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 [terminé] Rouge Comme la colère d'un homme quand il voit s'en aller tout ce qu'il a construit, tout ce qu'il a aimé... [pv Stain Greyjoy]

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« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

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MessageSujet: [terminé] Rouge Comme la colère d'un homme quand il voit s'en aller tout ce qu'il a construit, tout ce qu'il a aimé... [pv Stain Greyjoy]   Mar 3 Juin - 23:18




Du rouge. Brûlant. Saisissant. Hypnotisant, même. Un rouge sang, un rouge carmin, un rouge si foncé que seuls mes yeux lupins perçoivent la différence avec le noir qui se joue de tout cela. Je ne me suis pas encore décidé, et j’ignore donc si j’apprécie cette toile ; mais une chose est certaine : elle me captive. Elle me fascine comme aucune autre. Je n’ai pas vu qui est l’auteur de cette peinture, mais j’admire le génie qui explose dans les spirales. Ce génie qui danse avec le pinceau, mélange les pigments sans leur faire perdre leur autonomie, raconte une histoire sur quelques centimètres carrés de toile tirée sur un panneau de bois. Je ne suis peut être pas friand de ce que mes désormais contemporains nomment art mais je dois convenir que c’est un chef d’œuvre qui est face à moi, malgré son caractère absolument abstrait. Que je suis loin de mes forêts, de mes paysages, de mes portraits de loup mêlés de violence ! Il n’y a qu’un tourbillon de rouge, traversé de nuances et de courbes, de pleins et de déliés. D’ombre et de lumière. Un relief vallonné d’une souffrance contenue dans quelques pigments écarlates. Je me retiens de me lever pour caresser du bout des doigts la peinture sèche et râpeuse. Cette toile me captive. Me fascine. M’hypnotise.

Du rouge. La couleur persiste sur ma rétine lorsque mes yeux clairs se reportent sur le mur blanc qui jouxte la toile. Je frissonne. Le voilà qui se mue bien trop rapidement en du sang encore bouillant que je vois couler et maculer sans aucune pitié l’innocence et la candeur. Mes doigts se crispent sur la plume qu’ils tenaient, ma main dérape sur le papier, le marbrant d’un océan marine. Les couleurs m’agressent. S’imposent à mon regard. Je ne vois pas l’encre qui noie les pleins et les déliés finement tracés ; je ne capte que le bleu profond qui s’éclaircit à chaque millimètre gagné sur la feuille imbibée. Je ne vois pas dans les murs de mon bureau une simple surface, je ne vois que le blanc éclatant, aveuglant même ; et le blanc explose sous les raies de soleil qui traverse la longue baie vitrée de la pièce. Le vert de la chemise posée sur mon bureau ne m’évoque en rien les papiers à feuilleter, signer, cacher, corriger. C’est un vert trop gai pour être ainsi exposé dans un bureau trop grave, devant un être aussi noir que je peux l’être. Ce vert, je l’abhorre. Il n’est pas à sa place ici. Il détonne, il heurte le regard. Je ne l’aime pas, ce vert. Alors que le rouge… J’inspire posément, et je ferme les yeux pour m’isoler un instant de toutes ces couleurs. Pourquoi sont elles aussi présentes dans mon esprit aujourd’hui, voilà une chose que j’ignore mais que j’aimerais savoir. Dès mon réveil, elles ont pris le contrôle de ma vue pour métamorphoser le monde sous mes yeux hagards. Peut être est-ce du à la Pleine Lune de ce soir, peut être est ce tout simplement ma vue qui s’est affinée, ou une fièvre que je couve. Je ne sais qu’en penser, aussi j’essaie en rouvrant les yeux de chasser cette inquiétude de mes préoccupations premières, et je me concentre à nouveau sur les papiers que j’ai à remplir, après avoir baissé les stores de la fenêtre, pour filtrer une lumière bien trop agressive pour moi.

Bientôt mon poignet devient mécanique, lorsqu’il signe à la chaîne des copies d’un même formulaire. Si je relis les pages une à une par souci de perfection avant d’y apposer la ligne maladroite et emplie d’arabesques que dessine mon Morienval arrogant, mes yeux ne s’attachent à présent qu’à un mot sur trois. Sur cinq. La sonnerie stridente de mon téléphone rompt brutalement ma concentration, et une nouvelle ligne incontrôlée barre à présent toute la feuille. Mon front se pose dans le creux de ma paume appuyée au bureau, trahissant ma fatigue, certaine, et ma nervosité, croissante. Un doigt glisse vers le téléphone, s’attarde sur la touche adéquate. La presse, pour entendre la voix de ma secrétaire qui m’annonce que comme demandé, « Stain Greyjoy vient de se présenter à l’entrée du service. ». Aussitôt, me voilà alerte. Le rouge excite le taureau : il n’a eu sur moi qu’un effet hypnotique. ; cette simple annonce, en revanche… Le loup grogne, et je me redresse instantanément sur mon siège, réponds d’une voix plus assurée que le oui lâché un peu plus tôt. « Bien, parfait, faites le monter dans mon bureau, je l’y attends. » Je ne m’attarde pas sur un merci, ignorant d’ailleurs le prénom de ma secrétaire, et l’oubliant sitôt l’appel terminé. Je sais d’expérience que j’ai quelques minutes devant moi. Pour faire le point. Je suis en position de force, cette fois. Rien de comparable avec notre dernière altercation, au cœur du Masquerade. En y songeant, d’ailleurs, voilà que mon poing se crispe. C’est d’ailleurs de cette dernière entrevue que je veux l’entretenir. Lorsque je me lève pour me dégourdir les jambes, l’attention fixée sur les bruits provenant des escaliers, de l’ascenseur, de la porte ouverte et de la ville qui ronronne à mes pieds, je m’arrête devant la toile si particulière qui meuble la peinture immaculée de la pièce. Hormis une bibliothèque et la baie vitrée, cette toile est la seule qui rompe ainsi la sobriété de mon bureau. C’est elle aussi qui fait augmenter brutalement la valeur pécuniaire de l’ameublement, mais quelques millions ne sont que des broutilles à mes yeux milliardaires. Je croise les bras dans mon dos, me laissant à nouveau happer par cet orage andrinople ; il apaise l’homme, réveille le loup, soulage mes pupilles qui ne cherchent qu’à s’abreuver de couleurs étincelantes. Et lorsque des pas s’agitent à proximité, je m’aperçois que je suis relativement serein.

Tournant le dos à la toile, je m’appuie au mur, bras croisés contre la poitrine, attendant de voir l’homme passer le pas de la porte. Pourquoi l’ai-je convoqué. Sous couvert de mon grade officiel, d’ailleurs. Officier chargé de la Sécurité Rapprochée des Personnalités Politiques. De bien grand mot pour désigner ce que l’on peut résumer en trois simples termes : Garde du Corps. Le rouge du tableau est encore imprimé dans ma mémoire lorsque je prends le temps de faire le point. Rouge de la colère : comment a-t-il pu se railler de moi, me L’arracher, me menacer, alors que nos retrouvailles ne s’étaient pas si mal passées que cela ? Souviens toi que vos dites retrouvailles ne se sont pas passées sans heurts. J’inspire, gardant les yeux fermés. Rouge de honte, aussi. De n’avoir rien fait, sous la menace d’une arme à feu. D’avoir été mis de côté, de s’être vu répondre un non sec et irrévocable lorsque j’ai exigé à la voir. Rouge de rancœur, à l’idée qu’il est responsable de tout cela, et qu’il se sent à ce point tout puissant. Je ne suis certes plus le prince que j’étais, je commence à le comprendre, je reste néanmoins le meurtrier et le loup que j’ai pu être pendant tant d’années. Rouge, comme la fureur du loup qui voit remise en cause sa condition d’alpha, par un roquet méprisable. Je suis incapable de le considérer autrement ; la rancune est tenace. Elle s’est apaisée pendant des siècles, son affront n’a été que la goutte de sang qui a fait déborder le vase de ma patience. Rouge, comme le sang que le loup espère voir couler. Il n’y a aucun doute à avoir, je le comprends maintenant : c’est la Pleine Lune qui approche qui m’influence et qui réveille un peu plus le loup déjà présent en temps normal dans mes pensées.

« Merci d’avoir répondu à mon appel, je pense qu’il est temps qu’on discute. »

Il n’a pas fait deux pas dans la pièce, ayant sûrement vu le bureau vide depuis le couloir, que je l’interpelle ainsi.


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Dernière édition par Rafael A. Morienval le Sam 2 Aoû - 11:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [terminé] Rouge Comme la colère d'un homme quand il voit s'en aller tout ce qu'il a construit, tout ce qu'il a aimé... [pv Stain Greyjoy]   Jeu 5 Juin - 21:23


Immobile, debout devant les casiers flanqués contre les murs sombres du vestiaire, il tremblait. Aux prises avec tous ses démons. Les doigts mal assurés, il s’efforça de reposer avec un semblant de douceur la bouteille de morphine dans sa planque. Les paupières closes, le front brûlant reposant à présent contre la plaque de métal suffisamment froide pour lui apporter un certain confort, Stain lâcha un soupir. Les heures passant le rapprochait de plus en plus de l’heure fatidique où il devrait céder sa place au fauve grognant sous sa peau. Il le sentait. S’il attendait cette nuit avec une impatience certaine, il la redoutait aussi. Redoutait l’instant où il devrait reprendre forme humaine et dire adieu à la fourrure et à la liberté qu’elle lui conférait. Pour attendre à nouveau la prochaine pleine lune. Ce manque de contrôle sur son double le rendait fou. Il se haïssait pour cette faiblesse. S’en voulait de devoir tout reprendre à zéro à chaque fois que quelque chose n’allait pas chez lui. D’abord le pacte passé avec un magicien véreux. Sa paralysie ensuite. Elle en avait fait des dégâts, et il voyait bien qu’elle était toujours présente. Là quelque part sous sa peau, lui bloquant parfois les reins lorsqu’il faisait un geste trop brusque. Tu te fais vieux c’est tout. La pensée lui fit esquisser un sourire, et ce fut l’esprit embrumé qu’il entreprit de défaire les boutons de sa chemise. A cette heure, il était supposé être chez lui. Loin de ce building qui parvenait encore parfois à l’agacer. Son allégeance au Gouvernement restant relativement récente, il lui arrivait encore de retomber dans ses anciens travers de rebelle amateur. Le temps d’un battement de paupière avant que les choses ne reprennent leur véritable place dans son crâne.

Un raclement de gorge dans son dos arrêta son geste, suspendit le tissu noir contre ses reins. Il tourna légèrement la tête, suffisamment pour apercevoir le visage d’un petit Peacekeeper. Descendu dans les tréfonds du bâtiment, l’habitué à la lumière des grandes baies vitrées semblait mal à l’aise.
« - On vous demande… Là-haut. » En réponse à cet ordre quelque peu incongru, le Shadowhunter fit volte-face, collant sur son visage un air voulant dire à l’intrus : « Qui le demande ? » La réponse lui fit froncer les sourcils. L’Officier chargé de la Sécurité Rapprochée des Personnalités Politiques… C’est qui celui-là encore ? La question se posa sur ses traits mais ne trouva aucune réponse. Le type venait déjà de partir. Irrité, Stain remis en place sa chemise, fermant d’un coup sec la porte de son casier pour quitter les vestiaires. Il n’était jamais monté dans les hauts étages. N’avait jamais vu quelqu’un de relativement important non plus, hormis son supérieur. Le Président, il connaissait sa tronche, comme tout le monde, mais ça s’arrêtait là. Il connaissait quelques secrétaires, pour avoir passé des soirées en leur compagnie. Mais hormis cela, ses connaissances du haut monde s’arrêtaient là. Et maintenant qu’on le demandait, il se surprenait à sentir une petite bouffée d’appréhension sous sa peau. Celle qui poussait sa respiration à s’accélérer et son cœur à s’affoler. Le titre que s’était donné son quémandeur trottait dans sa tête. Plus pompeux tu meurs. Il n’avait jamais compris l’intérêt que pouvait porter le genre humain à tous ces titres. Déjà du temps de Rome, la noblesse lui restait en travers du gosier. Il en faisait partie pourtant. De ces hauts placés qui regardent les autres de haut et qui se croient tout permis. Aujourd’hui encore, il se retrouvait du côté des puissants. Les escaliers qu’il dut gravir n’arrangèrent rien à la déroute agitant ses poumons et son cœur, il s’arrêta un moment devant la porte du fameux département pour reprendre son souffle. La pleine lune rendait peut être ses sens plus accrus que d’ordinaire, elle n’influençait pas vraiment sur sa forme physique. Qui était encore à un niveau relativement peu élevé. Suffisant pour qu’il ait pu reprendre du service. Pas assez pour qu’il ait l’impression d’avoir retrouvé la pleine possession de tous ses moyens. Une dernière inspiration pour le contraindre à se redresser et il se présenta devant la secrétaire cachée derrière un bureau plus grand qu’elle.

