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 after all the breath and the dust and the fires are burnt. (ezra)

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MessageSujet: after all the breath and the dust and the fires are burnt. (ezra)   Sam 31 Mai - 20:06




Percy n'a pas eu besoin de leçon d'éthique, de réquisitoire pro-extrêmisme, pas eu besoin qu'on lui explique par a et par b pourquoi c'était nécessaire, tout ça. Pourquoi il fallait qu'elle passe entre les salles sombres et derrière les couloirs étroits pour rejoindre l'arrière cour, et qu'avec une équipe d'inconnus elle installe les explosifs sous d'innombrables projecteurs. Percy n'a pas eu besoin qu'on la convainque, pas eu besoin qu'on la séduise, pas eu besoin qu'on lui rappelle l'importance de la résistance ; elle a pris le sac à dos plein d'étincelles, pris ses couilles à deux mains sur la grande avenue touristique, et elle est partie buter ces connards en goguette, les salauds gouvernementaux, les richards avides de distraction.

Elle connaît ses acolytes de vue et de prénoms, tout au plus ; elle ne pourra pas les vendre si on la chope par la nuque et qu'on l'envoie direct en taule. Ils ne se regardent pas vraiment dans les yeux, ils ne s'adressent pas beaucoup la parole ; ils se donnent des directives mêlées au moment de passer dans la queue, de s'éclipser pendant le film. Elle porte les vieilles converses qui couinent un peu sur le plastique, et puis ferme la porte battante sans bruit. Elle a chaud avant d'arriver à destination, la croix métaphorique qu'on lui a attribué, une mission comme une autre. On pense qu'il y aura plus de peur que de mal ; beaucoup s'en sortiront, l'effondrement ne sera sans doute pas fatal ; elle fronce les sourcils et ramène ses cheveux en arrière. Si ça ne tenait qu'à elle, on aurait fait péter les bâtiments du gouvernement sans passer par la case cinéma, sans passer par la case intimidation, on aurait pas fait comme si, on aurait pas crié « on est là, on est toujours là ! », on aurait juste régler la question une bonne fois pour toutes. Mais si on écoutait tous les discours des grands extrémistes, des quelques Percys qui traînent dans le bunker de la révolte, y'aurait pu grand monde pour témoigner des génocides.

C'est au nom de la liberté, merde.

Elle a dans le bide les papillons de la nervosité, de l'ardeur, une joie féroce jusque dans les genoux, jusqu'entre les tempes. Elle fait ce qu'elle a à faire. Elle pose les explosifs ; elle appuie sur l'interrupteur ; elle fait volte-face et s'enfonce dans le dédale des escaliers pour rejoindre la sortie ; c'est d'une simplicité si désarmante, si innocente, on dirait un stratagème de petit garçon, un jeu bancal, onirique. Elle voit déjà la lumière de la porte et deux de ses coéquipiers dégager derrière la baie vitrée. Et puis soudain, c'est le petit connard derrière le guichet qui l'interpelle :

« Hé ! »

Elle tourne légèrement la tête.

« Oui ? »

« On finit pas le film ? »

Le prépubère a l'air vaguement fielleux et son ton a baissé de trois octaves. Elle fronce les sourcils et capte son petit jeu de séduction en douze secondes ; le problème, c'est de ne pas attirer l'attention, de ne pas donner l'alerte ; c'est aussi de foutre un gros râteau à ce débile histoire qu'elle se prenne pas une poutre sur la tronche.

« Quoi ? Si, si, je cherche juste les toilettes. »

Puisqu'il faut éviter la conversation stupide d'un dragueur mal dégrossi, autant passer par derrière. Elle trouvera bien une autre porte dans les entrailles du cinéma. Elle hausse un sourcil vaguement glacial et attend que le môme lui explique avec empressement qu'il faut redescendre, chérie, et tourner à droite devant la salle numéro deux. Elle lui crache à la figure son plus exquis rictus et bouge ses fesses vers les marches rutilantes.

Si elle a bien écouté les grands discours de son supérieur hiérarchique, il ne lui reste que quelques minutes pour déguerpir ; ses baskets frappent le linoléum du couloir et freinent aux détours du labyrinthe ; elle se répète les prévisions du chef de groupe : rien qu'une manœuvre d'intimidation. Des blessés, tout au plus. Pas de grands risques. Ça serait tout de même con de se faire fracasser le crâne lors d'une mission aussi anodine, aussi tape-à-l'oeil, juste pour le plaisir de faire un doigt d'honneur aux malades totalitaires. Elle ne sait pas comment, mais d'abord il y a une alarme. Elle voit la sortie de secours lorsque les battants des salles de cinéma s'ouvrent à la volée sur deux ou trois silhouettes inconnues et réactives ; la sirène lui massacre les tympans, et puis soudain il y a l'explosion. Et une autre, et une autre, et Percy garde un « putain de merde » rageur ou paniqué au fond de la gorge.

