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 Entente et disgrâce {Shining/Russell}

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MessageSujet: Entente et disgrâce {Shining/Russell}   Jeu 12 Juin - 11:31

Le quartier nord était le plus dangereux de la ville. C'était aussi le plus sale et le plus délabré. Peu de gens osaient s'y aventuraient tant le crime était devenu monnaie courante dans cet arrondissement. Pourtant, c'était un lieu chargé d'histoire, en particulier pour Russel et sa famille. Quand il était gosse, c'était ici qu'il venait, accompagné de son père, afin d'acheter ou de vendre des esclaves noirs. C'était ici qu'il revenait, après sa mort, pour continuer cet infâme trafic d'êtres humains. Il empruntait cette route aujourd'hui goudronné, lui à cheval et les esclaves attachés et trainant derrière lui pour se rendre jusqu'à la plantation dans laquelle ces pauvres individus allaient travailler jusqu'à leur mort. Même si tout c'était mal terminé pour lui, Russell ne connaissait pas exactement le sort des esclaves qui s'étaient levés contre lui. Il avait supposé qu'ils étaient morts, qu'on les avait tué. C'était évident, de toute façon, qu'ils ne soient aujourd'hui qu'un tas de cendres et de poussières. Voilà plus de deux cent ans que les faits s'étaient produits. Et malgré tout, Russell se souvenait de ce chemin et des actes accomplis à chaque fois qu'il y repassait.
Pour lui, le quartier n'était peut-être pas le plus sûr ni le plus propre mais c'était chez lui. La plantation, ses terres, qui avaient été réquisitionnées par la suite par le gouvernement lui revenaient de droit et c'était ce qu'il avait été fait. On lui avait rendu sa propriété. Il se désolait de la tournure des évènements car avant ce déchainement de violence, le quartier était plutôt sympathique. Les affaires marchaient plutôt pas mal. Il vendait, il achetait, tout en conservant son patrimoine qu'il tentait de rendre plus attractif. Russell était jaloux du quartier ouest de la ville. L'architecture lui rappelait son ancienne vie, sa première vie. Il voudrait rendre sa boutique aussi jolie que celles qu'il peut croiser dans l'autre arrondissement de la Nouvelle Orléans. Mais avec la délinquance accrue et les zombies qui errent parfois, son projet était constamment remis à plus tard. A quoi bon engendrer des frais supplémentaires pour que cela ne servent à rien et que tout soit à recommencer sitôt que le jour se lèverait après les travaux. Les dégradations étaient nombreuses une fois la nuit tombée. Russell touchait du bois, pour l'instant il n'avait jamais eu trop de problème. Des peacekeepers passaient faire une ronde plusieurs fois par jour et de temps à autre ils s'y arrêtaient la nuit.

Ce jour là, le petit ventilateur tournait à plein régime. Il faisait extrêmement chaud et Russell sentait les gouttes de sueur perlaient dans son cou. Il était installé confortablement dans un petit fauteuil et il zappait les programmes télévisés. Oui, il avait quand même le luxe de posséder une télévision ainsi qu'un ordinateur même s'il ne comprenait pas toujours comme l'ordinateur fonctionnait. Il préférait faire ses comptes à l'ancienne, c'est pourquoi son ordinateur vivait sous la poussière comme bon nombre des bibelots qu'il vendait. Le ménage, ce n'était pas son truc. Il le laissait toujours à plus t ard mais il faisait quand même l'effort de nettoyer certaines étagères de temps à autre. Le vieil homme n'avait pas eu de client aujourd'hui. Il avait levé les stores et mit la pancarte d'ouverture mais n'avait pas ouvert la porte. Il faisait plus frais ainsi.
Une carafe d'eau bien fraiche et de quoi grignoter étaient posés sur la table à côté de lui. Il regardait la télévision sans réellement se soucier du programme qu'il consultait. C'est alors qu'il entendit le grincement de la porte et le tintement de la petite clochette qu'il y avait accroché. Quelqu'un venait d'entrer. Il laissait le poste allumé et se leva à la hâte pour rejoindre la salle d'exposition. Le visage renfrogné du vieil homme prit une mou disgracieuse quand il vit la personne qui venait l'interrompre. Il s'agissait de Shining, un garçon dont il ne connaissait pas l'âge exact mais qui était tatoué sur tout le corps. Il ressemblait à un squelette ambulant et Russell ne comprenait pas qu'on puisse supporter d'avoir cela sur tout le corps pour le reste de sa vie. Il s'approcha du jeune homme qui devait avoir des choses à lui vendre, comme souvent quand il venait à la boutique. Russell n'était pas très regardant sur la provenance. " Viens poser ça là, on va regarder. " Il lui fit un petit signe de la main pour lui indiquer de le suivre et le vieil homme s'installa derrière un bureau afin d'examiner les objets que Shining lui apportait ce jour là. Russell n'était pas très bavard et ne s'étendait pas en commentaires inutiles. C'est pourquoi il ne prenait même pas la peine de le saluer, passant directement à l'examen des bibelots.
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MessageSujet: Re: Entente et disgrâce {Shining/Russell}   Jeu 26 Juin - 7:19

