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 Gare à Loup, Chaperon chasse. [pv]

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MessageSujet: Gare à Loup, Chaperon chasse. [pv]   Lun 30 Juin - 1:00



Gare à Loup, Chaperon chasse.

(pv) Rafael A. Morienval


~

« Mauvaise réponse, Monstre. » Tes pas sont lourds de signification, possédés par la colère, la haine profonde que tu gardes au fond de ton cœur depuis tout ce temps. Mauvaise réponse, t'a-t-il dit, serrant fort ce cou qui en souffre encore. Tu tousses, parfois, en te souvenant de ses mains sur ta peau, empêchant tes poumons de s'emplir d'air. Tu te réveilles en sursaut, aussi, alors que les cauchemars étalent leur ombre malsaine sur ton esprit dérangé, te faisant vivre sans cesse la brûlure de ta gorge avant que le vide ne t'emporte, balancée dans les escaliers comme un vulgaire cadavre. Tu te souviens, ô combien il est dur d'oublier, la douleur de la première marche qui frappe ta tête dans un bruit sourd. Ô combien il aurait été préférable de simplement perdre conscience au premier choc, mais la vie est plus sadique que cela. Les autres marches ont été bien pâles devant le mal qui prenait possession de ton crâne, enserrant ton cerveau de son étau, te laissant entrevoir un monde flou et ensanglanté. Ton monde, danseuse, ton monde monstrueux et douloureux, inondé de ton sang impur qui roule sur ta peau en réchauffant tes joues froides. La chute a été longue, très longue, mais au lieu de te briser, de ne laisser derrière elle qu'un cadavre en sursis, elle a gonflé ton cœur de haine et forgé un être plus dangereux encore qu'il ne pourrait l'imaginer, puisque tu es pratiquement devenue Un, le monstre et la femme ayant décidé d'une trêve pour s'unir dans la vengeance. Gare au Loup qui rôde, laissant traîner sa putride odeur derrière lui, car les rôles ont été inversés, la proie a commencé à chasser.

Tu relèves doucement la tête pour faire apparaître à ta vue le luxueux quartier de la Nouvelle-Orléans. Garden District. Le vent vient un instant faire onduler le chapeau sur ton crâne qui te permet, plus que de te protéger du soleil, de cacher la légère coloration violette de ton arcade gauche, souvenir persistant de ta longue chute. Un soupir t'échappe, puis un sourire alors que tu reprends ta marche. Que lui dois-tu, à cet idiot auquel tu viens rendre visite ? Rien, danseuse, reviens donc sur tes pas, retourne dans ta solitude, à surveiller que personne ne vienne t'attraper de nouveau. Tu n'as pas besoin de lui dans ta survie, tu as tenu jusqu'ici, tu tiendras encore sans avoir à passer le pas de sa porte. Rien ne t'y oblige, ma sœur. Et pourtant tu continues, tes talons claquant sur le marbre du quartier, une petite comptine en tête que tu siffles tout bas. Depuis quand n'as-tu plus été aussi faussement joyeuse, cachant au fond de ton cœur une haine infinie ? Je reconnais là celle que tu fus, celle que tu ne peux plus être. Comment a-t-il fait pour te ramener ? C'est impossible, Lili, si c'est comme ça, reviens-moi. Ne cours pas après le faux Loup qui fait semblant d'être un homme. Tu y perdras, danseuse, crois-moi.

Y perdre quoi maintenant que l'on t'a déjà tout pris ? Le peu qu'il te reste, Lili. Ta vie, ta survie, les doux battements de ton cœur de glace. Tu n'es pas morte jusque là, comment pourrait-il en finir avec toi. Tu le demandes, idiote ? Il ne s'agit pas de refermer ses doigts sur la peau de ton cou, une nouvelle fois, de stopper ta respiration fragile et de laisser échapper les derniers soupirs de tes poumons. Il s'agit de détruire ce qui te garde en vie, ce qui rythme tes pas. Qu'est-ce que c'est si ce n'est la vie elle-même ? Une conviction, une détermination, un but précis. Quel est ton but, Lili ? « Survivre en femme ou mourir en monstre. » Et s'il en venait, donc, à te laisser vivre comme un monstre jusqu'à ce que tu meurs comme une pauvre femme, faible et fragile ? C'est de cela qu'il s'agit, détruire ton corps de l'intérieur en brisant les murs qui te gardent droite, en anéantissant ton esprit. Ton si petit esprit, dérangé par la folie, habité par tout ce qu'il y a de plus mauvais en ce monde. Tu mourras, ma sœur, tu mourras tôt ou tard. Il ne tient qu'à toi de retarder l'échéance en stoppant tes pas et en regagnant l'ombre qui te va tout aussi bien que la lumière.

Tu t'arrêtes finalement, relevant du bout des doigts le bord du couvre-chef qui te tombe devant les yeux. Tes manières sont belles, danseuse, et prouvent à quel point tu as changé. Tu ne sembles ni forte ni fragile, ni arrogante ni modeste, et c'est bien là ce qui met la puce à l'oreille. Tu es devenue incompréhensible, imprévisible. Tu ne le resteras pas longtemps, tu connais la précarité de ta situation. Tu n'es redevenue celle d'avant que pour quelques temps, le temps qu'il te faudra pour abandonner ta haine à l'égard du loup. Mais ce temps n'est pas encore venu, il te faut d'abord prendre ce qui t'est dû et amorcer une douce et lente vengeance. Tu as toujours été rancunière, ma Lili.
De ton toucher délicat, tu appuies sur l'épaule du jardinier, le gratifiant d'un léger sourire. Ta ruse a su charmer le jeune homme dont les joues rouges te donnent l'envie de rire. Tu as prétexté être une très ancienne amie au riche homme de cette villa, laissant sous-entendre quelque affinité qu'il n'est utile de dévoiler publiquement, qu'il n'a plus vu depuis longtemps et dont le retour le mettrait dans une joie infinie. Tu n'as d'ailleurs pas oublié de préciser que tu ne préférais pas imaginer la colère de ton ami s'il venait à apprendre que tu avais voulu lui rendre visite mais que tu n'avais pu. Dupé par ton accent chantant et tes belles manières, le jardinier n'a su résister et t'a gentiment guidée dans le quartier jusqu'à la villa. C'est enfin arrivés que ta main se pose sur son épaule avec légèreté, remerciant le pauvre homme de t'avoir aidée.

La villa t'assomme de son luxe, laissant ton cœur bien peu jaloux, lui qui n'a jamais aimé l'extravagance. Tu ne peux qu'admirer le travail d'architecture sans pourtant envier son propriétaire. C'est ainsi, l'on ne te changera pas. C'est avec une grande joie que tu découvres une baie vitrée ouverte sur la propriété, comme si le simple portail d'entrée pouvait retenir les intrus et garder le riche en sécurité. Tu as envie de rire devant tant de stupidité alors qu'à une heure si matinale tu es capable d'entrer sans en demander la permission. Ton premier pas à l'intérieur te laisse pensive. Le propriétaire, bien qu'il soit tout à fait insupportable, ne saurait souffrir d'un manque de goût et de mode. Tu apprécies d'ailleurs, les pas suivants, la beauté des peintures accrochées aux murs, reconnaissant certains noms sans en être pour le moins étonnée. Ceux qui ont de l'argent aiment à le dépenser, c'est comme ceci pour tout le monde.
Tu continues ta découverte de la villa dans le plus grand silence, montant alors pour atteindre les chambres, non sans avoir vérifié qu'aucun homme n'était prêt à te pousser une fois en haut. Tu prends ton temps, ton ouïe monstrueuse t'aidant à savoir où se trouve ta proie et si elle t'attend. Néanmoins, en plus d'être seul dans une si grande maison, le loup semble pour le moins endormi dans l'une de ces chambres que tu longes. Tu agrippes d'ailleurs une poignée et ouvres la porte, découvrant sans étonnement l'homme allongé dans le lit, un simple pantalon pour tout vêtement. Tu retiens un ricanement derrière tes dents serrés, étouffant chaque bruit qui pourrait le réveiller avant qu'il ne soit produit. Ainsi tu t'avances jusqu'au lit et t'assois sur le bord, laissant tomber ton chapeau pour découvrir ton regard sombre dévisageant cette tête d'ange de laquelle on n'imaginerait pas qu'il puisse sortir autant d'insanités. Et alors, sans crier gare, ta main se referme sur son cou vulnérable sans le serrer, tes pupilles contemplant le réveil canin avec intérêt. Tu laisses finalement ton doigt glisser sur son torse tout en murmurant quelques mots à son attention.

« Le Petit Chaperon Rouge est venu aimer le Grand Méchant Loup. »



Dernière édition par Li Mei Tyler le Jeu 28 Aoû - 19:54, édité 2 fois
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« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

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↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
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MessageSujet: Re: Gare à Loup, Chaperon chasse. [pv]   Lun 30 Juin - 21:20


Gare à Loup, Chaperon chasse.

(pv) Li Mei Tyler


~


S’il y a bien un instant dans la journée où je suis réellement détendu, c’est cette période de demi-sommeil qui succède à la nuit et précède le réveil. Encore enveloppé dans les bras de Morphée, je mets de côté tous mes doutes et mes angoisses, toutes ces pressions qui me suivent sans que j’en ai conscience. Encore à moitié dans le sommeil, je retrouve un peu de cette sérénité qui était mienne, lorsque je me réveillais aux côtés d’Azzura, loin des villes, loin de mon Grand Père, loin des meurtres et du sang qui maculait mes mains. Ma tête est lourde lorsque je refuse de me réveiller pleinement et me retourne sur le lit, emmêlant mes jambes dans les fins draps qui ne sont là que pour l’apparence. La chaleur, accablante malgré l’aération matinale et les ventilateurs qui tournent en permanence, a relégué mon haut dans un coin de la pièce, me laissant torse nu. Un bruit, plus loin, attire mon attention, mais le loup m’incite à ne pas y prêter attention. Peut être est-ce un abus de confiance, ou un défaut de méfiance, mais je ne suis pas encore pleinement alerte, et une part de moi veut préserver le plus longtemps possible cette paix qui transpire mes mouvements lents. Pas DE remords, pas d’arrogance, pas d’inquiétude ou de rage lorsque je sors du sommeil, lorsque j’oscille entre l’état de conscience et ces songes et ces rêves qui s’éloignent peu à peu, me laissant sur le rivage, sur cette plage de sable où aucune trace ne peut m’aider à retrouver mon chemin.

Ma respiration régulière, apaisée, s’accélère lorsque mes sens lupins m’alertent à nouveau d’une présence. Qui se rapproche. Qui s’intensifie. Je la calme, comme on caresse une eau étale du bout des doigts, ressortant la main humidifiée par ce contact léger. Un nouveau soupçon de brume, un nouveau souffle de vent, je me retourne sur le côté, laissant mon bras pendre hors du lit, à la recherche d’un contact quelconque. De vieux souvenirs remontent à la surface, alors que je sens l’autre se rapproche, et que je m’étends comme le chat que je ne suis pas, sur le dos, pour occuper l’intégralité du lit double. Je la revois, je l’imagine, s’approcher de moi, avec notre fille, dans un sourire capable de faire s’évaporer ma colère quelle qu’elle soit. Je la vois, je la revois, je la ressens dans mes bras… et cette personne qui vient de faire craquer si faiblement une latte du plancher, se-pourrait ce que ce fusse t elle ? « Azzura… » s’échappe de mes lèvres qui articulent ces trois syllabes. Le matelas se tasse lorsqu’elle s’assoit à mes côtés ; les yeux fermés, un sourire aux lèvres – sourire amoureux ? – je tourne ma tête dans sa direction. Après tout, cette ombre, cette simple ombre, cette présence, n’est qu’une illusion issue de mes rêves et de mes espoirs. Je suis bien trop enfoncé dans le sommeil, bien trop loin de cette réalité par l’anesthésie que me prodigue Morphée pour faire la part des choses. Et si le loup grogne et s’agite à présent, ce n’est que parce qu’il est jaloux. Jaloux de ce que l’homme paisible peut ressentir, si différent du garde du corps. Il n’y a que lorsque je dors que je suis Rafaele Renzacci. Et je maintiens cette réalité alternative en place, refusant de rompre le sort en ouvrant des paupières sur des pupilles destinées à croiser du vide là où je pense être conscient de sa présence. « Azzura… » m’entends-je répéter, une fraction de seconde avant que mon monde s’écroule.

J’étouffe. Je suffoque. Le réveil que je retarde depuis plus d’une dizaine de minute s’abat sur moi avec la puissance d’une avalanche. Je ne parviens pas à respirer, alors que mes mains cherchent à éloigner cette poigne sur mon cou, alors que mes pupilles peinent à faire le point sur cette présence féminine penchée au dessus de moi. Mais déjà sa main s’éloigne, trace un chemin léger sur mon torse, achevant de réveiller mon corps et toutes mes sensations. De la peur mêlée d’incompréhension se dessinent sur mes traits encore naïfs de sommeil. « Le Petit Chaperon Rouge est venu aimer le Grand Méchant Loup. » Je plisse les yeux, ne comprenant pas ce qu’elle veut dire. Ou plutôt, ne le comprenant que trop bien. Peinant à le comprendre. J’ignore où j’en suis : je me contente donc de m’écarter en me redressant légèrement. Mon torse se soulève à un rythme saccadé, ma cage thoracique se pliant aux exigences de mon cœur affolé. Je suis perdu lorsque je lui concède un incertain « Qu’est ce que… »… Ma main se perd dans mes cheveux, je me recule à nouveau. Mes yeux clairs se ferment, le temps que j’assimile les informations fournies par ce réveil brutal. Qui est-elle ? Li Mei Tyler. J’ai eu le temps de faire des recherches depuis notre dernière entrevue. Que fait-elle ici ? Selon ses dires, m’aimer. Selon les miens, me faire payer la façon dont nous avions conclu notre précédente discussion. Mes traits se troublent un peu plus, quand j’essaye de faire la part des choses. Si je me suis méfié les premières semaines d’une éventuelle vengeance, les pensées du loup ont bien vite pris le dessus et classé notre rencontre dans les événements passés sans temporalité distincte. Je suis incapable de savoir combien de temps se sont écoulés depuis. Et ce n’est pas l’important, me chuchote le Loup. Englué comme je le suis dans le sommeil, j’ai peine à structurer mes pensées. « Qu’est ce que… qu’est ce que tu fais là ? Que me veux tu ? … » Concentre toi sur l’important… « Comment es-tu rentrée, d’ailleurs ? »



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MessageSujet: Re: Gare à Loup, Chaperon chasse. [pv]   Dim 27 Juil - 19:36



Gare à Loup, Chaperon chasse.

(pv) Rafael A. Morienval


~

Tu te délectes des tremblements de sa peau sous tes doigts alors qu'il peine à respirer, ta poigne serrant juste assez la gorge pour empêcher l'air d'y entrer facilement. Fut un temps, peut-être, où tu aurais refermé ton deuxième poing sur sa trachée, serrant de toute la force de tes bras pour ne plus jamais avoir à entendre sa voix démoniaque. Aujourd'hui seulement, tu n'en as plus l'envie, te contentant de la panique qui fait briller ses pupilles et dirige aveuglément ses mains vers la tienne. Un bien maigre mal comparé à tout ce qu'il t'a déjà fait subir de ses serres meurtrières qui cherchent à t'écarter. Déjà tu le relâches, glissant un doigt fin sur son torse, dans une caresse qui n'a rien d'amical et finit de réveiller le loup endormi. Et arrive ce que tu avais cru ne jamais pouvoir admirer de ton vivant, s'il t'a déjà été permis d'observer la peur du loup à travers ses yeux, tu n'as aucun souvenir d'une terreur partagée avec l'homme, et de la voir apparaître sur son visage... c'est délectable.
Et le voilà tout à fait perdu, délesté de son habituelle arrogance, il ne comprend ta présence et ne sait comment y faire face. Il se recule, préférant sensiblement établir une faible distance entre vos deux corps, comme si elle pourrait le tenir à l'écart d'un assaut plus dangereux, meurtrier. Car c'est ce que tu devrais être venue chercher, non ? La vengeance dans le don de son énergie, dans la mort. Pourtant, tu ne fais pas un geste, tes yeux noirs fixant Rafael sans ciller. Peut-être remarquera-t-il ton assurance, le changement tout particulier de ta personne alors que tu souries toujours, sans un mot pour le rabaisser et l'énerver. L'heure n'est plus à la provocation, mais au silence dérangeant, ne laissant place qu'à l'incompréhension. Pourra-t-il deviner tes intentions alors que tes yeux ne brillent que de vie et non plus de haine ou de mépris ? Essayera-t-il de triompher de nouveau alors que ton cœur ne brûle plus d'aucune guerre ? Laissons-lui, pour le moment, le temps de se reprendre et de te faire face correctement. Ou presque.