Au fond du couloir…
Le reste des indications s’était perdu quelque part au milieu du désordre régnant dans ses neurones. Mal à l’aise au milieu de tout ce luxe indécent, le milicien n’aspirait qu’à une chose : mener ce rendez-vous vite fait, bien fait et se retirer le plus rapidement possible dans sa tanière. Pour aller ensuite s’isoler dans un endroit désert et pouvoir libérer le loup sans être dérangé. Le silence régnant dans le dit couloir avait quelque chose d’étrange. Pas un bruit ne filtrait de la porte ouverte devant laquelle il s’arrêta. Hésitant un instant, il jeta un regard par-dessus son épaule, persuadé que la cruche à l’entrée c’était mélangée les faux ongles et lui avait donné les mauvaises indications. Un pas supplémentaire afin de s’assurer que le lieu était bien désert, et il s’apprêtait à faire demi-tour quand une vois bien trop familière résonna dans ses tympans.

« - Ce n’est pas à ton appel que j’ai répondu. Mais à celui de… l’Officier chargé de la Sécurité Rapprochée des Personnalités Politiques, c’est bien ça ? » La dernière partie de sa question se perdit dans un sourire ironique au possible, identique au regard qu’il adressa au peintre sagement installé. Maintenant qu’il était là, il savait que le type au titre pompeux se trouvait être ce fameux barbouilleur de toile. « - J’aurais dû m’en douter. Ca te ressemble bien, ce genre de titre à rallonge. » L’appréhension qui grouillait sous sa peau s’apaisa et céda sa place à une évidente méfiance. Les grognements du loup se firent plus menaçants, il les entendait clairement dans sa tête. Tentait au mieux de les faire taire, sans réellement y parvenir. Si l’animal manifestait toute sa hargne tout en se faisant violence pour se contenir, l’homme aussi devait garder les dents serrées pour rester le plus impassible possible. L’exercice se voyait renforcée par la dose de morphine qu’il avait ingurgitée quelque instant plus tôt. Une chance que ses dépendances le suivent même sur son lieu de travail.

« - Pas mal le bureau. Un peu vide, mais pas mal. » Lâcha-t-il accompagnant les mots d’un faible sifflement visant à marquer une prétendue admiration alors qu’il faisait quelques pas dans la pièce. « - Tu voulais qu’on discute… Discutons, je t’écoute. » La prétendue légèreté de son comportement n’était qu’une façade. Maintenant qu’il était là, il se doutait que le sujet de la conversation tournerait autour d’Azzura. De leur dernière rencontre au Masquerade et ce qui avait suivi. Stain n’avait pas grand-chose à dire à ce sujet, si ce n’est qu’il n’avait fait que suivre les ordres. Fait son boulot en bon petit soldat sans demander son reste. Le tout en éprouvant un profond plaisir à accomplir ces sombres tâches. Il ne s’en cacherait pas. Plus maintenant en tout cas.

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MessageSujet: Re: [terminé] Rouge Comme la colère d'un homme quand il voit s'en aller tout ce qu'il a construit, tout ce qu'il a aimé... [pv Stain Greyjoy]   Ven 13 Juin - 22:00




Ma sérénité est presque désarmante. Non pas qu’elle soit particulièrement inhabituelle mais elle m’a juste déserté un peu trop souvent ces dernières semaines pour laisser place à de l’impatience, de l’angoisse et bien trop d’interrogations mêlées de doute... Lorsque j’ai demandé à ma secrétaire de convoquer le Shadowhunter, j’ignorais encore quelle allait être ma réaction le jour venu, et me voilà calme. Patient. Serein. Nul autre mot ne semble mieux convenir pour décrire mon attitude. Le voilà qui passe le pas de la porte, incertain, angoissé, apeuré, et la voilà, ma voix, qui s’élève. Sarcastique. Autoritaire. Sûre d’elle et pleine de confiance teintée de grandeur. Je sais que tout cela, je ne fais que l’imaginer, mais je m’empêtre presque volontairement dans la toile des faux semblants. Les vibrations qui ne manquent pas de l’agiter attire d’ailleurs une arachnide rougeoyante en laquelle je reconnais ce vice si marqué dans mon sang. Elle est pourpre, elle est andrinople. Elle a la couleur du sang, cette araignée qui s’avance vers moi, comme la violence de mon grand père, comme cette Pleine Lune qui s’agite et qui se lève de l’autre côté du Globe.

Incertain, angoissé, apeuré ? Son pas n’est rien de tout cela lorsqu’il pénètre dans mon bureau. Je ne peux qu’en être conscient. Ezio, apeuré ? Non. Intrigué, agacé… de ce que j’ai vu, voilà qui est bien plus probable. Quant à ma voix… elle est loin de se voir affublée de ces caractéristiques que j’ai rêvées. Elle n’est que posée, calme. Glaciale, aussi. Elle est à mon image : sa sérénité s’étiole. Et s’étiole un peu plus devant la réponse de l’autre métamorphe. « - Ce n’est pas à ton appel que j’ai répondu. Mais à celui de… l’Officier chargé de la Sécurité Rapprochée des Personnalités Politiques, c’est bien ça ? » J’arque un sourcil en me détachant du mur, moue amusée sur les lèvres lorsqu’il énumère les différentes parties de mon… rang ? Grade ? Travail ? Je ne sais comment nommer cette suite de mots sans d’autre signification à ajouter au simple terme de d Garde du Corps. « - J’aurais dû m’en douter. Ca te ressemble bien, ce genre de titre à rallonge. » Mon sourcil se hausse un peu plus. S’en douter ? Etais-je aussi pédant en Italie ? La question mérite t elle une réponse… Je chasse de mes pensées le ricanement moqueur du loup qui s’impose de plus à plus à moi pour me contenter d’une réponse simple, teintée d’un sarcasme que l’on pourrait rapprocher de l’humour. « Ils n’ont pas pu me trouver plus long, malheureusement, sinon tu aurais deviné de suite, j’en suis certain. » Je simule de la réflexion, avant de rajouter : « J’ignore encore si je dois m’en réjouir ou m’en attrister. Peut être aurais-tu… décliné… l’invitation ? » Si mes lèvres se retroussent légèrement dans un sourire voulu narquois qui se contente pour le moment d’être là, mes yeux foudroient l’autre métamorphe du regard. Le rouge est violent, d’une violence même indécente, tandis que le bleu apaise, mais mes iris n’ont pas besoin de changer de couleur pour être expressives, alliées aux rides creusées sur mon front et à la tension du loup qui ne hurle que vengeance. Colère. Haine. Justice. Je contiens toutefois l’animal, laissant le silence étouffer mon hurlement tandis qu’Ezio visite les lieux. « - Pas mal le bureau. Un peu vide, mais pas mal. Tu voulais qu’on discute… Discutons, je t’écoute. » Discuter ? Le loup trépigne en moi, préférant le verbe attaquer. Patience, brave loup. Patience. L’heure tourne, la Lune s’approche, mais je suis encore le maître. Et on n’attaque pas. On discute. Je m’écarte un peu plus du mur protecteur, pour aller m’appuyer à mon bureau, décalant d’un mouvement de pied la chaise qui se trouve sur mon chemin. En voilà une attitude qui me ressemble, ou du moins qui me ressemblait du temps de l’Italie Moyen-âgeuse, puisque c’est ainsi qu’ils nomment désormais mon époque natale : j’écartais sans scrupule ce qui me dérangeait. Je l’annihilais, je le distançais, je le détruisais, je l’éradiquais. On ne s’opposait pas bien longtemps à Rafaele Renzacci, et lorsqu’on le faisait, on en payait le prix. Durement. Mais ce n’est guère le cas maintenant, je m’en rends bien compte. Me voilà réduit à n’écarter de mon chemin que des chaises, ne pouvant lutter contre mes maîtres et cette structure qui me dépasse. Le dépassent, même. Tant sur le plan psychologique que technologique, comme le prouve cette puce encore active au cœur de mon avant-bras. Ne voulais-tu pas discuter ? Te voilà bien silencieux. Ce n’est pas une attaque, c’est une fuite que tu me montres. Le loup s’agace. Il voulait attaquer : je me contente de penser, en posant mon regard sur la toile rouge. Depuis combien de temps suis-je silencieux ? Je l’ignore. J’ai l’impression d’être perdu entre deux époques, à mi chemin entre la nostalgie de mon passé et l’amère réalité de mon présent. Ce n’est ni agréable, ni supportable. Je déglutis, assurant ma voix du mieux que je puisse.

« Où est elle ? »
Nul besoin de préciser de qui je veux parler, son prénom plane entre nous deux depuis quelques minutes à présent. Azzura. J’affirme ma voix lorsque je reprends, plus posément, m’appuyant à mon bureau que je conserve dans mon dos. « Où est-elle, Ezio ? » Son prénom, qu’il ne veut pas entendre je ne le sais que trop bien, roule sur ma langue avec ce goût piquant de notre pays natal. « Où l’as-tu emmenée, pourquoi l’as-tu emmenée, te complais-tu dans ce rôle de caniche asservi qui te convient, je dois bien l’avouer, à la perfection ? » J’ai décidé de lui infliger d’une seule traite les multiples questions que je ressasse depuis bien trop longtemps. « Je pense qu’à partir de là, on doit avoir matière à discuter. En hommes civilisés, bien évidemment. » Dans mes yeux bleus commence à percer un certain amusement. Celui du Loup, bien sûr. Toujours. Mais il se mêle aussi à celui que ressent l’humain que j’héberge encore. Hommes civilisés ? Je ne sais à quel niveau de contrôle se situe l’autre Skinchanger, mais il y a de fortes chances pour que d’ici quelques heures il ne reste rien de nous que l’on puisse apparenter à de l’humain et encore moi à de la civilisation. D’une certaine manière, j’ai hâte de laisser pleinement le pouvoir à l’animal que j’héberge. Il est bien plus impitoyable que tout ce que je peux être à présent. Il est le véritable réceptacle, j’en ai bien l’impression, de l’homme qui a voulu mourir aux pieds des cadavres entassés de son frère, de sa fille et de sa femme.


