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 Born from a nightmare

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MessageSujet: Born from a nightmare    Mer 2 Juil - 12:59

Ma Lya, c'est la plus belle des filles. Et je dis pas ça parce que je suis son père, non. Je dis pas ça pour ses cheveux, pour ses yeux, pour ses formes à présent dignes de celles d'une femme, bien qu'elles soient trop timides à son goût – et bien trop prononcées pour les miens. Je dis ça pour son sourire. Pour cette joie qu'elle affiche. Cette joie qu'on a fait doucement grandir à nous deux. Vous savez, on nous rabâche toujours avec le sermon « une fleur, pour pousser, ça a besoin d'eau et d'une bonne terre ». Moi, j'suis le sol, la terre meuble, stable, et elle, l'eau, un fluide qui se mêle à tout, un élément qui s'adapte à toutes les situations. On a fait pousser notre petite fleur, une fleur simple, sans grande beauté, une fleur classique d'une banalité affligeante et que, pourtant, je désire préserver. Celle du bonheur. On s'engueule, on se prend la tête pour un rien. Mais j'essaye d'alléger au maximum le fardeau qu'elle doit se traîner. Je la laisse déposer sur mes épaules tout le poids que sa bien trop jeune tête doit endurer. Ces années où j'ai été absent, ces années où sa mère s'est complètement laissée porter par elle, toutes ces années qu'elle a dû sacrifier pour que mon ex parvienne à rester debout. J'endure ses reproches, j'assume mes erreurs, dont l'abandon que j'ai pu commettre. Mais elle fait des efforts. Énormément d'efforts.

Pour que ça se passe bien, pour pas qu'on passe notre temps à se crêper le chignon. Elle en a bavé. On en parle, des fois. Son innocence n'a pas duré bien longtemps. Le temps que sa mère apprenne à ne plus me craindre, le temps que sa mère ne suive plus son traitement. Quelle salope, celle-là. Bref. Moi, en échange, je fais tout pour que tout se passe bien. J'surveille mes économies. Peut-être que je pourrais lui payer des études dignes de ce nom. Pas forcément dans l'université voisine, non, mais dans une plus modeste. Histoire qu'elle ait un diplôme. Enfin, pour l'instant, pensons au présent. Je devrais pas être là, je sais, elle m'a demandé de ne pas la suivre. Mais voilà, ma Lya, c'est la plus belle des filles, et je pense que je suis pas le seul à le penser. Je veux bien qu'on cueille ma petite fleur, mais je veux m'assurer que le jardinier soit pas un malotru. Le seul homme (ou femme) qui tranchera le cordon, cette tige qui relie mon bourgeon au sol que je suis, devra être une bonne personne, pas un salaud qui veut juste un coup d'un soir ou une qui souhaite abuser de sa bonne gentillesse. Je vérifie l'heure à ma montre. 23 heures. Je lui ai demandée de rentrer pour 2h du matin. J'ai encore du temps devant moi. Je baisse les yeux en direction de mon verre d'alcool, un verre de vieux cognac. Je le saisis entre mes doigts tannés, recouverts d'une véritable corne à force de me les lacérer au travail.

Je me suis pourtant calmé sur la boisson, depuis qu'elle est à la maison. Enfin, j'essaye. Je contemple longuement le liquide doré, le fais tourner, avant d'en boire une gorgée de plus. Je redresse ensuite les yeux pour regarder autour de moi. J'ai trouvé un bar, près de l'université. Ce genre de bar où l'alcool coûte bientôt moins cher que l'eau. J'ai un grondement à cette idée, plus encore à cause de la musique de merde qui me frappe le crâne comme un marteau. Bordel, à croire qu'à cause de l'évolution, nos oreilles deviennent moins sensibles à la Bonne musique. À la musique tout court. Parce que là, ce « boum boum » et ces paroles qui se répètent en boucle - « yeah yeah wow wow »-, ça n'a rien de comparable à un bon vieux rock. Là, au moins, y'avait des paroles dignes de ce nom. Je me recule un peu dans mon siège et passe une main dans mes cheveux coupés courts, longe ensuite ma barbe mal rasée et tapote un instant mon ventre rebondi. Il faut vraiment que je fasse un régime... quand je serais moins gourmand. C'qui n'est pas prêt d'arriver. Merci le grizzly ! Ouais, lui aussi, il a bon dos, j'lui fous tout sur la tronche, à ce gros truc poilu. C'est pour avoir défoncé ma cave lors de la dernière pleine lune.

Je m'installe plus correctement, chasse instinctivement quelques miettes imaginaires sur mon jean délavé. Je remets mon veston gris sur les épaules, râlant un peu contre mon t-shirt noir censé me maigrir. Il faut dire qu'il m'arrive d'avoir parfois des goûts très excentriques en vêtements. En hiver, je dois être le seul mec sur terre qui se balade avec un bonnet ayant une tronche de nounours, ou décoré de pompons multicolores. Le ridicule ne tue pas, et pourtant, je n'hésite pas à m'en servir comme arme. Ça fait sourire les uns, les autres, et ça me permet de faire un peu d’auto-dérision. Que du plaisir pour tout le monde. Je souris à cette idée. Ma Lya aussi a des goûts particuliers en vêtements. Elle aime les couleurs vives. Elle aime les longues robes ornées de fleurs, ou encore, les trucs en plastique que l'on peut se mettre dans les cheveux. Elle réinvente la mode ! Pour elle, le rouge s'allie au vert, le noir est banni de sa garde robe, même ses baskets sont parfois fluorescentes. Inutile de vous dire que Sigurd s'arrache parfois les cheveux en voyant quelles sont nos tenues. Il refuse parfois même à ce que l'on sorte comme ça et s'occupe de nous trouver des tenues plus appropriées. Mais nous, ça nous fait rire. Un rien nous fait rire. Après tout, tout autour de nous peut prêter à pleurer : notre misère, la misère des autres, les catastrophes qui s'accumulent. Sans parler de la déprime générale, du désespoir dans les regards que l'on croise, des peines encore si récentes qu'on les voit saigner au fond des prunelles de certaines personnes. Je sais que Lya y est sensible. Quant à moi, je commence à m'y habituer. Alors je lui donne de ma force. Je lui donne mon énergie. Je lui apprends à sourire, à reconnaître et savourer les bonheurs parfois les plus simples, les plus cons, mais ceux qui suffisent à ce que la journée soit plus facile. La joie de pouvoir se lever en bonne santé, de pouvoir profiter d'un bon repas, de ceux qu'on aime, même si on s'engueule. Le bonheur élémentaire d'être en vie.
Pourtant, il arrive que certaines personnes troublent ma philosophie. Comme les avions passent par des phases de turbulences, vous voyez ? Et y'en a une tout particulièrement. Une que je n'ai pas encore repérée. Une qui, pourtant, ne devrait pas tarder à me remarquer.
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MessageSujet: Re: Born from a nightmare    Jeu 10 Juil - 0:23


born from a nightmare

because every annotate word that comes through me, it was born in a nightmare

Ce n’est pas tous les soirs à la Nouvelle-Orléans qui ont la prétention d’être intéressants. Au contraire, bien des fois, que ce soit depuis certaines mesures prises par le gouvernement ou les derniers évènements ayant graciés les télévisions et radios de la population, les jours pouvaient se manifester bien longs, surtout aux yeux d’une personne comme Cordelia dont la patiente n’est ni une vertu ni un intérêt. Pourtant, il n’y avait pas à dire que cette femme savait très bien comment tourner chaque situation à son avantage et remédier à quelque chose d’aussi bête que l’ennui. Et, présentement, elle savait exactement ce qu’elle avait à faire pour se priver d’une éternisante soirée ; Gregory Whitford, mais son nom n’avait vraiment que très peu d’intérêt pour la sorcière. « Mais qui va là? » dit-elle en s’adossant au comptoir sur lequel se trouvait Gregory. Plissant les yeux, gloussant un coup, la sorcière finit par pencher la tête pour observer le spécimen devant ses yeux avec non seulement ce revêtement de vice qui lui était si familier, mais aussi avec une raillerie sans égale. « Tu sais, l’un aurait cru que quiconque avec si ce n’est le strict minimum de bon sens aurait la décence de nous exempter d’une perspective flétrie aussi avilissante que… ça. » siffla-t-elle en regardant succinctement le ventre grassouillet du père de famille. Ricanant un coup, elle attrapa le verre qu’elle apporta à ses lèvres, cessant irrémédiablement d’accorder si ce n’est une once d’attention au cancre à ses côtés. Il était tout à fait typique de sa part de lui piquer son verre de la sorte, sans même demander si ce n’est quelque chose d’aussi simple qu’une permission, mais surtout sans même éprouver une quelconque gêne ou pire encore du remord. Appréciant le goût de cet élixir qualifiable de tous les adjectifs les plus prisables, on pouvait l’observer passer une langue, subtilement, quoique pas pour le moins lascivement, sur sa lèvre inférieure comme pour s’enivrer davantage de ce relent, avant de renifler silencieusement cet arôme rauque qu’elle estimait tant. Retournant enfin son attention sur la piètre silhouette de Gregory, un sourire à la fois moqueur et condescendant fraya son chemin jusqu’à ses lippes délicatement maquillées s’y esquisser. « Mais on sait tous les deux que tu n’es ni une lumière, ni vraiment titulaire d’un quelconque bon sens, alors... » dit-elle d’une voix douce, contrastant férocement non seulement avec sa personnalité, mais aussi avec ce sourire qu’elle arborait. En revanche, les gestes qui suivirent restèrent dans la même veine, fidèle à cette petite comédie qu’elle avait décidé d’installer si ce n’est l’instant de quelques succinctes secondes. En effet, sa main vint à aller caresser la joue du jeune homme, avant que ses doigts ne s’aventurent indécemment contre les lèvres du jeune homme alors que la sorcière se contentait de mordre sa lèvre inférieure.

Mais rapidement ce petit jeu sans queue ni tête perdit tout son intérêt pour la sorcière qui haussant les épaules de sa désinvolture habituelle suivit le geste d’une claque pas forcément amicale ni légère contre la joue de Gregory. « Ne fais pas cette tête, tu m’ennuies. » dit-elle en roulant les yeux. C’était toujours comme ça. Tentant de rester le plus loin possible du gouvernement et de ses membres, elle préférait plutôt faire passer le temps dans les bars ; l’alcool étant l’un de ses nombreux démons. Enfin, bien qu’elle n’était pas non plus une ivrogne compulsive. La succube avait un peu trop de classe pour descendre aussi bas ; mais il n’y avait pas à dire que l’alcool lui paraissait comme le remède le plus accessible et efficace face à tous ses maux. Puis, il n’y avait pas à dire, depuis que Connor n’était plus à disposition pour endurer ses milles et un caprices et coups de tête, la sorcière devait se rabaisser à des sujets un peu plus pathétiques ; comme Gregory, pour n’en citer qu’un. Ce n’était pas pour autant une raison d’être aussi ennuyant pour autant. Toisant sa victime de ce regard plein de mépris et de dédain qu’elle arborait si souvent dans ses magnifiques iris caféinés, elle roula les yeux à la vue de ce ventre rondouillard. Gregory avait tout du mec qui se plaignait de ses quelques kilos en trop, prétendait avoir besoin de perdre du poids, tout en continuant de plonger la main dans le sac de chips. Et ne vous méprenez pas, Cordelia ne le jugeait même pas pour cette affection qu’il semblait céder à la bouffe. Dieu sait que ça serait drôlement hypocrite, même de la part de la sorcière, de penser une telle chose. L’appétit d’ours, c’était elle qui l’avait avant tout. Mais elle fournissait les efforts ;  même si, elle ne mentirait pas, elle ne grossissait pas vraiment non plus. Un bon métabolisme que certains disaient. À vrai dire, elle n’en avait que très peu à foutre tant qu’elle gardait cette apparence qu’elle jugeait si parfaite. Mais, Gregory, lui, c’était complètement différent. Il ne fournissait aucun réel effort et pourtant, Dieu sait, qu’il devrait. « Et pour l’amour de dieu, caches-moi ça. » cracha-t-elle, insolente à souhait. Il pouvait au moins avoir la décence de fermer son veston afin qu’on n’ait pas une vue aussi flagrante sur la chose. Certes, la brunette exagérait un peu. En aucun cas, ce tas de graisse supplémentaire l’horripilait tant, mais elle savait comment le brun pouvait complexer sur le sujet, et si elle voulait paraître convaincante, mieux valait y croire de son côté aussi.