Il se recule encore, passant une main dans des cheveux déjà décoiffés. Tu inspectes chacun de ses mouvements, comme une idiote face au monde, comme un prédateur face à sa proie. Tu pourrais être tout autant l'un que l'autre, en cet instant, et il n'en est pourtant rien. Toujours silencieuse, tu attends qu'il organise ses pensées, qu'il mette un nom sur ton visage et une signification cachée dans tes paroles. Tu patientes calmement, le temps que son esprit ensommeillé face la part des choses et s'inquiète de tes intentions. Mais quelles intentions ? Sûrement aura-t-il vite fait d'inventer une raison à ta venue, ton explication ne tenant pas la route une seule seconde. Comment pourrais-tu être venue aimer un homme que tu as tant détesté jusque là ? Et surtout... qui réveille la personne qu'il aime d'une main de fer sur sa gorge ? Non, vraiment, Lili, tes paroles n'ont été rien d'autre qu'un jeu d'enfant, un amusement éphémère que tu oublies déjà. Ce n'est pas le plus important.
Déjà les mots sortent de sa bouche, perdus tout d'abord, ils se reprennent, s'envolent jusqu'à tes oreilles, venant combler le silence de ton esprit. Les questions s'entrechoquent, perdent le peu d'intérêt qu'elles possédaient en franchissant ses lèvres. Tu continues de le fixer, ton sourire s'agrandissant quelque peu. Est-ce là tout ce qu'il a à te demander ? Comment es-tu entrée, Lili ? Sait-il que n'importe qui peut pénétrer sa villa sans le réveiller, sans éveiller le moindre soupçon ? La porte-fenêtre était grande ouverte, après tout. Tu ne réponds pas tout de suite, donc, prenant tout d'abord le temps d'analyser la chambre, et d'en admirer l'agréable décoration. S'il t'avait été permis de vivre dans une aussi grande maison, tu te serais sentie rapidement très seule. N'est-ce pas ?

« Voyons, Antonio... à moins que tu ne préfères Rafael ? Que suis-je venue faire ici, penses-tu ? »

D'un geste délicat, tu effleures l'hématome à ton arcade, comme pour lui faire comprendre que l'heure de la vengeance a sonné, ou que le souvenir est encore trop douloureux pour que tu oses poser la main sur le loup enragé. Il est difficile, même pour moi, de comprendre tes intentions alors que tes gestes sont à double tranchant. Es-tu proie ou prédateur, ma jolie Lili ? Mais c'est ainsi que je retrouve la grande dame que tu étais, ma sœur : incompréhensible.
Sans crier gare, tu te couches sur le lit, découvrant le plafond qui te fait face et t'écrase de sa splendeur. Allongée sur le dos, si près d'un loup dangereux, n'es-tu pas vulnérable, n'est-ce pas imprudent ou démontres-tu ainsi que tu lui es de loin supérieure, que tu ne saurais craindre ses faibles attaques ? Mais ce sourire toujours sur tes lèvres indiquent qu'il n'en est rien, encore une fois. A moins qu'il n'en soit des deux.

« Je suis peut-être un monstre, Loup, mais il m'est encore interdit de traverser les murs, par où crois-tu que je sois entrée ? Par la porte, comme toi. Est-ce si étonnant ? »

Tu te redresses, reposant tes iris sombres sur le jeune homme. Qu'attends-tu pour poser tes mains sur sa peau nue et le vider lentement de son énergie vitale ? Pourquoi ne prends-tu pas ta revanche, Lili, alors qu'elle t'est donnée sur un plateau d'argent ? Mais ton cœur ne bondit pas, il bat paisiblement comme s'il ne s'agissait que d'un vieil ami incapable de te faire le moindre mal. Ce n'est pourtant pas le cas. Je ne comprends pas.
Tu te penches alors vers Rafael, venant effleurer sa joue du bout des doigts, cet éternel sourire sur tes lèvres, les yeux brillants d'une unique flamme : la vie qui bat au fond de toi.

« Penses-tu que je sois venue réclamer mon dû ? »

Tu bondis alors sur tes pieds d'un mouvement souple et confiant, t'écartant du lit pour ramasser ton grand chapeau délicatement, et le poser sur le matelas. Tu prends alors le temps de faire un petit tour dans la chambre. Passant près d'une fenêtre, tu aperçois le jardinier s'occuper des plantes et lorsqu'il lève la tête dans ta direction, tu lui adresses un petit signe discret de la main. Il est amusant de voir de quelle façon les gens naïfs s'enfoncent eux-même dans les mensonges les plus invraisemblables. Faisant de nouveau face à Rafael, tu reprends alors la parole.

« Peut-être suis-je venue chercher un peu de compagnie. Qu'en penses-tu ? »



Dernière édition par Li Mei Tyler le Sam 20 Sep - 11:42, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Gare à Loup, Chaperon chasse. [pv]   Jeu 31 Juil - 23:43


Gare à Loup, Chaperon chasse.

(pv) Li Mei Tyler


~


Il me faut bien l’admettre : je suis terrifié. La faible brise crée par le ventilateur qui tourne lentement au plafond, la lumière tamisée par des fins rideaux, cet espace qui m’entoure et que je n’ai pas voulu combler… tout est pourtant calculé pour que je sois le plus détendu possible lorsque mes yeux clairs s’ouvrent tous les matins. Tout est voulu pour que je sois serein et apaisé, et la présence inopinée de ce qui n’est rien de moins qu’un monstre, dont le toucher me semble plus que glacé lorsqu’il dessine une ligne brûlante sur mon torse dénudé, brise tous mes efforts. Que veut-elle ? Que fait-elle ici ? Qu’est-elle venue chercher ? Les questions se bousculent dans ma tête embrumée par le soleil. Je ne parviens pas à empêcher la panique de se voir sur les traits de mon visage. Au réveil, je suis incapable de ne pas être moi le plus pleinement possible. Tout se voit. Et surtout ce qui est habituellement chassé très loin de mes traits, comme ma vulnérabilité, ce qu’il reste de mon innocence ou encore les lambeaux de ma gentillesse que je m’évertue à réduire à néant. Ses yeux noirs me fixent, dans un immobilisme qui me rappelle celui d’un prédateur face à sa proie. Je ne pensais pas voir à nouveau les rôles inversés de cette manière, et je commence à trembler sans pouvoir me retenir. Je recule, m’accule contre le mur, me redresse légèrement. Que fait-elle ici, bon sang ! Qu’est elle venue chercher… Cette question m’obsède. M’aimer, comme elle l’a dit ? Non, ce n’est qu’un leurre. Je serais capable d'aimer n'importe qui, tant qu'il ne s'agit pas de toi, loup. Ses mots résonnent à mes oreilles tandis que les miens emplissent ma chambre dans un murmure rauque. Son silence seul me répond dans un premier temps, m’angoissant un peu plus. En fait, j’ignore ce qui est le plus stressant : sa présence en elle-même ou l’attente du verdict. Peut être, sûrement, les deux. Adossé au mur, mes jambes encore prises dans le drap, la panique commence finalement à refluer lorsqu’elle s’allonge sur le lit, rompant le contact et physique et visuel. Je n’ose pas bouger, de peur de réveiller le monstre. Depuis quand suis-je aussi… faible ? Je l’ignore. Dans tous les cas, elle semble en avoir conscience et en profiter, et malheureusement je ne peux la blâmer pour cela. « Voyons, Antonio... à moins que tu ne préfères Rafael ? Que suis-je venue faire ici, penses-tu ? » Je me mords la lèvre, lorsqu’elle effleure l’hématome de son arcade. Si elle est venue chercher des excuses, elle peut toujours me tuer parce qu’elle n’aura rien. Strictement rien. Puisque pas un instant je ne vais regretter mon impulsivité lors de notre dernière rencontre. Cette fille a un don certain pour museler le loup, j’ignore pourquoi ni comment, mais plus encore pour le rendre bestial et agressif. Quoiqu’il en soit, elle est toujours blessée. J’arque un sourcil, voyant cette marque de faiblesse qui rétablit un peu l’équilibre. A moins que cette arcade blessée ne soit pas liée à la chute délicate qu’elle a pu faire dans l’escalier du phare. « J’avoue que je suis déçu… » Tu es ridicule, Rafael. Elle est clairement… en position de force. Tu n’arrives pas à aligner deux pensées cohérentes et tu verses dans le sarcasme et l’ironie ? Ce doit être parce que justement, je n’arrive pas à me concentrer sur une idée que je verse dans cette moquerie qui pourrait s’avérer fatale. Eventuellement. « Je ne pensais pas qu’un monstre tel que toi allait mettre autant de temps pour récupérer. » Je désigne d’un mouvement de menton sa blessure. « A l’avenir, je tâcherai peut être d’être plus doux si tu es aussi… fragile ». Le sourire sur ses lèvres n’apaise pas mes craintes. J’ignore ce qui, entre mes mots et le goût certain de la décoration, la fait sourire à ce point. Dans tous les cas, je profite de l’accalmie pour m’écarter un peu plus, appuyer sur quelques boutons pour entrouvrir les volets et accentuer la luminosité de la pièce, et la considérer du regard. Elle n’a pas répondu à ma, mes, question. Elle n’a pas éclairci l’ombre qui plane sur ses intentions. Et même si la panique de départ n’est plus qu’un vieux souvenir, je reste sur mes gardes en m’asseyant sur le lit, mes jambes croisées en tailleur.

« Je suis peut-être un monstre, Loup, mais il m'est encore interdit de traverser les murs, par où crois-tu que je sois entrée ? Par la porte, comme toi. Est-ce si étonnant ? » Les oreilles du loup sont attentives, et ma bouche reste coite. A ses mots, à ses inflexions, à sa posture et à sa respiration. Qu’attend-elle ? Elle se redresse, je reste stoïque. A-t-elle déjà rencontré l’homme patient ou n’a-t-elle eu la joie que de croiser le loup impulsif ? Mes pensées s’agitent et se mélangent, laissant juste un flou là où aurait du se trouver une réponse. Elle se penche, effleure ma joie, je retiens le mouvement de recul qui me vient naturellement pour seulement lui concéder un tressaillement. Je n’aime pas les contacts. Le loup les perçoit instantanément comme des agressions, l’homme n’est guère moins paranoïaque. Le sourire qu’elle arbore, je n’arrive pas à le faire naître sur mes lèvres. Seul un pli grave trace son chemin sur mon front, mes yeux clairs restent fixés sur elle et ses expressions, guettant l’attaque qui tarde un peu trop. « Penses-tu que je sois venue réclamer mon dû ? » Non. Ou plutôt si : ce serait la réponse la plus logique. Il y a une faille dans ta sécurité, Rafael, ne l’as-tu pas noté ? J’écarte cette pensée. J’ai des ennemis, certes, mais elle est la première à avoir eu le culot de venir jusqu’ici. « Tu n’as rien à faire ici si ce n’est pas le cas » murmuré-je dans un souffle. Elle se lève d’un bond, je suspecte son mouvement avoir étouffé mes mots prononcés sur un ton si bas. Elle prend son temps, je me lève à mon tour, mes pieds nus foulant en silence le parquet satiné. Propreté, luxe, sobriété… cette villa est pleinement à mon image. L’opulence élégante. Le luxe porté avec la perfection de l’habitude. Je l’observe visiter les lieux, en silence.

« Peut-être suis-je venue chercher un peu de compagnie. Qu'en penses-tu ? » Je fronce les sourcils. Je ne m’attendais pas à cela. De quelle compagnie parle-t-elle, surtout ? Mes pensées flottent aussitôt vers Azzura, sa trahison que le Gouvernement n’a pu s’empêcher de me jeter au visage, avec le sourire narquois de ceux qui savent exactement où enfoncer le couteau pour prolonger l’agonie. Je considère mon torse, nu, et l’éventualité d’enfiler une tunique légère pour paraître un peu habillé. Elle a voulu me surprendre dans mon sommeil ? Et bien… je ne vais pas me déranger pour elle, et je n’ai de ce point de vu là aucune pudeur. Loin d’obéir aux instincts primaires du loup – se carapater de l’autre côté de la villa et joindre mes hommes et gardes du corps, je me rapproche de l’asiatique. Un sourire narquois naît sur mes lèvres lorsque je reconsidère ses derniers mots. Enfin. Enfin mon sourire habituel est parvenu à éclore et à franchir la barrière de la panique et de la surprise. Enfin. « Peut être… mais dans ce cas, tu t’es trompée de propriété. Tu sais, après tout… tu es capable d’aimer n'importe qui, tant qu'il ne s'agit pas de moi. » Ma mémoire lupine, si brouillonne sur le plan chronologique, si instable et irrégulière, est particulièrement claire dans certains cas. Les mots qui me blessent restent plus facilement ancrés en moi que ceux qui m’indiffèrent. Je m’approche un peu plus. Mon regard frôle le mépris intrigué. « A moins que tu ne te contentes de la compagnie de mon personnel, ce qui ne m’étonnerait pas. » Mes yeux glissent vers la fenêtre et croisent le jardinier. Dans un souffle, je fais semblant d’être surpris – et je n’ai pas à me forcer, bien qu’en soit, tout cela me laisse indifférent. « Tu as déjà commencé, d’ailleurs… impressionnant. » Je fais un pas en arrière, creusant l’écart entre nos deux personnes. Mon sourire menace de s’éteindre lorsque je reprends. « Aussi étonnant que cela puisse te paraître, je tiens mes promesses, même lorsqu’elles sont aussi insensées que celle que j’ai pu te faire. Mais ne cherche pas à avoir plus que ce que je t’ai déjà offert, je ne peux te donner ce que je n’ai pas. » Plus les secondes passent, moins je me sens menacé. C’est ma villa. Mon territoire. Mon domaine. Mon jardin secret, aussi. Un vestige d’un paradis que j’avais, aurai pu, imaginer pour Azzura et Zaïra. Je m’écarte un peu plus. Je suis chez moi. C’est ma terre. Elle a eu l’ascendant du à la surprise, il faut qu’elle comprenne que si elle avait voulu me tuer, elle aurait du en profiter lorsqu’elle pouvait encore gagner. Maintenant… c’est trop tard. C’est à moi de la tuer. Et tu en es incapable. Malheureusement, oui, j’en suis incapable. Je ne suis ni meurtrier, ni suicidaire lorsque le soleil vient à peine de s’élever. Toutes ces tendances tristement Renzacci ne quittent le sommeil que lorsque l’astre est bien haut dans le ciel, lorsque mes pas me mènent à mon bureau, quittent ce refuge ; que lorsque je me vois contraint de me mêler à cette foule dense de pécores et de rebus de la société qui pense valoir plus qu’un Seigneur sous prétexte que la société a évolué.

