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 Breaking The Chains {PV}

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Féminin
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MessageSujet: Breaking The Chains {PV}   Mar 18 Sep - 19:23


Cora & Azzura
Breaking The Chains
« I'm lost far out on the ocean. Can't find my way to the shore. I look for a sign, I open my mind. Salvation is lost to be found. Hunger and greed, call for its need. Emotions inside me, dragging me down. Give me strength, give me power ».

Ses soupirs trahissaient l’existence d’une pureté sous jacente. Prunelles teintées de pénitence et d’affliction, tentant en vain de fuir celles des gardiens nuisibles. Son regard hagard se perdit sur le sol pierreux et poussiéreux, assailli par l’obscurité émanant de ces lieux. Elle était désireuse de mettre un voile sur l’insalubrité de leurs actions. Ses gènes infernaux étaient à l’origine de cette réminiscence. Ainsi, elle replongeait à l’époque du Moyen-âge, regagnant sa cellule, victime de la démence criminelle des justiciers. Recroquevillée sur ce territoire étroit sujet à une invasion de rats et de vermines, ses paupières se fermèrent. Ses songes la conduisirent vers un ailleurs, son âme toute entière réclamant l’accès à un état de quiétude momentané. Assoiffée d’Eux, elle se livrait à une quête sans merci, retrouvant un semblant de salut en devenant esclave de ces souvenirs. Elle chérissait cette période de son existence marquée par une opposition commune aux règles sociétales et une loyauté sans bornes. Son visage angélique s’imposait à son esprit d’une façon incessante, tel un venin bouchant l’intégralité de ses artères. Jamais elle ne pourrait oublier ses Azurs miniatures, l’innocence de son sourire, le retentissement de son rire enfantin. Zaira était devenue son Antidote et sa raison de vivre. Elle avait considérée Cora comme la clé de sa délivrance. Grâce à elles, elle avait pu chasser de sa conscience son séjour dans cette prison sordide et la mort d’Aida. L’image de ses mains ensanglantées s’était dissipée petit à petit.

Il avait été absurde de croire qu’elles lui permettraient à nouveau d’échapper à cette spirale infernale. Lorsque ses pensées vagabondaient, il était question de ces scènes funestes. La trahison lui prodiguait un goût amer. La douleur devenait lancinante, si bien qu’elle en arrivait à une triste conclusion : il n’y aurait jamais plus aucun remède. « Mets toi contre le mur ! Allons, je sais que tu en meures d’envie. Les sorcières ne sont rien d’autre que des catins qui ne se font pas payer pour leurs services ! Encore heureux ! » . Propos dédaigneux, inhumains et racistes résonnant dans ses tympans telle une symphonie mortuaire répétitive. Alors que des cris stridents retentirent dans une des cellules voisines, l’air circula difficilement dans ses poumons. Gardiens d’une autorité accablante jouissant de leur statut, se laissant happer par des pulsions impures. Etres abjectes proclamant une supériorité invraisemblable. La victime plaida coupable, espérant sans doute échapper à cette nouvelle sentence. Pourtant, un ricanement s’échappa des lèvres perverties de cet individu répugnant prônant les valeurs issues de ce nouveau régime. Elle ne parvint pas à contempler cette scène, dévorée par un sentiment d’impuissance nocif à son sang. Désarmée, mise hors état de nuire à cause de cette puce enfoncée profondément dans sa chair. Un chien doté d’une muselière, incapable d’aider son prochain, livré à ses faiblesses et à ses défaillances. Diable qu’elle aurait voulu l’aider. Ses paupières se rouvrirent, longeant les recoins de chaque mur qu’elle était incapable de briser. Son pire fardeau. Elle chercha le moyen de venir à bout de ce prédateur, en vain.

Elle fut confrontée à des tourments antérieurs, ayant cette impression monstrueuse d’être enchaînée au bûcher face à cette foule lobotomisée faisant acte de cruauté. Cora se trouvait de leur coté, vantant ces pratiques abominables, engendrant chez elle une colère muette dominée par une rancune tenace. A l’heure actuelle, elle se trouvait probablement aux cotés du Meurtrier de Chiara, tortionnaire et bourreau suprême. Peut-être admirait-elle les spectacles sanguinaires dont il était l’auteur. Séquestrée, elle se trouverait dans l’incapacité de sauver l’âme de Cora de cette déchéance. Condamnée à incarner le rôle d’une aînée bafouant cette figure protectrice. Chimère qui fit son apparition de l’autre coté des barreaux, l’entraînant dans un gouffre de déréalisation. Etait-ce son esprit embrumé qui lui jouait de nouveaux tours ? Les paradoxes l’étreignaient, alors que le soulagement d’immisça en elle. Le besoin de la savoir en vie. L’animosité suscitée par cette prise de décision insensée et vicieuse. Les questionnements l’accaparèrent, alors que les raisons de Sa présence lui apparurent comme obscures et inconnues. Si elle était revenue quelques siècles en arrière, elle n’aurait eu aucun mal à lui offrir le titre de sauveuse. Aujourd’hui, la culpabilité écartelait ses entrailles. Elle songeait à la sauvagerie dont elle avait fait preuve aux cotés de Wayne. Pourquoi lui ferait-elle une visite de courtoisie ? La honte semblait brûlante, alors que ses prunelles se perdirent sur ses vêtements décharnés et cendreux. Voilà où l’avaient conduits ses actes odieux et ses tendances d’insoumise. Elle haussa un sourcil et employa un ton qui se voulut glacial et autoritaire, trahissant sa déception à son égard.

« J’imagine qu’ils viennent de t’embaucher comme balayeuse. De la mort aux rats serait la bienvenue. A moins que tu sois venue te racheter une conscience. Tu t’es souvenu que tu avais une sœur ? Si tu projettes de me tuer, sache qu’une mort lente est toujours à prôner. Ton petit copain aura certainement de nombreuses choses à t’apprendre sur le sujet… »



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↳ Citation : « L'enfer c'est moi. Ce sang qui inonde mes veines, cette chair qui harnache mon squelette, cette cervelle qui s'embrouille. Ces pulsions, désirs impérieux, douloureux, qui commandent mes actes. »
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MessageSujet: Re: Breaking The Chains {PV}   Dim 23 Sep - 23:07

« Nous ne pouvons juger du degré de civilisation d'une nation qu'en visitant ses prisons. »
Dostoïevski.

