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 Sous les voûtes du passé - ft. Ruby

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MessageSujet: Sous les voûtes du passé - ft. Ruby   Dim 22 Juin - 8:57

Tel un insecte pris dans la fournaise. L’oxygène brûlant de la Louisiane venait se loger dans les alvéoles réticentes des passants. Un air de jazz flottait dans l’air, quelque part entre le passé et le présent, le réel et le fictif, aussi évanescent que le bonheur. Le quartier français vibrait sous les talons impétueux des jeunes filles de bonne famille aux petits rires entrechoqués. Dans l’ombre des hautes maisons à balcons en fer forgé de la rue de Chartres, Nathan observait ce bouillonnement d’un œil indifférent. Il faisait bien trop chaud pour pester contre la bourgeoisie. Le jeune homme siffla et se mit en quête de fraîcheur. Glissant entre les formalités, ses pas le menèrent à l’extrémité de la rue, sur le Jackson Square. La vie dans son aspect le plus aveuglant avait envahi ces lieux. Lumière et ombre. Un monde binaire qui refoulait toute nuance au rang de perturbation impure. Un monde créé par des esprits simples pour que des esprits simples s’y sentent en sécurité. Tournant à l’angle du parc, Nathan esquissa un sourire amusé. Société de merde. Il chemina sur le pourtour du parc en gratifiant d’un regard effronté les yeux désapprobateurs qui s’aventuraient sur ses tatouages, son pantalon déchiré, ses chaussures trouées. Une paire d’entre eux appartenaient à une petite blonde aux hanches généreuses que Nathan se fit un plaisir de siffler bruyamment. Une balade dans les quartiers aisés n’était vraiment réussie que lorsqu’on se mettait à dos un daddy ou deux. S’arrêtant de l’autre côté du Jackson Square, il se tourna vers la Cathédrale Saint-Louis. Le bâtiment ressemblait à un grand château en sucre sorti tout droit d’un conte de fée. Nathan laissa son regard errer sur les trois tours qui en constituaient la façade, certain d’apercevoir l’ombre furtive d’un être difforme sonneur de cloches ou les longs cheveux dorés d’une princesse à délivrer. Mais non. Rien du tout. Déçu, il songea tout de même qu’à l’intérieur du bâtiment devait régner ce froid humide caractéristique de la religion chrétienne et de ses lieux de culte. En quelques instants, il était devant les marches de l’église.

En franchissant le seuil de la lourde porte d’entrée, il proféra intérieurement quelques insanités. Juste pour s’assurer que Big Brother, s’il existait, sache ce que le jeune homme pensait du monde qu’il avait créé. Tu ne fais plus peur à personne avec ton enfer grand manitou : on est en plein dedans ici. Il s’avança dans la nef de droite en jetant des regards dépités aux croyants, qui priaient pour leur salut. Le salut. Il sourit à pleines dents. Cela devait être plaisant à espérer. Mais nettement moins qu’une bonne bouteille de whisky et une jolie rousse contre qui passer la nuit. Arrivé à hauteur de la croisée, il s’arrêta pour regarder vers le haut. Un automatisme, suggéré par l’architecture-même du lieu. Il traversa la nef centrale et entreprit le trajet inverse. Il marqua un temps d’arrêt devant le confessionnal. Ah, ce vieux fantasme des corps collés dans l’intimité toute relative du confessionnal, doublé d’un beau doigt d’honneur non négligeable à la religion. Il regarda autour de lui en quête d’une personne avec qui partager l’aventure. N’étant pas encore gérontophile, il abandonna cette idée, un peu à contrecœur. Il ne lui restait plus qu’à aller s’échouer sur un des bancs en bois vernis en attendant de retourner à la fournaise. Il prit place en bout de rangée et se mit à somnoler.

Un cri de femme résonna le long de son derme. L’humidité ambiante perforait ses organes. Il souhaitait aller la secourir… mais ne savait pas où la chercher. Troublé, il voulut se lever brusquement. Ses membres se rebiffèrent. Concentration. Il pouvait presque sentir son sang ruisseler dans ses veines, rythmé par la fermeture successive de ses valves cardiaques. Un murmure le déconcentra. Il serra les poings. Le contact d’une main déposée sur son épaule droite souleva ses paupières. La réalité le rattrapa et le frappa de plein fouet. Le quartier français. L’église. Il s’était assoupi. Il se retourna et aperçut une belle chevelure brune tomber sur un visage opalin. Un sourire ensommeillé étira ses traits.

