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 Draw our lines {.pv}

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SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
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MessageSujet: Draw our lines {.pv}   Mer 28 Mai - 21:32

draw our lines

feat Kyran R. Hogan & Aleksi S. Lenaïk
Sitting in the dark, I can't forget. Even now, I realize the time I'll never get. Another story of the bitter pills of fate. You asked me to love you and I did. Traded my emotions for a contract to commit. And when I got away I only got so far. The other me is dead, I hear his voice inside my head. And we were never alive and we won't be born again. But I'll never survive with dead memories in my heart. Tied my soul into a knot and got me to submit. So when I got away I only kept my scars. The other me is gone now I don't know where I belong. Dead visions in your name. Dead fingers in my veins


Les frissons courent le long de ma peau. D’étouffante, la sueur qui la recouvre se mue en un carcan de glace. A tâtons, des phalanges caressent le pli de mon coude dénudé, frôlent le dessin de mes veines qui saillent sous la chair. J’inspire et me crispe aussitôt lorsque la douleur me vrille la poitrine. Les séquelles de mon entrevue avec le Gouvernement; mon épiderme en conserve encore les traces et certaines blessures ne se sont toujours pas refermées. Un souffle me frôle la joue, s’échoue contre mes lèvres et je n’oppose qu’une maigre résistance lorsque la langue de mon partenaire de fortune vient chercher la mienne. Les caresses ne sont qu’un prétexte pour qu’un cachet vienne se déposer sur ma langue. J’agrippe sa nuque, le force à s’éloigner et savoure le goût de l’arsenic qui se glisse dans ma gorge. J’esquisse une infime grimace de douleur lorsque l’aguille transperce la veine saillante de mon bras. La vague torpeur ne dure qu'un instant. Le temps de sentir la chaleur se ruer dans mes veines à mesure que le liquide s'y fraye un chemin. Je connais mes limites et pourtant, c'est avec une habilité déconcertante au vu de mon état, qu’une seconde aiguille rejoins la première, dans le bras droit cette fois. Pour faire disparaître cette faim qui me tord les entrailles, pour oublier la douleur qui me déchire les poumons et le corps à chaque inspiration, pour effacer de ma mémoire le calvaire que j’ai enduré pendant un mois, je m'engage sur une voie des plus dangereuses. Mes connaissances en toxicologie me permettent de savoir quels éléments peuvent se fondre entre eux sans en devenir dangereux. Elles ne sont néanmoins pas suffisantes pour couvrir tout le panel de drogues existantes. De la pure, il m'a dit. Je ne peux rien faire pour le vérifier, je doute que ce soit le cas. Et je m'en fous. La seringue atterrit par terre dans un cliquetis assourdissant, ma tête s'alourdit lorsque je pose mon front contre le sien, et je me mets à sourire bêtement. L'assurance de mes doigts s'estompe. C’était là le dernier remède à mon mal être. Le dernier pion qui enclenche la sombre machinerie. Les délires se changent rapidement en horribles convulsions. Je ne contrôle plus mes muscles et je suis en train de m'enliser dans la souffrance. La ligne entre le dosage savamment mené et l'overdose est infime, je le sais. Et je viens de la franchir allégrement. Demander de l'aide ne sert à rien. Un camé au milieu de camés aussi ravagés que lui, se retrouve seul. Et mon dealer est dans un état trop comateux pour se rendre compte de quoi que ce soit. Je ne voulais pas en arriver là. En surface du moins. Car en profondeur, c'était prévu. Planifié dès l'instant où je suis allé trouver refuge chez lui. Détruit par mes dépendances. Tué par le surdosage de maux devenus trop durs à supporter. Je me noie dans mon sang et ma propre salive; cherche à remplir mes poumons d'air au risque de voir ma côte brisée en perforer un. Mon cœur s'emballe, tente de repousser l'attaque et purifier mes veines. Il lutte vainement contre l'agresseur. Les battements s'accélèrent, frôlent la tachycardie. Et mon cœur lâche...

[...]

« - Je t'avais dit de te grouiller!
- Fallait qu'j'pisse.
- A cause de ta putain d'urine, on arrive trop tard ! On va dire quoi au patron maintenant?
- Qu'il s'est fait buter par des pauv’ types et qu'on a rien pu faire? Ou qu'on l'a pas retrouvé? Nan j’sais… la vérité? Qu'l’a pas supporté la pression et qu'il s'est suicidé comme un lâche?
- Magne ! Au lieu de dire des conneries. »

[...]

Le réveil est douloureux. Je m’extirpe avec une affolante difficulté de mon état comateux, traversant un brouillard des plus épais avant d'enfin parvenir à ouvrir les yeux. La lumière, pourtant faible, m’incendie les rétines et je suis contraint de fermer les paupières quasi instantanément. Pour les rouvrir avec plus de précaution quelques secondes plus tard. Je me redresse, avorte le geste lorsqu’un élan de douleur me déchire la poitrine. J’en fronce les sourcils, intrigué et soulève le drap qui me recouvre pour contempler l’étendue des dégâts. Une vague de stupeur me frôle. La poitrine enserrée dans un bandage immaculé, ma peau est couverte de contusions, qui me donnent l’impression d’être en train de me changer en Schtroumpf, ainsi que d’autres blessures encore à vif. Je ne comprends pas. Qu’ai-je pu faire pour me retrouver dans un tel état ? Je me laisse retomber sur le matelas et contemple mes mains, elles aussi dans un état hasardeux, tout en essayant de faire fonctionner ma mémoire. L’exercice est lamentable, et les brides d’images qui se frayent un chemin jusque sur mes paupières semblent appartenir à quelqu’un d’autre. Battu ou torturé, c’est là les seules explications plausibles pour expliquer mon état. L’évidence me fait suffoquer et ravive la douleur qui me ronge le corps. Une autre question se pose, comment suis-je sorti de cette ignoble cave pour me retrouver ici ? Et là encore, il n’y a que du noir. Le néant. La route s’est effacée entre ces deux points, et je ne parviens pas à refaire le chemin en sens inverse. Les paupières closes, la fatigue menace de me submerger. Je me sens mal, horriblement faible. Et sous la peau, mes veines et mes entrailles n’ont de cesse de se crisper. Depuis combien de temps ne me suis-je pas nourri ? Ca aussi je suis incapable de m’en souvenir. Trop longtemps. Bien plus qu’il ne le faudrait. Je meurs littéralement de faim. Et c’est certainement pour cela que mes plaies mettent autant de temps à se refermer.

Je dois faire un effort pour que la mise au point se fasse et que le flou qui me voile les yeux s'estompe un peu afin que je puisse pleinement me rendre compte de là où je me trouve. Mon cœur se serre et je me mords la lèvre quand mon regard se pose sur un décor inconnu. Sous la couche léthargique, je sens une vague d’angoisse me traverser. Je soupire et enlace ma poitrine pour calmer l'ébullition du mélange explosif qui sommeille sous ma peau. Insalubre, mal éclairée, les fenêtres me donnent l’impression d’être condamnées, la pièce ressemble à un piètre décor de cinéma. Elle me glace le sang et semble raviver quelque chose sous ma peau. Des doigts de glace m’effleurent, et la peur de l’inconnu m’enserre la gorge. Malgré les quelques meubles miteux qui prennent la poussière, l’endroit fait désespérément vide. Un peu comme le sont mon cœur et ma mémoire en cet instant. Je lâche un second soupir, et malgré la douleur qui me lacère le corps, je tourne le dos à la porte, meurtrissant encore un peu plus mon flanc endolori. Fatigué, dévasté, je me recroqueville et lutte quelques instants contre le sommeil revenu gratter contre mes paupières. Au milieu du vide qui règne dans mon cerveau, l’inquiétude perdure. Celle de ne pas pouvoir trouver les dernières pièces du puzzle pour comprendre ce qui a pu se passer. Ce qui m’est arrivé.

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MessageSujet: Re: Draw our lines {.pv}   Sam 31 Mai - 21:43

L’aube hésite, étend son brouillard humide dans les ruelles malfamées. La nausée fait remonter ses tripes dans une danse endiablée, grimpe le long de sa trachée. Acide, elle le brûle de l’intérieur et lui retourne l’estomac. Habitué à la vermine, il plisse pourtant les narines en pénétrant dans le repère insalubre. Le taudis n’attend plus qu’un souffle de vent pour s’effondrer. Lui rappelle en tous points celui de son enfance. Cette prison misérable supposée les abriter son frère et lui, mais qui ne servait qu’à les enfermer dans la pourriture et la crasse. Qui l’a amené à collectionner les névroses et les fêlures. Un plongeon dans les labyrinthes putrides de sa mémoire, alors qu’il fait tout depuis sa renaissance pour ne vivre que dans le luxe et l’opulence. Le retour en arrière est pénible, fortement désagréable, et il se maudit de se sentir obligé d’y retourner. Comme s’il se sentait redevable ou coupable de quelque chose dont il devrait pourtant se moquer éperdument. Il doit se retenir constamment de l’étrangler dans son sommeil, cet imbécile qui n’a rien trouvé de mieux qu’une overdose pour se rendre intéressant. Mais la peur panique qui lui ronge le ventre à l’idée qu’Il ne se réveille pas l’en dissuade. Il est pourtant intolérable d’être si dépendant du sort du parasite qui lui ronge la cage thoracique. De cet énergumène atypique et nocif, synonyme de caresses aussi dégueulasses qu’entêtantes. Il a besoin d’y retourner, de vérifier Son pouls. D’attendre que le voile se déchire et que Ses paupières abandonnent la pénombre dans laquelle elles se sont sciemment enfermées. De s’assurer que les plaies ne s’infectent pas sous la couche de bandages, que les ecchymoses ne s’élargissent pas. Au fond de lui, il sait que la drogue n’est pas la seule à avoir abimé le finlandais. Il incarne l'un des principaux instigateurs de Sa déchéance. Il n’a pourtant pas retiré son armure d’animal à sang froid, et il aboie à qui veut l’entendre qu’il reste là juste pour Lui faire la peau plus tard. Pour apprendre le premier ce qu’Il a raconté durant sa captivité. Il s’en doute, qu’Il s’est fait capturer par la milice, et qu’en sortant Il a disjoncté. Il a surement même perdu les pédales depuis bien longtemps. A moins qu’Il ne se soit juste fait passer à tabac par un autre camé prêt à s’arracher les veines pour une dose d'arsenic. Dans les deux cas, Il s’est mis dans de beaux draps et voilà le résultat. Des jours qu’Il est cloué au lit, à délirer jusque dans ses songes. Le visage brûlant, les pieds glacés, et le reste du corps en vrille. Une frêle carcasse réduite à une convergence de tics nerveux.

La clef tourne dans la serrure du studio miteux. Machinalement ses sphères polaires oscillent à droite et à gauche avant d’entrer pour s’assurer que personne n’est dans les parages. Il ne se refait pas, la honte lui colle à la peau. Il a l’affreuse impression qu’elle ne l’a jamais quitté depuis qu’il est gosse. Elle l’écrase, l’écorche, l’étouffe de ses filets poisseux. Elle a toujours un prétexte sous la main pour réapparaitre dans son existence, infecte. Quand il était gosse, c’était parler qui lui posait problème. Il se murait dans un mutisme inquiétant, tournait sa langue sept fois dans sa bouche pour limiter les chances d’énerver plus rapidement son père. C’était dès lors drôlement commode que Théodora parle pour deux avec un naturel confondant, fasse les questions et les réponses lorsque la gêne se faisait trop envahissante. Une fois adulte, ce furent les œillades réprobatrices de son cadet qui eurent le don de le clouer au pilori, même si ça ne l’empêchait pas de dépasser une nouvelle limite dès le lendemain. Et maintenant, c’était ça. Ce truc bancal et indescriptible. Ce tourbillon écarlate dans son crâne. Cette passion malsaine et dévorante qui se tissait malgré eux, malgré lui. Cette attirance morbide qui déchirait ses reins d’un spasme assassin quand les images de leur étreinte hargneuse et lascive lacéraient ses rétines. La douleur suprême d’avoir cédé, et l’infamie de crever d’envie de recommencer.  

L’odeur de renfermé lui fait retenir sa respiration l’espace d’une seconde, alors qu’il repousse la porte grinçante sur ses gonds. Il frotte ses phalanges pour disperser la pellicule de poussière qui s’y est nichée et avance avec une certaine appréhension vers le matelas délabré. En position fœtale, le malade s’est recroquevillé et lui tourne le dos. Résigné au fait de Le trouver inconscient, ses doigts glissent avec douceur contre Son front, écartent les mèches rebelles qui s’y sont plaquées. Le scandinave se permet des gestes qui contrastent de manière saisissante avec les écueils d’indifférence sur lesquels Il se heurte d’ordinaire. C’est furtif, ça ne dure que le temps d’un battement d’aile, avant qu’il ne soulève légèrement la couverture pour contrôler Son torse meurtri. L’épiderme violacé le révulse, soulève son palpitant de haine. Envers ceux qui lui ont fait ça, envers lui-même aussi un peu de ne pas l’avoir préservé de leurs méfaits. Mais surtout envers la loque étendue qui lui cause mille tourments, qui a un don tout particulier pour récolter les emmerdes. Pour s’y enfoncer comme dans des sables mouvants. Il s’apprête à remettre le tissu en place, mais se fait transpercer par deux émeraudes inquisitrices. La surprise lui broie violemment le ventricule droit, et il recule comme s’il venait de se faire électrocuter. Un pas en arrière, et il s’affale presque dans le fauteuil à proximité. Ses traits se durcissent par pur réflexe, un mécanisme de protection parfaitement rodé. La tendresse est reléguée aux affres de l’enfer. Il redevient le patron exigeant et le tortionnaire aguerri. Le silence s’installe alors qu’il jauge le pirate informatique avec austérité. Un soupir, avant que ses lèvres moqueuses ne s’entrouvrent pour déverser impitoyablement leur bile. « - Tiens la princesse sort enfin de sa léthargie. C’est le plan le plus foireux que t’aies jamais monté pour pas retourner bosser, Lenaïk. Tu devrais aussi sérieusement songer à changer de cachette et de fournisseurs, je suis sûr que tu peux trouver encore plus sordide que le Seven Deadly Sins avec un peu de bonne volonté. » L’animosité agrippe de sa mâchoire d’acier le soulagement viscéral, le mord et le déchiquète en morceaux sanguinolents. L’ironie acerbe se dresse comme un rempart entre eux, contre le manque lancinant qui le tiraille et lui déchire les côtes depuis des semaines.

