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  [Terminé] I know you know I know [PV Calypso]

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MessageSujet: [Terminé] I know you know I know [PV Calypso]   Mar 20 Mai - 20:42

Les rituels, ces petites choses que l’on fait de façon systématique sans même y porter la moindre pensée. Comme une machine bien huilée qui mutile sa propre spontanéité. Une coutume prise, un concept de régularité allié à une particularité tout à fait humaine – le besoin de contrôle et de repères. Sortir à la même heure pour franchir les mêmes portes, qu’y avait-il de plus rassurant que ces habitudes qu’on sème pour s’ancrer dans une monotonie certaine? Oh, il y avait toujours des variables, la couleur des vêtements que l’on porte, les visages que l’on croise, l’imprévu qui se juxtapose à notre route et pourtant. Pourtant, tous les matins se ressemblent de toute façon, avec une triste conformité. Il y a une forme d’abandon de soi et de lâcheté derrière ce besoin de constantes. Bastien croyait qu’il était à risque dans ce domaine. Angoissé comme il était, il savait qu’il pouvait facilement prendre goût aux choses préétablies et connues. Son désir de sécurité – aussi présent qu’ignoré, s’en retrouverait exacerbé et il finirait par prendre des directions très différentes. Sa propension à la fuite le rendait vigilant sur ses choix. Conscient des innombrables possibilités qu’il possédait d’entretenir une existence insipide à l’image de ses géniteurs, il s’évertuait à faire de chacune de ses journées, une nouvelle aventure, quelque chose d’inédit tout en appréhendant le moindre détail et la moindre valeur incongrue. Il se plaisait à envisager chaque situation sous tous les angles pour gérer au mieux son improvisation. Pourquoi gaspiller autant de temps à combattre ses propres besoins dans le but d’éviter un schéma ?  Complexe ? Ne lui prêtons pas ce terme un peu trop flatteur car finalement, ne faisait-il pas que s’inquiéter de sa propre façon à gérer ses inquiétudes ? Ne risquons pas de nous perdre dans un dédale de contradictions. Le français ne cherchait finalement qu’une seule chose – Se distraire et se complaire d’une vie complétement burlesque à défaut d’obtenir une totale stabilité qui n’était en fait, pour lui qu’une horrible illusion destructrice. Haut perché? Judicieux choix de verbe, adapté à l’animal. Nous parlons bien d’un homme qui passe son temps à voler les riches en se prenant pour une sorte de justicier anonyme. Tout est dit donc.

Mais pourquoi ce babillage ? Pour établir le cadre de cette petite marche dans un certain quartier. La mission ? Le café du matin. Tradition dont il ne parvenait pas à se défaire malgré sa volonté de lutter contre l’absence de fantaisie quotidienne. Pour palier à cette extravagance, il variait tous les jours les établissements. Il avait fait le tour de toutes les enseignes de la Nouvelle-Orléans depuis le temps mais ça cassait selon lui, toute tentative de routine. Ne s’appliquait-il bien trop dans cet exercice par simple considération pour son propre amusement personnel ? Il y avait une raison sous-jacente à ses petits choix. Rendre chaque journée imprévisible lui donnait la sensation d’être insaisissable. Quoi de plus enviable pour un hors-la-loi que d’être hors de portée ? Ou du moins d’en avoir l’impression car dans les faits, il fallait douter que cette simple mesure suffirait. Mais peu importe tant que cela réconfortait le volatile. Naïf ? Vous ignorez à quel point. Le changeur n’avait pour autant pas tellement foi en l’être humain mais pourtant, il se buttait toujours à croire que rien n’était perdu. Idéaliste ? Grand rêveur et cela causerait tôt ou tard sa perte. Cela avait déjà failli être le cas avec Abigaëlle après tout. Mais nous nous dispersons.

Le métamorphe ne se joignait pas à la cohue générale et à tout ce stress ambiant bien que nerveux par nature, il y aurait trouvé sa place. Tranquille et presque détendu, son pas n’était pas vraiment énergique. Il se promenait au hasard des rues. Il n’avait pas de job à exercer en plein jour. Il aurait pu cumuler avec un boulot complémentaire comme il lui arrivait parfois de le faire afin de boucler une fin de mois difficile ou bien pour brouiller les pistes mais l’envie n’y était pas vraiment. Il prenait bien trop de plaisir à ses petits délits pour réduire son temps et diminuer son énergie dans cette entreprise. Terriblement effronté ? Vous allez apprendre à le connaître. Le jeune homme entra dans un bâtiment qu’il n’avait visité que deux fois tout au plus et dont il n’avait pas tellement grand souvenir. Mais ça n’importait pas. Il s’avança naturellement vers une table un peu en retrait et remonta machinalement les manches de sa chemise comme si il comptait débuter un quelconque travail. Boire un peu de caféine n’en était, de toute évidence, pas un. Pas de jolie comédie, l’oiseau trouvait simplement l’endroit un peu trop exposé à la lumière du soleil et la chaleur régnante le faisait déjà suffoquer. Il avisa la carte d’un œil distrait en surveillant l’approche de serveur. De façon plus générale, il analysa la pièce dans ses moindres détails. Déformation professionnelle, à n'en pas douter.

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Dernière édition par Bastien Shepard le Jeu 14 Aoû - 0:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Terminé] I know you know I know [PV Calypso]   Dim 25 Mai - 2:12



I know you know I know.

(pv) Bastien Shepard


~

Le matin pointe son nez avec timidité lorsque tu te réveilles, prête à entamer la nouvelle journée.
La chaleur des draps quitte ton corps avec brutalité alors que ton colocataire soulève les couvertures pour t'ordonner, à sa façon, de te lever. S'il est certes violent, tu ne saurais lui en vouloir, habituée à sa mauvaise humeur matinale qui ne saurait cacher à tes yeux experts la véritable raison de sa présence.
Sans qu'il n'ait besoin de te le dire, tu sais qu'il hait ton départ quotidien pour le travail, éternellement hanté par sa jalousie maladive et sa possessivité. Mais vous ne pourriez, ni lui ni toi, supporter de passer une journée entière dans la même pièce. Il vous faudrait rapidement en venir aux mains, à vous battre comme personne ne se bat avec son conjoint.
Là est bien le problème, vous n'êtes point conjoint et conjointe, seulement deux colocataires qui se sont maudits tout autant qu'ils ont prié l'un pour l'autre depuis plus de deux siècles. Qui pourrait comprendre votre situation, votre amour ou votre haine ? Personne. Vous ne sauriez vous-même pas capable d'expliquer l'étrangeté de votre relation. Que pourriez-vous expliquer, de toute façon ?
Il n'y a rien à dire, et ce que vous faites de vos vies ne regarde personne, du moins le penses-tu. Certains semblent pourtant bien trop curieux, essayant de dénicher les secrets les plus personnels de chacun pour les montrer au monde. Il y a peu de secrets qui reste à jamais sous silence, tu le sais bien, et ils sont toujours punis. Mais doit-on dénicher des secrets qui viendront se dévoiler d'eux-même, tôt ou tard ?
Tu ne comprends pas bien les particularités du nouveau gouvernement, et ton professeur particulier, s'il fait correctement son travail, n'en reste pas moins bien trop séduisant et détestable pour que tu saisisses parfaitement toutes les notions qu'il cherche à t'enseigner. Il te faudrait trouver un autre homme pour t'expliquer ce qui ne t'es pas enseigné, mais encore faudrait-il qu'un certain sorcier accepte de te laisser approcher quelqu'un d'autre que lui-même pour des cours particuliers, de plus sur un sujet qui ne l'intéresse pas, et qui pourrait vite te saouler.
Et qui sait ce dont tu es capable une fois saoule.

