrontation entre les deux hommes. Cerbères et méduses entraient en scène, usant de leurs aptitudes maléfiques pour les dévorer. La boutique devint un véritable cirque. Employés et clients se disputaient maintenant un misérable cailloux imaginaire, croyant pouvoir achever le fruit de leur inconscient. Voilà qui lui donnerait quelques petites heures supplémentaires pour foutre son poing dans la gueule de ce spécimen pathétique.

« Justement, je ne l'ai pas tué, imbécile. » Sa main droite vint aggriper le poignet de son interlocuteur. « La prochaine fois que tu me touches, c'est toi qui y passe. » Le lâchant et profitant du spectacle qui se déroulait quelques rayons plus loin, il s'alluma une cigarette. Appuyant son dos contre l'une des étagères. « Et crois moi, ses martyrs ne te guettent pas. Je ferai en sorte que ce soit le cas. Tu peux prendre ma menace au sérieux. » Depuis le début, il semblait vouloir franchir les limites avec cet homme dont il ignorait tout. Inconsciemment, il lui lançait des messages implicites, comme s'il désirait être compris. Il avait l'impression de se confier. Il savait qu'il rendait lui-même la justice et maintenant, s'il n'était pas au courant pour les sorciers, il allait bientôt l'être. Son rire rauque transperça la pièce. La mélodie grave s'échappant dans la fumée envoûtante de son bâton de nicotine. « Pourquoi tant de colère si tu sembles être convaincu d'avoir la meilleure place ? » Il haussa un sourcil, tirant sur sa cigarette, l'air suspicieux. « A moins que tu regrettes ? Je suis peut-être un assassin, mais tu n'es pas mieux. Tu as laissé esquiver le pire d'entre... » Avant qu'il ne puisse terminer sa phrase, il se retrouva plaqué au mur. Ce gosse était définitivement instable. Il essayait de respirer doucement dans le but de calmer ses nerfs. L'ancien flic tenta de se dégager, posant ses mains sur le torse de son adversaire et le repoussant violemment. Pouvait-on s'il vous plaît lui trouver quelqu'un de civilisé ? Il soupira, agacé. Lui faisant croire qu'il ramassait un quelconque objet perdu, il se leva d'un coup, son poing se dirigeant vers le nez de sa cible. « Ne me fais pas rire à me parler de droiture. Je suis bien placé pour savoir que le Gouvernement a tout ce qu'il faut pour que justice soit faite. » C'était inexplicable, mais ce petit avait un air familier. Il avait l'impression de l'avoir déjà croisé, bien avant qu'il décide de jouer aux héros. « Les hommes comme lui existent pour se faire botter le cul par les hommes comme moi. » Il tira une nouvelle fois sur son bout d'alcaloïde. « N'as-tu pas rendu justice toi-même en décidant de le sauver ? »

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MessageSujet: Re: Unhealthy Thunder {PV}   Sam 9 Aoû - 14:04




