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 Sense without sanity {pv.}

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↳ Nombre de messages : 9021
↳ Points : 475
↳ Date d'inscription : 28/08/2012
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↳ Avatar : Ben Barnes
↳ Age du Personnage : 30 ans, 781 en réalité
↳ Métier : Co-gérant du Little Darlings (shadowhunter infiltré)
↳ Opinion Politique : Pro-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 3
↳ Playlist :
The Devil's own feat 5FDP • Animal feat Disturbed • My name is Stain feat Shaka Ponk • Do or Die - Night of the Hunter feat 30 STM • On my Own - Play Dead feat Killing Bono OST • Madness feat MUSE • Hustler feat JOSEF SALVAT •

↳ Citation : There's a battle between two wolves inside us all. One is Evil. It is anger, envy, jealousy, and ego. The other is Good. It is joy, love, hope, and faith. Which wolf wins? The One you feed
↳ Multicomptes : Aleksi S. Lenaïk & Regan Faulkner
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MessageSujet: Sense without sanity {pv.}   Mer 21 Mai - 20:44


Sense without sanity
All this bad blood here, won’t you let it dry ?
We're searching for the origin. Dig deeper, where we've never been. Carry the light, we should cherish the night. The questions that we cannot solve. We don't know how we should evolve. Bring us all to new heights. Our feelings are ready to warm us, to finally heat us up. Our mind will betray us and leave us in coldness, undefined. Our vision of life says what we will experience. Our vision of death defines what we will see. © WILD HEART

Les hommes en blanc devaient venir la chercher. C’est ce que Danny Clocker avait prétendu. Il aurait pu en être ainsi, mais le Gouvernement en avait décidé autrement. Profitant de la révélation pour continuer de mettre leur sombre plan à exécution. Alors à défaut du blanc, il envoyait les hommes en noir. Accoudé au bar, l’homme laissait son regard courir sur la silhouette de la danseuse sur scène. En la voyant sur les écrans, il savait qu’il l’avait déjà vu quelque part. Sans trop savoir où. Maintenant que la proie avait un visage et un nom, ses neurones avaient pu faire le rapprochement. La musique résonnait dans le vide de sa cage thoracique, impassible, aussi glacial que le verre qu’il porta à ses lèvres, Stain jeta un coup d’œil alentour, repérant du regard les autres Shadowhunters attablés dans la salle. En civil, pour éviter de faire trop de vague. Lui, il était repéré, c’était évident, mais son statut de chanteur amateur lui permettait encore de se fondre dans la masse sans susciter trop d’intérêt. L’arrestation d’Azzura restait encore sur quelques lèvres, dans quelques regards lourds d’interrogations auxquelles il se faisait un plaisir de répondre à l’aide d’une œillade assassine. Une nouvelle gorgée de liquide ambrée lui arracha le gosier, et incendia son ventre lorsque la musique cessa enfin. La demoiselle quitta son piédestal, et offrit par la même occasion le signal tant attendu par le trio. Le verre claqua sur le comptoir, l’écho cristallin continuant encore de se faire entendre alors que son propriétaire était déjà bien loin. Rejoint par ses petits soldats, Stain se faufila derrière la scène. C’était là l’avantage de connaître le terrain et le moindre de ses recoins sur le bout des doigts. Ils savaient ce qu’ils avaient à faire, les règles du jeu étaient claires.

L’un des miliciens bouscula la jeune femme au moment où elle s’apprêtait à entrer dans sa loge. Pour la distraire. Le second resta en retrait quand Stain entra en scène. Quelques secondes, pas plus. Juste le temps pour que sa main et le chiffon imbibé de tranquillisant s’apposent contre la bouche de la demoiselle. Elle lutta, un peu. Il n’en attendait pas moins. Puis elle sombra gentiment dans un sombre sommeil.

[…]

Le décor avait quelque chose de fascinant. Lugubres et humides, les sous-sols du Gouvernement filaient la chair de poule et juraient affreusement avec tout le luxe clinquant des étages. Ils auraient pu faire ça dans une des salles d’interrogatoires, plus chaleureuses et ressemblant moins à un décor de teen-movie de bas étage. Elle était l’héroïne de ce mauvais film. Lui, endossait le rôle du méchant errant dans l’ombre. Et il adorait ça. Déambulant dans la petite pièce, ses doigts frôlaient avec une douceur presque infinie le métal des instruments qui dormaient sagement sur une table en acier. Ils auraient pu faire ça en haut, mais il n’était pas là pour poser des questions. Il en poserait, quelques-unes, pour se remettre en forme. Et renouer au passage avec l’Inquisiteur qu’il fut. Celui qui préférait parler plutôt que d’user d’une torture plus physique. Des frissons lui dégringolèrent le long de la colonne vertébrale lorsque, dans son dos, il sentit sa victime sortir de son état léthargique. Tu es encore en train de changer… Dangereusement, Stain… La petite voix dans sa tête fut balayée par le grincement lugubre des pieds d’une chaise tirée sur le sol sans la moindre précaution. Placée devant Li Mei, le loup s’y installa tranquillement, les bras croisés sur le dossier, son menton reposant sur ses poignets. Expression aimable jurant affreusement avec sa posture et ce qui se dégageait de toute sa physionomie. Et encore plus de son regard. Posé sur sa proie, il aiguisait sa plus belle arme, prêt à démonter toutes les barrières qu’elle pourrait ériger pour se protéger et éloigner la menace.

