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 Big Bad Wolf

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MessageSujet: Big Bad Wolf   Lun 16 Juin - 14:01

Je n'ai jamais été le genre de mecs à chercher les emmerdes.

Ce n'est pas pour autant que j'hésiterai à frapper quelqu'un si l'on me marche un peu trop sur les pieds. On a tous eu un connard qui « ne faisait pas exprès » de t'écraser les orteils de son talon. Une fois, okay, mais la deuxième fois, ça passe pas. Ça ne passe plus. C'est d'ailleurs ce pourquoi j'ai perdu mon job. J'aimais bien être flic, enfin, quand l'uniforme m'allait encore... Maintenant, je doute  de ne serait ce que réussir à enfiler le haut de la tenue réglementaire. J'ai encore le haut de forme texan dans mon placard, un large et massif stetson qui m'offre un look à la Chuck Norris. Ouais, on s'y croirait presque. Pourtant, aujourd'hui, j'ai baissé les yeux. Aujourd'hui, j'ai quitté la terrasse du bar, j'ai payé ma consommation et je suis parti. Je n'ai pas peur, ce n'est pas la question. C'est plus... de la prudence. Je préfère prendre mes précautions.

Ce n'est pas la première fois que je croise ce type. La première fois, je l'ai simplement vu de loin, au bout d'une rue, alors qu'on faisait les courses avec Lya. Ma petite, elle, l'a de suite repéré ; me concernant, j'étais bien plus préoccupé à relire consciencieusement la note... Dans ces petites boutiques, je ne compte pas le nombre de fois où j'ai pu me faire arnaquer ! Allez hop, on me rajoutait discrètement 1 dollar, ou encore, une bricole que je n'avais absolument pas achetée... Ou que ma fille avait glissé dans les courses sans rien me dire. Je comprends bien qu'elle ait honte de me parler de ses problèmes menstruels, mais si elle m'avait prévenu, je serai pas allé taper un scandale au magasin en brandissant la boîte de tampons qu'elle avait caché entre deux boîtes de conserves. Ma fille m'en a profondément voulu et m'a fait la gueule pendant deux semaines. Ah les femmes et leurs hormones, je vous jure. Enfin, au moins, je sais qu'elle est pas enceinte. Bref, revenons à l'essentiel. Ce jour là, elle avait saisi mon bras et m'avait discrètement désigné l'homme qui finissait de disparaître.

« Fais gaffe à ce mec, papa. Il est dangereux. »

Je l'avais interrogée du regard, gonflant légèrement mes pectoraux encore bien présents malgré mon embonpoint, finissant par lui demander si cet homme avait pu la menacer, elle ou sa mère... Après tout, je devais avouer que je ne savais pratiquement rien de leur vie. Ma fille avait levé les yeux au ciel avant de soupirer lourdement. Elle attendit d'ailleurs à ce que nous soyons dans la voiture avant de m'expliquer la situation. De m'expliquer qui était cet homme. Et franchement, elle a bien fait de me mettre au courant. Eamon Lynch. Il avait carrément une place au Conseil... Et elle m'apprit que ses capacités de combattant n'étaient absolument plus à prouver. Un bien grand homme, pour un simple père de famille comme moi. Je l'avais alors placé sur un post-it dans un coin de ma tête. Au cas où. Comme ça, si je le croisais, je saurais qu'il faudrait faire profil bas.
Sauf qu'en fait, on a fait que se croiser. De loin. Parfois, de plus près, parmi les rayons d'un magasin assez coûteux par exemple – je faisais tellement tâche, mal rasé, avec mes fringues trouées -. En fait, je crois que je me suis fait remarquer sans le vouloir. Je fuyais son regard. Quand il était dans les parages, je croyais le sentir posé sur moi. Je commençais à être nerveux. À surveiller sans cesse autour de moi. À le guetter du coin de l'oeil quand je croyais reconnaître sa silhouette ou... sentir son odeur. Une odeur particulière, discrète, pourtant aisément remarquable. Peut-être avait il de la menthe ou du musc dans son eau de Cologne ? Mais est ce qu'un homme comme lui portait ce genre de trucs ? C'était pas assez noble vu ses moyens mais je le voyais pas non plus porter du parfum... à moins qu'il ne s'agisse de sa véritable odeur ? Je n'en savais rien. Cette fois encore, j'ai crû le voir. Dans les rues emplies de monde, alors que je venais simplement faire une promenade digestive. Je n'ai pas vraiment pris le temps de réfléchir. Mes pas ont bifurqué.

Et me voilà à présent devant ce lac. On voit ici et là quelques lointains témoignages du passage de l'ouragan. Je tente d'emplir mes poumons des odeurs qui émergent de la terre humide. Fragrances douceâtres qui finissent par m'arracher un sourire. Je relâche mes muscles et je m'apprête à faire demi-tour. Sauf que cette fois-ci... Pas d'erreurs. Il est là, à portée de voix. Mon cœur manque plusieurs battements. Je ne l'ai pas entendu approcher. Je ne l'ai pas senti. La Bête en moi se tétanise et mon souffle se fige, comme si cela aurait pu suffire à me faire disparaître. Mais faut pas rêver, il m'a probablement remarqué. Je reprends mon souffle en restant à contempler le lac. Il va finir par se lasser et partir, non ? Hein ? Mais en fait, je ne supporte pas vraiment... de rester dans cet état de tension. De pression sous jascente. Je peux toujours revenir sur mes pas et m'éloigner comme si rien n'était. Totalement l'ignorer et faire ma vie.

_ Nous sommes plutôt bien, ici, vous ne trouvez pas ? Ce serait un coin idéal pour pêcher !

Bon dieu. Gregory, t'aurais pu fermer ta gueule et te casser en toute tranquillité. Il ne t'avait peut-être pas même remarquer et t'aurait laissé partir sans même te jeter un regard ! Au lieu de ça, allez, j'ai besoin de lancer la conversation et en plus, de lui offrir un grand sourire totalement innocent. Ouais, je vais finir par vraiment me faire suspecter ou trahir ma nervosité. Et c'est quoi cette idée de pêcher ? T'as pas plus intelligent à dire ? T'aurais pu sortir une grande tirade poétique sur les empreintes que l'ouragan a encore laissé sur le paysage... Non, là, tu parles de pêcher, comme le con d'ours que tu es. N'empêche, c'est bon, le saumon. Hm, non, ne commence pas à t'égarer, concentre toi sur le mec dont tu as alerté l'attention.


Dernière édition par Gregory Whitford le Mer 6 Aoû - 17:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Big Bad Wolf   Mar 17 Juin - 11:01

Le Conseil aujourd'hui avait jugé la condamnation d'un employé de supermarché suspecté d'introduire des aliments impropres à la consommation dans les rayons de la boutique. Une affaire dont je me fichais bien mais que je devais quand même juger avec l'aide des autres membres élus. Il expliquait ne pas savoir la péremption des boites de conserve ou des fruits de l'étalage, qu'il ne s'occupait pas de vérifier les dates mais de seulement mettre en rayon. Mais c'était le directeur de l'établissement qui l'avait attaqué en justice. Ce gars n'était pas réputé pour créer des procès à tour de rôle mais pour fournir la preuve de ce qu'il avançait. Toujours. Et l'appui scientifique était irréfutable. Ici, c'était une caméra de surveillance qui faisait l'objet de la constatation. On y voyait l'accusé signer les bons de commande et défaire les cartons d'emballage afin de mettre en rayon les produits. On le voyait bien vérifier sur chaque emballage quelque chose -qui par contre ne prouvait pas qu'il s'agissait de la date ultime de consommation- puis disposer les boites sur l'étagère. La vidéo durait une bonne dizaine de minutes. Puis on eut droit à un autre enregistrement datant du jour suivant où les clients passaient dans ce rayon, observant les boites et lisant certainement la date de péremption et les aliments et quittant l'aliment rapidement, passant à la suite. Personne ne mit un seul emballage dans son panier. On vit alors le directeur descendre dans ce rayon -certainement après l'avertissement du gars de la sécurité qui l'avait averti du comportement des consommateurs- et tourner les boites dans tous les sens avant de se mettre en colère et de repartir illico presto avec une dizaine de produits dans les bras. Les dites boites étaient présentement dans le bac des preuves et on y voyait clairement une date inférieure à celle qui était sur les vidéos. Donc oui, les produits étaient bien périmés et l'accusé mentait en disant qu'il ne devait pas vérifier la date de consommation. Les preuves étaient irréfutables et son avocat qui continuait à argumenter dans le vide m'agaçait. De toute façon, cette enquête à elle seule m'agaçait. Honnêtement, je m'en fichais bien pas mal que ce gars mente ou dise la vérité, qu'il soit coupable ou non coupable. Le directeur voulait un remboursement de la marchandise non vendue à cause de l'employé et était prêt à annuler pas mal de ces démarches pour un règlement à l'amiable et un licenciement en bonne et due forme.