Revenons donc à ton lever. Il ne saurait être plus agréable alors que la routine veut que tu paresses chaque matin jusqu'à être en retard. Pourquoi crois-tu, sinon, qu'il se donne la peine de venir te sortir du lit lui-même ? Il déteste te voir flâner sous ses yeux tandis que l'heure tourne et qu'il est temps pour toi de partir loin de lui. Peut-être pense-t-il que tu ne prends la vie que trop à la légère, et trouve-t-il que tu ne t'inquiètes pas assez, que tu n'es pas suffisamment dérangée par votre éloignement journalier ? Tu n'en sais rien, il ne t'est donné de comprendre qu'une infime partie de sa complexité psychologique.
Les minutes s’égrainent à une vitesse affolante qui ne saurait plus paniquer ton cœur habitué par ton retard matinal. A croire que tu le fais exprès, que tu cherches à ce qu'il vienne te presser, à ce qu'il t'aide à te préparer, que tu n'attendes que le dernier baiser rapide qu'il dépose sur tes lèvres avant de te jeter dehors, te lançant ton sac et te claquant la porte au nez. Mais il n'y a que comme ça que tu finis par quitter sa demeure.
Les secondes qui suivent sont les plus intenses, alors que tu cours les rues de la Nouvelle-Orléans, appréciant chaque parfum que tu croises, et recroises à la même heure, au même endroit, depuis plusieurs mois pour certains. La ville entière n'est remplie que d'odeurs toutes différentes qui te guident silencieusement jusqu'à destination.

Tu prends le temps d'apprécier l'odeur du vieux bâtiment avant de pénétrer dans l'établissement. Après quelques saluts rapides dus à ton arrivée tout juste dans les temps, tu te diriges vers les vestiaires pour y déposer les quelques affaires dont tu n'as nullement besoin lors de ton service : lunettes solaires, et autres gadgets de cette folle époque. Il te faut ensuite rejoindre la salle en toute hâte, les clients commençant déjà à débarquer. La journée ne fait que commencer.

Ce n'est guère plus tard dans la matinée qu'il entre par la porte d'entrée. C'est un homme d'une vingtaine d'années dont le visage t'intrigue un instant, comme un air de déjà-vu. Plus qu'une simple ressemblance avec un homme que tu aurais peut-être autrefois connu, l'histoire d'un soir ou deux, tu ressens à son égard un fort élan de sympathie et de joie rien qu'à le voir s’asseoir au fond de la pièce. Et tu restes pourtant incapable de mettre un nom sur sa tête, ou de retrouver un quelconque souvenir en lien avec ses traits masculins.
C'est donc d'une oreille distraite que tu viens prendre sa commande, toute ton attention étant concentrée sur ta mémoire humaine, qui semble bien insuffisante. Ce n'est alors que lorsque tu retournes derrière le comptoir pour préparer un café, que tu fais le lien avec le félin en toi. Certainement devait-il être une connaissance de l'animal, bien qu'il soit étonnant que sa vue te procure autant de joie. Il faut quelque chose de plus pour que la bête se souvienne de quelqu'un.

Lorsque tu poses la tasse sur sa soucoupe devant le client, une goutte de café s'écrase sur ton doigt, concentrant de nouveau ton esprit sur les odeurs de la pièce. Outre le parfum de la boisson chaude sur ta peau, et celui plus sucré de ta chevelure rousse, celui de l'homme te ramène en mémoire une rencontre plus récente que tu ne l'aurais cru.
Comme un flash devant tes pupilles, tu devines les rues de la Nouvelle-Orléans et l'appel de l'inconnu qui atteint tes oreilles félines, qui pivotent lentement en reconnaissant un de tes nombreux noms.
Tes yeux s'écarquillent alors qu'un grand sourire vient étirer tes lèvres, devant un inconnu bien loin de comprendre que vous vous connaissez depuis longtemps. Et si dans son parfum tu reconnais l'odeur de celui qui t'a hébergé un certain temps, en France, tu sens également une fragrance particulière qui est non sans rappeler celle des oiseaux, mais dont tu ne t’inquiètes point pour le moment.
Sans demander accord, tu t'assois à sa table, les yeux pétillants de joie et de curiosité mêlées les mains tremblantes d'envie d'attraper les siennes. Et c'est donc, inconsciemment, certainement par réflexe ou nostalgie, que le français te vient aux lèvres.

« Quel plaisir de te voir ici ! Ba... Bas... Un léger silence alors que tu réfléchis à son prénom, les sourcils froncés et les lèvres pincées. Mais ton idiotie n'a aucune limite. Babas ? »

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MessageSujet: Re: [Terminé] I know you know I know [PV Calypso]   Dim 1 Juin - 0:26

Observez-le s’agiter sur sa chaise ! Mal à l’aise ? Plutôt nerveux sans raisons particulières sauf la simple attente d’une commande. Son regard s’évada de la carte à l’assemblée présente à plusieurs reprises. Attitude suspecte ? La sienne, pas celle des autres de toute évidence. Au milieu de ce brouhaha, il n’y avait que lui pour scruter le moindre faciès avec un intérêt tout à fait déplacé. Le voleur redouterait-il un traquenard des autorités ? Même pas. Cette excuse ne pouvait même pas justifier pareil comportement paranoïaque. La crainte de voir se propager dans son champ visuel proche une horde de boucles dorées, peut-être ? Bingo. Encore et toujours, cette vieille obsession de la réapparition improbable de son ancienne amante. Compréhensible ? Allons bon, il l’avait peut-être aperçue au détour d’une rue mais de là à déduire toutes ces conclusions bien trop hâtives. Facilement tourmenté, l’animal se voyait déjà traqué jusqu’aux recoins d’un simple petit café. A croire qu’il espérait presque que son malheur se produise à force de frénésie oculaire et mentale. Ce n’était pas une chevelure d’orge qui força son horizon, mais un feu follet qui n’était pas sans lui rappeler une vieille histoire insignifiante. Une jolie rousse s’était jouée de lui plus jeune – premier échec sentimental, le genre de choses qui traumatise un pauvre adolescent au point de lui faire redouter chaque pointe d'orange à proximité. Était-il en train de suggérer que chaque rouquine à sa portée se plaçait aisément dans le même panier du jugement hâtif ? Bien sûr que non. Il était tordu mais de là à être absurde constamment. Accordons-lui au moins ça, il en avait bien besoin. Les traits de la serveuse apaisèrent son agitation sans qu’il ne se l’explique. En analysant un peu mieux le phénomène, cet Arsène Lupin bon marché constata alors que ce n’était pas tant son visage en lui-même qui lui offrait un semblant de soulagement mais davantage sa prestance. Curieux. L’intuition de l’oiseau, sans doute. Repoussant cette réflexion, il balbutia sa commande – définitivement perturbé par l’inconnue. Café noir donc. Ne craignait-il pas les aigreurs d’estomac ? Du tout. L’amertume, il la supportait mieux que quiconque et pas seulement de manière gustative. Mais ça, c’est un autre chapitre.