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MessageSujet: Re: Draw our lines {.pv}   Dim 1 Juin - 20:41


Au milieu de la fumée qui m’encombre le crâne, quelque part au fin-fond du vrombissement de mon sang, semble me parvenir le bruit d’une clé introduite dans une serrure. Précédé par celui de pas qui font craquer le bois miteux du plancher. Mes paupières s’ouvrent et je fixe le vide face à moi. L’appréhension contraint mon cœur à se serrer et mes doigts se crispent contre le tissu qui me recouvre. Dans un ultime effort visant à me protéger, je me recroqueville encore un peu plus, et retiens mon souffle. Le silence, ma faiblesse, l’insalubrité des lieux et ce côté morbide, tout me pousse à trembler au moindre souffle de vent. Ce n’est pas véritablement de la peur, mais plus une angoisse sourde. Une réminiscence de quelque chose qui me dépasse. Je me souviens de l’annonce du présentateur. Elle est marquée au fer rouge sur mes neurones, et me dévore de l’intérieur. J’ai démissionné,ça, je m’en souviens aussi. Mais les jours qui suivirent demeurent enseveli sous une couche de poussière et d’ignorance infâmes. Il me reste quelques secondes avant que les pas ne soient tout proches. Quelques secondes pour tenter de refaire une partie du chemin. La suite logique des événements aurait voulu qu’ils  m’arrêtent. M’emprisonnent et tentent ensuite de me faire parler. Les frissons courent à nouveau sur ma peau, et je me replonge dans l’obscurité. La suite logique… Elle me retourne le cœur et l’estomac. Si c’est le cas… Je me fige lorsque la présence derrière moi devient plus forte et que je sens le poids de son regard peser sur ma nuque. Ce n’est pas à cause de ça que l’angoisse m’étouffe. Et si j’avais parlé ? Cédé sous la torture et dis des choses susceptibles de Le compromettre ?

L’électrochoc. Mon cœur s’emballe lorsque des doigts frôlent mon front. Je me fais violence pour rester aussi immobile que possible. A mi-chemin entre la crainte et le besoin viscéral d’apposer un nom sur ces gestes ; trop plein d’une tendresse qui m’étonne. L’exploration ne s’arrête pas là et le froid qui me mord la peau m’oblige à ouvrir les yeux. Je m’abime dans la contemplation du vide puis pose mon regard sur l’inquisiteur. Ma mâchoire se desserre et c’est avec un certain soulagement que je cesse de retenir ma respiration. C’est inévitable, mon misérable monde gravite inexorablement autour du Sien. Je le fixe, profondément choqué par ce qu’Il vient de faire. Profondément rassuré de me retrouver en Sa présence. Je ne peux Le quitter des yeux. Bloqué sur sa silhouette, je le scrute comme si je ne l’avais jamais vu. J’ai besoin de m’assurer qu’il n’est pas un délire de mon cerveau en morceaux. Et comme si je cherchais à me le prouver, je tente futilement de me redresser. La douleur me fait grimacer mais je l’oubli et m’oblige à m’appuyer contre la tête de lit ; mes doigts agrippant fermement la couverture, par crainte de la voir glisser. Ce n’est pas de la pudeur qui me pousse à jouer les timide, pas après ce qui s’est passé entre nous. Ce que j’ai pu voir sur ma peau avant qu’Il n’arrive me révulse, et j’en ai honte. Le silence qui s’installe entre nous me met mal à l’aise. La gorge sèche, j’avale ma salive avec difficulté, pour finalement sentir des lames acérées me transpercer la trachée. Son regard et ce qui se dessine sur Ses traits de fer me dérange et je me dérobe. L’ironie de ses premiers mots me fait esquisser un infime sourire. L’air de déjà-vu… Il vient de là. Ce n’est pas la première fois qu’il me récupère dans un sale état. Je me renfrogne en entendant la suite, fronce les sourcils lorsque mon nom s’écrase contre mes oreilles. Les fronce avec plus de force encore lorsqu’il mentionne le Seven Deadly Sins. De quoi parle-t-il ? Amorphe, de la guimauve dans la tête et dans les membres, je reste aussi immobile qu’un vulgaire légume. Abrutit par la fatigue et ma faiblesse grandissante. Ecrasé par ce qu’Il vient de me lancer à la figure. Un paresseux sous morphine aurait certainement été plus réactif que moi en cet instant. Suis-je vraiment allé me perdre dans ce taudis ? Serait-ce pour ça que je suis incapable de me souvenir ce que j’ai pu faire avant de me retrouver ici ?

« - Je ne vois pas de quoi tu parles. » Ma voix me surprend : tombée dans les graves, elle prend des notes de vieux camionneur rongé par la fatigue et la tonne de muscles qu’il doit se trimbaler. Elle ne me ressemble pas. C’est aussi vrai que la Terre peut tourner autour du Soleil, mais mes paroles tomberont certainement dans l’oreille d’un sourd. Je le comprends. J’ai moi-même du mal à croire à ce vide qui règne entre mes deux oreilles. « - Mon patron est intransigeant, je dois essayer d’être imaginatif. J’étais pas en forme pour celui-là. » Prétendre que je me souviens de tout, et espérer qu’Il dira des choses qui me permettront de compléter quelque partie du puzzle. L’idée me tente pendant un moment, puis je l’abandonne dans un soupir. Ferme les yeux encore une fois et me laisse glisser contre l’oreiller. Maintenant que je suis réveillé, la nausée qui me broie la gorge devient plus forte. Maintenant qu’Il est là, à quelque pas de moi, ma faim m’explose à la figure avec une violence inouïe. Je ne veux pas céder, et me ruer sur lui comme un animal affamé pour lui dérober son énergie. Mes souvenirs me posent suffisamment de problème sans que rajoute l’horreur des Siens.

« - Tu n’as pas fait dans la demi-mesure. Moi qui pensais que tu ne quitterais jamais ton luxe étouffant. Sans la poussière, ça doit être charmant comme endroit. Elle apprécie le changement ? » En une phrase, je viens de dire plus de conneries qu’en une seule journée. Je m’en veux, de mentionner Son indienne aussi abruptement. Sans raison particulière qui plus est. La drogue pour oublier. Ce ne serait pas une première. Comme pour vérifier, je me résigne à lâcher la couverture et étends les bras devant moi pour scruter le pli de mes coudes. Je perds mon temps, comment pourrais-je discerner l’infâme trace laissée par une aiguille au milieu de ce charnier ? Un nouveau soupir m’échappe, et mes mains retombent lourdement sur le matelas. « - Où sommes-nous ? » Je pose la question mais je me fous de la réponse. J’ai juste besoin de meubler le silence, tant il peut m’effrayer.

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MessageSujet: Re: Draw our lines {.pv}   Lun 9 Juin - 20:24

Son regard clair le traverse et à l’intérieur tout se casse, tout se détraque. Il n’est plus qu’un amas de verre pilé, mais se contraint à ne pas plier. Les prunelles qui cherchent à le sonder le dérangent profondément, font perdre à son assurance de sa superbe. Il a l’impression détestable qu’Il ne va pas se contenter de lui grignoter des bouts d’âme, mais la gober toute entière, ou du moins ce qu’il en reste. Il refuse pourtant de montrer qu’il est troublé, que la pression qui s’exerce sur son palpitant est insoutenable. Et par-dessus sa fierté abrutissante, le scandinave camoufle surtout son profond soulagement en jouant au bel indifférent. Un poids s’envole de son ventre, mais presque aussitôt un autre plus lourd vient s’y apposer à la place. Des réminiscences étouffantes reviennent lui tordre les reins, lui rappeler la folie irrationnelle qui les a littéralement consumés. C’était plus simple de L’éviter, de faire appel à des intermédiaires lorsqu’il fallait Lui confier une quelconque besogne. Beaucoup plus que d’être pris au piège de Ses rétines indécentes, que d’être dans une configuration analogue à celle qui avait déchainé les enfers. La proximité, les draps, Sa fragilité apparente et touchante. Le moindre détail le ramène en arrière, et fait remonter son estomac au bord de ses lèvres. La gêne n’est pas prête de disparaitre, même des semaines après les faits, elle continue de marquer sa chair au fer rouge. La blessure d’orgueil reste et rechigne à cicatriser. Elle s'infecte, devient purulente et dégouline des moindres pores de sa peau. Il y a ce fil entre eux, caché sous une couche de cendres et de sarcasmes. Il y a cette nuit, qui restera accrochée à sa mémoire jusqu’à ce qu’il en crève. Une nuit, c’est pourtant rien en termes de temps. C’est insignifiant. C’est qu’un coup de vent, un simple battement de cils en comparaison de presque deux siècles. Mais un coup de vent, un courant d’air, ça suffit. A lacérer ses viscères, à rendre malade comme un chien. A marquer de manière irréversible.

Le captif le fixe, innocent et hébété, et le malfrat se crispe davantage sur son siège. Il doit se retenir de Lui retourner une droite directement, comme il le ferait avec n’importe qui d’autre. Il doit se rappeler que la violence physique ne mènera à rien, pas en cet instant du moins. Ses paupières se referment nerveusement sur l’obscurité, trahissant son impatience, avant de se rouvrir sur le décor putride. « - Ah non, tu ne vois pas ? Ne commence pas à tirer sur la corde et à me prendre pour un con, tu devrais pourtant savoir que c’est le meilleur moyen de m’énerver. Tu as épuisé tous tes jokers… » Assène t’il rudement, la voix aussi blanche que les jointures de ses phalanges. Les barrières de nacre serrées à s’en rompre la mâchoire. Fébrile, il n’est certainement pas d’humeur à jouer aux devinettes. Il ne l’est jamais, en vérité. A-t-il donc laissé trop de libertés au finlandais pour qu’Il ose le défier ainsi, si souvent, si naturellement ? Il est évident que oui. La barrière normalement érigée entre un patron et son employé n’est plus qu’un mirage, dont il a achevé d’estomper les contours indistincts lorsque ses reins brûlants se sont ancrés aux Siens. Il est dans l’obligation de recadrer le privilégié. « - Si tu tenais vraiment à m’échapper, tu aurais mieux fait de choisir un autre endroit où te vautrer comme un porc dans sa fange. » L’affirmation résonne dans l’air vicié, dégouline de mépris. Le débauché se permet de Lui donner des leçons avec une mauvaise foi affolante, distingue la paille dans l’œil de son voisin mais pas la poutre dans le sien. « - Je commence à croire que tu n’es pas un génie finalement. Tu te fais systématiquement attraper. Et on dirait que la lumière manque à plusieurs étages. Avoue-le, c’est ta sœur qui piratait les systèmes informatiques, et tu t’es contenté d’en prendre le blâme à sa place ? » Méchanceté gratuite. Il s’en veut aussitôt, de tomber si bas. De l’écorcher comme s’il cherchait à se venger à retardement de Sa proximité avec son frère. Mais il lui en veut, à Lui aussi, de ne pas avoir suffisamment pris Ses précautions. De s’être fait repérer comme un bleu. D’être un danger public. Construire des châteaux de sable, et sauter dessus à pieds joints.

Les allusions à l’indienne font courir un frisson désagréable le long de son échine, lui font avaler de travers sa salive. Les révélations du présentateur suicidaire ont laissé des traces, ont creusé des sillons écarlates impossibles à panser. Le sceau de la trahison s’est apposé partout, et le souffle de l’explosion n’a laissé qu’un champ de ruines. Mais ce n’est pas Son interrogation légitime qui lui fait le plus mal. Ce qui le ronge comme de l’acide, c’est qu’Il ne semble pas songer une seule seconde à demeurer dans ce trou à rats sans lui. Il croit qu’il s’agit d’une nouvelle planque, qui va abriter leur malsain ménage à trois en attendant de se faire oublier des autorités. La vérité lui apparait soudain ingrate et hideuse, mais il n'est pas en mesure de reculer. « - Elle n’en connait même pas l’existence mais le luxe n’a aucun attrait pour elle de toute manière. Elle sait se contenter du strict nécessaire sans se plaindre. » Sanjana n’est pas comme lui. Elle ne cherche pas à prendre de revanche sur une enfance misérable. Sa compagne d’infortune n’est pas vénale, pas attirée par la richesse et l’opulence. Leur manoir pimpant ne représente qu’une énième prison, même si les barreaux de la cage sont dorés.

« - En revanche, tu ne t’es pas trompé sur mon compte. Tu es le seul qui déménage ici. » L’annonce se fait d’une traite, comme un pansement qu’on arrache vite pour moins souffrir. La blessure en dessous est cependant toujours à vif, et il sent un morceau de son palpitant se décrocher avec. Il croyait qu’il serait plus facile de l’abandonner là, dans ce taudis, que de le chasser de chez lui. C’était terriblement naïf. Pour se donner bonne figure, il enchaine cependant, acerbe et venimeux : « - Storyville, le quartier de prédilection des dealers, des camés et des prostituées. Tu devrais t’y sentir dans ton élément. » Il en doute. Fortement. En dépit des apparences désastreuses, le mafieux n’en mène pas large. Son cœur cogne comme un fou à la dérive, érafle ses poumons noirs comme la suie. Son sang pulse contre ses tempes à toute vitesse et tout d’un coup, il ne parvient plus à se contrôler. Sans crier gare, il se redresse du moelleux de son fauteuil miteux. En un bond, il se retrouve debout et proche du matelas grinçant. Ses doigts rêches agrippent brutalement Son bras frêle, Le contraignant à se mettre d’aplomb et non allongé passivement sur les draps. « - Putain Aleksi, qu’est ce qui t’as pris ? A cinq minutes près, tu étais bon pour finir entre quatre planches de bois… C’est ça que tu veux ? » Siffle t’il, en Le secouant avec véhémence. Ses rétines translucides poignardent les émeraudes au vert si entêtant. Furibondes et colorées d’une lueur ô combien étrange et incongrue : l’inquiétude. Une partie du masque de cire fond.