Le procès avait duré plusieurs heures. Plusieurs heures pour une histoire ridicule. Au final, nous avions condamné le jeune homme à un remboursement du manque à gagner et des travaux d'intérêt général pour deux semaines. La sentence était plutôt légère et tous les juges s'étaient mis d'accord sur le ridicule de l'affaire. Nous avions discuté un long moment avant que je m'éclipse. J'avais dans l'intention de faire un footing dans la salle de sport climatisée mais un petit lac se trouvait non loin du Old Absinthe House. Le lac Ste Catherine, réputé pour le nombre de corps sans vie de jeunes femmes qui avaient été retrouvés. Des hypothèses plus farfelues les unes que les autres avaient eu lieu et honnêtement, j'avais toujours trouvé cela fascinant mais notre unité n'enquêtait plus sur cette affaire. Bien sûr, ce n’était pas pour trouver des preuves et jouer à l’enquêteur macabre que je m’étais rendu ici mais pour me vider l’esprit. L’endroit était plein de recoins et de petits sentiers mais c’était le lac le plus apaisant. On y voyait encore parfois quelques poissons passer et les bancs autour de cette étendue d’eau avaient été reconstruits, ce qui n’était pas le cas de tout ce qui se trouvait dans les lieux auparavant.

Je m’étais avancé près de l’eau et j’observais au loin. En fait, je me détendais juste. Je n’avais pas vraiment fait attention à l’homme qui se trouvait à quelques pas de moi. J’aurai pu m’en éloigner mais sa compagnie ne me gênait pas. En tournant un œil dans sa direction, il me semblait l’avoir déjà rencontré. Un homme d’environ mon âge, un peu pâteux et rembourré par les protéines graisseuses. Je ne pus m’empêcher de faire la comparaison avec mon propre corps que j’entretenais avec une minutie affolante. Lui ne semblait pas vraiment faire attention à son apparence physique. En même temps, peut-être qu’il n’avait plus personne à séduire. Si je voulais toujours séduire plus et ne pas passer mes nuits seul, j’avais intérêt à ce que les femmes trouvent un intérêt à venir avec moi plutôt qu’un autre. Et puis, souvent, elles étaient charmées par ma place au sein du gouvernement et mon ancienne performance de vainqueur des Jeux. Cet homme là, c’était pas vraiment ça mais il n’avait pas l’air bien méchant même si je le voyais se tortiller régulièrement. J’aurai même pu parier sur des sueurs froides au creux de son dos. Je ne savais pas ce qui pouvait lui causer tant de stress. A ce moment là, je ne savais rien de la parano et de la peur de ce type. Peur que je lui inspirai, apparemment. Puis il parla. Au début, je ne savais pas qu’il s’adressait à moi mais j’aurai été bien bête de ne pas répondre. Il n’y avait que moi dans son cercle proche. Je tournai légèrement la tête vers lui avant de regarder à nouveau l’eau du lac.

« Bon endroit pour pêcher, certes, mais est-ce que les poissons en seraient comestibles c’est une autre question. »

J’avais été poli. J’aurai pu le remballer et lui dire que je n’étais pas là pour discuter mais pour une fois que quelqu’un me parler pour autre chose qu’une affaire en cours au Conseil, je n’allais pas me plaindre. Toute la journée ça n’avait été que ça, alors un peu autre chose dans la conversation ça ne pouvait être que satisfaisant. De plus, cet homme qui avait sorti cela d’une banalité telle qu’on aurait pu croiser que l’on se connaissait depuis des lustres, ça me plaisait et cela me faisait rire. J’avais envie de poursuivre cette conversation avec cet homme qui ne me semblait pas franchement le plus détendu. Mais je ne souhaitais pas l’enfoncer d’avantage, autant paraître sympathique et lui enlever tout stress pour avoir une conversation détendue. Le stress pouvait se transmettre d’un individu à un autre et honnêtement, je n’avais pas besoin de cela.
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MessageSujet: Re: Big Bad Wolf   Mar 17 Juin - 13:11

Lui et moi étions comme les reflets totalement opposés d'un miroir. À croire qu'on était les Doppelgängers de l'un et de l'autre ! Nous devions avoir le même âge, lui et moi, sauf qu'on ne pouvait pas vraiment nier qu'il était en parfaite forme physique. Malgré moi, j'adressai un regard à mon léger embonpoint avec malaise, rentrant le ventre comme je pouvais sans vraiment y parvenir. Depuis ma transformation, j'avais un appétit insatiable : bien que sous ma forme de grizzli, je me sentais mieux avec ma couche de graisse, sous ma forme humaine, ce n'était plus vraiment la même chanson. Et bon, j'avais pas les moyens d'acheter des produits de luxe. Y'avait qu'à voir les derniers steaks hachés que j'ai achetés ! Ces trucs sont devenus de la purée dans la poêle. Véridique. Oh ouais, c'était bien de la viande hachée, de la viande de bœuf, sauf que ce devait surtout être un concentré des déchets de la viande qu'ils ont agglomérés pour leur donner la tronche d'un steak. Et une fois que ces merdes sont un peu cuites, pouf, ça reprend leur forme de vulgaire purée. Pour y avoir goûté, je peux certifier qu'il ne s'agissait pas de viande. Ouais, la qualité de vie, c'est pas vraiment le truc... Faire du sport ? C'est bon pour ceux qui en ont l'énergie après le travail ! Je m'explose déjà bien assez la santé avec les différents produits que je dois utiliser pour mes réparations...

Hey, si le gazole ça avait des vertus « purifiantes » pour la peau ou autre connerie, ça se saurait. J'sais juste qu'on peut en utiliser pour virer les poux, mais ça fait un peu cher le shampoing – et un peu crade. Tout comme je sais que les différents vernis utilisés me ruinent la santé. Le médecin qui me suit m'avait annoncé l'année dernière que j'avais le foie d'un alcoolique. Bon, okay, rien d'étonnant à cela vu la quantité d'alcool que j'ingère – quoi que je me suis calmé depuis que ma fille est avec moi -. Mais quand tu vois qu'un gamin de 25 ans a le foie dans le même état que toi à cause des vernis passés sous sa peau, ces vernis qui ont infecté son sang et pourri son foie, tu te dis que c'est bien de la merde. Heureusement, depuis ma transformation, mon foie se porte mieux, bien mieux, de même que le reste de ma santé. Si on ne compte pas le poids que j'ai gagné, une bonne dizaine en quelques années, dont la moitié au moins due au grizzli qui vit en moi. Oh et puis pourquoi je devrais me justifier hein ? Je sais que je suis pas l'homme le plus sexy de l'univers, tout comme je sais que mon bide pousserait au suicide certains épris par leur physique, mais j'ai la flemme de faire quoi que ce soit pour régler « ce problème ». Un problème qui ne concerne que ceux dérangés par cette vision de nounours que je dois afficher.

Oui, je m'embrouille. Toutes ces pensées tourbillonnent en moi en un ensemble chaotique, davantage renforcé par le stress et l'inquiétude. Une profonde respiration vise à calmer tout ça. Je sais que si je m'emballe trop... D'ici une quinzaine de minutes, on verra deux oreilles rondes surmonter ma chevelure et je passerai de mon petit poids superflu à 300 kilos. Un grizzli, tellement de sex-appeal. Pas comme l'homme à mes côtés. Sa simple présence dégage une aura incontestable. Je ne suis qu'à quelques mètres de lui, et pourtant, je n'ose pas croiser son regard, préférant laisser le mien s'égarer le long des vaguelettes qui parcourent le fleuve. Mes nouveaux sens sont comme dépassés : mon odorat est rempli de son odeur, ma vue est immanquablement attirée par lui, mes muscles se tendent sous la crainte qu'il ne se rapproche. Je dois même retenir mes instincts plus bestiaux, comme sortir la langue pour capter les phéromones ou les autres fragrances qu'il pourrait émettre. Son costume bien repassé, sans un pli, met en valeur la majesté que sa silhouette dégage, la tranquille assurance d'un fauve... Pas celle d'un fauve repu, non, mais celui qui peut, en tout instant, réagir en se jetant brusquement sur vous, sans que vous ne puissiez prévoir son mouvement. Était il seulement humain ? Non, j'en doutais. Il n'aurait pas tant d'influence sur moi, sinon.

Cet homme avait réussi. Mon instinct le plaçait sur le dessus de la chaîne alimentaire. Cet homme avait réussi, dans tous les domaines, dans tous les sens du terme. Il était puissant, que ce soit par son pouvoir ou sa forme physique, il avait de l'argent, il était connu, il avait du charme... Et il était probablement intelligent, en plus de ça. Qu'est-ce que j'étais, moi, par rapport à lui ? Juste un mec totalement banal, qui boit et mange trop, un mec qui fait un petit boulot pour avoir de quoi nourrir sa fille alors qu'il devait gagner le triple de ce que j'avais en un mois, un mec qui se fait oublier alors qu'on ne peut que se retourner sur le passage de Sir Lynch. Ce mec, c'est un peu le dirigeant classe qu'on voit dans la plupart des films, le mec dont t'es pas prêt de contester l'autorité, qui suffit à faire bondir ton cœur en avant simplement en esquissant un sourire, un sourire qui peut prévoir le pire comme le meilleur. Mes inquiétudes et mon instinct poussaient mon esprit à élaborer un nombre assez impressionnant de scénarios... dans lesquels j'étais forcément perdant. À part si l'on parlait d'être parent. Quoi que, j'avais été malgré tout incompétent de longues années...

_ Oh, c'est sûr, si l'on tombe sur des carpes, bonjour le goût de vase... Enfin j'ai pu voir que l'eau était assez claire, à certains endroits, si l'on se débrouille bien, on devrait pouvoir faire de bonnes prises. Aimez vous la pêche ? Si je puis me permettre, je ne vous vois pas porter des bottes en plastique...