Miss Moriarty, salua-t-il d’un ton solennel. Je ne vous savais pas croyante.

Le regard de Nathan se perdit un instant dans la courbe de ses hanches, alors qu’elle passait devant lui pour prendre place à sa droite. Le jeune homme avait connu beaucoup de patrons au cours de sa vie, mais aucun ne possédait le physique affolant de Ruby Moriarty. La première fois qu’il avait croisé sa route, c’était au Masquerade lors de son entretien d’embauche improvisé. Le guitariste précédent avait subitement déserté les lieux, délaissant un boulot à conquérir. Sautant sur l’occasion, Nathan s’était présenté au club en annonçant d’emblée la couleur : il était le meilleur guitariste en ville et c’eut été une grossière erreur de ne pas l’engager sur-le-champ. L’audace avait payé. Un sourire amusé avait scellé leur concordance.

Si j’avais su, je me serai converti depuis longtemps ! ajouta-t-il avec un rictus enjôleur.


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MessageSujet: Re: Sous les voûtes du passé - ft. Ruby   Sam 28 Juin - 11:45

Nathan † Ruby

Ruby ne savait pas pourquoi elle était entrée dans l’église. Elle n’était pas croyante et encore moins pratiquante, elle n’était même pas catholique mais protestante du temps de sa première vie. Mais quelque chose dans l’architecture du bâtiment l’attirait. Un mysticisme profond qui appelait la sorcière en elle. Et puis surtout compte tenu des fortes chaleurs qui emprisonnait la ville ces derniers temps, c’était un des rares endroits qui conservait une fraicheur salvatrice, ce qui expliquait l’âge pour le moins élevé de sa population. La brune comprenait aussi ce besoin de recueillement, cette envie d’un espoir plus grand que celui offert par le gouvernement. L’idée qu’il y avait encore une puissance supérieure qui pouvait leur venir en aide. Après tout s’il existait un enfer tel que Darkness Fall, il y avait peut-être un Paradis pour les plus pieux d’entre eux. Tout était possible et Moon ne serait pas la première à cracher sur les personnes qui trouvaient le réconfort nécessaire dans un culte et son lieu de célébration. Elle-même cherchait un sentiment semblable dans ses pouvoirs et sortilèges. Cela fit naitre un léger sourire sur ses lèvres colorées rouge sang. A une autre époque on lui aurait fait la chasse en l’insultant d’hérétique à cause de sa magie, et elle venait prendre asile du soleil dans cet endroit parmi tant d’autres en ville. Mais en opposition avec l’agitation perpétuelle qui régnait au Masquarade, la cathédrale était un sanctuaire de silence qui lui faisait le plus grand bien pour se reposer au frais.

L’ancienne actrice remontait tranquillement l’allée lorsqu’un de ses talons se pris dans une des magnifiques dalles de pierre recouvrant le sol. Pour ne pas trébucher elle se rattrapa à l’épaule d’un homme assit là, pour une réception ne donnant l’air de rien. Sa malencontreuse victime se tourna vers elle et elle lui offrit un sourire d’excuse le plus innocent possible, celui qui lui donnait l’air d’une poupée. Elle savait parfaitement jouer les ingénues, ce qui contrastait grandement avec sa jupe courte en cuir et son chemisier blanc laissant deviner un soutien-gorge rouge. L’homme la reconnu mais la sorcière dû elle faire un effort pour se rappeler de qui il était jusqu’à ce que ces yeux se pose sur son bras tatoué. Il travaillait pour elle, ce qui expliquait tant de formalité à son encontre, ce que Ruby apprécia alors même qu’elle se retenait de rire de sa réflexion. Elle vint prendre place à ses côtés et murmura. « Il n’est pas trop tard, l’on doit pouvoir trouver un prêtre en cherchant bien. » Son sourire se fit malicieux puis elle croisa les jambes pour s’installer plus confortablement, comme si elle était dans une des banquettes de son cabaret. Du coin de l’œil elle l’observa plus attentivement sans pour autant donner l’air de le reluquer. Elle ne le connaissait pas très bien, voire pas du tout mais savait qu’il n’avait pas froid aux yeux. Il avait su se vendre pour obtenir sa place au sein de ses employés mais s’il croyait qu’en lui faisant de la lèche il obtiendrait quoi que ce soit de plus de sa part, il se mettait le doigt dans l’œil encore plus profondément que ce qu’on pouvait imaginer. Les musiciens n’étaient pas ce qui rapportait le plus d’argent à son business mais plutôt ses danseuses peu vêtues. Dans le même temps, elle pouvait aussi prévoir des soirées exclusivement féminines et mettre son personnel masculin dans de micro tenues. Ainsi sur le ton de la confidence elle ajouta. « Mais si tu veux vraiment bosser pour moi, mieux vaut ne pas avoir de compte à rendre à ce vieux rabat-joie. » Elle pita le plafond du doigt pour accompagner sa phrase.

