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 Survival Instinct {Orfeo/Obren}

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MessageSujet: Survival Instinct {Orfeo/Obren}   Jeu 8 Mai - 9:30







Survival Instinct



Orfeo Renzacci & Obren Dvorský








Loterie du RP




« This is survival of the fittest
This is do or die
This is the winner takes it all
So take it all
»

La nuit est tombée depuis bien longtemps sur la Nouvelle-Orléans et vous vous retrouvez bien malgré vous pris au piège d'une sombre machination. Vous vous réveillez sur le carrelage glacial de la morgue, sans le moindre souvenir de ce que vous faisiez encore quelques heures auparavant. Les muscles ankylosés et un terrible mal de crâne pour ne rien arranger. Complètement désert et verrouillé de l'extérieur, ce lieu sordide pourrait bien devenir votre tombeau. Les légistes ont tous déserté, et ne reviendront pas sur leur lieu de travail avant le petit matin. D'ici là, il vous faudra vous supporter. Et surtout survivre, puisque les cadavres se réveillent tous les uns après les autres. De féroces zombies, de surcroit affamés, qui n'ont plus qu'une seule idée en tête : vous déchiqueter en pièces. Affreusement nombreux, vous n'êtes dotés que d'un seul revolver avec, ironiquement, deux balles uniquement. Sans doute une trace d'humour noir de celui ou de ceux qui ont eu l'idée de vous enfermer dans le lugubre repère. Une mort plus douce que celle des plus violentes qui vous attend si les rôdeurs cannibales vous attrapent. Même si heureusement, les quelques scalpels et autres instruments chirurgicaux à portée devraient vous sauver la mise. A condition de savoir s'en servir. Mieux vaudrait donc ainsi vous entrainer, trouver des armes de fortune afin de se débarrasser au plus vite de la vermine. Mais de qui faut-il le plus se méfier ? Des vivants ou des morts à décapiter ?

Ordre de Passage:
 



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MessageSujet: Re: Survival Instinct {Orfeo/Obren}   Dim 11 Mai - 18:36




Tant bien que mal, sa main se fraye un chemin jusqu’à ses cervicales endolories. Ce faisant, il peut sentir sa carotide pulser tout contre sa paume, se soulevant au rythme des battements de son cœur. Dans le silence assourdissant, le moindre bruit lui paraît amplifié, à tel point qu’il croit presque entendre le mugissement de son sang affluant jusqu’à son cerveau. A ce long sifflement se mêle le grésillement imperceptible d’un néon dont il peut d’ores et déjà capter la lumière blafarde par-delà ses paupières mi-closes. En toile de fond, de petits grattements que son imagination débordante attribue à une multitude de cafards et autres insectes peu ragoutants. Ces multiples sons lui parviennent comme dans un songe, déformés et étonnamment amplifiés, la faute à ce violent mal de crâne qu’il sent poindre tout contre sa tempe. Bientôt, sa main délaisse sa nuque pour retomber mollement sur le sol. Du bout des doigts, il effleure les carreaux glacés. La fine pellicule de poussière qui s’en détache lui donne un vague aperçu de l’insalubrité de ce lieu encore indéterminé. Dans un ultime effort, il tente de se hisser sur un coude mais ses muscles ankylosés refusent de répondre favorablement à la requête formulée par son cerveau. Dans un léger spasme, il retombe, telle une vulgaire poupée de chiffon. A bout de force, il prend une profonde inspiration qui se mue un râle effrayant. L’air qui emplit alors ses narines lui donne la nausée, relent de corps en décomposition se mêlant à cette odeur d’hôpital proprement écœurante. Enfin, il ouvre les yeux.

