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 « Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui. » [Natascia]

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MessageSujet: « Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui. » [Natascia]   Lun 7 Juil - 11:41



« Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui. »

Northern New Orleans • Treme
Brashen & Natascia

L’air chaud de ce samedi après-midi engonce chaque pauvre hère de la Nouvelle-Orléans dans un bain de moiteur constant et insurmontable. Certains semblent s’y adapter de manière admirable, se créant une nouvelle vie dans cette ville qui s’est imposée à eux, se frayant un passage sur leur chemin pour devenir finalement leur point de chute à tous. D’autres, comme je le suis, affrontent cette réalité avec difficulté, ne pouvant supporter les hautes températures et désirant même – dans un instant de folie – retourner vivre à New-York, ville fantomatique et glaciale, pour avoir comme voisins des zombies qui n’hésiteraient pas à nous déchiqueter au moindre signe de vie. Dilemme qui n’en est pas un. Nous n’avons de toute façon pas le choix. Et le futur ne va pas être tendre avec nous, c’est certain.

Je jette un coup d’œil autour de moi, arrivé dans le quartier nord de la Nouvelle-Orléans. Bien que je ne sois pas en service, mon arme est à portée de main. Je ne porte pas mon uniforme de peacekeeper aujourd’hui, mais cela ne m’empêche pas de guetter le danger à chaque coin de rue. On n’est jamais trop prudent dans ce quartier. J’ai abandonné ma voiture un peu plus loin, aux limites de l’étendue de la zone nord. Je n’ai pas très envie de la retrouver avec des vitres brisées et vidée du peu de contenu qu’elle possède. Voire de ne pas la retrouver du tout. Et puis faire un peu d’exercice physique ne fait jamais de tort. J’avance à une allure soutenue dans les ruelles de ce quartier que je commence à connaître un peu trop bien. J’ai conscience que mes allées et venues dans le coin de Storyville, pour voir Carys, se font trop nombreux en ce moment. Mais je n’ai pas encore trouvé la force d’éviter ces rues. Mais en cet instant, ce n’est pas elle que je vais retrouver. Mes pas ne me guident pas vers son appartement, mais prennent la direction de Tremé, endroit que je connais un peu moins. Mes rares connaissances s’y rapportant datent des patrouilles que j’y faisais à mon arrivée ici en tant que peacekeeper. Depuis, je ne suis plus chargé de cela, ou alors vraiment très rarement, quand on y a besoin de renforts pour une affaire sordide.

Les rues sont quasiment désertes, je ne croise pas grand-monde qui se promène dans le quartier. Et les rares personnes présentes me dévisagent avec une certaine peur dès qu’ils m’aperçoivent. Inutile de dire que la crainte a gagné le cœur de chaque habitant, gangrénant l’âme du quartier elle-même. Boutiques fermées, maisons détruites, incendiées, abandonnées… il ne fait pas bon vivre ici. Mais certains y ont trouvé refuge, comme à Storyville. Ces deux parties de la ville, évitées par la plupart des citoyens sont le repaire des drogués, des sans-abris, des repris de justice et de tous ceux qui exercent une activité illégale. Celle que je vais voir d’ailleurs n’est pas totalement clean. Mais, curieusement, nous avons su trouver une entente, voire même une certaine forme d’amitié. Mes alliés en ces temps maudits se comptent sur les doigts d’une main aussi suis-je heureux de pouvoir compter sur elle. Nous appartenons tous deux à la résistance, même si nous n’œuvrons pas ensemble, mais je sais qu’elle m’écoutera. J’ai besoin de lui parler de ce qui se passe.

Je passe devant des maisons de styles totalement différents, où vitres brisées et portes défoncées laissent entrevoir un chaos à l’intérieur, avec des signes que des squatteurs ont investi les lieux. Je me demande comme Natascia fait pour vivre dans cette atmosphère. Lorsque je parviens devant chez elle, je ne prends pas la peine d’analyser la maison italienne qui se dresse devant moi. Transformé en petits appartements, la maison manque d’entretien, comme tout ici, mais est néanmoins en meilleur état que l’appartement de Carys à Storyville. Je monte deux à deux les marches pour atteindre le logement de Natascia, ma main n’ayant pas quitté la crosse de mon arme depuis que j’ai quitté ma voiture, pour pouvoir dégainer à tout instant. Je frappe trois coups secs sur le bois de la porte d’entrée, et j’attends patiemment qu’elle vienne m’ouvrir. J’espère qu’elle est chez elle, sinon j’aurai fait tout ce chemin pour rien. Mes yeux parcourent le couloir en décomptant les secondes qui s’égrènent.

