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 Désignés volontaires | Wesley

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MessageSujet: Désignés volontaires | Wesley   Sam 21 Juin - 19:58

« Pas besoin, je dis. Tout ça, je peux faire seule. 'Va me gêner. » Pugnace, Avalon n’en démordait pas : elle ne ferait plus équipe avec un homme qu’elle ne connaissait ni d’Ève ni d’Adam. Face à elle, Scarlett Lovell levait les yeux au ciel, lassée d’entendre ce qu’elle tenait pour des jérémiades d’une subordonnée indisciplinée. Qu’il lui manquait, le temps pas si lointain où tout ce qu’elle avait pu reprocher à la métamorphe était sa paresse indolente.


Quelques semaines plus tôt, son agent avait disparu sans laisser de trace. Quand elle avait finalement refait surface, après quelques jours, elle avait changé : d’apathique, elle était devenue renfrognée et agressive. Depuis, leurs relations s’étaient considérablement dégradées et Scarlett avait troqué sa condescendance pour du mépris. À ses yeux, Avalon n’était qu’une vermine corvéable, elle n’avait que faire de ses discours et ses plaintes. « Plus un mot, Kat, ou je te promets que tu le regretteras. Tu as reçu tes ordres, maintenant tu vas te comporter en bon petit métamorphe et les exécuter. Est-ce que c’est clair ? »


Au même moment, la porte s’ouvrait.



La pluie les avait surpris alors qu’ils repéraient les lieux en silence. Avec un feulement irrité, Avalon avait rabattu la capuche de son sweat. Il n’était pas étonnant qu’une métamorphe pouvant se transformer en chat quand elle le désirait n’aimât pas l’eau ; les siècles qu’elle avait passé prisonnière de ses moustaches et coussinets avaient imprimé jusque dans son A.D.N. la haine de cet élément vicelard. Jetant un coup d’œil par-dessus son épaule, elle attendit que son partenaire d’infortune la rattrapât. Le shadowhunter — Weasley, ou quelque chose s’en approchant — ne semblait pour sa part pas dérangé le moins du monde par l’averse surprise.


« Bon, tu bouges ? demanda-t-elle avec impatience. On arrive après le soleil soit couché, on trouv’ra jamais comment entrer. Bordel, pas envie passer la nuit dehors. » Avalon n’avait aucune sympathie pour le colosse ; elle se demandait encore pourquoi on lui avait collé dans les pattes. Je suis sûre qu’ils ne me font plus confiance, songea-t-elle sans le quitter des yeux. Sa vraie mission, si ça se trouve, c’est moi. Il était tout à fait possible, en effet, que Scarlett se fût lassée de son jouet et ait décidé de se débarrasser d’elle. Si encore le beau diable avait eu le profil de leur mission, mais même pas ! Pour ce qu’elle avait pu en juger, l’homme était un soldat, plus habituer à cogner qu’à louvoyer. Il se révélerait sans doute utile si les choses tournaient mal, mais en attendant, il était comme un boulet rivé à sa cheville : lourd, gauche et bruyant. Elle le voyait déjà apporter sa perte, d’une manière ou d’une autre.


Deux cents mètres plus loin, les ruines éventrées d’une station balnéaire dominaient le paysage. La bâtisse, jadis lieu de villégiature apprécié, avait été laissé à l’abandon après la première ouverture des portes, jusqu’à ce qu’une certaine sorcière s’amusât à libérer de cette gueule infernale d’autres monstres plus terribles encore que les précédents. Refusant de croire aux creuses promesses d’un gouvernement décapité, une poignée de rebelles s’était réfugiée dans l’hôtel croulant. Dans leurs bagages, ils avaient apporté un véritable trésor de guerre : profitant du chaos, ils avaient en effet réussi à mettre la main sur plusieurs documents classés Secret Défense. Le savoir était une forme de pouvoir ; dans sa quête d’absolu, les autorités n’avaient aucune envie d’en laisser à quiconque qui ne fût pas de son côté.