D’un geste de la main, il tente de protéger ses iris, d’un bleu translucide, violemment agressés par cette lumière artificielle. Peu à peu, les petites taches sombres qui entravent son regard s’estompent, révélant sa prison à sa vue. Allongé sur le bitume, il ne perçoit d’abord que les pieds d’une série de tables alignées les unes à la suite des autres. Pour la deuxième fois consécutive, il esquisse un geste destiné à soulever son corps endolori. Cette nouvelle tentative sera couronnée de succès. Quelques secondes plus tard, il se tient debout sur ses jambes légèrement flageolantes. D’une main, il s’appuie sur l’une des tables recouvertes d’un drap ; de l’autre, il masse l’arrière de son crâne, espérant, par ce geste, activer sa mémoire. Car à la vérité, il n’a pas la moindre idée de la raison de sa présence dans ce… Ce quoi, au juste ? Tandis qu’il parcoure la pièce des yeux, ses doigts légèrement tremblants caressent le linceul, semblent hésiter, puis reprennent leur course folle le long de ce linge mortuaire qui, l’instant d’après, se trouve violemment arraché à l’objet qu’il dissimule. La vision de ce corps putréfié lui arrache un hoquet de surprise, bientôt suivi d’un cri d’effroi. Car oui, la charogne vient d’ouvrir les yeux, il serait prêt à le jurer.

Des cadavres animés ? Une idée qui lui aurait sans doute semblé absurde s’il n’avait pas passé les sept derniers siècles à fuir ce genre de créatures dans les entrailles de la Terre. Cette réminiscence de son passé suffit probablement à justifier le mouvement de panique qui s’empare de lui alors même qu’il rejette le drap sur ce corps décharné dans l’espoir puéril de le voir disparaître. D’un bond, il recule, trébuche, manque de s’effondrer de nouveau sur le sol. Un petit cliquetis métallique lui signale la présence de l’objet ayant manqué de peu de provoquer sa chute. Le cœur battant, il tend la main pour s’emparer de ce revolver abandonné là pour quelque obscure raison. Le contact du métal glacé contre sa peau lui arrache un long frisson. Sa connaissance des armes à feu reste médiocre, pour ne pas dire totalement nulle. De telles armes de guerre n’existaient pas encore au cours de sa première vie. Et quand bien même… Nul n’aurait été suffisamment fou pour mettre cet instrument dangereux entre les mains de l’idiot du village ! Là où tant d’autres auraient été soulagés de voir la Providence leur envoyer quelque moyen de se défendre, lui se sent comme une poule ayant trouvé un couteau. Pathétique. Qu’à cela ne tienne, il conserve cette arme à laquelle il se raccroche comme à une bouée de sauvetage tandis qu’il tourne les talons pour se ruer vers l’unique porte que compte la salle. Verrouillée. Il aurait dû s’y attendre.

Dès lors, une vague de questions le submerge : où est-il ? Pourquoi n’a-t-il aucun souvenir des événements ayant précédé son arrivée dans ce qui semble être une morgue ? Il le sait, il le sent : ce piège machiavélique se referme peu à peu sur lui. Désespéré, il laisse échapper un hurlement de rage tout en assénant un violent coup de pied dans une petite table sur laquelle repose un plateau chirurgical. Dans un concert de cliquetis métalliques, scalpels, pinces et autres ciseaux viennent heurter le carrelage. Face à tout cet attirail, le voilà qui se sent un peu plus dans son élément. Sans pour autant abandonner le revolver, il s’agenouille pour s’emparer d’une lame. C’est alors seulement qu’il remarque la présence d’une autre silhouette allongée tout près de lui, un homme dont le visage ne lui évoque rien, a priori. « Hey ! » rugit-il en se ruant sur cet allié providentiel, faisant fi de toutes les règles élémentaires de prudence. Mais à l’évidence, ce gamin trop vite grandi ne serait pas lui-même sans cette bonté naturelle mêlée à une profonde naïveté. Il renouvelle son appel tout en secouant l’épaule de son compagnon d’infortune, sans même mesurer l’hostilité qui semble émaner de sa personne tandis qu’il se tient là, un revolver dans une main, un scalpel dans l’autre. Autour d’eux, les draps se soulèvent un par un alors même que les cadavres prennent vie. « Euh… Je ne voudrais pas avoir l’air de dramatiser la situation mais il y a dans cette pièce une armée de charognes sur le point de nous réduire en charpie alors… » Sa phrase reste en suspens tandis qu’il contemple la scène, légèrement affolé. « Je suppose que vous savez vous servir de ça… ! » Affirmation destinée à masquer sa propre incompétence. Ce faisant, il désigne le revolver d’un léger signe de tête, sans pour autant oser le confier à l’inconnu. Pour quelle raison ? Il ne saurait le dire. L’instinct, sans doute. L’instinct, cette âme à quatre pattes, comme dirait l’autre !

