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 You will shelter me my love... And I will shelter you. [Bastou]

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MessageSujet: Re: You will shelter me my love... And I will shelter you. [Bastou]   Lun 14 Juil - 19:30

Ses lèvres continuaient à chercher les siennes comme si sa vie en dépendait et quelque part, c’était bien ce qu’il croyait. Ce quotidien sans elle lui avait toujours procuré une bien âpre saveur qu’il dégustait depuis ce qu’il jugeait être trop longtemps. Enivré par sa bouche, par son odeur toute entière qui l’enveloppait d’une chaleur sournoise, il ne calculait plus ses réactions et n’anticipait pas non plus les siennes. Quand elle répondit à son baiser avec la même fièvre, il affirma sa prise sur elle aussi simplement que ça. Ses bras se l’approprièrent et la plaquèrent contre lui. A aucun moment, il ne réalisa la douleur engendrée par ses ongles qui s’enfonçaient pourtant dans sa chair. Il ne percevait jamais les souffrances qu’elle multipliait chez lui, il n’en retirait toujours que le meilleur, que ce qui lui plaisait. Cette folie portait bien un nom mais lui non plus ne pouvait justifier un tel engouement pour cette chute libre avec un simple terme. L’oiseau semblait tellement pressé de se briser les ailes qu’il fallait réellement se questionner sur sa capacité de survie. On pouvait pourtant la penser accrue en d’autres temps. Quitter les lieux dangereux, continuer à courir avant de se faire rattraper mais avec elle, il se jetait volontiers dans tous ses filets. Il souhaitait être capturé et il lui avait avoué juste avant.  Il n’avait rien voulu construire durant tout ce temps, il avait simplement tenté de retrouver un sens mais il n’y en avait aucun si elle n’était pas là. Pathétique petite chose sans personnalité. Son Univers n’avait plus gravité qu’autour d’elle durant trois longues années, étoile brûlante de son système solaire. Il aurait beau essayé de se déloger de sa course, il finirait toujours à tourner en rond pour finalement lui revenir. Facile de croire qu’il répétait un schéma inéluctable sans chercher à lutter. Facile.

Ses mains grimpèrent doucement sur l’échine de la rouquine, il voulut la retenir quand elle le repoussa mais ce rejet fût assez violent pour qu’ils retrouvent ses esprits – du moins, une partie de ces derniers. Le néant talonnant l’euphorie à vitesse terrifiante, il l’observa se battre avec ses démons. Combien y en avait-il d’aligner entre eux ? Hein, Bastien ? Est-ce que tu peux au moins compter les tiens ? Toujours prêt à contourner les rivières ? A nager par tempête pour la retrouver de l’autre côté de sa planète ? Ses bras retombèrent, impuissants devant l’ampleur du carnage. Le réveil du bourreau semblait donc réel au vu de sa précipitation à le repousser et à tirer un trait sur lui. Comme toujours, elle n’en faisait qu’à sa tête. Elle croyait que c’était simple ? Débarquer ici, mettre à sac son cœur et sa tête pour mieux s’en aller. Le français se tût, horrifié par la colère de son interlocutrice, tétanisé par la tournure que cette situation prenait à son insu. Plus ils faisaient perdurer leur discussion et plus, sa confusion semblait grimper dans des sommets incommensurables pourtant. Sa part animale prenait les commandes, plus soumise que l’humain, plus instinctive, moins mesurée, moins posée. Prête à se sacrifier pour le bonheur de sa créatrice. Les hurlements étouffés du voisin ne furent qu’un vacarme de plus au milieu de ce désastre, d’autres tambours pour alimenter la symphonie entre son organe aortique déréglé et la rage dramatique de la jeune femme. Il n’y fit même pas attention.