Un instant d’hésitation, je m’écarte davantage, pour rejoindre la porte. « Tu te nourris peut être des autres, mais je suis pour ma part encore assez humain pour avoir besoin de me sustenter de nourriture… comestible. Et tangible. Et morte. » Mon sourire narquois, de retour, s’accentue à chaque mot. Sans l’attendre, je franchis la porte et dégringole à pas de loup les escaliers. Qu’elle me suive si elle veut, je veux simplement quitter l’étage, retrouver l’espace et la fraicheur du rez-de-chaussée et de tous les baies vitrées ouvertes sur le parc.



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MessageSujet: Re: Gare à Loup, Chaperon chasse. [pv]   Mar 12 Aoû - 0:31



Gare à Loup, Chaperon chasse.

(pv) Rafael A. Morienval


~

Tu l'entends qui te suit, qui garde ses distances avec le monstre que tu es. Vulnérable comme il est, n'est-il pas plus sage de rester bien à l'abri dans son lit ? Il préfère t'observer, te laisser découvrir un luxe que jamais tu ne pourras avoir, ou du moins que jamais tu ne pourras supporter. C'est un mode de vie que tu ne pourrais adopter et ceux qui en ont l'habitude ne peuvent comprendre ton appréhension. Disons qu'il existe deux mondes bien distincts en cette Terre, et que l'un ne peut devenir l'autre sans être traumatisé par le changement. C'est ainsi.
Bref, tu t'approches de la fenêtre et fais signe au jardinier, comme pour lui prouver qu'il a raison dans ses mensonges : Rafael et toi êtes de bien trop bons amis. Si la vérité aurait dû éclater rapidement et ne l'a pas fait, c'est justement parce que le loup et le monstre sont liés d'une manière bien particulière. Il n'y a pas plus efficace qu'un mensonge basé sur une réalité tout autre. C'est ce que tu as fait, te servant de votre haine commune pour aider l'homme naïf à stimuler sa grande imagination. Tu as appris ça de notre temps, formulant toutes sortes de phrases à double tranchant. Rarement, tu as proféré toi-même le mensonge, tu préférais dire quelque chose de véritable tout en cachant la réalité derrière d'autres mots. Tu n'avais plus qu'à attendre que la bêtise humaine s'arrête au premier sens de tes paroles, et que l'invention se fasse d'elle-même, parfois lentement mais sûrement. Et lorsque la vérité éclatait, tu n'avais plus qu'à laisser tes yeux rires pour que les autres comprennent que jamais tu n'as menti.

Lorsqu'il s'approche, tu te retournes, observant les mouvements de ses muscles sous sa peau d'un œil calme, un sourire toujours aux lèvres. Si la pudeur ne fait pas partie de son vocabulaire, sa nudité ne te dérange pas le moins du monde. Après tout, tu as déjà vu tellement plus, n'est-ce pas ? A cette pensée, tes pupilles s'allument d'amusement, ne quittant pas un seul instant le loup. Loin de toi l'idée de penser qu'il pourrait t'attaquer, mais la politesse veut que l'on regarde celui qui parle, non ? Et tu sais qu'il va bientôt prendre la parole. Mais avant cela, tu remarques ce sourire sur ses lèvres, ce redressement infime de sa colonne vertébrale, prouvant que l'homme est pleinement réveillé, qu'il va enfin riposter. C'est que ça devenait terriblement long.

« Voyons, Rafael, c'était une blague entre amis que nous sommes. »

L'espace d'un instant, ton sourire semble carnassier, provocateur, avant de redevenir ce sourire à la fois innocent et coupable, tout aussi neutre qu'impliqué. Ton menton se relève de quelques millimètres alors qu'il s'approche encore, comme pour te défendre ou... attaquer. Il serait vain d'essayer de comprendre comment tu ne peux vouloir ni l'un ni l'autre, toi le monstre tombé au bas des escaliers, brisé par les marches, traumatisé par la traque dont il n'est pas responsable. Tu as su retrouver ce toi qui était perdu, ce toi qui bientôt ne sera plus et dont tu dois profiter au plus. Peut-être deviendras-tu imperméable à sa provocation, à son arrogance et son mépris lorsque le passé te quittera pour le présent, lorsque tu redeviendras le monstre, le survivant.

« Ne sois pas jaloux, loup, il pense que nous deux c'est... trop fort pour lui, ne t'inquiète pas. Peut-être qu'un jour il viendra te poignarder en pensant que tu ne prends pas assez soin de moi, mais... j'en doute. »

Là où ses paroles auraient pu te blesser, ou t'amuser, elles te laissent indifférente, bien loin de ce dont le loup est réellement capable. S'il pense t'avoir avec une aussi légère provocation, alors l'homme est bien rouillé par la vie, et le monstre n'a plus qu'à l'écraser sans peine. Que voulez-vous que ça te fasse, de savoir que le jardinier rougit en ta présence ? Les hommes et les femmes ont été créés pour attirer leur opposé. S'il te pense assez jolie pour que le rose lui monte au joue, alors tu n'y peux rien, tu ne peux pas aller contre la nature. Et rien ne t'interdit de l'utiliser à ton avantage. C'est que c'est ainsi que ce doit être. Tout comme ce corps dénudé devant toi qui te laisse parfaitement indifférente. Et heureusement pour vous deux qu'il en soit ainsi.

« Tu as ta vie, Rafael, pourras-tu me la donner ? »

Il s'écarte encore, prenant ses distances avec le monstre que l'on pourrait croire assoiffé de sang, ou dirons-nous plutôt, affamé d'énergie vitale. Est-ce le cas, Lili ? Non, bien entendu. Il serait fou de venir ici avec la faim au bout des doigts. Comment aurais-tu pu lui faire face avec intelligence si le monstre en toi criait pour que tu lui sautes à la gorge et le vides de ce dont il a si peu besoin ? Non, vraiment, ça n'aurait pas été malin de ta part, et nous savons tous les deux que tu vaux mieux que cela.
Tu suis le loup dans sa fuite, d'assez près pour qu'il sache bel et bien que tu es là, mais d'assez loin pour que ça ne semble être que deux personnes allant au même endroit, et devant emprunter le même... escalier. Alors que tu avales les premières marches d'un pas aussi rapide que le sien, tes doigts se posent délicatement sur ses épaules comme si tu t'apprêtais à le pousser. La pression se fait légèrement plus forte avant que tu ne lâches le loup, et finisses de descendre les degrés jusqu'au rez-de-chaussée.

« Il y a tant de nourriture vivante que l'homme s'empresse de dévorer... puis, tu sais, en soit, l'homme est comestible, et mort... ou tout comme. Ce n'est, finalement, qu'une question de goût. Qu'en dit le loup ? »

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MessageSujet: Re: Gare à Loup, Chaperon chasse. [pv]   Mer 20 Aoû - 23:36


Gare à Loup, Chaperon chasse.

(pv) Li Mei Tyler


~


Le loup blessé attaque, l’homme surpris riposte. Le seigneur que je suis se contente d’avancer et de narguer celle qui s’est ainsi immiscée sur son territoire. Seigneur. Je pense toujours à moi comme tel, malgré les siècles, la terre et les cadavres qui se situent entre moi et ce titre archaïque. Seigneur. En suis-je toujours un ? Non. Je ne suis même pas celui d’Azzura, je ne suis même plus celui d’Orfeo. Je ne suis rien, rien si ce n’est un homme qui a écrasé des têtes pour terminer à présent en haut de la pyramide qu’il pouvait gravir. Je ne suis rien de plus qu’un monstre qui est supposé protéger des hommes qu’il n’aurait même pas regardé s’ils avaient été ses esclaves voire ses serfs à l’époque. A l’époque. Je ne suis plus un seigneur, mais ce n’est pas pour autant que je n’ai plus à mon comporter comme tel. Cette arrogance qui suinte de mon sourire, cette assurance qui transparaît de mon port droit et altier, alors que je lâche quelques sarcasmes sur un ton joueur, amusé. Qu’elle s’amuse avec mes serviteurs, je n’en ai que faire. Je ne les connais pas, je ne cherche pas à les connaître, et peu m’importe ce qu’ils font de leur vie, de leurs nuits, de leur corps. Peu m’importe ce que Li Mei fait des siens, d’ailleurs. « Voyons, Rafael, c'était une blague entre amis que nous sommes. » s’amuse t elle. J’hausse un sourcil, jetant un regard à l’homme, en bas. Un regard chargé de dédain et d’un mépris nourri de tout le désintérêt que m’inspire cet imbécile. « Ne sois pas jaloux, loup, il pense que nous deux c'est... trop fort pour lui, ne t'inquiète pas. Peut-être qu'un jour il viendra te poignarder en pensant que tu ne prends pas assez soin de moi, mais... j'en doute. » J’arque un sourcil. Me détache de la fenêtre, pour prendre un peu plus de recul. Qu’elle s’amuse de l’intérêt que cet ahuri lui porte, peu m’en chaut. Qu’elle cherche à obtenir de moi plus que ce que je ne lui ai promis en revanche… cela me chagrine un peu plus. Elle n’a pas à exiger quoique ce soit et encore moi ce que je ne lui ai pas offert. Surtout ça. Des images m’agressent, manquent d’estomper mon sourire. Qu’elle se contente de l’énergie que je lui ai promis, si elle ne veut pas que le coût de son insolence s’élève au-delà de ses moyens. « Tu as ta vie, Rafael, pourras-tu me la donner ? » Je plisse les yeux, ne trouvant guère goût à la tournure de la conversation. Je m’écarte davantage. « Reviens ce soir, je ne suis suicidaire que lorsque le soleil se voile la face et la lune refuse de paraître. Il parait que c’est plus pudique de mourir à cet instant. » Je ne cille pas, mon ton monocorde traîne et entraîne avec lui un éclat amusé dans mon regard qui refuse de laisser place à une crainte humaine de voir cette créature s’emparer de ce qui m’anime. Je recule. Encore. Je n’ai pas à craindre quoique ce soit d’elle. Si elle a pu s’emparer de la fidélité de mon jardinier le temps de pénétrer jusqu’ici, rien ne dit qu’elle puisse la conserver si elle ose s’attaquer à moi. Je suis sur mes terres. Je suis sur mon domaine. Je suis un dieu et cette villa est mon Olympe. Et si elle désire de mon ichor, elle devra attendre. Quêter. Patienter. Une promesse est une promesse, mais ne fait pas de moi un esclave pour autant. Si elle est revenu des prés d’Asphodèle, grand bien lui en fasse, mais qu’elle se contente de l’Erèbe et de la Terre. Et de ce que je daignerai lui donner. En quelques pas, je l’invite à quitter ma chambre pour rejoindre le rez-de-chaussée. Elle se nourrit d’énergie, j’ai encore besoin de mets plus substantiels pour me sustenter, ne lui déplaise. Mes pieds nus quittent le parquet de la chambre pour craquer sur le couloir et dégringoler quelques marches. Je sens rapidement dans mon dos sa présence, et une légèrement pression sur mes épaules, comme pour m’inviter à perdre l’équilibre. Je fuis un peu plus vite les dernières marches, étouffe un soupir de soulagement lorsque la plante de mes pieds se glacent au contact d’un plancher épargné par un soleil naissant. Un plateau m’attend sur une table basse, et je m’éloigne – toujours plus – de Li Mei pour aller piocher quelques cerises dans une coupe de fruits posée à mon attention. A sa remarque, je me retourne pour lui faire face, alors qu’un noyau de cerise rejoint le creux de ma main avant de se perdre dans une petite coupelle prévue à cet effet. « Il y a tant de nourriture vivante que l'homme s'empresse de dévorer... puis, tu sais, en soit, l'homme est comestible, et mort... ou tout comme. Ce n'est, finalement, qu'une question de goût. Qu'en dit le loup ? » Je souris. Après tout, c’est ce que le loup fait. Je prends le temps d’avaler une nouvelle cerise, avant de songer à lui répondre. Mes yeux glissent vers les canapés, les baies vitrées ouvertes par lesquelles une légère brise refroidit efficacement la vaste pièce, et les tableaux qui ponctuent avec un goût certain des murs immaculés. La blancheur. La pureté. La propreté. Toute ma villa et sa décoration s’organisent sur la sobriété et la candeur de l’opalescent que maculent quelques toiles, fenêtres, œuvres d’art posées sur des étagères. Mes yeux bleus se reposent finalement sur Li Mei. « Le loup me chuchote qu’il est bien plus agréable de sentir le sang encore chaud de sa proie s’écouler dans sa gorge, qu’un liquide fade, caillé et froid d’un cadavre tué par un autre, mais que rien ne vaut la chair amorphe d’un vaincu que nous avons nous-mêmes achevé. » Nous Comme si le loup et moi étions deux, ce qui est on ne peut plus faux. Je suis le loup, et lorsque je chasse et que d’un coup de pas j’entends le craquement de la nuque d’un lièvre, ce n’est pas lui mais moi qui jubile du repas à venir. Mais les détails importent peu. Rien n’a d’importance hormis ma volonté de comprendre exactement la raison de sa venue, puisqu’elle semble bien tarder à vouloir prélever son dû. Me surprendre ? Voilà qui est fait. Me menacer, m’avoir sous son pouvoir, à sa merci ? Elle a eu tout cela. Alors pourquoi rester ? En maître des lieux, je désigne un de mes fauteuils, avant de me laisser tomber lentement sur mon canapé de manière à avoir vue sur mon jardin, la mezzanine et l’ensemble de mon salon qui s’étend en profondeur. « Puisque nous sommes si… amis » le mot s’écoule, moqueur, sur mes lèvres étirées dans un sourire, avec un peu moins de cynisme que ce que j’aurai pu souhaiter. Qui a-t-il de plus proche d’un ami qu’une personne qui veut vous tuer et que vous voulez tuer sans avoir pour le moment franchi le cap ? Rien. « je t’en prie, assis toi. Je suis curieux de savoir exactement pourquoi j’ai la joie de te voir si tôt le matin. » Un moment d’hésitation me traverse. Un semblant de folie alors que mes doigts attrapent un grain de raisin pour le sacrifier sur l’autel de ma faim. Les mortels ont fait l’offrande au dieu, il se doit à présent de les exaucer. Ton arrogance te perdra Elle m’a déjà perdu, puisque je l’ai perdue. Je pose ma main gauche sur le canapé, paume vers le ciel. « Je suis d’une grossièreté, à me nourrir ainsi sans en proposer à mon hôte inopiné. » Je la fixe du regard, plus guidé par l’instinct du loup que par la raison de l’homme. Ce que je guette dans son regard ? Un peu de confiance. Ou quelque chose s’en approchant. « Sers-toi. » Mais n’abuse pas. C’est un test. Malgré mon apparence nonchalante et ma respiration calme, je suis prêt à me transformer. A l’étrangler. A fuir si jamais elle échoue au test que je lui propose de passer.

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MessageSujet: Re: Gare à Loup, Chaperon chasse. [pv]   Jeu 28 Aoû - 1:01



Gare à Loup, Chaperon chasse.