La terre tremble d'abord, et puis les murs, et puis les lumières, et soudain les fondations s'écroulent.

Elle lutte pour garder les yeux ouverts, malgré les ténèbres et quelques cris et le tumulte intense du bâtiment qui meurt ; elle sait qu'elle est à quelques mètres de la porte, mais c'est d'abord une vive douleur à la jambe, puis une cinglante violence sur la joue, et après la perte des repères lorsque le jour s'ouvre en bas ou en haut ou à gauche et disparaît et revient ; et lorsque le cinéma agonise autour d'elle, que le gémissement s'éteint, que l'humain a disparu et les bombes se sont tues, il s'est peut-être passé des heures ou des siècles. Percy bride très fort la panique qui lui a pris les tripes et menace de la faire chialer de frustration et de perdition. Elle était sensée se barrer d'ici, elle savait comment se barrer d'ici ; est-ce qu'on a pas tout déclenché trop vite ? Est-ce que ça a foiré ? Est-ce que ça a marché ? Est-ce qu'elle s'est putain de péter la cheville ?

Un instant, elle se dit qu'au moins sa couverture est niquel. On ne suspecterait certainement pas une petite blondasse coincée dans les décombres.
Sauf que si elle crève ici, étouffée dans la poussière, elle aura pas besoin de couverture très longtemps.

Le jour perce à travers une grande fissure, dans le toit, et elle cligne des paupières pour estimer les dégâts. Elle n'a pas l'impression d'être coincée par quoique ce soit, mais ses membres lui font un mal de chien et elle saigne, quelque part sur la face, elle ne trouve pas la plaie immédiatement. Il n'y a personne. Il y a du brouillard et des gémissements, elle croit. Elle sursaute lorsque la pierre qui est près d'elle n'est plus une pierre, mais un corps prostré ; elle sursaute lorsqu'elle voit ses propres mains brûlées, égratignées, frémissantes, des mains de victime. Et puis soudain, dans un éclair de lucidité, en croisant le regard de son voisin d'infortune.

« Putain de merde, Ezra ? »

Elle respire de la suie et de la pierre.
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MessageSujet: Re: after all the breath and the dust and the fires are burnt. (ezra)   Lun 9 Juin - 15:27

La distraction. Elle peut être multiple mais dans ce cas, sa conjugaison s’arrête au singulier pour aller jusqu’à mépriser son pluriel.  Pas de grand « s » incurvé pour jaser avec la courbe des syllabes. Cette évasion éphémère, il ne se l’octroie qu’en de rares occasions. Ce n’est ni un dimanche pieux à la messe qu’il programme scrupuleusement chaque semaine, pas plus qu’il ne s’agit d’un rendez-vous galant qu’il place judicieusement sur un calendrier pour en guetter, avec avidité, l’arrivée. Pas de départ, pas de structure, pas de planification. Qui s’évertue, de toute façon, à organiser ses moments d’égarement mental ? Car oui, pour lui, c’est de ça qu’il s’agit. Une pause fortuite au milieu de la cohue journalière. Depuis quand Ezra s’autorise le moindre arrêt ? Un résumé des derniers mois semble sans doute nécessaire pour établir le profil psychologique de l’urgentiste. Mais la longueur du récit et l’ennui qu’il suscite le préservent bien d’en refaire le tour malgré le fait qu’il en soit propriétaire – ou plus justement à cause de ça. Il connaît déjà chaque détail, de la tapisserie aux bois des portes. Il n’ignore pas la moindre peinture écaillée, la pesante poussière qui assiège certains meubles et le verre sans éclat qui séjourne à même le sol. Son esprit est brimé par une juxtaposition improbable de déceptions, de regrets, de violence en tout genre et de culpabilité. Tant de sublimes émotions qui contraignent un être maudit à emprunter des sentiers aléatoires. S’il ne prend pas le temps de s’asseoir, il ne risque pas forcément de chuter mais plutôt de cheminer dans la mauvaise direction. C’est plus dangereux de se tromper de route que de trébucher ou s’écrouler. Bien plus dangereux. L’intransigeance le force à dissocier de sa rigueur, une poignée d’heures pour respirer. Mais l’oubli a un coût. Ses économies accumulées grâce à son ancien travail et son argent qu’il collecte grâce au nouveau, lui font échapper à la pauvreté mais soucieux d'être rattrapé par cette dernière pour finir par manquer de tout, il éprouve une difficulté réelle à débourser le moindre sou. A chaque dépense trop importante, ses souvenirs le harcèlent- la famine dans les yeux et sur les joues, la cruauté dans les gestes et le froid norvégien pour seule étreinte. L’alcool aurait pu être l’échappatoire idéale mais ce vice-là, il l’a déjà assez partagé avec ses démons en des temps troublés. Il ne veut pas succomber à la malédiction des Hogan qui forcent chacun de leurs pas vers la débauche extrême.