A aucun moment elle n’avait répondit à propre dit à sa minable technique de drague. Moon était consciente du regard appréciateur qu’il lui avait adressé et pire que cela, il était loin d’être le seul à la reluquer ainsi. Quatre-vingt-quinze pour-cent de ses clients faisait de même, c’était son fonds de commerce tout de même. Et la brune en jouait, en abusait, bien qu’elle se trouvait relativement soft ce jour-là. Le peu de vêtement s’expliquait par les températures et le reste et bien c’était son style. Maintenant qu’elle n’avait plus un mari ultra jaloux pour surveiller ses tenues vestimentaires la jeune femme se faisait plaisir et puis elle aimait savoir son pouvoir de séduction, savoir qu’elle plaisait à la gente masculine et qu’ils pouvaient penser à elle dans l’intimité de leurs plaisirs solitaires. Si certaines trouvaient cela dégradant, Ruby pour sa part, trouvait qu’il s’agissait d’un des plus beaux compliments que l’on pouvait faire à une femme. Elle s’enfonça un peu plus dans le banc de bois qui n’était pas véritablement confortable et accentuait le fait qu’un bon chrétien devait être pénitent puis que même dans le recueillement il n’y avait aucun luxe. La sorcière s’en voulu alors de ne pas se souvenir du nom du guitariste. Elle faisait d’habitude de son mieux pour traiter au moins correctement ses employés, bien que tous ne bénéficient pas des mêmes traitements, mais là impossible de remettre le doigt dessus.

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MessageSujet: Re: Sous les voûtes du passé - ft. Ruby   Dim 17 Aoû - 11:58

            Une danse s’engagea. Une chorégraphie cent fois répétée entre deux corps en orbite. Un croisement de jambes. Un sourire en coin. Le sang de Nathan se mit à résonner au rythme des battements de cils de la belle. Tout l’attrait de ce jeu résidait dans son inconstance. Bien que cette discipline ne lui fût pas inconnue, il y avait quelque chose d’insolite dans ce lieu, dans ce regard, dans la façon dont elle posait son corps sur ce banc maculé de prières. Les yeux perdus dans le vide de la nef, il sentit le regard de la jeune femme brûler furtivement son derme. Curiosité, sans nul doute. A vrai dire, il n’était même pas certain qu’elle le reconnaîtrait. Il ne cherchait pas plus à lui plaire qu’à une autre parce qu’elle était sa patronne. Mais ça me plait qu’une femme soit au-dessus de moi... Il esquissa un sourire et se tourna vers elle.

J’ai été engendré pour finir ma vie à emmerder le Diable en enfer, Miss. Votre prêtre voudrait me noyer dans de l’eau bénite.

Il la fixa intensément, un rictus flottant sur ses lèvres. Elle soutint son regard, visiblement amusée. Il jugea de bon ton de rajouter :