(pv) Rafael A. Morienval


~

Si la vengeance aurait dû pousser tes doigts à précipiter l'homme dans l'escalier, l'amusement a préféré attendre de le voir accélérer le pas à ton contact. A-t-il eu peur de subir ce que tu as subi, Lili ? Certainement en est-il encore très loin alors que le phare est semblable à une falaise mortelle face à son vulgaire escalier. Comment aurait-il pu ressentir ta douleur, ton humiliation, au bas de quelques degrés si peu dangereux ? Le jeter ainsi aurait été parfaitement inutile, une bien minable vengeance, à moins de l'achever à coups de pieds une fois au sol. Mais ce n'est pas élégant, et nous te savons plus subtile que ça, ma sœur.
Tes pas sont lents et sereins alors que tu laisses le loup s'éloigner pour te concentrer sur la décoration d'intérieur. Tout te semble si blanc, si pur, si propre, bien loin de la rage inhumaine que tu lui connais. Et pourtant, finalement, cette image convient très bien à l'homme fier et autoritaire tout en haut de ce phare, propre sur soi, protégé du monde, faussement innocent et pourtant si clairement coupable. Ses poings sont bien trop sévères, ses lèvres trop cruelles, et l'eau de son regard stagne, éternellement gelée. Qui ne comprendrait pas qu'il y a beaucoup de mal en son cœur ? Et certainement un bien qu'il n'imagine même pas lui-même. Regarde comme il parle de lui-même, si dissocié du loup et pourtant si associé. L'esprit humain est bien trop fragile, faible, pour accepter vos natures respectives, il sépare donc le monstre de l'homme pour se protéger. Pourtant, il ne devient plus fort qu'en laissant les deux cohabiter. Mais peut-il survivre à une telle... collaboration ? Là est toute la question.

Tu hausses un sourcil en le voyant t'indiquer un fauteuil alors que lui-même prend place sur le canapé. Est-il certain de te vouloir si près de lui ? Il te suffit de tendre le bras, de pencher un peu ton corps vers le sien, et sa vie s'échappera de son cœur pour nourrir ta monstruosité. Tu prends néanmoins place sur les coussins confortables, tes iris sombres effectuant un dernier tour d'horizon avant de se reposer sur Rafael. Amis, dit-il, comme tu l'as toi-même fait quelques minutes plus tôt. S'il te semble qu'il n'y aura jamais rien de tel entre vous, une vieille intuition te crie pourtant que vous n'en êtes pas si éloignés. Il a voulu te tuer, tu as voulu le tuer, il t'a trouvée, tu l'as trouvé, il t'a blessée, tu l'as blessé. Vous n'êtes que trop similaires, ma jolie, et vous n'êtes pas en mesure d'être des rivaux, car l'un est incapable de surpasser l'autre et vous le savez. Vous êtes tous deux des monstres, des prédateurs, des pions que le gouvernement fera tomber lorsqu'il l'aura décidé. Comment pourriez-vous être ennemis ? C'est ce que tu as compris, danseuse, et tu sais aussi que votre perpétuel combat vous mènera lentement à la tombe, tous les deux.
Il est temps de cesser.

Sers-toi. Tes yeux s'ouvrent à l'évidence : votre peur commune ne fera que vous détruire l'un et l'autre. Cesse de réfléchir, ma jolie, tends la main, ouvre les doigts, accepte ce don qu'il te fait. Profite, Lili, pour voler plus qu'il n'est prêt à te donner. Vole-lui sa vie avant qu'il ne prenne la tienne. Comment pourrait-il t'en empêcher ? « Il le peut. » C'est du délire, ma sœur, ton pouvoir écrasera le sien, tu le sais. Pourtant, ton cœur reste sûr qu'aucune vie ne pourra être prise sans l'autre, qu'aucun de vous deux ne saurait mourir sans l'autre. A deux dans la haine, dans la peur. A deux dans la mort. Bien, alors ne le tue pas, prends simplement ce qu'il t'offre avant qu'il ne se ravise. Qu'attends-tu, Lili ? Une telle occasion ne se représentera peut-être pas. Il a promis qu'il t'offrirait son énergie à ta demande, mais tiendra-t-il parole plus longtemps ? Alors fonce, monstre, n'attends plus, attrape cette main et laisse ta faim faire le reste. Fais-le, idiote !
Tu te lèves dans un souffle, tes talons claquant mélodieusement sur le plancher quelques secondes de silence, tes pas te menant derrière le canapé du loup. Tu te penches finalement, déposant ta main sur la sienne, tes doigts glissant doucement entre les siens. Ta bouche si près de son oreille, qui murmure quelques mots à l'homme tout autant qu'au loup. Des mots inutiles et idiots, ma jolie, bien loin de ce que la femme monstrueuse que tu es peut réellement faire. Si décevant, danseuse.

« N'es-tu pas las de tout ceci ? »

Un instant d'hésitation fait trembler tes sourcils. Le monstre semble déjà se rebeller, essayer de récupérer le contrôle, d'anéantir cette alliance éphémère que vous avez conclue. Il frappe, fait bondir ton cœur, amène à ton esprit quelque image qui t'effraie. Tu revois le loup couinant, l'homme apeuré, et la joie de te savoir sauvée, et surtout... rassasiée. Tu déglutis péniblement, ta langue passant rapidement sur tes lèvres pincées. Juste un peu, ça ne fera aucun mal, n'est-ce pas ? Tu retires vivement ta main, comme si son contact avait brûlé ta peau. Tu te redresses, prenant ton temps, laissant couler les secondes avant de rejoindre le fauteuil, de ce pas calme et serein qui reflète à la perfection les battements de ton cœur pourri... ou presque. La peur, l'hésitation et l'envie ont accéléré sa course. Tu étais si près de te laisser avoir, de briser à jamais ce que tu t'efforces de construire. Le monstre n'a compris que trop vite l'inutilité de votre alliance, l'impossible collaboration. Il n'y a rien à y gagner finalement, seulement tout à perdre, et il se vengera certainement pour cet affront qui vient de lui être fait, Lili. Prépare-toi, danseuse.

« Devrions-nous nous tourner ainsi autour jusqu'à nous briser mutuellement, Rafael ? N'a-t-on pas mieux à faire que ce vilain jeu duquel nous souhaitons tous deux sortir ? »

Spoiler:
 



Dernière édition par Li Mei Tyler le Sam 20 Sep - 11:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Gare à Loup, Chaperon chasse. [pv]   Lun 8 Sep - 23:19


Gare à Loup, Chaperon chasse.

(pv) Li Mei Tyler


~


Y-a-il une quelconque logique dans mes choix et mes pensées ou n’est-ce qu’un agrégat étrange d’instinct mêlé de pressentiment ? Y-a-t-il, surtout, une réponse à cette question plus qu'insoluble et obscure ? J’en doute. Mais à une telle heure, dans un tel état de détente et de calme, le loup se mélange si finement à mon être que je ne parviens pas à séparer ses remarques de celles de l’homme, et répondre à cette question si épineuse en temps normal devient plus qu'ardu. Le loup et moi, nous sommes deux mais nous sommes un, et si je suis désormais plus qu’habitué à cet état de fait, cela ne change rien au fait que mes pensées sont devenues infiniment plus complexes que les simples choix de l’homme que j’étais auparavant et que le mode de fonctionnement primaire de l'animal. Dans tous les cas, logique ou non, instinct ou non, je sens que je suis en train de danser avec l’asiatique qui s’est si insidieusement immiscée dans mon domaine.

Danser, oui. N'allez pas vous imaginer que nous nous trémoussons de manière sensuelle au rythme de basses vibrantes et affligeantes qui enterrent à chaque résonance un peu plus l'âme de ce qui était auparavant harmonie et qui fond dans un chaos grotesque sous l'appellation de musique ; n'allez pas croire cela. C'est au contraire une danse en hommage à celles que je pouvais danser à quatorze ans, aux bals donnés en mon honneur pour me choisir une femme, et que j'exécutais avec la raideur mêlée de grâce et de glace du jeune seigneur que j'étais. Du jeune homme, plutôt, qui ne soupirait pas sous les regards de biche de ces sottes et insipides greluches élevées par d'autres familles nobles, mais qui ne songeait qu'à retrouver les bras et le soupir de la seule avec laquelle j'étais en harmonie. Des danses, souples et élancées, lentes et langoureuses, sensuelles d'une certaine manière mais maintenues à distance par des codes, des règles, et des pas calculés. Grâce, douceur, légèreté. Calcul savoir, instinct. Musique, rythme, élégance. Je retrouve ces sensations dans la relation qui me lie à Li Mei. Nous sommes en train de danser, c'est une certitude que je ne peux rejeter, une certitude qui s'impose à mon esprit, se lie à mon être et s'immisce dans chacune de mes respirations. Nous sommes en train de danse. Une danse sans contact, sans nature explicite, une danse sans existence formulée mais une danse quand même. Un pas en avant, nos paumes se lient dans un souffle d'air, et déjà elle m’a volé ma vie. Un pas en arrière, je l’ai fait tournoyer du bout des doigts sur la musique rythmée de mes menaces avant de la jeter délicatement dans un escalier, sans la rattraper mais en l'observant retomber sur ses pieds. Un pas sur le côté, une caresse sur mon torse dénudé, et la voilà aujourd’hui sur mes terres, à voltiger à quelques mètres de moi, dans cette danse dont j’ignore le nom ni même la nature mais que je ne peux que constater.

Aucune musique ne résonne dans ma villa, mais je la sens qui pulse au même rythme que nos cœurs gangrenés de violence et de vices. Aucun pas visible ne marque nos déplacements mais je les sens dans nos choix et nos mots, nos gestes et nos actes, nos attitudes et nos sourires narquois, qui sont synchronisés et se répondent sans interruption. Alors oui, nous sommes en train de danser, de voltiger et de tournoyer, avec une grâce certaine que transpirent nos êtres. Le loup me murmure que c’est la danse des prédateurs, mais je reste sceptique et préfère lui indiquer un fauteuil avant de prendre moi-même place sur ce canapé immaculé, si loin de ma propre nature. Si éloigné de ce que je suis, sans être pour autant un leurre. Je n’ai pas choisi cette décoration pour simplement tenter de cacher la noirceur qui m’habite ; je l’ai choisie parce que c’était dans ce genre d’éclairage lumineux que le sentiment d’oppression que tout bâtiment créait en moi était le moins présent.

La danse des prédateurs. Je la toise et la nomme amie, dans un soupçon de doute et d'hésitation calculé supposé lui faire comprendre que je ne suis pas dupe. Nous sommes bien trop semblables dans nos comportements pour être un jour autre chose qu'un prédateur ou une proie pour l'autre, pour cesser un jour de vouloir écraser dans l'autre ce que l'on hait de soi-même. C'est du moins mon cas, et que ce soit le sien ou non, le résultat sera toujours le même : l'un de nous va finir par mourir de cette danse, et je ne compte pas être le perdant dans l'affaire. D'ailleurs, en parlant de perte et de défaite, je songe à cette absence de méfiance, ou cette méfiance si exacerbée entre nous qu'elle se transformerait presque en confiance. Ma paume s'affaisse sur le canapé, mon bras posé, veines exposées à la lumière. Offerte. On peut voir l'ombre d'une cicatrice qui barre mon poignet. Sers toi lui fais-je alors, très sérieusement. C'est un test que je lui impose. Un test où je risque ma vie, où elle risque la sienne. Un pas de danse plus complexe, alors que le rythme s'accélère et que la musique prend un tournant inattendu. Sans un mouvement, je l'observe se lever, ses talons claquer, et ses pas la glisser dans mon dos. Mon regard clair, mon visage doux – étonnamment – et incertain, se tourne un instant vers elle, ma joue frôlant sa bouche qui s'attarde si près de mon oreille qu'un frisson nerveux dégringole ma colonne vertébrale. « N'es-tu pas las de tout ceci ? » Je dois l'avouer, je déglutis péniblement, à la savoir aussi proche. Je prends conscience, en sentant sa respiration se déposer dans ma nuque, que ce n'est pas seulement un monstre mais aussi une femme, et son hésitation. Je ne sais pas ce qui me pousse à me comporter ainsi face à elle. Et le loup non plus.

Mords-la, tue-la. Etrangle-la et repais toi de son agonie. Je frémis, sous cette pensée teintée de violence qui vient de s'imposer. Le loup a peur de ce qu'il se passe – ou ne se passe pas – et de la vulnérabilité que j'affiche. Et la meilleure défense face à la peur est immanquablement l'attaque. Je me retiens, lorsqu'elle frôle ma peau, retire sa main précipitamment alors que je relâche un léger soupir de soulagement. Elle n'a rien pris. Qu'un soupçon, suffisamment peu pour que je ne ressente pas cette sensation étrange qu'est celle de mourir. Et pourtant... j'ai l'impression qu'il me manque quelque chose. Comme si j'avais guetté cette sensation et que son absence me laissait sur ma faim. Comme si j'avais cherché à ressentir encore une fois ma vie me quitter comme pour me prouver un peu plus que oui, j'étais encore vivant. Je me fais peur, lorsque je prends conscience de ça. Suis-je en quelque sorte déjà accro à cette sensation pour le moins étrange ou n'est ce qu'une mauvaise interprétation de ce trouble qui m'habite ? Perdu dans mes pensées, je ne m'aperçois que de justesse qu'elle s'est déjà éloignée, et qu'elle me parle, même. « Devrions-nous nous tourner ainsi autour jusqu'à nous briser mutuellement, Rafael ? N'a-t-on pas mieux à faire que ce vilain jeu duquel nous souhaitons tous deux sortir ? » Encore troublé par mon comportement, mes envies voire besoins et ce qu'elle m'a refusé, dans un sens, je me lève pour lui tourner le dos et m'appuyer à la baie vitrée. Le temps de réfléchir. Nous briser mutuellement ? Jeu ? Que croit-elle ? Je ne sais plus où j'en suis. Ce contact, amorcé et brisé, ce souffle dans ma nuque et ce murmure à mon oreille... L'homme refait surface au désarroi du loup qui ne comprend pas. Et bien, loup, nous sommes deux. Une part de moi serait à cet instant prête à supplier Li Mei d'absorber un peu de mon énergie, comme un funambule s'amuserait pour l'adrénaline à se déséquilibrer au milieu de la traverser, alors que le reste de mon être, bien trop fier, préfère rester muet sur ce désir inconscient pour se concentrer sur les propos de l'asiatique. « Je l'ignore. Veux-tu réellement rompre cette danse avant la fin de la musique ? » Je me mordille légèrement la lèvre, en entendant l'accent italien qui ressort dans mes propos. Un accent chantant, un accent antique, un accent d'outre tombe. En quelques pas, je suis sur elle, à moi de deux coudées de pouvoir l'effleurer. Et serrer tes longs doigts autour de son cou gracile. Non. Ce n'est pas à cela que je pensais, mais cette réaction peut tout à fait être mienne. Mes doigts, loin de s'enrouler autour de sa nuque, enveloppent son poignet. Je ne suis pas naturellement un menteur, même si je me sais suffisamment obstiné et sans scrupule pour masquer la vérité lorsque c'est nécessaire pour atteindre mes objectifs et écraser un potentiel rival. Aussi, me surprends-je à moitié lorsqu'avec une franchise déroutante, je la regarde droit dans les yeux. «Li Mei... Lili, veux-tu vraiment sortir de ce jeu ? N'as-tu pas envie de voir... ce qu'il va en sortir, plutôt ? » Un sourire carnassier s'étire sur mes lèvres, lorsque mes doigts quittent sa main pour effleurer sa joue, remonter et dessiner ses yeux noirs. Je me recule, amusé. Un léger mouvement secoue mes fins cheveux noirs, comme en signe de dénégation. « Etrangement, non. » Mon regard se détourne à nouveau d'elle. J'attrape une pêche dans la vasque de fruits, la fais rouler patiemment dans ma paume, la frottant entre mes doigts pour pouvoir en ôter plus facilement la peau et surtout occuper une part de mes pensées qui n'ira ainsi pas s'attarder sur un chemin de ronces que je refuse de fréquenter, et qui est à n'en pas douter celui qui me guidera sur ce sentiment de manque qui m'étreint depuis quelques minutes. Pour m'éloigner davantage de ces pensées que je redoute, je poursuis : « Je ne suis pas las de tout ceci. Le loup aimerait sentir ton sang s'écouler dans sa gorge, et l'homme est intrigué par la femme et le monstre que tu es. Notre animosité m'amuse, et c'est un défi de te parler en sachant qu'en un clin d'oeil, mon cadavre, ou le tien, peut s'étendre délicatement dans cette pièce immaculée. Certes, une victoire de ta part risquerait d'être un peu moins... écarlate, mais... » Un nouveau mordillement, et je fronce les sourcils. « Non, je n'en suis pas las. » Mon regard se perd sur l'une de mes toiles, négligemment accrochée à une cloison, dans l'ombre. Il dérive aussitôt vers le chevalet sur lequel repose une toile blanche, encore vierge de ce que mes songes peuvent me conduire à y représenter. « En quoi l'es-tu, monstre ? » Pourquoi cette attaque gratuite, Rafael ? Pour t'abstraire de cet environnement de confession dans lequel tu te sentais à l'étroit ? « J'aurai pensé qu'un réservoir à vie d'énergie aurait suffi à ton bonheur, je suis étonné de te voir si peu... gourmande. » Je ne me comprends plus, je ne sais plus qui parle. Le loup ? Certainement pas. C'est lui, lui et mon instinct de survie, qui s'offusque de mes propres propos. L'homme ? Cet être faible qui quémande le vertige d'une mort assurée, pour mieux savourer les battements de cœur qui le font vivre ? Plutôt. Si je me déteste et ne parviens qu'à me haïr depuis tant de siècles, c'est bien la première fois que mon comportement fait naître en moi du mépris. Je suis méprisable, oui. Et ce chemin de ronces que je souhaitais éviter, m'y voilà empêtré de la pire manière qu'il soit : par la manipulation et le déni.