Au milieu du cataclysme, il se vit approcher à nouveau de la sorcière pour lui dérober sa main et la placer très calmement sur sa poitrine là où les palpitations s’extasiaient et mourraient à intervalles aléatoires. « Je ne suis en vie que lorsque tu es là de toute façon. » Quelle conclusion remarquable. Ses doigts caressèrent les siens quand il reprit plus doucement encore « Tout ce que tu dis… C’est la preuve que tu as réalisé et je ne dis pas que j’ai tout effacé non plus. Je n’arrive pas à croire que… » Paupières closes et puis ouvertes à nouveau. S’était-il écouté parler ? Se voyait-il ouvrir à nouveau sa cage pour s’y loger de lui-même ? Et puis, supplier sa maîtresse d’utiliser cette foutue clé avant qu’il n’ait l’idée de sortir à nouveau. Il voulait lui appartenir, c'était un désir viscéral, incohérent, vif. Surnaturel.« Je me suis enfui parce que ça allait trop loin. Je pense que je voulais inconsciemment que tu le comprennes, que tu reviennes… Et tu es là et tu as compris. Ça ne peut pas être la fatalité que tu énonces, il n’y avait pas que ça... Tout ce qu’on a vécu ne se résume pas à cette blessure et à ce… à ce… » C’était sa vérité du moment, il y croyait à son charabia. Il croyait tellement en ce qu’il ressentait pour elle, qu’il en oubliait les accotés. Vision biaisée des choses, peu pragmatique. « Je t’en supplie, ne pars pas comme ça. Je ne veux pas que ça se termine sur cette note entre nous. Je ne peux plus détourner les yeux après tout ce que tu m’as avoué. » Il lui rendit sa paume avant de sourire tristement. « Je te l’ai dit, c’est trop tard… C’est trop tard. Tu es revenue. Abi, tu es revenue pour me voir. Tu n’avais pas besoin de me donner la vérité parce que j’étais déjà parti. Tu es revenue pour les mêmes raisons que je veux te garder. » Tant de convictions, tant de fausse assurance. Le désespoir s’exprimait et il avait plus de bravoure que son état normal ne pourrait jamais lui fournir. Les phrases sortaient en se bousculant presque de ses lèvres. S’ouvrir à Abigaëlle n’avait jamais été forcément  sa spécialité. Pudique, il n’était pas du genre à étaler son affection à grand coup de belles phrases bien construites. Peu conventionnel qu’il s’accroche à elle à ce point et qu’il se montre aussi exalté. Le désespoir, oui, faisait aisément d’un homme son contraire.

Il fit un nouveau pas dans sa direction. « Tu ne peux pas me laisser après avoir jeté une telle bombe au milieu de mon salon.  » Ses doigts coulèrent dans sa chevelure à nouveau et s’enroulèrent autour des mèches flamboyantes. « Ne me laisse pas gérer les dégâts tout seul… Reste… Reste juste un peu… » Il n’osa plus revendiquer sa bouche. A la place, il colla son front contre le sien et  glissa l’arrête de son nez contre le sien. Ses intonations descendaient toujours d’un cran quand elle s’emportait et cela était resté. Autant elle avait pu crier plus tôt, autant il murmurait maintenant. « Je n’ai pas peur de toi… J’ai peur du vide que tu laisses. Ma vie est vide sans toi. Je me sens vide sans toi. C’est de l’égoïsme mais laisse-moi juste en abuser encore un peu, s’il te plait. » Ne commentons même pas ce dialogue. Il n’y avait rien à dire. Il creusait sa tombe à merveille. En voilà un talent dont il aurait mieux valu ne jamais se vanter.

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MessageSujet: Re: You will shelter me my love... And I will shelter you. [Bastou]   Sam 19 Juil - 21:42






Horrifiée par le spectacle qu’elle devait présenter, par les horreurs qui franchissaient ses lèvres, la sorcière porta ses doigts tremblants à ses lèvres, comme si elle essayait d’en maîtriser le flot. La colère l’avait laissée harassée et hagarde et bouillonnait encore en elle cette colère qu’elle dirigeait non seulement contre elle, mais contre le français qui avait la bêtise de croire en un ailleurs chimérique et meilleur. Elle se sentait au bord du précipice, les orteils dans le vide et son équilibre ne tenant qu’à la volonté de Bastien. A ses pieds le flot bouillonnant des regrets, un flot noir d’où s’extirpaient des mains prêtes à la happer. Elle pouvait presque entendre le staccato de leurs reproches à ses oreilles, comme une litanie qui dérobait le sol sous ses pieds. La mort, très certainement, mais d’abord une décadente décente aux enfers. C’était ce qui l’attendait, c’était ainsi qu’elle devait expier ses crimes, seule face à ses démons. Ne peux-tu pas le voir ? Le cri mourut avant d’être expié. Et comme un soleil, l’ombre du volatile la surplomba. Un million d’étoiles, de planètes, le tissu du ciel. Toute la vie qui grouillait sous sa paume. Sous sa peau. Contre les barreaux d’os, elle sentait son palpitant pulser et se débattre dans sa poitrine comme un oiseau cherchant à se libérer d’une cage. La sensation d’en être la source lui donna le vertige. Une caresse sur ses doigts et elle mordit dans sa lèvre inférieure, lui redonnant de la couleur. Comment Bastien parvenait-il à ce miracle de lui accorder le pardon tout en damnant sa propre âme ?