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MessageSujet: Re: « Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui. » [Natascia]   Ven 11 Juil - 14:38


L'humidité fait rage à la Nouvelle-Orléans. Ce jour-là du moins, en pleine après-midi, la chaleur en deviendrait presque insupportable. Les passants, naïfs, profitent d'un bain de Soleil, s'offrent une glace en discutant de choses et d'autres, et ne se doutent plus de rien. Certains semblent avoir déjà oublié le petit coup d'éclat du Gouvernement. Ce coup d'épée dans l'eau, dont les répercussions furent brutales pour la plupart des gens de la ville. Les gens qui dérangent. Depuis, plus rien n'est pareil pour la sorcière. Recluse, chez elle, elle tourne en rond. Comme une lionne en cage, prisonnière de ses propres agissements. De son irresponsabilité. Un écart de conduite, somme toute involontaire, qui lui a coûté cher. Craignant pour sa misérable vie, elle a cessé toute activité diurne pour ne s'autoriser que de brèves entrevues avec ses clients les plus fidèles au milieu de la nuit. Lorsque les rues sont totalement vides et silencieuses, elle se sent moins épiée, moins observée, mais pas plus en sécurité. Frôlant même parfois la paranoïa.

Aujourd'hui, comme tous les autres jours, elle se terre dans son appartement de Treme. Payant sa dette à la société après avoir tristement vendu des rebelles à des dirigeants opportunistes. Les temps sont durs pour elle. Alors la sorcière, malgré ses vastes connaissances en matière de magie blanche ou noire, ne se sépare plus de son arme à feu, toujours solidement harnachée à sa ceinture en bonne trafiquante qu'elle est. Mieux vaut prévenir que guérir. En cas d'intrusion intempestive dans sa modeste demeure, elle aurait de quoi se défendre. Et malgré ses récents faits d'arme, aussi peu glorieux soient-ils, elle ne leur donnerait pas la satisfaction de devenir leur trophée de guerre. Un butin qu'ils auraient tôt fait d'anéantir de la plus barbare des manières. Elle imaginait déjà sa tête, séparée de son corps, accrochée comme celle d'une biche au dessus des confortables fauteuils moelleux de quelques uns de ces ministres frauduleux. Si il y a bien une chose dont Natascia est absolument certaine, c'est bien du fait que si, par le plus grand des malheurs, elle venait à se trouver aux mains du Gouvernement, il lui offrirait le pire des châtiments. Assise sur un canapé de fortune, la tête plongée entre ses mains frêles, l'idée de revivre, une fois de plus, un Enfer la fit frisonner.

Trois coups secs résonnent derrière sa porte d'entrée et viennent brutalement tirer la sorcière de son accablante torpeur. Elle n'attend pourtant personne. Son cœur s'emballe et sa respiration s'accélère. La crainte de découvrir une personne indésirable de l'autre côté de son pallier l'envahit. Elle souffle un grand coup, comme pour se donner du courage, empoigne solidement son arme, prête à répondre à son agresseur, et s'avance lentement vers l'entrée, le plus silencieusement possible, imitant du mieux qu'elle peut les pas du loup dans la neige neuve. Elle colle une épaule sur le bois frais de la porte et ouvre délicatement le diable, jette un coup d’œil rapide au dehors et aperçois un homme qu'elle ne s'attendait pas à voir. Ou plutôt qu'elle n'attendait plus. Un soupir de soulagement s'échappe de ses lèvres pendant qu'elle rengaine son pistolet et ouvre enfin la porte.