« Les connards sont bien cachés, reconnut Avalon quand son acolyte l’eut rejointe. Comment qu’on fait ? » Un mouvement en périphérie de sa vision attira son attention et elle lâcha un juron étouffé en reconnaissant la démarche gracile et aérienne d’un zombi. « Manquait plus qu’ça… »

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MessageSujet: Re: Désignés volontaires | Wesley   Sam 21 Juin - 23:48





« Ça va j'arrive, p'tain. La pluie va ruiner ton brushing, c'est ça ? » grogna-t-il, bougon, mirant sa coéquipière d'un œil mauvais. Le milicien avait toujours du mal à appréhender le fait que ses supérieurs aient jugé judicieux de lui attribuer une mission de cet acabit, et de le flanquer d'une pareille effrontée de surcroît. Wesley, tout sanguin, impétueux et rustaud qu'il était, faire preuve de subtilité et de discrétion, vous y croyez vous ? Lui non plus. Il bascula la tête et contempla le toit du monde, affublé d'une robe grisâtre et triste, un long soupire s'échappant de ses lèvres. Une bruine timide tombait mollement sur son visage renfrogné. Á contrario de sa coéquipière, la pluie ne dérangeait nullement le milicien. D'un regard indifférent, il scruta le périmètre, tâchant de prendre tous les paramètres en compte, feignant ainsi d'avoir une vague idée de la marche à suivre. Vraiment, il ignorait tout de ce genre d'opération délicate. Comment diable étaient-ils censés s'infiltrer dans cette bâtisse surannée hautement surveillée ? Tout serait tellement plus vite réglé s'il dégainait son Colt, abattait ces extrémistes décérébrés et allait directement subtiliser ces fichus documents. Après tout, ce groupuscule était constitué de révolutionnaires, d'activistes et de potentiels terroristes, n'était-il pas ? Tous ses instincts lui l'imploraient d'annihiler ces énergumènes. Néanmoins, il se contenta d'un « J'sais pas comment qu'on va faire, meuf. » sarcastique, tout en maudissant intérieurement pour la énième fois les hautes strates du pouvoir décisionnaire. Suite à l'exclamation de sa camarade, le Hunter suivit son regard et remarqua la présence d'un non-mort, ce qui provoqua un nouveau soupir. « Manquait plus que ça, p'tain. Je m'en occupe, ça va me dégourdir. » fit-il sans lâcher la créature impie des yeux. À plat ventre dans les fourrés, se munissant d'un caillou qui traînait non-loin, raccourcissant la distance le séparant du rôdeur par reptation. Lorsqu'il eut jugé être suffisamment près de cette morbide engeance, il lança son projectile à la tête de celle-ci afin de capter son attention et fit mouche. Dans un grognement guttural, le mort-vivant pivota sur lui-même et se mit à claudiquer vers Wesley. Celui-ci, une fois le moment opportun venu, balaya la créature d'un coup de pied et se saisit d'un geste fluide et machinal de sa lame, qu'il enfonça profondément dans le crâne de la damnation, rendue instantanément inerte. La pestilence qui émanait de la carcasse décharnée et putride était difficilement soutenable, si bien qu'il sentit la bile âcre lui brûler l’œsophage. Face à cette toile des plus atroces, Windsor fut contraint de se rendre compte d'à quel point la sorcellerie pouvait altérer l'essence humaine. Un homme quinquagénaire réduit à l'état d'un sinistre pantin décharné, dont les fils n'étaient tirés que par des pulsions cannibales. Ses propres envies d'oblitérer la résistance ne furent que galvanisées par cette amère constatation.

« J'espère que tu as eu une idée lumineuse durant ma petite excursion, parce que cette mission commence à me les brouter sévère. » lâcha-t-il une fois revenu aux côtés de sa partenaire, toujours aussi revêche. Il jeta une œillade dépitée à l'hôtel abandonné qui se dressait non loin, cogitant tant bien que mal afin de trouver une stratégie viable. Tout ça pour de la paperasse grommela-t-il in petto. Il décocha un regard de biais à la dénommée Kathie, ne se réjouissant guère de se lancer dans pareille croisade avec une femme qu'il connaissait ni d'Eve ni d'Adam et qui de plus ne faisait pas partie des milices reconnues du Gouvernement. Le Séraphin Noir pourrait-il compter sur la demoiselle si les événement spiralaient hors de contrôle ? Probablement pas. Ne pouvant que compter que sur lui-même, Wesley allait donc devoir faire montre d'une vigilance soutenue. « C'est un foutu hôtel, il y a probablement une porte qui donne sur les cuisines à l'arrière, tu crois pas ? Ça vaut peut-être le coup de faire le tour, qu'est-ce que t'en penses Kitty ? »
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MessageSujet: Re: Désignés volontaires | Wesley   Dim 22 Juin - 1:37