L’ombre de la mort planait en ces murs putrides, elle la sentait glisser jusqu’à ses narines sans crier gare. Parfum funèbre qui la hantait, s’incrustant à ses pores pour la faire se sentir affreusement sale. Elle s’était surprise à hésiter en posant le premier pied dans ce lieu de répression tirant sa gloire des condamnations par l’exemple. Des siècles d’évolution, et toujours le même état de décrépitude au sein des cellules. Elle avait pourtant tenté d’afficher une assurance factice, allant jusqu’à taper du poing sur la table pour se faire écouter par le gardien borné. Papier froissé et fragile portant le sceau du Gouvernement qui était son seul espoir de La libérer. Elle cracherait dessus certainement. Clamerait probablement haut et fort qu’il n’était pas question de s’abaisser à recevoir l’absolution de la vermine les asservissant injustement. Non, elle doutait fort qu’Elle fasse preuve d’une quelconque reconnaissance. Mais l’idée qu’Elle puisse rester enfermée dans la misère la plus totale lui était insupportable. La culpabilité lui tailladait les entrailles, fouillant à l’intérieur de ses tripes avec sa main glaciale chaque fois qu’elle remuait. Réminiscences ignobles d’un temps barbare où elle avait incarné le rôle de la traitresse. Celle qui finit par avouer tout ce qu’elle sait, qui jurerait n’importe quoi pourvu que le supplice s’arrête. Pour ne plus sentir la douleur transpercer ses membres. Les tenailles arracher impunément des lambeaux de peau pour la laisser décharnée sous Ses yeux passifs. Elle ne voulait plus revivre ça. Jamais. Préférant faire profil bas, détourner lâchement le regard devant les infamies se profilant à l’horizon. Faire semblant d’approuver la tyrannie semant la terreur dans ce monde en perdition plutôt que de se dresser inutilement devant les autorités. Elle ignorait d’où Azzura tenait sa force de caractère, ce courage qui lui permettait de rester insoumise après avoir connu les affres de l’Enfer. Après avoir brûlé vive devant une foule ingrate, jurant Sa perte alors qu’elle avait souvent fait preuve d’une générosité suicidaire avec eux. Interrogations amères qui ne faisaient que renforcer une perception erronée depuis des siècles : celle de ne pas partager entièrement Son sang. Paroles en l’air d’un vieil homme aigri qui étaient restées incrustées en elle, impossibles à déloger. Le doute. Les fausses preuves qui s’accumulent, qui s’entassent et qui finalement débordent. Étouffantes. Accablantes.

Elle longea le mur en silence, n’en menant pas large. Elle pouvait presque sentir les chaines entraver ses poignées, la saleté assombrir ses pauvres guenilles. Elle était élégante pourtant, crédibilité oblige, mais en cet instant seule la sensation acerbe de n’être rien de plus qu’une pestiférée prédominait. Ses doigts vinrent mécaniquement se glisser sur sa nuque, effleurant distraitement la cicatrice blanchâtre y nichant. Lui rappelant que la liberté n’était qu’une illusion de plus. Au moindre faux pas, elle pouvait à son tour terminer entre les barreaux. Ne plus être simplement témoin des scènes douloureuses qu’elle surprenait ci et là au fil de son avancée dans les profondeurs des souterrains. Redevenir la prisonnière qu’on maltraite simplement parce qu’elle manie des dons qui nous échappent et dont la puissance nous effraie. Son cœur se serra brutalement en L’apercevant, dans un état pitoyable. Captive d’une grille métallique. D’un geste se voulant autoritaire, elle congédia temporairement le vigile, s’approchant de la cage sans oser encore s’y engouffrer. Le ton odieux qui lui écorcha les oreilles fut suffisant pour qu’elle se ressaisisse. La dissuadant de plonger dans ce gouffre de tendresse dégoulinante dans lequel elle avait failli trébucher. L’amenant à regretter soudain de ne pas être suffisamment à proximité pour imprimer sur Sa joue diaphane la marque corrosive de sa main. Je gâcherais ton petit moment de gloire en te préparant de l’arsenic. Je devrais te laisser pourrir dans ta crasse. Ses doigts vinrent s’enrouler avidement autour des tiges de fer, alors qu’elle La dévisageait avec un profond mépris. Azurs hargneux teintés d’un chagrin qu’elle se refusait à exprimer. Sa dernière attaque déchira son échine d’un tremblement meurtrier, endurcissant encore davantage ses traits tirés. Elle n’en pensait pas vraiment moins de Lui. Mais elle prenait toutefois le reproche déguisé pour elle-même, intérieurement blessée du manque d’estime qu’Elle pouvait Lui porter. Incapable d’approuver complètement son ainée lorsqu’Elle s’aventurait sur ce terrain miné.

« - Mon ‘petit copain’ ? Tu veux dire le mari que tu m’as imposé avec l’appui de Père peut être ? Il en savait effectivement long sur le sujet, dommage que sa dépouille croupisse sous terre. »

Elle avait déclenché les hostilités, et en immature qui se respecte, elle avait renvoyé le boomerang au lieu d’encaisser sans rien rétorquer. Désormais presque tentée de tourner les talons et de La laisser patauger dans ses marécages. Cherchant à équilibrer leurs fautes mutuelles, alors qu’elle était au fond consciente qu’elle était la seule à avoir commis l’Irréparable. Les flammes ne l’avaient hélas pas expiée de ses péchés.

« - Ou alors tu parles du sorcier que tu as payé pour me fracasser à ta place ? Wayne te transmet le bonjour, il regrette il aurait voulu venir admirer sa souillon préférée en tenue de haillons mais il n’a pas pu se libérer. »


Animosité encore fraiche qui l’amenait à se demander pourquoi elle se trouvait sur le point de la délivrer. Pour se prouver qu’elle était moins rancunière qu’Elle ? Qu’elle était encore capable d’accorder ne serait-ce qu’un simulacre de pardon ? Ou sans doute parce que perdre une sœur lui avait suffit. Que la famille restait sacrée, en dépit de ce que son comportement pouvait laisser présumer.

« - En fait je venais juste au spectacle, je sais comme tu adores endosser le rôle de la grande martyre. C'est ton côté théâtral. Ton ego doit surement gonfler en proportion avec la vilénie qui te sert de seconde enveloppe. »


S'entendit-elle siffler avec une once de désinvolture. Affirmations mensongères qu’elle regretta aussitôt, sans pouvoir les ravaler ni les effacer. Trop orgueilleuse pour s’abaisser à s’excuser. Une part d’elle les pensait au fond. Que c’était ridicule, qu’Elle s’était toujours vouée à des causes perdues d’avance au lieu de s’occuper d’elle. Au lieu de balayer devant sa porte. Et il était trop tard à présent.