« Entre », souffle-t-elle en s'écartant du pallier pour laisser Brashen passer. la sorcière s'empresse de refermer la porte derrière lui, en prenant toujours grand soin d'éveiller le moins de bruit possible dans le couloir du petit immeuble. « Que puis-je faire pour toi ? », enchaîne l'italienne en se donnant de faux airs décontractés. En posant les yeux sur le visage du peacekeeper, les souvenirs de la première fois où elle l'a rencontré refont subitement surface. Lui qui était chargé de la surveiller était venu la trouver pour qu'elle soulage une de ses blessures. Et c'est avec étonnement que la sorcière l'avait ensuite retrouvé chez les résistants à jouer les espions. Depuis, elle n'a pas vraiment eu l'occasion de lui parler. Encore moins récemment. Malgré tout, elle se sent rassurée par sa présence. Natascia sait qu'elle peut avoir confiance en Brashen. Et c'est cette même confiance qui lui permet de s'autoriser à se détendre, ne serait-ce que pendant leur entrevue. Elle finit par rejoindre le canapé, usé par le temps, en invitant son invité à en faire de même, et, dans un geste habituel, allume une cigarette.
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MessageSujet: Re: « Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui. » [Natascia]   Ven 18 Juil - 16:10



« Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui. »

Northern New Orleans • Treme
Brashen & Natascia

Il ne faut pas longtemps pour que le huis s’ouvre devant moi, révélant celle que je suis venu voir. Des cheveux chocolat encadrent ce visage que je n’ai pas eu l’occasion d’observer depuis quelque temps. Elle semble même faire partie d’un passé révolu, comme si une nouvelle route s’était tracée devant moi, m’éloignant de ce que nous avions pu être. Mais je sais que rien n’a réellement changé entre nous, à la façon qu’elle a de me parler en faisant entrer chez elle. Un léger sourire a parcouru mes lèvres lorsque je l’ai vu rengainer son arme dès qu’elle m’a aperçu. J’approuve sa prudence, surtout dans un quartier comme celui dans lequel elle vit. La même prudence la force à ne pas produire trop de bruit en refermant la porte derrière nous. À nouveau, je la félicite intérieurement de ses actes. Je ne peux que l’encourager à garder cette attitude au quotidien. On n’est jamais trop prudents, et même mon caractère de tête brûlée s’est quelque peu amoindri ces derniers temps. Il faut chercher à faire le moins de vagues possibles, car les raz-de-marée ne sont que trop faciles à créer.

Le dernier en date, s’il n’est pas de mon fait, a retourné nos pauvres corps comme des ballots de paille, ravageant tout sur son passage sans se soucier des conséquences. Comme si nos existences n’avaient pas la moindre importance. Comme si nous ne comptions pas, et qu’il fallait nous éliminer en révélant au monde nos secrets, nos doutes et nos rêves brisés. Et cela dans quel but ? Impossible de trouver la résolution de cette énigme qui trotte dans mon esprit brouillon depuis ce jour-là. Je me revois au Masquerade avec Li, cette amie perdue retrouvée pour un instant. Un si court instant – le temps de brûler une allumette de haut en bas, avant que le doigt ne soit brulé par trop d’amertume et une perte d’espoir – que je ne me rappelle de tout cela qu’en flashs perturbés. Les larmes de Li à l’annonce de la mort de son frère. Mon incompréhension. Mon désespoir. Et ma tristesse immense. Puis cet écran qui s’allume, qui change de chaîne et ce visage connu de tous qui se découpe sur un fond neutre, comme pour ajouter de l’intensité à ce qui va être dit. J’aurais peut-être dû ne pas écouter. Nous aurions peut-être dû tous fermer les yeux, et nous boucher les oreilles. Mais nous ne sommes pas des singes de la sagesse, et le « ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire » n’est certainement pas la maxime du monde entier. Au contraire, plus on peut en dire sur les autres et provoquer leur perte, plus l’humain est heureux. On se complait du malheur des autres car cela nous permet de nous sentir un peu plus heureux. Même si nos propres conditions de vie sont abominables. Déchéance.