La jeune femme s’éloigna et il oublia aussi vite cette étrange sensation. Ses doigts jouèrent encore un peu avec le menu tandis qu’il relisait inutilement les mots marqués sur ce dernier pour tuer le temps. Elle revint bien vite néanmoins, le tirant de cette contemplation grotesque. Il la remercia d’un sourire en réceptionnant sa tasse et focalisa son attention uniquement sur le nectar y séjournant. Quand elle tira la chaise face à lui, il releva la nuque, pour le moins surpris. L’adrénaline déjà cheminait dans son être comme son meilleur allié et sa plus belle perte. Paniqué ? Un peu. N’avions-nous pas établi que l’imprévu le rebutait malgré qu’il tente de le susciter. Toutes les choses hors de son contrôle avait cette nette tendance à amplifier son stress. Dans ce cas présent, il ne comprenait pas les réactions de l’employée. Ne lui avait-il pas après tout trouvé un petit quelque chose de familier un peu plus tôt ? Oh, il l’avait déjà tacitement associé à cette relation foireuse même si elle ne partageait de similaire que la teinte capillaire. Mais peut-être se trompait-il ? Pourquoi se serait-il senti animé d’un tel sentiment de sérénité si cela avait été lié à ceci ? Allez comprendre. Le français déglutit difficilement en fixant son interlocutrice, dans l’expectative. Sa première phrase le fit écarquiller les yeux alors qu’il reposait méthodiquement son récipient avant d'avoir la bonne idée de le renverser maladroitement. Ses doigts se posèrent sur ses genoux alors qu’il analysa un peu mieux la nouvelle intervenante en quête d’un souvenir, d’une bribe quelconque. Il se heurta à une amnésie terrifiante qui sembla faire échos quand elle débuta son prénom pour ne jamais le finir. Définitivement, elle ne mentait pas et pourtant… Pourtant qui était-elle ? Oh ça y est, la conspiration, le complot, le piège potentiel ! Le volatile se mettait donc à dérailler en pleine machination fumeuse et fictive. Applaudissons.

Plus il s’immergeait dans les prunelles voisines, plus il conscientisait que sa folle hypothèse ne tenait pas la route. Rationnel ? Enfin ? Vaguement lucide, dirons-nous. Il s’attarda sur la courbe de ses paupières y cherchant le moindre indice, forcé de constater qu’elle ne lui inspirait rien de nocif. Au contraire. Il étendit ses sens en traquant du mieux qu’il put chaque détail. Il peinait à détacher les senteurs qui formaient son arôme mais une note un peu moins humaine troubla néanmoins sa concentration. Animal ? Il fronça les sourcils encore plus largué, sans piste précise. Le métamorphe rangea un peu de son affolement intérieur pour délier le plus calmement possible « Je crois que c’est … Bastien que vous cherchez. » Il étira un léger rictus sur sa bouche, un peu désolé de ne pas avoir la moindre syllabe pour elle. C’était lui le plus idiot des deux. « Je suis désolé mais… Je ne parviens pas à me souvenir du tout pour ma part… Vous pouvez m’aiguiller? » Une conquête d’un soir, peut-être ? Aurait-il assez de culot pour en plus les oublier ? Il espérait que non mais après tout, il ne se vouait très certainement pas une confiance absolue.  Son embarras prit des proportions démesurées alors qu’il cherchait à percer le mystère de cette inconnue – qui ne l’était peut-être pas. Il hocha la tête de gauche à droite comme pour secouer ses méninges mais rien n’y faisait.  L’éventualité qu’elle ait durant huit longues années séjourné chez lui de façon ponctuelle, qu’il l’ait fait dormir avec lui parfois même, ne l’effleurait même pas. Qui pourrait blâmer sa confusion ? Qu’un innocent chat soit en réalité une sublime jeune femme… Il faudrait être fou pour l’envisager. Il l’était très certainement mais il fallait croire qu’il n’avait pas atteint ce degré encore. Voilà qui était rassurant au fond. En désespoir de cause, il prit machinalement son breuvage et en but une longue gorgée rapidement. Tellement rapidement qu'il se brûla la langue et manqua d’étouffer parce qu'il avala de travers face à la douleur. Il reposa le contenant sur la table en toussant désagréablement, les larmes grignotant légèrement ses yeux. Tellement doué dans l'art de se donner en spectacle. Bravo.

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Dernière édition par Bastien Shepard le Dim 29 Juin - 22:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Terminé] I know you know I know [PV Calypso]   Ven 27 Juin - 0:25



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(pv) Bastien Shepard


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Tes beaux yeux ne quittent plus les siens, parfaitement envoûtée par l'océan dans son regard. Le calme qui envahit ton cœur face à cet inconnu connu ne saurait te gêner, toi l'idiote qui ne comprend rien à l'embarras. Au contraire, tu ne cesses de le fixer comme s'il pouvait disparaître d'un instant à l'autre et qu'il te fallait donc imprimer son visage dans ta mémoire humaine.
Justement, la bête en toi ne semble que trop coopérative et concentrée sur l'homme. Chacun de ses mouvements est analysé par ton cerveau qui ne saurait marcher autrement que pour capter l'inutile. Et tu cherches au plus profond de toi un souvenir de lui avec cette expression-ci puis ce geste-là. Mais si sa présence est bien là, au fond de ton cœur, tu n'arrives pas encore à mettre la main sur ce qu'il était avant d'être un homme croisé dans une ruelle, un soir de promenade féline.

Un fin sourire vient étirer tes lèvres en le voyant froncer les sourcils. Troublé. C'est ce que l'on murmure à ton oreille et ce qui t'amuse. Il t'aura fallu vivre un certain temps sous son toit, à l'observer, même dans ta félinité, pour arriver aujourd'hui à deviner ce qu'il cache derrière une expression comme celle-ci. Combien de temps exactement ?
Tes paupières s'ouvrent sur ton regard illuminé par la révélation, l'aide qu'il t'apporte face à ton manque de précision. Ce n'est pas Babas, c'est Bastien. Tes doigts viennent un instant frapper avec une grande délicatesse la paume de ton autre main, alors que ton sourire s'élargit pour laisser place à la blancheur de tes dents.

« Bastien. Oui. C'est très joli. »
Passant une main dans ta chevelure flamboyante, tu te demandes quel nom a attiré ton oreille féline quelques jours ou semaines auparavant, alors que tu le croisais dans la rue. Tu ne te souviens pas, même un petit peu, des sonorités françaises du prénom qu'il t'avait confié à l'époque, et dont tu avais pris soin tout ce temps, lui gardant une place particulière au fond de ta mémoire féline.
Néanmoins, là où tu es capable de te souvenir du début de son propre matricule, il ne semble pas pouvoir en faire autant. Si tu en ressens un instant une profonde désolation, désillusion et une pointe de colère, tu en viens rapidement à comprendre que jamais il ne t'a connue. Tout du moins n'a-t-il jamais pu poser ses iris marins sur tes mèches rousses, et n'a-t-il jamais eu le loisir de connaître ton prénom de naissance, humain et français.