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MessageSujet: Re: Breaking The Chains {PV}   Dim 7 Oct - 15:14

L’effronterie s’infiltrait dans ses veines à mesure qu’Elle déversait sa colère exterminatrice. Ignorante vis-à-vis de Ses hésitations incongrues, elle aurait pu évincer quiconque aurait nié leur lien de parenté. Dans cette situation, la désinvolture prenait un caractère familial. Prunelles nuageuses. Joues colorées, écorchées par la honte. Culpabilité qui continuait de nouer son estomac et d’empoigner son cœur, telle une substance emplie de toxicité. Elle se laissait happer par cette ambiance mortuaire, contaminée par le cynisme qui ravageait les entrailles des autres détenus. Tempérament éclatant massacré par le liquide rougeâtre que faisaient couler les gardiens infâmes. Manque qui se faisait sentir. Celui de nicotine. Mélange détonant qui était à l’origine de cette torture qu’elle Lui infligeait. Secrètement, elle avait pourtant souhaité qu’Elle la sauve de cette dégénérescence. Plus que tout au monde, elle avait voulu La revoir. Se remémorant sans cesse ces scènes funestes. Regrettant amèrement d’avoir agit comme lui en lui imposant une sentence lourde de conséquences. Leur géniteur. Elle était devenue un être aveuglé par la rancœur, ne prenant pas en compte ses émotions. Elle avait aspiré à la changer à la manière d’une furie dominatrice. Traits de personnalité avec lesquels elle n’était pas en phase. Dissociation déroutante qui avait commencé à l’assaillir quelques jours après la mort d’Aida. Réminiscence d’un passé macabre au cours duquel elle était devenue vulnérable, se confrontant à un double machiavélique imagé. Elle ne parvenait plus à se saisir, méconnaissante vis-à-vis de sa propre personne. Elle empruntait un caractère qui n’avait jamais été le sien, retrouvant le chemin de Darkness Falls. Ainsi, dans des élans paradoxaux, elle la congédiait avant de la supplier de lui faire honneur de Sa présence. Réactions imprévisibles qui n’avaient fait que salir leur relation depuis la Trahison. La rancune était devenue tenace à partir du moment où elle avait été dans l’incapacité de chasser ces souvenirs sanguinaires. Découvertes amères qui avaient contribué à engendrer son trépas psychique. Ils avaient orchestré une rencontre avec Stain. Cousin diabolique dont Elle était imprégnée. Le trouble s’emparait d’elle, alors qu’elle avait cette impression insensée de sentir son odeur fétide infecter la peau satinée de Sa cadette. Gorge serrée, narines qui la chatouillaient. Il n’y avait pas de haine plus vivace que celle teintée de dégoût.

« Excuse-moi. Je n’avais jamais envisagé l’idée qu’un mariage avec l’Assassin de ta propre sœur te serait davantage profitable. Pourquoi ne continuerais pas dans cette lancée ? A première vue, j’ai l’impression que le président n’a pas encore été confronté aux effets de l’âge. Il a l’air plutôt bien entretenu. Je pourrai aussi te souffler le prénom d’un gardien particulièrement méprisant à mon égard. Il serait susceptible de t’intéresser. »

Regard qui retrouva sa froideur habituelle, alors qu’elle arqua un sourcil. Ses doigts se hissèrent machinalement entre les tiges de fer, comme si elle cherchait une promiscuité physique. Elle était loin d’incarner une héroïne, à l’origine de ce jeu sordide basé sur une joute verbale pathétique. Salie par l’Inquisition, elle se condamnait à revivre les mêmes évènements et continuait de baigner dans sa propre crasse. A quoi bon se relever ? Zaira avait-elle eu la chance d’échapper à cette spirale infernale ? N’avait-elle pas mérité les injures et la lapidation, en tant que sœur et sage femme indigne ? Les scènes se rejouaient dans son esprit avec la même cruauté. L’agressivité continuait d’engluer son organisme. Mécanisme de défense crucifiant leur lien. Si seulement elle était parvenue à se détacher.

« Malheureusement, je ne t’ai pas réservé de place en premières loges le jour de ma mort. Mon sentiment de persécution t’aurait certainement contenté. Je suis sûre que notre gentil cousin t’aurait accompagné avec plaisir.»

Railla t-elle, un sourire figé meurtrissant ses lèvres. Alors que ses paupières se fermaient, elle revoyait Ses azurs, lui adressant un dernier regard qui était certainement lourd de sens. Pourtant, elle n’était jamais parvenue à se livrer à une interprétation quelconque. A quoi avait-il pensé lors de ses derniers instants ? Persécutée par Son absence. Avait-Elle été aux cotés de Stain lorsqu’elle avait périe sur le bûcher ? Avait-il esquivé un sourire carnassier en ayant eu connaissance de sa mort ? Hypothèses répugnantes qu’elle aurait souhaité bannir de son cerveau à tout jamais. Fragilité angélique qui fit irruption dans son monde intérieur. Handicapée par la présence de ses failles, ses prunelles fuirent les Siennes. Elle retint une pluie de larmes au bord de ses cils. Retrouvant cette pureté intrusive, elle se mordit la langue, grimaçant en goûtant à ce sang métallique. Elle regrettait ses excès, devant à présent faire face à cette peur incessante de La perdre définitivement et d’être confrontée à son mépris éternel. Ses paroles continuaient d’échouer violemment dans ses tympans. Elle connaissait ses torts, ses fautes ayant contribuées à lui faire perdre sa foi et sa détermination. La culpabilité ayant causé cette déchéance intérieure. Contradictoire, elle clama la Vérité haut et fort et fit face à ses faiblesses. Refusant de continuer à porter le poids qu’elle lui confiait. Elle ne pouvait plus être associée à cette imperfection irréelle. En tant qu’harpie diabolique, elle avait tué une innocente. Les cris stridents de Aida la martyrisaient encore aujourd’hui tel un requiem émétique, et elle se demandait comment Noah avait pu lui pardonner. Comment avait-Elle pu franchir cette surface nauséeuse ? Pourquoi ?

« Tu vois, je suis loin d’être un modèle. Etrangement, les récents évènements ne m’ont pas arrangée. Si tu es également venue pour m’apporter des carottes ou du tabac, je suis preneuse. »

Lui suggéra t-elle, dans l’incapacité de retenir un éclat de rire inattendu. Sarcasmes qui trouvaient leur origine dans le peu d’estime qu’elle avait d’elle-même en ces circonstances. Images emprisonnées dans son être qui provoquaient son étranglement. Masochiste, elle lui confia ce qui la rongeait avec un brin d’affection déconcertant dont Elle avait la clé, ses iris se promenant dans les Siennes. Ces élans de tendresse auraient pu désarmer certaines créatures. Ils auraient pu également alimenter leur mépris. Ainsi, elles seraient arrivées à la conclusion selon laquelle elle tendait le bâton pour se faire battre.

« Je suis désolée. J’y pense tout le temps. »

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MessageSujet: Re: Breaking The Chains {PV}   Sam 13 Oct - 16:30

Des reproches, sans cesse. Toujours les mêmes. Elle avait eu beau Le renier, Lui offrir une froide indifférence durant des années et des années, pour son ainée elle restait une traitre qui fait offense à son sang. Enivrée par l’incarnation du Mal en personne, prête à tout Lui pardonner. Tandis que pour Lui, elle était cette furie injuste L’ayant cruellement sanctionné pour un simple accident. Qu’elle aille vers l’un ou vers l’autre, il y en aurait toujours un pour crier au parjure et à l’infamie. Dilemme cornélien. Il lui arrivait de penser comme Azzura, de ressentir un profond dégout et de L’identifier à un monstre. Mais au fond une part d’elle n’avait jamais cessé de Lui trouver des excuses et parvenait encore à s’offusquer que sa sœur continue à Le lapider. Continuellement tiraillée. Déchirée entre cette fillette en elle n’aspirant qu’à La rendre fière, au même titre qu’autrefois leur père, et le besoin viscéral de noyer sa rancœur dans les affres de la passion. Elle avait l’affreuse sensation que rien ne serait jamais suffisant pour regagner Son estime. Prunelles sombres qui ne lui renvoyaient que le reflet de ses imperfections quand elle s’y perdait. Elle s’épuisait vainement à tenter d’accéder à l’absolution.