Bien sûr que rien ne se résumait à ses fautes. Dans une histoire, peu importe qui en était les protagonistes, il y avait toujours des moments qui auraient suffi à allumer un millier d’étoiles. Mais l’amertume finissait par ronger les souvenirs et il ne venait à l’esprit plus que les moments fades et sans lumière. Eux, comme d’autres, avaient connues des choses qui valaient la peine de se rappeler. Mais pour lesquelles il était bon de se sacrifier ? Elle n’en était pas certaine. Pourtant elle voulait bien, quelques minutes, quelques heures, se laisser porter par ces heures bercées par de vieilles chansons françaises résonnant dans l’attique, de l’odeur de croissants et de la peau de Bastien. De ces heures interminables où il avait susurré à son oreille avec son français chantant juste pour le plaisir de la voir sourire, et même seulement réagir au son de sa voix. De sa main, posée sur sa hanche, alors qu’il la faisait tourner et la renversait en arrière, la faisant rire aux éclats. Des restaurants où ils avaient mangé du bourguignon. Du comptoir de la cuisine, sur lequel il aimait la jucher pour lui faire l’amour.

« Bastien tu… » Elle entendait tout ce qu’il disait et n’y répondait pas car ils étaient deux à savoir combien il se trompait. Elle ferma les yeux, cherchant la force en elle de sortir de l’appartement. Mais elle ne parvenait qu’à refermer ses bras sur elle, sentir de son pouce la chaleur fugitive du corps de Bastien. Il était difficile de ne pas se laisser séduire par les promesses dans ses paroles. Elle savait que les notes de sa chanson étaient fausses. Bastien était peut-être le seul oiseau au monde qui ne pourrait berner personne avec son cuicui facétieux. Il en manquait des notes importantes, des discordances dont elle était l’origine. Comme si elle avait extirpé le tout de sa gorge. Mais lui chantait avec tout son entrain et il ne voyait pas à quel point la mélodie était bancale. Réduite au silence par sa présence – une fois n’était pas coutume-, la sorcière se laissa happer par la force de ses mains, se faisant la réflexion que si elle avait quitté un gamin, c’était un homme qui posait ses pattes sur elle. Elle l’écoutait sa chanson éraillée et elle y trouvait un certain charme tout de même. Juste un peu, se rassura-t-elle. Comme un dernier tour de manège avant que le monde ne l’avale de nouveau. Elle le toucha, le caressa, le humant alors qu’il glissait son nez contre le sien, la rendant fiévreuse. Ongles plantés dans ses avant-bras, ses lèvres voguaient contre sa peau, le long de l’arrête de son nez et contre l’os de sa mâchoire. Elle l’embrassa dans la nuque, goûtant les frémissements de sa peau avant de mordre dans son épaule. Elle tremblait et s’apaisai le nez enfouit dans son giron, hissée sur la pointe des pieds elle se voulait portée par ses bras. Qu’il la cueille et l’enlève au monde.

« Je ne peux pas être le mal et le pansement. Tu le sais. » L’avertit-elle. Un dernier sursaut de bon sens. Mais Il la tenait. Sa coquille, s’effondrait en elle. Et il était possible de le voir. Voir le vide en elle. Elle s’agrippa à lui, ses bras se refermant autour de ses épaules. « Ne me laisse pas partir. Bastien je t’en prie. Ne les laisse pas faire… Je n’aime pas ce que le miroir recrache après ça. »
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MessageSujet: Re: You will shelter me my love... And I will shelter you. [Bastou]   Dim 20 Juil - 22:05