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MessageSujet: Re: [terminé] Rouge Comme la colère d'un homme quand il voit s'en aller tout ce qu'il a construit, tout ce qu'il a aimé... [pv Stain Greyjoy]   Lun 16 Juin - 21:26


Ils auraient certainement pu trouver plus long. En cherchant bien, il était persuadé que la chose était faisable. L’humour raté du peintre lui fit esquisser un sourire, aussi sarcastique que les notes grinçantes qui vinrent lui titiller les oreilles. Immobile dans un coin de la pièce, il laissait son regard courir sur le décor. S’attarda un long moment sur l’imposante bibliothèque qui se trouvait là. Quelques titres d’ouvrage attirèrent son attention, d’autres lui firent froncer les sourcils. Ou bien se fut les paroles de son hôte. Il reporta son attention sur celui qui lui faisait face, détaillant sa posture sans la moindre discrétion. Si la dernière fois qu’ils s’étaient croisés, Stain menait la danse, cette fois c’était différent. Dans son élément, Rafael avait retrouvé toute sa superbe. Pour un peu, le petit loup aurait pu en être intimidé. Ce ne fut qu’une vague, infime, qui lui passa au-dessus de la tête avant qu’il ne se reprenne. Il avait cessé de trembler face à l’ennemi, les menaces n’avaient qu’un piètre effet sur lui. Il se faisait tellement violence pour conserver un semblant de civisme, que si par malheur il venait à lâcher la bride, le résultat serait catastrophique. Une fois le loup sortit de sa chair, il ne contrôlerait plus rien. Et devenait tout bonnement incapable de se raisonner. Sauvage en tout point, à tout niveau. Libre et dangereux le fauve ne connaissait aucune limite. L’homme n’en connaissait pas beaucoup non plus, il avait cessé de se fixer des barrières dès le retrait de la fourrure et le retour de la peau. Il n’avait plus rien de noble, plus rien de l’Ezio qu’il fut. Il en était à des années lumières, pour son plus grand plaisir. Les rives dégueulasses du Tibre restaient loin derrière lui et il s’appliquait à leur tourner le dos. C’est ce qu’il avait fait, dès l’instant où le loup avait pris le contrôle après l'horrible exécution de Cora; tourner le dos à son existence d’homme pour se diriger le plus possible au nord. Fuir la chaleur et se perdre dans les glaces des pays de l’Est. Il en frissonna de plaisir, une fraîcheur chimérique courut même le long de son échine. Disparue sous sa chemise pour le laisser seul avec la chaleur étouffante régnant en ces lieux.

« - Décliner l’invitation ? Non, j’aurais juste dit à ton messager d’aller voir ailleurs s’il me trouvait tout en lui indiquant gentiment la porte du majeur. C’est plus radical. » Et plus facile à comprendre que des tas de phrases bien tournées. La finesse des mots, il la perdait de plus en plus souvent en ce moment. Abandonnés, totalement les restes de bienséance qui pouvaient encore subsister dans son cerveau. Bouffé de l’intérieur par Stain le Shadowhunter. Il n’aurait jamais pensé qu’une identité créée de toutes pièces parviendrait à le posséder de la sorte. « - Ca fait quel effet d’avoir des types à tes basques et une jolie secrétaire pour écrire tes messages ? » Le sarcasme était plus qu’évident. Empli d’un dédain bien plus apparent qu’il ne l’aurait voulu. La vie derrière un bureau, il n’osait même pas l’imaginer. Son homologue l’accusait d’avoir été domestiqué. Le poste que Rafael occupait revenait au même pour le soldat. Le terrain, il n’y avait que ça qui l’intéressait vraiment dans sa carrière. Le silence retomba entre eux, accentuant la nervosité de Stain. L’endroit l’indisposait presque autant que son propriétaire. Le vent d’expectative qui planait au-dessus de sa tête le poussa à faire quelques pas dans la pièce. Et enfin, la question tomba. Il l’attendait, depuis qu’il était entré dans la pièce. Inutile de préciser de qui l’Officier au titre à rallonge était en train de parler, il le savait déjà. Un énigmatique sourire se posa sur les lèvres du milicien alors qu’il poussait un siège du pied pour s’y installer. Il étendit ses jambes, et s’absorba dans la contemplation de la toile écarlate tout en laissant l’Italien l’accabler de questions. Le changement sur ses trais fut imperceptible lorsque son ancien prénom lui écorcha les oreilles. Ses phalanges se crispèrent malgré tout contre l’accoudoir du fauteuil, mais, Rafael étant conscient de l’effet que ce genre de rappel à l’ordre pouvait bien avoir sur lui, Stain préféra effacer l’affront et le ranger dans un coin poussiéreux de son crâne.

« - Dans son élément, là où elle aurait dû être depuis bien longtemps. » Lâcha-t-il dans un soupir. Placide, il venait de faire preuve d’un tel détachement que cela en était effrayant. Le dernier fil qui aurait pu le voir renouer avec sa cousine avait été coupé, tailladé par une rancœur qui le dévorait de l’intérieur. Elle reviendrait, le jour où son séjour chez les fous prendrait fin, il le savait. Après tout, une existence sans la charmante Azzura pour les lui briser menu, ce ne serait pas drôle. « - Je suis navré, je n’ai pas le droit de t’en dire plus. » Il pourrait le faire, la mission n’ayant jamais été classée secret-défense, bien au contraire. Il prenait cependant un malin plaisir à se cacher derrière l’autorité et un prétendu secret. « - Demande à ton patron, il sera plus à même de te répondre que moi. Après tout, je ne suis qu’un pauvre soldat. On ordonne, j’exécute. Point. » Il accompagna le début de sa phrase d’un geste de l’index en direction du plafond, désignant les hautes sphères du bâtiment, avant de hausser les épaules avec désinvolture pour renforcer le portrait qu’il venait de dresser. Un brave petit mouton, fonçant tête baissé sans chercher à comprendre.

« - Et oui, je me complais dans ce rôle. J’aide les puissants et en échange ils m’offrent ma dose de sang quotidienne. Que demander de plus ? » Pas grand-chose. Il contempla un instant la ville qui s’étendait à leur pied. Ce fut sur un profond soupir empli d’une certaine lassitude qu’il reposa ses pupilles ténébreuses sur Rafael. Des hommes civilisés, parle pour toi. Ils n’en avaient que la tenue. Le maintien de leurs rangs passés, l’éloquence prodiguée par leur métier respectif. Mais sous la couche de faux semblant, ils n’étaient rien de plus que des fauves. Des monstres prêts à se déchirer au moindre mouvement brusque. « - C’est assez civilisé à ton goût comme discussion ? » Derrière l’ironie cinglante de sa réplique se dissimulait une évidente provocation. Il accompagna sa diatribe d’un sourire satisfait, s’affalant un peu dans le moelleux du fauteuil. Si le décompte n’avait pas commencé à cogner contre ses tempes, il aurait pu savourer l’instant. Au lieu de ça, un arrière-goût amer venait lui caresser la langue. Celui de la menace qui pesait au-dessus de sa tête. Qui forçait son cœur à battre avec hargne contre sa poitrine, ses doigts à tapoter en rythme contre l’accoudoir et sa jambe à trépigner nerveusement. Rafael avait choisi son moment pour le faire monter dans sa tour d’ivoire. Il a fait exprès, c’est bien son genre.

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MessageSujet: Re: [terminé] Rouge Comme la colère d'un homme quand il voit s'en aller tout ce qu'il a construit, tout ce qu'il a aimé... [pv Stain Greyjoy]   Dim 29 Juin - 16:11




Je suis tendu, concentré, sarcastique, je suis l’ensemble de ces émotions qui se mélangent en moi, rendant très certainement mon comportement étrange. Je suis tout cela, et je suis surtout aussi énervé que le loup peut l’être face à celui qui l’a trahi, face à celui qui a craché dans la main ouverte que je lui avais tendue. Mais plus que tout, je suis serein. Parce que je suis chez moi, parce que je suis sur mon territoire, loin de cette ambiance étouffante qui me faisait suffoquer dans les ruelles obscures des coulisses du Masquerade. Je suis serein, alors que je le vois observer la pièce dans laquelle nous nous trouvons. Simple. Sobre. Si dissemblable de mon titre par lequel je me suis fait connaître pour l’attirer dans ma toile. Suis-je l’araignée qui va envelopper de fils et de salive cette proie inconsciente qui est venue mourir entre mes crocs ? Non, ce serait extrapoler vers une utopie. Si Ezio est devant moi, ce n’est pas pour autant une proie. Et ses réponses à mes sarcasmes s’appliquent à bien me le faire comprendre. « - Ca fait quel effet d’avoir des types à tes basques et une jolie secrétaire pour écrire tes messages ? » Je garde mon calme, un sourire daignant même tracer sa route sur mes lèvres. Il ne faut pas qu’il apprenne que si je suis enchaîné derrière un bureau, dans cette tour d’ivoire que je ne quitte qu’exceptionnellement, c’est justement contre mon gré. Que cette secrétaire, que ces hommes que je dirige de loin, je les échangerais tous sans sourciller contre son poste à lui, quelques grades en plus cependant. Il ne faut pas qu’il l’apprenne, murmure mon sourire, parce que je me connais suffisamment bien pour savoir que je ne pourrais supporter ses sarcasmes dans ce cas là. « Rien de particulier, j’y suis habitué. » Pas d’humour dans ma voix, pas de tentative d’excuse, de justification, je me donne l’air de dire une vérité générale, objective, logique et que l’on ne peut démentir. J’y suis habitué. Qu’il le comprenne : je respire par le pouvoir. Je vis par la domination. Je suis un chef, je suis fait pour diriger, je suis formaté pour donner des ordres et sentir le battement lent du pouvoir entre mes doigts. Le silence retomba. Le temps que j’inspecte le Loup, que je le contraigne au silence ; le temps aussi que je m’appuie à mon bureau, m’éloignant de ce tableau qui me fascine. Suis-je en train de fuir la discussion que j’ai tenue à provoquer ? Je l’ignore. Non : tu te mens. Certes, mais les deux faits ne sont-ils par similaire ? Nécessaire ? Je ne peux être franc avec moi-même, je sombrerais dans la folie si c’était le cas. Et l’ignorance n’est elle pas une certaine sauvegarde, tout comme la fuite si je suis bien en train d’en tenter une ? Tu fuis, tu repousses. Tu appréhendes. Plus que cela. Je redoute. Je redoute la tournure que va prendre la discussion une fois ma première question posée. Je redoute le silence, ou l’absence de réponse, qui risque de la conclure. J’ai peur de tout risquer sans résultat.

C’est le loup qui prend le pas sur l’homme, lorsque je m’entends commencer mon enquête. Où est elle ? Douloureuse question, à n’en pas douter. Je refuse de lui laisser le temps de prendre la parole, et je lui jette un flot de questions qui tournent et tétanisent ma réflexion. Où, comment, pourquoi… quand… L’homme reprend le contrôle lorsque je parle d’agir en êtres civilisés. Je m’adresse à son dos, vu qu’il contemplait à son tour la toile pourpre. Est-il lui aussi subjugué par ses couleurs, par les couleurs ? Est-il agressé par leurs émotions, comprend il lui aussi ce qu’elles veulent nous dire, leur agression ininterrompue sur mes rétines, cette rage que ces couleurs amarantes réveillent en moi ? Non, bien sûr que non. Et le voilà qui me répond. « - Dans son élément, là où elle aurait dû être depuis bien longtemps. » Un soupir. Mon poing se serre devant un tel détachement. Ma respiration m’échappe, s’affine, se fond dans un simple filet d’air crispé, et je me force à la décontraction. Civilisé, lui ai-je dit. Et je compte bien l’être jusqu’au premie rayon lunaire qui me permettra de lâcher ma rage sur cet inconscient. Ma voix est plus coupante que le fil de la lame que je maniais avant lorsque je susurre entre mes dents serrées : « Où. » Un simple mot. Qui porte toute la profondeur et l’insistance de ma question. Mon calme aussi. Ce détachement que je maintiens encore en vie. « - Je suis navré, je n’ai pas le droit de t’en dire plus. » Navré ? Lui ? Comment pourrait-il avoir quelque chose à cacher à celui qui a la vie du Président entre les mains ? Je le toise, sans ciller. « - Demande à ton patron, il sera plus à même de te répondre que moi. Après tout, je ne suis qu’un pauvre soldat. On ordonne, j’exécute. Point. Et oui, je me complais dans ce rôle. J’aide les puissants et en échange ils m’offrent ma dose de sang quotidienne. Que demander de plus ? » Dose de sang quotidienne ? Je frémis. Je jugule un tremblement qui n’aurait pas manqué d’être visible. Inconsciemment, je suis convaincu d’être pire que cet homme face à moi et ce qu’il dit me fait chuter à chaque mot plus bas dans l’abysse. Que lui répondre ? Que j’ai déjà questionné mon patron à ce propos ? Qu’il n’a rien trouvé de mieux que de me faire comprendre que je n’avais pas accès à cette information ? Mes paupières me retirent de la réalité le temps d’un soupir. Le temps que je fasse le point sur les coups donnés, les coups reçus, et que je comprenne à quel point je suis en train de perdre. Pourquoi ? Parce qu’il est bien plus froid que moi. Pourquoi ? Parce que je suis bien trop impliqué émotionnellement. Comme toujours lorsqu’on parle d’Azzura. Il faut que je le fasse chuter, il faut que sa morgue s’effrite et laisse place à l’animal qu’il est devenu. D’ailleurs le voilà qui profite de mon silence pour continuer ses réponses à mes questions et remarque. « - C’est assez civilisé à ton goût comme discussion ? » Encore une fois, je prends le temps de répondre.