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MessageSujet: Re: Gare à Loup, Chaperon chasse. [pv]   Sam 20 Sep - 17:46



Gare à Loup, Chaperon chasse.

(pv) Rafael A. Morienval


~

Danse. Lente et lourde danse qui vous entraîne tous deux dans cette musique silencieuse. Un pas de travers et te voilà qui pousse un dernier soupir avant la mort, entraînant dans ta chute le loup vaniteux – ou du moins l'espères-tu. Un pas en avant et vos cœurs battent le même rythme. Un pas en arrière et il vous est insupportable d'inspirer le même air. Un pas à droite, combat. Un pas à gauche, provocation. Et vous enchaînez les uns les autres, incapables de rester immobile, le regard fixe sur l'adversaire, à simplement penser qu'il peut être agréable de ne plus vous détester mutuellement. Ainsi vous chavirez, vous détruisant peu à peu, dans une lente agonie dont vous n'avez même pas conscience. Mais la danse bientôt prendra fin, et l'un de vous tombera dans le néant de ce monde, laissant l'autre profondément seul.

Ses longs doigts s'enroulent autour de ton poignet, enserrant ta beau colorée de leur force masculine. Imperceptiblement, tu te redresses, te penches en avant de quelques millimètres, comme pour l'inviter à te parler, toucher ta peau de monstre pour t'assurer de sa vie, ou à te tuer, refermer sa main autoritaire sur ton cou, serrer si fort que tu seras morte avant de manquer d'air. A la place de quoi il fait chanter les mots, prononçant calmement les deux syllabes de ton prénom, susurrant ton surnom, posant des questions. Tu devrais répondre, et pourtant tu n'en fais rien, laissant les frissons hérisser les petits cheveux sur ta nuque tandis que sa main caresse ton visage et tes yeux. Ah... tes yeux, comme j'aimais admirer leur obscure lumière, ma sœur.
Tu déglutis péniblement, un goût amer au fond de la gorge alors que la brûlure de ses doigts est encore présente sur ta joue. Tandis que tu le vois s'éloigner, tu ressens le profond désir monter en toi, cette envie toute particulière de le poursuivre dans sa fuite, d'attraper ses épaules musclées, de le serrer tout contre toi et d'aspirer lentement cette vie qui bout en lui. Ta main tremble un instant, se tend vers son dos dénudé qui n'appelle que tes doigts meurtriers pour finalement se poser sur ta gorge et caresser sa fragilité. L'air te semble difficile à respirer pour ces quelques secondes de silence qui te laissent livrée à toi-même, et au combat éternel du monstre contre la femme. Ses mots s'élèvent alors, arrachant à ton esprit sa faim dévastatrice, son désir ardent de plonger une nouvelle fois dans les souvenirs du loup et sa curiosité croissante quant aux rêves de l'homme. Quelle idée intéressante, ma jolie.

« Vois-tu, loup, le monstre aimerait également sentir ta vie s'échapper de ton corps pour emplir le sien, mais il a, en ce monde, d'autres chats à fouetter. De bien vilains garnements qui rendent cette lutte-ci pour le moins fade. »

Un instant, ta main se lève pour effleurer ton arcade du bout des doigts. Tu ne doutes pas que l'hématome ne sera très vite plus qu'un vilain souvenir, et ta peau colorée reprendra ses droits sur ton visage féminin. Néanmoins, il ne t'est plus permis, pour le moment, de contempler ton reflet sans revoir la pièce humide et glauque dans laquelle ces chats ont à ce point maltraité ton corps qu'il en porte les traces encore. Tout autant que cet esprit qui ne saurait plus marcher dans la rue sans se retourner, guetter, appréhender. Devrais-tu te venger du mal qui t'a été fait, leur donner une raison de ne pas recommencer ? Même le monstre que tu es n'en a pas la force. Le regard profondément apeuré, tu détournes les yeux pour reprendre contenance et continuer cette étrange conversation.

« Son esprit est trop occupé pour s'intéresser à tout ceci. Sûrement n'aurait-il pas hésité dans quelque autre situation, mais le peu de cette énergie que tu peux lui donner n'est pas suffisant. Il lui faut plus, beaucoup plus. »

La haine illumine tes iris sombres cette fois, fixés dans les siens comme s'il était responsable de ton mal, et démontrant pourtant à quel point il n'a rien à voir là-dedans. Devrais-tu tuer deux à trois personnes en un jour pour espérer prendre une redoutable vengeance, monstre ? Tu ne le veux pourtant pas, femme idiote, bien inconfortablement terrée dans la peur et la solitude, fuyant quiconque s'intéressant de trop près à ton cadavre. Que voilà une bien pitoyable créature, tremblant devant le danger, devant la mort. Ne peux-tu pourtant pas l'accueillir à bras ouverts et venir te blottir contre moi, qui t'attends depuis si longtemps déjà ? Depuis ce temps que tu frôles le trépas, tu ne t'en sens que plus vivante, et ce n'est pas ce que tu voulais. Tu ne veux pas comprendre que tu es la seule à toujours être en vie et que tous ont péri par et pour toi.
Tu avances de quelques pas, réduisant de nouveau cette distance entre lui et toi, le fixant toujours de tes beaux yeux sans plus aucune haine ni peur. Il y a là, derrière sa peau blanche, un comportement que tu n'attendais pas, une demande qui n'aurait pas dû être prononcée, même aussi bas qu'elle le fut à cet instant. Que se passe-t-il dans son cerveau aussi dérangé que le tien pour qu'il essaie de te persuader de le faire, de poser tes mains sur son corps et de prendre ce qui te revient ? L'idiotie est contagieuse, danseuse, éloigne-toi de lui avant que son cas ne soit irrécupérable.

« J'aurai pensé qu'un refus aurait suffi à ton bonheur, je suis étonnée de te voir si... déçu. En quoi l'es-tu, loup ? Voulais-tu que jamais je ne renonce, que toujours je vienne réveiller l'homme pour prendre ce qui m'est dû ? Voilà qui est très intéressant. »

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MessageSujet: Re: Gare à Loup, Chaperon chasse. [pv]   Mar 30 Sep - 22:31


Gare à Loup, Chaperon chasse.

(pv) Li Mei Tyler


~


« Vois-tu, loup, le monstre aimerait également sentir ta vie s'échapper de ton corps pour emplir le sien, mais il a, en ce monde, d'autres chats à fouetter. De bien vilains garnements qui rendent cette lutte-ci pour le moins fade. »

Mes yeux clairs se posent sur l'asiatique. Songeurs. La mélodie de ses propos est dissonante pour le Loup, qui ne comprend pas que l'on puisse à ce point différencier en soi le monstre de l'humain. Brave petit loup, ne comprends-tu pas que par cette simple intervention prouve l'incohérence de tes gémissements ? D'un clignement des yeux je rejette au loin l'animal, me reconcentrant sur l'homme qui vient de s'exprimer. Et l'homme qui se sent légèrement vexé de ne pas être le seul à intéresser le monstre qui se tient devant lui. A qui fait-elle donc référence, avec cette fierté que je ne peux que sentir dans ses propos, qu'elle soit illusoire ou réelle ? De bien vilains garnements qui rendent cette lutte-ci pour le moins fade. Un frisson me parcourt, un frisson de vexation. Un frisson de jalousie ? Non, ne nous avançons pas trop. Ce n'est que mon ego qui frémit sous le coup de semonce, souhaitant s'affirmer, souhaitant se repositionner comme vainqueur et adversaire excitant. Cette danse, elle vient de m'avouer qu'elle préfère l'exécuter avec un autre cavalier et même si je suis plus à mon aise dans les bras d'Azzura, dans ces bras qui me manquent, dans ces bras qui m'étouffent par leur seule absence, je ne supporte pas être délaissé pour un autre. Un grognement me prouve que le loup est aussi de mon avis, un grognement que je déglutis dans un silence éloquent. Mais Li Mei n'en a pas fini avec moi. Mon regard se durcit davantage lorsqu'elle reprend et saupoudre le sel cette plaie béante ouverte par l'humiliation qu'elle m'inflige sur ce ton badin, sur ce ton que je juge bien trop méprisant pour un homme que je le suis. « Son esprit est trop occupé pour s'intéresser à tout ceci. Sûrement n'aurait-il pas hésité dans quelque autre situation, mais le peu de cette énergie que tu peux lui donner n'est pas suffisant. Il lui faut plus, beaucoup plus. » Qu'insinue-t-elle par là ? Que je suis bien trop faible pour la sustenter, que mon énergie n'est pas assez dense ou que sais-je encore ? Je me retiens de la fusiller du regard et me contente de sourire nonchalant et hypocrite. Si mon visage ne laisse rien paraître, je comprends sans sourciller qu'aussi stupide que puisse être ma réaction, je suis et je reste blessé par ses mots et son attitude. Et sa haine qui brille dans ses yeux noirs ne peut qu'accentuer cette blessure et la mêler de colère, surtout sous l'action d'un loup à la fierté plus que mise à mal.

J'ai toujours eu conscience d'être un homme orgueilleux. Prétentieux. Après tout, j'ai été élevé en ayant une conscience aiguë d'être, de valoir mieux, que la plupart des autres pécores que peuplaient mon domaine et celui de mon grand-père. Et si cet enseignement date de plus de sept cent cinquante ans en théorie, j'entends encore mon grand-père me dire et me redire hier que je ne dois en aucun cas m'abaisser au rang des gens du commun, que je ne dois aucun cas oublier qui je suis ni le sang qui coule dans mes veines. Orgueilleux, donc. Orgueilleux, prétentieux, égoïste, égotiste, égocentrique, les mots ne manquent pas pour désigner ce qui me semble être une évidence : je suis celui qui compte le plus. Surtout depuis la mort de Zaïra, surtout depuis la mort d'Azzura. Et mon ego se heurte à ses mots, ploie sous son mépris. Notre danse se raidit, ralentit et une chape de tension s'abat sur nous deux, comme pour nous faire étouffer sous son poids. Les quelques pas que nous esquissons sont durs et vides de cette grâce qui nous caractérisaient jusque là. Coupante, elle fait disparaître la distance qui nous séparait sans me quitter un seul instant des yeux. Je m'aperçois lorsque son souffle me caresse la peau dénudée de mon torse que la couleur de ses yeux a changé. Elle ne contient plus de haine et encore moins de peur. J'y cherche une émotion quelconque, sans parvenir à nommer celle que j'entraperçois brièvement. Sont-ce mes derniers mots qui ont fait repartir notre danse en l'allégeant de cette tension soudaine, ou n'est-ce que par lassitude, cette lassitude dont elle parlait précédemment, qu'elle a disparu ?

« J'aurai pensé qu'un refus aurait suffi à ton bonheur, je suis étonnée de te voir si... déçu. En quoi l'es-tu, loup ? Voulais-tu que jamais je ne renonce, que toujours je vienne réveiller l'homme pour prendre ce qui m'est dû ? Voilà qui est très intéressant. »

Ainsi mes mots et mes questions plus qu'incongrues sont la cause de son rapprochement, et comportement ? Je fronce les sourcils, me forçant à respirer, à me décontracter pour conserver cette nonchalance qui est comme une armure pour moi. Reculer étant bien trop révélateur du trouble qui m'habite, je m'écarte sur le côté sans lui concéder de terrain. Entre mes doigts roule toujours cette pêche attrapée un peu plus tôt sur le plateau, comme pour canaliser cette tension qui grandit chaque seconde passée à proximité de l'asiatique. J'ai conscience, le loup aussi, qu'elle est dangereuse. D'une manière différente d'Azzura, d'une manière différente de Stain et des membres du Gouvernement. Et sa manière de dissocier à son tour le loup et l'homme qui habitent en moi dans un même esprit me fait froid dans le dos. Je ne suis pas mal à l'aise, non : l'animal est seulement sur ses gardes tandis que l'homme reste à l'écoute de ses sens et de son instinct. Qui lui hurle de la tuer, de l'égorger, de la mettre hors d'état de nuire. De lui nuire. Je me mordille la lèvre, me contentant d'articuler posément, d'un ton froid, sec et suintant de ces menaces que lui susurre le loup que je suis.

« N'essaye même pas de croire que tu peux comprendre le loup. Tu n'es qu'une femme, tu n'es qu'une morte qui refuse d'accepter l'évidence. Tu fermes les yeux devant la vérité et tu te payes le luxe de… » Je ne trouve pas les mots parce que ce que je viens de dire ne me ressemble en rien. Je laisse mourir mon intervention lorsque je comprends qu’elle est vouée à l’échec. Ce n’est pas elle qui se leurre, ce n’est pas elle qui refuse d’accepter l’évidence. C’est moi, et ce n’est que moi. Je ferme les yeux, esquissant un nouveau pas, de retrait cette fois. Une main fatiguée se pose sur mon front, dégringole vers mon nez, s’attarde sur mes lèvres pour finir dans ma nuque. Et alors seulement je reprends d’une voix que je veux assurée mais qui n’est, en somme, que le reflet de ma nonchalance. Une armure comme une autre que je maîtrise aussi bien que les traits de mon visage. « Soit, ce n’est rien. » Je prends sur moi. Etouffe les plaintes de mon orgueil blessé. Reprends. « Le loup était juste curieux, mais crois-moi, je ne suis pas très intéressé, le loup et moi ne sommes pas très intéressés, par de tels réveils à répétition. » Un sourire factice s’étire sur mes lèvres. Un sourire que je déteste presque autant que moi. Un sourire en lequel je ne crois pas. Mais je me force à poursuivre dans une inspiration, laissant la pêche dégringoler de mes doigts pour retrouver sa place au milieu des autres fruits délaissés. « Dommage, tu as laissé passer ta chance. » Mon sourire s’accentue, mon manque aussi. J’ai envie de l’étrangler un peu plus à chaque seconde passée. J’ai envie de la provoquer pour qu’elle m’agresse. Je ne souhaite pas mourir, non, j’espère juste me sentir un peu plus en vie en me sentant mourir. Et même si le loup m’implore de cesser d’y penser, même si l’homme promet de me damner pour l’éternité si je passe un tel pacte avec le diable. Mais le mélange des deux ne peut se passer de cette sensation si étrange, si… Quatre pas apparaissent entre elle et moi. Je romps la danse brutalement, dans un sourire aimable mais autoritaire, j’interromps notre danse avant la fin de la musique. Mes yeux la fixent sans sourciller, je les retiens de glisser sur sa peau pour rejoindre cette nuque qui, je sais, la mettra dans un tel état qu’elle ne pourra que me voler sa vie. Son instinct est celui d’un tueur, comme celui du loup. Je peux presque prévoir sa réaction si je fais disparaître entre nous la distance qui nous sépare pour enrouler mes doigts sur sa gorge et exercer une légère pression sur sa carotide. Je serre le poing avant d’inspirer posément. « Donc si tu as eu ce pour quoi tu étais venue, et si tu t’en sens satisfaite, peux tu aller batifoler avec mon jardinier, j’ai à faire. »



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MessageSujet: Re: Gare à Loup, Chaperon chasse. [pv]   Jeu 9 Oct - 0:27



Gare à Loup, Chaperon chasse.