Je lui offris d'ailleurs un sourire à cette idée. Si j'ai bien une qualité physique, ce doit être mon sourire. Ce sourire qui exprime la joie de vivre qui me caractérise, le bonheur simple mais pourtant, intense, de me réveiller chaque matin, d'avoir quelque chose à faire dans ma vie, un but auquel viser : ma fille. La rendre heureuse. Pour elle, je serais prêt à affronter toutes les épreuves. Même parler à ce mec alors qu'il me terrorise, parler à ce type qui pourrait me tuer, là, si l'envie le prenait, ou me conduire au tribunal... ouais, je virai en complet paranoïaque, ma formation de flic n'aidait pas.
_ J'ai pêché durant toute mon adolescence... Vous savez, un peu le cliché du père américain qui veut transmettre son savoir à son enfant. C'était le seul moment où on ne se disputait pas, il ne fallait pas effrayer les poissons..., Je faisais mine de râler avant de rire. Oh, je n'avais pas eu une enfance plus dure qu'une autre, mais je préférai m'en amuser, à présent. Et l'humour m'aidait à m'apporter un semblant de détente...
_ Qu'est ce que vous faîtes dans la vie ? Vu votre costume, je dirai hm... Un banquier ! Un avocat ! Je commençai alors à énumérer. Bon sang, ouais, j'essayai de faire sa connaissance, de discuter avec lui comme si rien n'était, alors que mon cœur battait à m'en arracher la cage thoracique.
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MessageSujet: Re: Big Bad Wolf   Mer 18 Juin - 10:01

Je n'aurai pas cru qu'il continue la discussion dans ce sens là. En plus cet homme était d'un bavard ... ! Même moi je crois que je n'aurai jamais parlé autant et aussi vite que ce bout de gars là. Il avait cette façon très subtile de changer de sujet simplement et rapidement sans qu'on n'y voit une réelle coupure. C'était assez intéressant à écouter et à observer. Pourtant je ne trouvais pas cela très naturel. Certes, naturel n'était peut-être pas le mot le plus approprié pour son cas mais je n'aurai su en trouver un meilleur. En effet je le sentais prêt à déchanter aussi vite qu'il s'était emballé dans la discussion. Comme s'il avait peur de faire une gaffe s'il parlait plus doucement. Je n'aurai su exactement comprendre ce qui se passait en lui mais en tout cas il n'était pas au top dans ses pompes à ce moment.
Je n'étais pas là pour examiner le profil de ce gars mais puisque nous avions entamé la discussion, autant la continuer. Il me demanda alors si j'aimais la pêche, car il ne me voyait pas avec des bottes en caoutchouc. Qui a dit que nous avions besoin de bottes pour aller pêcher ? Certes j'étais encore bien habillé, en costume du boulot, mais je pouvais aussi ressembler à un sac quand je n'avais plus de jogging présentable pour aller courir.

« Nul besoin de bottes pour pêcher. Vous savez dans le temps les gens pêchaient pieds nus. Après il est clair que ce n'est pas un passe temps que je privilégie. C'est trop lent. »

Outre le fait que sa discussion à lui soit à un rythme soutenu, je n'aimais pas tout ce qui allait doucement. Les petits trains touristiques qui vont aussi vite qu'une tortue qui se dore la pilule, le vendeur qui cherche le produit pendant une décennie, les bouchons en voiture ... tout ça avait le don de m'agacer. La patience n'était pas dans mes qualités, bien au contraire. J'étais d'une impatience proche de la fougue si bien que cela pouvait me coûter pas mal d'erreurs. Mais honnêtement ce n'était pas un problème pour moi. Aller vite, je l'avais toujours fait et cela n'allait pas changer aujourd'hui. J'étais habitué à réparer mes bourdes aussi vite qu'elles étaient venues alors bon.
Sans que je lui pose la question, l'homme avait continué, m'expliquant à quel point il pêchait étant plus jeune et les relations qu'il entretenait avec son père à ce moment là. L'adolescence ... Déjà à cet âge là je crois que le mot famille était rayé de mon vocabulaire. Mon père était parti si jeune .. Je crois qu'en fait, il était mort et que ma mère a toujours refusé de me l'avouer, par crainte des cauchemars la nuit. Je sais qu'elle en faisait régulièrement, presque toutes les nuits. Je l'entendais crier et sangloter par la suite, et le matin, elle n'avait pas les yeux d'une personne qui avait passé une bonne nuit. Les cernes s'accumulaient et les yeux rougis par les larmes qu'elle versait en silence. J'étais jeune et quand on est jeune, on est con. Je ne me suis jamais réellement préoccupé de ce qu'elle pouvait vivre et subir. En fait, je m'en foutais complètement. Peut-être que je voulais pas voir ce qui sautait aux yeux. C'est bien plus tard que j'ai pris conscience de tout cela mais il était déjà trop tard. Bourrée aux médicaments que le médecin lui prescrivait pour dormir, elle en avait fait une overdose. A l'hôpital, ils avaient préféré la transférer dans un centre de repos -une maison pour les fous- craignant qu'elle ne l'eut fait exprès. Après cela, ce n'était plus des médicaments pour dormir mais des médicaments pour oublier qu'elle devait prendre. Sauf que cela, ce n'était pas elle qui les choisissait ... Ils avaient tué ma mère. Cette femme qui vous a donné la vie et qui ne vous reconnaissez plus quand vous veniez la voir. Ces visions étaient trop dures pour le jeune homme que j'étais. J'avais quoi .. la vingtaine ? C'était trop dur et je m'étais alors juré de ne plus m'attacher pour ne pas créer de famille et vivre sans attache, sans jamais pouvoir subir une pareille atteinte. Honnêtement, j'avais peur de la vie de famille, peur de souffrir. Et pour éradiquer la peur, le mieux était de ne pas s'y confronter.
L'homme riait de sa blague, faisant mine de râler des relations qu'il entretenait avec son père avant de rire de bon cœur. Je lui rendis un sourire poli mais ne m'étalai sur le sujet.

« La vie de famille est toujours compliquée. Pour n'importe qui je suppose. »

J'avais fait en sorte de laisser une réponse vague. Je n'allais pas dévoiler l'échec familial que j'avais vécu étant plus jeune et de toute façon ça ne le regardait pas. Ca ne regardait personne. Je ne sais même pas s'il y avait une seule personne sur cette Terre qui connaissait mon histoire. Je ne crois pas. J'emportais ces secrets dans la tombe. Mais l'homme enchaina, il me demanda mon métier. Voilà. On revenait toujours au même point dans les conversations. Le métier, le boulot. Bon, vu le gars, il passerait bien vite à autre chose dans la discussion, je n'avais pas trop à m'en faire. Et puis, vu son état, je doute qu'il puisse comprendre quelque chose au charabia du Conseil. Sa tenue vestimentaire me laissait penser qu'il ne travaillait pas dans un milieu très sélectif. Mais n'avait-on jamais dit de ne pas juger au physique ? S'il m'avait vu dans mon jogging, peut-être n'aurait-il pas proposé ces branches de métier.

« Je suis membre du Conseil pour le gouvernement. Un peu dans le même genre qu'un avocat sauf qu'on est plus à la place des juges que de la défense. Et vous ? »

Je ris un peu à la blague -pas drôle- que j'avais faite. Puis poliment je lui avais retourné la question. J'étais curieux de savoir ce que cet homme pouvait faire dans la vie. Un peu rondouillard, je le voyais bien dans les cuisines d'un restaurant, section pâtisserie. Ou pourquoi pas dans une toute autre branche qui ne demandait pas de condition physique extrême. En fait, un tas de métier pouvait lui correspondre.
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MessageSujet: Re: Big Bad Wolf   Mer 18 Juin - 14:18

Je l'écoute avec politesse... Et intérêt. J'ignore si c'est à cause de ma carrière ou si il s'agit d'un trait plutôt personnel, mais j'ai toujours eu du mal à penser qu'un homme pouvait être autre chose... que ce que l'on pensait de lui. Enfin, je suis p't'être pas clair, mais nous fonctionnons tous par catégories. Stéréotypes. Quand on voit une fille à lunettes dans une bibliothèque un jour ensoleillé, on se dit de suite qu'elle est studieuse, solitaire, timide et j'en passe. Alors qu'elle est peut-être en train de se masturber sur un magazine douteux et qu'elle aime la pratique de l’exhibitionnisme. Une mamie nous sourit, on s'imagine de suite qu'il s'agit d'une vieille femme paisible, agréable à vivre, alors qu'elle est peut-être une peste, vous savez, le genre de vieilles qui n'attendent qu'à ce qu'on passe devant elles pour nous filer un vicieux coup de canne à l'arrière du genou. J'étais parti sur le fait que ce type était probablement un monstre, un prédateur qui traquait tous ceux qui échappaient à la norme pour les punir avec sévérité, voire, les exécuter. Mais alors que je l'observais, que nous discutions, j'apercevais chez cet individu... une certaine humanité. Une humanité que je n'ai pas pensé un seul instant à lui accorder. Oh, ce n'était pas grand chose, il ne s'agissait que de détails, des détails qui dérangeaient mon raisonnement.