« Ce n'est pas grave, et tout à fait normal, il ne faut pas s'excuser pour cela. »
Ton sourire quitte tes lèvres alors que tu le vois boire rapidement la boisson chaude que tu lui as amenée. Inquiète tandis qu'il se brûle et s'étouffe, tu glisses rapidement ta chaise juste à côté de la sienne, et poses ta main sur son dos pour le tapoter et l'aider à éjecter le breuvage de ses poumons. Les petites perles de pluie aux coins de ses yeux attirent ton attention, et tu admires un instant leur éclat sous la lumière du soleil levant.
La lueur te ramène en tête sa question, à laquelle tu n'as encore donné aucune réponse. Quelque peu choquée par ta propre impolitesse, sans pouvoir en être gênée pour autant, tu remets en place deux ou trois mèches rebelles de ta crinière de feu, avant de reprendre une posture confortable au fond de ton siège et de t'adresser de nouveau à ton compagnon.

« Je me nomme Calypso. Je pense que nous nous sommes connus en France, je n'arrive pas bien à m'en souvenir mais tu étais également plus jeune. Inconsciemment, et par pure affection, ta main vient alors se poser sur son épaule, pour appuyer tes paroles et leur donner une certaine pointe de compassion ou de pardon et d'excuse tout du moins. Ah, mais si c'était en France, tu ne dois jamais m'avoir vue et nous n'avons jamais entamé une conversation à proprement parler. Disons que tu me parlais beaucoup sans que je ne puisse répondre. C'est donc normal que tu ne te souviennes pas de moi. »
Le français toujours aux lèvres, tu arbores de nouveau un franc sourire, tandis que tu prends conscience de ta main sur son épaule et de sa proximité. Le plus discrètement possible, tu vérifies d'un regard que personne n'ait pu vous voir, et que personne ne soit tenté d'aller raconter à ton adorable sorcier que tu te permets, encore, d'être proche avec un autre homme. Il ne semble pourtant y avoir aucun espion dans la salle, aussi reprends-tu ta place dans un soupir de soulagement.
Et dans un moment d'inattention, alors que tes yeux fixent les siens de nouveau sans ciller, tes pupilles rondes s'étirent l'espace de quelques secondes pour une forme plus féline. Dans le même temps tes iris s'inondent quelque peu, prenant une teinte marine qui est non sans rappeler celle de Bastien. Mais au prochain battement de paupière tout redevient normal, comme une hallucination d'un homme trop saoul, et laisse en ton œil une certaine douleur que tu écartes en fermant les yeux quelques instants.

« Ma mémoire semble défaillante, donc je ne me souviens plus du nom, mais tu le répétais souvent et je l'appréciais. En France, oui, et dans la rue, l'autre jour aussi ! Je crois... Non ? »

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MessageSujet: Re: [Terminé] I know you know I know [PV Calypso]   Lun 30 Juin - 0:25

Lui délivrer son prénom aussi facilement lui avait donc permis d’observer sa réaction. Elle semblait sûre d’elle et cela en devenait réellement inconvenant pour celui qui ne parvenait même pas à saisir la moindre syllabe. Était-ce un coup monté ? Quelqu’un lui aurait-il dit d’agir de cette façon ? Et nous savons tous que derrière ce quelqu’un ne résidait au fond qu’une seule personne potentielle. Mais pourquoi passer par des intermédiaires ? Quel but ? Endormir sa vigilance pour mieux le piéger ? Quoi de plus de calculateur ? En serait-elle capable ? Bien sûr que oui. Devait-il s’empêcher de vivre pour ça ? Bien sûr que non. Rien ne l’obligeait à suivre cette femme dans son jeu. Et si elle avait déjà mis un somnifère dans sa tasse ? Il fallait qu’il arrête de lire des romans policiers et aussi, accessoirement, qu’il soigne cette paranoïa tout à fait déplacée. A croire qu’il adorait s’inventer une machination d’Abigaëlle derrière chaque tasse à café. Oh mais c’était évident que oui, c’était bien le cas. Le manque provoque de drôles de réactions chez les gens. Il s’agissait bien de cela. A force de ne la trouver nulle part, il s’était mis à penser qu’elle le cherchait pourtant, malgré tout. Ne voulait-il pas la semer ? Aussi sûrement qu’il aurait aimé qu’elle veuille le retrouver. Complétement siphonné ? Disons davantage divisé entre âme et conscience. Joliment dit pour expliquer qu’il était d’une stupidité sans failles. Ce besoin de savoir qu’il comptait pour elle à ce point, pour justifier certainement leur histoire et sa fin dramatique. Mais là n’était pas le propos. Son regard revint sur la rouquine tandis que sa réplique suivante le déroute un peu plus. Normal ? Donc, ça serait normal ? Il fronça les sourcils mais n’eut le loisir de se pencher sur sa confusion car le liquide lui broya langue et puis gorge par extension.

Le premier réflexe de son interlocutrice ne fit qu’amplifier son trouble. Un geste anodin et pourtant, incroyablement révélateur. Qui se permettrait de venir porter secours de la sorte aussi rapidement avec un parfait étranger. Même son attitude dénotait d’une familiarité qui lui échappait encore. Pour l’heure, il s’en tint à retrouver un semblant de respiration avant de repartir en cheminements internes. Une fois que sa toux s’estompa, il essuya d’un revers de main les larmes qui avaient pointé – phénomène naturel plus qu’embarrassant. Il tenta de retrouver contenance, non sans mal. Assurément, il se sentait en très grande position de faiblesse par rapport à elle et cela ne faisait qu’exacerber son stress habituel. Cette soudaine proximité le déstabilisait réellement. Devait-il se souvenir de son amitié ? Il ne savait plus à quel saint se vouer et cela n’allait pas en s’améliorant. Il la remercia de son intervention d’un léger sourire tandis que ses mains cherchaient déjà à s’occuper pour canaliser sa nervosité qui atteignait des sommets. Ne voulait-il donc pas de l’imprévu ? De l’aventure dès le matin ? Le voilà déjà tout penaud face à une femme qui pense le connaître ? Quel vaillant voyageur impétueux... Heureusement pour lui, son comportement ridicule ne sembla pas avoir grand impact sur la serveuse. Trop gentille pour être honnête ? Oh non, il recommençait. Que quelqu’un l’arrête dans ses fantasques hypothèses.

Elle déclina donc son identité et aucune évidence n’en ressortit. Il n’avait jamais connu la moindre Calypso d’aussi loin qu’il pouvait se rappeler. En France ? Plus jeune ? Il ouvra légèrement sa bouche et la referma aussitôt. Non… Vraiment … Il ne voyait de qui … Depuis quand étaient-ils passés au français d’ailleurs ? Le voleur écarquilla les yeux quand il réalisa qu’il lui avait naturellement répondu dans sa langue maternelle sans même s’en apercevoir. Sa main franchit le peu de distance les séparant réellement pour se poser sur son épaule de façon amicale, presque intime. Ce contact ne manqua pas de le désorienter davantage. Plutôt que de flipper un peu plus ou d’être gêné par ce revirement soudain, il préféra ancrer son regard au sien pour pousser sa mémoire à se souvenir. La seconde partie de son discours amplifia l’énigme et durant une bonne seconde, il crut qu’elle perdait la tête et qu’elle n’avait simplement réussi qu’à l’embrouiller avec des mensonges. Dans quel but ? Allez savoir. Ses prunelles étaient suffisamment agrippées aux siennes pour voir le changement. Comment ? Qu’est-ce… ? L’autre jour dans la rue ? « De… De quelle… » Et puis, un début de révélation. Non ? Non, ça n’était pas possible que… « Cara… » Il cligna nerveusement des yeux. « Caramel ? » Non. C’était plutôt délirant. Déjà de la retrouver sur ce continent – c’était un hasard, une race qui lui ressemblait et qui avait davantage répondu à l’appel qu’au nom, pas vrai ? Pourtant, lui aussi n’était-il pas en partie animal et ici, également. Oui mais quand il s’endormait, il redevenait ce qu’il était. Or, ce chat avait dormi un nombre de fois incalculable quand elle était chez lui. Non… Ça ne pouvait pas…