Mais si ça vous branche de fouiller les coins sombres de cette église à la recherche d’un prêtre, je vous suivrai… de très près.
            Ou comment planter le décor. Si Ruby se demandait encore à qui elle avait affaire, c’était à présent limpide. Nathan aimait partager avec le monde les conneries qui fusaient dans ses neurones tordus. C’était d’ailleurs ce qu’on lui reprochait habituellement. Mais c’était plus fort que lui. Il fallait qu’il jette son je-m’en-foutisme pétulant à la face des gens. Il avait un besoin vital de jouer au con. Mais après tout, cette nouvelle patronne ne semblait pas se formaliser de ce genre de remarques. Du moins, il allait le savoir bien assez vite. Elle s’était détournée, aussi se mit-il à l’observer. Elle avait le charme arrogant de la femme consciente de son effet sur les mâles. Le port de tête, le regard, le sourire, les manières de celle qui utilise sa beauté au lieu de la nier. Ruby Moriarty était ce genre de brune intrigante que jalousait sa gent et qui fascinait l’autre. Parmi toutes les femmes que Nathan avait connues et serrées contre son corps, celles de la trempe de Ruby donnaient souvent le plus de fil à retordre. Souvent, elles se révélaient décevantes. Parfois, elles recelaient des trésors de vivacité d’esprit… ou de souplesse. Généralement, ce n’étaient pas celles à qui Nathan aimait le plus se frotter. Mais quitte à côtoyer une patronne magnifique, autant en profiter pour ouvrir sa grande gueule.

            Quand elle se tourna à nouveau vers lui pour le capturer dans ses grands yeux brillants, il ne put s’empêcher d’avoir une pensée furtive vers le confessionnal. Il retint un rire et se promit de trouver une jeune ingénue pour tenter l’expérience. Car de toute évidence, ce n’était au programme de cette journée. Il laissa tout de même ses yeux rebondir sur la courbe de son nez, glisser sur ses lèvres, et terminer leur courbe descendante sur la tenue de la jeune femme. Il s’agissait d’une question de réputation que de persévérer dans la provocation. D’autant que la longueur de sa jupe en cuir encourageait à ce qu’on s’y attarde…

Donc… c’est une envie subite de confession qui vous a amenée sur ce banc ? reprit-il. Voulez-vous que je vous laisse en tête à tête avec le vieux barbu ?



HJ : toutes mes excuses pour le retard et la longueur de cette réponse !  Embarassed Ma muse m'a abandonnée ces temps-ci...


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MessageSujet: Re: Sous les voûtes du passé - ft. Ruby   Jeu 21 Aoû - 9:24

Ruby ne put retenir un rire d’exploser dans sa gorge à la remarque du jeune homme, s’attirant les foudres des pratiquant ayant eux aussi trouvés refuge dans la cathédrale et trouvant donc indécent son bavarde et son exclamation. Il y eu d’ailleurs des ‘chuts’ qui volèrent d’un peu partout et elle prit un air désolée mais Nathan, assit à côté d’elle pouvait voir qu’il n’en était rien. Elle calma son amusement tant bien que mal et secoua la tête. C’était vraiment dommage qu’elle ne se souvienne pas de son prénom car il était très marrant comme type et puis il travaillait pour elle, elle aurait dû être en mesure d’au moins s’en souvenir histoire de faire croire qu’elle était une bonne patronne. Et puis surtout cela faisait deux fois qu’il lui montrait, ou plutôt lui faisait entendre qu’il la draguait. Un peu grossièrement d’ailleurs mais c’était toujours flatteur. En s’y prenant bien Moon pourrait peut-être même aire en sorte que cela l’aide à rendre Aiden jaloux. Les choses étaient toujours étranges et incertaines entre elle et son associé mais elle ne pouvait plus nier l’évidence de ses sentiments pour lui. Restait juste à le titiller comme il fallait pour voir où tout cela pouvait les mener. « Ai-je vraiment l’air d’une femme qui se confesse ?! » Murmura-t-elle prenant un air outré et puis elle se pencha vers lui pour lui souffler la suite au creux de l’oreille. « Je ne suis même pas catholique…et les vieux barbus je les préfère qui viennent boire et dépenser leur sous dans mon bar. » Même si techniquement, elle était loin de recevoir ce genre d’homme dans son cabaret. Elle n’accueillait pas les vieux pervers libidineux chez elle, son établissement avait un certain standing, ce n’était pas une vulgaire boite où l’on vendait du sexe. Au Masquarade on vendait du rêve.