L'air qu'ils partageaient, était devenu si douloureux que la moindre inspiration devenait une épreuve massive. Engloutir son odeur, répartir l'oxygène manquant entre leurs deux carcasses, il fallait se rendre à l'évidence, ils courraient après leur survie en cherchant à semer la suffocation et en évitant les ravins qui longeaient la plante de leurs pieds. Cause commune, ils étaient deux dans cette fuite mais Abigaëlle s'évertuait à vouloir lui lâcher les doigts quand il avait besoin plus que jamais d'elle pour avancer. Alors il s'agrippait à elle. Quitte à chuter dans le gouffre, autant qu'ils ne soient pas seuls. Forme de réconfort que la mort non solitaire et utopie de croire qu'il en serait ainsi. C'était une expérience personnelle. Voulait-il qu'elle sombre avec lui ? Le doute s'insinua et il se demanda si finalement, il n'était pas une cause de sa perte. Et si au lieu de la sauver, il avait participé à sa déconstruction lente? Cette seule idée lui brisa la poitrine et il se mit à respirer bruyamment pour combler la douleur naissante. Sa cage thoracique s'écartela à deux reprises quand il voulut attraper l'air trop vivement. Il allait se décomposer définitivement si elle lui tournait le dos. Il ne parvenait nullement à gérer les informations qu'elle lui avait fournie. La vérité était tellement laide qu'il préférait repeindre par-dessus avec ses souvenirs heureux. Amnésie volontaire donc. Etait-ce plus glorieux que la solution proposé par la sorcière ? Lâche. Bastien n'était qu'un lâche. Il le prouvait en la retenant. Il le démontrait en lui trouvant toutes les excuses pour qu'elle reste alors qu'il craignait juste de s'effondrer après son départ. Si elle filait, c'était que leur histoire n'avait été qu'une belle farce pour elle. Il refusait d'avoir failli perdre son existence pour quelqu'un qui ne l'avait jamais aimé. Échec, fierté bafouée, une nouvelle fois mais pas que. Au fond, il s'en fichait un peu de ce qu'il aurait pu lui arriver. Au fond, ce qui lui déplaisait, c'était simplement d'être blessé et rejeté par la seule personne qu'il ait jamais aimé d'une telle intensité. Mais à son âge, souffrir de ça n'avait rien d'inédit et il aurait dû pouvoir y faire face en tant qu'adulte.

Pourtant, toujours dans sa contradiction, il se voyait renoncer quand il se remit à penser qu'il était en train de l'abattre. Si elle n'avait jamais rien éprouvé et même si elle l'avait fait, elle voulait finalement peut-être s'en débarrasser. Peut-être était-ce vraiment terminé pour elle et que sa façon de s'accrocher la détruisait. Il s'apprêtait à reculer et à se résigner au silence de son appartement, aux ténèbres dans lesquels elle allait l’immerger en le délaissant, au vide qui l'habiterait, à cette galaxie froide et éteinte qui aurait été privée de son centre. Sauf qu'au lieu de le repousser une nouvelle fois, ses mains le cherchèrent avec la même avidité. Sa bouche traça un long chemin sur sa peau, pavés de douceur. C'était la route pour rentrer enfin à la maison après une errance trop longue. Il ferma les yeux. Pas besoin de sa vue pour être guidé, il savait s'orienter. Il avait toujours été capable de retrouver sa paume dans le noir. Toujours. La morsure, bien que tendre, aurait dû lui rappeler la voracité de cette créature. Elle aurait dû lui faire reprendre la mesure de cette menace mais ce ne fût nullement le cas. Sa remarque lui fit arquer les sourcils de tristesse. Il ne pouvait pas lui mentir. Elle était précisément ça mais il s'en fichait de souffrir tant qu'elle le guérissait juste après. Les séquelles, il ne les voyait jamais de toute façon. Oiseau bigleux.Le français l'entoura de ses bras quand elle se jeta contre lui. Il l'enveloppa malgré tout s'obstinant à jouer le rôle d'une barrière contre ce Monde qui l'avait maltraitée jusqu'à l'épuisement. Cette détresse lui rappela un de ces jours de pluie où il l'avait retrouvée en sanglots, au sol, sans forces. Elle se débattait contre un monstre invisible. Ce n'était pas son combat. Il ne l'avait jamais commenté. Il n'avait rien dit. Il s'était approché prudemment et l'avait serrée contre lui sans poser de questions. Est-ce qu'au moins sa présence l'avait aidée ? Il n'en savait rien. Mais à chaque fois qu'une ondée perturbait le ciel, il y pensait. Il s'était promis de toujours être là pour elle. Il avait brisé son serment.