« - Sublime représentation. Pardonne ma timidité, j’ai préféré un endroit plus ‘privé’ pour te le dire. Il y a trop d’oreilles indiscrètes dans les loges. »  Une petite dose de légèreté énoncée d’une voix qui se voulait chaleureuse. Une conversation banale, engagée par une formule somme toute plus classique. Il fallait juste enlever le décor, et les entraves qui retenaient la danseuse à sa chaise. Mordant déjà la peau fragile de ses poignets. Le moindre mouvement incrusterait encore un peu plus les liens, dévorerait la peau pour offrir au regard sombre du soldat, la preuve qu’il attendait. Il n’en avait pas réellement besoin. On lui avait assuré qu’elle appartenait à cette nouvelle race de monstres. Lui n’était là que pour trouver des réponses, et en apprendre plus sur cette menace tout droit sortie des Enfers. « - J’espère que tu seras plus coopérative que ton prédécesseur. Le pauvre n’a pas apprécié la pluie de compliments que nous lui avons faits. »  Ironique cette fois. Son sourire se fit de glace, virant un brin assassin lorsque les pensées de ses méfaits précédents vinrent se glisser dans son crâne. Le pauvre cobaye n’avait pas fait long feu. Quelques jours à peine, et il avait succombé de ses blessures. Frustrant, et pour le Shadowhunter, et pour les pseudo-scientifiques qui s’étaient joint au massacre. Une infime part de lui s’en voulait, d’être sur le point de s’en prendre à cette pauvre fille. Qu’il avait déjà vu, déjà croisé au Masquerade. Et l’autre, quant à elle, trépignait d’avance, attisée par l’odeur du sang qui ne tarderait pas à envahir l’air vicié et étouffant de la pièce. Il est beau l’Italien qui refusait de s’en prendre à des innocents.

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MessageSujet: Re: Sense without sanity {pv.}   Ven 30 Mai - 15:06



Sense without sanity.

(pv) Stain E. Greyjoy


~

Ton instinct te l'avait doucement murmuré, te priant silencieusement de faire demi-tour, de cesser tes pas et de rentrer chez toi. Pourquoi ne pas avoir simplement fait ce qui t'était demandé ? Pourquoi dois-tu toujours faire l'inverse, désobéir aux ordres à tes risques et périls ? Pourquoi te donner tant de mal pour un monde qui ne veut plus de toi ? Tu aurais simplement pu rester chez toi, flâner quelques heures avant d'aller te coucher, comme d'autres le feraient. A quoi ça te sert d'aller travailler, d'aller danser sur scène devant des idiots à moitié bourrés ? Ils ne comprennent rien à ton art, à ta beauté, ils te méprisent tout autant qu'ils te détestent sans l'avouer. Pourquoi ne reviens-tu donc pas vers moi ? Accepte la mort et laisse-les loin derrière toi, tu mérites mieux que ça, danseuse.

A ne pas vouloir écouter la petite voix qui sommeille en toi, les ennuis te bousculent alors que tu te diriges vers les coulisses, pour te séparer du maquillage et troquer les longs vêtements contre des affaires plus confortables en ville. Lorsque la main se pose sur ta bouche, tu te débats par réflexe, comprenant parfaitement qu'il n'y a rien à faire. Il n'est plus l'heure de fuir.
Et doucement tu sombres dans un sommeil sans rêve, dénué de chaleur et de sens, rempli de ténèbres et d'un futur bien sombre. Qu'espérais-tu ?

~

La drogue finit par être balayée de ton organisme, tes yeux s'ouvrant difficilement sur une salle que tu aurais préféré ne jamais découvrir. Lugubre, elle pue l'humidité et son intimité est plus intimidante qu'une prison alors que l'évidence te saute aux yeux. Tu n'es pas ici par erreur, tu n'es pas ici pour quelques fleurs destinées à tes danses asiatiques. Tu es ici pour ta nature de monstre que tu renies tant bien que mal. Si tu m'avais écouté, si tu n'avais décidé d'être une femme avant d'être un monstre, alors rien de tout ceci ne serait arrivé. Tu aurais su contrôler tes pouvoirs, et jamais il n'aurait pu te capturer, cet homme qui est assis devant toi et attend ton total réveil. Oui, Lili, tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même.