(pv) Rafael A. Morienval


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La ligne brune gagne du terrain sur ton front tandis que sa jumelle reste parfaitement immobile. Haussement de sourcil sur ton visage, suivi de l'ombre d'un sourire en coin au bord de ta bouche. Amusée ? Si ce n'est pas de l'amusement, c'est du moins un sentiment profondément similaire qui agite tes entrailles sans te donner la moindre envie de rire. Tu restes sérieuse, loin d'être blessée par cette tentative, cette intervention ratée qui a osé s'échapper de ses lèvres pour se frayer un passage jusqu'à ta cervelle. Ses mots sonnent faux, tu ne les comprends pas. Quelle évidence, quelle vérité ? Il n'y a rien que tu voudrais ignorer, ou plutôt, rien que tu ne puisses te permettre d'ignorer. Le monde t'envoie à la figure les connaissances, il te dit combien tu es détestable, combien tu es différente, quel monstre tu as été, tu es et tu seras. Tu ne peux fermer les yeux et pourtant tu aimerais ne pas savoir que ce mal-là, tu l'as fait, de tes propres mains. Tu n'es qu'une femme. Tiens donc ? Le loup ne sait plus où il en est, on dirait. Il aime tant à te rappeler que tu n'as rien d'une humaine, que tu es de la pire espèce – ou presque, il y a les sorciers aussi – et que tu es un monstre abominable. Maintenant, tu es une femme, ma sœur ? Quelle étonnante déclaration. Fais attention, Lili, si l'homme-loup commence à te voir comme faisant partie du beau sexe, ce n'est plus pour la même raison qu'il voudra te manger.

Tu suis le parcours de sa main sur son visage, observant avec attention les plis sur son front, la peau lisse du nez, la courbe des lèvres, et le cou battant prêt à recevoir ton toucher meurtrier. Tu aimerais refermer tes bras sur ce dos nu qui n'attend que ça, laisser tes doigts tuer le seigneur, le bourreau, le loup, l'homme. Libérer ta vie de ce problème-ci, ne plus jamais avoir à regarder ces yeux cruels, entendre cette voix autoritaire et ces paroles superficielles. Et tu seras seule dans ta monstruosité, de nouveau plongée dans une solitude qu'aucun humain ne pourrait comprendre. Ou presque aucun. Là n'est pas la question, Lili. Dis-moi plutôt si tu souhaites vraiment que cet homme disparaisse de ta vie, ne soit qu'un vague souvenir dans ton esprit malade, que jamais plus il ne te menace, que jamais plus il ne te touche, ne te pousse, ne te blesse. Et plus jamais, tu pourras lui faire le moindre mal. Un réservoir à vie d'énergie, n'était-ce pas utopique ? Tu aurais pu te terrer dans un coin jour et nuit, et n'en sortir que quelques minutes, poser tes mains sur les siennes et apprécier la vie du loup bien plus que la tienne. Ah... quelle vie...

Pas intéressé, te dit-il. Tes réveils ne semblent pas à son goût, pourtant, comme il était plaisant de sentir son cœur battre sous ta main si délicatement refermée sur sa gorge. Savoir que si le monde ne t'appartiendra jamais, ce pouvoir là, tu l'as bel et bien. Il te craint tout autant que tu le crains toi-même, bien trop habituée à ses excès de colère pour vouloir en faire les frais une fois de plus. Tu pourrais le détruire. Il pourrait te détruire. Un simple claquement de doigt et l'un de vous tombe. Vous n'êtes que de vulgaires pions sur un échiquier, à ce point inexistants que la Reine jamais ne vous protège et le Roi toujours vous sacrifie. Mais c'est cette peur, puissante et destructrice, qui vous rappelle que vous êtes en vie. Qui d'autre pourrait le faire sinon ? Et si la douleur est une option, tu as bien trop souffert et tu souffres encore assez pour accepter nouvelle punition. Ne reste plus que la Mort, douce amie à toi qui te guette depuis si longtemps qu'il est impressionnant de voir que tu n'es pas encore morte. Mais encore une fois, tu as trop frôlé la mort pour comprendre la vie de cette façon. Ne te reste que la peur, danseuse, incroyable et dangereuse peur.

Pas intéressé, laissé passer ta chance, le loup se prend pour le roi qu'il n'est pas, capable de contrôler tout et tout le monde. Les rois n'ont simplement jamais connu les monstres, sinon l'homme ne s'oserait point à la supériorité, pas même par fierté. Dans cet état pitoyable de mi-monstre mi-femme dans lequel tu es, vous êtes égaux, prêts à tuer l'autre. Vous n'attendez même que ça, finalement. Ce jour où vous serez enfin débarrassé de ce problème. Trop similaires pour vous détester, trop différents pour vous apprécier, vous ne pouvez que vous détruire car il est difficile de supporter une relation aussi compliquée. A être constamment sur tes gardes, tu stresses bien trop quand son corps est dans la même pièce que le tien. Tu ne veux pas mourir, lui non plus et vous êtes pourtant capable de mettre fin à la vie l'un de l'autre. Qui ne serait pas profondément gêné, troublé, stressé dans telle situation ? Et tu as déjà bien trop de pression sur le dos avec ces prédateurs qui n'attendent que de te retomber dessus pour t'achever. Tu dois mettre fin à l'un de ces problèmes.

« Crois-tu que je sois venue te rendre visite simplement pour voir ton visage endormi et m'en aller aussi vite ? Voyons, Rafael, ni toi ni moi n'avons eu ce que nous voulions ce matin, et nous n'en sommes pas satisfaits. Tu t’inquiéteras de ton jardinier quand tu ne le verras plus s'occuper de ton jardin, concentre-toi donc plutôt sur notre avenir. Ca ne peut simplement pas se finir comme ça. »

Oh ? Serait-ce une révélation sur le destin de ce pauvre travailleur ? Comptes-tu réellement l'empêcher, dirons-nous, de remettre les pieds par ici ? Il est vrai que cette envie d'aspirer l'énergie du loup t'a ouvert l'appétit. Tout de même, Lili... je croyais que tu étais une femme ? Contrairement à tes paroles insensées, tu aurais aimé, vraiment, que ça se finisse ainsi. Le refus d'un repas, l'arrogance d'une réponse, et le bruit léger de tes talons sur le sol de la villa. Tout aurait été plus simple. Mais tu sais, au fond de toi tu sais que ça ne peut pas se finir ainsi, qu'il doit y avoir des choses de faites, de dites. Il vous faut vous quitter de manière plus concrète, savoir que votre avenir se fera loin l'un de l'autre, ou bien plus proche que vous ne pourriez le vouloir réellement. Tu l'as vu reculer, tu t'en souviens, tu as gravé cette image dans ton esprit car il te faut te remémorer le peu de pouvoir que tu peux bien avoir sur lui par moment. Ainsi donc, cette distance qu'il a installé entre vous, tu la consumes de nouveau, consciente qu'il n'appréciera certainement pas ton geste. Ta main se glisse sous son menton, sa bouche si près de la tienne, son haleine caressant ton visage.

« Nous pourrions nous aimer, loup. Toi, moi, éradiquant les sorciers de cette terre, main dans la patte. Ton autre main glisse dans sa nuque et dans ses cheveux, agrippant les mèches sombres, tu tires violemment sa tête en arrière – un bien moindre mal comparé à ce qu'il t'a déjà fait. Mais nous devons nous détruire, car nous ne savons faire que ça. »

Sans plus réussir à te retenir, tu laisses ton pouvoir s'activer au bout de tes doigts, aspirant avidement cette énergie qui coule en lui, l'ombre d'un sourire sur tes lèvres. Ah... le loup... puissant, majestueux, libre. Le loup qui gronde, qui chasse, qui court et qui hurle à la lune. Le loup qui couine, est chassé, maltraité, battu. Tu te sépares de son corps de quelques mètres, une grimace affreuse au visage alors que tu revois tes bourreaux dans cette pièce humide et sombre. Quand tu as fui, n'as-tu pas vu les tours jumelles, fières et imposantes ? Ces mêmes tours qu'il foule tous les jours, lui, le loup qui veut ta vie, l'homme qui aura ta mort. La haine, puissante et destructrice, t'envahit soudain, la profonde colère contre toi-même alors que tu as côtoyé de si près un tel homme. Qu'on te dise qu'il est responsable de tes blessures, tu n'en serais pas étonnée. Après tout, s'il travaille pour eux, pourquoi n'aurait-il pas donné ton nom, ta description et ta misérable condition ? Dans un excès de rage, tu envoies valdinguer la vasque de fruits, levant alors un doigt accusateur dans la direction de Rafael. Tu n'as jamais été aussi expressive que ces dernières fois, ton beau visage se tordant de haine, des larmes aux coins des yeux et la peur plein le cœur.

« Toi ! Pourquoi être étonnée ?! S'ils m'ont trouvée, sûrement les as-tu aidés ! C'est presque trop logique, pourquoi n'y ai-je pas pensé ? Tu es pourri jusqu'à la moelle, j'aurais dû crever, c'est ce que tu voulais, me voir pourrir dans ces putains de tours ! Quelle idiote j'ai été... »

Comment croire que la vérité est tout autre, alors que tout semble à ce point lié ? Tu as la nausée rien qu'à y penser, et tu aimerais volontiers quitter cette villa de malheur et cet homme au plus vite. Même sa vue, tu ne la supportes plus.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Gare à Loup, Chaperon chasse. [pv]   Mar 14 Oct - 10:18


Gare à Loup, Chaperon chasse.

(pv) Li Mei Tyler


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Etrange. Tout cela est étrange. Mes mots dissonent, mon attitude détonne, mes réactions elles-mêmes ne semblent pas m’appartenir. Et ce manque, fichtre, ce manque qui grandit au même rythme que ma colère et qu’une possessivité que je pensais endormie. Mon orgueil blessé agonise, je l’étouffe dans des mots posément articulés et un sourire factice posé sur mes lèvres étirées. Et ma nonchalance apparente n’est que le pâle reflet du trouble qui m’habite et qui refuse de me lâcher. Mes mots ne sont eux que les échos de cette colère subite qui m’a poussé à rompre l’harmonie de nos mouvements pour cracher des syllabes achromatiques. Si tu t’en sens satisfaite, peux tu aller batifoler avec mon jardinier, j’ai à faire. J’ignore ce que sous-entend ma phrase prononcée avec un détachement qui contraste avec mon poing serré. Je ne suis pas intéressé par le petit jeu qu’elle me propose, ce jeu même qui me met dans une position de faiblesse vis-à-vis d’elle. J’ai besoin de contrôle, j’ai besoin de prévisibilité, j’ai besoin d’obéissance face à mes envies, mes besoins, les ordres que peuvent énoncer et mes lèvres et mes yeux et mon corps qui ne supporte pas le fait d’être rejeté. Elle n’a pas voulu de cette vie que je lui ai volontairement offerte ? Et bien soit. Maintenant il est trop tard pour elle, et je compte bien ne pas me laisser malmené davantage par ce manque inattendu. Finalement, je n’ai pas à me plaindre. Son refus sert mes intérêts tout comme un accord aurait pu le faire ; toutes les solutions m’étaient gagnantes en fin de compte. Alors pourquoi ne puis-je pas faire taire cette déception qui s’infiltre en moi, indépendamment de ma posture, de mon sourire, de mon ton ou même de cet instinct qui me pousse à enrouler autour de sa gorge des doigts étrangleurs ? Mon assurance vacille. Le temps d’un soupir. Le temps qu’elle réagisse. « Crois-tu que je sois venue te rendre visite simplement pour voir ton visage endormi et m'en aller aussi vite ? Voyons, Rafael, ni toi ni moi n'avons eu ce que nous voulions ce matin, et nous n'en sommes pas satisfaits. Tu t’inquiéteras de ton jardinier quand tu ne le verras plus s'occuper de ton jardin, concentre-toi donc plutôt sur notre avenir. Ca ne peut simplement pas se finir comme ça. » Une ride soucieuse trace un chemin involontaire sur mon front, tandis que mes yeux se plissent, comme inquiets. Car je le suis. Ni toi, ni moi n’avons eu ce que nous voulions ce matin. Oh, non, ce n’est pas pour mon jardinier que je m’inquiète. Qu’elle joue avec autant qu’elle veut, il ne m’intéresse pas et je ne me soucie en rien de sa santé, ce n’est qu’un abruti sans importance. Non, ce qui m’inquiète, ce sont plutôt ses mots. Et ce mouvement de recul que je me retiens d’esquisser. Ce que nous voulions. Je sais à présent ce que je désirais, moi, ce que j’ai désiré au moment où j’ai assimilé le fait qu’elle s’était introduite chez moi, jusque dans ma chambre, pour un réveil aussi doux et brutal à la fois. Mais elle, qu’attendait-elle de moi ? Je commence à me dire qu’elle ne le savait pas elle-même en franchissant les grilles de ma propriété. Un besoin comme un autre de danser avec moi ces pas assassins ? Je frémis lorsqu’elle fait disparaître d’un pas grâcieux la distance établie entre nous, effaçant de mon esprit tout envie de reculer, de fuir et de me remettre hors de sa portée. Ce serait bien trop lui concéder, ce serait lui concéder davantage que ce qu’elle mérite. Et pourtant, sitôt sa main frôle ma peau que je regrette de ne pas avoir suivi le conseil du loup. Son visage s’approche, je reste immobile, ignorant ses lèvres qui s’attardent près des miennes, me concentrant sur ce corps à proximité du mien, ce souffle qui s’échoue sur mon épaule, près de mon oreille, sur ma joue, ces mots qui se fracassent contre mes tympans.

« Nous pourrions nous aimer, loup. Toi, moi, éradiquant les sorciers de cette terre, main dans la patte. Sans que je ne l’ai pu voir venir, sa main emprisonne ma nuque, exposant ma carotide à sa merci, rendant toute rébellion du loup vaine, une terreur brutale et animale annihilant tout réflexe de défense que j’aurai pu avoir. « Lâche moi… » laisse-je échapper dans un souffle étranglé. Lâche moi, le loup ne supporte pas une telle vulnérabilité. Lâche moi, je sens déjà le couteau tracer son chemin en travers de ma gorge, dessinant sur ma peau blafarde la même ligne sanguine que sur celle de ma fille. Lâche moi, je t’en supplie agonise mes yeux alors qu’elle maintient son emprise sur moi, alors que je peine à reprendre contrôle de mes mouvements. Mais nous devons nous détruire, car nous ne savons faire que ça. » En effet. Elle vient de signer son arrêt de mort. Je ne vois que cela. Elle doit mourir, je dois la détruire, car plus qu’Azzura elle détient en main les clés de ma propre destruction. Nous sommes trop semblables pour ne pas vouloir éliminer l’autre. Nous sommes trop similaires, monstres chacun d’un type différent, pour ne pas être attiré par l’aura malsaine de l’autre, pour ne pas désirer plus que tout avoir un contrôle parfait sur l’autre. Et quel autre contrôle est plus fort que la mort ? Aucun. Et en parlant de mort, la voilà qui prend à nouveau sur moi un ascendant que je désirais quelques minutes plus tôt. Je sens aussitôt la vie glisser entre mes pores pour s’enfuir dans ses doigts, cherchant à me défaire de son emprise sans le moindre succès, le loup étant incapable de se débattre en sachant sa carotide aussi exposée. Je tente encore de réveiller l’humain lorsque dans un excès de rage, je suis envoyé au loin et la vasque de fruits contre le mur.