Commandant un verre qui serait le sien cette fois-ci, elle fit un clin d’œil au barmaid. Un sourire malicieux étirant à nouveau ses lèvres rosées, Cordelia détourna légèrement la tête pour reposer son attention sur le mécanicien, faisant valser gracieusement ses boucles maronnes. Si l’ex-policier aurait pu penser qu’elle avait mis le grappin sur une autre victime et qu’il allait avoir la paix, il se trompait définitivement. Son doigt se balançant contre son cou, puis son torse, sans non plus s’aventurer vers son ventre, il n’y avait pas réellement de limites à ses yeux, surtout pas lorsqu’il était question de quelqu’un comme Gregory. « Ne sois pas jaloux mon ours en peluche, je compte bien t’accorder toute mon attention ce soir. » Puis, la démone pouffa un léger coup avant d’apporter son verre à ses lèvres une fois de plus. Haussant les sourcils, son regard verrouillé dans celui du mécano dans une sorte de compétition, une lueur s’attisait là dans ses pupilles et c’était loin d’être rassurant. Éternelle nonchalante et irrésolue, on ne savait jamais ce que Cordelia avait derrière la tête.

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narcissa ⊹ she will try to run to the ends of the world; let her go. it will take her years of feeling the earth beneath her feet, dark water lashing her face, blood under her fingernails, to realise that nothing is chasing her and that you have not followed. she will return and kiss you, triumphant, exultant, restless and her lips will feel like a thousand little knives pressing into your skin: the knowledge that she will not stay, she cannot stay, not even for you.
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MessageSujet: Re: Born from a nightmare    Lun 28 Juil - 10:37

Je la sens approcher avant même qu'elle ne s'installe face à moi. Heureusement, elle a encore eu la décence de laisser une certaine distance physique entre elle et moi. Mes yeux ne se redressent pas immédiatement. Ils restent fixés sur le mur en face de moi. Le sourire naturellement présent sur mes lèvres fond comme neige au soleil. Mes mâchoires se crispent, mes muscles se contractent, alors que mon cœur, sans s'accélérer, bat pourtant plus puissamment. C'est pas croyable comme certaines personnes vous hérissent le poil. Cordelia, c'est même pire que ça. Mes paupières semblent s'alourdir du poids de la lassitude, du poids des remarques qu'elle va bientôt entasser sur mon dos solide. Rien que tourner les prunelles vers elle est un effort que je ne souhaite pas fournir. Cette femme, cette unique femme, arrive à réunir tout ce que j'exècre. Le slogan des prostitués est bien souvent : une femme pour toutes les autres. Un corps qui s'adapte aux désirs de leurs clients, un caractère caméléon, des attitudes « miroirs », qui ne reflètent que les envies dont elles sont les victimes... Cordelia, elle, devait savoir renvoyer tout ce que chaque être exécrait, enfin, avec moi, elle y parvenait complètement.

Et plus j'y pensais, plus je lui accordais d'importance. Plus je lui accordais du pouvoir. Plus je la haïssais. Un cercle vicieux. Un cercle sans fin. Un cercle auquel j'aurais dû pourtant trouver une solution avant que tout cela ne dégénère. Elle me parle enfin. De sa voix doucereuse. Du poison. Tu l'avales, mais tu grimaces. Son semblant de douceur, de tendresse, ne sert qu'à mieux te faire ingérer la véritable aigreur de ses paroles, ce concentré de haine qu'elle t'injecte à la façon d'un moustique... Tu l'entends t'approcher, tu ne le sens pas te piquer : mais lui te prive de ton sang et a peut-être pris le vice plaisir de te fourrer une saloperie dans le sang. Le moindre de ses mots est une morsure... Douloureuse quand tu en prends conscience. Dérangeante. Une morsure qui te démange le cœur des heures durant, ou quand tu te replonges seulement dans le souvenir de la dernière rencontre. Je déglutis légèrement. J'avale. J'avale comme un con tous les mots qu'elle me fourre dans l'oreille, qu'elle me martèle dans la tête. Ces mots qui crucifient mon cœur, qui le déchirent et l'étirent avant de l'épingler, de dévoiler sa chair à nue, sa chair palpitante, ma peine à fleur de peau. J'ai sûrement déjà trop bu pour me montrer poète. Bordel. Elle semble le penser aussi : voilà qu'elle prend le verre et le porte à ses lèvres. Le geste en lui même suffit à complètement me répugner. J'aurais dû cracher dedans avant qu'elle ne le récupère. Le velours de ses lèvres s'entrouvre et laisse s'échapper une langue délicatement rosée, une langue qui se presse langoureusement le long de sa bouche. De quoi faire apercevoir la tendre fermeté de ses lèvres. Si ça aurait plu à certains... Moi, non. Mes yeux se détachent rapidement de sa bouche et fixent de nouveau devant moi. Je suis nerveux. Comme toujours quand on se croise.

Ses doigts me frôlent. Cette fois ci, un de mes poings s'étire et je fais craquer l'articulation de mes doigts en les repliant. Je libère un soupir profond, déjà excédé, et écarte la tête quand elle dessine ma barbe de quelques jours. Je repousse sa main avec fermeté quand elle va pour appuyer ces petites baguettes armées d'ongles aiguisés contre mes lèvres : ma main a simplement saisi son poignet et l'a éloigné de moi. J'aurais pu être plus violent, mais j'ai veillé à ce que mon geste reste totalement maîtrisé. La riposte me fit ciller... La claque m'a tétanisé l'espace d'un instant. Elle faisait ça aussi, la garce. À se vêtir de son « sexe faible » comme d'une armure. À me poignarder de ses accusations assassines, de ses remarques méprisantes. Elle ? Mon ex.
_ Je vous ennuie, Mademoiselle ? Dans ce cas, allez voir ailleurs, ça sera mieux pour nous deux, je tranche sans tourner les yeux vers elle. J'essaye de me maîtriser : le vouvoiement et la politesse me trahissent. Étonnamment, il n'y a qu'à l'adresse des femmes que j'emploie de telles tactiques. Pour les mecs, c'est plus simple, une bonne insulte ou un coup de poing. Mais bon dieu si tu oses faire ça à une femme tu passes pour le bourreau, le monstre de l'histoire. La femme et l'homme sont pas sur un pied d'égalité. Ils ne l'ont jamais été. La femme se plaint de sa place. Mais La femme ignore toutes les chances qu'elle possède. Une femme battue ? On la plaint. Un mari battu ? On se fout de sa gueule. Une femme pleure ? On la réconforte. Un mec chiale ? On le traite de pédé. La suite suffit à ce que mon barrage interne se fragilise. Ah ouais ? Je dois cacher « ça » ? Qu'elle commence par cacher sa gueule. Mais je serre les mâchoires, je commence même à ronger mon frein.

_ J'ai rien à cacher. Ça te dérange ? Je te dérange. Je le sais. Alors casse toi. Va trouver un autre con sur lequel te défouler. Qu'est ce que tu veux ? Que je joue à ton jeu ? Que je t'en foute une ? Explique moi, je suis curieux de comprendre... Et ne me sors pas une autre saloperie comme «  c'est juste que tu me fais pitié » ou que sais je... Pour venir me voir, pour en plus t'abaisser à toucher un tas de graisse comme moi, c'est que tu dois vraiment t'ennuyer. Tu ne vas pas me faire croire qu'une femme comme toi puisse avoir des soucis ou seulement manquer d'occupations ? Tu dois vraiment être au plus bas ou n'avoir aucun jouet sous la main pour venir perdre ton temps et ton énergie avec moi.
Ouais, le barrage est fragilisé. J'essaye pourtant de le maintenir, et je suis moi même légèrement surpris de ce que j'ai osé déblatéré. En temps normal, je l'aurais vouvoyée, j'aurais répondu avec la même politesse qu'à l'accoutumée, j'aurais baissé la tête, je me serais soumis face à elle pour avoir un peu de tranquillité. Au lieu de ça, je la tutoie. Mes yeux reviennent franchement se planter dans les siens, mes yeux clairs tranchant avec ses prunelles plus sombres. Je souris, mais c'est un sourire sans joie. La petite claque m'a dérangé. La petite claque m'a interpellé. Elle me rappelle ces longues conversations avant que Lya ne naisse. Ces conversations où Elle était vêtue d'une robe dévoilant ses charmes, où elle errait dans la cuisine avec la même lascivité qu'un fauve repu. Repu des humiliations qu'elle me faisait subir. Repu de l'énergie qu'elle me prenait, des larmes qu'elle m'arrachait. Un moustique. Un vampire. Un ver solitaire qui se fout dans les recoins les plus obscurs de ton âme, qui se développe dans les plus sensibles pour t'affaiblir. Pour te tuer. Et je crois reconnaître la lueur au fond de ses prunelles. Mes entrailles se glacent. Comme un lapin face à une voiture, mon cœur rate un battement. Je ne veux pas faire comme avant. Je ne veux pas replonger dans le même enfer. Je ne veux pas qu'une Femme me fasse du mal de nouveau.

Ma peur m’écœure. Je serre légèrement le poing, pour me donner du courage. Un homme qu'a peur n'a pas de couilles. C'est pas un homme. Un autre slogan à la con. J'ai peur, j'ai pratiquement toujours peur. Mais c'est ce qui me permet d'affronter ce sentiment. C'est ce qui me permet d'être « courageux ». J'suis juste un mec qui veut agir. Qui veut bouger, quitte à se jeter sous les roues de la voiture, plutôt que rester là, passivement, à attendre la fin. J'pensais en être capable...Mais non. J'aime la vie. Je veux pas mourir. Je me sens... comme Saint Georges face au dragon. Un pitoyable chevalier avec sa lance pourrie, face à un monstre indestructible. Invulnérable. Une dragonne aux charmes dignes d'une diablesse, une dévoreuse de cœurs, une croqueuse de chairs, dans tous les sens du terme. La sexualité ne semble pas la déranger, et c'est presque avec un vilain plaisir qu'elle semble vouloir planter ses ongles dans mes plaies pour les déchirer. J'ai aucune chance. J'ai pas sa force, cette force qui l'anime, cette force qu'on n'accorde qu'aux femmes. Celle de la vie. Vous voyez pas où je veux en venir ? Bah les Femmes, ça peut donner la vie. Alors, depuis tout gamin, je me dis que la Vie coule dans leurs veines, qu'elle leur offre une force supérieure à celle des simples... géniteurs comme moi. Mais j'ai maintenant l'amour paternel de mon côté. Et mon caractère de con. Je veux vivre, moi. Je veux pas souffrir. C'est bestial, bête, primitif comme raisonnement, et c'est pourtant ce qui m'offre l'énergie nécessaire pour tenir ma lance face au rictus du dragon démoniaque, du serpent tentateur et destructeur, de la fée maligne et cruelle.
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MessageSujet: Re: Born from a nightmare    Sam 2 Aoû - 8:53


born from a nightmare

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Éternelle désinvolte, la sorcière sautait d’une humeur à une autre, d’une réflexion à une autre, d’une envie à une autre, d’une nuance à une autre, le tout en l’instant d’une seconde parfois. Elle ne fît pas exception à la règle lorsqu’après lui avoir précédemment caressé le visage avec une certaine délicatesse – laquelle on ne lui aurait jamais attribuée aux premiers abords, surtout pas derrière ses allures de femme fatale – elle lui assaillit une claque, pas forcément violente, ou féroce, mais tout de même loin d’être amicale. « Ne fais pas cette tête, tu m’ennuies. » Un roulement de yeux suivit, typique de sa personne, insolente et narcissique, présomptueuse et moqueuse, nonchalante et méprisante. Le genre de geste que l’on préférait éviter de voir tellement, malgré sa simplicité des plus vulgaires, ce dernier vous écrase et vous rappelle à quel point, ultimement, vous êtes si inférieurs. Dans le cas présent, ça devait bien être le cas de Gregory. Ce qui était ironique, en soit. Du haut de ses six pieds, il pouvait presque la regarder de haut, même perchée sur ses échasses, et il pouvait facilement la camoufler de sa silhouette – rien à voir avec son poids (quoique), mais plutôt avec sa largeur d’épaules – et malgré tout cela, il demeurait tout de même tout petit, tout mince, tout fragile à côté de Cordelia. Mais ce n’était pas le seul, ça ne serait pas le dernier non plus.