Un léger sourire vient étirer tes lèvres, provocateur, aux quelques mots qu'il t'adresse. Sa voix chaleureuse aurait pu te mettre en confiance si tu ne ressentais les liens incrustés dans ta peau, n'attendant qu'un mouvement de ta part pour s'y enfoncer un peu plus et en faire suinter le sang. Mais tu ne lui donneras certainement pas ce plaisir, aussi te concentres-tu à ne pas exécuter le moindre geste, aussi infime soit-il.
Sans honte aucune ni retenue, tu prends le temps de détailler ton bourreau, comme s'il n'y avait ni entrave ni instruments étranges ici pour te torturer jusqu'à la mort. Si tu avais ainsi libéré le monstre avant, tu ne serais pas ciselée à une chaise, comprends-le, Lili. Il n'est plus l'heure de provoquer mais de subir, sépare-toi de ce regard amusé et ce sourire provocateur, ils te mèneront tout deux à la tombe.

« Un jour, peut-être, auras-tu tout loisir à apprécier une représentation privée. »
Tes lèvres glissent l'une vers l'autre pour articuler, dans un murmure, les mots jusqu'au dernier, lequel tu prononces tout en faisant chanter ton accent étranger, depuis longtemps perdu. Si j'admire le monstre que tu gardes au fond de ton cœur, je ne peux m'empêcher de penser qu'il est de loin le plus suicidaire de vous deux. Peut-être comprend-il que tu vous mèneras à votre perte tôt ou tard, et qu'il doit donc profiter de ses courts instants de pouvoir pour faire ce qu'il souhaite, et ce qui l'amuse. Voilà bien trop d'idiotie pour un même corps, comment peux-tu vivre encore ?
Ton regard dérive un instant sur le reste de la pièce, désintéressée par ses paroles. Tu n'as jamais aimé les compliments, bien plus hypocrites que certains peuvent le croire. Tu ne vis pas pour être complimentée, et l'on ne s'exerce pas sous les éloges. Les critiques établissent l'homme, le forgent pour un meilleur avenir. Combien as-tu eu de critiques, toi qui savais en semer partout où tu passais, ne parlant que pour descendre ton interlocuteur, pour tous les remettre à leur juste place ?
Mais as-tu trouvé la tienne, Lili ? Elle était à mes côtés, c'est ce pour quoi tu es née, pour rester près de moi. Et maintenant que tu m'as tué, maintenant que tu m'as laissé tomber, tu n'as plus nulle part où aller. A jamais tu devras errer sur cette maudite Terre. Jusqu'à ce que tu acceptes de me revenir et de mourir à mes côtés. Je ne passerai pas au-delà sans toi, monstre.

« Mon prédécesseur ne devait pas la mériter si elle l'a écrasé. Je ne saurais être plus coopérative sans savoir à quel point lui-même l'a été. Attends-toi donc à être déçu, bourreau. »

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MessageSujet: Re: Sense without sanity {pv.}   Dim 1 Juin - 12:15


Depuis qu’il s’était installé face à la danseuse, il n’avait de cesse de la dévisager. De laisser courir son regard sur les traits de son visage dans l’espoir d’en extraire quelque chose. Une trace, une infime manifestation du changement sommeillant sous cette peau diaphane. Il ne voyait rien pourtant. La tare restait bien cachée sous la chair. Un peu comme la sienne. Impossible à discerner hormis lorsque les rayons de l’astre lunaire, en son entier, venaient toucher sa carcasse. Il se rapprocha, légèrement. Les pieds de la chaise couinant une fois de plus sur le sol humide. L’écho qui résonna dans la pièce lui vrilla les tympans, parsema sa peau de millier de lames acérées. La remarque le fit sourire. Un amusement d’un instant qui s’effaça presque aussitôt. S’il laissait des pensées parasites venir se glisser dans son cerveau, la tâche qu’on lui avait confiée serait un échec. Elle était mince la ligne, qui séparait le monstre de l’homme civilisé. Fragile et facile à franchir. Un simple sourire, un infime relâchement et le venin qui incendiait ses veines depuis son entrée dans cette cave miteuse abandonnerait sa piteuse enveloppe. Pour le laisser seul avec ses délicieux remords et les horribles voix qui n’avaient de cesse de résonner dans sa tête. Peut-être était-il en train de devenir totalement fou. A force de côtoyer la mort et la douleur, le loup se réfugiait dans la solitude et toute l’ombre qu’elle peut conférer. Un dangereux mélange pour un être si intimement lié à la souffrance et la barbarie.