Mais et la malédiction ? Il s’était un peu renseigné à ce propos. Emprisonné dans cette forme si jamais… Non. Caramel serait Calypso ? Quel nom qui manque d’originalité d'ailleurs, typiquement issu de la bouche d’un enfant. Le français devenu livide, se passa distraitement une main sur le visage. « Bon sang… Tu… Toi… ? Tu … Je… Nous… Transformer… En … » En cette adorable boule de poils dont il avait pris soin durant huit ans ? Quand il se remit à penser à toute la somme de choses qu’ils avaient vécu ensemble. Il avait dormi avec elle, n’avait jamais fait preuve de la moindre pudeur, changeant de vêtements dans la même pièce ou lui parlant pendant des heures de sa vie, des choses qu’il le perturbait. Mais ne devait-il pas se rassurer ? Si elle ne parvenait même pas à remettre la main sur son prénom, elle avait sûrement oublié les élucubrations d’un adolescent mal dans sa peau, n’est-ce pas ? Comment ça se passait d’ailleurs quand l'on était piégé dans cet aspect ? Il l’ignorait mais son cerveau ne voulait pas encore comprendre. Bloqué par l’assimilation de ce fait, il ne réussissait pas à réaliser que Calypso avait donc traversé huit années à ses côtés et qu'il avait ignoré qu’elle était humaine avant d’être félin. Ses doigts ne réussirent pas à se coordonner devant cette grosse pression artérielle que la nouvelle lui procurait et sa tasse finit par s’écrouler sur la table. « Merde… » Il se releva, encore plus embarrassé qu’auparavant et encore plus désorienté. Son chat était une humaine.

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MessageSujet: Re: [Terminé] I know you know I know [PV Calypso]   Lun 7 Juil - 23:25



I know you know I know.

(pv) Bastien Shepard


~

Chassant les quelques gouttes de pluie aux coins de tes yeux, dues à la douleur de l'involontaire transformation de tes globes oculaires, tu gardes un léger sourire aux lèvres, attendant impatiemment la suite de cette fabuleuse histoire.
Quelques mots d'abord, sans réel intérêt, qui se meurent au fond de tes oreilles sans avoir d'impact sur ton cerveau humain, ou félin. Puis un début qui attire ton attention. Tu te redresses, les pupilles brillantes d'excitation, le suspense insoutenable faisant battre ton cœur à un rythme endiablé.
Roulement de tambour.
Un mot, un seul, se faufile un passage jusqu'à ta cervelle, ricochant sur les parois de ton crâne pour éclairer l'obscurité de ta mémoire partielle et amener à tes yeux l'évidence. Caramel. Doux surnom qui amène à ta bouche un parfum sucré que tu apprécies tout particulièrement. Combien de temps pourrais-tu passer à sentir l'arôme particulier d'un bout de caramel ? Néanmoins, ton idiotie n'est pas à prendre en compte pour le moment, il ne s'agit point de gourmandise, mais du nom que tu as porté huit années durant – bien que ce temps te soit difficile à dénombrer.

« Oui ! Caramel... j'aime toujours autant ce nom, et le caramel également. »
Un petit sourire, cette fois, que tu caches derrière une main distraite qui laisse ses doigts glisser sur tes lèvres. Ce geste, particulier pour tout observateur, n'est compris que de ton beau sorcier, le seul à comprendre toute l'étendue de l'idiotie de ton esprit. Il suffit de faire attention à ton regard posé dans le vide pour comprendre que tu ne vois nullement le vieux café devant tes yeux, mais que tu imagines un caramel pour le moins fondant, ainsi que sa douce odeur qui remplit ton nez. De quoi te mettre l'eau à la bouche si Bastien ne te rappelait pas à la raison.
C'est donc avec une attention toute particulière que tu examines chacun de ses mouvements, devinant sans peine un certain étonnement qu'il te faut encore comprendre. La limite séparant le chat de la femme est si floue que tu persistes à oublier que le monde n'est pas normal, et qu'aucun homme ne sauterait de joie en comprenant que son chat est en réalité une femme qui était incapable de reprendre forme humaine.
Le problème est là : tu ne connais pas la gêne, l'embarras. Et il s'agit pourtant de cela. Quel homme serait pudique devant un félin ? Quel homme garderait ses secrets de peur qu'un chat les entende ? (bien que tu ne te souviennes nullement de toutes les conversations que vous avez pu avoir) Quel homme s'empêcherait de caresser le doux pelage de son chat par peur de partager ce genre d'intimité avec un... félin ? Non, vraiment, il n'y a rien qu'un homme s'arrêterait de faire à cause de la proximité de son chat. Comprends donc qu'un homme qui prend conscience de l'humanité de son animal de compagnie se sente particulièrement bouleversé. Mais ton esprit de putain idiote n'est pas fait pour saisir ce genre de désagrément.
Et alors le drame arrive. Tu te relèves d'un bond, courant chercher une serviette pour essuyer le café glissant dangereusement sur la surface imperméable de la table. Il faut arrêter le liquide avant qu'il ne tombe au sol et que tu ne doives nettoyer bien plus encore.
De retour sur les lieux du crime, tu bouscules avec une grande douceur ton client, posant le tissu sur le bord de la table avant que la première goutte ne tombe à terre. Poussant un petit « yes » de victoire, tu entreprends alors d'éponger le reste, ton sourire ne se décidant pas à quitter tes lèvres.

« Toujours aussi chou, Bastien. Et maladroit. Assieds-toi donc avant de renverser une table. »
Un léger rire s'échappe de ta gorge, avant que tu n'inspectes de nouveau la pièce, à la recherche d'un regard trop longtemps accroché à ta personne. Trop concentrée sur les alentours, ta main glisse du torchon et tombe dans le café, te ramenant à l'esprit que si ta paranoïa est justifiée, elle n'a pas à agir maintenant, ton sorcier ne sortira pas de chez lui avant longtemps, et il ne paye que rarement des gens pour te surveiller. Pour cela, il faudrait qu'il accepte qu'un autre te regarde, comprends-tu.
Une fois le café épongé et la table parfaitement séchée, tu repars déposer tes chiffons sales et retournes aussi vite auprès de Bastien, non sans avoir préalablement vérifié qu'aucun client ne soit entré sans que tu ne t'en aperçoives. Cette heure matinale a au moins l'avantage de n'attirer que peu de personnes dans l'établissement.