Car le terrible et redoutable Sir Lynch m'offrait un tout autre visage. Celui d'un être humain. Un mec qui a eu ses merdes, qu'a ses soucis, un mec qu'a des devoirs, des principes. Un mec qui a des sentiments. J'ai toujours été un mec sensible, derrière mon apparence de gros crétin. Oh, je sais bien dans quelles catégories on me jette... Celle du fainéant, du looser, du tas de graisse. J'en ai l'habitude, tout comme mon côté « bon enfant » à engager la conversation avec n'importe quel inconnu, à sourire sans cesse, à plaisanter pour un rien, on en vient à m'attribuer une bêtise toute particulière. Mon optimisme pousse les gens à penser que je ne sais rien de la vie et des épreuves qu'elle peut dresser devant nous. Et je ne sais pas vraiment si je cherche à les contredire. On va dire que cette image que j'offre de moi m'aide à ce qu'on me laisse tranquille. Hey, je vous vois venir... En quoi ai-je pu voir des sentiments chez cet homme ? Cet homme qui se protège derrière un beau costume, un corps impeccable, un regard d'acier, ce genre de regard devant lequel on ne peut que courber la tête ? Ça va peut être vous surprendre mais... c'est simplement pour le respect qu'il m'offre.

Il pourrait tout à fait me remballer ou m'ignorer. Après tout, mes remarques ne sont pas forcément de ce qu'il y a de plus intéressant, loin de là. Et je ne perçois de plus aucune menace sous-entendue dans ses gestes ou ses paroles... à moins qu'il ne tente d'endormir ma méfiance ? Une fois de plus, me voilà déchiré par ce que mon bon cœur me souffle et ce que ma raison aigrie me crie. J'ignorais totalement que j'avais le nez en plein dans ce qu'il fuyait, tout comme lui représentait pourtant tout ce qui m'effrayait. Une force que l'on ne pouvait contester, le pouvoir de briser toute mon existence comme en arrachant ma fille loin de ma vie. Si lui pouvait aisément endurer une hausse de quelques dizaines de dollars sur ses courses, quant à moi, j'aurais pas pu terminer ma fin de mois. Il était surprenant comme nous étions à la fois si opposés et complémentaires, d'un certain côté. Peut-être un jour en saurais je davantage sur lui, ou peut-être pas. Il fallait bien que l'on comprenne qu'en cet instant, je ne savais que ce que ma fille m'avait dit, que ce que j'avais pu entendre de lui. Un homme important, un homme dangereux, un homme face auquel je n'étais qu'une pitoyable poussière, un homme qui, pourtant, ne me crachait pas au visage.

_ Ouais mais maintenant, le soucis, c'est que les gens balancent des bouteilles et j'en passe, dans l'eau... C'est un détail risible, mais quand on en vient à devoir mettre des baskets pour se baigner car certains s'amusent à enfouir dans le sable des morceaux de verre... Avant, c'était plus rare.

Ouais, mon expérience de flic qui revient à la surface... Je me souviens de cette patrouille au bord du lac, où une vieille femme a fini à l'hôpital, le pied transpercé de part en part par un morceau de verre, et ce n'était pas le premier cas. Quant à la suite de la conversation, je finis enfin par lui jeter un regard étonné. Étonné car il me disait franchement la vérité. Les hommes de sa tempe ne devaient ils pas mentir, pour leur propre sécurité ? À moins qu'il ne se sente particulièrement assuré. J'avais l'impression, parfois, d'être un extra-terrestre. De débouler là, de découvrir comment ce monde fonctionnait, alors que cela allait faire plus d'un an que j'y vivais. Cependant, son bref rire, très discret, m'arrache un sourire, un sourire simple mais amusé, plus touché par son rire que par sa blague à dire vrai. J'suis un homme social, on fait que me le dire, et je suis plutôt bon public. Voir un enfant jouer suffit à fendre mon visage d'un sourire radieux, je suis le premier à participer aux fous rires sans même en connaître la cause. La joie, le bonheur... Ce sont des maladies particulièrement contagieuses ! J'y suis bien trop vulnérable !

_ Moi ? Oh, un simple mécanicien... J'ai pas fait ça toute ma vie, mais bon, ça, au moins, ce n'est pas trop dangereux et ça me rapporte une paye régulière. C'est plus prudent, quand on est père. Faut assurer l'avenir de ses enfants ! Enfin, je pourrai toujours me renseigner pour viser plus haut... Si jamais une place se libère au Conseil et que vous ne savez pas à qui faire appel, n'hésitez pas hein ! Ça serait avec plaisir que je porterai un costume, je ferai même un régime si c'est nécessaire !
Je plaisante en tapotant mon ventre rebondi. Je fais bien souvent preuve d'auto-dérision, bien que je puisse me vexer quand une autre personne se permet une remarque quelconque sur mes kilos superflus.
_ Comment avez vous fait pour terminer au Conseil ? Je suppose que vous deviez être déjà bien placé, pour que l'on vous choisisse, je continue alors dans un sourire encourageant. Je suis curieux de savoir quel pouvait être son parcours, bien que je me doutais qu'il pourrait tout autant me mentir ou refuser de me répondre... Mais au moins, j'aurais essayé. J'aurais essayé de discuter un peu, de me rapprocher de cet homme si inaccessible, cet homme que je souhaitais fuir et que je continue à vouloir éviter. Un proverbe chinois, je crois, dit qu'il est plus prudent, après tout, de connaître son potentiel adversaire.

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MessageSujet: Re: Big Bad Wolf   Ven 20 Juin - 21:19

Il semblait bien occuper par ce qui pouvait se trouver dans l'eau. Des morceaux de verre. Oh ce n'était rien comparé à des morceaux de corps que l'on pouvait parfois ressortir des flots pensant avoir attrapé un gros poisson. La déception dans ces moments là était grande mais le dégout l'était encore plus. Je ne connaissais rien de son passé, ne savais pas ce qu'il avait pu vivre mais c'est sûr qu'un bout de verre planté dans le pied ce n'était pas le top. Mais être au centre d'une enquête comme témoin ou preuve parce qu'on avait eu le malheur de sortir le corps d'une victime du bout de sa canne à pêche, ça c'était bien pire.

« Les gens ont bien changé. Des bouts de verre je n'en ai jamais rencontré, par contre des tibias ou des cranes pêchés par erreur par des citoyens lambdas ... on en a vu défiler pas mal. Un véritable cimetière dissimulé cet endroit là. »

Je l'avais dit comme on aurait dit une vulgaire banalité. Pour moi c'était banal, cela ne me choquait plus. Mais en sachant cela, il était évident que l'on ne voyait plus cet endroit sous le même œil. Je n'étais pas gêné plus que ça d'en parler avec cet homme que je connaissais à peine. Son identité m'était inconnue et pourtant nous discutions volontiers. Il ne semblait pas si tranquille que cela mais la conversation faisait bon train. Je n'avais eu intention de le choquer dans mes propos mais pourtant une petite voix me disait que j'aurai passé sous silence ce que je savais des ordures qui trainaient au fond de ce lac. Ce n'était un secret pour personne, peut-être même que cet homme avait relaté le plus doux de ce qu'il savait bien que cette hypothèse fut peut probable. Il parlait naturellement et j'étais persuadé que c'était le type de gars à faire des bourdes à tire larigot sans forcément s'en rendre compte.
Et effectivement, quand il m'annonça son métier, je trouvais que cela collait bien avec son physique et sa mentalité. Pâtissier ... et bah non ! et là pour le coup je préférais garder cette réflexion pour moi, je n'avais pas forcément envie de le froisser si jamais il prenait cette blague pour une critique concernant son embonpoint. Quand il me parla de siéger au Conseil, j'étouffais un petit rire très discret si bien qu'il n'avait pas dû s'en rendre compte. Je l'espérais en tout cas. Le Conseil était formé de quelques rares élus qui avaient été choisis pour la plupart par le gouvernement. Je ne savais pas comment y rentrer différemment que par piston. peut-être qu'il n'y avait que cette façon d'y entrer, peut-être que non. Honnêtement, je n'avais jamais pris le temps de creuser d'avantage pour en savoir plus sur les conditions d'accès au Conseil.

« Il est inutile de vous casser la tête à faire un régime, des membres sont bien plus portants que vous. Toutefois il est normal de penser à trouver un boulot qui rapporte quand on a des membres de la famille à entretenir en retour. Mais qu'avez-vous donc fait auparavant ? Si vous dites que vous n'avez pas été mécano toute votre vie, vous avez dû exercer un autre métier, je me trompe ? »

Je lui fis un petit sourire là encore poli sans réelle émotion derrière. Il était vrai que certains résidents permanents du Conseil étaient ... et bien gros ! Il n'y avait pas trop mot pour les décrire, ils étaient enfermés dans une bouée de graisse étouffante, leur costume les serrant comme la ficelle sur un saucisson. Je ne savais même pas comment ils pouvaient tenir comme ça et ne pas avoir envie de se faire charcuter pour enlever ces kilos en trop. Jamais je ne me sentirai bien à leur place. Comme cet homme, face à moi. Je ne savais pas comment il pouvait supporter cela. J'avais toujours l'impression que les personnes obèses transpiraient d'avantage que les personnes plus minces. En vrai je n'en savais rien, j'avais eu la chance de ne jamais approcher l'obésité de près ou de loin. De plus, être mécanicien pour se glisser sous les voitures avec ce surpoids cela ne devait pas être si facile. Et s'il disait qu'il avait un autre métier avant .. je voulais pouvoir faire un rapprochement. Quitter un métier pour devenir mécano ... Peut-être qu'il avait tout simplement changé d'Etat au sein du pays, que sa condition physique ne lui permettait plus d'exercer son ancien métier ou que son contrat n'avait pas été renouvelé. Il existait un tas de possibilités.

L'homme était un petit curieux. Il m'encourageait à lui dévoiler comment j'avais pu entrer au Conseil. J'imaginais bien qu'il ne pensait pas à mal et qu'il ne montrait pas une curiosité mal placée mais quand même. Dévoiler la façon dont j'étais arrivé à ce poste me gênait un peu. Cela ne le regardait pas et même si ce n'était pas un secret, cela me rendait quelque peu mal à l'aise de dévoiler la relation étroite que j'entretenais avec le gouvernement.