« - Ce serait un véritable honneur. » La réponse tarda un peu. Quitta ses lèvres sur un souffle chargé d’une chaleur rassurante. Un leurre supplémentaire venant réchauffer l’atmosphère avant de s’écraser au sol. Elle restait immobile, se contenant de le scruter sans broncher. Maligne, elle avait compris que le moindre geste risquait de la meurtrir. Et face à ce constat, un brin de déception vint se glisser sur sa langue. La part la plus exécrable de sa personne espérait qu’elle lutte. Se blesse et tâche le sol de son hémoglobine. Il aurait pu en admirer la couleur pendant de longues minutes avant de se décider à agir. Un infime soupir s’échoua contre ses lèvres alors qu’il regardait ailleurs un instant. Tant pis, il devrait se salir lui-même les pattes. « - Tu marques un point. Il n’avait pas ton talent, je le reconnais. Et il manquait cruellement de ressources. » Comme s’il approuvait ses paroles, Stain hocha la tête. La physionomie  de son visage changea lorsque le dernier mot se fraya un chemin jusqu’à ses oreilles. Il fronça les sourcils et serra les dents, perdant un morceau supplémentaire de sa quasi-inexistante bonne humeur du moment. Bourreau... On en revient toujours au point de départ. Un bon arrière, de sept longs siècles. Le temps a changé, le décor aussi, les méthodes restent les mêmes. « - Bourreau… Je te complimente et en retour tu m’insultes. Ce n’est qu’une simple discussion de routine. » Lâcha-t-il, adressant un regard blessé à la demoiselle. « - Mets-toi à l’aise, notre entrevue risque d’être un peu longue. Li Mei c’est bien ça ? J’ai manqué à tous mes devoirs, appelle moi Stain. C’est toujours plus agréable que ‘bourreau’.»  S’appuyant de ses deux mains contre le dossier, Stain se leva, esquissant quelques pas vers la porte avant de s’arrêter. Les présentations, elles lui semblaient affreusement déplacées en un moment pareil. Qu’est-ce que ça peut lui faire de connaître ton nom, franchement ? Elle aurait quelqu’un à qui en vouloir, si jamais elle parvenait à sortir de là en vie. C’est toujours plus simple d’avoir un visage et un nom à détester plutôt qu’une ombre sans identité. Le silence retomba entre deux, seulement entrecoupé par les clapotis régulier de gouttes dégringolant du plafond. Et de temps à autres, par des bruits de pas au-dessus de leur tête. Le milicien finit par serrer le poing, inspirant profondément avant de faire volte-face pour revenir s’échouer près de sa captive.

« - Tes changements d’humeur flippants, comme ceux que nous a montré Danny, ça fait partit des cadeaux fournis avec le monstre que tu caches ? » La froideur de son timbre ne le surpris même pas. Il en avait l’habitude maintenant, de ces changements d’intonation devenus mécaniques. De parfaits réflexes qui savaient quand se mettre en route sans qu’il n’ait besoin d’intervenir. Penché vers elle pour laisser sa question frôler son oreille, Stain se redressa et contourna la chaise sur laquelle Li Mei se trouvait. Effleurant du bout des doigts le dossier et la courbure de son dos au passage. Imposant à ses pas une lenteur quasi-statique, s’appliquant à les faire résonner contre les murs miteux pour faire peser un poids invisible sur ces frêles épaules.


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MessageSujet: Re: Sense without sanity {pv.}   Sam 28 Juin - 0:16



Sense without sanity.

(pv) Stain E. Greyjoy


~

Un très léger souffle s'échappe de tes lèvres, comme un reproche, alors qu'il répond à ta provocation de ce même ton chaleureux qui ne te berne pas. Que ce soit dans cette pièce immonde ou en pleine rue, tu ne te fies jamais aux intonations chaudes de tes interlocuteurs, préférant de loin la froideur honnête des mauvais sentiments. Néanmoins, tu restes une curieuse personne que l'on ne peut comprendre et qui voit le monde de sa propre façon. Une façon bien étrange mais l'on serait incapable de te le reprocher lorsque tes yeux sombres nous fixent et que tes lèvres s'unissent pour ne former plus qu'une ligne immobile sur ton visage impassible. Une cruelle expression dont je comprends enfin toute la douceur maintenant qu'il m'est impossible de la contempler de nouveau. Viens donc me rejoindre, danseuse, que je reprenne conscience de toute la beauté du monstre que tu es.