Je prends le temps de formuler ma réponse, je prends le temps de laisser le silence s’étendre entre lui et moi, mais plus que tout je prends le temps de me calmer, et de rester sinon détaché, au moins maître de moi-même. Je suis constamment sur la brèche entre la folie destructrice des Renzacci et celui qu’à défaut de pouvoir être, j’essaye de ressembler. « Si civilisé que ça en devient stupide, même. Mais je ne vais pas trop t’en demander, puisque de toute évidence, la subtilité n’est pas ton fort… » D’un mouvement, mes doigts se faufilent sous ma cravate, la dénouent et la posent sur la tableau, alors que j’enlève ma veste de costume et la dépose avec soin sur le dossier de mon fauteuil. « Je crois que tu n’as pas tout compris, Ezio. ». Ma main droite déblaye une partie de mon bureau pour que je puisse m’y asseoir sur un coin, continuant de défaire les boutons de manchette de la chemise immaculée que je porte. « Ou du moins, que tu n’as exactement compris que je ne suis pas, moi, un simple soldat. ». Je m’humecte les lèvres une fraction de seconde avant d’appuyer sur un des multiples boutons du téléphone, appelant ma secrétaire. Son oui résonne dans la pièce, et il n’a pas disparu que déjà j’articule dans un petit sourire « Je ne souhaite pas être dérangé dans les heures à venir. Prenez tous les coups de fil, notez les, je verrais ça plus tard. » avant de raccrocher et de fixer à nouveau mes yeux clairs dans ceux de l’autre loup. « Que disais-tu, un peu plus tôt ? On ordonne, tu exécutes ? Et bon nous n’allons te perturber et poursuivre ce schéma. J’ordonne, tu exécutes. Et donc, » mon sourire s’accentue. « En partant de ce postulat… tu vas reconsidérer ma question, et ta réponse. Où. Est. Azzura. » Les boutons défaits, je m’applique à retourner mes manches pour les faire remonter un peu plus haut que mon coude. Si je souris, mes yeux ne jouent pas. Menaçants. J’ai beau ne pas être à ma place à cette époque, j’ai beau réfléchir comme un Italien du XIIIème siècle, j’ai beau être instable, brisé, faible et vulnérable, j’espère qu’il a conscience que je ne reculerais devant rien pour des réponses. Et que je suis extrêmement rancunier. En colère.

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MessageSujet: Re: [terminé] Rouge Comme la colère d'un homme quand il voit s'en aller tout ce qu'il a construit, tout ce qu'il a aimé... [pv Stain Greyjoy]   Mar 1 Juil - 20:26


La réponse donnée à sa moquerie ne l’étonna guère. Que son homologue se complaise dans ce petit bureau, à donner des ordres à tout va, tout en se massant les chevilles tant elles devenaient devenir énormes n’avait rien de surprenant. Il en donnait des ordres lui aussi, quand il fallait maintenir les rangs en place et faire en sorte que ses petits soldats se tiennent à carreau. La satisfaction restait infime. A peine un frisson lorsque les ordres venaient à être exécutés. Rien de plus. Stain se racla la gorge, haussa légèrement une épaule avec une certaine désinvolture en guise de réponse. Un silencieux ‘je m’en doutais’ sarcastique à en crever. Sa langue en était teintée, de l’ironie et de la moquerie. Le mot suivant tomba sur sa tête comme une goutte de pluie gênante. Où. Je n’ai pas déjà répondu à ta question ? Il leva un sourcil, adressant son regard le plus surpris au maître des lieux. Il garda le silence pourtant, prêt à réitérer sa réponse sans réfléchir avant de se raviser. Et se donner quelques secondes de maigre réflexion. Le ton employé pour lâcher ce maudit mot n’appelait pas à la blague, il en avait bien conscience. Et le calme affolant dont Rafael pouvait faire preuve avait quelque chose de dangereux. Pour un peu, le Shadowhunter en aurait frissonné. Il crut percevoir un infime frémissement, juste là, sur sa nuque, qui dégringolait déjà le long de son échine alors qu’il croisait les bras sur sa poitrine tout en redressant. Pour se donner un peu plus de contenance et éviter de perdre la face devant ce louveteau bureaucrate. « - Je te l’ai déjà dit. Là où elle devrait être. Ne t’inquiète pas, on s’occupe d’elle comme d’une princesse. » La prétendue réflexion n’aura servi qu’à faire peser un vent d’expectative entre eux. Rien de plus. Il n’avait que rajouter une nouvelle petite provocation à sa réponse précédente. Accentuant l’affaire à l’aide d’un petit sourire sardonique. En parfait fou qui se respecte, Stain avait toujours eu tendance de tirer sur la corde jusqu’à ce qu’elle casse. Sans se soucier de la suite. Vivant l’instant, quitte à ce que la corde se change en élastique et qu’il se la prenne dans la gueule. La subtilité… C’est le bourreau qui me dit ça ? C’est l’hôpital qui se fout de la charité ma parole. Il ouvrit la bouche, prêt à énoncer tôt haut ce qu’il venait de penser. Se ravisa au dernier moment, il se contenta de jouer le rôle du poisson hors de bocal juste avant de s’affaler comme il se doit dans le fauteuil qui lui faisait de l’œil depuis un moment déjà.  

« - Elle ne l’a jamais été. Que veux-tu, j’ai été élevé par une brute dissimulée sous des tonnes de titres. » Souffla-t-il avec légèreté, tapotant du plat de la main sur les accoudoirs, inspectant l’objet tout en hochant la tête, à la manière du type impressionné par ce qu’il a sous le nez. Impressionné, il l’était certainement. Un peu. Comme toute personne qui se retrouve dans un lieu inconnu, qui diffère grandement des endroits où elle peut avoir l’habitude de se rendre. Je t’en prie, frère, prend-moi pour un con, j’adore ça. Une œillade assassine fusilla Rafael du regard, un sourcil se levant légèrement au passage. Une infime surprise vint dérider son visage lorsque l’autre loup en vint à se délester de sa veste et de sa chemise. Ma parole, il va me faire un strip-tease ! L’énormité de sa connerie poussa Stain à sourire, et l’obligea à ravaler l’éclat de rire venu se coller contre ses dents. Il s’en mordit la langue tant l’exercice se révéla ardu. « - Non bien sûr, excuse-moi. Tu es... L’Officier chargé de la Sécurité Rapprochée des Personnalités Politiques, le caniche de notre cher Président. » Il n’eut pas le temps de rajouter quelque chose de plus, le bureaucrate donnait déjà ses ordres au machin technologique collé sur son bureau. Prétentieux. Les heures à venir… Comme si cet entretien allait durer aussi longtemps. Le soldat secoua la tête, visiblement peu enclin à rester coincé dans ce trou autant de temps. Il avait réussi à calmer son envie de se tirer, d’aller voir ailleurs pour pouvoir passer sa soirée tranquille. Mais sous sa peau, il sentit le loup s’agiter. Grogner son mécontentement. Les nuances écarlates de la toile avaient réussi à titiller ses instincts. Lui rappelant dangereusement la couleur tant apprécié du sang. Sa saveur aussi, il l’avait sur la langue en cet instant. Mal à l’aise, il s’agita sur son siège, croisa les jambes pour les décroiser dans l’instant et s’installer un peu mieux, les doigts crisper contre les accoudoirs.

Les pierres retenant le flot d’agacement hurlant sous sa peau s’effritèrent, quelques-unes s’effondrèrent même au passage. Laissant un mince filet d’irritation se distiller dans ses veines ravagées. Le sourire que le loup avait collé sur ses lèvres lui tapait sur les nerfs. Et Stain crevait d’envie de le lui imprimé sur la tronche, ce foutu sourire. De lui entailler les lèvres et remonter jusqu’aux oreilles. Les instincts primaires, la violence, ancrés en lui depuis toujours, ils se trouvaient exacerbes à l’approche de la pleine lune. Il regrettait presque de ne pas avoir une arme sous la main. Il se risqua même à jeter un bref coup d’œil sur le bureau, espérant y trouver un coupe-papier, ou même une agrafeuse. Ca aurait largement pu faire l’affaire. Il poussa un soupir et ferma les paupières, ses doigts venant masser sa tempe alors qu’il gardait le silence. « - Je n’obéis qu’à deux personnes, et manque de bol, t'en fais pas partie. Tu contrôles la situation dans ton petit bureau, mais ça s'arrêta là. Et tu peux remonter tes manches tant que tu veux, enlever ta chemise si ça te chante, je pourrais me rincer l’œil au passage, ça ne changera rien. » Le calme avec lequel il venait de s’exprimer le troubla, tant il ne se croyait pas capable de masquer aussi bien la colère qui grouillait sous sa chair. Les nerfs à vif, tendus au possible. Ouvrant à nouveau les yeux, le milicien posa son regard sur son collègue. Polaire et assassin. Son obstination à vouloir en savoir plus sur l’Italienne était justifiée, il le reconnaissait. Mais d’un autre côté, Stain trouvait cet acharnement à la limite du risible. Il se demanda pendant un moment s’il était lui-même capable de faire preuve d’autant d’acharnement concernant Cora. A n’en pas douter, il devait en être capable. Depuis le temps qu’il l’avait dans la peau. Sauf que, contrairement à Rafael, il n’aurait pas perdu autant de temps à essayer de se montrer civilisé. L’Inquisiteur avait les moyens de faire parler, pour mieux détruire une fois les réponses apporter. Heureusement pour lui, que l’ancien bourreau préférait conserver son rôle de type classe jusqu’au bout de ses boutons de chemise.  

« - Je  reconsidère ta question… Et la réponse reste la même : je n’ai pas le droit de te dire quoi que ce soit. » Il avait fait planer le doute entre le début de sa phrase et sa fin. Glissant un silence entre les deux morceaux pour donner l’illusion qu’il allait finalement se décider à parler. Tête de mule, plus borné qu’un rocher. Un nouveau raclement de gorge brisa le silence, juste avant qu’il ne se lève avant lenteur et un calme déroutant. « - J’ai dit ce que j’avais à te dire, tu m’excuseras, j’ai autre chose à faire que de prendre le thé avec un bureaucrate. » Couper court à la discussion. Arrêter la mascarade avant qu’elle ne tourne au désastre. Car c’est qui allait arriver, s’il restait planté là. A trop chercher le loup, il allait finir par le trouver. Le retroussage de manche n’annonçait rien de bon en général, il doutait que Rafael ait fait cela simplement parce que les poils de ses petits bras avaient envie de prendre l’air. Il esquissa quelques pas en direction de la porte, ne put s’empêcher de voir ses rétines attirées une fois de plus par le maudit rouge de cette foutue toile. Et une fois encore, le sang revint lui caresser la langue et fit courir un délicieux frisson le long de son échine. Partir? Si tôt ? Avoue-le, ce serait tellement plus marrant, une dispute entre alphas, plutôt que de rester caché dans les bois.