« Je te sers autre chose, Bastien ? Je te l'offre, pour te remercier d'avoir pris soin de moi aussi longtemps ! Combien de temps, d'ailleurs... ? »

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MessageSujet: Re: [Terminé] I know you know I know [PV Calypso]   Dim 20 Juil - 20:44

C'était avec naturel qu'elle lui avait répondu en déliant les syllabes sans se douter de leurs conséquences. Bastien resta pour le moins bouche-bée devant cette réaction nonchalante mais néanmoins chaleureuse de la rouquine. Elle semblait réagir avec le plus de normalité possible tandis que le français peinait à conscientiser l'évidence. Son esprit tourna à vide un bon moment et son expression revêtit sans mal cette confusion mentale. N'était-il pas risible avec ses yeux écarquillés et la bouche presque ouverte de stupéfaction? La surprise fût plus manifeste encore quand il tenta un brouillon de réponse. Sa lucidité foutait officiellement le camp et repliait bagages. Quant à sa paranoïa perpétuelle, elle continuait à s'inventer un millier d'histoires abracadabrantes afin de ne pas accepter la réalité. Tout ça mettait à rude épreuve la rationalité du volatile qui aurait pourtant dû être habitué au surnaturel sous toutes ses formes. Tout était possible ou presque et il l'avait appris d'une façon drastique au contact de la sorcière. Si on pouvait revenir d'entre les morts grâce au bon vouloir de la magie, en quoi serait-ce surprenant d'avoir protéger une boule de poils qui n'était en réalité qu'un être humain? Oh le jeune homme était du genre à n'être étonné de rien pourvu que ça arrive aux autres. Même si il se complaisait en analyses en tout genre pour parvenir à maîtriser les imprévus, il fallait avouer que pour de nombreuses choses, son esprit semblait manquer cruellement d'imagination. A moins que ça ne soit sa capacité à accepter les choses qui avait toujours été plutôt bancale. L'un dans l'autre, ses réactions furent excessives comme bien trop souvent quand il perdait le contrôle de son sang froid. Entre les balbutiements ridicules et le massacre de caféine, il avait encore frappé fort aujourd'hui.

Son étrange amie réagit plus vite que lui qui se contenta de contempler les dégâts en ne sachant pas le moins du monde ce qu'il devait faire. Fuir encore? Allons, allons, pas besoin d'en arriver là. Elle ne représentait aucune menace. Enfin... Lui avait-il déjà parlé de ce qu'il préparait déjà à l'époque? De son intention de jouer au Robin de Bois de supérette? Oh sûrement avec son immense idéalisme d'enfant – conservé jusqu'à ce jour nous noterons. Définitivement livide, il l'observa revenir nettoyer ses catastrophes. Sa remarque, toujours surréaliste, le rendit davantage nerveux si cela était encore possible à ce stade avancé de tension. Le pire étant qu'elle disait sûrement vrai. Il lui suffisait de faire un pas pour enclencher une autre maladresse tant il était perturbé par ce qu'il était en train de vivre. C'était sûrement pour ça qu'il lui obéit sans rechigner dans la crainte d'enchaîner sur pire encore. Il fût déjà embarrassant de se donner en spectacle de la sorte. Sûrement avait-elle raison, il n'avait pas tellement changé au fond. Une cicatrice sur la joue et une déception amoureuse plus loin en somme. Bon, sa nature aussi avait évolué ainsi que son emploi du temps. A vrai dire, c'était à se demander comment il avait fait pour ne pas gommer certains défauts de sa personnalité avec autant de bouleversements existentiels. Certains le diraient authentique jusqu'au bout. D'autres vous diraient davantage qu'il n'apprenait rien de ses expériences. Ne nous prononçons pas car ce n'était pas l'heure de la remise en question. Il ne connaissait finalement rien de cette personne en dehors de sa double vie féline. Et cela en était troublant de la voir aussi familière et sûre d'elle le concernant. Tellement consternant que sa curiosité talonna de près les angoisses. D'une émotion à une autre aussi rapidement, cela lui ressemblait bien.

Le rire de la métamorphe calma nettement ses appréhensions mais sa distraction soudaine creusa la petite ride entre les yeux du changeur qui ne savait à quel avis se ranger et baignait dans l'instabilité affective la plus démentielle à son propos. Elle avait semblé ailleurs un instant. Il voulut l'aider à calfeutrer son imbécillité et attrapa des serviettes en papier. Il faisait sûrement pire que mieux et s'arrêta alors quand il vit les morceaux opalins s'effriter contre la chaleur du breuvage. «  Désolé pour... Ça fait beaucoup à avaler d'un seul coup... » Il hocha la tête de gauche à droite et ajouta avec empressement «  Enfin je parle pas du café bien sûr... » Décidément, il ne savait vraiment plus où il en était ce pauvre ahuri. « Pardon vraiment... » Le voleur lui offrit une mine sincère tandis qu'elle terminait sa tâche pour mieux lui revenir. Il eut à peine le temps de se passer une main sur le visage pour reprendre un peu de contenance. «  Euuh... six ans... Sept... Huit... Je ne sais plus. » Encore et toujours largué. « Je n'arrive pas à y croire... C'est vraiment toi ? » Il se mordit la lèvre inférieur et finit par soupirer en rigolant à moitié avant de glisser ses doigts dans ses cheveux. « C'est un peu dingue tout de même... Je ne me serais jamais douté que... » Il haussa les épaules en signe évident de perdition. « Dire que je me suis ridiculisé plus d'une fois... C'est... Et je ne connais rien de toi. » Spontanément, à nouveau, les mots avaient conspirer en secret pour mieux s'échapper rapidement. Il ne voulait pas se montrer irrespectueux mais il lui était impossible de définir sa relation avec cette femme qu'il ne pouvait plus réduire à animal de compagnie. Amie ? Il ignorait quelle genre de personne elle était pour ça. « Tu étais... Euuuh...Prisonnière de ta forme ? Ça a duré longtemps ? » Il noua ses doigts devant lui nerveusement. « Pardon... Je suis indiscret. Tu n'es pas obligée de me répondre. C'est juste tellement fou... Je... Enfin... J'aimerais juste... Comprendre... » Si il avait pu, il se serait planqué sous la table et aurait attendu qu'on l'oublie. Quelle bravoure.

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MessageSujet: Re: [Terminé] I know you know I know [PV Calypso]   Ven 8 Aoû - 23:31



I know you know I know.

(pv) Bastien Shepard


~

Le café agresse ton nez et brûle tes doigts à travers le torchon imbibé de liquide. Tu ne saurais dire avec précision combien de fois s'est-il excusé pour un mal qui n'a pas lieu d'être, toute ton attention concentrée sur le breuvage qui s'empare du tissu et glisse entre tes doigts blancs. Trop de détails agressent tes sens pour que tu puisses t'intéresser aux paroles de Bastien. Ce n'est pourtant pas contre lui, non, tu n'as rien à lui reprocher, mais déjà tes sourcils se froncent et ton nez t'irrite. Tu dois tout nettoyer au plus vite.
Revenant derrière le comptoir, tu te débarrasses du café sans attendre, nettoyant rapidement tes mains pour en ôter le fort parfum. L'avantage d'un lieu comme celui-ci est la présence de feuilles de menthe, utilisées dans certains breuvages particuliers. Tu en passes donc une sous ton nez sans le toucher, l'arôme venant titiller tes narines et y enlever la désagréable odeur du café. Déjà tu reposes la feuille, et tu reviens à la table demander à Bastien s'il souhaite une autre boisson, que tu es prête à lui offrir.