Natascia semble un peu mal à l’aise. Je ne pense pas que cela soit dû à ma venue, mais quelque chose la perturbe. Cela se lit sur ses traits légèrement tendus, bien qu’elle tente de masquer ses inquiétudes. Je ne suis capable de les voir que parce que je les ressens également. J’ai le sentiment qu’elle se doute des raisons de ma visite, même si elle pousse la politesse à me laisser la parole en premier. La jeune femme va s’installer dans un vieux canapé qui semble ne pas avoir perdu de son confort pour autant. D’un geste, elle m’invite à faire de même et je la rejoins, testant moi-même ce confort que j’avais soupçonné. Acceptable. Alors qu’elle allume une cigarette et tire une première fois dessus, je lui expose la raison qui m’amène chez elle. Je n’y vais pas par quatre chemins.

« La dernière édition spéciale. De Clocker. Ce pantin au service du gouvernement. »

Je marque un temps d’arrêt, tentant de ne pas m’énerver encore intérieurement contre lui, ce qu’il a montré au monde, ce qu’il est et les valeurs de merde qu’il défend. Et celles qu’il ne défend pas.

« J’avais besoin d’en parler à quelqu’un... et je n’avais personne d’autre que toi, en fait. Mine de rien, la liste de gens à qui je fais confiance n’est pas si longue que ça. »

Je  laisse échapper un petit rire de ma gorge serrée.

« J’espère que je ne te dérange pas ?! Tout ça dépasse l’entendement, ça reste bloqué dans ma tête depuis que j’ai vu ces images à l’écran. Ça tourne dans mon esprit, m’empêchant de dormir… »

Ma tête tombe entre mes mains, appuyées sur mes genoux, dans une posture de prostré. Je me rends compte que cela me détruit beaucoup plus que je le pensais. J’ai bien fait de venir lui en parler.

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MessageSujet: Re: « Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui. » [Natascia]   Dim 20 Juil - 14:55




La cigarette se consume lentement entre les doigts frêles de la sorcière dont le regard se perd dangereusement dans le vide. Elle se doit d'admettre  que la venue de Brashen jusque chez elle lui offre un peu de réconfort mais la raison pour laquelle il a franchit son pallier la rend plus que nerveuse. Elle tente, en vain, de dissimuler son inquiétude aux yeux du Peacekeeper qui ne tarde pas à la rejoindre sur le sofa usé. Du bout de son index, elle tapote le cylindre de tabac au dessus d'un cendrier presque plein, soupir longuement en laissant s'échapper une épaisse fumée blanche, et pose ses yeux sombres sur le bellâtre prostré à ses côtés. L'évocation du nom de Danny Clocker lui arrache des frissons de colère. Le sang de l'italienne se glace dans ses veines en se remémorant ce jour funeste où le destin de toute une population fut brisé. En quelques instants à peine, leurs vies avaient pris un tournant indésirable, une fois de plus. Elle se redresse légèrement en essayant de se redonner une contenance. Perdre la face devant son invité allait à l'encontre de sa fierté de méridionale. Et elle n'avait déjà que trop souffert ces derniers temps, le coup fatal était proche alors autant la ménager, pour le moment.

« Madre mia... », murmure la sorcière dans sa langue natale, un souffle presque inaudible pour le commun des mortels. Elle passe une main de désespoir dans ses cheveux de jais et darde un regard empli de compassion sur celui qu'elle n'attendait plus. Elle peut ressentir le combat intérieur mené par le résistant, pris, tout comme elle, dans un étau de rancœur et d'amertume. Ses confidences la touchent profondément. La confiance qu'il semble lui témoigner la rassure une fois de plus. Décidément, l'aura de cet homme n'est que bienveillance, pour la sorcière tout du moins. L'honnêteté dont il fait preuve en est même déconcertante et la démone reste sans voix, se contentant de l'écouter avec attention. Ils semblent partager plus de choses qu'il n'y paraît visiblement, car, tout comme lui, les personnes à qui la sorcière fait totalement confiance se comptent sur les doigts d'une main. Voir moins. Et Brashen en fait partie. Le ricanement qu'il laisse soudain échapper semble venu d'ailleurs mais en dit long sur son état actuel. La nervosité, l'angoisse, la crainte, l'incompréhension. Un cocktail détonnant d'émotions prises au piège dans leurs entrailles. Encore une chose qu'ils ont l'air de partager, à en croire les derniers mots du Peacekeeper.