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MessageSujet: Re: Draw our lines {.pv}   Sam 14 Juin - 20:54


L’agressivité et la rudesse de Sa voix m’écorchent les oreilles. Mon crâne se fendille, s’étiole et sa destruction s’accompagne d’une migraine qui ferait monter les larmes à mes yeux si je les laissais faire. Je ne veux pas me montrer plus faible que je ne le suis déjà en Sa présence. Trop de fois, Il aura été le témoin de mon impuissance, de cette fragilité qui me dévore et me relègue au rang de créature juste bonne à être trainée dans la boue. Puis achevée ensuite sans la moindre hésitation. Un défaut qui me poursuit depuis ma naissance, dont j’aurais peut-être pu me défaire si je l’avais vraiment voulu. Ce que j’ai longtemps considéré comme une tare, est devenue un atout une fois en prison. Le faible est facile à fracasser, et il ne réplique jamais. Celui qui se cache derrière une prétendue faiblesse en revanche, peut parfois être capable de rendre les coups. J’en suis capable. Mais pas cette fois. Sa réplique me fait serrer les dents, et je ravale la salive acide venue se coller sur ma langue pour éviter le revers de lame. Je connais les limites de Sa patience, pour les avoir étirées jusqu’à leur maximum un nombre incalculable de fois. Je l’avoue. Je joue du lien exécrable qui se tisse entre nous. En abuse parfois pour me donner l’illusion que je suis au-dessus des autres. Qu’Il me déteste autant qu’Il peut m’apprécier. Il ne me croit pas, et ce constat fait peser encore un peu plus le poids qui m’écrase les épaules. Et je m’affaisse, courbe l’échine tout en essayant de faire rentrer de l’air dans mes poumons meurtris. La souffrance m’est familière, mais cette fois, j’ai l’impression qu’elle n’épargne aucun recoin de mon corps. Le moindre mouvement me détruit de l’intérieur, le plus inconscient des mécanismes me déchire la poitrine et garder les yeux ouverts me donne la sensation d’avoir des larmes de rasoir dans les rétines. Je baisse le regard, me heurter contre ce rivage de mauvaise humeur et de froideur achève de me réduire en miettes. Les chiens du Gouvernement n’ont pas réussi à me détruire, Kyran y parvient d’un simple regard. C’est pathétique quand on y pense, de se sentir mourir sous la force d’une unique œillade assassine. Emplie de dégoût, d’indifférence ou de haine, peu importe, le résultat reste le même.

« - Tout est prétexte à t’énerver de toute manière. Tu as déjà pensé au yoga ? » La corde se tend d’un seul coup. Je tire dessus comme le dernier des benêts. Comme si c’était une obligation, de Le provoquer sans cesse. Avec Lui ou avec un autre, c’est une habitude chez moi. D’user d’ironie et de moquerie pour attaquer et blesser. Les mots peuvent être bien plus assassins que les coups, les types de mon genre le comprennent bien rapidement. « - Même dans un trou de souris au fin fond du désert, tu me retrouverais, qu’est-ce que ça change ? » La légèreté forcée s’accompagne d’un simulacre de haussement d’épaules qui m’arrache une infime grimace de douleur. Mon corps se crispe tout entier et je retiens mon souffle, attendant que la vague d’affliction s’écrase quelque part contre ma peau et me laisse tranquille jusqu’à la prochaine marée. Génie, l’appellation me fait froncer les sourcils, m’écœure au plus haut point. Je n’ai jamais supporté d’être rangé dans cette case. Et de recevoir en cadeau tout ce que cela implique. Qu’est-ce que ça changeait, que je sache lire avant les autres ? Que je comprenne les rudiments des équations les plus complexes et des mélanges chimiques les plus instables ? Rien. Du moins pour moi. Un génie dans l’art de s’attirer les ennuis, ce serait tellement plus véridique. Je me renfrogne un peu plus. « - Je n’ai jamais eu la prétention de me présenter comme tel. C’est toi qui m’as pris pour un de ces phénomènes de foire en m’embauchant. Tu as mal fait tes recherches. » La suite de Sa phrase me laisse sans voix. L’organe qui se brise contre mes côtes rate un battement, se serre pour se vider de tout son sang comme une vulgaire éponge qu’on tordrait un peu trop, avant de repartir de plus belle. « - Tu… comment sais-tu que… Tu la connais ? » Je prends le risque de reposer mon regard sur Lui. De sonder l’acier de Ses prunelles, tout en essayant d’effacer au mieux la curiosité qui me ronge. Je dois me faire violence pour éviter de l’accabler de questions supplémentaires. Pour ne pas lui montrer que Son attaque me blesse plus qu’il ne le faudrait. Et que la mention de ma cadette m’intrigue autant qu’elle peut m’inquiéter.

« - Tout comme toi. Le luxe et le vice, deux éléments qui régissent ton petit monde merdique. » La froideur qui suinte de mes paroles m’étonne, résonne contre mon crâne comme si elle émanait de quelqu’un d’autre. L’attaque s’accompagne d’un sourire forcé. Une réponse supplémentaire à la remarque qu’il vient de me faire. Mon esprit fatigué a éludé une partie de Ses mots assassins, et certains éléments viennent juste de me revenir en mémoire. « - Le seul ? Tu prends le risque de me laisser ici, sans surveillance ? Ou alors… Serais-tu en train de me virer ? » Hébété, stupéfait ? C’est un rapide résumé de ce qui peut se passer entre mes deux oreilles. J’espère avoir mal entendu, mal compris. Après tout ce qu’Il m’a fait subir, la surveillance rapprochée et la misérable séquestration, qu’Il décide de me laisser seul ici me surprend. Une simple erreur. Une grossière erreur, stupide et pleine de répercussions. La goutte de trop et me voilà mis dehors comme un misérable. Je m’en mords la lèvre et ravale le ressentiment qui me frôle la langue, tout en serrant le poing avec difficulté. J’aurais dû m’en douter, m’y attendre, mais la façon dont la chose a été mise sur le tapis me laisse sans voix. Jeté sur le bas-côté sans la moindre précaution, par la fenêtre ouverte d’un engin trop rapide pour arrêter sa course, j’ai la sensation d’être un de ces pauvres animaux que l’on abandonne sur le bord de la route durant le grand chamboulement des vacances d’été. La brutalité du geste et sa soudaineté, me coupe le souffle et je n’ai d’autre choix que d’obéir à sa volonté. J’oppose malgré tout une certaine résistance, essayant tant bien que mal de récupérer mon bras et de L’arrêter, pour finalement faire preuve d’une abrutissante docilité.  La douleur me déchire la poitrine, m’incendie le ventre et filtre de mon épaule jusqu’à mon bras. Blafarde, ma peau rougie dangereusement sous la pression de Ses phalanges agressives.

« - Lâche-moi ! Qu’est-ce que tu vas chercher encore ?! Je ne vois pas de quoi tu… Oh… » Les images se bousculent contre mes pupilles. La noirceur d’une cave insalubre. Le cliquetis d’une seringue qui tombe au sol, le garrot qui se défait d’un seul coup. Les délires, le goût du sang sur la langue et le cœur qui cesse de battre. La force avec laquelle ces souvenirs me reviennent en pleine figure m’oblige à retenir ma respiration. Et lorsque tout s’arrête, je réalise que mes doigts se sont fermement agrippés à Son bras. Je relâche mon étreinte, le souffle en berne et fixe le vide devant moi, le temps que le calme revienne m’envahir. « - C’était ce que je voulais. » Il n’y a pas de faiblesse, ni de honte dans ma voix. Seulement le regret d’avoir échoué et une lugubre gravité. Je n’en suis pas à ma première tentative pour mettre fin à mes jours, et ce nouvel échec me rend morose. Et à cette morosité s’ajoute la douleur de ma faim. Mes doigts tremblent, mes entrailles se crispent avec plus de hargne, et la nausée qui me tord le ventre devient plus forte. La proximité est enivrante ; le contact, dangereusement attirant. J’entends clairement les battements de Son cœur, sens Son sang pulser sous Sa peau et l’énergie incendier la moindre parcelle de Son être. Ca m’obsède. M’excite et attise le vide. Dans mon délire, j’ai même l’affreuse impression de voir mes veines se noircir sous ma chair. « - Kyran… » J’évite de croiser Son regard. Une part de moi prie pour qu’Il s’éloigne et cesse de me tenter. L’autre, supplie, implore pour qu’Il ne m’écoute pas et renforce sa prise autour de mon bras. Qu’Il me malmène encore un peu plus et m’offre le signal que j’attends pour satisfaire cette faim qui me consume depuis des jours.

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MessageSujet: Re: Draw our lines {.pv}   Lun 23 Juin - 15:30

Tout est prétexte à t’énerver… Il a raison, il ne peut pas le nier. Il est littéralement et tristement rongé par l’amertume, par la haine d’être né avec un couteau à l’aube de la gorge. Quand tant d’autres naissent avec une petite cuillère en argent en bord des lèvres. La plus répandue des injustices. Le traumatisme a laissé de profondes séquelles, lui rappelle qu’il n’est pas exactement ce qu’il prétend être. Au fond de lui, il reste ce gamin, qui a trop vite et trop mal grandi. Ce gosse qui a vu sa dernière chance de devenir quelqu’un de bien partir lorsqu’il a renié sa demi-sœur, lorsqu’il l’a piétinée de paroles assassines pour tuer leur complicité si singulière. Il a tout déchiré, et les petits bouts de papier se sont envolés et éparpillés dans la brise glaciale de leur pays natal. La colère ne l’a pas quitté depuis, elle est devenue son amante la plus fidèle. Elle est supposée être contre Elle, contre ses géniteurs infects, contre cette chienne de vie qui ne l’a jamais épargné. Contre ses employés incapables, contre Lui qui éveille des sensations qui ne devraient même pas pouvoir être logées dans son palpitant. Contre les imbéciles qui régissent ce monde en lambeaux et en furie. Mais en vérité, c’est contre lui et lui seul qu’elle est dirigée. Contre ses mauvais choix, ceux qui l’ont amené à perdre Théodora, puis son frère. Contre le calvaire qu’il inflige jour après jour au finlandais, contre cette fascination répulsive qui les prend au piège. Il se contente de retourner sa rancune à l’envers, parce qu’il est plus facile d’en vouloir aux autres que de se haïr soi-même ouvertement. C’est moins douloureux que de s’avouer qu’on a tout gâché, causé des dégâts irréversibles. Il est plus facile de détester ceux dont l’indifférence nous rend malheureux comme les pierres, que de se reconnaitre une part de culpabilité funeste.

« - Et toi, tu as déjà pensé à tourner ta langue sept fois dans ta bouche avant de l’ouvrir, juste pour essayer ? » La riposte se fait sur le même ton, terriblement ironique. C’est une grenade déjà dégoupillée qu’ils se lancent à tour de rôle, en attendant fébrilement qu’elle explose à la gueule de l’un ou de l’autre. La moquerie suivante crispe ses muscles, tant elle met en relief une niaiserie affligeante. La sienne. Cet attachement pathétique qui le pousse à Le faire suivre, à Le retrouver où qu’Il soit. Cet acharnement compulsif, malsain et profondément risible. « - Ne crois pas que je me donnerais autant de mal pour toi, je ne t’accorde pas assez d’importance. Si je te retrouve à chaque fois, c’est seulement parce que tu le veux bien et que tu ne te perds pas bien loin. » Le mensonge glisse sur ses lippes, vient Le souiller perfidement. Il ne cherche qu’à redorer le blason de sa fierté, en Le rabaissant odieusement. Et il ne se sent que plus misérable, de se sentir obligé de le blesser et de l’humilier pour ne pas admettre qu’Il compte. Qu’Il compte vraiment.

L’allusion à Sa cadette ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd et même s’il se dit que c’est de bonne guerre, il se sent honteux de la mentionner de la sorte. Elle n’est qu’un nom, découvert lorsqu’il a enquêté sur Lui avant de l’enrôler de force dans son armée. Il n’a pas cherché à fouiller davantage, à mettre un visage sur ce lien de parenté. Ça l’intrigue pourtant, à quoi elle peut bien ressembler. Il se demande ce que ses traits ont de commun avec les Siens. Si comme Lui elle est aussi attirante qu’elle peut être insupportable. Il se demande si elle partage Son charme singulier et insolite, cette étrange chimie qui l’a cloué au pilori dès le premier soir. La légère panique qui vrille l’émeraude de Ses rétines et Le fait bafouiller lui fait esquisser un rictus sardonique. Il n’est jamais bon d’être dans ses fréquentations, Aleksi ne le sait certainement que trop bien. Un instant, il songe à faire semblant. A sous-entendre qu’il la connait intimement. Mais il a pitié de Lui, et il secoue la tête négativement. « - Pas personnellement. Mais je constate que je n’ai pas été si mauvais que ça dans mes recherches. » Susurre t’il, distillant une menace sous-jacente : s’il s’échine à se rapprocher d’Ezra, il détient désormais également un moyen de pression.