Ses paumes se coursèrent sur son dos tandis qu'il humait sa fragrance jusqu'à en avoir le tournis. Ses intonations le poignardèrent tant elle l'appelait à l'aide. De qui parlait-elle quand elle mentionnait le danger ? Ils étaient plusieurs. Ses démons... Il se sentit mourir dans sa bouche et tenta de réparer cette démente peine en glissant ses doigts le long de son échine. La voix toujours plus instable et grave, il laissa ses cordes vocales faire échos aux siennes. « Ne pars pas alors. Reste. Reste avec moi. Je ne veux plus partir. Je ne veux plus être loin de toi. Abi, reste. C'est trop douloureux sans toi. » Si vous vous posiez la question, non, il ne réfléchissait toujours pas avant de s'exprimer. Ses sentiments s'étaient éveillés d'une seule onde dès l'instant où elle était réapparue. Il n'avait même pas tenter de les combattre. Peu courageux. Encore et toujours. Ses mains glissèrent sur ses tempes et ses yeux pistèrent les siens. « Laisse-moi t'aider... Laisse-moi ... Être avec toi. » Il la suppliait. Merveilleux. Ses lèvres cherchèrent à réparer les fissures qui faisaient légion dans les deux camps en revendiquant les siennes dans un mouvement lent et prudent. Baiser chaste qui s'intensifia en un rien de temps avant qu'il ne se décolle pour mieux l'étreindre. « On est pas obligés de parler... Mais reste. Reste ici pour la nuit au moins. » Son cœur rata plusieurs battements comme il aurait loupé une marche pour tomber la tête la première tant son affection pour elle lui faisait perdre la tête. « J'ai autant besoin de toi que tu as besoin de moi. » Il la plaqua contre lui avec plus de fermeté en contradiction totale avec la fragilité de son ténor. Il n'en pouvait plus d'avoir autant mal et d'être autant soumis à ce choix qu'elle risquait toujours de prendre. C'est pourquoi dans un élan d'égoïsme et de désespoir, il prit la décision pour elle et la souleva sans lui demander son avis pour la porter jusqu'à la chambre. Il la fit s'allonger sur le lit sans autre forme de procès et se plaça à ses côtés. Ses mains vinrent la coller contre lui et il cala sa tête contre sa nuque à lui sans froisser leur mutisme. Sa bouche glissa contre son front cherchant à y apaiser les succubes qui se délectaient de son chaos. Comme avant. Comme à leurs débuts. Il voulait qu'elle se love contre lui et qu'elle s'endorme, qu'elle oublie et qu'elle sache qu'elle n'était pas seule. Jamais depuis qu'il l'avait recueillie dans cette rue sordide et même lorsqu'ils étaient séparés physiquement. Plus jamais.

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MessageSujet: Re: You will shelter me my love... And I will shelter you. [Bastou]   Mar 22 Juil - 14:02






Elle la sentait sur elle, la force de son étreinte sans jamais qu’elle ne se sente étouffer. Bastien avait toujours été ainsi, un phare dans l’obscurité ou son port d’attache sans jamais qu’elle n’ait la sensation d’avoir des liens aux poignets. Il savait la soutenir mais pas la tenir. Il gravitait autour d’elle tel un ange bienveillant et pour cette raison elle lui avait permis bien plus qu’elle ne permettrait jamais plus à quiconque. Ses doigts pianotaient sur son corps et partout ils laissaient une empreinte enflammée bien qu’invisible. Il n’y avait pas de douleur, seulement le plaisir d’être entre ses bras. Après tout ce chemin fait en sens inverse, elle se rendait compte que la seule chose qui lui était essentielle était ce dont elle cherchait à se priver. Le sacrifice était-il nécessaire ? Oui. Lorsqu’elle sentait la chaleur de Bastien contre son corps elle se disait qu’elle devait faire le nécessaire pour que sa lumière ne s’éteigne pas. Il était une âme rare. « Tu es fou… » Parvint-elle à articuler, esquissant un mince sourire, alors que sa gorge se contractait sous le coup de l’émotion. Il y avait en Bastien une émotion infatigable et une tendresse qui était eu commune chez l’être humain. Au départ elle avait trouvé cette dévotion suspecte, car elle ne connaissait que la nature biaisée de l’homme. Maintenant elle savait qu’elle avait entre les doigts un diamant brut auquel elle avait apposé quelques accrocs. Mais cela n’en avait pas entamé la beauté. Même sans taille il était éblouissant. C’était sans doute cliché et un peu mièvre de le voir ainsi, mais elle ne trouvait sur l’instant pas de comparaison plus adéquate. Il suffisait de poser son regard sur le jeune français pour reprendre un peu foi en l’humanité.