« Co… comment ? » Mon bégayement était lamentable. Comme ma situation, comme la tempête qui malmenait le peu de certitudes que j’avais. Comme tout mon être qui se ramassait sur lui-même, devant l’attaque inattendue de Sudworth. Je ne comprenais pas tout ce qu’impliquer ses mots. Enfant, viol, meurtre… était-il en train de vouloir me faire culpabiliser ? Ce n’était pas utile, la honte et les remords menaçaient déjà de m’engloutir dans leur écume acide sans que je ne parvienne à en sortir la tête pour respirer de cet air pesant et suffoquant. Je partis en retrait, me heurtant à un obstacle inattendu, cherchant une porte de sortie en essayant de respirer. Sudworth dut sentir qu’il venait de prendre l’avantage – en même temps c’était plus que palpable – puisqu’il enfonça jusqu’à la garde Angurva dans ce qui n’était plus que ma confiance en moi à l’agonie. « Tu fais moins le malin maintenant. » Je déglutis péniblement ? Il avait tort. Il se trompait lourdement. Je n’avais jamais fait le malin, tout cela était immensément sérieux pour moi. Syndrome du preux chevalier au secours de la blanche dame ? Non. Juste ma conscience qui m’avait poussé à ne pas laisser un meurtre être commis. Jouer au héros ? Non, diantre non. Ce n’était pas du tout mon genre, ce n’était pour ça que… que… je bégayai un « Ce n’est pas du tout ça… » dans un soupir avant de me reprendre. Parce qu’il n’avait pas besoin de menacer de m’envoyer des spectres me hanter, je les sentais déjà qui m’entouraient. Parce qu’il avait beau ne pas avoir tout à fait tort quant au fait qu’un tel homme n’avait pas à errer, en vie, en quête d’autres victimes, je ne pouvais concevoir qu’il était bien de tuer qui que ce soit. Homme, monstre, meurtrier, ce n’était pas à moi, ni à lui, de décider qui avait le droit de vivre et qui n’avait sa place que dans un cimetière. Sans crier gare, je commençai à m’agacer. A lui dire ce que je pensais de tout cela. Il n’avait pas à le tuer, et de ce fait je n’avais pas à m’excuser. Un flot d’assurance coula dans mes veines lorsque je l’écartai du champ de vision des autres clients – qui, d’ailleurs, semblèrent rapidement avoir d’autres préoccupations. Je n’y prêtai pas attention, trop concentré à m’énerver sur cet homme qui voulait faire justice lui-même. Ce n’était pas à lui de faire tout cela, ce n’était pas à lui de décider de la sentence la plus adaptée à des êtres comme celui qu’il avait confondu un peu plus tôt. Ce n’était pas à lui de devenir un meurtrier. « Justement, je ne l'ai pas tué, imbécile. » Je le poussai du plat de la main pour l’écarter de moi, ce qui ne parut pas lui plaire. Et bien soit, je n’en avais rien à faire. Il ne l’avait pas tué, oui, et grâce à qui ? Grâce à moi. Oh, je ne quêtais ni remerciement, ni quoique ce soit, mais il pouvait toujours courir pour que je m’excuse. Je restais ferme sur mes positions, pour ne pas déraper et chuter dans un gouffre de culpabilité. « La prochaine fois que tu me touches, c'est toi qui y passes. Et crois moi, ses martyrs ne te guettent pas. Je ferai en sorte que ce soit le cas. Tu peux prendre ma menace au sérieux. » Un rire moqueur qui ne m’appartenait pas m’échappa. Un vestige de mon passé ? Cette simple hypothèse me fit froid dans le dos, alors que j’écoutais, comme un étranger, ce rire froid et cynique, et les mots qui le suivirent en pensée fort heureusement. « Tu auras bien du mal à me toucher, Sudworth. Qu’est ce que tu vas me faire ? Me menacer pour que je puisse à nouveau t’humilier ? Une troisième fois ? » Je ne me reconnus pas. Ce n’était pas moi que d’être à ce point moqueur et… sarcastique… Etait-ce un semblant de schizophrénie à ajouter à tous mes travers et symptômes ? J’espérais bien que non. J’espérais bien que… Je restai silencieux, le plaquant contre le mur, lui disant le fond de ma