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MessageSujet: Re: [terminé] Rouge Comme la colère d'un homme quand il voit s'en aller tout ce qu'il a construit, tout ce qu'il a aimé... [pv Stain Greyjoy]   Dim 6 Juil - 13:35




Je me souviens de l’étonnement de mon Grand Père lorsque j’ai accepté de livrer mon frère au bûcher pour la seule survie d’Azzura. Il ne croyait pas, en me proposant cela, que j’allais accepter de sacrifier la vie de mon frère, ce frère qui n’avait respiré que grâce à mon obstination des premières heures, ce frère que je surprotégeais, ce frère sur lequel je veillais comme un père infantile, pour sauver une femme, une sorcière, une simple amante déjà condamnée puisque la gangrène qui rongeait son âme était désormais connue de tous. Il ne comprenait pas que j’aie pu ainsi pardonner à Azzura ses mensonges et ses silences, il ne comprenait pas que moi, qui avais réduit à néant toute la famille de cœur, puisque ce n’était de sang, de mon meilleur ami pour sa nature de sorcier, puisse préférer une traitresse à mon petit frère. Alors, si même un homme comme le Seigneur Renzacci, qui m’a formé, formaté, éduqué, manipulé et élevé n’a pas compris à l’époque que je suis prêt à tout, exactement tout sans la moindre restriction, lorsqu’il s’agit d’Azzura. Je ne me pose que rarement des limites sur mon comportement. Si je suis toujours un petit peu intègre, je n’ai plus aucune morale lorsque j’ai un but à atteindre, des envies à satisfaire, des besoins à combler. Et Elle a toujours été ma raison de vivre. Elle a maintenu l’homme en vie pendant plus de sept cent ans de loup. Elle a été mon ancre dans cette réalité et cette époque ou je suis si peu à mon aise. Elle est toujours celle qui me permet de trouver un but à ma vie, alors que plus rien ne me retient. Plus aucune attache, plus aucun domaine à diriger, plus aucun meurtre à commettre. Ce dernier point n’est certes pas tout à fait vrai, puisqu’il reste des dizaines de personne qui n’ont pas le droit de continuer ainsi à respirer, mais l’idée est là : Azzura est la seule raison pour laquelle je suis ici. Ce qui me rend bien plus dangereux que ce que quiconque peut s’imaginer, Ezio compris. Ses sarcasmes, en réponse à mes impératifs, ne font que croître ma détermination et disparaitre les scrupules que j’aurai pu encore avoir à ce niveau là. Si ma voix reste calme, détachée, et mes mouvements calculés alors que je détache les boutons de manchette de ma chemise, le Loup s’anime de plus en plus. C’est pour cela que je maîtrise à ce point le moindre de mes muscles. Je compense le risque de perte de contrôle par le contrôle exacerbé justement. Les tremblements de mes mains sont à ce point contenu qu’elles refusent de bouger davantage que ce que je leur demande. Mon sourire, léger mais marqué, compense l’orage qui obscurcit mon regard. Qu’il s’exécute ou qu’il se bute, je serai heureux dans les deux cas. Car si la première option m’offrirait la réponse que je guette depuis le début, et ouvrirait les vannes de la soumission totale aux moindres de mes questions, la deuxième option me donnerait le droit de déchaîner le loup. Et mon récent appel à ma secrétaire m’assure un certain temps de répit. « - Je n’obéis qu’à deux personnes, et manque de bol, t'en fais pas partie. Tu contrôles la situation dans ton petit bureau, mais ça s'arrêta là. Et tu peux remonter tes manches tant que tu veux, enlever ta chemise si ça te chante, je pourrais me rincer l’œil au passage, ça ne changera rien. » Un léger rictus, mêlé de rire moqueur me surprend. Se rincer l’œil ? Enlever ma chemise ? Je ne comptais pas aller plus loin que le simple retroussement de mes manches, mais s’il le souhaite… J’assume pleinement ma musculature qui frôle la perfection, et il est vrai que ça permettrait dans un sens de ne pas salir la chemise immaculée que je porte. Il refuse donc la solution la moins douloureuse ? Tant mieux pour moi, tant pis pour lui. Je ne lui fais pas la joie de faire disparaître mon sourire qui devient carnassier. « Ne parle pas trop vite, Ezio. » me contente-je de rétorquer. « - Je reconsidère ta question… Et la réponse reste la même : je n’ai pas le droit de te dire quoi que ce soit. J’ai dit ce que j’avais à te dire, tu m’excuseras, j’ai autre chose à faire que de prendre le thé avec un bureaucrate. »

Il se lève. Je fais le tour de mon bureau. Couper court à la discussion ? Mais bien sûr. Comme si je vais lui souhaiter une bonne journée et le laisser partir ainsi. D’un mouvement, j’ouvre l’un des tiroirs de mon bureau. En tirer un 9mm. Suit le regard qu’Ezio porte sur la toile amarante qui m’obnubilait avant son arrivée. Vérifiant dans un cliquètement sonore à mon ouïe lupine que l’arme est bien armée, je la pointe dans le dos d’Ezio. « Je ne crois pas, non. ». Je contourne à nouveau mon bureau, faisant s’évanouir tous les murs entre Ezio et moi. Mon arme ne tremble pas, et il est clair que je vise la tête du loup. « Je crois que lorsque la diplomatie échoue, il convient de changer de méthode. Mais laissons donc une dernière chance à ta stupidité. » Mon doigt effleure la gâchette, et une balle commune se fiche dans l’épaule du métamorphe, comme un avertissement. « Ce n’est qu’un avertissement. Invente, imagine, essaye de me baratiner, mais réponds-moi. Où. Est. Elle. Que lui reprochez-vous exactement. » Je prends mon inspiration, cessant de le mettre en joue avec cette arme qui restera inutile tant que de l’argent ne la chargera pas. Il est temps, dans un sens, d’extrapoler. Cela ne me coûte rien après tout. Les minutes s’égrènent avant que la Pleine Lune ne se lève, et ça ne me pose aucun problème d’attendre, de jouer le temps, pour me dédouaner de mes actes lorsque la rage du Loup s’emparera de moi, comme d’Ezio. Combat de coq à venir ? D’Alphas, plutôt. Mais je m’en fiche. C’est ce que désire mon inconscient, je le sais. Alors… patientons. Extrapolons. Improvisons. « Ezio. Que lui reproches-tu ? » Je cherche à croiser ses pupilles. « J’espère que tu es conscient que si tu refuses de me répondre, si tu ne me donnes aucune satisfaction, je me verrais contraint avec la plus grande joie de m’en prendre à une autre. A une autre traîtresse. Et je saurai trouver les arguments qui me donneront un aval complet de certaines personnes. Peut être même que tu seras à la tête de ceux qui iront la chercher. » Cora.


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MessageSujet: Re: [terminé] Rouge Comme la colère d'un homme quand il voit s'en aller tout ce qu'il a construit, tout ce qu'il a aimé... [pv Stain Greyjoy]   Mer 9 Juil - 21:29


Il n’avait jamais pris le temps de réfléchir trop longtemps avant de parler. Sa franchise lui ayant maintes fois offert l’occasion de se retrouver dans d’impossible situation. Ce défaut ne l’avait pas abandonné. A croire que d’avoir été privé de la parole pendant sept siècles lui avait manqué à tel point qu’il ne perdait plus son temps à garder le silence. Il secoua la tête, un sourire sarcastique affiché sur ses lèvres, en réponse au rire moqueur qui vint se glisser contre ses oreilles. La moquerie semblait avoir fait mouche. Le flegme de Rafael avait quelque chose d’irritant. Un monologue où Stain était le seul acteur à prendre la peine de réciter son texte avec un semblant de motivation. L’autre en revanche, se contentait du strict minimum, et semblait même n’avoir mémorisé qu’une seule phrase. Où est-elle ? En Enfer. Une vague d’ombre se glissa sur ses traits de fer, incendia la noirceur de ses prunelles lorsque la pensée se colla contre ses neurones. Il se mordit la langue pour ne pas balancer cette réplique assassine à la figure de son ancien ami. Lui faire croire qu’elle ne se trouvait nulle part. Si ce n’est à la morgue. « - Décide-toi mon grand. Tu râles quand je traîne à te répondre, et quand je me dépêche de le faire, t’es pas content. Faudrait savoir. » L’agacement était évident, il ne prit même pas la peine de le dissimuler sous une couche mielleuse ou ironique. Le bruit de pas dans son dos aurait dû le pousser à la prudence. Pas stupide pour un sous, il savait ce qu’il en coutait de tourner le dos à l’adversaire. Le coulissement d’un tiroir que l’on ouvre fut rapidement suivit par un cliquetis bien connu. Des frissons lui coururent le long de l’échine, et malgré lui, il sentit son cœur accélérer la cadence. En réponse à la réplique de Rafael, Stain leva les mains. Légèrement, comme le ferait un criminel menacé par un escadron de flics armés jusqu’aux dents. Menacé par l’arme à feu d’un bureaucrate.

Il avait commencé à tourner la tête, pour jeter un regard par-dessus son épaule juste avant de faire volte-face et de rétorquer de la façon la plus polie qui soit. Les insultes et tout le reste, restèrent coincés dans sa trachée. La force de l’impact le fit vaciller et il fut contraint de s’appuyer du plat de la main contre le mur. Plus encore que la détonation qui lui vrilla les tympans, la douleur qui lui lacéra l’échine lui fit lâcher un infime soupir. Mais par-dessus les réactions normales d’un humain blessé, l’odeur du sang lui déchira les entrailles. De violents spasmes lui dévorèrent le ventre. Les paupières closes, concentré sur sa respiration qu’il tentait de calmer, Stain finit par se redresser après une profonde inspiration. La main lui ayant servi d’appui venant s’agripper à son épaule meurtrie. « - Pauvre con… » Lâcha-t-il dans un souffle tout en prenant cette fois le temps de se tourner vers le dit individu. Après l’odeur, le contact du sang entre ses doigts. Il les inspecta un moment, comme obnubilé par cette couleur. Il l’était à vrai dire. Le loup commençait déjà à saliver et la blessure ne faisait que titiller son envie de liberté. La rage, mélangée au besoin irrépressible de tuer, à cet instinct animal des plus étouffants, tout cet assemblage formait un mélange détonnant qui le rongeait de l’intérieur.

Un avertissement ? Encore heureux que tu ne saches pas viser surtout, oui…. Le regret d’avoir laissé son arme de service dans les vestiaires revint se glisser dans sa gorge. « - Le Gouvernement lui a offert un séjour tous frais payés au Club Med. Pour entretenir son bronzage, elle devenait trop blanche pour satisfaire les mirettes de ses clients. » Masochiste invétéré, et éternel provocateur, il haussa son épaule valide, adressant un regard pétillant de malice à son homologue avant d’ajouter. « - Et rassure toi, je me suis assuré que le maillot de bain et la crème solaire étaient bien en place. » Creuser lui-même sa tombe, il en avait l’habitude. La menace d’une arme à feu, avec balles en argent ou non, revenait au même pour lui. Il laissait croire qu’il s’en foutait, que la crainte ne venait pas se distiller dans ses veines. C’était le cas. Ou du moins, légèrement. Il commençait à la sentir pointer pourtant, sous la couche d’orgueil suicidaire et d’humour à deux balles. La crainte de se retrouver dans une mauvaise passe et de mettre encore des mois à s’en sortir. Et la lumière qui n’avait de cesse de décroitre au-dehors n’arrangeait en rien ses craintes. « - Ce que je lui reproche ? Hormis le fait qu’elle a foutu ma vie en l’air, trois fois rien. » Il le défia du regard, lui offrit le contact que l’autre loup semblait avoir cherché en lui posant la question. Ezio… Depuis son arrivée dans ce maudit bureau, le peintre n’avait pas arrêté de le chercher en usant de son ancien prénom. Il s’était fait violence pour ne pas relever, mais les notes italiennes lui écorchaient les oreilles et lui donnaient la nausée. Une seule personne avait le droit de l’appeler ainsi. Et elle ne se trouvait pas dans cette pièce. Et lorsque Rafael jugea bon de L’inclure dans ses menaces de roquet frustré, le loup sentit son sang se figer. Ne faire qu’un tour avant de repartir en rugissant dans ses veines. Salopard. Il lâcha son épaule, et serra son poing ensanglanté jusqu’à se planter les ongles dans sa paume.