C’est contre une chaise que je reprends mon équilibre, c’est dans un grognement évocateur que je retrousse des babines pour dévoiler des crocs qui n’en sont pas. Le doigt accusateur pointé dans la direction, je l’ignore. En fait, je fais tout pour contrôler la colère qui, si elle était maîtrisée un peu plus tôt, menace de prendre en main le moindre de mes muscles. Ma respiration tendue soulève ma poitrine dans un rythme rapide et pourtant régulier. Mes yeux se posent sur son visage plus expressif que jamais, ce qui me déroute un instant, ce qui plaque sur le mien comme un reflet du sienne. Haine. Peur. Il y a de cela chez moi aussi. Larmes ? Elle en garde l’exclusivité. Je ne comprends pas ce qu’il s’est passé, mais j’ai l’impression que cette incompréhension va bientôt disparaître. Jusque là, elle n’avait à mon souvenir perdu le contrôle de ses traits que lorsque je l’avais étranglée pour la première fois. Que s’est il passé dans son esprit pour justifier une telle perte de ses moyens ? La réponse à mon interrogation muette ne se fait pas attendre. « Toi ! Pourquoi être étonnée ?! S'ils m'ont trouvée, sûrement les as-tu aidés ! C'est presque trop logique, pourquoi n'y ai-je pas pensé ? Tu es pourri jusqu'à la moelle, j'aurais dû crever, c'est ce que tu voulais, me voir pourrir dans ces putains de tours ! Quelle idiote j'ai été... » Je fronce les sourcils, additionnant ce qu’elle me jette sans trouver de solution au problème insoluble. Moi, oui, moi. Qui ai-je donc aidé pour qu’elle se sente à ce point… trahie ? Et pourquoi d’ailleurs se sent-elle ainsi ? Il n’y a rien d’autre entre nous qu’une rivalité de prédateurs, je pensais ce fait établi. Et je suis surpris à mon tour de voir ma colère et ma terreur reculer devant un soupçon de… de culpabilité ? Je l’étouffe d’un mouvement de main, saisissant l’occasion de prendre l’ascendant, une nouvelle fois. Je me redresse, me recoiffe d’un geste de la main, puise en moi pour trouver ce qu’il faut. Et fais un pas en avant, mon sourire agaçant de retour sur mes lèvres. Le pouvoir. Il glisse de ses doigts pour se lover en moi. Un pouvoir faible comparé à celui qu’elle a exercé sur moi un peu plus tôt, mais un pouvoir tout de même. Et c’est tout ce que je demande pour le moment. Et lorsque je ricane, je m’aperçois avec surprise que le gouffre qui sépare ma réaction et ce que je ressens intérieurement n’a jamais été aussi grand. « De quoi es-tu surprise exactement ? Je croyais t’avoir entendue dire que nous devions nous détruire, alors pourquoi es-tu surprise de me trouver du côté de ceux qui t’ont… » Je m’aventure sur un terrain d’hypothèses mêlées de conclusions, sans aucune preuve ni certitude. Je me contente de recoller les morceaux de ses cris de colère. « blessée ? Tu me dis pourri jusqu’à la moelle, mais je suis désolé. Le seul cadavre en putréfaction que je vois dans cette pièce, c’est le tien, Monstre. » Mes yeux s’amusent, je me désole de voir qu’en réalité, il y avait peut être un peu de confiance – ou des graines du moins – entre nous deux, et qu’un simple malentendu vient de l’écraser. « Tu es naïve. Et tu es pitoyable de t’énerver pour si peu. T’entends-tu parler, Lili ? » Je ne suis pas grand, mais je me tiens droit pour la surplomber de mon assurance à défaut de le faire de ma taille.   « Idiote, oui, tu l’es. Et idiote plus encore de t’être imaginée des fables et des contes concernant ce que je suis. J’ignore ce que tu pensais de moi, mais je ne suis en rien un enfant de chœur, alors ne sois pas étonnée de trouver quelques cadavres dans les placards de mon esprit lorsque tu t’y attardes un peu trop. » Mes yeux clairs se fixent dans les siens, et je m’aperçois que cela fait quelques phrases que mon sourire n’est plus, que mon arrogance se tient en retrait, que je me contente d’être sérieux, sincère, et un peu déçu par son attitude. « Et ils ne t’ont pas trouvé par mon biais, j’aime m’occuper moi-même de mes affaires. Et si j’avais voulu te voir crever, tu ne serais qu’un tas de chair en décomposition à l’heure qu’il est. Alors cesse de faire l’enfant, Lili, tu m’avais habitué à mieux. » Je fais une pause dans ma diatribe, je fais un pause dans mes mots et mes pensées, m’apercevant que j’ai tenu loin de ma réflexion la conclusion la plus logique et la plus évidente, celle qui ne nécessitait que peu d’hypothèses pour être prouvée. Et vérifiée. D’un geste vif, mon doigt caresse l’hématome subsistant sur son visage. Ma voix s’infléchie dans un ton interrogateur. « Et qui donc t’a fait ça ? »



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MessageSujet: Re: Gare à Loup, Chaperon chasse. [pv]   Mar 28 Oct - 0:16



Gare à Loup, Chaperon chasse.

(pv) Rafael A. Morienval


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Le pouvoir te quitte, ce maigre pouvoir que tu avais sur sa personne, quelques minutes seulement avant que les fruits ne doivent supporter ta colère. Toute cette haine, ma sœur, est-elle dirigée contre ce seul homme qui te fait face ? Non, bien sûr que non, c'est contre toi-même que tu es énervée, contre ce semblant de confiance qui t'habitait. Pourquoi, Lili, pourquoi lui faire confiance ? Il est un homme tout aussi cruel que le loup, espérant bien un jour refermer ses crocs sur ton cou. Et pourtant, tu lui avais accordé une partie infime de ta confiance, toi la dame qui ne se fiait à personne de notre temps. Pourquoi donc, dis-le-moi. Tu pensais, oui, tu pensais qu'il lui serait impossible de te trahir ainsi. Non pas que l'idée ne puisse pas traverser son vilain esprit, elle a déjà dû passer dans le tien, d'ailleurs. Seulement, tu pensais qu'il ne pourrait pas se permettre de te faire envoyer de l'autre côté, il a bien trop envie de le faire lui-même pour cela. Non ? Non. Semble-t-il que dans son esprit il n'y ait rien de la sorte. Il veut se débarrasser de toi, après tout, qu'importe qu'il doive se salir les mains lui-même ou laisser faire le travail par d'autres. A quoi bon ruminer tout ça, maintenant, idiote ? Parce que, au fond de toi, tu aurais préféré que ta confiance ne soit jamais foulée au pied, qu'il vienne t'arracher la vie lui-même. Ainsi, peut-être serais-tu capable d'accepter la mort, enfin.

Mais il n'a pas voulu de ton sang impur sur ses doigts blancs, lui le bourreau qui en a déjà tant. S'il ne veut pas non plus de toi, monstre, qui te voudra ? Tu es à jamais rejetée, ma belle, une enfant trop perspicace, une femme trop franche et un cadavre trop vivant. Ils te fuient comme la peste et préféreraient embrasser la lèpre que d'oser ne serait-ce que frôler ta vilaine peau de monstre. Tu seras seule jusqu'à la fin, vilaine. J'étais le seul à pouvoir te suivre, à pouvoir t'accompagner même dans la mort, j'étais prêt à tout pour ça, même à m'arracher une vie inutile si tu n'y étais pas – oui, je l'avoue. Pourtant, tu m'as laissé de côté, tu as regardé la mort marcher sur mon corps, tu as hésité à couper ce membre damné, maudit, tu m'as précipité toi-même dans la gueule du loup. Et je me suis éteint pour mieux m'éveiller, non pour prendre une revanche méritée, mais pour t'aider à faire le premier pas, pour t'accueillir dans mes bras et mourir avec toi. Tu n'as pas voulu de moi. Bien. Sois donc seule à jamais, monstre, personne ne viendra t'aimer, personne ne viendra t'aider, personne ne voudra de toi. Tu n'auras qu'à crever comme un vulgaire rat, c'est mieux pour toi.

Surprise, l'es-tu ? S'il y a bien un sentiment qui reste au fond de toi sans oser se montrer, à cet instant, c'est l'étonnement. Tu as dit l'être, mais tu sais qu'il en est capable, qu'il aurait bien pu te dénoncer et assister, même, à ton exécution. A ce jeu-là, il est bien plus fort que toi, capable de te faire tomber à jamais sans même t'avoir touchée, alors que toi... toi tu ne sais que donner la mort de tes doigts, comment pourrais-tu pu demander à un autre de tuer quelqu'un pour toi ? Non, il faut que tu le fasses, il faut que tu vois le dernier reflet de vie dans des pupilles trop larges, ouvertes aux ténèbres qui caressent et à jamais engloutissent. Tu dois t'assurer que le travail est bien fait, n'est-ce pas ? Que le mort ne remarchera pas ? Ne dis pas non, Lili, tu es pourrie, toi aussi, nous le savons tous. Et dans une naïveté que je ne te connaissais pas, tu as pensé qu'il serait comme toi, seulement capable de rendre la vie de ses crocs, sentir le sang couler dans sa bouche. Passer par des intermédiaires est trop ennuyeux pour le loup, il doit le faire lui-même. Mais non, ma douce, non, regarde donc la vérité en face, il a envoyé ses sbires à tes trousses car tu ne mérites même pas qu'il se donne du mal pour toi.
Simplement.

Vous détruire, oui, et tu aurais préféré qu'il te détruise, mais là est le problème, il ne l'a pas fait. Il a brisé ton corps et juste assez laissé pendre les morceaux pour que tu te traînes jusqu'à un refuge où guérir, où préparer inutile vengeance. Si seulement il t'avait détruite, alors tu ne sursauterais plus au moindre bruit derrière toi, tu ne te retournerais plus au coin de rue.
Tu ne survivrais plus.
Mais tu survis encore, blessée, pourrie jusqu'à la moelle, en putréfaction profonde et évidente. Idiote, il n'a pas besoin de te le dire pour que tu le comprennes. C'était une faute impardonnable que de croire que ce mal-là, il ne pouvait pas te le faire. Les cadavres, tu les connais, tu les as vus plusieurs fois déjà, ces hommes et ces femmes qui sont morts par sa faute, cette enfant qui n'a pas connu un destin plus grand. Deviez-vous vous ressembler autant et être pourtant si différents ? Tout ceci n'est que trop compliqué pour toi, pour le peu d'âme qu'il te reste, et le cœur meurtri qui implore la clémence. Tuez-moi, finissons-en, c'est ainsi que ça aurait dû être, mais encore une fois tu n'as pas attendu la mort, tu es allée chercher un nouveau sauveur. Qu'attends-tu donc pour recevoir cette fin que tu réclames et refuses pourtant ? Tu es trop contradictoire, Lili, reprends un peu tes esprits.

Une larme, unique, tombe sur ta joue comme sortie d'ailleurs, glissant un instant sur ton visage avant d'abandonner ta peau pour se perdre quelque part. C'est le soulagement, à ce point immense que tu ouvres grand les yeux d'étonnement, qui a poussé la pluie de tes yeux à tomber. Un seul essai, une seule goutte pour exprimer tout ce chamboulement intérieur que tu ne comprends pas. Tu aimes l'entendre dire qu'il s'occupe lui-même de ses affaires. Non pas, comme toi, qu'il n'ait pas la possibilité de passer par des intermédiaires, seulement n'en a-t-il pas l'envie. Ton jugement n'était pas erroné, monstre. Mais, plus que tout, tu aimes à savoir que lorsqu'il viendra pour ta vie, tu n'auras pas à craindre d'ouvrir les yeux le lendemain, les ténèbres t'auront déjà prise, et tu ne reverras plus jamais le soleil se coucher. C'est là un soulagement bien plus grand encore de savoir qu'il sera le seul à pouvoir te donner la mort.
Alors que sa main caresse un instant l'hématome encore bien présent sur ton arcade, tu pinces les lèvres très fort, ignorant le soulagement, l'étonnement et la colère pour te concentrer sur ta douleur. Encore puissante sur ton ventre, il te faudra quelques jours de plus pour qu'aucune trace de ce maudit jour ne persiste sur ton corps. Juste quelques jours et cette discussion vous ne l'auriez jamais eu. Aurait-ce été mieux ? Pas sûr. Ta main s'agrippe à ton haut, s'accrochant au tissu avec la force que les souvenirs de cette nuit t'offrent, et alors, sans crier gare, tu relèves le vêtement, dévoilant une balafre et quelques hématomes bien marqués sur ton abdomen.

« Tu veux parler de ça ? Tu déglutis difficilement, la vulnérabilité au fond de la gorge. Le bourreau du Government Building. Ta voix se casse sur le prénom qu'il t'a offert pour une raison encore obscure. Stain. »

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MessageSujet: Re: Gare à Loup, Chaperon chasse. [pv]   Dim 2 Nov - 12:30


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(pv) Li Mei Tyler


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J’imagine que sur ce plan là, je n’ai pas changé depuis le XIIIe siècle. Je suis toujours aussi possessif, je suis toujours aussi imbu de moi-même, je suis toujours aussi narcissique et je ne désire en rien modifier cet état de fait. Je m’agace. Vraiment. Lâche-moi, l’ai-je supplié lorsque sa main sur ma carotide a annihilé toute volonté de rébellion. Lâche-moi, lui ai-je concédé, proche de la panique, étranglé, mal à l’aise tandis que par ce simple contact elle exauce ce vœu que je ne voulais par formuler, m’entraîne dans un courant d’énergie loin de la conscience et de la vie elle-même. L’évidence s’impose : je dois la tuer. Elle est un risque, elle est un danger constant pour moi, elle est une épée qui se balance au dessus de ma nuque, suspendue par un cheveu que chaque jour les Parques hésitent à rompre. Mais entre cette évidence et la réalité se tient un gouffre que j’ignore comment franchir. Elle m’épargne cette peine, m’envoie au loin et je me rattrape de peu à une chaise, m’épargnant l’humiliation de m’écrouler sur le sol. Ma respiration, rapide, se fait aussitôt l’écho des battements de mon cœur et de ceux de la colère qui enfla. Je ne comprends pas ses réactions, je peine à prévoir ce qu’elle peut me dire, ce qu’elle peut penser, et sa dangerosité en augmente encore. Un ennemi que tu ne comprends pas est un couteau planté dans ton dos. Tu ne pourras ni le voir venir, ni l’éviter, tu ne sentiras que la mort et ton échec. J’ignore si je considère comme rassurant de ressortir des maximes venues d’un autre temps, lorsque mon Grand Père m’initiait aux finesses du pouvoir. Il faut comprendre la perfidie des sorciers, il faut s’immiscer dans les pensées les plus retorses de ceux qui pensent pouvoir s’opposer aux Renzacci, pour mieux les briser, pour ne pas être pris au dépourvu, pour s’extraire de la masse et surplomber le plateau d’échecs et avancer son pion sans tomber dans le piège. Et cette asiatique qui me fait face refuse de me laisser pénétrer ses pensées et les raisons mêmes de chacune de ces actions. Ou presque. Ses mots, sa déception… Bien vite c’est la colère et l’amertume qui parlent pour nous deux, et je me découvre possessif. Toujours aussi possessif. Je regroupe les pièces éparses qu’elle me concède, m’infiltre dans son être, décortique ses explications, abats mes cartes et m’aventure sur un terrain de méfiance et de déception. Oui, déception semble le sentiment le plus présent dans cette pièce. Idiote, oui, tu l’es. Elle a baissé sa garde, visiblement elle avait même commencé à vouloir me donner une once de confiance. Le loup ricane de tant de mièvrerie, mes mots, aussi acides que sincères, claquent. Alors cesse de faire l’enfant, Lili, tu m’avais habitué à mieux. Que pensait-elle ? Que croyait-elle ? Je suis né pour le pouvoir, j’ai été élevé pour le saisir et m’en emparé, j’ai grandi dans cet univers d’intrigues et de puissance. Je ne suis pas quelqu’un qui va chercher à fuir tout cela, bien au contraire. Je suis un survivant, c’est ainsi que je me considère du moins. On m’a empêché de mourir lorsque je m’y étais résigné, et bien soit, autant en tirer le meilleur parti. Alors oui, Lili, je suis de ceux qui tirent les ficelles, je suis de ceux qui persécutent, je suis de ceux qui gouvernent, mais non, je n’ai rien à voir avec ce kidnapping dont tu sembles avoir fait pour une obscure raison et que tu veux me faire payer de toute évidence. La présence de ces marques sur ton visage, que je pensais liée à la chute dont j’étais le responsable, prenne un nouveau sens.