« - Tu vois, ça a toujours été ça le problème. Cette envie arbitraire de me caser à tout prix. Cesse de me prendre de haut, contrairement à toi je ne suis pas allée me reproduire avec un bourreau traquant ceux qui partagent notre essence. Le président semble effectivement être sa version moderne, tu devrais y trouver ton compte mieux que moi. »

Elle s’en voulut aussitôt, d’avoir osé toucher Ses points sensibles. Son compagnon et leur enfant. Venin craché sans réfléchir, juste parce qu’Elle avait allégrement titillé ses nerfs. Piques irascibles dissimulant toutefois un malaise qui ne l’avait jamais quittée : celui de ne pas avoir eu le choix, alors qu’Elle si. Elle l’avait jalousée, Son existence libre, dépourvue d’entraves. Elle n’avait pas été vendue et négociée comme du bétail. Elle n’avait pas eu à se marier de force pour que leur fortune puisse continuer à prospérer. Elle aurait voulu rester seule à la mort de sa jumelle, s’enfermer dans sa solitude et ne plus laisser personne l’en extirper. Au lieu de ça, elle s’était retrouvée enchainée à un scélérat du double de son âge, avide de se vautrer dans les pires vices. Considérée comme une moins que rien, une vulgaire monnaie d’échange de surcroit incapable de lui donner un digne héritier.

Les pupilles bleutées vinrent balayer le sol putride en entendant Ses viles accusations, serrant le poing pour se retenir de La gifler. Ses ongles s’incrustant dans la chair affable de sa paume jusqu’à en faire perler quelques gouttes écarlates. Seul le profond respect cultivé à l’égard de son ainée l’empêchait d’en venir aux mains. Sept siècles à tenter de recoller les morceaux, à se rapprocher à nouveau, pour en revenir à ça. Exactement au même point. Elle n’avait fait que subir Ses incessantes sautes d’humeur. Confrontée à un tempérament atrocement lunatique à chaque tentative de réconciliation. Sa traitrise la hanterait éternellement, où qu’elle soit, quoi qu’il advienne. Condamnée à perpétuité pour avoir fait preuve de faiblesse. La rancune tenace semblait être de famille, ancrée dans leurs gènes. Elle comprenait en cet instant ce qu’Ezio devait endurer à force d’entendre les mêmes sermons crisser inlassablement à Ses oreilles, sans répit. Comme un vieux disque rayé qu’on a oublié de ranger soigneusement dans sa boite. Mais pourtant elle savait que ça ne l’empêcherait pas de recommencer. Les griffes du désespoir la retenaient bien trop fermement prisonnière pour qu’elle puisse s’en délivrer et oublier si facilement. Rien que par la volonté.

« - Tous les coups sont permis hein ? Tu sais très bien que je n’ai jamais voulu ça. Encore lui… décidément c’est une obsession, je vais finir par croire que c’est toi qui avais un faible pour notre cousin. »

Les premiers mots avaient été énoncés sur un ton piteux, sa voix s’écorchant sur les rives de son chagrin alors qu’elle songeait à Sa mort. Elle n’avait pas assisté à ce lynchage public, croupissant dans sa cellule pour encore quelques heures. Mais elle avait eu tout le loisir de l’imaginer. De visualiser Sa peau diaphane se décomposer, emprunter une teinte rougeoyante avant de se carboniser. Elle entendait même Ses hurlements de douleur en se concentrant. Masquant presque ceux de la foule insensible tant ils surgissaient du plus profond de Ses entrailles. Le châtiment des hérétiques. Probablement aussi horrible que de retrouver la carcasse vide et trempée de Chiara au bord du fleuve meurtrier. Souffrance empoisonnant ses veines qu’elle ravala pour lancer sa raillerie suivante. S’efforçant d’utiliser le passé alors qu’il s’agissait autant d’un mensonge que d’un euphémisme. Elle n’avait pas besoin d’une confirmation, d’apprendre que Ses mâchoires d’acier continuaient de déchiqueter son misérable cœur jusqu’à le réduire en charpie. Aveux pénibles qui ne feraient que déclencher Ses ricanements et Son mépris.

Ses sourcils se froncèrent face à Ses requêtes. Cela ressemblait quasiment à un mea culpa, semblant de calme précédent certainement une future tempête pire que la précédente. Elle se sentait constamment sur la défensive. Attendant la prochaine attaque même lorsque les choses semblaient s’arranger. Elle l’avait habituée à ces va-et-vient constants. Oscillant d’une émotion extrême à sa parfaite opposée sans le moindre complexe. Convaincue que d’ici quelques secondes, Sa fureur reviendrait l’accabler avec une hargne démesurée. Ce fut néanmoins plus fort qu’elle, elle se surprit à espérer. Prête à se contenter de miettes. Pourvu qu’Elle la berce de sa précieuse affection de temps en temps. Ses traits tirés s’adoucirent sensiblement, avant qu’elle ne fouille dans son sac à la recherche d’une sphère à enflammer. Addiction à la nicotine envahissante qui la prenait elle aussi parfois. Ses phalanges hésitèrent, tremblant avant de se faufiler maladroitement à travers les barreaux pour lui tendre une cigarette. Trop échaudée pour s’aventurer à entrer dans la cage.

« - C’était de bonne guerre. Mais si tu tenais tant à te débarrasser de ma présence, il suffisait de le dire. Il était inutile de me refaire asservir par une brute. »


Murmures teintés de regrets soufflés doucement, sans réelle animosité alors qu’elle haussait les épaules comme si elle s’en moquait. Sentiment acerbe et tenace d’avoir mérité Sa vengeance sournoise, aussi dure à encaisser pouvait-elle être. Peut-être qu'on finira par devenir quittes…

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MessageSujet: Re: Breaking The Chains {PV}   Dim 28 Oct - 17:03