pensée. « Pourquoi tant de colère si tu sembles être convaincu d'avoir la meilleure place ? A moins que tu regrettes ? Je suis peut-être un assassin, mais tu n'es pas mieux. Tu as laissé esquiver le pire d'entre... » Sa réaction, son attitude, tout en lui me mettait hors de moi, aidé du trouble dont je ne parvenais pas à me défaire. Je le libérai, faisant un pas en arrière, craintif quant à ce que j’étais capable de faire sous le coup de la colère. Cette colère qui suintait de mes mots, de mon regard, de mes gestes et de la violence qui m’était pourtant étrangère. Normalement. D’ailleurs, ce n’était pas tout à fait volontairement que je l’avais libéré. Son poing heurtant ma figure m’avait aidé à reculer, et je fus sonné pendant quelques secondes, l’avertissement ayant l’effet d’une douche froide, glacée par les mots qui la suivirent. « Ne me fais pas rire à me parler de droiture. Je suis bien placé pour savoir que le Gouvernement a tout ce qu'il faut pour que justice soit faite. Les hommes comme lui existent pour se faire botter le cul par les hommes comme moi. N'as-tu pas rendu justice toi-même en décidant de le sauver ? » Je secouai la tête. Il m’agaçait. Il avait un don certain pour tout remettre en question le peu dont j’étais certain. Il avait un réel dont pour tout détruire, pour piétiner les quelques convictions que j’avais pu me forger. Et cela, sans même en être conscient, du moins je le présumais. Comment en était-il venu à me faire défendre le Gouvernement ? Au moins, je savais de quel bord il était. Un Pro-Gouv. Un de ceux qui trouvaient justifier cette dictature. Et toi, Lawrence, qui argues que la justice dispensée par cette dictature fait force de loi, qui es tu ? Je plissai les yeux, essayant de réfléchir à tout cela. Je n’étais même plus certain de lui en vouloir, de me sentir meilleur que lui parce que je l’avais empêché de tuer un meurtrier. Et pourtant… non. Je ne savais pas quoi en penser. La panique ? Elle était proche. Je la sentais hérisser les poils de mes avant-bras. « Je n’ai pas rendu justice, je t’ai empêché de… de… » Je n’étais pas un grand orateur. Lorsqu’on était perdu comme je pouvais l’être, il était difficile d’avoir une discussion argumentée et posée, avec un fil conducteur et une conclusion fournée et détaillée. « Pourquoi ne voulez vous juste pas comprendre que… que… tuer, c’est… » mal ? Et moi, qu’avais-je fait avec ce Peacekeeper ? Quelle légitimité avais-je à tuer ainsi des hommes ? Légitime défense ? Non. Je l’avais désarmé, mis à terre, et j’avais pressé la détente alors qu’il ne pouvait plus rien me faire. J’avais agi par automatisme, avec guère plus d’humanité qu’une truite éviscérée. Je ne valais pas mieux que Sudworth, et je me permettais de lui faire la leçon ? « Je veux dire… » Je ne savais même pas ce que je voulais dire. Ni ce que j’étais en train de faire. Mes doigts se perdirent dans mes cheveux, dans cette manie que j’avais de les y enfouir lorsque j’étais au comble du malaise. « Je ne sais pas ce que vous faites dans la vie, et je n’en ai rien à faire, mais vous ne pouvez pas exiger que je laisse un mec en buter un autre sans réagir. On ne vaudra guère mieux que l’ancien Gouvernement si on… si on laissait faire ça. Ce n’est pas à des mecs comme nous de nous improviser Peacekeeper, ou avocat, et… » Je ne trouvais pas mes mots. Oui, définitivement, je n’étais qu’un bien piètre orateur. « Ce n’est pas à nous de décider de qui a le droit vivre, de qui doit mourir. Ni à vous, ni à moi. Ni à… » Je repris l’arme entre mes doigts, cette arme que j’avais envisagé d’acheter, faisant de ma crédibilité un nuage de poussières éparses. « ça » Je me mordillai la lèvre, considérant l’homme qui était bien plus grand que moi. « Cet homme, si ce que vous dites de lui est vrai, a sa place en prison, et nulle part autre. »