Son cœur tremble, vacille et trébuche. Il creuse un gouffre de questions sans réponse, de contradictions déconcertantes. Lui-même a du mal à réaliser ce qu’il vient de faire. Ignore s’il pourra supporter au quotidien ce vide, qui ne fera que gonfler jusqu’à l’engloutir dans un néant effrayant. Il se fait violence pour se ressaisir et asséner le coup de grâce. « - Je ne suis pas en train, c’est déjà fait. Je n’ai pas de temps à perdre avec des branques incapables de ne pas se faire repérer, et qui me font perdre du temps et de l’argent en fuguant sans arrêt. Ta remplaçante sera peut être moins incompétente et plus docile. Tu peux t’estimer heureux que je me contente de ça, je devrais te liquider pour m’assurer que tu n’iras pas vendre tout ce que tu sais. A moins que ce ne soit déjà fait ? » Tous ceux qui ont le malheur de travailler pour lui l’ont appris à leurs dépends, on ne démissionne pas d’un tel travail. On continue jusqu’à rendre l’âme, ou on termine une balle dans la tête. Il se sert de ses fourmis puis les jette comme des mouchoirs usagés dès qu’elles n’ont plus aucune utilité. Il s’assure de prendre ses précautions et de les éliminer, de les rayer de la surface de la terre. Peu enclin à mettre ses projets en péril de quelque manière que ce soit. Ils n'incarnent que des pions interchangeables. « - Et puis ce n’est pas ce que tu souhaitais après tout ? Retrouver ta chère liberté. Tu me l’as suffisamment fait comprendre. Plus besoin de semer tes gardes du corps, de cohabiter avec des gens que tu exècres. Tu devrais apprécier cette faveur à sa juste valeur… » Dans un sens, il est persuadé qu’Il ira infiniment mieux sans lui. Le scandinave ne fait qu’aggraver Ses vices, qu’accentuer Ses délires et Ses névroses pathologiques. Il est toxique, et Il finira par en crever s’Il se laisse contaminer sans broncher.

La distance de sécurité est soudainement rompue. Les interrogations fusent, percutent Sa carcasse encore affaiblie. Il ne réagit pas lorsqu’Il lui ordonne de lâcher prise, il maintient le contact et fronce les sourcils lorsqu’Il s’accroche finalement à son propre bras. Le murmure qui s’accroche à ses tympans fait courir des frissons irrépressibles le long de son échine. Dérouté. Il ne s’attendait pas à une franchise si désarmante. Son prénom résonne contre sa boite crânienne mais il reste interloqué quelques secondes. Il desserre doucement sa poigne puis recule. Brutalement. Instinctivement. Ses pas l’éloignent du matelas miteux et il Lui tourne le dos. Il se passe la main sur le front, le masse pour tenter vainement de faire disparaitre la migraine qui le lacère. Son sang boue dans ses veines, déclenche d'affreuses douleurs dans les extrémités de ses membres. Les flammes sous sa peau atteignent son palpitant, le lèchent avec ardeur. Avant d’être balayées par le givre, de lui laisser la vague impression d'être abandonné. Frigorifié par en dedans, comme par en dehors. Il finit par se retourner à nouveau vers le malade et il souffle : « - Tu n’es qu’un imbécile. Qu’est-ce que tu crois ? Que c’est le confort du repos éternel qui t’attends ? Ou des vallées chantantes avec des poneys multicolores ? Après ça, il n’y a que l’enfer à perpétuité, la solitude sans échappatoire et la souffrance en perfusion. La vie ressemble à jeu d’enfants en comparaison, et c’est peu de le dire. » Il s’avance, attrape Sa mâchoire pour contraindre les prunelles claires à s’amarrer au métal en fusion des siennes. « - Ne recommence jamais ça. » Ses pupilles tentent de Lui insuffler toute la force de persuasion dont elles disposent. C’est pourtant incohérent, de Lui intimer une telle chose, alors qu’il vient cruellement de l’assommer d’un énième rejet. Alors qu’il est sans doute partiellement responsable de cette envie d’en finir. Alors qu’une fois sorti de cette chambre sordide, il a toujours la ferme intention de redevenir pour Lui un étranger. Et de le rayer définitivement de son esprit aliéné. Naïf de croire qu’il pourra y parvenir. Nerveusement, il se décide à s’éloigner légèrement pour allumer une cigarette et tenter de calmer ses pauvres nerfs. Il en tire une bouffée puis tend le cylindre brûlant vers Lui. « - Maintenant, raconte-moi où tu étais. Tu n’as pas passé toutes ces semaines à te noyer dans le vomi des camés, on t’aurait retrouvé bien avant sinon. Je ne te frapperai pas si c'est ce qui t'inquiète, t’es assez en vrac sans en rajouter. » Insiste t’il, fermement décidé à Le cuisiner jusqu’à obtenir les réponses escomptées. L’amnésie n’est pour lui qu’une vulgaire et piètre excuse, qu’il n’est pas prêt à avaler ni à tolérer.

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MessageSujet: Re: Draw our lines {.pv}   Sam 28 Juin - 20:37


L’inévitable répulsion revient se mêler à la glace qui recouvre Son timbre. Et malgré moi, par l’action d’un réflexe incrusté dans les méandres de mes misérables cellules, je me replie sur moi-même. Moi le vulgaire insecte qui s’enfuit à la moindre secousse. Si je l’admire, Sa fierté maladive de mâle dominant, je l’exècre pour ce qu’elle peut glisser dans son cerveau et dans ses mots. Pas assez d’importance… J’ignore ce que j’espérais. Peut-être de ne pas avoir été le seul à me fourvoyer et à s’enliser dans des délires puérils. Qu’il soit honnête dans ses paroles comme dans ses actes et que le peu d’estime qu’il peut me concéder ne le pousse pas à venir se heurter contre mes reins. Le simple fait d’y penser me rend malade. J’ai froid mais la chaleur me dévore le ventre. Incendie mes reins et engourdie mes membres. Même à moitié mort, rongé par la fatigue et la faim, le désir impérieux qui me possède parvient à se frayer un chemin jusqu’à mes nerfs. Tire, écartèle et détruit les fibres encore saines pour les pervertir comme tout le reste de la mécanique. J’en pousse un infime soupir, qui meurt étouffé dans ma gorge avant même d’avoir réussi à atteindre mes lèvres. Un grelottement fait claquer mes dents et mes bras viennent se nouer autour de ma poitrine. Submergé par une nouvelle vague de fatigue, mes paupières se ferment et je lutte pour retenir tout ce qui est en train de se déchaîner en moi.

« - Evidemment. J’apprécie tellement cette sensation d’être du gibier. La petite bestiole que l’on traque pour mieux fracasser une fois de retour dans sa cage. » Le sarcasme devient cinglant. Empli de reproches et d’une profonde rancœur. Je lui en veux. Pour tout ce que j’endure depuis que ma route a croisé la misère de la sienne. Il détruit tout ce qu’il touche. Et en parfait gibier charmé par les artifices de son traqueur, je me suis laissé toucher. Et maintenant je suis en train de me détruire de l’intérieur. L’angoisse est pernicieuse. Silencieuse, elle roule sous mes doigts et s’enroule autour de ma trachée. J’ai peur qu’il ne La touche, Elle aussi. Une part de moi essaye de Le croire, l’autre s’y refuse. J’ai vu de quoi le scandinave est capable. Assisté à la débauche de son esprit ravagé. Autant que le mien. Et j’ai peur pour ma sœur. Ce ne serait que justice, moi qui me sers de son cadet pour mieux L’atteindre dès que l’occasion s’en présentera. « - J’aurais préféré que tu le sois. » Je ne fais que le murmurer, accablé par le poids de questions et de suppositions qui me détruisent le cerveau. Je brûle d’envie de Le questionner plus avant. De tirer sur la corde jusqu’à ce que la vérité ne s’échappe de Sa bouche. Qu’Il reconnaisse, avoue la connaître. L’avoir déjà vu, accosté. Je suis en train de me faire du mal en imaginant la suite. Et je serre les dents pour ravaler le violent haut-le-cœur qui menace de me faire recracher mes tripes, ou ce qu’il en reste, sur le plancher miteux. C’est déjà fait. Le coup de poignard me lacère la poitrine. Déchire les chairs et les muscles pour se diriger inévitablement vers le cœur qui s’emballe au rythme de mon souffle. La chute est vertigineuse et elle m’en donne le vertige. Sensibilité à fleur de peau que je peux te détester. Je m’en veux de me sentir accablé par cette nouvelle. Alors qu’au fond, je m’en doutais. Je secoue lentement la tête, comme si je cherchais à nier. Les traits tirés, rongés par la faim, la chaleur s’extirpe de mon visage  et lui confère une froideur digne du plus beau fjord finlandais. L’émeraude s’efface, se mêle aux nuances sombres de l’ambre et lorsque je pose mon regard sur Kyran, il n’y a plus rien. Rien qu’Il ne puisse lire. Rien qu’Il ne connaisse ou n’ait déjà vu.

« - Tu n’aurais jamais dû m’enrôler dans ton délire, tu le savais, dès le départ, qu’on me repérait facilement. Tu t’es tiré une balle dans le pied tout seul. Ma remplaçante ? Je vois… » Mes cordes vocales vibrent, je les sens mais la voix qui m’échappe ne m’appartient pas. J’ai retrouvé les notes de mon accent d’antan et perdu la chaleur des variantes conférées par le flegme britannique. « - Tu vas la virer elle aussi, une fois le test ‘d’aptitudes’ passé ? Tu lui as dit, que tu avais fricoté avec son prédécesseur, que ça fait partie du contrat ? Tu leur dis, à elle et à toutes les autres, que tu as sauté un ancien taulard sans même prendre la peine de te protéger ? » Je le toise, aussi venimeux qu’un cobra en colère. « - Si ça trouve, tu es déjà condamné. » Je ne sais pas ce qui m’a poussé à cracher tout ça. Ni à accompagner ma dernière allusion d’un mouvement de tête dédaigneux en direction de Sa silhouette. Frapper là où la douleur sera la plus intense. Lui comme moi, nous excellons dans ce domaine. « - Je l’apprécie. Le simple fait de ne plus avoir à supporter tes sautes d’humeurs incessantes me contente d’avance. »  Un sourire satisfait accompagne mes paroles. Je détourne le regard, m’apprête à me laisser retomber sur les oreilles lorsque Ses doigts m’agrippent. La brutalité légendaire du Viking mal léché. Il ne manquerait que la tignasse emmêlée et la barbe à rallonge pour que le tableau soit complet. Je retiens mon souffle. En apnée, je me laisse dériver dans les courants de ma mémoire. Me laisse bercer par les chants des sirènes de ma faim. Jamais elle ne m’avait paru aussi attirante. Ma révélation fait son effet, je le vois bien. Trop fragile pour être capable de faire une chose pareille, c’est ça ? La question et l’ironie restent enfermées contre mes lèvres. Je ne veux pas en connaître la réponse, je me fiche de ce qu’Il pense.

« - Bien sûr, et des éléphants roses qui sautillent partout. Tu me prends vraiment pour un con ? Ici ou là-bas, le résultat serait le même de toute manière. » Ses remontrances m’agacent, et l’acide qui me détruit la langue devient difficile à ravaler. Je me fiche de Ses avertissements. Et encore plus de Son ordre, ridicule, après ce qu’Il m’a balancé à la figure. Que je recommence ou non, Kyran sera le dernier à le savoir. Je m’y emploierais cette fois. Je me mure dans le silence, fronce les sourcils et repars déambuler au milieu des brumes de ma mémoire. Les pièces ont commencé à se rassembler, et le dessin qu’elles représentent devient déjà plus net. La prison et les heures interminables de torture, me glacent d’horreur. L’overdose me laisse un arrière-goût amer dans la bouche. Et les morceaux manquants, je n’ai pas besoin de les retrouver. Le sens principal de toute cette sombre mascarade est clair. Limpide. Un peu trop peut-être.

« - Vous avez mal cherché c’est tout. Ta bonté te perdra. » Désinvoltes, mes épaules se haussent et retombent presque aussitôt, rabaissées par la douleur qui me fendille les vertèbres et la poitrine. L’odeur du tabac m’indispose. Tiraille mes envies et mes répulsions. Attise la nausée qui se fraye un chemin jusque dans ma gorge. « - Ai-je vraiment besoin de te raconter ? Tu t’en doutes, pas vrai ? » Me replonger dans ces souvenirs me dérange tant ils peuvent être douloureux. Trop récents. Encore ancrés à ma peau, que je scrute un moment, oubliant jusqu’à Sa présence tant les hématomes et les entailles exercent sur moi une morbide fascination. « - Ils m’ont jeté en prison. M’ont torturé comme un vulgaire rat de laboratoire. C’est ce qu’on est pour eux, des sujets d’expériences. » Lâché d’un traite, l’aveu fait trembler aussi bien ma voix que mes membres. Les tortures, j’aurais réussi à les supporter, à y repenser sans trembler. L’emprisonnement en revanche. Je suis comme le gamin qui craint la présence de l’ombre sous son lit. Tremblant dans le noir au moindre bruit dérangeant tant la panique peut me dévorer. Le silence retombe dans la moiteur de cette pièce miteuse. Et avant même que je ne me ravise et m’intime à l’immobilisme, je repousse draps et couverture pour me mettre difficilement sur mes pieds. Ce n’est qu’une fois debout que je réalise à quel point mon état peut être critique. La sensation de manque devient insupportable, les tremblements qui agitent mes doigts s’accroissent et les tiraillements sous la peau se font plus violents. D’un raclement de gorge, je me redresse au moins et me rapproche de Kyran. L’hésitation me frôle la nuque, une seconde puis se voit balayer par le besoin de provoquer. Et surtout, par celui de me rapprocher, de me laisser enivrer plus avant par cette énergie qui afflux dans Ses veines. Mes doigts se glissent contre son épaule, agiles, les autres s’emparent de la cigarette et la porte à mes lèvres. La nicotine crépite dans mes poumons, embrase les braises et me fait tressaillir de plaisir.