C’est avec un rictus, plein de malice, se drapant adroitement contre ses lippes prestement, mais subtilement maquillées, qu’elle accompagnait la résistance du jeune homme. Il avait beau tenter de garder son calme, d’arborer de ces plus belles allures devant la sorcière, elle voyait droit dans son jeu, un jeu pourri, un jeu d’homme sincère. Il n’avait pas la main, ni la tête, ou la carrure à vrai dire, d’un comédien de taille. C’est pourquoi la joute dans lequel il s’était présentement aventuré, il allait finir perdant. Mais la succube n’avait nul doute que ça devait être coutume chez lui. Sa riposte, respectueuse, maitrisée et restreinte ne l’épatait guère. « Je vous ennuie, Mademoiselle ? Dans ce cas, allez voir ailleurs, ça sera mieux pour nous deux. » C’était pathétique, tout comme lui. Un subtil, mais grossier moyen de faire croire qu’il avait un certain ascendant. La triste réalité se résumait au fait qu’il se satisfaisait à baigner dans le rôle de la proie, celui qui recule, celui qui est effrayé et préfère ne pas irriter davantage la bête qui le guète. Elle ne pouvait pas lui reprocher d’être bête, c’était au moins ça. Il savait que s’il répliquait si ce n’est avec l’once d’une amertume, il allait entrer dans le jeu de la sorcière et, encore une fois, plus intelligent qu’il ne parait, il devait bien savoir qu’il allait y laisser plus que des plumes lorsqu’il était question de la démone. « J’ai une meilleure idée. » dit-elle en plissant les yeux, singeant un peu sa personne, prétextant s’adresser à quelqu’un de moins prédisposé qu’elle. « Pourquoi ne deviendrais-tu pas rien qu’un peu intéressant l’instant de quelques pauvres minutes? » cracha-t-elle, fidèle à elle-même, et donc particulièrement dédaigneuse, bien que des petits airs espiègles semblaient toujours siéger sur son visage de démone. « Pour notre bien à nous deux. » conclut-elle, comme pour tourner en dérision les derniers propos du métamorphe. « Tu dois bien être capable de faire une telle chose, non? » dit-elle en fronçant le nez et lui concédant un clin d’œil. Geste totalement en désaccord avec l’attitude insolente qu’elle arborait, mais s’il y avait bien quelqu’un qui savait jouer sur les nuances et les paroxysmes, c’était bien la sorcière.

Ses iris marron toisèrent ainsi l’objet de sa torture actuelle, observant tous ces défauts qui lui paraissaient si patents et criants sous la lumière tamisée du bar. La brunette le distilla donc d’une nouvelle remarque aussi vaine et superficielle pouvait-t-elle sonner, mais dont le tranchant ne manquerait pas d’accabler, ou mieux encore, d’irriter le pauvre homme. « Et pour l’amour de dieu, caches-moi ça. » Ses mâchoires se serrèrent et parallèlement le rictus de la sorcière se desserrait au même rythme, dévoilant un sourire blanc, mais pour le moins vicieux. « J'ai rien à cacher. Ça te dérange ? Je te dérange. Je le sais. Alors casse toi. Va trouver un autre con sur lequel te défouler. Qu'est ce que tu veux ? Que je joue à ton jeu ? Que je t'en foute une ? Explique moi, je suis curieux de comprendre... Et ne me sors pas une autre saloperie comme «  c'est juste que tu me fais pitié » ou que sais je... Pour venir me voir, pour en plus t'abaisser à toucher un tas de graisse comme moi, c'est que tu dois vraiment t'ennuyer. Tu ne vas pas me faire croire qu'une femme comme toi puisse avoir des soucis ou seulement manquer d'occupations ? Tu dois vraiment être au plus bas ou n'avoir aucun jouet sous la main pour venir perdre ton temps et ton énergie avec moi. » Bien trop de mots, trop peu de répit. Cordelia passa une main contre sa tempe, massant son front délicatement comme si le simple son de la voix de Gregory lui donnait des migraines. « Est-ce qu’on t’as déjà dis que tu parlais trop? » siffla-t-elle avant de pousser un gloussement railleur et de détourner le visage. Ses iris se déposèrent cette fois-ci sur le barmaid qu’elle séduit d’une œillade facile. C’en était presque grossier la facilité qu’elle avait d’imposer ses caprices à n’importe qui une fois quelques regards provocateurs échangés. Il ne suffisait parfois même pas de mots, rien que des regards. Commandant un verre, Cordelia se sentit presque obligée de l’avaler d’une traite pour se donner l’effort de traiter le cas pathétique et puéril de Gregory. « Tellement de questions, pourtant si peu de réponses. » dit-elle, nonchalante, peut-être même un peu mystérieuse, bien qu’elle feignit bien rapidement un chagrin qui paraissait si grossier sur son visage à elle. C’était toujours comme ça avec elle. Elle n’aimait pas la vérité, l’honnêteté, la sincérité… à moins, bien évidemment, qu’elle était malléable à son avantage – d’ailleurs, la brunette aimait penser qu’elle était d’abord et avant tout opportuniste avant d’être réellement manipulatrice. En temps normal, elle préférait tellement jouer dans les non-dits, les subtilités, les nuances. Si l’on lui demandait du noir et du blanc, lequel elle préférait, Cordelia répondrait le gris. C’était comme ça qu’elle était, tout simplement. « Une demoiselle aussi consciencieuse et bienfaisante que moi ne peut-elle donc pas ressentir si ce n’est la moindre once de pitié pour un cas aussi désespérant que le tien? Est-ce donc si mal? » Souffla-t-elle, avec cette voix innocente qu’elle maîtrisait drôlement bien, au vu des circonstances… Mais c’est une comédie qu’elle ne pût maintenir bien longtemps avant qu’un pouffement ne s’exhale du fin fond de sa gorge.

« Tu sais quoi? Tu as raison. » Débuta la sorcière, marquant bien sa pause parce qu’elle savait que ses mots pourraient sonner bizarrement aux douces oreilles du métamorphe. Il était évident, cela dit, qu’elle n’avait pas fini et que le pire restait malheureusement à venir. « Tu ne mérites ni mon temps, ni mon énergie. » Une réflexion la prit de plein assaut. « À vrai dire, tu ne mérites pas grand-chose si je suis honnête avec toi, mais ça, c’est un débat pour un autre jour. » Aussitôt amené sur le terrain, aussitôt chassé. Pourtant, le mal était fait et elle en jubilait presque. La vipère avait déjà mordu sa proie et son venin baignait à présent dans les veines de Gregory, se répandant non seulement plus rapidement, mais plus sévèrement aussi. « En revanches, tu sais qui mérite tout mon temps et mon énergie? » dit-elle en s’approchant de lui, ne laissant que de piètres millimètres entre elle et lui, une distance à laquelle il ne devait plus être accoutumé, tout du moins, pas avec une femme. C’était invasif, insolent, irrespectueux, tout ce qu’il devait détester. Mais c’était aussi un moyen pour elle de renforcer son ascendant sur lui, lui rappeler qu’elle était plus intelligente, plus forte, plus dangereuse… « L’adorable Lya. Si mignonne dans ses petites robes fleuries, si jeune, si innocente, si naïve... » murmura la démone, son souffle chaud, qui pourrait tout aussi bien être mortel, caressant vicieusement le cou de Gregory. Ses doigts, fins, mais audacieux, se promènent en territoires hostiles, plus précisément les bras de sa victime, geste qui lui permet d’avoir une longueur d’avance dans ses réflexes s’il comptait faire quoique ce soit. « La dernière rumeur voudrait que la pauvre n’ait pas tant de copines. T’arrive à y croire toi? » La sorcière gloussa à nouveau. Pas difficile d’y croire quand la pauvre est la descendante d’un vaurien comme le brun. « Dis-moi, Gregory. Malgré tes piètres apparences, tu ne m’as pas l’air trop imbécile. Alors, à ton avis, sur une échelle de à 0 à 10, à quel point sera-t-il facile pour moi de casser le cou de ta petite et douce brebis sans que tu ne puisses faire quoique ce soit ?» Un sourire malin, vicieux, peut-être même sadique à vrai dire, étira les lèvres de la sorcière un peu plus. « J’aime croire que malgré ce qu’on peut bien penser de moi, je suis juste. Alors, je vais te laisser vingt secondes pour choisir entre toi et ta fille. » Elle haussa les deux sourcils et susurra tout en s’approchant dangereuse des lèvres du jeune homme : « Tic toc, Gregory, tic toc. »

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MessageSujet: Re: Born from a nightmare    Sam 16 Aoû - 12:29

Intéressant ? Non, je ne voulais pas l'être. Je ne voulais pas l'être. Quand je la voyais, mon cœur se serrait, mon corps se tendait instinctivement, se préparait à une fuite à laquelle mon esprit se refusait. Mais il y a des choses... Qu'on ne décide pas. Il y a des choses pour lesquelles notre volonté ne peut rien faire. Face à un serpent, combien même nous n'en avons pas peur, le premier réflexe n'est autre qu'un pas de recul. Et elle n'en était pas différente. Reptile au sang glacé, le moindre de ses contacts éveillait en moi des instincts bestiaux, des instincts enfouis au plus profond de mes entrailles. La rage de l'ours se mêlait à celle de l'homme. La violence de l'un se fondait parfaitement en l'autre, une fusion animée par un même but : celui de la survie. La simple survie. La morsure du serpent peut être aussi fatale que le poison d'une femme. Qu'il soit injecté par des crochets aiguisés ou par des lèvres pulpeuses, qu'il s'échappe d'un sifflement ou d'un chuchotement, qu'il soit produit par des glandes ou alimenté par une âme haineuse, le résultat reste le même. La souffrance. Une souffrance face à laquelle, comme tout être, je me rebelle. Je ne suis pas aussi passif qu'on pourrait le croire ou que je souhaite le faire croire, non, l'Ours est bien là, pas le nounours auquel on est accoutumés... la grosse bête couverte de fourrure, l'homme couvert de blessures.

Ses yeux étaient une vraie flamme. Une flamme qui vous réchauffe le sang, et pas toujours dans le bon sens du terme, malgré les gestes physiques qu'elle s'acharnait à m'offrir. Comme si cela aurait pu suffire à me dompter, comme si j'allais être comme ces mecs stupides à écarter ou serrer mes cuisses par crainte que sa main ne descende que plus bas. Hors de question. Au lieu de vouloir m'écarter, je ne désirais que me rapprocher. Au lieu de vouloir son corps, je ne désirais que le lui écraser, le broyer sous mes poings, éclater sa peau, amollir sa chair, attendrir ce cœur trop dur, ce cœur qui lui servait de lame, ce cœur renforcé par une haine impitoyable qu'elle n'attendait que de planter dans ceux qu'elle croisait. En pleine croisade, en pleine lutte face à un ennemi à multiple visage, rien ne semblait la faire fléchir dans son combat. Et j'étais là, concerné par ce combat, sans même savoir ce qu'elle espérait en victoire, sans même savoir ce qui avait pu enclencher cette situation. Qu'on me fasse pas croire au hasard, ma carrière m'a appris que ça n'existait pas, que c'était qu'un truc qu'on invente pour s'rassurer. Bah non, si il vous arrive une merde, c'est bien qu'une part de vous l'a mérité, quelque part. Comme ces moments où on enchaîne les trucs emmerdants, avant d'avoir une période de tranquillité.

_ Ouais, on me l'a déjà dit. On fait que me le répéter. Mais t'inquiète, si j'ai un truc à bouffer, je me la fermerai, je réplique en haussant légèrement les épaules. Après tout, j'assume complètement mes kilos superflus de même que mon furieux appétit... je râle comme un putois dessus, mais j'suis pas aussi complexé qu'on pourrait le croire. Au moins, je n'ai plus besoin de me prendre la tête : je me suis stabilisé à ce poids quoi que je fais. Et ça me va bien à ce qu'il paraît. Ceux que ça dérange n'ont qu'à regarder ailleurs, je vais pas me priver de vivre pour satisfaire leur vision. Et pourquoi ce serait moche, hein ? Parce que maintenant, c'est la mode d'être fin. Y'a de longues années, c'était le contraire, on appréciait les rondeurs, signe d'aisance financière dans bien des cas. Incroyable comme le monde retourne sa veste, lui aussi. Le reste de ses paroles glisse sur mon cœur comme les plumes sur l'eau d'un canard. J'suis pas forcément sensible au choix de ses mots, mais davantage au ton qu'elle emploie, ce ton détaché qui ne rend son mépris que plus assommant encore. Elle me fait l'effet d'une pluie de grêlons. De petits morceaux gelés qui, profitant de l'élan gagné par leur chute, te frappent impitoyablement, te lacèrent sans un instant de répit, jusqu'au moment où le ciel s'est vidé de ses larmes de haine. Et là, tu découvres que les objets du massacre ne sont que quelques morceaux de neige solidifiés, des morceaux d'une taille minime, et aux capacités de destruction surprenantes...