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MessageSujet: Re: Unhealthy Thunder {PV}   Jeu 18 Sep - 20:08


L'impatience s'emparait du ministre, menaçant d'éclater en coups de poing. Il aurait voulu le secouer, lui infliger les pires injures dans le but de le réveiller. Comment pouvait-on être aussi candide ? Regarde autour de toi pauvre enfant, continues comme ça et tu ne t'en sortiras pas vivant. Il avait appris à ses dépends, obligé de faire face à une société corrompue. Il s'était tant bien que mal adapté à cette immense horloge qui faisait tourner le monde. Adaptant sa conduite malsaine à une civilisation qui l'était tout autant. Comme tout individu, il rêvait secrètement d'anarchie. Apportant un peu de ses chimères à ses actes totalement justifiés. Du moins le pensait-il. Et c'est parce que la Nouvelle-Orléans était remplie de bambins peureux que les prisons étaient pleines à craquer, abritant le plus souvent des innocents. Subissant le calvaire qui était destiné à des pourritures toujours en liberté. Il était bien placé pour être au courant des tumultes qui circulaient. Des histoires terribles, incapables de le laisser indifférent. Il ne se le cachait pas. Il faisait parti de ce cercle vicieux, de ces maîtres détenteurs du pouvoir. Jubilant à l'idée de manier leurs précieuses marionnettes comme bon leur semblait. Il ressentait ce plaisir insalubre lorsqu'un spadassin était condamné à mort. Il se sentait concerné par tous les procès, insistant pour y assister à chacun d'entre eux. Parce qu'en réalité Sudworth haïssait l'être humain, n'y voyant aucune possibilité de salvation. Ils étaient tous perdus, accablés par leurs actions puériles et destructrices. Errant parmi tant d'autres, anonymes et sans aucun intérêt à ses yeux.« Je ne suis peut-être pas Peacekeeper ou Avocat, mais je suis Ministre et membre du Conseil et je peux te garantir mon petit que j'ai tout le droit de réclamer justice si cela me chante. » Voilà fort longtemps que ce cher Wayne n'avait eu une discussion aussi intéressante que celle-ci. Ce jour était un grand jour : il était sobre. Mais c'était un dialogue de sourds et il aurait préféré avoir pensé à emporter son petit trésor. Sa bouteille de whisky pour être précis. Il serait fort convenable de se sentir anesthésié à cet instant. Cela lui aurait évité la maladresse et l'incertitude d'un gamin qui venaitt à peine de sortir des couches de sa mère. Cela l'irritait à un point que même lui se demandait comment il ne l'avait pas encore défiguré. Il avait du mal à accepter le fait qu'on puisse ne pas être d'accord avec lui, mais là c'était trop. Il était non seulement sourd, mais aussi aveugle. Était-ce vraiment nécessaire de tourner en rond, sortir tout le dictionnaire pour lui faire comprendre qu'il avait laissé échapper le pire des criminels ? Il se sentait vaincu d'avance.

« Alors dis-moi, à qui revient ce rôle ? Et c'était à toi peut-être de décider qu'il devait être sauvé ? » On lui avait pris les bonnes manières. Si le ton de sa voix semblait en harmonie avec son visage impassible, sa langue, elle, brûlait d'envie de cracher sa toxine. Pourrait-il pour l'amour du ciel la fermer ? Qu'on le fasse taire ! Quel spécimen insupportable. Il devrait le présenter à Cora, il était presque sûr qu'elle le trouverait bien moins agaçant que ce gosse. Non seulement il était borné, mais il pouvait aussi s'avérer dangereux. Le sorcier n'avait aucune confiance en sa lucidité. Avec une arme à la main et aussi buté qu'il était, il aurait pu sans le vouloir appuyer sur la gâchette. Méfiant et assez mal à l'aise, le magicien profita alors de ses talents pour faire croire à son interlocuteur qu'il tenait un drapeau américain entre ses doigts plutôt qu'un objet susceptible de lui écorcher le visage. Et même s'il paraissait imbécile, il n'avait pas fait tout à fait tort dans son discours. Peut-être cet assassin souffrirait plus en prison qui sait ? Mais ne comptez pas sur ce bon vieux Wayne pour avouer quoique ce soit. Sa fierté était semblait-il légendaire. « Si ce que je dis est vrai ? Je pourrais te montrer des choses qui te feraient frissonner. » Le ton devenait grave, plus sérieux. « Crois-tu que ces enfants l'ont mérité ? Ils sont tous morts à l'heure qu'il est et personne ne leur a rien accordé, ne ce serait que la vie derrière les barreaux. » Il posa une main sur son épaule dans l'espoir de l'amadouer, le calmer. Il n'était jamais rassurant d'avoir à ses trousses un fou à lier, apte à renverser son statut haut placé. L'américain n'avait pas vraiment besoin de ça en ce moment. Et il n'avait pas besoin non plus de ces mirages nostalgiques, dévastateurs. Il fut secoué d'un spasme qui le fit reculer. Les yeux écarquillés par l'horreur, la surprise, la tristesse ? Saurait-il qualifier le sentiment qui l'envahissait à ce moment là ? Les visages de ses parents vinrent hanter son esprit, ranimant de vieilles stigmates et provoquant chez lui un profond étourdissement. Son père aussi imposant que dans ses souvenirs, semblait le dévisager de son regard azuré. Et le parfum de la chevelure auburn de sa génitrice vint caresser ses narines, réveillant une colère douloureuse. « Qui es-tu ? »