Trainer la carcasse ; toujours un peu plus loin. Laissant mourir chaque jour filant entre ses doigts comme des ombres insaisissables. Jouant au fil de la mort, se fichant à présent de leur regard, le sien est vide. Vide. Voila comment devrait être son appartement. Une fois de plus, les objets s’entassaient ; il n’y avait plus de place et les murs suffoquaient. Une descente de police chez lui, probablement serait-il bon pour aller en cabane. Il n’avait pas peur, les conséquences de tout ça n’avaient plus d’importance. Il n’en voyait que la cause : lui. Se fixant dans le miroir, son reflet était flou. Mêlé au souvenir vague de sa sœur. Il semblait qu’il entendait encore la voix de sa mère lui dire de cesse d’abimer son corps de la sorte. Elle l’avait fabriqué avec un rien, il le savait. Mais à présent, son corps ne servait plus à rien. Il n’abritait plus d’âme ; il déambulait sans but et ce regard vide qui n’attendait plus rien ; pas même la mort. Certains disaient qu’il avait la mort dans la peau, mais ils se trompaient. Tous. Ignorant de la vraie douleur, on ne peut qu’imaginer et encore. L’empathie ne lui apportait guère ; il se foutait de tout.

Il attrapa un sac en toile ; jeta au fond des objets divers et étranges. Une broche qui trainait là ; un vase en terre cuite aux gravures étranges ; une poupée de porcelaine au visage trop parfait au regard blafard ; un bouquin énorme dont il n’avait pas même prit la peine de soulever la couverture pour en voir le titre ainsi qu’un couteau en ivoire. Habituellement, il gardait les armes. Mais celle-ci avait bien plus des allures de musées que de celui qui avait déjà servi pour tuer. Il en avait bien assez et probablement pourrait-il en tirer un assez bon prix, sans quoi il le garderait. Muni de ces quelques « breloques » ; il poussa la porte de son appartement en désordre ; comme sa vie. Il monta dans sa voiture ; démarra et quitta sa ruelle de miséreux.

Il n’aimait pas ça, sortir en plein jour. Outre le fait que tous le regardaient avec curiosité bien qu’il était planqué derrière ses vêtements et une casquette il était loin de passer inaperçu par ses bras qui dépassaient de son tee-shirt et cette gueule abominable. Il faisait terriblement chaud et humide. Un temps sans la moindre pitié. L’air était irrespirable et alors que les climatiseurs tournaient à fond les ballons dans les quartiers plus « chics » de la ville ; bien que cela était un mot tout à fait dérisoire à ses yeux. L’on essayait de respirer ici à coup de ventilateurs bancals et en secouant le journal prés de son visage. Shining coupa le moteur devant la boutique d’un homme particulier. Non pas que l’ancien scientifique avait confiance en ce type, le mot confiance ne faisait plus vraiment partis de son dictionnaire. Chacun y trouvait son compte. Finalement, la plupart des objets que Shining apporté ici, étaient à l’article de finir à la poubelle s’il n’avait pas un jour posé les yeux sur la devanture du magasin. Mieux que la poubelle. Il en avait jeté pourtant des ordures, il détestait accumuler des choses inutiles chez lui.

Il poussa la porte, l’habituelle clochette fit son travail et rapidement Russell fit son apparition. Ce n’était malheureusement pas un client. Shining avait la sensation que l’endroit était en permanence déserté ; il fallait avouer qu’il passait usuellement relativement tôt dans la journée. La même rengaine sortie de la bouche de l’homme et le cadavre le suivit, posa négligemment le sac sur le comptoir et se fit silencieux comme à son habitude. Il ne faisait pas la conversation, jamais. Cela l’ennuyait tout particulièrement. Il laissait Russell à ses calculs incompréhensibles quant-à l’estimation de ce que le tatoué qualifiait d’ordures. Il avait pour habitude d’accepter tous les prix, parfois haussait les sourcils puis acceptait ; d’autre fois retirait des objets de la vente ; les armes. Il pouvait les vendre à meilleur prix à des malfrats. Peut-être le seul domaine où il connaissait la véritable valeur de ce qu’il vendait ; le reste n’avait nulle importance à ses yeux. Il voulait juste quelques billets verts pour remplir le réservoir de sa vieille caisse délabrée. C’était long et silencieux ; puis enfin l’homme relevait le museau pour regarder Shining qui le fixait de son regard qui pouvait s’avérer troublant quand l’on avait un sérieux problème quant-à accepter la présence de la mort dans ce monde. « Alors ? » Un seul mot suffisait.