Quelque chose clochait ; peu importe les efforts qu’elle y mettait, Avalon y revenait toujours. C’était comme si quelqu’un avait corné une page de ses pensées. On se fout de notre gueule, spécula-t-elle sombrement lorsque la lame du milicien se ficha dans le crâne. Il était redoutable, elle voulait bien le concéder. Inconscient, aussi. Il avait foncé droit sur une paire de mâchoire démoniaque. Un coup de dent un son univers s’écroulait, sa peau tombait en lambeau, ses viscères gonflaient et pourrissaient à l’air libre. Un coup de dent. Avalon craignait les morts qui marchent, leur démarche saccadée hantait ses rêves et leurs râles grotesques peuplaient ses silences. Elle avait vu des meutes entières se jeter sur un seul homme et ne laisser pas même les os derrière eux. Ce mec est pire qu’un tueur. Il massacre les massacrés. Dans La Nouvelle-Orléans infernale dans laquelle ils vivaient, c’était sans doute une qualité. Mais pourquoi est-ce qu’il avait été choisi pour l’accompagner sur cette plage ? Des mercenaires, le gouvernement en avait des tas à sa solde. Le monde avait beau avoir connu deux fins, l’appétit de l’homo sapiens pour la monnaie n’avait jamais été aussi fort. Pourquoi lui ?


Elle ignorait tout de son comparse, à part un nom qu’elle avait déjà oublié. On lui avait vaguement assuré que l’homme savait se battre et qu’il serait utile en cas « d’extradition forcée ». Tu parles, si on doit en arriver là, ça sera de sa faute. C’était une pensée cruelle, mais à le voir revenir vers elle de sa démarche balourde, Avalon se persuada qu’elle avait raison. « Je suis une garce et ma sorcière est disparue. Ils doivent flipper, je sais pas. Ils pensent que je vais les trahir, faire un sale coup. » Elle pencha légèrement la tête, cherchant à jauger sa réaction. Ce n’était sans doute pas le commentaire qu’il attendait, mais la métamorphe se souciait comme d’une guigne de leur mission, tout d’un coup. « Toi, c’est quoi, ton secret ? Pourquoi ils veulent se débarrasser de toi ? » Parce que c’est ce qu’ils veulent faire, hein ?


« Ils ont rien à foutre de leurs fichiers. Veulent juste nous tuer. » Avec un rictus hargneux, Avalon croisa les bras sur sa poitrine. « Sinon, pourquoi tu s’rais là ? Et moi ? “Nous ont dit rien sur notre objectif. On sait rien, on est dans le noir. C’est une putain mission suicide, voilà. Si on est pris, ‘nous sauveront pas. Si on réussit, ‘auront une autre mission. Mais on réussira pas. »


Ils voguaient sur le Styx, chacun passeur de l’autre, et c’était un voyage sans retour. Scarlett nierait, mais Avalon ne se laisserait pas berner. Elle avait cru à de belles paroles une fois, elle n’y avait gagné qu’une échine à ployer et des pattes pour ramper. Alors quoi, j’y vais tout de même ? ragea-t-elle, les poings serrés. A priori, elle n’avait pas pas d’issu. Elle ne pouvait pas fuir, pas avec sa sorcière qui rodait. Elle ne pouvait pas non plus retourner voir Scarlett les mains bredouilles, à part peut-être pour temporiser. Et encore ! Si vraiment son objectif était de l’envoyer six pieds sous terre, la garce n’avait que l’embarras du choix pour parvenir à ses fins. Avalon n’était qu’une métamorphe, elle n’était même pas humaine et il n’y aurait personne pour la pleurer.