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MessageSujet: Re: Unhealthy Thunder {PV}   Mer 24 Sep - 15:31




« Je ne suis peut-être pas Peacekeeper ou Avocat, mais je suis Ministre et membre du Conseil et je peux te garantir mon petit que j'ai tout le droit de réclamer justice si cela me chante. » Je fronçai les sourcils. Comment ça je me trouvais devant un ministre ? Comment ça, il était membre du Conseil ? Un flot de sueurs froides s’abattit sur mon assurance, la mettant bien en difficulté. Un Ministre ? Et si… et s’il m’avait reconnu ? Je me revis, sur ces écrans, en train d’abattre froidement cet homme, en train de sentir dans mes veines couler une rage inconnue, en train de contempler ce sang étalé sur le trottoir, dégringola les rainures pour s’enfuir dans un caniveau, résultat d’un tir parfaitement ajusté dans la poitrine d’un homme déjà à terre. Je me revis donc devenir un meurtrier en l’espace d’une seconde, et je blanchis davantage. Ministre. Sudworth. Les mots voltigeaient dans mon esprit sans trouver port d’attache, se contentant de répéter un écho leurs syllabes cassantes et insidieuses. Lorsqu’il reprit, j’étais toujours tétanisé. Je ne voulais pas entendre ce qu’il allait rajouter. « Alors dis-moi, à qui revient ce rôle ? Je voulais me recroqueviller dans mon coin, mains sur les oreilles pour cesser d’entendre cette voix implacable et atone. Et c'était à toi peut-être de décider qu'il devait être sauvé ? » Je reculai aussitôt d’un pas, me retrouvant une fois encore acculé contre un meuble, ma main qui tenait encore l’arme se recroquevillant pour s’y appuyer. « Non… mais… j’avais à décider que ce n’était pas à toi de le tuer. » tentai-je encore de me justifier malgré cette terreur qui commençait à me ronger, terreur d’être reconnu, terreur d’être enfermé, terreur enfin de m’être réellement trompé sur toute la ligne à un moment où à un autre dans les différents choix que j’avais pu faire depuis mon réveil. J’étais fermement convaincu que le Gouvernement actuel n’avait aucune légitimité – il n’y avait aucun doute à ce sujet – mais je ne comprenais pas comment mon cheminement de pensées relativement simples avait pu m’amener à défendre ce même Gouvernement que je souhaitais de tout mon être voir tomber en cendres. Il y avait quelque chose d’incohérent, et c’était cette incohérence plus que toute autre chose qui semait en moi une terreur inexplicable. Y avait-il la moindre logique dans ce que je pouvais dire en tenant compte de cet état de fait ? Je n’avais strictement aucune crédibilité, et toute l’assurance que je pouvais créer et faire mienne s’étiolait devant cette simple vérité. Et mes mots même semblaient vides de tout sens. Alors pourquoi continuer à parler, imbécile ? Je l’ignorais. Peut être pour ne pas perdre définitivement pied, ou pour continuer naïvement à croire que si je les disais avec suffisamment de conviction ils ne pouvaient en devenir que plus vrais, logiques et cohérents ? L’arme se raffermit dans ma main, comme pour se rappeler à mon bon souvenir, et je sentis son poids et surtout celui de son chargeur s’accentuer en écho. Avant de disparaître de mes doigts.