L’obscurité émanant des cieux ne s’était pas dissipée. Elle incarnait une folle furieuse qui crachait incessamment de l’acide sur sa vie. A la manière de sa cadette, elle se flagellait, sachant pertinemment qu’elle ne méritait pas de bénéficier de la moindre dose d’oxygène alimentant ses poumons. Leurs rires enfantins résonnaient dans le creux de ses songes, se dissimulant dans un amas de sensations les plus déroutantes les unes que les autres. Leur proximité incendiait ses organes et semait l’horreur au sein de son monde intérieur. Elle n’avait jamais été détentrice de Leurs secrets. Méconnaissante vis-à-vis de ce qui unissait Chiara et Cora. La culpabilité s’était immiscée en elle dès l’instant où elle s’était résignée à les abandonner par lâcheté. Cherchant un être qui pourrait se perdre dans les tréfonds de son âme. Instants de faiblesse passagers marquant ses chairs au fer rouge. En constatant ses excès, elle s’était bercée d’illusions durant plusieurs décennies. Sorcière à la soif de pouvoirs débordante, dépensant son énergie à des fins de rédemption. Elle n’était jamais parvenue à remonter les aiguilles du temps, devant faire face à cette dure réalité : un fossé indestructible les avait toujours séparées. Erreurs lamentables qui avaient contribué à créer cette dépendance malsaine à la magie noire, alors qu’elle avait désiré les réparer et La sauver des pulsions meurtrières de Stain. Contrairement à moi, il était à ses cotés ce jour là. Pensées parasites qui ne s’étaient jamais glissées entre ses lèvres. Il était bien plus confortable de le rendre responsable de tous ses maux. Pourtant, inconsciemment, cette constatation laissait une cicatrice brûlante enfouie derrière cette touche de sarcasme. Elle avait exercé un métier nécessitant l’existence d’une sagesse. Cependant, son esprit était aussi délavé que celui d’un autre. Elle l’avait accompagné dans son Enfer personnel. Il la guérissait par le biais de ses sourires et de ses mots doucereux. Ses œuvres effaçaient le sang qui se répandait sur Ses mains. Celui de ses congénères. Leurs étreintes lui faisaient oublier cette haine vivace qu’Il éprouvait à leur égard. Couleur azure éclatante qui avait éteint l’humanité dont elle était dotée sans qu’elle en ait la volonté. Au diable la raison. Zaira avait représenté cette seringue aveuglante enfoncée dans son bras. En fracturant la démesure de Sa cadette, elle mettait le voile sur ses propres abus. Mécanisme de défense qui l’avait transformée en spectre dès l’instant où elle avait frôlé le sol de Darkness Falls. Projetant ses vices dans les prunelles de son Amour d’Adversaire pour oublier la douleur que lui prodiguaient Ses mots assassins.

« Moi qui croyait que tu avais un penchant pour l’inceste. Je n’aurais pas été étonnée de te voir tenter ta chance avec Lui. Après tout, c’était le père de ta nièce. Je suis désolée, j’ai été très interprétative. J’ai toujours été rassurée par le fait que père et mère ne nous aient pas donné de petit frère. »

Couleur rosée parcourant ses joues. Elle avait honte de ses paroles, regrettant aussitôt de s’être déchargée sur Elle. Elle avait fermé les yeux sur Sa désinvolture et Ses actes barbares. Comme Elle, elle n’aurait pas prêté attention à Son sang. L’amour a ses raisons que le cœur ignore. Le goût du liquide rougeâtre s’étendit dans sa bouche, alors qu’elle se mordit la langue. Punition qui ne fut pas à l’hauteur de son ambivalence et de son asservissement au fils de Satan. Elle méritait bien pire, se rappelant qu’elle avait mené la grande vie pendant que leur géniteur les avait traitées telles des poupées démentes en perdition. Peut-être que Leur mort lui avait servie de châtiment. Visage blême inoubliable. Celui d’Aida. Teint blafard meurtrissant le cadavre de Zaira. Elle grimaça lorsqu’Elle évoqua l’idée d’une idylle avec Stain. Absurdités grotesques qui eurent l’avantage de l’aider à chasser ces images horrifiantes de son esprit. Un rire presque snobinard franchit la barrière de ses lèvres, alors qu’elle réalisa qu’elle ne pourrait jamais modifier son jugement le concernant. Elle avait dit adieu à ses derniers doutes le jour où il avait fait preuve de sauvagerie dans cette cellule.

« Je te remercie mais quitte à m’encombrer d’un homme à poils doté de pulsions assassines, je préfère encore opter pour un Yéti. Il me causerait moins de problèmes et je ne serais pas forcée d’engager la conversation. Tu aurais peut-être du y penser…»

L’atmosphère perdit de son caractère livide lorsque Ses doigts se glissèrent entre les barreaux. Offrande illégitime qu’elle n’ignora pas, la cigarette se frayant un chemin entre ses lèvres, en attente de l’embrasement ultime. Ses mains se mirent à la poursuite d’un briquet, effleurant les Siennes. Au lieu de cela, elles les encerclèrent, désolée face à l’émergence du liquide rougeâtre. Elans protecteurs qui signèrent sa fin. Si elle avait été plus forte et plus orgueilleuse, elle aurait gardé son venin. Partagée entre l’envie de lui mentir et de lui avouer la vérité, à savoir qu’elle était esclave de ses remords. En l’offensant, elle l’épargnerait. Elle ne subirait plus ses périodes de décompensation. Elle ne serait plus jamais blessée par son incapacité à La protéger. Il ne lui viendrait jamais l’idée de se mettre en danger dans le but de la délivrer. Paradoxalement, elle ne pouvait pas se résoudre à La laisser partir et à faire face à cette indifférence feinte. Les choses avaient changées. Elles n’étaient plus immortelles. Cette absence de réconciliation serait éternellement nuisible.

« Je t’aurais épargné le coté théâtral que tu affectionnes tant. Ce n’est pas ce que je veux. Tout est de nouveau amplifié depuis que les portes de Darkness Falls sont closes. Ces visions m’assaillent. Ne pars pas… »

Supplices audibles. Volonté de mettre un terme à cette mascarade. Bruit de lame plantée près du gosier d’une autre détenue qu’elle devina. Cri strident qui déchira ses tympans et qui laissa libre cours à ses interprétations. La cadette prônait-elle cette atrocité ? Elle en doutait. Instincts de rebelle qui ressurgirent, alors que ses prunelles cherchèrent en vain celles de l’agresseur tandis qu’elle décida d’aller à l’essentiel.

« Puisque nous jouons franc jeu, dis-moi pourquoi tu es revenue. J’aurais mérité de rester croupir ici en solitaire, je te l’accorde. Je suis réaliste. Rassure-moi, tu ne vas pas m’avouer l’existence d’un éventuel frère caché ? »

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MessageSujet: Re: Breaking The Chains {PV}   Ven 2 Nov - 12:47

Qu’Il partage le même sang qu’elle, elle s’en moquait. Cela n’avait aucune sorte d’importance à l’époque, et ça n’en avait pas davantage à présent. Elle avait été éduquée pour ne pas percevoir l’ignominie d’une telle union, fréquente autrefois. Si Azzura aurait pu lui ouvrir les yeux sur cette hérésie, et lui apprendre à délimiter le bien du mal, elle n’avait jamais pris le temps de le faire. Même s’Il avait été son frère, elle était convaincue que son père aurait été malgré tout capable d’organiser des noces si cela avait pu lui permettre de la faire déguerpir plus rapidement et d’enrichir son capital. Et c’était ce qu’Il représentait pour elle, aux premières années de sa piteuse existence. Habituée à ce que son cousin se trouve toujours dans un coin de leur lugubre demeure, à rester presque autant avec Lui qu’avec sa jumelle. Ils n’étaient que deux enfants, oubliant les bassesses de leur piteuse existence avec leurs enfantillages. Le basculement du monde de l’innocence vers une passion impérieuse s’était fait sans qu’elle s’en aperçoive vraiment. Sans la moindre possibilité de revenir en arrière. Qu’Elle ose la mordre avec ses crochets remplis de venin l’horripilait. Milliards d’épines s’incrustant dans son échine pour la faire frissonner de rancœur. En se perdant constamment dans les sphères sombres de leur patriarche, bercée par une admiration poussive, elle les abandonnait à l’indifférence. Inconsciente vis-à-vis de ce qui se tramait. Incapable de percevoir le mépris glacial, la tendresse inexistante et chimérique vis-à-vis de ses plus jeunes filles. Elle était la complice de ces rejets incessants. Celle qu’on jalouse, qu’on critique. A qui on n’ose rien confier, de peur qu’elle n’aille tout raconter à celui dont les colères froides finissaient par les terrifier. Sans Chiara, sans Lui, elle se serait probablement recroquevillée sur elle-même. Délaissant sa nature caractérielle pour se faire oublier. Fragilisée, elle n’aurait pas eu l’idée de se réfugier dans Ses bras. Se contentant d’un amour distant et réservé, malgré l’envie instinctive de La découvrir à Sa juste valeur.