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MessageSujet: Re: Survival Instinct {Orfeo/Obren}   Dim 25 Mai - 13:54


“Trust instinct to the end,
even though you can give no reason.”


Il fait noir comme dans le ventre d'une femme. Il n'y a que l'infini devant lui, sans reflet ni lumière, qu'un long tunnel aux murs invisibles, aux contours effacés. S'il tend les mains il sent pourtant comme les parois d'une grottes, les reliefs d'une prison pour sûr, qu'il peut sentir sans vraiment atteindre. C'est étouffant, frustrant, funèbre, il ravale la bile au fond d'un ventre vide. Il ne peut se rattacher à rien, dans le désert noir, il ne fait qu'attendre, il voudrait penser mais son cerveau fait de jolies galopades existentielles qui vont se perdre dans un maelstrom de mots. Il sent résonner quelque part dans l'atmosphère et ses épaules se brusquent soudain, se bloquent dans une terreur immédiate, qu'il ne prend même pas le temps de contrôler - à quoi bon. Il laisse l'angoisse l'envahir.

Les ténèbres il s'en méfie, il s'en garde, il les évacue au plus vite, comme des mauvais rêves qui font des tâches dans les sommeils éternels, les hibernations précaires, là, au plus près du sommeil, mais en restant proche de la lumière. Il a horreur du noir, des fonds sans fin, des infinités caverneuses où l'on ne sent, on ne vit plus que le vide et l'inconsistance. Il a froid. Il a faim. Il sent qu'il est perdu, déboussolé, c'est comme un retour à Darkness Falls mais il préfère ne pas y penser, il ignore, il esquive. Il essaye. L'Ours dans sa prison fait des bonds presque incontrôlables. Il se crée des occasions : il feule, il mugit, il grogne, il gratte. Il profite de l'absence momentanée de l'esprit humain pour laisser place à l'animal. Il savoure la panique, l'arrogance passée de ceux et celui qui pensait encore le contrôler, il ricane d'un mouvement de gorge terrifiant qui en fait trembler toute la cavité humaine. Obren se fraye un chemin parmi les ronces, les sentiers difficiles tracées sur la pente abrupte : il monte, il monte, il faut bien qu'il en échappe. Lorsqu'il jette des coups d'œil dans son dos, c'est le noir qui se referme, l'univers qui se fissure en deux pans bien net, crachotant flammèches et feu follets. Il continue. Il n'est pas arrivé jusqu'ici pour que le petit théâtre des marionnettes se referme là devant ses yeux : il s'échappe de la scène sans un bruit et se fraye un chemin jusque dans une conscience plus sereine. Il entend la voix de Percy quelque part dans le lointain, il sait qu'il a progressé dans une strate moins agitée ; ça le rassure brutalement. C'est qu'un mouvement de neurone, et il n'en faudra qu'un autre pour le faire sortir de l'inconscience. Il y a des enfers et des paradis dans la tête d'Obren. Il s'abandonne à quelques délicatesses, et repousse un peu plus l'Ours dans sa cage qui ronge le frein, ronge les barreaux en souvenirs solides, exit la tension des épaules qui dans un souffle se relâchent, et soudain propulse l'esprit Slovaque dans le monde moléculaire. Il sent avant de le voir le visage blanc penché sur sa dépouille et la main part d'elle-même, dépassant le mouvement des paupières et celui du cœur.