« Fais chier, on a pas le choix. » Sur sa langue, les insultes avaient un goût aigre-doux. Elle n’y trouvait que peu de réconfort et elles la renvoyaient à son impuissance. « On tente ? »

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MessageSujet: Re: Désignés volontaires | Wesley   Lun 23 Juin - 18:20



L'ondée allait sans discontinuer, les trempant tous deux, la crinière blonde de Wesley, à l'accoutumée plaquée en arrière sur son crâne à grand renfort de spray fixateur, tombait nonchalamment en deux rideaux, encadrant son visage. Sa patience se tarissait rapidement, il en avait plus qu'assez de se tenir tapi dans les fourrés, il pouvait sentir l'irritation sourdre en lui, ce qui était rarement de bonne augure. Bientôt, sa nature tempétueuse et pragmatique émergerait sans qu'il puisse la juguler et de bien fâcheuses décisions risqueraient alors d'être prises. « Alors comme ça, t'es un garce ? Putain, j'aurais pas dit ! » la rallia-t-il ouvertement, un sourire goguenard tordant ses lèvres. Les présomptions de la hiérarchie de Kathie étaient-elles fondées ? Allait-elle véritablement trahir sa cause ? Plus important, du moins aux yeux du principal intéressé, Wesley allait-il être un dommage collatéral causé par la déloyauté de cette insolente ? Très sincèrement, cela l'importunerait d'être contraint de voir quels dégâts son Colt était susceptible de faire à un si joli minois mais si elle ne lui laissait pas le choix …

Il fallut quelques instants pour que les palabres de la demoiselle se gravent dans la conscience du milicien, tant le flot songeur de ce dernier l'avait emmené profondément dans ses morbides contemplations. « Attends, qu'est-ce que tu viens de dire ? Se débarrasser de moi ? » demanda-t-il stupidement, son rictus narquois se figeant. Toutefois, les faits s'imbriquèrent rapidement dans son esprit afin de fonder une théorie qui n'était guère réjouissante. Des petits secrets incriminants, il en possédait une kyrielle mais un seul lui venait à l'esprit : les besognes qu'il effectuait pour un criminel notoire, Kyran. Et surtout, cette fichue vidéo diffusée sur la grande antenne, dévoilant cette face de Wesley au su et au vu de tous. Il passa une main dans ses cheveux trempés, enfonçant ses ongles dans son crâne, il avait le regard perdu, à mille lieux d'ici. « Il se pourrait en effet que mes patrons souhaitent m'apprendre une leçon. » articula-t-il lentement, d'une voix lointaine. Comment avait-il pu être aussi présomptueux, aussi stupide ? Le milicien avait naïvement cru que ceux d'en haut avaient eu foi en sa version des faits, que son incartade n'était qu'un péché véniel. Néanmoins, longtemps avait-il cru à une forme de rétorsion, de punition de la part de ses employeurs. Durant de longs mois, le Hunter avait patienté, attendait dans le noir un coup qui ne venait pas. Alors, sa vigilance s'était effritée, laissant place à une impression illusoire de sécurité. Erreur fatale que de croire en la miséricorde d'un gouvernement pourtant connu et reconnu pour sa malveillance et son implacabilité. « Mission suicide ou pas, fichiers ou pas, il faut que je remplisse la mission. Tu peux t'casser et essayer de te fondre dans la nature si ça te chante, je t'en tiendrai pas rigueur. » dit-il tout en se ressaisissant. L'ex-truand était pieds et mains liés dans cette affaire ; il ne pouvait guère tenter d'éluder l'omniscience du pouvoir en place. Il était vain de se cacher de ces gens, la technologie à leur disposition était bien trop avancée et ils pouvaient se taguer d'avoir une pléthore d'indicateurs enfouis dans chaque couche de la société. Quand bien même il arriverait à passer outre leurs radars, quelqu'un devrait subir le courroux du gouvernement et ce quelqu'un pourrait être n'importe lequel des proches de la brute, Henley incluse. Jamais il ne laisserait sa fille endurer les conséquences de ses propres méfaits, même si cela voulait dire signer son arrêt de mort. « Oui, tentons. » fit-il, plantant son regard de glace dans celui de la jeune femme. Se détournant d'elle, il posa les yeux sur la structure vétuste qu'était leur cible. Son plan initial lui paraissait toujours viable, il y avait un bon nombre de ruelles étroites aux abords de l'établissement, ils pourraient évoluer sans être vu s'ils jouaient bien leurs cartes. « En route. »
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MessageSujet: Re: Désignés volontaires | Wesley   Mer 25 Juin - 0:42