« Je jugeais les Hunter's avant et mes qualités de juges ont plu au gouvernement qui m'a promu au Conseil lorsque les Jeux ont été suspendus. Ah ces jeux ... une grand histoire ! »

Je voulais voir comme l'homme allait réagir après cela. Je le testais un peu en quelque sorte. Je me méfiais souvent des gens, je n'aimais pas dévoiler ma vie ni mon histoire. J'avais peur que cela me porte atteinte et que je perde toute crédibilité. Pourtant je n'avais pas de quoi avoir honte de mon parcours. Semé d'embuches, d'obstacles et d'affrontements, je me suis battu pour en arriver là et je ne laisserai quiconque me prendre ce que j'ai dument obtenu. Qui sait ce qu'était cet homme qui faisait gentiment la causette ? Un espion pour les rebelles ? Il me semblait bien tendu pour être tout à fait sain d'esprit.
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MessageSujet: Re: Big Bad Wolf   Dim 22 Juin - 22:06

Quand il me parle de ce cimetière bien caché sous les rives de ce lac paisible, j'ouvre de grands yeux et le fixe de longues secondes pour savoir si il ne se moque pas de moi... Non, il semble tout à fait sérieux. Bon sang, alors ce lac c'est celui où... ? Je ravale ma salive et je sens mon cœur rater un battement quand je rabaisse les yeux vers l'onde, comme si je craignais de voir à présent une jambe flotter parmi les nénuphars. Il est étonnant comme deux natures peuvent parfois s'unir, que ce soit en une personne, ou dans un paysage. Ce coin tranquille cache en réalité un carnage. Mon expérience cache un cœur plus tendre que je ne l'aurais crû. Le métier de flic n'est pas fait pour moi.  Je continue à voir le bon dans l'Homme alors que je n'ai jamais été aussi parano de toute ma vie. Je continue à sourire, à me montrer optimiste, alors que j'ai vu mon monde basculer dans l'apocalypse, alors que j'ai vu les morts revenir à la vie. Je continue à croire que je peux être un bon père alors que j'ai abandonné ma fille plus de 10 ans à sa mère. Mon sourire met ainsi de très longues minutes à revenir sur mes traits. Alors que j'avais pu me montrer jovial jusqu'à présent, j'en oublie ma nervosité. J'en deviens sombre, concentré, non pas inquiet, mais plutôt dérangé par ces pensées sournoises, ces sales petites voix qui profitent d'un moment d'inattention pour venir foutre la merde dans votre raisonnement. Culpabilité, remords, regrets, déception. On connaît tous ça.

Mais si j'ai bien une force, c'est celle-ci. La capacité à repousser tout ça loin de ma tête. À retrouver le sourire, l'espoir, l'envie de me battre. Bien souvent, mon sourire suffit à ce que l'on me prenne pour un vulgaire imbécile. Mais c'est mon arme. Mon arme pour tenir chaque jour qui passe. Mon arme pour que ma fille reprenne elle aussi courage, pour qu'elle n'hésite pas à se poser sur les vieux épaules de son père. Lya m'a appris le courage. Cet homme à mes côtés... Certes, je ne suis qu'une poussière à ses côtés. Certes, je ne vaux rien, j'ai pas sa classe, j'ai pas son fric, j'ai pas sa puissance, sa sagesse, ni ses probables capacités. Mais j'ai ma fille. Et, pour elle, je serai prêt à tout. Quitte à me faire passer pour un imbécile. Quitte à être ridicule. Aucun argent ne vaut son sourire. Aucune victoire n'est plus belle que celle de lui offrir une vie dans laquelle elle pourrait s'épanouir. Je suis pas un super héros, je suis pas un homme qu'il faut admirer, je ne suis pas comme lui. Je suis juste un père qui veut le mieux pour sa gamine. Ces pensées me redonnent courage, me donnent la dignité que j'enterrais en nous comparant. Il faut que j'arrête... On compare pas les pommes aux oranges.

Lui, c'est une pomme. À la belle écorce, à la chair ferme, craquante, goûteuse. Il est marqué par la vie, comme ce fruit peut être lacéré par les becs affamés des oiseaux : les pommes les plus savoureuses sont celles qui sont les plus marquées. Il n'est plus seulement une pomme, mais un cidre, un liquide pétillant, qui t'alerte les papilles comme sa simple présence suffit à attirer ton regard. Une boisson respectée ; on ne la boit pas pour se bourrer la gueule, non, on la savoure, en compagnie d'un bon plat adapté qui relèverait sa saveur, comme son rang met en valeur ses expériences, ce qui fait de lui ce qu'il peut être. Regrette-t-il parfois d'être ce qu'il est ? Regrette-t-il parfois qu'on ne puisse le « goûter » qu'en des occasions bien déterminées ? J'imagine qu'on ne croise ce type qu'en conditions plus ou moins inquiétantes, qu'il doit toujours avoir droit aux mêmes genres d'accueil. C'est plutôt triste, de ce point de vue, non ? Moi, j'suis une orange. On les préfère molles. On se trompe souvent : on croit que les oranges les plus mures sont celles dont l'écorce est la plus colorée, alors que non, bien souvent, les plus claires sont celles qui ont profité du plus bel ensoleillement. Tout comme moi, on ne réfléchit pas plus loin que ce que je puis montrer. Un gros tas sans réflexion. Un lourdaud, un mec qui se saoule à la bière devant sa télé. Le jus d'orange, on en boit à toutes les occasions... On le file aux gosses et pour les plus grands, on préfère le diluer avec de l'alcool. Le jus d'orange n'a pas la noblesse d'un bon vieux cidre.

La comparaison me fait sourire, et c'est un regard quelque peu changé que je lui offre cette fois-ci. Cet homme est surprenant, et me pousse à bien plus de réflexion.
_ Ouais, j'ai été flic... Mais après m'être pris une balle, j'ai préféré changer de job. Quand on vit tout seul, finir au fond d'un trou, c'est moins grave que quand des gens ont besoin de nous, je soupire en frottant un peu le coin de ma mâchoire. Oh, je ne mentais pas totalement, mais il n'était pas obligé de savoir que j'en étais venu aux mains avec un collègue... Pour une connerie en plus de ça, une connerie qui m'a quand même poussé à présenter ma démission, sous peine d'être licencié ! La démission, au moins, m'apportait quelques avantages de la part du patron.
Quand vint la suite de la conversation, je passe une main dans mes cheveux avec un certain malaise. Le sujet des Jeux ne me plaît guère. Je n'ai jamais vraiment rien suivi à toutes ces histoires : j'aime pas la radio, la télé chez moi, il en est hors de question. Je lis bien le journal parfois, mais toutes ces affaires de carnage, non merci. Le retour à l'Antiquité quoi. D'après ce que Lya m'a dit, sa mère était passionnée des Jeux. Elle espérait peut-être y aller. Pour s'en tirer avec classe. Ou prier pour se faire tuer. Aigri, moi ? Complètement. Je ne lui pardonnerai pas ce qu'elle a fait. J'ai p't'être été un père absent... Mais je n'ai pas abandonné ma fille. Je ne me suis pas tiré une balle quand ma fille avait besoin de moi. Je ne me suis pas tué lors de cette catastrophe à New York. J'ai traversé le pays pour l'y trouver. J'ai affronté des zombis pour la ramener, j'ai abandonné toute mon humanité pour la sauver. Je suis devenu un monstre pour qu'elle vive. Je ne lui en parlerai jamais. Elle ne me doit rien. Je n'ai fait que mon rôle de père. J'essaye de me la péter et tout en sortant mes faits d'armes. Mais j'ai fait ce que tous les parents doivent faire. Ça ne paraît exceptionnel que parce que de nombreux parents n'ont pas la vaillance d'assumer leur rôle, pas les moyens, ou pas suffisamment d'amour pour leur enfant.

Dire que je ne voulais pas d'elle. Dire que je la trouvais moche à sa naissance et que j'ai refusée sa garde. Heureusement, faut croire que parfois, on peut réussir à devenir plus intelligent en vieillissant ! Enfin 'sais pas franchement si j'ai réellement gagné en intelligence, mais j'suis moins con. Et ça, c 'est pas rien, vu mon stade, croyez moi !
_ Ouais... Je vous avoue que j'y ai jamais été trop mêlé, toutes ces affaires... ça me met mal à l'aise. Enfin c'est pas une critique hein. Mais moi je sais que j'aurais jamais été fait pour ça. J'ai jamais eu d'ambitions ou d'envies particulières, juste celle que ma fille soit bien. Une fois cet objectif rempli, eh bien, être heureux c'est le second. Et avant qu'elle ne naisse...
Je marque un silence, réfléchissant sérieusement à la question, sourcils froncés.
_ Je sais pas. J'suppose que je devrais vous envier pour ça. J'ai eu besoin qu'elle naisse pour me sentir... quelqu'un. Pour exister. Sinon, je me contentai bêtement de vivre jour le jour. Enfin, passons, les jeux, c'est elle qui m'en a touché mot. Vous devez être vraiment balèze, j'comprends qu'on vous ait filés ce poste, j'espère au moins que vous vous y plaisez...
Et au moins, il n'avait peut-être plus les pieds dans le sang toute la journée. Un trône qui repose sur les cadavres ou la souffrance des autres. Non ? Peut-être y trouvait il du plaisir ? J'essaye de nouveau d'être serein, mais je ne peux pas dissimuler que le sujet me dérange. Ces jeux me font peur. Il me fait peur.
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MessageSujet: Re: Big Bad Wolf   Ven 4 Juil - 15:51

