AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Helpless nightwalkers ♠ Bastien

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
Invité






MessageSujet: Helpless nightwalkers ♠ Bastien   Lun 26 Mai - 1:54

    Le jour déclinait lentement, cédant ses rayons enjôleurs à la noirceur. En cette soirée de fin de semaine, une certaine effervescence extérieure appelait la foule à sortir et à se soûler. L'heure était venue pour tous de manger, de rentrer à l’abri ou de profiter de la soirée pour s'enivrer. Pourtant, Faith s'obstinait à rester dans son cabinet. Elle potassait de vieux dossiers, trompant à peine l'ennui. A quoi bon rentrer ? Personne ne l’attendait chez elle. Alors qu’elle soit seule ici ou ailleurs, quelle importance ? Elle se mordit les lèvres et de rage, referma brusquement le classeur devant elle. Rien de ce qu’elle pouvait faire ne chasserait les pensées qu’elle avait actuellement. Mais elle devait arrêter de s’apitoyer sur son sort, elle détestait ça. Elle fit tourner son fauteuil de bureau plusieurs fois pour remettre ses idées en place. Elle espérait que le mouvement circulaire chasserait ses pensées sombres, mais force lui était d’admettre que ces derniers temps, ça n’allait pas fort. En effet, il lui semblait qu’un nuage noir de nostalgie s’était arrêté au-dessus d’elle et faisait pleuvoir des souvenirs par centaine. Tantôt elle revoyait son adolescence plutôt heureuse, ce temps béni où elle menait le monde à la baguette. D’autres fois, elle revivait son terrible accident et les années sombres qui avaient suivi, quand affublé de ce visage enlaidi, elle devait faire face à la cruauté du monde. Pour chasser cette vision d’horreur, elle pensa à Wayne, mais le regretta aussitôt. Elle avait beau dire, le ministre lui manquait quand même. Mais il fallait tirer un trait sur leur histoire, car ce n’était pas plus que cela, une histoire. Pas une histoire d’amour non, c’est bien trop précis et pas assez tumultueux pour les décrire.

    Elle stoppa le fauteuil et laissa son esprit vagabonder, les yeux fixés sur le plafond. Voilà qu’elle allait toucher le fond tiens ! C’était si tentant… se laisser couler dans la torpeur, s’abandonner complètement à des entités supérieures qu’elle méprisait pourtant. Les autres y avaient droit, alors elle aussi… Non. Elle abattit son petit poing blanc sur le bureau dans une tentative pour se réveiller. Il était tellement serré que ses ongles menaçaient de trancher la peau devenue diaphane. La pâleur de son épiderme lui rappela les paysages enneigés de New York. Allez, un autre souvenir qui s’ajoutait au ballet qu’elle orchestrait. Mais était-elle nostalgique de l’ancienne capitale ? Pas du tout ! Elle préférait largement la chaleur permanente de la Nouvelle Orléans, un été sans fin qui permettait la libération des mœurs. Un été qui permettait des rêves d’ailleurs, un aperçu des contrées chaudes. Oui, voilà, pour penser à autre chose, elle allait rêver d’ailleurs. Comme il devait être plaisant d’avoir vécu en Europe, dans une grande ville riche en histoire et en culture. Il y avait tellement plus à voir qu’ici ! Alors elle s’imagina sur la terrasse d’un café parisien, vu sur la Tour Eiffel, dégustant un croissant et causant tranquillement du temps qui ne s’améliorait pas. Et puis elle s’imagina en Italie, s’inspirant du romantisme des lieux, profitant de la gastronomie locale. Elle osa pousser ses rêveries plus loin, sur une île paradisiaque, où les plages de sable blanc et l’eau turquoise offraient une idée de la perfection à tous les visiteurs. Là-bas elle s’allongerait tranquillement sur des chaises longues en osier et siroteraient des cocktails à longueur de journée pendant que des eunuques l’éventeraient avec de grandes feuilles de palmiers. Rien ne valait quelques clichés pour apaiser les tensions. Si elle se concentrait bien, il lui semblait sentir la brise légèrement iodée. Et peut-être qu’en tendant la main, elle pourrait attraper une poignée de sable… Non. En tendant la main, elle ne trouverait que la moquette de son bureau dans lequel elle était coincée avec sa solitude et sa détresse. Ah réalité, quand tu nous rattrapes, tu ne te ménages pas pour nous heurter.