« - Tu perds peut être ton temps et ton argent avec les branques qui t’entourent, mais tu as encore de beaux jours devant toi. Je n’ai rien dit concernant tes plans. Tu vois, je sais tourner sept fois ma langue avant de l’ouvrir. » La moquerie est évidente, s’accompagne de l’ébauche d’un sourire sarcastique tandis que mes doigts se crispent contre son épaule. La cigarette revient s’échouer entre Ses lèvres et je le lâche, recule pour libérer mes jambes du supplice de me tenir debout et je m’assois à nouveau sur le matelas.

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MessageSujet: Re: Draw our lines {.pv}   Jeu 3 Juil - 21:24

Deux billes polaires le dévisagent et la vague de glace qui s’échoue sur sa misérable carcasse le pétrifie sur place. Le gibier ne bat pas en retraite. Il affronte son traqueur avec un courage suicidaire, et le piètre chasseur sent son hardiesse fondre comme de la cire brûlante. Il regrette un instant de ne pas s’être contenté d’un mot impersonnel déposé sur la table de chevet, où aurait été écrit sans plus de fioritures qu’Il était viré. Que Ses services n’étaient plus requis. Ou de ne pas avoir chargé un autre de ses employés d’y procéder de vive voix. Mais non. Il a préféré prendre racine dans ce taudis. Trop angoissé par Son état désastreux de santé pour ne  pas rester à proximité, pour ne pas s’émouvoir du moindre battement de cils encourageant. Il ne le saura sans doute pas, Aleksi, qu’il a passé des heures à veiller Ses nuits agitées. Qu’il a repoussé des affaires bien plus urgentes pour Le regarder se débattre dans les limbes. Qu’il a redouté qu’Il perde le combat acharné. Il ne lui dira pas, qu’il connait maintenant Ses traits fins par cœur. Qu’il pourrait les redessiner les yeux fermés, à main levée. Qu’il a préféré la compagnie d’un comateux à la chaleur d’étreintes sans âme avec des poupées enjôleuses. Il ne l’avouera pas, qu’il a eu aussi peur que la fois où son petit frère est tombé malade, et qu’il a attendu fébrilement pendant des jours entiers que la fièvre daigne retomber. Il n’était qu’un gosse, mais il se souvient encore avec une précision aiguisée de la main de fer qui a broyé ses organes sans pitié. Mais non, aucune de ses paroles ne trahit son profond attachement et le vil désarroi qui a été sien. Il préfère Le fixer avec mépris et l’assiéger de paroles perfides. Il s’attend à ce qu’Il encaisse l’affront sans broncher, tout en espérant silencieusement qu’Il se révolte. Qu’Il l’empêche de faire une énième rature sur leur toile déjà entaillée et boursouflée. Sauf que le finlandais a sans doute fait le tour des excuses à lui coller sur le front, il n’en reste certainement plus aucune pour cautionner son comportement abject et affligeant. Mais Il peut encore lui planter sa colère en plein torse.

« - Après tout ce temps passé entre les barreaux, j’espérais que t’aurais enfin appris à couvrir un peu tes arrières. Mais t’as raison, j’aurais pas dû fonder des espoirs sur le pauvre crétin qui n’a rien trouvé de mieux que de récidiver en prison. » Siffle t’il, son arrogance démontrant à nouveau qu’il n’existe aucun rempart contre sa connerie. A croire qu’il n’a que ça à Lui offrir, son dédain et sa mésestime. C’est plus fort que lui, ce besoin irrépressible de Le rabaisser. De Le fracasser. Et pourtant. Il l’admire quelque part, d’avoir fait preuve d’une telle audace. Une audace éclaboussée d’inconscience et d’imbécilité certes, mais de l’audace malgré tout. Il se demande aussi pourquoi le Gouvernement ne lui a pas offert un emploi haut placé au lieu de Le brider et de Le brimer. Incapables de reconnaitre le talent à portée, de l’apprécier à sa juste valeur. De la même manière qu’ils anéantissent les membres de leur race plutôt que de les recruter pour en faire des armes de destruction massive. La fureur de l’informaticien évincé l’égratigne, le venin coule comme de l’acide. Le liquéfie lorsque les images scabreuses prennent forme dans son esprit détraqué. Son sang boue littéralement dans ses artères, remonte à sa figure pour la teinter d’écarlate. Il doit se retenir de Lui sauter à la gorge, et de serrer, serrer, serrer jusqu’à Lui broyer les cordes vocales. Il en crève, de les sentir exploser sous sa poigne de fer et qu’Il s’étouffe avec. Il ne suffit pas d’y songer sans répit. Il ne suffit pas que rien ne parvienne à supplanter ni à estomper la nouvelle saveur qui hante son palais. Celle si suave et entêtante de Sa peau diaphane, qu’il se haït de rechercher constamment sur le bout de sa langue. Il ne suffit pas d’être rongé par l’envie viscérale de recommencer, de laisser les flammes lécher ses reins et embraser littéralement ses entrailles. Ni d’être dévoré par une honte si cuisante qu’elle affecte tous ses sens et aggrave sa paranoïa naturelle. Non, comme si la torture n’était pas suffisamment intense et remarquable, il fallait l’entendre à voix haute. Et sentir sa fierté imbuvable de mâle dominant se faire écraser au rouleau compresseur. « - Boucle-la. » Entre ses dents serrées, le grognement semble sorti du fin fond de son ventre, d’une voix rauque empruntant les pires accents de son courroux. L’éruption volcanique est incontrôlable. Les barrières de nacre menacent de se pulvériser l’une l’autre tant il verrouille sa mâchoire, les pupilles assassines. Il n’arrive pas à assumer. Son poing se ferme, si fort que ses ongles percent l’armure fragile de son épiderme. La violence est une solution si simple à la plupart de ses problèmes, qu’elle en devient presque un automatisme. Ses sphères azurées virant au gris comme l’océan sous la tempête. « - Et toi, tu leur as dit ? Que t’étais allé si loin avec ton propre geôlier, que t’attendais que ça depuis des mois ? Que t’as éprouvé du désir alors que des sales types dans son genre étaient passés avant lui en taule ? Peut être que ça te déplaisait pas tant que ça, finalement. » Le malfrat se débecte de se montrer si infect. S’en veut instantanément pour l’infamie qu’il vient de débiter, pour cette accusation gratuite qu’Il ne mérite en aucun cas. Inapte à s’excuser, son ton devient toutefois moins virulent. Mais reste horriblement désagréable. « - Putain, mais qu’est ce que tu t’imaginais ? Que ça allait devenir sérieux ? Que ça allait s’élever au dessus de la grossière erreur de parcours ? Que j’allais pas le regretter amèrement après ? Je t’avais prévenu. J’y peux rien si t’as voulu te persuader d’autre chose comme toutes ces femelles niaises et leur mythe risible du prince charmant. T'avais qu'à pas te raconter des histoires. »

Un rictus mauvais accroché aux lippes, il agrippe brusquement Sa nuque et Le rapproche de sa bouche pour Lui murmurer des horreurs à l’oreille. « - Et de toi à moi, je crois que tu risques plus dans cette affaire. De toute façon, nous sommes déjà grignotés par la mort, c’est pas une saloperie supplémentaire qui y changera quoi que ce soit. Mais soit, je tâcherai de me protéger avec elle, et celles qui suivront pour ne pas leur refiler tes infections. » Il le relâche aussitôt sa tirade achevée, si fébrile que ses doigts tremblent néanmoins comme des feuilles. Il n’aspire qu’à L’abimer, qu’à feindre l’indifférence, mais son propre corps le trahit sans état d’âme. Il s’éloigne du matelas, autant pour le dissimuler que parce que Son aveu le touche et le blesse plus qu’il n’est apte à l’admettre. S’il est l’ombre de Ses pas, Aleksi est le souffle de ses poumons, il a besoin de savoir qu’Il respire toujours. Même si c’est sans lui, l’absence physique n’a rien de comparable avec le vide abyssal qui lui déchirerait la cage thoracique s’Il trépassait. Le plus beau des cancers, le plus affreux des antidotes. Il ne peut pas arracher le parasite de son palpitant, toute la sève s’écoulerait en dehors et finirait par le tuer. Lui-même n’est qu’un vulgaire insecte, qui ne peut s’empêcher de retourner se griller à Sa lumière au lieu de se tenir sagement éloigné. « - Assez oui, pour croire que le résultat serait identique. » Et si tu le souhaitais vraiment, tu opterais pour une méthode plus radicale que l’injection de drogues. De crainte de Lui donner des idées funestes, il préfère cependant garder sa théorie pour lui.

Des rats de laboratoire… C’est ce qu’ils sont, effectivement. D’ignobles anomalies juste bonnes à être persécutées puis rayées de la carte. Il en a fait les frais, au même moment que Lui. Placé à l’isolement au sein d’un escadron répressif, repère de choix pour exercer en toute impunité une bestialité sans bornes. Muet, il se garde toutefois de faire un commentaire. Le norvégien se contente d’écouter, hypnotisé par le mouvement de Ses lèvres. Il retient sa respiration lorsque les serpents s’enroulent autour de son bras, et que Son souffle enivrant le frôle. Forgées d’un acier trempé, ses prunelles transpercent Sa silhouette rachitique. Il n’y a pas que les bleus, ni les marques violacées ou les plaies vermeilles. Il y a aussi cette maigreur affolante, qui laisse deviner le contour de Ses os meurtris. Pour autant, Il dégage hélas encore ce charme séduisant et insolent, qui transpire de tous ses pores. Le piteux myocarde tapi entre ses côtes se rue contre ses parois de chair lorsqu’Il retourne sur le lit, comme s’il cherchait à rattraper les secondes perdues. Il inspire une bouffée de nicotine, se rassérénant du goût capiteux qu’Il vient d’y imprégner. Le silence s’appesantit, gagne en épaisseur avant qu’il n’articule : « - Pourquoi ? » La question est d’une simplicité enfantine en apparence, surement plus compliquée en creusant. « - Pourquoi tu ne m’as pas trahi ? Ils t’auraient relâché plus rapidement, ne t’auraient pas torturé autant. Tu ne me dois rien, après tout. Tu ferais une taupe parfaite. » Une part de lui reste septique. L’autre réalise avec effroi qu’elle Le croit, aveuglément. Il rompt la frêle distance, pose la main qui ne tient pas la cigarette contre Son cou. Il n’y a pas de brutalité, pas de menace. Le geste pourrait quasiment être qualifié de tendre. Les rétines rivées sur Sa jugulaire, il glisse ses phalanges libres sur Ses veines. Il fait plusieurs passages, doucement avant d’appuyer davantage. Comme s’il cherchait à les faire ressortir, devenir plus saillantes. Le manège dure un certain temps avant qu’il n’assène durement : « - Depuis combien de temps tu ne t’es pas nourri ? C’était le plan B, si tu ne parvenais pas à t’empoisonner correctement ? Ou c’est seulement du masochisme aigu ? » Ses intonations ne cachent pas son opinion. Refuser d’assouvir sa faim est pitoyable, et un fléau beaucoup trop répandu chez ceux qui partagent leur essence.

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MessageSujet: Re: Draw our lines {.pv}   Lun 7 Juil - 21:21


Nous sommes deux à avoir espéré une telle chose. Je pensais, dur comme fer pouvoir changer quelque chose et ranger mes travers dans une boite. Il a raison, je suis un crétin. Le blâmer ne servirait à rien, supplier pour qu’il revienne sur sa décision encore moins. Après ce qui m’est tombé sur les épaules, je préfère encore cette situation. Qu’il me rende service en m’éloignant d’un ordinateur pendant quelque temps. Qu’il m’aide à faire en sorte que l’on m’oublie. M’oublier, comme si c’était possible. Je suis fiché maintenant ; mon nom écrit en lettres rouges dans un dossier sagement rangé dans le tiroir des types à surveiller et à éliminer si jamais ils venaient à faire de nouvelles vagues. J’en frissonne comme un imbécile. La petite voix faiblarde qui résonne dans mon crâne me pousse à en rester là. Tente de me contraindre au silence et de reprendre mon rôle de légume amorphe juste bon à cligner des yeux. Trop de choses se déchaînent sous ma peau pour que je parvienne à rester de marbre. Je suis un mélange détonnant d’envies et de besoins contradictoires. Ils se heurtent les uns les autres. Se déchirent et me dévorent de l’intérieur. J’en suis réduit à serrer les dents, pour être certain qu’elles ne se mettent pas à claquer sous la force des tremblements qui me gagnent. La douleur était psychique, elle commence à devenir physique. Déjà après ma libération, je me suis rendu compte que ma capacité à rester calme avait perdue de sa superbe. Alors depuis que je me retrouve à côtoyer Kyran, le niveau de tolérance a encore baissé d’un cran. J’en ai honte, de me laisser emporter, d’entrer dans Son jeu avec une aisance qui me terrifie.

« - Les crétins n'apprennent rien. Et tu dois le savoir mieux que moi, ce n’est pas évident de se défaire de ses dépendances. » Après le silence, la réponse tombe. Et les mots la suivent. Le torrent d’ignominies qui se déverse de ma bouche me cloue au pilori. Le souffle court, le cœur réduit en miettes par tant d’acharnement à vouloir Le faire souffrir. Je n’ai pas le temps de chercher à comprendre pourquoi je me suis laissé entraîner sur la voie de la vulgarité et des blessures gratuites, la riposte arrive déjà. Fulgurante, aussi dévastatrice que mon attaque j’en reste muet un instant. L’envie irrépressible de frapper, je l’ai vu se glisser contre Son poing. L’envahir tout entier pour régler le problème de la meilleure manière qui soit. La solution est aisée, tentante aussi. Moi je me contente de serrer les dents et de Le fusiller du regard. Partagé entre une vive colère et l’amertume de la honte. C’est trop facile comme infamie. Presque autant que celle que j’ai utilisée juste avant. Je tente d’avaler ma salive mais elle me brûle la gorge. Je la sens glisser sous ma peau comme de l’acide. Je hoche la tête, accusateur, je rejette tout ce qu’Il vient de dire. « - Il n'y a que toi dont la liste des conquêtes soit aussi grande que la Bible et la Déclaration des droits de l'homme réunies. Et quand bien même, je n'ai pas à me cacher de quoi que ce soit. Ca n'avait rien à voir... » Les derniers mots restent coincés dans ma gorge, agrippés sur ma langue, ils ne franchissent que faiblement l’air qui nous sépare. Je me débine, me ferme comme si ce replie pouvait m’être salutaire. Et la suite des hostilités me vrille les tympans. Je me renfrogne, fronce les sourcils et sans même le voir, je sais que mon regard vient de s’assombrir encore un peu plus. Comment ai-je pu en arriver là ? Quand je n’aspirais qu’à me brûler contre Sa peau et m’échouer contre Ses lèvres, je n’ai plus qu’une envie : les écorcher pour arrêter là le massacre. La violence des pulsions qui m’assaille me coupe le souffle. Je veux reculer, mais mon corps me l’interdit. Le sang me voile les rétines et je me réfugie derrière mes paupières. La machine a été détraquée. Le premier jour, où j’ai tué un de mes bourreaux sans le moindre état d’âme. Elle s’emballe, depuis que je suis devenu un monstre. Et face à Kyran, le tourment se trouve décuplé.