Comme s’il m’avait brûlé, je lâchai aussitôt ce drapeau américain qui venait de le remplacer. Comment était-ce possible, voire simplement envisageable ? Les yeux grands ouverts et écarquillés d’incompréhension, je fixai le Ministre. « Comment… Sudworth balaya ma tentative en reprenant la parole comme s’il n’avait rien entendu. Parce que ça devait certainement être le cas. « Si ce que je dis est vrai ? Je pourrais te montrer des choses qui te feraient frissonner. Crois-tu que ces enfants l'ont mérité ? Ils sont tous morts à l'heure qu'il est et personne ne leur a rien accordé, ne ce serait que la vie derrière les barreaux. » Je sais, je sais manquai-je de répondre d’une voix larmoyante qui aurait aussitôt frôlé le pathétisme. Au lieu de cela, je restai silencieux, essayant de trouver un peu de salive pour irriguer ma gorge asséchée de terreur. J’étais venu dans ce magasin pour exorciser l’une de mes peurs, et bien c’était un beau fiasco. Au lieu de cela, toutes mes convictions étaient déterrées, leurs fondations reposant à présent sur un sable mouvant, prêtes à s’effondrer à la moindre marée. Lorsqu’il posa sa main sur mon épaule, j’eus peur de l’entendre me dire que je n’avais aucun droit, puisque j’étais moi-même le meurtrier d’un de ceux chargés de la sécurité de la ville, de la sécurité de ces citoyens, de cette même sécurité en laquelle je croyais sans la croire vraiment. Au lieu de cela, Il recula d’un seul mouvement dans un spasme… d’horreur ? « Monsieur ? Monsieur que se passe-t-il ? Je vous assure, j’ai compris que cet homme n’avait rien à faire en liberté, et que rien si ce n’est son jugement ne pourra apaiser l’âme de ces enfants tués, mais je peux vous aider à le retrouver, je peux… » Mes mots s’étranglèrent dans ma gorge, sous le regard du Ministre. Un instinct de survie que je ne me souvenais plus posséder me souffla de me taire. De fuir. De courir loin de là, loin de ce regard, loin de cette personne. Et les mots qui suivirent me firent aussitôt comprendre à quel point cet instinct n’avait pas tort. « Qui es-tu ? »

Déglutissant péniblement, je répondis la seule chose qui me vint à l’esprit : « Je l’ignore. » Je me giflai mentalement. Imbécile. Déjà que je ne devais pas paraître très net, mais si en plus j’exposais clairement mon amnésique à un membre du Gouvernement, alors… alors quoi ? Je ne savais pas quelles pourraient être les conséquences, mais il y en aurait, c’était une certitude. Je ne savais même pas pourquoi Jack avait tant tenu à ce que je garde mon amnésie la plus secrète possible, j’ignorais en quoi c’était un véritable risque pour moi de l’exposer, mais c’était un principe auquel je me raccrochais depuis tant de mois que c’était devenu une part de moi. Le mensonge coula sans que je ne puisse le retenir, sans que je ne puisse lui donner substance de vérité. « Euh… je… je veux dire… je ne sais pas quelle réponse vous voulez entendre. Je suis juste Lawrence, Lawrence Blain, mécanicien, rien de plus. » Je me mordillai la lèvre. « Humain… » rajoutai-je dans un doute maladroit. « C’est tout. » Oui, c’était tout. Point final. Un nom d’emprunt, un métier qui était plus une imposture qu’une véritable profession et une nature des plus simples qui me cantonnait au simple rôle de spectateur. « Pourquoi cette question ? Je ne suis qu’un homme, un homme qui a confiance en sa conception de la justice et un homme qui refuse que l’on en tue d’autres quelle que soit la raison. C’est tout. » Ma respiration s’accéléra un peu plus, alors que je cherchai une échappatoire, plus que mal à l’aise en présence de cet homme au comportement presque aussi chaotique que le mien. Voulant calmer le jeu, je levai les mains et tentai de me glisser sur le côté, pour fuir aussitôt. C’était sans compter sur mon arme-drapeau chutée un peu plus tôt qui me fit déraper et je heurtai l’homme que j’avais souhaité éviter au maximum.

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MessageSujet: Re: Unhealthy Thunder {PV}   Lun 29 Sep - 22:18