Ma voix se pose, un court instant. La colère se calme, mes pensées retournent sur mon contrôle. Et je m’attarde enfin sur une conclusion que j’ai faite, une conclusion que j’ai mise de côté, une conclusion que je ne peux ignorer davantage. Je suis possessif. Je l’étais auparavant, à vouloir protéger ce petit frère, à vouloir sauver Azzura, à vouloir moi-même me venger auprès de ceux qui avaient pu se croire maître de ma vie et de ma famille ; je le suis encore aujourd’hui mais d’une autre façon. Et Li Mei est à moi. C’est moi qui l’ai trouvée la première, c’est ma proie, c’est mon énigme, c’est ma partenaire de danse et je refuse de laisser quiconque jouer avec elle. Alors oui, Lili, dis moi. « Et qui donc t’a fait ça ? » Ma voix infléchie dans un ton interrogateur est teintée de menace. Mon doigt caresse ton hématome, s’échappe. Mes traits se font menaçants. Qui donc l’a touchée, qui donc l’a malmenée, qui donc est responsable de cette larme et m’a ainsi damé le pion dans cette danse que nous venons de reprendre, cette danse de violence que nous avions un instant laissée de côté ? Ses lèvres se pincent, les miennes font de même en miroir, la mâchoire crispée par l’attente d’une réponse que je pressens ne pas me plaire. Je n’ai pas oublié ce qu’elle est, un monstre, comme moi. Je n’ai pas oublié qu’elle n’est rien d’autre qu’une créature, que son créateur traîne et se traîne à l’extérieur comme le mien, invulnérable d’une certaine façon. Cette puce dans mon avant bras est la marque de mon esclavage, cet hématome sur sa face est la sienne. Je chasse le souvenir des jours passés par le loup dans une prison de fer pour me concentrer sur son corps qu’elle dénude sans signes avant coureurs, dévoilant une longue balafre et une constellation d’hématome qui persistent sur son abdomen. Mes yeux clairs deviennent orage, je reconnais là l’œuvre d’un bourreau comme un artiste ne peut que reconnaître le maître derrière la toile.

« Tu veux parler de ça ? Sa vulnérabilité, loin de me plaire, me déroute. Je ne peux danser avec une femme, avec un être qui ploie et se brise aussi facilement. Je ne peux que danser contre quelqu’un qui répondra avec fermeté à mes sollicitations, qui rétorquera à mes gifles après par des coups, à mes sarcasmes par de l’acide, à ma violence par de l’agressivité. Sa vulnérabilité, loin de me plaire, m’incite au mépris. Le bourreau du Government Building. Cette description pourrait tant me convenir que mes sourcils se froncent. Si ces mots semblent si adaptés pour moi, je ne suis pas le seul bourreau à œuvrer au Governement Building. Loin de là. Stain. » Un pas en arrière, ce nom me heurte comme un bélier et me force à battre retraite. En écho, je crache un « Ezio » tant teinté d’italien qu’il claque sur mes lèvres et mes dents comme une insulte. Mon poing se serre, je me contrains au calme. Ezio. Fut un temps, je le considérais comme un ami. Pas comme un frère – la place était prise par Noah, mais comme un double. J’avais pleinement confiance en lui, il avait confiance en moi. Mais le passé est de rigueur. Si j’ai pu être un jour prêt à lui tendre une main amicale lorsque nous nous sommes revus dans cet hôpital, il cherche à chaque fois que nos chemins se croisent à me convaincre de le haïr et je dois dire qu’il s’y prend bien. Très bien. D’abord Azzura, maintenant Li Mei, je suis peut être égocentrique de tout rattacher à moi, mais je ne vois qu’une seule explication probable : il a cru que l’asiatique représentait véritablement quelque chose pour moi. Dommage, ce n’est pas le cas. Et pourtant tu es en colère. Et pourtant tu veux la protéger. Oui, tout à fait. Ce n’est en rien de l’attachement, c’est de la possession. Comme je viens de le dire à Lili, j’aime m’occuper moi-même de mes affaires et ne lui en déplaise, elle en fait partie. Je me contrains au calme, avec peine. Et comme à mon habitude, je laisse les secondes s’égrener, le temps de cueillir les mots adéquats, de soupeser mes phrases, d’en peser la pertinence.

J’ignore depuis combien de temps je réfléchis mais ma patience et mon détachement sont tels que je ne cherche même pas à m’y intéresser. « Et tu penses sincèrement que j’ai quelque chose à voir avec les choix douteux de ce…subalterne ? » J’articule et détache les syllabes, d’une voix froide que je n’arrive pas à ni ne veux réchauffer. Ezio ? Un subalterne ? Mes lèvres se tirent dans l’ombre d’un sourire. Puéril, certes, mais agréable. Nonchalant, détendu, je fais à nouveau disparaître la distance qui nous sépare, comme si j’étais incapable de rester immobile. A leur tour, mes doigts agrippent son vêtement, le relèvent, glissent sur sa peau et la plaie en voie de guérison qui la traverse, sans la moindre gêne. Sans la moindre émotion. Comme un artiste devant le travail d’un de ses pairs, je contemple ce qu’il lui a fait. Peu m’importe les principes étranges de pudeur, je ne suis plus à ça près. C’est étrange, d’ailleurs, de voir à quel point de nombreux principes de mon enfance sont fermement ancrés en moi, des principes de savoir-vivre, de maintien aristocratique, de noblesse et d’élocution, alors que celui là a disparu comme brume au soleil. Mes doigts, donc, effleurent sa peau, dessinent sa balafre, s’attardent sur les hématomes comme sur le clavier d’un clavecin où ce ne seraient pas des sons qui s’en échapperaient mais simplement des notes de douleur. Peut être seulement encore ressentir la douleur, d’ailleurs ? « Je l’ai connu. » Ma voix résonne à nouveau tandis que ma main quitte son abdomen, libère le vêtement, recule et me déporte vers le canapé et les fauteuils. D’un bout de mon pied nu, j’écarte les vestiges de la vasque de fruits. Mon regard s’attarde sur la silhouette de Li Mei, tentant de décrypter ses pensées. « Il a fait du bon travail, un peu bâclé puisque tu es en vie et devant moi, mais du bon travail. » Je chasse la colère, et cette envie d’étrangler l’italien. Mon double. Suis-je comme lui, ou du moins l’étais-je ? « Je te rassure, si nous avons appris des mêmes maîtres dans ce domaine, nos intérêts ont… récemment… divergé, et je n’ai réellement rien à voir avec tout ça. » Un claquement de langue, un regard fixe et incisif. « Qu’est ce qu’il te voulait ? Que lui as-tu dis ? » Mes yeux traînent sur son ventre, sur les plaies cachées, sur cet hématome, sur ses lèvres  et son regard. Mes lèvres s’étirent enfin dans un sourire amusé, alors que je conclus. « Et surtout pourquoi mets-tu autant de temps pour en guérir ? J’aurais pensé qu’un monstre comme toi était plus prompt à se jouer des règles élémentaires de la nature. Ca me déçoit presque de te voir aussi peu investie dans ta monstruosité. Te laisser malmener par un vulgaire cabot et te traîner ainsi… c’est humiliant pour toi. Je ne comprends pas comment tu peux supporter cela. » Bras croisés sur ma poitrine, je laisse le silence reprendre ses droits.



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MessageSujet: Re: Gare à Loup, Chaperon chasse. [pv]   Lun 10 Nov - 0:22



Gare à Loup, Chaperon chasse.

(pv) Rafael A. Morienval


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Le mot claque entre ses lèvres comme une promesse, une menace, le souvenir d'une haine ancienne mais toujours aussi vivace. A moins qu'il ne s'agisse de ces communes amitiés qui finissent en drame. Tu n'en as que faire, de toute manière, ça ne change rien au fait : tu as été blessée. Ne voyons pas là le loisir douteux d'un amateur ennuyé qui ne sait que faire de sa vie. Nous parlons d'un travail de professionnels, de ces hommes aux traits durs qui frappent et posent les questions ensuite, de ces bourreaux qui savent blesser plus sûrement l'esprit que le corps. De vrais démons, prédateurs, pour tout vivant. L'es-tu encore, Lili, vivante ? Regarde-toi, ma grande, si tu trembles encore un peu, tu te remets petit à petit de ce traumatisme, tu trouves une autre issue. La peur ne t'aidera pas à vaincre, elle t'aidera à marcher, à faire face, à prouver qu'ils n'ont pas affaire à de simples humains, que cette proie-là est trop grosse pour eux. Sauras-tu leur faire comprendre combien il t'est possible de détruire sans être détruite ? Pourras-tu leur prouver que la chaîne alimentaire a été bouleversée ? A ceux qui ont frappé, et à lui, Stain. Ezio.

Le voilà qui continue avec son arrogance toute Rafaelienne, pleine de supériorité et de hiérarchie. Je suis le Dieu, vous n'êtes rien. Bien. Ezio serait donc un subalterne, tout autant que tu es une proie. Les prédateurs ont-ils peurs des proies, Loup ? Ne pensons pas de trop vive voix, ma jolie, ou un drame sera commis. Des hommes ont été exécutés pour avoir dit que la Terre était ronde – qu'auraient pensé ces anciens de la vision carrée des tiens ? Ne troublons donc pas l'italien avec quelques révélations dévastatrices. Pourtant, tu aimerais lui dire, il est fini le temps où l'on t'appelait Maître, et où un simple claquement de doigt déterminait la vie et la mort d'autrui, loup, aujourd'hui tu n'es pas plus que je ne suis, mais il ne faut pas, Lili, il ne faut pas. C'est bien pour cela que tu restes silencieuse, réfléchissant quelque peu à la question posée – à laquelle tu ne comptes pas répondre, d'ailleurs. Ces choix douteux n'ont rien à voir avec lui, tu le sais. Et, dans un sens, tu le savais depuis le début, la colère a simplement embrouillé tes pensées pour offrir des réponses à tes questions.

Perdue dans un ailleurs trop grand, tu en oublies le loup qui te fait face, celui qui grogne sans cesse de te savoir trop près de lui, et pourtant bien celui qui s'approche de toi de son propre chef, cette fois-ci. Tu sursautes donc légèrement – simple tressaillement d'épaules – lorsque ses doigts se posent sur ta peau, comme un père voulant s'inquiéter de l'état de son enfant sous le ventre rond. Tu n'es pas dupe, et tu sais que cette caresse n'a aucune chaleur, un simple bourreau qui contemple le travail d'un autre. Un artiste devant une œuvre d'art. Tu grimaces, donc, plus par dégoût et mépris que par douleur. Tu as envie de lui cracher au visage, de briser sa nuque et d'arracher sa putain de vie à son beau corps. Tu n'en fais rien, pourtant, les poings serrés contre tes cuisses, la mâchoire douloureuse sous la pression que tu lui imposes. Tu pourrais vomir, tu penses, de le sentir ainsi toucher ta peau blessée, si seulement tu avais quoi que ce soit à l'intérieur de ton estomac.

Ses quatre premiers mots te laissent déçue, profondément poussée dans la haine et le mépris de sa personne. Tu avais deviné ce lien entre le loup et le bourreau, et ce passé dans sa voix ne renforce que plus le prénom qui a déjà été prononcé. C'était un homme de ce temps où le petit seigneur faisait sa loi, tu n'en doutes pas. Le temps où les brasiers ont tué les sorcières sans chercher à comprendre, à obtenir ce savoir qui leur fait tant défaut aujourd'hui. Du bon travail pour essayer de rattraper toutes ces années d'ignorance et d'évolution. Ces mots sont-ils censés te rassurer, ma sœur ? Le voilà qui t'avoue que d'autres ont de l'intérêt pour toi que lui-même, et tu es censée dire ouf ? Ne soyons pas idiots, voyons, être recherchée par un deuxième membre du gouvernement, un homme aussi vieux que Rafael peut l'être lui-même. Comment pourrait-ce être rassurant ? Un homme qui n'en est certainement plus un, d'ailleurs, s'il vient d'un autre temps.

« Qu'est-ce que ça peut bien te faire, ce qu'il a demandé et ce que j'ai dit ? Il m'a dit combien il aimait me voir danser, je l'ai remercié, et nous nous sommes quittés. Vraiment rien à voir avec toi. »

Te revoilà avec tes demi-mensonges et tes mauvais sentiments, toute cette colère que tu avais abandonnée en arrivant, revenue aussi vite qu'elle le put. La haine t'enlace plus facilement que la guérison, comme le fait si bien remarquer le loup amusé. Mais il y a une blessure psychologique plus difficile à soigner encore que ce que ton corps a subi. Sûrement est-ce pour cela que les jours passent lentement sur tes plaies, quoi que l'attaque soit encore récente. Tu décides néanmoins de ne pas répondre, de simplement laisser couler cette remarque inutile et provocatrice. Et tu as, l'espace de quelques secondes, l'envie de déchirer son corps autant que le tien le fut pour revenir plus tard et lui demander alors, la guérison, ça avance ?

« Cabot ! Je savais qu'il avait été maudit. Illumination soudaine au fond de tes pupilles. Voilà qui explique une part des choses. Humiliant pour toi ou pour moi ? »

Ton regard se pose sur l'idiot qui se croit malin, sur le prédateur qui profite de ta faiblesse pour se sentir plus fort, supérieur. Il te méprise certainement autant que toi-même à son égard, et c'est là toute la complexité de votre relation. Tu reprends d'ailleurs ton sourire provocateur, faisant un pas en avant, réengageant la danse. Tu rejoins le loup, comme s'il vous était impossible de vous juger de loin, de vous critiquer à distance, comme s'il vous fallait être prêts à vous détruire de vos propres mains au moindre instant. Arrivée à ses côtés, tu te baisses et ramasses un de ces morceaux de vasque qui repose au sol, bout de porcelaine devenu dangereusement coupant, menaçant. Et alors tu attrapes sa main, tu cales de force l'arme barbare au creux de sa paume, et tu poses délicatement la pointe meurtrière sur la peau colorée de ton cou, si près de ton fil de vie n'attendant que d'être coupée pour t'envoyer à la mort. Une main agrippée à son visage pour fixer son regard dans le tien, l'autre toujours accrochée à la sienne, tu souris à la mort qui frappe à ta porte.

« Si c'est bâclé, pourquoi ne pas finir ce qu'il a commencé ? »

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Gare à Loup, Chaperon chasse. [pv]

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