Elle se rapproche d'ailleurs, et je sens mon esprit se fermer plus durement encore, à la façon d'une huître. Je suis un homme « simple », un mec « bête »... Non, je suis un type qui se protège. Maladroitement. En restant silencieux, en préférant ignorer les remarques discrètes qu'on lui assène, qu'on murmure. Sur mon poids, sur ma façon de m'habiller, sur ma maison, sur d'autres conneries. Des remarques plus blessantes que les coups. Pourtant, ça mijote, là dedans. Ça mijote tellement que j'en saigne du nez parfois. Je réfléchis sans cesse, je prends chaque mot que l'on m'adresse pour les épingler au dessus de ma tête, pour les étudier lors de mes insomnies, pour y réfléchir, pour comprendre. Comprendre le Pourquoi de ces critiques. Leur source. Pas la mienne. Mais ce qui, dans l'esprit de ces gens, a pu donner leur naissance. Je les étudie, j'apprends à les connaître selon leur façon de s'exprimer, de me parler. Je suis un flic, j'aime comprendre, j'aime savoir. Alors comme avant, je note les phrases qui leur reviennent, les mots qu'ils emploient, les manières qu'ils affichent. Et je traque la piste de leur passé, de leurs mésaventures, de leurs fiertés. Je traque leurs blessures comme l'Ours suit une trace de sang jusqu'à trouver sa proie et y refermer ses crocs. Je n'exploite pas leurs faiblesse. Mais j'éprouve pourtant un tel sentiment de victoire quand je les déniche. Quand je vois... Qu'ils sont humains comme moi.

Vulnérables.

Tous l'oublient. Et pourtant, c'est une certitude. Combien même a t on la richesse, la puissance, la beauté de son côté. On n'en reste pas moins quelqu'un qui peut souffrir. Quelqu'un qui a souffert. Quelqu'un qui possède certes, ses armes, mais des faiblesses qu'il s'acharne à dissimuler. Face à tout le mépris qu'elle me crache, j'y retrouve une sensation familière. N'ai je donc pas le même comportement envers les femmes ? Ouais. Sauf que je le cache pour pas avoir d'emmerdes avec d'autres mecs. Pourquoi ? Parce que je peux pas les blairer. Pourquoi ? Parce qu'elles me font peur, d'un certain côté. Parce qu'elles m'ont fait mal. Parce que le serpent m'a déjà mordu à plusieurs reprises, au point où j'ai commencé à m'habituer à son venin. Cela ne m'empêche pas de reculer quand j'en vois un. Elle se rapproche d'ailleurs, elle se rapproche bien trop. Mes yeux restent fixés sur le mur alors que mes muscles se contractent. Et quand elle parle de Lya.... Quand elle murmure toutes ces choses....

Je ne saurais pas expliquer. On pourrait s'attendre à une explosion de rage, à un coup de poing brutalement balancé dans sa pauvre figure, à ce que je me saisisse de ma chaise pour la lui rompre sur le corps, pour la frapper à l'en briser, pour lui arracher cette charmante petite gueule avec laquelle elle menace ma fille, pou lui éclater les lèvres, ces lèvres aux murmures si dangereux. Mais ce n'est pas ce que je fais. Ce n'est pas ce que je fais, malgré l'envie qui brûle mes entrailles. Mon sang se glace. Des tremblements commencent à me faire frissonner, de curieux spasmes que je ne puis pas moi même identifier. Mais je ne me sens pas furieux. Je ne me sens pas craintif. Je ne sens simplement plus rien, je n'arrive plus même à réfléchir, mon souffle s'est même figé et c'est presque un effort pour reprendre une inspiration profonde. Alors qu'elle se rapproche de mes lèvres, mes yeux se plantent dans les siens. Oh, je ne veux pas qu'elle s'écarte. Qu'elle me fasse ce qu'elle veut. Elle a su enclencher le bon bouton, elle a su libérer la bête tout en m'aidant à la maîtriser. Réalise t elle seulement ce que ces paroles ont pu faire ? Au lieu de m'enfoncer, elle m'offre au contraire toute la force dont j'ai pu manquer face à elle, et le contrôle que j'ai besoin d'exercer pour la maîtriser. Mon attitude même physique s'est modifiée. La nuque plus raide, la tête plus droite, pas un sourire n'éclaire mon visage. Mes yeux clairs sont inchangés, mais ne trahissent plus le moindre malaise. Ils ne fuient pas son regard, mais ne l'affrontent pas non plus. Aucune haine ne luise au fond de mes prunelles. Aucune peur ne les fait faiblir face à ses prunelles. Je la regarde. Simplement. Comme elle est, non pas comme elle tente d'être, non pas comme mon cœur me dit de la voir.

Je la regarde comme l'être vivant qu'elle est. Comme l'être humain qu'elle est. Non pas comme une femme, non pas comme une peste ou un serpent. Comme un être humain. Une personne possédant ses propres forces, une puissance non négligeable, mais aussi, des peines, des souffrances qui lui font montrer les crocs, cracher sa haine au monde dans le but de guérir de ses blessures, des propres injustices qu'elle a dû subir. Je la regarde comme je regarde mon reflet dans le miroir. Sans sentiments.
_ Tu ne toucheras pas Lya.
Ce n'est pas un ordre. Pas une menace. C'est loin d'être une supplique. Il s'agit d'une affirmation. Je ne doute pas de moi. Je ne laisse pas place à la peur qu'elle tente d'insinuer en moi, je suis prêt à me prendre de plein fouet toute sa rage, sa rancœur, tout ce qu'elle veut, je n'en ai absolument rien à cirer. Mais elle ne touchera pas ma fille. Elle ne touchera pas ma fille, quoi qu'elle fasse, combien même elle me planterait une lame dans le corps, qu'elle me tirerait dessus trois fois ou qu'elle serait championne en sprint, j'en sais rien, mais elle n'y touchera pas. N'allez pas croire que je me sacrifierai pour ma fille ou quoi que ce soit, c'est au dessus de tout raisonnement, au dessus de tous sentiments, c'est plus que viscéral, c'est plus qu'instinctif, c'est inscrit au plus profond de mon crâne, au plus profond de la moindre cellule. Personne ne touchera à ma fille. C'est implacable. Ce n'est pas influencé par ce que je peux ressentir, par ce que je peux craindre, par ce que l'on peut me dire. Ça échappe à tout ça. Personne ne touchera à ma fille.
Je ne suis plus l'ours, je ne suis plus l'homme. Je suis un bloc de fer, une montagne si bien ancrée à ses racines qu'une dynamite ne suffira pas à la déloger, ou même à la fendre. Je suis un père.
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MessageSujet: Re: Born from a nightmare    Dim 14 Sep - 10:31


born from a nightmare

because every annotate word that comes through me, it was born in a nightmare

Elle déteste. Elle déteste ce regard vide, cette manie tellement pathétique des hommes de tenter de voir à travers elle, de lire entre les lignes de ce récit si compliqué qu’elle présente, tenter si ardument de percer à travers les faux-semblants, l’armure de glace, le cœur de pierre. Ce regard, il est humain, il est vulnérable, il est léger, dépourvu de jugement, il n’a pas grand-chose pour lui. Pas même de la pitié – mais ça, elle en était bien reconnaissante, car c’était un ressentiment qu’elle méprisait âprement. Qui sait, peut-être aurait-elle préféré que ça soit sa pitié qu’il lui offre, et non pas ce regard qui se voulait si compréhensif, sans pourtant être indulgent. Elle ne saurait l’expliquer, mais la sorcière n’était que de plus furieuse que Gregory ait l’audace de poser les yeux sur elle d’une telle façon. Il ne la connait pas, il ne sait rien d’elle, et s’il était suffisamment misérable et pathétique pour que l’on sache l’histoire de sa vie en un regard, Cordelia, elle, se jugeait bien trop compliquée pour qu’un homme comme lui arrive à la saisir. Elle avait vécu longtemps, peut-être trop longtemps même – il lui arrivait de penser de la sorte, des fois – et son caractère était bien trop incernable, tout comme elle pouvait être imprévisible même aux yeux des gens qui croyaient la connaître si bien.

À vrai dire, Cordelia Hopkins n’était même pas Cordelia, mais ça, qui donc de ces jours pouvait se vanter d’en avoir connaissance? Qui donc pouvait-il clamer haut et fort que son vrai prénom était ‘Narcissa’? Elle-même l’oubliait parfois, pour être honnête. Son passé n’était souvent qu’un amer souvenir, dont les images, qui lui revenaient à son plus grand malheur bien plus souvent qu’elle ne le souhaiterait, lui paraissaient toujours sortir d’un mauvais rêve, d’un cauchemar sans goût, d’un rêve sans saveur. Pourtant ce passé, qui était bel et bien réel, lui semblait, plus les années avançaient, tout autre, et cette nouvelle réalité n’était que plus manifeste depuis quelques temps. Ce fût à force de se laisser couler sous les draps faussement apaisant de la facette de ‘Cordelia Hopkins’ que Narcissa eût fini par s’enrouler dans ceux-ci, à jamais prisonnière de cette apparence. Et ce n’était surtout pas Gregory, de tous les vauriens qui respiraient le même air qu’elle, qui allait y changer quoique ce soit.

Et vint ces mots qui la sortirent de cette brève réflexion. « Tu ne toucheras pas Lya. » Plissant les yeux tendrement, la brunette ne remarqua même pas qu’elle avait serré les poings. Il fallait avouer que Gregory avait le talent, pas forcément unique et singulier à sa personne en revanche, de la mettre hors d’elle avec les choses les plus futiles. Cette fois-ci, c’était ces quelques mots. Inoffensifs à priori, mais tellement plus prétentieux qu’ils ne paraissaient l’être. Car oui, Gregory affirmait ces propos avec une assurance qui l’irritait profondément. « Suggérerais donc tu que je n’en sois pas capable? » débuta-t-elle, en penchant la tête, faisant valser avec elle sa longue chevelure brunâtre, alors que ses iris de la même teinte fixèrent avec à la fois nonchalance et mépris les yeux moins ambitieux du jeune homme.. « Ne t'as-t-on donc jamais appris à ne pas défier une personne aussi orgueilleuse que moi? Dieu sait ce dont je serais capable pour te prouver que j’ai raison. » Poursuivit-elle en n’accordant pas réellement de considération à son interlocuteur, préférant plutôt tourner un de ses boucles autour d’un fin doigt manucuré.

Se rapprochant furtivement de lui, non pas de façon innocente, mais pas non plus suspecte, ses doigts caressèrent ceux du jeune homme, montant minutieusement le long de son bras. Un geste doux et lascif, comme elle savait si bien faire en tant qu’amante d’expérience, mais à jamais une vipère, la sorcière troqua douceur pour agressivité et attrapa les deux joues du brun entre ses doigts dont elle se servait pour serrer hargneusement ce qui crachait infamies après infamies. « Mais j’espère, pour le bien de tout le monde, mais surtout pour celui de ta précieuse Lya, que par ces beaux propos, tu ne fais que timidement insinuer que tu acceptes mon offre. » Un sourire sadique s’esquissa sur ses lèvres, mais pas suffisamment pour le décrire comme carnassier. Mais le geste contrastait avec virtuosité et finesse avec le dédain flagrant qui jonchait sur le reste de son visage. S’approchant davantage de lui, les lèvres de la démone frôlèrent celles de sa victime avec indécence. Il détestait ce contact avec les femmes, et particulièrement avec elle, alors ce n’était certainement pas Cordelia qui allait se priver. « Une partie de billard, ça t’intéresse? » souffla-t-elle contre sa bouche, peut-être même un peu contre son cou. Cela pouvait lui sembler être une question, mais ça n’en était pas une. Elle n’accepterait pas de ‘non’ comme réponse.

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MessageSujet: Re: Born from a nightmare    Mar 16 Sep - 10:42

Étonnamment, depuis que j'ai pris du poids, je ne compte plus les réactions de mépris auxquelles je dois faire face. Comme si les rondeurs s'alliaient forcément à la stupidité. Dans un sens, ça m'arrange qu'on y croit, les gens ont la fâcheuse habitude de se montrer plus vulnérable face à quelqu'un qu'il considère de plus sot qu'eux : ils ont alors la tendance à baisser les armes, à oublier leurs prudences... De sorte qu'ils m'ouvrent une porte qu'ils ne m'auraient probablement pas ouverte quand j'avais encore mes abdominaux. On me regarde de haut, on s'amuse de voir que j'ai bien souvent les mains pleines de cambouis, à calculer sur mon petit carnet toutes les dépenses que je peux faire. J'avoue que j'y mets pleinement du mien pour qu'on m'croit plus con que ce que je suis. Aussi surprenant que ça puisse être, ça fait qu'on me fout bien plus la paix... Pourtant, ça cogite, là dedans. Ça cogite tout le temps. J'observe, je note, j'analyse. J'aimais être flic. Dommage que j'ai eu des emmerdes avec ce collègue.... Je ne quitte pas son regard, pas une seconde, bien que je prenne parfois le temps de ciller. Elle a fait une erreur. À force de tirer ses harpons dans l'onde de mon esprit, elle a fini par toucher la baleine blanche. L'animal qui sommeillait au fond de moi, la lourde bête paisible qui s'est éveillée en sursaut quand la lame a tranché son flanc, quand ses mots ont fendu mon cœur. Lya est ma plus grande faiblesse... Mais aussi, ma plus grande force. L'animal s'éveille et remonte à la surface. Je sens la colère se glisser dans mes veines, une rage froide qui m'en arrache des frissons alors que nos yeux ne se quittent plus.