Personne n'avait les mêmes ambitions, les mêmes envies ou le même mode de vie. Alors que je n'avais pas tellement relevé son regard ahuri quand je lui avais appris que ce lac était bien celui dans lequel les corps de ces jeunes femmes avaient été retrouvés. Pour moi c'était un fait tout à fait banal. J'en avais vu des choses horribles. Et j'en avais certainement commis aussi, par le biais de ma victoire aux Jeux, mais aussi en tant que mentor, puis juge. Et aujourd'hui, le Conseil perpétrait cette tradition en se cachant sous la cape de la justice. Il a fait une faute alors il mourra. Ce n'est pas très équitable, surtout quand on sait quelles sont les fautes qui peuvent conduire un homme à la potence. Après, tant que ce n'est pas moi qui suis condamné, je m'en fiche. Je fais mon boulot, je reçois mon salaire et basta. Certains n'auraient pas vu les choses de cette façon. Je pense même que sur les sièges, des membres veulent faire un travail honorable. Honnêtement, c'est un peu idiot de penser ainsi. L'histoire a montré combien les hommes sont stupides de croire aux utopies que les politiques leurs servent sur des plateaux d'argent. Aujourd'hui il va de même et nous tirons les ficelles. Peut-être même que cet inconnu qui me tapait la conversation croyait en la justice. Je ne pouvais décemment parler de ceci avec n'importe qui.
Quand il m'annonça avoir fait parti des rangs de la police, mon estime pour ce gros balourd remonta quelques peu. Or elle redescendit aussi vite quand il m'annonça avoir quitter son poste pour sa fille. Son petit discours était juste et sonnait d'ailleurs tout à fait vrai de sa bouche. On voyait qu'il y croyait vraiment, que sa fille était une personne importante à ses yeux. Qu'il avait des attaches dans ce monde. Cependant je n'étais pas tellement d'accord avec sa vision des choses. Ma vie importait plus que celles des autres. Oui, j'avais peur de la mort et ma petite personne passait alors avant les autres. Même sans attache et sans famille qui vous attend, la vie vaut la peine d'être vécue.

« C'est sûr mais même quand on est seul, la vie vaut la peine de se battre. Malgré le danger, c'est dommage d'abandonner quelque chose qui nous plait. Si la vie était un long fleuve tranquille, je pense que ce serait terriblement ennuyant. »

Je ne partageais visiblement pas du tout la même vision des choses quant à la famille et à la vie. Tous les goûts étaient dans la nature. Certains préféraient être entourés alors que d'autres étaient des ermites pure souche. Je n'étais ni l'un, ni l'autre. Je n'avais peut-être pas de famille mais j'étais entouré. Des amis, des collègues et des rencontres. C'était bien suffisant, je n'avais pas besoin de plus. Sur ce point nous n'étions pas d'accord et je n'avais quand même pas envie que ça parte en débat. Non pas que cela m'aurait ennuyé, mais je n'aimais pas tellement les débats, surtout quand il s'agissait de donner mon avis sur quelque chose d'assez personnel. Et la façon dont je voyais la vie, c'était suffisamment personnel pour que ça me retombe sur le coin de l'oeil si je donnais un avis trop strict.

Nous parlâmes ensuite des Jeux. J'avais laissé filer l'idée que j'aimais les Jeux ou qu'ils me manquaient quand j'avais parlé de grande histoire. Mais je n'étais pas tout à fait sûr qu'il l'ait interprété de cette manière. Après tout, que ce soit dans le bon ou le mauvais sens, les Jeux avaient été une grande histoire. Les révoltes qui s'étaient levées contre cette abomination, le nombre de morts considérable, les vainqueurs et les privilèges qu'ils obtenaient ... c'est sûr que l'on pouvait les voir comme quelque chose d'horrible. A contrario, on pouvait les voir bien différemment. Comme un génie de l'histoire ? Je ne pense pas. Peut-être d'avantage comme quelque chose qui montrait la façon dont on considérait la vie. Ceux qui voulaient s'en sortir, qui se battraient jusqu'au bout, et ceux qui se laissaient mourir dès le premier jour. “Je préfère vivre dans la merde plutôt que de me laisser mourir.’’ Je ne sais plus qui avait dit ceci, mais en tout cas cette citation allait tout à fait dans mon sens de pensée.

« Tout dépend de la vision que l'on a des choses. De ce que j'apprends, vous semblez quelqu'un prêt à tout pour sa famille, très ancré et protecteur envers votre fille. Vous vivez pour la rendre heureuse. Je n'ai pas d'enfant, ni de famille. Je vis seul, avec quelques aventures physiques qui me suffisent amplement. Je n'ai pas d'attache et je suis bien trop égoïste pour en vouloir. »

D'accord, je déballais une partie de ma vie et de ma façon de voir les choses à un parfait inconnu. Mais dans un sens, je ne risquais pas grand chose. Au moins, si cette conversation était un piège, on ne pourrait pas me faire de chantage en enlevant quelqu'un qui me soit proche. C'était un bon atout, finalement.

« Les Jeux ... c'est autre chose. C'est pas tellement une question d'être balèze ou pas, c'est juste une question de survie. Etre prêt à tout pour rester en vie ou abandonner et se laisser tuer ou s'empoisonner. Tout dépend de ce qui vous retient sur ce monde. Je suis sûr qu'à ma place, vous vous seriez battu pour votre fille. Quant au gouvernement ... il avait tout intérêt à ne pas laisser ses Vainqueurs sombrer dans l'anonymat. »

Je m'étais battu pour mon ego. J'avais besoin de reconnaissance, besoin d'être estimé et j'avais plutôt pas trop mal réussi. Je m'étais toutefois arrêté bien vite d'en parler car ça, ça ne regardait personne. Tout comme le gouvernement et le pourquoi il nous aurait donné des places privilégiés. Ce que j'avais dit, c'était vrai et ça tout le monde en parlait. Que ce soit au Conseil, dans la rue, au bistrot, chacun pensait mais ne disait rien. Certains osaient et il n'y avait pas de réprimande qui les attendaient alors bon. Et la question de si je m'y plaisais ... je l'avais volontairement oublié. Je n'allais tout de même lui révéler que je me fichais complètement des procès, que je faisais cela pour l'argent et la notoriété et que la plupart des enquêtes sur lesquelles nous travaillions avaient déjà un dénouement final tout tracé avant même un procès. Tout ça, il fallait évidemment le garder pour soi.
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MessageSujet: Re: Big Bad Wolf   Mer 16 Juil - 0:56

J'écoutais poliment ce que ce mec me racontait. J'passe bien souvent pour un pauvre con. Pas seulement à cause de mon physique, quoi que cela suffit parfois - « oh quel gros lard », « j'aurais honte à sa place », « il peut pas se bouger ? », « son cerveau est probablement aussi gras que son ventre, que ce soit l'un ou l'autre, il les fait pas vraiment fonctionner ». Mais je les emmerde. Pourquoi ? Parce que je suis heureux. Parce que mon apparence débonnaire, mon sourire niais, mes utopies, ces différentes valeurs dépassées que je continue à défendre... Tout ça, ça pousse les autres à me mépriser. Et alors ? J'en ai rien à faire. On peut dire que j'ai ce courage de vouloir suivre ma voie. De vouloir être tranquille avec ma conscience. Avec ce que je suis. J'avais crû pouvoir gagner son respect, mais je croyais percevoir dans ses manières un dédain qu'il dissimulait avec moins d'efforts qu'auparavant. Peut-être par cette leçon qu'il m'offrait. Et pourtant, je me concentrais sur ses mots. Je les laissais se diffuser dans mon crâne comme on abandonne un sachet de thé dans une eau chaude. Ouais, j'étais trop gentil, ouais, j'étais trop social. Ouais, j'aurais dû abréger cette conversation, me vexer ou l'admirer, je ne sais pas en fait, ce que j'aurais dû faire. La société nous impose à tous tellement de « normes » à respecter. Pour paraître « normal », pour se faire « accepter ». On ne va pas parler de l'apparence physique, des paroles bien hypocrites qui cachent bien souvent des pensées acerbes. J'étais pas capable de mentir. J'avais la tronche bien trop expressive, et ma langue était un canasson fougueux que ma seule volonté ne suffisait pas toujours à arrêter.

_ Vous n'avez pas tellement tort, je finis par reconnaître après un long silence de quelques minutes. On aurait pu croire que j'allais m'entêter dans mes idées, me vexer, ou qu'il allait pisser dans un violon, de sorte que je me serais contenté de lui répéter ce que je pensais, le tout dans un autre emballage de mots pour que l'on ne s'aperçoive de rien... Mais non. Je n'étais pas comme ça. J'étais pas con, j'étais pas aussi buté qu'on pouvait le croire. Jouer l'imbécile, c'était le meilleur moyen pour qu'on doute de votre intelligence. La mienne ne se trouvait pas forcément dans le crâne, mais dans ce cœur un peu trop mou. Ce cœur qui bat pourtant vaillamment. Ce cœur qui me pousse à m'ouvrir à tous ceux que je croise, même ce mec dangereux, même ce type face auquel je ne vaux absolument rien. Et pourtant, moi, le péquenot, je fais face au Roi. Moi, le mécanicien charnu au QI d'une huître, je discute avec l'une des personnes les plus redoutables de toute la ville. J'ai peur de lui. Je le vois comme un monstre, d'une certaine façon, une créature étrange au raisonnement totalement différent du mien. Pourtant, je veux en savoir plus. Pourtant, je reste, là, je l'agace probablement, mais je ne baisse pas les bras, je ne courbe pas l'échine, je ne fuis pas.
Car je ne me vois pas inférieur à lui. Car j'ai envie de le voir non plus comme un monstre, mais comme un humain. Et la fin de ses paroles me poussent davantage sur cette espérance. Pourtant, Dieu seul pouvait savoir si je me trompais. Mon instinct de flic me poussait à la méfiance, celui de l'ours, je n'en parlais même pas. Mais une fois de plus, mon cœur n'allait pas dans ce sens. Putain de rebelle.