Repoussant sa capuche, Avalon offrit un instant son visage à la pluie. Malgré l’injonction de son acolyte, elle se sentait incapable de bouger ; écrasée par le poids de ses déductions, elle se tenait au bord du précipice. Il eut été si simple de fermer les yeux et se laisser engloutir. Quelque part, elle en avait envie. Elle n’avait que trop vécu, de toute façon, et le pas qu’elle s’apprêtait à faire ne lui apporterait rien qu’elle n’eut déjà goûté une fois au moins. L’expérience est une lanterne que l’on porte sur son dos et qui éclaire le chemin parcouru, se souvint-elle avec une pointe d’ironie : son passé était si obscur qu’elle doutait qu’il existât une flamme capable d’en dissiper les ténèbres.


La métamorphe n’avait aucune idée des raisons qui poussaient le shadowhunter à faire front. Dans le regard qu’ils avaient échangé, pourtant, elle avait cru deviner quelque chose : il ne reculerait pas, dût-il ne pas revenir. Est-ce parce que tu n’as plus rien à perdre ? La réaction incrédule du milicien quand elle avait exposé sa théorie lui susurrait le contraire. Il y a quelque chose que tu crains plus encore que la mort… Qu’est-ce que c’est ? « Attends. » Elle ferma les yeux, le visage toujours tourné vers le ciel. « Vu notre galère, autant… Ça sera plus simple. M’appelle Avalon. »


La métamorphe commença à masser sa nuque ; ses doigts roulèrent sur sa première cervicale et elle les compta silencieusement, jusqu’à ce qu’une légère bosse. Il était toujours là, l’immonde parasite. La puce dormait depuis la chute de New York, mais elle n’avait jamais été assez bête pour l’oublier. Ils n’ont qu’à appuyer sur un bouton et je suis finie. Cette pensée ne fit qu’alimenter sa colère. Ironiquement, c’était moins l’idée de sa mort imminente qui la mettait en rage que son incapacité à l’accepter, alors même qu’il lui semblait l’avoir si longtemps cherchée. Après avoir rêvé du libre arbitre, voilà qu’elle avait une chance d’en faire bon usage et pourtant elle cédait à nouveau. Pas à sorcière et au lien pervers qui les unissait. À l’instinct de survie.


« Je vais passer devant, annonça-t-elle sans daigner croiser son regard. Tu vas suivre, toujours un croisement derrière moi. Si je continue, la voie est OK. Si je fais demi-tour, tu te prépares à faire c’que tu sais faire. » Tendant ses bras en arrière, elle laissa glisser son sac à dos qui tomba lourdement au sol. « ‘Doivent pas me voir. Sinon, me tireront dessus. » Faisant fi et de la pluie et de la bienséance, elle retira d’un même mouvement son pull et son t-shirt. « Y a jamais d’animaux autour les planques rebelles. » Pliant légèrement ses genoux, elle se débarrassa enfin de son pantalon. Entièrement nue, elle se tourna vers son binôme. « Pose pas de questions. J’ai rien choisi. »


Elle changea.


Avalon n’était pas la première métamorphe venue, la transformation fut donc rapide et maîtrisée. Elle fut d’abord prise d’un violent frisson qui la plia en deux. Plutôt que de lutter, elle se laissa simplement tomber à genoux et la magie fit son œuvre. Cela ne dura qu’une dizaine de secondes à peine, mais s’il n’avait jamais assisté à pareil spectacle, Wesley dut les trouver bien longue. Par la suite, quand la chatte eut remplacé de l’humaine, elle s’ébroua et releva son museau vers le géant — qui l’était au sens propre du terme, désormais. Puis, sans un bruit supplémentaire, elle se lança à l’assaut de la première ruelle.