Peut-être aurait on pu croire à une certaine tension sexuelle ? Ce n'en était que plus ambiguë par les caresses qu'elle m'offrait. Mon cœur bat pourtant plus lentement et, malgré moi, un sourire finit par éclairer mon visage. Un sourire sans chaleur, mais il ne s'agit pas non plus du rictus que j'ai quand la haine me gagne, quand la violence l'emporte, quand l'ours désire broyer entre ses pattes massives la proie qui a osé violer son territoire, franchir le seuil de sa patience. Avec elle, c'est tout à fait différent. C'est une femme. Elle est belle. Moi, j'suis un vieux gros sac. Et pourtant, plus le temps passe, plus elle me parle, plus elle me regarde... Plus j'ai l'impression de me trouver face... à moi-même, d'une certaine façon. Car si j'ai l'ours en moi, elle a la vipère. Alors que ses lèvres s'approchent des miennes, je sens tout mon être se contracter comme par peur qu'elle ne me morde à la gorge.... tout comme je serre mes mâchoires pour ne pas me transformer et lui fourrer le crâne dans ma gueule avide. Nous sommes deux bêtes, deux bêtes blessées, deux bêtes vengeresses. Elle se venge sur moi, sur d'autres probablement. Moi, je me venge sur les femmes. Mais elle, c'est différent. C'est comme un Doppelgänger. Si opposée à moi et pourtant... Sauf qu'elle, elle maîtrise sa rage. Elle la diffuse, tous les jours. Elle motive probablement son cœur à battre, elle guide chacun de ses pas, à la recherche d'une proie. Elle alimente ses discours, se glisse dans la moindre syllabe qu'elle te susurre sournoisement à l'oreille. Sa haine. Sa haine qui a tant marqué son cœur qu'il n'est plus capable de battre sans en alimenter tout son corps. Un poison qui la pousse à vivre, à Survivre chaque jour.

Je connais ça. Je connais ça... Dès le réveil, t'as les poings ou les mâchoires serrés. Ça brûle ou ça te glace, ces pensées vicieuses, cette colère sous-jacente, si présente que tu n'y fais pas même attention... C'est une tension, une tension dans le cœur, une tension dans le corps, jusqu'à trouver une « proie », une « victime »... Suffit juste qu'elle ressemble à la source de ta souffrance, suffit juste qu'il ou elle te rappelle ce qui a pu te faire du mal. Alors ta haine éclate, au point d'en éprouver une certaine jouissance quand tu la libères, quand tu la défoules, quand tu penses t'en débarrasser. Mais ce n'est qu'une illusion. Car sitôt tu as terminé... ça revient. Et tu cherches quelqu'un d'autre. Quelqu'un d'autre à qui faire payer ce que tu as dû supporter. La vie est injuste, pourquoi devrait on être différent ? Pourquoi épargner les autres alors qu'on a souffert ? Pourquoi faire la paix alors que préparer les armes est le meilleur moyen de se défendre ? Ouais, je blaire pas les femmes. Ouais, je bats toutes les femmes que j'ai pu avoir. Car l'une d'elle m'a brisé. Car l'une d'entre elle a suffis à me mettre à genoux, à me rabaisser plus bas que terre. Car l'une d'elle a empoigné mon cœur entre ses serres et a tenté de me l'arracher. Ma violence n'était que les sursauts d'une bête en rage de vivre, d'un monstre qui ne voulait plus souffrir. Une violence qui reste là, comme la Haine vit en Cordelia.
_ Je ne suggère rien du tout. Je dis simplement que tu ne toucheras pas à Lya, je lui répète de ma voix calme. Ouais, j'suis p't'être prétentieux, mais ça, je m'en branle complètement. Lya... c'est pas quelque chose avec laquelle on déconne. J'ai pas non plus envie de me sacrifier... Après, je peux bien faire des concessions. J'ai déjà dû offrir mon corps en pâture à la femme que j'ai pu avoir. J'ai déjà dû la laisser me toucher alors que la répugnance me gagnait tout entier. J'ai déjà dû endurer ses appétits, ses morsures, ses griffures, la bave qu'elle abandonnait sur ma peau, ses marques qu'elle s'efforçait de graver dans ma chair. Mais allez dire que votre femme vous abuse, verrez comme on vous rira au nez. Elle m’écœurait. Elle me dégoûtait. Et je pense que ça lui plaisait. La suite des mots que prononce Cordelia ne fait que m'enfoncer dans ces souvenirs à la con, ces souvenirs où mon ex riait de mes vaines tentatives de la repousser. Elle riait aussi quand je lui fracassais le visage à coups de poings. Quand je lui balançais de grands coups de chaussures dans le ventre. Elle riait, un rire d'hystérique parfois coupé de ses reprises de souffle, un rire éperdu semblable à celui d'une hyène enragée. Oh, elle n'attendait qu'à ce que je craque, elle aussi. Et quand je le faisais, elle s'en réjouissait. Ou elle en pleurait. Elle en pleurait pour davantage me tirer vers le bas, pour m'assommer sous les reproches et la culpabilité. Me voir tomber dans la violence, dans l'alcool, oh oui, ça lui plaisait, à cette pauvre salope. Je m'étais fait avoir. J'étais tombé dans la toile de l'araignée. Elle m'avait ligotée, infecté de son poison. J'ai crû, au début, que c'était la paternité, ce poison ancré dans ma chair... mais non, c'était sa propre haine, cette folie qui m'avait, à mon tour, doucement contaminé.

Alors qu'elle m'empoigne le visage, je sens les muscles de mon cou se contracter, de même que ceux du reste de mon corps. Non pas pour me jeter sur elle, mais davantage pour me préparer à supporter, à endurer. Je ne veux plus me sacrifier. Mais qui dit que mon corps n'est pas à l'être ? Ce qu'il compte, c'est qu'elle ne puisse pas toucher Lya. Qu'elle ne puisse plus m'attraper le cœur, y refermer ses doigts, l'extirper de ma cage thoracique après en avoir tranché tous les liens. J'ai appris à survivre, moi aussi, j'ai la rage de vivre. Mais je n'ose pas encore la libérer comme elle a pu le faire, je n'ose pas retirer tous ces liens qui l'étranglent. Alors qu'elle s'approche de mes lèvres, je retiens mon souffle, comme par peur qu'elle s'en empare. Par peur qu'elle vole mon âme. Que tels les succubes ou autres démons, elle ne m'arrache la vie d'un simple soupir, d'un baiser volé et non désiré, un baiser mortel, comme celui de la vipère, comme celui d'un revenant, d'un mort-vivant. Mort-vivant. C'est tout ce qu'elle est. Glaciale, prête à s'emparer de toute vie qui s'offre à elle à la façon d'un prédateur, ne semblant survivre qu'en s'alimentant de la haine qu'elle crache aux autres, du poison qu'elle leur injecte, de la vie qu'elle leur retire petit à petit. Morte, car plus rien ne semble la toucher, sauf cette rage, cette rage de chair fraîche, de cœur sur lequel planter ses crocs....
_ Tu seras probablement ravie d'apprendre que je suis tout bonnement d'une nullité affligeante au billard. Comme dans tous les domaines, d'ailleurs, ai je besoin de rajouter. Bien que cette fois, je fais preuve d'auto dérision, et un sourire plus amusé franchit mes lèvres. Ma femme détestait que je lui coupe l'herbe sous le pied. Si quelqu'un devait m'humilier, c'était Elle, moi, je n'en avais pas le droit. Je prends la coupelle de cacahuètes qui traînent et en avale le contenu comme pour me donner un peu de vaillance. Mon verre ? Je ne suis pas prêt d'y toucher, maintenant qu'elle y a porté ses lèvres.
_ On y va ?
Vivement que cette soirée se termine... Et pourtant, je ressens comme une curieuse excitation, un retour d'adrénaline. Je ne vois pas Cordelia comme une femme, mais La femme. Je la vois comme un danger, comme la pire d'entre elles... Et pourtant, par son rang, elle m'impose un certain respect, une prudence que je me dois d'admettre. Je l'observe comme elle me cherche. L'ours pourrait se jeter sur la vipère, mais se contente de coups de pattes craintifs pour l'étudier, quitte à prendre le risque de se faire mordre. Mais je ne mourrai pas. Je ne mourrai pas. Et il n'arrivera rien à ma Lya.


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MessageSujet: Re: Born from a nightmare    Lun 20 Oct - 22:11


born from a nightmare

because every annotate word that comes through me, it was born in a nightmare

« Une partie de billard, ça t’intéresse? ». Un souffle. Un susurrement. Un murmure…et pourtant, elle respirait l’espièglerie, la fougue. Cette habileté intrigante avec laquelle elle valsait entre psychopathie et cruauté, vers sensualité et agressivité, pour pivoter vers une gaminerie espiègle était un peu au centre même de sa façade, de son personnage. Si nuancée, si paradoxale, si compliquée, et parfois, tout de même simple et humaine. C’était une fresque intéressante qu’elle offrait là à son interlocuteur, une fresque dont il n’arrivait peut-être pas encore à comprendre toutes les teintes, dont les traits lui paraissaient peut-être encore flous, mais il semblait, lentement certes, mais certainement, saisir la grande image. Elle était la prédatrice, la vipère, la tigresse, la bête dangereuse, et il était la proie, l’oisillon, le petit ourson, le gibier. Et s’il y avait bien une chose que Cordelia ne supportait pas, c’est qu’on ne respecte pas le rôle qui nous a été attribué dans la vie. Impérieuse, tyrannique, et sadique, on attendait d’elle chaos, mort et sang. Piteux, hébété et faible, on n’attendait de Gregory que d’une chose : qu’il se la ferme et exécute ce dont les gens avec une certaine importance, présence et constance – ou elle, en d’autres mots – lui ordonne. Et il allait de soi que la démone était ravie de constater que le brun semblait saisir quelle était sa place dans le monde et quel était son rôle sur l’échiquier de la sorcière. « Tu seras probablement ravie d'apprendre que je suis tout bonnement d'une nullité affligeante au billard. Comme dans tous les domaines, d'ailleurs. » La succube accompagne les piètres discours d’autodérision du jeune homme d’un gloussement moqueur et présomptueux. Certains auraient pu lui attribuer quelque point pour cette autodérision, cette prétendue modestie, mais Cordelia ne voyait là que le témoignage de son impotence. « Le contraire m’aurait étonnée. » cracha-t-elle, escortant ce poison d’un roulement d’yeux impertinent et méprisant dont elle seule connaissait la recette.

Le regardant piocher dans la coupelle pour une vaine poignée de cacahuètes, la démone ne pût s’empêcher de lever les yeux au ciel dans une certaine intolérance qu’on ne pouvait qu’attribuer à une personne aussi inclémente qu’elle. Il était pathétique de la tête jusqu’au bout de ses ongles, et cette observation renversait la sorcière dans tous les sens. Pouvait-on réellement être aussi misérable sans vouloir mettre fin à ses jours, ou tout le moins, avoir la plus mauvaise des estime de soi? Un point sur lequel elle n’était pas certaine de cerner Gregory, d’ailleurs. Il lui était impossible de savoir si le mécanicien avait ce n’est la moindre estime pour sa personne, ou s’il se détestait comme il se devait de le faire. « On y va ? » La brunette grinça des dents légèrement, le plus subtilement possible, mais il était possible qu’il l’ait entendu. Cette façon de commander, de faire le premier pas…la cherchait-il donc? Dieu sait que Cordelia n’était pas la sorcière qu’on voulait énerver, et pourtant, Gregory continuait d’agir avec une légère impétuosité, une certaine imprudence. Et bien entendu, il n’y avait rien de pire que de ne pas être prise au sérieux.
La succube se rapprocha alors du gibier dans cette grâce et discrétion dont elle avait le secret, et collée au jeune homme, elle décida de reprendre les commandes, de rétablir sa supériorité, d’instaurer cette dominance sur le corps du brun. Ses pattes vicieuses parcourant cette chaire pauvrement vêtue, elle se permettait d’envahir l’espace privé de Gregory dans le simple et patent but de jouer sur ce qu’il méprisait tant ; le toucher d’une femme. « Après toi, mon ourson. » susurra-t-elle dans son oreille, digne de la succube qu’elle était.