_ J'peux pas nier qu'on est tous les deux d'un monde totalement différent. Quand j'entends vos mots. C'est à la fois étranger... Et pourtant... Familier, d'une certaine façon. Oui, je me serais battu. Je me serais toujours battu. Pour elle, pour moi. Vous... c'eut été probablement pour vous. J'imagine que ce devait être assez grisant, je songe à voix haute, glissant mes mains dans mes poches. Je fais quelques pas au bord de l'eau et laisse mes yeux bleus longer sa surface. Je crois que je pouvais saisir un peu ce dont il parlait. Cette fois où je me suis retrouvé entouré de ces bestioles atroces. Avec le sorcier, la petite derrière. Et moi qui n'avais pas franchement l'envie de crever. Je suis devenu un monstre, moi aussi, ce jour là. Oui, un monstre. Finalement, lui et moi n'étions peut-être pas si différents que cela.
_ J'ai eu la chance... d'avoir toujours des attaches. Dans cette ville, dans la vie de tous les jours... je me rends compte qu'en fait, pratiquement personne n'en a. Vous êtes un homme qui a réussi. Vous êtes un homme qui a accompli de grandes choses. Moi, je peux me vanter d'avoir été... entouré toute ma vie. C'est emmerdant, parfois. Ça a aussi ses avantages. Ça peut vous faire rire, et vous ne seriez pas le seul à vous en amuser, d'ailleurs. Mais moi... Je suis heureux. C'est trèèès stupide. Mais c'est ce pourquoi je me lève chaque matin, pourquoi je tiens chaque jour. Pour avoir un aperçu du paradis avant de monter là haut ! Je plaisante avant de hausser les épaules, Beaucoup de personnes recherchent tant de choses dans leur existence. Un but, une vengeance, du fric, que sais je. Et le fait de vouloir être heureux... ça fait vraiment utopie de gosse. Pourtant, c'est le combat que je mène chaque jour. Pas pour ma fille. C'est mon combat égoïste. Pour survivre. Je n'ai pas envie que ma joie dépende de quelqu'un...mais étonnamment, j'ai envie d'être responsable du bonheur de ma fille. Vous ne voyez peut-être pas le lien avec ce que vous venez de dire. Cherchez pas, je finis par rire dans un geste négligeant de la main et je me tourne vers lui. Cette fois-ci, me surprenant moi-même, j'unis mes yeux bleus aux siens et je lui offre mon sourire radieux, ce sourire que j'affiche parfois sans raison et qui n'aide pas franchement à me faire passer pour un type intelligent.

_ Vous voulez que je vous parle franchement ? Vous êtes un mec flippant. Impressionnant. Vous êtes tout le contraire de moi. Nos idées ne se collent pas, mais pas du tout. Et pourtant, j'arrive pas... Je sais pas. Pourtant, je vous admire d'un certain côté. Tout comme c'que vous faîtes... ça me plaît pas.
J'hésitai puis, pour la première fois, prenant mon courage à deux mains, je m'approchai de lui et lui tendis ma main.
_ J'ai juste envie de vous serrer la main. Pourquoi ? J'pourrais dire que j'en sais rien. À la fois, y'a de nombreuses raisons. Vous êtes un mec épatant. Compliqué. Intelligent. Flippant et pourtant, on peut pas s'empêcher de tourner les yeux vers vous. Je ne vous connais pas, je ne pense pas non plus être capable de vous comprendre. Vous, par contre... allez hop, une discussion et vous savez tout de moi. Épatant. Quant à une vie comparable à un long fleuve tranquille... je suis bien d'accord avec vous. Mais croyez moi, vu tous les tarés que je côtoie, c'est pas près d'arriver de mon côté !
Ouais, j'étais ce mec aux idées folles, ce mec qui, parfois, s'ouvrait complètement aux inconnus. J'aurais dû me casser. J'aurais dû baisser la tête. Au lieu de ça, je le regarde droit dans les yeux. Je lui souris, je lui offre une poignée de mains qu'il refusera probablement. Car ses mots, ses précieux mots, quoi que discrets, ont été un vrai coup de fouet sans qu'il ne doive en avoir conscience. Quand on est seuls, la vie vaut la peine de se battre. Il a parfaitement raison. Je ne veux pas dépendre de qui que ce soit. Pourquoi ? Car c'est le meilleur moyen pour s'effacer. Pour disparaître. Sans qu'il ne le réalise, Eamon E. Lynch avait sauvé un père et sa fille d'une relation qui aurait pu leur nuire à tous deux. Mon ex pesait bien trop sur les épaules de Lya. Elle dépendait totalement d'elle, et aurait voulu l'entraîner avec elle dans la mort. J'avais toujours eu peur... d'entrer dans une relation du genre. D'être trop dépendant de ma gamine, ou inversement. Et cet homme avait trouvé les mots qu'il me manquait, ces quelques mots que je ne cesserais de me répéter. Même seul, la vie vaut la peine d'être vécu. C'est ce qu'il faut faire. Pour que les relations puissent s'épanouir sans que quiconque n'en souffre. Sans que personne n'ait à s'écraser, à souffrir pour l'autre, une souffrance qui se propage et gangrène alors les deux êtres, lentement mais sûrement, plus sournoisement qu'un cancer. Ma force ne vient pas de Lya. Mais de moi. De ma volonté. De mon désir de la protéger. Je ne suis pas un simple père qui se « contente » de faire son devoir. Je suis un homme seul. Guidé par ses envies, sa motivation. Sa rage de vivre. Comme lui dans cette Arène. Je veux vivre. Ça a été ma toute première volonté. Vivre. Puis ce fut... d'être heureux. Car le malheur, c'est comme une sclérose en plaque. Ça te paralyse petit à petit jusqu'à t'en crever. Ma joie, elle naît des gens que je côtoie, mais aussi, de moi-même. Et j'étais reconnaissant envers ce type. Reconnaissant du fait qu'il m'évite... de faire comme celle qui avait brisé la vie de mon enfant.
_ Et bravo pour vos réussites.

Personne, en effet, n'aurait pu douter de cette qualité. De ses actes. De ses victoires. Eamon E. Lynch était un conquérant. Et d'un certain côté, il faisait écho à ces rêves que nous entretenons tous enfants. Ces rêves de victoire. De domination. Avant de baisser les bras une fois l'âge adulte atteint. Comme si la « raison » était la lâcheté de l'adulte. Celle qui le pousse à renier ses rêves. Ses espoirs. Ses combats qu'il pensait pourtant mener quand l'innocence lui faisait oublier les risques. Les autres. Ou seul lui comptait. Les Jeux sont comme la vie. On choisit de se battre, de se laisser mourir. D'abandonner. Et ça... Non, je ne le voulais pas. Pas seulement pour Lya. Mais aussi pour moi.
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MessageSujet: Re: Big Bad Wolf   Sam 26 Juil - 9:46

Je savais que j’avais raison. La vie était bien trop importante et trop rapide pour qu’on puisse se permettre de penser comme l’homme qui se trouvait en face de moi. Toutefois je me permettais de me considérer comme un bonhomme ouvert d’esprit. Chacun avait un parcours et un vécu différent. Les vies ne se ressemblaient pas et je pouvais comprendre que le mécanicien ne voit les choses comme quelqu’un comme moi pouvait les voir. Nous n’avions pas vécu les mêmes histoires et je pouvais toutefois considérer ma vie comme plus palpitante que la sienne. Du moins au temps des Jeux, car maintenant j’étais juste bon à rester au Conseil pour juger des actes dont je me fichais éperdument. Il avait une fille, je n’avais pas de famille. Et je voulais bien admettre que la vision de la vie changeait selon les personnes qui vous y rattachaient. J’étais peut-être simplement trop égoïste pour l’admettre devant cet homme bon portant. Or j’avais envie de continuer cette conversation. Je n’étais pas stupide et je voulais bien croire que notre discussion pouvait nous faire avancer, autant l’un que l’autre. On aurait d’ailleurs pu me prendre pour quelqu’un de lunatique, j’étais simplement curieux d’en savoir d’avantage. De continuer encore à débattre sur certains sujets dont je ne pouvais simplement discuter avec les membres du Conseil. Après tout, eux non plus ne manquaient de rien. Oh certes ce n’était guère qu’une question d’argent, beaucoup d’autres sujets entraient en jeu mais ces personnes là n’avaient pas une vision d’esprit assez grande pour parler avec des gens d’une classe sociale un peu plus basse que la leur. Je n’étais pas comme ça. Je l’étais peut-être devenu afin de me rendre important mais aussi invisible à la fois. J’étais rentré dans le moule. J’étais devenu le toutou du gouvernement, c’était ce qu’un homme m’avait un jour dit. Cela m’avait fait réfléchir, je dois bien le reconnaître. Mais si je pouvais m’inventer toutes les qualités du monde, je ne pouvais nier mes défauts et je savais que cela ne me ferait guère remettre en cause.