« - Rien de tout ça. Tu devrais arrêter de te leurrer et de me prendre pour une de tes copines de jeu. Je n'ai rien imaginé, les misogynes égocentriques dans ton genre sont trop étriqués, là-dedans, pour marcher à côté de la route. » Glacial, le venin glisse contre Sa silhouette. Et j’appuie mes mots en tapotant de l’index contre ma tempe. La soudaine pression qu’Il exerce contre ma nuque m’indispose et par réflexe, je tente de reculer. De me défaire de Sa poigne avant d’abandonner l’effort et d’écouter sagement ce qu’il a à me dire. Le juste retour de lame me fait esquisser un sombre sourire. J’en lâche une ébauche de rire moqueur. « - Pas besoin que tu me le dises, que tu cultives un élevage de MST ne m'étonne même pas. C'est ton côté viking qui te pousse à te comporter comme un con? Si tu pouvais crever étouffé par une des dindes que tu fourres... » Depuis le début de cette joute ridicule, j’aurais été capable de le tuer un nombre incalculable de fois rien qu’en lui jetant un regard. Je me mords la langue avec hargne, désireux de ravaler l’ignominie de tout ce que je viens de Lui cracher à la figure. Je pourrais rejeter ces abus de langage sur la fatigue ou la faim qui me dévore, mais au fond, je le pensais. La jalousie me détruit, s’insinue dans les fibres de ma carcasse et alimente mes envies de meurtres. Je les tuerais, toutes ces pimbêches qui oseront se brûler contre Ses reins. Pour Le lui faire payer. Au fond, je suis peut être pire qu’une femme. Après un tel silence, pesant au possible et fortement irritant, la question qui se glisse jusqu’à mes tympans me fait l’effet d’une bombe. Inutile qu’Il continue, la raison de Son interrogation est évidente. Pourquoi ? Parce que je suis un imbécile qui a la fâcheuse tendance de s’attirer des ennuis ou de s’enticher des mauvaises personnes. J’aurais pu Le vendre, le dénoncer dès que la douleur dépassa mon seuil de tolérance. J’aurais pu, mais même dans ces sombres instants, mes dents sont restées dangereusement serrées. Je hausse les épaules, émet un infime rire sarcastique en entendant la suite de Sa tirade. « - Ce n'est pas mon genre, de balancer mes employeurs. J'assume mes erreurs, j'ai pas besoin de rejeter la faute sur un autre. Tu t'imagines vraiment qu'ils m'auraient relâché plus vite? Mon pauvre, c'est limite mignon comme façon de penser. » Presque attendri par mes propres paroles et la candeur maligne qui se colle sur Son front, je suis aussitôt contraint de ravaler mes moqueries. Les doigts qui se pressent contre ma gorge m’étouffent. Mes veines se crispent, se tordent et crissent sous Ses phalanges. Je suffoque et je deviens la victime de ma faim. D’un geste brusque de la main, je repousse celle qui me met au supplice et fronce les sourcils pour tenter de me souvenir de mon dernier repas.

« - Je l'ignore. J'ai perdu le compte en prison et après. Deux semaines? Plus peut être. L'échec n'était normalement pas une option. Non, juste de l'humanité. » Je sais juste que je viens d’atteindre ma limite. De franchir la zone séparant la survie de l’agonie. « - Qu’est-ce que ça peut te faire maintenant, que je me nourrisse ou pas ? » Acerbe, la réplique s’accompagne d’une œillade assassine. Le contact s’éternise, et plus je me perds dans les abysses de Son regard plus la voix qui me trotte dans la tête devient forte. Mon cœur s’emballe, entraîne dans sa course mon souffle qui se dérègle. Je me crispe, mes traits se figent et avant même que je n’ai le temps d’y penser plus avant, je me saisis de Sa main et L'oblige à écraser sa misérable cigarette contre ma cuisse. La peau s'embrase, hurle et crisse, me retourne l'estomac et parvient à détourner l'attention de Kyran. Un instant. C'était le but. Malgré les élancements et les infimes tremblements qui m'agitent, je me redresse. Mes hanches se brisent contre les Siennes et j'agrippe Sa gorge. Et comme pour renforcer la brusquerie du geste, mes ongles s’incrustent dans la peau fragile, la déchirent et s’y accrochent. Le geek rachitique et comateux a été remplacé en un seul geste. Balayé par la poigne de fer que j’exerce sur Lui. Les rôles s’inversent et je Le contrains à s’étendre sur le matelas. Il n’y a rien de tendre cette fois, rien de sensuel. Seulement ce besoin primaire, viscéral qui me dévore, jusque dans le plus infime de mes neurones. Magnifié par une animalité brutale qui aurait pu me surprendre si je ne m’étais pas trouvé dans un tel état de frustration et de mal-être. Et une fois ma proie prise au piège, mes jambes enserrent ses flancs, un genou écrasant Sa main, Son autre poignet prisonnier entre mes doigts. Je renforce encore un peu plus ma prise contre Son cou, les veines palpitant sous mes doigts m’obsèdent. Un dernier soupir, et j’ouvre les vannes. Mes paupières se ferment et je savoure l’instant. C’est ignoble mais ce qui est en train de m’envahir me détruit de l’intérieur. Le plaisir éprouvé est violent, totalement malsain, mais m’irradie le cœur à mesure que l’énergie passe de Son corps au mien. Les images qui se pressent contre mes paupières m’indiffèrent. Je n’y vois que du sang, de la douleur et des enchevêtrements de corps qui me laissent de marbre. Seules les pulsations qui vibrent sous mes doigts existent et m’enivrent. Je m’en veux, affreusement, de me laisser aller de la sorte, de savourer l’instant et cet affreux larcin que je suis en train de commettre.

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Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
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MessageSujet: Re: Draw our lines {.pv}   Jeu 10 Juil - 20:47

Le camé le prend à témoin, fait le rapprochement entre eux. Mais s’ils se ressemblent, les bas instincts de l’ancien taulard n’arrivent pas encore à la cheville des siennes. Il en est loin, car contrairement à Lui, il n’a pas essayé. Il a rejeté aux orties ses croyances presque du jour au lendemain. Il s’est forcé à devenir quelqu’un d’autre, quelqu’un de plus fort, de moins honorable aussi. Il a fait en sorte de devenir plus imposant, d’intimer le silence d’un regard de glace. Il a tué le petit garçon chétif et mal assuré, qui baissait systématiquement les rétines pour ne pas s’attirer d’ennuis. S’enlisant de plus en plus dans la débauche, domptant son envie de vomir ses tripes. Elle n’avait pas été si agréable, sa première fois entre les reins d’une femme. Un brin humiliante tant il manquait d’expérience, tant l’acte avait semblé chirurgical, mécanique. Loin de l’expérience sensorielle inédite imaginée dans sa tête de gamin poli et fleur bleue. La première fois où du sang avait tâché ses mains n’avait pas été plus tendre. Effroyable, au contraire. Il se souvenait encore de son acharnement à purifier son épiderme ensuite, de cette hémoglobine poisseuse qui ne voulait pas partir. De ce besoin vital d’effacer les traces avant que son cadet ne découvre ses sombres méfaits. Il lui avait fallu plusieurs meurtres pour réaliser que l’écarlate resterait gravé sur sa chair, invisible à l’œil nu mais éclatant d’horreur aux siens. « - Pas vraiment. Je n’ai jamais cherché réellement à m’en défaire. » Souffle t’il, accompagnant son aveu pathétique d’un haussement d’épaules faussement désinvolte. Même pas lorsque son frère le suppliait de se freiner, de cesser de se détruire à petit feu avec ses addictions. Il n’avait pas voulu écouter, il avait préféré jouer à la sourde oreille plutôt que de faire preuve d’un tant soit peu de courage et de volonté. S’il n’a pas réussi à changer pour Lui, alors pour qui le pourra t’il ? Derrière une apparence de monstre tyrannique, se dissimule finalement un homme faible, entièrement soumis à ses basses pulsions. Qui préfère les ténèbres, la facilité, à la lutte acharnée pour la lumière. Il y a renoncé, dès qu’il a compris que ce monde était pourri jusqu’à la moelle, et qu’il n’obtiendrait rien en se montrant respectable. En gagnant sa vie en honnête homme, en trimant pour se nourrir de miettes. Seulement des crachats et du mépris. La voix de sa conscience n’est qu’un vulgaire chuchotis, de plus en plus diffus et inaudible. Plus il vieillit, moins il parvient à entendre ses suppliques. Peut être que comme Sven avant elle, comme le finlandais bientôt, elle renonce. Elle s’éteint en comprenant qu’elle s’époumone pour un borné de la pire espèce, trop lâche pour s’accrocher. Elle l’abandonne. Et il ne peut pas l’en blâmer.

Sa réplique suivante le fait ricaner, tant les illustres références contrastent avec l’indécence dans laquelle il baigne de jour comme de nuit. « - N’exagère pas non plus. Et si tu veux mon avis, tu ferais mieux d’éviter de te parasiter avec la lecture de ce genre de torchons. Ah non, tu crois ? » L’interrogation n’a été distillée que pour insinuer le doute. Il a néanmoins raison, l’atrocité d’un viol n’est pas comparable à la folie pure qui les a animés. Ils étaient consentants, il n’aurait jamais pu Le forcer. Déjà suffisamment mal à l’aise de se consumer littéralement de désir pour un spécimen masculin sans en plus forcer le passage. Mais il ne vaut toutefois pas beaucoup mieux que Ses anciens bourreaux, que ceux qui ont arraché Son innocence pour la jeter sur le sol putride de la prison. Même si lui, c’est Son cœur qu’il fracasse et piétine allègrement. Le retour sur Terre a été incroyablement douloureux, lorsque leur étreinte s’est achevée abruptement, comme un désastre surgi de nulle part. Comme une chanson sur un tourne-disque qui déraille. Plus on s’envole haut, plus la descente est assassine. Il le sait, pour s’être si souvent drogué, échappé vers des cieux plus cléments. Celle-ci l’a déchiré de l’intérieur, a mué ses organes vitaux en lambeaux. Il ne pensait pas retomber si vite, si mal. Naïvement, il espérait avoir quelques secondes de répit pour se trainer jusqu’à sa propre chambre, tel un chien la queue entre les pattes. Il s’imaginait sombrer dans un sommeil sans rêves, et ne réaliser l’ampleur du carnage que le lendemain. Mais il a su dès que son corps a quitté la chaleur salvatrice du Sien, et qu’Il a esquissé un mouvement pour se plaquer contre sa sueur déjà froide, qu’il était foutu. Qu’il n'en guérirait pas. Qu’il n’en oublierait pas la saveur dévastatrice, apte à rendre incroyablement fades toutes les peaux auxquelles il pourrait goûter ensuite. « - J’arrêterai, quand tu m’épargneras enfin tes crises de jalousie à deux balles, complètement déplacées de surcroit. Tu leur ressemble comme deux gouttes d’eau, à ces femelles vénéneuses qui se muent en hyènes hystériques dès qu’elles se font larguer. Quoi, j’ai égratigné ton petit orgueil de pacotille ? » Il riposte sur le même ton et Le foudroie à son tour du regard. Les deux scandinaves semblent se défier à coup d’œillades polaires, empreints de la même fureur sans nom. Les paroles ordurières qu’Il déverse sans vergogne l’étonnent, tant elles tranchent avec le flegme à toute épreuve dont Il fait d’ordinaire preuve. Avec l’espèce de charme princier qu’Il dégage, sans forcément le vouloir. « - Tu sais ce qu’il te dit mon côté viking ? De t’écraser avant qu’il ne me pousse à décrocher ton dentier de ta mâchoire. Et tu ferais bien de surveiller ton langage, c’est aussi ton ancienne fiancée que tu insultes et que tu traites de dinde juste bonne à être fourrée. Ce qu’elle était plutôt deux fois qu’une, je te l’accorde, mais tu pourrais avoir un peu plus d’élégance en souvenir de sa mémoire… » Ironise t’il avec toute l’impudence qui le caractérise. Il tire perfidement sur la corde, entend Ses nerfs craquer distinctement. Il y avait longtemps qu’il n’avait pas mentionnée la femme qu’ils ont possédée tous les deux. Elle n’était que ça pour lui. Un corps délicieusement galbé, propice aux entrevues incendiaires. Une enveloppe délectable, dont l’intérieur creux ne l’intéressait que trop peu.