    Un bruit lui parvint. Un bruit étrange, comme un objet qui se cogne contre une vitre. Ses sens aiguisés se concentrèrent sur la source du bruit et elle entendit des piaillements. Curieuse, et surtout lasse de rester dans ce fauteuil à guetter le vide, elle se leva, s’étira de tout son long et sortit. Dans la petite cour arrière, au milieu des enclos et des cages recueillant les animaux dont elle prenait soin, se débattait un oiseau. Elle identifia ce dernier comme appartenant à la famille des corvidés, mais de là à savoir précisément ce qu’il était, elle l’ignorait. C’était donc bien cet oiseau qui avait percuté sa grande fenêtre arrière, et il semblait mal en point, pas seulement à cause du choc, mais à cause de son aile qui était étrangement tordue et de quelques égratignures qui laissait couler un sang bien pourpre sur les plumes d’un noir profond. Peut-être était-ce pour l’aider qu’elle était restée aussi tard ! Ah misère… voilà qu’elle croyait aux signes.
    Tant qu’à faire… Elle se baissa et ramassa l’oiseau avec précaution tout en faisant en sorte de le bloquer pour ne pas qu’il se débatte. Elle se réjouissait d’avoir finalement quelque chose à faire et posa l’animal sur sa table de travail. Elle vérifia qu’il n’allait pas essayer de s’envoler ou de s’enfuir, mais face à sa docilité, elle se décida à ne pas le mettre en cage. Elle quitta la pièce en se frottant les mains, et alla chercher tout son matériel ainsi que des gants propres. Complètement insouciante, légère d’avoir trouvé de quoi vraiment vaincre l’ennui, elle ne prêta pas attention à la petite agitation qui eut lieu dans la pièce voisine. Ce n’est qu’en revenant qu’elle s’aperçut que quelque chose n’allait pas. Et pour cause, là où elle avait laissé une corneille était maintenant allongé un homme, nu qui plus est. Sous l’effet de la surprise elle laissa tomber sa caisse de matériel qui rata son pied de peu. Elle voulut pousser un cri mais celui-ci elle ne put achever l’action, l’expression de son choc restant désagréablement coincé dans sa gorge.

    « Putain de… » Elle ne se laissa pas aller davantage à la vulgarité. L’inconnu esquissa un mouvement, tentant vainement de se relever. Soudainement électrisée, Faith fit un pas en arrière, quelque peu effrayée, puis elle eut le bon sens de se retourner. Etrangement, elle se sentit pudique pour lui, alors qu’en général la nudité ne l’incommodait pas. Mais la situation était bien trop anormale pour se permettre ce genre d’aisance. « Je vais vous chercher une serviette. » Sa voix était hésitante, et nerveusement, elle quitta la pièce en quête d’un vêtement qui pourrait le couvrir. Elle trouva finalement une serviette comme elle l’avait annoncée et revint à l’aveugle, une main couvrant ses yeux. Elle lui lança la serviette sans penser qu’il était peut-être trop mal en point pour l’attraper ou pour se couvrir, mais du coin de l’œil, elle aperçut qu’il avait réussi tant bien que mal à cacher toute intimité. « Alors… c’était vous l’oiseau blessé. » Ce n’était pas une question, juste un constat. Elle avait compris ce qu’il était, bien tard certes, mais elle avait compris et il n’avait donc pas plus d’explications à fournir. Et d'une voix un peu plus ferme, elle ajouta. «Arrêtez de bouger, vous vous faites du mal inutilement.»
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 2944
↳ Points : 867
↳ Date d'inscription : 14/04/2014
↳ Age : 27
↳ Avatar : Milo Ventimiglia
↳ Age du Personnage : 35 ans
↳ Métier : Créateur et rédacteur en chef du Blackbird
↳ Opinion Politique : Anti-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv. 1 / 2 en détection de mensonge
↳ Playlist : Keane - Crystal Ball / Twenty one pilots - Car Radio / Daughter - Medicine / Greg Laswell - This Woman's Work / Foals - Spanish Sahara / Sleeping at Last - Light / Coldplay - Don't panic / Daughter - Doing the right thing PLAYLIST YOUTUBE
↳ Citation : "They may torture my body, break my bones, even kill me. Then, they will have my dead body. Not my obedience."
↳ Multicomptes : Ezra S. Reilly & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : White