« Grisant .. ce n’est peut-être pas le mot que j’aurai utilisé pour une telle aventure. Certes, quand on sait que l’on va vivre, que l’on a gagné c’est grisant en effet. Mais quelques temps plus tard, après les grandes cérémonies pour fêter cela, une fois que l’on est seul entre les quatre murs du nouvel appartement fraichement acquis, on pense et on rumine. A quel prix nous avons pu rester en vie. En sacrifiant d’autres personnes qui n’avaient peut-être rien demandé, qui n’avaient pas choisi de se retrouver ici. Tout ça je le sais et aux yeux de certains je ne suis peut-être qu’un assassin, un pion d’un gouvernement pervers et insatisfait. Pourtant je ne peux me considérer comme tel, car ce fut mon choix d’entrer dans l’arène la seconde fois, pour renflouer l’honneur d’avoir fini second la première fois. »

En attendant, ce qu’il m’avait dit juste après m’avait encore fait d’avantage réfléchir que les révélations que je venais de lui faire. Ce gars avait une façon d’approcher les choses, de rendre une conversation épineuse si naturelle que j’en étais venu à dévoiler que je ne dormais pas toujours sur mes deux oreilles sans me réveiller jusqu’à la sonnerie du réveil. J’avais dévoilé la faiblesse d’un homme corrompu jusqu’à la moelle par le succès et le pouvoir. Lui, il vivait simplement. Il voulait être heureux et, ma foi, j’avais bien l’impression qu’il s’en sortait bien. Je n’avais d’autre choix que de l’admirer car ce n’était autre que du courage de l’avouer. Utopique, peut-être. N’empêche que je comprenais ce qu’il voulait dire et que ça me foutait un sacré coup. Je n’avais jamais pensé comme lui. Peut-être car moi je n’avais jamais été entouré et que c’était peut-être ça qui me manquait et qui m’avait manqué depuis ma venue sur cette terre. Mais on ne change pas le passé, on change le futur.

« Vous avez une belle vision des choses, je vous envie pour cela. Je ne connais pas le bonheur que vous décrivez et sans doute que je ne le connaitrais jamais. Mais gardez une telle vision, je suis sûr que votre vie sera beaucoup plus palpitante au fil des années. »

Car là aussi, ça me filait un coup. Quelque chose que je n’avais jamais vu comme tel. Il avait une fille, il aurait des petits enfants. Et quand il sera vieux, il ne sera pas seul, baignant dans l’argent d’un pauvre avare. Il sera entouré d’amour et de rires. C’était quelque chose que je ne connaitrais peut-être jamais si je ne changeais pas immédiatement. Mais avouer tout ça, déjà que ça me filait un coup, mais changer en plus …. Ce n’était pas des plus faciles. Toutefois cela me donner matière à réfléchir.
Il ajouta également un petit paragraphe sur la façon dont il me voyait, la façon dont je lui avais fait voir des choses différemment. Il me tendit une poignée de main que j’acceptais, un léger sourire sur les lèvres. Il ne savait pas qu’il m’avait peut-être changé, lui aussi. Et si cet homme était capable de l’admettre, moi, je ne le pouvais pas. Je restais un long moment silencieux. J’avais toujours la main de l’homme serré dans la mienne. Cela devenait même gênant. Je le lâchais alors, cherchant les mots. Etait-ce la fin de notre conversation ? Il fallait que je trouve un truc à dire.

« Bravo à vous. »

Ce fut tout ce que je trouvais à redire. Sans que je lui avoue, il m’avait fait peut-être changer et sans que je le sache, je l’avais changé aussi. Il ne faut parfois pas hésiter à accoster un inconnu et à discuter. C’était ce que cette leçon m’avait appris. J’avais devoir apprendre d’autres choses, beaucoup de choses, mais c’était sans doute grâce à cet homme que ma vie serait peut-être meilleure.
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MessageSujet: Re: Big Bad Wolf   Mer 6 Aoû - 17:40

Une vie plus palpitante ?
Hey, j'ai jamais connu l'arène mais j'dois dire que ma vie a son lot d'épreuves qu'elle me réserve chaque jour ! Sigurd en est une à lui tout seul. Quand il pète pas mon micro-onde, il va chercher des noises aux personnes qu'il faut pas, puis il vient se réfugier près de moi pour que je le défende. Et quand c'est pas lui qui me soucie, c'est ma fille. Nan mais j'sais qu'elle est jolie et qu'un beau jour, elle partira au bras d'une fille ou d'un mec, mais j'peux pas m'empêcher de voir d'un mauvais œil tous les vautours qui rôdent autour d'elle. J'ai été jeune, j'ai été un salaud, je sais ce que ça fait de voir un corps qui nous plaît et de vouloir abuser de la naïveté d'une petite princesse qui croit encore que l'Amour avec un grand A peut nous être offert par le premier type qu'on croise. Mais sans forcément penser à ça, y'a aussi ce que ma petite porte. Le suicide de sa mère. On n'en parle jamais. Mais je sais qu'elle y pense. Je sais que c'est un fardeau... pénible et douloureux, un fardeau sous lequel elle ne ploie pas encore, dieu merci, un fardeau que j'aimerai prendre à pleines mains et le balancer plus loin pour qu'elle puisse enfin ouvrir ses ailes, se consacrer toute entière à sa vie, son futur, son bonheur, sans ce nuage qui assombrit la plus petite joie qu'elle s'offre. Après, y'a les petites épreuves, celles qui n'ont rien à voir à celles que cet homme a pu affronter. Les termites dans le toit, l'humidité qui ronge les murs, les pannes d'électricité, les factures qui obligent à ce que je contrôle la moindre de mes dépenses. La machine à laver a rendu l'âme y'a quelques semaines, on lave tout à la main avec ma petite et le sorcier, on met ça à sécher, on fait un peu les cons à se balancer du linge mouillé à la tronche. Mais je pense à en racheter une.

Et pour ça, je dois regarder où je peux faire des économies sans que ça ne dérange trop les habitudes de Lya. Déjà que je dois me saigner pour qu'elle fasse des études, mais j'aimerai qu'elle ait autant de chances que les autres. Heureusement, les sous de sa mère nous aident pour ça, des sous que je garde pour elle, en cas de coups durs, comme une hospitalisation ou que sais-je. La vie est une épreuve, qu'il faut affronter chaque jours. Le bonheur, c'est un combat de tous instants : il faut arracher ces parcelles de joie dès qu'on le peut, les savourer avant qu'elles ne disparaissent. Parce qu'un rien suffit à les corrompre. Une inquiétude, une dispute, une remarque, ou que sais-je. Ouais, je nous ai offert un goûter au salon de thé hier. Ok, ça fera des sous en moins pour la machine. Ça fera quelques jours de plus à attendre. Mais c'est pas grave. Parce qu'on a profité d'un bon moment. Et que ces bons moments sont le carburant nécessaire pour que j'ai la force d'affronter tout ce qui présente à moi. Parce qu'ils sont nécessaires pour que je me batte, pour que je trouve la force de sourire, de vivre. De me lever et d'oublier les douleurs de mon corps usé, ruiné par le travail, pourri par les produits qui ont probablement empoisonné mon sang. Ouais, j'ai un risque de cancer du sang, si je le choppe pour de bon, tout est fichu, pas seulement ma vie, mais celle de ma petite, et j'aurais pas l'argent pour m'offrir des soins. Le bonheur est fragile. Éphémère. Comme la vie. Alors je veux en profiter au maximum. Je veux que ma fille apprenne à en faire de même.

C'est sûrement con, immature, que sais-je. Je m'en branle. C'est ce qui rend la vie agréable. Je ris bien fort quand j'entends dire « la vie c'est comme une tartine de merde, t'en bouffe un peu chaque jour », ou d'autres proverbes tout aussi encourageants... ça sert à quoi de partir battu d'avance ? Autant se tuer dans ces cas là ! Je veux vivre. Je suis heureux de vivre, je suis heureux de n'avoir aucun soucis de santé préoccupant. J'ai pas un corps de rêve, pas un salaire de rêve, mais j'ai malgré tout tant de choses. Des amis, une famille, un boulot, une maison. J'ai des emmerdes comme tout le monde. Mais je vais m'en sortir. Je veux y croire. Et j'y arrive. Il lâche alors ma main et, face à son « bravo », je reste quelques secondes stupéfait. Avant qu'un sourire franc ne vienne de nouveau éclairer mon visage. Un visage sur lequel il était aussi facile de lire que dans un livre. Heureux, j'offrais un clin d'oeil malicieux à l'homme pourtant si sérieux face à moi. Il était presque comique de voir que deux hommes totalement opposés tels que nous pouvaient réussir à s'entendre. Et c'était une scène de plus qui me poussait à croire au bon de l'être humain.
_ Oh, je ne mérite pas de bravo... J'ai fait beaucoup de conneries, tout ce que j'tente de faire, c'est les rattraper et suivre mon objectif. Bon, c'est pas tout ça, mais j'dois aller chercher Lya, elle va sortir de l'école là. Faîtes gaffe à vous.
Je tapote amicalement son épaule avant de m'éloigner de mon côté. Un léger sourire aux lèvres, les mains dans les poches, je me sentais... soulagé d'un curieux poids.
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Big Bad Wolf

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