Donc, le cinéma. Pas spécialement cher et pas spécialement inintéressant. Ayant toujours été écarté de toute forme d’art - pas par choix mais bien par défaut, l’ancien métamorphe est tenté désormais de s’y ouvrir davantage. Sa curiosité inassouvie penche en ce sens depuis un long moment. Son manque de culture et d’éducation est une tare qu’il a toujours secrètement rêvé d’abolir. Ce n’est pas son premier passage en ces lieux mais pas non plus le cinquantième. Peut-être le troisième ou le quatrième mais chaque visionnage lui laisse une impression inexhaustible qui le poursuit encore de nombreuses heures après la projection. Impressionnable ? Davantage émerveillé. C’est un peu une autorisation à l’insouciance enfantine, ce qu’il n’a jamais pu connaître. Par bien des façons, calé dans son siège, entouré par le son et l’obscurité, l’ancien peacekeeper retrouve ses cinq ans. A tel point que quand l’envie de tourner la tête le surprend, il regrette sa solitude. C’est souvent pour lui une sentence que de posséder une telle longévité et pourtant, quelle chance d’avoir eu l’opportunité d’appréhender ce genre de nouvelles technologies – bien que restreintes par l’apocalypse. Il ne se l’avoue pas mais quand ses yeux fouillent les ténèbres celui qu’il cherche, n’est autre que la seule personne à avoir partager cette enfance que l’activité évoque chez lui. Le vide qu’il laisse, semble plus évident ici qu’ailleurs mais il évite de le réaliser. Jamais, il n’aurait l’occasion de profiter des simplicités de cette vie avec Kyran de toute façon. Déjà absorbé par les images défilant, il ne sort de son coma audiovisuel qu’à l’intrusion d’un son dominant et compulsif. L’alarme. Il rejette son fauteuil à l’instar du duo qui le précède pour franchir la porte. Les sens en alerte, il balaie le couloir mais déjà bousculé, il n’a le temps de faire que quelques enjambées avant que les premières explosions déroutent son acuité visuelle et auditive.

La tonalité puis l’absence de sens ou de conscience. Une poignée de secondes où il n’est ni là, ni ailleurs. Déficient d’abord et puis, la douleur ensuite dont il ne peut définir la provenance. Où sont le Nord et le Sud ? Où se trouve sa tête ? Ses pieds ? Plus de repères. Quand il se sent respirer, il est surpris d’inhaler un mélange de particules et tousse de façon dérangeante pour l’expulser de ses poumons. Lentement, il ouvre les yeux et cligne trois, quatre, sept fois avant d’avoir un léger aperçu plus ou moins net du lieu. Ses tympans sifflent encore un peu comme une alerte interne. Il cherche à remuer mais la souffrance ressentie un peu avant, se manifeste à nouveau et le force à l’immobilité. Ses doigts fouillent pour trouver la cause, quelques indices sensoriels lui apprennent qu’il a pris d’autres coups et puis, il se heurte à la poutre. Le teint blême, il tourne prudemment la nuque dans la direction de son mal. Son siège, sa jambe. Il est bloqué, pris d’assaut par le bâtiment et l’exigüité du lieu ne lui donne aucune marche de manœuvre pour défaire cette emprise. Paniqué ? Pas encore. Pas encore, non. Il n’a pas tout analysé.

Encore un peu sonné, il cherche à se redresser en prenant appui sur un coude quand une voix s’aligne dans son environnement. Il ne l’a même pas vu, cette créature déformée par la poussière, le sang et sûrement le crime. Il manque de sursauter mais il doit avouer que sa locution semble adaptée. Surprise ? Vérité. Il la détient, somptueuse dans le creux de sa paume. C’est un attentat et voici, l’une des responsables. Son regard s’assombrit alors que sa main vient machinalement essuyer l’hémoglobine qui sillonne son crâne. Cela va se solutionner rapidement. C’est le cadet de ses inquiétudes. Son ténor bascule d’une nuance tantôt élevée, tantôt basse quand il lui répond. Son souffle est épars. « Putain, oui. » La noirceur de son essence semble éclatante dans la pénombre ambiante alors qu’il tente de la dissoudre en frottant ses doigts sur sa paume. « Qu’est-ce que tu as encore foutu, Cook ? » Ses mains tâtent la parcelle épaisse qui cale toujours son membre droit au sol. Le peu de fondation restante craque de façon menaçante et il décide d’arrêter tout mouvement. Les interstices de lumière semblent si éloignées qu’un sentiment profond de claustrophobie ramenant de mauvaises expériences, fait son apparition mais il n’en laisse rien paraître. Il lève une main alors qu’un autre bourdonnement lui coupe le souffle. « Ne bouge pas trop. Je crois que c’est pas stable. » Une planche semble s’effondrer à quelques mètres d’eux. Le jeune homme se fige et fixe son interlocutrice avec sévérité. « Et maintenant, hein ? T’as vraiment l’air maligne ! » Son rire se déclare alors aussi soudainement, nerveux et incontrôlable. Pour une détente occasionnelle, il peut s’incliner devant la réussite.

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    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
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