Obren a saisi à pleine poigne le révolver, de l'autre il attrape le corps-chiffon qui ne répond pas ; il s'approprie l'un et il écarte l'autre d'un vulgaire coup de pattes jetés à travers la pièce. Sans même le réaliser, il est sur pied, ouvre le barillet du révolver, deux balles, combien de dangers, il lève la tête, il ne perçoit que des morts, il fronce les sourcils, il aperçoit du coin de l'œil l'autre qui se relève, le scalpel est à terre, plus pour longtemps, il jette un coup d'œil à la porte fermée - non, pas seulement : verrouillée - , pourquoi, comment, il écarte les questions et se focalise sur les dangers immédiats, une vingtaine de corps décharnés, zombies, pas encore tout à fait réveillés, cinq minutes avant impact, et pour le reste ?, quelques tables d'autopsie, des draps blancs, une tripoté de scalpels, il en manque un, l'autre, qui, pourquoi, ennemi ou allié, danger potentiel, il prend une seconde pour le regarder du coin de l'œil, non, mais cinq minutes, c'est suffisant.

Le canon du révolver finit sa course vers la tête blanche. Obren charge, renifle. Son instinct lui a désigné l'ennemi le plus dangereux de la pièce - il s'occupera du reste ensuite. Il a des habitudes de chasseurs, des habitudes - surtout - de vie quotidienne. Il a derrière lui trois semaines de Jeux, cinq ans de puce, sept ans cent de réflexe. Il fixe sans ciller l'humain à l'autre bout de la pièce. L'humain? Il voudrait respirer l'air, mais y'a que la pourriture et le désert sanitaires des antibiotiques. De toute manière il le reconnait et il n'a pas besoin de le sentir pour le savoir. Il ne connait pas son nom, mais Obren a la mémoire tenace qui sait exactement ce qu'elle a vu et qui elle a fuit. Il hésite ; il pourrait tirer tout de suite, ce serait un problème de moins. Mais dans son dos, la vermine commence à s'agiter, réveillé sans doute par l'odeur et la perspective d'un repas - mieux vaudrait une jambe de celui-là, mais on choisit pas ses amis il parait. Il a un grognement, comme un problème de conscience qui ne veut pas se régler. C'est qu'il rouillerai en plus.

"Tu bouges, je t'explose le crâne." Lance Obren dans son accent de l'est. Il voit bien que l'autre est aussi surpris que lui, mais ça l'empêche pas de se méfier. S'il s'est réveillé le premier - si tenté est qu'il se soit bien réveillé - y'a certainement une raison, et peut-être même plus d'une. Le slovaque fait trois pas de côté dans un quasi silence. Il veut des réponses parce qu'il en a besoin pour compléter son analyse de la situation. Autrement il ne serait jamais embêté avec des mots. "Maintenant c'est quoi ce bordel, putain." Il ne leur reste pas beaucoup de temps, alors plutôt que de demander qui ou quoi, un éclaircissement de la situation en trois phrases seraient bienvenu.  "T'as moins de vingt mots.", dit-il en faisant cliquer le chien.
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MessageSujet: Re: Survival Instinct {Orfeo/Obren}   Sam 31 Mai - 13:09




Bam. Son crâne douloureux retrouve le chemin du carrelage glacé. La violence du choc lui coupe le souffle. Dans un long sifflement, ses poumons se déploient de nouveau, emplissant ses narines de cette odeur infâme, relent de mort maladroitement enrobé par quelque désinfectant bon marché. Au prix d’un effort surhumain, ses mains repoussent le sol crasseux. Encore sonné, il cligne des yeux à plusieurs reprises. Peu à peu, les quelques taches sombres qui lui brouillent la vue se dissipent, laissant apparaître le canon du revolver dont le cliquetis vient déchirer ce silence morbide. Sa connaissance des armes à feu a beau être médiocre, il sait que c’est la mort qui l’attend à l’autre bout de ce tube d’acier, et cette perspective le rend étrangement nauséeux. Son angoisse est telle que les battements furieux de son cœur couvrent presque la voix de son nouvel ennemi. « Tu bouges, je t’explose le crâne. » Précision proprement inutile. Quoiqu’il en pense, les intentions de l’homme sont on ne peut plus claires pour un esprit éclairé. A cet instant, il regretterait presque sa candeur passé. Lors de leur toute première rencontre, c’est avec insouciance qu’il avait accueilli la grande faucheuse. « Tout doux, l’ami ! » lâche-t-il dans un souffle tout en venant nouer ses mains à l’arrière de son crâne. Cette position de soumission ne lui sied guère mais son instinct lui souffle de faire profil bas. Pour l’instant du moins. « Maintenant, c’est quoi ce bordel putain. » Dans cet anglais aboyé avec force, il perçoit un très léger accent dont la provenance lui semble inconnue. « T’as moins de vingt mots. » Vingt mots ? Un véritable luxe lorsque quatre lui suffisent : je ne sais pas. Une réponse qu’il ne se risque pourtant pas à formuler à voix haute, par peur d’attiser la colère de l’autre.