Le ricanement moqueur qui jaillit de Ses lippes lui donne la sensation qu’on vient de planter une tige de fer dans son échine et il se renfrogne davantage. Le malfrat a la désagréable impression que les rôles s’inversent, qu’Il incarne le dément et lui la piteuse victime de Ses piques enragées. « - Pourquoi pas ? Ils t’ont relâché, alors qu’ils auraient pu te laisser croupir dans une cellule ou te saigner comme un misérable animal. Alors soit ils ne sont pas très malins, soit tu n’as pas été aussi héroïque et loyal que tu le prétends. » Gronde t’il, inquisiteur et incisif. Cela ne l’empêche pas de dessiner par-dessus les estampilles violacées qui lacèrent Sa gorge. D’essayer de broyer davantage le semblant de contrôle qu’il sent palpiter Sous son épiderme diaphane, et qui ne demande qu’à venir le marteler. De rechercher un contact qui lui manque cruellement, sans l'admettre. Un enfant en train de s’amuser avec une boite d’allumettes, tandis qu’une mare d’essence progresse dangereusement vers lui. Un faux pas, et c’est l’incendie. Alimentant sans scrupules le brasier de Sa haine. Il provoque, insiste, cherche Ses limites pour avoir le loisir de les dépasser. Un sourire malsain écorche ses lèvres lorsque Ses phalanges écartent avec brusquerie les siennes.  

« - De l’humanité ? De la connerie, oui. » Maugréé t’il, peu sensible à ce genre d’argument. « - Tu crois qu’ils t’en seraient reconnaissants ? Ils te démembreraient comme un insecte et planteraient ta jolie tête sur une pique s’ils savaient ce que tu es. Tu ferais mieux de laisser ta niaiserie au placard. » Le norvégien ne répond pas à la question suivante, se perd plus volontiers dans les nuances singulières de Ses prunelles. Elles hésitent entre le bleu et le vert, affamées. Les traitresses ont le don de le faire chanceler, de lui faire baisser sa garde. Au moins autant que les battements de cœur qui vibrent sous Son torse. Qu’il peut entendre distinctement de là où il est posté tant ils résonnent dans les tréfonds de Sa cage thoracique. Brusquement, Ses doigts autoritaires s’emparent des siens et les poussent à venir écraser le mégot brûlant contre Sa cuisse. L’odeur de chair brûlée vrille ses narines et il fixe la tâche sombre d’un air stupéfait. La diversion est magistrale, parfaite. Comme un air de déjà-vu, Son bassin s’abime violemment contre ses hanches et le fait basculer sur le matelas. Sauf qu’il n’y a plus de passion, plus de douceur. Sa bouche enjôleuse ne se scelle pas à la sienne avec ferveur. Il orchestre sa destruction d’une manière infiniment moins enchanteresse. Il ne peut pas résister à la poigne qui l’entrave avec une vigueur surréaliste pour un malade si frêle. Ses griffes s’incrustent avidement dans sa trachée, le transpercent jusqu’au sang. Des sillons pourpres perlent le long de son cou et il n’a d’autre choix que de plier, que de céder à Ses caprices. Ses jambes enserrent ses flancs, paraissent peser des tonnes. Son énergie s’effrite affreusement, s’évapore et se brise contre Ses entrailles. Le forcené dans sa poitrine trébuche, ralentit. Une souffrance fulgurante le maintient sous Son emprise, l’asphyxie. Ses traits se crispent, il se mord la langue et son arôme ferreux inonde son palais. Tous ses os pèsent horriblement, lui donnent l’impression qu’Il les racle à la petite cuillère. Il peut les entendre hurler. Aleksi a pris la fâcheuse habitude de le confondre avec un garde-manger personnel et il se jure que s’il s’en sort, il bafouera sa promesse de ne pas L’atteindre physiquement. Qu’il va Le pulvériser. La respiration en berne, saccadée, son crâne s’enfonce dans l’oreiller et fait ressortir les veines saillantes de sa jugulaire. Il n’est plus qu’une misérable éponge, si essorée qu’elle ne parvient plus à absorber quoi que ce soit. Il se concentre, ses deux barrières de nacre se serrent  hargneusement mais il se fait l’effet d’un morceau de guimauve fondu. Emprisonné sous une chape de plomb. D’un élan belliqueux venu du plus profond de son ventre, il se redresse cependant et puise dans ses ultimes réserves pour L’envoyer valser sur le parquet miteux. Emporté dans Sa chute, il se rompt contre Sa carcasse en transe, toujours captif. L’un de ses poings parvient à se libérer dans l’impact et il l’enfonce dans Ses côtes férocement pour qu’Il le délivre enfin. Dans un état second, il Le percute d’abord faiblement puis de plus en plus rageusement à mesure que la fatigue s’estompe. Il se bagarre pour ne pas s’effondrer d’épuisement, à Sa merci. Les sphères métalliques embrumées par la colère qui coule dans ses viscères comme de l’acide en fusion.

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MessageSujet: Re: Draw our lines {.pv}   Ven 11 Juil - 21:14


Ce n’est que de la pure provocation, j’en ai pleinement conscience et pourtant, je ne peux réprimer les frissons qui me dévorent. Mon récent séjour derrière des barreaux était amplement suffisant pour raviver les plaies laissées par mes dix ans d’emprisonnement. Je n’avais pas besoin de Lui pour y repenser. Ca me hante, se rajoute à la couche ignoble déjà présente sur mon cœur pour le faire ployer un peu plus à chaque battement. Le malaise est là, permanent. Et plus je lutte pour ne pas y penser, plus la présence au-dessus de mon épaule se renforce. « - Un peu de culture, ça ne fait de mal à personne. Tu devrais essayer, ça t’ouvrirais de nouvelles portes peut être. Tu ne sais pas ce que c’est, tu n’as pas idée… » Il n’y a pas de place au doute et les intonations que ma voix a prise pour Lui répondre le montrent. Ca n’avait rien à voir. Ce qui s’est passé, je le voulais. Je le désirais avec une ardeur qui me surprend encore quand j’y repense. Il n’y a pas de logique dans mon comportement. Brisé par le sexe masculin, je m’en rapproche pourtant dangereusement. Evitant la présence des femmes, cédant parfois à la tentation qu’elles représentent, mais le charme qu’elles exerçaient autrefois sur moi a été brisé. Je jouais sur deux tableaux, et je commence à me dire qu’en fin de compte, il n’y a qu’une seule peinture qui m’attire et m’électrise. Mes nerfs s’effritent encore un peu plus, et la suite de Ses mots me fait serrer les dents. Mon orgueil, il n’est rien comparé au sien, et dans cette pièce, Il prend trop de place pour que ma misérable fierté se voie égratignée. Un rictus sarcastique s’échappe, je regarde ailleurs le temps de quelque seconde avant de reporter mon attention sur lui. Le silence plane, je le fixe rudement, détaille les nuances électriques de Ses pupilles, la tension qui agitent Ses traits de fer. « - Méfie-toi de l'orgueil de pacotille de la femelle vénéneuse, tu risquerais de t'en mordre les doigts ensuite. » La menace a quelque chose d’effrayant. Même pour moi. Je l’ai dite avec une telle gravité qu’elle résonne contre mon crâne. Elle s’adressait à Lui surtout, mais je la prends aussi pour moi. Ma jalousie devient excessive et je sais ce que cela peut donner lorsque je me laisse aller à l’excès.

« - Je t'en prie, fais-toi plaisir. Ce serait pas une première, et c'est tellement plus simple pour toi, de frapper au lieu de faire preuve d'un semblant de civisme. Ferme-la! Tu oses me parler d'élégance? C'est une blague ? » La simple mention de Fanny me fait tressaillir, et je sens mes nerfs qui se crispent encore un peu plus. J’oscille dangereusement vers l’ombre, je perds patience et avec ça, je me jette dans tout ce que je peux détester. La vulgarité et les gestes odieux m’indisposent chez les autres. Chez moi, ils me retournent tout simplement l’estomac. A fleur de peau, Son entêtement à ne pas vouloir me croire me fait soupirer d’agacement et je trépigne sur le matelas. « - Tu veux quoi? Que je crache par terre et que je le jure comme un môme? Ne me crois pas si tu veux, je m'en contrefous. Qu'ils viennent te chercher et foutent toutes tes manigances en l'air, je serais le premier à en rire. » Kyran joue avec ma patience et il en train d’assister à sa mise à mort. Elle disparaît, réduite en miettes par Ses paroles et Ses doigts qui me torturent. Je les ai repoussés sans ménagement, et pourtant j’ai encore l’affreuse sensation de les sentir rouler sur ma peau. Même en pleine crise de manque, je n’ai jamais été dans un tel état. La famine est la pire des drogues, et la descente qui accompagne son absence est intolérable. Une vague de surprise me traverse, je reste interloqué le temps d’un battement de cœur, et de sonder l’acier de Son regard pour être certain qu’il ne me prend pas pour un abrutit. Une fois de plus. Evidemment qu’ils le savent. Ils l’ont su de suite. Dès la première goutte de sang versée.

« - Pour toi peut être. Ils le savent, qu'est-ce que tu crois? Que je dois tout ça uniquement aux tortures pour me faire cracher le morceau? Qu'ils m'ont laissé pourrir dans le noir pendant un mois juste pour que je dénonce ton joyeux bordel et tes délires de merdeux capricieux ? » J’ai montré ma piteuse carcasse d’un geste évasif de la main, un brin rageur et malhabile à cause des tremblements qui m’agitent. Je me mords la langue au passage, pour me punir d’avoir encore une fois parlé sans prendre le temps de choisir mes mots, comme je peux le faire en temps normal. La fêlure n’était pas loin, et ce qui suit se passe tellement vite que je perds le fil de la réalité.

La faiblesse de dissipe. Peu à peu. Sous la peau, des frissons n’ont de cesse de courir et je sens d’intenses picotements ravager mes plaies. Les battements de mon cœur ne sont pas suffisamment effrénés pour masquer le bruit de mes côtes qui tentent de se réparer. Elles craquent, hurlent au même titre que tout mon corps. Je me fais dévorer par le torrent qui afflux en moi. Noyé sous le flot d’images et de vigueur, je retiens mon souffle. Et je m’agrippe à Sa gorge comme un forcené. Je dois l’avouer, d’horribles pulsions assassines me gagnent à mesure que la vie revient dans mes veines. J’en ai envie, de Le tuer. De sentir Son cœur mourir entre mes doigts et de contempler la rudesse de ces traits envoûtant dépourvue de toute trace de vie. Le désir morbide devient viscéral, attisé par ce que je peux trouver dans les recoins de Sa mémoire. Il me hante à tel point que j’en pousse un soupir  d’intense frustration. Partagé entre un plaisir immonde et une douleur sans nom. Kyran n’a pas abandonné la lutte, et ce regain de force me contrarie. Me pousse à froncer les sourcils et à serrer les dents. Je m’acharne à Le démunir et j’oublie que je ne suis rien comparé à Lui. Un vulgaire insecte dont la force se trouve décuplée par l’adrénaline et l’instinct de survie. La chute me broie le dos, et comme pour faire taire la douleur qui me transperce, mes ongles plongent un peu plus loin dans la chair affable de Son cou. Les coups pleuvent, je les sens comme si le corps qui les recevait ne m’appartenait pas. J’ai abandonné ma propre enveloppe, submergé par ce qui est en train de me posséder. Par ces images que j’ai tenté d’ignorer depuis le début. La lascivité obscène de ce qui est en train de s’étaler sur mes paupières me laissait de marbre, maintenant elle m’intrigue. Au milieu de ce charnier, lié à Sa silhouette, je crois reconnaître quelqu’un. Le couple ne change pas, le décor si. Je les connais ces courbes qu’Il touche, qu’Il possède sans vergogne. Il ne me faut pas longtemps avant de comprendre. D’identifier la partenaire inconnue comme étant Fanny, et un des décors comme étant notre ancien appartement. Ce que je prenais pour une erreur de parcours, n’était en fait qu’une habitude. Une fois de plus sur l’ignoble planning de leurs entrevues lascives. La rage fulmine, m’étouffe et ravive le feu de mes délires meurtriers.

« - T'es qu'un putain d'enfoiré! » Je le lâche comme si sa peau venait de me brûler les doigts. Le repousse avec la force d’un dément et recule en me trainant sur le sol miteux. « - Une fois ne te suffisait pas, il a fallu que tu remettes ça ? Ca t’amuse, de foutre des vies en l'air ? » Je tremble de fureur, m’appuie contre le fauteuil venu percuter mon dos dans ma tentative de replis tout en fusillant l’incriminé du regard. Le souffle en berne, mon cœur s’évertue à me déchirer la poitrine et maintenant que le contact a été brisé, je me sens faiblir. L’énergie dérobée n’est pas suffisante pour faire disparaître cette sensation d’infinie faiblesse. La colère commence à s’estomper, elle m’abandonne et ne laisse derrière elle qu’un champ de ruines fumantes. Je ferme les yeux et soupire, brisé par le poids de tout ce qui vient de s’écrouler sur mes épaules. Même dans l’obscurité, la solitude n’existe pas. Sur mes paupières restent encore ancrées les images ignobles de Kyran et Fanny. Un violent haut-le-cœur me transperce et fait remonter la bile contre mes lèvres. J’ouvre les yeux et laisse mon regard se perdre contre mes mains. Le sang qui les imprègne me fait plisser le nez. Je suis partagé entre le dégoût et la fascination. « - Et dire que je t'ai laissé me toucher... Tu as raison, je me suis trompé sur toi. » Je le murmure du bout des lèvres, le regret faisant vibrer ma voix, le dégoût obstruant ma gorge. Je déteste ce qui s’est passé entre nous, autant que je peux le chérir. Je me déteste de vouloir recommencer après ce que je viens de voir, ce qu’Il me fait subir. L’amertume de la trahison me ronge de l’intérieur, et je sens complètement stupide. Bête de m’être fait avoir de la sorte par les beaux de Fanny. Et ceux de Kyran. Trop naïf pour voir ce qui se passait sous mon nez. La rancœur me brûle le cœur et je serre le poing jusqu’à m’en faire craquer les articulations.