La sorcière se redressa et pris appuis avec son bras sur le dossier du banc. Ces choses n’étaient véritablement pas confortables. Ceux qui n’avaient pas apprécié qu’elle trouve le silence religieux de ce lui leur lançaient toujours des œillades, se préparant certainement à leur dire de partir sur le champ s’ils continuaient à papoter comme au café. Seulement Moony n’en avait cure, elle n’était pas là pour faire plaisir à un Dieu, elle venait de l’Enfer, elle était une revenante presque alors la foi, très peu pour elle. « Et donc non je ne suis pas là pour ça mais seulement pour trouver un peu de fraicheur dans ce temps caniculaire. Et toi ? Tu cherches la foi pour pouvoir continuer à bosser pour moi ? Je suis une patronne si horrible que ça ? » Ne le connaissant pas trop, et n’ayant quasiment pas eu d’interaction avec lui jusqu’à ce moment-là, ce ne devait pas être le cas pour lui, il n’était pas Isis et il n’avait jamais vu à quel point elle pouvait être chiante et méchante mais on ne savait jamais. Il avait peut-être eu vent de certains de ses comportements. Elle n’en avait pas honte alors bon ce ne serait pas bien grave mais elle aimait bien savoir. Ruby hésita à lui dire qu’il devrait se trouver un endroit plus isoler pour parler, pour être plus tranquille et éviter d’avoir encore les autres personnes qui leur disent de se taire mais elle avait un peu peur qu’il prenne ça comme une ouverture. Une réponse positive à son flirt trop grossier. L’ancienne actrice n’avait rien contre le sexe, bien au contraire elle adorait ça mais elle ne s’offrait pas à n’importe qui et certainement pas à un employé. « En tout cas ne croit pas que me draguer t’apportera des faveurs, chez moi ce qui compte c’est de rapporter de l’argent et je suis désolée de t’annoncer que tu n’as pas le succès des danseuses pour le moment. »

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MessageSujet: Re: Sous les voûtes du passé - ft. Ruby   Sam 18 Oct - 11:51

Un rire gourmand s’envola dans le conformisme de la nef. Nathan se délecta du grondement de la foi contre cette intrusion presque infernale. La sensualité de Ruby venait se frotter contre les murs frigides de la bâtisse. Contre les hommes dont les épouses effarouchées tentaient de sauver les âmes de cette passion impie. Le Diable était entré en ce lieu saint… et comptait bien ressortir avec un ou deux cœurs damnés. Le jeune homme pouvait voir quelques regards courroucés s’attarder une seconde de trop sur la gorge de sa patronne. C’était tout le problème avec la morale et la droiture d’esprit : les maintenir relevait de la plus pure des utopies. C’est lorsque les saints et les citoyens dévoués comprenaient cela qu’ils se laissaient simplement aller au vice. Laisser parler ses pulsions primaires : un besoin de base que la société vous retirait au nom de l’ordre. Perdu dans l’anarchisme de ses pensées, le jeune Irlandais n’avait pas senti son interlocutrice s’approcher doucement de son oreille. Il sourit largement, plus à cette proximité qu’à ses propos, qui n’avaient rien d’une révélation. Il en profita également pour plonger son regard dans le sien, regard qu’elle soutint sans effort. Mademoiselle Moriarty avait connu bien des hommes, cela ne faisait pas l’ombre d’un doute. Elle se redressa en balayant l’espace de sa fragrance. Nathan, amusé, la vit se tortiller à nouveau sur le banc pour trouver une position confortable. Il pouvait lui accorder sa persévérance, lui qui avait abandonné depuis bien longtemps de se détendre sur cette assise. Elle ne devait tout simplement pas être habituée à siéger sur de si piètres banquettes. Question de classe. Moi ? Je me suis perdu. Je courrai après une jolie paire de seins dans la rue et la seconde d’après, je me suis retrouvé ici ! Il fit mine de réfléchir intensément à ces événements, tout en épiant du coin de l’œil la réaction de sa patronne. Et puis la foi ? il éclata de rire. Je suis un païen ! Mais je m’en sors pas trop mal, je ne pense pas que mon horrible patronne soit une fan des génuflexions… religieuses.

La petite voix qu’on appelle conscience et que chacun entend dans sa tête lorsqu’il va dans une mauvaise direction… cette petite voix ne résonnait pas dans la tête écervelée de Nathan. Il avait appris il y a bien longtemps déjà à la faire taire en l’envoyant danser la nouba avec son amour pour les convenances et le raffinement de son vocabulaire. Ruby l’avait probablement remarqué, puisqu’elle lui fit une remarque sur sa drague éhontée. Alors qu’il n’avait même pas commencé à essayer de la séduire ! Il la regarda d’un air malicieux : Je n’ai pas encore leur succès, vous voulez dire… Bientôt, tout le monde au Masquerade arrachera ses vêtements en voyant Nathan McFadden monter sur scène !