« - Mais putain pour qui tu te prends ? Etouffe-toi avec une boule de poils et fous-moi la paix. C’est de ma faute si ta femelle est juste bonne à être internée ? Va menacer ses parents avec ton jouet, pour leur dire qu’ils ont ratés leur éducation. Bon courage pour ça d’ailleurs. Mais si tu Lui fais quoi que ce soit… » Cracha-t-il, la colère l’obligeant à serrer les dents pour retenir le flot de venin qui lui ravageait la langue. La menace en  resta même suspendue dans le silence. Qu’il ose s’en prendre à Cora, et le milicien se ferait une joie de le démembrer pour le jeter aux quatre coins du bayou. Et ensuite admirer les alligators profiter du repas. Il jeta un bref regard vers la baie vitrée, lâchant un soupir de résignation lorsque l’évidence lui apparut enfin : il passerait une partie de sa mutation ici. Et une fois la fourrure revêtue, la lutte serait inévitable. Et l’échec aussi. Il le savait, il n’était pas en état pour se confronter à un autre de son espèce. Pour se confronter à Rafael. Pas encore.  

« - Tu veux que je repeigne ton bureau de la même couleur que ta croûte peut être ? » Esquissant quelques pas en arrière, Stain apposa sa main écarlate contre le mur immaculé, juste à côté de la toile vermeille. Et traça une ligne sombre du plat de sa main avant de s’atteler à faire subir le même sort à la porte. Il la poussa sans trop de douceur, et s’assura qu’elle se fermait correctement avant de refaire face à Rafael. « - Avoue-le maintenant… T’avais prévu le coup ? Me faire venir, un soir de pleine lune, et faire durer le plaisir jusqu’à ce que ça devienne inévitable ? Ca va t’avancer à quoi tout ce manège ? » A part satisfaire ton orgueil de loup pouilleux ?

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MessageSujet: Re: [terminé] Rouge Comme la colère d'un homme quand il voit s'en aller tout ce qu'il a construit, tout ce qu'il a aimé... [pv Stain Greyjoy]   Mar 15 Juil - 23:54




Avec la minutie du bourreau qui n’hésite pas à faire son travail ensanglanté, je me prépare à l’inévitable. Avec la noblesse qui guide chacun de mes mouvements, je contrôle le loup et ses pulsions sanguinaires, pour laisser s’égrener tranquillement les secondes qui me séparent de l’inévitable. Avec une patience que je retrouve, une colère que je savoure, une rancœur dont je me repais, je m’applique à faire comprendre à l’autre Italien ce qui est inévitable. Et que j’attends. Le poids de l’arme dans ma main véhicule dans le moindre de mes vaisseaux ce sentiment de puissance qui y coulait déjà lorsque j’empoignais une hache ou l’épée légère et équilibrée, simple extension de mon bras, à l’époque. Pas un tremblement ne m’agite lorsque la balle part ; je commence à avoir bien l’habitude des armes de cette époque, et du recul inévitable que la puissance du tir provoque. Je ne crois pas, non. Je ne crois pas qu’il soit aussi facile de me tourner le dos, de s’enfuir dans avoir répondu à mes questions de manière convaincante, sous satisfaisante. Et toi, Ezio, ne te crois pas le droit de partir avant d’avoir payé ce que tu as pu me faire. Le bruit sonore et l’étoile écarlate qui explose dans le dos, l’épaule surtout, d’un Ezio qui avait déjà les mains en l’air – foutaise, comme si ça aurait pu me retenir – provoquent chez le loup une vague de délectation et d’envie. La Lune n’est pas loin, mon odorat est décuplé. Je sens presque le goût métallique du sang dans ma gueule, à le voir ainsi imbiber les habits de ma cible. « - Pauvre con… » Mon sourire s’accentue. Pauvre con ? Moi ? Mais qui est le plus idiot de nous deux, chez Ezio ? Celui qui a tourné le dos à l’homme qu’il a provoqué, ou celui qui n’hésite pas à tirer à bout portant sur la cause d’une part de sa folie ? Mes doigts se détachent de l’arme, même si son contact dans le creux de ma main est toujours bien présent. Je ne compte pas m’en servir à nouveau, l’avertissement semble avoir été reçu à la perfection par la proie du Loup. Et je m’aperçois avec un certain effroi que ma fierté réfute qu’il est aussi sensible que moi à l’odeur et la couleur de ce sang sombre. Bien malgré moi, je salive. Déglutis. Mes yeux clairs dérivent vers ses doigts rougis. « - Le Gouvernement lui a offert un séjour tous frais payés au Club Med. Pour entretenir son bronzage, elle devenait trop blanche pour satisfaire les mirettes de ses clients. » Je plisse légèrement les sourcils. Le voilà bien loquace. Chacun de ses mots assombrit davantage mon visage. Club Med ? J’ignore à quoi cela fait référence, peut être club médical, mais je comprends bien qu’il est loin de me dire la vérité. Il piétine mes limites avec le regard de celui qui le fait en toute conscience. Il joue avec mes nerfs, mais je refuse de lui offrir cette joie que serait une perte de contrôle. Au contraire, je renforce un peu plus l’emprise que j’ai sur le loup, malgré le sang tentateur dont je ne peux cesser d’avoir conscience ; je présume d’ailleurs qu’il en est de même pour Ezio. « - Et rassure toi, je me suis assuré que le maillot de bain et la crème solaire étaient bien en place. » Je ferme les yeux un court instant, pour chasser les images qui s’imposent à mon esprit à ces mots tendancieux. Il ne paye rien pour attendre, le jour décline. Patience, Rafaele. Patience. Tu as le dessus, clairement. Tu as le dessus, ne le perds pas. Reste coi, pour le moment. Forge ta colère pour en faire une lame chauffée à blanc qui s’amusera avec Ezio avant de le laisser sanguinolent sur le trottoir. Le tuer ? Ce n’est pas une option pour le moment. Ils ne me laisseront pas faire de toute manière. Blesser, gravement, ça peut encore passer. Tuer… ma mésaventure lorsque j’ai pu avoir ma Némésis à portée de crocs est encore fraiche dans ma mémoire, même si je ne saurais la dater. Non, tuer n’est pas possible. En revanche, si je peux permettre au loup de goût à son sang, je ne compte pas m’en priver. Mais pour le moment, patience. Diplomatie. Il est encore temps de discuter. L’influence de la Lune n’est pas encore à son apogée, il faut que j’en profite avant le bouquet final, et pour en profiter, je me fais plaisir : est ce l’extrapolation que de recentrer la discussion sur son fondement, à savoir, les rancœurs qui causent ces vengeances que ma mauvaise foi qualifie sans peine de puériles ? Bon sang mais que lui reproches-tu, Ezio ? Que reproches-tu à Azzura ? Que reproches-tu à celle qui n’était rien de moins qu’un ange à l’époque ? Je refuse de croire que tous les griefs que tu as contre elle ne datent que du XXIème siècle dans lequel nous sommes perdus. « - Ce que je lui reproche ? Hormis le fait qu’elle a foutu ma vie en l’air, trois fois rien. » Je ne cille pas lorsque son regard se pose sur le mien. J’ai beau concentrer toute mon énergie à ne pas me jeter sur lui, pour transpercer sa gorge, sa carotide que je sens pulser, si tentante, si présente, je refuse de lui offrir la moindre victoire ; ou emprise. C’est moi qui dois gagner, moi qui dois le déstabiliser, récupérer le prix de la détresse dans laquelle il m’a plongée la dernière fois avec délectation. C’est à mon tour de le faire chuter. C’est à mon tour de le démunir de sa morgue. Il refuse de me répondre ? Et bien… je vais user d’une autre stratégie. Ma silhouette frêle, mon visage fin et délicatement dessiné, je ne sais que trop bien que je suis loin de faire menaçant au premier abord. Mais ce n’est pas pour autant que je n’ai pas appris où appuyer pour faire souffrir. Que je n’ai pas cette satisfaction malsaine de faire couler le sang et les larmes. Je mentirais si j’arguais avoir tant tué à contre cœur. Tous ses meurtres, je suis capable de les justifier ? Et j’ai une pléthore d’excuses et de raison pour admirer le corps sans vie de Suzanna. Ce que je ne me retiens pas de faire remarquer à Ezio. Tu me résistes, vieil ami ? Mais comprends bien que si tu peux m’anéantir par le biais d’Azzura, tu n’as pas que le loup de commun avec moi.

« - Mais putain pour qui tu te prends ? Etouffe-toi avec une boule de poils et fous-moi la paix. C’est de ma faute si ta femelle est juste bonne à être internée ? Va menacer ses parents avec ton jouet, pour leur dire qu’ils ont ratés leur éducation. Bon courage pour ça d’ailleurs. Mais si tu Lui fais quoi que ce soit… » Loin de m’agacer, m’énerver, ses mots font renaître ce sourire narquois qui avait menacé de s’éteindre. Sa main rougeâtre a lâché son épaule pour se serrer. « Si je lui fais quoi que ce soit ? Et bien, vas-y, Ezio, termine ta phrase. Promets moi mille douleurs, ou menace moi de t’en prendre à Azzura, je t’écoute. Oh… » Mes yeux virent à l’orage, mais je ne me départis par de mon sourire factice. « J’oubliais : tu l’as déjà en partie fait. Quel malheur. » Je sens les pulsations de mon cœur s’accélérer, au fur et à mesure que l’horizon, si clairement visible depuis mon bureau, s’ensanglante à son tour. Le rouge est trop présent pour que je sois voué au calme. Il est là, il s’étend, il nous enveloppe tous deux. « Et puis, ses parents n’étant plus là, j’irais volontiers voir sa sœur, puisque tu le proposes si bien, merci pour l’idée. » Mes yeux suivent sa main écarlate qui s’approche dangereusement du mur immaculé.

« - Tu veux que je repeigne ton bureau de la même couleur que ta croûte peut être ? » Croûte ? Je fais abstraction de son vocabulaire désastreux pour mieux me crisper. Est-ce un défaut qui a éclos dans cette deuxième vie humaine, ou l’avais-je déjà avant ? Je l’ignore. Mais je suis un maniaque, qui ne supporte ni la saleté, ni ce que Stain s’apprête à faire. Un « Arrête ça immédiatem… » s’échappe et se meurt entre mes lèvres, guère plus bruyant qu’un pas de loup dans une neige vaporeuse. Mon poing se serre, les yeux n’osant quitter la trace écarlate. Trop tard. Je n’arrive pas à m’en détacher, le stress qui naît en moi à cause de cette perturbation dans mon ordre établi rongeant mon self-control. Et mon attention. Je manque presque de m’apercevoir qu’il a marqué aussi la porte, avant de la fermer. Je peine tant à me détacher de la ligne qui brunit que je n’entends pas ses premiers mots lorsqu’il reprend. « - Avoue-le maintenant… T’avais prévu le coup ? Me faire venir, un soir de pleine lune, et faire durer le plaisir jusqu’à ce que ça devienne inévitable ? Ca va t’avancer à quoi tout ce manège ? » Concentre toi, Rafael. Oublie cette ligne sanguine, il risque d’y en avoir d’autres. Je dois me reprendre. Sait-il l’impact qu’un tel acte a eu sur moi ? Le savait-il avant de poser cette main rougit sur la peinture blanche ? Mes doigts se crispent sur l’arme qu’ils refusent de lâcher. Mes dents se serrent, et je force ma mâchoire à se détendre pour mieux lui répondre. « Oui, je l’admets. J’avais cette idée en tête, mais n’essaye même pas de me faire croire que ça ne te plaît pas. » Un coup d’œil à la fenêtre m’indique qu’il ne s’agit à présent plus qu’une question de minutes. Une dizaine, peut être. Moins, sûrement. Ma main libre libère les premiers boutons de ma chemise. « Ce que tu reproches à Azzura, reporte-le sur moi. Profite de l’occasion. Et ose me dire que le loup n’en a pas envie. » En parlant de loup, mes pensées deviennent déjà instables. Plus violentes, plus sanguinaires, plus tranchées et découpées. « Ce n’est pas elle, à ce que je sache, qui a fait de toi un animal. Ce n’est pas elle qui nous a trahis. Vas-y, défoule toi, Ezio, épanche ta rancœur, parce que je ne vais pas m’en priver avant de réduire à néant tous ceux qui se mettront sur mon chemin. » Est-ce la folie qui parle ou la vérité de ce que je veux et de ce que je suis ? Cette question attendra alors que je mets à nouveau l’autre italien en joue, pour viser son genou cette fois. Mon doigt caresser la gâchette, prêt à le mettre à terre pour me donner un avantage certain, quand un semblant d’honneur, vestige d’une époque passée, m’en empêche, et en quelques mouvements je démonte l’arme pour la rendre inutilisable. Dans la foulée, j’en profite pour ôter définitivement ma chemise, et la poser, grossièrement pliée, sur le bureau dans mon dos. Entre chien et loup. N’est ce pas ainsi que l’on appelle cette période de la journée ? Je trouve cette expression plus qu’adaptée pour l’occasion, même si j’ignore lequel de nous deux sera le chien, faible et soumis. Je fais une petite moue, bras croisés. « Ne me dis pas que tu as peur, Ezio. »