Un nouveau cliquetis lui arrache un long frisson d’horreur. Il ferme les yeux un court instant, comme pour mieux évaluer les rares options qui s’offrent à lui. Sauter à la gorge de son ennemi ? Impensable. Ce dernier le dépasse d’une bonne quinzaine de centimètres. En outre, l’autre semble suffisamment nerveux pour presser la détente au moindre mouvement brusque. Que faire alors ? Répondre à sa question ? Le croirait-il seulement ? Résigné, il prend une profonde inspiration, juste avant que ses paupières ne s’entrouvrent sur un scénario catastrophe. Dans le dos de son assaillant, leur ennemi commun se rapproche, traînant silencieusement sa carcasse nauséabonde. Une poignée de centimètres séparent désormais la charogne de l’homme au revolver. S’il reste là, sans bouger, le rôdeur se chargera lui-même de cette tâche ingrate. Cette perspective, supposée le réjouir, ne fait que réveiller en lui un sentiment de culpabilité. En son for intérieur, l’enfant qu’il était autrefois s’indigne. Laisser mourir un innocent et prendre ainsi le risque de voir un jour se dessiner dans le miroir l’image de son frère en lieu et en place de son propre reflet ? Jamais. Une fraction de seconde plus tard, sa décision est prise. Reste à trouver le moyen de la mettre en œuvre. Car de toute évidence, l’inconnu ne lui laissera jamais le temps de lui venir en aide. Alors, il ferme les yeux, pour mieux se concentrer sur un souvenir enfoui, toujours le même : la foule amassée autour de lui, les flammes du bûcher dévorant ses tissus… Cette douleur tout droit surgie du passé, il la projette sur l’homme au revolver, une illusion destinée à détourner son attention une fraction de seconde, le temps de se jeter sur lui pour le prémunir des griffes acérées du mort-vivant.

L’instant d’après, les voilà qui roulent tous les deux sur le sol crasseux. Sans plus attendre, il se relève et s’empare du plateau sur lequel se trouvaient les instruments chirurgicaux quelques minutes plus tôt, juste avant qu’il ne le heurte de plein fouet. Bam. Un coup sec en direction du crâne du zombie. Il n’en faut guère plus pour trancher les derniers lambeaux de chair raccrochant la tête du monstre au reste de son corps. Non sans une grimace de dégoût, il regarde la caboche rouler sur quelques mètres. Par endroit, la peau violemment arrachée laisse entrapercevoir quelques os défoncés. La mâchoire usée, quant à elle, continue de claquer frénétiquement. Mais le sentiment d’horreur qui l’envahit à cet instant provient sans conteste de ces yeux rouges, comme injectés de sang, roulant dans leurs orbites. D’une main tremblante, il s’empare d’une paire de ciseaux qu’il enfonce brusquement entre ces deux billes écarlates. Enfin, le silence se fait. Provisoirement du moins. Car déjà, quelques autres linceuls commencent à s’agiter. Le souffle court, il tourne les talons pour se rapprocher du corps de l’inconnu dans lequel il donne un très léger coup de pied. « Navré, mais tu ne m’as pas vraiment laissé le choix. » Ce faisant, il se laisse aller à un très léger haussement d’épaules. Parmi toutes celles dont le jeune sorcier dispose en magasin, l’illusion dont le pauvre malheureux fut la victime est sans conteste l’une des plus réalistes. Et pour cause, cette douleur abominable, il l’avait lui-même ressenti, quelques siècles plus tôt. Voilà pourquoi il en usait régulièrement contre ses ennemis les plus féroces. Bien entendu, il aurait été bien incapable de maintenir ce mirage plus de quelques secondes mais dans le cas présent cela s’était avéré suffisant. « Inutile de me remercier. », lâche-t-il enfin, un sourire goguenard s’étirant doucement sur ses lèvres. Lentement, il vient appuyer son pied sur le poignet de l’inconnu, exerçant une pression de plus en plus forte sur l’articulation dans l’espoir de le voir enfin lâcher le revolver qu’il envoie glisser quelques mètres plus loin.