Arrivant devant la table de billard du piètre bar dans lequel ils se trouvaient, elle attrapa deux queues de bois, l’une d’entre elle dont elle tendit de façon peu courtoise à son adversaire. Un coup derrière la tête, voilà comment elle lui remit le bâton. Oh, certes, elle n’avait pas tenté de le mettre KO d’un coup de bâton de bois, mais l’acte en lui-même devait demeurer désagréable, ou tout le moins, elle l’espérait.
Léger sourire malicieux longeant subtilement sur ses lèvres rosées, elle adressa un regard désinvolte à Gregory, ne jouant pas forcément les innocentes, mais ne laissant pas grand-chose paraître pour autant. Il était là le personnage de Cordelia. Si difficile à cerner entièrement. Et pourtant, elle pouvait sentir comment elle intriguait, malgré tout ce qu’elle pouvait lui faire subir, Gregory. Masochisme? Peut-être, mais ça ne pouvait être l’unique raison. Non, comme tous les autres, il devait être fasciné par elle. Et si en temps normal, ce genre de constat la flattait dans le sens du poil, avec le brun en question, cela avait le don de lui faire hérisser le poil. La sorcière n’aurait su l’expliquer, mais il avait cette certaine prétention bordant son visage, celle qui insinuait doucement qu’il arrivait à voir à travers elle. Et elle détestait cela parce qu’il n’en était tout simplement pas capable.
La brunette plaça les billes sur la table de chêne avec une technique particulière et impressionnante qu’elle avait apprise lors d’une de ses nombreuses escapades dans les pires bars de la Nouvelle-Orléans avec les plus misérables des ivrognes, mais elle devait leur accorder un certain crédit, ils savaient certainement comment jouer au billard. Et parallèlement, elle avait appris beaucoup elle-même. Bien que ça elle ne l’avouerait probablement jamais à voix haute ; orgueil, tout ça. « C’est quand tu veux, princesse. » dit-elle, blasée et attendant que Gregory ne commence la partie.

_________________
     

narcissa ⊹ she will try to run to the ends of the world; let her go. it will take her years of feeling the earth beneath her feet, dark water lashing her face, blood under her fingernails, to realise that nothing is chasing her and that you have not followed. she will return and kiss you, triumphant, exultant, restless and her lips will feel like a thousand little knives pressing into your skin: the knowledge that she will not stay, she cannot stay, not even for you.
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MessageSujet: Re: Born from a nightmare    Dim 28 Déc - 18:24

C'est une putain de garce. Ça me fait du bien de me le dire. Moi ? Oh, je suis un putain de connard, moi aussi, j'ai seulement un enrobage en guimauve qui me rend plus appréciable. Son mépris, pourtant, m'est comme un soulagement. Vous devez connaître ça, hein ? Vous savez, toutes ces fois où vous ravalez vos colères. Votre haine. Votre envie de rugir et vous rebeller pour adopter une attitude soumise, tout ça pour une diplomatie à la con bientôt plus destructrice que les combats qu'on pourrait pourtant déclencher. Parce que tout ce qu'on garde en nous, ça nous ronge. Ça noue tes entrailles, ça rend ton estomac plus acide que du vinaigre, ça rétracte tes pensées et ça te pousse à les ressasser en boucle, ça gonfle ton cœur, ta gorge, les yeux parfois. Ça t'étouffe mais tu peux pas laisser échapper ce que tu ressens, ce maelström que ta pauvre cage thoracique s'efforce de contenir. Sauf qu'un jour, ton âme ploiera. Un jour, tes épaules se rabaisseront, ton cœur explosera dans une gerbe de sang, une gerbe de larmes. Trop de choses renfermées. Trop de pression. La santé mentale de certains n'y résistent pas. Mais malgré tout ce qu'elle me crache, tout ce qu'elle dit, elle me fait du bien... Elle me fait du bien par le mal qu'elle me fait. Elle agite la haine en moi. Elle agite des choses que je tente vainement d'étouffer sous des oreillers faits de « bonnes » pensées, ce genre de pensées tolérées par la société. Cordelia n'a pas besoin de voir les lignes de ta main ou les cicatrices sur ta peau pour comprendre ce qui fait mal. Elle choisit soigneusement les endroits où planter ses crochets, où injecter un cocktail destructeur, un cocktail où on perd la tête, déchiré par la haine, la peine. La plupart des hommes doivent réagir avec violence, plus encore à l'idée que ce brin de femme parvienne à les faire plier. Mais moi... j'aime sentir la boule dans ma gorge gonfler. Mon cœur s'alourdir, mes épaules, trembler sous le poids de mes fardeaux. Je frémis quand ses mots, ses gestes, ses regards, touchent juste. Quand elle perce ma carapace. Quand elle aide mon cœur à suinter sa haine, mon corps, suinter sa peur, sa rage. Elle me rappelle tout ce que je veux oublier ; elle me balance en face ce que j'essaye de fuir. Elle m'impose un combat que je n'aurais pas su initier. Mis à part que j'ai... des armes que je ne possédais pas autrefois. Elle est peut être l'occasion de m'exorciser.

Pourtant, Dieu seul sait comme je frémis d'horreur à la vue de ses crocs. Elle m’écœure quand je la vois s'avancer avec sa démarche de reine, son regard hautain, ses sourires aussi tranchants que son regard. Elle me frustre par la majesté qu'elle parvient à montrer, par la curieuse noblesse qu'elle dégage, ce sadisme... distingué. Ce n'est peut être pas qu'une prédatrice. Cette femme n'est pas seulement une de ces folles écervelées qui détruit tout autour d'elle par simple caprice. Dans ses manières, dans sa façon de parler... une impression étrange s'en échappe. J'y décèle comme une logique. Une raison. Une explication. Oh elle est détraquée hein, ce n'est pas ce que je dis... Mais elle n'agit pas avec la stupidité que certaines ont. Oh, certes, elle est Reine, mais un claquement de doigts lui suffit pour qu'elle devienne reptile, pour qu'elle se torde au sol, s'échappe à votre vision jusqu'au moment où elle plante ses crocs, laisse place à la tigresse qui vous renverse, vous déchiqueté, avant de retrouver l'humanité suffisante pour vous charmer, vous séduire d'un sourire, d'un regard tendrement coulé alors que ses ongles arrachent vos chairs. Quand elle vient contre moi, son souffle pourtant chaud me glace ; cependant, ses mains posées sur moi... Me font moins d'effet.

Ma haine n'est pas celle simplement brûlante de la plupart des hommes, bien que l'Ours ait envie de l'attraper par les épaules pour refermer ses mâchoires sur sa tête – ou bien la saisir par les cheveux pour la heurter contre le mur. Non, ce n'est pas juste ça... C'est comme une eau glacée qui s'échappe des plaies qu'elle m'a provoquées. Les larmes amères et salées, celles qui glacent, se cristallisent et plantent les branches de leurs glaçons dans vos chairs. Celles que mon ex aurait voulu faire couler mais que je n'ai libérées que loin d'elle, ces larmes que je ne verserai jamais pour elles et qui me constituent une bien pauvre armure. Suffisante pour ne plus sentir ce contact. Quand elle s'écarte et qu'elle donne le coup derrière ma tête, je n'ai pas même un sursaut. Ma nuque est si crispée que même un coup de batte n'aurait pas suffi à me faire pencher la tête. Oh, mon ex me frappait aussi. Avec ses poings, le journal, parfois, pire. J'ai moyennement enduré le coup de cuillère en bois sur mes doigts et elle m'a déjà assommée d'un coup de casserole en fonte. Heureusement qu'elle n'avait pratiquement pas la force de la manier. J'attrape la queue de bois et la regarde placer toutes les boules de billard en levant un sourcil étonné. Moi, j'y arrive pas, ça glisse de tous les côtés – j'ai souvent la flemme de prendre l'espèce de triangle merdique pour m'y aider. En fait, j'aime pas le billard, mais bon, si ça lui permet d'avoir ses mains sur une autre queue que la mienne, tant mieux. Je commence à jouer, sans y mettre un grand effort, ni beaucoup d'application. Oh, elle sera contente de me voir nul, elle va encore me cracher un charmant compliment, mais j'y suis préparé. Je m'adosse légèrement au billard pour la regarder jouer, et c'est à mon tour de lever les yeux vers elle.  
_ Tu me rappelles ces poissons des abysses. Ceux avec la petite antenne qui clignote... Pour mieux bouffer ceux qui s'approchent. Tu es plutôt attirante et pourtant, tu sais... tu sais faire en sorte de répugner les autres.

Je sais que ce que je peux dire ne sert à rien... Mais je suis fatigué de ces conversations qui tournent en rond, où elle me provoque, où j'encaisse, je me soumets, je discute, j'évite... J'en suis las. J'en ai assez de cette situation qui tourne en rond. De ce schéma fait et refait et rerefait dans tous les sens et qu'elle fait probablement avec toutes ses proies. Je n'ai plus envie de me cacher, d'attendre que l'orage passe, putain fous le moi dans la gueule un bon coup, envoie moi à l'hôpital, laisse moi t'en foutre une, mais qu'il se passe quelque chose bordel ! Quelque chose qui change de ce rapport chasseur – gibier, tigre-gazelle. Et comme toujours, cela me pousse vers les pires conneries. Je fonce droit dans le mur. Avec maladresse, avec mon côté suicidaire. C'est cependant la seule solution qui s'offre à moi.
_ Je ne veux pas te demander pourquoi tu fais ça... juste que... Tu n'agis pas à la façon d'une irraisonnée. Il y a quelque chose en toi... que j'ai déjà vu quelque part. Par contre... Je me demande juste à cause de qui tu agis comme ça. Bien sûr, tu ne me répondras jamais et je ne vais pas chercher   à savoir.
J'hausse légèrement les épaules.
_ Je suis juste curieux. Tes méthodes sont réfléchies. Elles me rappellent... des techniques de chasse. C'est assez impressionnant à voir. Mais ce genre d'instincts ne se développe pas sans raisons.
Je baisse les yeux.
_ On apprend à faire mal quand on a nous-même souffert.
Je les redresse vers elle et je préfère trancher avant qu'elle n'ait le temps de me rentrer dans les dents.
_ Je dis pas ça par pitié ou que sais je. C'est juste une constatation. Une telle haine ne naît pas seule. Elle n'apparaît pas comme ça, pouf, car toi, tu n'es pas folle, tu n'es pas comme ces simples sadiques qui blessent par plaisir. Tu détestes. Tu es pourrie par ça et ça sort par ta bouche, tes yeux, même ta peau. Ça a déformé... ce que tu étais. C'est ce qui te rend si... Dangereuse. Si nuisible. Si imprévisible.
Car elle agissait non pas comme une femme victime d'une pathologie... mais... avec la même hargne que ces chiens méchants qui ont été battus par leur maître. Ces chiens habitués dès leur plus jeune âge à se battre, à mordre pour survivre, au point de se couper de tout le reste, au point d'agresser tout ce qui passe à portée de leurs crocs, tout ce qui apparaît dans leur champ de vision. Elle ne raisonnait plus comme la norme fonctionne, c'est à dire en voulant se faire un minimum apprécier. Elle n'en avait que faire. Comme si elle n'attendait plus rien des autres, ou qu'elle voulait leur faire payer ce qu'elle avait pu vivre. Peut-être retrouver chez ces personnes... Le sort qu'elle a enduré elle. Que sais je, il y aurait mille et une explications. Mais ce que je sais... c'est que j'aurais pu finir comme elle, sans Lya.
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MessageSujet: Re: Born from a nightmare    Ven 2 Jan - 9:27


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« Tu me rappelles ces poissons des abysses. Ceux avec la petite antenne qui clignote... Pour mieux bouffer ceux qui s'approchent. Tu es plutôt attirante et pourtant, tu sais... tu sais faire en sorte de répugner les autres. » Venait-il tout juste de la comparer à un de ces poissons infâmes vivant dans les creuses abysses des océans, mais, et bien heureusement, loin des regards esquintants? L’emploi effronté, et pourtant si anodin en temps normal, d’un verbe comme ‘répugner’ avait l’unique et seul mérite de faire tinter ses oreilles tapageusement alors que les trois piètres syllabes de ce mot servaient de bourdonnement au creux de ses tympans. Irritée? Oui, elle l'était. Mais peut-être marquait-il un point. Peut-être cette vulgaire comparaison avait-elle sa place. Peut-être était-elle maladroite, toute à l’image du brun, mais elle n’en demeurait pas moins incontestable et cruellement avérée. Après tout, nombreux seraient ceux qui s’avanceraient sur le sujet et l’assailliraient de qualificatifs les plus sordides et vicieux pour réaliser le portrait de ce tempérament, de cette personnalité qui l’était tout autant. Oh, il n’était pas le premier à penser d’elle qu’elle était un monstre, et que si elle avait le mérite de pouvoir se vanter de ses apparences vaniteuses, et encore, Dieu sait que la subjectivité était mot d’ordre dans ces circonstances, elle n’en demeurait pas moins une créature laide et ignoble derrière ces ornements fastueux que pouvaient représenter cette longue crinière caféinée, ces courbes prestement ébauchées dans les mesures les plus singulières, ces traits flatteurs. Il ne serait pas le dernier non plus, sans aucun doute. Le proverbe ne voulait-il pas que les apparences soient toujours trompeuses, après tout? Dans tous les cas, elle était définitivement l’une des premières à le clamer haut et fort.
Désinvolte, nonchalante, peut-être même un peu désabusée, la sorcière ne se montra pas particulièrement déroutée par les propos du mécanicien. Au contraire, elle prenait même un malin plaisir à s’afficher sous ses airs nonchalants qu’elle maîtrisait si bien, alors que son armure de diamant – un ornement parmi tant d’autres, cachant cet intérieur abject comme un autre – ne défaillait pas face aux discours fielleux d’un profane comme Gregory qui n’en avait ni la science, ni la main, ou encore moins les couilles pour s’y prêter pleinement et avec crédibilité. « Oh, Gregory… » Commenca-t-elle, son timbre de voix suave et chaud, timbre qu’il abhorrait tant, éternelle réminiscence de cette féminité et supériorité qui l’ébranlent constamment. Mais ce n’est pas tout, on y décelait dans ces deux mots, à priori si banaux, mais prononcés dans un savoir-faire absolu, une certaine suprématie, voire même une infantilisation – comme une mère qui s’adresserait à son gamin – un assortiment qu’elle maîtrisait comme personne d’autre, tout comme elle savait maîtriser chaque parcelles de ses expressions faciales, tout comme elle savait mesurer chacun de ses gestes, leur étendu et leurs conséquences.