« - Un penchant pour l’inceste ? Tant que l’union entretenait la fortune et la renommée de la famille, ça ne semblait pas te choquer outre-mesure. Serais-tu en train de te découvrir une conscience ? Tu ne m’as même pas vue grandir. »


Les derniers mots s’étaient étranglés dans sa gorge. Elle les regretta aussitôt, sans pouvoir les ravaler. Jugement sévère teinté d’une affreuse vérité. Leur relation était faite de manques, de vides, qu’elles ne parvenaient plus à combler tant les failles continuaient inlassablement de se creuser. Une grimace de dégout s’était glissée sur ses traits lorsque Ses odieuses insinuations avaient vrillé ses tympans. Pas en raison d’une réelle répugnance à l’égard de son beau-frère, même si elle ne s’était absolument jamais sentie attirée par lui. Mais parce qu’Elle paraissait quasiment croire qu’il aurait pu s’agir d’une éventualité.

« - Si tu veux me traiter de putain, inutile d’y aller par quatre chemins avec tes allusions douteuses. »
Cracha t’elle avant d’ajouter : « Moi je m’étonne que tu n’ai pas cherché à me mettre sur le trottoir après mon veuvage, je me serais ainsi acquittée de ta si généreuse hospitalité. Va savoir, peut être que j’ai payé mon loyer en me glissant entre vos draps en ton absence. »

Provocations hasardeuses et putrides qu’elle regretta à peine énoncées, de crainte qu’Elle ne se mette à y croire. Qu’Elle se détourne définitivement d’elle cette fois, en l’identifiant à la lie de la lie. Elle se mordit férocement la langue, tentant de se radoucir pour ne pas achever de réduire les décombres en poussière. Impulsivité qui la mènerait à sa perte. Rapprochement physique passager, semblant momentanément interrompre les hostilités. Supplications aussi sincères que malvenues, après tout ce qu’elles s’étaient mutuellement faites endurer. Le hurlement d’agonie qui se répercuta contre les murs, issu d’une autre cellule baignée dans la crasse, ferma furtivement ses paupières. En cherchant à chasser l’atrocité des images qui se plaquaient à ses rétines, elle ne réussit néanmoins qu’à les faire rejaillir des tréfonds de sa mémoire. Ses pupilles délavées retournèrent s’ancrer à Ses prunelles noisette, écarquillées de stupeur face à Sa question.

« - Parce que tu es ma sœur... Ce n'est pas une assez bonne raison ? »


L’irritation regagna ses veines à une vitesse démentielle, la poussant à se dégager de Son emprise à regret pour faire un pas en arrière. La coupe était pleine. Malgré tout ce qui avait pu se passer, elle avait toujours cru qu’Elle mettrait en péril son existence pour elle. Elle commençait à réaliser qu’elle se leurrait peut être. Qu’en dépit de leur lien de sang, tout n’était pas acquis, ni inconditionnel. Que cela devait se mériter. La vie est-elle faite pour être ratée ? Pour se prendre des mandales jusqu’à ne plus pouvoir se relever ? Elle en avait trop encaissées, au sens propre comme au figuré. Et maintenant, elle était épuisée. Lasse de se battre vainement pour regagner Sa confiance, d’avoir bataillé tous ces siècles pour des réconciliations éphémères. Si sa conscience n’avait pas encore totalement abdiqué, sa carcasse vide avait elle rendu les armes.

« - Tu as l’intention de recommencer ce cirque à peine libérée ? »
Souffla- t’elle du bout des lèvres, après un instant d’hésitation.

Elle continuait de s’insurger contre la tyrannie du gouvernement. De dispenser ci et là des marques de générosité, sans trop se faire remarquer. Mais au fond, par facilité, elle avait changé de camp. En acceptant de monter sur une estrade, pour les envoyer les uns après les autres sur l’échafaud. En fermant les yeux sur leur barbarie gratuite, pour mieux sauver sa peau. Elle tentait de ne pas se laisser gagner par l’empathie. Aucun étranger n’avait bronché lorsqu’elle avait été brûlée vive pour hérésie. La foule était avide de crimes sensationnels, en quête d’une boucherie spectaculaire. Ils hurlaient pour que les flammes arrachent leur épiderme, sans la moindre pitié. Même pas envers Elle, qui tant de fois leur avait tendu une main charitable sans rien demander ni espérer en retour. Tous des ingrats.

« - Je ne sais plus qui est l’aînée. Je pensais que tu avais compris la leçon. Tes stupides actes de rébellion, à quoi vont-ils servir ? A nous refaire tuer ? »


Ton pressant, autoritaire. Elle avait tenté d’y glisser un échantillon de bienveillance, mais l’inquiétude et l’exaspération ravageaient bien trop son âme pour qu’elle parvienne à les faire taire. Reproches muets. Elle ne pourrait pas La sauver éternellement, supplier toutes les semaines celui qu’Elle avait justement payé pour la passer à tabac de faire un geste. Bientôt impuissante à La brider, et surtout à La protéger.