Ses lèvres encore, et une force irrésistible le poussa contre lui, ses doigts glissant dans sa chevelure aussi noir que ses plumes, ses ongles s’incrustant presque dans son crâne. Besoin viscéral de le faire sien. Elle aurait pu lui répondre combien il se trompait, qu’il pouvait très bien voler sans elle du moment qu’il décidait de couper ce nœud qui les retenaient l’un à l’autre. Il suffisait d’un peu de volonté, celle d’être libre et de ne plus souffrir. Elle aurait pu lui compter inlassablement comment elle l’avait amoché petit à petit et combien elle viendrait encore se heurter à lui pour le blesser car sa volonté était parfois dépassée par ses actions. Elle naviguait parfois dans un brouillard, le regard porté sur l’issue du chemin et non pas son parcours. Jamais en pleine conscience de son affection pour le volatile elle n’aurait risqué sa vie. Maintenant la notion de doute lui donnait la nausée et elle s’apaisait seulement à la pression du corps du jeune homme contre le sien. Et puis elle se dit, quel mal à s’illusionner encore un peu ? Quelques minutes… Une nuit… Elle avait besoin de lui encore avant de lui dire au revoir.

Elle se laissa porter jusqu’à la chambre, son regard ancré aux traits du visage de Bastien. Dans son regard passaient une multitude d’émotions qui lui donnaient le tournis. Bastien se livrait sans filtre. Il n’essayait ni de prétendre, ni de jouer et elle savait que c’était une chose chez lui qui l’avait effrayé. Parce qu’elle était incapable de lui donner quelque chose de semblable. C’était comme si tout ce qu’il avait jamais gagné de leur relation était une boîte vide. A plusieurs reprises il lui avait demandé de la remplir et lui rendre mais quand elle lui revenait il la trouvait invariablement vide. Même ce soir, elle ne lui avait offert qu’une partie de ses vérités. Assez pour l’apaiser, assez pour l’aider à passer à autre chose. Tant que l’ombre étendue de la nuit la protégeait il pouvait se mentir encore, mais au petit matin il aurait fait le tri dans ses émotions. Et il saurait où était sa chance de sauvegarde.

Elle trouva sa place dans ses bras presque naturellement, peu surprise en réalité de la façon dont elle s’ajustait à lui. C’était devenu une habitude, quand elle ne cherchait pas à se défaire de tout, même de la réalité, de se fondre l’un dans l’autre. C’était elle qui avait toujours maintenu une distance nébuleuse entre eux, car lui n’avait jamais que cherché son contact. Ce même contact qui maintenait ses pieds sur terre, quand elle le supportait. Laisse-toi faire, voulait-elle s’ordonner, et à force de prier, elle s’endormit avec la presque certitude que tout pouvait changer. Au matin seulement, la lumière frappait la singularité de la scène d’une façon bien différente. Ses paupières tressaillirent et elle battit plusieurs fois des cils, les rayons mordorés du soleil agressant sa vue. Lorsqu’elle fut mieux réveillée, elle se décolla du buste de Bastien contre lequel elle avait dormi. Menton sur sa poitrine, elle l’observait en train de dormir, sa figure tranquille et sa respiration semblable à celle d’un enfant en plein rêve. Rien n’aurait pu troubler cette vision idyllique, si ce n’était la balafre sur sa joue. Calmement elle se défit de son emprise, pour ne pas troubler son sommeil. Les articulations de ses mains la faisait souffrir, et plus qu’un début de vieillesse, elle savait que ça venait du fait qu’elle se soit trop accrochée à lui. Pour la première fois depuis des mois, elle y avait gagné un sommeil paisible. Mais dans le tréfonds de sa psyché, elle savait que cauchemars et démons frappaient déjà à la fragile paroi montée à la hâte. Alors qu’elle mettait de nouveau la main sur ses chaussures, ils chuchotaient déjà à son oreille, la priant de baisser sa garde.

Lâche, elle ne jeta pas un dernier coup d’œil derrière elle, car elle savait alors qu’elle n’aurait plus la force de partir.

CLOS

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