« - Oublie-moi, Hogan. Ce n'est pas toi qui me vire, je démissionne. Tu ne mérites pas qu'on se mette en danger pour satisfaire tes désirs de sale égoïste. » Hogan… Le simple fait d’user de son nom de famille me donne l’impression que je m’adresse à un étranger. Créer une distance entre nous qui me laisse déjà orphelin. Ca ne se passera pas comme ça, je le sais très bien. Ma démission n’existe pas, ce n’est qu’un mot, que je Lui lance à la figure pour Lui faire comprendre que moi aussi, je coupe les ponts. Je le vire de ma misérable existence avec le fol espoir de voir cette spirale infernale dans laquelle j’ai plongé tête la première dès mes premières heures d’homme libre, s’arrêter pour de bon. Je Le rejette en bloc, Lui et tout ce qu’Il peut représenter. Je me racle la gorge et prend mon courage à deux mains pour oser reposer mon regard sur Lui. « - Tu es cependant en train de commettre une grossière erreur. Si je me fais prendre, ne va pas croire que ta nouvelle esclave passera au travers des mailles du filet. » Je lui adresse un sourire cynique à en crever. Il fulmine je le vois bien, et je dois l’avouer, l’état misérable de Ses nerfs m’amuse. La riposte ne tardera pas, c’est automatique chez lui. Et d’une certaine manière, je n’attends que ça. J’ai repris au mieux un semblant de contrôle sur le monstre, mais il est encore là. Quelque part sous la peau malmenée, prêt à remontrer les crocs s’il en venait à se sentir menacé.

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MessageSujet: Re: Draw our lines {.pv}   Mer 16 Juil - 11:06

Un peu de culture, ça ne fait de mal à personne. Tu devrais essayer… Le norvégien se prend la remarque en pleine poire, devient livide dès qu’elle transperce ses oreilles. L’espace d’un instant avant que ses joues ne retrouvent leur éclat naturel. Si se faire traiter de génie sur pattes peut être profondément désagréable, donner la sensation de n’être qu’une bête de foire vouée à l’exclusion et au mépris, c’est toujours moins péjoratif que d’être comparé à l’idiot du village. Ses parents n’avaient pas jugé bon de les envoyer à l’école son frère et lui, estimant à tort ou à raison que ce serait une perte considérable de temps et d’argent. Peu désireux qu’ils s’instruisent, et acquièrent plus d’éducation qu’ils n’en auraient eux-mêmes jamais. Ils n’étaient déjà que d’inutiles bouches à nourrir, qu’ils avaient été trop bons de ne pas jeter au caniveau. Ce n’était pas pour en plus qu’ils deviennent deux êtres oisifs. Ils n’en auraient pas eu les moyens même avec davantage d’ouverture d’esprit, de toute manière. Destinés à rester des cancres, les analphabètes devaient s’adonner aux travaux manuels et contribuer à ramener des rognons de pain chez eux. Savoir lire, écrire. Qui avait besoin de ça dans les quartiers pauvres et sales de Barentsburg ? Seule Théodora avait tenu à l’instruire, lui avait appris à décrypter les lignes, les étranges ensembles de lettres qui ensemble formaient une histoire. Il s’y était acharné en cachette jusqu’à la mort de ses géniteurs, s’était grillé les rétines à la lueur de bougies entre sa paillasse et sa maigre couverture. Il avait appris les bases, peut être un peu plus, avant d’y renoncer purement et simplement dès qu’il s’était détourné de la traitresse. La pitié qu’elle avait entretenue à son égard durant des années l’avait éclaboussé d’acide, et il n’y avait dès lors plus vu le moindre intérêt. Doté d’un esprit de contradiction si prononcé qu’il relevait de la pure bêtise. Etre cultivé ne collait de surcroit pas avec le nouveau rôle qu’il devait endosser. Avec la nécessité d’assurer leur survie. S’il s’y est remis à sa sortie de Darkness Falls, ouvrir un livre lui laisse encore un arrière-goût humiliant. Il possède trop de lacunes  pour qu’elles puissent être rapidement comblées. Etre propulsé de force dans une époque si différente de la sienne, littéralement gouvernée par les avancées de la science et les technologies pointues, enfonce le clou. User de la force n’est qu’une ruse pour ne pas révéler combien il se sent perdu. Tout ce qu’il doit rattraper lui file le vertige, le complexe plus qu’il n’a la force de l’admettre. En particulier face à Lui, si érudit qu’il a le luxe de pouvoir cracher dessus. Aleksi peut s’offusquer, prétendre que ça n’a pas d’importance, que ça ne vaut rien. Il peut se montrer dédaigneux, et ricaner des brutes qui n’ont pas eu l’opportunité d’acquérir plus d’intelligence à travers la lecture. Le malfrat, lui, n’a pas le choix. Mouché, il préfère d’ailleurs ne rien répliquer. Faire comme si ça lui était égal, alors que la faille narcissique est bien là.

La colère se déroule comme un serpent, s’enroule autour de sa cage thoracique. Et en un sifflement, sa langue venimeuse glisse le long de son cou. Il se crispe, sent tous ses muscles le tirailler. La tournure empruntée lui déplait fortement, ressemble à une scène de ménage de très mauvais goût. « - C’est ça, j’attends de te voir à l’œuvre. Arrête de pleurnicher. Je ne t’ai pas fait de promesses. Tu savais comment ça se passerait, que ce n’était qu’une parenthèse. » Il se répète, distille des mots déjà mâchés et les recrache. Il tente lui-même de s’en convaincre, d’avaler ses inepties. Donner autant d’importance à une unique étreinte le rend malade. Il y a toujours eu ce petit quelque chose de diablement terrifiant chez Lui. Quelque chose qui, s’Il le laissait sortir et s’exprimer à travers des actions, pourrait devenir incroyablement dangereux. Quelque chose qu’il a toujours trouvé étrangement attirant, mais qui se retourne justement sournoisement contre lui. Leur dérapage, il veut pourtant le reléguer dans la case du passé. Se persuader que ça n’arrivera plus, que ce n’est même jamais arrivé. Croire qu’il peut l’effacer de sa mémoire comme sur une ardoise magique. Balayer ce qui le gêne, ce qui le fait trembler. Le glisser soigneusement sous le tapis, à l’abri. Déchirer la page couverte de honte et de ratures, pour rendre de sa superbe au reste. Sauf que l’oubli est incroyablement ardu. Il lui suffit de fermer les paupières, pour que les images indécentes reviennent se coller à ses iris. Ça le hante d’avoir cédé. De l’avoir voulu, de l’avoir cherché.  

C’est une blague ? Evidemment c’en est une, ça ne peut être que ça. Il ironise sur l’état de Ses nerfs, accueille avec un certain amusement le fait qu’Il puisse se montrer encore plus vulgaire et grossier que lui. Le voir perdre à ce point toute bienséance est aussi risible que rassurant. « - Non, si j’étais toi, j’éviterais de souiller encore plus le plancher. Je t’exempte du crachat. » Susurre t’il, dégoulinant de sarcasme. « - Je m’en doute bien. Je suis supposé faire quoi ? Te croire sur parole alors que tu as justement toutes les raisons de vouloir me faire tomber ? » Il ne sait plus faire ça, croire quelqu’un aveuglément. S’il l’a su, il a perdu le mode d’emploi il y a des années. Sanjana était l’exception qui confirmait la règle, mais il n’est même plus certain que ce soit toujours vrai.  Lui intimer d’avoir confiance, c’est comme lui hurler de ne pas regarder en bas. Alors que le vide s’étale sous ses pieds. Prêt à le faucher. Prêt à l’aspirer tout entier. « - Je ne parlais pas d’eux. Je parlais de tous les autres. » Souffle t’il pour seule réponse à la rafale de questions rhétoriques qui suit. Il mentionnait les humains lambda, ceux qui n’ont pas encore vendu leur âme pour épauler la dictature au pouvoir. La joute verbale l’épuise, lui fait regretter d’avoir tant tenu à surveiller Son état de santé en personne. A quoi pensait-il ? A rien de très rationnel, pour changer.

La suite ne lui laisse pas le temps de riposter. Affamé, l’informaticien se jette littéralement sur sa misérable carcasse et le dévore de l’intérieur. Frissonnant, fébrile, une chaleur diffuse et corrosive bourdonne de ses tempes à son crâne. Ses entrailles s’entrechoquent, creusent avec une ardeur si démentielle son ventre qu’il redoute qu’elles perforent sa peau frêle et se déversent mollement sur le sol de la chambre. L’entrelacs de fils noirs qui lui sert de cœur se déchire, les milliers de canaux du réseau violacé suintent et se calcinent au creux de son enveloppe avariée. Donjon sans portes ni fenêtres, rien ne semble parvenir à faire lâcher prise le finlandais. Il s’acharne, s’obstine, même une fois à terre. Même à la merci de ses poings. Aussi vite qu’Il s’est rué sur lui, le voleur le repousse et s’écarte. Possédé par une rage sans nom, un trop-plein de colère impossible à retenir. Kyran ne comprend pas, pas immédiatement. Il lui faut le temps de rassembler un semblant d’énergie, les restes de lui qui trainent dans la poussière. Il suffoque, s’égratigne les paumes sur le plancher insalubre. Ce n’est qu’après un long silence effaré qu’il saisit enfin la cause de Sa folie furieuse. « - C’est maintenant que tu t’en rends compte ? » Il reste impassible quelques secondes, puis un violent éclat de rire vrille ses poumons pour mieux se transformer en une quinte de toux. Il crache de l’hémoglobine, l’essuie comme il le peut avant que ses prunelles claires ne retournent s’amarrer à Ses billes furibondes et écœurées. « - Tu croyais qu’elle l’avait transformée en monstre pour si peu ? Même après des mois à vivre sous le même toit, tu ne nous as toujours pas cernés. » L’indienne ne s’attaque pas à ses conquêtes d’un soir. Elle se moque éperdument qu’il s’égare entre d’autres reins, autant que ses amants de passage à elle l’indifférent. Ce n’est que parce qu’il a eu la mauvaise idée d’en faire une partenaire régulière qu’elle s’est décidée à l’éradiquer. Ils ne sont pas réellement jaloux l’un avec l’autre. Seulement possessifs à l’extrême. Tyrannisés par la peur de se perdre, de finir par préférer l’un de leurs jouets à leur lien infiniment précieux. Leur amitié malsaine, confondue à tort avec cette aberration mielleuse que certains nomment le grand amour. Dans sa bouche, cela résonne comme des insultes. « - Qu’est ce que j’y peux, si tu n’as pas réussi à tenir en laisse ta femelle ? T’aurais voulu quoi, que je sauve sa morale à sa place ? J’ai l’air d’être du genre à me préoccuper de ce genre de choses, d’avoir pour principe de ne jamais briser de couple ? C’était pas mon problème, je ne savais même pas que vous étiez ensemble. Si Fanny ne t’avait pas trompé avec moi, elle aurait bien fini par le faire avec un autre de toute façon. » Le mafieux n’éprouve pas de remords, pas vis-à-vis de cet adultère du moins. S’il n’avait pas eu de liaison avec Sa fiancée, Il serait encore à elle. Ils vivraient toujours leur petite romance fade et sans accrocs, pendant qu’elle continuerait probablement d’aller voir ailleurs en cachette. Il est convaincu qu’il n’a pas été le seul à brûler son épiderme, que leurs étreintes animales n’étaient qu’une pièce d’un puzzle plus imposant. « - J’ignorais qu’elle était avec quelqu’un. » Radote t'il, en guise de piètre excuse. Comme si ça excusait quoi que ce soit…  « - C’est à elle que tu dois en vouloir, je n’ai jamais eu aucune attache avec toi. » Sale menteur, tu ne crois même pas à ce que tu racontes.

Son rejet tombe comme un couperet, le blesse grièvement. Ses phalanges glaciales plongent dans son torse, fouillent et arrachent l’organe qui se niche sous les décombres. Il la sent aussitôt, cette absence effroyable supposée être faite de néant. Mais elle est remplie, au contraire. De soupirs, de regrets. Démuni d’une partie de lui-même dont il a désespérément besoin pour survivre. Les azurs vitreux et ternes, il entre dans un état de décomposition avancée. Vaseux, noyé dans Son dégoût, la terrible sentence et tout ce qu’elle implique se répètent à l’infini dans les méandres de son esprit. Des milliards d’épines se simultanément dans son palpitant, l’écorchent vif. Il l’assassine à la hache, avec ses propres méfaits et travers. Mais il a plus de fierté que ça, et il se décide à se remettre debout. Il titube, comme un pauvre alcoolique éméché, ses traits se durcissent et ses cristaux métalliques Le fusillent à distance. « - Mais bien sûr, fais comme si la décision venait de toi. Pour faire l’effort de t’oublier, il faudrait déjà t’avoir concédé un simulacre d’importance. Ne fais pas comme si tu t’étais sacrifié, comme si t’avais mis ton existence en péril pour moi. Je me suis contenté d’entretenir tes névroses, et pour le prendre si mal, c’est qu’au fond t’étais parfaitement consentant. Ta vie, c’est toi qui l’a foutue en l’air. Tout seul, comme un grand. » Les accusations passent la barrière de ses lèvres sans qu'il ne puisse les stopper ni les peser. Son palpitant est réduit en bouillie, en charpie. Les fils de l’enchevêtrement de chair et de sang se détachent pour n’en laisser qu’un magma moribond et puant. Sa lâcheté le paralyse, il n’a pas le courage de recoller les morceaux éparpillés. Et son orgueil mal placé le tiraille de tous les côtés. Le scandinave rend son œillade sombre à son ancien employé et s’arrête à quelques centimètres de la sortie. Se retourne à demi vers Lui, ses doigts endoloris et ensanglantés appuyés contre le panneau de bois. « - T’attends que ça, hein ? Qu’elle se plante et que je revienne te supplier de reprendre ton poste ? Tu peux toujours crever. » Siffle t’il avant d’ouvrir la porte et de la claquer avec véhémence derrière lui. Cette fois-ci, t’as vraiment tout détruit…


| TOPIC TERMINÉ.

_________________
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