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Helpless nightwalkers ♠ Bastien   Jeu 5 Juin - 1:31

Il n’en menait pas large le petit et pour cause, peu de sommeil, beaucoup de kilomètres parcourus. Ne savait-il donc pas se ménager ? A se croire invincible et au-dessus de sa condition d’humain – du moins, d’une bonne moitié, ne finirait-il pas par en perdre quelques plumes ? Ce n’était pas la première fois qu’il s’aventurait si loin, bien entendu. Ce n’était pas non plus inédit qu’il soit à bout de forces. Mais l’expérience lui avait toujours prouvé qu’il était capable de se dépasser alors bon… Flirter avec ses propres limites lui conférait une certaine satisfaction qui très certainement, narguait son manque de confiance en lui. Voilà qui était triste au fond de le voir risquer jusqu’à sa vie parfois pour un simple sentiment d’accomplissement ou de fierté. Piètre personnage qui ne méritait pourtant pas qu’on s’apitoie sur cette absence d’estime. N’était-ce pas là une véritable lâcheté que de renoncer à tout égard pour sa propre personne ? N’en rajoutons pas. Bastien possédait bien des défauts de toute façon et les énumérer ne nous amuserait pas au final. Ses ailes s’étaient cambrées à l’approche d’une brise un peu rebelle. Le vent changeait sans cesse sa course, troublé par différents courants  - rien d’alarmant en soi. Le volatile continuait à sa progression bien que ses paupières peinaient à maintenir le bon cap visuel. Ses mouvements devinrent  de plus en plus saccadés alors que  Morphée le réclamait avec plus de voracité. Combien d’heures lui avait-il arraché la veille ? Trois, quatre heures ? Abigaëlle avait été encore partout, engendrant cauchemar après cauchemar et il en avait renoncé à dormir. Quel résultat. L’oiseau prit plusieurs inspirations quand il vira légèrement vers la gauche pour gérer la fougue d’une bourrasque. Sauf que le légèrement se révéla être énormément. Il s’était assoupi l’espace d’une seconde en réalisant la manœuvre et pourtant… Pourtant, il n’avait pas eu besoin de plus. Un arbre sur sa course, un seul arbre. Il se heurta à une branche, une seconde et en voulant remonter, il en avait heurté une troisième. Presque piégé par la nature, il s’était débattu maladroitement et quand enfin, il était parvenu à s’extirper, il n’avait pas réussi à retrouver un équilibre suffisant. Il était parvenu à planer quelques temps avant de réaliser trop tard, qu’il fonçait droit dans une vitre.

La collision l’acheva littéralement, il s’effondra au milieu d’une sorte de cour. Durant plusieurs secondes, sonné, il ne put rien percevoir - ni décor, ni son. Stressant ? L’adrénaline n’avait pas encore réussi à le faire émerger et sa panique somnolait donc. Il ne put s’inquiéter d’être transporté et encore moins de se voir captif d’une paire de mains. Peut-être pour le mieux d’ailleurs. Malgré tout, il retrouva peu à peu sa lucidité ainsi que son acuité visuelle. Il fût poser et ce n’est que quand sa sauveuse fût partie, qu’il eut conscience d’avoir été déplacé et posé dans un endroit inconnu. Son cœur fit plusieurs embardées alors que sous l’effet d’une menace potentielle, il se retransforma brutalement. La douleur familière lui coupa par chance l’usage de la parole. Tous ses cris restèrent bloqués dans sa gorge alors qu’il redevenait homme. Pas spécialement l’idée du siècle d’ailleurs – comment allait-il faire maintenant ? Nu comme un ver ? Vous rigolez déjà ? A le voir allongé, frissonnant et désorienté ? Son épaule et son bras semblaient avoir accusé sa grotesque petite escapade. Il tenta de remuer mais abandonna l’idée. Il devait s’être foulé quelque chose ou déboité quelque chose. Rien de grave mais de toute manière, c’était le cadet de ses soucis actuellement. Se relever sembla primordial mais encore un peu assommé, il avait du mal de coordonner pensées et corps. Allons Shepard, secoue-toi ! Il ne voulait pas être identifié comme changeur. De plus, il ignorait totalement l’identité de l’inconnue. Il avait à peine récolté un peu de ses traits. Vite. L’urgence commençait enfin à se présenter quand un bruit le força à bouger et à tenter de se relever brusquement. Trop brusquement. Aïe. Mal de tête ? Sans blague, il avait pris de plein fouet une fenêtre. Il se passa une paume sur la tempe en cherchant l’issue la plus proche comme il peut.  Avec un peu de chance, elle ne l’avait pas encore assez vu pour réellement le reconnaître après cette péripétie.