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MessageSujet: Re: [terminé] Rouge Comme la colère d'un homme quand il voit s'en aller tout ce qu'il a construit, tout ce qu'il a aimé... [pv Stain Greyjoy]   Jeu 17 Juil - 21:27


S’il pouvait lui faire bouffer son foutu sourire, il le ferait. C’était lui, le gamin qui se parait de cette grimace sarcastique pour jouer avec les nerfs de son public. Lui, et pas un autre. Alors voir son arme favorite glisser de ses lèvres à celle de Rafael avait quelque chose d’affreusement déplaisant. Il avait l’impression de se retrouver à un miroir dont le reflet serait faussé et franchement peu agréable à regarder. Tu l’as déjà en partie fait… Ce n’était que de la provocation gratuite et Stain du se mordre la langue pour ne pas prendre la moquerie venue se coller contre ses oreilles au pied de la lettre. Si tu savais à quel point je crève d’envie de la bouffer ta misérable femelle… Il ne se retenait de le faire que pour Cora. Pour éviter le drame inévitable qu’il avait déjà commencé à enclencher. Seul ou avec l’aide du fameux Danny, le résultat était le même. La mort de l’agaçante cousine ne resterait qu’un fantasme qu’il n’aurait de cesse d’alimenter dans ses plus sombres délires. L’exercice se révélait ardu, mais il tenait au mieux de contrôler ses envies assassines. De satisfaire son besoin de sang à chaque pleine lune et au cours de ses missions. « - Je n’ai pas besoin de la terminer, tu te doutes de la suite. Va la voir, ce sera sûrement la dernière chose que tu verras si jamais de mauvais échos me parviennent. » Il resta planté là, la main suspendue dans le vide, un air de défi venant se coller sur ses traits. A la manière d’un môme prêt à faire la plus belle bêtise de sa vie. Il scrute, sonde le visage du loup face à lui, en analyse les traits et cherche les marques d’un éventuel agacement. Si jusqu’à présent Rafael avait fait preuve d’un calme imperméable, la pluie de sang qui s’abattit contre son mur parue ébranler son flegme. Stain n’en sourit que plus encore, appuyant avec plus de de détermination sa main sur le mur blanc pour bien y laisser sa trace. L’ordre passa à la trappe. Entra dans l’une des oreilles du milicien pour ressortir immédiatement par l’autre. Cause toujours tu m’intéresse, il se garda de lui envoyer ce genre de réplique à la figure, mais tout dans son attitude envoyait ce message. La douleur dans son épaule était la seule au tableau. Celle qui lui déchirait le bras et tendait ses doigts à un rythme régulier. Qui se calquait étrangement sur celui de son cœur. Il le sentait battre dans sa plaie, tout comme la balle. Morceau de métal gênant qui s’amusait à le dévorer de l’intérieur au rythme de l’organe niché entre ses côtes. Salopard… Il se devait de stopper l’épanchement sanglant, enlevant l’intruse au passage aussi pour ne pas se retrouver avec un morceau de métal coincé dans sa peau, et se mettre à sonner à chaque fois qu’il passerait un détecteur de métaux. Le loup peut-être, mais le côté Wolverine, sûrement pas. L’ordre établi, si facile à troubler. Il venait d’en avoir la preuve. De faire un accro dans le petit monde impeccable de ce cher Rafael. L’idée lui était venue sur un coup de tête, et à vrai dire, Stain ne pensait pas qu’elle aurait de véritable impact sur le peintre. A peine une réplique acerbe, une nouvelle attaque verbale. Mais là, ce fut une partie du masque qui commença à s’effondrer. Pour son plus grand plaisir.

Si ses instincts se voyaient détraquer par l’odeur du sang qui l’environnait, ceux de Rafael semblaient se trouver à lutter contre les mêmes maux. La douleur passait peu à peu au second plan, remplacée par une douce adrénaline qui n’allait pas tarder à tout déchirer sur son passage. Le contrôle que Stain pouvait exercer sur son fauve restait largement faible, mais depuis qu’il était entré dans ce bureau, il tentait de rester le plus humain possible. Les provocations s’étaient enchaînées, de son côté comme de celui de Rafael, et maintenant que l’heure était proche, il savait que le contrôle ne serait bientôt plus qu’un leurre. Il le sentait filer entre ses doigts, l’abandonner comme des grains de sables s’écoulant d’un sablier percé. Ses gestes se font néanmoins plus prudents. Masochiste, ce n’était plus à prouver. Suicidaire, légèrement, mais pas au point de ne pas prendre la menace d’une arme à feu au sérieux. L’ancien bourreau a prouvé qu’il savait s’en servir, et Stain se refusait de pousser le bouchon encore plus loin. Il esquissa un infime sourire, amusé malgré lui par la réponse qui lui parvint. Sur un fil, en équilibre entre deux envies contradictoires, il ne savait pas réellement quoi répondre à cela. Il en avait envie, de laisser le fauve prendre le dessus et obtenir sa revanche. Il redoutait l’affrontement à venir aussi, préférait peut être l’éviter pour ne pas souffrir d’un nouvel échec et voir son orgueil se flétrir encore un peu plus. Et au passage, le peu de confiance qu’il pouvait encore accordé à ses capacités. Les prunelles suivirent les gestes de l’autre loup, un infime soupir s’échouant au passage sur les lèvres du Shadowhunter. Ma parole, je vais vraiment y avoir droit à ce strip-tease. « - Je n’essayerais pas, mais j’avoue ne pas être à l’aise. Franchement, coincé entre quatre murs ? C’est comme ça que tu passes tes nuits de pleine lune ? » La suite le laissa sans voix. Fit monter la rancœur dans sa gorge et l’obligea à serrer le poing et les dents. S’il L’avait détesté pour la malédiction qu’elle avait jetée sur ses épaules, maintenant il Lui en était redevable. Vivre sans son loup, il avait expérimenté la chose, une fois, la seule et l’unique. Sans le fauve, il mourait s’était certain. Quant à la trahison, le seul véritable traître dans cette histoire, c’était l’autre loup. Et au milieu des tourments qui agitaient sa carcasse, ne subsistait plus que la colère. La pulsation malsaine de cette envie dangereuse de faire du mal.

« - Ca te rassure de blablater autant ? Franchement, Rafael, ce genre de paroles ne prennent pas sur moi, tu perds ton temps. Et me défouler sur toi ne m’empêchera pas de m’en prendre à elle tu sais. » Il haussa les épaules, désinvolte. Alimentant le feu brûlant dans sa chair au passage. Il n’en avait plus rien à faire, le brasier commençait déjà à incendier son ventre. Des fourmillements lui dévoraient la peau, sans relâche, allaient jusqu’à se muer en tremblements lorsque l’écarlate au dehors vira au bleu. Le premier rayon de l’astre lunaire se glissa à pas feutré dans la pièce. Il ne prendrait pas le temps de mettre à l’abri ses vêtements. Il s’en foutait totalement. Il ne prendrait pas le temps non plus de changer d’avis et faire demi-tour pour essayer de muter seul, et tranquille dans son propre coin. « - Peur ? J’ai passé l’âge de redouter le grand méchant loup. » Lâcha-t-il, sarcastique à en crever. Quelques secondes avant que le premier os ne craque. Le tibia, réduit en charpie, il se retrouva contraint de poser un genou à terre, sa paume ensanglantée apposant une nouvelle trace écarlate sur le sol. Quelques minutes d’infinie souffrance. De pur plaisir aussi. La douleur avait pris des airs de véritable bénédiction au fil des mois. L’annonce de sa renaissance et d’une liberté sans borne.  Les os se brisèrent, un à un, morceau par morceau le corps de l’homme cédait peu à peu sa place à celui du fauve. Le mécanisme l’avait toujours intrigué. Effrayé au début pour ensuite le laisser avec le cerveau empli de questions. Bien que relativement semblables, comment ces deux organismes pouvaient-ils passer de l’un à l’autre aussi rapidement ? En cet instant, la question lui vrillait encore les neurones. Eux aussi étaient en train de s’éteindre. Un à un, les pensées de l’homme se voyaient remplacées par celles du loup. Il n’adressa pas un seul regard à Rafael, Trop occupé à écouter les battements de son cœur, sensiblement plus rapide qu’avant. Il ne resta bien vite plus rien du Shadowhunter. Le pelage immaculé avait remplacé la couche de tissu qui recouvrait sa peau. Fourrure de neige abîmée par cette vilaine tâche vermeille engluant les poils.

L’animal s’ébroua, faisant tinter au passage l’anneau de métal qui ceignait son cou. Il aurait pu prendre le temps, au moins pour l’enlever, lui. Il avait plus ou moins adopté ce réflexe, l’oublier parfois lorsqu’il se retrouvait pris dans le feu de l’action. C’était le cas ce soir. Tant pis, cela lui donnerait une raison supplémentaire pour vouloir se faire les crocs sur les jarrets de Rafael. Le fauve scruta la pièce de ses yeux mordorés, admirant le décor comme s’il le voyait pour la première fois. L’exploration s’arrêta alors sur le loup gris debout face à lui. Un grognement sourd, venu de fin fond de sa trachée remonta jusqu’à sa gueule alors qu’il retroussait ses babines pour dévoiler ses crocs. Une infime menace avant que l’animal ne se mette en mouvement. Quelques pas, et en un bond supplémentaire il se retrouva sur son rival. Les crocs claquant l’air lorsqu’il tenta  de les planter dans la gorge de loup gris. Il n’en récolta que quelques poils. L’échec du premier assaut titilla ses nerfs, le poussa à manifester son mécontentement par un grognement d’ours mal léché.