« Tu te trompes d’adversaire. » Comme pour illustrer ses propos, il s’éloigne de quelques pas et vient s’agenouiller tout près de la charogne dépourvue de tête. A contrecœur, il entreprend de découper les restes du cadavre. Non sans une grimace de dégoût, il ne peut que remarquer à quel point la chair putride se détache aisément des os. Plus de sept siècles dans les Falls lui auront au moins appris à faire face à ces dangereuses créatures. Ecœuré, il commence à s’enduire des lambeaux de cette peau sanguinolente avant d’interrompre son geste pour se tourner de nouveau vers son compagnon d’infortune.  « J’ignore ce qui se passe. Une chose est sûre, si nous sommes ici c’est que nous avons un ennemi commun. Cela fait presque de nous des amis ! » Le sarcasme transpire dans chacun de ses mots tandis qu’il guette la réaction de l’inconnu, prêt à faire face à une nouvelle attaque. Leur survie semble dépendre de leur capacité à s’entraider. Pourtant, il le sait, il le sent, c’est par la main de cet homme que la mort pourrait bien venir. Pas besoin de grill : l’enfer, c’est les autres.


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MessageSujet: Re: Survival Instinct {Orfeo/Obren}   Ven 27 Juin - 23:25

“Trust instinct to the end,
even though you can give no reason.”


Il laissa glisser la pointe du pied sur la poussière de la tombe, d'un mouvement habile de jambes campés sur son point d'appui, jetant au nouveau - au premier ? - venu des regards alertes et dissuasifs. Une main sur le chien, l'autre prête à asséner. La poussière fait des nuages qui retombent lentement sur le sol gris - ça fait comme des ralentis langoureux qui accélère le pouls et le sang dans les artères. Il a fait un calcul rapide. Obren Dvorský connaissait le prix d'une vie, et bien que sa notion des mathématiques soit très élémentaire - et quand on soustrait une pomme à un groupe de pomme, c'est bien assez pour passer l'hiver ; n'est pas thésard qui en a l'envie après tout - bien donc qu'il ne se sente pas spécialement concerné par les complexités théoriques des mathématiques quantiques, il avait appris à apprivoiser le danger et se forger des priorités très nettes. Son esprit fait des allers-retours rapides dans la salle sombre, des calculs qu'il vaut mieux ignorer, des mises en contexte assez complexe. Il n'a pas d'arguments, juste des instincts comme une suite de nombres paires qui lui disent qu'il n'est pas encore à l'abris du danger. Il a eu beau traîner sa carcasse et son esprit de sauvage dans les rues de la Nouvelle-Orléans, dans les cafés propres où Percy lui mettait une cravate autour du cou, un cigare entre les lèvres, une coupe de champ' dans les mains, un boulet à la cheville ; on la lui fait pas, à Obren. Il n'a pas inventé la poudre mais il est encore debout, lui. Quelque part, ce doit être un signe.