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MessageSujet: Re: Entente et disgrâce {Shining/Russell}   Mar 15 Juil - 21:44

Russell observait ce que l’homme tatoué avait déposé sur la table qu’il avait vidé quelques minutes auparavant. On aurait pu entendre le bruit de n’importe quel moustique qui voletait autour d’eux ou même la collision de deux voitures à l’autre bout de la rue tant le silence était pesant. Seul le bourdonnement du vieux ventilateur et du poste de télévision venait troubler cette ambiance si particulière. En fait, ils n’avaient pas besoin de parler. Le garçon apportait ce qu’il trouvait pour se faire un peu d’argent. Russell savait que le garçon connaissait l’avarice du vieux receleur. Il obtenait toujours le plus petit prix possible. Russell retapait les objets en moins bonne forme avant de les mettre sur les étagères crasseuses de la boutique en espérant qu’un client viendrait les lui acheter. Il ne savait pas trop pourquoi il avait ouvert une pareille boutique. Tel un ermite, très peu de monde passait par là, surtout depuis les incidents dans le quartier. Au moins, on ne venait pas l’embêter, sauf quand des stagiaires ou des employés venaient troubler le calme dans lequel Russell s’était enfermé depuis trop d’années. Il avait tenté de sortir de son autarcie sans pour autant y mettre l’énergie et la conviction nécessaire pour y parvenir. Il n’avait peut-être pas réellement envie de devenir plus sociable qu’il l’était. A présent donc, il observait les objets, un par un, en consultant un vieux livre à l’écriture illisible. Russell y consignait le registre des objets qu’il avait déjà reçu, ceux qu’il avait vendu, ainsi que le prix d’achat et de vente. Il gardait une trace de toutes ses transactions afin d’en obtenir le meilleur parti à chaque coup.

Le vieil homme examinait une espèce de toupie métallique qui avait la particularité de tourner uniquement dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Cette toupie s’ouvrait et l’on pouvait y cacher un autre objet de la taille d’une bague ou un morceau de papier avec un mot dessus. Russell n’était pas encore sénile, il savait qu’il avait déjà eu affaire à un objet semblable et il savait aussi que les objets du genre ne courraient pas les rues. « A qui l’as-tu volé ? Tu m’as vendu ce truc y’a même pas deux mois. » Le ton n’avait pourtant pas changé. Russell était laconique. Il n’avait toutefois pas l’intention de dénoncer le jeune garçon mais il n’allait pas repayer la toupie. Pour autant, il ne pouvait pas la remettre dans les rayons. Certes, il n’était pas regardant sur la provenance des objets que lui apportait Shinning mais il ne pouvait pas remettre un objet en vente qui avait déjà été vendu.
Il aurait pu lire le registre pour trouver le client qui lui avait acheté la toupie sans avoir à poser la question du vol. Mais Russell n’était pas curieux. Il se fichait bien de savoir que Shinning avait volé quelque chose. Toutefois un détail attira son attention. « C’est toi qui me l’a racheté une fois restaurée. Tu n’en veux plus ? »
Ce soir là, le vieil homme était bavard, ce qui était assez rare. En général il gardait le silence, proposait un prix que l’homme tatoué acceptait à la première offre, lui tendait les billets et le voyait repartir sitôt après. Mais là, sa curiosité avait été piquée au vif. Pourquoi revendre quelque chose qu’il avait acheté. Il pouvait y avoir tout un tas d’explication, mais l’esprit de Russell tournait à plein régime. Pour lui, il y avait autre chose derrière tout ça.