Toujours ce petit sourire provocateur aux lèvres, tu te permets quelque remarque déplacée que ton bourreau accueille avec plus de tolérance qu'il ne l'aurait pu. Te voilà donc à sourire davantage devant sa réponse, appréciant de te savoir talentueuse, toi l'idiote qui se laisse guider par le monstre lorsqu'il faudrait utiliser l'intelligence de la femme. Ne vois-tu pas que la situation est catastrophique ? À trop provoquer l'homme, tu ne passeras pas la nuit, Lili. Il faut que tu le comprennes, que tu reprennes le pas sur ta monstruosité, et que tu ne te laisses plus avoir par son envie de s'amuser. Le peux-tu ?
Non. Bien sûr que non.

Amélioration. Au moins restes-tu plus intelligente que certaines autres fois. Alors que tu comprends sans peine que son petit surnom ne lui plaît guère, tu retiens tes remarques au fond de ta gorge. Non pas par crainte mais par inutilité. À quoi pourrait bien lui servir de savoir que tu remets en question l'idée qu'il se fait d'une discussion de routine ? Et si, justement, il s'agissait là, pour lui, d'une situation quotidienne ? Pense-y, Lili. Tu n'es sûrement pas son unique victime. Il te l'a dit, après tout. D'autres ont été là avant toi. Mais demande-toi combien ont été assis-là, à sombrer dans la folie, à crever sous la torture ? Combien de temps ont-ils résisté face au bourreau qui en sait trop ? Et toi, ma sœur, combien de temps pourras-tu résister ? Si ton corps est plus fort que celui d'une simple femme, ton esprit pourra-t-il tenir jusqu'au bout ? Je sais qu'il n'a rien à envier à ta force physique, mais il lui faudra se défendre plus que tu ne l'imagines, Lili. Fais donc attention à ce que tu dis, chaque mot est un pas de plus vers ta mort.

« Plus agréable pour qui, Stain ? »
Pas même une réaction à l'entente de ton prénom, tu m'épates, danseuse. Ton esprit me semble bien trop clair dans ce genre de situation. Tu sembles plus intelligente menacée que lorsque ta vie n'est pas directement mise en danger. Est-ce ton idiotie profonde qui te pousse à réfléchir ? Une sorte d'autisme particulière, te forçant au plus détaillé des raisonnements tandis que ta survie ne tient plus qu'à un maigre fil qui se brisera de lui-même s'il n'est pas coupé. Disséquons ton beau cerveau pour comprendre ta folie, ma jolie, qu'en dis-tu ?
Ainsi donc, tout semble logique dans ton crâne. Il savait quand tu ferais ton premier pas sur scène, quand tu ferais le dernier. Il savait à quel moment ils devaient se lever, lui et ses complices, pour te rejoindre au bon instant devant les coulisses et pouvoir t'emmener avec eux. Alors, oui, s'il savait tout ceci, ainsi que ta condition de monstre, il ne te semble pas étonnant qu'il sache également ton doux prénom. Et d'ailleurs, la ville entière est au courant, n'est-ce pas ?
Tes lèvres se pincent à l'entente de son pseudonyme de journaliste foireux. Non, tu n'as pas oublié l'affront, la honte, la peur et les soupçons. Tout ce qu'il a suscité autour de toi, brisant à jamais le semblant de vie que tu avais bâti depuis ton retour à la Nouvelle-Orléans. Tu ne faisais, de toute façon, que mentir, faisant croire que tu vivais comme une autre, te mentant à toi-même sur la réussite de ton entreprise. Sérieusement, Lili, pensais-tu que tu pourrais continuer ce petit manège encore longtemps ? Plus personne n'était dupe. Tu ne vivais pas, monstre. Plus depuis longtemps.

« Flippants ? Détrompe-toi, ils viennent de notre humanité, tout comme la folie et... la monstruosité. Seul l'homme est fou. Seul l'homme est un monstre. »
Que devrait-on dire de ses propres changements d'émotions dans le fond de sa voix depuis ton réveil ici-bas ? D'abord joue-t-il le joli cœur puis reprend-il finalement son plein rôle de bourreau. Vraiment, peut-on le nommer autrement ? Mais tu n'en as cure, toute ton attention concentrée sur sa personne et ses mouvements. Tu attends le moment fatidique où tu ne seras plus capable de pirouettes verbales. Cette discussion aura une fin, tu en restes persuadée sans le montrer. Ce n'est donc pas la conversation que tu crains, mais l'absence de celle-ci. Logique, dis-tu ?
Tu déglutis péniblement, fronçant les sourcils sous l'influence du frisson désagréable qui parcourt ton dos de haut en bas. Tu aurais presque sursauté si tu n'avais pas forcé ton corps à l'immobilité, dans l'espoir de ne jamais laisser les cordes mordre ta peau. Mais il le faudra bien à un moment donné, tu ne te fais aucune illusion. Le son de ses pas, lents et lourds, accentue le frisson et rappelle à ton esprit le contact de ses doigts dans ton dos. Il te faut parler, il te faut provoquer, pour oublier que la torture a déjà commencé.