Il partit dans un grand éclat de rire, qui lui attira les foudres des croyants amassés dans la foi. Il roula des yeux : tout ceci était fort déplorable. Vous penseriez que je vous drague si je vous propose de sortir ? Toute cette dévotion, ça me donne envie de gerber, dit-t-il assez fort pour que ses mots résonnent copieusement dans la nef. Pour pousser le vice, il se leva, contourna sa patronne et remonta l’allée centrale. Je reviens, lança-t-il avec un regard malicieux vers l’arrière, ne vous enfuyez pas sans moi ! D’un pas ferme, il atteignit la première rangée de fidèles et s’arrêta. Campé sur ses deux jambes, il regarda à sa droite. Puis à sa gauche. Avec un large sourire, il sauta sur l’autel et fit mine de s’y balader comme le faisaient les touristes, à l’époque où les églises possédaient à peu près la même sacralité que Disneyland. Puis, faisant face à la nef et ses croyants courroucés, il joignit ses mains en signe de prière et inclina légèrement la tête, la mine grave. Après quelques secondes de silence, il ouvrit largement les bras et clama d’une voix forte : Mes bien chers frères, je vous remercie d’être venus aujourd’hui. Il marqua une pause théâtrale en joignant à nouveau ses mains, retrouvant avec délice ses automatismes d’ancien hôte. J’ai un message important de la part de Big Brother, que vous priez avec tant d’ardeur. Sortez de cette église lugubre ! Allez prendre le soleil tant que vous le pouvez et surtout, baisez un bon coup. Le moment fatidique approche, celui où vous ne pourrez plus jouir de la vie… ou tout court. Il regarda intensément l’assemblée, qui commençait à bouillir. Tandis que tous chuchotaient dans leur coin, un homme d’un certain âge se leva, pointant un doigt accusateur sur Nathan. Ses lèvres tremblèrent un instant et laissèrent finalement s’échapper un « Petit con ! » méprisant. Nathan crut bon d’ajouter avec un rictus amusé : Et pour ceux d’entre vous qui ont des filles, prenez garde ! Il parait que le Diable en personne rode à la Nouvelle-Orléans… Il s’esclaffa et descendit de l’estrade pour rejoindre Ruby dans un murmure de scandale.

Arrivant à sa hauteur, il fit une petite courbette et lui tendit une main ouverte pour l’inviter à se lever. En sortant de l’église, Nathan ne put s’empêcher un regard vers l’arrière et adressa un clin d’œil provoquant au vieil homme, qui le fixait toujours d’un air mauvais. La porte grinça et le soleil et la chaleur inondèrent brusquement leurs dermes endormis. Le Diable retournait à la fournaise.
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MessageSujet: Re: Sous les voûtes du passé - ft. Ruby   Dim 2 Nov - 16:02

Ruby aimait assez l’idée de bavarder tranquillement dans un lieu de culte. D’ailleurs, racheter la bâtisse et en faire un cabaret au même titre que celui qu’elle tenait actuellement seraient une idée du feu de Dieu, pensait-elle avec un peu d’ironie. Malheureusement l’église n’était pas à vendre, elle n’en avait pas les moyens et cela ne se passerait certainement pas sans heurte auprès des autorités compétentes. Toutefois il fallait savoir faire preuve d’un peu d’imagination parfois et rêver aider à survivre dans ce monde où même la plus simple des libertés avait le plus grands des prix. Après avoir statué sur sa propre foi, elle l’écouta répondre qu’il n’en avait pas plus qu’elle et cru bon encore une fois d’appuyer sur un sous-entendu que la belle laissa passer préférant s’attarder sur le fait qu’elle n’était pas le monstre qu’elle pensait être avec ses employées, mais elle n’était pas leur ami pour autant et cet homme se montrait bien trop familier. Elle le remit donc en place, en lui signifiant que sa drague grossière n’avait aucun effet sur elle ou au cabaret, sinon elle se souviendrait de son prénom. Elle garda cette dernière remarque pour elle évidemment. Et si l’on pouvait au moins on pouvait reconnaître une qualité à ce jeune homme, c’était sa détermination, comme il l’annonçait son succès n’était que naissant et bientôt ce serait pour lui que l’on visiterait le cabaret. Moony aurait aimé que les choses soient si simple avec les clientes mais la gente féminine boudait plutôt sa boite dont la clientèle visée était de toute manière les hommes en âge d’apprécier des femmes raffinées et élégantes malgré une nudité flagrante. Le burlesque était un véritable art et même s’il existait nombre de femme capable de l’apprécier, ce n’était pas particulièrement ce que la sorcière visait. Toutefois s’il voulait prendre sur lui de les faire venir au club, il pouvait essayer, elle n’avait rien contre.