HJ : N'hésites pas à me dire si la tournure que je me suis permise d'introduire ne te plait pas, je changerai ma réponse (;
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MessageSujet: Re: Entente et disgrâce {Shining/Russell}   Ven 25 Juil - 20:05


Shinning ne dit rien de plus, jusqu’à ce que Russell lui pose une question improbable. A qui l’avait-il volé ? Un léger froncement de sourcil se dessine sur le visage gribouillé du lugubre personnage. Pas une simple curiosité ; il connaît peu Russell, mais le peu qu’il en savait été suffisant à comprendre ses intérêts. Serpent. Shinning sait qu’il ne repartira pas les mains vides ; mis à par quelques papiers verts. La toupie allait repartir avec lui ; une fois de plus. Pourquoi l’avait-il reprit ? Parce qu’elle avait compté ; mais la mort a encore tout emporté. Alors il n’en avait que faire. Poison. Il ne répond pas ; le cadavre est muet. Il ne veut pas répondre. Le silence ; c’était un don. Il relève alors que c’était bel et bien lui qui l’avait racheté ; sa dernière question le lasse. La patience ; ce n’était pas l’une de ses qualités. Russell se faisait particulièrement indiscret ; du moins ce qui pouvait sembler banal entre un vendeur et un client quant-à la provenance des objets ; cela avait une connotation d’indiscrétion à ses yeux. Il croisait alors les bras ; s’il veut appeler les flics qu’il fasse. Shinning n’avait rien à perdre ; juste les os et la peau. « Ce qui importe, c’est si toi tu la veux. » Il n’avait pas l’intention de lui en dire plus. S’i ne voulait pas de cet objet, alors il retrouverait sa place sous la poussière chez lui. Qu’est-ce que ça pouvait bien faire ?

Russell l’avait traité de voleur ; il ne savait s’il pouvait laisser passer cela même si ce n’était pas complètement faux. Ce n’était qu’une façon qu’il avait d’arrondir ses fins de mois, ce n’était pas avec ce qu’il gagnait qu’il pouvait s’imbiber les veines d’alcool. Un liquide si précieux. Il jette un coup d’œil aux objets qui grouillaient ici ; Russell est partenaire bien trop précieux pour retourner sa boutique parce qu’il aurait mis le doigt sur quelque chose qu’il n’aimait pas accepter. Il n’était pas assez stupide pour cela. « On était d’accords il me semble : pas de questions. » Il trouverait bien quelqu’un d’autre pour acheter ses babioles ; ce n’était pas ce qu’il manquait dans le pays. Ce n’était que les invendus, parce qu’il ne voulait pas prendre la peine de chercher client. Sa voix est calme pourtant, besoin de s’assurer. Russell n’était pas le gars le plus fiable qu’il connaisse ; parce que s’il était bien capable d’acheter des objets volés alors de quoi était-il capable pour son misérable commerce ? Il l’observe, son regard est troublant. Impressionne, vide. La mort est là, elle est partout.

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MessageSujet: Re: Entente et disgrâce {Shining/Russell}   Lun 18 Aoû - 6:59

Russell s'était peut-être mêlé de quelque chose qui ne le regardait pas. Après tout, il était lui même assez peu regardant sur la provenance des objets qu'il vendait. Alors poser cette question c'était comme si l'aveugle se moquait du sourd ... En vérité il n'avait que faire de ce que Shinning faisait de son temps libre. Il se fichait bien de lui racheter un objet qu'il lui avait vendu peu de mois auparavant. Le vieil homme savait simplement que Shinning perdait de l'argent sur ce coup là et que lui allait s'en faire. Toutefois, à se mêler de la vie d'autrui, Russell se fit gentiment remettre à sa place. Pas de question. Certes, c'était une de leur condition d'échange. Généralement le vieil homme s'y tenait, c'était lui qui faisait la mouche durant l'entretien. Et là, pourtant, il avait ouvert la bouche, il avait laissé couler ses pensées à travers la pièce. Il ne lui faisait pas confiance, et il savait que le garçon fasse à lui retournait le même sentiment. Il n'avait cependant aucune crainte. Malgré les airs qu'il se donnait, ce pauvre gars n'était pas bien impressionnant pour Russell. Il avait connu bien pire qu'un pauvre suicidaire qui pensait s'être mis la Mort dans la poche. Russell l'avait connu, brulant vif dans les flammes de sa demeure. Demeure sur laquelle il avait construit sa boutique, se restituant de droit ses propres terres. Russell n'était pas plus humain que Shinning tout à fait respectable. Or personne ne connaissait réellement qui était Russell. Homme plutôt mystérieux et bougon, les gens n'allaient guère faire lui pour faire connaissance. Alors il se permettait de préserver le mystère. Sa nature en faisait parti. L'homme aurait pu utiliser ses pouvoir contre le jeune homme, le contraindre à s'exécuter mais ce n'était pas dans sa nature de le faire. Après tout, en vérité, il se fichait éperdument des raisons qui poussaient l'homme à revendre quelque chose pour une misère alors que précédemment il l'avait payé une fortune. On aurait pu penser que Russell était fou de s'enfermer dans pareille remarque, car il était possible qu'il perde de l'argent. Mais vu l'état de la bricole, il ne restait guère d'argent à se faire dessus.