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MessageSujet: Re: Breaking The Chains {PV}   Mer 14 Nov - 0:15

Les rires enfantins s’étaient transformés en gémissements de douleur. La fierté qu’il éprouvait à son égard s’était brisée en mille morceaux. Elle avait perdu cette lueur étincelante dès l’instant où elle leur avait offert cette adoration fugace. Leurs traits si dissemblables s’étaient confondus lorsqu’elle avait pris conscience de la tendance tyrannique de leur géniteur. Ainsi, son ingéniosité avait été teintée de sottise. Les éclats à la couleur orangée illuminant les cieux s’étaient insidieusement estompés. Au sein de son milieu familial, elle avait eu la sensation d’incarner une créature sur le point d’être damnée. Suffoquant sous le poids de ses remords, elle s’était répétée à maintes reprises qu’elle ne méritait pas que Leurs prunelles soient emplies d’admiration ou de plénitude à son contact. Pourtant, elle aurait tout donné dans le but de réparer ses erreurs et de leur permettre d’oublier ses défaillances. En Les choisissant, elle s’était infligé un châtiment nourrissant sa mémoire pour l’éternité. Elle était devenue la créatrice de sa sphère de solitude. Elle ne regrettait pour rien au monde le fait d’avoir remplacé son âme, effaçant les traces du diable gravés en son sein. Néanmoins, secrètement, son souffle s’accélérait quand elle pensait qu’il était mort, rattrapé par ses ressentiments et une véhémence déconcertante. Ces déchirements incessants lui donnaient un aspect squelettique. Peau albâtre, silhouette décharnée. Son insuffisance lui apparaissait avec plus de clarté, alors qu’elle se rendait compte qu’il lui avait offert bien plus que son hospitalité. Tel un chien enragé et pourri gâté, elle l’avait mordue. Elle sentait la présence de leur mère la capturer, prise d’élans furibonds. Son regard accusateur lui brisait symboliquement les os. Les souvenirs qu’elle avait de leur union n’étaient pas baignés d’amour. Cependant, elle savait au fond d’elle que l’animal qu’elle avait fini par traquer sans relâche dissimulait une parcelle d’innocence et qu’Elles avaient éveillé chez lui bien des douleurs. Peut-être qu’une vague de compassion aurait étreint la Marâtre, si elle avait pu prendre connaissance des conditions dans lesquelles il avait émis son dernier souffle. Elle ne put retenir un rire dément en réalisant qu’elle était encore en train de lui chercher des excuses. Bientôt, elle tendrait la main au président en personne. Ces pensées regrettées blessèrent à nouveau l’orgueil dont elle semblait toutefois dépourvue.

« J’imagine que tu as souhaité inverser les rôles en optant pour cette vie luxueuse si détestable. Est-ce un moyen de te venger de ces méfaits ? Ou de suivre les traces de père, un bourreau secrètement convoité ? Je ne comprends pas cette ambivalence »

Dans son esprit se dessinait pourtant ces mêmes images teintées d’un flou psychédélique. La confusion de ses sentiments, ces nuances incertaines ne se contentaient pas de la faire exister. Elles la confrontaient à un chaos perpétuel. Elle était secrètement désireuse de découvrir si ce flot de ressentis scarifiait également les chairs de sa cadette. Comment vivait-elle avec cela ? A sa manière, lui arrivait-il de hurler lorsqu’elle errait dans cette zone luxueuse et abjecte ? Tant de questions qu’elle se posait qui ne franchirent pas la barrière de ses lèvres. Tout comme elle se retint d’exprimer ce besoin irraisonné de la protéger au sein de cet enfer terrestre. Espérant qu’elle n’éprouverait jamais cette envie communicative d’égratigner son visage de ses propres griffes en songeant aux erreurs, aux punitions infligées ayant gâté leur relation. Comment le pourrait-elle ? Cette rancœur éprouvée n’était pas de sa responsabilité. Elle le savait et inlassablement, elle commettait ces mêmes actes stupides.

« Ce n’est pas de ma faute. Si je t’ai fait de l’ombre je m’en excuse. J’ai également payé mon dû. Il est mort en me considérant comme une traîtresse et une misérable ayant choisi de vivre dans l’infamie. Je me suis traînée dans le cambouis. Encore aujourd’hui, mes vêtements sont tachetés de boue. Ils sont enterrés sous terre. Est-ce insuffisant ? »

Le détachement ne régnait plus dans sa voix. Ses hurlements furent employés en vue de persécuter ses tympans. Au fond d’elle, elle se sentait fautive. Néanmoins, une rage incontrôlable l’étreignit et ses mâchoires se crispèrent lorsqu’Elle évoqua des rapprochements sensuels avec Rafael ainsi que des faits totalement infondés. Sa psyché fut salie par sa Dévotion. Durant un court laps de temps, elle eut pour seul désir de se délecter de sa drogue et de devoir sa survie à sa seule dépendance. La haine qu’Elle semblait éprouver à son égard lui brûla l’œsophage. Elle fut prise de vertiges, englobant difficilement l’Impensable. Le fossé qui les séparait les avait-il métamorphosées en créatures étrangères l’une pour l’autre ? Ces hypothèses navrantes l’effleurèrent machinalement. A ses yeux, elle incarnait une sorte de maquereau lui programmant des nuits de débauche et pervertissant son âme. Ce discours fantasmatique avait-il été insufflé par Stain ? Ces accusations engendrèrent une démangeaison cérébrale. Elle avait tenté en vain d’échapper à l’influence nocive de leur géniteur et de poursuivre ses propres idéaux. Demeurait la crainte d’avoir échoué, transmettant inconsciemment les valeurs familiales à sa sœur, à la manière du Seigneur de guerre. Elle savait pertinemment que l’être humain n’était pas infaillible, quels que soient les efforts fournis dans le but de conserver des valeurs morales adéquates. Elle éloigna ces suppositions agressives de son esprit, refusant à ses larmes de dévaler et de se mêler à Leur sang. Les souvenirs morbides l’assaillirent puis furent inhibés par des mécanismes de défense performants. Ils préservèrent l’image de Son défunt ainsi que l’estime portée à Sa chair, enfouissant les doutes au sein de son organisme.

« Je suppose que tu aurais pris conscience de mes imperfections. Du moins, plus encore. Laisse le reposer en paix et ne souille pas son honneur. Il s’en est assez chargé lui-même. »

Elle la toisa un instant avant de reporter son attention sur ce qui se produisait à l’extérieur de sa cellule, guettant la réaction des gardiens. Comptaient-ils lui offrir de nouveaux face à face ? L’évocation doucereuse de leur filiation et de cette loyauté sous jacente resterait-elle gravée dans son épiderme à tout jamais ? Elle était prête à le suggérer, refusant qu’ils touchent ne serait-ce qu’à un de Ses cheveux. Ne se rendait-elle pas compte qu’Elle était probablement la plus digne des deux ? Elle risquait sa vie pour sauver la sienne. Elle esquissa un signe de tête, assumant l’absurdité émanant de ses gestes de bravoure inutiles, cette sensibilité dégradante évoquée. Elle eut pour seul désir de La mériter à son tour, de dire adieu à ces discordes, se résignant à endosser le rôle de l’ainée, et cela sans contrefaçon.