Les images tournaient en boucle dans son esprit, finissant de l'achever à chaque projection. Revoir ses parents était une réelle torture. Ces expressions hideuses, mais pourtant si familières avaient le don d'effrayer le sorcier. Ces années étaient maintenant révolues. Réveiller de vieux fantômes du passé représentait à ses yeux synonyme de mauvais augure. Pourtant, l'aura du gamin ne dégageait rien de surnaturel. Il était le stéréotype même de l'humain banal avec de la stupidité en plus. Quelle connexion avait ce môme avec ses géniteurs pour qu'il reçoive la vision de leurs visages en pleine gueule ? C'était encore une farce de Danny Connard ? Instinctivement, son regard suivit la pièce à la recherche d'une éventuelle caméra. Il était bien placé pour savoir ô combien les médias pouvaient être vicieux. Rien n'empêchait le fait que cet imbécile joue un personnage. Dans quel but ? La dernière fois qu'il avait assisté à un procès, il était totalement alcoolisé, mais était-ce une raison valable pour vouloir le coincer ? Peut-être. Ses collègues se réjouiraient d'avance. Parfois, Sudworth se posait des questions sur l'existence qu'il menait. Pourquoi s'acharner à travailler aux côtés de ces vieux croûtons ? La réponse qu'il trouvait était toujours la même. Il aimait le pouvoir. Il aimait qu'on le craigne. La réaction du petit face à ses révélations lui était précieuse. Il sentait qu'il avait le dessus, mais peut-être était-il en train de le sous estimer ? Pouvait-on être aussi candide ? L'illusionniste se méfiait. Était-il en train de devenir lui même aussi naïf que son interlocuteur ? Même si le Gouvernement voulait obtenir des informations, il leur été impossible d'accéder à son esprit de la sorte. Il y avait quelque chose qui clochait. Il ne saisissait pas le sens de cette mascarade. Et enfin de comptes, peut-être qu'il n'avait même pas envie de le saisir. Il avait eu un haut le cœur, cela suffirait à pourrir le reste de sa soirée. Il s'en fichait pas mal de ces faciès répugnants. Il n'en avait que faire de ses créateurs. Tellement, que ça ne l'étonnerait même pas d'avoir un frère caché ou une sœur, voire dix. Mais sérieusement ? Ils ne pouvaient pas être issus de la même cuisse. C'était un crétin, un maillon faible en bas de la chaîne alimentaire. Il lui faisait de la peine et malgré lui, il ressentait de la compassion. Il avait l'impression d'être face à un mioche totalement déboussolé. « Commence pas à philosopher avec moi. Je m'en fiche de ce que tu fais dans la vie. S'ils t'ont engagé pour me pister, t'as intérêt à cracher le morceau avant que je te fasse avaler tes propres couilles. » Et voilà que le ministre commençait à paniquer. L'attitude du petit était si inappropriée que ça en devenait ridicule. C'était suspicieux. On ne pouvait pas être aussi sincère, aussi ingénu. Humain ? Et alors ? Pourquoi avait-il jugé nécessaire de le préciser ? Il ne savait que répondre. Il ne voulait pas non plus lui poser des questions. Il préférait rester dans l'ignorance, mais il s'en souviendrait encore de lui. Il lui laisserait un souvenir.

Il n'était pas le seul à angoisser. Son interlocuteur semblait tout aussi agité. L'illusionniste arqua un sourcil lorsque son voisin le heurta de pleine face. C'est moi ou il vient d'essayer de s'enfuir ? Espèce d'enflure. Il le saisit par les épaules, le secouant furieusement. « Qui c'est qui t'a engagé ? C'est quoi ce bordel ? Pourquoi tu essayes de m'échapper ? » Un réel interrogatoire, lui remémorant avec nostalgie à quel point il avait été un bon flic dans le passé. Bon, je vous l'accorde un peu joyeux, mais excellent quand même. Il resserra son étreinte, ses ongles s'enfonçant dans la chair de sa cible. Le sorcier commençait sérieusement à douter de ses intentions. Qu'on puisse être aussi bon acteur relevait d'un vrai miracle. C'était un génie ce gars si tel était le cas. Sudworth prenait ça comme un coup de poing en plein milieu de sa fierté légendaire. Il ne voulait pas s'attarder, c'était trop dangereux. Dans le doute, le scélérat lui marqua le visage de ses cinq doigts. Une belle gifle en plein visage. Le genre de geste capable d'humilier un homme. « Pousses toi de mon chemin petit, j'ai des affaires importantes à régler. » Par affaires importantes, il fallait comprendre filles de joie. Trop d'émotions, le ministre avait fort besoin d'une petite gâterie. Il avait eu l'impression de voler, se retrouvant vite dans les bras d'une jeune slave. D'ailleurs, elle avait beau être brillante dans son domaine, rien n'arriverait à effacer ce qu'il avait vu. Il trouverait la faille, mais pour l'instant il se contentait de la vue panoramique sur la poitrine de sa partenaire, un sourire béat sur les lèvres.

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Unhealthy Thunder {PV}

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