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MessageSujet: Re: [terminé] Rouge Comme la colère d'un homme quand il voit s'en aller tout ce qu'il a construit, tout ce qu'il a aimé... [pv Stain Greyjoy]   Mar 22 Juil - 0:13




Tic tac. Tic tac. Je sens les secondes s’égrener au rythme des battements de mon cœur. Le loup se réveille. J’ai tant l’habitude de vivre avec lui qu’il ne prend pas directement le pas sur mes pensées. Il les accompagne, plutôt. Les teinte de ses pulsions prédatrices. De sa volonté d’être le mâle dominant. De sa violence et son impulsivité, qui contrastent tant avec ma patience. C’est lui aussi qui guide mes mots lorsque je commence à m’énerver. Lorsque la trace sur le mur me met mal à l’aise, me fait stresser et me crispe bien plus que ce à quoi je m’attendais. Suis-je aussi… vulnérable ? Je me souviens parfaitement du trouble qui m’avait pris lorsqu’Azzura avait fait un accroc à mon costume, mais il n’a rien de pareil avec ce que vient de faire Ezio. Arrête ça immédiatement lui ai-je demandé, ordonné. L’ai-je supplié, même. Les mots sont peut être morts, avortés dans ma gorge, ils ont quand même été émis à haute voix et ont du porter jusqu’à ses oreilles. Son sourire me donne envie de l’égorger. Sa main qui s’applique avec minutie sur le mur me pousse au meurtre. Mouvement lent. Douloureux. Le loup est comme moi, et je serre les dents pour rendre inaudible le grognement qui prend naissance dans ma gorge. Je peine à détacher mon regard de la trace, de ses doigts sanguinaires qui me narguent, de son sourire qui s’accentue. Petite tentative de reprendre le contrôle de ma respiration et de mon regard, je réponds à sa question. Sa provocation ? En quelque sorte. Mes mots n’ont que peu d’importance : quitte à ce que les murs blancs soient teintés de rouge, autant que l’on achève la peinture et que je marbre chacune des parois du sang de l’autre italien. Une petite dizaine de minutes, et je pourrai cesser de me faire passer pour un homme. Les grimaces d’Ezio face au sang qui macule son épaule ne parviennent même pas à assurer mon propre sourire. Si le loup gris jubile de voir son adversaire ainsi malmené, je combats ses pulsions avec des mouvements contrôlés à l’extrême, alors que j’achève d’enlever ma chemise. Ce n’est pas le moment Loup. Laisse moi donc conserver le peu d’humanité qu’il me reste alors que le ciel explose dans des tons rougeoyant. Mon regard refuse de quitter la main d’Ezio. Un mur abimé, c’est déjà trop. Le voilà qui s’approche de la porte. J’espère que cela n’empêchera pas le loup de combattre, qu’au lieu de le tétaniser ça exacerbera sa rage. Ma crainte est de courte durée cependant, puisque les grognements impatients qui naissent dans ma gorge chassent aussitôt cette inquiétude.

« - Ca te rassure de blablater autant ? Franchement, Rafael, ce genre de paroles ne prennent pas sur moi, tu perds ton temps. Et me défouler sur toi ne m’empêchera pas de m’en prendre à elle tu sais. » Il hausse les épaules, un sourire amusé trace sur son chemin sur mes lèvres ; Factice, illusoire, il est pourtant là. Qu’il essaye de s’en prendre à elle, ça ne raffermira qu’un peu plus ma détermination. Mon envie d’éliminer Cora. De la faire souffrir, de remettre à profit toutes mes connaissances en torture. Qu’il m’est facile d’oublier qu’elle a été longtemps comme une petite sœur à mes yeux. Ce n’est même plus de la rancune ou de la rancœur qui anime mes sentiments vengeurs, c’est plus… elle payera ce que je ne vais pas pouvoir faire payer directement à Ezio. Et qu’il est plus facile de le rendre fou en torturant une simple sorcière qu’en le blessant lui. Je le sais : c’est aussi mon cas. « Tout comme ça ne m’empêchera pas de m’en prendre à elle aussi. » Un frisson parcourt ma peau, et je jette un nouveau regard à l’extérieur. Déjà, un léger tremblement m’agite. C’est une reine en soi, que cette Lune qui apparaît à l’horizon. Ma mâchoire me démange, comme toujours. Avide de sang, jamais rassasiée, c’est toujours cette partie de mon corps qui a tendance à se transformer la première, et la blessure d’Ezio n’aide en rien. Il est temps pour une dernière attaque verbale, suintante de sarcasme, avant que je cesse de me prendre pour un homme. « - Peur ? J’ai passé l’âge de redouter le grand méchant loup. » Un rictus. Je veux rétorquer, mais mon « Tu devrais, pourtant… » s’estompe avant de naître, supplanté par le premier os qui se brise. La douleur, cette douleur, je la connais. Je l’accepte, je l’accueille même avec plaisir. Un craquement, je me retrouve à terre, mains au sol, à me mordre les lèvres pour retenir de traitres gémissements. S’il ne me faut qu’une petite seconde pour le transformer lorsque seule ma volonté me guide, à chaque Pleine Lune, je revis la douleur de ma première transformation. Une lente agonie, mêlée du sang qui s’échappait de mes veines tranchées. Je ne me souviens de rien, hormis de la douleur. Recroquevillé, mes muscles s’adaptent, ma peau se couvre de fourrure.

Le temps n’a plus de sens. Les réflexions non plus. Pas de rancœur humaine, pas d’agacement, juste un présent vaste et infini. Un présent dans lequel je me fonds, dans lequel les pattes délicates du loup s’agitent, alors que je roule des épaules pour m’habituer à ces muscles si différents de ceux d’un homme. Quelques coups de langue replacent correctement les marbrures noirs, le temps que dans ce présent, un peu du passé remonte à la surface. Je ne suis pas là pour faire ma toilette, même si ça me démange. Le grognement sourd du loup face à moi me remet les événements en mémoire. Pas d’Ezio, pas de Rafael. Le loup a simplement conscience qu’un rival s’est introduit dans son territoire. Un rival qui refuse de se coucher, un rival qui gronde et qui le met au défi. Quelques pas, un bond, je me décale en un pas de brume, achevant de me délester des lambeaux de tissu qu’il restait. Ses crocs me frôlent alors que mes pattes crissent sur le sol. Ca pue l’humain. Ce que j’étais. Mes babines se retroussent, ma langue sort de ma gueule pour saliver face à l’odeur de sang qui a gagné en intensité. Je joue de la mâchoire pour faire apparaître mes crocs avant d’aplatir mes oreilles en arrière. Menace. Un grognement s’échappe de ma gueule à présent fermée. Avertissement. Mes yeux clairs se posent sur le pelage blanc du loup face à moi. Il n’a rien à faire ici. Et ce sang qui macule son pelage, comme il macule mes murs… je compte bien le répandre un peu plus. Mes pattes trépignent sur place. Je bande mes muscles, pour sauter sur Ezio sans le quitter un instant du regard, mes crocs attirés par sa carotide, mes pattes avant visant clairement son épaule déjà malmenée.


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MessageSujet: Re: [terminé] Rouge Comme la colère d'un homme quand il voit s'en aller tout ce qu'il a construit, tout ce qu'il a aimé... [pv Stain Greyjoy]   Sam 2 Aoû - 10:54

Les menaces passèrent au-dessus de sa tête. La première parvint néanmoins à lui faire froncer les sourcils, pour bien faire comprendre à son homologue que les paroles n’étaient pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Le feu et l’argent n’étaient pas ses véritables faiblesses. A peine une gêne qu’il tentait de contrôler au mieux pour ne pas se faire marcher dessus et sursauter à la moindre allumette que l’on craquait à côté de lui.  Sa seule véritable faiblesse, c’était bien Elle. Cette cousine qu’il considérait avec plus d’insistance qu’il ne le devrait, et cela depuis son plus jeune âge. Cette dévotion malsaine que beaucoup considérerait d’un mauvais œil. S’en prendre à Elle revenait à le détruire, et cette simple idée le rendait malade. Se retrouver dépendant de quelqu’un à un tel niveau, une première pour lui. Enchaînée à sa créatrice, il n’avait jamais cherché à se défaire de ce lien. Mais plutôt à s’y empêtrer encore plus afin de rester Son prisonnier. Il ignorait jusqu’où se tissait le lien unissant Rafael à Azzura. Il s’en foutait à vrai dire, mais il savait très bien que la relation devait se rapprocher de celle l’unissant à Cora. Sans le côté malsain peut être. Et encore. Que pouvait-il dire de plus ? Le mettre en garde encore une fois ? Menacer comme le ferait un vulgaire roquet et se contenter d’aboyer quand mordre était la seule solution ? Il serra les dents, fusillant le bureaucrate du regard. Avant d’esquisser un infime sourire sarcastique lorsque la réponse de Rafael se perdit dans les craquements de ses os en pleine crise de décomposition.. Une part de lui craignait le loup qui allait finir par sortir de sa cage. Ce n’était qu’une question de seconde. Un empilage de grain de sable qui finirait par les engloutir tous les deux. Son propre squelette résonnait contre ses tempes. Il se brisait de l’intérieur et l’entendre avec une telle force le rendait malade. Pas suffisante en tout cas pour supplanter le plaisir immonde qui le dévorait tout entier.

La première attaque du fauve nouvellement arrivé en ces lieux se solda par un échec. Il en émit un grognement de frustration, les crocs mordant le vide et se refermant dans un claquement sec. Malhabile sur le sol ciré jusqu’à la corde, le loup blanc joua des griffes sur le parquet, y laissant d’infimes traces blanchâtres. Un souvenir en plus de la trace écarlate laissée sur le mur qui saura ravir le propriétaire des lieux. Les prunelles d’or se posèrent un instant sur ledit mur. La vision écarlate qui lui déchira les rétines, fit tressaillir ses entrailles et agita son museau. Il s’en lécha les babines, avant de se rappeler que lui aussi, il se teintait de rouge. Les poils blancs perdaient de leur pureté et son épaule le lançait au rythme des battements effrénés de son cœur. Il n’eut pas le temps de faire un plus ample tour des dégâts que déjà son adversaire répliquait. Danger. Les oreilles du fauve se plaquèrent contre sa nuque, les babines se retroussèrent pour montrer les crocs juste avant que ceux du loup gris ne viennent lui arracher une poignée de poils. Premier réflexe de l’animal attaqué : s’éloigner. Et répliquer à l’aide d’un bon coup de patte dans le museau au passage. A son tour de voir sa jolie fourrure changer de couleur. L’entaille qu’il laissa sur le museau de Rafael fit glapir Stain de plaisir. Une mince victoire certes, mais quand même. Il réalisa alors que ses pattes tremblaient sous son poids. Fatiguées par la blessure qui continuait de lui tirailler l’épaule, détruites par le coup que venait de lui porter son adversaire. Le loup en lâcha un grondement sourd, son sang bouillant sous sa peau. Quelque minute seulement, qu’il se trouvait avec de la fourrure sur le dos et déjà l’issue de cet affrontement ridicule tournait au vinaigre pour lui. Il baissa la garde, les grains de sable continuant de tomber dans le sablier. Et lorsqu’il se souvint qu’il n’était pas seul, la boule de poils grise réitérait son attaque. Il ne parvint pas à éviter le coup de patte qui lui déchira le museau. Et les crocs qui frôlèrent sa gorge le firent trembler de crainte. Le gout du sang lui caressa la langue, maculant ses babines au même titre que la blancheur du poil recouvrant sa gorge. Le glapissement de contentement émanant de l’autre animal lui parvint à travers un brouillard.

Il dut faire un immense effort pour parvenir à se remettre sur ses pattes. Il ne se souvenait même pas avoir chuté. Sa faiblesse lui tiraillait les nerfs et renforçait la rouge qui teintant sa vision. Rassemblant le restant de son énergie pour se débarrasser de l’alpha trônant au milieu du passage et l’envoyer paître contre son cher bureau, Stain usa de ses pattes ensanglantées pour ouvrir la porte et se faufiler au-dehors. Sa lâcheté lui donnait l’impression d’avoir de l’acide dans la gorge. Un mélange dégoûtant et dangereux qui ne parviendrait pas à s’effacer de sitôt. A cette heure, il eut la chance de trouver la boîte de la secrétaire totalement déserte. Avec toute la discrétion du monde et en essayant de peser le moins possible sur ses pattes pour éviter de laisser des miettes de sang qui permettraient de le suivre à la trace, le loup blanc n’avait qu’une idée en tête : quitter ce foutu bâtiment et panser ses plaies au calme. Loin de cette civilisation qui lui retournait les tripes et les sens. S’il s’était laissé domestiquer durant ses années d’errance, il s’était rendu compte que la présence de l’homme lui était difficilement supportable lorsqu’il mutait. L’homme, comme le fauve,  préférait la solitude au raffut étouffant des endroits plein à craquer. Et ce qu’il voulait par-dessus tout c’était de pouvoir ruminer seul dans son coin. La prochaine fois, il n’y aurait pas de demi-mesure. La prochaine fois celui qui devra passer des heures à couiner de douleur, ce ne serait pas lui.

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