Elle allait lui chercher une serviette ? C’était la première chose qui traversait son esprit en trouvant un homme nu chez elle ? Elle ne craignait pas cette apparition surnaturelle ? Non, elle était ennuyée par sa nudité. Étrange. Tellement étrange que même le français se sentit soudain honteux. Elle l’avait laissé quelques secondes, il en avait simplement profité pour s’asseoir. Un léger vertige l’empêcha d’atteindre la première porte sur laquelle son regard tomba. Quelle situation ridicule. Il fallait qu’il file et vite. Le voleur sursauta presque quand elle finit par revenir avec un bout de tissu. Il le réceptionna de son bras valide et se le passa maladroitement autour de la taille. Il était fichu, pas vrai ? Heureusement, toujours à moitié dans les vapes, il parvenait à gérer sa tension et sa nervosité. D’une voix un peu dématérialisée, il s’entendit lui répondre « Merci… » Sa remarque à la suite ne lui arracha qu’une simple grimace. Décidément, il semblait assez doué pour griller sa propre couverture. Le jeune homme osa porter ses yeux jusqu’au visage de la jeune femme mais ne put s’y attarder plus d’une poignée de secondes, tant son embarras l’engloutissait. Il chercha à se hisser sur ses jambes et se défiler mais c’était sans compter sur la propriétaire des lieux qui semblait déterminée à le maintenir prisonnier… Prisonnier ? Retour d’un complot ? Peut-être pas mais il ne savait pas qu’elles allaient être ses intentions. Le balancer au gouvernement ? Vous savez comment on nomme des gens comme lui? Des paranos. « Mademoiselle, c’était très gentil à vous de… » Il parvint à se mettre debout en tenant toujours d’une main ce qui lui servait de vêtements mais dût se résoudre à se rassoir aussi sec quand le plancher ne sembla plus tenir en place sous ses pieds. Il ferma les paupières pour digérer la migraine et soupira alors. Quel merdier. Il se sentit tellement en tort qu’il embraya. « … Ecoutez… Je veux seulement rentrer chez moi… Appeler la police est inutile… Je n’avais pas l’intention d’atterrir dans votre… »  Demeure ? Il ouvrit les yeux pour jauger un peu l’endroit. C’était quoi ce lieu ? Ce ne pouvait pas être tout de même un cabinet de … Il analysa quelques éléments proches. Quelle ironie. « Vous êtes vétérinaire ? » C’était sorti spontanément à vrai dire, il était tellement surpris. Mais peu importait. Comment comptait-il rentrer d’ailleurs ? Se retransformer semblait compromis vu son état physique. Et il n’avait ni l’accoutrement, ni l’argent pour prendre un taxi. Quel abruti ne songe pas à un plan B dans pareille situation ? Et ce fichu mal de tête qui revenait toujours plus à la charge. Bravo Bastien, bravo. Encore une fois, il fallait s’incliner devant ce don de se foutre dans la merde.

_________________

    Stuck along a road of sadness with nowhere to go. Here's hoping that the signs are real. And tomorrow with a spring in my heel. Somewhere on the road of sadness lies a better deal. I know that my hardened heart is beating still. I drove it to the point of madness just to feel something real.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2879-i-m-nothing-with
 

Helpless nightwalkers ♠ Bastien

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Forum sur Sébastien Courivaud
» Les sardines, Patrick Sébastien
» le bla bla des forumeurs
» Mettre voix de Virginie au lieu de Sébastien
» Rallye Monte-Carlo IRC 2009 : victoire de Sébastien Ogier

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-