Loin de répondre à ton offre, il passe une main sur son visage et lève ton interrogation avec quelques mots. Les années grimpent, d'abord six, puis sept et enfin huit, et s'il te dit ne plus savoir avec exactitude, tu restes persuadée qu'il ne saurait être plus proche de la vérité. Tu n'as que trop zigzagué entre les familles, ne restant que cinq ans au maximum dans chacune d'entre elles, pour te souvenir parfaitement de toutes ces personnes. Il faut donc que les années soient plus nombreuses pour qu'un homme puisse marquer ta petite mémoire.
Tes sourcils se froncent alors, et tu penches la tête sur le côté, faisant glisser tes cheveux roux sur ton épaule. Tu n'arrives pas à saisir son mal-être, cette gêne que tu ne connais pas. Est-ce si dur à croire qu'un chat soit une femme ? Tu ne comprends pas. Le plus important n'est-il pas que vous soyez tous les deux en bonne forme et que vous ayez passé de bons moments ensemble ? Du moins est-ce ce que tu crois, ou essaies de croire...
Tu restes soudain bien immobile, à réfléchir. Aurait-il pu se douter ? Il dit que jamais il n'aurait pu, mais est-ce vrai ? Tu penses qu'il a sûrement raison, ton comportement de l'époque devait être bien trop animal, si peu humain, et s'il lui arrivait peut-être d'apercevoir ton humanité au fond de tes pupilles, l'on relègue souvent ce genre de phénomène au rang d'hallucination. Après tout, pourquoi un chat serait-il un homme ? Mais pourquoi ne le serait-il pas ?
Tu te redresses soudain, les yeux pétillants de bien trop de sentiments mélangés, les doigts tapotant silencieusement la table en signe d'impatience. Et si tes lèvres sont fermées en un large sourire, celui-ci trahit parfaitement ton envie maladive de parler. De trop parler.

« Je ne me souviens pas de tout ça, tu sais. Demande-moi ce que tu veux connaître de moi, Bastien ! Je répondrai à toutes tes questions, c'est promis. »
Mais tu te retiens, proférant seulement une idiote promesse. As-tu réfléchi avant de parler ? Bien sûr que non. Imaginons, une seconde, qu'il te pose des questions auxquelles tu ne dois pas répondre ou auxquelles tu ne veux pas répondre. Que feras-tu ? C'est trop tard pour y penser.
Déjà la première question fuse, et tu y réponds sans attendre d'un hochement de tête énergique. La seconde, quant à elle, te laisse perplexe un moment. Tu tapotes un instant tes lèvres du bout de tes doigts, avant de passer une main dans tes cheveux, et de croiser les bras sous ta poitrine. La question est bien embêtante, tu n'y as jamais réfléchi avant, et s'il te semble que les années ont été comptées par ton sorcier, tu as certainement oublié les mots qui ont passés sa bouche. Tu as toujours du mal à te concentrer quand il te parle, et ce depuis le premier jour.

« Je suis née en 1785, alors... »
Tu lèvres les doigts un à un, comptant les années qui se sont écoulées depuis ta naissance en comptant un souvenir marquant pour chaque nouvelle année. Tu revois alors la chambre luxueuse, le grand lit confortable, le passage des serviteurs, et la colère de ton géniteur. Vient ensuite le grand château de ton père, brillant de milles feux dans la nuit, alors que les flammes lèchent le toit et tendent leurs bras vers les étoiles. Puis Paris, le bordel, ses beaux yeux, ta fille, sa mort, ta malédiction, et l'abandon le plus total de ta personne pour n'être plus que chat, errant inlassablement en France puis aux États-Unis.

« Ah ! 1813 ! Ca a duré deux cents ans ! ou presque. Oh ? Si longtemps déjà ? C'est incroyable, en tout cas, de constater l'évolution du monde en seulement deux siècles ! Je suis encore un peu perdue, mais le plus difficile c'est certainement d'apprendre la langue, l'anglais. Mon Dieu quelle horreur ! Ca aurait été plus simple si la Nouvelle-Orléans était restée française. »

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: [Terminé] I know you know I know [PV Calypso]   Mar 12 Aoû - 18:24

De l’impatience dans ce tapotement de doigts plutôt significatif. La surprise ayant déclenché l’adrénaline, il ne fût pas si surprenant que ça que Bastien soit à l’affût du moindre détail. Surtout quand on savait quel grand parano il était. Vivez dangereusement, tant pis pour vos nerfs. Ah cet abruti de volatile cherchait aussi à percer le mystère qui entourait Calypso. Il voulait sûrement lui inventer une vie pour mieux la dissocier ou non, plutôt pour l’associer au félin qu’il avait recueilli plusieurs millénaires en arrière. Il ignorait s’il avait vraiment envie d’aller jusque-là cependant. Ce phénomène le dépassait de loin malgré qu’il soit lui aussi maudit. Plus il observait la rouquine, moins il savait ce qu’il devait réellement en penser. Cette part de curiosité coursait aisément son envie de se terrer dans un coin et d’attendre qu’elle l’oublie aussi simplement. A défaut de pouvoir quitter le lieu sans passer pour le névrosé qu’il était, il s’intéressa à elle maladroitement en se demandant à plusieurs reprises s’il n’aggravait pas son cas. Pour sûr qu’il n’arrangeait rien au spectacle qu’il offrait à la serveuse. Il s’avéra que non seulement cette dernière semblait ne pas s’en formaliser mais qu’en plus, elle le poussait sur ce chemin. Toujours plus désorienté, le français ne savait où placer son regard. Parfois dans le sien, parfois sur la pièce - en quête de contenance très certainement. Denrée plutôt rare pour le volatile, il fallait le préciser. Elle voulut très certainement le rassurer sur son comportement ultérieur mais cette ligne mélodique ne parvint pas du tout à effacer son embarras. Quelle honte de s’être ridiculisé devant quelqu’un de la sorte quand bien même les souvenirs eurent été altérés. Mais là n’était déjà plus la question car déjà, elle prenait le temps de lui répondre.

Son premier indice fût une suite de chiffres qui firent cligner nerveusement des yeux le changeur. Le 18iéme siècle, bien. Il décida de croiser les bras contre sa poitrine pour contenir son affolement. Facilement déstabilisé, trop facilement et à chaque nouvelle surprise, sa nervosité n’avait de cesse de se décliner. La métamorphe se reprit néanmoins. 19iéme, peut-être plus acceptable ? Nullement. L’oiseau ne parvenait même pas à effleurer un bout de cette évidence, il se contentait de balbutier du regard avec hébétude. L’interrogation qu’elle se lança à elle-même, le désarçonna davantage et l’attendrir en même temps. Au moins, il ne semblait pas seul dans sa confusion grandissante. Bien qu’elle semblait davantage se perdre dans sa ligne temporelle plus qu’autre chose. Elle continua à parler sur le ton de la conversation avec ce naturel qui déconcertait toujours le voleur. Oh mais bien sûr, qu’est-ce que deux siècles. Il voulut prendre son parti et aborder ce gigantesque bazar avec nonchalance mais il ne parvint qu’à mimer des mouvements extrêmement malhabiles en réajustant sa position sur son siège. « Tu… Tu te débrouilles très bien. » Bien mieux que lui pour digérer la nouvelle, de toute évidence. Vivre sous sa forme animale avait dû être une épreuve et reprendre forme humaine par la suite davantage. Parvenir à retrouver l’usage de la parole, retrouver la civilisation. Tant de concepts qui déroutaient son esprit tellement étriqué par le stress. « Et tu ne fais pas ton âge du tout. » Il fallait qu’il cesse de parler avant de réfléchir, lui qui ne supportait pas ça en plus. Il se mordit la langue et articula un énième sourire pour dissiper sa bourde. « Tout ça me dépasse, je te l’avoue. » Hochement de tête droite à gauche sans grand dessein, seulement celui de meubler son chaos interne.