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MessageSujet: Re: Désignés volontaires | Wesley   Mer 2 Juil - 17:37



Il pinça l'arête de son nez entre le pouce et l'index, exhalant lentement. Le cumul de toute une vie de choix malavisés, couplé à un cruel manque de sagacité, l'avaient amené à cet instant fatidique. Son outrecuidance caractéristique l'avait toujours bercé de la douce illusion que les règles des hommes n'était pas faites pour lui,  sorte d'auguste engeance, de séraphin, transcendant la qualité de simple mortel. Wesley avait, de tout temps, eu l'intime conviction que sa ruse lui permettrait de s'extirper des rets les plus mortifères mais son arrogance avait émoussé sa clairvoyance et voilà qu'il avait été joué. Et s'il souhaitait éviter aux siens de subir les retombées de ses frasques, sa seule option était de consentir à se jeter dans la gueule béante du loup ; ce qu'il ferait sans l'ombre d'une vacillation.

Le Hunter passa une main lasse sur son visage blafard, jetant à sa coéquipière un regard de biais. « Ouaip, ben je m'appelle toujours Wesley. » fit-il d'une voix lente. Il la contempla se délester de son sac, qui tomba mollement au sol dans un bruit mat et fut ensuite déconcerté de voir la jeune femme s'effeuiller. « Qu'est-ce que tu - ? » commença-t-il mais les mots moururent sur ses lippes bleues car voilà que la dénommée Avalon se tenait dans toute sa splendeur devant lui, nue comme le jour de sa naissance. Il sentit malgré lui le désir éclore et son regard glisser sur le galbe de la demoiselle, remarquant sa peau laiteuse, sa poitrine insolente et concupiscible et l'incroyable vulnérabilité qui émanait d'elle dans cette tenue d'Ève. Le soudard avait, durant sa vie de débauche, connut un certain nombre et un nombre certain de femmes mais demeurait néanmoins coi face à la soudaineté et l'imprévisibilité de la chose. Pourquoi diable avait-elle fait cela ? Son esprit, confus et stupéfié, ne parvenait pas à façonner de réponse pertinente à cette question. « Tu vas prendre froid. » s'entendit-il stupidement articuler. Toutefois, le mystère fut bien vite résolu ; sous les yeux du Hunter sidéré, Avalon se métamorphosa en félin. Elle était donc un Skinchanger. Il en avait bien sûr déjà entendu parler, avait même appris beaucoup de choses à leurs sujets lors de sa formation, à l'époque où il s'était enrôlé dans la milice, mais n'avait, jusqu'à présent, jamais eu l'occasion d'être témoin de l'une de ces fameuses transformations. Fascinant, tout à fait fascinant que d'observer l'humain devenir bête, l'ossature se ré-imbriquer différemment – bien que le spectacle puisse lever le cœur de certains -  de contempler l'épiderme glabre se hérisser de fourrure. Au vu des os rouler sous la surface de la peau, des muscles muer, Wesley se demanda si la transfiguration était douloureuse mais déjà, cette dernière était achevée et devant lui ne se tenait plus une charmante nymphe mais bien un chat. « Oh. » souffla-t-il simplement, tout en se baissant afin de récolter les atours d'Avalon et de les fourrer dans le sac de cette dernière, qu'il endossa prestement. Recouvrant sa contenance, il fixa à son pistolet machinalement un silencieux. « Bien. Mène la danse, Kitty. »

Aux aguets, Wesley allongeait des pas feutrés tout en fixant le chat au devant de lui. Il ne pouvait s'empêcher de penser que le caractère désert du quartier était de mauvais augure. Naguère, la plèbe se ruait par milliers sur cette station balnéaire, les rues étaient constamment bondées et inondées par un brouhaha incessant. Pour l'heure, pas une âme qui vive ne hantait les lieux et le seul son brisant la quiétude des lieux était le vent mugissant qui lui susurrait mille et une promesses de mort certaine. Une bourrasque fit soudainement valdinguer une canette de soda, bruit captivant l'attention du Hunter, qui fit volte-face. Rien. Se retournant derechef, il remarqua que sa comparse s'était engagée dans l'une des voies du carrefour ; problème étant qu'il ignorait laquelle.
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