« Il est très difficile de te contenter. J’imaginais que tu apprécierais ce geste, à savoir ce changement de statut. Tu me reprochais d’endosser le premier rôle. A présent, je suis défaillante. Toutefois, je refuse de rester les bras croisés pendant que l’histoire se répète. Tout comme je refuserai que tu risques ta vie pour sauver la mienne. Tu mérites mieux. Je ne suis pas parvenue à te le donner. Je ne serai pas à l’origine de ta perte. Pars avant qu’il ne soit trop tard. Je peux au moins contribuer à ta survie…»

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MessageSujet: Re: Breaking The Chains {PV}   Lun 3 Déc - 11:02

Semblables à deux éléphants dans un magasin de porcelaine. Incapables de s’éviter des écorchures inutiles, se cognant contre les bibelots, se tailladant la voute plantaire sur les décombres jonchant le sol. Même en essayant d’avancer avec prudence, elles débordaient de maladresse. Inaptes à se ménager l’une l’autre, à tendre une main charitable. Elles ne s’étaient jamais vraiment comprises, se contentant d’entrevoir l’autre sans réellement parvenir à la cerner. Son ainée prenait ses penchants pour le luxe pour de la provocation, alors qu’elle estimait seulement avoir suffisamment souffert de la pauvreté à la mort de son mari. Elle fuyait son ancienne condition comme la peste, cherchant à étouffer les réminiscences putrides allant de paire. Le déshonneur qui l’avait lacérée lorsqu’elle avait été jetée à la rue. Répudiée comme une moins que rien après tout ce qu’elle avait enduré. Monstre d’égoïsme qui ne lui avait absolument rien épargné, même pas l’infortune au sens propre en bouquet final. Avant d’être achevée par le mépris de leur père. Elle doutait qu’il ait pu se montrer aussi abominable avec Elle. La désillusion ne lui semblait pas pire que le mépris. Moins ceci, trop cela… les points de comparaison ne manquaient pas, la rabaissant toujours tant Azzura était perçue comme un modèle. Placée sur un piédestal si élevé, qu’elle était certaine de ne jamais l’atteindre. L’admiration et la jalousie avaient creusé un véritable fossé entre elles, impossible à traverser. Elle y aspirait pourtant, à briser la distance. A se montrer digne d’Elle. Mais leurs ambitions s’opposaient littéralement, à un pas en avant succédaient inlassablement trois pas en arrière.

« - Tu crois donc que tout tourne autour de vous ? Je devrais me vautrer dans la misère en signe d’allégeance ? L’intérêt d’un tel sacrifice me parait inexistant. »


Ce n’était pas une crise d’adolescence à retardement. Elle avait seulement compris que dans son intérêt, mieux valait faire profil bas pour survivre. Ils n’étaient plus que des pions sur un immense échiquier, faciles à envoyer aux oubliettes s’ils cherchaient à s’insurger contre le système. L’envie de La rendre fière était toujours là, présente. Mais elle l’avait enfouie au plus profond de ses entrailles. Douloureuse lâcheté vrillant ses tripes avec une ardente férocité, l’entravant et la capturant de ses lourdes chaines. Écrasant tous les idéaux de justice et d’égalité qui avaient un jour pu germer en elle. Espoir d’un monde meilleur si gangréné que même en raclant jusqu’à la moelle, il ne retrouverait jamais sa splendeur d’antan. Elle avait perdu Ses droits de le lui reprocher en organisant sa capture. Le gout de son propre cruor lui était resté entre les deux. Les bleus et les stigmates sur sa peau diaphane continuaient de la faire souffrir, même en s’étant estompés. Elle La pardonnait pour ce qu’Elle lui avait infligé, reconnaissait avoir mérité cette pénitence. Mais elle n’oubliait pas qu’il n’y avait plus aucun retour en arrière possible. Réflexions silencieuses qui se muèrent en cris, alors que ses azurs La poignardaient avec vigueur.

« - J'ignore comment tu oses me reprocher mon train de vie, alors que tu m’as poussée entre les griffes du Gouvernement. Ton culot monstrueux n’a aucune limite. »

Siffla-t’elle, échappant un ricanement dédaigneux lorsque Sa tirade suivante vrilla ses tympans. ‘Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligée d'en pleurer.’ Sans elle ou non, elle était convaincue qu’Elle aurait sombré dans les affres de la sorcellerie et éprouvé les ravages de l’indigence pour mieux répandre le Bien autour d’Elle. Ambivalence La rendant attachante dans Ses excès.

« - Tu ne l’as pas fait pour moi, et tu le sais très bien. La protection d’illustres inconnus a toujours prévalu sur celle de ta propre famille. »


La rébellion lui semblait ridicule. Noble venant de simples mortels n’ayant pas enduré les souffrances de Darkness Falls. Acceptable venant de métamorphes ayant passé plusieurs siècles à gambader joyeusement dans les champs de blé. S’agissant des mages sombres, se battre aux côtés de l’humanité lui semblait inacceptable. Et c’était ce à quoi Elle gaspillait Son énergie. Elle ne se battait pas seulement pour sa propre liberté. Mais pour celle de tous. Elle aurait pu se défaire des contraintes de son mariage putride bien avant toutes ces fausses couches, tous ces coups ayant pour seul visée de l’asservir et de la broyer. Si Elle avait cherché à balayer devant leur porte avant de tout risquer pour des étrangers. Partiellement ignorante des agissements de sa grande sœur pour la protéger, encore aujourd’hui. Ses pupilles penaudes vinrent balayer le plancher poussiéreux, comme une enfant prise en faute espérant apitoyer l’autorité en charge de l’éduquer. Elle se détestait de L'irriter, de souiller leur relation déjà si ternie par les affronts en y rajoutant des vilénies inutiles. Ne se décidant à relever ses azurs délavés vers Sa fine silhouette que lorsqu’Elle émit le souhait de la conserver à l’abri. Ses canines vinrent mordiller rudement l’intérieur de sa joue en guise de pénitence. Ses épaules s’affaissant sensiblement alors que la honte venait engluer sa trachée jusqu’à lui donner la nausée. Elle se secoua légèrement, cherchant à se redresser pour reprendre un semblant de contenance. Se laisser encore davantage attendrir la ferait échouer dans son emprise. Refusant obstinément qu’Elle croupisse en prison, même en sachant pertinemment que ce ne serait que partie remise après Sa libération.

« - Il est trop tard pour ça. Inutile d’essayer de me caresser dans le sens du poil. Je ne te crois plus. Il y a longtemps qu’on m’a arraché mes yeux d’enfant. »


Elle mentait. Le besoin viscéral qu’Elle l’aime, qu’Elle s’occupe d’elle et chasse tous ses démons la tenaillait avec plus de force encore qu’auparavant. Désireuse de se racheter à tout prix, quitte à commettre pour cela des actes qu’Elle ne cautionnerait certainement pas dans un premier temps.

« - Je n’ai pas pris de risques, ne t’inquiète pas pour moi. J’ai passé un accord avec Wayne. Rends-toi au Paradisio dès ce soir, on t’expliquera. Fais-toi violence et obéis. »
Asséna-t-elle avant d’ajouter sur un ton tremblant et suppliant, empli d’une culpabilité latente : « Danser ne devrait pas être un supplice pour toi, si ? »

Elle n’attendit pas de réponse, faisant un signe vers un garde à proximité pour qu’il La libère et L’entraine au dehors. Préférant ne pas discuter davantage des modalités, tant elle se doutait que les retrouvailles n’auraient rien de tendre. J’espère que tu me comprendras


| THE END.

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Between Iron And Silver
Twisting and turning, unable to sleep. Will the voices ever stop? My thoughts speak louder the more I resist. And they're driving me insane. Do they ever go? Inside. I'm a danger to myself. I'm a prisoner of my own hell.
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