« Nous étions d'accord, effectivement. » Russell n'en ajouta donc pas plus. Il se renferma dans son silence. Shinning était un peu comme lui. Homme solitaire que les gens n'abordaient guère, il voulait de l'argent pour survivre. Un déchet de la société. Il ne parlait guère, tout comme le vieil homme et c'est pourquoi les affaires marchaient bien entre eux.
L'antiquaire marcha lentement vers l'autre comptoir, duquel il sortit une balance. Il pesa chaque objet, continuant les calculs. Il les inspectait sous tous les angles, afin de savoir ce qui était récupérable ou non. Quand il allait prendre quelque chose, il le mettait à sa droite. Sinon il le jetait dans un sac, à même le sol.
Finalement il s'arrêta dans ses innombrables calculs et releva la tête vers le jeune homme. Pas de sourire bienveillant, pas de regard particulier, il se contenta de lui annoncer le prix, en lui tendant le sac des objets qu'il ne prenait pas. Il n'était pas bien lourd ce sac, Shinning pouvait se dire qu'aujourd'hui, il avait fait une bonne affaire. « 300 dollars. » Puis le vieil antiquaire repartit chercher l'argent. Il compta minutieusement les billets, un après l'autre, pour finalement les tendre au garçon qui patientait devant lui.
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MessageSujet: Re: Entente et disgrâce {Shining/Russell}   Mer 20 Aoû - 20:30

Un deal, est un deal. Les règles doivent rester les mêmes ; sans quoi se serait l’anarchie. Bientôt, ils iront se souler dans un bar en bons copains. Non. Plutôt crever. Solitude, il ne la quittera pas si aisément. A moins que ce soit elle qui refuse ce divorce. Qu’importe, ce mariage lui convenait.  Le temps passa comme toujours, longuement. Puis enfin, il émerge de sa machine à calculer. Balance un prix. Shinning sait que ce tas d’ordure vaut mieux. Il hoche la tête. Vendu. Il l’observa sortir les papiers verts. Compta. Pas un dollar de plus. Pas la moindre pitié. Puis enfin son butin lui fut donné. Il les prit entre ses doigts également tatoués ; mais ne rangea rien dans sa poche. Compta à son tour. Après quelques brèves secondes ; le génie du passé confirma le compte juste. Pas d’arnaque, mais la prudence était de rigueur entre eux. Il se laissait déjà gentiment arnaqué par Rusell ; il ne pouvait se laisser dérober davantage sans broncher. « Bien. » Se contenta t-il de dire. Tout est en règle. Leur rencontre s’achevait alors à cet instant ; jusqu’au prochain débordement de placard du délinquant.

Mais rien ne se passa comme à l’accoutume ce jour là. La petite cloche tinta et apparu Belzebuth qui n’arrivait pas à la cheville de Satan. Elle se tenait là ; un flingue en main. Convoita alors l’argent entre les doigts de l’acrobate peu enclin à se voir dépouiller. Evite un regard sur la caisse ouverte des recettes de la vieille du vieil homme. « Files moi ça, pas de discussion. » Menaçait-elle. Il était lui-même solidement armé. Le temps de dégainer et leur peau sera troué. Ce n’était pas pour le déranger ; mais il douta un instant que c’était ce que voulait ce pauvre démon. « Et toi là, vides la caisse dans le sac par terre. En vitesse. » Ordonnait-elle à l’antiquaire d’un ton autoritaire. Désigne le sac où gisaient quelques babioles bons pour la poubelle. Parfaite sotte. Réfléchir. Il était plutôt fort à ce jeu là derrière son allure de brute. Noyé la matière grisé dans l’éthanol. Shinning soupire et tendait lentement la main pour lui faire don provisoire de son pactole. « Voila pour toi… Et retourne dans ton bordel salope. » Cela n’avait pas l’allure d’une réflexion digne d’Einstein. Il sourit. Il pu voir à cet instant précis une veine subir de nulle part. Palpitante. Des pupilles qui se rétracte et imagine la pression du sang qui gicle dans ses lobes cérébraux de rage occultant toute capacité à réfléchir. L’instinct. Le coup part. Pas de feu. Un poing qui fend l’air. Pas la volonté de tuer. Faire mal. Elle cache bien sa force. A tel point qu’il manque de perdre l’équilibre. Il ne l’entend pas ; perd un instant le nord. Tiens donc. Les billets tombent au sol. Éparpilles. Elle s’égosille. Lui ordonne de ramasser, lui le chien. Il pourrait mordre. Diversion.

Désolé, c'est bien minable...
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