« Et qu'a-t-il donc dévoilé de toi, Stain ? »

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MessageSujet: Re: Sense without sanity {pv.}   Mar 1 Juil - 20:11


Plus agréable pour lui, c’était une évidence. Qu’elle connaisse le nom de celui qui allait la briser ou non revenait au même pour elle, il le savait. Se cacher derrière une ombre, un anonymat restait la meilleure option pour détruire plus facilement sa proie. Il changeait les règles. Elles avaient été établies avant qu’il ne se lance à la poursuite de la danseuse, et pourtant il en changeait le cours pour que la situation tourne à son avantage. Le traqueur fixait sa proie, en contemplait les traits et étudiait la moindre de ses réactions. Pas très bavarde, pour une fille. Il se surprenait de sa capacité à rester silencieuse. D’autres auraient déjà commencé à pleurnicher. A s’époumoner pour rien dans le vain espoir de voir les renforts arriver. Ils arriveront, mais il doutait fortement que les renforts en question soient ceux qu’elle espérait voir. Sa remarque lui fit froncer les sourcils. Et une certaine nervosité vint se coller sur ses traits. Crispé, Stain tapota nerveusement des doigts contre son bras, les croisa sur sa poitrine tout en hochant légèrement de la tête. Elle marque un point, tu le sais.

« - Tu te crois encore humaine ? Avec ce qui coule dans tes veines ? L’homme est monstrueux mais vous êtes pires. » Lâcha-t-il, venimeux au possible. La peur de l’inconnu le rongeait. Il craignait la sorcellerie et tous ceux qui osaient la pratiquer depuis sa plus tendre enfance. Une tare, ancrée dans sa chair et ses cellules qu’il ne pouvait plus effacer. Depuis le temps. Et maintenant il redoutait cette nouvelle menace. Les marcheurs qui avaient été ses voisins pendant son séjour à New York, le dégoûtait plus qu’autre chose. Tuer quelque chose de déjà mort était tellement plus simple. Et même s’il donnait l’impression de n’éprouver aucun remord à chaque fois qu’il prenait une vie, quelque part entre les fils nécrosés de son cœur subsistait une pointe de regret. Petite tache blanche venant certainement de son humanité. Il la détestait cette saloperie qui n’avait de cesse de s’accrocher à ses basques. Il avait beau frotter son pied dans l’herbe à longueur de journée pour la voir disparaître, elle revenait. Un chewing-gum tenace accroché sous sa chaussure. Une mauvaise tique qui le vampirise de l’intérieur et continue de le bouffer quand il n’aspirait qu’à devenir qu’une vulgaire machine à tuer. Un monstre du plus pur acabit et être enfin libre. Comme le loup. Il ne connait aucune limite, n’a que le vide entre ses deux oreilles et ne se pose jamais de question. Il poussa un infime soupir, attristé par cette simple pensée. Et l’attente qui se dresse encore entre lui et cette maudite pleine lune. Il se renfrogna encore un peu plus lorsque la question se posa dans ses tympans. Il la toisa un moment, restant dans l’ombre de son dos avant de s’avancer de quelques pas vers sa chaise.

« - Toute la ville a regardé cette mascarade et tu me poses la question ? » Il se demanda pendant un moment si elle faisait preuve de candeur ou si elle était bien sérieuse. Il se racla la gorge et haussa les épaules. « - Mon penchant pour les danseuses et les histoires de tromperies. Un classique. » La désinvolture avec laquelle la réponse quitta sa bouche le laissa interdit le temps de quelques battements de cils. Il s’était détaché trop facilement de cette affaire. Une fois la cousine gênante coffré, il avait fait le vide. Pour tenter de recoller les morceaux de l’autre côté, réparer les dégâts causés par cet imbécile de Danny. Il avait pu récupérer une copie de l’enregistrement avant qu’il ne soit si monstrueusement démonté. Une copie qui dormait dans un coin et qu’il n’avait pas osé montrer à l’intéressée. Le Shadowhunter resta un moment immobile, à contempler un point imaginaire sur le mur suintant. En un geste il fut à côté de la danseuse, ses doigts agrippant le morceau de corde perdu dans le vide pour tirer dessus avec un sadisme évident. La peau crissa, et l’entaille se fit plus profonde. La force de la prise se renforça et le sang se mit à goutter sur le sol.