« Ça va peut-être te paraître étrange mais... Je suis contente que tu sois venu Brashen », assure la brunette dans la plus pure intégrité. Son regard se transforme alors, passant de la fragilité à l'invulnérabilité. Elle considère de nouveau l'espion, espérant le duper avec ses nouveaux yeux pleins de fermeté, n'y comptant pas trop tout de même. Elle veut sincèrement tenter d'opérer une sorte de magie apaisante sur lui, alors qu'elle est déjà bien incapable de le faire sur sa propre personne. Et malgré ses efforts, toute sa bonne volonté se dissipe en un clin d’œil lorsque l'humain évoque les images de leur débauche. La sorcière est soudain comme submergée par une vague de souvenirs aussi affligeants les uns que les autres. Ce matin où sa télévision lui cracha au visage toutes les atrocités qu'elle avait involontairement fait commettre. Par sa faute, plusieurs personnes - plusieurs résistants - avaient périt aux mains du Gouvernement. Elle les avaient lâchement vendus et depuis, n'avaient cessé de s'en vouloir. Mais le pire dans tout ça, c'est qu'elle ne gardait aucune trace, dans sa piètre mémoire, de la soirée où elle avait commis son crime. Les images d'elle qui avaient été diffusées lui paraissaient irréelles, comme sorties de nulle part. Tellement droguée et ivre ce soir-là qu'un trou noir avait pris place dans cette case de son cerveau. Les remords, les regrets, l'avaient mise à terre, dans l'incapacité de se relever, elle s'était depuis, terrée chez elle, persuadée que d'autres résistants l'attendait en bas de chez elle pour lui faire la peau. Et cette terrible pensée ne l'a toujours pas abandonnée, bien que Brashen ne semble pas lui en tenir rigueur. Pour l'instant.

« Tu crois vraiment que j'ai quelque chose d'autre à faire que de rester cloîtrée ici ? », ironise l'italienne en essayant d'esquisser un léger rictus de ses lèvres fines. « Si ça peut te rassurer, je peux te promettre que tu n'es pas seul dans cette situation... », continue-t-elle ensuite en posant délicatement sa main sur l'avant-bras du bellâtre comme l'aurait fait une mère. Un geste rare venant de la sorcière mais qu'elle avait exécuté le plus naturellement du monde. Par ses paroles maladroites, elle avait voulu lui faire entendre qu'il ne devait pas affronter cette épreuve en solitaire si il ne s'en sentait pas la force. Elle aussi avait connu cette sensation, les cauchemars venaient toujours la hanter, de jour comme de nuit. Préférant ne pas céder une fois de plus à la panique en revoyant défiler des images affreuses devant ses yeux, la sorcière se reprend, tire une dernière fois sur sa cigarette et l'écrase dans le cendrier. Elle se lève ensuite d'une manière presque féline et pousse jusqu'à sa petite cuisine. Elle en ressort quelques secondes plus tard munie de deux verres dans lesquels ballottent des glaçons, et d'une bouteille à moitié pleine de liquide ambré. La brunette reprend sa place auprès de Brashen et sert deux whisky, se saisit de l'un des deux réceptacles et propose le second à son hôte.

« Trinquons à nos vies, devenues encore plus misérables », raille l'italienne en fixant tendrement l'humain. Constatant son désarroi, et la profondeur de la blessure infligée par le Gouvernement au résistant, elle se sent le devoir de lui rendre ne serait-ce qu'un demi sourire à porter fièrement. Bien qu'elle soit très certainement aussi touchée que lui. « Dis moi plutôt comment va ta blessure ? », le questionne-t-elle ensuite en changeant volontairement de sujet, même si la réponse la préoccupe véritablement. Elle pose alors ses lèvres sur le bord du verre - trônant toujours dans sa main - et les trempe dans l'alcool, avant de le reposer sur la table en face d'elle. Certaine que leurs existences vont prendre une tournure inattendue dans un futur plus ou moins proche, elle se surprend à savourer ce moment en compagnie de l'une des rares personnes qui continuent de lui faire confiance malgré les récents événements. Et la sorcière ne sait que trop bien que ce genre de moment est appelé à disparaître dans sa vie, surtout si le Gouvernement continue de s'acharner sur elle. Elle, leur ancien jouet, devenue Résistante.
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