Ne l’avait-il pas encore compris? Elle était la Reine dans ce jeu d’échecs, avançant avec une vélocité non seulement plus distinguée et magistrale, mais aussi nettement supérieure, empruntant des voies et des chemins que Gregory ne pourrait même pas imaginer emprunter dans ses rêves les plus fous, mais surtout, elle était une arme mortelle. Et son interlocuteur, lui : un simple mortel. Éternellement qu’un vulgaire pion parmi tant d’autres, qui soudainement, mais avec toute la bêtise du monde, se prenait pour un Fou ou un Cavalier. Un homme, en d’autres mots, comme tous les autres avec leur sempiternelle sottise des plus déconcertantes.
Elle poursuivit enfin, après avoir laissé en suspens le pauvre homme, une énième façon d’affirmer sa suprématie sur ce dernier. « Il n’est pas très surprenant que ta femme se soit suicidée si c’est de cette manière que tu complimentes la gent féminine.» Démone qu’elle était, elle affichait une moue hypocritement atterrée par la cruelle réalité de ses propos, une pitié qui n’en était pas vraiment. Ses traits se déformèrent promptement pour retrouver ces courbes perfides et vicieuses qui lui étaient si familières. « Il n’est pas très étonnant qu’elle se soit suicidée, tout court à vrai dire, lorsqu’on voit ce qu’il lui a été affligée toutes ces années. » cracha-t-elle, toisant de ses iris marron plus que la silhouette de Gregory, mais aussi son entière personne. Cordelia visait plus loin que la minable apparence du mécanicien, elle parlait bien de sa personne, de son tempérament, de son caractère, de tout ce qu’il représentait.

Continuant sa partie, roulant les yeux à de maintes reprises, ayant sous les yeux la déconcertante puérilité de Gregory, elle remportait la manche avec une facilité qui l’était probablement tout autant. Cette même puérilité que arborait l’essence du mécanicien lorsqu’il tentait si maladroitement de la confronter, de percer cette fameuse armure en diamant. Ne savait-il donc pas que seul le diamant pouvait couper à son tour un autre diamant? Oh, certes, Gregory était bête, mais il n’avait pas suffisamment d’estime pour sa piètre personne pour s’imaginer être un diamant. Non, au contraire, le brun n’était que du graphite ; fragile et sans valeur, et il le savait.« Je ne veux pas te demander pourquoi tu fais ça... juste que... Tu n'agis pas à la façon d'une irraisonnée. Il y a quelque chose en toi... que j'ai déjà vu quelque part. Par contre... Je me demande juste à cause de qui tu agis comme ça. Bien sûr, tu ne me répondras jamais et je ne vais pas chercher   à savoir. » Cordelia ne put s’empêcher de rouler les yeux aux sons de ses mots aux creux de ses oreilles. Blasée, elle se permit de glisser rapidement, alors qu’elle était par ailleurs occupée à jouer son dernier coup au jeu de billard. « La seule chose que tu vois en moi que tu as vu ailleurs, Gregory, c’est le mépris et le dégoût que j’ai, et nombreux autres ont, envers ta pathétique personne. « Se relevant pour enfoncer son regard lacérant dans l’azur délicat des yeux du mécanicien, elle déposait avec désinvolture sa main contre sa hanche, sachant pertinemment que ça ne serait pas suffisant pour faire taire ce lot de sottise de sa part. « Ne cherches pas plus loin. » se contenta-t-elle de siffler, dans un vain espoir qu’il ne se taise. Elle aurait pu être menaçante, mais elle savait faire preuve de monitorage, et Gregory, à l’opposé de quelqu’un comme Connor, n’arrivait pas à se glisser sous sa peau pour lui faire perdre ce flegme nonchalant qui lui était propre.

Mais peut-être aurait-elle du être menaçante justement. Peut-être aurait-elle du perdre son sang froid pour remettre le misogyne de la pièce à sa place. Car si ce haussement d’épaules lui démontrait bien quelque chose, c’est qu’il n’était pas prêt de lâcher le morceau et Dieu sait qu’il était compliqué d’ôter un morceau de viande de la gueule d’un ours affamé. « Je suis juste curieux. Tes méthodes sont réfléchies. Elles me rappellent... des techniques de chasse. C'est assez impressionnant à voir. Mais ce genre d'instincts ne se développe pas sans raisons. » D’abord intéressée par les propos de Gregory qui faisait enfin preuve d’autre chose que sa puérilité et stupidité coutumières, elle fût rapidement irritée par la fresque d’un homme qui baissait les yeux au sol, rien que pour les remonter avec une certaine pitié ou mansuétude à offrir. « On apprend à faire mal quand on a nous-mêmes souffert. » Il fût assez prompt pour lui prouver que ce n’était pas de la pitié qui l’ébranlait en ce moment même, mais ce comportement, cette façon dont il avait de la regarder – sans le mépris qu’elle lui adressait, elle, par exemple – tout ça lui démontrait le contraire.  La brunette eût le temps de glisser un pouffement de rire, signe prompt, mais fidèle de son désintérêt et son distancement avec la situation dont elle se moquait sans soucis avant que Gregory ne poursuive dans son discours romanesque. « Je dis pas ça par pitié ou que sais je. C'est juste une constatation. Une telle haine ne naît pas seule. Elle n'apparaît pas comme ça, pouf, car toi, tu n'es pas folle, tu n'es pas comme ces simples sadiques qui blessent par plaisir. Tu détestes. Tu es pourrie par ça et ça sort par ta bouche, tes yeux, même ta peau. Ça a déformé... ce que tu étais. C'est ce qui te rend si... Dangereuse. Si nuisible. Si imprévisible. » La succube plissa les yeux, lui offrit l’attention qu’il désirait tant, l’écoutant nonchalamment tergiverser et déballer ces contestations et théories dans lesquelles il y avait du vrai…mais l’avouerait-elle à quelqu’un d’aussi minable que Gregory? Jamais. Elle avait son orgueil à préserver.  

« Ça te ferait plaisir, n’est-ce pas? » l’interrogea-t-elle d’abord, consciencieusement vague, dans l’intention unique de piquer sa curiosité, d’attirer son attention. « Ça te soulagerait, t’apaiserait même, de savoir qu’il y a une raison derrière ce comportement méprisant, derrière cette haine viscérale, de réaliser que je ne suis en réalité qu’une victime, et qu’il y a, peut-être, derrière toute cette pourriture, derrière toutes ces déformations, une petite lumière fugace, de l’espoir. » De cette dégaine de prédatrice que l’ex-flic ne connaissait que trop bien à présent, elle s’avança vers lui, menaçante, pas forcément par son regard, mais plutôt par l’énergie qu’elle dégageait, cette allure supérieure qui vous fait sentir si petit en comparaison. « Et bien désolée de te décevoir, Gregory, mais ce n’est pas le cas. J’ai toujours été comme ça. Et tu vois, mon cœur, c’est en réalité ça, qui me rend si…dangereuse. Si nuisible. Si imprévisible. » Elle mentait. Bien entendu que ce n’était que mensonges. Certes, elle n’eût jamais été une bonne petite fille innocente, même qu’à vrai dire, elle eût toujours été aussi capricieuse, arrogante, égoïste et enjôleuse, mais jamais eût-elle été aussi haineuse, méprisante et sadique qu’aujourd’hui. C’est ce que les siècles lui avaient rendu pour toutes ces années de fuite et de chaos semé de part et autre.

De nouveau collée à lui, ses lèvres pendaient aux siennes, son souffle caressant sa bouche comme les vagues caressent le sable, parfois frénétiquement, parfois sereinement. Et à chaque fois qu’il tentait de bouger son visage si ce n’est d’un centimètre, Cordelia attrapait cette mâchoire pauvrement dessinée et elle y enfonçait ses ongles sans escale, n’ayant peu de considération pour le brun. « Qu’est-ce qui te permet de passer ce genre de commentaires de toute façon? Tu me connais à peine, mais surtout, tu ne connais de moi seulement ce dont j’ai décidé qu’il t’étais permis de savoir. » Ses lèvres rosées comme le vin s’étirèrent dans une esquisse de rictus vicieux, alors qu’elle réaffirmait de nouveau son statut de fine manipulatrice ainsi que sa supériorité. « Ne t’accables pas avec ce genre de sottises, mon ourson tu vas t’éreinter rapidement. Je suis exactement l’une de ces folles simplement sadiques qui blessent par pur et délicieux plaisir. » La démone approcha sa bouche vicieuse, antre de bien de vilenies et bassesses, de l’oreille de Gregory, prenant le malin amusement de faire durer son silence de quelques secondes, comme pour donner l’eau à la bouche au garagiste, tout en s’assurant d’entretenir ce malaise qui l’ébranlait ainsi que ce ressentiment qui le suintait depuis déjà quelques secondes. « Je sais très bien quel est le meilleur moyen de te blesser, mon ange. Aie la décence de ne pas me mettre au défi. » Reculant légèrement le visage, suffisamment pour passer ses lèvres contre celles de Gregory, les effleurant effrontément, elle conclut. « Au moins pour Lya. Tu lui dois bien ça. » Toujours cette petite gamine insignifiante. Mais que voulez-vous, elle était la clé de la soumission de l’autre abruti et monstre qu’elle était, la sorcière n’allait pas se résigner de profiter d’une telle opportunité.
Prenant ces faux airs ingénus, la brunette restait fidèle à elle-même et à ce que Gregory avait lui-même constaté plus tôt ; elle se servait des belles apparences pour mieux attirer sa proie avant de mieux la déchiqueter. Gregory ne serait pas une exception à la règle. « Et toi, dis-moi, de quoi as-tu souffert et qui a taillé la personne que tu es maintenant? » Mais ce genre de candeur et compassion feinte ne peut jamais durer bien longtemps avec un monstre comme elle, ainsi, elle fût succincte lorsque vint le temps de se trahir d’un gloussement railleur.

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MessageSujet: Re: Born from a nightmare    Dim 1 Fév - 21:28

Je suis fatigué. Très fatigué. Elle finit toujours par me balancer les mêmes arguments. Ma femme, mon physique, ma personnalité. Ma fille, dans le pire des cas. Son acharnement m'use plus sûrement que ne le fait la pluie sur les rochers. Tous ces propos... Je les connais par cœur. On me les à fait subir. Ma femme me les a fait subir, ou elle se charge bien de me les rappeler, de me les asséner, comme un mineur creuse à grands coups de pioches le flanc de la montagne. C'est pas agréable. Mais ce n'est pas suffisamment destructeur pour réellement me faire souffrir. Tout ce que ça fait, c'est me pousser dans ma carapace. Elle ferme mon coeur. Elle me glace le sang, tant et si bien que j'en viens à sentir à peine les « caresses » qu'elle s'entête à m'adresser. À force de me dégoûter, je finis par ne plus m'en préoccuper. C'est comme bouffer du gratin de fenouil, on n'en sent plus le goût après quelques bouchées, on s'efforce de ne plus le sentir pour parvenir à le terminer. C'est un peu la même chose avec elle. Oh, Cordelia est une femme redoutable... Une femme magnifique aux paroles acerbes, une prédatrice face à laquelle, plus jeune, j'aurais lamentablement succombé. Une femme semblable à celle qui m'a torturée des années durant.