« - Dis-moi, Li, comment ça marche pour vous ? Les autres naissent avec. Les dégénérés qui se changent en animaux sont maudits. Et ceux de ton espèce ? » A la froideur de son timbre vint se mêler la chaleur du dégoût. La réponse l’intriguait. Tout comme l’étrange couleur du sang glissant sur ses doigts. Sombre. Etrangement sombre comparé au sien, ou à celui de n’importe qui d’autre. Un petit détail qui changeait tout.

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MessageSujet: Re: Sense without sanity {pv.}   Mer 30 Juil - 0:52



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(pv) Stain E. Greyjoy


~

Tu te crois encore humaine ? Un imperceptible soubresaut agite les commissures de tes lèvres qui s'étirent alors davantage, en un sourire carnassier. As-tu jamais été humaine, ma sœur ? Je tends à penser que les monstres naissent monstres, seulement bien cachés derrière des visages d'anges innocents et naïfs. Mais, il y a une chose qui ne trompe pas : le malheur qu'ils sèment autour d'eux. Même sans le vouloir, sans s'en apercevoir, les morts s'accumulent, trahissant leur véritable nature. N'as-tu pas entraîné la mort de ta famille, Lili ? Les uns après les autres, tombant comme de vulgaires mouches, te plongeant dans une solitude que tu as cherchée. Pauvre fille, a-t-on dit, le malheur du monde s'abat sur elle sans pitié, qu'a-t-elle fait au monde pour qu'il la déteste ainsi ? Mais aucun ne t'a tendu la main. Superstition ou intuition ? Ils t'ont fuie comme la peste, préférant te voir seule qu'auprès d'eux. Seule, à seize ans, un pauvre gosse au bout du bras. Et l'unique homme au monde qui a bien voulu de toi, ton cher oncle, a péri prématurément. Puis se fut mon tour, dévoilant au grand jour ta véritable nature, puisque, contrairement à tous les autres, j'ai été le premier que tu as brisé de tes propres mains, monstre. Et seulement à cet instant, ils ont commencé à te traquer.

Tu ne dis rien, considérant qu'il n'est pas utile de répondre à la provocation. Tu n'en restes pas moins certaine que votre apparition a été appréciée des hommes plus qu'ils ne veulent l'avouer. Si certains ont peur de ce que vous êtes, d'autres s'amusent à vous pourchasser sans relâche. Les hommes s'ennuyaient avant que le premier monstre ne naisse, non ? Qu'auraient-ils fait de leur vie si vous n'étiez pas apparu ? Sûrement auraient-ils lancé une nouvelle guerre, trop ennuyé par leur quotidien banal, sans grande utilité. Les hommes ne s'ennuient que trop pour ne pas apprécier l'inconnu. Sinon, jamais ils ne se seraient lancés à votre poursuite de la sorte. C'est la chasse qu'ils veulent, pas le savoir.
En vient alors le nom de ce cher journaliste et l'évocation de tout ce qu'il a osé dévoiler au monde. Si tu te souviens de la honte à l'évocation de ton prénom, tu n'as qu'un vague souvenir des personnes passées après toi. En réalité, tu n'as pas suivi l'émission jusqu'à sa fin, considérant qu'il était préférable de ne pas avoir connaissance du reste. L'ignorance est parfois la meilleure solution, ne penses-tu pas ? Alors la question qu'il te pose te laisse pensive un instant. Croit-il que le monde a été forcé de regarder ce petit jeu dangereux ? Avez-vous été menacés de mort si vous ne gardiez pas les yeux rivés sur les écrans ? Il ne t'a pas semblé en tout cas. Pourquoi donc aurais-tu dû admirer les secrets de tous ces habitants jusqu'au dernier ? Pour savoir qui partage ton malheur, ton mal être, ta folie ? Et ça t'aurait servi à quoi de savoir que tel ou tel homme a fait telle ou telle chose déplaisante selon Danny ? Il est simple d'exposer les faits et d'ignorer le contexte. Chaque acte a précisément son origine, et c'est ce qu'il faut découvrir. Il faut plonger en profondeur plutôt que de frôler la surface. Sinon, l'information n'a aucun intérêt.