Le rire qu’il eut à sa propre boutade, la fit simplement sourire. Il avait un petit côté comique mais surtout une confiance en lui qui forçait l’admiration alors que Ruby venait de le renvoyer dans ses filets. Cela attira évidement de nouvelle fois le courroux des pratiquants qui ne supporteraient plus très longtemps les deux opportuns qu’ils représentaient. En même temps elle les comprenait un peu. Si elle avait été croyante, elle n’aurait pas non plus aimé qu’un couple de trouble-fête s’invite et la perturbe dans son recueillement, sans ses réflexions personnelles. Ce n’était pas poli, mais il fallait savoir être compréhensif des deux côtés. Moony entendit vaguement que Nathan lui proposait d’aller ailleurs pour probablement fuir ses regards accusateur et pouvoir discuter tranquillement. Elle n’était pas contre mais elle appréciait la fraicheur de la cathédrale et n’avait pas véritablement envie de la quitter. Certes il marquait un point pour la dévotion un peu trop envahissante mais, cela ne l’avait jamais véritablement troublé auparavant et pas à cet instant non plus. Elle le regarda donc interrogative remonter l’allée centrale après lui avoir demandé de ne pas partir sans lui. Ce fut avec la même stupeur que les autres personnes présente dans le lieu de culte qu’elle le regarda faire son petit numéro qu’il trouva certainement d’un drôle absolu au vu de son air de paon fier. Puis elle fut outrée au même titre que les gens par ses propos. Mais qui était ce type qui travaillait pour sa personne ?! Se demanda-t-elle effarée par ce qu’il venait de faire. Une première insulte fusa avec laquelle Ruby était entièrement d’accord et puis resta médusée le temps qu’il finisse son petit discours pro carpe diem et qu’il revienne vers elle. Moon ne put dire non à sa révérence et sa main tendue, surtout avec tous les regards sur eux, elle était désormais associée à lui et sa connerie, elle avait tout intérêt à prendre la poudre d’escampette en sa compagnie et le suivi de mauvais gré à l’extérieur ou la chaleur étouffante écrasa soudainement.

Une fois dehors la brune récupéra aussi sec sa main et le regarda de la même façon que les autres personnes dans la cathédrale. « Non mais t’es taré ou quoi ?! J’ai dit que je n’avais pas besoin de gens pieux à mon service mais j’ai pas non plus besoin de psychopathe ! J’ai un établissement et une réputation à tenir, qui va payer ton salaire si les Peacekeeper débarquent et ferment le Masquarade à cause de ton petit numéro ?! » La sorcière était véritablement remontée pour le coup. Elle était entrée là en quête d’un havre de paix, d’un moment de calme et surtout d’un sanctuaire pour échapper au soleil assassin qui régnait sur la ville en cette radieuse journée. Il avait probablement cru que cela la ferait rire, que ça l’impressionnerait. Peut-être même qu’elle trouverait cela séduisant. Mais c’était tout le contraire. Moony ne croyait pas en Dieu, au du moins elle ne lui reconnaissait aucun pouvoir mais elle respectait le culte, elle avait ses propres pratiques et rituels en sorcellerie. Mais là, il avait dépassé toutes les limites et si jamais on la reconnaissait et que son nom tombait dans la conversation, qui pouvait savoir les conséquences que cela pourrait avoir. Le gouvernement avait les yeux partout et un tel affront ne passerait pas forcément sans heurt. « Si tu crois gagner des point auprès de moi de la sorte, tu te mets plus que le doigt dans l’œil et si tu continues il te faudra te trouver une autre scène pour te produire. » Ajouta-t-elle en le pointant d’un doigt accusateur.

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