Mais je ne suis plus le jeune homme que j'avais pu être. Je ne me soucie plus de mon ego, je n'en ai que faire d'être un gros tas sans intelligence, sans charme et j'en passe. Ça, ça ne fait plus partie de mes priorités. J'ai dépassé la quarantaine. J'ai un embonpoint que j'ai pas envie de perdre. Il me tient chaud, et bon, je m'en fous un peu, ça m'emmerderait davantage de devoir faire gaffe à ce que je mange et me forcer à faire du sport tous les jours. J'ai pas envie de jouer l'hypocrite, j'ai pas envie d'être un canon de beauté. J'ai envie d'être tranquille. J'ai envie d'être heureux. J'ai envie que ma fille aille bien, qu'elle ait un bel avenir. J'attends rien de plus. Rien d'autre ne compte à mes yeux. Son poison me fait du mal, mais j'en ai tellement pris que cela ne suffira pas à me tuer. La seule réelle menace qui pourrait me détruire n'est autre que ma petite Lya. Sauf qu'elle n'y touchera pas. Elle ne lui fera rien. Rien. Si elle y touche... Non. Je ne peux pas même l'envisager. Ça m'est impossible. Mon cœur ne pourra pas l'endurer. Ni ma conscience. Ça me poussera à commettre un meurtre... ou ça la poussera à me tuer... J'en sais rien... je sais juste qu'il n'arrivera à ma fille. Ma précieuse petite fille.

Toutes nos confrontations m'opposent à ces mêmes arguments. Les miens tombent à l'eau, et je n'ai plus l'énergie de me défendre. Elle trouvera toujours riposte à mes mots. Elle trouvera toujours le moyen de me rabaisser. De me montrer que je ne vaux rien, pour elle, que je ne suis qu'un simple amusement. Qu'est ce qu'elle attend de moi ? Que je m'incline en pleurs ? Que je craque, que je me jette à ses pieds ? Elle s'amusera encore à me ridiculiser, à me piétiner. Peut-être même voudra-t- elle se servir de moi ? Non, elle n'éprouvera que plus de mépris envers moi. Alors devrais je lui tenir tête ? Non, car elle serait aussitôt sur la défensive. Elle redeviendrait une tigresse impitoyable qui liguerait toutes ses forces, toute son énergie à me traquer, à m'éliminer. Elle s'en prendrait peut-être à Lya. Et curieusement, je doute d'obtenir un semblant de respect en agitant de la sorte. Alors devrais-je l'ignorer ? Non. Ce serait comme allumer un briquet lors d'une fuite de gaz. Comme dans ces films où les crétins dans l'avion ouvrent la porte et qu'une bourrasque les emporte. Ce serait signer un arrêt de mort.

_ J'ai pas besoin de chercher plus loin. Je sais ce que j'ai besoin de savoir, je tranche finalement avec fermeté. Mon regard trahit cette lassitude que je ressens. Comme un chien que l'on électrocute qu'il aille à gauche ou à droite, il finit par ne plus bouger. Je ne sais pas si j'ai la motivation de l'aider ou de me défendre. Cordelia est une menace, certes. Mais elle reste un être vivant. Une personne à laquelle je peux choisir d'accorder de l'importance... ou pas. Pour l'instant, les arguments qu'elle me lance ne visent qu'à me rabaisser. Qu'à me jeter dans la boue.
_ Quoi que je fasse, c'est toujours la même chose. Tu veux probablement que je m'énerve, que je t'ignore ou encore, que je m'incline face à toi. Si je m'énerve, tu auras ta victoire, tu pourras m'écraser. Me mépriser davantage. Si je t'ignore, tu ne le supporteras pas et ça sera encore pire. Si je m'incline, tu ne cesseras pas. Quoi qu'il en soit, tu me mépriseras. Inutile qu'on en discute. On va tourner en rond. Pourquoi ? Car moi, je m'en fous de la plupart des choses que tu me balances à la gueule. Ça ne compte plus pour moi. La seule chose qui compte, c'est ma fille, et je te l'ai dit, tu ne la toucheras pas. J'avais un peu de préoccupation pour toi. J'ai voulu te comprendre... Et je crois que je commence à le faire. Ça ne te plaît pas. Alors tu cherches à me mordre, comme un chien à qui on a appuyé sur la plaie. Tu me rabaisses encore, tu m'agresses encore. Tu me fais payer le fait d'être un homme et quoi que je puisse faire, ça n'incitera que ta rage, que ta haine envers moi. On va tourner en rond. Parce que moi, je vais endurer tout ça. Un jour, je craquerai peut-être, dans ce cas, je finirai à l'hôpital si j'ai les moyens de me payer des soins. J'ai pas les sous ni la force de me battre avec toi. Je n'en ai pas non plus la motivation, car ce combat me semble fichu d'avance et que j'ai d'autres priorités que défendre mon petit ego de mec. Je suis un père. Avec tout ce que ça implique. Ma fille passe avant tout. Tant qu'elle est heureuse, tant qu'elle a un toit sur la tête, de quoi manger, les moyens d'étudier... C'est tout ce que je demande. C'est ce sur quoi je lutte. Tous mes problèmes personnels, ça passe à la trappe. Mais je t'ai déjà dit. Je ne te laisserai pas toucher à Lya. Et la menacer pour me nuire n'est pas une bonne solution.

Et si il arrive quelque chose à Lya... ça ne restera pas impuni. Cela me conduira probablement vers la mort, voire pire. J'en ai rien à cirer, en fait. Elle ne touchera pas à ma fille, un point, c'est tout.
_ Alors ouais, je me suis probablement trompé sur ton compte, j'ai peut-être sorti de grosses conneries. Mais au moins, y'a quelqu'un qui a fait l'effort de faire un pas vers toi. Ouais, j'en ai fait un, alors que chaque fois qu'on se voit, tu me craches ton mépris à la gueule, tu fais tout pour me faire péter mon câble, pour que j'explose comme une putain de dynamite. J'ai voulu te voir comme... comme un être humain et pas me contenter de ce que tu montres. C'est pas de la gentillesse. C'est pas une tentative de faire la paix ou autre connerie de ce genre. Tu veux que je te dise ? Ce jeu va durer longtemps, car tu n'auras pas ce que tu veux. Je ne peux pas te donner ce que tu veux. Je ne peux pas. Tout comme je ne peux pas te laisser faire quoi que ce soit à Lya.
Je repose la queue du billard sur la table. Cette soirée ne sert à rien. Une fois de plus, je gâche ma salive. Mon ton n'est pas même agacé ou sur la défensive, non. Je suis simplement fatigué. Épuisé. Je veux rentrer chez moi. Profiter d'un bon verre de cognac. D'éteindre la télé. Prendre ma Lya dans mes bras pour l'allonger dans son lit. La regarder dormir. Quelques minutes. Ma petite princesse. Et aller me coucher. Oublier tout ça. Oublier cette main que j'ai voulu lui tendre, à cette femme. À cette vipère que j'ai voulu comprendre. Je croyais que j'étais plus le jeune homme que j'étais. Et pourtant, je continue, malgré moi, à agir comme ce pauvre con. À vouloir comprendre. Soulager. Aider.

Pour ma fille, je ne peux pas me le permettre. Ce conflit avec Cordelia finira par dégénérer. Et il est hors de question que cela retombe sur Lya. Il est hors de question que je succombe. Ce combat n'est pas une question d'honneur « du mâle », non. C'est la question d'être un père. D'être un homme aux épaules solides sur lequel ma fille peut s'appuyer. D'être un homme prêt à endurer les balles, les épreuves de la vie, pour permettre à la petite fleur que je protège de grandir. Lui permettre de devenir, elle aussi, un jour, un arbre solide prêt à endurer vents et marées pour protéger sa progéniture.
_ Lya est ce que j'ai de plus précieux. Quoi qu'il se passe autour de moi... Je tiendrai pour elle. Je suis son père. Je fais des erreurs. Je suis peut-être un homme pathétique ou tout ce que tu veux. Mais j'aime ma fille. Et pour cette simple raison, je suis prêt à tout pour la défendre. Pour la protéger. Pour lui permettre de grandir. Pour cette raison, je ne m'inclinerai pas devant toi, je ne me soumettrai pas devant toi et je ne souhaite pas non plus t'affronter. Parce que ce n'est pas en courbant l'échine devant toi que j'aurais la force de défendre ma fille contre d'autres ennuis. Ce n'est pas en t'ignorant non plus que j'aurais le courage de faire face aux épreuves que l'on pourrait avoir à traverser. Et ce n'est pas en réglant des soucis personnels avec toi que j'aurais les forces ou l'intelligence nécessaires pour aider ma fille le jour où elle en aura besoin. Tu tentes, depuis le début, de faire flancher l'homme que je suis. Mais en parlant de ma fille et en la menaçant, c'est au Père que tu t'adresses, pas à l'homme. Et je te l'ai dit. Je te l'ai dit et je te le répète. Tu ne feras rien à Lya et je ne peux pas te donner ce que tu attends de moi. Sur ce, je rentre. Bonne fin de soirée.
Et je m'éloigne, les mains dans les poches. Elle va se foutre de moi. Se servir peut-être de ça. Quoi que je dise, quoi que je fasse, il y a un risque à ce que ça se retourne contre moi. Et alors ? Autant agir comme je le sens. Comme je le souhaite. Car elle cherchera toujours à me traquer. Je n'ai pas besoin de me cacher. Je n'ai jamais su le faire. Et ça ne commencera pas aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: Born from a nightmare    Sam 7 Mar - 20:34


born from a nightmare

because every annotate word that comes through me, it was born in a nightmare

Elle le méprisait, tellement.
Sa sale gueule ne lui inspirait rien, si ce n’est de la haine et encore plus de mépris. Oh certes, elle était de nature nonchalante et calme de base, mais tout à l’exemple de Connor, Gregory était parvenu – malgré elle – à se glisser sous sa peau.
Elle détestait le ressentiment. Celui d’être vulnérable. Celui d’être sensible, en quelque sorte. Ou du moins, pas aussi indifférente qu’elle aurait souhaité, qu’elle l’était normalement à d’autres occasions. Gregory, avec la force des mots – et bordel, que des mots ridicules et puérils comme si ce n’était pas déjà suffisamment humiliant de la sorte – avait réussi à craquer son petit masque de glace, à fendre cette armure de pierre dont elle faisait si souvent les louanges. Dépaysée et déstabilisée par un vaurien comme l’autre garagiste, comme quoi, ils étaient nés avec une prédisposition génétique à l’irriter elle. Était-elle donc destinée à les éviter à vie si elle voulait continuer de vivre sa vie comme elle l’avait toujours vécu auparavant?

Elle pouvait à peine réfléchir comme il se devait. Son esprit vif et retors de coutume à présent émiettée comme du vulgaire pain. Ses pensées submergées par des souvenirs amers qui lui donnaient envie de vomir.
Une autre aurait pu penser que c’était tous ces verres qu’elle s’était enfilés un après l’autre qui renvoyait la balle à la succube, mais Cordelia ne connaissait que trop bien la source de son écœurement pour être dupée de la sorte. Parce que la source de ses écœurements, de ses cauchemars, peut-être même de tous les évènements qui ont suivi, ce n’était nul autre que son père. Son putain d’enfoiré de père.
Elle revoyait son visage, sa barbe, ses traits sévères et autoritaires. Elle entendait sa voix rauque, son timbre grave, elle entendait encore les mots qu’il avait employé pour la chasser elle, sa propre fille. Et elle voyait ensuite le visage de Gregory, et elle entendait ses discours. Tous les deux étaient si différents, et pourtant la succube ne savait faire la différence. Peut-être par que le sentiment était le même ; haine, colère, dégout, peut-être même une part de tristesse – mais qu’elle reniait sauvagement, fidèle à elle-même, froide comme la glace.

Et elle le regardait, de ses iris caféinés, tout aussi amer que le breuvage lui-même, prendre la porte. Dieu sait qu’elle aurait pu l’en empêcher. Le cesser dans cette prétendue fuite homérique ridicule tout à l'image de Gregory lui-même. Dieu sait qu’elle ne manquait de rien autour d’elle pour lui arracher les yeux. Pour lui couper les doigts. Pour lui défoncer la mâchoire. Elle avait tout, absolument tous, tous les moyens, toute la haine et le mépris pour y arriver. Elle avait même les pouvoirs d’illusion nécessaires pour cacher la scène du reste des clients. Mais elle ne faisait rien. Puérile à son tour. C’est à peine si elle arrivait à bouger. Pathétiquement paralysée par les propos et beaux discours du mécanicien. Et ce n’est étrangement que lorsqu’elle le vit enfin disparaître pour de bon qu’elle sembla retrouver un souffle normal, un débit cardiaque régulier et qu’elle sentit enfin ses muscles se délibérer de cette tension superficielle. Tout ça, à cause d’un homme, un seul?
Elle le méprisait, tellement.

[FINI]

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