« J'ai dû m'endormir avant la fin. Classique, en effet, mais Danny avait besoin de quelques vérités, aussi cliché soient-elles, pour dissimuler ses mensonges. »

La peur, d'un coup, prend ton cœur alors que ses pas se rapprochent, son odeur se fait plus forte. Après toutes ces phrases inutiles, a-t-il décidé de commencer à te torturer ? A vrai dire, tu ne t'es pas montrée très coopérative. Mais à trop imaginer les tortures qu'il serait capable de te faire subir, tu oublies ta grande prudence. Qu'aurais-tu pu faire, de toute façon ? Ce n'est pas comme si tu avais la possibilité de te défendre, incapable de bouger sans resserrer les liens sur tes poignets et faire apparaître ce sang tant convoité. Et tu n'as nullement envie de te meurtrir toi-même pour une survie qui est loin d'être gagnée. A quoi bon te battre pour une vie qu'il ne t'offrira pas ? Peut-être finira-t-il par se lasser d'un corps qui accepte sa mort. Ou alors finiras-tu par lui avouer tout ce qu'il veut savoir. Qui sait jusqu'à quand supporteras-tu votre petit manège, et le suivant...
La corde resserra sa douloureuse étreinte, brûlant ta peau douce jusqu'à la déchirer et mordre la chair, que le sang puisse couler entre tes doigts et jusqu'au sol. La morsure, bien plus douloureuse que tu n'aurais pu l'imaginer, t'arrache une grimace et un gémissement que tu retiens en mordant ta lèvre. Tu ne lui laisseras pas la joie de t'entendre crier, pas encore. Chassant le picotement à tes yeux en fermant les paupières, tu reprends ce faux calme que tu arbores jusque là, te calant de nouveau tout contre le dossier de ta chaise. Tu risques de rester longtemps sur celle-ci, autant t'asseoir le plus confortablement possible.

« L'on m'a dit que les monstres ne deviennent pas des monstres, qu'ils le sont depuis leur naissance, attendant, en faisant semblant d'être humains, qu'on dévoile au monde qui ils sont réellement. Disons, que mon tour est venu un jour ou un autre, et l'on m'a soutenu que j'étais monstre avant d'être femme. »

Et alors, dans un mouvement involontaire du poignet, tu sens ta peau frôler celle de ton bourreau l'espace de quelques instants. L'idée te vient, pétillante de malice, mais tu t'ordonnes de ne pas y penser. A quoi bon essayer de lui arracher cette énergie qui fait battre son cœur et le maintient en vie, tu n'en resteras pas moins attachée aux barreaux. Que feras-tu lorsqu'il sera à terre ? Fuir une chaise dans le dos ? C'est tout à fait discret, en effet. Et s'il a déjà prévu les renforts, au cas où tu ne sois pas assez coopérative à son goût – et ne cachons rien, tu es loin de lui offrir les réponses qu'il souhaite – pourras-tu faire face à quelques hommes, ainsi ligotée ? Tu es fichue, Lili, il est donc inutile de lui prouver quel monstre tu es. Il le voit assez bien de ses propres yeux alors que le sang roule sur ta peau, trop sombre.

« As-tu été maudit, Stain ? »

Tes mots ont-ils l'effet voulu, idiote ? Tu n'en sais rien et ces mots ont d'ailleurs échappé au monstre, tu les aurais volontiers gardés pour toi. Pourquoi la malédiction, Lili ? Il y a des hommes en ce monde qui ne sont ni monstres ni maudits, des hommes qui ont toujours été des hommes. Des hommes comme moi. Alors, dis-moi, pourquoi lui ne le serait-il pas ? Un homme au service des grands de ce monde, capable de faire couler le sang pour avoir des réponses. Un homme comme n'importe quel autre, finalement. Là est la différence, tu penses qu'il n'est pas n'importe quel autre, qu'il est différent. Pourquoi ? Si l'on pouvait comprendre l'étendue de ton idiotie, Lili...
Tu l'entends qui recule, murmure imperceptible, tu le sens qui s'éloigne, souffle discret à ton oreille. Va-t-il t'abandonner ainsi, sans un mot ? Tu ne doutes pas qu'il s'agit là d'une torture certaine pour ta personne. La solitude la plus complète, dans une pièce inconnue, sombre et humide, ligotée à une chaise, encore et toujours seule, à jamais accompagnée du clapotement de l'eau qui tombe du plafond. Ce clapotement a-t-il seulement existé ? Et toujours il s'éloigne, soustrait à ton regard, seulement suivi par ton ouïe monstrueuse. Dois-tu craquer maintenant, pleurer toutes les larmes de ton corps, avouer tous les secrets de ton être que tu ne connais pas toi-même ? Peut-être est-il temps, pourtant tu n'en fais rien, parfaitement immobile, le regard fixé dans l'obscurité. C'est à peine si tu respires, si tu vis. Tu te perdras certainement dans cette solitude, tu oublieras quelle femme tu as été pour ne plus penser qu'à la femme que tu seras lorsque le monstre sera toi.
Déjà la porte s'ouvre sur tes nouveaux bourreaux quelques minutes après la fuite de Stain, et une nouvelle flamme s'allume dans ton regard sombre alors que l'évidence étire tes lèvres en un long sourire.
La femme a toujours été le monstre.

Spoiler:
 

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Sense without sanity {pv.}

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