Il finit par soupirer en dérivant visuellement sur la porte qui venait de claquer. Une silhouette inquiétante s’allongea entre les rangées de table. Il connaissait cette personne et pour cause, il avait pénétré dans sa maison pour lui dérober de belles statuettes en or massif quelques jours auparavant. Il avait payé son café renversé de sa poche à lui. Ses problèmes de conscience faisaient qu’il ne parvenait pas à oublier les photos que son regard accrochait parfois lorsqu’il commettait ses petits délits. Cette apparition balaya à peu près tout et dans une forme d’urgence, il se vit se relever et chasser sa chaise pour ne pas croiser une de ses victimes. Quelle lâcheté, il n’assumait même pas ses propres actes. Ses yeux agrippèrent aussi vite ceux de la rouquine pour ne pas les relâcher comme il l’avait fait à maintes reprises durant cette conversation. « Je suis désolé, je viens de me rappeler que j’avais… Un rendez-vous. » Un malaise s’empara de lui, tellement brutalement qu’il se sentit forcé d’articuler. « Je repasserai… Pour qu’on reprenne la discussion. » Il le pensait sincèrement. Quand il aura moins la tête en vrac, ils pourraient tous deux communiquer plus dignement. « Fais attention à toi en attendant… je … Désolé pour ce bazar. » Son regard se remit à fuir en même temps que ses pas le menaient à la sortie sans autre préambule. Ses pensées anarchiques ne firent que s’amplifier quand il quitta l’établissement. Plus jamais il n’allait regarder les félins de la même façon désormais…


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MessageSujet: Re: [Terminé] I know you know I know [PV Calypso]   Jeu 14 Aoû - 0:13



I know you know I know.

(pv) Bastien Shepard


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Qui aurait cru, qu'un jour, tu rencontrerais de nouveau un homme avec lequel tu as passé quelques années de ta longue vie de chat ? Sûrement pas toi, tu n'es de toute façon pas capable de différencier un ami d'antan d'avec un inconnu de maintenant. Et ce pauvre homme en a fat les frais, découvrant bien trop soudainement qu'un chat peut être une femme, et pas une des plus sages.
N'importe qui d'autre aurait certainement évité quelconque conversation avec le concerné. Et si ce dernier venait à poser la question inévitable : nous sommes-nous déjà rencontrés avant ? Alors tout être sein d'esprit aurait simplement feint l'ignorance. L'on n'avoue pas à n'importe qui avoir partagé sa vie quelques années durant sous une forme autre que sa carapace humaine. Il faut vraiment être idiot pour le faire, n'est-ce pas ?

Les années défilent devant tes yeux, retrouvant toutes ces personnes certainement décédées depuis longtemps. Des visages presque oubliés, des noms inconnus parfois, et des rancœurs que le temps ne saurait effacer. Mais surtout la ligne particulière de son corps, les marques fines de ses muscles jouant continuellement sous sa peau plus bronzée que la tienne, si blanche. Toujours et encore les même mains pour te dire d'avancer, les même poings pour te faire reculer. Cette bouche si douce qui te couvre d'insanités, de reproches et d'avenir tragique pour ta misérable personne.
Ce sang, presque noir tant il est épais, qui s'écoule sur sa gorge et glisse entre tes doigts. Ses ongles qui griffent ton crâne alors qu'il agrippe tes longs cheveux roux. Et cette malédiction, lente incantation, qui s'échappe de sa bouche entrouverte, d'une voix grave et pleine de haine, qui profite de ses derniers instants de vie pour t'offrir l'emprisonnement le plus complet. Durant deux cents ans.
Pour finalement retomber dans ses bras quand le félin te quitte pour ton corps humain, depuis longtemps oublié avec son nom et ses problèmes. C'était sans compter sur ton sorcier, trop en colère pour te donner de l'amour et de la tendresse. Il t'a rappelé qui tu étais, ce que tu avais fait, et ce que tu resteras jusqu'à la fin de ta vie. Il a éveillé en toi le besoin de le tuer à nouveau, de l'aimer à en crever à ton tour.
Vous êtes si pitoyables, en réalité.

Un rire s'échappe alors de ta bouche, tandis que ses mots te sortent de tes songes, de ces pensées si sombres. Tu ne fais pas ton âge. Ca te semble si... décalé, et pourtant si réel. En vérité, tu ris de ton immense bêtise, tu ris de ton incroyable situation, de cette vie pourrie dans laquelle tu tentes de survivre. Tu essaies d'oublier que ton monde s'est arrêté depuis longtemps, et que plus rien ne le fera fonctionner à nouveau. Tu es déjà morte, au fond, alors peut-être est-ce la raison de ta fausse jeunesse.
Tu ne réponds pas, non. Tu retrouves le calme que tu arbores depuis le début, fixant Bastien sans vraiment le voir, finalement. Tu plonges dans la mer qui s'agite dans son regard, pensant que peut-être vous n'auriez jamais dû vous trouver, vous deux. Tu n'as fait que le mettre au plus mal, l'humilier devant ces vieilles personnes qui ne vous voient même pas. Tu pourris son existence en lui avouant que rien n'est ce que l'on croit, et qu'il doit se terrer dans une paranoïa maladive. Merci de ta gentille participation.

Ton soupir accompagne le sien, discrètement, et tu penses finalement à trouver une excuse pour l'abandonner. Tu t'es enterrée trop profondément dans une époque révolue, ne t'attardant que trop sur des souvenirs qu'il te faut éviter. Tu n'as plus envie de jouer à la plus idiote alors qu'il te regarde ainsi. Tu lui as promis des réponses à ses questions, mais peut-être sont-elles trop puissantes face à ton esprit si faible. Et pourtant si fort, non ?
Tu te redresses, reprenant contenance, chassant toutes ces mauvaises pensées d'un sourire chaleureux. Mais déjà te fuit-il, décrétant avoir oublié un rendez-vous. Tu te lèves avant qu'il ne le fasse, prise au dépourvu. Un simple hochement de tête vient lui répondre, avant que tu ne suives ses pas pour quelques mètres, vos routes se séparant alors qu'il se dirige vers la porte et toi vers le bar. Il te faut pourtant te reprendre, tu le dois. Et alors qu'il ouvre, tu lances alors quelques mots à son attention.

« Nous nous verrons à la Belle Lune, Bastien. J'essayerai de ne pas te faire de mal, c'est promis. »
Tu lui offres un clin d’œil, indiquant par ces quelques mots que tu as enfin prêté attention au parfum particulier que dégage son corps aussi perturbé que le tien. L'on ne trompe pas facilement ton odorat, il t'a été presque trop facile de deviner quel animal se cache au fond de son cœur. Tu étais bien loin de te douter que tout se mettrait ainsi entre vous. Les volatiles n'apprécient guère les félins.
Mais peut-être est-ce mieux ainsi, te savoir près d'un homme n'est jamais rassurant, qui sait quand ton sorcier décidera de te suivre, de te surveiller ? Il n'est pas temps de penser à ces problèmes-ci. La matinée ne fait que commencer, concentrons-nous plutôt sur ce pour quoi tu es payée. Déjà tu accueilles un nouveau client alors que la silhouette de Bastien disparaît de ta vue.
Vous serez amenés à vous revoir. Espérons simplement que la prochaine fois sera moins... chaotique.

Spoiler:
 

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[Terminé] I know you know I know [PV Calypso]

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