Puis il y a ce moment. Il y a toujours un moment. C'est futile comme une seconde qui s'écoule mais c'est assez sévère pour précipiter la chute. C'est un moment comme tous les autres moments : éphémère et habile, marquant et brisant comme le souvenir d'un regard. Obren le sent venir malgré lui, il a ce coup d'oeil dans le dos et soudain c'est le trou. Le trou et les flammes. C'est l'espace d'une vague seconde, comme un battement de cœur, l'envol du papillon, le déferlement de la vague ; c'est un cil qui s'abaisse, un nanomètre de rotation de Terre : un flingue dans une main qui faiblit. Une seconde. Une putain de seconde. Le souffle du feu dans son ventre brise l'attention, la douleur qui pénètre les os et la peau par l'esprit avec la force de la surprise... Il hurle - braille, gémit - aussi prestement que l'Illusion l'attrape. Il sent le feu dévorant dans les entrailles qui bouffe et avale, le cri démesuré de l'homme sur son bûcher, la peur... Il sait que c'est une illusion, mais son esprit Croate s'emballe et il perd le contrôle, il perd la main et les statistiques s'effondrent. Dans ses calculs, Obren a oublié la variable élémentaire : l'enfant est un sorcier aux hymnes maléfiques et un fouteur de trouble comme on en fait plus.

Ils roulent sur le sol poisseux : Obren a la tête qui tourne, les sens encore endormi, il tente de s'agripper au vide et rien ne répond. Il se dit qu'il mettra un point d'honneur à lui arracher le bras en premier, à laisser pendre là le moignon face au visage atterré, puis il jouera peut-être avec une jambe qui traine - faut pas croire, le croate est rancunier, pire, il a bonne mémoire. Il a un grognement sourd dans le fond de la gorge mais lorsqu'il relève la tête, l'écho d'un bruit sourd lui rend sa colère. Il sent la pression sur son poignet, l'arrogance dans le ton d'une voix trop sûre, trop amère. Il sent ses doigts se relâcher, le révolver glisse lentement sur le sol et même le bruit métallique rebondit dans son crâne. Le silence dure une éternité. Et c'est pour dire, parce que l'éternité la vraie, il l'a vécu. Dvorský remet de l'autre dans ses esprits, il frotte le visage, les nerfs finissent par répondre, il se tourne sur le dos et il souffle. Derrière, l'autre jacasse. Il l'entend briser des trucs, avec des bruits visqueux dont il ne veut pas deviner la source. Il passe une main craintive sur son propre corps : on ne sait jamais, ça aurait pu se passer vite.

Mais Obren est un animal. Obren a un instinct avant d'avoir un cœur, une haine sauvage avant une compassion humaine. Il ne s'incline pas. Non ; il chasse. Il prend le sauvetage surprise pour une provocation et le dialogue acerbe pour une raison de plus de lui découper proprement le bide. Il ne lui faut pas longtemps pour se relever et dans un mouvement de griffes habiles, parvenir au sorcier. Il y a un silence, encore, comme un malaise qui pèse ; et soudain, il rugit. L'Ours au fond de l'estomac fait sortir les crocs en avant, le visage se fronce et s'allonge lentement, la tension dans les épaules s'intensifie sur le meuglement sauvage, la prestance de l'animal qui résonne dans l'écho de la pièce. Il gagne un bon mètre grâce à l'élancement de la colonne vertébrale, le glissement abrupte des os dans son dos.

"Il n'y a rien qui me retient de t'arracher la tête." Il murmure à peine. Il ne le touche pas. Il a l'impressionnant regard de l'âge et du guerrier qui a tout vu. Il n'a rien contre les actes de bravoure mais il n'a pas de temps pour les bavards. Ce qu'il dit, il le pense et il le pèse. "Je la garderai même pas pour moi mais j'en connais deux ou trois qui seront assez ravi de sucer de la cervelle, même si celle-là doit pas valoir beaucoup niveau vitamine. Alors je te préviens : joue encore une fois avec ma tête, pićka, et c'est la tienne que j'envoie rouler du côté des humains en compost'." Il fixe le blanc des yeux avec les deux billes noires qui lui servent de regard. Le ton calme de la voix laisse traîner les rancœurs et la véracité du propos.
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